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      <unittitle encodinganalog="3.1.2">Sources imprimées</unittitle>
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      <p>Publié</p>
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          <unittitle encodinganalog="3.1.2">Publications officielles</unittitle>
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        10 pièces    </physdesc>
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          <p>Publié</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Décret changeant le nom de Saint-Germain-en-Laye en celui de La Montagne-du-Bon-Air</unittitle>
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            <unitdate normal="1793/1793" encodinganalog="3.1.3">31 octobre 1793</unitdate>
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              <corpname id="atom_19426_actor">Convention nationale</corpname>
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            <note>
              <p>Assemblée, élue au suffrage universel masculin, qui gouverna la France du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Du 10 brumaire<lb/>Sur la demande de la commune de Saint Germain en Laye, département de Seine et Oise, tendante à obtenir que le nom de cette commune, jadis le séjour des tyrans et des valets de cour, soit changé en celui de commune de La Montagne du Bon Air,<lb/>Cette demande, convertie en motion par l’un de ses membres,<lb/>La Convention nationale décrète que la commune de Saint-Germain-en-Laye portera désormais le nom de commune de La Montagne du Bon Air. »</p>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19426_actor">Convention nationale </corpname>
            <subject>Ville</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Collection générale des décrets rendus par la Convention nationale, avec la mention de leur date, Brumaire, an II, Paris, Baudouin, s. d., p. 98.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Arrêté établissant un hôpital des maladies contagieuses dans le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">2</unitid>
            <unitdate normal="1803/1803" encodinganalog="3.1.3">12 mars 1803</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <corpname id="atom_19435_actor">Ministère de l'Intérieur</corpname>
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          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 540] Du 21 ventôse<lb/>Le gouvernement de la République, sur le rapport du ministre de l’Intérieur,<lb/>Arrête :<lb/>Art. Ier. Il sera formé, dans les bâtimens du château de Saint-Germain, département de Seine-et-Oise, un hôpital civil pour le traitement des indigens attaqués d’ulcères, gale, scorbut et généralement de toute espèce de maladie contagieuse.<lb/>Il y sera fait les dispositions nécessaires pour y recevoir environ huit cents lits.<lb/>[p. 541] II. Les malades de l’hôpital Saint-Louis, faubourg du Temple, consacré au traitement de ces maladies, seront évacués sur le nouvel établissement.<lb/>III. L’hôpital des malades contagieuses recevra tous les malades affectés de ces maladies dans l’arrondissement du tribunal d’appel de Paris. La dépense sera acquittée sur les octrois qui se trouvent établis dans l’arrondissement, dans la proportion qui sera déterminée par le ministre de l’Intérieur.<lb/>IV. Le ministre de l’Intérieur est chargé de l’exécution du présent arrêté, qui sera inséré au Bulletin des Lois.<lb/>Le premier consul, signé Bonaparte<lb/>Par le premier consul, le secrétaire d’Etat, signé Hugues B. Maret<lb/>Le ministre de l’Intérieur, signé Chaptal »</p>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19435_actor">Ministère de l'Intérieur </corpname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Bulletin des lois du royaume de France, 5e série, tome second, contenant les lois et ordonnances rendues pendant le second semestre de l’année 1814, Paris, Imprimerie royale, 1815, p. 86-87.
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Ordonnance supprimant l’école de cavalerie de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">3</unitid>
            <unitdate normal="1814/1814" encodinganalog="3.1.3">30 juillet 1814</unitdate>
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              <corpname id="atom_19436_actor">Ministère de la Guerre</corpname>
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          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Au château des Tuileries, le 30 juillet 1814<lb/>Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre,<lb/>Nous étant fait rendre compte de la situation des écoles militaires et voulant que l’organisation de ces établissemens soit en rapport avec celle que nous avons donnée à l’armée par nos ordonnances du 12 mai dernier,<lb/>Ayant reconnu qu’une seule école militaire pourrait suffire aux besoins du service,<lb/>Désirant en outre récompenser les services des officiers généraux et supérieurs de nos armées, et faire jouir la noblesse de notre royaume des avantages qui lui ont été accordés par l’édit de notre aïeul du mois de janvier 1751 relatif à la fondation de l’école royale militaire,<lb/>Sur le rapport de notre ministre de la Guerre,<lb/>Avons ordonné et ordonnons ce qui suit :<lb/>Art. 1er. Les trois écoles militaires actuellement existantes sous la dénomination de l’Ecole militaire de Saint-Cyr, de l’Ecole militaire de Saint-Germain, et de Prytanée militaire de La Flèche, sont supprimées.<lb/>2. L’école royale militaire créée par l’édit du mois de janvier 1751 sera rétablie, avec les modifications que les circonstances exigent, et qui nous seront proposées ultérieurement par notre ministre de la Guerre.<lb/>3. Cette école sera établie, le plutôt qu’il sera possible, à Paris, dans les bâtimens de l’ancienne école militaire. En attendant, elle sera placée dans le local qu’occupe en ce moment l’école de Saint-Cyr.<lb/>4. Tous les élèves qui font partie de l’école de Saint-Cyr [p. 87] et de celle de Saint-Germain seront maintenus dans la nouvelle école et jouiront des mêmes avantages.<lb/>5. L’école royale et militaire de La Flèche sera également rétablie sur l’ancien pied, sauf les changemens nécessaires ; elle servira d’école préparatoire à l’école militaire de Paris.<lb/>6. Notre ministre de la Guerre fera rédiger un règlement général sur la composition de l’état-major et du corps enseignant dans l’école royale militaire et l’école de La Flèche, sur le nombre d’élèves qui sera reçu dans ces deux maisons, sur les études, la police, la discipline et l’administration.<lb/>Ce règlement sera soumis à notre approbation, voulant par là faire connaitre l’intérêt particulier que nous portons à ces deux établissemens, et les soins qu’il est dans notre intention de donner à leur prospérité.<lb/>7. Notre ministre de la Guerre est chargé de l’exécution de la présente ordonnance.<lb/>Donné à Paris, le 30 juillet 1814<lb/>Signé Louis<lb/>Par le Roi<lb/>Le ministre secrétaire d’Etat de la Guerre<lb/>Signé le comte Dupont »</p>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19436_actor">Ministère de la Guerre </corpname>
            <subject>Ecole militaire de cavalerie</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Bulletin des lois du royaume de France, 5e série, tome second, contenant les lois et ordonnances rendues pendant le second semestre de l’année 1814, Paris, Imprimerie royale, 1815, p. 345-351
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k486115x/f372.item
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Loi sur la Liste civile, qui comprend dans le domaine de la Couronne le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">4</unitid>
            <unitdate normal="1814/1814" encodinganalog="3.1.3">8 novembre 1814</unitdate>
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              <corpname id="atom_19442_actor">Maison du Roi (Restauration)</corpname>
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          <bioghist id="md5-dfa37383e9136db14271b00c15be50d0" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>- Ministère (puis intendance générale) de la Maison du roi<lb/>La Maison du roi sous les règnes de Louis XVIII et Charles X   a trouvé ses sources d’une part directement dans la volonté de faire revivre une institution prestigieuse de l’Ancien Régime, d’autre part dans l’organisation rationnelle de la Maison de l’empereur créée sous l’Empire à l’imitation elle aussi de la même Maison du roi de l’Ancien Régime. Il s’agissait donc d’une continuation par-delà la rupture révolutionnaire de la vieille institution quant à sa composition et à ses codes, mais modernisée dans son fonctionnement, soit par<lb/>reprise directe des institutions de Napoléon, soit par innovation même de la Restauration.<lb/>Comme sous l’Ancien Régime, la Maison du roi s’organisait en une maison civile d’une part, constituée de services placés sous l’autorité des grands officiers de la Couronne (grand aumônier, grand-maître de France, grand chambellan, grand écuyer, grand veneur et grand-maître des cérémonies), et en une maison militaire constituée de compagnies sous l’autorité de capitaines. La maison civile et la maison militaire s’appuyaient sur une structure administrative transversale appelée ministère de la Maison du roi (1814-1827) puis intendance générale de la Maison du roi (1827-1830) qui dirigeait les services de soutien souvent appelés intendances dont le nombre et les fonctions ne cessèrent de varier durant toute la Restauration (ces services passèrent de 7 en 1814 : trésor ; bâtiments, parcs et jardins ; Garde-Meuble ; forêts et domaines, musées royaux ; monnaie ; théâtres royaux ;  à 8 en 1815, puis 10 en 1820). Tous les services concernant les arts se sont vus regroupés en 1824 dans une division unique des beaux-arts, préfiguration d’un futur ministère des Beaux-Arts. Par ailleurs les princes et princesses de la famille royale étaient également pourvus, chacun, d’une maison aux effectifs réduits et également soutenue et contrôlée par le ministère de la Maison du roi.<lb/>Le budget du ministère et celui de la Maison civile était tirés sur la Liste civile annuelle de 25 millions de francs accordée par le parlement, héritée de la monarchie constitutionnelle de Louis XVI et maintenue inchangée sous l’Empire. 8 millions supplémentaires étaient votés pour les maisons princières. Le budget de la maison militaire était pour partie prélevé sur la Liste civile et pour partie sur le budget du ministère de la Guerre.<lb/>Les ministres et intendants généraux furent successivement : le comte de Blacas (1814-1815), suivi d’un long intérim assuré par le comte de Pradel, directeur-général du ministère, puis le marquis de Lauriston (1820-1824), le duc de Doudeauville (1824-1827), et enfin le comte de La Bouillerie, intendant général (1827-1830).<lb/><lb/>- Maison civile : services des grands officiers de la Couronne<lb/>Sept grands officiers furent nommés par Louis XVIII en 1814/1815 reprenant les intitulés en usage sous l’Ancien régime, avant la suppression en 1821 du grand-maître de la garde-robe, réduisant leur nombre à 6. Chacun d’eux était à la tête d’un service contrôlé également par les services du ministère. Aussi, ces charges de grands officiers ont-elles pu paraître parfois d’abord honorifiques, bien qu’en réalité elles contraignaient à beaucoup de présence à la cour et à une abondante correspondance avec les services du ministère.<lb/>Le grand aumônier et ses services étaient responsables de l’animation spirituelle de la cour et du gouvernement dans l’espace réservé à la religion catholique comme religion officielle.<lb/>Le grand-maître de France et ses services supervisaient l’administration des palais et châteaux de la Couronne, et plus particulièrement de l’intendance alimentaire (pannetier, échanson, maître d’hôtel, etc.).<lb/>Le grand chambellan et ses services étaient responsables des réceptions, des fêtes et des spectacles.<lb/>Le grand-maître des cérémonies et ses services étaient responsables du protocole (de l’étiquette) et des cérémonies les plus symboliques et solennelles.<lb/>Le grand écuyer et ses services étaient censés contrôler les écuries, mais dans les faits cette tâche était assurée par le premier écuyer. Aucun grand écuyer ne fut jamais nommé.<lb/>Le grand veneur et ses services devaient pareillement s’occuper de l’organisation des chasses royales, dans les faits seul le premier veneur fut à la manœuvre.<lb/><lb/>- Maison militaire<lb/>14 compagnies et escadrons furent remis sur pied en 1814, auxquels s’ajoutèrent les 2 compagnies de Monsieur, frère du roi. Après les Cent-Jours, seules 5 compagnies furent conservées pour le roi et une pour Monsieur (soit près de 1900 hommes), une grande partie de la sécurité des palais et du gouvernement étant assurée par la garde royale et la garde nationale. Sous le règne de Charles X, la compagnie de Monsieur disparaîtra, fusionnée avec la 4ème  compagnie, dite de Luxembourg. La plus grande part de l’encadrement<lb/>supérieur de la maison militaire était assurée par des représentants des familles traditionnellement dévouées à la maison de Bourbon, issues de la noblesse d’Ancien Régime presque exclusivement. Contrairement à la maison civile, la maison militaire comprenait également une administration propre, appelée intendance militaire, avec des services de soutien et un hôpital militaire accueillant également les patients issus de la maison civile et des maisons princières. Seul un bureau militaire au sein du ministère de la Maison du roi faisait la liaison avec les unités de la maison militaire, le ministère de la Guerre ayant aussi à s’en occuper pour la gestion des personnels. Par analogie, des papiers de l’armée «des princes» constituée durant l’émigration de la famille royale et dont une partie fut produite durant la Restauration (secours, relevés de carrières), notamment par la Maison du roi, furent adjoints aux archives de la maison militaire.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« A Paris, le 8 novembre 1814<lb/>Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes verront, salut.<lb/>La Chambre des députés de nos départemens nous ayant adressé, au sujet de notre Liste civile et de la dotation de la Couronne, une offre à laquelle les pairs de notre royaume se sont empressés de concourir, nous avons été vivement sensibles à cette démarche, et c’est avec la plus entière confiance que nous agréons la demande qui nous est faite par les deux Chambres, de proposer, sur cet objet, une loi conforme aux vues que leur attachement à notre personne et à la majesté du trône leur a inspirées.<lb/>A ces causes, nous avons proposé, les Chambres ont adopté, nous avons ordonné et ordonnons  ce qui suit :<lb/>Titre Ier<lb/>Section première<lb/>Article 1er. Il sera payé annuellement, par le trésor royal, une somme de vingt-cinq millions pour la dépense du Roi et de sa maison civile.<lb/>[p. 346] 2. Cette somme sera versée, chaque année, entre les mains de la personne que le Roi aura commise à cet effet, en douze paiemens égaux qui se feront de mois en mois, sans que lesdits paiemens puissent, sous aucun prétexte, être anticipés ou retardés.<lb/>3. Le Louvre et les Tuileries sont destinés à l'habitation du Roi. Le Roi jouira également de tous les bâtimens adjacens employés actuellement à son service.<lb/>Les palais, bâtimens, emplacemens, terres, prés, corps de fermes, bois et forêts, composant les domaines, de Versailles, Marly, Saint-Cloud, Meudon, Saint-Germain-en-Laye, Rambouillet, Compiègne, Fontainebleau et autres palais et domaines, tels qu'ils sont désignés dans la loi du 1er juin 1791 et les sénatus-consultes des 30 janvier 1810, 1er mai 1812 et 14 avril 1813, ainsi que la Monnaie des médailles, l’hôtel de Valentinois, rue de Varennes, l'hôtel du Châtelet, rue de Grenelle, faubourg Saint-Germain, un hôtel sis place Vendôme, n° 9, l'hôtel des Menus, rue Bergère, le garde-meuble placé dans les bâtimens du couvent de l’Assomption, le magasin des marbres à Chaillot, ainsi que le château et domaine de Villiers et le clos Toutain, formeront la dotation de la Couronne, sous la réserve des droits des anciens propriétaires, dans le cas où quelques-uns des biens ci-dessus désignés seraient susceptibles de restitution.<lb/>Il sera fait, aux frais de l’État, une nomenclature exacte et dressé des plans des palais, châteaux, bois, forêts et autres immeubles affectés la dotation de la Couronne par les lois ci-dessus relatées ; les états et plans susdits seront transmis en double à la Chambre des pairs et à celle des députés.<lb/>La Couronne demeure chargée de meubler, entretenir et réparer les palais, maisons et biens qui lui sont affectés.<lb/>4. Les diamans, perles, pierreries, statues, tableaux, pierres gravées et autres monumens des arts, ainsi que les [p. 347] bibliothèques et musées, qui se trouvent, soit dans les palais du Roi, soit dans le garde-meuble, font partie de la dotation de la Couronne<lb/>L'inventaire en sera dressé et transmis en double à la Chambre des pairs et à celle des députés.<lb/>Dans le cas où par la suite, des statues, tableaux ou autres effets précieux seraient acquis aux frais de l’Etat, et placés dans les palais et musées royaux, ces objets deviendront dès-lors partie de la dotation de la Couronne et seront ajoutés à l'inventaire dont il vient d’être parlé.<lb/>5. Les manufactures royales de Sèves, des Gobelins, de la Savonnerie et de Beauvais, continueront d'appartenir à la Couronne, et d’être entretenues aux frais de la Liste civile.<lb/>6. Tous les domaines et revenus non compris dans les articles précédens font partie du domaine de l’État, sans déroger toutefois à l'ordonnance du 4 juin concernant la dotation du sénat et des sénatoreries, l'affectation des fonds provenant de cette dotation et leur administration ; sauf à pourvoir, par une loi, aux dispositions ultérieures que pourrait exiger l’exécution de ladite ordonnance.<lb/>7. Conformément à l'article 23 de la charte constitutionnelle, la présente Liste civile est fixée pour tout le règne du Roi.<lb/>8. II sera payé par le trésor royal, pour la présente année 1814, une somme de quinze millions cinq cent dix mille francs pour la dépense du Roi et de sa maison civile.<lb/>Le paiement en sera fait conformément à ce qui est prescrit par l'article 2.<lb/>Section II<lb/>De la conservation des biens qui forment la dotation de la Couronne.<lb/>9. Les biens qui forment la dotation de la Couronne sont inaliénables et imprescriptibles, sauf ceux qui, provenant [p. 348] de confiscations, auraient été réunis aux domaines de l’Etat, et dont la restitution serait ordonnée par une loi.<lb/>10. Ces biens ne peuvent être engagés, ni grevés d’hypothèques ou d'autres charges.<lb/>11. L’échange des immeubles affectés à la dotation de la Couronne ne peut avoir lieu qu'en vertu d'une loi.<lb/>12. Les biens qui forment la dotation de la Couronne ne supportent pas les contributions publiques.<lb/>13. Les biens de la Couronne ne sont jamais grevés des dettes du Roi décédé, non plus que des pensions qu’il pourrait avoir accordées.<lb/>Section III<lb/>De l’administration des biens qui forment la dotation de la Couronne<lb/>14. Les biens de la Couronne sont régis par le ministre de la maison du Roi, ou, sous ses ordres, par un intendant. Le ministre, ou l'intendant par lui commis, exerce les actions judiciaires du Roi ; et c'est contre lui que toutes les actions, à la charge du Roi, sont dirigées, et les jugemens prononcés. Néanmoins, conformément au Code de Procédure civile, les assignations lui sont données en la personne des procureurs du Roi et procureurs généraux, lesquels seront tenus de plaider et défendre les causes du Roi, soit dans les tribunaux, soit dans les cours.<lb/>15. Les domaines productifs affectés à la dotation de la Couronne peuvent être affermés, sans que néanmoins la durée des baux puisse excéder le temps déterminé par les articles 595, 1429, 1430 et 1718 du Code civil, à moins qu'un bail emphytéotique n'ait été autorisé par une loi.<lb/>16. Les bois et forêts faisant partie de la dotation de la Couronne sont exploités conformément aux lois et réglemens concernant l'administration forestière.<lb/>[p. 349] 17. Les pensions de retraite accordées pour service dans la maison civile du Roi ne subsisteront, après son décès, qu’autant qu'elles auront été établies sur un fonds formé à cet effet par une retenue sur le traitement des employés ; auquel cas, ce fonds sera placé sous l'administration et la responsabilité du ministre de la maison du Roi, et ne pourra recevoir d'autre affectation.<lb/>Titre II<lb/>Des domaines privés du Roi<lb/>18. Le Roi peut acquérir des domaines privés par toutes les voies que reconnaît le Code civil, et suivant les formes qu’il établit.<lb/>19. Ces domaines supportent toutes les charges de la propriété, toutes les contributions et charges publiques, dans les mêmes proportions que les biens des particuliers.<lb/>20. Les biens particuliers du prince qui parvient au trône sont, de plein droit et à l'instant même, réunis au domaine de l'Etat, et l’effet de cette réunion est perpétuel et irrévocable.<lb/>21. Les domaines privés, possédés ou acquis par le Roi à titre singulier, et non en vertu du droit de la Couronne, sont et demeurent, pendant sa vie, à sa libre disposition ; mais s’il vient à décéder sans en avoir disposé, ils sont réunis de plein droit au domaine de l’Etat.<lb/>22. Dans la disposition que le Roi peut faire de ses domaines privés, il n'est lié par aucune des prohibitions du Code civil.<lb/>Titre III<lb/>Dispositions relatives la dotation des princes de la famille royale<lb/>23. Il sera payé annuellement par le trésor royal une somme de huit millions pour les princes et princesses de la [p. 350] famille royale, pour leur tenir lieu d'apanage. Le paiement de ladite somme de huit millions sera fait conformément à ce qui est prescrit par l'article 2. Le Roi en fera la répartition.<lb/>La présente fixation ne pourra éprouver de changemens qu'autant qu’il en surviendrait dans le, nombre des membres de la famille royale, auquel cas il y sera pourvu par une loi.<lb/>24. II sera payé par le trésor royal, pour la présente année 1814, une somme de quatre millions pour la dotation de la famille royale. Le paiement et la répartition en seront faits conformément à ce qui est prescrit par les articles 2 et 23.<lb/>La présente loi, discutée, délibérée et adoptée par la Chambre des Pairs et par celle des Députés, et sanctionnée par nous ce jourd’hui, sera exécutée comme loi de l’État ; voulons, en conséquence, qu’elle soit gardée et observée dans tout notre royaume, terres et pays de notre obéissance.<lb/>Si donnons en mandement à nos cours et tribunaux, préfets, corps administratifs, et tous autres que les présentes ils gardent et maintiennent, fassent garder et maintenir, et, pour les rendre plus notoires à tous nos sujets, ils les fassent publier et enregistrer partout où besoin sera, car tel est notre plaisir ; et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous y avons fait mettre notre scel.<lb/>Donné à Paris, le huitième jour de novembre [p. 351] de l’an de grâce mil huit cent quatorze, et de notre règne le vingtième.<lb/>Signé Louis.<lb/>Par le Roi, le ministre secrétaire d’Etat de la Maison du Roi,<lb/>Signé Blacas d’Aulps<lb/>Vu au Sceau,<lb/>Le Chancelier de France,<lb/>Signé Dambray »</p>
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            <p>Bulletin des lois du royaume de France, IXe série, règne de Louis-Philippe Ier, roi des Français, première partie contenant les lois rendues pendant l’année 1832, Paris, Imprimerie royale, 1833, p. 91-104
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k486410z/f97.item
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            <p>« A Paris, au palais des Tuileries, le 2 mars 1832<lb/>Louis-Philippe, roi des Français, à tous présens et à venir, salut.<lb/>Les Chambres ont adopté, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :<lb/>Titre premier<lb/>Article 1er<lb/>La liste civile dont le Roi doit jouir pendant toute la durée de son règne, conformément à l’article 19 de la Charte, sera composée d’une dotation immobilière et d’une somme annuelle assignée par la présente loi sur le trésor public.<lb/>Section 1ère<lb/>Article 2<lb/>Les biens immeubles comprendront le Louvre, les Tuileries, ainsi que leurs dépendants, l’Elysée Bourbon, les châteaux, maisons, bâtiments, manufactures, terres, prés, corps de ferme, bois et forêts composant principalement les domaines de Versailles, Marly, Saint-Cloud, Meudon, Saint-Germain-en-Laye, Compiègne, Fontainebleau et Pau, la manufacture de Sèvres, celle des Gobelins et de Beauvais, [p. 92] le bois de Boulogne, le bois de Vincennes et la forêt de Senart, tels qu’ils ont été désignés par la loi du 1er juin 1791, par les sénatus-consultes des 30 janvier 1810, 1er mai 1812, 14 avril 1813, par les lois des 8 novembre 1814, 15 janvier 1825 et par diverses autres lois survenues relativement à des acquisitions ou échanges de biens royaux.<lb/>Article 3<lb/>Seront distraits de la dotation de la couronne les palais, châteaux, hôtels, bâtimens et biens dont l’énumération est contenue dans le tableau annexé à la présente loi, lesquels seront employés ou vendus au profit de l’Etat.<lb/>Article 4<lb/>Sont en outre réunis à la dotation immobilière les biens de toute nature composant l’apanage d’Orléans, constitué par les édits de 1661, 1672 et 1692, ainsi que la petite forêt d’Orléans, qui en faisait originairement partie, et qui, par l’avènement du Roi, ont fait retour au domaine de l’Etat.<lb/>Dans le cas où il y aurait lieu à indemnité à raison es accroissemens faits à cet apanage depuis qu’il a été rendu à la maison d’Orléans jusqu’au moment où il a fait retour au domaine de l’Etat, cette indemnité ne sera exigible qu’à la fin du règne actuel.<lb/>La partie non apanagère du Palais-Royal, appartement à madame la princesse Adelaïde d’Orléans, pourra également y être réunie par voie d’échange opéré avec d’autres biens faisant partie de l’apanage d’Orléans.<lb/>Article 5<lb/>La dotation mobilière comprend les diamans, perles, pierreries, statues, tableaux, pierres gravées, musées, bibliothèques et autres monumens des arts, ainsi que les meubles meublans contenus dans l’hôtel du Garde-meuble et les divers palais et établissemens royaux.<lb/>[p. 93] Les objets de même nature contenus dans les palais, châteaux et hôtels distraits du domaine de la Couronne feront partie de cette dotation.<lb/>Les camées distraits de la bibliothèque de la rue de Richelieu en vertu d’un décret du 2 mars 1808 y seront réintégrés.<lb/>Article 6<lb/>Il sera dressé par récolement, aux frais de la Liste civile, un état et des plans des immeubles ainsi qu’un inventaire descriptif de tous les meubles. Ceux de ces meubles susceptibles de se détériorer par l’usage seront estimés. Des doubles, tant de l’état des immeubles et des plans que de l’inventaire du mobilier seront déposés dans les archives des Chambres après avoir été certifiés et signés par un ministre responsable.<lb/>Article 7<lb/>Les monumens et les objets d’art qui seront placés dans les maisons royales, soit aux frais de l’Etat, soit aux frais de la Couronne, seront et demeureront dès ce moment propriétés de la Couronne.<lb/>Section II<lb/>Conditions de la jouissance des biens formant la dotation de la Couronne<lb/>Article 8<lb/>Les biens meubles et immeubles de la Couronne sont inaliénables et imprescriptibles, ils ne peuvent être par conséquent ni donnés, ni vendus, ni engagés, ni grevés d’hypothèques. Néanmoins, les objets inventoriés avec estimation aux termes de l’article 6 pourront être aliénés moyennant remplacement.<lb/>[p. 94] Article 9<lb/>L’échange des biens composant la dotation de la Couronne ne pourra être autorisé que par une loi.<lb/>Article 10<lb/>Les biens de la Couronne ni le trésor public ne seront jamais grevés des dettes des rois, non plus que des pensions par eux accordées.<lb/>Article 11<lb/>La durée des baux, à moins qu’une loi de l’autorise, n’excédera pas dix-huit années.<lb/>Ils ne pourront être renouvelés plus de trois ans avant leur expiration.<lb/>Article 12<lb/>Les forêts de la Couronne sont soumises aux dispositions du Code forestier, en ce qui les concerne. Elles seront assujetties à un aménagement régulier.<lb/>Il ne pourra y être fait aucune coupe extraordinaire quelconque ni aucune coupe de quarts en réserve, ou de massifs réservés par l’aménagement pour croitre en futaie, qu’en vertu d’une loi.<lb/>Article 13<lb/>Les propriétés de la Couronne ne seront pas soumises à l’impôt. Elles supporteront néanmoins toutes les charges communales et départementales. Afin de fixer leurs portions contributives dans ces charges, elles seront portées sur les rôles, et pour leurs revenus estimatifs, de la même manière que les propriétés privées.<lb/>Article 14<lb/>Le Roi pourra faire aux palais, bâtimens et domaines de la Couronne tous les changmens, additions ou démolitions [p. 95] qu’il jugera utile à leur conservation et à leur embellissement.<lb/>Article 15<lb/>L’entretien et les réparations de toute nature des meubles et immeubles de la Couronne sont à la charge de la Liste civile.<lb/>Article 16<lb/>Sauf les conditions exprimées ci-dessus et celle de l’obligation de fournir caution, dont la jouissance du Roi est affranchie, toutes les autres règles du droit civil régissent les propriétés de la Couronne.<lb/>Section III<lb/>Liste civile proprement dite.<lb/>Article 17<lb/>Le Roi recevra du trésor public, pendant toute la durée de son règne, une somme annuelle de douze millions.<lb/>Article 18<lb/>Cette somme sera comptée par douzième, de mois en mois et par avance, à la personne commise par le Roi à cet effet.<lb/>Titre II<lb/>Du douaire de la Reine, de la dotation de l’héritier de la Couronne et des princes et princesses fils et filles du Roi<lb/>Article 19<lb/>En cas de décès du Roi, il sera attribué un douaire à la Reine survivante. Ce douaire consistera en un revenu annuel et viager déterminé par une loi. L’Elysée Bourbon, avec les meubles qui le garniront à cette époque, lui sera assigné pour sa résidence.<lb/>[p. 96]<lb/>Article 20<lb/>L’héritier de la Couronne, Prince royal, recevra sur les fonds du trésor une somme annuelle d’un million. Cette somme sera augmentée, s’il y a lieu, et par une loi spéciale, lorsqu’il ser mariera.<lb/>Cette somme sera aussi payée par avance et par douzième.<lb/>Article 21<lb/>En cas d’insuffisance du domaine privé, les dotations des fils puinés du Roi et des princesses ses filles seront réglées ultérieurement par des lois spéciales.<lb/>Titre III<lb/>Du domaine privé<lb/>Article 22<lb/>Le Roi conservera la propriété des biens qui lui appartenaient avant son avènement au trône. Ces biens et ceux qu’il acquerra à titre gratuit ou onéreux pendant son règne composeront son domaine privé.<lb/>Article 23<lb/>Le Roi peut disposer de son domaine soit par actes entre vifs, soit par testament, sans être assujetti aux règles du Code civil qui limitent la quotité disponible.<lb/>Article 24<lb/>Les propriétés du domaine privé seront, sauf l’exception portée en l’article précédent, soumises à toutes les lois qui régissent les autres propriétés. Elles seront cadastrées et imposées.<lb/>Article 25<lb/>Il ne sera plus formé de domaine extraordinaire. En conséquence, [p. 97] tous les biens meubles et immeubles acquis par droit de guerre ou par des traités patens ou secrets appartiendront à l’Etat, sauf toutefois les objets qu’une loi donnerait à la Couronne.<lb/>Titre IV<lb/>Des droits des créanciers et des actes judiciaires<lb/>Article 26<lb/>Demeureront toujours réservés sur le domaine privé délaissé par le Roi décédé les droits de ses créanciers et les droits des employés de sa maison à qui des pensions de retraite seraient dues par imputation sur un fonds provenant de retenues faites sur leurs appointemens.<lb/>Article 27<lb/>Les actions concernant la dotation de la Couronne seront dirigées par et contre l’administrateur de cette dotation.<lb/>Les actions intéressant le domaine privé seront dirigées par et contre l’administrateur de ce domaine.<lb/>Les unes et les autres seront d’ailleurs instruites et jugées dans les formes ordinaires, sauf la présente dérogation à l’article 69 du Code de procédure civile.<lb/>Article 28<lb/>Les titres seront exécutoires seulement sur tous les biens meubles et immeubles composant le domaine privé. Ils ne le seront en aucun cas sur les effets mobiliers renfermés dans les palais, manufactures et maisons royales.<lb/>Article 29<lb/>Les deniers de la Liste civile sont insaisissables.<lb/>Disposition transitoire<lb/>La présente Liste civile aura son effet à partir du 9 août 1830. Néanmoins, les sommes excédant l’allocation fixée par [p. 98] l’article 17 ainsi que les revenus des bâtimens, domaines et autres établissemens non conservés dans la dotation de la Couronne qui auraient été touchés par le Roi jusqu’au 1er janvier 1832 lui demeureront définitivement acquis, à la charge, par la Couronne, de payer toutes les dépenses tant du personnel que du matériel de l’ancienne dotation.<lb/>La présente loi, discutée, délibérée et adoptée par la Chambre des Pairs et par celle des Députés, et sanctionnée par nous ce jourd’hui, sera exécutée comme loi de l’Etat.<lb/>Donnons en mandement à nos cours et tribunaux, préfets, corps administratifs et tous autres que les présentes ils gardent et maintiennent, fassent garder, observer et maintenir, et, pour les rendre plus notoires à tous, ils les fassent publier et enregistrer partout où besoin sera. Et, afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous y avons fait mettre notre sceau.<lb/>Fait à Paris, au palais des Tuileries, le 2e jour du mois de mars, l’an 1832.<lb/>Signé Louis-Philippe<lb/>Vu et scellé du grand sceau<lb/>Le garde des sceaux de France, ministre secrétaire d’Etat au département de la justice<lb/>Signé Barthe<lb/>Par le Roi<lb/>Le président du Conseil, ministre secrétaire d’Etat au département de l’Intérieur<lb/>Signé Casimir Périer<lb/>[p. 99] Immeubles à distraire des biens composant la dotation de la Couronne :<lb/>Paris<lb/>Bâtiments dans Paris<lb/>Grand et petit hôtels Molé, rue Saint-Dominique, n° 58, 60 et 62 (non compris les hangars à magasins, sur la rue de l’Université) : 1000000 f.<lb/>Hôtel de la Grande-Aumônerie, rue de Bourbon, n° 2 : 200000 f.<lb/>Hôtel du Grand-Veneur, place Vendôme, n° 9 : 400000 f.<lb/>Hôtel d’Angevilliers, rue de l’Oratoire : 350000 f.<lb/>Hôtel du Châtelet, rue de Grenelle-Saint-Germain, n° 121 : 560000 f.<lb/>Hôtel de la Monnaie des médailles, rue Guénégaud : 800000 f.<lb/>Bâtimens du Conservatoire de musique, rue du Faubourg-Poissonnière : 100000 f.<lb/>Gazomètre et magasins de l’Opéra, rue Richer : 120000 f.<lb/>Hôtel des Gardes, rue Neuve-de-Luxembourg : 750000 f.<lb/>Bâtimens de la manufacture de la Savonnerie à Chaillot : 260000 f.<lb/>Magasins des marbres et chantiers à Chaillot : 160000 f.<lb/>Salle Favart, place Favart : 1000000 f.<lb/>[Total :] 5200000 f.<lb/>Maisons de plaisance<lb/>Château et parc de Bagatelle, au bois de Boulogne : 500000 f.<lb/>Pavillon de la Muette, au bois de Boulogne : 330000 f.<lb/>[Total :] 830000 f.<lb/>[p. 100] Bois<lb/>Terrain pour les fortifications de Vincennes, 3 h. 25 a. 22 c. : 4000 f.<lb/>Terrain de la voirie de Paris, forêt de Bondy, 30 h. 0 a. 0 c. : 25000 f.<lb/>Bois de l’échange Barmont, forêt de Bondy, 32 h. 33 a. 0 c. : 48000 f.<lb/>[Toal :] 77000 f.<lb/>Total de Paris : 6107000 f.<lb/>Saint-Cloud<lb/>Bâtimens<lb/>Nouveau bâtiment, dit hôtel des Gardes, avenue du chemin de Saint-Cloud : 1800000 f.<lb/>Maison des frères de l’Ecole chrétienne à Saint-Cloud : 35000 f.<lb/>Pavillon Brancas à Sèvres : 345000 f.<lb/>[Total :] 2180000 f.<lb/>Terres<lb/>Champs Fernitieux à Saint-Cloud, 0 h. 10 a. 0 c. : 1185 f.<lb/>Place de Sèvres et terrain du pont à bascule à Sèvres, 0 h. 70 a. 23 c. : 2230 f.<lb/>Trois terrains, dont un dit Dépôt de la marine, port de Sèvres, 0 h. 18 a. 73 c. : 12265 f.<lb/>[Total :] 15700 f.<lb/>Total de Saint-Cloud : 2195700 f.<lb/>Versailles<lb/>Bâtimens<lb/>Le Grand-Commun, rue de la Surintendance : 375000 f.<lb/>Hôtel du Grand-Veneur (tribunal), rue Saint-Pierre : 95000 f.<lb/>Hôtel du Grand-Maître (mairie), avenue de Paris : 240000 f.<lb/>[p. 101] Hôtel du Garde-meuble (préfecture), rue des Réservoirs : 160000 f.<lb/>Maison Ripaille (prison), avenue de Paris : 50000 f.<lb/>Vénerie (école normale et primaire), rue Saint-Pierre : 400000 f.<lb/>Ecuries de la Reine ou d’Angoulême, rue de la Pompe : 275000 f.<lb/>Ecuries de Monsieur (Gardes-du-corps), avenue de Paris : 500000 f.<lb/>Ecuries d’Artois, rue de Noailles : 360000 f.<lb/>Ecuries de Madame, rue d’Anjou : 200000 f.<lb/>Ecuries de madame d’Artois, rue de Sartory : 30000 f.<lb/>Hôtel des Gardes-du-corps, avenue de Sceaux : 720000 f.<lb/>Hôtel de Limoges, impasse Limoges : 375000 f.<lb/>Hôtel des Gendarmes, avenue de Paris : 220000 f.<lb/>Hôtel de la Gendarmerie, place d’Armes : 70000 f.<lb/>Hôtel de la Guerre (caserne), rue de la Surintendance : 150000 f.<lb/>Hôtel de la Marine (bibliothèque), rue de la Surintendance : 100000 f.<lb/>Terrain de la Poste aux lettres, rue des Récollets : 20000 f.<lb/>Hôtel des Menus-plaisirs, avenue de Paris : 220000 f.<lb/>Anciens Petits-Menus-plaisirs (magasin à fourrages), rue de Noailles : 160000 f.<lb/>Magasin à fourrages du Petit-Montreuil, rue des Chantiers : 28000 f.<lb/>Hôtel de la Chancellerie, rue de la Chancellerie : 100000 f.<lb/>[p. 102] Hôtel des Gouvernemens, rue des Réservoirs : 20000 f.<lb/>Hôtel des Bâtimens, rue de la Surintendance : 175000 f.<lb/>Caserne des Gardes-françaises et baraques de la place d’Armes (matériaux) : 60000 f.<lb/>Bâtimens de la geôle et de la cour de l’Etape : 66000 f.<lb/>Bâtimens du poids de la farine et de la cour des Mulets : 35000 f.<lb/>Baraques diverses et emplacement de baraques, en location : 9000 f.<lb/>[Total :] 5392000 f.<lb/>Bois<lb/>Bois des Calins ou Chapouval (ancien grand parc), 5 h. 84 a. 0 c. : 10000 f.<lb/>Bois du pavé ou Rennemoulin (ancien grand parc), 11 h. 51 a. 0 c. : 20000 f.<lb/>Bois de Loisemont (ancien grand parc) : 15 h. 56 a. 0 c. : 30000 f.<lb/>Garenne des Voisins (ancien grand parc), 14 h. 56 a. 0 c. : 28000 f.<lb/>Bois de l’Enclos et de Plan (ancien grand parc), 23 h. 35 a. 0 c. : 40000 f.<lb/>5 bouquets de bois (n° 4, 6, 7, 8 et 9 de l’allée), forêt de la Verrière, 1 h. 19 a. 0 c. : 2000 f.<lb/>[Total :] 140000 f.<lb/>Terres en locations<lb/>Terres sur la montagne du Cœur-volant, 0 h. 32 a. 12 c. : 800 f.<lb/>Terres entre le parc de Marly et la route de Saint-Germain : 0 h. 47 a. 28 c. : 1000 f.<lb/>Terres du clos Toutain, 3 h. 32 a. 0 c. : 5000 f.<lb/>[p. 103] Cimetière Saint-Cyr, 0 h. 42 a. 20 c. : 2000 f.<lb/>Terres à Rocquencourt et aux Loges, 1 h. 60 a. 0 c. : 3210 f.<lb/>Terres à Buc et à Jouy, 1 h. 48 a. 37 c. : 3610 f.<lb/>Pépinière de la Couée, 1 h. 69 a. 0 c. : 7580 f.<lb/>Terres à Villepreux, 3 h. 38 a. 0 c. : 4000 f.<lb/>Terrain du pont à bascule et prolongement du boulevart la Reine, 0 h. 88 a. 34 c.. : 3250 f.<lb/>Le clos du Breuil : 9850 f.<lb/>Maison à Louveciennes : 2000 f.<lb/>[Total :] 42300 f.<lb/>Redevances et rentes<lb/>Redevances sur les baraques des marchés Saint-Louis et Notre-Dame : 180000 f.<lb/>Rente foncière sur le clos de la Fosse-aux-Renards : 900 f.<lb/>13 rentes foncières sur diverses propriétés : 1800 f.<lb/>[Total :] 182200 f.<lb/>Total de Versailles : 5756500 f.<lb/>Saint-Germain<lb/>Bâtimens<lb/>Le château (non compris le parterre) : 600000 f.<lb/>Construction et ruines de l’ancien château neuf, dit de Henri IV : 23000 f.<lb/>Grandes écuries et terrains réunis : 15000 f.<lb/>Ecuries du manège : 383000 f.<lb/>Manège neuf : 52000 f.<lb/>Bâtiment dit le Jeu de paume (vieux manège) : 35000 f.<lb/>[p. 104] Hôtel du Maine et manège : 40000 f.<lb/>Terrain de l’ancien hôtel de Luxembourg : 47000 f.<lb/>[Total :] 1330000 f.<lb/>Terres<lb/>Prés de l’île de la Corbière, 0 h. 27 a. 0 c. : 800 f.<lb/>Prés à Herblay, 4 h. 03 a. 0 c. : 8060 f.<lb/>Prés à Conflans, 0 h. 014 a. 3 c. : 340 f.<lb/>[Total :] 9200 f.<lb/>Total de Saint-Germain : 1339200 f.<lb/>Fontainebleau<lb/>Terrain dit le Grand-Ferrare : 15000 f.<lb/>Compiègne<lb/>Bâtimens<lb/>Hôtel de la Chancellerie : 70000 f.<lb/>Hôtel des Menus-plaisirs : 30000 f.<lb/>[Total :] 100000 f.<lb/>Bois<lb/>Bois Fortin, 22 h. 26 a. 0 c. : 30000 f.<lb/>Terres et locations<lb/>Terres à Marigny et à Attichy, 4 h. 08 a. 0 c. : 5725 f.<lb/>Prés des Malmères, à Chevrières, 2 h. 85 a. 0 c. : 2373 f.<lb/>Maison à Crespy (arrondissement de Senlis), 0 h. 09 a. 0 c. : 700 f.<lb/>[Total :] 8800 f.<lb/>Total de Compiègne : 138800 f.<lb/>Cour de Baden et Glacière, à Strasbourg : 52000 f.<lb/>Vu pour être annexé à la loi en date du 2 mars 1832.<lb/>Signé Louis Philippe<lb/>Par le Roi<lb/>Le président du Conseil, ministre secrétaire d’Etat au département de l’Intérieur<lb/>Signé Casimir Périer »</p>
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            <p>Bulletin des lois du royaume de France, IXe série, IIe partie, 1ère section, t. 7, Paris, Imprimerie royale, 1834, p. 616-617
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6532625r/f644.item
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Ordonnance affectant au département de la Guerre le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1833/1833" encodinganalog="3.1.3">21 juin 1833</unitdate>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« Ordonnance du Roi qui affecte au département de la Guerre, pour les besoins du service militaire, divers immeubles domaniaux situés à Saint-Germain<lb/>A Paris, le 21 juin 1833<lb/>Louis-Philippe, roi des Français, à tous présents et à venir, salut.<lb/>Vu l’ordonnance du 14 juin 1833, réglant le mode à suivre pour l’affectation des immeubles domaniaux aux services publics de l’Etat,<lb/>Vu le compte-rendu des besoins du service militaire à Saint-Germain et de la nécessité d’y mettre à la disposition du département de la Guerre les immeubles domaniaux ci-après désignés,<lb/>Vu l’avis du ministre des Finances, duquel il résulte que les immeubles dont il s’agit peuvent être remis sans inconvénient à l’administration militaire,<lb/>Sur le rapport de notre président du Conseil, ministre secrétaire d’Etat de la Guerre,<lb/>Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :<lb/>Art. 1er. Les immeubles situés à Saint-Germain et ci-dessous indiqués, savoir :<lb/>Le château (non compris le parterre),<lb/>Les grandes écuries et terrains réunis<lb/>Les écuries du manège,<lb/>Le manège neuf,<lb/>L’hôtel du Maine et du Manège,<lb/>Le terrain de l’ancien hôtel de Luxembourg,<lb/>Sont affectés au département de la Guerre pour les besoins du service militaire.<lb/>2. Nos ministres secrétaires d’Etat de la Guerre et des Finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de la présente ordonnance.<lb/>Signé Louis-Philippe<lb/>Par le Roi, le président du Conseil, ministre secrétaire d’Etat au département de la Guerre<lb/>Signé maréchal duc de Dalmatie »</p>
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            <p>Bulletin des lois de la République français, Ie série, premier semestre de 1852, contenant  les lois et décrets d’intérêt public et général publiés depuis le 1er janvier jusqu’au 30 juin 1852, Paris, Imprimerie nationale, 1852, p. 1181
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k486128d/f1230.item
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Sénatus-consulte accordant au prince-président le droit exclusif de chasse dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">7</unitid>
            <unitdate normal="1852/1852" encodinganalog="3.1.3">1er avril 1852</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <corpname id="atom_19454_actor">Sénat (Second Empire)</corpname>
            </origination>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Du 1er avril 1852<lb/>Le Sénat,<lb/>Vu la proposition collective présentée par les membres composant le bureau et prise en considération dans la forme déterminée par l’article 17, paragraphe second, du décret organique en date du 22 mars 1852,<lb/>A délibéré et voté le sénatus-consulte dont la teneur suit :<lb/>Art. 1er. En exécution de l’article 15 de la Constitution, une somme de douze millions est allouée annuellement, à dater du 1er janvier 1852, au prince-président de la République.<lb/>2. Les palais nationaux désignés dans le décret du 27 mars 1852, le mobilier, les jardins et parcs qui en dépendent sont affectés à l’habitation et à l’usage du prince-président de la République. L’inventaire du mobilier, précédemment dressé en vertu des lois et règlements, sera récolé aux frais de l’Etat à l’époque de l’entrée en jouissance.<lb/>Le prince-président de la République jouit exclusivement du droit de chasse dans les bois de Versailles, dans les forêts de Fontainebleau, de Compiègne, de Marly et de Saint-Germain.<lb/>3. L’Etat, continuant de percevoir les revenus et produits utiles des forêts, reste chargé de leur administration ainsi que de l’entretien des palais nationaux et de tout ce qui en dépend.<lb/>Fait au palais du Sénat, le 1er avril 1852.<lb/>Le président<lb/>Signé Mesnard<lb/>Les sénateurs secrétaires<lb/>Signé général Regnaud de Saint-Jean-d’Angely, Cambacérès, baron T. de Lacrosse »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <corpname role="Producteur" id="atom_19454_actor">Sénat (Second Empire) </corpname>
            <persname role="subject">Napoléon III</persname>
            <subject>Chasse</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Bulletin des lois de l’Empire français, XIe série, décembre 1852 et premier semestre de 1853, contenant  les lois et les décrets d’intérêt public et général publiés depuis le 2 décembre 1852 jusqu’au 30 juin 1853, Paris, Imprimerie royale, 1853, p. 15-19
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k486129s/f62.item</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Loi sur la Liste civile, qui accorde au domaine de la Couronne celui de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">8</unitid>
            <unitdate normal="1852/1852" encodinganalog="3.1.3">12 décembre 1852</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <corpname id="atom_19459_actor">Ministère d'Etat</corpname>
              <persname id="atom_48763_actor">Napoléon III</persname>
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            <note>
              <p>Le ministère d’État est créé par décret du 22 janvier 1852, avec les attributions suivantes : les rapports du Gouvernement avec le Sénat, le Corps législatif et le Conseil d’État, la correspondance du Président avec les divers ministères, le contreseing des décrets portant nomination des ministres, la nomination des présidents du Sénat et du Corps législatif, la nomination des sénateurs et concession des dotations qui peuvent leur être attribuées, la nomination des membres du Conseil d’État, le contreseing des décrets rendus par le Président, la rédaction et la conservation des procès-verbaux du Conseil des ministres, la direction du Moniteur, l’administration des palais nationaux et des manufactures nationales.<lb/><lb/>On y annexe un peu plus tard les budgets et comptes de la Légion d’honneur (17 mars 1852), les bibliothèques des palais nationaux (27 mars 1852), les services des Beaux-Arts et des Archives impériales (14 février 1853), la création de la médaille commémorative de la campagne d’Italie (décret du 5 novembre 1859), les services du ministère de l’Instruction publique qui ne touchaient pas directement à l’enseignement public (essentiellement les bibliothèques), et le service des haras distrait du ministère de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics (décret du 24 novembre 1860).<lb/><lb/>On y ajoute l’administration de l’Opéra (décret du 6 janvier 1861), la publication de la correspondance de Napoléon Ier (décret du 16 janvier 1861), l’exposition des oeuvres des artistes vivants (décret du 2 février 1861), la création de la médaille commémorative de l’expédition en Chine (décret du 2 août 1861).<lb/><lb/>Le 23 juin 1863, un grand nombre de services est distrait du ministère d’État, ainsi dégagé de prérogatives administratives, pour être attribué au ministère de la Maison de l’Empereur, qui prend le nom de ministère de la maison de l’Empereur et des Beaux-Arts, le reste échouant au ministère de l’Instruction publique.<lb/><lb/>La suppression du ministère d’État, par un décret du 17 juillet 1869, place dans les attributions du garde des Sceaux tout le service législatif.<lb/><lb/>Quant aux services des Beaux-Arts passés en 1863 au ministère d’État, au ministère de la Maison de l’Empereur, puis au ministère de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts, ils finissent par constituer le 2 janvier 1870 le ministère des Beaux-Arts avant de prendre le titre de ministère des Lettres, Sciences et Beaux-Arts, supprimé le 23 août 1870 dont les services sont réunis au ministère de l’Instruction publique le 5 septembre 1870.<lb/><lb/>De nombreux documents sont mélangés et communs aux deux ministères : le ministère d’État et le ministère de la Maison de l’Empereur, en raison du fait que tous les deux eurent le même titulaire : Achille Fould.</p>
            </note>
          </bioghist>
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            <note>
              <p>Président de la République française de 1848 à 1852, puis Empereur des Français de 1852 à 1870.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Du 12 décembre 1852<lb/>Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, empereur des Français, à tous présents et à venir, salut.<lb/>Avons sanctionné et sanctionnons, promulgué et promulguons ce qui suit :<lb/>Extrait du procès-verbal du Sénat.<lb/>Sénatus-consulte sur la Liste civile et la dotation de la Couronne<lb/>Titre premier<lb/>Section 1ère. De la Liste civile de l’Empereur et de la dotation de la Couronne.<lb/>Article 1er. La liste civile de l’Empereur est fixée, à partir du 1er décembre 1852, pour toute la durée du règne, conformément à l'article 15 du sénatus-consulte du 28 floréal an XII.<lb/>2. La dotation immobilière de la Couronne comprend les palais, châteaux, maisons, domaines et manufactures énumérés dans le tableau annexé au présent sénatus-consulte.<lb/>3. Les biens particuliers appartenant à l’Empereur au moment de son avènement au trône sont, de plein droit, réunis au domaine de l’État, et font partie de la dotation de la Couronne.<lb/>[p. 16] 4. La dotation mobilière comprend les diamants, perles, pierreries, statues, tableaux, pierres gravées, musées, bibliothèques et autres monuments des arts, ainsi que les meubles meublants contenus dans l’hôtel du Garde-Meuble et les divers palais et établissements impériaux.<lb/>5. Il est dressé par récolement, aux frais du trésor, un état et des plans des immeubles, ainsi qu'un inventaire descriptif de tous les meubles; ceux de ces meubles susceptibles de se détériorer par l'usage seront estimés. Des doubles de ces actes seront déposés dans les archives du Sénat.<lb/>6. Les monuments et objets d'art qui seront placés dans les maisons impériales, soit aux frais de l’Etat, soit aux frais de la Couronne, seront et demeureront, dès ce moment, propriété de la Couronne.<lb/>Section II. Conditions de la jouissance des biens formant la dotation de la Couronne<lb/>7. Les biens meubles et immeubles de la Couronne sont inaliénables et imprescriptibles.<lb/>Ils ne peuvent être donnés, vendus, engagés ni grevés d’hypothèque.<lb/>Néanmoins, les objets inventoriés avec estimation, aux termes de l’article 5, peuvent être aliénés moyennant remplacement.<lb/>8. L'échange de biens composant la dotation de la Couronne ne peut être autorisé que par un sénatus-consulte.<lb/>9. Les biens de la Couronne et le trésor public ne sont jamais grevés des dettes de l’Empereur ou des pensions par lui accordées.<lb/>10. La durée des baux, à moins qu'un sénatus-consulte ne l’autorise, ne peut pas excéder vingt et un ans ; ils ne peuvent être renouvelés plus de trois ans avant leur expiration.<lb/>11. Les forêts de la Couronne sont soumises aux dispositions du Code forestier, en ce qui les concerne ; elles sont assujetties à un aménagement régulier.<lb/>Il ne peut y être fait aucune coupe extraordinaire quelconque, ni aucune coupe des quarts en réserve ou de massifs réservés par l’aménagement pour croître en futaie, si ce n'est en vertu d’un sénatus-consulte.<lb/>Les dispositions des articles 2 et 3 du sénatus-consulte du 3 juillet i852 sont applicables aux biens de la Couronne.<lb/>12. Les propriétés de la Couronne ne sont pas soumises à [p. 17] l’impôt ; elles supportent néanmoins toutes les charges communales et départementales.<lb/>Afin de fixer leurs portions contributives dans ces charges, elles sont portées sur les rôles, et pour leurs revenus estimatifs, de la même manière que les propriétés privées.<lb/>13. L’Empereur peut faire aux bâtiments et domaines de la Couronne tous les changements, additions et démolitions qu’il juge utiles à leur conservation ou à leur embellissement.<lb/>14. L'entretien et les réparations de toute nature de meubles et immeubles de la Couronne sont à la charge de la Liste civile.<lb/>15. Sauf les conditions qui précèdent, et l’obligation de fournir caution dont l’Empereur est affranchi, toutes les autres règles du droit civil régissent les propriétés de la Couronne.<lb/>Titre II<lb/>Du douaire de l’Impératrice et de la dotation des princes de la famille impériale<lb/>16. Le douaire de l’Impératrice est fixé par un sénatus-consulte, lors du mariage de l’Empereur.<lb/>17. Une dotation annuelle de quinze cent mille francs est affectée aux princes et princesses de la famille impériale. La répartition de cette dotation est faite par décret de l’Empereur.<lb/>Titre III<lb/>Du domaine privé<lb/>18. Le domaine privé de l’Empereur se compose des biens qu’il acquiert à titre gratuit ou onéreux pendant son règne.<lb/>19. L’Empereur peut disposer de son domaine privé sans être assujetti aux règles du Code civil sur la quotité disponible.<lb/>S’il n'en a pas disposé, les propriétés du domaine privé font retour au domaine de l’Etat et font partie de la dotation de la Couronne.<lb/>20. Les propriétés du domaine privé sont, sauf l’exception portée en l’article précédent, soumis à toutes les règles du Code Napoléon ; elles sont imposées et cadastrées.<lb/>[p. 18] Titre IV<lb/>Des droits des créanciers et des actes judiciaires<lb/>21. Demeurent toujours réservés sur le domaine privé délaissé par l’Empereur, les droits de ses créanciers et les droits des employés de sa maison à qui des pensions de retraite ont été accordées ou sont dues par imputation sur un fonds de retenues faites sur leurs appointements.<lb/>22. Les actions concernant la dotation de la Couronne et le domaine privé sont dirigées par ou contre l'administrateur de ce domaine.<lb/>Les unes et les autres sont d’ailleurs instruites et jugées dans les formes ordinaires, sauf la présente dérogation à l’article 69 du Code de procédure civile.<lb/>23. Les titres sont exécutoires seulement sur tous les biens meubles et immeubles composant le domaine privé.<lb/>Ils ne le sont jamais sur les effets mobiliers renfermés dans les palais, manufactures et maisons impériales, ni sur les deniers de la liste civile.<lb/>Fait au palais du Sénat, le 11 décembre 1852.<lb/>Le président,<lb/>Signé Mesnard<lb/>Les secrétaires,<lb/>Signé T. de Lacrosse, Cambacérès, général Regnaud de Saint-Jean-d’Angely<lb/>Vu et scellé du sceau du Sénat<lb/>Signé T. de Lacrosse<lb/>Mandons et ordonnons que les présentes, revêtues du sceau de l’État, et insérées au Bulletin des lois, soient adressées aux cours, aux tribunaux et aux autorités administratives, pour qu’ils les inscrivent sur leurs registres, les observent et les fassent [p. 19] observer, et notre ministre secrétaire d’Etat au département de la justice est chargé d'en surveiller la publication.<lb/>Fait au palais des Tuileries, le 12 décembre 1852.<lb/>Signé Napoléon<lb/>Par l’Empereur, Le ministre d’Etat<lb/>Signé Achille Fould<lb/>Vu et scellé du grand sceau,<lb/>Le garde des sceaux, ministre secrétaire d’Etat au département de la Justice,<lb/>Signé Abbatucci<lb/>Tableau des immeubles affectés à la Dotation de la Couronne :<lb/>Les palais des Tuileries, avec la maison de la rue de Rivoli, n° 16, et l’hôtel, place Vendôme, n° 9, du Louvre, de l’Elysée, avec les écuries, rue Montaigne, n° 12, du Palais-Royal, et leurs dépendances.<lb/>Les châteaux, maisons, bâtimens, terres, prés, corps de ferme, bois et forêts composant principalement les domaines  de Versailles, Marly, Saint-Cloud, Meudon, Saint-Germain-en-Laye, Compiègne, Fontainebleau, Rambouillet, Pau, Strasbourg, Villeneuve-l’Etang, Lamothe-Beuvron, La Grillère.<lb/>Les manufactures de Sèvres, des Gobelins, de Beauvais.<lb/>Le garde-meuble à l’île des Cygnes.<lb/>Les bois et forêts de Vincennes, Senart, Dourdan, Laigue.<lb/>Vu et certifié conforme,<lb/>Signé baron T. de Lacrosse<lb/>Vu pour être annexé au sénatus-consulte du 12 décembre 1852<lb/>Le ministre d’Etat,<lb/>Signé Achille Fould »</p>
          </scopecontent>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19459_actor">Ministère d'Etat </corpname>
            <persname role="Producteur" id="atom_48763_actor">Napoléon III </persname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Note, circulaires et rapports sur le service de la conservation des Monuments historiques, Paris, Imprimerie nationale, 1862, p. 126
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6377981k/f138.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Classement du château de Saint-Germain-en-Laye au titre des Monuments historiques</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">9</unitid>
            <unitdate normal="1862/1862" encodinganalog="3.1.3">1862</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <corpname id="atom_19464_actor">Commission des Monuments historiques</corpname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Le premier inspecteur des Monuments historiques fut Ludovic Vitet (1802-1873), nommé par François Guizot en novembre 1830. Devenu secrétaire général du ministère du Commerce en 1834, Ludovic Vitet choisit Prosper Mérimée pour lui succéder mais devint le premier président de la Commission des Monuments historiques créée en septembre 1837.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Liste des monuments historiques de la France classés provisoirement<lb/>[…]<lb/>Seine-et-Oise<lb/>Arrondissement de Versailles<lb/>Château de Versailles et ses dépendances.<lb/>Château et restes du nouveau château de Saint-Germain-en-Laye. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <corpname role="Producteur" id="atom_19464_actor">Commission des Monuments historiques </corpname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Journal officiel, 17 février 1895, Chambre des députés, 6e législature, session ordinaire de 1895, compte rendu in extenso, 20e séance, p. 368.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6473732d/f10.item
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Compte rendu d’une séance de l’Assemblée nationale concernant la restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">10</unitid>
            <unitdate normal="1895/1895" encodinganalog="3.1.3">16 février 1895</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
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              <corpname id="atom_19470_actor">Chambre des députés</corpname>
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          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« M. Berteaux. Messieurs, j’ai une très brève question à adresser à M. le ministre des Beaux-Arts relativement aux travaux de restauration du château de Saint-Germain-en-Laye.<lb/>Ces travaux furent commencés en 1862 sous la direction du regretté M. Millet. A partir de cette époque, chaque année, l’administration des Bâtiments civils consacra aux travaux une somme variant de 60000 à 150000 fr. Dès que les travaux furent suffisamment avancés pour que l’on pût commencer la restauration de la chapelle, l’administration des Monuments historiques, de son côté, accorda chaque année une somme qui vint s’ajouter au crédit consenti par l’administration des Bâtiments civils. Les choses continuèrent ainsi jusqu’en 1879, où, malheureusement, M. Millet, l’éminent architecte, vint à mourir.<lb/>Je n’ai pas à rechercher ici si le successeur de M. Millet sut conserver la sympathie et la confiance de l’administration, mais je suis bien obligé de constater qu’il ne sut pas tout au moins conserver les crédits alloués pour les travaux de restauration du château.<lb/>Très rapidement après sa nomination, les fonds faisant défaut, les travaux de restauration s’arrêtèrent. A la fin de 1889, le successeur de M. Millet cessa ses fonctions et il fut très heureusement remplacé, dès les premiers jours de 1890, par M. Daumet, membre de l’Institut, dont je n’ai pas besoin de faire l’éloge.<lb/>Dès lors, on pouvait espérer que les bonnes habitudes du gouvernement allaient être reprises ; nul, en effet, plus que M. Daumet n’est en état de mener à bonne fin l’œuvre si bien commencée, il y a trente-trois ans, par M. Millet. Malheureusement, notre espérance ne s’est pas encore réalisée. Depuis cinq ans, nous attendons en vain la reprise des travaux.<lb/>Et cependant, Messieurs, si cette reprise n’a pas lieu, les dépenses déjà engagées seront-elles-mêmes au moins en partie compromises. Il faudra bientôt restaurer les travaux de restauration.<lb/>Je ne vous donnerai qu’un exemple. Avant sa mort, M. Millet avait fait édifier la charpente en bois de la flèche de la chapelle. Depuis quinze ans, cette charpente en bois attend vainement les travaux de couverture et, si cet état de choses continue, il faudra très certainement, quand on reprendra les travaux, reconstruire la flèche complètement.<lb/>Ainsi l’intérêt financier se trouve d’accord avec l’intérêt artistique pour réclamer la reprise et la continuation des travaux. Il y a là deux considérations bien faites, je l’espère, pour toucher M. le ministre des Beaux-Arts d’aujourd’hui, hier encore ministre des Finances.<lb/>Il y en a encore une autre que je me permettrai d’indiquer et qui me touche davantage encore. Les ouvriers en bâtiments de la région, très cruellement éprouvés par le chômage, conséquence forcée des froids si rigoureux de ce long hiver, attendent avec une vive impatience la reprise des travaux. En effet, sur les sommes allouées, 45 p. 100 environ vont à la main-d’œuvre. Ce serait pour les ouvriers de l’ouvrage et par suite du pain.<lb/>Je suis certain que M. le ministre des Beaux-Arts appréciera cette raison, et j’ai le ferme espoir qu’il voudra bien nous annoncer la reprise prochaine des travaux.<lb/>(Applaudissements sur divers bancs.)<lb/>M. Dupuytrem. Jamais !<lb/>M. le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. J’ai le regret de contester l’interruption de M. Dupuytrem ; j’ai le désir de satisfaire M. Berteaux, aux considérations duquel je suis, en effet, très sensible.<lb/>J’estime que les travaux du château de Saint-Germain doivent reprendre, et ils vont reprendre. (Très bien ! très bien !) Ils seront exécutés jusqu’à concurrence de 30000 fr. dans le cours de l’exercice. (Très bien ! très bien !)<lb/>M. Dupuytrem. Tant mieux ! J’espère que la ville de Saint-Germain me sera reconnaissante, car c’est moi qui ai amené M. le ministre à faire cette déclaration.<lb/>M. Berteaux. Je remercie M. le ministre de sa déclaration. »</p>
          </scopecontent>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19470_actor">Chambre des députés </corpname>
            <subject>Construction et travaux</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Journal officiel, 17 février 1895, Chambre des députés, 6e législature, session ordinaire de 1895, compte rendu in extenso, 20e séance, p. 368.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6473732d/f10.item
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
      </c>
      <c otherlevel="" level="otherlevel">
        <did>
          <unittitle encodinganalog="3.1.2">Ouvrages monographiques sur Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
          <unitid encodinganalog="3.1.1">11.2</unitid>
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        2 pièces    </physdesc>
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          <p>Publié</p>
        </odd>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Louis Le Laboureur du petit appartement du roi au Château-Vieux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">4 septembre 1669</unitdate>
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            <note type="generalNote">
              <p>Louis Le Laboureur (vers 1615-1679), « escuyer, bailly du duché et pairie de Montmorency, conseiller du Roy et tresorier general de France en la generalité de Bourdeaux », vivait en 1675 à la Cour, non seulement en sa qualité de conseiller du prince de Condé, mais surtout parce qu’il y avait été appelé « pour l’education et les estudes de messieurs les princes de Conty, qu’il a plu au Roy de faire elever auprès de monseigneur le Daufin » (Archives nationales, E 481b, f. 158, 23 janvier 1675).</p>
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              <persname id="atom_15029_actor">Le Laboureur, Louis</persname>
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              <p>Louis Le Laboureur, « escuyer, bailly du duché et pairie de Montmorency, conseiller du Roy et tresorier general de France en la generalité de Bourdeaux », vivait en 1675 à la Cour, non seulement en sa qualité de conseiller du prince de Condé, mais surtout parce qu’il y avait été appelé « pour l’education et les estudes de messieurs les princes de Conty, qu’il a plu au Roy de faire elever auprès de monseigneur le Daufin » (Archives nationales, E 481b, f. 158, 23 janvier 1675).</p>
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            <p>« [p. 1] Mademoiselle,<lb/>Je ne veux point vous surprendre, preparez vous [p. 2] à lire une grande lettre ; mais si le discours en est long, la matiere en est belle. Avec cela c'est une piece que l’on a souhaitée de moy ; et en voicy l’histoire en peu de mots. Nous avons eté ces jours passez voir de petits cabinets que le Roy s’est fait faire depuis peu à Saint Germain. O la belle chose ! un de vos amis qui se trouva tout proche de cet admirable lieu, et qui y entra avec nous, veut que je vous en fasse la description. Pour moy je ne say [p. 3] pas à quoy il pense. Il auroit bien meilleure grace de faire luy meme ce qu'il conseille aux autres ; et j’ai vingt raisons pour l'en convaincre, dont la moindre est qu’il a cent fois plus d'esprit que moy. Mais il n’importe, la chose est resolue ; je lui veux obéir, et vous montrer à tous deux en cette occasion que rien ne m'est impossible quand il s’agit de vous satisfaire.<lb/>Vous savez bien que ce chemin si clair<lb/>Qu’on voit au ciel pendant la nuit obscure,<lb/>Meine au Palais du grand dieu Jupiter,<lb/>Comme un auteur digne de foi l'assure ;<lb/>[p. 4] C’est Ovide, et cela suffit.<lb/>Mais vous ne savez pas peut estre<lb/>Qu’à Saint Germain, tant le jour que la nuit,<lb/>Depuis deux ans on en voit apparaître<lb/>Un autre en l’air qu’a voulu qu’on y fît<lb/>Monsieur Colbert, des Bâtiments le Maître.<lb/>Il est si beau, si belle en est la vue,<lb/>Qu'en y passant, les yeux sont eblouis !<lb/>Et ce chemin meine et sert d'avenue<lb/>Aux cabinets de notre grand Louis.<lb/>C’est un haut et magnifique balcon que l’on a fait au vieux château, le long des appartements du Roy et de la Reine, du côté qui regarde le nord. Cette piece apporte tant d’ornement et tant de commodité à ce palais, qu’on la croit aussi ancienne que [p. 5] tout le reste du bâtiment. On se persuade qu’elle y a toujours été, parce qu’elle y devoit toujours etre ; et c'est ainsi que l’on est surpris tous les jours en voyant le succez des ordres de ce genie universel qui prend le soin de ces choses, et qui sait si bien donner la dernière perfection à tout ce qui dépend de son ministere.<lb/>Toute la cour donne le nom de terrasse à ce balcon ; et en effet, il est assez large pour meriter qu’on l’appelle ainsi. Vous pouvez [p. 6] juger, apres la promenade que vous avez faite ici pendant la saison des cerises, si nous devons nous connoitre en belles vues : quoy qu’il en soit, Mademoiselle, je vous dis maintenant en prose qu’il n’y en a point de plus riche au monde ni de mieux variée que celle qui se presente devant la terrasse dont je vous parle. De là on a le plaisir de se promener des yeux dans les jardins du Roy et à plus de quatre lieues aux environs, dans des valons et sur des coteaux [p. 7] qui font une perspective admirable.<lb/>Tant de si doux objets ; une découverte si avantageuse ; le voisinage d’une grande foret et d'une grande riviere ; la pureté de l'air, et je ne say combien d'autres belles choses qui se rencontrent heureusement ensemble à Saint Germain en font aimer le sejour au Roy, et sont cause que le vieux château l’emporte aujourd'hui sur tous les modernes. Voilà ce que c'est que d’avoir eu du commencement la nature [p. 8] favorable ! Cela fait bien voir que ce n’est pas la belle architecture qui rend les palais agreables et qui les fait habiter.<lb/>Admire qui voudra la pompe de cet Art ;<lb/>La charmante nature a des graces à part<lb/>Qui touchent davantage et les yeux et les ames.<lb/>On ne peut m’opposer de valables raisons.<lb/>Nature fait les belles femmes<lb/>Et les belles maisons.<lb/>C’est elle qui donne les belles scituations et les beaux paisages ; et comme elle ne fait pas de semblables liberalitez à tous ceux qui batissent, il arrive de là aussi qu’on voit assez de riches bâtiments [p. 9] et peu de belles maisons.<lb/>Monsieur Le Brun, avec qui nous avions fait la partie, nous mena d’abord sur cette terrasse : la compagnie fut surprise et charmée d’une veue si accomplie ; et il n’y eut personne qui ne s’imaginât estre passé dans l’ancienne Assirie ou dans l’ancienne Egypte par la machine de quelque songe, et se trouver dans ces jardins suspendus, dont on a fait tant de bruit. Cette vision n’etoit pas si hors de raison qu’on diroit bien, et vous le connoitrez par [p. 10] la suite. On peut de cette terrasse aller à la chambre du Roy, qui s’habilloit alors :<lb/>En ce lieu neanmoins parurent peu de gardes ;<lb/>La liberté s’y trouvait comme ailleurs ;<lb/>Et le nombre des hallebardes<lb/>Le cedoit à celuy des fleurs.<lb/>Nous y marchions entre deux rangs de lauriers cerises, de tricolors, de jasmins et de tubereuses, et tandis qu’avec un petit cristal dont je me sers pour allonger ma courte veue, je cherchois notre Montmorency d’où nous etions partis, notre conducteur alla s’assurer de l’ouverture [p. 11] des cabinets, et nous vint rejoindre après avoir obtenu la permission de nous y faire entrer.<lb/>Il nous falloit passer devant une porte qui repond de la chambre du Roy sur cette terrasse ; elle etoit ouverte et si fort assiegée de courtisans, qu’il n’y avoit presque point de place pour aller au delà. Le roi etoit alors auprès de cette porte, et c'est d’où venoit une si grande presse. Je tachay de le voir en passant, mais ce fut en vain ; l’eclat de sa personne est si [p. 12] grand que j’en fus frappé, même en ne la voyant pas. J’eus beau avoir recours au petit cristal que je tenois à la main, cela ne servit de rien ; au contraire, mon eblouissement s’accrut au lieu de diminuer ; et j’expérimentay ainsi la verité de ces sages paroles qui disent que celuy qui cherche trop curieusement la Majesté sera opprimé par la gloire.<lb/>La terrasse finit à trois ou quatre pas au dessous de cette porte de la chambre du Roy, et c’est à cette extremité [p. 13] que commence de ce côté là le petit appartement que nous allions voir. Il est rangé sur une autre terrasse de plain pied qui regne tout le long d’une autre face du vieux château et qui regarde les cours du château neuf. Il y a, au bout de la terrasse où nous etions, une porte qui nous fut ouverte ; et alors nous entrames dans les lieux tant desirez, où je trouvay encore mille autres sujets d’eblouissement.<lb/>En effet, je defie l’imagination [p. 14] la plus riche et la plus heureuse de se former une idée de choses qui puissent montrer tout ensemble tant d’art, tant d’esprit et tant de magnificence. Tous les murs et les plafonds sont revetus de glaces et de miroirs avec des quadres et des ornemens dont l’or fait la moindre richesse. On y marche sur des planchers qui seroient dignes de faire la pompe des plus belles voutes et d’etre au dessus des testes les plus superbes. Ce ne sont que des marbres de [p. 15] toutes les couleurs, des ouvrages en mosaique et des parquets de pieces de rapport. On y voit en tous les coins et en cent autres endroits de grands vases d'argent chargés de fleurs, des pilastres et des termes de meme métal qui portent des filigranes d'or : et tout cela me parut si eclatant que, me ressouvenant de la devise du Roy,<lb/>Je crus en verité, sans pousser trop les choses,<lb/>Estre, par un miracle à nul autre pareil,<lb/>Transporté d’ici bas au palais du Soleil,<lb/>Tel qu’on le voit baty dans les Metamorphoses :<lb/>Mais le Soleil qui brille en ces lieux enchantez<lb/>N’a point ces ardeurs violentes,<lb/>Qui font en mille endroits deserter les citez,<lb/>[p. 16] Qui noircissent le teint, qui fletrissent les plantes,<lb/>Qui dans l’aride sein des plaines languissantes,<lb/>S’insinuant de tous cotez,<lb/>Vont jusqu’en leurs canaux voûtez<lb/>Secher les rivieres naissantes ;<lb/>Et n’exposent aux yeux des familles errantes<lb/>Que des sablons ingrats de bestes frequentez.<lb/>L’astre du ciel où nous etions,<lb/>Car d’un celeste nom ces beaux lieux semblent dignes,<lb/>Ne repand que de doux rayons<lb/>Et des influences benignes<lb/>Qui font fleurir ses regions.<lb/>Au lieu des chiens brulans, des devorants lions,<lb/>Des centaures, des scorpions,<lb/>Et de telles bestes malignes<lb/>Que l’autre visite en son cours,<lb/>Celui cy fait regner les beaux arts en nos jours,<lb/>Et son zodiaque pour signes<lb/>En ce lieu n’a que des Amours.<lb/>Mais ces Amours sont instruits à toutes les belles et grandes choses : ils se jouent avec les lions et les léopards ; [p. 17] ils batissent, ils travaillent, ils vont à la chasse, ils manient les armes, et se montrent capables de tout. On en voit de toutes parts qui sont peints sur des glaces, et dont les différentes postures font autant de douces emblemes. Mais ce qui est singulier en tous ces tableaux, c'est qu’étant peints derriere les miroirs, les premiers traits que le pinceau y a couchez forment la figure telle qu’on la voit ; au lieu que dans la peinture ordinaire ce sont les derniers coups [p. 18] de pinceau qui l’achèvent et qui la finissent.<lb/>Monsieur de Pellisson, qui etoit au lever du Roy et qui se trouva sur la terrasse comme nous passions, entra avec nous dans ce beau palais des amours. Nous nous y reconnumes tous deux avec autant de surprise que de joye ; les premieres paroles que nous nous dimes furent de vous, et c’est lui qui m'a conseillé de vous faire le recit de tant de belles choses.<lb/>Mais pour m'en acquitter avec honneur, il faudroit [p. 19] que je pusse me ressouvenir icy de tout ce que j’en entendis alors dire à monsieur le comte de Nogent. Vous connoissez la modestie de monsieur Le Brun, qui n’est pas moins admirable que ses ouvrages. Il ne parle bien volontiers que des choses qu'il n’a point faites ; et comme celles que nous regardions viennent toutes ou de ses mains ou de sa tête, il se contentoit de nous les montrer sans nous en faire remarquer l’esprit. Monsieur le comte de Nogent, [p. 20] qui nous a fait la grace de nous aimer un peu, et qui voulut bien alors nous venir joindre, y supplea merveilleusement. Il nous expliqua toutes choses, mais avec un esprit qui luy est singulier et à ceux de son nom ; en sorte, Mademoiselle, que si vous trouvez quelque endroit qui vous plaise dans la description que je vous fais, vous luy en devez avoir toute l’obligation.<lb/>Jusqu’icy, je ne vous ay parlé que confusement de tout cet admirable bijou ; [p. 21] mais pour vous en donner une idée plus distincte, il faut que je tache d’imiter le bel ordre que vous gardez dans tous les recits que vous faites. Ces cabinets, car je les nomme ainsi, tant à cause qu’ils tiennent peu de place que parce qu’ils sont joints à la chambre du Roy, qu’ils accompagnent ; ces cabinets, dis je, font entr’eux un petit appartement entier par les pieces qui le composent. Aussi le Roy appelle cela sa chambre particuliere, pour en faire la diference [p. 22] d'avec l’autre, qui est ouverte à toute sa cour.<lb/>Je vous ay fait entendre que nous y entrames par une porte qui est au bout de la terrasse où nous etions venus d'abord ; mais je vous y veux donner une autre entrée pour vous faire voir chaque chose en son rang, et c’est par la chambre du Roy. Admirez un peu le credit que je me donne icy. Le premier lieu qui se presente de ce coté là est une antichambre, dont les lambris sont tout de miroirs enrichis d'or : il y en a partout, comme je vous ay dit, et jusqu'aux plafonds.<lb/>Au milieu du plafond qui est sur l'estrade à l’entrée que je vous ay promise, est le portrait d’une beauté accomplie qui tient une pomme d'or ; et à la voute, qui est au delà de l’estrade et qui est enfoncée d’une maniere d’architecture fort riche, il y a au fond la figure de Junon qui tient un sceptre et qui a un paon auprès d'elle.<lb/>De ces tableaux incomparables<lb/>L’un, par sa pomme d'or et ses charmes connus,<lb/>Represente aux regards ce qu’ils aiment le plus,<lb/>Ce juste arrangement de choses agreables,<lb/>Ces yeux brillans et bien fendus<lb/>Cette bouche, ce nez, ces cheveux admirables,<lb/>Ces roses, ces lis répandus<lb/>Qui cachent de doux homicides ;<lb/>Tous ces pieges enfin subtilement tendus<lb/>Où l’on a veu tomber les dieux et les Alcides,<lb/>C’est la Beauté.<lb/>Et l’autre qu’on a peint sur le meme modelle,<lb/>Cette Junon pleine de majesté,<lb/>Est la supreme autorité,<lb/>Altiere et jalouse comme elle.<lb/>Cette dernière figure toute royalle est accompagnée de diverses emblemes qui sont rangées alentour, dans les pans de l’enfoncement de la voûte. Vous ne doutez pas, Mademoiselle, que ces emblemes ne soient [p. 25] peintes avec toute l'excellence de l'art ; mais vous ne savez pas ce qu’elles représentent, et je vais vous l'apprendre. Ce sont les inclinations du Roy. Cela devoit être touché d'une façon poetique qui fut aussi agreable que judicieuse et spirituelle. C’est ce que l'on a fait, et vous l'allez voir.<lb/>Comme les diferentes inclinations que l’on a pour les choses sont, à les bien entendre, autant de diferents amours qui y portent les hommes dès leur [p. 26] plus tendre jeunesse, on ne pouvoit pas mieux, ce me semble, figurer celles du roi, toutes sérieuses et toutes grandes qu’elles sont, que par de petits amours appliquez attentivement à ces memes choses. Aussi monsieur Le Brun, qui est un excellent poete en toutes ses peintures, n’y a pas manqué en celles cy. Il s'est tout à fait bien servi de ces petits symboles dans un dessein si vaste, et cela produit le plus agreable effet du monde.<lb/>Il a consideré diferemment [p. 27] les inclinations du Roy, les unes comme luy venant de la nature, et les autres comme luy étant données par la raison. Les premieres, telles que la chasse, la musique et la danse, n’ont pour objet que le seul plaisir ; et les autres, comme le commerce et la guerre, regardent le bien et la gloire de l’Etat. Pour representer ces différentes choses, monsieur Le Brun s’est servi partout de memes acteurs, mais qui font de diferentes actions et qui sont toutes [p. 28] proportionnées à leur age, ce qui rend la fiction tout à fait agreable.<lb/>Ainsi l’on y voit avec grand divertissement un de ces petits amours chasseurs qui s’est passé la tête dans un cor, qui l’embarrasse ; et un autre qui, aimant la musique, touche une viole de ses doits, et prete en meme temps l’oreille fort attentivement, comme si le son que l’on tire de cet instrument avec la main seule pouvoit estre bien harmonieux.<lb/>[p. 29] Surtout je pris plaisir à voir<lb/>La posture diverse<lb/>De ces jeunes enfants qui marquent le commerce,<lb/>Occupez de tout leur pouvoir,<lb/>Comme negociants d’un notable savoir,<lb/>A tenir leurs journaux, les lire,<lb/>Charger, rayer, chifrer, ecrire,<lb/>Conter argent, payer et recevoir.<lb/>D’autres, pour qui la gloire a de plus nobles charmes,<lb/>Dans un quadre opposé cherchent d'autres emplois :<lb/>L’un prend l'epée, un autre endosse le harnois ;<lb/>Et faisant tous l’essay de quelques pieces d'armes<lb/>Montrent qu’ils ont le cœur françois,<lb/>Qu’ils aiment les fameux explois<lb/>Et qu’ils craignent peu les alarmes.<lb/>Mais le peintre savant,<lb/>Voulant montrer que bien souvent<lb/>Tel se met en campagne et commence la guerre,<lb/>Qui ne peut à son gré la terminer après,<lb/>En a figuré tout exprès<lb/>Un d’entre eux que son casque serre,<lb/>Et qui de ses deux bras, trop foibles et trop courts,<lb/>Ne pouvant plus l’oter de sa tête enfantine.<lb/>Semble appeller à son secours<lb/>[p. 30] La troupe voisine<lb/>Des autres amours.<lb/>De là, à main gauche, est une chambre destinée au repos du Roy, où l’on voit dans l’enfoncement de la voute, qui est faite en coupe, trois petits amours qui sont peints d’une manière inimitable. Ils tiennent tous trois de toutes leurs mains un meme lustre avec un empressement merveilleux ; et quoiqu’ils paroissent fort empeschez à en soutenir le poids, qui est trop grand pour la petitesse de leur corps, la peinture [p. 31] est si artistement faite qu'on apperçoit neanmoins à leurs yeux et sur leur visage la joye qu’ils ont à eclairer le Roy avec ce lustre.<lb/>Il y en a quatre autres autour d’eux dans le fond de la coupe ; mais ils ne leur ressemblent pas. Je n’ay jamais rien veu de si opposé : ils ne respectent aucune puissance, et n’epargnent ni les heros ni les dieux memes.<lb/>Le premier, pour faire voir qu’il exerce son empire jusque dans les cieux, [p. 32] tient, ce me semble, un cygne et un aigle dont il contraignit autrefois Jupiter de prendre la figure.<lb/>Le second, voulant montrer que les enfers n’ont pas moins ressenti aussi son pouvoir, arbore, pour marque de la victoire remportée sur Pluton, le sceptre fourchu de ce dieu, qui, d'ailleurs, representant la richesse, donne par sa defaite un double triomphe à l’amour.<lb/>Le troisieme, qui n’est guere moins fier, se rit de la force guerrière, et se [p. 33] fait un trophée des armes de Mars.<lb/>Le dernier ne traite pas mieux la force héroïque : il se joue de la depouille d'Hercule ; et, non content de montrer la massue de ce domteur de monstres jettée à ses pieds avec une quenouille, le petit emporté prend encore la peau du lion : il se la met sur la teste et s’en coeffe plaisamment comme s’il en vouloit faire une mascarade.<lb/>Sur les cotez de la coupe, on voit les divertissements [p. 34] du Roy qui sont representez par ses maisons de plaisance ; et l'on y remarque entre autres Saint Germain, Versailles et Fontainebleau. Mais, parce que le Roy a bien montré qu’il fait aussi ses plaisirs des travaux de la guerre, on n’a pas oublié d'en peindre une petite image auprès de cette derniere maison, par la representation du camp qu’il y a fait faire autrefois.<lb/>Au plafond de l'alcove, qui est entourée de force jeunes amours peints sur [p. 35] les glaces du lambris, on voit le tableau d'une deesse qui n’etalle pas seulement tous les charmes de la beauté sur son visage, mais qui repand aussi de ses mains toutes sortes de pieces d’or et d’argent, et qui a encore derriere elle une corne d'abondance dont il sort quantité d'autres richesses.<lb/>Il n’est pas besoin, Mademoiselle, de vous dire que cette nymphe represente la magnificence ; vous devinez des enigmes qui sont bien plus dificiles ; [p. 36] mais que vous semble de la scituation que monsieur Le Brun luy a donnée ? Ne trouvez vous pas qu'il l’a placée bien judicieusement dans le voisinage de tous ces petits audacieux ?<lb/>N’en deplaise à tous les amours<lb/>Que tant de victoires couronnent,<lb/>Cette belle qu’ils environnent,<lb/>Prete aux amants de grands secours.<lb/>Il y a sur l'estrade un lit à la romaine, dont les rideaux, qui etoient retroussez, sont d'un tissu d'or et d'argent qui me parut un ouvrage aussi nouveau qu’il est riche. Le dossier [p. 37] du lit est un relief d’argent à jour, où l’on voit au coté droit un petit amour qui conte curieusement les dents d’un lion, et un autre de l’autre coté qui tient doucement un leopard au cou. Il y en a un troisieme au dessus d’eux qui est assis sur un aigle au milieu du dossier, d’où il menace tout le monde d’une fleche qu’il tient couchée sur son arc.<lb/>Comme les princes et les souverains n’ont point de plus seure garde que l’amour, je m’imagine que [p. 38] celuy là est en faction, et qu’il veille à l’entour du lit du Roy ; mais tandis qu’il est ainsi à l’erte, on en voit quantité d’autres aux glaces du lambris de l’alcove qui sont dans une posture paisible, et qui invitent au repos ceux qui les regardent.<lb/>Celuy cy, le doit sur la bouche,<lb/>Semble imposer silence à tous ;<lb/>Celuy là, fatigué de tirer trop de coups,<lb/>Ote son carquois et se couche.<lb/>Un, que le grand jour effarouche,<lb/>Eteint de son flambeau les feux cuisans et doux.<lb/>Un autre enfin, qui n’est ni peureux ni jaloux,<lb/>S’endort et fait bien voir qu'aucun soin ne le touche.<lb/>Ainsi tous ces amours promettent le repos ;<lb/>Et je n’en vis qu’un seul, dans un coin de l’estrade,<lb/>[p. 39] Qui se tenoit en embuscade,<lb/>Et decochoit un trait dispos.<lb/>Mais ce trait est un coup de ùaître,<lb/>Que l’illustre Le Brun fait là bien à propos :<lb/>Sa pensée est d’instruire, et de faire connetre<lb/>Que l’amour est un petit traitre ;<lb/>Qu’il s’en faut defier de loin comme de près,<lb/>Et qu’en quelque etat qu’on puisse etre,<lb/>Il est bien mal aisé d’echapper à ses traits.<lb/>Mais ce jeune avanturier n’est pas encore si dangereux ni si formidable que celuy dont je vais vous parler ; il y a bien à dire. Il n'est auprès de lui tout au plus que,<lb/>de la plebe degli Dei,<lb/>pour me servir des termes de l’Aminte du Tasse ; et l'autre, bien au contraire,<lb/>[p. 40] E tra grandi e celesti il piu potente.<lb/>En voicy la raison. C'est que le premier n’a qu’un but et qu’une visée, au lieu que cet autre tient au bout de sa fleche quiconque est si hardi que de le regarder. On a beau changer de place et se tourner de tous cotez, on est toujours à sa mercy, toujours à la pointe de son trait ; et y eut il cent personnes à le voir, il les mire tous ensemble et chacun en particulier. D’ailleurs, il n'épargne ni l’habit ni la profession ; et je vous nommeray [p. 41] des gens de notre compagnie qui me parurent tout embarrassez de voir qu’il donnoit sur eux aussi bien que sur les autres.<lb/>Pour voir ce mauvais garçon, il faut entrer dans un cabinet qui tient à la chambre que je viens de vous montrer, et qui est la dernière piece de l'appartement. Il est pris dans une petite tour voisine qui fait le coin des deux terrasses dont nous avons parlé : sa figure est octogone, et l’on y voit des miroirs dans tous les lambris, [p. 42] et des filigranes d'or et d'argent rangées sur la corniche qui regne tout autour, comme dans les deux autres pieces precedentes. Il y a encore dans ce cabinet deux grandes figures d’argent, qui sont si hautes et si bien faites, qu’on en demeure tout surpris en entrant.<lb/>L’une represente Apollon,<lb/>Lors que, dans l'aimable vallon<lb/>Où serpente le doux Penée,<lb/>Joignant la nymphe qui le fuit,<lb/>Il n’a de sa course obstinée<lb/>Rien que des feuilles pour tout fruit.<lb/>C’est de cette belle fugitive qu’est venu en ligne directe [p. 43] le jeune laurier qui est dans votre jardin, et dont vous m’avez promis une couronne quand il sera plus grand.<lb/>L’autre figure est aussi belle,<lb/>J’eus bien longtemps les yeux dessus ;<lb/>Mais de dire comme on l'appelle,<lb/>Excusez moi, de grace, il ne m’en souvient plus.<lb/>Le terrible assaillant que je vous ai tant vanté est au plafond de ce cabinet ; et comme ses coups sont inevitables, on ne voit aussi partout sur les glaces du lambris que des emblemes qui ne parlent que de ses prises et de ses conquestes.<lb/>[p. 44] Le cœur fidelle qui est representé par une colombe qu’un petit amour tient à la main ; l’humeur altière et la causeuse qui sont figurées par de jeunes amours qui tiennent l'un un paon et l'autre une pie ; enfin, je ne sais combien d’autres diferents symboles de diferents amours sont peints là de toutes parts, comme autant de prisonniers de guerre qui ont eté faits par ce victorieux.<lb/>Ne croyez pas, Mademoiselle, qu’il n’ait point d’autre fleche à tirer que [p. 45] celle qu’il presente ; on lui en appreste à tous momens de nouvelles : et c’est pour cela sans doute que l’on voit dans le meme lambris un autre petit amour à l’ecart, qui est occupé à eguiser et afiler des traits. Il est merveilleusement attentif à son travail, et, pour moy, je pense que c’est un officier des plus experts à qui le prince qui est au plafond a donné particulierement cette charge dans sa maison.<lb/>Il y a dans l'ouverture de la cheminée un grand vase [p. 46] d’argent qui fait cent petites fontaines jaillissantes à discrétion ; et cela sert, quand on veut, à rafraichir agreablement le lieu en eté. Au manteau de cette cheminée, on voit les quatre elements en quatre figures separées qui composent un quarré ; et dans le milieu est un amour triomphant, qui, avec toutes ces figures elementaires jointes ensemble, tient un portrait merveilleux dont il tire toute sa gloire et toute sa puissance.<lb/>[p. 47] Tout fier de tenir cette image,<lb/>Il insulte aux plus grands vainqueurs,<lb/>De ce qu’ils n'ont autre avantage<lb/>Que d’accroistre leur héritage<lb/>Par la force et par les rigueurs<lb/>Que Bellone met en usage ;<lb/>Au lieu qu’au seul aspect de ce charmant visage,<lb/>Il est maitre absolu des plus rebelles cœurs,<lb/>Qui viennent tous luy rendre un volontaire hommage.<lb/>Là, tel qu’il fut jadis quand de l'affreux Chaos,<lb/>Faché de voir le trouble enorme,<lb/>Il chassa de la masse informe<lb/>La haine et le desordre enclos ;<lb/>On le voit gouverner l’air, le feu, l'eau, la terre,<lb/>Et de ces ennemis adoucissant la guerre,<lb/>Donner à l’univers la paix et le repos.<lb/>Avouez, Mademoiselle, que vous etes eblouye de tant de belles choses, et que vous seriez bien aise de trouver maintenant [p. 48] quelque grotte où vous pussiez vous delasser, et prendre un peu de rafraîchissement. Je me doute que cela ne vous deplairoit pas. He bien, vous allez estre servie à point nommé ; il y en a une icy tout proche, où vous verrez, entr’autres choses, un jet d'eau de plus de dix pieds de hauteur, et la plus charmante cascade qu’il y ait au monde. Il ne faut que repasser dans l'antichambre, par où je vous ay fait entrer de la chambre du Roy.<lb/>Vous ne me croyez pas ; car quelle apparence qu’on puisse trouver une grotte, avec des jets d’eau et des cascades, sur un balcon ? Mais il falloit cela aussi pour achever l’enchantement. Venez donc, s’il vous plaist, et faites moi l'honneur de me suivre jusqu'à l'autre bout de ce petit palais.<lb/>Au delà de l'estrade de l'antichambre, à main droite, vis à vis des beaux lieux que je viens de vous faire voir, se trouve cette admirable grotte, où, du [p. 50] milieu du plancher qui est d’un marbre de toutes couleurs, il sort un gros jet d'eau qui va jusqu’au plafond attaquer un petit amour qui tient un foudre.<lb/>A voir cet amour au travers de l’eau qui le couvre, on diroit qu'il s’offense de l’insulte que luy fait son ennemie, et meme, dans le mouvement de l’eau, il semble qu’il se tremousse, comme s’il vouloit lacher la foudre qu’il tient toute preste sur elle. Mais cette eau se moque de sa colere et de ses menaces ; [p. 51] et, non contente de luy porter son bouillon jusques dans le nez, elle fait encore passer la figure de son jet au travers des glaces du plafond, et forme ainsi un second jet au dessus de ce petit foudroyant, qui, par cet agreable prestige, a l’affront encore de paroitre enfermé entre deux eaux jalissantes.<lb/>Au coté le plus apparant de la grotte, contre un mur tout revetu de marbre, et justement au milieu de ce mur, il y a le relief d’un Neptune qui est representé [p. 52] sur son char tiré par des chevaux marins. Cette figure, qui est d’argent, deploye de tous cotez quantité de petites nappes d'eau les plus agreables du monde, et fait ainsi la belle cascade que je vous ay promise.<lb/>Mais ce n'est pas la seule figure qui soit dans cette grotte ; j’y en vis quatre autres qui ne luy cedent nullement, ni pour la matiere, ni pour la forme. Ce sont des amours que je n’ozerois appeler petits comme les autres, parce [p. 53] qu’ils me parurent d’une taille assez grande. Ils portent chacun sur leur teste une corbeille chargée de fruits, qui font une infinité de jets d’eau ; mais le jet du milieu de la corbeille, comme le plus haut et le plus fort, domine sur tous les autres, qui se contentent de noyer ces fruits et de faire une douce pluye à l'entour de ces jeunes enfants.<lb/>Chacun d’eux est dans une grande coquille, assis cavalierement sur un dauphin qui jette aussi de l'eau ; [p. 54] et ces divers jalissemens se rassemblant dans cette coquille, qui est soutenue par de petits tritons dorez, toute l’eau se repand de là en meme temps dans des bassins de marbre blanc, et fait, en tombant, comme une menue grille d'argent qui emprisonne ces petits dieux marins.<lb/>Tous les autres ornements sont de même ; on n’a jamais veu encore un si beau coquillage ; et ce n’est pas seulement à cause qu’il est enrichy de quantité de branches de corail de toutes [p. 55] couleurs, mais aussi parce qu’il est arrangé avec tout l'art imaginable. L'ouvrier s’est aquité en cela tout à fait bien de son devoir.<lb/>Ce ne sont que festons, arcs, fruits, pampres, raisins,<lb/>Et la peinture encore animant ces rocailles,<lb/>Y figure partout à l'entour des murailles<lb/>Mille petits Amours marins,<lb/>Les uns assis sur des ecailles,<lb/>Et les autres sur des dauphins.<lb/>Mais ce n'est pas tout encore : cette grotte en produit plusieurs autres, et cela se fait par les miroirs qui sont aux lambris et aux plafonds des chambres, qui representent tous [p. 56] cette grotte à l’envi l’un de l'autre ; en sorte que lorsqu’on luy donne l'eau, on voit aussitot cent cascades pour une, et infinis jets qui se reproduisent de tous cotez. Chaque glace renvoye aux autres la figure des objets qu’elle reçoit ; et ce que l’une n’a pas directement, elle l’emprunte de quelqu’une de ses voisines. Ainsi, rien ne se perd dans ces miroirs, et l’œil y retrouve presque partout l’image de bien des choses qu’il a veues reellement en ces lieux, mais qui ne se [p. 57] peuvent plus voir de la place où l’on est. En voicy un exemple.<lb/>On ne saurait voir de l’estrade de l'antichambre le veritable Neptune qui est dans la grotte, parce qu’il est derriere un mur qui le cache. Cependant, on ne laisse pas d’en trouver la figure dans les miroirs de cette estrade, et cela vient d’une seule glace assez eloignée que ce Neptune regarde de coin, laquelle, après en avoir receu l'image, la distribue ensuite à toutes les autres glaces.<lb/>[p. 58] Il y a meme quantité d’arbres des jardins d’alentour qui se viennent mirer aussi dans ces chambres par les fenestres qui repondent sur le balcon ; ce qui fait autant de tableaux, de paisages qu’il y a de miroirs. Je vous donne à penser, Mademoiselle, si de tels tableaux sont naturels et si ces arbres sont bien representez.<lb/>Nous nous vimes sous leur ombrage,<lb/>Et vimes aussi des oiseaux,<lb/>Qui passoient dans la cour entre les deux Chateaux,<lb/>Peindre dans ces miroirs leur vol et leur plumage.<lb/>Voicy bien d’autres choses que j’ay à vous dire, [p. 59] et c'est où j’aurois grand besoin de votre secours pour les exprimer dignement. Agreez donc, s’il vous plaist, que je vous invoque en cet endroit comme la maitresse du Parnasse, et que je vous prie de me preter votre plume pour un moment. Encore une fois, j’en aurois grand besoin, et ce seroit afin de pouvoir vous dire avec toute la force et la delicatesse de notre langue que le Roy vint en ces beaux lieux comme nous etions si fort occupez à les admirer, et [p. 60] qu’il nous fit voir dans ce temps là celuy qui est le mieux fait de tout son royaume. Il etoit seul et ne fut jamais vetu plus simplement ; cependant, il effaçoit la pompe et la magnificence meme.<lb/>Alors, je vis en sa personne<lb/>Tout ce riche appareil de gloire et de splendeur<lb/>Qui peut accompagner une vaste couronne,<lb/>Et par le saint respect que la Majesté donne,<lb/>Fait la véritable grandeur.<lb/>Je vis dans ses regards, sur son front, en son geste,<lb/>Parmi les graces, les appas,<lb/>Tout ce qu'on peut voir icy bas<lb/>De fort, d’auguste et de celeste.<lb/>Je ne m’etonnay plus de ses divins explois,<lb/>De ses succès, de ses conquestes ;<lb/>Et je dis alors plusieurs fois :<lb/>Louis est un miracle, il est le Roy des Roys.<lb/>[p. 62] Il est né pour ranger l’Univers sous ses loix,<lb/>Et mettre sous son joug les plus superbes testes.<lb/>Avec luy l’allegresse entra dans tous ces lieux,<lb/>Et soudain les miroirs, avides<lb/>De faire le portrait de ce Victorieux,<lb/>Quitant tout autre objet, eures leurs glaces vuides,<lb/>Pour ne plus figurer qu’un Louis à nos yeux.<lb/>Je ne vis plus alors que ce Roy glorieux ;<lb/>Son image partout me parut eclatante,<lb/>Et ravi de la voir si belle et si frequente,<lb/>Moi qui brule pour luy d'un zele ambitieux,<lb/>Je crus voir du Ciel radieux<lb/>Descendre autour de moy la machine roulante,<lb/>Et me trouver parmi les Dieux.<lb/>Après que le Roy s’en fut allé et que j’eus un peu recueilly mes esprits, que sa presence avoit mis en desordre, je vins à faire reflexion sur son merveilleux naturel à propos du bel endroit [p. 62] où nous etions. Je ne pouvois assez le louer, de la force qu’il a dans ses affaires, et de la delicatesse qu’il montre dans ses divertissemens. J’admirois que, dans les grands desseins qu'il medite pour le salut et la gloire de son Etat, il put encore penser à toutes les belles choses, et les ordonner avec une connoissance si parfaite et si universelle.<lb/>En effet, il se partage en cent occupations diferentes, et il est tout entier à chacune. Il regle ses finances, il assure le repos à ses [p. 63] sujets, il assiste ses alliez, il reprime les infidelles, et, au milieu de tout cela, il ne laisse pas de cultiver les arts et les sciences. Faut il qu'il fasse la guerre, il en dresse le plan dans son cabinet ; il l’execute aussitot luy meme à la campagne, malgré les ardeurs de l’eté et les glaces de l'hiver ; et c’est, Mademoiselle, ce qui vous l’a<lb/>fait appeler si heureusement le Heros de toutes les saisons.<lb/>Est il sollicité par ses voisins de faire la paix, il arrete, à leurs prieres, le torrent [p. 64] de ses armes, que nulle force etrangère ne pouvoit ni retenir, ni soutenir. Il donne seul la paix à toute l’Europe ; et après avoir joint des provinces entieres à son royaume, non seulement il essaye de l’enrichir par l’etablissement du commerce et des manufactures, mais il travaille encore tous les jours à l'orner par les palais et les maisons qu'il y fait batir ou qu'il embellit.<lb/>Ces nobles divertissemens meritent des louanges aussi bien que les travaux [p. 65] les plus serieux. Il est beau de se jouer quelque fois de la sorte, et les rois n'ont que trop d'illustres exemples qui les y invitent.<lb/>Ainsi, la haute intelligence<lb/>Qui gouverne cet ynivers,<lb/>Apres tant d'ouvrages divers,<lb/>Tant d’astres, de fleuves, de mers<lb/>Qui montrent sa toute puissance,<lb/>Veut bien, pour recreer les yeux,<lb/>S’exercer encore en tous lieux<lb/>A cent autres petits ouvrages.<lb/>Tantot sur des moules nouveaux<lb/>Faits de ses mains doctes et sages,<lb/>Elle se plaist, le long des eaux,<lb/>A former divers coquillages.<lb/>Tantot elle descend jusqu’en nos Jardinages<lb/>Pour y peindre toutes les fleurs ;<lb/>Et dans les champs et les bocages,<lb/>Enseignant aux oiseaux de diferens ramages,<lb/>On la voit de mille couleurs<lb/>Distinguer encor leurs plumages.<lb/>[p. 66] Mais c’est assez de vers et de prose ; je prends un peu trop l’essor : il est temps de me reposer, et de finir cette lettre, qui vous assurera de mes respects et que je suis,<lb/>Mademoiselle,<lb/>Vostre tres humble et tres obeissant serviteur,<lb/>Le Laboureur<lb/>De Montmorency, ce 4 septembre 1669. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_15029_actor">Le Laboureur, Louis </persname>
            <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Louis Le Laboureur, La Promenade de Saint-Germain, à Mademoiselle de Scudéry, Paris, Guillaume de Luyne, 1669.
<lb/>La transcription proposée ici a été établie d'après cette édition originale.</p>
          </bibliography>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Louis Le Laboureur, « Description du château de Saint-Germain-en-Laye au commencement du règne de Louis XIV », Revue universelle des Arts, t. XVIII, 1863, p. 304-321.</p>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description des locaux utilisés par les gardes du corps du roi à Saint-Germain-en-Laye, comprenant le château</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">2</unitid>
            <unitdate normal="1829/1829" encodinganalog="3.1.3">1829</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <persname id="atom_19995_actor">Goujon, Abel</persname>
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              <p>Imprimeur-libraire et imprimeur lithographe.</p>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 361] Le château servit, en 1815, de quartier à un corps anglais de dix mille hommes qui trouvèrent moyen de s'y caserner. Depuis il reçut une des compagnies des gardes du corps du Roi.<lb/>L'extérieur du château conserve encore un aspect imposant par sa masse. Il occupe une superficie d'un hectare cinquante-cinq ares seize centiares. La face du côté du parterre est gâtée par une avance en pierre de taille, qui renferme des lieux d'aisance. Celle sur la place dite du Château, bâtie par François Ier, est en pierre, et en conséquence d'une décoration différente du reste du bâtiment, partout ailleurs en pierre et en brique. De vastes fossés l'enferment, un balcon de fer, placé en 1668, et faisant le tour de l'édifice à la hauteur du premier étage, en est un des plus utiles ornemens.<lb/>Plusieurs écrivains assurent que la forme d'un pentagone irrégulier a été donnée à la cour du château par une galanterie de François Ier, qui voulait qu'elle ressemblât à un D gothique, première lettre du nom de Diane de Poitiers. Cette supposition n'a rien de fondé. Au lieu de chercher de la finesse et de la galanterie jusque dans une masse de pierres, il est bien plus naturel de présumer qu'on a multiplié les faces du château, peut-être dans un but stratégique, ou pour augmenter les points de vue, qui sont de tous côtés admirables.<lb/>On retrouve encore aujourd'hui, à travers plusieurs constructions plus ou moins nouvelles, des parties de la forteresse bâtie par Louis-le-Gros. A deux étages de profondeur sous la cour, on découvre [p. 362] les restes d'un escalier, avec les fondemens et les premières assises d'une tour qu'il desservait.<lb/>C'est tout ce qui en subsiste. Quant aux preuves que François Ier a fait travailler au monument qui nous occupe, elles se montrent dans les chiffres et les salamandres sculptés en divers endroits, et particulièrement sur les cheminées.<lb/>Du reste, les réparations que nécessitent les diverses destinations du bâtiment font disparaître tous les jours les témoignages de son antiquité. Une balustrade en pierre, avec des pilastres de distance en distance, existait sur la terrasse supérieure et régnait autour ; comme elle exigeait de grandes réparations, on a jugé à propos de la supprimer lors de l'établissement de l'école de cavalerie, et de la remplacer par un mur d'appui. Le clocher, renversé entièrement par la foudre, en 1683, ne fut point relevé sur le modèle de l'ancien, il fut établi en charpente et recouvert en entier en plomb.<lb/>Les distributions intérieures ont été si souvent changées, d'abord par Louis XIV, qui y fit de grands embellissemens, ensuite par les divers gouvernemens qui se sont succédé depuis 1789, qu'on n'y reconnaît que très peu de chose de celles qu'avait ordonnées François Ier. On retrouve cependant encore à l'ouest la grande salle qui servait pour les bals et les spectacles de la cour. Cette pièce, de cent quarante et un pieds de longueur sur quarante de largeur, est éclairée par huit grandes croisées, quatre sur la cour et quatre sur la place en face de l'église neuve. On voit encore sur la cheminée une [p. 363] salamandre en relief et les armes de François Ier. Elle sert aujourd'hui de salle pour l'appel des gardes du corps, lorsque le mauvais temps ne permet pas de le faire dans la cour.<lb/>Les appartemens royaux établis par Louis XIV, qu'on aimerait tant à reconnaître, à parcourir, et qui seraient aujourd'hui pour nous remplis de tant de souvenirs, ont été à leur tour, malgré le nom puissant qui semblait devoir les défendre, tellement divisés et subdivisés, qu'il est impossible de reconnaître même l'emplacement de la plus grande partie. Il est certain que toute la face de l'est était occupée par les pièces principales et d'apparat, telles que la salle du trône, celle des ambassadeurs, etc., et que les appartemens particuliers du monarque étaient à l'ouest.<lb/>L'appartement d'Anne d'Autriche était situé au premier étage, dans le pavillon du fond à l'est, ayant vue sur le parterre et la terrasse. Le salon sert aujourd'hui de salle de théorie pour les gardes du corps ; le conseil de la compagnie tient ses séances dans la chambre à coucher de la reine qui est à la suite. Dans ces deux pièces on retrouve encore les marbres des cheminées tels qu'ils étaient autrefois, mais c'est tout ce qui reste de leur ancienne magnificence. Les tableaux et peintures qui les décoraient, ainsi que ceux des autres appartemens, et même de la chapelle, ont été transportés à Paris, en 1802, par ordre du ministre de l'intérieur.<lb/>Le boudoir est encore garni des boiseries du temps. Les placards d'armoires de chaque encoignure contiennent [p. 364] la bibliothèque des gardes du corps. Une partie des livres qui la composent a été donnée par le ministre de la guerre, et l'autre par M. le duc de Gramont.<lb/>La dauphine Marie Anne Christine Victoire de Bavière, femme de Louis de France, habitait l'entre-sol, dans le pavillon de l'Horloge : c'est celui qui est le mieux conservé. Les sculptures dorées, les corniches ornées de dauphins, les marbres précieux des cheminées, en brèche et en sérancolin, sont en très bon état, à l'exception des fleurs de lys qu'on a fait disparaître. Les anciennes boiseries dorées du boudoir, sur les panneaux desquelles on voit encore les chiffres A. M. V., sont un peu dégradées. Un petit oratoire qui y communique a conservé aussi son ancienne décoration : dans la niche où était le prie-Dieu, on retrouve, sculptés sur bois, les attributs de la passion.<lb/>On prétend que Jacques II, pendant son séjour en France, occupa le logement de la dauphine. Cette allégation n'est pas juste, car tous les auteurs du temps disent que les appartemens de Louis XIV étaient-devenus ceux du roi d'Angleterre, et que ce dernier donnait ses audiences dans les salles du trône et des ambassadeurs.<lb/>Une des pièces de cet appartement sert de salle de réunion à la compagnie des gardes du corps, et les autres sont occupées par un maréchal des logis.<lb/>Au troisième, dans le pavillon de l'est, au fond de la cour, était l'appartement de madame de Montespan, dans lequel on voit encore les anciennes [p. 365] cheminées en bon état. Le boudoir, garni de boiseries dorées, est très bien conservé. Un petit escalier dérobé, qui conduit aux étages inférieurs, paraît être celui par lequel Louis XIV parvenait chez sa favorite.<lb/>L’appartement de madame de Montespan est généralement désigné comme ayant été celui de madame de La Vallière. C’est une erreur qu’il est facile de démonter : il est placé dans l’un des pavillons construits en 1680 ; or, madame de La Vallière, qui prit le voile de novice le 2 juin 1674 et prononça ses vœux le 4 juin de l’année suivante, ne put l’occuper six à sept ans avant qu’il fut construit. Comme toutes les filles d’honneur, elle logeait dans les combles ; et si on voulait trouver sa chambre, il faudrait la chercher dans celles situées dans ces parties, à l’une des deux encoigneures de la face du parterre. Effectivement, il y a aux fenêtres donnant sur la terrasse supérieure du château des grilles qui paraissent être du temps où madame de Navailles reçut ordre d’en faire placer aux fenêtres de toutes les filles d’honneur.<lb/>Par suite de la même erreur, on ajoute qu’il y avait au plafond du boudoir une trappe s’ouvrant sur la terrasse du château, par laquelle on prétend que le roi s’introduisait chez madame de La Vallière. Ce conte se réfute parce ce que nous venons de dire, ensuite la voûte a peut-être en cet endroit quatre à cinq pieds d’épaisseur, et est surmontée par un comble en charpente couvert en tuiles et en ardoises. Jamais il n’y a eu de trappe en cet [p. 366] endroit, et ce qu’on nombre comme en étant l’emplacement n’est que celui d’un tableau de plafond.<lb/>Dans toutes les constructions féodales, il existait une de ces redoutables prisons d’état, connues sous le nom d’oubliettes, et dans lesquelles un malheureux une fois descendu était perdu sans retour. Celles de Saint-Germain, aussi anciennes que le château, ou qui datent au moins de François Ier, étaient adossées à l’épaisseur d’un pilier en pierre qui supporte les retombées des voûtes d’une partie du pavillon dit de l’Horloge, qui n’était autrefois qu’une tour flanquant les ailes nord et ouest de l’édifice. Ces oubliettes, dont une partie existe encore, avaient six pieds carrés, descendaient à dix pieds au-dessous du niveau des caves qui ont deux étages l’une sur l’autre, et s’élevaient jusqu’au premier étage du bâtiment. La hauteur en a été interrompue au niveau du rez-de-chaussée par les constructions faites sous Louis XIV. Les murs qui environnent ces oubliettes ont jusqu’à vingt pieds d’épaisseur, par suite des additions qu’il a fallu faire pour joindre le pavillon au corps de l’édifice.<lb/>L’entrée de ce gouffre, dans lequel ne pénétrait pas même l’espérance, était fermée de deux portes ; l’une, de six pouces d’épaisseur et doublée en fer, a été détruite lors de l’établissement de l’école de cavalerie ; la deuxième fut conservée. A cette époque, les oubliettes furent comblées jusqu’à la hauteur du sol des caves. Quelques marches qui existaient encore et qui servaient à descendre dans cette fosse, [f. 367] indiquaient à quel funeste usage elle était employée.<lb/>Sur les murs de ce souterrain, on remarquait avec douleurs des armoiries grossièrement sculptées par des mains inhabiles. Ces ouvrages étaient les délassemens de quelques malheureux prisonniers à qui il ne restait que ce moyen de faire connaître à leurs successeurs dans ce lieu sépulcral, qu’ils y avaient gémi avant eux et y avaient subi la mort qui les y attendait.<lb/>Plusieurs grilles, placées à diverses hauteurs dans le mur principal du puits de descente, fermaient autant de cachots obscurs qui ne recevaient d’air que par l’ouverture du gouffre. Depuis Louis XIV, ces cachots ont été transformés en de vastes caves qui communiquent aux fossés du château.<lb/>La chapelle, de construction dite improprement gothique, fait partie de la masse du château et ne s’élève qu’à la hauteur de son second étage. Elle est entourée de corridors et d’escaliers qui y communiquent par des portes inaperçues de l’intérieur. Elle a environ quarante pieds de hauteur, trente de largeur et soixante-dix de longueur. La voûte est soutenue par des piliers ornés de fuseaux du même style que le reste du bâtiment et qui se croisent dans tous les sens. La coupole du chœur se distingue par sa légèreté ; des rosaces en pierre, fort bien sculptées, et laissant apercevoir une tête couronnée au centre de leur assemblement, servent de clefs aux différens arcs de la voûte. L’intérieur de ce temple est éclairé par des ouvertures garnies de [f. 368] trèfles en pierre et surmontées d’ogives en fuseau.<lb/>Nous avons vu comment Louis XIII prit à l’orner un soin tel que son fils, malgré son goût pour les constructions et les embellissemens, n’y trouva rien à faire. La chapelle resta donc comme elle était, et fut soigneusement entretenue quand la cour eut été transportée à Fontainebleau. D’anciens habitants, qui se rappellent encore sa splendeur passée, n’en parlent qu’avec enthousiasme.<lb/>Lors de la tourmente révolutionnaire, l’autel fut démoli, les colonnes furent renversées et transportées plus tard au musée des Petits-Augustins à Paris, où on les voyait encore il y a quelques années. Les boiseries du chœur furent brisées, les grilles vendues, les parquets arrachés, les carreaux en marbre de la nef mutilés et détruits, et des inscriptions cachées depuis des siècles aux yeux des hommes furent mises à découvert. Rien ne fut épargné de ce qu’on aperçut et de ce qu’on put atteindre.<lb/>Les peintures de la voûte échappèrent cependant comme par miracle à cet affreux désastre. La poussière qui s’échappait des débris qu’on s’empressait d’accumuler forma, en s’élevant, un voile épais qui les déroba aux yeux des destructeurs. Malgré cela, ces peintures n’en sont pas moins perdues en partie pour nous : oubliées pendant quarante ans, l’humidité les endommagea, et nous voyons périr journellement ces chefs-d’œuvre que la faux du temps et les passions humaines, plus cruelles encore, avaient jusqu’ici respectés.<lb/>[p. 369] Les descendans de saint Louis ne pouvaient laisser dans l’abandon un monument tout plein encore du souvenir de leurs aïeux. Sa Majesté Charles X accorda environ cinquante mille francs pour faire les réparations les plus urgentes, et mettre l’intérieur dans un état de décence tel qu’on y pût célébrer les offices divins. En 1826, M. Meunier, ingénieur militaire, fut chargé de la surveillance des travaux, sous la direction du commandant en chef du génie de la Maison du Roi ; et le 6 janvier 1827, jour de l’Epiphanie, la chapelle fut bénite en présence des autorités civiles et militaires et de l’élite de la population de Saint-Germain.<lb/>Nous n’examinerons pas s’il eût été mieux de n’avoir aucun égard aux constructions faites sous Louis XIII, qu’on a tâché de mettre en harmonie avec les travaux modernes ; peut-être eut-il été préférable de prendre pour point de départ les constructions antiques et de conserver à l’édifice son caractère primitif. Nous nous contenterons de dire quelques mots sur cette dernière restauration.<lb/>Le maître autel a été replacé sur ses anciens piédestaux qu’on a relevés ; les colonnes en pierre qui l’accompagnent ont été peintes en marbre ainsi que leur couronnement, et rehaussés de dorures et de décors distribués avec goût, les chapiteaux des colonnes dorés en entier, de même que leurs bases. On a restauré les deux tribunes latérales, rétabli les anciennes balustrades de la nef, refait la tribune du fond en la rattachant à ces balustrades que l’on a redorées. Sous cette tribune, où il y avait [p. 370] autrefois six colonnes qui produisaient un bel effet, on n’en a replacé que deux, ce qui nous semble moins heureux. On a refait la boiserie du chœur seulement, d’après les données qu’ont pu fournir les débris des anciennes. On a remplacé par des mitres entourées de guirlandes les décorations des quatre portes du chœur, et on les a peintes pour leur donner le ton de la boiserie neuve. Cette peinture était nécessaire sans doute, mais elle empêche de reconnaître de suite la beauté du travail et force l’observateur à la chercher.<lb/>Le bénitier paraît être aussi ancien que la chapelle, et peut-être date-t-il de l’époque de sa construction : il est en marbre et a la forme d’une coquille ouverte. Ce n’est pas l’objet le moins intéressant pour ceux qui aiment à remonter dans les siècles écoulés et à chercher dans les objets qui les ont traversés le souvenir de ceux qui les illustrèrent.<lb/>On regrette que les niches latérales du chœur soient restées vides, et qu’on n’ait rien placé sur chaque groupe des colonnes de l’autel, où étaient autrefois les deux anges adorateurs. Les vitraux, qui étaient en verre ordinaire, ont été remplacés par des panneaux avec bandelettes en verre de couleur, dont les reflets produisent un effet avantageux sur les bordures des piliers. Une grille simple et de bon goût sépare le chœur de la nef, dont les murs ont été peints en marbre blanc, mais avec moins de talent que le maître autel, où la vérité d’imitation laisse peu à désirer. Le chœur est planchéié et la nef pavée en carreaux de marbre [p. 371] noir et de pierre de liais. On a cherché à marier les dorures neuves qui vont jusqu’au-dessus des tribunes avec les anciennes dorures des voûtes.<lb/>Quant aux tableaux de la nef dont nous avons parlé, et qui se détériorent tous les jours davantage, on les a raccordés çà et là par quelques coups de pinceaux qui sont loin de leur rendre leur beauté primitive. On a senti combien il était important de restaurer cette partie intéressante. M. Abel Pujol, à qui ce travail a été proposé, demandait, pour l’exécuter, plus d’argent qu’il n’en avait été accordé pour la réparation entière de la chapelle ; il a fallu y renoncer.<lb/>Au-dessus du maître autel, on a placé une copie du chef-d’œuvre de Poussin, au lieu de l’original qu’on y admirait autrefois.<lb/>Telle qu’elle est du reste, la chapelle du château de Saint-Germain est bien faite pour exciter la curiosité, et elle ne manquerait pas de captiver l’attention, si on lui rendait un jour son ancien éclat.<lb/>Ruines du château neuf. Louis XIV ayant établi sa cour dans le vieux château, le palais bâti par Henri IV ne servait qu’aux réunions des assemblées du clergé de France, qui avaient lieu tous les cinq ans. Bientôt, abandonné entièrement, il ne tarda pas à se dégrader, et on n’y fit aucune autre réparation que de relever une terrasse qui s’était écroulée en 1660. Jaloux de posséder une habitation plus moderne sur le terrain qu’Henri IV avait si bien choisi, et sur le lieu même où était né [p. 372] Louis XIV, monseigneur le comte d’Artois obtint, en 1776, du roi son frère, le château neuf et le boulingrin. Les démolitions furent faites en partie, et on commença des travaux qui, interrompus par les événemens de la Révolution, n’ont point été repris et ne le seront probablement jamais.<lb/>C’est à travers des décombres et des voûtes enfoncées qu’il nous a fallu aller chercher des traces de l’ancienne magnificence du château neuf. Il est facile de distinguer les restes des constructions premières de celles faites sur la fin du dernier siècle ; mais sur les terrains aliénés, c’est avec quelque difficulté qu’on parvient à retrouver encore des portions des bâtimens. Nous commencerons notre description par les terrasses inférieures.<lb/>Les jardins, qui s’étendaient jusqu’au bord de la Seine, sont aujourd’hui des propriétés particulières, où on ne remarque qu’un pavillon d’un étage surmonté par un comble très élevé couvert en ardoises. Le chemin du Pecq aux vignes sépare ces jardins des grottes ; on voit encore, dans les débris d’un mur de terrasse qui borde le chemin, des pierres circulaires et un petit aqueduc. Au-dessus, et vers le milieu, se trouve un bâtiment décoré de niches carrées surmontées d’une partie circulaire et couronné par un autre renfoncement orné de médaillons. Au milieu sont trois arcades donnant entrée à une grande salle, décorée de pilastres portant des arcs doubleaux dont les entre-deux sont revêtus de briques. On voit encore une espèce de réservoir communiquant avec le haut par un soupirail [p. 373] destiné sans doute à la conduite des eaux qui alimentaient les jets placés à l’intérieur.<lb/>Dans un enfoncement, en suivant la pente gauche qui conduit au bâtiment dont nous venons de parler, il existe une pièce voûtée en arc de cloître, qui devait être richement décorée. Elle est en assez bon état de conservation, sa partie basse seulement est comblée par un amas de démolitions. Des arcs doubleaux en pierre et des tableaux garnis de coquillages et de nacre portent sur une corniche chargée de moulures. La frise est ornée d’enroulemens où se trouvent des fleurs de lys. Au milieu de chaque face on distingue encore un chiffre composé des lettres M H et de deux palmes croisées. On remarque dans les doubles niches de la nacre et des coquilles qui forment des dessins. A droite et à gauche sont des cariatides. Cette salle offre de l’attrait à la curiosité.<lb/>Un avant-corps avec pilastres toscans et piédestaux se rencontre à l’endroit où se termine la pente douce. Le mur soutenant la terrasse est décoré d’arcades entre lesquelles sont des tables saillantes en pierre. Le revêtement extérieur des six dernières est tombé et laisse la maçonnerie à découvert.<lb/>Plusieurs pièces de gauche, dont les jours sont en partie bouchés, se trouvent assez bien conservées. Quant à celles de droite, il n’en existe plus rien.<lb/>Les pentes douces, ainsi que les terrasses où elles aboutissaient, étaient pavées de petites pierres carrées [p. 374] parfaitement taillées. On en remarque encore plusieurs parties d’une grande beauté.<lb/>Sur la sixième terrasse, défoncée en plusieurs endroits par la chute des voûtes inférieures, s’élève un grand bâtiment en pierre qui a été reconstruit pour soutenir la partie qui s’était écroulée sous Louis XIV. La façade est décorée de niches circulaires et terminée par deux avant-corps, d’où partent des rampes sur lesquelles s’appuient les pentes douces qui descendent du haut. Une corniche ornée de consoles d’un assez beau caractère le couronne. L’intérieur est élevé de quatre marches au-dessous du sol ; il se compose de plusieurs pièces où on remarque des stalactites en pierres sculptées. L’extérieur paraît n’avoir jamais été terminé.<lb/>Les murs qui s’élèvent au-dessus pour soutenir les jardins sont d’une grande hauteur ; ils sont bâtis en pierre et en brique, mais leur dégradation est telle, dans la partie supérieure, qu’on ne peut en reconnaître le couronnement. A l’extrémité à droite, du côté des vignes, on remarque un petit aqueduc disposé par étages et qui devait communiquer avec ceux qui se trouvaient dans le jardin au-dessus et dont il reste des vestiges. Ce mur est interrompu dans le milieu de sa longueur par un passage qui conduisait au château même.<lb/>On voit de même à droite un pavillon carré à deux étages, couvert en dôme. L’extérieur, décoré d’assises, de tableaux en pierre et remplissage en brique, avec une corniche de bon style, produit [p. 375] encore un bel effet. Le rez-de-chaussée renferme une salle dont la voûte est enjolivée de coquillages, de nacre et de petites figures en relief. Un escalier conduit au premier étage qui forme la chapelle du château. On y trouvait, il y a peu d’années, de très beaux restes des ornemens qu’on y admirait autrefois. Ce pavillon ayant été loué par bail emphytéotique, on a voulu en faire une maison d’habitation, et pour y parvenir on a coupé la chapelle sur sa hauteur par un plancher, et divisé le bas en un petit appartement. Malheureusement ces travaux ont fait disparaître ce qu’il pouvait y avoir de curieux. Le Domaine, rentré depuis peu dans cette propriété, va établir dans les constructions faites par le locataire les bureaux d’un architecte attaché à son administration.<lb/>On peut encore voir, à gauche de la chapelle, une baie pratiquée dans un mur de soutènement qui donne entrée à un caveau octogone bien conservé et parfaitement sec, quoique couvert de plus de six pieds de terre.<lb/>La partie gauche, qui correspond à ce que nous venons de décrire, était en tout semblable à celle-ci pour l’ensemble des constructions ; devenue depuis longtemps une propriété particulière, la distribution intérieure ne présente plus rien de ce qui existait.<lb/>Les bâtimens qui font face au parterre et à la grande terrasse ont été élevés sur les fondations de ceux du château neuf. Le rez-de-chaussée de la maison dite Hôtel du vieux château a subi peu de [p. 376] changemens, et le pavillon qui est situé dans la même propriété est un des six qui bordaient la cour principale.<lb/>Voilà tout ce qui survit de tant de grandeur et de magnificence, d’un palais bâti par Henri IV et dans lequel est né Louis XIV ! On ne trouve plus que des morceaux de décombres que le temps assiège et disperse.<lb/>Hôtel des gardes du corps de la compagnie de Luxembourg. Ecuries, manèges etc. affectés aux deux compagnies<lb/>L'hôtel situé rue de Versailles a été construit en 1823 et années suivantes, par le Génie militaire de la Maison du Roi, pour contenir environ les deux tiers des gardes du corps de la compagnie de Luxembourg. Il est élevé de cinq étages, et dans une position si heureuse qu'on l'aperçoit de deux à trois lieues.<lb/>L'ensemble présente une façade de cent trente-cinq pieds, et une profondeur de quarante-trois. Il est placé perpendiculairement aux grandes écuries, et forme la partie latérale de la carrière de manœuvre. On construit en ce moment, rue de Versailles, un bâtiment qui doit servir de succursale à celui-ci, et offrir les salles nécessaires à l'instruction de la compagnie, le logement des officiers inférieurs, les cuisines, etc. A l'extrémité on doit établir une grille qui sera l'entrée principale de l'hôtel neuf, du côté de la rue de Versailles. Ces constructions ont beaucoup embelli ce quartier de la ville.<lb/>L’Abreuvoir, qui est à gauche sur la rue de Paris, [p. 377] avait été fait sous Louis XIV, pour en remplacer un ancien existant alors place du Château, il fut reconstruit en 1820, dans l'alignement des écuries de la compagnie de Luxembourg. Le Génie militaire proposa aux autorités municipales d'entrer pour un tiers dans la dépense, et de le rendre commun à la Ville et à la Maison du Roi. On ne sait pourquoi une pareille proposition n'a pas été accueillie avec empressement.<lb/>Cet abreuvoir a cent douze pieds de long sur quarante-cinq de large ; il est alimenté par le trop plein d'un réservoir placé intérieurement dans les grandes écuries, et qui approvisionne toute la maison. Un canal dans lequel peut passer un homme, a été pratiqué pour l'évacuation des eaux, et s'étend jusqu'au Pecq, en traversant les écuries, la grande côte de Paris et une propriété particulière. Il a été construit en même temps que le réservoir dont il est la décharge.<lb/>Le long de l'abreuvoir est une auge d’environ cent pieds de long, portée sur des dés. Deux bornes d'extrémité en font le principal ornement.<lb/>La grille placée en face, et qui a environ cent pieds de large, produit un fort bel effet.<lb/>Les Écuries, situées rue de Paris, au coin de la place royale, et qui sont destinées à la compagnie de Luxembourg, étaient celles de la reine : elles sont dénommées actuellement Écuries du roi. Elles ont été bâties en 1766 et peuvent contenir cent soixante-douze chevaux. Elles sont doubles, ont vingt-quatre pieds de hauteur et les râteliers sont [p. 378] placés au milieu du bâtiment. Les fondations, auxquelles on a donné un soin particulier, reposent sur un bon terrain qu'il a fallu aller chercher vers l'extrémité de la rue de Paris, jusqu'à la profondeur de vingt pieds. Les eaux tombent dans le canal qui passe sous ces écuries par des ouvertures placées de distance en distance, et fermées par des grilles de fer.<lb/>Ce qui fait le mérite de cette construction, dont la décoration extérieure est originale, sont les facilités qu'offrent les divers passages pour arriver dans la cour intérieure, qui a cent quarante pieds de longueur sur cinquante environ de large ; ensuite l'abondance des eaux que fournit le réservoir qui contient environ vingt muids.<lb/>L'aile qui s'appuie sur la côte de Saint-Germain et qui est en potence, renferme le Pavillon d'état-major et le pied-à-terre de M. le duc de Luxembourg. C'était autrefois le logement du prince Borghèse.<lb/>En face de ce pavillon, à l'autre encoignure de la place royale, est l'Hôtel de l'état-major de la compagnie de Gramont : acheté en 1814 pour cette destination, il n'a de remarquable que le jardin qui en dépend. On y a masqué avec art les bâtimens adjacens et les anciens murs de soutènement du château neuf. Il réunit une brillante collection de fleurs rares, et une innombrable variété de roses.<lb/>A l'angle nord-est du sommet de la grande côte du Pecq, la Maison du Roi fit, en 1814, l'acquisition de terrains pour la construction d'un grand [p. 379] manège couvert nécessaire à l'instruction des gardes du corps, qui n'avaient à leur disposition que l'ancien jeu de paume, insuffisant pour les deux compagnies. Le 11 juillet 1816, M. le duc de Gramont posa la première pierre de cet édifice. Une médaille fut frappée à cette occasion, et un discours analogue à la circonstance fut prononcé par M. le chevalier Carette, capitaine au corps royal du Génie, chargé, avec M. le comte du Moncel, chef de bataillon de la même arme, de la direction des travaux.<lb/>Ce bâtiment a cent cinquante pieds de long sur cinquante de large. La charpente du comble est très soignée, et construite à la manière de Philibert de Lorme. Une coupole, formant tribune à l'extrémité du manège, sert aux personnes qui veulent assister aux manœuvres sans descendre dans l'intérieur. Les croisées qui éclairent cette coupole, espacées symétriquement sur une demi-circonférence, dominent toute la côte du Pecq.<lb/>Vis-à-vis le grand manège, entre l'avenue du boulingrin et la rue de Paris, se trouve la grille de sortie des anciennes grandes écuries du roi, qui complètent aujourd'hui, sous la dénomination d'Écuries des gardes du corps du roi de la compagnie de Gramont, le casernement de cette compagnie. L'entrée principale est sur la rue de la Verrerie.<lb/>Elles sont composées de deux corps de bâtiment élevés dans un vaste manège découvert, l'un du côté de l'hôtel du Maine, l'autre formant un côté de la rue de Paris, depuis la rue de la Verrerie [p. 380] jusqu'à la côte. Les extrémités ont été construites en même temps que la côte de Saint-Germain et la place circulaire qui annonce l'entrée de la ville. La distribution intérieure est en tout point vicieuse : les pièces sont, les unes basses, les autres élevées, les unes petites et pouvant à peine loger cinq chevaux, d'autres vastes et susceptibles d'en recevoir cinquante. Malheureusement l'état des choses est tel qu'il est impossible d'y remédier.<lb/>Pendant la Révolution, et jusqu'à l'installation de l'école spéciale de cavalerie du château, ces bâtimens, et le jeu de paume dont on fit un manège, servirent à la troupe lorsqu'il y en avait en garnison. Depuis cette époque, ils furent soumis à la même administration que le château, dont ils étaient une dépendance.<lb/>La grande cour est d'une utilité majeure pour la cavalerie. Elle offre une superficie d'environ treize cents toises.<lb/>En suivant la rue de la Verrerie depuis le chenil jusqu'à la rue de Paris, il n'existait autrefois que l'hôtel du Maine ; mais une portion en ayant été vendue pendant la Révolution, il n'est resté que les écuries, rétablies en 1814, et une partie du terrain sur lequel on construit, aux frais de la Liste civile, de nouvelles écuries.<lb/>Le Jeu de Paume, bâti sous Louis XIV pour l'amusement des seigneurs de sa cour, a soixante pieds de long sur vingt-cinq de large : les croisées qui l'éclairent sont à vingt-cinq pieds du sol. Du côté du nord, il est mitoyen avec une maison occupée [p. 381] autrefois par le contrôleur des Bâtimens royaux, maintenant l'Hôtel des Étrangers ; derrière était une vaste cour de cinquante toises de longueur sur trente de largeur. Au sud, le Jeu de paume s'appuyait sur une dépendance du Chenil, remplacée en 1818 par une maison où sont établis les bureaux du Génie militaire.<lb/>Le Jeu de paume sert actuellement de manège pour le dépôt de la compagnie de gardes du corps qui est de service, le grand manège étant réservé pour celle qui tient garnison dans la ville.<lb/>Parterre<lb/>François Ier fit abattre, autour du vieux château, les arbres qui masquaient le point de vue. Ils furent remplacés, vis-à-vis de la façade nord-ouest, par un jardin de peu détendue que<lb/>Louis XIV fit agrandir en 1674 et planter en parterre, sur les dessins de Le Nôtre. Il se composait de deux grandes pièces de buis, où étaient des bassins de quarante pieds de diamètre placés l'un en face de la Surintendance, vis-à-vis le pavillon du château dit de l'Horloge, et l'autre vis-à-vis du pavillon de l'est. Ils étaient environnés de plates-bandes garnies de fleurs de toutes les saisons, et séparés par une allée de dix toises de largeur se dirigeant vers les Loges, et au bout de laquelle on voyait un troisième bassin de quatre-vingts pieds de diamètre. Ce jardin, entouré de contre-allées de tilleuls et de marroniers d'Inde , qui fournissaient une délicieuse fraîcheur, était séparé de celui de la dauphine par un bosquet charmant, [p. 382] par quatre rangs d'ormes et par une orangerie garnie des arbrisseaux les plus rares. Une vaste allée de marroniers conduisait de l'extrémité du parterre à la grande terrasse.<lb/>La façade du château avait été mise en harmonie avec ces plantations : un perron de quatre-vingts pieds de large régnait sur toute la largeur du jardin. A la place de la grille qui fait face à la route des Loges, était un perron de cent soixante pieds de longueur, surmonté de deux autres de vingt pieds chacun.<lb/>Ces plates-bandes et ces perrons n'existent plus ; les bassins et jets d'eau avaient besoin de réparations, on les a comblés en 1750 ; les buis et le bosquet ont été arrachés; l'orangerie a été démolie à la même époque ; le jardin de madame la Dauphine a aussi disparu : une partie des grilles qui le fermaient a été placée en face de l'avenue des Loges, et le reste fut donné au duc d'Ayen pour son hôtel. On a caché par une haie le mur qui sépare le parterre de la forêt ; entre cette haie et ce mur il existe un espace dans lequel se trouvent un jardin assez mal entretenu et deux glacières qui dépendent du domaine royal.<lb/>On doit au maréchal de Noailles, long-temps gouverneur de Saint-Germain, les grilles principales du parterre et celles qui séparent la ville des issues de la forêt.<lb/>Le Parterre, qui ne devrait plus porter ce nom, puisqu'on y chercherait en vain une fleur, est cependant encore une très belle promenade. Sa superficie [p. 383] est de douze hectares dix-neuf ares trente centiares. Le long des fossés du château s'étend en pente un terrain plus élevé que le sol ; au bas, se trouvent deux pièces de gazon formant une vaste pelouse, terminée à gauche par des maisons particulières et par une allée de tilleuls; à droite, par une allée semblable, au-dessus de laquelle domine majestueusement la cime des marroniers ; à l'extrémité est une grille. Au bout de la pelouse à droite, s'ouvre une magnifique allée placée parallèlement au château, et aboutissant à la petite terrasse qui se trouve entre le château neuf et la place Dauphine : c'est le lieu de réunion et la promenade favorite des fashionables de la ville.<lb/>De la grande allée au vieux château, est un vaste quinconce planté de jeunes tilleuls et entouré d'allées doubles. Au centre on a réservé une place autour de laquelle sont plusieurs bancs de pierre.<lb/>Il y avait une entrée du Parterre qui venait de la rue du Château-Neuf, passait près des fossés du château, et conduisait à une superbe avenue de marroniers parallèle à la terrasse et correspondant à une grille sur la forêt. On ne sait trop pourquoi ce chemin est coupé par un jardin dont on laisse la jouissance à un particulier : c'est un abus manifeste, qui enlève aux promeneurs l'effet admirable que produisent les allées et contre-allées plantées dans cette direction, et qui d'ailleurs intercepte le chemin de ronde du château.<lb/>Terrasse<lb/>Cette magnifique promenade, construit [p. 384] en 1676 par Le Nôtre, s'étend, sur une longueur de douze cents toises et sur une largeur de quinze, depuis le château jusque une des portes de la forêt qu'elle longe dans toute son étendue. La partie qui touche à la futaie, plantée en 1745 d'une ligne de beaux arbres et d'une charmille, donne un agréable ombrage aux promeneurs. La partie opposée, appuyée dans toute sa longueur sur un mur de soutènement et bordée d'un garde-fou en bois, offre une perspective immense dont la variété de ses aspects fait un des plus beaux points de vue de la France et peut-être de l'Europe.<lb/>D'un côté, le spectateur découvre entre le coteau et le lit onduleux de la Seine qui se déroule à ses pieds comme un ruban d'azur, le château de Maisons, les villages et hameaux du Mesnil, Vaux, Carrières-sous-Bois, le Belloi, le Pecq, le château et la ville de Saint-Germain, le Port-Marly, la pompe à feu, et l'imposant aqueduc qui semble suspendu dans les nuages, l'île de la Loge, Prunai, Louveciennes, Voisin-le-Bois, la Celle, Bougival, la Chaussée, la Jonchère, Ruel, Nanterre, la Malmaison et le Mont-Valérien.<lb/>De l'autre côté du fleuve, et vis-à-vis le Mesnil, les yeux se reposent sur les villages d'Herblai,<lb/>Montigny, la Frette, Cormeil, Sartrouville, Houille, Montesson, le bois du Vésinet, Croissy, Chatou, Argenteuil, les tours de l'antique abbaye de Saint-Denis, et dans le lointain s'élève le dôme doré des Invalides, étincelant des feux du soleil. Sous les yeux, et tant que la vue peut s'étendre, se déploie [p. 385] une multitude de cultures aussi riches que variées, animées par une population partout en mouvement.<lb/>Tel est ce superbe point de vue dont on pouvait tirer un si beau parti, que Louis XIV dédaigna ou ne sut pas apprécier, et dont les étrangers viennent admirer la majesté imposante.<lb/>La Terrasse n'est pas le seul endroit de Saint-Germain d'où l'on jouisse d'un coup d'œil magnifique : du côté de la rue des Ursulines et de celle de Mantes, le paysage est très varié, et orné de tableaux gracieux. Si, en ménageant une ouverture pour la grande côte, on eût prolongé la Terrasse depuis le château neuf jusqu'à l'extrémité de la rue de la Grande-Fontaine, de manière à ce qu'elle embrassât toute la partie sud et sud-ouest, il est certain que cette ville eût possédé une promenade plus susceptible encore d'étonner le voyageur. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_19995_actor">Goujon, Abel </persname>
            <subject>Caserne des gardes du corps</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Dépendances</geogname>
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            <p>Abel Goujon, Histoire de la ville et du château de Saint-Germain-en-Laye, Saint-Germain-en-Laye, Abel Goujon, 1829, p. 361-385.</p>
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          <unittitle encodinganalog="3.1.2">Guides de voyageurs et récits de voyages</unittitle>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par un jeune gentilhomme morave de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <p>« Die… 5 vel 15 transivimus Argenteuil 1 mil. Inde Sainct Germain 3 mil… jentavimus et vidimus aedificia pulchra quae demum extruuntur. Praeterea fontem artificiosum ex conchis, cochleis et aliis pretiosis materiis ornatum. In medio est draco ex quo undique profluit aqua : quando effluit aqua, canunt aves. Alium fontem in quo, ex omnibus partibus infra et supra fluit aqua. Elegans palatium, variis picturis ornatum, ubi ab una parte alia est imago : ab altra est etiam alia, et tales sunt 7. Inter alia, ab una parte est virgo, ab altera diabolus. Cubiculum in quo est depicta Gallia aegrotans quam venit modernus Henricus 4 consolaturus. In integrum, re titubante (sic) ducit ad manum, habens in capite coronam, in manus aliam gerens impositurus Gallias convalescenti. Deinde ab altera parte sed et Rex depictus in sua majestate, tenens in dextra scipionem justitiae, in sinistra vero Regnum sceptri. »</p>
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            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
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            <p>Jeanne Bignami-Odier, « Voyage en France d'un jeune gentilhomme morave en 1599 et 1600 », Mélanges d'archéologie et d'histoire, t. 43, 1926, p. 140-173, à la p. 169.
<lb/>http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-4874_1926_num_43_1_8548</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Thomas Platter de sa visite aux châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1599/1599" encodinganalog="3.1.3">28-29 novembre 1599</unitdate>
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              <p>Médecin suisse, né à Bâle, formé à l'université de Montpellier.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 212] Le 28 novembre, je quittai Paris avec plusieurs personnes et j'arrivai par le village de Roully au port de Nelly ; la Seine a deux bras en cet endroit, nous les avons traversés tous les deux. Nous sommes arrivés au bourg de Nanterre, et nous avons [p. 213] retrouvé le fleuve au village du Pecq, où nous avons traversé de nouveau les deux bras de la Seine. Enfin, en gravissant là une colline, nous sommes arrivés à la ville ou au bourg de Saint-Germain-en-Laye, et nous sommes descendus à l'hôtel de l'Image de Notre-Dame. La ville est située à quatre lieues de Paris.<lb/>Saint-Germain-en-Laye est une ville ou un bourg où il n'y a rien de remarquable à voir, à l'exception de ses deux magnifiques châteaux royaux, le vieux et le neuf, et c'est pour les voir que j'y suis allé ; ils sont tous deux à proximité de la Seine.<lb/>Le 29 novembre au matin, car nous étions arrivés la veille, fort tard dans la soirée, nous avons visité le vieux château, que le roi n'habite plus, mais qui n'en est pas moins un château royal.<lb/>Le toit est garni de grosses pierres de taille et est tout à fait plat ; les quatre façades sont en briques.<lb/>A l'intérieur, il y a un bel escalier tournant qui est très vaste, et on y voit de jolies salles. Autour du château se trouve un beau jardin, dans lequel sont des faisans, des pigeons indiens, des poules étrangères et toute espèce de volaille exotique. Il y a, près du château, un jeu de paume et un parc de deux lieues de long, qui s'étend jusqu'au château neuf.<lb/>Nous sommes allés ensuite visiter le château neuf, qui n'est pas fort éloigné du vieux. La partie postérieure de l'édifice est attenante à un vignoble, tandis que la partie antérieure touche au vieux château. Dans la grande salle, il y a beaucoup de beaux tableaux ; on y remarque notamment un petit cadre accroché au mur et peint des deux côtés ; quand on regarde du bas ce petit tableau, il représente une chasse, mais si on le regarde dans une glace, qui est adossée au plafond, on voit deux amoureux qui s'embrassent. C'est un tableau peint avec beaucoup de talent ; il en est de même du reste de tous les objets d'art qui se trouvent dans cette salle. Le château a deux étages ; le roi a, m'a-t-on dit, l'habitude de loger à l'étage inférieur, où les salles communiquent entre elles. Si on avait élevé plus haut la construction, on aurait eu à craindre le vent, le château se trouvant sur une haute montagne. Le toit, autant que je puis m'en souvenir, est recouvert avec des ardoises de peu d'épaisseur.<lb/>En sortant du château par la porte de derrière, j’ai vu une galerie magnifique, qui conduisait par deux larges escaliers de pierre au parc d'agrément, que l'on peut parcourir tant à cheval qu’en [p. 214] voiture. Tout au haut de l'escalier se trouve un balcon, qui donne accès au château, et d’où on a non seulement une belle vue sur le paysage environnant, mais d'où on embrasse également d'un coup d'œil les fontaines et les jets d'eau de la cour et du parc. Sous ce balcon et cet escalier se trouve un souterrain construit avec beaucoup d'art, au milieu duquel a été élevée une fontaine avec des coquillages et des coraux ; un griffon projette l'eau, et des rossignols, mus également par l'eau, chantent très agréablement. Sur le côté droit, on nous conduisit dans une grotte, où on a installé plusieurs jets d'eau avec beaucoup d'ingéniosité et comme je n'en avais jamais vu auparavant. Ces jets d'eau sont recouverts tant en haut que sur les côtés d'ambre fondu, que l'on a fait venir de la mer et des mines. On y voit toutes sortes de coquillages, des moules bizarres, des coraux, mêlés à de belles pierres. Lorsqu'on fait marcher les jets d'eau, l'eau sort du rocher et de toutes les statues, qui y ont été placées avec beaucoup de goût, en sorte que le spectacle est fort pittoresque et fort curieux. Le sol est pavé, autant que je m'en souviens, de petits cailloux de couleur ; il se compose d'une foule de petits tuyaux, qui élèvent l'eau jusqu'à la voûte, d'où elle retombe sur le sol sous forme de forte pluie, en sorte qu'on ne peut rester ni en haut ni en bas sans se mouiller.<lb/>Les murs ont beaucoup de cavités où l'on a placé de nombreuses figures en métal, en marbre, en coquillages et autres ; presque toutes lancent des jets d'eau. Il y a beaucoup de personnages qui se meuvent ; ainsi on voit des forgerons courir et frapper sur une enclume, des oiseaux chanter, tout en remuant la tête et les ailes, on voit aussi des lézards, des grenouilles, des serpents et autres animaux posés par-ci par-là sur les pierres et lancer de l'eau, en faisant des mouvements quelconques. Si je ne me trompe, il y a au milieu de la grotte un Neptune, dieu de la mer, avec son trident, qui sort de l'eau, debout sur un char. On le voit paraître à la surface, en sortir, tourner de nouveau sur lui-même pour disparaître encore.<lb/>[p. 215] Sur le côté gauche de l'escalier ou balcon, on construit encore une autre voûte ou grotte pour y placer un orgue. Dans un mur on a disposé des roses jaunes, en coquillages, qui se détachent sur un fond noir. En somme, il y a tant de belles choses à voir qu'il ne m'était plus possible de tout noter en si peu de temps. On m'a montré également une grande quantité d'ambre, de coquillages, de coraux et de plantes, que le grand duc de Florence a envoyés à Sa Majesté pour décorer encore d'autres grottes.<lb/>En sortant de ces grottes, nous vîmes dans la cour une fontaine superbe qui lançait l'eau avec une telle force qu'elle s'élevait en un seul jet à la hauteur de deux hommes. L'eau faisait tant de bruit en tombant que l'on croyait entendre un coup de mousquet. Plus haut, il y avait aussi deux fontaines qui n'étaient pas encore terminées. Le roi a fait venir spécialement pour ce travail un Italien qui a construit ces grottes et ces fontaines, et on peut dire qu'il a fait de fort belles choses. On voit notamment, dans la grotte où est l'orgue, une table de l'intérieur de laquelle sort l'eau sous forme d'une potence, et ainsi qu'une épée, elle retombe à [p. 216] l’endroit d’où elle était sortie. Cet architecte doit construire également, avec un goût extraordinaire, dans le jardin, une grotte sans eau.<lb/>Le jardin qui y attenait par derrière n'était autrefois qu'une prairie coupée par de belles allées et ornée de belles plantes. D'après ce que j'ai entendu dire, le vignoble, jusqu'à la rivière, doit être réuni au jardin. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13917_actor">Platter, Thomas </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Thomas Platter le jeune, « Description de Paris (1599) », Mémoires de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Ile-de-France, t. XXIII, 1896, p. 167-224, p. 212-216.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6290662b/f224.item
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Virginio Orsini de son passage à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">3</unitid>
            <unitdate normal="1601/1601" encodinganalog="3.1.3">5 janvier 1601</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            <note type="generalNote">
              <p>Lettre de Virginio Orsini au grand-duc Ferdinand de Toscane.</p>
            </note>
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              <persname id="atom_13038_actor">Orsini, Virginio</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Duc de Bracciano.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Je suis passé ensuite à Saint-Germain et j’ai admiré surtout la beauté du site. J’[y] ai trouvé Francini, encore abbé de nom, mais je promets à Votre Altesse qu’il a fait et fera des choses galantes. On ne peut nier qu’il ne cherche à imiter Pratolino, mais il le fait avec tant de grâce qu’on peut lui pardonner. »</p>
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          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13038_actor">Orsini, Virginio </persname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Virginio Orsini, Un paladino nei palazzi incantati, éd. R. Zapperi, Palerme, Sellerio, 1993, p. 53-54.</p>
          </bibliography>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Cité et traduit par Bertrand Jestaz : Bertrand Jestaz, « Le Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye », Bulletin monumental, t. 158-4, 2000, p. 375-378.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par André du Chesne des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">4</unitid>
            <unitdate normal="1609/1609" encodinganalog="3.1.3">1609</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_45761_actor">Duchesne, André</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Géographe et historiographe du roi</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 274] Des chasteaux de Sainct Germain en Laye et du village de Nanterre<lb/>Saint Germain en Laye est aujourd’huy un lieu de plaisance pour nos roys le plus rare en beauté, le plus gracieux en sejour, et le plus abondant en toutes sortes de delices qui soit guere en France.<lb/>Ce lieu bien qu’il face quelque gloire de l’excellence de son antiquité, pour avoir emprunté le plus beau titre de son nom de ce tant celebre evesque d’Auxerre sainct Germain, lequel avec saint Loupe pasteur de Troye, passa en Angleterre pour arracher les espines de l’heresie, qui y suffoquoient les semences de la vraye religion ; si est qu’il n’a point veu son honneur tant relevé que depuis que nos rois y ont fait bastir.<lb/>Charles V jetta les premiers fondemens du vieil chasteau, lequel ayant esté pris des Anglois pendant la confusion où s’abimoit le royaume par le foible cerveau de Charles VI, se rendit depuis à Charles VI moyennant certaine somme d’argent, qui fut donnée au capitaine anglois qui le tenoit.<lb/>Je ne veux m’arrester ici à monstrer avecque ma baguette, je dis avecque ma plume, les terres, les galleries, les sales, les chambres, antichambres, [p. 275] les courts, les offices, le jeu de paulme, l’eglise, les vignes, les bois, les routes, les montagnes, les valons, les prez, la villette basse au pied ceinte de la riviere de Seine qui va lechant ses bords : je ne veux m’arrester à decrire la forest voisine des murailles de ce chasteau, couverte d’une fueille si espesse et si touffue, que le soleil en sa plus ardente chaleur ne la sçauroit transpercer. Forest où les poetes du temps passé eussent peu dire s’ils l’eussent veue, que c’estoit celle mesme où Pan, ce grand veneur, les faunes, satyres, dryades, hamadryades, et toutes les deitez forestieres avoient accoustumé de faire leur retraite. Forest, dis-je, riche d’un jeu de pail-mail, le long duquel y a des pavillons quarrez faits et massonnez expres pour reposer, ou pour recevoir l’assemblée des regardans. Seulement je veux dire que nos roys pendant l’honneur et la seureté de la paix ont presque tousjours choisy leur retraite en cette noble maison.<lb/>Et à la verité si jamais la majesté des Lis a honoré et reveré lieu de nostre France, je croy que ç’a esté ce chasteau, apres celuy de Fontainebleau, dont nous parlerons cy apres ; François premier s’y plaisoit fort à cause des longues et larges routes des bois voisins faites expres pour plus aysement et avec plus de plaisir courir le cerf à force, le sanglier et le chevreuil : mesme l’embellit de nouveaux edifices, et fit relever ce qui tomboit en ruine. Mais l’accomplissement et la perfection de son ornement, il le doit à nostre roy qui a rendu cette maison de ses predecesseurs vraiment royalle. Il a fait bastir un [p. 276] nouveau chasteau sur ceste croupe de montaigne pratiquée sur les flancs du rocher plus proche de la riviere, auquel il n’a rien espargné de ce qui pouvoit esclairer sa gloire et relever son honneur au plus haut point.<lb/>L’escalier, qui est à l’entrée, où sont gravées les images d’Hercule et d’un lyon, les fonteines, les petits ruisseaux frais et argentins qui coulent au fond des petits valons pour rafraichir les plantes et les fleurs des parterres, et compartimens des jardins, y sont admirables : mais sur tout cela les grottes, ausquelles il semble que les plus rares merveilles de la terre ayent resolu de suborner les sens, enyurer la raison, et peu à peu derober l’ame de ceux qui les regardent ou entendent, leur faisant perdre le sentiment, soit de l’œil, soit de l’ouye.<lb/>Les anciens avoient ignoré l’industrie de faire eslever et remontre les eaux plus haut que leur source, et nous et les nostres fussions demeurez en ceste ignorance, sans l’ingenieuse et hardie invention de Claude de Monconnis, president des Finances en la generalité de Lyon, qui le premier en a fait preuve avec admiration premierement aux fontaines de ce nouveau chasteau de Saint Germain en Laye, et depuis aux maisons du marechal de Rets à Noisy, et du premier president de Paris à Stim.<lb/>Par le moyen de cette eslevation, et à la faveur des secrets efforts de ces eaux remontantes, l’industrie humaine nous y fait voir aujourd’huy de belles et rares pieces dans les grottes tant hautes que basses. Et premierement quant aux hautes, [p. 277] elles sont si artistement pavées et encoustées partout de divers rancs de coquilles d’ouistres et de moules, que l’assemblée des regardans se sent plus tost mouillée qu’elle ne s’apperçoit d’où peut proceder l’accident. Dedans la premiere est une table de marbre, où par l’art d’un entonnoir s’eslevent en l’air des coupes, verres, et autres vaisseaux bien formez de la seule matiere de l’eau. Pres de là y a une nymphe eslevée à demy bosse, en face riante, belle et de bonne grace, qui laissant emporter ses doits au branle que luy donne l’eau fait jouer des orgues, je dis de ces instrumens organiques, qui furent premierement en usage aux eglises de France sous Louys le Debonnaire, fils de nostre grand Charles. Il y a un Mercure pres la fenestre, qui a un pied en l’air, et l’autre planté sur un apuy, sonnant et entonnant  hautement une trompette. Le coucou s’y faict entendre et recognoistre à son chant.<lb/>Sortant de là pour entrer en l’autre partie se rencontre un fier dragon, lequel bat des aisles avecque grande vehemence, et vomist violemment de gros bouillons d’eau par la gueule. Dragon accompagné de divers petits oysillons, que vrayement l’on diroit non pas peints ou contrefais, mais vivans et branlans l’aile, qui font retentir l’air de mille sortes de ramages : et sur tous les rossignols y musiquent à l’enuy et à plusieurs cœurs.<lb/>On void de l’autre costé un bassin de fonteine enrichy de mille petits animaux marins, les uns en coque, les autres en escaille, les autres en peau, tous entortillez par le reply des vagues [p. 278] et des flots courbez et entassez l’un sur l’autre : et semble à voir ces troupes escaillées que ce soit un triomphe marin. Sur l’une des faces entre ces petits animaux, s’eslevent deux tritons par dessus les autres, qui embouchent leurs coques, tortillées et abouties en pointe, mouchetées de taches de couleur, aspres et grumeleuses en quelques endroits. Ils ont la queue de poisson large et ouverte sur le bas. Au son de ces coques s’avance un roy assis en majesté sur un char, couronné d’une couronne de joncs mollets meslez de grandes et larges fueilles qui se trouvent sur la greve de la mer. Il porte la barbe longue et herissée de couleur bleue, et semble qu’une infinité de ruisseaux distillent de ses moustaches allongées et cordonnées dessus ses levres, et de celles de ses chevaux. Il tient de la main dextre une fourche à trois pointes, de l’autre il guide et conduit ses chevaux marins galopans à bouche ouverte, ayans les pieds dechiquetez et decoupez menu, comme les nageoires de poissons : ils ont la queue entortillée comme serpens. Les routes de ce char sont faites de rames et d’avirons, assemblez pour fendre et couper la tourmente, et l’espaisseur des flots comme à coups de ciseau. De l’autre face sont des mareschaux en leurs habits de forgerons, la face noire de crasse et de suye, lesquels battent du fer sur une enclume à grands coups de marteau. Si c’estoient des cyclopes, je dirois qu’ils forgeroient des armes à nostre grand Henry, comme ils en sont forgé chez les poetes au vaillant Achille, et au pieux Enée. Et ce qui est de plus plaisant et qui semble fait pour faire rire, [p. 279] c’est que l’eau se lance à si gros bouillons contre ceux qui se tiennent aux fenestres, qu’en un moment ils sont tous mouillez.<lb/>Au dessous et un peu plus bas se void une autre grotte, que vous diriez d’un rocher ridé, caverneux, et calfeutré de mousse espaisse et delicate, comme s’il eus testé tapissé de quelque fin coton. Là vous voyez les bestes, les oyseaux, et les arbres s’approcher d’Orphée touchant les cordes de sa lyre, les bestes allonger les flancs et la teste, les oyseaux tremousser les aisles, et les arbres se mouvoir, pour entendre l’armonie de ce divin chantre. Là est un Bacchus assis sur un tonneau, tenant une coupe en main ; là sont des deesses admirables en forme de demy colosses, et plusieurs autres pieces merveilleuses, que je laisse pour la curiosité de ceux qui voudront en contenter leurs yeux.<lb/>Au lieu où le rocher est le plus haut, et tout devant le chasteau, vous remarquerez une belle et admirable fontaine, qui surgissant à gros bouillons se divise en plusieurs tuyaux, qui serpentent et arroussent non seulement les jardins, mais aussi fournissent d’eau à toutes ces petites merveilles artificielles.<lb/>Le roy faict encore travailler tous les jours à l’embellissement de ce chasteau, et poursuit ce qu’il a si richement commencé. La royne estant arrivée à Paris, il la mena à Saint Germain pour luy faire voir ses bastimens. Et monseigneur le dauphin, premier fils de la premiere couronne du monde, ayant veu la lumiere, il luy destina ceste maison pour sa premiere nourriture. Là les deputez [p. 280] du Dauphiné de tous les ordres du pays luy vinrent rendre les premiers devoirs de leur subjection, et le recognoistre pour souverain seigneur, par un bufet entier de vaisselle richement elabouré et embelli de diverses figures de dauphins.<lb/>A une lieue de ce chasteau, tirant vers la ville de Paris, nous avons un bois taillis, au milieu duquel y a un chemin passant, dont d’un costé prenez une branche, elle flotera sur l’eau, ainsi que tout autre bois, de l’autre prenez une autre branche, elle ira au dessouz de l’eau comme une pierre : et l’appelle le commun peuple pour ceste cause, le bois de la trahison ; disant que pour une trahison qui y avoit esté autrefois commise Dieu l’avoit voulu chastier de ceste façon. Quelques historiens tiennent que ce fut de ce Ganelon, qui trahit la maison des Ardennes, les pairs de France, et les plus belliqueux capitaines de Charlemaigne. Et void on encore dans ce bois une grande table de pierre, sur laquelle ils content que fut conceue et formée l’infortune de cette journée tant memorable de Roncevaux. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_45761_actor">Duchesne, André </persname>
            <persname role="subject">Henri IV</persname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>André du Chesne, Les antiquitez et recherches des villes, chasteaux et places plus remarquables de toute la France, Paris, Jean Petit-Pas, 1609, p. 274-280</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Jodocus Sincerus de sa visite des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">5</unitid>
            <unitdate normal="1612/1616" encodinganalog="3.1.3">1612-1616</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            <note type="generalNote">
              <p>Cet ouvrage est l’œuvre de Jodocus Zinzerling, originaire de la ville de Thuringe (Allemagne), qui avait parcouru la France entre 1612 et 1616.</p>
            </note>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_13835_actor">Sincerus, Jodocus</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-f6557ed780472203a7fbfb2e9905811c" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Juriste allemand.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 293] Lorsque tu es à Paris, il ne faut pas négliger de visiter les lieux voisins les plus remarquables. Outre Fontainebleau, que j’ai décrit tout à l’heure, il y a la ville de Saint-Germain-en-Laye, située à cinq lieues. Elle ne manque pas d’une certaine antiquité. Ce fut le roi Charles V qui en commença le château, ou du moins qui le restaura ; mais François Ier, passionné pour la chasse, le fit reconstruire avec plus d’éclat. Cette ville ne fait partie d’aucun diocèse. Elle est contiguë à une forêt de chênes, appelée le Bois de trahison. Dans l’angle qui regarde la ville, on m’a montré une grande table de pierre auprès de laquelle on dit que la trahison fut conçue ; je laisse à d’autres le soin d’expliquer en quoi cette dernière consistait, et qui l’exécuta, ne voulant pas m’égarer dans les choses incertaines. On prétend aussi que les branches des arbres de cette forêt jouissent de cette propriété singulière, de couleur à fond comme les pierres, au lieu de surnager, si on les jette dans la Seine ; mais je n’ai pas expérimenté le fait.<lb/>J’ai encore emprunté à Mérula ce passage. Je dirai en outre que le nouveau château est une construction admirable. J’y ai remarqué six galeries et des grottes dans lesquelles l’eau, amenée par des conduits divers, produit des effets mécaniques étonnants : 1° la grotte d’Orphée, [p. 294] où on voit une statue du poète, tenant une lyre sur laquelle il joue, lorsqu’on fait marcher les eaux. Au son de la lyre, différents animaux s’avancent autour d’Orphée, les arbres s’inclinent, et le roi passe avec le dauphin et toute sa suite ; 2° la grotte d’une jeune musicienne que les eaux mettent en mouvement, et qui lève la tête de temps en temps comme si elle regardait réellement ses auditeurs. À ses côtés, des oiseaux exécutent une mélodie suave. Remarque contre la fenêtre une table de marbre bigarré représentant un gracieux paysage. Au milieu est un tuyau d’où l’eau s’échappe, en courant autour d’obstacles qui la forcent à représenter différentes figures. Contre la muraille intérieure on a placé la statue d’un satyre ; 3° grotte de Neptune : lorsqu’on fait marcher les eaux, deux anges sonnent de la trompette, et, à ce bruit, Neptune paraît, armé d’un trident, et traîné dans un char à deux chevaux ; après être resté un instant, il s’en retourne, et les trompettes sonnent encore. Tu remarqueras sur la muraille les forges de Vulcain ; 4° la grotte de Persée : on voit celui-ci délivrer Andromède et frapper le monstre main de son glaive.<lb/>Entre les deux premières grottes tu en verras une cinquième, celle où un dragon lève la tête en battant des ailes, et vomit tout-à-coup de larges torrents d’eau, pendant que des rossignols [p. 295] factices font entendre des chantes harmonieux. Outre ces grottes où les eaux jouent de toute part, il faut voir aussi la grotte sèche, qui offre en été une fraicheur délicieuse ; une fontaine avec une statue de Mercure dans l’une des galeries ; et enfin, dans une des chambres du palais, l’image de la France éplorée qui se laisse choir, et que le roi soulève pour la remettre dans son premier état. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13835_actor">Sincerus, Jodocus </persname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Ce passage est la traduction de : Jodocus Zinzerling, Jodoci Sinceri itinerarium Galliae, ita accommodatum, ut ejus ductu mediocri tempore tota Gallia obiri, Anglia et Belgium adiri possint : nec bis terve ad eadem loca rediri oporteat : notatis cujusque loci, quas vocant, deliciis, cum appendice de Burdigala, Lyon, Jacques du Creux, 1616, p. [342]-345.</p>
          </bibliography>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Jodocus Sincerus, Voyage dans la vieille France, avec une excursion en Angleterre, en  Belgique, en Hollande, en Suisse et en Savoie, traduit du latin par Thalès Bernard, Paris, Dentu et Vanier, et Lyon, Librairie nouvelle et Meton, 1859, p. 293-295.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6465789j/f307.image</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires d'Ambrosio de Salazar sur les châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">6</unitid>
            <unitdate normal="1616/1616" encodinganalog="3.1.3">1616</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_13865_actor">Salazar, Ambrosio de</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-a76f2bf90ddae505a3bb6c5f590b4269" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Secrétaire et interprète du roi en espagnol.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 89] San German en Laye es un lugar muy ameno, donde los Reyes toman sus plazeres muy amenudo, tanto para la caça como para qualquier otro exercicio de recreacion ; el Rey Carlos Quinto deste nombre Rey de Francia, establecio el Castillo, y Francisco primero lo hizo passar adelante : Y despues los demas Reyes lo han adornado y enrriquecido de muy lindos edificios, ay muy lindissimas fuentes, y esta cercado de aguas y bosques, ay una esclera artificial mucho mas de notar que la que avemos dicho de las Thieulerias o Jardines de Paris en la casa Real, ay una cosa muy de notar junto de San German en Laye, como une legua y es un bosque, casy todo [p. 90] de Robles que Llaman el bosque de la traycion, que si se toma un ramo o palo del dicho bosque le meten en le agua del Rio de la Sena, que passa por alli junto se va al hondo como si suesse una piedra, Algunos tienne por cierto que sue en este bosque, donde se urdio la traycion que Galalon hizo contra los doze Pares de Francia en tiempos de Carlo Magno, que es historia verdadera, y Dios no ha querido, que este bosque despues diesse fruto y assies la verdad, porque el arbol que cortan un avez, no buelue mas a dar otro, y pierde su fruto hasta la raiz, aunque el roble de su natural sea frutifero. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13865_actor">Salazar, Ambrosio de </persname>
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            <p>Ambrosio de Salazar, Tratado de las cosas mas notables que se veen en la gran ciudad de Paris, y algunas del reyno de Frãcia, compuesto por Ambrosio de Salazar, secretario interprete Español de Su Magestad Christianissima, cerca de su Real persona, Paris, Diego Bessin, 1616, p. 89-90</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Johann Wilhelm Neumayr von Ramssla de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1620/1620" encodinganalog="3.1.3">1620</unitdate>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 143] Den 20 zogen J. Fürstl. Gn. nach S. Germain en Laye : seynd zwey königliche Häuser / ligen beyde auff einem Berge : Das alte ist ein groß Gebäwbe / meistlich von gebackenen Steinen auffgefützrek / die Form ist fast ovalis, Inmassen solches am Hoff inwendig zu sehen / welches dem Gebäwde ein selßam Ansehen gibt : Im Hoff seynd in dreyen Ecken Thürme / in solchen kan man zu oberst auffs Dach kommen. An stadt des Dachs ligen grosse steinerne Platten über einander / daß das Wasser abschiessen kan : So ist auch oben / so wol in als außwendig ein Parapetto, oder Lehne von steinern Seulen rings herumb / und demnach das ganße Gebäwde oben wie eine altana gemacht / daß man oben allenthalben sicher herumb gehen / und sich vmbsehm kan / wie man dann ein schön Theil Landes vor sich hat. Inwendig sihet man oben herumb viel Salamandra in Stein gehawen / darauß abzunemen / daß Ludovicus Xll diß Hauß gehawet.<lb/>[p. 144] Die Gemach / so viel J.F.G. gezeigetworden / seynd gar schlecht / wie auch der Saal. Nechst bey dem Thor / auff der rechten Hand ist die Capell : Die Fenster am Schloß seynd hoch / und in Schwibbogen gefast / welches dem Gebäwde ein schön Ansehen gibt : Hat ein tieffen Graben herumb Gegen Mitternacht ist ein Lustgarten mit schönen Quartiren vnnd Gängen : So ist auch nechst daran ein lustiger dicker Wald oder Thiergarten / etliche Meilwegs groß / hat rings herumb eine hohe Mawer. Auß vorbemeltem Garten seynd viel lustige alléen und Gänge in solchen Wald gemacht : Sol eine schöne Lust darinnen seyn : Darumb haben auch die Könige allzeit diesen Ort sehr geliebet und hoch gehalten der / jetzige junge König ist allhier erzogen worden.<lb/>Nicht weit davon stehet ein groß Ballhauß / sol der schönsten eines in Franckreich seyn.<lb/>Das ander königliche Hauß ligt ohn gefehr 200 Schritt von diesem / gar an der Ecke des Berges. Ob es wol nicht so weitleufftig / hoch und groß / als das ander / so ist es doch viel schöner / ordentlicher und künstlicher angelegt und gebawet. Das gantze Gebäwde ist nidrig / und nur Gemachs hoch auffgeführet : Die Gemach seynd ohn gefehr ein pahr Ellen von der Erden erhöhet : Man gehet allenthalben durchauß von einem ins andere / Ist auch das gantze Werck gleichsam in zwey Quartier außgetheilet / eins vor den König / und das ander vor die Königin / wie ein Theil an Zimmern und Galeria gebawet / so ist auch das ander. In des Königs Galeria stehen an den Wänden viel Städte auff grossen Taffeln abgemahlet / unter andern auch Venedig / Florenz / Prage / Nimegen / darunter diese Wort : Ville du fondement de l’Empire, [p. 145] Denn Carolus Magnus hat solche zu einen Reichssitz in denselben Landen gemacht / wie er auch mit Ach und Theonville daselbst gethan. Am Ende über der Thür hat der Mahler ein groß durchsichtig und prospectivisch Gebäwde gemahlet / welches von serne das Ansehen / als sehe man noch weiter die Galeria hinauß.<lb/>In der Königin Galeria stehen viel Fabuln auß Ovidio und andern Poeten, auch auff grossen Taffeln / fast in natürlicher grösse gemahlet.<lb/>Diese Galerien seynd oben rund / wie ein lang Gewölbe / Ist alles überauß schön von Golde und Farben angestrichen. So seynd auch in den Gemachen viel schöner kunstreicher Gemählde / Wände und Decke allenthalben schön gefasset / und auch mit Golde und Farben auffs künstlichste gemahlet : Camin von bundten Marbel auffs zierlichste gemachet.<lb/>Auß den Galerien und Gemachen sihet man hinab in den Fluß Seine, und ein gut Theil ins Land. Es ist aber hinter den beyden Galerien, und zwar so lang das gantze Gebäwde ist / ein Platz etwa zwölff Schritt breit / gepflastert : In der mitte daselbst stunde eine blaw Seule von Holtz mit viel güldenen Lilien daran / sol ein Brunn seyn war aber nicht ganghafft / und viel daran zerbrochen.<lb/>Weil es auch umb das Hauß also beschaffen / daß man auff beyden Seiten / da es an der lenge wendet / damit herauß an Berg gerücket / Als ist an der  einen Seiten auff  der Ecken eine Capell / dorinn der König Meß hört : Ist von schönen bundten Marbel / und oben hinauß rund mit einem Thürmlein / daran die Fenster / damit das Liecht daselbst hurein fallen kan. Sie ist zwar klein / aber recht schön und artig nach der architectur gemacht.<lb/>[p. 146] Von bemeltem Platz seynd zweene grosse gepflasterte Wege hinab auff einen andern Platz / so auch gepflastert : Daselbst ist eine Galeria auff hundert Schritt lang (denn so lang ist auch das gantze Hauß) die ist gleich unter vorgedachtem obersten Platz : An beyden Seiten seynd Grotten, oder schöne künstliche Gewölbe / mit Meerschnecken / Muscheln / Perlenmnutter / seltzamen Meer unnd andem Gewächsen / unnd Steinen außgesetzet. Mitten in der ersten Grotta stunde ein runder Lisch auß schwarßen Marbel / In der mitte war ein Röhrlin / auff dasselbe stackte der Italiäner / so auff die Wasserkunst bescheiden / unterschiedene Instrument, darauß sprang das Wasser auff allerley Art. Insonderheit hat er eins / das gab Wasser auff eine Form / als wann es ein schön Cristallen Kelchglaß were : Item ein anders / wie ein Umbrel, unnd also formirte er etliche Gefäß  / und andere Ding vom Wasser. Auff der einen Seiten an der Wand saß eine Nympha, die schlug auff der Orgel / und regte das Häupt. Bey dem Fenster stunde ein Mercurius auff einem Fuß / und bließ eine Tromete. So saß auff der andern Seiten ein Guckguck auff einem grünen Baum / ließ sein Gesang so eigentlich hören / als wann er natürlich were.<lb/>In der andern Grotta kam ein Drach auß einer Klufft herfür / schlug mit seinen Flügeln / reget den Kopff / strackt solchen endlichen in die höhe / und speyete viel Wassers von sich. So waren auch viel Vogel umb ihn herumb / die fiengen an zu singen. Auff der andern Seite stunde ein grosser steinerner Trog von Muscheln / unnd allerley Meersteinen / auch gar künstlich gemacht : In solchem kam ein Neptunus auff seinem Wagen / so zwey Meerwunder zogen / auß einer [p. 147] Klufft herfür / regete sich alles / als hette es das Leben : Er wandte sich aber im Trog mit dem Wagen / und fuhr wieder in die Klufft hinein.<lb/>Von diesem Platz gehen abermaln zweene gepflasterte grosse Wege hinab noch auff einen andern Platz / so auch gepflastert / daselbst ist eben auch eine solche lange Galeria mit zweyen Grotten, welche gerade unter die ersten gebawet. In der ersten Grotta stunde an der einen Seiten ein grosser steinerner Trog / auch auff die Art gemacht / wie von den vorigen gemeldet worden / war voll Wasser / vnnd sahe man nichts darinn / bald that sich allmehlich ein grosser Drach auß dem Wasser herfür / breitete die Flügel auß / hub den Kopff in die höhe / gab ein selßam Gethön / unnd endlich auch Wasser von sich. Auff der andern Seiten stund ein Berg / daran waren Wind und andere Mühlen / die giengen umb / Item allerley Handwercksleute / die ftengen an zu arbeiten / und regete sich alles : In der Grotta am audern Ende dieser Galeria, war ein Orpheus mit seiner Lyra, unnd umb ihn eine grosse Anzahl wilder Thier und Vögel : Wann er musiciret, so sol sichs alles regen / war dumaln  ungangbar / dann die Grotta sol ein Riß betommen haben / und sagte der Welsche / daß sie unter 40000 Cronen nicht könte wieder repariret werden.<lb/>Alle bißhero erzehlte Grotten seynd also gemacht / daß man einen trieffnaß dorinn machen kan / dann das Wasser felt nicht allein von oben herab / sondern springt auch auß der Erden / und von allen Seiten herfür.<lb/>Von diesem Platz gehet man noch ferner zweene gepflasterte [p. 148] Wege hinab auff einen grossen Platz / daselbst wird jetzt ein Lustgarten mit Quartieren von artigen Zügen mit Burbaum zugericht. Auß diesem Garten werden noch mehr Wege gemacht / daß man vollends gar hinab zum Fluß kommen kan : Ist also an diesem Ort ein recht königlicher Lust. König Kenricus IV hat es gebawet auch bey seinem Leben / weil es nicht weit von Pariß / sich gar offt daselbst auffgehalten. Es ist zwar alles gar ansehnlich und herzlich auffgeführet und zugericht : Ist aber anders nichts als ein grosser Steinhauffen. Dann da sihet man nichts als Steinwerck / und gar keine Bäwme oder Streucher. Wann der Berg auff die maß zugericht were / wie der zu Tivoli bey Rom am schönen Palatio daselbst / weil er selbigen bey nahe gleichet / würde die Lust bev weitem schöner und herrlicher seyn. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14086_actor">Neumayr von Ramssla, Johann Wilhelm </persname>
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            <p>Johann Wilhelm Neumayr von Ramssla, Des Durchlauchtigen Hochgebornen Fürsten und Herrn Johann Ernsten des Jüngern, Hertzogen zu Sachsen, Jülich, Cleve, und Berg, Landgrafen in Düringen, Margrafen zu Meissen, Grafen zu der Mark und Ravensburg, Herrn zu Ravenstein, Reise in Frankreich, Engelland und Niederland, Leipzig, Henning Grossen der Jüngere, 1620, p. 143-148</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« Fanum S. Germani, vulgo S. Germain en Laye<lb/>Glorientur Thessali suis Tempe, hic Europæ locus iis ne hilum quidem concedit, nam in tam amæna solo locum sortitus est, ut nihil supra ; qua de causa Reges hic morantur, animum ut à gravioribus curis liberent. Urbecula est in novam ac veterem divisa. Antiqui vici fundamenta jecisset Carolus V renovasset vero ea Franciscus I monti insidet : sexaginta et tribus cubiculis, verum nihil magnificum aut augustum fere repræsentantibus, ornatur. Exterior pars vivarium et ludum palmarium duabus leucis longum refert. Quicquid magnificentiæ huic arci deest, id abundè reparat Novum Castellum ab Henrico IV erectum, quod basilicis cubiculis, xystis, egregiis tabulis, ac aliis antiquitatibus se conspiciendum ac admirandum exhibet ; nec balneis, aviariis ac similibus destituitur. Arcem visere qui desiderat, is prius per duos pontes lapideos iter facere debet, in quorum altero XLV in altero vero XXXVI gradus numerantur. Præcipuè te hic recreabunt cryptæ subterraneæ, artificiosis aquarum ductibus irriguæ, quarum quatuor principales sunt, quas Lectori exhibebimus.<lb/>Prima est Orphei satua, quæ quam cito movetur cithara ludit, ad cujus sonum omnis generis feræ progrediuntur, arbores fructibus gravidæ se flectunt ac in terram inclinant ; Rex ipse cum Delphino aliisque sequitur. Secundum locum obtinet Puella organo musico motricibus aquis ludens, hinc inde vagis oculis auditores ac spectatores aspiciens, quasi iis loqueretur : suavissimum etiam melos fictitiæ aves modulantur. Juxta fenestram oculos conjicies in tabulam variegatam repræsentantem picturas amænissimorum camporum : in medio tubus est, in quo, impositis diversis instrumentis, diversas species unda repræsentat : In pariete interiori videbis statuam Satyri miræ elegantiæ ac curiosissimæ artis. Tertium locum sibi vendict Neptunus ; cujus tubus cum movetur, duo Angeli cælo descendentes sonum edunt, ad cujus sonitum Neptunus tridente armatus, curruique insidens, qui à duobus equis trahitur, exit ; paululum ubi substitit, regreditur, similique tubarum clangore ipsi reditum gratulantur : in pariete videbis officinam vulcaniam. Quartus locus assignatus est Perseo Andromadem liberanti, monstrumque marinum interficienti. Inter hæc duo priori quintum occurret visu dignum scilicet Draconis statua : qui motis alis caput elevat, idque demittens undas uberrimè emittit, philomelis fictitiis suave modulamen edentibus. Videntur et ibi duodecim signa cælestia, Bacchus, Paradisus, Antrum, Mare, naves prædatoriæ, quator Elementa, ipsa arx S. Germani ; altera pars exhibet Regem navi vectum ac Ducibus ac satellitibus stipatum. Quator virtutes Cardinals ex albo marmore confectas conspicies, quæ olim Parisiis locatæ erant : et similia alia mira hic ostenduntur ad stuporem visentium.<lb/>Nec procul hinc sylvam pertransire potes, quercubus consitam, quæ vulgo le bois de trahison. In ejus angulo qui oppidum ipsum respicit, mensa lapidea prægrandis ostenditur, ac quam proditio fertur concepta, quæ, qualis et à quibus concepta fuerit, cum Authores nihil certi de ea statuant, nolo me iis intermiscere. Quidam referunt sylvæ ramos, si in Sequanam projiciantur, statim lapidum instar fundum petere. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14306_actor">Jansson, Johann </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>[Johann Jansson], Illustriorum Regni Galliae civitatum tabluae ut Helvetiae confoederatae civitates celebriores, Amsterdam, Johannes Janssonius, s.d. [vers 1630], p. non numérotée.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k851443v/f36.image
<lb/></p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Abraham Gölnitz des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1631/1631" encodinganalog="3.1.3">1631</unitdate>
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              <persname id="atom_14194_actor">Gölnitz, Abraham</persname>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 179] Difficilius paululum et montosum iter est ; Sed desíderio tanti operis (superat enim omnes regias domos, teste Merulâ) sit facile. Oppidulum arci adjunctum IV leucis est Parisiis abjunctum ; situm in aere saluberrimo, qui heic ab infantibus Regiis prima vita hauritur sanus. heic primum Ludovici XIII R. quoque fuit domiciliam et regimen. Preter cœnobium nobilium virginum (eo nec cuivis facile patet aditus) non eft quod in eo quæras. Ergo recta ex hospitio à la rose blanche ad ARCEM ; divisam in duo domicilia ; alterum antiquum, alterum novum.<lb/>Antique arcis fundator dicitur Rex Carolus V ; restaurator Franciscus I Rei testimonium sunt camini e latere cocto, quibus inscriptas vides passim litteras F. F. F. F ; ubi tectum summum, quadratis lapidibus stratum, conscendis. Conclavia numerantur LXIII, spatiosa, ornatu non ad nostrum sæculum Ad dextram portæ, sacellum ingrederis ; omne ædificium lateritii fere lapidis ; area intus ovali forma. Extus est ferarum septum, longitudine duorum milliarium : in quo le jeu de paillemail, le long duquel y a des pavillon quarrez, faits et massonnez expres pour reposer, ou pour recevoir l’assemblée des regardans. Subtus, est fossa, domicilium cervorum, et avium rararum.<lb/>Nova arx nata Henrico IV R. auctore, in qua cameras et cryptas nota. Cameræ cum xystis seu galeriis fornicatis sunt pro Rege et Regina divisæ. Galeria pro Rege in summitate [p. 180] habet emblema ; Duo protegit unus ; Duo, regna nimirum Galliæ et Navarræ, protegit unus Rex. Ianuæ ibi superstat arx Fontainebelleau ; latera, habent urbes Hux, Venize, Prague, Namur, Mantoue, Aden en Arabie, Campaigne heureuse, Sion en Suisses, Moly, Tingis, Stafin en Afrique, Terracina, Ormus en Perse, Bellitri, Werderbroch en Westphale : Numegen, cum subscriptione, Ville du fondement de l’Empire ; nam Carolus Magnus urbem hanc imperialem esse voluit ejus loci ; Passauu ; Mastricht, Thessala tempe, Florence. Galleria Reginæ ornata tabulis pictis prægrandibus ex Ovidio et aliis. In cameris sunt camini nigerrimo in marmore, coelo sudo S. Clodii situm demonstrantes : alibi balnea regia, sacella cum refrigerio, aviaria bina, ut et supellectilem regiam aucupio deftinatam observabis. Hinc per binas (quarum altera XLV, altera XXXVI eft graduum) scalas lapideas, forma ovali, descensus fit ad cryptas substructas, artificiosis aquarum ductibus omnes Europæ reliquas superantes. credamus hoc Gallis, cum hodie Italia digitum ori imponere necesse etiam habeat : etiamsi Brabanti ductus Bruxellenses præferre non dubitent ; ego tamen non subscribo ; quamquam et hoc stupendum otiosæ industriæ opus non negem. Cryptæ sunt duum generum. Sicca una eft, la croute seiche ; refrigerium heic, commodum sub æstivis caloribus levamen et mansio. Udæ vero et rorantes sunt IV ; de quibus ordine et pauca. I. Habet Draconem, caput et alas motantem cum vomitu undarum è faucibus largissimo. ibi philomelæ [p. 181] et cuculi cantus et certamen : ad latera, duæ statuæ nigro è marmore aquas ejicientes. II. Ad januam mox serpens est, ore undas exspuens : audiuntur philomela et cuculus : videtur virgo movens caput, vertens осulos ultro citroque ас si auditores et advenas respiceret, digitis organum tractans, suavissimo sane concentu. ln medio mensa è marmore nigro posita, cui tubus imponitur, è quo, adhibitis diversis organis ex ære et ferro, diversas formas unda ejicit. heic Calices Venetos, Lilia Galliæ et alia artificiosissimo productu miraberis. Penes fenestram nota tabulam è marmore variegate ; specula hinc inde, et conchylia, delphinum item ; sed exiturus, cautus sis laterum observator. IIII. Neptuno sacra est ; in qua corona globo imminer, ab aquis in  gyrum elevata, guttas unionum instar spargens. Ibi officina Vulcanica ; molæ papyraceæ ; philomela cantans : duo item angelí ad latera cum buccinis ; qui ubi sonitum edunt, janua aperitur ; Neptunus tridente armatus, currui insistens, a duobus albicantibus equis tractus, ex antro prodit, paullum subsistit, revertitur, antrumque repetit ; januaque clausa, turbarum clangor repetitur. Dum hæc contemplaris, sedile prope est, quod a te incaute occupatum affatim aquarum dabit ; quod evitabis, si clavum subtus ferreum docta manu scies tractare et ducere ; sed et pavimentum tessellatum lapillulis non minus madidum te dimittet. IV. Crypta humiliori loco sita, Orpheo dicata est ; omnium bellissima et artificiosissima. Mox ad introitum, exitus undarum intranti [p. 182] est obvius. prodit Orpheus cithara ludens, caputque movens ; opus jucundum visu et  auditu. ex utroq ; latere feræ diversi generis ipsum circumsistentes sequuntur, progrediuntur ; mixtæ sunt arbores frugiferæ, sese inflectentes ; rupes ramis, quibus aves modulantes insident, ornatæ : sunt et signa XII zodiaci, suo motu ad harmoniam progredientes. ad est Bacchus dolio insidens, scyphum manu tenens. Sunt paradisus, infernus, mаre, naves bellicæ, IV elemeta ; arx S. Germani ; ad cujus alterum latus Rex cum Principibus et stipatoribus navigans ; ad alterum, delphinus et angeli de coelo descendentes ; mox Neptunus, Mercurius, et Jupiter ; et alia alia, supra memoriam et calamum nostrum. Sunt et heic IV virtutes cardinales è candido marmore, olim ornamenta Iesuiticæ pyramidis ante palatium Parisiense.<lb/>His omnibus recte visis, retrogrediundo Parisios, uno lapide offendis silvam, le Bois de la trahison. media via eam secat. decerpe ab uno latere ramum et in aquam præterfluente injice ; supernatabit ur natura ligni est communis : ab altera viæ parte decerpe alium ramum, et in eandem Sequanam projice ; videbis eum ; lapidum instar, fundum petere. Silva cædua est, et quercubus consita. In ejus angulo mensa lapidea adhuc monstratur prægrandis, ad quam proditio fertur concepta. dicitur quidam Gamelon, sieur de Hauteville, cum conjuratis asseclis, heic conspirasse contra gentem des Ardennes et Pares Franciæ, eosque in hac silva cum multis aliis nobiliorum procerum trucidasse tempore Caroli Magni : qui postea supplicio [p. 183] affecti et heic combusti sunt. Et ut homines intelligerent, quam abominabilis et detestanda hæc impía conspiratio fuerit coram Deo ; accidit, ut arborum cæsarum surculi remanentes non renascantur amplius : inde rara heic hodie silva, raræque arbores. O ita nullæ seditiones, nec in Gallia nec orbe Christiano, renascerentur ! multo melius haberent res humanæ. sed Deus properat humanos punire et finire furores : et Regum etiam Principumque ; qui, posthabitis imperii curis, libidinibus suis interdum strenue indormiunt, floccifacientes se Dei loco justitiam in terris exercere debere, et, subditis ut benefit, prospicere.<lb/>Sed pergamus in coepto nostro recursu. In via hac occurrit Regalis arx. »</p>
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            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
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            <p>Abraham Gölnitz, Abrah. Gölnitzi, Dantisc. Ulysses belgico-gallicus, fidus tibi dux et Achates, per Belgium, Hispan., regnum Galliae, ducat. Sabaudiae, Turinum usque Pedemontii Metropolin, Amsterdam, ex officina Elzeviriana, 1631, p. 179-183</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Paul Merula des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <persname id="atom_14097_actor">Merula, Paul</persname>
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            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Inter Possiacum et Lutetiam Fanum est D. Germano consecratum, quod vulgo S. Germain en Laye : Opidum nonnullius antiquitatis. Arcis fundamenta jecit, vel saltem, ut quidam volunt, Arcem restauravit Karolus V Francorum Rex. Restituit etiam Franciscus I, Venationibus addictior. Superat omnes Regias Domos ; Aeris saluberrimi. Nullius censetur Dioecesios. Silva adjacet caedua, Quercubus consita ; que vulgo Le Bois de Trahison. In ejus angulo, qui opidum ipsum respicit, Mensa Lapidea mihi monstrata praegrandis, ad quam Proditio fertur concepta : quae qualis fuerit et a quibus facta, malo ab aliis explicari, quam in re fatis dubia et incerta errare. Quod quidam narrant Silvae ramos, si in Sequanam projiciantur, statim, Lapideum instar, fundum petere, non ego sum expertus : ideoque nihil temere volo adserere. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14097_actor">Merula, Paul </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Forêt</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Paul Merula, P. Merulae Cosmographiae Partis II, liber III, de Gallia, novis additamentis praesertim quae Statum regni spectant passim aucta, tabulisque geographicis illustrata, Amsterdam, apud Guilielmum Blaeu, 1636, p. 243-244</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Claude de Varennes des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">11</unitid>
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              <persname id="atom_13810_actor">Varennes, Claude (de)</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Auteur d'un guide de voyage en France.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 191] Estant à Paris, il faut aller voir les lieux les plus remarquables qui en sont proches. Outre Fontainebleau, dont nous avons desja parlé, Saint Germain, qui n’en est qu’à 5 lieues, doit estre visité. Le premier bastiment est deub au Roy Charles V, dit le Sage. François I, qui se plaisoit fort à la chasse, remit ce chasteau, ou maison royalle, qui est tres belle et d’un fort bon air. Il y a un beau bois taillis, complanté de chesnes, et en un coing, qui regarde le bourg, se montre une table de pierre fort grande où fut traittee quelque trahison, qui faict que le bois en est appellé le bois de trahison. Le nouveau bastiment est fort magnifique et royal. On y void six galeries et 4 ou cinq grottes sousterraines. Un Oprhée avec sa lyre faict sortir toutes sortes de bestes sauvages qui s’arrestent à l’entour de luy, et les arbres flechissent et s’enclinent : le Roy suit avec le Dauphin et autres personnes. Secondement, une fille joue d’une instrument [p. 192] de musique par l’artifice et mouvement des eaues, et plusieurs oyseux artificiels chantent fort melodieusement. 3. Un Neptune fort armé de son trident, et assis sur un char au son d’une trompette sonnée par deux anges : le char est trainté par deux chevaux. 4. Persée delivre Andromede, et frappe un monstre marin de son espee. 5. Un dragon mouvant ses ailes leve sa teste, et l’abbaissant vomit et jette quantité d’eau, pendant que les rossignols artificiels chantent fort doucement. On y void aussi une grotte seiche, pour y prendre le frais pendant les chaleurs de l’esté. Les galeries et chambres sont ornées d’autres statues et peintures. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13810_actor">Varennes, Claude (de) </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>[Claude de Varennes], Le voyage de France dressé pour l’instruction et commodité tant des François que des estrangers, Paris, Olivier de Varennes, 1639, p. 191-192</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Louis Coulon des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">12</unitid>
            <unitdate normal="1643/1643" encodinganalog="3.1.3">1643</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_14243_actor">Coulon, Louis</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Prêtre.<lb/>Auteur de guides pratiques.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 236] Ce lieu, bien qu’il se puisse vanter d’avoir emprunté son nom d’un saint prélat, aposte d’Angleterre et evesque d’Auxerre, il n’a jamais neantmoins eu [p. 237] tant d’esclat, ny tant de reputation que depuis que les roys l’on fait bastir pour un palais de la Majesté, où messieurs leurs enfans sont elevés, et où ils passent eux mesme la plus agreable partie de leurs beaux jours. Charles V jetta les premiers fondemens du vieil chasteau, qui ayant esté pris par les Anglois durant les troubles de l’Estat causés par les desreglemens du cerveau de Charles VI, se rendit depuis à Charles VII moyennant une notable somme d’argent, qui fut donnée au capitaine anglois, qui le gardoit. François I le fit rebastir comme en font foy les FF couronnées, qui sont peintes sur les manteaux des cheminées.<lb/>Ce prince s’y plaisoit fort à cause des longues et larges routes de boys voisins, faites expres pour courir avec plus de plaisir le cef, le sanglier et le chevreul ; mais l’accomplissement et la perfection de cet ouvrage estoit deue à Henry IV, qui n’avoit des pensées et des desseins qe proportionnés à la grandeur de son courage et de son nom. Il fit bastir un nouveau chasteau sur cette croupe de montagne pratiquée sur les flancs du rocher plus proche [p. 238] de la rivière, auquel il n’a rien espargné de ce qui pouvoit relever son honneur, et sa mémoire. Si je voulois m’arrester à descrire tout par le menu, les galleries, les sales, les chambres, les antichambres, les cours, les offices, le jeu de paume, l’eglise, les vignes, les boys, les routes, les montagnes, les valons, les prez, et la petite ville bastie au pied, que la riviere de Seine arrouse de ses eaux, il me faudroit entreprendre un gros volume, qui fut au delà du temps et des occupations d’un voyageur.<lb/>Le roy et la reine y ont leurs departemens separés. Dans la galerie du Roy, ce ne sont que plans et descriptions des premieres villes du monde, avec les emblemes et les devises du grand Henry, deux sceptres en sautoir croisez d’une espée, dont l’ame porte, Duo protegit unus. Qu’une espée en la main d’un si grand prince est capable de garder deux royaumes, la France et la Navarre. La galerie de la reine est une vraye metamorphose, ce qu’Ovide a descrit dans ses vers, le peintre l’a icy representé par ses couleurs. Tout y est rare et excellent ; mais qui dit, les grottes de Saint Germain, semble avoir [p. 239] exprimé toutes les inventions de l’art.<lb/>Les anciens ont esté nos maistres en plusieurs choses, et nous ne bastissons que sur leurs fondemens ; neantmoins ils ignoroient le moyen de faire monter l’eau plus haut que sa source, et quiconque eust ouvert cette proposition à ces fameux mathematiciens de la Grece, il eus testé rejeté, comme un homme ignorant des premieres maximes de la science. Mais depuis que le sieur de Maconis, president des Finances en la generalité de Lyon, nous en a descouvert les secrets, nous ne sommes plus en l’erreur de nos ancestres, qui croyoient que l’art et l’industrie s’estant d’autrefois espuisez à faire des miracles, ne produisent plus rien de nouveau, et qu’il n’y avoit que la nature, qui eust cette avantage d’enfanter tous les jours de nouveaux monstres.<lb/>Par le moyen de cette elevation d’eau, les grottes hautes et basses pavées et encroustées d’huistres, et de coquilles sont si plaisamment et innocemment trompeuses que les regardans se sentent plustost mouillés, qu’ils n’ayent veu les nuées. Dans la premiere est une table de marbre, ou par l’artifice d’un entonnoir s’elevent en l’air [p. 240] des coupes, des verres, et autres vaisseaux bien formez de la seule matiere de l’eau. Proche de là vous voyez une nymphe de bonne grace, et d’un visage riant, qui laissant aller ses doigts au mouvement que l’eau leur donne, fait jouer des orgues avec autant d’harmonie et de concert, que ceux qui les mirent les premiers en usage dans les eglises de France sous Louis le Debonnaire. Il y a pres de la fenestre un Mercure, qui a un pied en l’air, et sonne d’une trompette, comme s’il avoit changé de naturel pour s’accommoder à l’humeur guerriere du prince qui l’a receu dans son chasteau, et qu’il animast les François au combat, luy qui ailleurs porte les marques de la paix en sa main, et les traités en sa bouche.<lb/>Si vous entrés dans un autre, vous rencontrés d’abord un dragon qui, battant des aisles, jette des torrens d’eau de la bouche, il n’a point d’autre venin. Autour du dragon vous avez une quantité d’oyseaux, que vous jureriez estre naturels et sans artifice, qui sont un ramage plus agreable que celuy des forests, surtout le rossignol se tue d’emporter le dessus, comme s’il vouloit charmer ce dragon [p. 241] par la douceur de son chant. D’un autre costé, vous avés le plaisir de considerer dans le bassin d’une fontaine l’appareil d’un triomphe marin, mille poissons les uns en escailles, les autres en coquilles, repliés et entortillés les uns dans les autres, comme les flots qui les portent, et au milieu de cette troupe, s’eslevent deux tritons, qui jouent de leur trompe, devant le chariot d’un Neptune qui le suit en posture de roy, la couronne de jonc en teste, le trident en une main, les resnes de ses chevaux en l’autre, qu’il manie et gouverne en maistre. Vous voyez aussi des forgerons, le visage tout crasseux, et barbouillé de suye, qui battent le fer sur une enclume à grands coups de marteau. On pouroit dire que ce sont des cyclopes, qui forgent des armes au roy, comme ils en ont forgé chez les poetes pour Achille et pour Enée.<lb/>Un peu plus bas se void une autre grotte, qui est la sale d’Orphée, où ce chantre anime les bois, les rochers, les bestes et les oyseaux, et leur inspire un certain mouvement de joye, qui leur fait allonger les flancs et la teste, tremousser des ailes, hausser et abbaisser les branches, et danser [p. 242] à la cadence, comme dans un balet. Les douze signes du zodiaque y marchent avec les mesmes regles que les estoilles au ciel. Bacchus assis sur son tonneau, et tenant le verte en main, convie les assistans à bois à la santé du prince ; mais fort peu luy font raison, car ses caves ne sont pleines que d’eau. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14243_actor">Coulon, Louis </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf (appartement de la reine)</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Louis Coulon, L'Ulysse françois, ou le voyage de France, de Flandre et de Savoye, contenant les plus rares curiosités des pays, la situation des villes, les meurs et les façons de faire des habitans, Paris, Gervais Clousier, 1643, p. 236-242.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1020916/f254.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Giovanni Francesco Rucellai des châteaux de Saint-Germain-en-Laye et récit des moments suivant la mort de Louis XIII</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">13</unitid>
            <unitdate normal="1643/1643" encodinganalog="3.1.3">1643</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_13879_actor">Rucellai, Giovanni Francesco</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Abbé italien du XVIIe siècle.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 122] San Germano en l’Aye<lb/>Villa Regia con un bellissimo parco, e grandi stradoni, e lungo giuoco di maglio, et un serraglio pieno di tutte le sorte d’animali il castello che chiamano vecchio è assai comodo con un bel cortile di mattoni con loggie, et una bella cappella di li si passa al castel nuovo per un gran prato quale è fabbrica bassa assai, ma però comoda di habitatione con un cortile ovato, e di là dalla sala appuntellata nella prima camera grande fu posto il corpo del Re morto in un letto di velluto rosso trinato d’oro vestito di una camiciuola lina e quattro guardie attorno, e sacerdoti che salmeggiavano, e dirimpetto al letto erono posti tre altari dove la mattina si celebravono messe. Il posto di questo nuovo castello cominciato dalla Reg. Caterina e poi finito da Enrico 4. è bellissimo facendo una superba vista per venir da Parigi perchè dalle [p. 123] radici della collina che è assai bene alta sino al' estremitâ dove egli è posto sono scalinate, ringhiere, e grotte con nicchie di pietre, pilastri, e cornicioni diversi, che pare tutta una facciata seguita ; sotto le scale sono quantità di scherzi di acqua, e fra un piano, e l’altro bellissimi parterri, e spartimenti e da lontano come dissi apparisce una vastissima mole : si esce dalla porta S. Honorato, e si passa tre volte la Senna sopra tre gran ponti, et il primo si chiama il ponte a Nouilli, et è lontano dalla città cinque leghe.<lb/>[…]<lb/>[p. 188] Il Re morto esposto a S. Germano<lb/>Dicono nel havere sparato il Re haver ritrovato lo stomaco pieno di vermi, e fra l’altre uno grandissimo che l’attraversava tutto che per ciò sentiva in vita grandissimi dolori. Fu sempre in questa malattia, come si è detto, devotissimo e faceva ogni mattina dire la messa in camera sua, e si comunicava.<lb/>Il Lunedi 18 di Maggio sentendo che ancora a S. Germano stava esposto il corpo del Re per la moltitudine del popolo che andava a vederlo si risolse il sig. Amb. con le ssig. Camerate trasferirvisi, dove arrivato, e passato per il Castello vecchio, nel quale S. M. era stata lungo tempo malata, e dal quale un mese avanti la morte era uscito, e fattosi portare nel Castello nuovo. Un tiro di archibuso lontano dal vecchio, [p. 189] dove passata la sala del puntello nella quale erono alcune guardie si entrava in una gran camera parata di bellissimi arazi d' oro, e seta, dove era il corpo di S. M. posto in un gran letto di velluto rosso trinato d’oro, il quale stava a diacere tenendo sotto il capo due gran cuscini coperto con le lenzuola come se fussi stato malato ; ma però scoperto dalla cintura in su, e vestito d’una camicivola bianca, et un berrettino da notte in capo bianco con giglietti, e con un Crocifisso fra le mani, e per essere egli nella lunga malattia assai estenuato li havevano dipinto il viso che pareva sano con le basette aricciate, e la sua zazzera molto bene accomodata ; il letto era tutto aperto per lasciare libera la vista al popolo che numeroso da Parigi, e d’altrove concorreva e non volle il Re essere trattato come è di costume dei Re e persone grandi della Francia prohibendolo espressamente per suo testamento cioè di tenere il corpo del Re morto, o l’effigie sua al naturale, in un simile letto con gran pompa per spatio di 40 giorni continui, servendolo a tavola, e di tutti gli altri ministerij come si fussi vivo, come seguì pochi mesi sono al cadavero del Cardle di Richelieu. Volse dunque il Re esser trattato privatamente e nè meno esser vestito col manto Reale, nè con Corona, o scettro. A piedi del letto era una gran Croce d’oro ritta, con 12 candellieri similmente d’oro con candele accese, et a i quattro angoli del letto erono da capo due guardie scozese dette del corpo, con la loro sopra veste ricamata, coperta [p. 190] di velo nero, con le loro partigiane, e da piedi due Araldi d’arme con le loro sopra veste di velluto con gigli d’oro coperta del medesimo velo nero, si come una maza ancora d’argento che tengono in mano, erano a dirimpetto al letto tre Altari, dove continuamente la mattina si celebravano messe, et intorno al letto erano accomodate alcune panche per comodità di molti Padri di diverse Religioni che salmeggiavano assistendovi ancora alcuni Vescovi, e Prelati.<lb/>Allato a questa camera ne era un altra non troppo grande, dove mori S. M. Si riscontrorono nel ritorno per la strada molte compagnie di cavalli che andavano a S. Germano per accompagnare il cadavero del Re a S. Dionigi il giorno seguente, come segui accompagnato ancora da fanteria in sul farsi notte con solo trecento torcie e privatamente. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13879_actor">Rucellai, Giovanni Francesco </persname>
            <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Giovanni Francesco Rucellai, Un'ambasciata, diario dell'abate G. Francesco Rucellai, éd. John Temple Leader et Giuseppe Marcotti, Florence, G. Barbèra, 1884, p. 122-123 et p. 188-190.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102621n/f150.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par John Evelyn des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">14</unitid>
            <unitdate normal="1644/1644" encodinganalog="3.1.3">27 février 1644</unitdate>
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              <persname id="atom_13000_actor">Evelyn, John</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Écrivain, paysagiste et mémorialiste anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 52] Accompanied with some English gentlemen, we took horse to see St. Germain-en-Laye, a stately country-house of the King, some five leagues from Paris. […] [p. 54] The first building of this palace is of Charles V., called the Sage ; but Francis I. (that true virtuoso) made it complete ; speaking as to the style of magnificence then in fashion, which was with too great a mixture of the Gothic, as may be seen in what there is remaining of his in the old Castle, an irregular piece as built on the old foundation, and having a moat about it. It has yet some spacious and handsome rooms of state, and a chapel neatly painted. The new Castle is at some distance, divided from this by a court, of a lower, but more modem design, built by Henry IV. To this belong six terraces, built of brick and stone, descending in cascades towards the river, cut out of the natural hill, having under them goodly vaulted galleries ; of these, four have subterranean grots and rocks, where are represented several objects in the manner of scenes and other motions, by force of water, shown by the light of torches only ; amongst these, is Orpheus with his music, and the animals, which dance after his harp ; in the second, is the King and Dolphin ; in the third, is Neptune sounding his trumpet, his chariot drawn by sea-horses ; in the fourth, the story of Perseus and Andromeda ; mills ; hermitages ; men fishing ; birds chirping ; and many other devices. There is also a dry grot to refresh in ; all having a fine prospect towards the [p. 55] river, and the goodly country about it, especially the forest. At the bottom, is a parterre ; the upper terrace near half a mile in length, with double declivities, arched and balustered with stone, of vast and royal cost.<lb/>In the pavilion of the new Castle are many fair rooms, well painted, and leading into a very noble garden and park, where is a pall-mall, in the midst of which, on one of the sides, is a chapel, with stone cupola, though small, yet of a handsome order of architecture. Out of the park you go into the forest, which being very large, is stored with deer, wild boars, wolves, and other wild game. The Tennis Court, and Cavallerizzo, for the menaged horses, axe also observable. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13000_actor">Evelyn, John </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>John Evelyn, Diary and correspondence of John Evelyn, éd. John Forster, Londres, Henry Colburn, 1850-1852, t. I, p. 52-55</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Elie Brackenhoffer de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">15</unitid>
            <unitdate normal="1644/1644" encodinganalog="3.1.3">13 octobre 1644</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            <note type="generalNote">
              <p>Cet habitant de Strasbourg arriva à Paris le 22 septembre 1644 ; il se rendit à Saint-Germain le 13 octobre suivant.</p>
            </note>
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              <persname id="atom_14282_actor">Brackenhoffer, Elie</persname>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 11] Le jeudi 13 octobre, en compagnie de M. Offmülner et de son majordome, ainsi que d’un Suisse, j’ai fait une excursion à Saint-Germain-en-Laye. Nous sommes partis en voiture à 7 heures du matin, et à 10 heures nous sommes arrivés. La journée était belle et claire, mais le vent froid. Le chemin était agréable ; nous y avons vu une grande quantité de villages et de bourgs, qui étaient un charme pour les yeux. Devant Saint-Germain, s’étend une grande île, que le grand chemin traverse, sur plus d’une lieue de long ; des deux côtés il y a des ponts à péage. Cette île, assez vaste (comme on l’a dit) est plein de cerfs, de chevreuils, de lièvres et de lapins ; comme il est interdit, sous les peines les plus sévères, de les tuer ou de leur faire du mal, ils sont si familiers, qu’ils n’ont pas peur des voyageurs ou des passants ; au contraire, ils accourent. Cette île est entourée par la Seine ; elle est pleine d’arbres et de bois, et chaque année, à [blanc, pour la Saint-Hubert], les princes et les plus grands personnages de la cour y font une grande chasse, après laquelle on donne un fin banquet en l’honneur de ce saint, patron des chasseurs. Cette année, Mons. Monbason, grand veneur de France, présenta un cerf, [p. 12] en présence des ducs d’Orléans, d’Anguien et d’autres grands personnages assemblés.<lb/>Saint-Germain est un peu sur la hauteur (il faut mettre pied à terre deux fois) ; pour ce motif, il y a une plus belle vue sur la campagne et les localités environnantes que dans toutes les autres résidences royales. Elle est à 4 milles de Paris. On la divise en vieux et nouveau château. Le vieux, bâti par Charles V, et restauré pour la première fois par François Ier, est petit, et tout en brique. Son toit est revêtu de carreaux, presque comme à la Bastille, à Paris ; on peut s’y promener et regarder très loin autour de soi. Sur les cheminées de ce château, on voit partout F.F., ce qui signifie que François Ier l’a restauré. Il est très haut ; il y a 63 appartements, mais pas particulièrement magnifiques. La chambre du roi, où il réside parfois en hiver, paraît un peu sombre ; à ce moment elle n’était pas meublée. On nous a aussi montré la salle où se joue la comédie ; au-dessous de la scène, des deux côtés, on a peint un escalier de six ou huit marches environ avec tant d’art, qu’on s’y trompe, et que nous ne pouvions pas croire qu’il fût peint, avant de nous en être approchés et de l’avoir touché de nos mains.<lb/>La cour est presque ovale ; elle est de grandeur moyenne ; à droite de l’entrée, se trouve une chapelle, qui est toute dorée, et décorée à profusion de belles peintures et d’autres ornements. L’autel est orné de colonnes de marbre noir et d’ouvrages dorés. L’orgue, également doré, est superbe et d’un grand prix. Ce château est entouré d’un fossé profond, mais sans eau. Aussi, pour entrer, on passe sur un pont, muni d’un pont-levis.<lb/>A gauche du château, il y a un beau parterre, sur lequel [p. 13] donne la chambre du roi, et qui a une belle vue. Au bout de ce parterre, commence un beau parc, un bois, long de deux lieues, dans lequel on peut voir un long jeu de mail, muni de pavillons quarrez en maçonnerie, où l’on peut se reposer ou bien où peuvent se mettre les spectateurs, sans être gênés. Devant le château, il y a une grande et large basse-court, dans laquelle sont les écuries et autres communs. De là, on accède à droite dans une très grande et belle cour, divisée en deux par une cloison, par laquelle nous parvînmes tout droit au château neuf.<lb/>Il a été bâti par Henri IV ; il est donc encore assez neuf. On y montre : 1° L’antichambre du roi. 2° Chambre où est mort Louis XIII. 3° Cabinet. 4° Galerie du roi, au haut de laquelle on voit cet emblème : Duo protegit unus, ce qui veut dire qu’il possède à lui seul deux royaumes, la France et la Navarre. Au-dessus de la porte, est représenté le château de Fontainebleau ; des deux côtés, sont très joliment peintes à la détrempe, en assez grande dimension, les villes suivantes : Huy, Venize, Prague, Namur, Mantoua, Aden en Arabie, Compaigne, Heureuse, Sion en Suisses, Moly, Tingu, Stafin en Afrique, Teracina, Ormus en Perse, Bellitry, Werderboch en Westphale, Numegen, avec cette inscription : Ville du fondement de l’empire, car Charlemagne a voulu faire de ces villes des villes impériales. Passau, Mastrich, Thessala Tempe, Florence.<lb/>5° L’antichambre de la reine. 6° Sa chambre, dans laquelle est né Louis XIV, le roi actuel. 7° Le cabinet de la reine. 8° Sa galerie, ornée de grands panneaux avec des scènes tirées d’Ovide. Ces appartements sont égaux en dimensions et en beauté ; tous en effet, sont ornés de belles dorures et de sculptures ; égaux aussi en vue, car ils ont la même exposition, étant tous dans le corps de bastiment qui donne sur le jardin. Dans les deux appartements, il y a encore [p. 14] quelques autres pièces pour les officiers et les gardes, dont la Française est d’un côté et la Suisse de l’autre.<lb/>Sous la galerie et la chambre du roi, on montre encore quelques chambres basses, ou bien plutôt écuries, dans lesquelles se trouvaient les oiseaux et les quadrupèdes suivants : un castor ; des corneilles des Pyrénées, environ de la grosseur d’un pigeon, tout entières d’un noir intense, comme du charbon ; elles ont des becs rouge sang, et des pattes sans plumes ; des outardes, ou oies sauvages ; des petits chevaliers de la mer, petits oiseaux marins ; un aigle ; un perroquet de toutes les couleurs, extraordinairement grand et beau ; un mouton du pays de More, qui est haut, et qui a un cou et des pattes longs et rudes, un museau pointu ; un mouton turc ; un bouquetin femelle ; le mâle a été détruit après la mort de Louis XIII, parce qu’il avait fait beaucoup de mal et endommagé des gens ; on montre encore ses cornes, elles sont extraordinairement grandes et admirables en cela. La femelle est loin d’avoir d’aussi grandes cornes ; elles sont cependant plus grandes, plus larges et plus incurvées que les ordinaires ; son poil est aussi d’autre couleur que les ordinaires, il est épais, gris et a un aspect bien sauge. Un mouton de la Barbarie, qui a une queue, large en haut presque comme deux mains, et qui par le bas se réduit à rien ; elle n’est pas particulièrement longue, mais elle est épaisse et grasse, et en bas elle est toute blanche et molle de graisse ; il se met à beugler quand on lui tire ou lui prend la queue.<lb/>Un chat de l’ile du Canada, autrement dit une civette ; il est beaucoup plus grand qu’un chat domestique, mais il en a presque la forme et le poil. Dans une cour, devant, il y avait beaucoup de canards et d’oies des Indes, une grande quantité de poules d’eau des Indes, quelques cygnes, des faisans et autres gallinacés.<lb/>De là, nous sommes descendus dans les jardins, [p. 15] pour voir les grottes. Il y avait à vrai dire cinq grottes naguère, savoir une grotte seiche, dans laquelle on prenait le frais en été et on se garantissait de la grande chaleur ; la grotte de Neptune ; des orgues ; de Persée ; et d’Orphée ; mais il ne reste que les deux dernières, les autres s’étant écroulées en 1643, avec de grands dommages et de grosses pertes, après avoir été bâties à grands frais. Ces grottes passaient, disent quelques-uns, pour supérieures à toutes celles de France, d’Allemagne et d’Italie, mais la plupart affirment qu’elles égalaient celles d’Italie, sans toutefois les surpasser.<lb/>Avant que nous visitions les grottes, le fontainier exigea de nous une pistole, pour faire jouer les eaux, sous ce prétexte qu’il était obligé d’y employer 50 torches ; et comme il s’obstinait dans sa prétention, il fallut bien en passer par là, car nous ne voulions pas être privés du meilleur morceau de notre excursion. Dans la grotte de Persée, il y avait, tout à l’entrée, un grand bassin, dans lequel se trouvait un grand dragon ; au-dessus de lui était juché Persée ; sur le côté il y avait une montagne, près de laquelle était sculptée Médée, le tout en cuivre. Persée presque de grandeur naturelle se précipitait de la hauteur vers le dragon, il avait en mains un bouclier et une épée, et quand il fut près du dragon, il donna quelques coups ; [p. 16] le dragon, qui était grand, horrible et épouvantable, se dressa avec un grand fracas, battit des ailes en l’air, ouvrit la gueule et grinça des dents, de si terrible manière, qu’en raison de la soudaineté, on en était presque épouvanté. Le dragon laissa retomber ses ailes, calma sa fureur, et à ce moment l’eau du bassin s’épandit plus abondante, submergeant presque le dragon ; il paraissait mort, et avoir été tué par Persée. Et alors Persée revint à sa place. C’est une belle pièce, qui mérite bien d’être vue.<lb/>Dans la même grotte, à gauche, il y a une montagne, où se trouvent quantité de forges, de papeteries et de moulins à blé en bois, qui sont tous mis en mouvement par des appareils hydrauliques. De même, quelques chapelles ou églises, dont l’eau faisait sonner les cloches. Tout cela est très gentil et très beau. Devant cette grotte, l’eau joua aussi comme si de tous les bouts et de tous les coins était tombée une pluie chassée par le vent, de sorte que tous ceux qui ne se retirèrent pas de côté furent complètement trempés.<lb/>De là, nous nous rendîmes à l’autre grotte. Dans celle-ci était assis Orphée, presque de grandeur naturelle ; il jouait du violon, remuant les mains et frottant l’archet sur le violon, mais à l’intérieur, par un habile jeu des eaux, une position était introduite qui donnait d’elle-même le ton du violon. Autour, se dressaient beaucoup d’arbres, sculptés en bois, qui remuaient et dansaient ; un rossignol était perché sur un arbre et chantait. Des deux côtés, accoururent toute sorte de bêtes sauvages qui écoutèrent Orphée, puis l’une après l’autre rentrèrent. Un coq d’Inde se tenait non loin d’Orphée, se tournait et se trémoussait, et se posait comme s’il dansait. Un singe était assis, qui portait constamment une pomme à sa gueule. Parmi tout cela, coulaient les rigoles, giclaient les tuyaux venus d’un bassin devant lequel était assis Orphée.<lb/>Après cela, dans une grande fenêtre ou trou carré, qui s’étendait loin en arrière en perspective, de toutes parts [p. 17] garnie de lumières, un jeu d’eau produisait l’effet suivant : les sept planètes, faites d’une sorte de bronze et peintes, se mirent en mouvement ; une partie, savoir le soleil, la lune et Mercure en haut, les autres par terre, et il est impossible de voir avec quoi ni comment ils sont tirés. Puis, apparaissent aussi les douze figures du Zodiaque, les quatre éléments. Item, le jeune roi s’avance aussi, avec son frère le duc d’Anjou, escortés par les Suisse. On représente encore la mer, avec ses grandes vagues, et des bateaux qui y naviguent. On représenta également l’enfer, plein de feu, et si artistiquement fait qu’on croit voir tout brûler réellement ; et on y voit des figures représentées par une tête, sur laquelle s’acharne la fureur du feu ; les yeux de cette tête sont rouge feu. Devant l’enfer, se tient Acharon, l’infernal nocher ; un autre tient Cerbère enchaîné.<lb/>Il y a aussi une représentation analogue du paradis, et beaucoup d’autres choses, qu’à cause de leur multitude je n’ai pas toutes pu retenir et décrire. Dans cette grotte, à droite, Bacchus est assis sur un tonneau ; il a une coupe en main, si pleine qu’elle déborde, et que l’eau en tombe goutte à goutte.<lb/>Il y a aussi les quatre vertus cardinales en marbre blanc ; on dit qu’elles se trouvaient naguère à la pyramide des Jésuites, qui était près du palais.<lb/>Ces deux grottes sont carrés, bien voûtés, joliment pavées de petits cailloux vernissés, pour le reste, de toutes parts ornées de coquillages et de toute sorte de colimaçons, ainsi que de cristal, de merveilleuses pétrifications, de minéraux et autres ornements. A remarquer qu’on ne voit pas de murailles ni de mortier, ni sur les côtés, ni en haut. Le pavé (formé, comme on l’a dit, de petites pierres et d’ardoises de dimensions égales) représente des roses et d’autres figures, ainsi que des coquillages et des colimaçons, [p. 18] assemblés non sans un art consommé, et formant toute sorte de dessins.<lb/>Quant aux jardins, il semble à vrai dire qu’ils ont dû être superbes et charmants, mais maintenant ils sont à l’abandon ; en effet, dans le voisinage de l’eau, on ne voyait pas trace du moindre canal ; à vrai dire, à en juger par le cuivre, il devait y en avoir cinq ou six, mais ils étaient complètement envahis par la végétation. De même, dans le verger voisin, tout était ravagé et en désordre. Il y a cinq jets d’eau, mais l’eau ne jaillissait pas de tous.<lb/>De ces jardins, l’un est plus haut que l’autre : on en a une très jolie vue sur l’île voisine, et par les temps clairs, on distingue fort bien de là Paris et beaucoup de petites villes, de bourgs et de villages. Pour la jolie vue, ces jardins surpassent de beaucoup toutes les autres résidences de plaisance royales. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14282_actor">Brackenhoffer, Elie </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
            <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Château-Neuf (appartement du roi)</geogname>
            <geogname>Château-Neuf (appartement de la reine)</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Elie Brackenhoffer, Voyage de Paris en Italie, 1644-1646, traduit d’après le manuscrit du Musée historique de Strasbourg par Henry Lehr, Nancy, Paris et Strasbourg, Berger-Levrault, 1927, p. 11-18</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Louis Huygens de sa visite aux châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">16</unitid>
            <unitdate normal="1655/1655" encodinganalog="3.1.3">8 août 1655</unitdate>
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              <persname id="atom_13018_actor">Huygens, Louis</persname>
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              <p>Diplomate hollandais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Ou on entre le premier c’est le vieux chasteau qui est bastij par François I de brique mais fort singulierement. C’est icij où loge le le Roij d’à present car le defunct estoit dans le chasteau neuf qui est en bas et bastij par Henri 4.<lb/>Il ij a dans ce vieux bastiment une chapelle assez belle où il ij a des orgues. Au reste, les appartemens du Roij et de la Reijne et la salle des comediens ij sont assez mediocres et mal entretenus, encor que le Roij ij vienne assez souvent. Elle est du reste fort grande, et on dit mesme qu’il ij [a] plus de 500 chambres logeables et encor n’ij a t il qu’une court. A costé gauche de la maison il ij a des parterres qui sont bien jolis et au delà d’autres grand jardins. Derriere il ij a premierement une grande court et au delà le chasteau neuf, qui est assez estendu en largeur mais aussij bien bas. L’architecture n’en est pas tout à fait à la moderne mode. Le corps de logis consiste principalement aux appartemens du Roij et de la Reijne. Cestuij cij est peint mais pas trop bien. Celuij du Roij est beaucoup meilleur et le plancher tout doré et lambrissé. On nous monstra icij la chambre où il est mort. A chaque appartement il ij a une longue galerie voutée toute peinte. Dans l’une des deux il ij a plusieurs villes assez mal representée, entre autres Maestricht et Nimwegen et Werrdenbirgh en Westphalie où ils ont mis dessous Werdenbroch, ville de Wespallon. Derriere cette maison, il ij a une grande terrasse, de laquelle on descend par des grands degrez dans les jardins qui viennent jusques à la riviere, mais sont tres mal entretenus, tous les degez abattus et toutes ces fameuses grottes, qui ont tant cousté autrefois, en desordre. Le chasteau vieux est toute couvert de grosses pierres de tailles au lieu d’ardoises. Quand on ij est monté dessus, on descouvre une fort belle campagne et Paris fort distinctement. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13018_actor">Huygens, Louis </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Henri L. Brugmans, « Châteaux et jardins de l’Île-de-France d’après un journal de voyage de 1655 », Gazette des Beaux-Arts, septembre 1937, p. 93-114, à la p. 111.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6101726d/f117.item</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Martin Zeiller des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1655/1655" encodinganalog="3.1.3">1655</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_13749_actor">Zeiller, Martin</persname>
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            <note>
              <p>Érudit, géographe et ingénieur topographe autrichien.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 82] Ein offnes Stättlein 4 oder fünff Frankösische Meylen von Pariß gelegen ; allda der Lufft trefflich gesund ist ; unnd daher die Könige gern sich allhie auffgehalten, unnd werden auch die Konigliche Kinder offtmals zu erst allda erzogen. Hat ein Adeliches NonnenCloster, in welches aber nicht Jedermann, solches zu sehen, gelassen wird. Das vornemste, so an diesem Ort zu besichtigen, ist das Königliche Schloß, oder Lusthause ; so von Theils, sonderlich der Wasserwercke halber, dem obbeschriebnen Schloß Fontaine-bleau vorgezogen werden wil. Ligt auff einem Berglein, und wird in das alt, une newe, abgetheilet. Das Alte solle König Carl der Fünffte entweder erbauet, oder das vorige wider auffgeführet, und ernevert haben. König Franciscus der Erste hates verbessert ; dessen die Camin von Ziegelsteinen Zeugnuß geben, an denen allenthalben, wann man zu dem obersten Tach hinauff steiget, der Buchstaben F. zusehen. Der Zimmer, so weit seyn, werden 63. Gezehlet, schlecht gewest seyn. Zur rechten deß Thors, ist die Capell, auch fast nur von Ziegelsteinen erbauet. [p. 83] Ausserhalb dieses alten Schlosses, ist ein Thiergarten, so in der Länge 2 Meylen begreifft, darinn ein Pallemaille, oder so genanter Spilplatz mit kleinen Kugeln, auff dessen seiten, nach der Länge, man gute Gelegenheit, demselben Spil zuzusche, oder da zu ruhen, hat. Unden im Graben werden die Hirsch, und seltzame Vögel, verwahret. Das new Schloß, oder Lusthause, ist viel prächtiger, und vom König Henrico IV erbauet. Die Cammeren, und Gallerien, oder gewölbte Gänge, seyn für den König, und die Königin, getheilet : deß Königs Galleria hat zu oberst das emblema : Duo protegit unus ; namlich die beyde Königreich, Galliae, et Navarrae, beschützt ein König. Uber der Thür stehet obbesagtes Schloß Fontainebelleau. Auff den seiten seyn underschiedliche Stätte. Der Königin Galler ist mit gar grossen gemahlten Taflen, auß dem Ovidio, und andern, geziehret. Es seyn auch sonsten noch 4 Gallerien allda. In den Camern sein die Camin von dem schwärtzesten Marmel ; darinn man, bey heitern Himmel, die Lands Gelegenheit umb S. Cloud, sehen kan. Es seyn da Königlicher Bäder, und was darzu gehört ; Item, 2 Vogelhäuser, und allerhand Königlicher Zeug zum Vogelstellen. Von dannen gehet man zu de Grotten, oder cryptis substructis, zwey steinerne Stiegen hinab, deren die eine 45 die ander 36 Staffel hat.<lb/>Die Frantzosen wolle, daß diese schone un künstliche, mit Meerschnecke, Muschlen, seltzamen Meer : und andern Gewachsen, und Steinen, außgesetzte Gewolbe und sonderlich das Wasserwerck, alle andere in Europa ubertreffe : wiewol die Brabanter, das Wasserwerck zu Brüssel, diesem zu S. Germain, vorziehen wollenmit welchen es aber Goltnitzius nicht helt ; sondern hierinn den Frantzosen beystimmet, als der auch das zu Brüssel, und die in Italia, gesehen hat. Der besagte Grotten allhie, zu S. Germain, seyn funff, deren eine drucken ; allda man sich im Sommer erkülen, und auff halte kan : die andern viere seyn Wasserreich ; in deren Ersten ein Drach, so den Kopff, und Flügel, beweget, und gar viel Wasser außspeyet ; allda auch ein Nachtigal, und Guckuck, singen, une mit einander streiten thun. Auff den seiten feyn 2 Bilder von schwartzem Marmel, die auch Wasser außschütten. In der andern Grotte ist, gleich bey der Thür, ein Schlang, die auß dem Munde Wasser gibt. Eine Jungfraw bewegt das Haupt, und wendet die Augen hin, und her, als ob Sie die Zuhörer, und Frembde, ansehen thette, und schlägt gar lieblich auff einer Orgel. In der mitten stehet ein Lisch von schwartzem Marmel, auff welchen man ein Rohr steckt, unnd darzu underschiedliche Instrumenten nimbt, und damit allerley verwunderlich, und künstliche Sachen vorstellet. Beym Fenster ist ein Lisch von Marmel, unterschiedlicher Farben ; Item, hin, unnd her, Spiegel, unnd Muschlen, auch ein Meerschwein ; unnd hat man, wann man auß solcher Grotte, oder Grufft, gehet, die neben seiten in acht zunehmen. Die dritte ist dem Neptuno zugeeygnet ; allda ein Krantz auff einer Kugel, so von dem Wasser herumb gedrahet wird, und tröpflein, wie die Perlein, von sich wirfft. Es ist da auch ein Schmitten ; Item Papir-Mühlin ; ein Nachtigal, so singet ; Item, zween Engel auff den Seiten ; wann die mit jhren Posaunen blasen, so kompt Neptunus, mit seinem Scepter, auff einem Wagen, den 2 weißlechte Pferde ziehen, sitzend, durch eine Thür, so sich auff thut, herfür, helt wenig still, und begibt sich darauff wider in seine Höhle : und wann die Thür zugehet, so höret man die Posaunen wider. Es ist, in dem man dieses besichtiget, nahend ein Stuel, welcher wan man sich nicht mit Vortheil darauff setzet, einen hauffig bespritzen thut. So gibt auch der mit Steinlein eingelegter Boden Wasser genug von sich ; Die vierte Grotte, Grufft, od Crypta, ist etwas nidriger, aber die allerschönist, und künstlichste.<lb/>Wann man hinein gehet, kompt einem gleich das Wasser entgege : der Orpheus, [p. 84] auff der Either spilend, und das Haupt bewegend, tritt herfür ; so anmütig zu schen, und lieblich zu hören. Von beyden seiten stehen umb ihn her underschiedliche wilde Thier, die mit Ihme fort gehen ; dar zwischen die fruchtbare Bäum sich neigen, oder bucken, unnd die Felsen mit Zweigen, dar auff Vögel, so quitzern, sitzett, gezieret seyn. Man sihet auch die zwölff Himmlische Zeichen, die in richstiger Drönung fortgehen. Es sitzet da der Bacchus auff dem Faß, so in der Hand einen Becker hält : Item, seyn zu schen, das Paradeitz, die Höll, dz Meer, Kriegsschiffe, die viere Element ; Item, dieses Schloß S. Germain, und an dessen einer seiten, wie der König, mit den Fürsten, unnd Auffwartern, auff einem Schiffe fähret, und, auff der andern, ein Delphin, und Engel, so vom Himmel herab steiget. Bald folgen Neptunus, Mercurius, unnd Jupiter ; und anders verwunderliches Ding mehr. Es seyn auch da die vier Haupt-Lugenden von weissen Marmel, so vorhin vor dem Palais zu Pariß gestanden. Es schreibet Andreas du Chesne, das die Alten nicht gewust haben, das Wasser höher zu treiben, als sein Vrsprung is, und weren wir, sagt Er, und unsere Nachkomlinge, in dieser Vuwissenheit verblieben, wann nicht Claudius von Monconis, Praesident bey de General-Einnehmer Ampt der Königlichen Gefäll, zu Lyon, durch seine sinnreiche, und kühne Erfindung, die er am ersten bey den Brünnen detz newen Schlosses allhie zu S. Germain de Laye ; unnd hernach in der Häusern deß Mareschal von Retz, zu Noisy ; und deß Obristen Parisischen Praesidenten, zu Stim, probirt, den Weg darzu gezeigt hette. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13749_actor">Zeiller, Martin </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Martin Zeiller, Topographia Galliae, oder Beschreibung und Contrafaitung der vornehmbsten und bekantisten Oerter in dem mächtigen und grossen Königreich Franckreich, Francfort, Caspar Merian, 1655, p. 82-84</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Peter Heylyn des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">18</unitid>
            <unitdate normal="1656/1656" encodinganalog="3.1.3">1656</unitdate>
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              <persname id="atom_13025_actor">Heylyn, Peter</persname>
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            <note>
              <p>Historien et géographe anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 60] Two leagues from Ruel, is the Kings house of St. Germain en Olay, a house seated on the top of a hill just like Windsore. The town of St. Germain lyeth all about it, the river Seine (of the same breadth as the Thames is at the place mentioned) runneth below it; and the house by reason of the site, having a large command upon the country round about it. The town is poor and hath nothing in it remarkable but the name, which it took from St. Germain, bishop of Auxerre, who, together with St. Lupus, bishop of Troyes, sailed into Britain to root out Pelagianism. The castle or seat Royall is divided into two parts, the old and the new; the old, which is next unto the town, is built of bricks, and for forme is triangular : founded it was at the first by [p. 61] Charles V, since strengthned and beautified by the English when it was in their possession. Francis I added to it the upper story and the battlements, and in memoriam facti hath left a capitall F upon every of the chimnies. The new house, distant from the old about a surlong, and to which you descend by a handsome green court, was built by Henry IV. It consisteth of three severall parts, all joined together, the two outermost quadrangular, that un the middle almost round and in the fashion of a Jewish synagogue. Here we saw the volatory full of sundry forain birds, and in one of the lower rooms great store of outlandish conies; but these were accessories. The principall was the majesty of the house, which is, indeed, worth the observation. The palace of the Louvre, so much famed, is not to be named in the same day with it. The rooms are well ordered, and high roofed, gorgeously set out with the curiosities of the painter. In some of the chambers they shewed us some poeticall fictions expressed by the pencil in the windows and on the wainscot, and seemed to glory much in them. I confesse they might have plentifully possessed my fancy, had I not seen the window of Gerrambury gallery, belonging to the Right Honorable Francis, Viscount St. Albans; a window in which all the Fables of Ovids Metamorphosis are so naturally and lively dissembled, that is ever art went beyond itself, it was in that admirable expression.<lb/>Let us now take a view of the water-works, and here we shall see in the first water-house, which is a stately large walk vaulted over head, the effigies of a dragon, just against the entrance; an unquiet beast that vomiteth on all that come nigh it. At The end toward the right hand is the statua of a nymph sitting before a paire of organs. Upon the loosing of one of the pipes, the nymphs fingers began to manage the keyes, and brought the instrument to yield such a musick, that if it were not that of an organ, it was as like is coule be, and not be the same. Unto the division of her fingers, her head kept a porpotionable time; joiting from one shoulder to the other, as I have have seen an old fidler at a wake. In the same proportion were the couterleits of all sorts of mils, weh before very eagerly discharged their functions: [p. 62] but upon the beginning of this harmony, they suddenly stood still, as if they had had ears to have heard it. At the other end towards the left hand, we saw a shop of smiths, another of joiners, and a backside full of sawyers and masons, all idle. Upon the first command of the water, thet all fell to their occupations, and plyed them justily; the birds everywhere tinging, and so saving the artificers the labour of a whistling. Besides, upon the drawing of a wooden courtain, there appeared unto us, two tritons riding on their dolphins, and each of them with a shell in his hand, which interchangeably and in turns served them instead of trumpets. A very happy decorum, and truly poeticall.<lb/>Caeruleum tritons vocat, conchaque sonanti<lb/>Inspirare jubet,<lb/>As Ovid of him.<lb/>Afterward followes Neptune himself, sitting in his chariot, drawn with four torroyses, and grasping his tricuspis or three scepter in his hand: the water under them representing all this wile, a sea somewhat troubled. 36 steps from the front of the house we descended into this waterhouse; and by 60 more we descended into a second of the same fashion, but not of an equall length with the other. At the right hand of this, is the whole story of Perseus, Andromeda and the whale lively acted; the whale being killed, and the lady unloosed from the rock very perfectly. But withall, it was so cunningly managed, and that with such a mutuall change of fortune, on the parties of both the combatants, that one who had no known the fable, would have been affraid that the knight would have lost the victory, and the lady her life. At the other end there was shown unto us,<lb/>Orpheus in sylvis postus, sylvaque sequentes.<lb/>There appeared unto us the resemblance of Orpheus, playing on a treble vial, the trees moving with the force of the [p. 63] musick, and the wilde beasts dancing in two rings about him. An invention which could not but cost K. Henry a great sum of money; one only string of the sidle being by mischance broken, having coste King Lewis his son 1500 livres. Upon the opening of a double-leaved door, there were exhibited to us divers representations and conceits, which certainly might have been more gracefull, if they had not so much in them of the puppet play. By some steps more we descended into the garden, and by as many more into a green, which opened into the waterside; in which the goodliest flower and most pleasing to my eyes, and the statua of an horse in brasse, of that bignesse, that I and one of my companions could stand in the neck of him. Bat dismounting from this horse, we mounted our own, and so took our leaves of St. Germain.  »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13025_actor">Heylyn, Peter </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Peter Heylyn, A survey of the estate of France and of some of the adjoyning ilands, taken in the description of the principal cities, and chief provinces, Londres, Henry Seul, 1656, p. 60-63.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1022193/f109.image</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Hieronymus Welsch des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">19</unitid>
            <unitdate normal="1658/1658" encodinganalog="3.1.3">1658</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_13758_actor">Welsch, Hieronymus</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Conseiller de la Chambre des pensions du Wurtemberg, Chamberlain et fonctionnaire de la Cour. Voyageur.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 338] S Germain en Laye, ist ein offen Orth. In dem gewaltigen Koniglichen alt und newen Schloß, alld a pflegt der Konig, sowol umb deß gesunden lieblichen Luffts, und seiner Bequemlichkeit willen, als auch, daß es nur 5 Stund von Paris gelegen, offimalen, sonderlich zu Winters-Zeiten, zu residiren ; das alte hat Konig Carl 5 und Franciscus I. das newe aber Henrich 4 erbawen lassen. Es hat in denselbigen, sonderlich un newen, vil schone gemahlte Zimmer, und Gallerien, Badstuben und Vogelhauser.<lb/>[p. 339] Die Wasserkunst ligt in der Grotten auff die s o. Staffel tieff unter der Erden, ist ohnaußsprechlich schon und kunstreich gemacht, dann da hort und sihet man im furnemsten Gewold den Orpheum hervor kommen, und musiciren, auch die Vogel lieblich singen, die ohuvernunfftige Thier kommen herben, und neigen sich die Baum, Item<lb/>Die zwolff himmlische Zeichen.<lb/>Das Paradeiß.<lb/>Die Holl.<lb/>Das Meer.<lb/>Ein Kriegs-Schiff.<lb/>Die vier Elementen.<lb/>Der Bacchus.<lb/>In einem audern Orth gegen uber ist ein Schiff, dar auff der Konig mit seinem Hofgesind, wie auch der Dauphin, so sambt einem Engel von Himmel herab steigt.<lb/>Das Schloß S. Germani.<lb/>In einem andern Gewolb wird geschen.<lb/>Der Neptunus. Ein Papier-Muhlen.<lb/>Zween Engel, so blasen.<lb/>Abermal in einem sondern Gewolb<lb/>Ein Jungfraw, so lieblich die Orgel schlagt.<lb/>Ein Drach, so sich auß dem Wasser erhebt, zu dem der Perseus hinunter kombt.<lb/>Sambt einem schwarken Lisch in der Mitten, darbey allerley Wasserwerck zu schen.<lb/>Noch in einem absonderlichen Orth.<lb/>Sihet man auch einen Drachen, so gar vil Wasser fasst, und umb sich außwirfft, man horet die Nachtigal singen, den Guguck schreyen, und vil anders.<lb/>Es seyn alle dise Gewolber von wunderlichen Steinen, Meer-Gewachsen, Schnecken, Muscheln, Perlenmutter, une dergleichen seltzamen Sachen auff das allerkunstlichste und zierlichste angefullet.<lb/>[p. 340] Wie ich nun etlich malen die Wacht an disem Orth gehabt, so hab ich auch solches manchmalen (wann man ohne das frembde Herren das hin gefuhrt) ohne Kosten schen moden.<lb/>Ich habe gleicher gestalten (als oben vermeldt) allhier geschen, wie der Konig die Leut, so bose Geschwar am Hals haben, so etliche Kropff, andere aber den Außsatz nennen, geheilt, une ein ander mal, wie er seine Mußqueton in die drey Stund lang selbsten exercirt, aber so artig und kunstlich, daß die gemeine Kriegs Exercitia gar fur nichts dargegen zu achten seyn. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13758_actor">Welsch, Hieronymus </persname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Hieronymus Welsch, Warhafftige Reiss-Beschreibung auss eigener Erfahrung von Teutschland, Croatien, Italien, denen Insuln Sicilia, Maltha, Sardinia, Corsica, Majorca, Minorca, Ivica und Formentera, dessgleichen von Barbaria, Egypten, Arabien und dem gelobten Lande ; wie auch von Hispanien, Franckreich, Niderland, Lothringen, Burgund und andern Orthen, und was sich hin und her, sowol zu land, als auch bey unterschidlichen gefahrlichen Schiff-fahrten, auff dem Hadriatischen und Mediterraneischen Meer, in Galleonen, Vassellen, Galleen, Fregaten, Falucken, und dergleichen Schiffen, Nivh weniger bey denen wunderbahren brennenden Bergen als dem Vesuvio bey Neaples, la Sol fatara bey Puzzuolo, dem Stromboli und Vulcano, mitten im Meer nahend bey, wie auch dem Montgibello (sonsten Aethna genant) in Sicilia gelegen, So dann in den frantzösisch-, spannisch-, niderländisch-, und andern Kriegen, bey Scharmützeln, Belägerungen und Haupt-Schlachten begeben und zugetragen etc., Auff der eilffjährigen Reise Hieronymi Welschen, Stuttgart, Johann Weyrich Rosslin, 1658, p. 338-340</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Michele Angelo Mariani des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">20</unitid>
            <unitdate normal="1660/1663" encodinganalog="3.1.3">1660-1663</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        « [p. 133] E S. Germano un Luogo per natura, e per arte amenissimo, e tutto delicioso. Egli é à quattro leghe da Parigi tra i confini della Normandia situato sopra una Collinetta, cui bagna il piede il Fiume Senna, e fanno spalleggio altri fertili monticelli. Qui S. M. tiene due Castelli : l’uno detto il vecchio, e l’altro il novo. Il Vecchio fu edificato dal Rè Francesco primo, &amp; è commodissimo d’habitationi ; al presente pero non serve, che per alloggiar Prencipi, Ministri, &amp; Officiali regii ; e per dirui Messa il Ré in una ricca, e sontuosa Capella, che vi si vede.<lb/>Il novo non è in tutto cosi commodo, ne cosi capace ; mà di vaghezza, e di prospettiva è senza paragone.<lb/>Giace questo sopra l’eminenza del Colle verso matina, tenendo in faccia giardini bellissimi in quadro arricchiti di statue, e di fontane, quali, pero, per essersi alquanto dissipate, si vanno a quest. hora riparando. Più a basso si scorgono deliciosi prati, e luoghi pientati di densi ormi, che servono, come di piccioli Parchi per ritiraruisi all’ombra. A sinistra del Castello verso tramontana sta contiguo il gran Parco con pafleggi del tutto nobili, distinti mirabilmente da spalliere d’alberi, dietro ; i quali inoltrandosi si perviene in una gran Selva tutta cinta di muro, qual serve di ricetto ad una quantita di Cervi, Cingiali, Daini, e Caprioli.<lb/>[p. 134] Nel bel mezzo della Foresta sta situato un Convento, e Chiesa de’ P.P. Agostiniani Scalzi, quali godono di regnar in quella Solitudine con servir Dio.<lb/>Stando dunque nella loggia, o Galeria di questo Castello tra una vaga prospettiva di paesi, e di pianure irrigata per lo piu dal Fiume Senna, che con tortuosi giri le vascorrendo, vedesi forgere a man destra vero Parigi un Colle assai alto, e riguardevole per la naturalezza del sito, nia molto piu per i luogi, che porta di devotione. Questo è il monte Tartaro hora detto Calvario, sù la di cui sommita sta costrutta una Chiesa in honore di S. Croce con un Convento di Religiosi che vi officiano. »    </physdesc>
            <note type="generalNote">
              <p>Michele Angelo Mariani séjourna en France entre 1660 et 1663.</p>
            </note>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_13947_actor">Mariani, Michele Angelo</persname>
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          </did>
          <bioghist id="md5-4aab88d7023273a8fb51e0b0a9776649" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Vénitien, secrétaire d’ambassade.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13947_actor">Mariani, Michele Angelo </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Michele Angelo Mariani, Il Più curioso e memorabile della Francia, di Michel Angelo Mariani, all’Illustrissimo, &amp; Eccellentissimo Signor Cavalier Antonio Grimani, procurator di S. Marco, con il sommario degli avvenimenti e l’indice delle crose notabili, Venise, Gio. Giacomo Hertz, 1673, p. 133-134</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Edward Browne de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">21</unitid>
            <unitdate normal="1664/1664" encodinganalog="3.1.3">2 juin 1664</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_14270_actor">Browne, Edward</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Médecin et voyageur.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« We dined at Rueil and in the afternoon we cross’d the Seine twice and came to St. Germaines. Wee entred a great Court Yard and left a Chasteau well ditchd on the left hand, and a Teniscourt on the right (this is the Kings house), wee went forward to the house, of which the front is supported with noble round pillers.<lb/>Here was no Entrance for us and we despairing to get in, by great fortune there came two Capucins, under whose conduct wee saw the house. The Hangings were taken downe, but the roomes were nobly guilt and Painted, the roofe especially. Of two Galleries the one [was] hang’d with very rarey painted pieces and the other with the Mapps of great Cities. Out of these Galleries you have the noblest Prospect hereabouts. We went out on the other side of the house and so descended by those three stately cloisters,  which stand one above another, supported with vast Pillers, and made pleasant with waters workes, and makes a noble showe a great way before you come at the house. Afterwards you descend into a Garden, and so lower into a Medow, till you come at the Water side from whence the house stands a great height, and is seen all about the Coutrey. Wee lodged this night at Le Pec a little town by the river sid and [vide]. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14270_actor">Browne, Edward </persname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Edward Browne, Journal of a Visit to Paris in the Year 1664, éd. Geoffrey Keynes, Londres, John Murray, 1923, p. 20</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Sebastiano Locatelli de sa visite au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">22</unitid>
            <unitdate normal="1664/1665" encodinganalog="3.1.3">novembre 1664-mai 1665</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            <note type="generalNote">
              <p>Sebastiano Locatelli, membre d’une riche famille de Bologne, arriva en France en juin 1664 et repartit de Paris pour l’Italie en avril 1665. La date de son séjour à Saint-Germain, entre novembre 1664 et mai 1665, n’est pas connue avec précision.</p>
            </note>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_11385_actor">Locatelli, Sebastiano</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-c6d7d556149a33d5bc98fe959030d16c" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Prêtre italien.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 169] Devant aller à Saint-Germain où était la Cour, je priai le Seigneur Abbé Louis Vigarani, chanoine de la cathédrale de Reggio en Lombardie et frère du Seigneur Charles, grand architecte de Sa Majesté, qui logeait à la Cour, d'avoir la bonté de m'accompagner, afin qu'il me fût plus facile de voir toutes les beautés du château et surtout du jardin de Sa Majesté. Il y consentit ; nous arrivâmes à Saint-Germain vers les vingt-deux heures, car nous étions partis tard et à pied, et il fallut bien trotter. Dès les premiers moments, nous sentîmes le parfait accord de nos caractères : aussi causâmes-nous toujours, et fîmes-nous avec plaisir et sans nous en apercevoir cette route de cinq lieues bien longues, tantôt en plaine, tantôt entre de petites collines délicieuses.<lb/>Saint-Germain-en-Laye est une fort belle petite ville à cinq [p. 170] lieues de Paris. Charles V et François Ier, attirés par les belles chasses des environs, firent reconstruire le château, et entourer la vaste forêt d’une chaîne de fer pour empêcher les bestiaux d'y pénétrer. Dans un coin de cette forêt se voit encore une grande table de marbre d’un seul morceau, près de laquelle on complota autrefois de trahir le Roi ; c'est là l'origine du nom de cette partie de la forêt. Louis XIII ajouta au château un très bel appartement accompagné de six galeries et de deux grandes ailes avec des portiques, pour servir de quartier aux gardes pendant le séjour de la Cour qui passe à Saint-Germain environ trois mois par an pour jouir du bon air. Ce que<lb/>je trouve de plus beau est le jardin. Nous demandâmes au concierge, M. de Queri, à le voir; mais comme le Roi s'y trouvait, il répondit qu'il ne savait comment faire pour nous le montrer, si nous n'avions le courage de revenir chez lui au point du jour, avant que personne de la Cour ne fût éveillé. Il fut entendu avec lui que nous viendrions à cette heure.<lb/>Étant logés au château, nous arrivâmes le lendemain plus tôt même qu'il n'aurait voulu, car il dut se lever pour nous introduire. Je parlerai des choses principales, et laisserai à l'imagination du lecteur le soin de se faire, d'après le peu [p. 171] que je dirai, une idée digne de ce jardin, le plus beau et le plus délicieux de tous ceux de ce genre appartenant à Sa Majesté. À un bon demi-mille du palais se trouvent cinq grottes souterraines renfermant diverses figures mises en mouvement par l'eau, et des oiseaux artificiels que le vent fait chanter Dans la première grotte, Orphée, en jouant de la lyre (mais toujours sur la même corde), fait sortir des animaux sauvages de toute espèce qui s'arrêtent autour de lui en poussant chacun son cri particulier. Les arbres, dont les rameaux forment comme un dais au-dessus de ces figures merveilleuses, s'inclinent en passant devant le Dieu ; puis vient le Roi tenant le Dauphin par la main, et tous les personnages s'inclinent devant Sa Majesté. Dans la seconde, une bergère chante par un fort bel artifice, en s'accompagnant de divers instruments, pendant que de nombreux oiseaux font entendre leur ramage accoutumé ; un rossignol de bois s'envole ensuite sur un arbre, et chante en battant des ailes et en ouvrant le bec si gracieusement qu'on le dirait vivant. Dans la troisième, on voit Persée frapper un monstre marin de son épée et délivrer Andromède ; les Tritons soufflent à grand bruit dans leurs conques, placent les amants sur deux chevaux marins et les emmènent. Dans la dernière, un dragon vomit des torrents d'eau en agitant la tête et les ailes ; Vulcain et Vénus se promènent sur cette eau dans une coquille argentée. Derrière cette grotte, il y en a une autre si fraîche en été qu’on y gèlerait, je crois, si on y restait une heure entière ; nous nous y arrêtâmes le temps [p. 172] d'un miséréré sans pouvoir supporter la rigueur du froid. Après nous avoir montré les grottes, et fait marcher devant nous toutes ces merveilles à l'aide de clés et de manœuvres secrètes, le valet du jardinier nous quitta. Le Seigneur Charles, bien qu'étant de la Cour, lui donna un franc.<lb/>En revenant par des galeries couvertes de verdure au moment où le soleil se levait, nous trouvâmes sous une tonnelle de laurier Mademoiselle de la Vallière la plus spirituelle de toutes les dames de Paris et devenue, grâce à son esprit, la favorite du Roi. Elle était en compagnie de quelques demoiselles et de cavaliers, occupée à se coiffer. A notre vue, elle resta aussi étonnée que nous, car elle croyait n'être surprise par personne, et attendait son Roi qui n'était pas loin. En nous apercevant, Sa Majesté qui se trouvait avec le Maréchal de [p. 173] Grammont, nous fit de la main signe de venir. Aussitôt l’Abbé, devenu plus pâle encore que moi, alla bien vite se jeter à ses pieds. Après avoir plié devant lui le genou suivant l'usage et baisé le bord de son bas, il se leva sur un signe de Sa Majesté, qui lui demanda comment il se trouvait là et qui était avec lui. Sa réponse entendue, le Roi me fit signe de venir aussi ; je m'approchai aussitôt, et après avoir imité mon compagnon que j’avais observé attentivement, je répondis de mon mieux en français aux questions de Sa Majesté. C'est en cette langue que je devrais rapporter notre dialogue, mais comme je ne pourrais y réussir, je l’écrirai en italien.<lb/>Le Roi. – D’où êtes-vous, Monsieur ?<lb/>Sébastien Locatelli. – De Bologne, pour servir Votre Majesté.<lb/>Le Roi. – Vous êtes d’un méchant pays.<lb/>S. L. – Comment ? Bologne n'est donc pas la mère des études, le palais des religieux, la patrie de nombreux saints, parmi lesquels on adore le corps incorruptible de sainte Catherine (à ce nom, Sa Majesté ôta son chapeau), aux pieds de laquelle Catherine de Médicis, Reine de France, déposa la couronne et le sceptre de son royaume ?<lb/>Le Roi. – C'est une chose difficile que vous entreprenez en voulant défendre un pays où les hommes sont les bouchers des autres hommes.<lb/>[p. 174] A ces mots, je restai muet et le visage couvert de rougeur. Le Roi nous tourna le dos en riant gracieusement. Ainsi congédiés, nous allâmes à la petite porte par laquelle nous étions entrés. Le concierge pensa mourir de chagrin en apprenant notre aventure. Il lui était expressément défendu de laisser entrer personne, afin que la Reine ne se doutât pas de la présence de sa rivale qui logeait chez lui ; aussi craignait-il une punition sévère ; mais le Roi ne dit rien, à notre connaissance du moins. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_11385_actor">Locatelli, Sebastiano </persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <subject>Loisirs et promenades</subject>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Sebastiano Locatelli, Voyage de France, mœurs et coutumes françaises (1664-1665), éd. Adolphe Vautier, Paris, Alphonse Picard et fils, 1905, p. 169-174.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k103104t/f240.image</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la venue de Bernin à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">23</unitid>
            <unitdate normal="1665/1665" encodinganalog="3.1.3">4 juin 1665</unitdate>
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              <persname id="atom_11348_actor">Fréart de Chantelou, Paul</persname>
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              <p>Collectionneur d'art.</p>
            </note>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 15] M. Colbert est venu le lendemain, jour de la Fête-Dieu, prendre le Cavalier, comme il l'avait dit. Les seigneurs Paule et Mathie, l'abbé Butti et moi sommes entrés dans son carrosse. Il y avait un carrosse de la suite du Roi pour les gens du Cavalier. L’on est arrivé à Saint-Germain à neuf heures du matin. M. Colbert a été descendre chez lui, au vieux château, et y a été quelque temps avec le Cavalier, puis il l'a mené au château neuf, où est le logement de S. M. et des Reines. En entrant dans l'antichambre, l'on a appris que le Roi n'était pas encore habillé. M. Colbert est entré dans la chambre, et, après en être ressorti, il nous a fait faire le tour et a mené le Cavalier dans le cabinet de S. M., où étaient MM. les maréchaux de Gramont, du Plessis et autres personnes de haute qualité. Là, il s'est entretenu avec eux. Le Roi étant tout habillé, M. Colbert a fait entrer le Cavalier dans la chambre, et lui a fait saluer S. M., qui s'était mise à la croisée d'une fenêtre, avec le premier gentilhomme de sa chambre et le maître de la garde-robe. Le maréchal de Gramont y était aussi. Le Cavalier a fait son compliment au Roi  avec une honnête hardiesse, et a dit à S. M., comme il avait fait à M. Colbert, les sujets qui l'avaient principalement engagé de venir en France. Après, venant au sujet du bâtiment du Louvre : « J'ai vu, Sire, a-t-il dit à S. M., les palais des empereurs et des papes, ceux des princes souverains qui se sont trouvés sur la route de Rome à Paris, mais il faut faire pour un roi de France, un roi d'aujourd'hui, de plus grandes et magnifiques choses que tout cela. » Puis, se tournant vers ceux qui faisaient cercle autour du Roi, il a ajouté : « Qu'on ne me parle de rien qui soit petit. » A cela, le Roi a pris la parole et a dit qu'il avait quelque affection de conserver ce qu’avaient fait ses prédécesseurs, mais que si pourtant l'on ne pouvait rien faire de [p. 16] grand sans abattre leur ouvrage, qu'il le lui abandonnait ; que pour l'argent il ne l'épargnerait pas. S. M. ensuite lui a fait toute sorte de bon accueil. Puis M. Colbert l'a ramené au vieux château. L'on avait tendu dans les cours les tapisseries de la couronne pour la procession du Saint-Sacrement (car c'était le jour de la Fête-Dieu) celle des Actes des Apôtres, les Triomphes de Scipion et les autres du dessin de Jules Romain. Après que le Cavalier les a eu considérées et trouvées fort belles, il m'a prié de le mener à la chapelle, où il est demeuré longtemps en prière, et, après la cérémonie, il a diné au chambellan avec M. Colbert et nous autres aussi. Il s'est, au sortir de table, allé reposer à la mode d'Italie, dans l'appartement de M. de Bellefonds. Sur le soir, M. Colbert l’aramené à Paris. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_11348_actor">Fréart de Chantelou, Paul </persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <geogname>Château-Neuf (appartement du roi)</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Paul Fréart de Chantelou, Journal du voyage du cavalier Bernin en France, éd. Ludovic Lalanne, Paris, Gazette des Beaux-Arts, 1885, p. 15-16.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35006v/f18.image</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Johannes Pakenius des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">24</unitid>
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              <persname id="atom_13935_actor">Pakenius, Johannes</persname>
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            <note>
              <p>Né à Boslar, duché de Juliers.<lb/>Accompagna le prince palatin Jean Guillaume dans ses voyages.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Necdum abibamus Urbe ; et tamen abibamus qot hebdomadis in viciniam, Regiis Ducalibusq ; aedificiis circum septam. Nunc ad S. Germanum oppidum ab arce Regoa, salubri aere et amoeno in monte situ juxta Sequanam nobile. Fundator arcis Carolus V. Franciscus I restaurator : Henricus IV augmentator. Fabrica ex latere cocto passim F.F.F.F. signata : conclavia sexaginta tria. Porticus symbolo Henrici IV conscripta, duo protegit unus, unus scilicet Henricus duo Regna Gall. et Nav. Regium ad portam sacellum : area ovalis : hanc prope duorum milliarum vivarium. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13935_actor">Pakenius, Johannes </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Johannes Pakenius, Hercules Prodicius , seu Carolus Juliae, Cliviae ac Montium princeps in Joanne Wilhelmo comite Palatino Rheni nepote post saeculum redivivus, Coloniae Agrippinae, Pierre Alstorff, 1675, p. 115.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102088h/f131.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description dans Les délices de la France des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">25</unitid>
            <unitdate normal="1685/1685" encodinganalog="3.1.3">1685</unitdate>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 356] S. Germain<lb/>Je ne prétends pas mettre icy, ny qui est le fondateur de ce lieu de plaisance, ny le motif qui a obligé Charles V, dit le Sage, qui a esté le I qui y a bâti, de faire icy une si superbe maison ; mon dessein n’est autre que de faire en peu de mots la description d’un si beau palais. Je dis donc en I lieu, qu’on conte jusques à 63 chambres dans ses corps de logis, dont les ornemens et les meubles surpassent tout ce que Rome pourroit avoir de plus superbe et de plus riche dans ses maisons. Il y a un jeu de mail, le long duquel sont des pavillons quarrés faits exprès pour la commodité des joueurs et des assistans, et on voit au dessus les grôtes et l’endroit où l’on tient les bêtes rares et curieuses. Il y a un quartier de ce beau bâtiment, fait par Henry IV, dans lequel il y a une gallerie avec cet emblème : Duo protegit unus ; c’est à dire, qu’un seul roy gouverne deux royaumes ; sçavoir celuy de France et de Navarre. On voit sur la porte le château de Fontaine Belle-eau, et à côté les villes qui suivent Hux, Veniez, Prague, Namur, Mantoue, Adem en Arabie, Compiègne, Sion en Suisse, Moly, Tingis, Stafin en Afrique, Terracine, Ormus en Perse, Bellitri, Werderberg en Westphalie, Nimegue avec cette inscription, ville du fondateur de l’Empire : parce que Charlemagne la fit impériale, Passauv, Mastricht, Thessala ou Tempe et Florence. Deux beaux degrés de pierre de taille d’une structure admirable, servent à cette [p. 357] illustre maison pour voir ses riches appartemens, et pour descendre dans les plus beaux jardins qui soient en Europe. La I chose qui se présente à la veue, à côté de la maison, est un bois taillis, au milieu duquel il y a une grande table, laquelle est cause qu’on appelle ce même bois, le bois de trahison : parce qu’on convint de l’exécuter en ce lieu. La 2 chose qui mérite d’être veue, ce sont les grôtes, que j’estime les plus belles qu’on puisse jamais voir ; quoy qu’en disent les Italiens, et Messieurs du Bruxelles, et qui sans contredit passent pour telles dans le sentiment des étrangers. Vous devés sçavoir qu’il y en a de deux sortes, les unes qui sont sèches, et les autres qui sont humides ; pour ce qui regarde les premières, je n’en diray rien, parce qu’elles ne servent qu’à donner du frais en esté : mais je m’attacheray aux dernières comme étant admirables. Voicy ce qu’il y a de plus rare et de plus merveilleux. La I de ces grôtes a un dragon qui hause la queue et remue ses ailes, vomissant de l’eau en abondance, tandis que les rossignols et les cocus artificiels, qui sont à l’entour, font entendre leurs fredons et leurs ramages avec une mélodie admirable. On voit aussi à costé deux statues de marbre noir, qui sont très agréables, lesquelles jettent aussi une grande quantité d’eau.<lb/>La 2 fait voir un serpent sur la porte qui jette de l’eau, et beaucoup de rossignols aux environs qui gazouillent à ravir : mais surtout une belle fille qui joue admirablement bien des orgues, et qui cependant tourne les yeux d’un côté et d’autre avec tant d’agréement que les assistans [p. 358] ont de la peine de discerner, si c’est un effet de la nature ou de l’art. Il y a une belle table de marbre noir, du milieu de laquelle sort un tuyau qui jette de l’eau de plusieurs façons et en diverses figures. C’est icy où l’on voit beaucoup d’autres curiosités merveilleuses dont je ne fais pas de mention, pour faire remarquer une table de beau marbre de diverses couleurs, qui est près de la fenêtre, les miriors, les coquillages, &amp;c mais surtout un dauphin très bien représenté, lesquelles choses sont toutes admirables. Je prie le curieux de prendre garde à soy quand il entrera icy ; parce qu’autrement il pourroit y être attrapé.<lb/>La 3 expose un Neptune avec un globe couronné, lequel est porté par les eaux, dont les goûtes représentent les Perles et les Diamants. Il y a aussi la fournaise de Vulcain, des moulins à papier, des rossignols qui fredonnent, deux anges à côté qui jouent de la trompette, et qui ouvrent la porte du côté où leur trompette résonne, et un Neptune armé de son trident, assis sur un char de trionfe, tiré par deux chevaux blancs, qui sort d’une caverne, lequel après s’être un peu arrêté, rebrousse chemin, et r’entre dans le même endroit d’où il est sorty, faisant entendre un bruit extraordinaire de trompettes et de cors. Il y a encore un banc qui semble être mis expressément en ce lieu pour ceux qui veulent se reposer : mais ce n’est que pour attraper les personnes, et afin de les faire bien mouiller quand ils ne sçavent pas conduire le clou qui est au dessous : que si on a cette adresse, on se préserve : [p. 359] mais aussi on verra à même temps que le pavé donnera mille petits jets d’eau qui sont imperceptibles, et lesquels mouillent les assistans dans un moment.<lb/>La 4 (qui est sans contredit la plus belle de toutes) a une entrée tout à fait difficile ; parce qu’un regorgement d’eau en interdit le passage quand on n’y met pas ordre. On n’y est pas si-tost entré, qu’on y voit paroître un Orphée jouant de sa lire et remuant sa tête et son corps, selon la cadence de son instrument, lequel ravit en admiration tous les assistans : mais ce qui est encore plus surprenant c’est de voir un assemblage de toute sorte de bêtes qui le suivent, enchantées des doux accords de sa lire, et une infinité d’oyseaux, qui chantent ; des rochers, des arbres et des plantes qui s’inclinent devant luy pour luy marquer son respect. On y voit encore les 12 figures du Zodiaque qui roulent et font leur cours avec une armonie merveilleuse. Il y a en outre un Bachus, qui est assis sur son throne, tenant un verre en main, et on y a enfin si bien représenté le Paradis, l’Enfer, la mer, des navires de guerre, les IV éléments, le château de St. Germain, le roy, les princes et sa cour qui voguent d’un autre côté sur l’eau, qu’il est impossible de le croire. Mr. le Dauphin paroît aussi avec des Anges qui decendent du Ciel. Cet ouvrage est si bien fait, qu’on l’estime un miracle de l’art. On y remarque encore un Neptune, un Mercure, un Jupiter, et beaucoup d’autres belles choses qui surpassent infiniment l’attente et la croiance des hommes : on y voit surtout la [p. 360] représentation des 4 vertus cardinales, de marbre blanc, qui ont appartenu autrefois aux PP. jesuistes. Enfin il y a une chose remarquable dans ce lieu, c’est que tout y est miraculeux et capable de ravir toute la nature : de quoy il ne faut pas s’estonner ; puisque c’est une maison destinée pour les délices du plus grand roy de l’Europe, sans en excepter pas un. Je me souviens qu’il y a près de cette belle maison un bois dont j’ai desjà parlé, qui s’appelle le bois de la trahison, au milieu duquel il y a un chemin, dont les arbres d’un côté s’enfoncent dans l’eau comme une pièce de fer quand on la jette dans la Seine, tandis que les autres qu’on a pris de l’autre côté du chemin nagent comme du liège sur l’eau, ce qui est un prodige étonnant. On dit bien davantage, que les arbres ne reviennent jamais plus quand on les a une fois coupés, par une espère de malédiction, à cause que Ganellon sieur de Hauteville, dont le nom est odieux à toute la France, convint icy avec ses détestables associés, de faire mourir les Messieurs d’Ardennes, et les ducs et pairs du royaume : ce qu’ils exécutèrent cruellement du temps de Charles-magne lequel les fit brûler dans ce même lieu. »</p>
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            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Les délices de la France, ou description des provinces et villes capitalles d’icelle, comme aussi la description des châteaux et maisons royalles, plus celle des nouvelles conquêtes, avec leurs figures au naturel, Leyde, Jaques Moukee, 1685, p. 356-360</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention par Pierre Duval de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1691/1691" encodinganalog="3.1.3">1691</unitdate>
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              <persname id="atom_14299_actor">Duval, Pierre</persname>
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          </did>
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            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Das meiste von Louvre is von Anno 1595. vom König Heinrich dem IV. ausgebauet worden. S. Germain / nicht weit von Paris ist ein herzliches Lufthauss von König Carl dem V. gebauet und von Francisco I. prächtig zugerichtet / hat in die 63. föstliche [sic pour festliche] Zimmer / und auserlesene Krotten und Kunsthölen [sic pour Kunsthöhle]. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14299_actor">Duval, Pierre </persname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Pierre Duval, Geographia universalis, Londres, Thomas Newborough, 1691, t. 2, p. 72 </p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Giovanni Francesco Gemelli Careri de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <persname id="atom_14199_actor">Gemelli Careri, Giovanni Francesco</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Grand voyageur, il a fait le tour du monde de 1693 à 1698.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 259] Dopo di che, in compagnia d’alquanti gentiluomini forestieri, mi feci sino a S. Germano de la Haye, non guari quindi discosto. Egli si è un castello, situato sopra una vaga, e verdeggiante collina, a destra della Senna, già per lungo spazio di tempo abitazion Regia, siccome di presente è Versaglia. In questo luogo Anna d’Inghilterra, moglie del Re Carlo VIII, nel 1496, diede un bellissimo podere a S. Francesco di Paola, allora venuto d’Italia, affinche un Convento sotto la sua regola vi fondasse ; il quale, benche a’ di nostri veggasi fuor d’ogni estimazione adorno, spezialmente sul fatto della pittura ; non rimane perciò [p. 260] di spirar da per tutto santità, e divozione. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14199_actor">Gemelli Careri, Giovanni Francesco </persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Giovanni Francesco Gemelli Careri, Viaggi per Europa del dottor D. Gio. Francesco Gemelli Careri, divisati in varie lettere familiari, scritte al sig. Consigl. Amato Danio, Naples, Giuseppe Roselli, 1701, p. 259-260.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k840269p/f289.image
<lb/></p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Niccolò Madrisio de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <p>Lettré et voyageur italien originaire d'Udine.</p>
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          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 324] Il luogo insigne per le fasce di Lodovico Decimo quarto è San Germano detto in Laja dalla vicinanza d’una selva di questo nome, principiato gia da Carlo Quinto, proseguito poi dagl’Inglesi, che ne furono qualche tempo Padroni, posto tra Parigi, d’onde è discosto qualche dodici miglia, e Poissi picciola città natalizia di San Luigi, e famosa per la conferenza seguita tra i Cattolici, e i Protestanti di Francia alla presenza di Carlo Nono, e di Catterina de’ Medici all’ora Reggente ne’ primi torbidi, che successer colà della Religione. A riguardo dell’onore, che ha avuto il Castello di San Germano di veder nascer Lodovico XIV, vi si recita ogn’anno li 5 Settembre nella Regia Capella un Panegirico in lode di Sua Maestà, de’quali se n’avra una seria omai di settanta, non essendo, come ben si può credere, tutti d’ugual bellezza, ne tutti corrispondenti al grand’ argomento, che trattano. Francesco Primo, che si dilettava oltra modo di caccie, ristabili in grazia delle medesime con qualche mutazione il vecchio Castello qual ora si vede girar attorno il Cortile in forma della lettera D, figura, ch’egli li fece dare per alluder al nom d’una Dama da lui amata, il quale principiava in tal lettera. Il nuovo Palagio fu fatto fabbricar [p. 325] da Enrico Quarto ; le sei Galerie, le numerose scale, le grotte sotterranee, i compartimenti del Giardino, o più tosto de’ vari Giardini, che s’incontrano nella discesa da quell’erto Colle sono opera di Lodovico Decimo Terzo, al che tutto il Monarca presente ha dati poi quegli ultimi delicati abbellimenti, c’han reso altre volte San Germano il più celebre di tutti i luoghi Reali. La Natura vi ha contribuito tutto per far il sito amenissimo, la vista aggradevole, e piena di tutti gl’immaginabili privilegi. In un gran tratto di paese, che di piena vaghezza si domina da quell’altezza veramente straordinaria, vi si scopre assai bene così lontano, ch’egl’è, lo stesso Parigi. Ciascuno de’ Giardini, e delle grotte accennate teneva già qualche giuoco curioso d’acqua con varie figure, che si moveano, le quali all’ora faceano una gran parte di queste delizie. Nella grotta, che ancora porta il nome da lui, v’era un’ Orfeo, che nell aprirsi dell’acqua suonava delicatamente la lira accorrendo da vari siti molte sorti d’animali ad udirlo : Diverse altre statue rappresentanti il Re, il Delfino, et la Corte s movevano a veder lo spettacolo, e gli arbori si piegavano alla loro comparsa. Vi era in altra Grotta un Perseo, che volava per aria a liberar Andromeda, ed un Dragone levatosi dibatteva strepitosamente le ali vomitando dalla bocca un gran fonte, attorno il quale molti Rosignoli, e Canarini disposti negli alberi facean la melodia, ch’è lor propria. Sorpasserò [p. 326] un popolo d’altre figure minori che bello stesso tempo maneggiavano ogn’altra sorta di musicali strumenti, e rappresentavano tutti i mestieri dell’arti correndo une spesa si grande nel mantenimento di tante macchine, e giuochi, che dicono che rottasi una volta una corda al violino d’Orfeo non costasse a Lodovico XIII meno di 300 scudi il rimetterla. V’avean pure delle Grotte asciutte, che col mezzo di certo moto secreto dell’acque producevano un venticello freschissimo, il quale in oltre animava Organi, e simili strumenti pneumatici. V’eran molt’altri ingegnosi scherzi non men d’acqua, che d’aria, i quali seccatisi i fonti dopo che il Re ha fermate le sue applicazioni a Versaglie, si son tutti guastati, rimasi inselvatichiti i Giardini della discesa suddetta, e sepolte nell’erba tutte quelle logge, e quelle, altre volte si magnifiche scale in guisa che sono divenute impraticabili, e mettono una formal compassione. Quando io fui colà vi latrava in quelle Galerie una Mandra di cani, che il Re Giacomo d’Inghilterra vi tenea rinserrati per uso delle sue caccie. Il vecchio Castello solo serviva all’abitazione di questo Re, e della sua Corte, come pure per di lui servigio si teneva aggiustata, e culta l’unica parte del Giardino superiore in cima del Colle, e s’era anzi accresciuta di non peche bellezze. San Germano all’ora, ciò che differ gli Storici del Palagio di Teodofico, si potea chiamar un rigido Monastero, ed una vera scuola morale nel soggiorno di [p. 327] quest’ esule coronato, e dell’ incomparabil Maria d’Este sua Moglie non solo perchè rappresentava la maggio peripezia di fortuna, che si sia mai veduta ai di nostri, ma anco per le tante virtù Cristiane, ed Eroiche, nelle quali ambidue incessantemente s’impiegavano avendo destinato per ciascun giorno della settimana qualche particolar esercizio della loro esemplarissima Divozione. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14120_actor">Madrisio, Niccolò </persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Niccolò Madrisio, Viaggi per l'Italia, Francia e Germania, di Niccolò Madrisio, patrizio Udinese, descritti in versi con annotazioni copiose, ove si rischiarano passi importanti, s'inseriscono relazioni di città, di costumi di popoli, di Palagi, e Ville Regali, s'esaminano questioni filosofiche, geografiche ed istoriche, e si trattano argomenti di varia erudizione Sacra, e profana, Venise, G. G. Hertz, 1718, t. I, p. 324-327</p>
          </bibliography>
        </c>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires de Joachim Christoph Nemeitz sur les châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <persname id="atom_13940_actor">Nemeitz, Joachim Christoph</persname>
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              <p>Juriste allemand.</p>
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          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 562] Saint Germain, surnommé en Laie, n’est pas loin de Marli, c’est le château de plaisance où Louis XIV vit le premier jour de sa vie en l’an 1628. Le roi Charles V en fit jetter les premies fondemens l’an 1270. François I fit relever l’ancien bâtiment, et en fit [p. 563] construire de nouveaux, et Louis XIV a fait ajouter au vieux château 5 gros pavillons. Mais Henri IV a fait bâtir le Château neuf qui est sur la croupe de la Montagne, plus proche de la rivière. Il est environné d’un païsage fort divertissant et un peu élevé ; quoiqu’il soit bâti à l’antique, comme on le peut remarquer encore aux allées obscures et étroites, qui sont dans le château, et à la chapelle. Le toit est couvert en partie de plomb ; en partie de gros carreaux, en façon de platte forme, de sorte qu’on se peut promener là-dessus. Saint Germain fut ci-devant la résidence de feu le roi d’Angleterre Jacques II et de sa famille. Feue la reine douairière, son épouse, y a passé le reste de ses jours, et le prétendu prince de Galles, son fils, y a fait son séjour ordinaire, lorsqu’il étoit en France, savoir tant qu’on l’y reconnoissoit pour roi d’Angleterre. La dite reine demeuroit pour la plûpart du tems au couvent de Chaillot, qui n’en est pas loin, où elle faisoit sa dévotion, parce que le cœur de [p. 563] son mari est en dépôt dans cette église. Le corps du dit roi est couché dans un cercueil revêtu de velours noirs, et placé dans l’église du couvent aux bénédictins anglois au fauxbourg Saint Jâques à Paris, où la princesse sa fille repose dans un cercueil de la même façon, à coté de son père. Ce château de plaisance n’est pas trop spacieux, de sorte qu’on le peut parcourir en peu de tems. L’on y voit encore quelques chambres et apartemens, et dans le parc les fontaines et statues. Mais qu’on ne s’arrête pas longtemps dans les auberges qui sont aux environs de ce château, autrement cette race vous vuidera tout net, parce qu’ils sont affamez au gain, faute de pratique. D’ailleurs on peut bien voir ce château, avec celui de Marli et la Machine, en un seul voiage. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13940_actor">Nemeitz, Joachim Christoph </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Joachim Christoph Nemeitz, Séjour de Paris, c’est-à-dire instructions fidèles pour les voiageurs de condition, comment ils se doivent conduire, s’ils veulent faire un bon usage de leur tems et argent, durant leur séjour à Paris, comme aussi une description suffisante de la cour de France, du Parlement, de l’Université, des Académies et Bibliothèques, avec une liste des plus célèbres savans, artisans et autres choses remarquables qu’on trouve dans cette grande et fameuse ville, Leide, Jean van Abcoude, 1727, p. 562-564.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102148f/f608.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Georg von Fürst de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <persname id="atom_14207_actor">Fürst, Georg (von)</persname>
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              <p>Gentilhomme de Silésie ayant vécu au XVIIIe siècle.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 207] Zu einer andern Zeit ritten wir nach S. Germain en Laye, welches auch ein Königliches Lust Schloß ist, und 6 Meilen von Pariß lieget. Es sind allhier 2 Königliche Häuser, welche beide auf einem Berge erbauet seyn. Das alte ist ein groß Gebäude, so meistens von Ziegelsteinen aufgeführet. Es hat ein ovales Ansehen, und macht eine wunderliche Figur. In drei Ecken des Hoffes stehen hohe Thürme, in welchen man biß oben auf das Dach steigen kan. Auf dem Dache liegen grosse steinerne Platten, welche so geleget seyn, daß das Wasser darauf abschießt. Und auf den Seiten befinden sich schöne Seulen, welche das ganze Gebäude umgeben, und einen vortreflichen Altan machen. Man kan sich weit und breit darauf umsehen, und ein groß Stücke Landes [p. 208] betrachten. Gegen Mitternacht ist ein Lust-Garten welcher mit schönen Quartieren und Gängen ausgeziehret ist. Nächst daran stößt ein dicker Wald, oder Thier Garten, welcher etliche Meilen groß ist, und rings herum mit einer Mauer umgeben. Man nennet diesen Wald das Holz der Verrätherey. In einer Ecken stehet ein steinerner Tisch, daran ehemahls diejenigen gesessen, welche eine gro Verrätherey angerichtet, und sich deswegen einander verschworen haben. Von diesem Holße ist merkwürdig, daß es von der Zeit an teine Früchte getragen. Wenn man einen Ast von einem Baume abschneidet, so verdorret er, und bringt keine Blätter mehr hervor. Der Ast selbst zu Grunde, wie ein Stein, wo er in die vorbeyflüßende Seine geworffen wird. Man meynet, daß Gott dadurch feinen Zorn anzeige, welchen er gegen die Verräther gefasset, die an diesem Orte ihre Gottlosigkeit beschlossen haben. Das neue Hauß liegt ohngefehr 200. Schritte von dem alten, und ganz an der Ecke des Berges. Es ist zwar nicht so weitläufftig, hoch und groß, als das vorige, aber viel schöner, ordentlicher und künstlicher gebauet. Man kan aus einem Zimmer in das andere gehen. Das ganze Gebäude ist gleichsam in zwei Quartiere eingerheilet, eins vor den König, und das andere vor die Königin. Wie denn auch auf beyden Seiten die Zimmer einerley seyn. Bey diesem Berge ist ein schöner Platz zusehen wo auf beyden Seiten vortreffliche Grotten gemachet seyn. In der esten funden wir einen runten Tisch von schwarzen [p. 209] Marmor, welcher in der Mitten ein Röhrgen hatte. Auf daßelbe steckte der Kunst Meister unterschiedne Instrumente, durch welche das Wasser auf unterschiedne Weise sprunge. Insonderheit gefiel uns eine Art wohl, da das Wasser eine Gestalt vorstellete, als wenn man ein Kelch Glaß von dem schönsten Christall sähe An der Wand faß eine Nymphe, welche auf der Orgel schlug, und das Haupt darzu bewegte. Mercurius aber stund bey dem Fenster auf einem Fusse, und machte ein lustiges Stückgen mit seiner Trompete. Auf der andern Seite sahe man einen Guckug, welcher auf einem Baume saß, und seine Stimme so natürlich hören ließ, als wenn er lebendig wäre. In der andern Grotte wurden wir einen Drachen gewahr, welcher aus seiner Klufft hervor kam. Er schlug mit seinen Flügeln um sich, regte den Kopf, streckte ihn hoch in die Höhe, und spiehe viel Wasser von sich Um ihn befanden sich viel Vögel, welche ihre Stimmen erhuben, und eine angenehme Mufique machten. An der andern Seite stund ein großer Trog, welcher von Muscheln und Meersteinen sehr künstlich verfertiget war. Neptunus kam auf einem Wagen hinein gefahren, welcher von zwei Meerwundern aus einer Klufft gezogen wurde. Es regte sich alles, als wenn es lebendig wäre. Wie er sich nun in dem Troge mit seinem Wagen umgewendet hatte, so fuhr er wieder in seine Klufft hinunter. Von diesem Orte giengen wir auf einen andern Platz, wo wir ebenfalls schöne Grotten antraffen. In der ersten sahen wir auch einen grossen Trog, welcher [p. 210] mit Wasser ganz angefüllet war. Wie wir hinzukamen, so war nichts darinnen zu finden. Bald aber regte sich allmehlich ein großer Drache. Er kam aus dem Wasser hervor, breitete die Flügel aus, hub den Kopf in die Höhe, und verursachte ein wunderlich Geräusche. Endlich spiehe er viel Wasser von sich, daß wir uns kaum retiriren konten. Auf der andern Seite stund ein Berg, daran sich Wind und Wasser Mühlen befanden, die ordentlicher Weise herum giengen. Dabey sahe man allerley Handwercks Leute, welche anfiengen zu arbeiten, und sich an allen Orten bewegten. An dem äussersten Ende der Grotte saß Orpheus mit seiner Leyer und um ihn stunden viel Thiere und Vögel So bald er nun anfieng zu leyern, sogleich wurde auch alles rege, und sprung um ihn herum. In allen diesen Grotten muß man sich wohl in acht nehmen, wenn man nicht will bade naß werden. Denn ehe man sichs vermuthet, so springet das Wasser aus der Erden, aus den Wänden, und auch aus der Decke. Es ist lustig anzusehen, wenn es uns nur nicht selber betrifft. Hier hielt sich der König in Engelland, Jacob der II. auf, und beweinte mit seiner Gemahlin die grosse Thorheit, welche er in Engelland begangen. Sein Vater, Carl der I. vergriff sich an dem ersten Grund Gesetze und wollte aus eigner Macht dem Volcke Contributionen aufflegen. Darüber verlohr er sein Königreich, und auch seinen Kopff darzu. Hieran hätte sich sein Sohn spiegeln sollen, und desto behutsamer regieren. Allein er griff das andere Grund [p. 211] Gesetze an, und wolte neue Gesetze machen, ohne das Parlament darum zu befragen. Hierüber büßte er seine drey Kronen ein, und muß allhier das Gnaden Brod essen. Doch was können nicht die Papistischen Rathgeber anrichten, wenn sie einen Regenten überreden wollen, daß er wider alle Grund Gesetze handeln, und seine Evangelische Unterthanen mit Gewalt zum Pabstthum zwingen dürffe. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14207_actor">Fürst, Georg (von) </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Georg von Fürst, Curieuse Reisen durch Europa, in welcher allerhand Merckwürdigkeiten zufinden, nebst eine Vorrede vom rechten Gebrauche dieser Reisen begleitet von M. Christoph Sancken, Sorau, G. Hebold, 1739, p. 207-211.</p>
          </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires sur le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 26] St. Germains en Laye, wich is only three Miles from Marli, and to which you may drive when your Dinner is [p. 27] over, and if you arrive soon after Six, as you probably will, you may repair to this famed Terras, which is just by the Palace, and only a verry little Way from your Inn ; and there, for half an Hour, or ‘till you tire, you may tread the Walk which was many thousand Times trod over by our Countrymen, who followed the Fortunes of King James the Second. This Palace belongs to the Kings of France, and before Versailles and Marli were produced by Lewis the XIVth, was much reforted to by them, and kept in great Order, and on King James the Second’s leaving England, it was assigned for his Residence by Lewis le Grand, and King James and his Followers and Attendants, accordingly lived therein, and in the Town adjacent, for many Years ; but since his Decease, this Palace, tho’ a noble Structure, and a fine Situation, something like that of Windsor Castle, is growing into Decay ; and therefore the Terras is now the chief of what you’ll go to St. Germains for, except that it is convenient enough for you to lye at, so that you may next Morning in your Return back to Paris by the Way of St. Dennis, call and see. »</p>
          </scopecontent>
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            <subject>Loisirs et promenades</subject>
            <subject>Jacobites</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>A Five Weeks Tour to Paris, Versailles, Marli, &amp;c, shewing the different Charge attending One, Two, or Four Persons through this Tour ; and the most reasonable and pleasant Method of performing it, with an accurate Description of Paris and the neighbouring Palaces, Gardens, Water-Works, Paintings, &amp;c, The proper Days and Times for seeing them, Londres, T. Waller, 1750, p. 26-27</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par David Garrick de son passage à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <persname id="atom_13010_actor">Garrick, David</persname>
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          </did>
          <bioghist id="md5-f2e2a38233045199638e0062db2a5213" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Auteur dramatique anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 102] The town of St. Germain-en-Laye had boasted a royal castle since the time of Louis le Gros. The first fortress [p. 103] was destroyed during the wars with England, and Charles V began the present structure, which has been enlarged and beautified by succeding princes, especially by Louis XIV who was born here.<lb/>The palace has the form of a castle, surrounded by a dry ditch. A magnificent stone gallery runs around the middle of the whole structure, which is of an oval figure. The view towards river and plains is admirable – Paris, St. Denis and Marly are all in sight. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13010_actor">Garrick, David </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>David Garrick, The Diary of David Garrick. Being a record of his memorable trip to Paris in 1751, Now first printed from the original Ms. and edited by Ryllis Clair Alexander, New-York, Oxford University Press, 1928, p. 102-103.</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Antoine-Nicolas Dezallier d’Argenville des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">33</unitid>
            <unitdate normal="1755/1755" encodinganalog="3.1.3">1755</unitdate>
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              <persname id="atom_11372_actor">Dezallier d’Argenville, Antoine-Nicolas</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Critique d'art et naturaliste.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>«  [p. 156] Le château de Saint Germain, situé à quatre lieues de Paris, est élevé sur une montagne, au pied de laquelle coule la rivière de Seine. Cette situation [p. 157] et la salubrité de l’air le rendent un des plus agréables séjours de la France. Il se distingue en Château vieux, et en Château neuf.<lb/>Le Château vieux, bâti par Louis VI comme une forteresse, ayant été ruiné par les Anglois, demeura en cet état jusqu’au règne de Charles V, qui le fit rétablir sur ses anciens fondemens : il a été ensuite augmenté d’un étage par François I. Le haut est entièrement couvert de dalles de pierre, et forme une terrasse d’où l’on jouit d’une très belle vue. Louis XIII fit plusieurs embellissemens à ce château, et sous le règne de Louis XIV, J. H. Mansard éleva les cinq gros pavillons qui en flanquent les encoignures.<lb/>La face sur les jardins est la plus grande des cinq faces de ce château. Elle renferme l’appartement du Roi, dégagé en dehors par un balcon de fer qui règne à l’entour. Cet appartement est démeublé, et n’offre rien de remarquable depuis que Sa Majesté ne fait plus de séjour à Saint Germain. Du côté du couchant est la grande salle servant aux bals, comédies et opéra ; elle passe pour une des plus spacieuses du royaume.<lb/>[p. 158] Du côté du midi est une belle chapelle dédiée à S. Jean-Baptiste. Le tableau d’autel représenté la Cène ; c’est un excellent ouvrage du Poussin. On voit au-dessus la Sainte-Trinité peinte par Vouet et accompagnée de deux anges de stuc, grands comme nature, placés à la hauteur du premier ordre, et tenant les armes de France. Ils sont dus à Sarazin. La croix, les chandeliers, les vases pour les fleurs, et la lampe sont de vermeil et d’un poids considérable : on les a volés deux fois. Le jubé est spacieux, et renferme un beau buffet d’orgues.<lb/>On conserve dans la sacristie deux moyens tableaux, l’un d’une Mère de pitié qui tient le corps de N. S., l’autre d’une Vierge donnant à manger à l’Enfant Jésus.<lb/>Le Château neuf commencé sous Henri IV par Guillaume Marchand, n’est éloigné du vieux que de deux cens toises. Son portail est décoré de colonnes toscanes, dont le fût est revêtu de bossages alternatifs ; elles forment un péristile, dont le dessus est une terrasse entourée de balustrades qui portent la devise de Henri IV.<lb/>Le plan de la cour est très ingénieux : [p. 159] des pilastres toscans en règlent l’architecture. Aux deux côtés de la salle des Gardes sont les grands appartemens : à droite est celui de la reine Marie de Médicis terminé par une galerie, et à gauche est celui du Roi. Au plafond de la chambre à coucher sont quatre tableaux de Vouet ; savoir, une Victoire assise sur un faisceau d’armes, une autre armée d’une palme, la Renommée tenant une couronne de laurier, et Vénus essayant un dard. Sur les côtés de ces appartemens sont les basse-cours pour les offices et logement des officiers. On y voyoit des volières remplies de toutes sortes d’oiseaux rares ; il n’y a plus que de paons.<lb/>En sortant de la grande salle à l’orient, on se trouve sur une terrasse de la même étendue que le palais, et terminée par deux galeries qui conduisent à deux pavillons. On descend de cette terrasse par deux rampes, dont le milieu est occupé par un morceau d’architecture d’ordre ionique et d’un très bon goût.<lb/>Deux autres rampes vous conduisent à la seconde terrasse. Le mur qui la soutient est percé d’arcades, dont le [p. 160] dessous fait une galerie couverte. Le milieu est d’ordre dorique et d’une belle proportion. Tous les murs des rampes sont ornés de chaînes de refend, avec des panneaux de brique en compartimens. Sous cette terrasse étoient les grottes de Neptune et de la Nymphe jouant des orgues, par le moyen des eaux qui faisoient mille effets surprenans.<lb/>On descend de cette deuxième terrasse sur une troisième. On y voyoit les grottes d’Orphée, de Persée, et celle dite des Flambeaux, parce qu’elle ne pouvoit être vue qu’aux lumières. Dans cette dernière étoit un grand théâtre avec différentes décorations plus agréables les unes que les autres. Toutes ces grottes étoient incrustées de coquillages et de pierres précieuses, et ornées de figures de marbre, de lustres et de girandoles. L’eau seule faisoit mouvoir des ressorts secrets qui donnoient du mouvement aux figures, et leur faisoient rendre des sons enchanteurs. Henri IV et Marie de Médicis n’avoient rien épargné pour la perfection de ces ouvrages. Ils avoient fait venir de Florence le célèbre Francine, habile dans les méchaniques [p. 161] et dans l’hydraulique. Ces magnifiques grottes ont subsisté jusque vers l’an 1643, tems de la minorité de Louis XIV. Les différens troubles qui l’agitèrent, firent négliger l’entretien des terrasses, sous la chute desquelles les machines ont été abimées.<lb/>Le mur qui soutient cette troisième terrasse, est percé d’arcades qui forment une galerie, dont le milieu est décoré d’un ordre toscan. Ainsi cet ordre sert de base aux deux autres, qui forment ensemble le plus bel amphithéâtre qui soit dans l’univers. Joignez à cela que la Seine roule ses eaux à ses pieds, comme pour rendre hommage à tant de beautés. Il y a de plus deux terrasses de plein pied, voûtées et terminées par deux pavillons carrés. Jules Hardouin-Mansart a élevé la plus grande partie de cette façade sous Louis XIV.<lb/>Sur les côtés du Château neuf il y avoit deux jardins auxquels les galeries communiquoient. A droite est le Boulingrin, ainsi nommé par Henriette d’Angleterre, première femme de Monsieur, frère de Louis XIV. On l’a ouvert plus qu’il n’étoit alors, pour découvrir la vue de Marly qui n’existoit [p. 162] point encore. La terrasse régnant dans toute la longueur, est une de ses principales beautés, et la vue qu’on y découvre en rend la promenade des plus agréables. L’autre jardin du côté du parc, nommé de madame la Dauphine, parce qu’elle s’y promenoit fort souvent, est soutenu d’une terrasse pareille à celle du boulingrin. A côté de ce jardin, à la gauche du château, il y a une orangerie.<lb/>Il ne reste plus à voir que la grande terrasse, qui est en même tems un monument et de la magnificence de Louis XIV, et du mérite de Le Nostre. Elle a 1200 toises de long sur 15 de large ; son mur est solidement bâti, avec un beau bastion qui la termine au Parc aux lièvres. Il y a vers son milieu une demi-lune, plantée d’ormes et de charmilles.<lb/>Le petit Parc, contigu aux jardins et à la grande terrasse, contient 416 arpens, et est percé de routes.<lb/>La forêt de Saint Germain, une des plus belles du royaume, a 5714 arpens, suivant l’arpentage fait en 1686. On l’a nommée la forêt de Laye à cause de la quantité de sangliers qui l’habitoient. Comme son terrein est sablonneux, [p. 163] on peut y chasser en tous tems ; ce qui fait que le roi y prend le divertissement de la chasse dans les plus mauvaises saisons. Il y a vingt-cinq portes aux passages des grands chemins.<lb/>Le château du Val est un petit bâtiment situé à une des extrémités du petit Parc, au bout de la grande terrasse. Ce n’étoit autrefois qu’un simple pavillon où les rois faisoient quelquefois des retours de chasse ; mais Louis XIV l’a fait rebâtir d’un autre goût par J. H. Mansard. Il y a au milieu du bâtiment un grand salon carré et voûté en dôme : ce salon sépare deux appartemens bas, fort commodes pour toutes les saisons, y ayant des poêles placés dans l’épaisseur des murs qui échauffent plusieurs chambres à la fois.<lb/>Le monastère des Loges est aussi enclavé dans la forêt. Il est au bout de la grande route en face du Château vieux, dont il termine le point de vue. La reine Anne d’Autriche y fit faire un petit pavillon où elle alloit fort souvent, étant à S. Germain.<lb/>L’hôtel de Noailles, appartenant à M. le duc d’Ayen, mérite la visite [p. 164] du voyageur. Le bâtiment élevé par J. H. Mansard se présente à gauche en entrant, avec un vestibule formé de colonnes doriques. On voit au raiz de chaussée une galerie ornée de seize tableaux de moyenne grandeur, peints par Parrocel d’Avignon, et représentant l’histoire de Tobie.<lb/>Les jardins sont grands et plantés avec goût. Il y en a un pour les plantes médicinales, avec une serre chaude, et une fleuriste orné de deux théâtres et terminé par la serre des orangers. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_11372_actor">Dezallier d’Argenville, Antoine-Nicolas </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Château-Neuf (appartement de la reine)</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>[Antoine-Nicolas Dezallier d’Argenville], Voyage pittoresque des environs de Paris, ou description des maisons royales, châteaux et autres lieux de plaisance situés à quinze lieues aux environs de cette ville, Paris, De Bure l’aîné, 1755, p. 156-164.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1040105p/f184.image</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Jean-Aymar Piganiol de La Force des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">34</unitid>
            <unitdate normal="1765/1765" encodinganalog="3.1.3">1765</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_13923_actor">Piganiol de La Force, Jean-Aymar</persname>
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              <p>Géographe et historien.</p>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 444] Saint-Germain-en-Laye. Il y a un château qui est un des plus beaux séjours qui soit en France, tant pour la beauté de ses appartemens et de ses jardins, que par la forêt qui les joint. L’air y est fort sain, et on a remarqué que l’on y vit longtemps. Cette maison royale a été occupée dans ces derniers temps par le roi de la Grande-Bretagne et par la cour d’Angleterre. Le roi y logea le feu roi Jacques en 1689, lorsqu’après la dernière révolution d’Angleterre, il se vit obligé de se retirer en France, et ce prince y est mort saintement le 16 de septembre de l’an 1701. Son corps fut transporté à Paris, et mis en dépôt chez les bénédictins anglois, près le Val-de-Grâce. Marie Stuart, sa fille, et Joseph-Marie d’Est, sa femme, y sont mortes aussi, la première le 18 d’avril 1712, et la dernière le 7 de mai de l’an 1718.<lb/>[p. 445] Le roi Charles V fit jetter les premiers fondemens de ce château, l’an 1370. Il fut pris par les Anglois pendant les troules que causa dans le royaume la maladie du roi Charles VI. Le roi Charles VII le retira des mains d’un capitaine anglois, moyennant une somme d’argent, et Louis XI fit don à Coictier, son médecin, non seulement du château de Saint-Germain, mais encore de Trielle et de tout ce qu’on appelloit alors la châtellenie de Poissi, et les Patentes de cette donation furent expédiées au Plessis-lès-Tours au mois de septembre de l’an 1482.<lb/>Le gout que François premier avoit pour la chasse, lui en donna beaucoup pour le séjour de Saint-Germain. Il fit relever l’ancien bâtiment, et en fit construire de nouveaux. Henri IV fit bâtir le Château neuf sur la croupe de la montagne la plus proche de la rivière. Il étendit les jardins jusqu’aux bords de la Seine, et les fit soutenir par des terrasses élevées avec une dépense somptueuse. Le roi Louis XIII l’embellit de plusieurs ornemens, et enfin Louis XIV, qui y étoit né le 5 septembre de l’an 1638, fit ajouter au vieux château cinq gros pavillons qui en flanquent les encoignures. Il fit encore embellir les [p. 446] dehors. Le grand parterre, la grande terrasse, la maison et le jardin du Val, et quantité de routes qu’il fit percer dans la forêt, dont des ouvrages dont il a donné le dessein, et des magnificences de son règne.<lb/>La ville de Saint-Germain-en-Laye, Sanctus Germanus in Ledia silva, est à quatre lieues de Paris, et dans la même situation que le château. On croit qu’elle a pris son nom d’un monastère que le roi Robert y fit bâtir, il y a environ sept cens ans. Cette petite ville est fort peuplée, les maisons y sont hautes et bien bâties, les rues grandes et bien percées. Elle est encore ornée de plusieurs beaux hôtels, que différens seigneurs ont fait bâtir dans le temps que le roi y faisoit son séjour ordinaire. Il n’y a qu’une paroisse, et les couvens des Récollets et des Ursulines. Il y a une prévôté et une maîtrise des Eaux et Forêts, qui s’étend non seulement sur les forêts et bois de la châtellenie de Saint-Germain, mais encore sur les villes, ponts, terres et châtellenies de Poissi et Sainte-James, sur les bois de la châtellenie de Pontoise et des bailliages de Mantes et de Meulan.<lb/>L’aspect du château est admirable, [p. 447] principalement du côté de la rivière et des plaines. Son point de vue s’étend sur Paris, Saint-Denis, Marly, etc.<lb/>Le parc qui joint le château, est agréable, et son étendue est de trois cens cinquante arpens.<lb/>La forêt en contient cinq mille cinq cens cinquante, trente et une perche et trois quarts. Elle est percée de plusieurs belles et larges routes, pleines de toutes sortes de bêtes fauves, qui en font un lieu charmant pour la chasse. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13923_actor">Piganiol de La Force, Jean-Aymar </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Jean-Aymar Piganiol de La Force, Description historique de la ville de Paris et de ses environs, nouvelle édition, Paris, Libraires associés, 1765, t. 9, p. 444-447</p>
          </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Hébert des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">35</unitid>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_14167_actor">Hébert, ?</persname>
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              <p>A vécu au XVIIIe siècle.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 59] Germain en Laye (Château royal de), à quatre lieues de Paris, et à deux par-delà Versailles, sur une montagne bordée par la rivière de Seine, [p. 60] se divise en Château vieux, et en Château neuf.<lb/>Architecture.<lb/>Les Anglois ayant démoli le Château vieux bâti en forteresse par Louis VI, dans le douzième siècle, il a été rétabli dans le quatorzième par Charles V, et augmenté par François I, qui y a aussi fait faire une terrasse d'où l'on découvre un très vaste pays. Louis XIII y fit faire des embellissemens, et Louis XIV des augmentations fur les desseins de J. H. Mansart. La grande salle qui sert aux divertissemens, est une des plus grandes du Royaume. Henri IV commença à faire bâtir le Château neuf sur les desseins de Marchand, que Louis XIV fit continuer, en faisant faire une grande partie de la façade qui règne le long de la rivière, par J. H. Mansart, ainsi que les deux terrasses, et surtout la troisième qui, soutenue par une galerie percée d'arcades, forme par leur belle distribution le plus riche amphithéâtre qui soit au monde, tant par la situation du terrein, que par tout ce que l'art a pu tirer d'avantages du voisinage de la<lb/>Seine. André le Nôtre a aussi montré son habileté par la belle terrasse de 1200 toises de long sur 15 de large, terminée [p. 61] par le parc aux lièvres. Les deux jardins fur les côtés de ce Château, nommés, l'un, le Jardin de Madame la Dauphine, et l'autre le Boulingrin, ont chacun une terrasse, dont les vues en rendent la promenade très agréable. Le petit Parc percé de routes, et la Forêt de S. Germain, qui a vingt-cinq portes, contiennent ensemble plus de six mille arpens.<lb/>Peinture et sculpture.<lb/>La Cène, chef-d’œuvre du Poussin, sur l’autel de la Chapelle : au dessus, une sainte Trinité, par Simon Vouet, accompagnée de deux Anges de stuc, grands comme nature, tenant les Armes de France, par Sarazin. Dans la Sacristie, une Mère de pitié, et une Vierge et l'enfant Jésus.<lb/>Le plat-fond de la chambre à coucher du Roi est décoré de quatre tableaux allégoriques, peints par Simon Vouet, représentans le premier, la Victoire assise sur un faisceau d'armes ; le deuxième, une autre tenant une palme ; le troisième, la Renommée tenant une couronne de laurier ; et le quatrième, Venus essayant un dard. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14167_actor">Hébert, ? </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
            <geogname>Château-Neuf (appartement du roi)</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Hébert, Dictionnaire pittoresque et historique, ou Description d'architecture, peinture, sculpture, gravure, histoire naturelle, antiquités et dates des établissemens et monumens de Paris, Versailles, Marly, Trianon, Saint-Cloud, Fontainebleau, Compiègne, autres maisons royales et châteaux à environ quinze lieues autour de la capitale, et discours sur ces quatre arts, avec le catalogue des plus célèbres artistes anciens et modernes, et leurs vies, utile aux artistes, amateurs des beaux arts, et étrangers, Paris, Claude Hérissant, 1766, t. II, p. 59-61.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56905405/f66.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Hester Lynch Thrale de son passage à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">36</unitid>
            <unitdate normal="1775/1775" encodinganalog="3.1.3">28 septembre 1775</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_13817_actor">Thrale, Hester Lynch</persname>
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          </did>
          <bioghist id="md5-34f452f6505e3e7c6a0180539e308cf7" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Femme de lettres anglaise.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« I should have mentioned seeing the Castle of St Germain in the Morning as the French it is plain thunk highly of it, and praise the Prospect from the Garden Terras as we praise Windsor. The manifest Inferiority charmed me, and to see the Man shewing off a Royal Pleasure Ground not twice as big as our own Kitchen Garden, with little trimmed Hedges and small Shrubberies which he called a Forest, [p. 90] was comical beyond Expression. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13817_actor">Thrale, Hester Lynch </persname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Forêt</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Hester Lynch Thrale, The French Journals of Mrs. Thrale and doctor Johnson, éd. Moses Tyson et Henry Gyuppy, Manchester, The Manchester University Press, 1932, p. 89-90</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Thomas Nugent des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">37</unitid>
            <unitdate normal="1778/1778" encodinganalog="3.1.3">1778</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_14073_actor">Nugent, Thomas</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Ecrivain et traducteur anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 135] S. Germains, commonly called S. Germains en Laye, is a small town of the isle of France, in the district of Mantois, situated on a high hill, at the foot of which runs the Seine, about twelve miles to the westward of Paris, and one from Versailles. It is remarkable for the royal castle or palace, which was begun by Charles V and enlarged and beautified by succeeding princes, but especially by Lewis XIV who was born here. The palace is built in the form of a castle, and [p. 136] surrounded with a dry ditch. A magnificent stone gallery runs round the middle of the whole structure, which is of an oval figure, and the roof is covered with thin flat free-stone instead of tiles. The chapel is remarkable for an excellent altar-piece, representing the Lord's Supper, by Poussin. The prospect from the castle is admirable, especially towards the river and the plains, having Paris, S. Denis, and Marli, within sight. There is a curious mall in this castle, with square pavilions built all along, for the conveniency of the players and spectators. Among the improvements made to this place by Lewis XIV he added the terrass of above three thousand paces in length, the grand parterre, and the valley-garden. There are abundance of dry grottos, which afford pleasant retreats in the summer, and several wet ones, with curious water-works, and artificial birds, which make an agreeable sound. In one of the grottos there is a virgin playing on the organs, whose eyes are so artificially moved, that she seems to be alive; in another place there is an Orpheus playing on the lute, and keeping time, while the beasts, birds, woods and rocks seem to follow him, with several representations of the like nature, all put into motion by water. The adjacent forest contains upwards of five thousand acres, and is cut through with an infinate number of large ridings, well replenished with game, which renders it a most agreeable situation for hunting. It was in this castle that the late king James resided with his court during his exile, and here he died in 1701. His body was afterwards interred in the monastery of the English Benedictins in Paris.<lb/>The town of S. Germains is well peopled, which is owing to the goodness of the air, and the privileges they enjoy. The houses are high [p. 137] and well built. There are some squares, with several hotels; among the rest, that of the duke of Noailles, which is neatly furnished, and has some handsome gardens. The town has only one parish, an hospital, and some convents, which are those of the Recollects, the Ursuline Nuns, and the bare-footed Augustinians, who live in the forest. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14073_actor">Nugent, Thomas </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Thomas Nugent, The Grand tour ; or a Journey through the Netherlands, Germany, Italy, and France, 3e édition, Londres, J. Revington and sons, 1778, t. IV, p. 135-137</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Thomas Blaikie de son passage au château du Val à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">38</unitid>
            <unitdate normal="1779/1779" encodinganalog="3.1.3">14 novembre 1779</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_14337_actor">Blaikie, Thomas</persname>
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          </did>
          <bioghist id="md5-423a81ff5f1f9a9e0abff096b5808b97" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Botaniste.<lb/>Jardinier écossais du Duc d'Orléans.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Dimanche 14 went to St. Germain to deside a plantation for a vue from the Gardens of the Prince de Beauvau at Lavalle a House he has between St Germains and Maison ; those Gardens are Layd out under the Derections of Mr Robert one of the first Landskape painters in France yet however fine his ideas is upon canvas yet upon the ground they are without judgement as it is not astonishing he knows nothing of the effects of trees nor there color after a feu years’ growth ; his walks are much in the same confused crooked way and although all has been planted methodically according to the rules of painting yet the whole is real confusion ; this prooves that a great painter may not know how to take a vue to the best advantage when done but despossing of those plantations requires judgement and experience ; this Gardin stands upon a rising ground bordered on the one side by the forest of St Germains ; to the right side is a tolerable vue upon the Rever Seine. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14337_actor">Blaikie, Thomas </persname>
            <geogname>Château du Val</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Thomas Blaikie, Diary of a Scotch Gardener at the French Court at the end of the eighteenth century, Londres, George Routledge and sons, 1931, p. 159.</p>
          </bibliography>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Traduction en français publiée sous le titre :
<lb/>Thomas Blaikie, Sur les terres d’un jardinier, Journal de voyages, 1775-1792, traduit et éd. par Janine Barrier et Monique Mosser, Besançon, Les éditions de l’Imprimeur, 1997, p. 200-201.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires de John Andrews sur le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">39</unitid>
            <unitdate normal="1784/1784" encodinganalog="3.1.3">1784</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_15041_actor">Andrews, John</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-5dbdcb659c95d735dfe235086807346c" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Historien et géographe anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 486] Of all the royal houses in the proximity of Paris, there is none to compare in point of situation to St. Germain. It is an ancient venerable building, not unlike the castle of Windsor : the apartements [p. 487] are grand and roomy, and quite worthy of a royal guest. Several of them are still inhabited by descendants of some of those families that followed the fortunes of our James the Second.<lb/>The gardens of this fine old palace exhibit a beautiful model of the taste of the last century. They are a curioux mixture of the French and English manner of laying out gardens at that time : the bowling-green still subsists, that was made for our dethroned monarch, who, like his brother Charles, took particular delight in that amusement ; il retains its original name, being called le Boulingrin to this day.<lb/>But what will please you beyond all the rest, is a terrass highly elevated, and of singular construction, from whence there is a prospect of twenty miles extent, richly variegated by every object which the noblest lendskip can offer to the eye.<lb/>[p. 488] It is observed by the French that no place in the neighbourhood of Paris, is so much relished as this by the English. This does not arise from any desire of communication with the descendants of their countrymen who fled from England at the time of the revolution, or those who have since left it from similar motives : with fugitives from this island on policital principles the English are not in the least fond of associating : it arises from the ruralness of the situation, the beautiful aspect of the country around, and the remembrance it inspires of some delightful spots in our own island, not far from our metropolis, by the resemblance it bears to them.<lb/>I have heard that James used to say, that his brother of France not being able to restore him to the possession of his kingdoms, had, however, by way of confort, bestowed upon him the beautifullest spot of his own dominions to dwell in.<lb/>[p. 489] If at any time you should be inclined to spend a few days in a country recefs, you cannot chuse one at once more elegant and rural. It is in the vicinity of a forest cut into a variety of walks and avenues, which all terminate in some agreeable object.<lb/>In this forest, I have been informed, Lewis and James used frequently, in the latter days of this monarch, to enjoy the close of a Summer’s afternoon in walking together. Though the first was incontestibly much superior in abilities to the last, yet their characters corresponded in many essential respects : they were attachew with many equal bigotry to the religion they protest, and equally averse to all others ; they were no less under the influence of a persecuting spirit, abhorrent of toleration, and ready to propagate their belief by violent and coercive means : nor were they dissimilar in their notions of government ; they were both immeasurably fond of unlimited [p. 490] power, and impatient of the least controul : in the privat concerns of life they were far from unlike ; James in his younger days was noted for having his mistresses as well as Lewis : they agreed also in some meritorious respects ; they were kind husbands, and fond parents ; they were gentle masters, and good-natured men within their domestic circle. These qualifications were a sufficient ground for mutual liking and confidence, especially when we consider how much they were personally interested in each other’s prosperity. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_15041_actor">Andrews, John </persname>
            <subject>Loisirs et promenades</subject>
            <subject>Jacobites</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>John Andrews, Letters to a young gentleman, on his setting out for France, containing a survey of Paris, and a review of French literature, with rules and directions for travellers, and various observations and anecdotes relating to the subject, Londres, J. Walter and W. Brown, 1784, p. 486-490.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires d'Antonio Ponz sur le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">40</unitid>
            <unitdate normal="1784/1784" encodinganalog="3.1.3">1784</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_13910_actor">Ponz, Antonio</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-6a14d1a6b52ea9fc0fc83fbc98e9bde7" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Erudit et peintre espagnol.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« A corta distancia de Paris se pasa por Nevilli, ó Neulli, Nanterre : despues por Saint Germen, ó S. German, que es Ciudad de la Isla de Francia, con Palacio Real, y grandes bosques, á quatro leguas de Paris en una elevacion sobre el rio Sena.<lb/>En este Palacio naci ó el gran Luis XIV. Aunque es suntuoso, mas parece una antigua fortaleza, que otra cosa, por los cubos resaltados al rededor, y el foso que lo cerca. El patio es triste, y sin particular decoracion. La terraza á su lado de Oriente es cosa excelente por las bellas llanuras que se descubren hasta Saint Denis, y mas all á. Cuentan que Luis XIV se entristecia descubriendo dicho Sàint Denis desde alli, que era el parage [p. 240] donde le habian de enterrar, y que por eso fund ó el sitio de Versalles ; pero ser á verdad, ó mentira. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13910_actor">Ponz, Antonio </persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Antonio Ponz, Viage fuera de España por D. Antonio Ponz, secretario de S. M. y consiliario de la real academia de San Fernando, 2e édition, Madrid, en la imprenta de la viuda de Ibarra, 1791-1792, t. II, p. 239-240.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102090t/f302.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Anna Francesca Cradock de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">41</unitid>
            <unitdate normal="1784/1784" encodinganalog="3.1.3">27 avril 1784</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            <note type="generalNote">
              <p>Lettre du 27 avril 1784.</p>
            </note>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_14236_actor">Cradock, Anna Francesca</persname>
            </origination>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 22] À neuf heures, nous partions dans notre chaise de poste. Le beau temps n'a pas peu contribué à tout embellir sur notre chemin. Nous avons revu le pont de Neuilly. De là à Marly, c'est une suite de vignes, de vergers, de champs de blé, de luzerne, de jardins potagers cultivés avec un soin extrême. À Marly, nous vîmes la machine qui fait monter l'eau de la Seine jusqu'à l'aqueduc et alimente ainsi le parc de Marly et celui de Versailles éloigné de trois milles. Nous nous sommes promenés sur la plate-forme et avons admiré de magnifiques ormeaux.<lb/>De Marly au château de Saint-Germain, la vue est ravissante ; arrivés au château, nous y sommes montés aussitôt, et avons joui du paysage éclairé par un beau soleil. Après avoir vu, dans la chapelle, un tableau remarquable du Poussin, malheureusement très abîmé, nous descendîmes sur la terrasse. Le château, maintenant divisé en appartements, est tout en pierre ; les fenêtres seules sont encadrées de briques qui ajoutent à la gaieté et à l'élégance de la construction. Saint-Germain est une jolie ville, célèbre par sa salubrité. [p. 23] Nous dînames « Au Prince-de-Galles », et revînmes à Paris par une autre route. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14236_actor">Cradock, Anna Francesca </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Anna Francesca Cradock, Journal de Mme Cradock : voyage en France (1783-1786), traduit par O. Delphin-Balleyguier, Paris, Perrin, 1896, p. 22-23.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1028087/f32.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Jacques-Antoine Dulaure des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">42</unitid>
            <unitdate normal="1786/1786" encodinganalog="3.1.3">1786</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_11370_actor">Dulaure, Jacques-Antoine</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-a6bb5d1e2a1286071957faa4933eb6f0" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Archiviste, historien et archéologue.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 228] Jolie ville, située à quatre lieues de Paris, sur une montagne, dont le pied est arrosé par la rivière de Seine ; fameuse dans l’histoire par son ancien château, et dans tous les tems par la beauté de sa situation, et la pureté de l’air qu’on y respire.<lb/>L’ancien château fut d’abord bâti comme une forteresse, par Louis VI. Les Anglois le ruinèrent, et il ne fut rétabli que sous le règne de Charles V. François Ier le fit embellir et augmenter d’un étage. Louis XIV y fit construire, par Jules Hardouin-Mansard, les cinq gros pavillons dont le château est flanqué.<lb/>Outre ce château, il en est un autre appellée le Château-Neuf, éloigné du vieux d’environ deux cents toises ; il fut bâti pour Henri IV, par l’architecte Marchand.<lb/>Le roi d’Angleterre Jacques II, forcé de quitter son royaume, tint longtemps sa cour dans ce château de Saint-Germain. Un poète fait l’éloge de ce prince, de la manière suivante :<lb/>C’est ici que Jacques second,<lb/>Sans ministres et sans maitresses,<lb/>Le matin alloit à la messe,<lb/>Et le soir alloit au sermon.<lb/>Ce roi détrôné vivoit des bienfaits de Louis XIV, et d’une pension de 70000 livres que lui faisoit sa fille Marie, reine d’Angleterre, qui lui avoit enlevé sa couronne. Il [p. 229] s’occupoit à converser avec des moines, et à toucher des écrouelles qu’il ne guérissoit pas.<lb/>Ce roi mourut à Saint-Germain, le 16 septembre 1718.<lb/>Le nouveau château est aujourd’hui persqu’entièrement démoli. M. le comte d’Artois, à qui il appartient, en fait construire un autre à la même place, dont on voit déjà deux belles et grandes terrasses achevées.<lb/>Ce qui reste encore de ce château prouve qu’il étoit orné de médaillons et de bustes. Un de ces bustes ressembloit parfaitement au président Fauchet, auteur des Antiquités françoises et gauloises. Cet historien sollicioit depuis longtemps la récompense de ses travaux littéraires auprès d’Henri IV, qui, pour s’en débarrasser, lui dit un jour à Saint-Germain, en lui montrant le buste qui lui ressembloit, M. le président, j’ai fait mettre là votre effigie, pour perpétuelle mémoire. Fauchet, peu content de ce succès, composa les vers suivans :<lb/>J’ai trouvé dedans Saint-Germain<lb/>De mes longs travaux le salaire :<lb/>Le Roi, de pierre m’a fait faire,<lb/>Tant il est courtois et humain.<lb/>S’il pouvoit aussi bien de faim<lb/>Me garantir que mon image,<lb/>Ah ! Que j’aurois fait bon voyage !<lb/>Je retournerois dès demain.<lb/>Viens, Tacite, Salluste, et toi<lb/>Qui a tant honoré Padoue ;<lb/>Venez ici faire la moue<lb/>En quelque coin ainsi que moi.<lb/>Henri IV lut ces vers, et donna à Fauchet [p. 230] le titre d’Historiographe de France, avec une pension de six cens écus.<lb/>Nous sommes dispensés de faire une plus longue description de ce château. Ce qu’il en reste étant peu de choses, ainsi que les travaux recommencés.<lb/>L’ancien château, dont nous avons déjà parlé, est très solidement bâti ; on voit que, pour sa construction et sa décoration, on a employé beaucoup de briques. Sa forme est à peu près celle du vieux château de Chantilli ; ce que l’on n’apperçoit bien exactement que lorsqu’on est dans la cour. Il est entouré de fossés ; on a depuis peu détruit les pont-levis pour en construire en pierre de taile. Le comble de ce château est une voûte en dalles de pierre, qui forme une terrasse, d’où l’on jouit de la vue la plus magnifique.<lb/>La partie du château qui est face à l’occident, contient une salle très spacieuse qui sert de salle de bal et de spectacle.<lb/>La chapelle est située dans la partie du château qui est en face du midi ; elle renferme ce que la ville de Saint-Germain a de plus rare, et ce qui doit le plus piquer la curiosité des amateurs des beaux-arts.<lb/>La voûte de cette chapelle est ornée de peintures à fresque, à la vérité, un peu dégradées, mais qui ne doivent pas moins fixer les regards des curieux, à cause des hommes célèbres qui en sont les auteurs. Le Brun a fourni les dessins de la plus grande partie de cette voûte, Vouet en a fait plusieurs autres et les a peints presque tous, excepté quelques [p. 231] cartouches et médaillons qui sont de la main du célèbre Le Sueur.<lb/>Dans la nef, on voit deux grands tableaux de Roselli ; celui qui est sous l’orgue représente Judith rentrant à Béthulie, après avoir coupé la tête à Holopherne ; l’autre, en face de la porte d’entrée, offre le roi David qui vient de couper la tête à Goliath.<lb/>Le buffet d’orgue commencé, dit-on, sous Henri II, et fini sous Charles IX, est décoré de colonnes composites cannelées ; l’ensemble est plein d’harmonie ; le dessin en est pur, agréable, et ne ressemble guère à la manière détaillée de ce tems-là.<lb/>Dans la chapelle qui est à gauche, en entrant dans le cœur, est un tableau de Stella ; il représente l’éducation de la Vierge.<lb/>Le tableau qui est en face, offre Saint Louis, faisant l’aumône. Ce tableau est d’un bon maître, mais il est inconnu.<lb/>Le maître-autel est décoré de colonnes composites, dont les futs sont d’un très beau marbre noir, les bases et les chapiteaux de marbre blanc. Ces colonnes, d’une très grande proportion, ressemblent à celles dont le cardinal Mazarin fit présent aux Jacobins de la rue Saint-Jacques.<lb/>Le tableau du maître-autel représente la Cène. Il est peint par le Poussin ; nommer ce grand maître, c’est faire l’éloge de l’ouvrage. Ce beau tableau doit être transporté dans le Museum du Louvre.<lb/>Au-dessus de ce tableau, dans un attique, est un Sainte Trinité, peinte par Vouet ; aux [p. 232] deux côtés sont deux anges en stuc, grands comme nature, tenant les armes de France ; leurs attitudes est très gracieuse. On les regarde comme un des plus beaux ouvrages de Sarazin.<lb/>Dans la sacristie, on voit deux tableaux de moyenne grandeur, au milieu desquels est placé un crucifix d’ivoire. Celui qui est à gauche représente une Vierge donnant à tetter à son enfant ; un autre enfant souffle le feu d’un réchaud, sur lequel est placé un vase de bouillie. Les figures de la Vierge et de l’Enfant Jésus sont pleines de noblesse et de grâce ; tout est peint avec la plus grande vérité. C’est un ouvrage du Corrège.<lb/>Le tableau qui fait pendant est une mère de pitié. Cet ouvrage, plein d’expression, est d’Annibal Carrache.<lb/>Le Christ d’Ivoire est, dit-on, de Michel-Ange, quoique très-beau, on peut douter qu’il soit de ce grand maître.<lb/>Ces trois précieux morceaux ont été donnés par le cardinal Mazarin.<lb/>En sortant du château, on arrive au Boulingrin, pièce de gazon, ainsi nommée pour la première fois en France, par Henriette d’Angleterre, femme de Monsieur, frère de Louis XIV ; la terrasse qui l’avoisine est de la plus grande beauté ; la vue dont on y jouit est étonnante par son étendue et sa variété ; l’imagination ne peut rien enfanter de plus merveilleux.<lb/>De-là, on arrive à une autre terrasse, qui est peut-être la plus magnifique et la plus longue qu’il y ait au monde ; elle est l’ouvrage [p. 233] de Le Nostre, et a douze cents toises de longueur sur quinze de large ; d’un côté, la forêt de Saint-Germain l’ombrage dans toute son étendue ; de l’autre, une forêt qu’on voit presqu’en plan, la rivière de Seine, des campagnes, des châteaux, un lointain immense, offrent le tableau le plus agréable et le plus sublime.<lb/>Près de là est le jardin nommé de Madame la Dauphine, parce qu’elle s’y promenoit souvent.<lb/>Plusieurs rois et reines de France ont fait de longs séjours à Saint-Germain ; il fut même question d’y construire un palais propre à la résidence ordinaire des Rois ; mais on préféra, à la magnifique situation de Saint-Germain, le local sauvage de Versailles, et cette préférence est attribuée à la volonté particulière de Louis XIV.<lb/>On prétend que la vue du clocher de Saint-Denis épouvantoit l’âme de ce grand roi. Saint-Germain, en présentant sans cesse le terme de sa gloire et lieu de son tombeau, l’auroit maintenue dans des idées lugubres et affligeantes ; c’est pourquoi Saint-Germain ne fut point préféré.<lb/>Une autre foiblesse avoit été cause autrefois que Catherine de Médicis n’habitoit point ce beau séjour. Un devin lui avoit prédit qu’elle mourroit proche Saint-Germain, c’est pourquoi elle fuyoit cette ville avec le plus grand soin ; elle voulut habiter le Louvre, mais, se rappellant qu’il étoit de la paroisse [p. 234] de Saint-Germain-l’Auxerrois, elle abandonna les constructions qu’elle y avoit fait commencer.<lb/>Le terrein de la forêt de Saint-Germain est très sablonneux ; c’est ce qui fait que l’on peut y chasser en tout tems, et que le roi y vient ordinairement prendre ce plaisir pendant la mauvaise saison ; elle est une des plus belles du Royaume, et contient cinq mille sept cens quatorze arpens. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_11370_actor">Dulaure, Jacques-Antoine </persname>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Jacques-Antoine Dulaure, Nouvelle description des environs de Paris contenant les détails historiques et descriptifs des maisons royales, des villes, bourgs, villages, châteaux &amp;c remarquables par des usages ou des évènements singuliers et par des beautés de la nature et des arts, Paris, Lejay, 1786, t. I, p. 228-234.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Sophie von La Roche de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">43</unitid>
            <unitdate normal="1785/1785" encodinganalog="3.1.3">26 juin 1785</unitdate>
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            <note type="generalNote">
              <p>Sophie von La Roche séjourna à Saint-Germain-en-Laye le 26 juin 1785.</p>
            </note>
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              <persname id="atom_15038_actor">La Roche, Sophie (von)</persname>
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              <p>Écrivain, allemande.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 546] Wir kamen eben von der beruhmten Terrasse von St. Germain zuruck, die wir nicht nur wegen ihrer Schonheit, sondern auch mit einem gewissen Geist der Wallfahrt, fur das Andenken Heinrich des IV. Der sie auffuhren liess, besuchten, und von welcher man die vortrefliche Ausficht auf Paris, das Thal, die Seine und Marly hat ; ja man sagt : Dieses schone Schloss wurde nie verlassen worden seyn, wenn man Ludwig dem XIV. Die Ausficht auf die Thurme der Abten St. Denis hatte verbergen konnen, weil er nicht Kraft genug in seiner Seele fand, den Begrabnisort seiner Vorfahren mit Ruhe anzusehen. Ludwig der XI. Welcher auch den Tod furchtete, hatte dieses Schloss seinem Leibarzt, vielleicht aus der nemlichen Ursache, geschenkt ; Karl der V. hingegen hatte es, wegen der schonen Lage und [p. 547] gesunden Luft, im Jahr 1370 erbaut, und hatte freylich den Bennahmen des Weisen nicht verdient, wenn er den Gedanken des Todes nicht wie ein Mann getragen hatte. Er mag sich wohl oft bey Erblickung dieser bedeutenden Thurme vorgenommen haben, die Lorbeerkrone eines guten Nachruhms zur Zierde seiner Ruhestatte zu erwerben. KIarl der VI. verlohr St. Germain an die Englander. Sein Sohn kaufte es von einem englischen hauptmann zuruck. Franz der I. dachte darinnen an den Genuss seines Lebens bey der schonen Jagd in dem nahe anstossenden Wald. Man sieht noch an der obersten Fensterreyhe ringsumher im hof den gebrannten Salamander, welcher sein Sinnbild war. Henrich der IV. und Ludwig der XIII. vergrosserten und verschonerten es. Man will jetzo diess Schloss als Beweiss der Verganglichkeit ansehen, weil der Alcove, in welchem Ludwig der XIV. gebohren wurde, nun ein Staubwinkel ist, und die Gallerien, worinnen sich der hofstaat versammelte, Kornboden geworden sind. Ich habe nicht viel gegen diese Abanderung einzuwenden, den Ludwig der XIV. ist jetzo selbst nichts mehr, als eine Hand voll Staub, warum sollte das Zimmer davon befreyt seyn ? und nuzliche Kornmagazine fur das gemeine Wesen entehren, wie ich denke, die Stelle der Hofleute nicht sonderlich. Gerne mochte ich aber, dass der Zufall den lezten grosen Bewohner dieses von seinen Konigen verlassenen Hauses, Jacob den II. Konig von England, welcher seinen Thron verliess, in dem Zimmer hatte sterben lassen, in welchem sein Beschutzer gebohren wurde. Dieser hatte uber Veranderung und Verschiedenheit nachdenken und sprechen konnen. Merkwurdig ists, dass hier in den koniglichen Garten die ersten Springbrunnen im Grosen errichtet wurden, welche der Prasident [p. 548] Moncontis von Lyon erfand. Das Schloss ist ein groses Viereck, dessen angebaute grose Thurme auswarts als breite Vorsprunge, im Hof aber, als runde Thurme erscheinen. Das Ganze ist von dunkelrothen Ziegelsteinen und sehr hoch gebaut. Innen und aussen laufen Gallerien herum, von welchen man die angenehmste Aussicht hat. Der Theil des schonen Waldes, welcher an das Ende der Terrasse fuhrt, ist immer voll Spazierganger von der besten Menschenclasse. Man sahe ihnen an, dass Klugheit, Ruhe und Freundschaft unter ihnen wohnen. Viele angesehene Familien von Paris begeben sich hieher, eine vernunftige Stille und wohlfeilere Lebensmittel zu finden, und dennoch in der Nahe des Hofs von Versailles zu leben, wo sie leicht alles Neue erfahren, und die Gnadenzeit fur sich und die Ihrigen nutzen konnen. Wir gingen auch in die Kapelle, welche von schoner Bauart ist. Die Decke ist voll Gemalde aus der biblischen Geschichte, sehr fein gemalt, und die Einfassungen der Winkel, welche das Gemalde bildet, und die Saulen, welche das Gewolbe tragen, sind alle vortreflich vergoldet. Sie sind aber nicht nur ein Beweiss der alten Pracht, sondern auch der alten Kunst. Denn gewiss, die neuen Vergoldungen werden nicht so lange in ihrer Schonheit dauern. Ich wunschte einen alten Saal des Schlosses zu sehen. Aber er ist ganz verbaut, und wie das Louvre in Paris zu Gnadenwohnungen eingerichtet. Die Vorhöfe sind einsam und mit Gras bewachsen. Von den schonen Grotten, und in Wasserwerken sich bewegenden Gottern und Thieren, sieht man nichts mehr ; aber Leute jedes Alters, mit dem Ausdruck einer stillen Zufriedenheit, finden sich hier unter den Baumen, welches in Paris, dessen Rauchsaulen und Thurmspitzen man erblickt, nicht moglich ist, wo [p. 549] die Menschen vom Ehr und Geldgeitze, von Sorgen und Neugierde umher getrieben warden, und auch der, so in der Kutsche sizt, durch die Gegenstande der Pracht und Kunst, durch den Larmen der Fuhrwerke und Fussgänger aus dem Gleichgewichte gebracht wird. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_15038_actor">La Roche, Sophie (von) </persname>
            <subject>Loisirs et promenades</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Sophie von La Roche, Journal einer Reise durch Frankreich von der Verfasserin von Rosaliens Briefen, Altenburg, Richter, 1787, p. 546-549.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9446269f/f552.image
<lb/></p>
          </bibliography>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Une traduction en français a été publiée sous le titre :
<lb/>Sophie von La Roche, Journal d’un voyage à travers la France, 1785, traduit par Michel Lung, Thomas Dunskus et Anne Lung-Faivre, Saint-Quentin-de-Baron, Editions de l’Entre-Deux-Mers, 2012, p. 375-376.</p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Arthur Young de son passage à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1787/1787" encodinganalog="3.1.3">22 octobre 1787</unitdate>
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              <persname id="atom_13754_actor">Young, Arthur</persname>
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            <note>
              <p>Agronome anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 222] Je me rends à Saint-Germain, dont la terrasse est fort belle. M. Broussonnet me rencontra ici, et nous dinâmes avec M. Breton chez le maréchal de Noailles, qui a une bonne collection de plantes curieuses. Il y a ici la plus belle Sophora [p. 223] Japonica que j’ai vue. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13754_actor">Young, Arthur </persname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Arthur Young, Voyages en France pendant les années 1787-88-89 et 90, entrepris plus particulièrement pour s’assurer de l’état de l’agriculture, des richesses, des ressources et de la prospérité de cette nation, seconde édition, Paris, Buisson, 1794, t. I, p. 222-223.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102002g/f241.image</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Johann Jacob Volkmann des châteaux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1787/1787" encodinganalog="3.1.3">1787</unitdate>
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              <persname id="atom_13770_actor">Volkmann, Johann Jacob</persname>
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              <p>Ecrivain allemand.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 485] St. Germain-en-Laye liegt auf einer Anhöhe an der Seine, ohngefähr eine Stunde von Marly. Es ist ein altes bekanntes königliches Lustschloß, welches von dem Walde, ehemals Ledia oder Laya genannt, den Beynamen behalten hat. Die kleine darzu gehörige Stadt ist artig, und gut gepflastert. Die lage des Schlosses ist vortreflich, und die just wegen ihrer Reinigkeit sehr gesund. Ludwig XIV hätte bey diesen Vortheilen hier mit halben Kosten etwas weit vortreslicheres ausführen können, wenn ihn sein Eigensinn nicht bewogen hätte, den [p. 486] platten sumpfigen Boden von Versailles vorzuziehen. Dazu kam, daß man von hier den Thurm von St. Denys sieht, und der große Ludwig wollte den Ort der königl. Begräbnisse nicht immer vor Augen haben, der ihn an seine Sterblichkeit erinnern mußte.<lb/>Man trifft hier zwey Schlösser an, das alte und das neue. Das alte ward schon von Ludwig VI als eine Fortresse angelegt, in den folgenden Zeiten aber von den Englandern zerstört. Franz I stellte es wieder her, und Ludwig XIV vergrößerte es mit fünf großen Pavillons. Das neue Schloß liegt etliche hundert Schritte davon, und ward von Heinrich IV aufgeführt. König Jacob II von England wohnte nach seiner Verjagung viele Jahre auf dem alten Schlosse, und beschloß hier auch 1718 sein leben. Von dem neuen sieht man nicht viel mehr, weil der Graf von Artois, dem es gehört, es abtragen, und ein schönes Gebäude aufführen laßt. Die Kapelle des alten Schlosses ist wegen ihrer guten Gemälde merkwürdig. Das heil Abendmahl auf dem Hauptaltare rührt von Poussin her, und in der Sakristey sieht man zwey vom Kardinal hieher geschenkte Stücke, nemlich eine betrübte Maria, von Hannibal Caracci, und Maria, welche dem Kinde die Brust reicht, von Corregio. Neben der Maria bläst ein Kind Kohlen an, darauf ein Suppentopf steht.<lb/>Der Garten ist ein Bild der Vergänglichkeit ; die Terrassen, welche nach der Seine hinab gehen, sind gewölbt, fallen aber nach und nach ein. Bey dem alten Schlosse ist ein großes Rasenstück, welches noch von der Henriette d Angleterre, Gemalinn des Bruders von Ludwig XIV herrührt, und der erste Boulingrin ist, welcher als Nachahmung des Englischen Geschmacks in Frankreich angelegt worden. [p. 487] Was aber allein eine Reise nach St. Germain verdient, ist die berühmte Terrasse, vielleicht die größte, und wegen der herrlichen ausgebreiteten Aussicht eine der schönsten in der Welt. Sie ist 1200 Klaftern lang und 15 breit. Auf der einen Seite läuft der Wald von St. Germain hin, welcher 5700 Acker enthält, und dem Könige häusig zur Jagd dient, und auf der andern verfolgt man durch eine unabsehliche Ebene den Laus der Seine, und übersteht eine Menge Schlösser, Landhäuser, Dörfer und Städte in der sruchtbarsten Gegend. Was für Vortheile bot hier die Natur dar, wenn unvernünftige Schmeichler Ludwig XlV nicht beredet hätten, er könne sie zwingen, und die wilde Gegend von Versailles in einen Feen Aufenthalt verwandeln ! »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13770_actor">Volkmann, Johann Jacob </persname>
            <persname role="subject">Charles Philippe de France, comte d'Artois</persname>
            <persname role="subject">Jacques II</persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <geogname>Jardins</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Johann Jacob Volkmann, Neueste Reisen durch Frankreich, vorzüglich in Absicht auf die Naturgeschichte, Oekonomie, Manufakturen und Werke der Kunst, Leipzig, Fritsch, 1787, t. I, p. 485-487</p>
          </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Charles-Louis Cadet de Gassicourt de son passage à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1788/1788" encodinganalog="3.1.3">28 août 1788</unitdate>
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              <persname id="atom_14341_actor">Cadet de Gassicourt, Charles-Louis</persname>
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            <note>
              <p>Avocat, puis pharmacien. Docteur en sciences (1812). Secrétaire du Conseil de salubrité et de la section pharmacie de l'Académie de médecine.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Notre intention n’étoit pas de nous arrêter à Saint-Germain ; mais en voyage, mon amie, fait-on ce qu’on voudroit faire ? Mon cheval étoit déferré, il falloit bien réparer sa chaussure. Je n’en fus point fâché, j’aime beaucoup Saint-Germain. Sa vue, sa forêt, sa terrasse, le parc de Noailles, excitent toujours mon admiration, et me rappellent avec plaisir le mot de Bassompière. Marie de Médicis chérissoit ce séjour. « Quand j’y suis, disoit-elle un jour, j’ai un pied à Saint-Germain et l’autre à Paris. – En ce cas, Madame, ajoute le galant maréchal, il me seroit doux d’être à Nanterre ». »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14341_actor">Cadet de Gassicourt, Charles-Louis </persname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Forêt</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Charles-Louis Cadet de Gassicourt, Mon voyage, ou Lettres sur la ci-devant province de Normandie, suivies de quelques pièces fugitives, Paris, Desenne, 1798, t. I, p. 14</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires par un Anglais sur le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">47</unitid>
            <unitdate normal="1791/1791" encodinganalog="3.1.3">1791</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 113] The castle of St. Germain en Laye is curious in the eye of an Englishman, because it was the residence of James the Seconde, and his Court, after his abdication. The situation is very fine, and puts you in mind of Windsor ; the Mall and the Bowling-green, which you find here, were both, I imagine, designed to amuse the last unhappy royal visitor ; the great terrace is considerably more than a mile long, and about eighty of ninety feet wide : you have a distant view of Paris on the side of the river from the castle which the King gave to the Comte d’Artois, who had sold it.<lb/>[p. 114] Is it a pleasant excursion to this place by the post ; you must set out early in the morning, and return late, to have the whole day at your disposabl, which is not too much for the object in view. As the Thuilleries are at this moment shut ut, even to the passage of the Deputiers, when you return to town, the coolest place to drive to in an evening, is the Palais Roial, where you are sure to find a seat. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <subject>Jacobites</subject>
            <subject>Loisirs et promenades</subject>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Lettres from Paris during the summer of 1791, Londres, J. Debrett, 1792, p. 113-114</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par François Marlin de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">48</unitid>
            <unitdate normal="1792/1792" encodinganalog="3.1.3">avril 1792</unitdate>
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              <persname id="atom_14111_actor">Marlin, François</persname>
            </origination>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 162] Nous arrivons avant sept heures du matin sur cette terrasse si vantée des Parisiens, et qui, par hasard, se trouve belle en effet. Elle court, à peu près du midi au nord, dans une étendue de plus de deux milles ; on y foule, en cette saison, une tendre pelouse : on y jouit de l’ombre la plus fraîche, du vert le plus doux, et d’un feuillage presque transparent dans son clair tissu. La rivière, sur un lit tortueux, coule entre des prairies, et va découper inégalement le pied des coteaux et la vaste campagne. La vue est grande ; elle touche, elle intéresse ; mais les voyageurs de notre capitale, et les descripteurs de ses environs, ont tort de dire que l’imagination ne peut rien enfanter au-delà. Cette hyperbole, sans diminuer mon plaisir, m’oblige de m’en rendre compte. Je me tourne vers Paris, et je ne l’aperçois [p. 163] pas. Le Mont-Valérien me couvre l’immense cité ; mais si, de la butte du Calvaire, je m’approche de Lucienne, et que, passant sur Marly, je ceintre de l’œil les coteaux qui me ramènent à Saint-Germain, ces paysages boisés, remplis de fabriques, m’occupent agréablement. Je plonge ensuite sur la plaine, les variétés en sont disparues. Les collines nous montrent, à leurs bases et sur leurs croupes, un assez grand nombre de villages et de châteaux, mais les sommets sont peu festonnés : ces hauteurs sont nues et grises ; elles paraissent incultes dans l’éloignement. Est-ce là de ces tableaux qui laissent une impression durable ? Est-ce à ces vues sans accidens, sans ruptures, sans inégalités, que l’âme s’attache ? Votre esprit cherche-t-il à s’égarer dans des vallées profondes ? Voyez-vous le pic d’un mont élevé, surmonté par un autre pic que d’autres surmontent encore ? Entend-on de loin une cascade solitaire ? L’épaisseur d’une sombre forêt qui descend de la pointe d’un morne dans les vallons, vous indique-t-elle avec frayeur le séjour silencieux des bêtes fauves et des oiseaux de proie ? Sentiez-vous quelque part la joie épanouissante de rencontrer ou d’apercevoir, au milieu d’un désert, une cabane habitée ? Entendez-vous avec palpitations le cliqueti d’un moulin répété par les échos ? Non, vos transports [p. 164] sont tranquilles ; vous pouvez marquer de l’œil, parmi des habitations nombreuses, votre hospice pour la nuit qui s‘approche. Votre plaisir est sans trouble ; il est donc faible, et va vous quitter en rentrant dans votre cabinet. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14111_actor">Marlin, François </persname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>François Marlin, Voyages d’un Français depuis 1775 jusqu’à 1807, Paris, Guillaume, 1817, t. IV, p. 162-164.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k351064/f169.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Joseph Lavallée de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">49</unitid>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_14146_actor">Lavallée, Joseph</persname>
            </origination>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 13] C’est, comme vous le savez, Monsieur, pour ce Versailles que Louis XIV abandonna Saint-Germain-en-Laye, dont la situation est enchanteresse, et dont la beauté de la vue ne se peut comparer qu’à celle dont on jouit au Mont-Casal, dont nous vous parlerons dans le département du Nord. Mais ce que vous ne saviez pas, c’est qu’une puérile foiblesse entra pour beaucoup dans la détermination de ce Roi. On apperçoit de Saint-Germain le clocher de Saint-Denis. Et le conquérant n’envisageoit qu’en tremblant l’écueil de ses fausses grandeurs. C’est ainsi que Catherine de Médicis abandonna, ou pour mieux dire, suspendit la construction du Louvre, parce qu’un devin lui avoit prédit qu’elle mourroit près de Saint-Germain, et que le Louvre est sur la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois. Et voilà les maîtres du monde !<lb/>Ce séjour de la cour à Saint-Germain rappelle une bouffonnerie de Bassompierre : Marie de Médicis aimoit Saint-Germain, elle disoit au maréchal, « je me plais ici. Quand j’y suis, j’ai un pied à Saint-Germain, [p. 14] l’autre à Paris ». En ce cas, Madame, lui répondit-il, je voudrois être toujours à Nanterre.<lb/>Il y avoit jadis de l'aristocratie jusques dans les recueils de bons mon. Il falloit qu'ils fussent émanés ou d'un être noble, ou d'un prince ou d'un flatteur, pour que les compilateurs de pointes les jugeassent dignes d'être transmis à la postérité. Quoiqu’il n'y ait point encore de décret contre cet abus, vous ne trouverez pas mauvais que nous y dérogions en faveur d'un bon laboureur, dont deux réponses, que nous allons vous transcrire ici, valent bien cinq ou six tomes de calembourgs de quelques ci-devant marquis. La scène est encore à Saint-Germain. Un laboureur porte à un receveur des impositions sa quote-part de ce qu’il doit à la patrie. « Comment, lui dit le publicain, vous ! que jadis il falloit toujours attendre, vous venez de vous-même, et vous payez avec joie ? C’est, répond le laboureur, que je donne aujourd'hui ce que vous preniez autrefois.<lb/>Le même laboureur tenoit tête à un ex-parlementaire. La morgue magistrale n'avoit pas abandonné cet homme. « Tu ne me parlois pas si haut quand je portois les cheveux longs. – Ce n’étoit pas la longueur de vos cheveux qui m'en imposoit, mais celle de votre robe, qui envahissoit tout. Et quand vous me parliez alors, vous aviez derrière vous le bourreau qui m’écoutoit ».<lb/>[p. 15] Le premier château de Saint-Germain fut bâti par Louis VI, dit le Gros. Ruiné depuis par les Angalis, rebâti par Charles V, livré encore au comte de Varwick par un honnête religieux de Sainte-Geneviève, prieur de Nanterre, et nommé Carbonnet, peur la somme de trois cents salus d'or, réparé par François Ier, enfin augmenté par Louis XIV, il est tel aujourd’hui que la planche ci-jointe vous le représente. C’est un pentagone irrégulier.<lb/>Henri IV en avoit fait bâtir un autre, que l’on appeloit le château neuf, dont il n'existe plus qu'une partie.<lb/>C’est-là que Jacques II, roi d’Angleterre, a terminé ses jours et ses malheurs. Exemple de ta foiblesse des Rois, il perdit pour jamais sa couronne à la bataille de la Boine, en juillet 1690. Cent ans après, à pareil jour, Louis XVI recevoit la sienne des mains du Peuple Français.<lb/>Là, froids au souvenir des malheurs mérités d'un roi débilement dévot, nous avons mouillé de nos larmes l’autel de l’amitié, cette passion des cœurs honnêtes. Cet autel est le sarcophage où reposent les cendres de J.-B. Léon du Breuil, et de Jean-Joseph Pechmeja. Tous deux du même âge, la nature avoit placé leur berceau dans la même ville. L’amitié les a couchés dans la même tombe. Ils vécurent ensemble. Ils moururent ensemble. Ils reposent ensemble. Du<lb/>Breuil mourut, Pechmeja le suivit. Mort le second, Pechmeja est le premier ! De semblables tombeaux, malheureusement trop rares, consolent d'être homme. [p. 16] L’histoire les oublie pour citer les mausolées des conquérans ! mais les cœurs sensibles sont le livre de vie où s’inscrivent les noms des héros de l'amitié. Une loi défendoit aux Scythes d'avoir plus de deux amis. Inutile loi ! qui peut en avoir deux n’en mérite pas un. Mais l’amitié ! quel homme a chanté ceux qui la connurent. Tel qui lit tes odes de Pindare, sait-il seulement qu'il mourut la tête sur les genoux de son ami.<lb/>A travers la superbe forée de Saint-Germain, où se trouvoit le monastère des Loges, on arrive à Poissy. Le dissipateur Brunoi, fils de Paris Mont-Martel, a, dans ses revers, habité quelque tems les Loges. Il dépensa sa fortune en processions. Ses beaux-frères s’enrichirent de ses débris dont ils le dépouillèrent. J’ai vu beaucoup de gens qui se ruinoient avec des filles, le traiter d'extravagant, parce qu’il se ruinoit avec des encensoirs. Une lettre-de-cachet l’enleva à l’amour du Saint-Sacrement. Ces spoliateurs restèrent libres. Ils avoient les vices de leurs protecteurs. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14146_actor">Lavallée, Joseph </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Joseph Lavallée, Voyage dans les départemens de la France, Paris, Brion, Buisson et Desenne, 1792, t. V, p. 13-16.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k101998c/f548.image
<lb/>
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Harry Peckham du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">50</unitid>
            <unitdate normal="1793/1793" encodinganalog="3.1.3">1793</unitdate>
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              <persname id="atom_13929_actor">Peckham, Harry</persname>
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            <note>
              <p>Gentilhomme anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 217] It is not above two miles from thence to the palace of St. Germains, which is situated on a moutain twelve miles distant from Paris. Had Louis XIV, expended half the treasure in erecting a palace there, which he did at Versailles, it must have been superior to any thing in Europe : there is a lofty moutain at S. Germains, washed by the river Seine, looking over a delightful country to Paris : Mount Calvary, St. Denis, and a vast reach of the river are comprehended in one view ; a forest of six thousand acres ajoins to the palace, and a grand terrace of three thousand paces, which overlooks the [p. 218] whole county. This is the situation of St. Germains, which Louis XIV had not sense enough to admire, but preferred Versailles which was so boggy that he was obliged to make a hill to build on, which has no prospect ot two miles extent, and which has all the inconveniences of a low and damp situation ; at the same time that the water is obliged to be brought from six miles distance.<lb/>Having seen the prospect, you have seen every thing at St. Germains, except a picture, by Poussin, and. St. Louis giving alms, by Le Brun, which are in the chapel. In the sacristy are two most admirables piece, the one of the Virgin Mary feeding the infant Jesus ; St. John lying on his gands and knees blowing with his mouth the fire of the chasing dish, on wich stands the pap pan ; this is by Michael Angelo ; the other is by Caracci, of the Virgin holding a dead Christ in her armes, with her head bending over his face in a most moving and expressive attitude.<lb/>The palace is an olde brick quadrangle, very narrow, flanked with four large towers, and [p. 219] surrounded with a dry ditch ; it was built by Francis I. and is now inhabited by different families, chiefly Englich, descended from those who by more than human weakness abandoned their fortunes and their country with their ideot king, who had neither policy to keep, nor courage to defend that crown which by inheritance descended to him. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13929_actor">Peckham, Harry </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Harry Peckham, A tour through Holland, Dutch Brabant and the Austrian Netherlands and part of France, in which is included a description of Paris and its environ, Londres, G. Kearsley, 1793, p. 217-219</p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par John Gustavus Lemaistre de son passage à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">51</unitid>
            <unitdate normal="1801/1802" encodinganalog="3.1.3">1801-1802</unitdate>
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              <persname id="atom_14132_actor">Lemaistre, John Gustavus</persname>
            </origination>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« In returning to Paris, we took the road of St. Germain. The old castle still remains ; but its outward appearance was so gloomy, that we felt no inclination to visit the interiour. If the french monarch intended to pay a compliment to the pretender, in giving him a palace as nearly as possible resembling St. Jame’s, his choice was admirable. The view from the terrace is pretty, but by no means either as extensive, nor as rich, as I expected from its celebrity.  »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14132_actor">Lemaistre, John Gustavus </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>John Gustavus Lemaistre, A Rough Sketch of Modern Paris, or Letters on Society, Manners, Public Curiosities, and Amusements, in that Capital, written during the last two months of 1801 and the first five of 1802, Londres, J. Johnson, 1803, p. 203</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Thomas Thornton de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">52</unitid>
            <unitdate normal="1802/1802" encodinganalog="3.1.3">1802</unitdate>
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              <persname id="atom_13824_actor">Thornton, Thomas</persname>
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            <note>
              <p>Colonel anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 57] We next arrived at a bridge which is peculiarly interesting from the situation in which it is placed. To the right appears an extensive succession of forest-scenery, diversified with chateaus, all built of stone, which, at a distance, assume the appearance of rocks, while the Seine beautifully meanders through an adjacent valley. To the left appears an expanded plain, with the river, which continually catches the eye, reflecting the beams of an unclouded sun, whilst a great number of towns, some of them of considerable magnitude, appear in front. The most prominent feature, however, is the forest of St. Germain, famous for the amusements of the chase which it afforded the kings of France, while that country could boast of kings. This celebrated forest is cut into rides, or green allées, three miles in length. The ground is too flat to give an air of grandeur to the scenery; but, speaking as a sportsman, that circumstance contributes to its real excellence, as the flatter the [p. 58] country the better for the chase. The First Consul has lately taken this forest under his special protection, and, as the game, which was almost extirpated during the revolution, is now replenishing, it will probably soon resume its ancient celebrity.<lb/>We arrived at St. Germain about five o’clock, and found the town, which is four leagues from Paris, superior to any we had hitherto seen in France, being entirely built of white stone. We dined at a beautiful inn called the Grand Cerf, and were glad to retire early to rest. This place is particularly worthy the notice of strangers, as having been the birth-place of Louis XIV and the residence of James II after his abdication of the throne of England.<lb/>The morning proving fine, we took an early breakfast, that we might have leisure to visit those places worthy of inspection. The palace is a grand pile of building, but, being converted into barracks, it is now considerably out of repair, although there are still many vestiges of its pristine magnificence. Most of the windows are broken, and the words Liberty and Equality are written every where on the walls, on those very walls which once formed the habitation of despotic power. How the Goddess of Liberty likes her present residence in France, I have not leisure to examine. England, you know, she has long made the place of her favourite sejour, but if our Gallic neighbours have not decoyed her away, they have, at least, set up her representative.<lb/>I must not omit mentioning the terrace, which commands a most sublime prospect; nor could I avoid recalling to my recollection the late unfortunate inhabitants of the sumptuous palace. The contemplation was unpleasant, and my spirits became still more depressed by a short conversation which took place between myself and our grey-headed conductor. He gave us to understand, that the remembrance of their decapitated master still reigned in the hearts of the inhabitants. He also [p. 59] complained much of the existing government, in consequence of which (though naturally averse to argue any point with persons of his description) I requested to know his reasons for thinking as he did? He replied, that bread was so dear. “But, my worthy citizen”, said I, “can the First Consul command the seasons?” “Monsieur”, said the old man, while the tears trickled down his cheeks, “Vous avez raison, je vois que j’ai eu tort”. I gave him a trifling present, and we parted, probably never to meet again.<lb/>I must observe, that the chief consul has hunted four or five times at St. Germain. But, as the stags are yet very scarce, he comes privately, and amuses himself, attended only by four of five general officers. He always rides very hard, and is particularly fond of horses.  »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13824_actor">Thornton, Thomas </persname>
            <subject>Chasse</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Forêt</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Thomas Thornton, A sporting tour through various parts of France in the year 1802, Londres, Longman, 1806, t. I, p. 57-59</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Johann Friedrich Reichardt de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1802/1803" encodinganalog="3.1.3">1802-1803</unitdate>
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              <persname id="atom_13893_actor">Reichardt, Johann Friedrich</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Compositeur, critique musical et écrivain allemand.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 258] Bei dem traurigen Malmaison, einem unansehnlichen, alten, schlecht gebauten Landhause in ebenem, off’nem Felde an der Landstraße, rundum mit breiten Graben und einer hohen Mauer umgeben, fuhren wir vorbei, und verschoben seine Besichtigung auf den Rückweg, um die, Parade des schönen dritten Husarenregiments, welches in St. Germain in Garnison liegt, nicht zu versäumen. […]<lb/>[p. 261] Nach der Parade machten wir noch in Gesellschaft des Obersten und seiner aus Paris angelangten Mittagsgesellschaft, in welcher sich auch Damen aus seiner Familie befanden, einen schönen, langen Spaziergang längs der herrlichen, wohl eine Viertelstunde langen Schloßterrasse, [p. 262] die Seine entlang. Von da übersahen wir wohl an vierzig bis funfzig Lieues des angebautesten Landes. Für einen angenehmen oder gar schönen Anblick ist die Gegend selbst zu sehr angebauet, um so mehr, da die weiße Kreidefarbe aller Dörfer und Städte sehr einförmig und beleidigend fürs Auge ist, und es der Gegend im Ganzen, und besonders in der Ferne, auch an Holz und Wiesen fehlt. St. Germain selbst hat in seiner Nähe einen Wald, der über fünf tausend Arpens Land einnimmt, und der mit seinem sandigen Boden für jede Jahrszeit zur Iagd sehr schicklich und bequem ist ; auch wird er jetzt von dem umliegenden und in der Nähe wohnenden Militär sehr dazu benutzt. Der Kriegsminister Berthier selbst jagt sehr oft darin, und wenn Bonaparte einmal einige Stunden der Jagdlust widmet, so geschieht es meistens auch in dem Walde von St. Germain.<lb/>Zurück nahmen wir den Weg durch angenehmes Gehölz von sehr verschiedenen Baumund Straucharten, das hinterwärts die Terrasse begränzt und im Schatten bis an das Schloß zurückführt. Es ist eine höchst angenehme Promenade [p. 263] für die Einwohner der Stadt, die sie gegen Abend auch fleißig zu besuchen pflegen.<lb/>Die an dem Hügel längs der Seine gelegene Stadt ist für eine Landstadt recht artig und ansehnlich gebaut, und scheint sehr bevölkert zu seyn. Einwohner und Gebäude hatten ein stattliches, zum Theil recht zierliches Aeußere ; man sieht es den Leuten, und besonders den Kindern, gar sehr an, daß der alte Ruf von vorzüglich guter und reiner Luft, dessen die Stadt schon lange genießt, gar wohl gegründet ist.<lb/>Das Schloß hat von aussen ein recht würdiges, gothisches Ansehen ; inwendig, und schon im innern Hofe ist es aber ein ganz widersinnig schiefes Gebäude. Doch ist es von Franz dem Ersten an bis auf Ludwig dem Vierzehnten sehr oft die Residenz der Könige von Frankreich gewesen. Als Veste ward es schon von Ludwig dem Sechsten erbauet : dann aber von den Engländern zerstört, und unter der Regierung Carls des Fünften wieder erbauet, und von Franz dem Ersten zu einer königlichen Wohnung im damaligen Sinne erweitert. Ludwig der Vierzehnte fügte noch fünf starke Pavillons [p. 264] hinzu, die das Schloß umgeben. In diesem Schlosse lebte der vertriebene Iacob der Zweite von England von Ludwig des Vierzehnten Wohlthaten, und starb hier auch. Dergleichen wird von den jetzigen Franzosen andern benachbarten Mächten oft übel genommen.<lb/>In der Nähe dieses alten Schlosses hatte sich Heinrich der Vierte auch ein neues Schloß erbauen lassen, auf dessen Trümmern der Graf von Artois wieder ein neueres errichten ließ. Eine artige Anekdote sagt, daß unter den Büsten, mit welchen das Schloß Heinrich des Vierten verziert war, eine dem Präsidenten Fauchet, dem Verfasser der Antiquités françoises et gauloises, sehr ähnlich sah. Als dieser einst bei Heinrich dem Vierten um den langerwarteten Lohn für seine literarischen Arbeiten nachsuchte, sagte der König zu<lb/>ihm, auf jene Büste zeigend : seht da Euer Bildniß, das ich zum ewigen Andenken hier habe hinsetzen lassen. Fauchet, sehr wenig zufrieden mit einer solchen Belohnung machte darauf folgende artige Verse :<lb/>J’ai trouvé dedans Saint-Germain<lb/>De mes longs travaux le salaire ;<lb/>[p. 265] Le Roi de pierre m’a fait faire,<lb/>Tant il est courtois et humain.<lb/>S’il pouvoit aussi bien de faim<lb/>Me garantir que mon image ;<lb/>Ah ! que j’aurois fait bon voyage !<lb/>Je retournerois dès demain.<lb/>Viens Tacité, Saluste et toi,<lb/>Qui a tant honoré Padoue,<lb/>Venez ici faire la moue<lb/>En quelque coin ainsi que moi.<lb/>Der gute Heinrich nahm ihm das gar nicht übel ; als er die Verse gelesen hatte, ernannte er ihn vielmehr mit einem ansehnlichen Gehalte zum Historiographen von Frankreich.<lb/>Heinrich mußte doch schon zu seiner Zeit das alte Schloß für eine königliche Residenz zu wüst und gering gehalten haben. Was man nun gar in der neuesten Zeit in dem weiten Raum für Löcher zu Stuben und Kammern hingeflickt hat, um die unbeweibten Offiziere der Garnison zu logiren, das ist ganz unbeschreiblich ; ich glaubte in eine Holz-oder Waschkammer zu kommen, als ich das erste Zimmer eines Lieutenants betrat ; daneben hatte er denn wieder ein übrig gebliebnes Stück von einem hohen Saal, den man in kleine, unregelmäßige [p. 266] Stuben und Kammern verwandelt hatte. Andre Zimmer waren freilich besser, und die meisten hatten, zur Schadloshaltung fürs Innere, die langen Thürflügelfenster, aus welchen viele auf einen eisernen Balcon hinaustreten und die freie Aussicht auf die reiche Gegend genießen konnten.<lb/>Die Lage des alten Schlosses ist ganz unbeschreiblich schön. Die breite, erhobne Terrasse trennt es nur vom schönen Fluß, dessen geschlängelten Lauf das Auge weit in die Ferne hin verfolgt, und über welchen hinweg man das unübersehbare, reiche Land vor sich hat. An der andern Seite hat man den lieblichen Wald, an der andern das fruchtbare Land, hinter sich die sehr artige Stadt, durch einen schön bepflanzten, schattigen, geräumigen Platz von dem Schlosse abgesondert.<lb/>Wie Ludwig der Vierzehnte, der schon Willens war auf der schönen, hohen Terrasse ein neues Schloß zur beständigen Residenz der Könige von Frankreich zu erbauen, diese köstliche Lage dennoch hat mit dem öden, flachen, wasserlosen Versailles vertauschen können, ist unbegreiflich. Man sagt, er Hab’ es gethan, [p. 267] weil es ihm fatal war, und er es auch von schlimmer Bedeutung gehalten habe, vom Schlosse herab den Thurm der Abtey von St. Denis, den Begräbnißort der Könige von Frankreich, stets vor Augen zu haben. Dies kann in Zukunft ein Grund für die neuen Könige oder Kaiser von Frankreich werden, ihre Residenz dahin zu bauen ; ihnen bietet die alte Abtey jetzt nur eine schöne Ruine dar. Ihr Vorgänger und Wegebereiter ließ die Leichen der Könige vieler Jahrhunderte, in Asche verwandelt, den Lüften hingeben.<lb/>Catharina von Medicis mochte dieses Schloß auch nicht bewohnen, weil Wahrsager ihr prophezeiht hatten, sie würde nahe bei St. Germain sterben. So floh sie auch das Louvre, in welchem sie sich schon eine Wohnung bereiten ließ, als sie gedachte, daß es im Sprengel der Kirche S. Germain l'Auxerrois belegen sey. .<lb/>Maria von Medicis gesiel sich desto mehr in St. Germain. Um ihr Gefallen an dieser angenehmen, Paris so nahen Wohnung, einst dem Marschall von Basfompierre auszudrucken, fagte sie zu ihm : wenu ich dort [p. 268] bin, hab’ ich einen Fuß in St. Germain und den andern in Paris, worauf der galante Marschall, eingedenk, daß das Dorf Nanterre in der Mitte jener beiden Städte lag, in dem damaligen galanten Hoftone erwiederte : in dem Falle möcht’ ich zu Nanterre seyn.<lb/>Hätte Ludwig der Vierzehnte den funfzigsten Theil des ungeheuren Geldes, welches ihm Verfailles und die große Wasserleitung gekostet, um den Ort mit dem nothwendigsten Wasser zum Gebrauch zu versehen, und die todte Oede mit künstlichem Wasser zu beleben, zu einem Prachtgebäude auf der Terrasse von St. Germain verwandt, so müßte es die erste und schönste Wohnung eines Königs geworden seyn. Bei ihm gieng aber alles von dem Begriffe des unbeschränkten eignen Willens aus, und lief immer auf die Prätension hinaus, überall das Unmögliche möglich zu machen. Iede, auch nur Scheinbefriedigung dieser [p. 269] übermenschlichen Aufoderung beglückte ihn mehr, als der schönste Genuß der Natur und alles dessen, was den bessern Menschen und den wohlwollenden Regenten beseligen kann. Einen hohen Sinn setzt jenes freilich voraus, und den sindet man auch fast in allem, was seinen Namen tragt. Ja selbst das hohe point d’honneur, welches in seinem Jahrhunderte der ganzen französischen Nation so zur Natur geworden, wie es vor ihm wohl nur Krieger und Ritter besitzen mochten, ist wohl noch als ein lebendiger Nachklang aus Ludwigs langem Leben zu beachten. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13893_actor">Reichardt, Johann Friedrich </persname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Johann Friedrich Reichardt, Johann Friedrich Reichardt's vertraute Briefe aus Paris geschrieben in dem Jahrer 1802 und 1803, Hambourg, Hoffmann, 1805, t. III, p. 258-269.</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par James Forbes de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1803/1804" encodinganalog="3.1.3">1803-1804</unitdate>
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              <persname id="atom_14213_actor">Forbes, James</persname>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 365] We proceeded from Marli to St. Germains, along the banks of the Seine, winding at the foot of the hills, which we ascended on approaching the town. It is situated on a lofty eminence, and, with its palace, which, when seen at a great distance, presents a grand and striking object ; but, on a nearer view, we found it a desolate and ruined pile. It once contained numerous apartments superbly furnished for the court of a voluptuous monarch, and was assigned by Louis XIV to James the Second when he had abdicated the English crown, and sought an asylum in a foreign country. Here this infatuated prince maintained [p. 366] the shadowy appearance of royalty, and after some fruitless attempts to recover his lost empire, closed his lamentable life.<lb/>The palace stands on a noble terrace, and its domain is connected with the extensive forest of St. Germain. The view from hence is the boast of France, and extends over a tract of country far as the eye can reach, finely varied, and watered by tle Seine in its circuitous course to Paris ; which crowns the whole. But I prefer the woody hills and more confined views from<lb/>St. Cloud.<lb/>At an hotel near the palace we partook of a cold déjeuné ; and then, entering the forest, proceeded near two miles through one of its boldest avenues to a ci-devant convent, now appropriated to a more useful college for the education of youth. Here we alighted about one o'clock, and passed the rest of the day with our interesting party. While dinner was preparing the master attended us through the different parts of the college ; [p. 367] the courts and gardens contribute to the health and exercise of the youth, the cloisters to their winter recreations, and the halls make excellent school-rooms : the cells of the monks are now neatly papered and fitted up for the elder students ; each of whom has a separate dormitory ; the younger sleep in a large airy apartment with one of the masters ; and the whole appears to be under a well regulated arrangement. We found the boys disposed in due order in the principal school, where two of the first class delivered orations in favour of the Abbé Sicard and his benevolent institution. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14213_actor">Forbes, James </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>James Forbes, Letters from France, written in the years 1803 and 1804, Londres, J. White, 1806, t. I, p. 365-367.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102083m/f373.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Johann Georg August Galletti de son passage à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">55</unitid>
            <unitdate normal="1808/1808" encodinganalog="3.1.3">1808</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_13005_actor">Galletti, Johann Georg August</persname>
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            <note>
              <p>Historien, pédagogue allemand.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Von Marly aus, gegen Norden, erhebt sich die Anhöhe, auf welcher sich die artige Stadt Saint-Germain en Laye ausbreitet. Hier stand einst ein von dem Könige Robert gestiftetes Kloster. Das Schöne Schloss, das Ludwig XIV einige Zeit bewohnte, ward ein Zufluchtsort des letzten stuartischen Königs, Jacobs II. An den Park schliesst sich ein ansehnliches Holz, mit allerley Wild an, das zu mancher Jagdparthie des Kaisers die Gelegenheit giebt. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13005_actor">Galletti, Johann Georg August </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Johann Georg August Galletti, Reise nach Paris im Sommer 1808, Gotha, Ettinger, 1809, p. 195.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k352668/f200.image</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Gerard Anton von Halem de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">56</unitid>
            <unitdate normal="1811/1811" encodinganalog="3.1.3">1811</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_14187_actor">Halem, Gerard Anton (von)</persname>
            </origination>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 140] Am bezauberndsten sind dich die Höhen von St. Germain, die ich an einem andern Tage besuchte. Recht frey habe ich dort in der reinsten Luft geathmet, und geschwelgt in der schönen [p. 141] Natur. Von der Platteform des Schlossplatzes herab übersieht man mit weitem Blick die Landschaft, die Seine, welche sich, wie die Weser bey Rinteln, mannigfaltig schlängelt, die Brücke über die Seine, etwas ferner die Arcaden der Wasserleitung von Marly, die Thürme St. Denis, die Höhen des Calvaire und Montmartre. Man kann sich nicht davon trennen. Statt sich in Versailles zu vertiefen, hätte Ludwig XIV, hier geboren, auch hier sein Schloss verschönernd ausbauen sollen. Er that es nicht, sagt man, weil er nicht immer seinen Blick auf St. Denis, sein sicheres Grabmal, richten mochte. Das alte, aber geräumige Schloss zu St. Germain nahm die entthronten Stuarts auf, und Jakob II fand hier seinen Tod. Das Schloss dient jezt sur Schule für zweyhundert junge Cavalleristen, die wir auch in militärischem Zuge fröhlich vor unserm Speisequartier vorbey reiten sahen, und von vielen Jünglingen freundliche Grüsse [p. 142] erhielten. Das Alter der Aufzunehmenden ist wenigstens sechzehn, höchstens achtzehen Jahre. Es wird zur Aufnahme, ausser gesunder Leibes-Beschaffenheit, einige mathematische Vorkenntniss, und Fertigkeit, die Sprache richtig zu reden und zu schreiben, erfordert. Die jährliche Pension ist 2400 Franken, und nach drey oder vier Jahren Studien haben sie die Aussicht, als Sous-Lieutenants in die Regimenter einzutreten. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14187_actor">Halem, Gerard Anton (von) </persname>
            <subject>Ecole militaire de cavalerie</subject>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Gerard Anton von Halem, Erinnerungs-Blätter von einer Reise nach Paris im Sommer 1811, Hambourg, Menck, 1813, p. 140-142</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires de Joseph August Schultes sur le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">57</unitid>
            <unitdate normal="1811/1811" encodinganalog="3.1.3">1811</unitdate>
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              <persname id="atom_13854_actor">Schultes, Joseph August</persname>
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          </did>
          <bioghist id="md5-597f3ff29b9f0a41f3a70a6c39258838" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Botaniste et médecin autrichien.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Die besondere Militär-Cavallerie-Schule zu St. Germain en Laye, die der Kaiser im Jahre 1809 am 4 März decretierte, und deren Organisationsplan er im Lager zu Schönbrunn am 17 Μay unterzeichnete. Ihre Bestimmung ist Bildung der Officiere zum Cavallerie-Dienste. Die Bedingungen sind dieselben, wie an der Militär-Schule von St. Cyr. Man bezahlt aber das Doppelte : nähmlich 2400 Franken jährlich. Die Eleven werden durchaus eben so, wie zu St. Cyr, und überdiess noch in der Behandlung des Pferdes im ganzen Umfange, Hippiatrik, Schmiedewesen, Sattelwesen etc. vollständig unterrichtet. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13854_actor">Schultes, Joseph August </persname>
            <subject>Ecole militaire de cavalerie</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Joseph August Schultes, Briefe über Frankreich auf einer Fussreise im Jahre 1811 durch das südwestliche Baiern, durch die Schweiz, über Genf, Lyon, Montpellier, Cette, durch die Cevennen, über Clermont, Moulins, Nevers nach Paris, und über Nancy nach Strassburg, Leipzig, Fleischer, 1815, t. II, p. 386</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par William Shepherd de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">58</unitid>
            <unitdate normal="1814/1814" encodinganalog="3.1.3">1814</unitdate>
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              <persname id="atom_13849_actor">Shepherd, William</persname>
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          <bioghist id="md5-fe9628eab04682b2fdde21f52b743e97" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Historien et homme politique anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 167] At the extremity of the forest, we found the town of St. Germaine, where we took breakfast, and then repaired to the terrace of the palace, which commands a charming view of the adjacent country. On the left and in the centre of the prospect we saw St. Denis and Paris ; and on the right Malmaison, St. Cloud, and the district of Versailles. On the ever memorable 30th of March, this spot was crowded with people, who distinctly saw, with various and undescribable emotions, the battle which preceded the surrender of Paris. We found the palace, which is a gloomy and inelegant brick building, surrounded by stone walls and a deep ditch, over which, opposite [p. 168] the gate, was thrown a draw-bridge. The whole edifice had the air of a state prison ; and, on enquiry, we found, that it might well class with buildings of that description. It was Napoleon’s principal military school ; and his method of supplying it with pupils, affords an instance of that tyranny in detail, which was, no doubt, one of the primary causes of his ruin. Whenever he was apprised, by his agents that any individual of rank and wealth had a son who was strong, active, and spirited, and the youth had attained the age of sixteen or seventeen, the Emperor addressed a letter to the parent, congratulating him on the early promise of his child, and gracioulsy offering, if he destined him for the army, to admit him into his school at St. Gemaine ; and promising, on his good behaviour, to cause him to make his way rapidly in the service. This letter was well understood to be a command. The young man was accordingly severed from his domestic connections. He was shut up in the palace, where, for the space of three [p. 169] years, he was precluded from personal communication with his friends ; and employed, from five in the morning till ten at night, in studying, scientifically and practically, the military art. At the expiration of that time he was liberated from confinement, and sent, with a commission in his pocket, to join the regiment to which it was thought expedient to attach him. When we consider the waste of life which was occasioned by Bonaparte’s campaigns, we may easily conceive that the pupils of his military academies were regarded ad for ever lost to their relatives and friends. Four hundred youths were at this time immured in the palace, and were to be restored to their parents on the breaking up of the establisment, which we undestood was to take place in two days from the period of our visit. What a subject must this gaol-delivery afford to the pen of a sentimental traveller, should any such character witness the transaction ! Our guide, from whom we obtained this information, was a retired soldier who had an allowance [p. 170] as an invalid, of eight sous a day. He acknowledged that most of the military were friendly to Bonaparte, but still was of opinion, that the sentiments of the nation at large would preclude his re-establishment on the throne. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13849_actor">Shepherd, William </persname>
            <subject>Ecole militaire de cavalerie</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>William Shepherd, Paris in eighteen hundred and two and eighteen hundred and fourteen, Londres, Longman, 1814, p. 167-170.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k105359m/f175.image</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires d'Archibald Alison sur le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">59</unitid>
            <unitdate normal="1814/1815" encodinganalog="3.1.3">1814-1815</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_11332_actor">Alison, Archibald</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Baronnet anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 85] St Germain, though less picturesquely situated than St Cloud, presents features, nevertheless, of more than ordinary magnificence. The Palace, now converted into a school of military education by Napoleon, is a mean irregular building, though it possesses a certain interest, by having been long the residence of the exiled house of Stuart. The situation, however, is truly fitted for an imperial dwelling; it stands on the edge of a high bank overhanging the Seine, at the end a magnificent [p. 86] terrace, a mile and a half long, built on the projecting heights which edge the river. The walk along this terrace is the finest spectacle which the vicinity of Paris has to present. It is backed along its whole extent by the extensive forest of St Germain, the foliage of which overhangs the road, and in the recesses of which you can occasionally discern those beautiful peeps which form the peculiar characteristic of forest scenery. The steep bank which descends to the river is clothed with orchards and vineyards in all the luxuriance of a southern climate; and in front, there is spread beneath your feet the wide plain in which the Seine wanders, whose waters are described at intervals through the woods and gardens with which its banks are adorned; while, in the farthest distance, the towers of St Denis, and the heights of Paris, form an irregular outline on the verge of the horizon. It is a scene exhibiting the most beautiful aspect of cultivated nature, and would have been the fit residence for a Monarch who loved to survey his subjects’ happiness: but is was deserted by the miserable weakness of Louis XIV, because the view terminated in the cemetery of the Kings of France, and his enjoyment of it would have been destroyed by the thoughts of mortal decay. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_11332_actor">Alison, Archibald </persname>
            <subject>Loisirs et promenades</subject>
            <subject>Jacobites</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Archibald Alison, Travels in France during the years 1814-15, comprising a residence at Paris, during the stay of the allied armies, and at Aix, at the period of the landing of Bonaparte, Edimbourg, Macredie, Skelly and Muckersy, 1816, t. I, p. 85-86.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k105365f/f97.image</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Mary Berry de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">60</unitid>
            <unitdate normal="1816/1816" encodinganalog="3.1.3">20 août 1816</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_14289_actor">Berry, Mary</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-81ad7c1b6e580c6bdbf00b7d97783034" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Femme de lettres anglaise.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 178] Lundi, 20. Nous partons pour Saint-Germain. Les environs en sont très jolis. L'intérieur du château est totalement dévasté, et si changé et si négligé, qu'il est presque impossible de retrouver l'appartement royal. Il ne reste rien qu'un grand salon qui a été autrefois un théâtre, et où l'on voit encore le chiffre et la devise de François Ier, et trois petites pièces dorées qui doivent dater du temps de la minorité de Louis XIV.<lb/>Toute cette moitié du château, comprenant les appartements habités par notre Jacques et sa famille, a été divisée en deux dans sa hauteur, et est réduite aujourd'hui à deux entresols, occupés, pendant la Révolution française, par une école militaire de cavalerie qui n'existe plus, de sorte que la plus grande partie du château est abandonnée, et le reste sert de caserne à des officiers du dépôt de cavalerie en garnison permanente ici. La ville a un aspect moins florissant que celles des environs de Paris que j'ai déjà vues. La terrasse est belle, comme longueur et comme vue. Le bois, situé derrière la terrasse, est coupé, comme tous les bois [p. 179] français, en étoile, charmant dans sa première verdure et rempli de rossignols. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14289_actor">Berry, Mary </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <subject>Caserne des gardes du corps</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Mary Berry, Voyages de miss Berry à Paris, 1782-1836, traduits par Mme la duchesse de Broglie, Paris, Roblot, 1905, p. 178-179.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k105370w/f182.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Thomas Raffles de son passage à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">61</unitid>
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              <p>Pasteur anglais de l'Eglise congrégationaliste.</p>
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          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« At Saint Germain en Laye we stopped to take a view of the palace. It is a gloomy structure, built of a dark-coloured brick, and has more the apperance of a prison than a palace. It was the retreat of the fugitive James II of England ; and here, worn with vexation and grief, he expired. It was originally designed by its founder, Francis I, as a hunting seat for the kings of France, when they enjoyed the diversion of the chase in the adjoining forest of Laye. It has been much neglected of late, however, and has greatly suffered from the Prussian soldiers, by whom it was occupied as barracks during the late war. From the terrace is a very extensive prospect, and Paris is distinctly seen in the distance. The town of St. Germain is chiefly built of stone – the streets are wide, the houses, generally, are on a grand scale, and there is an air of magnificence about the whole. The approach to it, by a spacious avenue through the forest, is extremely fine. In this forest Napoleon took great delight, and there he used frequently to hunt. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13905_actor">Raffles, Thomas </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
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            <p>Thomas Raffles, Letters during a tour through some parts of France, Savoy, Switzerland, Germany and the Netherlands in the sumer of 1817, Liverpool, Thomas Taylor, 1820, p. 19</p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Seth William Stevenson de sa visite au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <p>Historien anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« Arrived at the Chateau of St. Germain, we were received with great friendship by Col. De B. whom we found en militaire, exercising the Company of the King’s Gardes du Corps, of which he is the acting Commandant. In this employment he has for some time past been kept six hours every day, on foot and on horseback ; a service of no little fatigue for the officer, who has the training of the squadron, composed as it is almost entirely of recruits : for the gentlemen who accompanied their bon paire des Gants (père de Ghent) as they punningly call the King, to and from Flanders, have on account of their fidelity been subsequently placed as officers in the Royal Army, now re-organizing. They are selected from families of noble origin, and of known devotion to the Royal cause ; and are for the most part as fine a set of fellows as one would desire to see : but so young, so volatile, so careless, and withal so proud of their rank as officers, and their dignity as body-guards-men, that to manage them properly can be no easy task. M. De B. however, has evidently acquired the method of bringing all these mettlesome and quarrelsome tempers [p. 75] into a practicable form of subordination, if not as yet into a perfect state of discipline. The native cheerfulness and liberality of his disposition, and the knowledge which he has acquired of men, manners, and events, operate in the regulation of his own conduct towards these new pupils, by the happy medium between over indulgence and excessive severity. He is beloved and respected by them all.<lb/>The Chevalier de Saint Louis pointed out to us a gentleman of his Company, not more than 25 years of age, decorated with several orders ; of whom he related some interesting particulars both of his bravery and devotion to the good cause. This young Frenchman, at that time in the Russian service, was the first to plant the allied standard on the walls of Leipsic, at the great battle of 1813. Being on Alexander’s staff, on that ever memorable day, he solicited and obtained permission to lead 50 chosen men to the attack of one of the gates of the city ; and with this gallant little band, though reduced to less [p. 76] than half its number by the enemies’ fire, before they could reach the top of the rampart, he succeeded in forcing an entrance for the assailant troops to enter the place. The immediate consequence to him was, that he was honoured with the Russian, Prussian, and Swedish orders ; and the further result, his being placed in the Gardes du Corps !<lb/>The avocations of the drill being finished, the Colonel conducted us to his apartments in the Castle, where we had the honour of being introduced to Madame De B. who received us with the utmost politeness as her husband’s friends, and with a hospitable cordiality as her fellow countrymen. After partaking of some refreshment, we were favoured with the Lady’s company in a walk through the castle. This building, the birth place and residence of several kings, is now in a most forlorn and dilapidated state. The substructure is of stone ; and, rising out of a deep and broad fosse, it has in this part all the massiveness and gloom of the castellated mansions of the thirteenth and fourteenth centuries. About midway from the base, the materials of which the exterior of the Palace is composed are of red and grey bricks, and it is evidently of later architecture : its lofty walls are encircled at this point of change with a balcony defended by an iron balustrade ; but all in so ruined and dangerous a condition as to make one pay somewhat dearly, in the agitation of the nerves, for the satisfaction which a noble prospect affords to the curiosity.<lb/>From this balcony, ranging through the long suite of apartments, small and great, that look out upon it, we saw nothing but the emblems of human grandeur in adversity – so lonely, dismantled, and woe-begone is now that friendly asylum, where the abdicated Majesty of [p. 77] England breathed forth the expiring sigh of « rooted sorrow, » and unavailing vexation. When, however, the manifold signs of that decay into which the Castle has fallen, were attributed, (and that too by Royatistes) to the scurvy treatment which it had experienced, during its recent appropriation as the barracks of the British troops, I made bold, for the information of such grateful folks, to offer a recollection or two which my mind still retained of the Castle of St. Germain, at the period of Napoleon's Consulate ; when it was nothing better than the cazerne of his guard, whom I had seen lounging on these same balconies, and of course committing the usual nuisances of military licence, and unrestrained mischievousness. Really, Messieurs les Gardes du Corps, it was, to say the truth, not much in my expectation, and I dare say as little in your own, at that time, to see the defenders of Louis le Desiré, in the undisturbed occupation of this ci-devant dépôt of the chosen veterans of Buonaparte! Nevertheless, such things have actually taken place ; and I am very far from being of the number of those who are sorry for the change. Be it remembered, however, that, in order to confirm this happy restoration, the Duke of Wellington and the British Army were under the imperious necessity of arriving here before the Guards of the King of France, and if in thus doing his Most Christian Majesty « a great right, » our thoughtless but not wrong-hearted countrymen, have done his castle « a little wrong ; » why, let it be a point of friendship, on your part, « to wipe all clean again, and say no more about it. »<lb/>What a spring of ideas forces itself on the mind, as one pursues in this dreary pile the endless maze of staircase [p. 78], hall, and corridor, and « passages that lead to nothing. » Methought, what would be the feelings of « the Stuart, » if, revisiting this mutable scene of earth, his wounded spirit could « walk in death ; » and still gifted with the mortal faculties of reminiscence and speculation, have comprehended the wondrous series of events, that brought hither the descendants of his once obedient people, to support in all just rights the great grandson of his royal brother and benefactor ! Among the faults of our Second James, arbitrary, bigotted, and<lb/>infatuated as he was, that of being devoid of the love of country, and of attachment for his English subjects, will not, I apprehend, be ranked by the impartial reviewer of his character and conduct.<lb/>On quitting the Palace, we directed our walk to the famous Terrace, which for the picturesque charms of the prospect, as well as for the great extent of landscape embraced in the coup d’œil, deserves the praises with which it has ever been celebrated. But I decidedly differ from the opinion expressed by Colonel De B. (in the national pride of heart inherent in a Frenchman), that it is even equal, and much less am I disposed to agree that it is superior (as he considers it), to the rich, the varied, the always novel beauties of the view from Richmond Hill, or from Windsor Castle. The alignement of this elevated promenade, from the Pavillion, (where Louis XIV is said to have been born) to the grand entrance into the forest, is upwards of a mile and a half. It is delicious to inhale the health that comes floating hither on the wings of the pure air, from the expansive plain which it commands. The sinuosities of the Seine, however, form the only really striking feature of the prospect : the spires of St. Denis and the cupola of the Pantheon, [p. 79] are the marks by which alone we trace the vicinity of the capital. Still, the situation of St. Germain is altogether so fine – so worthy of being the residence of Royalty, that one can imagine no reasonable motive which could have induced the « Grand Monarque » to exchange it for that of Versailles.<lb/>The hour of dinner drawing near, we returned to the Chateau. With the exception of our friend’s and another officer’s rooms, together with a suite belonging to the Duke of Grammont, this vast place is uninhabited ; and so intricate is its ichnography, that a person losing himself in the dark, in passing from one quarter of the building to another, would find it both difficult and dangerous to attempt regaining the clue, till the return of day light. Welcomed with a kind reception by our host and hostess, we passed an hour or two after<lb/>dinner in a most agreeable manner. The party consisted, besides ourselves, of two brother officers of the Colonel's, very gentlemanly young men, and great amateurs de musique. Madame De B. keeps up as much of the English mode of living as possible. With a flattering reproach to my friend and myself, for omitting the social insular custom of the table, she observed she anticipated the pleasure of drinking healths that day. The French, who boast so much of their polite assiduities to the sex, have no relish for, nor conception of that pleasing act of convivial gallantry – the ceremonial of drinking wine with a lady. I told Madame De B. that I recognized the hand of English neatness and good order in the state and arrangement of the apartments. « Yet no one (she remarked) but those who have kept house in France, can imagine the inconveniences and difficulties to be encountered, in the attempt to overcome, though in [p. 80] never so small a degree, the dirty and slovenly habits of French servants. » The Colonel, afterwards, speaking of what he laughingly denominated his wife’s miseries, acknowledged that his countrymen were sometimes most unaccountable folks, both in their ideas and actions. He then illustrated the subject with a few appropriate anecdotes, relating them to us with a glee which evinced his own correct idea as to the impression they were sure to make on our minds. Suffice it to say of these traits caractéristiques, that they pointedly served to shew the difference of perception between the two nations, in regard to the constituent qualities of what is called delicacy, in reference to expression and manners.<lb/>We finished our afternoon with a walk about the town, in which, however, there is little to interest the stranger, or apparently to accommodate the resident. The two or three only decent looking streets have a deserted appearance : no symptoms of business, and but a scanty shew of property : yet in this, among other places, our English émigrés, our economists flock together ; here they plant themselves and vegetate. Discontented with the state of their own country, they are still everlastingly grumbling at what they encounter with here : indulging in that waywardness of temper, which they so egregiously mistake for independence of spirit, they evince their patriotic opposition to the policy of their own government by openly eulogizing the system of Buonaparte ; and manifest their respect for the constituted authorities of the realm in which they are now domiciliated by ridiculing and abusing the Bourbons ! Yet, with all this language, (unseasonable and indiscreet to speak of it in the mildest terms) accompanied too by what the French call « une manière méprisante, » [p. 81] they wonder that they are not received with more consideration and cordiality ; and they incontinently proceed to denounce French society altogether, as equally devoid of hospitality, and unsusceptible of friendship : when the fact is, that they themselves neither study those points of urbanity, which can alone give them claims to the one ; nor do they take the trouble of shewing themselves possessed of those amiable qualities which are so peculiarly adapted to elicit and confirm the sentiments of the other.<lb/>After enjoying the refreshing air of a serene and cloudless evening, we retired well pleased with our day. The nights here are delicious : no damps, no noisome vapours. Such is the advantage which France possesses over England – in point of climate. Next morning before breakfast, we walked to the esplanade before the castle, and there found the Gardes du Corps already on horseback, and a General inspecting them. Though one of Buonaparte’s officers, he commands the district. Immediately after the second restoration of the King, a promise was held out to the little band of faithful soldiers, who had followed his Majesty to Ghent, that<lb/>they should all be advanced a grade in rank : that promised recompence, it seems, has not been yet bestowed. Several instances of favour have been shewn to old scholars of Napoleon (unimplicated in the last treasons) ; but to this system of conciliation (prudent no doubt) have not hitherto been conjoined any corresponding marks of attention and encouragement to those men of approved loyalty, who had so often risked life, and so long sacrificed property, in the Royal cause. With this small but honourable class it would appear, that « Virtue must be its own and only reward. » Possessed of these facts on [p. 82] the spot, it was no difficult matter to efface from my mind the erroneous impression, so industriously inculcated by some of our home politicians, that the present government of France was influenced by the spirit, and made subservient to the views of the Ultra Royalists !<lb/><lb/>After breakfast, we bent our course into the forest of St. Germain, which is upwards of eight leagues in circumference, occupying between two and three thousand acres, and presenting, in full perfection, the various diversifications of woodland scenery. The plantations chiefly consist of oak and beach ; but the timber, being suffered to remain in too crowded a state, does not grow to any considerable size. About a mile into the forest is a house called Les Loges : at the period of my first visit it was an academy for the education of young gentlemen, and where I passed several agreeable days in the society of my worthy friend H. I beheld its walls and turrets of conventual origin and construction with a pleasing – mourning emotion ; they reminded me of past enjoyments ; and they warned me of the rapid march of time. The present appropriation of this establishment is that of a Maison d’Education for the daughters of Members of the Legion of Honour ; an endowment of the Ex-Emperor, which does him honour ; and which is very properly supported by the Royal Government. « O si sic omnia ! » Would that Buonaparte’s institutions had in general been so deserving of commendation : how gratifying would the record of them be to that disposition which « nothing extenuates, nor sets down aught in malice. »<lb/>We were perpetually charmed in observing the effect of light and shade produced on the foliage, as, favoured with a serene and brilliant sky, we advanced into the [p. 83] heart, or ranged along the skirt of this vast wood. At intervals we find circular openings (called by the wood-men etoiles, or stars) : from these central points, four and sometimes six or seven paths radiate to a greater or lesser extent. In rambling through the different paths, our admiration is continually excited, either by the view of a beautiful country opening at their extremity, or by the luxuriant verdure of their branches, which intertwining form long alcoves. The tints of the embowering leaves, now sinking into a gloomy shade, now bursting into light and vivacity, as their degree of density renders them exposed or impervious to the sun, keep the eye unceasingly fascinated by the rapidity of transition or by the boldness of contrast. As we emerge from the forest, in the direction of the ancient and picturesque town of Poissy, the landscape becomes quite Arcadian. The course of the Seine, marked out by an extensive and elevated ridge of woodland is bordered with villages and country seats, whose walls of white stone, and roofs of blue slate, are in lively opposition to the green landscape. The stag and wild boar are hunted in this forest : we saw none of either ; indeed, « as to game » of any kind, it was little more than Boniface’s « couple of rabbits ». The Royal Gardes de Chasse seem to have here a very scanty charge compared with what generally devolves to the keeper of an English gentleman’s preserve.<lb/>Early in the afternoon we took leave of our friends at the Castle, and set out on our return to Paris. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13831_actor">Stevenson, Seth William </persname>
            <subject>Caserne des gardes du corps</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Forêt</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Seth William Stevenson, Journal of a tour through part of France, Flanders, and Holland, including a visit to Paris and a walk over the field of Waterloo, made in the summer of 1816, Norwich, Stevenson, Matchett and Stevenson, 1817, p. 74-83</p>
          </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Francis Hall de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <persname id="atom_14180_actor">Hall, Francis</persname>
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            <p>Publié</p>
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          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 211] St. Germain, a tall brick castle, surrounded by a fosse, has a venerable though gloomy aspect : the apartments are small, and for the most part unfurnished, exhibiting only the remnants of magnificence ; but it is not without a feeling of interest we pass through the chambers in which the exiled James spent the last years of his life : the silence and nakedness, both of the castle and town, are in unison with ideas of faded grandeur ; like the character of the fallen monarch, they look monastic, dark and unfortunate. A large town, half inhabited, seldom fails to give birth to melancholy : decay is in all circumstances abhorrent to our feelings, but especially the decay of human society. The principal Restaurateur still exhibits the sign of "The Prince of Wales" ; and feeble as is this record of royalty, it would be difficult to find in any other corner of the world so considerable a mark of respect to the exiled Stuarts. The superb terrace, which bounds the park towards the valley of the Seine, is justly admired [p. 212] for its extent of 7200 fett, and pleasing prospect over Paris and St. Denis. The park contains 8500 acres, and is still stocked with game, for the recreation of the royal family. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14180_actor">Hall, Francis </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Francis Hall, Travels in France in 1818, Londres, Longman, Hurst, Rees, Orme and Brown, 1819, p. 211-212.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k103505f/f218.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires de Marianne Colston sur le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1819/1821" encodinganalog="3.1.3">1819-1821</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_14254_actor">Colston, Marianne</persname>
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            <note>
              <p>Epouse de Edward Francis Colston, propriétaire terrien anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« St. Germain-en-Laye is surrounded by an extensive forest, which is a remnant of those vast woods that formerly environed Paris. The ancient kings of France had a palace here, to which Francis I made great additions. Henry IV was fond of this residence ; Lewis XIII died, and Louis XIV was born here. The last-named sovereign completed the fine terrace that Henry IV began, and which commands an extensive and delightful view. Louis XIV afterwards gave this palace to Madame La Vallière, after whom our James II resided in it. Under the succeeding French monarchs it was almost abandoned ; during the Revolution it was converted into a barrack ; and under Bonaparte, was employed as a military school : it is now again used as a barrack. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14254_actor">Colston, Marianne </persname>
            <subject>Caserne des gardes du corps</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Marianne Colston, Journal of a tour in France, Switzerland and Italy, during the years 1819, 20 and 21, Paris, Galignani, 1822, t. 2, p. 315</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par John Scott du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <note type="generalNote">
              <p>Ce texte commente une lithographie intitulée Palace of St Germain (Drawn by Frederick Nash, Engraved by Edward Goodall).</p>
            </note>
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              <persname id="atom_14091_actor">Scott, John</persname>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« Ce bel édifice est divisé en Vieux et en Château Neuf. Le premier fut commencé sous Charles V, en 1370, et achevé sous François I : le second est dû à Henri IV. Louis XIII l’embellit, et Louis XIV y fit faire de grandes augmentations, sans doute avec l’intention d’en faire son domicile habituel ; mais de ce lieu de sa naissance, ce Prince découvroit Saint-Denis, qui devoit être celui de sa sépulture ; et tout fort, tout puissant monarque qu’il étoit, il eut la foiblesse de ne pouvoir supporter cette vue qui lui rappeloit sans cesse qu’il n’étoit qu’un homme. C’est à cette humaine foiblesse d’un grand roi, que l’on doit la conversion des marais de Versailles en un palais et des jardins magnifiques, dont nous aurons occasion de faire la description particulière.<lb/>Ce Château est situé sur la croupe d’une montagne qui vient baigner la Seine. Il est construit en plateforme ; la galerie qui règne à l’entour est magnifique : les cinq gros pavillons dont Louis XIV a fait flanquer ses encoignures, la largeur qu’il a fait donner à ses fossés, les jardins suspendus dont Henri IV l’a orné, sa terrasse, ouvrage de main d’homme, qui longe la Forêt de Saint Germain dans une étendue de près de deux milles, et qui domine la rivière, d’une élévation d’environ 200 pieds, d’où la vue glisse sur un plan incliné à 45 degrés, en font un objet imposant et bien digne d’exciter l’admiration des étrangers.<lb/>Trois rois de France, Henri II, Charles IX, et Louis XIV, y naquirent ; et un roi d’Angleterre, Jacques II, son épouse et sa fille, qui y trouvèrent un asyle en 1689, y moururent.<lb/>C’est, enfin, dans ce Château que, depuis plus de quarante ans, se tenoient les assemblées générales du clergé de France. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14091_actor">Scott, John </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Frederick Nash, John Scott, Picturesque views of the city of Paris and its environs, consisting of views on the Seine, public buildings, characteristic scenery, &amp;c, with appropriate descriptions, Londres, Longman, Hurst, Rees, Orme and Brown, 1820, p. non numérotée</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Maria Edgeworth de sa visite au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <persname id="atom_11389_actor">Edgeworth, Maria</persname>
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              <p>Romancière anglaise.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 113] À Saint-Germain, ce vaste palais qui servait il y a peu de temps encore de caserne à l’armée anglaise, notre guide féminin était extrêmement bien informé. Réellement, François Ier, Henri IV, Marie de Médicis, Louis XIV et Mlle de la Vallière semblaient avoir été de ses connaissances intimes. Elle connaissait tous leurs secrets. Elle nous montra la chambre de<lb/>Mlle de la Vallière ! Une chambre resplendissante de dorures, – de dorures qui ont contribué à dérober à sa vue les souffrances de l'avenir ! – La pauvre femme ! Ces ors ont, par exception, échappé à la destruction révolutionnaire.<lb/>Dans la hauteur de la voûte si dorée de cette pièce, le guide nous montra une trappe par laquelle Louis XIV descendait. Comment on a pu aménager cette trappe, je ne le comprends pas bien ; cela dut être un travail périlleux à [p. 114] cause de l’élévation de la chambre. Mais mon guide féminin, qui certainement l’a vu faire, m’assura que Sa Majesté descendait très tranquillement dans son fauteuil, et, comme elle tenait de grosses clefs dans sa main, et qu'elle était presque aussi grosse que Mrs Liddy, je ne me hasardai ni à la contredire, ni à émettre aucun doute. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_11389_actor">Edgeworth, Maria </persname>
            <subject>Loisirs et promenades</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Maria Edgeworth, Lettres intimes de Maria Edgeworth pendant ses voyages en Belgique, en France, en Suisse et en Angleterre en 1802, 1820 et 1821, Paris, Guillaumin et Compagnie, 1896, p. 113-114.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1141406/f148.image</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Joseph Delort de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1821/1821" encodinganalog="3.1.3">1821</unitdate>
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              <persname id="atom_14227_actor">Delort, Joseph</persname>
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            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 57] Nous entrons dans Saint-Germain-en-Laye, à quatre lieues de Paris, ville située sur une montagne, au pied de laquelle coule la Seine, et peuplée d'environ 9,000 habitans. Elle doit son nom à 1’évêque Saint-Germain, [p. 58] qui vivait dans le 5e siècle, et l'épithète en Laye lui vient de la forêt silva Ledia ou Lea, dont il est fait mention dans un ancien cartulaire de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés.<lb/>En remontant à l'origine de cette ville, qui sera toujours célèbre, tant par le séjour qu'y ont fait nos princes que par son magnifique château, on voit que, sous le roi Robert, on y érigea une chapelle dédiée à Saint Germain, puis un petit monastère, près duquel se forma un village qu'on appela tout simplement Saint-Germain.<lb/>Sous le règne de Louis-le-Jeune, on y bâtit une maison de plaisance ; et dès-lors nos rois continuèrent à s’y plaire et par suite à l’habiter.<lb/>Christine de Pisan, qui fut élevée à la cour de Charles V, nous apprend que ce monarque, à juste titre surnommé le Sage, fit moult notablement réédifier le chatel de Saint-Germain en 1370. Il fut pris par les Anglais sous Charles VI. Charles VII le reprit des mains d'un capitaine anglais, et Louis XI son fils, qui n'aimait point la campagne, mais qui n'épargnait rien pour la conservation de ses jours, en fit présent à Jacques Coitier, son premier médecin, qui [p. 59] en fut dépouillé à la mort du prince. Néanmoins Charles VIII et Louis XII le négligèrent beaucoup. Ce ne fut qu’à l'époque où François Ier, qui avait beaucoup de goût pour lâchasse, et s'était pris d'affection pour Saint-Germain, que le château fut augmenté d'un étage, ce que l'on reconnaît facilement à la couleur grise du moellon, décoré par des dessins en brique. Louis XIII y fit faire encore de grands embellissemens, et durant le règne de son fils, les cinq pavillons qui flanquent les encoignures, furent élevés par J. H. Mansart ; du reste, les lettres initiales sur les diverses constructions, rappellent les règnes sous lesquels elles ont été faites.<lb/>Ce que l'on appelle le château neuf, sur le faîte de la montagne plus près de la Seine, fut commencé sous Henri IV et Marie de Médicis, qui n'épargnèrent rien pour la perfection des ouvrages. Il fut embelli par Louis XIII qui y fut élevé ; et Louis XIV, qui y naquit le 5 septembre i638, en fit sa principale habitation jusqu'à la construction de Versailles. Mais, de tout cet édifice, au bas duquel est le village du Pec, il n'existe [p. 60] plus aujourd'hui que la tour où est né Louis-le-Grand, et qui tombe en ruines.<lb/>Marie de Médicis aimait tellement ce séjour, un des plus agréables qui soit en France et où l'on a remarqué qu'on vivait longtemps, qu'elle disait au maréchal de Bassompierre : « Je me plais ici, quand j'y suis ; j'ai un pied à Saint-Germain, l'autre à Paris. » – « En ce cas, madame, lui répondit le maréchal, je voudrais être toujours à Nanterre. »<lb/>On ne peut douter non plus que Henri lV ne l’aimât aussi, puisque, pour donner aux habitans une marque de l'intérêt qu'il leur portait, il les affranchit de tout impôt, le 10 juillet 1598, privilège dont ils jouirent jusqu'en 1789.<lb/>La lettre suivante, inédite, qui se rattache à mon sujet, écrite à la duchesse de Verneuil, prouvera qu'il y venait souvent :<lb/>« Mon cher coeur yls ont bien fayt le diable [p. 61] vers ma fame, je vous voyrré demayn au matyn et vous conterré tout, je veus fayre des myenes, cest pourquoy je ne desyre pas, qu’an ce tamps là vous soyes ycy, afyn que l’on ne vous acuse de ryen. Je manvoys demayn a St Germayn. Prepares vous à partyr demayn, car mardy je joueré mes jeus et vous voyrres si je suys le mettre. Je te donne le bon soyr mes cheres amours et un mylyon de besers.<lb/>H.»<lb/>En 1689, le roi Jacques II, ayant perdu sa couronne, se retira à Saint-Germain, où il fut accueilli avec la générosité qui caractérise les princes français. Il y mourut le 16 septembre 1702, et la reine son épouse, de la maison d'Est, y termina aussi sa carrière le 7 mai 1718.<lb/>Comme on vient de publier les Mémoires de ce roi, et que je n'y ai point trouvé les quatre lettres autographes intéressantes qui me sont tombées entre les mains, je crois<lb/>devoir les présenter ici […].<lb/>[p. 67] Fier d'avoir visité l'asile<lb/>Des plus illustres de nos Rois,<lb/>J'en sors, et, traversant la ville,<lb/>Bientôt j'arrive dans le bois.<lb/>D'abord, je trouve un militaire,<lb/>Que décorait la croix d'honneur,<lb/>Entretenant une bergère,<lb/>De ses combats, de sa valeur.<lb/>Car son âge me porte à croire<lb/>Que de l'amour la vive ardeur<lb/>Existe plus dans sa mémoire<lb/>Qu'elle ne règne dans son cœur.<lb/>Mais, l'amitié par sa douceur<lb/>Remplaçant la saison de plaire,<lb/>Peut-être du départ du frère<lb/>Il se console avec la sœur.<lb/>[p. 68] Plus loin, vers des routes secrètes,<lb/>Je rencontre sur mon chemin<lb/>Un homme lisant des tablettes :<lb/>J'approche, il se tourne, et soudain<lb/>Je reconnais un des poètes<lb/>Qui jadis chanta tour-à-tour<lb/>Et nos exploits, et nos conquêtes,<lb/>Et les conquêtes de l'amour.<lb/>– Quel but, ô favori des Muses,<lb/>Vous a conduit en ce vallon ?<lb/>Ces lieux sont-ils votre Hélicon?<lb/>– Tu me railles ou tu t'abuses.<lb/>Admirateur de Cicéron<lb/>Je fais comme fit ce grand homme :<lb/>Toujours il revoyait aux champs<lb/>Ses écrits composés à Rome ;<lb/>Et moi, je viens, tous les printemps,<lb/>À Saint-Germain, dans ces retraites,<lb/>Au sein des bocages fleuris,<lb/>Lire les pièces que j'ai faites<lb/>Dans le tourbillon de Paris.<lb/>[p. 69] Respectant les occupations de cet homme, je le saluai, et je continuai ma route avec mon ami.<lb/>Les belles masses de verdure de la forêt, l’une des plus belles du royaume puisqu’elle a cinq mille sept cent quatorze arpens, me rappellent que les rois de la première et seconde races s'appliquèrent peu au gouvernement des forêts, précisément peut-être parce que la France en était alors remplie. Ce ne fut que sous Philippe-Auguste que l’on commença à en tirer parti. Philippe III, Charles V et Charles VI rendirent sans doute des ordonnances pour leur conservation, mais ce fut François Ier, qui surtout les regarda comme un précieux trésor pour l’État ; aussi consacra-t-il tous ses moyens à leur entretien.<lb/>[p. 70] En causant ainsi, nous arrivons au bout de la grande route où se trouve le joli château des Loges, enclavé dans la forêt, et qui doit son nom au mot latin du moyen âge Logiae, qui signifie habitation au milieu des bois.<lb/>Le petit pavillon qu'on voit fut construit par ordre d'Anne d'Autriche, qui s’y rendait toutes les fois qu'elle allait à Saint-Germain.<lb/>Ce lieu, aussi célèbre par la foire qui s’y tient, que par les divers établissemens auxquels il servit a résisté aux destructions opérées par le vandalisme. En 1624, des ermites s'y établirent. Plus tard, c'est-à-dire en 1685, Louis XIII y plaça des Religieux, Augustins ; et c'est ainsi qu'après avoir servi à d'autres établissemens de ce genre, une succursale de la maison royale d'Ecouen y fut établie dans la révolution. Enfin une ordonnance de mai 1816, en a subordonné l'organisation à la maison royale de Saint-Denis. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14227_actor">Delort, Joseph </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Forêt</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Joseph Delort, Mes voyages aux environs de Paris, Paris, Picard-Dubois, 1821, t. II, p. 57-70.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5470509b/f80.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Denis-Joseph-Claude Le Fèvre de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <persname id="atom_14141_actor">Le Fèvre, Denis-Joseph-Claude</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Né au XVIIIe siècle et mort au XIXe siècle.<lb/>Actif à Meaux.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 37] Marly a subi le sort de Sceaux. La révolution a passé par là. Je n'aime pas à rencontrer les pas de cette mégère. J'en détourne les yeux, et je me dépêche d'arriver à Saint-Germain. Nous montons en humble fiacre cette belle voie terrassée qui fut faite pour des carosses à huit chevaux. Nous descendons à l'auberge de la veuve Fortin.<lb/>Nos chevaux essoufflés demandent l'écurie,<lb/>Et nous le déjeuner, On le sert, nous mangeons.<lb/>Il faut voir mes enfans dont la dent expédie<lb/>La côtelette mal rôtie,<lb/>Pain, cerises, biscuits, brioche, macarons !<lb/>Tandis que ces petits gloutons<lb/>Font à table ainsi leur partie,<lb/>[p. 38] Dans la chambre voisine une lubrique orgie<lb/>Nous régale de ses chansons.<lb/>C'étaient des acteurs, des actrices<lb/>Des boulevards, venus à Saint-Germain,<lb/>Qui s'ébattaient, chez la veuve Fortin,<lb/>Comme derrière les coulisses.<lb/>Quoique mes enfans ne fussent pas d'âge à deviner ces mystères, nous nous sommes empressés de nous éloigner de la scène où ils se passaient, en prenant le chemin du château.<lb/>Ce château, bâti en pierres et en briques, est d'une architecture féodale qui lui donne l'air d'une forteresse. Louis XIV, ami de la magnificence, devait s'y déplaire. On dit aussi que l'importunité de voir le lieu de sa sépulture, du séjour de sa grandeur, l'en dégoûta. Si cela est vrai, nous devons à une faiblesse la création de Versailles. C'est un grand effet de plus né d'une petite cause.<lb/>La terrasse, ouvrage de Le Nôtre, est magique. Armide n'eût pu en créer une plus belle pour intéresser la vue de Renaud. L’œil règne de là sur un empire qu'il semble avoir conquis, comme César, en se présentant. Si l’œil parlait, il pourrait dire aussi : veni, vidi, vici ; toute sa conquête se montre à lui comme dans une parade, la Seine, une infinité de villages, les hauteurs de Montmorency, ses vallées, les coteaux de Marly, des prairies, des bois, des champs cultivés, et mille maisons de plaisance qui s'élèvent du sein des hameaux, comme des aigrettes d'officiers au milieu d'un groupe de soldats.<lb/>[p. 39] Je prenais ma part de royauté, en dominant sur ce vaste espace, quand je fus accosté par un personnage que l'habitude de voir ce spectacle rendait moins attentif que moi. […]<lb/>[p. 44] J’avais entendu vanter la forêt de Saint-Germain, elle a surpassé l'idée que je m'en étais faite. Heureux qui, libre de soucis et d'affaires, peut y promener ses rêveries et son indépendance ! que ces allées sont vastes et belles ! que ces pelouses sont douces! Que ces pavillons de verdure sont richement étoffés! Si le labyrinthe de Crète eût ressemblé à cette forêt, Dédale eût aimé sa prison, et Thésée y serait resté avec Ariane.<lb/>Cette superbe population d'arbres, plus tranquille que celle des cités, a inspiré à Desmahis une jolie invocation au silence. Le silence l'a exaucé. Il habite sous ces grands et petits dômes de feuillage, et ne permet qu'aux oiseaux de l'interrompre.<lb/>En parcourant la forêt dans tous les sens, je n'ai pu passer devant le Val, château du prince de<lb/>Beauveau, sans rendre un petit hommage tacite à un hôte aimable que ce château recevait souvent.<lb/>Au plaisir, au bon ton fidèle,<lb/>C'est dans sa prose et ses couplets<lb/>Le plus léger, le plus piquant modèle<lb/>[p. 45] Des grâces de l'esprit français.<lb/>Voltaire aimait sa muse familière,<lb/>Comme un phosphore, un feu follet,<lb/>Qui toujours surprend, toujours plait<lb/>Par les jets vifs de sa lumière.<lb/>Qui ne sait ces vers délicats<lb/>Façonnés dans un style honnête<lb/>Sur un objet qui ne l’est pas.<lb/>Et dont il fit conquête sur conquête ?<lb/>Vous rappeler ici ces diamans de vers<lb/>Si finement taillés, c'est vous nommer Boufflers.<lb/>La promenade donne de l'appétit. Le dîner nous rappelle à l'auberge. Nous repassons devant le château, que je regarde encore. Je serais resté plus long-temps à considérer ce vieux monument, bâti par Louis IV et rajeuni par Henri IV et Louis XIV, si ma compagnie n'eût pas été plus pressée de se mettre à table que de rester en contemplation devant des pierres. Le dernier roi qu'elles ont logé est celui que son gendre avait supplanté à Londres.<lb/>Du néant des grandeurs témoignage éclatant,<lb/>Ce fut là que Stuart, déchu du diadème,<lb/>Sans pompe, sans armée, et réduit à lui-même,<lb/>Ne pouvant vivre en roi, vécut en pénitent.<lb/>Une grande infortune attendrit toujours l'âme.<lb/>Qui sait s'y résigner doit être exempt de blâme.<lb/>Cependant, malgré moi, je reste confondu,<lb/>Qu’un prince qui porta le sceptre d'Angleterre,<lb/>Lorsque ce sceptre fut perdu,<lb/>Ait cru le remplacer en prenant un rosaire.<lb/>[p. 46] Ce prince passait pour brave, autant qu'il avait été voluptueux dans la cour de délices de son frère Charles II. Mais il y a de ces adversités qui écrasent tous les ressorts ; et quand, tombé de la sphère des grandeurs factices, la foi vous montre une religion qui vous tend une main pour vous relever, et vous fait voir de l'autre, comme refuge certain, une sphère bien plus éblouissante que celle que vous avez quittée ; quand elle vous promet, en échange de la dignité périssable de roi de la terre, la qualité éternelle de citoyen de la république céleste , il n'est pas extraordinaire que, pénétré de la vérité de cette promesse, on se livre à l'abnégation dont Jacques Stuart a donné l'exemple.<lb/>Vous aimez, mon ami, que l'on passe du sérieux à l'enjouement. Je quitte donc le château de Saint-Germain pour l'auberge, et le ton de la complainte pour celui de convive. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14141_actor">Le Fèvre, Denis-Joseph-Claude </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Forêt</geogname>
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            <p>Denis-Joseph-Claude Le Fèvre, Pèlerinages d'un Childe-Harold parisien aux environs de la capitale, en Lorraine, en Alsace, à Lyon et en Suisse, extraits du portefeuille de M. D.-J.-C. Verfèle, Paris, Ambroise Dupont et Cie et A. Sautelet et Cie, 1825, t. I, p. 37-46.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6448157w/f65.image</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par August Hermann Niemeyer de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1826/1826" encodinganalog="3.1.3">1826</unitdate>
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              <persname id="atom_14079_actor">Niemeyer, August Hermann</persname>
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            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 275] Wir eilten nach dem sehr nahe gelegenen St. Germain en Laye. Die kleine stille Stadt vereinigte so manches Sehenswerthe ; die herrlichste Lage, das alte Schloß, und das gerade damals so berúhmte Erziehungsinstitut der Mad. Campan.<lb/>Keinen Ort liebten die vormaligen Könige so sehr in keinem ihrer Schlósser lebten und wohnten sie so oft als hier. Große Staatsverhandlungen sind gerade in diesen Mauern zu Stande gebracht. Es war selbst die Geburtsstátte mehrerer Regenten, Heinrich des II, Carl des IX, selbst Ludwig des XIV. Als es die Kónige verließen, ward es háufig der Aufenthalt ihrer Gáste. Hier endete auch der aus England vertriebene Jakob II seine Lage.<lb/>Welche Lage hátte es aber auch mehr verdient, in den schónsten Monaten dés Jahres mit Paris vertauscht zu werden ? Sie vereinigt alles was das Auge nah und fern entzúcken kann, man mag nun auf den oberen Gallerien des Schlosses oder auf der berúhmten Terrasse – vielleicht einer der gróßten die es giebt – umherblicken. Auf der einen Seite hat man die dunklen Schattirungen des großen Parks mit seinen ehrwúrdigen Báumen, auf der andern die heitern unúbersehbaren Ebenen, wo man, den lauf der Seine in die weiteste Ferne verfolgend, auf dem fruchtbarsten Boden zahllose Schlósser, Landháuser, Dórfer und Stádte zu seinen Fúßen sieht. Selbst die reine [p. 276] luft, die man hier vorzugsweise einathmen soll, erhóht den Reiz der lage. Man begreift es nicht, wie Ludwig XIV der wohl Sinn fúr das Große und Schóne auch in der Natur hatte, dennoch den Entschluß fassen konnte, an Verfailles unendliche Summen zu verschwenden, statt hier an die Stelle des uralten durch stetes Anflicken und Bessern zur unregelmáßigen Form entstellten Schlosses (wie sie die Titelvignette darstellt) ein von Grund aus neues aufzufúhren, wo die Architektur, unterstútzt von der einzig schónen, durch alle Kunstanlagen Lenotres nicht zu ersetzende Natur, ihren hóchsten Triumph hátte feyern kónnen. Aber wie leicht werden die Herrscher des Alten múde ! Sie wollen lieber Schaffen als des Vorhandenen ruhig genießen ; sie wollen, der einfachen Natur múde, sie lieber nach ihren Einfállen durch lácherliche Spielereyen verkúnsteln. Was sie dann wáhrend des Entstehens oft Lag und Nacht bescháftigt hat, ist, wenn es vollendet dasteht, nur zu bald wieder vergessen.<lb/>Fast klingt es úbrigens wie Spott, was man jedoch einstimmig erzáhlt, daß es die Thúrme von St. Denys waren, die dem Kónige den Aufenthalt, wo sich vordem so viele seiner Vorgánger, namentlich Heinrich der IV, so glúcklich gefúhlt hatten, verleideten, und so der Plan in ihm reifte, einem platten sumpfigen Boden, alles was ihm die Natur versagt hatte, mit unermeßlichen Kosten abzugewinnen. Allerdings hat [p. 277] man auf den schónsten Standpunet von St. Germain das große Mausoleum der in Staub zerfallenen Dynastieen stets im Auge ; und da die Kónige weit sichrer als die Privatpersonen wissen kónnen, wo ihre letzte Státte seyn werde – sollte ihr Leben auch in noch so großer Entfernung enden – so konnte auch der, dem feine Schmeichler unablássig vorsagten und vorsangen, daß er der gróßte Mensch seines Jahrhunderts sey, nicht zweifeln, daß die Zeit kommen músse, wo von allen diesen vergótternden Gesángen nur das dumpfe Requiem in jenem St. Denys als Nachklang úbrig bleiben werde. Sollte aber Ludwig den Tod so sehr gefúrchtet haben ? Er starb doch mit großer Fassung ; und da in seiner Familie Todesfall auf Todesfall folgte, so konnte er ohnehin der Erinnerung daran nirgend entgehen. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14079_actor">Niemeyer, August Hermann </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>August Hermann Niemeyer, Beobachtungen auf Reisen in und ausser Deutschland. Nebst Erinnerungen an denkwürdige Lebenserfahrungen und Zeitgenossen in den letzten fünfzig Jahren, t. IV, Halle, in der Buchhandlung des Hallischen Waisenhauses, 1826, 2e partie, p. 275-277</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description du château de Saint-Germain-en-Laye par L. T. Ventouillac</unittitle>
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            <unitdate normal="1829/1829" encodinganalog="3.1.3">1829</unitdate>
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              <persname id="atom_13804_actor">Ventouillac, L. T.</persname>
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            <note>
              <p>Professeur de langue et littérature françaises au Royal College de Londres.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 47] Château St. Germaine-en-Laye<lb/>St. Germain en Laie is four leagues from Paris, on the edge of the forest of Laie (one of the largest and finest in France), on the road to Mantes.<lb/>Its greatest ornament is the Château originally built for the accommodation of the kings of France when they were disposed to hunt in the neighbouring forest. Francis I caused the old castle to be demolished, and constructed a new one nearer the Seine, now denominated the Old Castle, and entirely in ruins. Henry IV built what is called the New Palace, which Louis XIII and XIV embellished; the latter adding the noble towers which flank the angles. The terrace of St. Germaine is 7200 feet in length.<lb/>Here were born Henry II, Charles IX, and Louis XIV; and in this palace James II, of England, found, after the Revolution of 1688, a truly royal asylum. He died here in 1701. The views were from the terrace of the course of the Seine, the villages and country seats bordering the metropolis, the rich and animated meadows, and the distant hills, are most picturesque and delightful. On one of the hills in the distance may be distinguished the fine aqueduct of Marly.<lb/>[…]<lb/>[p. 127] Cour du château de St. Germain<lb/>The road from Paris to St. Germain-en-Laie offers many points of interest to the traveller. Passing through the Champs Elysees, we reach the Barriere and then the bridge of Neuilly, whence appears, on an eminence to the right, the picturesque village of Courbevoie: farther on is Colombes, remarkable chiefly as the residence of Henrietta, wife of Charles I of England. She died here in 1669. The next village is Nanterre, about two leagues and a quarter from Paris, and one of the most ancient neighbours. Here St. Genevieve, the patroness of the metropolis, is said to have been born in the fifth century. Close by is Ruel, distinguished by its superb barracks, erected by Louis XV, and occupied by the Russians as a military hospital in 1814. The church is a superior edifice of the 16th century; and not far distant the chateau of cardinal Richelieu is to be seen. Malmaison now presents its fine grounds, and is succeeded by Marly and its celebrated aqueduct; the road from the former winding along the left bank of the Seine until it reaches the town of St. Germain. Marly and its neighbourhood afford many delightful views of the environs of Paris.<lb/>We have already adverted to the history of the Chateau de St. Germain. The seat of an English court and cabinet for the last ten years of the 17th century, it has never since been a favorite residence of the French monarchs; was almost abandoned in the reigns of Louis XV and XVI, and converted, during the Revolution, into barracks. The ancient court shown in the plate is in the best style of the period of Francis I and Henry IV, to whom this palace owes its chief buildings. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13804_actor">Ventouillac, L. T. </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>L. T. Ventouillac, Paris and its environs displayed in a series of picturesque views, the drawings made under the direction of Mr Pugin and engraved under the superintendance of Mr C. Heath, Londres, Robert Jennings, 1829-1831, t. I, p. 47 et 127</p>
          </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Simeon South de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1833/1833" encodinganalog="3.1.3">3 août 1833</unitdate>
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            <note type="generalNote">
              <p>Lettre du 3 août 1833 à sa tante Maria.</p>
            </note>
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              <persname id="atom_13843_actor">South, Simeon</persname>
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              <p>Anglais, décédé au XIXe siècle.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 182] After passing Mont Calvary, you drive on through several villages, and near Malmaison, and the heights and water-works of Marly, to this town, so long the favourite residence of the sovereigns of France, and afterwards of the last of the Stuart kings.<lb/>Its imposing chateau presents no interior attraction : wanting furniture, it looks like what it has occasionally been used for [p. 183] a barrack : and now its only tenants are the porter, and his family. His daughter, a lively brunette, showed us over it, and, on coming to Madame La Valière’s apartment, she pointed to the ceiling, in which there is ingeniously concealed by the moulding, a trap-door, by which to avoid the vigilance of his mother, Anne of Austria, Louis XIV descended to his mistress. I need not give you further description of this deserted caravansery, or its very richly decorated chapel.<lb/>In the Place d’Armes, opposite the château stands the new church, with a large Doric portico.<lb/>Its altar is splendid. On the left is a very small free-stone monument, within a slight railing : the inscription tells us that, beneath it repose the remains (les dépouilles) of James II King of England.<lb/>I recollect reading somewhere, that a superb monument, to be erected over it, was executing, during the reign, and at the expense [p. 183] of, George IV. I know nothing of the circumstance, but I suspect that the design (I wish you would ask Mr. Hume) has ended in a mere job ; for, within the railing there are three or four pieces of marble, evidently intended for a monument, laying among some straw, which apparently surrounded the case in which they were packed. If put up, they would form such a monument as the widow of a Parisian shoemaker would blush to see over the grave of her husband, at Père la Chaise.<lb/>Of the ancien forest called Sylvia Lida, which in the time of Charlemagne was the most extensive in France, that of St Germain is a remaining portion, which still occupies about 8,000 acres, surrounded by walls. It produces the most stately trees, and the finest timber that I have seen in France : roads and paths traverse it, and the walks, which we have found exceedingly pleasant, are frequented [p. 185] chiefly by genteel-looking persons. Guide posts to direct passengers, are placed where roads traverse each other ; and we frequently meet with crosses, erected at various periods, to commemorate known or forgotten events. Roebucks, deer, stags, and wild boars, are preserved her for the Royal Hunt ; and the Château de la Muette, in the centre of the forest, is the rendezvous à la chasse. The pheasantry is surrounded with walls, and annually sown with buck-wheat. The fairs of St. Germain are held twice a year in the forest.<lb/>The magnificent terrace, probably the most spacious in Europe, extending in front of the wood, along the elevated bank of the Seine, is a mile and a half long, and one hundred feet in breadth. The trees of the forest shade and shelter this once regal promenade, and a fine parapet and railing, rise along the whole edge of the abrupt height, which forms its outward boundary.<lb/>[p. 186] The view from the terrace, if not what tourists would consider enchantingly sublime, is certainly magnificent, in regard to prospect, and its landscape is truly rich in picturesque beauty.<lb/>Here often did the most amorous of Princes and the fair La Valière, promenade in the hey-day of youth and passion ; here did the bigoted James, and his gloomy confessor saunter, accompanied, perhaps, by the devoted Duchess of Perth ; and here now may some retired English families, and a few of the old, quiet inhabitants of St. Germain, be seen walking in pensive mood, when the evenings are calmly closing days spent, in lazy monotony : but the splendour of Royalty, the joyous revelry, the courtly amours, and political intrigues, from it are fled – in all probability, for ever.<lb/>As a mere town, I dislike St. Germain, it has scarcely a house worthy of notice.<lb/>The Hotel de Noailles, once a sumptuous [p. 187] residence, has been converted into barracks, which now form the imposing lodgment of the King’s body guard. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13843_actor">South, Simeon </persname>
            <geogname>Ville (église)</geogname>
            <geogname>Forêt</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Simeon South, Simeon’s letters to his kinsfolk dans other great people, written chiefly from France and Belgium in the years 1832, 1833, and 1834, Londres, Longman, Rees, Orme, Brown, Green et Longman, et Paris, English and American Library, 1834, t. 2, p. 182-187</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Christoph Friedrich Karl von Kölle de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">72</unitid>
            <unitdate normal="1836/1836" encodinganalog="3.1.3">1836</unitdate>
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              <persname id="atom_14156_actor">Kölle, Christoph Friedrich Karl (von)</persname>
            </origination>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 176] Die Eisenbahn nach St. Germain<lb/>Bei der großen Bewegung, welche die Eisenbahnen seit kurzem in mein Vaterland brachten, wird eine kleine [p. 177] Notiz über die Eisenbahn nicht unwillkommen seyn, welche in diesem Augenblick zwischen Paris und dem Dorfe le Pecq unter St Germain en Laye vorbereitet wird.<lb/>Der Ausgangspunkt wird auf einem Viaduct hinter der Magdalenenkirche zwischen der neuen Markthalle der Straße seyn. Von da geht der Weg auf eisernen Brücken über die Rue neuve des Mathurins und St. Lazare ; jenseits der letzteren empfängt die Bahn ein Tunnel, welcher unter dem ehemaligen Tivoligarten, jetzt Place de l’Europe, weggeht, die Stadtmauern unterirdisch durchschneidet und bei der Barriere de Monceaur endet. Oberhalb der Brücke von Asnieres wird die Seine auf einer eigens hiezu erbauten Brücke passirt, eine zweite wird bei le Pecq gebaut. Im laufenden Iahre sollen die Arbeiten vollendet seyn. Die Kosten sind auf 6 Millionen Francs (für 6 Wegstunden) angeschlagen. Ein Herr Pereyre steht dem Namen nach, in der That aber stehen die Hauser Rothschild, Gontard &amp;c an der Spitze. Die Behörden machten im Stillen alle nur erdenklichen Schwierigkeiten, besonders die direction des ponts et et chaussées. Man gebraucht Abtheilungen der Besatzung von Paris zu Ausführung eines Theils der Arbeit, welche an vier Orten zugleich betrieben wird, so lange die Witterung es gestattet. Die Actien stehen über Pari, ich fürchte jedoch, daß ein Nachschuß werde müssen begehrt werden, und daß die Bahn nicht so früh werde befahren werden können, als man berechnet hatte.<lb/>Eine Seitenbahn nach Versailles wurde beantragt, besprochen, aber vor der hand eben so unausführbar befunden, als ein Tunnel unter St. Germain weg nach Poissy, wo der große Viehmarkt für Paris ist. Auf jeden [p. 178] Fall ist diese Bahn ein Anfang für die Linie nach dem Havre.<lb/>Bei der herrlichen Lage von St. Germain und dem Vorzug, welchen es als Sommeraufenthalt verdient und genießt, bei der für diese Gegend einzigen Aussicht seiner Terrasse wird man in Zukunft, statt sich im magern und sandigen Bois de Boulogne zu ergehen, in 20 – 28 Minuten an der Anhöhe stehen, auf welcher St. Germain liegt, und zu welcher eine gut angelegte, zwar für Dampfwagen zu steile, für Omnibus aber nicht unbequeme Steige führt, und nach ein paar Stunden Landaufenthalt immer noch bequem zum Mittagessen wieder zu Hause seyn. Von dieser Seite und da nothwendig alles, was in Paris den Fahrpreis aufzutreiben im Stande ist, wenigstens einmal der Neugier und Mode wegen mitfahren wird, glaube ich dem Unternehmen auf längere Zeit sehr starke Einnahme versprechen zu können.<lb/>Eine zweite reichliche Quelle von Einnahmen werden die Waaren seyn, welche die Seine heraufkommen, und bei niederem Wasserstande und den zahllosen Krümmungen des Flusses im Sommer wohlfeiler auf der Eisenbahn nach Paris werden befördert, werden wenn ihre Ankunft Eile hat.<lb/>Die Halber, welche nur zu oft in kläglichem Zustande vom Schlächterwagen im Schlachthause abgeladen werden, die Ochsen, welche auf der stark befahrenen Landstraße nicht ohne Mühe zur Stadt getrieben werden, müssen ebenfalls als ständige und bedeutende Transportgegenstände in Berechnung gezogen werden.<lb/>Viele andere Artikel, an welche man jetzt noch nicht [p. 179] denkt, werden gewiß durch die Möglichkeit eines so schnellen Transports auf den Pariser Markt gebracht werden.<lb/>Es ist jedoch unverkennbar, daß bei dem so hohen Preise des Bodens und der Arbeit ein Aspirations punkt von Paris dazu gehört, um diese Unternehmung auf die Kosten zu bringen. Indem erlaube ich mir, einen kleinen Zweifel auszusprechen. Man hat zwar zu Verfertigung der Schienen, Waggons u. s. w. zu dem ganzen Dienste Engländer beinahe ausschließlich angeworben, aber es wird unmöglich seyn, die Gesammtheit der Unternehmung dem Mangel an Aufsicht in jedem Augenblick, an gleichförmiger maschineuähnlicher Thätigkeit zu entziehen, welcher nun einmal in allen romanischen Nationen bemerkt wird. Ich halte deßhalb Eisenbahnen in Deutschland für viel ausführbarer und haltbarer in die Länge als in Frankreich. Jedoch lebe ich der Hoffnung, daß eine neue verbesserte Vereinfachung oder Ausdehnung der Viabilität werde bekannt werden, ehe diese Bahn befahren werden wird, denn wenn der menschliche Geist einmal etwas reckt ernstlich will, wie es jetzt der Fall mit der fortschaffenden Mechanik ist, so erreicht er das Erreichbare sehr bald. Deßhalb hege ich die vollste Ueberzeugung, daß unsre Enkel mit einer Schnelligkeit reisen, mit Genüssen fremder Länder um den möglichst wohlfeilen Preis sich laben, und die ganze Gestalt ihres Lebens auf eine Weise ändern werden, welche wir nur dunkel ahnen, aber nicht bemessen können. Das Herrschen schon jetzt nicht mehr die angenehme Beschäftigung der Vorzeit, wird unglaublich schwer, aber Kriege werden beinahe unmöglich werden. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14156_actor">Kölle, Christoph Friedrich Karl (von) </persname>
            <subject>Chemin de fer</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Christoph Friedrich Karl von Kölle, Paris im Jahre 1836, Stuttgart et Augsburg, Cotta, 1836, p. 176-179.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Eduard Kolloff de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1836/1836" encodinganalog="3.1.3">1836</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_14152_actor">Kolloff, Eduard</persname>
            </origination>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 128] Die anmuthige Lage der Stadt Saint-Germain-en-Laye auf einem der vielen Hügel, welche die Ufer der Seine beherrschen, bewog zuerst Ludwig den Dicken, hier ein Schloß zu bauen. Dasselbe wurde im vierzehnten Iahrhundert von den Engländern zerstort und erstand erst unter Karl V wieder aus seiner Asche. Franz I erweiterte und verschönerte es, indem er ihm zu Ehren der Diana von Poitiers die Form eines gothischen D geben ließ. Ludwig XIV verließ diesen seinen Geburtsort aus Aberglauben und bewies gleiche Schwache, wie Katharina von Medicis, welche dasselbe Schloß aus einem andern Vorurtheile floh. Nostrodamus hatte namlich der französischen Agrippina prophezeit, daß sie in Saint-Germain sterben würde. Sie wählte darauf Paris zu ihrem Aufenthaltsorte und bewohnte das Louvre ; aber das Louvre grenzte an die Kirche Saint-Germain l'Auxerrois. Sie begab sich daher nach Blois, wo sie krank wurde und zur größten Ehre und Freude der Astrologen in den Händen des gelehrten Bischofs von Noyon starb, welcher Saint-Germain hieß.<lb/>Heinrich IV hat in Saint-Germain unermeßliche Summen verschwendet. Er fügte zu dem alten Schlosse noch ein neues hinzu, welches die Residenz der schönen Gabriele von Estrées wurdeWenn [p. 129] man sich damals über die an das Schloß stoßende Terrasse lehnte, erblickte man Kaskaden, Grotten, hängende Gärten u. s. w. Der König hatte den berühmten Mechaniker Francini aus Florenz kommen lassen, um in Saint-Germain die Wunder seiner Kunst zu zeigen. Dieser schuf daselbst die Grotten des Perseus und Orpheus, zwei Meisterwerke der mechanischen Bildnerei ; auf der einen Seite sah man den Perseus in voller Rüstung, wie er der an den Felsen gebundenen Andromeda zur Hülfe eilt, und emen ungeheuren Drachen, welcker wüthend aus einem Gartenteiche hervorschießt, besiegt und wiederum in den Abgrund zurückjagt ; gegenüber war Orpheus in natürlicher Größe abgebildet, auf einem Felsen sitzend und fromme Kirchenarien auf seiner Leier spielend, zur großen Rührung der ihn umgebenden Felsblöcke, welche Strome von Thronen vergießen, und aller Thiere der Schöpfung, welche vom Elephanten bis zur Blattmilbe, aus ihren Schlupfwinkeln herbeieilen, um den Tonen der Musik zu lauschen. Diese ganze künstliche Welt lebte, regte und bewegte sich aufs wunderbarste ; zum großen Verluste für die Kunst ist sie leider im I. 1649 untergegangen.<lb/>Unter den Nachkommen Heinrich IV wurde das Schloß von Saint-Germain ein Asyl für Iakob II und die Seinigen ; gegenwärtig ist es in eine militärische Strafanstalt verwandelt.<lb/>[p. 130] Die Stadt ist unbedeutend ; viele kleine Rentiers haben sich aus dem Lärm der Hauptstadt nach Saint-Germain zurückgezogen, obschon mehrere daselbst befindliche Reiterkasernen und das Garnisonsleben die angenehmen Spaziergänge und die ländliche Zufriedenheit und die gesunde Luft vielfach verbittern. Die Eisenbahn hat reges Leben in die Stadt gebracht ; bereits sind die Preise der Häuser und Wohnungen bedeutend gestiegen. Von der berühmten Terrasse hat man wirklich eine herrliche Aussicht auf das Thal der Seine, deren Lauf man von hier aus weithin verfolgen kann. Von Paris sieht man außer dem Triumphbogen wenig ; wohl aber die nordwärts gelegenen Anhöhen. Der Wald, welcher die Terrasse auf der Südseite beschattet, bietet äußerst liebliche Spaziergänge. Das alte weitläuftige Schloß mit vielen für den Architekten wichtigen Details ist für gewöhnliche Besucher unzugänglich geworden.<lb/>Das sogenannte Logenfest, ein Iahrmarkt, welcher alle Herbst gehalten wird, zieht jedesmal eine unermeßliche Menschenmenge nach Saint-Germain. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14152_actor">Kolloff, Eduard </persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Eduard Kolloff, Schilderungen aus Paris, Hambourg, Hoffmann et Campe, 1836, t. II, p. 128-130</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par James Fenimore Cooper de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">74</unitid>
            <unitdate normal="1837/1837" encodinganalog="3.1.3">1837</unitdate>
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            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_14249_actor">Cooper, James Fenimore</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-6539dbd930e3c73013ccd8439be4b7ad" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Romancier américain.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 77] The next stage brought us to St. Germain-en-Laye, or to the verge of the circle of low mountains that surround the plains of Paris. Here we got within the influence of royal magnificence and the capital. The Bourbons, down to the period of the revolution, were indeed kings, and they have left physical and moral impressions of their dynasty of seven hundred years, that will require as long a period to eradicate. Nearly every foot of the entire semi-circle of hills to the west of Paris is historical, and garnished by palaces, pavilions, forests, parks, aqueducts, gardens, or chases A carriage terrace, of a mile in length, and on a most magnificent scale in other respects, overlooks the river, at an elevation of several hundred feet above its bed. The palace itself, a quaint old edifice of the time of Francis I, who seems to have had an architecture not unlike that of Elizabeth of England, has long been abandoned as a royal abode. I believe its last royal occupant was the dethroned James II. It is said to have been deserted by its owners, because it commands a distant view of that silent monitor, the sombre beautiful spire of St. Denis, whose walls shadow the vaults of the Bourbons; they who sat on a throne not choosing to be thus constantly reminded of the time when they must descend to the common fate and crumbling equality of the grave.<lb/>An aqueduct, worthy of the Romans, gave an imposing idea of the scale on which these royal works were conducted. It appeared, at the distance of a league or two, a vast succession of arches, displaying a broader range of masonry than I had [p. 78] ever before seen. So many years had passed since I was last in Europe, that I gazed in wonder at its vastness.<lb/>From St. Germain we plunged into the valley, and took our way towards Paris, by a broad paved avenue, that was bordered with trees. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_14249_actor">Cooper, James Fenimore </persname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>James Fenimore Cooper, Recollections of Europe, Paris, Baudry’s European Library, 1837, t. I, p. 77-78.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102938k/f84.image
<lb/></p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Karl Gottlob Ferdinand von Polenz de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">75</unitid>
            <unitdate normal="1841/1841" encodinganalog="3.1.3">1841</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_14332_actor">Polenz, Karl Gottlob Ferdinand (von)</persname>
            </origination>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 337] Von geschichtlichen Eindrücken überfüllt, fuhr ich, mit unserm Landsmanne, dem Montmartre und den Maifons blanches (wo Blücher während der Schlacht von Paris gehalten haben soll) vorüber, durch das Dorf und die Barrière Clichy in die Straße gleiches Namens, von wo wir auf der Eisenbahn uns nach St. Germain-en-Laye begaben ; eine 5 Stunden von Paris an der Seine anmuthig gelegene Stadt, in der die reich gewordenen Pariser Gewürzkrämer (épiciers) in schönen Landhäusern, von den Sorgen ihrer Geschäfte wohl eine andere Ruhe suchen, als die, welche der Herr auch ihnen verheißen hat. Die Aussicht von der dasigen Terrasse ist weit reizender, als ich eine solche in der Nähe von Paris erwartet hatte, und die in wiederholten Krümmungen zwischen Weinhügeln, üppigen Wiesen und lachenden Gärten sich hindurchwindende Seine hat das Bild veranlaßt, daß fie, von der Hauptstadt zauberisch angezogen, immer wieder zu ihr sich wenden müsse.<lb/>Auch St Germain, in dessen von Franz I. gebautem Schlosse sich jetzt eine Militärstrafanstalt befindet, ist reich an geschichtlichen Erinnerungen. Ludwig XIV. wurde hier in einem Hause an der Terrasse geboren, an dem man eine Wiege angebracht sieht. Er wählte, da ihm das Andenken an die Unruhen der Fronde Paris unbehaglich machte, das dasige Schloß zu seiner Residenz, bis ihn der stete Anblick des Kirchthurmes von St. Denys an den Tod erinnerte und in seinem [p. 338] Lebensgenusse unangenehm störte. Da vertauschte er diesen lieblichen Aufenthalt mit der Einöde von Verfailles, die er erst mit ungeheurem Aufwande von Kosten zu seiner Residenz umschaffen mußte. Er suchte in der Ueberwindung der Natur seine Größe und den fehlenden Fluß durch die bekannten kostbaren Wasserleitungen zu ersetzen. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14332_actor">Polenz, Karl Gottlob Ferdinand (von) </persname>
            <subject>Loisirs et promenades</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Karl Gottlob Ferdinand von Polenz, Drei Monate in Paris. Briefe eines Idioten an einen alten Waffenbruder, Dresde, Justus Naumann, 1841, p. 337-338.</p>
          </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires de Thomas Raikes sur le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">76</unitid>
            <unitdate normal="1844/1844" encodinganalog="3.1.3">29 avril 1844</unitdate>
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              <persname id="atom_13899_actor">Raikes, Thomas</persname>
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            <note>
              <p>Banquier et mémorialiste anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 381] The first foundations of the Château de St. Germain were laid by Louis VI, some say by Charles V. Louis XI made a present of it to his celebrated physician Coictier, but this latter was despoiled of it after the death of his master. St. Germain has never since been separated from the domains of the Crown. It was frequently inhabited by the Court during the sixteenth and seventeenth centuries, but was finally deserted as a habitation by [p. 382] the Kings of France after the construction of Versailles.<lb/>The Emperor converted this château into a barrack for the élite of his guard; the Bourbons on their return made it the quarters for one of the companies of their Gardes du Corps, and repaired the chapel with good taste. Its inhabitants now consist of the porter and his wife. The original building of the Château Neuf have long disappeared; and the Château Vieux [* : Now a hospital for soldiers], the only one now in existence, was constructed by Francis I. The superb terrace was the work of Henry IV, who at the same time constructed the Château Neuf, far more vast and magnificent than the old.<lb/>From this palace, seated on the apex of the mountain commanding the river, was spread that succession of terraces, descending by different stages down to its banks, of which the remains still attract your attention as you climb up the hill from the railroad station at Peca. They were laid out in sumptuous gardens, and each step of this gigantic staircase was adorned with excavations, filled with all the prodigies of art which imagination could invent. The grottoes and recesses were filled with curious shell-work and spas, which glittered in the sun like diamonds; all around were statues and antique vases, made of the finest marble and prophyry, with the incomparable enamels of the sixteenth century. Hydraulic machines were employed to raise a supply of water for cascades; and the delighted courtiers rambled about this earthly paradise, surrounded by fabulous scenes, [p. 383] representing Perseus and Andromeda; Neptune surrounded by tritons and sea nymphs; Orpheus animating the Twelve Signs of the Zodiac by the sounds of his lyre, and other subjects of mythological romance. All has now disappeared; grottoes, gardens, fountains, even the foundation of the Château Neuf, when abandoned by Louis XIV. Only at the extremity of what was once one of the wings of the structure, remains a little low partition, with a single window. This modest remnant was formerly the bedchamber of Anne of Austria, in which Louis XIV was born. It now forms a part of a house kept by a restaurateur.<lb/>It was a strange destiny that preserved the palace of Francis I, while that of Henry IV, so much more magnificent, has been allowed to perish.<lb/>Who can say how long the Château Vieux will be allowed to boast this invasion of the order of time in its favour! Perhaps the eye of the speculator is already intent on calculating the value of the bricks and ponderous materials, the lead, and the ironwork. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13899_actor">Raikes, Thomas </persname>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Thomas Raikes, A portion of the journal kept by Thomas Raikes, esq., from 1831 to 1847, comprising reminiscences of social and political life in London and Paris during that period, Londres, Longman, Brown, Green, Longmans and Roberts, 1857, t. IV, p. 381-383.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Henri Moulin de la visite de la reine Victoria au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">77</unitid>
            <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">25 août 1855</unitdate>
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              <persname id="atom_13033_actor">Moulin, Henri</persname>
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            <note>
              <p>Maire de Mortain de 1867 à 1878.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 34] La reine [Victoria] fit encore une autre visite aux environs de Paris ; mais une visite pieuse, et une sorte de pèlerinage à Saint-Germain-en-Laye. Saint-Germain vit aujourd'hui de souvenirs ; mais il se rappelle toujours avoir été le séjour des rois. François Ier y bâtit un château qui existe encore ; Henri IV en bâtit un autre, dont il ne reste plus qu'un pavillon et des murs de soutènement ; Louis XIII y mourut, Louis XIV y naquit ; et l’on sait qu’il fut sur le point d’y construire Versailles. Mlle de la Vallière s’y retira, Jacques II y vécut et y mourut en anachorète.<lb/>C'était le tombeau et l’appartement de cet infortuné Stuart  que la reine venait visiter. Mais elle fit d'abord une pointe dans cette forêt giboyeuse, peuplée de daims, de cerfs, de chevreuils, de lièvres et de faisans ; elle fit une halte dans un ancien pavillon de François Ier, [p. 35] aujourd’hui restauré et connu sous le nom de relais de chasse de la Muette ; puis elle revint par cette admirable terrasse de Le Nôtre, d’où l’œil embrasse la plus magnifique perspective des environs de Paris. Il y avait pour la reine deux souvenirs anglais à Saint-Germain : l’un était le tombeau du roi Jacques [Le tombeau contient les inscriptions suivantes tout-à-fait dans le goût de l’époque :<lb/>« Regio cineri pietas regia.<lb/>Ferale quisquis hoc monumentum suspicis,<lb/>Rerum humanarum vices meditare :<lb/>Magnus in prosperis, in adveris major,<lb/>Jacobus II anglorum rex,<lb/>Insignes aerum dolendaque nimium fata,<lb/>Pio, placidoque obitu exsolvit,<lb/>In hac urbe,<lb/>Die XVI septembris, anno 1701,<lb/>Et nobiliores quaedam corporis ejus partes.<lb/>Hic reconditae asservantur.<lb/>Qui priùs augustâ gestabat fronte coronam,<lb/>Exiguä nunc pulvereus requiescit in urnä.<lb/>Quid solium, quid et alta juvant ! Terit omnia lethum.<lb/>Verùm laus fidei ac morum haud peritura manebit !<lb/>Tu quoque, summe Deus, regem quem regius hospes<lb/>Infaustum excepit, tecum regnare jubelis. »], élevé dans une chapelle latérale de l’église, et l’autre était l’appartement du roi exilé.<lb/>Il y a dans le vieux château, d’un aspect triste et sévère, une chapelle ogivale qui date de François 1er, que Louis XIV avait fait dorer et orner de peintures [p. 36] des plus grands maîtres : c'est certes ce qui reste de plus curieux dans ce lugubre donjon. L'appartement de Jacques Il n'offre rien d'intéressant : sa chambre est une véritable cellule et son oratoire un oratoire d'ermite.<lb/>En haut, est une chambre que l'on indique comme ayant été momentanément habitée par Mlle  de la Vallière, cette petite violette qui se cachait sous l'herbe ; non plus, il est vrai, par la maîtresse du grand roi ; mais bien par la future sœur Louise de la Miséricorde, cherchant un asyle qui fût un intermédiaire entre le palais des rois et le cloître des Carmélites dans lequel elle devait s'enfermer pour toujours. La reine d'Angleterre voulut visiter ce petit appartement comme celui de Jacques II ; mais là se borna sa visite ; elle n’entra point dans l'église, et ne visita pas le tombeau du roi, lequel du reste était en réparation.<lb/>De Saint-Germain, la reine retourna à Versailles. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13033_actor">Moulin, Henri </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Henri Moulin, Impressions de voyage d'un étranger à Paris : visite à l'Exposition universelle de 1855, Mortain, Auguste Lebel, 1856, p. 34-36.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35147q/f33.image</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par John Sanderson de son passage à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">78</unitid>
            <unitdate normal="1839/1839" encodinganalog="3.1.3">1839</unitdate>
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              <persname id="atom_13861_actor">Sanderson, John</persname>
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            <note>
              <p>Ecrivain et enseignant américain (de Pennsylvanie).</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 231] We now went two leagues and a half further to St. Germain, and walked upon its elegant Terrace. The [p. 232] Pretender is buried here, and several of the little Pretenders ; and in going along we looked at the Machine de Marli, which desires to be remembered to the Falls of Niagara. The water is climbing up an immense hill by dribbles to supply the little squirting Cupids at Versailles.<lb/>St. Germain was once the seat of the pleasures and magnificence of the Grand Monarch. He left it, because St. Denis, standing upon a high eastem eminence, overtopped his palace, a memento mori amidst the royal cups. Kings do not choose that these telltales of mortality shall look in at their windows. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13861_actor">Sanderson, John </persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>John Sanderson, The American in Paris, Philadelphie, Carey and Hart, 1839, t. II, p. 231-232.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k74076m/f228.image</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Ludwig Rellstab de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">79</unitid>
            <unitdate normal="1843/1843" encodinganalog="3.1.3">1843</unitdate>
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              <persname id="atom_13887_actor">Rellstab, Ludwig</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Poète, romancien et critique musical allemand.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 372] Auf die blendenden Herrlichkeiten von gestern ließ ich heut einen ganz entgegengesetzten Genuß folgen. Bei dem schönsten Frühlingswetter fuhr ich auf der [p. 373] Versailler Eisenbahn rechten Ufers nach St. Germain. Es ist berühmt wegen seiner schönen Lage, aber doch nicht berühmt genug, denn ich wüßte kaum eine reizenderen, eigenthümlicheren Punkt, wo Natur und Anbau so Hand in Hand gingen, um das Schöne herzustellen. Schon der Weg bis dahin is reizend. Man fährt zwischen Weinbergen, Landhäusern, Gärten dahin, mit immer wechselnden Ausftchten auf die viel gekrümmte Seine. Man benutzt ihren Strom mehrfältig, und hält endlich an demselben, am sogenannten Pecq (den die Franzosen beiläusig Pé aussprechen) einem Oertchen am diesseitigen Ufer, von dem aus wir das Städtchen St. Germain gegenüber an und auf der Anhöhe liegen sehn. Hier nehmen uns Omnibus in Empfang, führen und über die Seinebrücke und das jenseitige, steile, wohl gegen zweihundert Fuß hohe Ufer auf einem zwischen Weinbergen und Gärten hindurch gewundenen Wege hinan. Bei dieser Fahrt bis vor das Thor zu sehn, die uns indeß durch Nichte, als durch einige, recht stattliche öffentliche Gebäude, eine Kirche, ein Stadthaus, ja sogar ein Theater, auffällt. Die Theater siud jetzt wie Brennnesseln, sie wuchern überall. Der Wagen hält vor dem Eingang des Schlosses. Dasselbe ist durchaus alterthümlich, es hat kleine Festungsmauern, ist mit eine und ausspringenden Winkeln [p. 374] angelegt, und von einem röthlich graven Stein erbaut, der das Auffallende und Seltsame des Ganzen noch vermehrt. Mir haben diese Gebäude einen ungleich größeren Reiz, als die neuen, oder frisch erhaltenen Schlösser mit ihrer koketten Pracht, und zur Staffage einer Landschaft vollends siud sie bei weitem günstiger. Dennoch sollte das Schloß von St. Germain nicht grade so verfallen, daß man jetzt ein Militair Gesängniß daraus gemacht hat. Dazu wahrlich bauten sich die Ahnen unsrer Könige nicht an den schönsten Punkten an, dazu schufen sie nicht mit ungeheuren Rosten diese herrlichen Terrassen, daß man, wo die Götter der Erde zu ihrer Lust weilten, die ärmsten Sclaven derselben zu ihrer Strase einwohne. Ist einmal Blut und Schweiß der Menschheit zur Herstellung des Schönen geflossen, so erneuert und verdoppelt sich der Frevel, wenn man es ihr nicht zu Gute kommen läßt. Aber das geschieht auch noch, denn der Garten von St. Germain, offenbar immer das Schönste, und nicht wieder herzustellen, wird der Stadt erhalten. Und wahrlich er ist der reizendste von allen in der Umgegend von Paris, durch seine unbeschreiblich schöne Lage. Ich will der hohen alten Bäumen, der schattendunkeln Laubgänge, der sanften Rasenteppiche gar icht gedenken, denn diese sinden sich auch in den andern Gärten, wiewohl kaum so schön. Aber der Blick von der Terrasse ! [p. 375] Er ist wahrhast italienisch zu nennen ! Weithin überschaut man die freie Krümmung des schönen Stromes, zwischen Weinhügeln und Gärten, eine Menge schimmernder Flecken und Landhäuser blinken aus dem Grün der Umbüschungen. Zur rechten steht man die Wasserleitung von Marly, mit ihren hohen Bogen ; gegenüber die prächtige Höhe der Mont Valerien, in der Ferne den graven Montmartre. Eben so anmuthig und romantisch ist der Bordergrund auf dem steilen Ufer der Seine, der sich in Terrassen abdacht, die mit Gärten und Billen bedeckt stud. Der Schloßgarten selbst zieht sich diese steile Höhe hinunter, und auf vielfach gewundenen und gebrochenen Steintreppen können wir von hier aus die Seinebrücke wieder erreichen, ohne die Stadt zu berühren.<lb/>Ich machte heut noch viele Abschiedsbesuche, doch der von St. Germain wurde mir fast am schwersten. Bon allen Landschaften um Paris ist diese unbedingt die schönste die ich bisher gesehn, und sollte ich ein Bewohner von Paris werden, so müßte ich wenigstens den Sommer Hindurch in St. Germain sein ! »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_13887_actor">Rellstab, Ludwig </persname>
            <subject>Chemin de fer</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Ludwig Rellstab, Paris im Frühjahr 1843, Briefe Berichte und Schilderungen, Leipzig, Köhler, 1844, t. II, p. 372-375</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Bayle Saint John de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">80</unitid>
            <unitdate normal="1854/1854" encodinganalog="3.1.3">1854</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <persname id="atom_13872_actor">Saint John, Bayle</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Ecrivain anglais.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« We crowded into a cab to the station, and went by rail to Saint Germain. Richmond is beautiful, but is nothing to that place. The terrace, bordered on one side by forests, descends on the other to a sparkling reach of the Seine, overlooks a fertile expanse of country dotted with hamlets and woods, takes in the whole varied outlines of Paris, serrated by steeples and cathedral towers and domes, as well as the vast sweep of hills, where villages and palaces peep at every point between masses of verdure, from Argenteuil all round to Meudon. There is no place which the Parisians admire so much, or with such good reason. On Sunday, especially, train after train flies over the wooded country, up the slope (where atmospheric pressure takes the place of steam), and discharges an almost unceasing torrent of people under the red walls of the palace, where a proscribed Stuart had once leisure to repent the obstinate bigotry that forced him to make way for a Dutch prince adventurer.<lb/>The Parisian, however, cares nothing for historical associations. Besides, he has never heard what took place before ‘89 ; and if he had, what matters it to him in what room of what big house a discarded king of times gone by spent [p. 5] some gloomy hours ? Our countrymen are note quite so philosophical ; and I rarely go to Saint Germain without seeing some relative of my friend Cockney, or some solid North Briton, guide-book in hand, prowling about the gateway, and trying to look sentimental. There are still a few people who feel an interest in that gross family, and now and then we hear in society innocent young maidens warbling wretched ditties, that appeal to sentiments which they would be ashamed to understand. Why will mothers allow marriageable daughters to make that abominable « Charlie » the hero of their imaginations ?<lb/>« What is that great – ? » [the oath had no meaning in her mouth, and so it is unnecessary to repeat it.] « What is that large Englishman looking up into the air for ? » inquired Fifine.<lb/>« An English king has apartments there », observed Rose, to whom Guguste had been trying to impart some historical notions. The young man, being in a bookseller’s office, thought it necessary to exhibit his learning, and tried to correct her chronology ; but was interrupted by Fifine, who cried :<lb/>« It is no matter ; I don’t care a rush about him. Here is a dealer in macarons : the gentleman must treat us to some. »<lb/>Agricole looked a little annoyed, because he had [p. 6] been just telling me that, instead of educating himself, he had been trying to educate Fifine, and had boasted of his success. He admitted, however, that he could not impart to her any proper ideas of chronology, because she could neither believe in the past nor in the future, and could rarely be brought to refer even to the period of their own childhood, much less to the possibility that a time should come when she should cease to be. I believe that to humble, uneducated people, life is much longer than it is to us, who constantly overhaul the years that have gone by, and classify our doings and express them in general formula, and look a-head and analyse life, and reduce it to four or five great events.<lb/>I have forgotten to mention that it was fête-day at Saint Germain – to my horror and dismay, for I had been taken away quite unexpectedly. Early in spring the villages in the neighbourhood of Paris by turns begin to celebrate the festivals of their patron saints. In some out-of-the-way places we may still observe the presence of real hearty simplicity on these occasions. Dancing and donkey-races form the amusements. As a rule, however, the fêtes are only means of attracting people to spend money. They take place on Sundays, when all Parisiens indulge in a holiday. »</p>
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          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_13872_actor">Saint John, Bayle </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <subject>Chemin de fer</subject>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Bayle Saint John, Purple tints of Paris, character and manners in the new empire, Londres, Chapman and Hall, 1854, p. 4-6.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1054104/f15.image
<lb/></p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Samuel James Capper de son passage à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1871/1871" encodinganalog="3.1.3">17 avril 1871</unitdate>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 285] I came on to this old-fashioned little town, where for such long years our exiled Stuarts held their Court. I did this because lodging at Versailles was out of the question. Not only the last bed, but I am disposed to think the last arm-chair, has long been appropriated. Everywhere the troops are encamped, and all day yesterday poured in the long stream of fugitives from Paris. […] [p. 286] St. Germain was almost as crowded as Versailles, and I esteemed myself very fortunate to secure a garret.<lb/>The terrace of St. Germain presented a strange and anomalous appearance. Eager faces were watching the white smoke from Valérien, and gazing over the magnificent panorama to the dark spot in the distance, which they knew was the site of the Arc de Triomphe, just over which I distinguished the peculiar ring of white smoke which is caused by the bursting of a shell in the air. At the same time, nurses were promenading with their little charges along the terrace, and ladies and gentlemen were strolling up and down, enjoying the glorious panorama and the delicious afternoon, as though men at a very few miles’ distance were not engaged in the mortal strife, and those little puffs of smoke were not the too sensible signs of the agony of civil war into which their country had been plunged. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14259_actor">Capper, Samuel James </persname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
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            <p>Samuel James Capper, Wanderings in war time : being notes of two journeys taken in France and Germany in the autumn of 1870, and the spring of 1871, Londres, Richard Bentley and son, 1871, p. 285-286</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Augustus John Cuthbert Hare de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1887/1887" encodinganalog="3.1.3">1887</unitdate>
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              <persname id="atom_14173_actor">Hare, Augustus John Cuthbert</persname>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 109] S. Germain-en-Laye<lb/>(Hotels : du Pavillon Henri IV, in a delightful situation on the terrace, and with a most beautiful view ; du Pavillon Louis XIV, place Pontoise ; de l’Ange-Gardien, rue de Paris ; du Prince de Galles, rue de la Paroisse. Restaurant Grenier, close to the station ; very dear : many other restaurants.)<lb/>The first royal château of S. Germain was built by Louis le Gros in the XII c., near a monastery belonging to S. Germain des Prés at Paris. Both palace and monastery were burnt by the Black Prince. Charles V began to rebuild the palace in 1367, and it was continued by François I. Within its walls Henri II and Catherine de Medicis received the six-year-old Mary Stuart from the hands of the comte de Brézé, who had been sent to Scotland to fetch her, as the bride of their son, afterwards François II.<lb/>The old palace was like a fortress, and Henri IV, wishing for a more luxurious residence, built a vast palace which occupied the site of the existing terrace. Beneath it a beautiful garden, adorned with grottoes, statues, and fountains [p. 110] in the Italian style, descended in an amphitheatre as far as the bank of the Seine. The palace and garden of Henri IV have entirely disappeared. The former was destroyed by the comte d’Artois, afterwards Charles X. In the older château Louis XIV was born, and in the second château Louis XIII died, after a lingering illness, May 14, 1643.<lb/>« Il s’entretenoit de la mort avec une résolution toute chrétienne ; il s’y étoit si bien préparé, qu’à la vue de S. Denis par les fenêtres de la chambre du château neuf de S. Germain, où il s’étoit mis pour être en plus bel air qu’au vieux, il montroit le chemin de S. Denis, par lequel on meneroit son corps ; il faisoit remarquer un endroit où il y avoit un mauvais pas, qu’il recommandoit qu’on évitât de peur que le chariot ne s’embourbât. J’ai même ouï dire que durant sa maladie il avoit mis en musique le De Profundis qui fut chanté dans sa chambre incontinent après sa mort, comme c’est la coutume de faire aussitôt que les rois sont décédés. » – Mémoires de Mlle de Montpensier.<lb/>Here, six years later, Anne of Austria, flying from Paris with her two sons, before the rising of the Fronde took refuge with all the royal family except the Duchesse de Longueville, bivouacking upon straw in the unfurnished palace, whilst waiting for troops to come from the army in Flanders.<lb/>« Le roi manqua souvent le nécessaire. Les pages de sa chambre furent congédiés, parce qu’on n’avait pas de quoi les nourrir. En ce temps-là même la tante de Louis XIV, fille de Henri-le-Grand, femme du roi d’Angleterre, réfugiée à Paris, y était réduite aux extrémités de la pauvreté ; et sa fille, depuis mariée au frère de Louis XIV, restait au lit, n’ayant pas de quoi se chauffer, sans que le peuple de Paris, enivré de ses fureurs, fit seulement attention aux afflictions de tant de personnes royales. » – Voltaire, Siècle de Louis XIV.<lb/>Louis XIV, who added the five pavilions at the angles of the older and still existing palace, at one time thought of rebuilding the whole on a much more magnificent scale ; [p. 111] one fatal obstacle prevented him : from its lofty site he could see S. Denis, his future burial-place !<lb/>« Saint-Germain, lieu unique pour rassembler les merveilles de la vue, l’immense plain-pied d’une forêt toute joignante, unique encore par la beauté de ses arbres, de son terrain, de sa situation, les agréments admirables des jardins, des hauteurs et des terrasses, qui les unes sur les autres se pouvaient si aisément conduire dans toute l’étendue qu’on aurait voulu, les charmes et les commodités de la Seine, enfin une ville toute faite et que sa position entretenait par elle-même, il l’abandonna pour Versailles, le plus triste et le plus ingrat de tous les lieux ». – S. Simon.<lb/>After the English Revolution of 1688, James II found at S. Germain the generous hospitality of Louis XIV. He lived here for thirteen years as the guest of the King of France, wearing always a penitential chain round his waist (like [p. 112] James IV of Scotland) and daily praying God to pardon the ingratitude of his daughters, Mary and Anne. Here his youngest child Louisa – « la Consolatrice » – was born, and here, as the choir in the Chapel Royal were winging the anthem, « Lord, remember what is come upon us, consider and debold our reproach » (Septembre 2, 1701), he sank into the Queen’s arms in the swoon from which he never recovered.<lb/>« 10 janvier 1689. – Le roi fait pour ces Majestés angloises des choses toutes divines ; car n’est-ce point l’image du Tout-puissant que de soutenir un roi chassé, trahi, abandonné ? La belle âme du roi se plait à jouer ce grand rôle. Il fut au-devant de la reine avec toute sa maison et cent carrosses à six chevaux. Quand il aperçut le carrosse du prince de Galles, il descendit et l’embrassa tendrement ; puis il courut au-devant de la reine qui étoit descendue ; il la salua, lui parla quelque tems, la mot à sa droite dans son carrosse, lui présenta Monseigneur et Monsieur qui furent aussi dans le carrosse, et la mena à Saint-Germain, où elle se trouva toute servie comme la reine, de toutes sortes de hardes, parmi lesquelles étoit une cassette très riche avec six mille louis d’or. Le lendemain il fut question de l’arrivée du roi d’Angleterre à S. Germain, où le roi l’attendoit ; il arriva tard ; Sa Majesté alla au bout de la salle des gardes au-devant de lui ; le roi d’Angleterre se baissa fort, comme s’il eût voulu embrasser ses genoux ; le roi l’en empêcha, et l’embrassa à trois ou quatre reprises fort cordialement. Ils se parlèrent bas un quart d’heure ; le roi lui présenta Monseigneur, Monsieur, les princes du sang, et le cardinal de Bonzi ; il le conduisit à l’appartement de la reine, qui eut peine à retenir ses larmes. Après une conversation de quelques instans, Sa Majesté les mena chez le prince de Galles, où ils furent encore quelque tems à causer, et les y laissa, ne voulant point être reconduit, et disant au roi : « Voici votre maison ; quand j’y viendrai, vous m’en ferez les honneurs, et je vous les ferai quand vous viendrez à Versailles. » Le lendemain, qui étoit hier, Mme la Dauphine y alla, et toute la cour. Je ne sais comme on aura réglé les chaises des princesses, car elles en eurent à la reine d’Espagne ; et la reine-mère d’Angleterre étoit traitée comme fille de France. Le roi envoya dix mille louis d’or au roi d’Angleterre ; ce dernier paroit vieilli et fatigué ; la reine maigre, et des yeux qui ont pleuré, mais beaux et noirs ; un beau teint un peu pâle ; la bouche [p. 113] grande, de belles dents, une belle taille, et bien de l’esprit ; tout cela compose une personne qui plait fort. Voilà de quoi subsister longtemps dans les conversations publiques.<lb/>17 janvier 1689. Cette cour d’Angleterre est toute établie à Saint-Germain ; ils n’ont voulu que cinquante mille francs par mois, et ont réglé leur cour sur ce pied. La reine plaît fort, le roi cause agréablement avec elle ; elle a l’esprit juste et aisé. La roi avoit désiré que Mme la Dauphine y allât la première ; elle a toujours si bien dit qu’elle étoit malade, que cette reine vint la voir il y a trois jours, habillée en perfection ; une robe de velours noir, une belle jupe, bien coiffée, une taille comme la princesse de Conti, beaucoup de majesté : le roi alla la recevoir à son carrosse ; elle fut d’abord chez lui, où elle eut un fauteuil au-dessus de celui du roi ; elle y fut une demi-heure, puis il la mena chez Mme la Dauphine, qui fut trouvée debout ; cela fit un peu de surprise : « Madame, je vous croyois au lit. » « Madame, » dit Mme la Dauphine, « j’ai voulu me lever pour recevoir l’honneur que Votre Majesté me fait. » Le roi les laissa, parce que Mme la Dauphine n’a point de fauteuil devant lui. Cette reine se mit à la bonne place dans un fauteuil, Madame à sa gauche, trois autres fauteuils, pour les trois petits princes : on cause fort bien plus d’une demi-heure ; il y avait beaucoup de duchesses, la cour fort grosse, enfin, elle s’en alla ; le roi se fit avertir, et la remit dans son carrosse. Le roi remonta, et loua fort la reine ; il dit, « Voilà comme il faut que soit une reine, et de corps et d’esprit, tenant sa cour avec dignité. » Il admira son courage dans les malheurs, et la passion qu’elle avait pour son mari ; car il est vrai qu’elle l’aime.<lb/>2 février 1689. La reine d’Angleterre a toute la mine, si Dieu le vouloit, d’aimer mieux régner dans le beau royaume d’Angleterre, où la cour est grande et belle, que d’être à S. Germain, quoiqu’accablée des bontés héroïques du roi. Pour le roi d’Angleterre, il y paroît content, et c’est pour cela qu’il est là.<lb/>28 février 1689. C’est tout de bon que le roi d’Angleterre est parti ce matin pour aller en Irlande, où il est attendu avec impatience ; il sera mieux là qu’ici. Le roi lui a donné des armes pour armer dix mille hommes : comme Sa Majesté angloise lui disait adieu, elle finit par lui dire, en riant, que les armes pour sa personne étoient la seule chose qui avoit été oubliée : le roi lui a donné les siennes ; nos héros de roman ne faisoient rien de plus galant. Que ne fera point ce roi brave et malheureux avec ces armes toujours victorieuses ? Le voilà donc avec le casque et la cuirasse de Renaud, d’Amadia, et de tous nos paladins les plus célèbres ; je n’ai pas voulu dire d’Hector, car il étoit [p. 114] malheureux. Il n’y a point d’offres de toutes choses que le roi ne lui ait faites : la générosité et la magnanimité ne vont point plus loin. … La reine est allée s’enfermer à Poissy avec son fils : elle sera près du roi et des nouvelles ; elle est accablée de douleur… cette princesse fait grand’ pitié.<lb/>2 mars. Le roi dit au roi d’Angleterre, en lui disant adieu : « Monsieur, je vous voir partir avec douleur ; cependant je souhaite de ne jamais vous revoir ; mais si vous revenez, soyez persuadé que vous me retrouverez tel que vous me laissez. » Peut-on mieux dire ? Le roi l’a comblé de toutes choses, et grandes, et petites ; deux millions, des vaisseaux, des frégates, des troupes, des officiers. … Je viens aux petites choses, des toilettes, des lits de camp, des services de vaisselle de vermeil et d’argent, des armes pour sa personne, qi sont celles du roi, des armes pour des troupes qui sont en Irlande ; celles qui vont avec lui sont considérables ; enfin, la générosité, la magnificence, la magnanimité, n’ont jamais tant paru qu’à cette occasion. Le roi n’a point voulu que la reine soit allée à Poissi ; elle verra peu de monde ; mais le roi en aura soin, et elle aura sans cesse des nouvelles. L’adieu du roi son mari et d’elle faisoit fendre le cœur de tout le monde ; ce furent des pleurs, des cris, des sanglots, des évanouissements ; cela est aisé à comprendre. Le voilà où il doit être : il a une bonne cause, il protège la bonne religion, il faut vaincre ou mourir, puisqu’il a du courage. »<lb/>After the king’s death his widow, Mary Beatrice, continued for seventeen years to reside at S. Germain. Here whe witnessed the death of her darling daughter, Louisa, April 18, 1712 ; and here, in the thirtieth year of her exile, the queen herseld passed away in the presence of thirty Jacobite exiles, of whom she was the best friend and protectress.<lb/>« La reine d’Angleterre mourut le 7 mai, après dix ou douze jours de maladie. Sa vie, depuis qu’elle fut en France à la fin de 1688, n’a été qu’une suite de malheurs qu’elle a héroïquement portés jusqu’à la fin, dans l’oblation à Dieu, le détachement, la pénitence, la prière et les bonnes œuvres continuelles, et toutes les vertus qui consomment les saints. Parmi la plus grande sensibilité naturelle, beaucoup d’esprit et de hauteur naturelle, qu’elle sut captiver étroitement et humilier constamment, avec le plus grand air du monde, le plus majestueux, [p. 115] le plus imposant, avec cela doux et modeste. Sa mort fut aussi sainte que sa vie. Sur les 600,000 livres que le roi lui donnait par an, elle s’épargnait tout pour faire subsister les pauvres anglais, dont S. Germain était rempli. Son corps fut porté le surlendemain aux filles de S. Marie de Chaillot, où il est demeuré en dépôt, et où elle se retirait souvent. » – S. Simon.<lb/>« 8 mai 1718. – Hier matin à sept heures, la bonne, pieuse et vertueuse reine d’Angleterre est morte à S. Germain. Celle-là pour sûr est au ciel, elle n’a pas gardé un liard pour elle, elle donnait aux pauvres et entretenait des familles entières. De sa vie elle n’a dit du mal de personne, et quand on voulait lui raconter quelque chose sur le compte de tel ou tel, elle avait coutume de dire : « Si c’est mal de quelqu’un, je vous prie, ne me le dites pas. Je n’aime pas les histoires qui attaquent la réputation. » Elle a supporté ses malheurs avec la plus grande patience du monde, non par simplicité d’esprit : elle était très intelligente, polie et avenante… toujours elle a fait le plus grand éloge de la princesse de Galles. » – Correspondance de Madame<lb/>In accordance with the last whish of the queen, the Régent d’Orléans allowed her ladies and many other British emigrants to continue in the palace, where they and their descendants remained till the Revolution drove them from their shelter. Till then, the room in which Mary Beatrice died was kept as it was in her lifetime – her toilette table, with ist plate, the gift of Louis XIV, set out, with four was candles ready to light, as if the queen’s return was constantly expected.<lb/>Under the reign of Terror the name of S. Germain was changed to La Montagne du Bel-Air, and it was intended to turn the château into a prison, and to establidh a guillotine en permanence in its courtyard, when the fall of Robespierre intervened.<lb/>In the interior of the château the decorations and chimney-pieces are of brick. The rooms are now occupied by a Musée des Antiquités Nationales, chiefly of very early date, of great interest to archaeologists, and intended as a prelude [p. 116] to the collections of the Hôtel de Cluny. The museum is only open (free) on Sundays, Tuesdays and Thursdays, from 11.30 to 5 in summer, and 11 to 4 in winter.<lb/>In one of the rooms on the ground floor the primitive boats (pirogues) hewn out of the trunk of a tree, and found in the Seine and Saone, are especially remarkable. Other halls are devoted to casts from the Roman buildings in France (at Orange, S. Remy, &amp;c) ; relics of the Roman legions in Gaul ; funeral urns and tombs in brick and lead ; bronzes and pottery. On the upper floor are flint weapons, fossils found in the caverns of France, and models of cromlechs, menhirs, &amp;c.<lb/>Opposite the palace is the parish church, containing (1st chapel, right) the monument erected by Queen Victoria to James II of England, « magnus prosperis, adversis major », and inscribed « Regio cineri pietas regia. »<lb/>« Quelques jésuites itlandaises prétendirent qu’il se faisait des miracles à son tombeau. On parla lmême de faire canoniser à Rome, après sa mort, ce roi que Rome avait abandonné pendant sa vie.<lb/>Peu de princes furent plus malheureux que lui ; et il n’y a aucun exemple dans l’histoire d’une maison si longtemps infortunée. Le premier des rois d’Ecosse, ses aïeux, qui eut le nom de Jacques, après avoir été dix-huit ans prisonnier en Angleterre, mourut assassiné avec sa femme par la main de ses sujets ; Jacques II, son fils, fut tué à vingt-neuf ans, en combattant contre les Anglais ; Jacques III, mis en prison par son peuple, fut tué ensuite par les révoltés dans une bataille ; Jacques IV périt dans le combat qu’il perdit ; Marie Stuart, sa petite-fille, chassée de son trône, fugitive en Angleterre, ayant langui dix-huit ans en prison, se vit condamnée à mort par des juges anglais, et eut la tête tranchée ; Charles I, petit-fils de Marie, roi d’Ecosse et d’Angleterre, vendu par les Ecossais, et jugé à mort par les Anglais, mourut sur un échafaud dans la place publique ; Jacques son fils, septième du nom, et deuxième en Angleterre, dont il est question, fut chassé de ses trois royaumes ; et, pour comble de malheur, on contesta à son fils jusqu’à sa naissance. Ce fils ne tenta de remonter sur le [p. 117] trône de ses pères que pour faire périr ses amis par des bourreaux ; et nous avons vu le prince Charles-Edouard, réunissant en vain les vertus de ses pères et le courage du roi Jean Sobleski, son aïeul maternel, exécuter les exploits et essuyer les malheurs les plus incroyables. Si quelque chose justifie ceux qui croient une fatalité à laquelle rien ne peut se soustraire, c’est cette suite continuelle de malheurs qui a persécuté la maison de Stuart pendant plus de trois cents années. » – Voltaire, Siècle de Louis XIV.<lb/>Soon after the death of James II, Mme de Maintenon wrote to Mme de Perou :<lb/>« Je n’ai pu encore avoir des reliques du roi d’Angleterre ; la reine étoit dans son lit, hors d’état de les aller chercher. Quand on ouvrit le corps de ce saint roi, les gardes trempoient leurs mouchoirs dans son sang, et faisoient toucher leurs chapelets à son corps. J’admire la conduite de Dieu ; il a permis que ce prince ait été méprisé pendant sa vie pour lui faire sentir l’humiliation, et il le glorifie quand il ne peut plus abuser de la gloire. »<lb/>Passing in front of the palace, by the gardens planned by Lenôtre, we reach the Terrace, constructed by Lenôtre in 1676, and one of the finest promenades in Europe. The view is most beautiful over the windings of the Seine and the rich green plain ; on the right are the heights of Marly and Louveciennes ; on the left the hills of Montmorency, and Mont Valérien and Montmartre in the distance ; above Vésinet, the cathedral of S. Denis is visible – « ce doigt silencieux levé vers le ciel ». James II declared that the view from the terrace of S. Germain reminded him of that of Richmond, and he used to walk here daily, leaning upon the arm of Mary Beatrice. The terrace extends from the Pavillon Henri IV – which was the chapel of Henri IV’s palace, and in which Louis XIV was baptised – to the Grille Royale, leading to the forest.<lb/>A number of drives and straight alleys pierce the forest of St. Germain which is sandy and for the most part, [p. 118] beautiless. The château du Val, to the right of the Grille royale, built at enormous cost by Mansart for Louis XIV, on the site of a pavilion of Henri IV, is now the property of M. Fould. The pavillon de la Muette was built by Louis XIV and Louis XVI on the ruins of a château of François I. Les Loges are a succursale to the college for the daughters of members of the Legion of Honoeur at S. Denis. Near this was a hermitage to which one of Henri IV’s courtiers retired under Louis XIII, with a chapel dedicated to S. Fiacre. The pilgrimage to this chapel has given rise to the annual Fête des Loges, celebrated on the first Sunday after the day of S. Fiacre (August 30) – the most popular and crowded of all fêtes in the neighbourhood of Paris. Le chêne des Loges is one of the finest oaks in France. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14173_actor">Hare, Augustus John Cuthbert </persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
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            <p>Augustus John Cuthbert Hare, Days near Paris, Londres, Smith, 1887, p. 109-118.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k105369z/f114.image
<lb/></p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Alexis Martin de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1892/1892" encodinganalog="3.1.3">1892</unitdate>
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              <persname id="atom_14107_actor">Martin, Alexis</persname>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 353] Une belle et large avenue, plantée de beaux arbres, que [p. 354] nous suivons ensuite, non sans avoir volontairement fait quelques détours par de jolies allées pour la gagner, nous permet d’apercevoir, avant de l’atteindre, derrière la grande grille qui clôt sa cour d’honneur, la belle façade du château du Val. Le corps principal a deux étages d’une belle élévation ; il est d’une architecture simple, avec un mélange de gravité et de coquetterie très habilement harmonisé. Si nous pénétrons dans la propriété, qui n’a pas moins de 15 hectares de superficie, nous rencontrons successivement un chalet suisse renfermant la vacherie et la laiterie, un ancien puits avec manège, toute une série de serres magnifiques : serre aux orchidées, aux palmiers, serre de potager, de sevrage, etc. Un jardin d’hiver, un parc admirable, des terrasses d’où l’on jouit d’une vue superbe, complètent les attraits de ce séjour princier.<lb/>Le Val, sous Henri IV, n’était qu’un rendez-vous de chasse ; Louis XIV le fit reconstruire sur un plan nouveau, et Mansart, chargé d’exécuter les travaux, donna au petit castel [p. 354] ce caractère majestueux qu’il sait imprimer à toutes ses créations. Louis XV, en 1747, eut la pensée d’offrir la propriété à Mme de Pompadour, mais il changea d’idée ; les travaux d’agrandissement qu’il avait fait commencer furent abandonnés, et le château fut vendu au comte de la Marck ; il passa ensuite au maréchal de Beauvau, qui agrandit le jardin et embellit les terrasses. Champfort raconte que la du Barry eut un jour la fantaisie de visiter cette demeure, alors en grande réputation, et que la « hautaine » maréchale lui fit les honneurs de sa maison, non toutefois sans lui laisser deviner le peu d’estime qu’elle avait pour sa personne. En ces derniers temps, le Val appartenait à Mme Benoît Fould. La propriété est située, pour une partie, sur la commune de Saint-Germain ; pour l’autre, sur celle de Mesnil-le-Roi.<lb/>[…]<lb/>[p. 356] Carrières-sous-Bois, écart de la comme de Mesnil, n’est qu’une rue tortueuse habitée par des cultivateurs et des carriers. Des carrières, dont vous verrez les nombreuses ouvertures et les couloirs sombres fuyant au loin sous la forêt, on extrait de la pierre à bâtir. Auprès de Carrières, sur le bord de la Seine, est une pompe à feu qui fournit l’eau au parc et aux jardins du château du Val.<lb/>Laissant derrière nous le petit hameau, nous entrons à Saint-Germain par la grille Royale, et nous sommes sur la terrasse.<lb/>[p. 357] La terrasse de Saint-Germain est une des plus belles promenades de l’Europe ; elle a peu de rivales en étendue, elle n’en a pas pour la vue dont on jouit en la parcourant. Large de 30 mètres, longue de 2400 mètres, elle aligne magistralement ses allées sablées, le vert tapis de ses pelouses et ses rangées de beaux tilleuls, depuis la grille Royale jusqu’au pavillon Henri IV, à l’ombre des dernières futaies de la forêt et sur la crête d’un coteau d’où le regard embrasse le plus beau paysage que l’on puisse rêver. A nos pieds s’étend une plaine immense, verte, jaune, brune, fertile ; la Seine aux îles feuillues l’arrose de ses flots argentés ; des fermes, des maisons, des villages, l’égayent de leur pittoresque éparpillement. A gauche se profile la masse imposante du château de Maisons ; à droite se découpent dans l’air, sur les hauteurs de Louveciennes, les arcades de l’aqueduc de Marly. Au sommet d’une éminence, un grand rectangle gris attire nos regards : c’est le fort du mont Valérien ; une brune aiguille jaillit au loin dans la nue : c’est la tour Eiffel. Sur les premiers plans frémissent les bois du Vésinet ; deux lignes rigides, l’une blanche, l’autre noirs, traversent le fleuve ; l’une est le pont du chemin de fer, un train y passe en sifflant avant de s’engouffre dans le tunnel dont la voûte est sous nos pieds ; l’autre est le joli pont du Pecq. Au loin s’estompent sur l’azur les lignes serpentines des coteaux de Montmorency et le clocher de Saint-Denis ; le Parisien reconnait à tout instant les sites et les monuments de la capitale qui lui sont chers et familiers : ici le dôme doré des Invalides ou l’arc de triomphe de l’Etoile, là la butte Montmartre.<lb/>A l’extrémité de la terrasse, nous nous trouvons devant le [p. 358] pavillon Henri IV, construit jadis pour la belle Gabrielle, et que l’on appela le château Neuf ; c’est aujourd’hui un restaurant et un hôtel, mais ce fut autrefois une dépendance de la demeure royale que nous visiterons tout à l’heure. Une inscription rappelle que Louis XIV y naquit le 5 septembre 1638 ; une autre, quelque jour, rappellera sans doute qu’Adolphe Thiers y mourut le 3 septembre 1877. Rejetons-nous vers la droite, et nous trouverons le parterre. C’est en 1676 que Le Nôtre, obéissant aux inspirations d’Henriette d’Orléans, le dessina et fit planter les boulingrins ; modifié plusieurs fois, notamment en 1750 et en 1857, agrandi sous le second Empire, orné sur ses pelouses d’une statue d’Agrippine, de Maillet, et d’une réduction du Vercingétorix de Millet, le parterre, dont l’allée principale se rallie à la route des Loges, forme une sorte d’avant-scène à la forêt et semble être une espère de trait d’union entre les splendeurs de la nature et les imaginations humaines.<lb/>En quittant le parterre, nous entrons dans la ville et nous nous trouvons sur une place irrégulière où sont groupés les principaux monuments dont elle s’enorgueillit. Le château, l’église, la gare, le théâtre, les casernes et la statue de Thiers. Si la ville est fière, à juste titre, de son château, aussi curieux, par son architecture et le musée qu’il renferme aujourd’hui, qu’intéressant au point de vue des souvenirs historiques qu’il rappelle, il faut convenir qu’elle pourrait se montrer modeste en ce qui concerne sa gare, son théâtre et même son église, tous monuments peu dignes d’une cité de 14000 âmes qui non sans raison, l’été surtout, n’est pas sans prétentions à la vie large et luxueuse.<lb/>Le monument de Thiers, inauguré le 19 septembre 1880, est l’œuvre de M. Fauvel, pour la partie architecturale, de M. Mercier, pour la sculpture ; il donnera à nos arrière-neveux une piètre idée de celui que l’on a appelé le libérateur du territoire. Rien de moins imposant, rien de mois décoratif, que ce petit bourgeois assis dans un fauteuil de bureau, le cou serré dans un haut faux col, le corps enveloppé d’une longue et disgracieuse redingote, les pieds grossièrement [p. 359] chaussés, le regard sans vie sous ses lunettes, une carte de géographie dépliée sur ses genoux. Nous en convenons volontiers, notre costume moderne est un écueil pour tout artiste qui veut sculpter nos grands hommes ; mais Thiers, de petite taille, historien, tribun, homme d’action, devait être représenté débout, près de quelque console supportant ses livres, au pied de cette tribune législative dont, vieux encore, il gravissait si alertement les degrés, et du haut de laquelle il savait dominer une assemblée, malgré le son grêle de sa voix. Mais c’est trop s’appesantir sur une œuvre manquée, passons. Le théâtre, une grange, échappe à toute description ; la gare, embarcadère d’une désespérante vulgarité, représente bien le peu de confiance qu’inspiraient les chemins de fer quand on inaugura celui-ci, le 25 août 1837. Les conducteurs semblent avoir pensé que cela durerait toujours autant que le joujou pour aller à la campagne !<lb/>L’église, dédiée à saint Germain, a été construite en 1821 et porte bien le cacher de son temps ; son portique est soutenu par six colonnes d’ordre dorique et décor au fronton d’une composition un peu mystique de Ramey fils, la Religion protectrice entourée des Vertus. Certes, cela ne vaut pas le fronton de la Madeleine, mais il sera injuste de ne point reconnaître la bonne ordonnance de la composition et l’heureuse exécution de plusieurs figures. L’intérieur est composé d’une nef centrale séparée des bas-côtés par des colonnes d’ordre toscan et terminée par un chœur en hémicycle. Ici, lambris et décors sont luxueux ; le plafond, divisé en caissons découpés et peints richement, est copié sur celui de Sainte-Marie-Majeure de Rome ; les hautes côtés de la nef sont couverts de fresques d’Amaury Duval ; la Miséricorde, la Rédemption, le Verbe et la Charité ; ces fresques sont d’une tonalité très pâle et s’effacent encore au milieu de l’éclat des ornementations voisines. La chaire, d’abord destinée à la chapelle de Versailles, est un don fait à la paroisse par Louis XIV en 1681. C’est au-dessus du lion héraldique, entièrement doré, qui semble faire sentinelle au pied de la [p. 360] tribune, un amas de ciselure et de guillochages qui attirent l’œil sans réussir à le retenir et à le charmer. La première chapelle de droite renferme un mausolée en marbre blanc, d’une grande simplicité, élevé aux frais de la reine Victoria, à la mémoire du roi Jacques II. Quelques ossements du roi sont restés sous ce monument ; la plus grande partie a été transportée à Westminster. Maintenant, retournons-nous vers le château.<lb/>Des larges et profonds fossés qui l’entourent, le château surgit, assis sur un soubassement dont les deux étages, séparés par un rang de mâchicoulis, sont percés de petites fenêtres carrées ; au-dessus s’élèvent deux autres étages construits en pierre et briques mêlées dans le goût charmant de la renaissance. Les frontons des fenêtres, triangulaires au premier étage, sont cintrés au second ; de loin en loin apparaissent des gargouilles aux têtes grimaçantes ; du sommet, se dressent vers le ciel les grandes cheminées en briques rouges. Les balcons s’ornent de vases et de médaillons aux lettres FF et aux salamandres se tordant dans les flammes ; les angles sont ornés de tourelles à encorbellements ; une voûte en dalles de pierre forme terrasse et termine l’édifice ; des ponts, remplaçant les anciens ponts-levis, traversent les fossés. Les oppositions que forment entre elles les couleurs de la pierre et celles de la brique, le mélange des lignes courbes et des lignes droites, parfont un ensemble d’un effet très séduisant.<lb/>La chapelle, avec sa rose, son balcon aux délicates arcades bordant les combles, ses trèfles, ses ravissantes sculptures, est un véritable bijou architectural. Sa restauration est malheureusement incomplète ; les vitraux qui s’encadreront si bien dans les belles fenêtres ogivales manquent encore, ainsi que la décoration intérieure ; telle qu’elle est, pourtant, on ne peut qu’être séduit par la grâce, l’élégance, la légèreté de ce charmant édifice.<lb/>On entre au château par la porte de l’ouest, qui s’ouvre près d’une jolie tourelle adossée au donjon ; on pénètre dans une cour de forme bizarre, mais d’où l’on peut embrasser [p. 361] du regard tout l’ensemble harmonieux des bâtiments. Dans les tourelles sont pratiqués des escaliers en hélice, conduisant aux appartements aujourd’hui occupés par les salles du musée ; celles-ci seront au nombre d’une quarantaine quand le classement des collections sera achevé.<lb/>Avant de continuer notre visite, nous allons esquisser l’histoire du château, qui sera aussi celle de la ville.<lb/>[p. 362] Nous avons vu le couvent de Saint-Germain s’établir dans la forêt au temps de Robert le Pieux ; nous avons vu Louis le Gros protéger les moines qui l’habitaient. Ce même roi, vers 1125, fit construire auprès du monastère un château fort où ses successeurs, et particulièrement Louis IX, firent de fréquents séjours. Un hameau s’était formé auprès du monastère ; un village ne tarda pas à se créer près de la résidence royale. C’est sous le règne de ce prince que fut construite la chapelle, si proche parente de la Sainte-Chapelle de Paris. Incendié par les Anglais en 1346, le château fut rebâti vers 1365, par les soins de Charles V, qui affectionnait fort Saint-Germain. Des constructions de ce temps-là, il reste encore les fondations, quelques bases de tourelles, des fragments d’escalier et le puissant donjon rectangulaire qui fait l’angle des façades nord et ouest. Dans une des pièces de ce donjon Charles V avait installé sa librairie. La tour a conservé son aspect original dans l’ensemble ; mais plusieurs détails qui ne la déparent point ont été ajoutés ; tels la double terrasse, les balcons, les gargouilles, les contreforts supportent des vases qui sont du temps de François Ier, et le gracieux campanile, ornement inattendu mais d’un effet charmant, que Mansart bâtit sous Louis XIV.<lb/>François Ier, Henri II, Henri IV et Louis XIV se sont occupés de Saint-Germain. Sous le règne du premier de ces rois, une reconstruction à peu près totale du château fut entreprise par l’architecte Chambiges. Henri II commença l’édification du château Neuf ; mais les travaux, lentement menés, ne furent achevés que sous Henri IV. Marchand, à qui revient la gloire de la construction, avait élevé, à 400 mètres de l’ancien château, une demeure d’un style agréable, ainsi qu’en témoigne le pavillon Henri IV, ancienne chapelle, seul debout encore. Ajoutons que la résidence était de grande étendue : ses jardins, en terrasses superposées, descendaient vers la Seine et occupaient une importante partie du territoire du Pecq ; des pièces d’eau et des grottes, où le génie inventif de Claude de Maconis et [p. 363] la science de l’hydraulicien Francine avaient créé des merveilleuses choses pour le temps, ajoutaient aux attraits du château Neuf et aux charmes de son séjour.<lb/>Louis XIII, on le sait, affectionnait Saint-Germain et l’habita presque constamment. Anne d’Autriche et son fils se réfugièrent au château pendant les troubles de la Fronde. Vers 1661, le Grand Roi songea à reprendre possession de la demeure délaissée. Il faut croire que la construction de Marchand laissait fort à désirer sous le rapport de la solidité, car alors la cour trouva le château Neuf inhabitable, et dut se réfugier dans la demeure de François Ier. Au cours des années suivantes, les visites royales devinrent de plus en plus fréquentes, et les goûts somptueux de Louis XIV s’accommodèrent aussi peu du voisinage des bâtiments délabrés que de la modestie relative de ceux qu’il habitait. Près de 6 millions et demi furent alors dépensé pour les embellissements des entours et les décorations intérieurs. C’est alors, nous l’avons dit déjà, que Le Nôtre dessina le parterre et que Mansart construisit la terrasse ; malheureusement, il ne s’arrêta pas là et flanque les angles du monument de cinq lourds pavillons d’un style solennel, qui en dénaturèrent le beau caractère. Un de ces pavillons subsiste, à l’angle de la façade de l’ouest et du midi ; il nous permet de ne pas regretter les autres.<lb/>Louis XV et Louis XVI s’occupèrent peu de Saint-Germain ; sous leurs règnes, la ville végéta tristement à l’ombre du vieux château, toujours solide, auprès du neuf dont les pignons se crevassaient sous les toits éboulés. Vers la fin de 1787, le comte d’Artois songea un moment à faire réédifier la construction ; mais les préoccupations du moment et les évènements qui survinrent ne lui permirent pas de donner suite à son projet.<lb/>Saint-Germain, dès le début de la tourmente révolutionnaire, s’associa au mouvement parisien. Le 17 juillet 1789, un certain sauvage, meunier à Poissy, que l’on accusait d’accaparement, fut pendu à un réverbère. Sous la Terreur, le village, abjurant son vieux nom, prit celui de Montagne-du-Bel-Air ; [p. 364] ses sections s’intitulèrent Unité, Liberté, etc. ; son église devint un temple de la Raison, et le château allait être transformé en maison de détention, quand survint le 9 Thermidor. Longtemps encore l’herbe continua à pousser dans les cours solitaires du vieil édifice, et le vent à souffler dans les grandes salles démeublées et veuves de vitres. Puis le château, après avoir failli, en 1803, devenir une succursale de l’hôpital Saint-Louis, fut, par un décret du 8 mars 1809, affecté au logement d’une école de cavalerie. Transformé en prison sous Louis-Philippe, une affectation digne de lui, celle de musée des Antiquités nationales, lui fut donnée sous le second Empire. En même temps, sa restauration fut confiée aux soins de M. Millet.<lb/>On l’a compris de ce qui précède, de nombreux événements historiques se sont accomplis à Saint-Germain. Sans remonter jusqu’à Louis IX, qui y reçut, en 1247, la visite de Baudouin, empereur de Constantinople, nous nous bornerons à rappeler quelques faits comparativement modernes. En 1518, le château vit naître Henri II ; en 1530, François Ier y célébra, au milieu de sa cour brillante, ses noces avec Eléonore d’Autriche, sœur de Charles-Quint. Moins de quatre mois après son avènement au trône, Henri II faisait dresser devant la façade méridionale du château un champ clos dans le goût de ceux du moyen âge, et de la Chataigneraie et de Jarnac rompaient des lances devant une nombreuse assemblée. La Chataigneraie, très aimé du roi, passait pour le plus robuste et le plus adroit gentilhomme de son temps ; le baron de Jarnac, généralement peu sympathique, était d’une taille exiguë, et nul ne prévoyait qu’il pût sortir vainqueur de ce combat singulier. Pourtant l’avorton eut raison du colosse ; il porta un coup terrible à son adversaire, et ce dernier succomba moins à cause de la gravité de sa blessure qu’à cause du refus obstiné qu’il fit de suivre aucun traitement pout la guérir. Quant à ce fameux coup de Jarnac, devenu expression proverbiale signifiant traitrise, il semble prouvé que, s’il fut inattendu, il ne fut nullement déloyal. C’est encore à Saint-Germain [p. 365] que naquit Charles IX, le 27 juin 1550 ; à cette occasion de grandes réjouissances furent offerts à la population. Une partie de la vie de ce prince se passa au château ; nous y voyons, en 1570, les chefs catholiques et huguenots s’y rencontrer et se promettre une paix à laquelle aucun d’eux n’avait l’intention de demeurer fidèle. Dans les derniers jours de sa vie, presque à l’agonie, emporté en litière, nous voyons le même Charles IX quitter Saint-Germain pour aller mourir à Vincennes. Nous avons vu Louis XIV naître ici ; nous pouvons rappeler que Louis XIII y rendit le dernier soupir le 14 mai 1643. Sous Louis XIV, le château, qui avait servi d’asile à la veuve de Charles Ier, abrita encore Jacques II et sa femme après la révolution de 1688. Tous deux y moururent, le premier en 1701, la seconde en 1718.<lb/>Les temps qui suivirent virent la résidence délaissée et sont moins féconds en souvenirs. Rappelons pourtant qu’en 1815, après la bataille livrée sur le pont du Pecq, dix mille Anglais vinrent loger au château. En 1870, la ville fut occupée par les Allemands. L’invasion fut semblable à ce qu’elle était partout ; nous ne répéterons pas des détails déjà tant de fois donnés.<lb/>Nous allons maintenant visiter le musée ; c’est une assez longue mais fort intéressante promenade à travers les appartements, transformés en salles d’exposition, où se sont passés les faits que nous venons de rappeler ; c’est aussi et surtout grâce à la nature des collections réunies, grâce à l’intelligent classement des objets qui les composant, un curieux voyage à travers les monuments, les outils, les armes des temps anciens, une révélation des mœurs et des coutumes des races disparues, une évocation des grandes choses accomplies par l’humanité au temps de sa première enfance.<lb/>Dès notre entrée, dans le fossé que le pont traverse, nous voyons une allée couverte, jadis trouvée à Conflans-Sainte-Honorine et rétablie dans son intégrité autant qu’a pu le permettre l’absence de quelques pierres.<lb/>Les salles du rez-de-chaussée sont consacrées aux grands [p. 366] moulages, à la reconstitution des machines de guerre romaines, à l’exposition d’une foule d’objets des temps gallo-romain, mérovingien et carlovingien. Parmi les moulages, il faut citer ceux fort beaux des bas-reliefs de l’arc de triomphe de Constantin, et de la colonne Trajane, celui de la statue d’Auguste, trouvée en 1863, dans la ville de Livie, ceux du tombeau des Jules à saint-Remi, et les grands trophées de l’arc d’Orange. Les parures, les objets d’utilité courante sont représentés ici par une grande quantité d’anneaux, de boucles d’oreilles, de colliers, de styles, de boucles de ceinturons. Voulez-vous voir des armes ? Voici les angons des Gaulois, espèce de lance munie de deux crocs à sa partie inférieure ; voici la francisque des Francs, la scramaxe, sorte de sabre à rainues empoisonnées ; puis les catapultes et les balistes, qui servaient à lancer les traits et les projectiles. Là encore sont des autels élevés aux divinités gauloises, des bornes militaires, une grande quantité d’inscriptions gauloises et quelques autels où furent adorées des divinités maintenant inconnues.<lb/>Par l’élégant escalier qui fut l’escalier d’honneur au temps de François Ier, nous gagnons les salles de l’entresol. On y peut continuer la série d’études commencée en bas, se transporter par la pensée à l’époque romaine, revivre un moment au milieu de la mythologie gauloise, reconstruire les nécropoles de nos ancêtres, concevoir une idée des métiers qu’ils exerçaient en contemplant les outils, marteaux, pioches, faux, faucilles, etc., dont ils se sont servis. Cet autel, surmonté de divinités représentant les jours de la semaine, est un ex-voto offert au dieu Edelatus ; cette statue mutilée est celle de la déesse Sequana ; voici encore les dieux Bélus, Sex Arbor, les déesses Labé et Epona ; plus loin, vous verrez des pierres tombales de légionnaires romains, celles d’un centurion, d’un porte-aigle, un tombeau romain en briques, la statue d’un soldat gaulois, des stèles, dont les sculptures représentent des ouvriers et des artisans occupés à leur travail.<lb/>Montons au premier étage ; les salles que nous visiterons [p. 367] d’abord sont consacrées à l’exposition des objets venant de l’âge de la pierre. Les scies, les épieux, les javelots, les pointes de lance, se montrent ici dans leurs formes et leurs dimensions variées, tels que les taillaient dans le silex les hommes de l’époque tertiaire. Plus loin apparaît l’âge de la pierre polie ; les haches ont des gaines, les défenses de sanglier sont employées à fabriquer des poinçons et de menus objets de parure ; les plus beaux de nos menhirs, de nos dolmens, de nos allées couvertes, sont reproduits très exactement au vingtième de leur grandeur ; le tumulus de Gavr’inis occupe le centre d’une salle, et ses sculptures, moulées sur l’original, en tapissent les côtés.<lb/>La salle de Mars, la plus belle du château, ancienne salle des Fêtes sous François Ier, a conservé sa magnifique cheminée, et, comme salle d’exposition, est l’une des plus curieuses à parcourir. Environ deux cents verreries et poteries nous initient aux secrets de la céramique gallo-romaine. Admirez la belle collection d’antiquités du premier âge de fer, recueillie au Caucase par M. Chantre, les bronzes antiques d’Italie et les belles armures de gladiateurs, les instruments en pierre du Sahara, provenant de la première mission Flatters, des stèles étrusques, la réduction du tombeau de Secondinus ; enfin une foule d’objets préhistoriques rapportées des quatre parties du monde.<lb/>Dans la salle de la Conquête, que décore une belle figure de soldat romain, de M. Bartholdi, vous verrez avec intérêt une carte générale des peuples de la Gaule au temps de César, et un très curieux plan en relief d’Alise-Sainte-Reine, exécuté par M. Abel Maitre, et donnant une idée exacte des travaux d’envahissement et des lignes de circonvallation dont l’antique Alésia fut entourée 52 ans avant notre ère.<lb/>Au deuxième étage, une salle est consacrée à l’exposition des objets de la première époque du fer trouvés dans les tumuli ; elle renferme un grand nombre de casques, de vases et de bracelets. La salle du bronze est garnie d’œuvres caractérisant bien les tendances et les aspirations de cet âge nouveau ; il y a là des mors, des pendeloques, des couteaux, [p. 368] des pointes de lance, des épées, toutes choses un peu primitives certes, mais souvent d’un travail excessivement curieux. Viennent ensuite les lacustres, fac-similés des maisonnettes construites sur pilotis, au temps de la pierre polie, accompagnés d’une série de vêtements en lin ou en écorce d’arbre et de spécimens des aliments dont se nourrissaient les habitants de ces singuliers et malsains logis. Très remarquable ici est la série des stations lacustres du lac du Bourget.<lb/>La salle du Trésor, salle des Archives, probablement librairie sous Charles V, intéresse particulièrement les numismates. Très riche est la collection de monnaies romaines, gauloises et mérovingiennes renfermées dans ses médailliers. Quelques-uns des types exposés ici sont des pièces absolument uniques ; d’autres sont de toute rareté. La série romaine ne comprend que des pièces frappées en Gaule.<lb/>Vous voyez par ce rapide aperçu à quel point la visite du musée est à la fois curieuse et instructive. Il eut pour premier organisateur M. Beaune. Ajoutons que son classement est fait avec un soin, une clarté, un esprit de suite qui font le plus grand honneur à MM. Alexandre Bertrand et de Mortillet, qui sont actuellement chargés de sa conservation. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14107_actor">Martin, Alexis </persname>
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            <p>Alexis Martin, Les étapes d'un touriste en France : promenades et excursions dans les environs de Paris, région de l'Ouest, t. III, Autour de Saint-Germain, les rives de la Seine : de Poissy à Mantes et à la Roche-Guyon, de la Roche-Guyon à Argenteuil, Paris, Hennuyer, 1892, p. 353-368.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1024546/f54.image</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention par Sophia Beale du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <p>« [p. 189] The Château of St. Germain has existed since the time of Charles V, and has received additions during the reigns of François I, Henri II, Henri IV, and Louis XIII. It was given over to James II of England, and in the church is his [p. 190] monument, gazed at, if bronze eyes can penetrate stone walls, by M. Thiers, who sits in an arm-chair outside. »</p>
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            <p>S.-Sophia Beale, The Churches of Paris from Clovis to Charles X, Londres, W. H. Alten, 1893, p. 189-190.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Francisco J. Herboso de sa visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <p>« [p. 231] Saint-Germain es una pintoresca pero monótona ciudad de 17.000 almas. No posee más atractivos que el castillo, la floresta, la iglesia y una estatua á Mons. Thiers, el libertador del territorio.<lb/>Tiene también su importancia histórica por haber nacido ahí (en el pavillon Henry II) Luis XIV y por ser el lugar del fallecimiento de Thiers.<lb/>El castillo, su principal atractivo, fué comenzado por Luis VI, denominado el gordo, quien hizo de él una fortaleza.<lb/>Durante las guerras con Inglaterra fué totalmente destruido y Carlos V lo reedificó en 1367.<lb/>Puede decirse, sin embargo, que el verdadero fundador es Francisco I, porque á él le tocó<lb/>concluirlo.<lb/>Pocos palacios han pasado por tantas transformaciones y han sido dedicados á tan diversos usos : fué en su origen, como acabamos de decirlo, [p. 232] fortaleza y en seguida residencia real, asilo de Jacobo II de Inglaterra, escuela de caballería dumnte el primer imperio, penitenciaría militar á principios del segundo y desde 1807 un interesante museo de antigüedades nacionales.<lb/>Los tres pisos, pues, están ocupados por el museo.<lb/>En el piso bajo encontramos casi todas las copias en yeso y piedra de los grabados del Arco de Constantino en Boma y varias alegorías de Trajano.<lb/>En el primero, colecciones y estatuas de piedra, ídolos antiguos, etc.<lb/>En el segundo, todos los objetos y armas de las épocas de piedra y fierro, huacas, objetos de vidrio romano, tumbas ó sean cajas cuadradas de piedra, de regular tamaño, en las cuales se depositaban los restos humanos cubiertos con tapas de vidrios.<lb/>Finalmente, en el tercero, objetos pertenecientes a los Galos : monumentos, mausoleos con momias y fac-similes de trabajos ejecutados por Julio César durante la campaña de la Galia.<lb/>La terraza del castillo domina á París con sus alrededores y goza de una hermosa y pintoresca vista. Ahí principia la gran floresta de Saint-Germain, inferior á la de Fontainebleau, pero mucho más hermosa que la de Montmorency. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14313_actor">Herboso, Francisco J. </persname>
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            <p>Francisco J. Herboso, Reminiscencias de viajes de Francisco J. Herboso, Caracas, J. M. Herrera Irigoyen, 1905-1906, t. I, p. 231-232.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description par Harold Clunn de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 204] The first railway constructed in Paris was that of the Compagnie du Chemin de Fer de Paris à St. Germain, whose station in the Place de l’Europe was the predecessor of the Gare St. Lazare, opened in 1842. The first train to leave Paris was that which travelled to St. Germain on Saturday, 26 August 1837, on the occasion of the Fête des Loges. King Louis Philippe, who had intented travelling, was prevented by the Chamber from entering this supposed dangerous conveyance, but was represented by Queen Amélie and her children. The duc d’Orléans travelled on the seat next to the driver. It was proposed in the first place to build the railway station near the Place de la Madeleine, but finally the Place de l’Europe was chosen for that purpose. At first the line went only as far as Le Pecq, and thence the journey had to be completed by coach. The line was nineteen kilometres long and the journey occupied thirty-five minutes. The first-class fare in closed or open carriages was two francs fifty centimes, second-class, one franc fifty centimes, and third-class, in the open luggage van, one franc.<lb/>[…]<lb/>[p. 306] The pleasant old town of St. Germain-en-Laye, containing a population of 22,000, dates back to the tenth century and grew round a convent in the forest then known as Ledia. It became a royal residence in the time of Louis VI, and is noted for its delightful situation and the salubrity of its air. On that account it is much favoured by English and American visitors as wall as Parisians. For an old town, St. Germain possesses streets which may be considered fairly wide and well paved, and includes several fines squares.<lb/>The real founder of St. Germain was Louis VI, known as Louis le Gros. Previous to that time the site of the town formed a part of the forêt de Laye, where the kings of France came to hunt. The château owes it origin to a dungeon built by Louis le Gros about 1122, which dominated the course of the Seine. During the reign [p. 307] of Saint Louis extensions were carried out, and in 1238 was erected the fine Gothic chapel which is still in existence. The original château was destroyed during the Hundred Year War, when, in 1346, both château and monastery were burnt by the Black Prince. The chapel, however, was spared.<lb/>The present palace was commenced by Charles V between 1364 and 1370, but it was Francis I who reconstructed it on a grander scale in 1539. Here he celebrated his wedding with Claude de France, daughter of Louis XII. The architects were Pierre Ier Chambiges and Guillaume Guillain, but the work was not completed until 1555 in the reign of Henri II, who made St. Germain his habitual residence. He built a second château of smaller size which was afterwards enlarged by Henri IV, but this was abandoned in 1660 by Louis XIV in favour of the larger palace, and, after being left to go to ruins, was destroyed in 1776 with the exception of the Pavillon Henri IV.<lb/>Louis XIV frequently resided at St. Germain, where he died in 1643, a few months after the death of Richelieu, his great minister ; and Louis XIV was born here on 5 Septembre 1638. After the death of his mother, Anne of Austria, this monarch took up residence at St. Germain, but, finding the palace too small for his requirements, founded the more sumptuous palace of Versailles, and presented that of St. Germain to Mme de Montespan. In 1688 Louis XIV gave it to James II of England as a residence after his exile and there the English king died en 1701. Neglected by Louis XV and Louis XVI it was turned into a military school by Napoleon I, and afterwards became a military prison. Between 1862 and 1902 it was completely restored and transformed into a museum of national antiquities.<lb/>On Saturday, 1 Septembre 1854, the palace of St. Germain was visited by Queen Victoria, who displayed a special interest in the apartments occupied by James II, and particularly the oratory in which he was accustomed to pass much of his time in prayer. The tomb of James II, which was erected by Georges IV in 1824, was renovated at the expense of Queen Victoria. On 10 Septembre 1919 the Treaty of St. Germain was signed in the château between the Allies and Austria.<lb/>The terrace, which is approached from the park or parterre, was constructed between 1669 and 1673, after the plans of Le Nôtre, and is 2,400 yards long and 30 yards wide. It is situated 190 [p. 308] feet above the Seine, and extends along the borders of the forest. From here a magnificent panorama can be obtained of the valley of the Seine and distant Paris, including Montmartre and the Sacré-Cœur, the Eiffel Tower, and Mont Valérien. The grande allée of lime-trees which separate it from the forest was planted in 1745. The containing wall of terrace was formerly topped with a wooden fence, but this was replaced during the Second Empire, between 1855 and 1857, by the present cast-iron railing. At the end of the terrace, but still in the forest, is the Château du Val, constructed by Mansart in 1673, under Louis XIV, as a rendezvous for shooting. It is now used as a Home for members of the Society of the Légion d’Honneur.<lb/>The magnificent forest of St. Germain, which is entirely walled in, comprises an area of about 11,000 acres. It occupies the land enclosed by the peninsula of the Seine extending from St. Germain to Poissy on the west and to the agricultural park of Achère on the north. The roads are straight and well kept, the principal avenue leading to Les Lodges, a country house originally built for Anne of Austria in 1644 and now an educational establishment for the daughters of members of the Légion d’Honneur. Near this spot the Fête des Loges takes place at the end of August and lasts ten days.<lb/>In the town of St. Germain, opposite the château, is the church of St. Louis, erected on the site of an earlier church. Building was commenced in 1766, but was interrupted in 1787 and not resumed till 1826. The church was finally completed in 1827 and consecrated on 2 December of that year. The Hôtel de Ville is situated in the Rue de Pontoise near the station, and at the junction of the Rues de la République and de Poissy is a bronze statue of Thiers (1797-1877), who died at the Pavillon Henri IV. The old town contains many narrow and picturesque streets centred round its two main thoroughfares, the Rues de Pologne and de Poissy. Both of these lead to the Place du Marché, which is bordered on its western side by an ancient block of colonnaded buildings and shops.<lb/>Several excellent hotels standing in their own private grounds are situated close to the park of the château, notably the Pavillon Henri IV, the Pavillon Royal and the Pavillon Louis XIV. These being principally residential, and so conveniently situated for exploring the forest, make St. Germain a most pleasant place in which to spend a holiday. On 20 March 1927 The Compagnie des Chemins de Fer de l’Etat inaugurated their new service of electric [p. 309] trains from Paris (Gare St. Lazare) to St. Germain, which now perform the journey in twenty-four minutes. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_14320_actor">Clunn, Harold </persname>
            <subject>Chemin de fer</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Grande Terrasse</geogname>
            <geogname>Forêt</geogname>
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            <p>Harold Clunn, The Face of Paris, The Record of a Century’s Changes and Developments, Londres, Simpkin Marshall, 1933, p. 204 et 306-309</p>
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          <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mémoires et récits biographiques</unittitle>
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        41 pièces    </physdesc>
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          <p>Publié</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans le Livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles V de Christine de Pisan</unittitle>
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              <persname id="atom_20059_actor">Christine de Pisan</persname>
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            <note>
              <p>Femme de lettres née en Italie, qu'elle quitte à quatre ans.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 612] Aulcunes foiz avenoit, et assez souvent ou temps d’esté, que le Roy aloit esbatre en ses villes et chasteauls hors de Paris, lesquelz moult richement avoit fait refaire et reparer de solemnelz edifices, si comme a Meleun, a Montargis, a Creel, a Saint Germain en Laye, au Bois de Vincennes, a Beauté et mains autres lieux ; la, chaçoit aucunes foiz et s’esbatoit pour la santé de son corps, desireus d’avoir doulz et attrempé, mais en toute ses alees et venues et demeures estoit tout ordre et mesure gardee, car, ja ne laissast ses cotidiennes besongnes a expedier ainsi comme a Paris.<lb/>[…]<lb/>[p. 617] Avint une foiz, nostre Roy estant au chastel qu’on dit Saint Germain en Laye, une femme vefve, devers luy, à grant clamour et lermes, requerant justice d’un des officiers de la court, lequel par commandement avoit logié en sa maison, et celluy avoit efforcé une fille qu’elle avoit ; le Roy, moult airé du cas lait et maulvaiz, le fist prendre, et le cas confessé et actaint, le fist pendre, sanz nul respit, à un arbre de la forest.<lb/>[…]<lb/>[t. II, p. 76] Nostre roy Charles fust sage artiste, se demonstra vray architecteur, deviseur certain et prudent ordeneur, lorsque les belles fondacions fist faire en maintes places, notables edifices beaux et nobles, tant d’esglises comme de chasteaulx et austres bastimens, a Paris et ailleurs. […] [p. 77] Moult fit redifier, notablement de nouvel : le chastel de Saint Germain en Laye, Creel, Montargis ou fist faire moult noble sale, le chastel de Meleun, et mains autres notables edifices. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_20059_actor">Christine de Pisan </persname>
            <persname role="subject">Charles V</persname>
            <subject>Construction et travaux</subject>
            <subject>Ville</subject>
          </controlaccess>
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            <p>Christine de Pisan, « Le livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles V », éd. Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujoulat, dans Nouvelle collection des mémoires pour servir à l’histoire de France, Paris, Éditeur du commentaire analytique du Code civil, 1836, t. I, p. 581-637 et t. II, p. 1-145
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k308761/f620.image</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans l’Histoire de Charles VI de Jean Juvenal des Ursins</unittitle>
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            <unitdate normal="1390/1417" encodinganalog="3.1.3">1390-1417</unitdate>
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              <persname id="atom_20065_actor">Juvenal des Ursins, Jean</persname>
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            <note>
              <p>Président du parlement de Poitiers. Archevêque de Reims.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 103] [1390] Au dict an, le Roy s’en alla esbatre a Sainct Germain en Laye, et la Royne aussy, et plusieurs des seigneurs, dames et damoiselles, et devisoient ensemble, et s’esbatoient es bois de Poissi. Et une fois survint un terrible tonnerre, si se retrahirent au chasteau. Et disoient aucuns que oncques n’avoient veu si horrible ne terrible tonnerre, et entre Sainct Germain et Poissy y eut quatre hommes morts et foudroyez. Et apres ce toute la nuict feit le plus merveilleux vent que oncques on eust veu, et arracha arbres es forests et jardins, et abbatit cheminées et hauts des maisons, et aucuns clochers, et feit [p. 104] des dommages innumerables. Et disoit on, et aussi estoit il vray, que le Conseil estoit assemblé pour faire une grosse taille sur le peuple, et quand on veid les dictes tempestes, le Conseil se separa, et feut rompu. Et a la requeste de la Royne, feut expressement defendu qu’on n’en levast aucunement.<lb/>[…]<lb/>[p. 111] [1392] Et manda le Roy a ses oncles de Berry et de Bourgongne la deliberation qu’il avoit faict d’aller en Bretaigne, en les requerant qu’ils veinssent vers luy le mieux accompaignez qu’ils pourroient. Lesquels feurent bien esbahis quand ils sceurent l’entreprise, et comme ceux qui estoient au conseil du Roy avoient osé estre si hardis d’avoir faict la dicte conclusion sans les appeller, eux qui estoient oncles du Roy, veu que l’entreprise estoit grande, et a l’executer pouvoit avoir des difficultez et dangers beaucoup. Et de ce feurent tres mal contents de ceux qui estoient autour du Roy et qu’on disoit le gouverner, c’est a scavoir Clisson, La Riviere et Noujant, et si estoient plusieurs autres. Car ils tenoient le Roy de si pres que nul office n’estoit donné sinon par eulx, ou de leur consentement. Et sembloit par leurs manieres qu’ils cuidoient estre perpetuels en leurs offices, et qu’on ne leur pouvoit nuire. Et haultement, et en grande auctorité, se gouvernoient. Et si estoient les gens d’Eglise et de l’Université tres mal contents d’eux. Car ils grevoient eulx, et les jurisdictions ecclesiastiques, et leurs privileges. Et voloient de si haute aisle qu’a peine on en osoit parler. Et afin qu’on n’eust pas leger acces devers le Roy, le feirent partir de Paris, et aller a Sainct Germain en Laye. Ce nonobstant l’Université delibera d’envoyer une notable ambassade devers le Roy au dict lieu de Sainct Germain. Et y furent deputez le recteur [p. 112] mesme, et plusieurs nobles clercs de toutes les quatre facultez. Et quand ils feurent a Sainct Germain, feirent scavoir a monseigneur le chancellier et au Conseil qu’ils avoient a parler au Roy et qu’il leur pleust de leur faire avoir audience, et par plusieurs fois interpellerent et feirent dilligence de l’avoir. Et apres plusieurs responses et choses dictes par le chancellier, il leur dit que le Roy estoit occupé en tres grandes et haultes besongnes, et que de present n’auroient audience, et qu’ils ne se souciassent de leurs privileges et qu’on les garderoit tres bien, et qu’ils s’en allassent. Et pour ce s’en retournerent a Paris sans estre ouys. Ce qu’on tenoit a chose bien estrange.<lb/>[…]<lb/>[p. 125] [1393] Le Roy alla en pelerinage a Sainct Denys en France, et aussi au mont Saint Michel. Et avoit de belles et grandes devotions en Dieu, et s’en retourna esbatre a Sainct Germain en Laye. Et luy faisoit on toutes les plaisances qu’on pouvoit. […]<lb/>[p. 126] Le Roy estant a Sainct Germain en Laye et son Conseil, l’Université de Paris envoya une notable ambassade par devers luy, le prier et requerir qu’on voulust entendre a l’union de l’Eglise. Et leur octroya leur requeste, et voulut qu’on advisast toutes les manieres par lesquelles l’union se pourroit faire, et il estoit prest d’y entendre. De laquelle chose les ambassadeurs au nom de l’Université rendirent graces et mercis au Roy et aux seigneurs qui estoient avec luy, et en firent leur rapport à l’Université.<lb/>[…]<lb/>[p. 214] [1405] Il y eut un merveilleux tonnerre et une grande tempeste en l’hostel de monseigneur le Daulphin. Mais un autre au dict an vint à Sainct Germain en Laye, bien grand et horrible, auquel estoient la Royne et le duc d’Orleans, qui avoient esté veoir madame Marie de France à Poissi, et faisoit a une vespree depuis disner beau temps, et net. Par quoy delibererent d’aller chasser au bois, et se meit la Royne en un chariot, et ses damoiselles avec elle, et le duc d’Orleans, et autres femmes, a cheval. Et soubdainement survint une merveilleuse tempeste de vents, grosse gresle et pluie, et tellement que le dict duc d’Orleans feut contrainct de se bouter dedans le dict chariot ou la Royne estoit. A cause de quoy les chevaux du dict chariot, qui estoient forts et puissans, feurent tellement espouventez qu’ils commencerent a courir [p. 215] tant qu’ils peurent jusques a ce qu’ils se trouverent en la vallee, vers le pont du Pec, et s’en alloient tout droict en la riviere. Et disoit on qu’ils se feussent fourrez et bouttez dedans l’eaue, et que tous ceux qui estoient dedans eussent esté noyez, si ce n’eust esté un homme qui s’advisa de coupper les traiz des chevaux. Et de ce feurent grandes nouvelles a Paris, et partout. Et y eut aucunes gens notables, et catholicques, qui advertirent la Royne et le duc d’Orleans que c’estoit exemple divin, et qu’ils estoient taillez que de brief leur mescherroit s’ils ne faisoient cesser les aides et charges qu’on donnoit au peuple, et qu’ils payassent leurs debtes qu’ils devoient aux marchands qui leur avoient livré leurs marchandises.<lb/>[…]<lb/>[p. 430] [1417] Le duc de Bourgongne avoit intention d’aller devant Sainct Denys. On le sceut, et pour ce on envoia dedans deux vaillants chevaliers, l’un nommé messire Guillaume Bataille, et l’autre messire Hector de Pere, bien accompaignez de gens de guerre. Et quand le duc le sceut, il se porta d’y aller, et s’en alla [p. 431] vers Sainct Germain en Laye. Et le pont de Poissy, Meulant, Mante et Vernon se rendirent et mirent en son obeyssance. Et partout les nobles, et specialement, les riches, estoient pillez, derobez ou rançonnez, et aucuns mis dehors. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_20065_actor">Juvenal des Ursins, Jean </persname>
            <persname role="subject">Charles VI</persname>
            <subject>Actes royaux et impériaux</subject>
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            <p>Jean Juvenal des Ursins, Histoire de Charles VI, roy de France, et des choses mémorables advenues de son règne, ès l’an MCCCLXXX jusques en l’an MCCCCXXII, Paris, Abraham Pacard, 1614
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310004b/f115.image</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans la Chronique du règne de Charles VI</unittitle>
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              <corpname id="atom_20070_actor">Grandes chroniques de France</corpname>
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            <note>
              <p>Compilation de textes historiques, constituée par étapes entre le XIIIe et le XVe s., couvrant l'histoire des rois de France jusqu'en 1461.</p>
            </note>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [t. I, p. 685] [juillet 1390] Le roi Charles était allé passer quelques jours avec la reine au château de Saint-Germain-en-Laye ; vers le milieu du mois de juillet, à l’heure où l’on célébrait la messe en présence du roi, et où le conseil était assemblé pour délibérer sur l’établissement de nouveaux subsides, un accident imprévu frappa tout le monde de terreur. Le temps était serein, et l’on n’apercevait pas le moindre nuage. Tout à coup, le ciel s’obscurcit et se couvrit, au-dessus de la maison royale et dans une étendue de plus d’un mille, d’épaisses ténèbres que sillonnait de temps en temps la lueur des éclairs ; les bruyants éclats de tonnerre retentirent de tous côtés, et la foudre tomba avec tant de fracas que la maison royale parut sur le point de s’écrouler. Le vent souffla avec une [p. 686] telle violence qu’il arracha de leurs gonds les fenêtres des chambres, et brisa les vitres de la chapelle de la Reine ; les éclats en rejaillirent jusque sur l’autel. Il fallut achever promptement et à voix basse le reste de la messe, de feu que l’hostie consacrée ne fut enlevée des mains du prêtre.<lb/>Tant que dura cet orage effroyable, tous ceux qui se trouvaient là n’osaient, dans leur épouvante, lever les yeux, et restaient prosternés à terre. Le conseil même, qui s’était réuni pour délibérer sur les impôts, se sépara ; et sur les instantes de la Reine, qui était près d’accoucher, le Roi défendit peu après de remettre cette affaire en discussion. La Reine en effet était allée trouver le Roi toute tremblante et lui avait assuré que l’oppression du peuple était la cause de ce bouleversement de la nature.<lb/>Pendant cet orage, le vent déracina, dit-on, les plus grands arbres de la forêt voisine. Quatre officiers de la cour furent frappés de la foudre, entre Saint-Germain et Poissy ; tous leurs os furent consumés, leur peau seule resta intacte, mais elle était devenue noire comme du charbon.<lb/>[…]<lb/>[t. II, p. 15] [15 juillet 1392] Déjà les laïques, et surtout les seigneurs de la cour, refusaient de comparaître en justice devant l’Université, malgré ses privilèges, et l’on forçait ses suppôts à payer les contributions. Les docteurs et les professeurs tinrent, suivant l’usage, une grande assemblée pour délibérer sur ces excès, et résolurent d’un commun accord de porter plainte au Roi le jour de la fête de la Trinité. Ils ne purent d’abord obtenir audience ; ils se décidèrent alors, d’après l’avis des conseillers du Roi, à lui présenter une copie de leurs privilèges ; ce qu’ils firent plusieurs fois. Mais voyant l’inutilité de leurs démarches, ils suspendirent leurs leçons et tous les actes des écoles. Cette suspension fit partir de la capitale plusieurs clercs étrangers. Il y eut alors une seconde assemblée, et sur la nouvelle que le roi allait bientôt quitter Paris, le vénérable recteur et vingt députés d’un savoir éminent se rendirent le 15 juillet à Saint-Germain-en-Laye, où il se trouvait, et demandèrent instamment une audience. Le Roi, cédant à de mauvais conseils, la leur refusa encore ; mais enfin il leur accorda leur demande, à la requête de quelques seigneurs de sa cour, qui l’en supplièrent cinq fois à genoux, en lui représentant que cette affaire intéressait l’honneur de sa Couronne. Messire Bureau de la Rivière, le connétable et le sire de Noviant s’étaient rendus leurs principaux intercesseurs. Ce n’était pas qu’ils eussent changé de sentiments ; mais ils avaient d’autres projets. Ils firent en sorte qu’on n’accordât point la parole aux députés, dans la crainte qu’ils ne portassent quelque atteinte à leur crédit ou à l’autorité du roi. Ils savaient de bonne part que les docteurs de l’Université avaient déjà curieusement recherché l’origine et discuté les droits de l’autorité royale sur le clergé, et songeaient à les empêcher de faire entendre les raisons qu’ils pouvaient alléguer à l’appui de leurs propositions. [p. 47] Aussi, dès qu’ils eurent offert au roi l’hommage de leurs salutations, et avant que le docteur en théologie chargé de porter la parole eut ouvert la bouche, le chancelier s’exprima ainsi : « Notre sire le Roi sait fort bien le sujet qui vous amène ; il vous accorde volontiers ce que vous demandez, et vous l’aurait déjà accordé s’il avait lu plus tôt la teneur de vos privilèges ». Après cela, le Roi leur reprocha avec bonté d’avoir suspendu si longtemps leurs leçons, et leur enjoignit de les reprendre. Ils le lui promirent, et partirent ainsi très satisfaits.<lb/>[…]<lb/>[p. 97] [1393] Pleins d’espoir et forts de leurs bonnes intentions, ils envoyèrent en députation auprès du Roi, qui était alors à Saint-Germain-en-Laye, le recteur et les principaux professeurs des quatre facultés. Le Roi avait auprès de lui un grand nombre d’illustres barons, entre autres les maréchaux et l’amiral de France, et plusieurs princes du sang, parmi lesquels on distinguait le duc d’Orléans, son frère, et ses oncles les ducs de Bourbon, de Berri et de Bourgogne.<lb/>Les députés demandèrent et obtinrent une audience. L’un d’entre eux, qui était docteur en théologie, prit la parole, et commença par remercier Dieu de la guérison du Roi. Il déclara que, si le Seigneur avait enfin daigné exaucer les vœux et les supplications de la France, s’il avait entendu les prières des habitants du royaume, c’était pour que le Roi pût désormais veiller aux intérêts de son peuple et de la sainte Eglise catholique. Il maudit ensuite l’exécrable schisme, et fit un éloquent tableau des malheurs enfantés par ce fléau, dont on ne connaissait que trop bien les suites funestes. Il rappela qu’à l’occasion de ce schisme, le mode depuis longtemps malheureux, marchant sur une pente dangereuse et entraîné vers le mal, avait mis de côté tout respect de Dieu et des hommes, s’attachait à ce qui lui était nuisible, et évitait ce qui lui était salutaire. Après avoir présenté toutes ces considérations avec un talent remarquable, il termina en suppliant le Roi, de la part de l’Université, sa fille bien aimée, de travailler au plus tôt à déraciner le schisme. Il lui prouva jusqu’à la dernière évidence que c’était un devoir pour lui, s’il ne voulait pas perdre le titre de Roi très chrétien.<lb/>Le duc de Berri était, en vertu de son droit d’aînesse, celui des princes [p. 99] du sang qui devait porter la parole au nom du Roi. Aussi les députés n’étaient-ils pas sans inquiétude ; car le duc avait toujours été le champion le plus zélé du pape Clément. Mais leurs craintes cessèrent lorsqu’ils entendirent répondre à peu près ces termes : « Nous pensions que la durée si prolongée de cet exécrable schisme est une tache pour le Roi et pour sa royale famille. Puisque tout le monde en est également fatigué, cherchez un moyen d’y mettre un terme pour l’honneur du royaume. Si vous proposez une voie qui reçoive l’approbation du Conseil, soyez sûrs que nous nous empresserons de la mettre à exécution.<lb/>La maison royale de France n’avait point paru jusqu’alors très zélée pour le rétablissement de l’union. Les députés de l’Université adressèrent mille remerciements au Roi et à l’assemblée, et après avoir pris congé d’eux, ils retournèrent pleins de joie vers leurs collègues pour leur faire part de ce qu’ils avaient obtenu.<lb/>[…]<lb/>[t. III, p. 283] [juillet 1405] La Reine et le duc d’Orléans, qui étaient alors à Saint-Germain-en-Laye, apprirent avec un juste étonnement ce qui venait d’arriver. Ils rendirent grâce à Dieu non seulement d’avoir sauvé le Dauphin, mais encore de les avoir la veille délivrés eux-mêmes d’un grand danger. Je crois devoir faire connaître ici les circonstances de cet autre accident. Ils étaient sortis tous deux pour faire une promenade dans la forêt voisine lorsqu’un orage, accompagné de violents coups de vent et de torrents de pluie, força le duc à se réfugier dans la voiture de la Reine. Les chevaux, effrayés par le mauvais temps, s’emportèrent et se dirigèrent rapidement vers la Seine, malgré les efforts de leurs conducteurs. Ils s’y seraient précipité avec la voiture si le cocher n’eût coupé les traits en toute hâte ».<lb/>[…]<lb/>[t. VI, p. 119] Le duc de Bourgogne, considérant ces dispositions, ou plutôt, si je dois m’en rapporter à ce que ses gens m’ont assuré depuis, craignant d’encourir le courroux de saint Denys, le patron particulier de la France, en faisant quelque tentative contre l’abbaye où étaient déposées les corps des rois de France, dont il se glorifiait de tirer son origine, rebroussa chemin, d’après l’avis de ses principaux chevaliers, et aller occuper, sans rencontrer d’obstacle, la résidence royale de Saint-Germain-en-Laye. Il y mit garnison et s’empara le lendemain, sans coup férir, du pont de Poissy construit sur la Seine. Il alla ensuite visiter dans la royale abbaye de religieuses, qui était près de là, madame Marie, fille du Roi, sa cousine, qui avait pris le voile. Il lui présenta ses compliments respectueux, lui donna le baiser de paix et dîna avec elle. »</p>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_20070_actor">Grandes chroniques de France </corpname>
            <persname role="subject">Charles VI</persname>
            <subject>Actes royaux et impériaux</subject>
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            <p>Louis Bellaguet (éd.), Chronique du religieux de Saint-Denis contenant le règne de Charles VI, de 1380 à 1422, Paris, Crapelet, 1839-1852.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans le Journal d’un bourgeois de Paris</unittitle>
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            <unitdate normal="1436/1439" encodinganalog="3.1.3">1436-janvier 1439</unitdate>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 310] [1436] Quant les Françoys ou Arminalx virent qu’ilz ne porent trouver autre accort, ilz se misdrent sus plus fort que devant, et se mirent en Normendie à puissance, et en pou de temps gaignerent des meilleurs pors de mer qui y soient, comme Montyvillier, Dieppe, Harefleu et autres bonnes villes et chastellenies [p. 311] assez, et apres vindrent plus pres de Paris, et gaignerent Corbeil, le Bois de Vincenne, Beauté, Pontoise, Sainct Germain en Laie, et autres villes et chasteaux assis autour de Paris, par quoy nul bien ne povoit venir en la ville de Paris de Normendie ne d’ailleurs, ne pour monter ne pour avaller aucuns biens.<lb/>[…]<lb/>[p. 343] [1439] Ou moys de janvier fut prins par les Angloys le [p. 344] chastel de Sainct Germain en Laye, et fut par un faulx religieux de Saincte Genevieve, nommé Carbonnet, lequel estoit prieur de Nanterre, et se fist privé du cappitaine dudit chastel, et tant fist qu’il y entroit a quelque heure qu’il voulloit, et savoit touzjours où les clefs estoient, que on ne se deffioit point de lui ; et le mauvais homme alla a Rouen et promist au conte de Varvic que, se il lui voulloit donner IIIc salus d’or, qu’il luy randroit le chastel, et on les lui bailla, et le faulx traistre leur livra le chastel au jour qu’il avoit promis. Et environ XII ou XV jours apres, fut prins et recongnut toute la traison, et fut jugé a prinson perpetuelle, chargé de gros fers, jambes et bras, et ne menger jamais que pain et eaue, et tres pou. »</p>
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            <subject>Guerre de Cent Ans</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Alexandre Tuetey (éd.), Journal d’un bourgeois de Paris, 1405-1449, Paris, Champion, 1881.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans la Chronique de Charles VII de Jean Chartier</unittitle>
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            <note>
              <p>Compilation de textes historiques, constituée par étapes entre le XIIIe et le XVe s., couvrant l'histoire des rois de France jusqu'en 1461.</p>
            </note>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [t. I, p. 229] [mai-juin 1436] Comment Saint Germain en Laye fut françois<lb/>En ce mesme temps, fut mis le chasteau de Saint Germain en Laye en l’obbeissance du roy de France, moiennant certain argent que le conte de Richemont, connestable de France, en fist bailler au cappitaine qui le tenoit de par les Angloiz.<lb/>[…]<lb/>[t. II, p. 135-136] [septembre-octobre 1449] De la reddicion de la ville de Gisor par appoinctement et composicion faictes avecques eulx<lb/>Cependant que le siege estoit devant le susdit chastel de Gaillart, avant la reddicion d’icelluy deux ou trois jours seulement, le susdit seneschal de Poictou, avec ung des escuyers d’escuyrie du Roy nommé Pariot, et ung aultre nommé Pierre de Courcelles, parens de la femme de Richard de Marbury, chevalier anglois, et capitaine de la ville de Gisors pour le roy d’Angleterre, traictierent et appoinctierent avec ledit de Marbury pour la reddicion d’icelle ville en l’obeyssance du Roy, et firent composicion telle [p. 136] que le susdit capitaine traictia et promit de rendre la place de Gisors dans le dix huictiesme jour du moys d’octobre ensuivant. Et, de faict, se rendit ce cappitaine anglois en l’obeyssance du Roy, et luy fit serment fort solemnel en tel cas accoustumé, parmy ce qu’on luy delivrast purement, nettement et sans despens deux de ses enfans, nommez Jehan et Hemond, lesquels avoient esté prins au Ponteaudemer.<lb/>Et oultre ce, luy fust accordé qu’il joyroit des susdites terres de sa femme, que les Françoys tenoient et occupoient, fust par don du Roy ou aultrement. Outre plus, a la requeste des parens de sadite femme, et pour les agreables services que le Roy esperoit que luy et ses enfans luy feroient au temps a venir, il le fit cappitaine de Sainct Germain en Laye, et luy donna sa vie durant seullement tous les profits et esmolumens qui appartenoient a ladite cappitainerie. »</p>
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            <subject>Guerre de Cent Ans</subject>
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            <p>Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, éd. Auguste Vallet de Viriville, Paris, Jannet, 1858.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la reprise du château de Saint-Germain-en-Laye sur les Anglais</unittitle>
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            <unitdate normal="1440/1441" encodinganalog="3.1.3">1440-1441</unitdate>
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              <persname id="atom_21593_actor">Gruel, Guillaume</persname>
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            <note>
              <p>Breton, longtemps attaché à la personne du connétable Arthur de Richemont (XVe siècle).</p>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« En ce temps là, noz gens fortifierent Loviers et Conches, et celui yver se passa ainsi, excepté que mon dit seigneur mist le siege a Saint Germain en Laye, que les Angloys avoyent avant prins d’eschielle, et bientost fut rendu a mon dit seigneur, lequel empres fut requis d’aller en Champaigne, dont avoir le gouvernement. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21593_actor">Gruel, Guillaume </persname>
            <subject>Guerre de Cent Ans</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Guillaume Gruel, Chronique d’Arthur de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne (1393-1458), éd. Achille Le Vavasseur, Paris, Renouard, 1890, p. 161.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k215044w/f256.image</p>
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        </c>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Robert de La Marck du mariage du futur François Ier à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1514/1514" encodinganalog="3.1.3">10 mai 1514</unitdate>
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              <persname id="atom_21599_actor">La Marck, Robert (de)</persname>
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            <note>
              <p>Seigneur de Fleurange, maréchal de France.</p>
            </note>
          </bioghist>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« Ce temps pendant que ces menees se faisoient, monsieur d’Angoulesme en menoit un aultre ; car il vouloit que le mariage de luy et de madame Claude, fille aisnee du roy Louis, feust achevé, laquelle chose feust accordee par bons moyens par ledict seigneur roy Louis : et, en ce mariage faisant, il luy bailloit la duché de Bretaigne, pour en jouir presentement ; mais cela ne fist pas sans beaucoup d’affaires, car le Roy, qui estoit un peu chatouilleux, scavoit bien comment il avoit faict au feu [p. 43] Roy, et craignoit que ledict sieur d’Angoulesme ne luy en voullust faire autant. Toutesfois, la chose se fist, et y feust ledict sieur d’Angoulesme merveilleusement bien servi, et spécialement par monsieur de Boissi, grand maistre de France, et par le trésorier Robertet, qui pour lors gouvernoit tout le royaume, car, depuis que monsieur le legat d’Amboise mourut, c’estoit l’homme le plus approché de son maistre, et qui scavoit et avoit beaucoup veu, tant du temps du roy Charles que du roy Louis ; et sans point de faulte, c’estoit l’homme le mieux entendu que je pense naguères avoir veu, et du meilleur esprit ; et tant qu’il s’est meslé des affaires de France et qu’il en a eu la totale charge, il a eu cet heur qu’il s’est toujours merveilleusement bien porté. Le Roy avoit auparavant baillé audict sieur d’Angoulesme la duché de Vallois, afin qu’il eust nom duc, et avecques ce, la duché de Bretaigne, ce qu’il avoit de par ses pere et mere : c’estoit ung gros prince, et pouvoit faire beaucoup de bien a ses serviteurs. Ledict sieur d’Angoulesme, quand vint au jour de ses avantdictes nopces, envoya querir le jeune Advantureux, qui estoit de sa nourriture, lui mandant qu’il s’alloit marier. Laquelle chose entendue par ledict Advantureux, subit se trouva au chasteau d’Amboise, où ledict sieur estoit, et madame sa mere ; et incontinent partit dudict chasteau d’Amboise, bien accompagné, et vinst à Saint Germain en Laye, qui est un fort beau chasteau a cinq lieues de Paris, beau parc en belle chasse. Et luy arrivé, au bout de quatre jours apres, feurent faictes les nopces les plus riches que vis jamais, car il y avoit dix mille hommes habillés aussi richement que le Roy, ou que monsieur d’Angoulesme qui estoit le marié ; et pour l’amour de la feue Royne, tout le monde estoit en deuil ; et ne feust pas changé d’homme ni de femme pour ledict mariage. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21599_actor">La Marck, Robert (de) </persname>
            <persname role="subject">François Ier</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Robert de La Marck, seigneur de Fleurange, Histoire des choses mémorables advenues du reigne de Louis XII et François Ier, en France, Italie, Allemagne et les Pays-Bas, depuis l’an 1499 jusques en l’an 1521, éd. Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujoulat, Paris, Éditeur du commentaire analytique du code civil, 1838, p. 42-43.</p>
          </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans le journal de Louise de Savoie</unittitle>
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            <unitdate normal="1514/1522" encodinganalog="3.1.3">18 mai 1514-15 octobre 1522</unitdate>
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              <persname id="atom_21606_actor">Louise de Savoie</persname>
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            <note>
              <p>Fille de Philippe de Savoie et de Marguerite de Bourbon, épouse de Charles de Valois, duc d'Angoulême , et mère de François Ier et de Marguerite d'Angoulême.</p>
            </note>
          </bioghist>
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            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 395] Le dix huitieme jour de may, a Saint Germain en Laye, l’an 1514, furent les nopces de mon fils.<lb/>[…]<lb/>[p. 400] Henri, second fils de mon fils, fut le jour de la mi caresme né a Saint Germain en Laye, a sept heures six minutes avant midi, l’an 1519 ; et, selon la coustume de France, l’an 1518, le dernier jour de mars, ayant, a cause dudict jour, quelque similitude avec François, son frere, qui fut né le dernier jour de fevrier.<lb/>[…]<lb/>[p. 404] En aoust 1520, le jour saint Laurent, a dix heures apres midy, a Saint Germain en Laye, sortit du vente de la Reine ma fille Magdelaine, troisieme fille du Roy mon fils.<lb/>[…]<lb/>[p. 406] Mercredi 22 janvier 1522, jour de saint Vincent, a Saint Germain en Laye, a neuf heures quarante minutes au matin, fut né Charles, III fils de mon fils.<lb/>[…]<lb/>[p. 407] Le 26 septembre 1522, a Saint Germain en Laye, Pierre Piefort, fils de Jean Piefort, contreroleur du grenier a sel de Chateaudun, parent de plusieurs gros personnages de la Cour, fut bruslé tout vif apres que, dans le donjon du château de Saint Germain, il eut eu la main coupée, pour ce que impiteusement il avoit pris le Corpus Domini et la custode qui estoit en la chapelle dudit chasteau ; et le dernier jour du mois, mon fils vint a pied, la teste nue, une torche au poing, depuis Nanterre jusques au lieu, pour accompagner la saincte hostie ety la faire remettre en son premier lieu, car ledit Piefort l’avoit laissée en la petite chapelle de Saincte Genevieve, pres dudit lieu de Naterre. Le cardinal de Vendosme la rapporta, et lors faisoit beau voir mon fils porter honneur et reverence au saint sacrement, que chacun, en le regardant, se prenoit a pleurer de pitié et de joye.<lb/>Le 15 octobre 1522, a Saint Germain en Laye, je feus fort malade de goutte, et mon fils me veilla toute la nuict. »</p>
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            <persname role="subject">François Ier</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
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            <p>Louise de Savoie, « Journal de Louise de Savoye, duchesse d’Angoulesme, d’Anjou et de Valois, mère du grand roi François premier », dans Claude-Bernard Petitot (éd.), Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, t. XVI, Paris, Foucault, 1820, p. 383-408.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans le Journal d’un bourgeois de Paris sous le règne de François premier</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">9</unitid>
            <unitdate normal="1519/1530" encodinganalog="3.1.3">31 mars 1519-29 décembre 1530</unitdate>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 79] Audict an 1518, jeudy trente unisme et dernier jour de mars, accoucha la royne Claude de son deuxiesme filz, a Sainct Germain en Laye, pres Paris, environ six heures de matin ; lequel fut intitulé duc d’Orleans et baptisé au dict lieu, le dimanche cinquiesme jour de juing ensuivant. Et le leva des sainctz fondz l’ambassadeur du roy d’Angleterre, qui estoit pour lors a Paris, aussy le tint l’ambassadeur d’Escosse, lesquelz ambassaddeurs avoient procuration de ce faire de leurs maistres ; et y fut la commere madame d’Alençon, tante de l’enfant. Peu de temps [p. 80] apres, l’enfant fut porté a Bloys, en lictiere, pour le faire nourrir avec monsieur le Daulphin, son frere, qui aussi y fut nourry.<lb/>[…]<lb/>[p. 87] Au dict an 1520, le vendredy au soyr, troisieme aoust, environ onse ou douze heures de nuict, accoucha la royne de France, a Sainct Germain en Laye, d’une fille, et le merquedy vingt huictiesme jour du dict moys, elle fut baptisee au dict lieu et nommee Magdalaine, et la leverent sur les sainctz fondz de babtesme l’ambassadeur de Venise, qui pour lors y estoit, madame d’Alençon, sa tante, et l’une des seurs du roy de Navarre.<lb/>[…]<lb/>[p. 118] L’an 1521, le mercredy vingt deuxiesme janvier, la royne de France accoucha d’un filz a Sainct Germain en Laye, lequel fut intitulé le duc d’Angoulesme, qui fut le troysiesme filz que la dicte Royne a eu et le cinquiesme enfant, comprins deux filles, dont la premiere estoit nommée madame Loyse, laquelle mourut jeune enfant. Et fut baptisé iceluy filz au dict lieu de Saint Germain le samedy premier jour de mars ensuyvant, et le leverent des saincts fondz de baptesme [p. 119] deux des seigneurs [des] cantons de Suisse, lesquelz le Roy manda querir lors en leur pays ; et pour la marreine estoit madame d’Allençon, tante de l’enfant et sœur du dict roy de France. Et fut nommé au dict baptesme Charles, auquel baptesme y eut grand triomphe.<lb/>[…]<lb/>[p. 122] [1522] Au dit an, le huictiesme mars, furent penduz a Paris deux orfevres qui avoient desrobbé environ pour quatre mil livres de la vaisselle du Roy, estant lors logé au logis de monsieur de Villeroy ; ce larcin fut faict le lendemain de la feste des roys. Et furent condamnez par le prevost de l’hostel du Roy. Et en y eust un ou deux autres qui furent aussi penduz et estranglez pour mesme cas, a Sainct Germain en Laye, condamnez par le prevost de l’hostel aussi, et un orfevre qui fut battu au cul de la charrette.<lb/>[…]<lb/>[p. 158] L’an 1522, le vingt et troysiesme de septembre, il y eut un nommé maistre Pierre Piefort, qui estoit de devers Tours, lequel fut bruslé tout vif a Sainct Germain en Laye, lorsque le Roy, la Royne et la noblesse y estoient ; et fut parce qu’un peu auparavant il avoit prins et desrobbé la couppe d’argent doré qui estoit en l’eglise du dict lieu, auquel reposoit le precieux corpus Domini, et porta le corpus Domini entre des pierres, où anciennement madame Saincte Geneviefve, en son vivant, gardoit les brebis a Nanterre ; et apporta la coupe a Paris et en fut trouvé sais en une taverne, puis mené prisonnier en Chastelet, et de la fut envoyé querir par le prevost de l’hostel du Roy, auquel il confessa le cas et le lieu auquel estoit le corpus Domini. Tost apres et incontinent, le Roy avec grand nombre de seigneurs y allerent, chacun une torche de cire ardente en la main, et fut porté le ciel par quatre seigneurs et portoit le Roy luy mesme sa torche la teste nue ; et fut apporté par le cardinal de Bourbon, en grande reverence, soubz le ciel, et remis en sa place, en l’eglise de Sainct Germain, le dict corpus Domini. Et fut le malheureux grievement puny.<lb/>[…]<lb/>[p. 166] L’an 1523, le vendredy, lendemain de la feste [p. 167] Dieu, jour de juing, accoucha la royne de France d’une fille a Sainct Germain en Laye, pres Paris, qui fut baptizee au dict lieu le mardy XXIe jour de juillet ensuivant, et nommee Marguerite ; et la tint sur les sainctz fondz madame d’Alançon.<lb/>[…]<lb/>[p. 300] Au dict an 1526, le lundy sixiesme de novembre, le Roy vint à l’environ de Paris et s’en alla loger au bois de Vincennes. […] Il estoit revenu de Bloys pour son reetour d’Espaigne et avoit passé par Chartres. […]<lb/>Et le lundy ensuivant, il alla à Sainct Denis en France, ou il fist ses offrandes et fist remettre les chasses en leurs lieux, et de la s’en alla a Escouen, appartenant a monsieur de Montmorency, ou il fut quelques jours.<lb/>Puis de la s’en alla a Sainct Germain en Laye, ou estoit madame la Regente, sa mere, madame Renee, fille du feu roy Louis douziesme, seur de la dicte feue Royne, et toute la noblesse d’hommes et femmes. Et y estoient le roy de Navarre et monsieur de Lorraine, qui estoit venu devers le Roy environ huict jours devant, monsieur de Vendosme, le comte Saincy Paul, son frere, monsieur de Lautrec et plusieurs grands seigneurs bretons et autres seigneurs de France.<lb/>Et depuis se tint le Roy par long temps au dict lieu de Sainct Germain en Laye, sans venir en la ville de Paris, sinon que par nuict.<lb/>[…]<lb/>[p. 301] Au dict an 1526, en decembre, vindrent nouvelles a Paris, lorsque le Roy estoit a Sainct Germain en Laye, que le quatriesme jour du dict mois de decembre, il y eust un gros combat sur la mer entre l’armee de l’Empereur et l’armee de France.<lb/>[…]<lb/>[p. 302] Au dict an, le mercredy, lendemain de Noel, le vingt sixiesme jour de decembre, madame la duchesse, veufve de feu monsieur d’Alançon, seur du Roy, fut fiancee au roy de Navarre a Sainct Germain en Laye, ou estoit le Roy et toute la noblesse.<lb/>[1527] Et le mercredy penultieme jour de janvier au dict an, ilz furent espousez au dict lieu de Sainct Germain. Apres furent faictes jouxtes et tournois et gros triomphe par l’espace de huict jours ou environ, au dict lieu de Sainct Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 315] Au dict an 1526, en decembre, lorsque le Roy estoit a Sainct Germain en Laye, fut defendu de par le Roy a quatre conseillers de parlement de ne plus aller a la dicte cour sans l’authorité et vouloir du Roy. C’est asscavoir messieurs Disques, Gennequin, Le Coq et au procureur general du Roy nommé Rogier. On dit que ce fut a cause qu’ilz estoient contre le chancelier, touchant l’abbaie de Sainct Benoist, vaccante par la mort de feu monsieur Poncher, archevesque de Sens, et tenoit la cour pour monsieur de Paris, qui estoit nepveu du dict feu archevesque de Sens, qui avoit esté esleu abbé.<lb/>[1527] Au dict an, lundy, dix septiesme de fevrier, apres diner, fut, en la grande eglise Nostre Dame de Paris, chanté Te Deum laudamus. […] Et le mercredy suivant furent [p. 316] faictes processions generalles où estoient les prevost et eschevins de la ville, avec grand peuple où on porta chasses, reliques et alla on a Nostre Dame de Paris, les rues tendues. Ce qui fut faict par ordonnance et commandement de madame la Regente, elle, le Roy et la noblesse estans a Sainct Germain en Laye, et ce a cause qu’elle mandoit que le Roy avoit eu nouvelles de ses cappitaines et gens d’armes qu’il avoit dela les mons, c’est asscavoir le seigneur Rance, Italien, qui estoit la ligue des Ursins, et tenoit le party du Roy, le comte de Vaudemont, frere puiné de monsieur de Lorraine, le marquis de Saluces et autres, qu’ilz avoient deffaict quelque nombre de gens d’armes, arrivez au port de Gayette pour l’Empereur, voulans aller a Rome prendre le pays et apres aller a Naples, et le seigneur d’Arcon, et le prince d’Aurenge, avec grand nombre de gens d’armes tant de cheval que de pied.<lb/>[…]<lb/>[p. 323] L’an 1527, au moys de may, vindrent nouvelles au Roy, luy estant à Sainct Germain en Laye, avec madame la Regente, sa mere, et toute la noblesse, de la desolation et ruine faicte a Rome, par monsieur de Bourbon, et les Espaignolz qui y estoient de par l’Empereur, et des François.<lb/>[…]<lb/>[p. 337] L’Empereur et son conseil, estant en Espaigne, scachant ces choses, fist detenir et prendre prisonniers les ambassadeurs de France qui estoient allez vers le dict Empereur de par le Roy, asscavoir l’evesque de Terbe et autres, pour traicter de paix et ravoir messieurs les enfans de France, tenans hostage pour le Roy. Et fut ce faict en fevrier 1527 [1528].<lb/>A ceste cause, le Roy, estant a Sainct Germain en Laye, fist aussi arrester tous les marchans et marchandises de Fladre qui estoient par deça en son royaume ; fut aussi semblable arrest de par madame Marguerite, tante de l’Empreur, et regente pour luy en Flandres, [sur] les marchans et marchandises de France estans en ce pays la.<lb/>[…]<lb/>Au dict mois de mars 1527 [1528], le prevost des marchans et aucuns des eschevins de la ville de Paris allerent à Sainct Germain en Laye vers le Roy et le chancelier leur faire remonstrance du grand dommaige [p. 338] que les marchans de Paris et d’ailleurs avoient eu au moien des dictz arrestz.<lb/>[…]<lb/>[p. 341] Au commencement d’avril, apres Pasques 1528, messieurs les Enfans de France, c’est asscavoir le petit duc d’Angouleme et une fille, vindrent de Bloys a Sainct Germain en Laye, par mandement du Roy.<lb/>[…]<lb/>[p. 342] 1528, le quinziesme avril apres Pasques, vindrent nouvelles au Roy, a Sainct Germain en Laye, de l’armee de monsieur de Lautrec, son lieutenant general dela les montz, estant au royaume de Naples, qu’il avoit prins la cité de Melphe.<lb/>[…]<lb/>[p. 344] Au dict an 1528, en may, vindrent nouvelles a Sainct Germain en Laye, et aussi le pape escrivit au cardinal Salviati, legat, qui estoit pour lors a Paris, que noz ennemys, asscavoir les Espaignolz et autres nations, estoient a Naples en grand nombre.<lb/>[…]<lb/>[p. 346] Au dict an 1528, en may, vindrent nouvelles au Roy a Sainct Germain en Laye que la ville de Pavie s’estoit revoltee contre luy et avoit esté baillee aux Espaignolz pour l’Empereur.<lb/>[…]<lb/>[p. 425] Apres l’arrivement de madame Eleonor en France, et de messeigneurs les Enfans, et qu’ilz eussent faict leurs entrees a Bordeaux, Bayonne, Angoulesme, Sainct Jean d’Angely, Loches et non point a Poictiers, ne a Tours, a cause de la mortalité, Amboyse, Blois et autres lieux, la dicte Royne fist son entree en la ville d’Orleans, ou elle y fut honnorablement receue, a rues tendues, et ciel sur elle, en gros triomphe, et fut le jour sainct André, au dict an 1530, ou y passa ce jour le Roy, qui s’en alla en son lieu de Fontainebleau. L’on dict que la Royne s’en alla ce jour d’Orleans pour s’en aller apres le Roy. Elle fut logee en la maison royalle de Sainct Aignan, que le feu roy Loys onziesme fist faire en son vivant.<lb/>[p. 426] Puis s’en alla au dict lieu de Fontainebleau ou l’attendoit le Roy. Puis le Roy et elle, avec toute la cour, s’en vindrent au boys de Vincennes, et y arriverent le lundy XIXe jour de decembre, au dict an 1530, puis s’en allerent a Saint Germain en Laye faire la feste de Noel, sans que la Royne passast par la ville de Paris, attendu qu’elle n’y avoit encores faict son entree. »</p>
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            <persname role="subject">François Ier</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
            <subject>Fêtes et événements</subject>
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            <p>Ludovic Lalanne (éd.), Journal d’un bourgeois de Paris sous le règne de François premier (1515-1536), Paris, Renouard, 1854.</p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans la chronique de Pierre Driart</unittitle>
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            <unitdate normal="1527/1528" encodinganalog="3.1.3">13 avril 1527-novembre 1528</unitdate>
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              <persname id="atom_21616_actor">Driart, Pierre</persname>
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            <note>
              <p>Religieux, chambrier de Saint-Victor.</p>
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          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 124] Le samedi XIIIe jour dudict moys [avril 1527], par le commandement du Roy, lors estant à Sainct Germain en Laye, et lequel y avoit esté longue espace de temps depuis son retour des Espaignes sans entrer dans Paris, nonobstant qu’il [p. 125] eust approché et passé soubz les pontz, et lequel estoit fort courroucé contre la ville, furent mis prisonniers au Louvre mons. Merlin, penitencier de mons. de Paris, mons. Boucherat, advocat en la Court, mons. de Gris, ung autre nommé Boyleaue, et des marchans de ladicte ville, lesquelz, comme on disoit, n’avoient voulu estre de consentement que on se obligeast aux Angloiz pour quelque deu comme ilz vouloient soubz ung nisy, qui fut chose assez estrange à ouyr.<lb/>Et, le dimenche apres disner, jour de Pasques fleuries, ledict s. le Roy nostre sire entra en ceste ville de Paris et logea aux Tournelles, et se tint quelque espace de temps au boys de Vincennes.<lb/>[…]<lb/>[p. 136] Item, vers la fin de ce present moys [novembre 1528], madame la royne de Navarre, seur du roy de France, acouchea d’une fille au chasteau de Sainct Germain en Laye, comme on disoit pour lors.</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21616_actor">Driart, Pierre </persname>
            <persname role="subject">François Ier</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Fernand Bourbon, « Chronique parisienne de Pierre Driart, chambrier de Saint-Victor (1522-1535) », Mémoires de la société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France, t. XXII, 1895, p. 67-178.</p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires apocryphes du maréchal de Vieilleville</unittitle>
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            <unitdate normal="1547/1549" encodinganalog="3.1.3">1547-16 juin 1549</unitdate>
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              <persname id="atom_21625_actor">Vieilleville, François de Scepeaux (seigneur de)</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Maréchal de France. Ses mémoires sont reconnues aujourd'hui comme en large partie apocryphes.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [vol. 1, p. 149] [1547] Henry, dauphin, par cette mort devenu roy, partit de Ramboillet, et, après avoir commandé de porter le corps du feu Roy son pere a Saint Cloud pres Paris, pour y faire la quarantaine avant estre enterré, selon l’ancienne coutume de nos rois, s’achemina droit a Saint Germain en Laye, ou il trouva deja M. le connestable qui attendoit, il y avoit plus de six ans, ce changement en grande devotion, et tous deux commencerent a donner ordre aux affaires, desquelles les plus pregnantes d’alors estoient celles d’Angleterre. Et y ayant vacqué cinq ou six jours sans intermission, ils appellerent au septieme M. de Vieilleville, auquel ils baillerent, se confians de sa prudence, memoires et instructions pour aller en Angleterre devers le petit roy Edouard et son Conseil, pour les assurer qu’il vouloit tenir inviolablement la paix que leurs seigneurs et peres avoient juree, et que Sa Majesté avoit envoyé, par un autre chevalier d’honneur, a l’empereur Charles, curateur honoraire de leur jeune roy, [p. 150] une pareille asseurance, et que, si besoin, le seigneur de Vieilleville, deputé de sa part devers eulx, avoit un pouvoir fort ample pour la jurer de nouveau.<lb/>[…]<lb/>[p. 198] L’enterrement du feu roy François le Grand parachevé avec  la sumptuosité cy dessus declaree, le sieur de La Chastaigneraye poursuivit tres instamment envers le Roy l’assignation du jour et du lieu de son combat contre Jarnac, pour mettre fin a leur querelle : ce que Sa Majesté luy accorda le jour [vide] de juin de la mesme annee 1547, a Saint Germain en Laye, ou la Cour s’achemina au sortir de Paris, car Sadite Majesté en desiroit veoir l’issue avant que se faire sacrer, qui ne fut pas telle que Chastaigneraye esperoit, encores qu’il ne craignist son ennemy non plus que ung lyon le chien ; mais il luy en advint comme a une femme grosse qui, se sentant preste d’accoucher, n’espargne aulcune despence pour decorer et diaprer sa maison et ses couches, cherchant des parains et maraines d’etoffe pour honorer le baptesme de son [p. 199] enfant, mais, le terme venu de verser, elle et son fruit meurent en l’enfantement. Aussi cestuy cy fist une excessive despence en apprests tres magnifiques pour paroistre, attendant le combat ordonné, mesme pour le soupper du jour de son combat, comme se promettant infailliblement la victoire, et invita tous les plus grands seigneurs de la Cour pour en estre ; et d’autant que M. le prince de La Roche sur Yon l’en avoit reffusé, et qu’il n’est demeuré aupres du Roy prince du sang que luy (car M. de Vendosme s’estoit retiré, que les aultres princes avoient suivy) pour luy avoir esté deffendu d’estre parrain de Jarnac, il pria M. de Vieilleville de tant faire envers luy qu’il honorast son festin de sa presence ; ce que ledit sieur prince, en faveur de M. de Vieilleville, luy accorda. Mais Dieu, qui l’attendoit au passaige, le fist, de vainqueur par fantaisie, demeurer vaincu par effet, et fut ce soupper tout cru enlevé par les suisses et laquais de la Cour, car on n’avoit pas voulu touscher au feu que l’on n’en eust veu la fin ; aussi qu’il estoit quasi soleil couché premier qu’ils entrassent en duel : les pots et marmites renversés, les potaiges et entrées de tables respandus, mangez et devorez par une infinité de herpaille, la vaisselle d’argent de cuysine et riches buffets, empruntez de sept ou huit maisons de la Cour, dissipez, ravis et volez avec le plus grand desordre et confusion du monde ; et, pour le desert de tout cela, cent mille coups de halebardes et de bastons departis sans respect a tout ce qui se trouvoit dedans la tente et pavillon de La Chastaigneraye, par les capitaines et archers des gardes et prevost de l’Hostel qui y survindrent pour [p. 200] empescher ce vol et saulver ce que l’on pourroit, car il estoir venu ung infiny peuple de Paris, comme escoliers, artisans et vagabonds, a Saint Germain en Laye, pour en veoir le passe temps, qui s’estoient jectez la dedans a corps perdu, comme au sac d’une ville prise par assault, pour y exercer toutes sortes de ravaiges.<lb/>Ainsi passe la gloire du monde, qui trompe toujours son maistre, principalement quand on entreprend quelque chose contre le droit et l’equité, comme l’on disoit qu’avoit fait Chastaigneraye : car, luy ayant dict Jarnac, en amy et proche parent, qu’il entretenoit fort paisiblement madame de Jarnac sa belle mere, et en tiroit ce qu’il vouloit de moien pour paroistre a la Cour, Chastaigneraye fut si desbordé et impudent qu’il luy vouloit maintenir luy avoir dict qu’il paillardoit et couchoit avec elle, se fiant en sa justesse et adresse ; mais il en receut un dementir et, par juste jugement de Dieu, la mort, contre touteffois l’esperance de tout le monde, mesme du Roy et de M. le duc d’Aumalle son parrain, fils aisné de M. Claude, duc de Guyse, estant Chastaigneraye homme fort adroit aux armes, de couraige invincible, et qui avoit fait mille preuves et mille hazards de sa valeur, et l’aultre non, qui faisoit plus grande profession de courtisan et dameret a se curieusement vestir, que des armes et de guerrier.<lb/>[p. 201] Telle fut l’issue de ceste tragedie, proprement ainsi nommee a cause de sa miserable fin et de la trop superbe pompe de son commencement ; car Chastaigneraye, ung mois ou cinq semaines avant entrer au combat, estoit ordinairement accompaigné de cent ou six vingt gentilshommes, faisant une piaffe a tous odieuse et intolerable, avec une despence si excessive qu’il n’y avoit prince a la Cour qui la peust egaler : a laquelle il luy eus testé impossible de fournir de ses facultez sur le Roy, qui l’aimoyt, ne luy en eust donné le moyen, car elle montoit a plus de douze cens ecus par jour ; ne m’estant voulu estandre a speciffier par le menu les ceremonies observees en ce duel, qui durerent plus de six heures, tant pour la visitation des armes des combattants par les parrains d’une part et d’autre, que pour la forme des serments, semblablement pour la multitude des confidents qui suivoient les parains, car ung prince estoit parain de l’un, et M. de Boisy, grand escuyer de France, de l’aultre.<lb/>Item des coupes que se tirerent les combattants, et de quelles armes ils estoient armez, ny de mille aultres incidents qui seroient longs a reciter, desquels je m’excuse, et les remets pour cette occasion aux heraulx, auxquels particulierement cela touche, comme chose dependante de leur office. Seulement je diray [p. 202] que le Roy, pour en oublier les regrets, car il estoit en partie cause de ce combat, pour avoir luy mesme interpreté en trop maulvaise part ce mot d’entretenir sur lequel fut fondee la querelle, deslogea de Saint Germain en Laye et s’en vint a Paris descendre en la maison de Baptiste Gondy, au fauxbourg de Sainct Germain des Prez, duquel lieu il envoya querir M. le premier president Lizet et trois aultres presidents de la Cour.<lb/>[…]<lb/>[p. 299] [1549] Arrivé que fut M. de Vieilleville a la Cour, qu’il trouva a Saint Germain en Laye, il fist tous les devoirs accoustumés au Roy, Royne, princes, princesses et aultres seigneurs, dames de la suite, en quoy il fust fort bien veu et receu de tous, et principalement de son maistre, qui luy fist paroistre l’aise qu’il avoit de sa venue.<lb/>[…]<lb/>[p. 302] Le Roy sejourna a Saint Germain, faisant ses apprests en diligence pour l’entrée de Paris, poussé d’un tres ardent desir de s’en despecher pour effectuer son entreprise de Bouloigne, affin de prevenir l’hyver, d’aultant qu’en ce pays la des le mois de septembre les vents et les pluyes commencent a s’esclorre d’estrange façon. Elle se fist doncque le seiziesme de juin an 1549. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21625_actor">Vieilleville, François de Scepeaux (seigneur de) </persname>
            <persname role="subject">Henri II</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
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            <p>François de Scépeaux, seigneur de Vieilleville, Mémoires de la vie de François de Scépeaux, sire de Vieilleville et comte de Duretal, maréchal de France, éd. Vincent Carloix, Paris, Foucault, 1822.</p>
          </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires de Brantôme</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">12</unitid>
            <unitdate normal="1547/1589" encodinganalog="3.1.3">1547-1589</unitdate>
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              <persname id="atom_21641_actor">Bourdeille de Brantôme, Pierre (de)</persname>
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            <note>
              <p>Seigneur et abbé séculier de Brantôme.</p>
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          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [t. 2, p. 211] Il me souvient que nostre Roy dernier, Henry IIIe, faisant un jour la diete à Sainct Germain, où il s’estoit retiré à part hors de sa Court, qu’il avoit laissée à Paris avec la Reyne sa mere, un jour, moy y estant pour luy demander un petit don duquel on m’avoit donné advertissement, il me fit cet [p. 212] honneur de me laisser entrer en sa chambre à son disner, l’huyssier luy en ayant demandé congé, ainsi qu’il le permettoit à plusieurs, et non à tous. Je le vis disner, où estoit M. d’Arques, ne faisant qu’entrer en faveur, despuis M. de Joyeuse. Durant son disner, il se mit à parler de la grande depense que faisoient les gentilzhommes de son réaume, et principalement de sa Court ; que bien qu’il fist de grandz dons à sa noblesse, et non pas encor tant qu’il voudroit, que pourtant il ne falloit pas qu’ell’en abusast et mist tant en despances si superflues et excessives qu’elle faisoit.<lb/>[…]<lb/>[p. 405] Du temps du roy Henry II, y avoit en sa Court une tres grande dame et la plus belle de la Court (possible, quand je dirois de la chrestienté ne mentirois je) : ce fus madame de Guise ; et un jour, elle allant de Paris jusques à Sainct Germain, où estoit la Court, montée sur une hacquenée, et n’ayant avec elle qu’une seule damoiselle, un page et deux grands lacquais (car au matin ell’estoit allée à Paris faire un tour et puis s’en retourner aussi tost), et chevauchoit le plus roide qu’elle pouvoit, et à la plus grand chaleur du jour, pour se trouver au soupper de monsieur son mary, elle vint à rencontrer un honneste gentilhomme, capitaine qui estoit au service d’un beau frere de monsieur son mary. Le gentilhomme, qui estoit courtois et ne faisant que venir fraischement du Piedmont, et aiant demeuré un an sans venir à la Cour, et ne cognoissant pas la livrée qu’elle portoit, pour l’avoir changée despuis son partement, vint accoster ceste grande dame et l’arraisonner, pensant que ce fust un’autre dame de la Court, non si grande comme cella là ; et d’abordade [p. 406] luy va dire qu’elle chevauchoit fort roide, et comm’elle alloit par pays à la fraischeur de M. d’Imbercourt, et que la chaleur lui feroit mal. Elle fit de l’ignorante de ce proverbe et lui en demanda l’interpretation. Il la luy dict, et de propos en propos il l’entretint tousjours en cheminant, jusques à lui presenter son service, et quelquefois faisant semblant de lui vouloir toucher la jambe, qu’il ne voyoit que trop belle et trop tentative pour lui. Elle lui laissoit faire à demy ce qu’il vouloit, mais avecques toute modeste, et l’escoutoit parler (car il disoit tres bien) de l’amour, non pourtant sans rire soubs son touret de nez ; car, des ce temps, les masques n’estoient encor en usage pour cheval.<lb/>Enfin, estant arrivée à Sainct Germain, la dame, prenant son chemin pour aller au chasteau, le gentilhomme lui dist : « Madame, vous allez descendre au chasteau, et moy en mon logis. Dieu vous doint tres heureuse et longue vie, je suis vostre serviteur ! » Aussitost la dame, baissant son touret de nez, dict au gentilhomme : « Mon gentilhomme, je vous remercie de vostre compaignie ; je suis à vostre commandement : à jamais je me souviendray de la frescheur de M. d’Imbrecourt, pour l’amour de vous. »<lb/>Le gentilhomme fut si estonné de voir ceste dame, qu’il ne pensoit estre celle là, que soudain, sans dire mot, il tourne bride en arriere au grand gallop d’où [p. 407] il estoit venu, pensant avoir offensé ceste dame, et qu’elle luy en voudroit mal. Mais la dame despuis cogneut en lui qu’il pensoit avoir grandement failly et peché envers elle ; en fit le conte à son beau frere, à qui le gentilhomme estoit. Elle le pria lui mander de venir, et qu’elle n’estoit nullement faschée contre luy.<lb/>[…]<lb/>[t. 9, p. 491] Apres le roy Henry vint le roy François second, duquel le regne fut si court que les medisans n’eurent loisir de se mettre en place pour medire des dames : encore que s’il eust regné longtemps, ne faut point croire qu’il les eust permis en sa Cour ; car c’estoit un Roy de tres bon et tres franc naturel, et qui ne se plaisoit point en medisances, outre qu’il estoit fort respectueux à l’endroit des dames et les honnoroit fort : aussi avoit il la Reine sa femme, et la Reine sa mere, et messieurs ses oncles, qui rabrouoient fort ces causeurs et piqueurs de langue. [p. 492] Il me souvient qu’une fois, luy estant à Sainct Germain en Laye, sur le mois d’aoust et de septembre, il luy prit d’envie d’aller le soir voir les cerfs en leurs ruths en cette belle forest de Sainct Germain, et menoit des princes ses plus grands familiers, et aucunes grandes dames et filles que je dirois bien. Il y en eut quelqu’un qui en voulut causer, et dire que cela ne sentoit point sa femme de bien ny chaste, d’aller voir de telles amours et tels ruths de bestes, d’autant que l’appetit de Venus les en eschauffoit davantage à telle imitation et telle veue, si bien que, quand elles s’en voudroyent degouster, l’eau ou la salive leur en viendroit à la bouche du mitan, que peu apres il n’y auroit autre remede de l’en oster, sinon par autre cause ou salive de sperme. Le Roy le sceut, et les princes et dames qui l’y avoyent accompagné. Asseurez vous que si le gentilhomme n’eust sitost escampé, il estoit tres mal, et ne parut à la Cour qu’apres sa mort et son regne.<lb/>[…]<lb/>[p. 710] Il y faut aller le plus sagement que l’on peut et le plus hardiment aussi, et faire comme ce [p. 711] grand roy Henry, lequel, comme il estoit fort subjet à l’amour et fort aussi respectueux aux dames, et discret, et par consequent bien aymé et receu d’elles, quand quelquesfois il changeoit de lict et s’alloit coucher en celluy d’un’autre dame qui l’attandoit, ainsi que je tiens de bon lieu, jamais n’y alloit, et fust ce en ces galleries cachées de Sainct Germain, Blois et Fontainebleau, et petitz degrez eschapatoires, et recoings, et galletas de ses chasteaux, qu’il n’eust son vallet de chambre favory, dit Griffon, qui portoit son espieu devant luy avecques le flambeau, et luy après, son grand manteau devant les yeux ou sa robe de nuict, et son espée soubz le bras ; et estant couché avec la dame, se faisoit mettre son espieu et son epsée aupres de son chevet, et Griffon à la porte bien fermée, qui quelquesfois faisoit le guet et quelquesfois dormoit. »</p>
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          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_21641_actor">Bourdeille de Brantôme, Pierre (de) </persname>
            <persname role="subject">Henri II</persname>
            <persname role="subject">Henri III</persname>
            <subject>Chasse</subject>
            <subject>Vie de Cour</subject>
          </controlaccess>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Michel de Castelnau de l’envoi de prisonniers au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">13</unitid>
            <unitdate normal="1560/1563" encodinganalog="3.1.3">31 octobre 1560-vers août 1563</unitdate>
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              <persname id="atom_21648_actor">Castelnau, Michel (de)</persname>
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            <note>
              <p>Homme de guerre et diplomate, baron de Joinville, seigneur de Mauvissière et de Concressaut.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 112] [31 octobre 1560] Au mesme temps, Carrouges fut envoyé vers madame de Roye, sœur de l’admiral, et belle mere du prince de Condé, pour visiter ses papiers, et la faire mener prisonniere a Sainct Germain en Laye, comme ayant eu part a la conjuration d’Amboise : aussi esperoit on trouver en sa maison plusieurs memoires qui serviroient a faire le procez audict prince.<lb/>[…]<lb/>[p. 312] [vers août 1563] Sur quoy Leurs Majestez me firent belles promesses, et en mesme instant me commanderent, avant que de licencier mes chevaux legers, d’aller sur le chemin de Rouen, pour rencontrer les deux ambassadeurs d’Angleterre qui vouloient s’acheminer vers le Roy, lequel ne les vouloit nullement voir. L’un estoit Smyth, pour ambassadeur ordinaire, l’autre estoit Trokmarton, son predecesseur, tous deux commandez par la reyne d’Angleterre de se haster d’aller trouver Leurs Majestez au Havre de Grace, où Trokmarton laissoit aller Smyth devant pour voir quel il y feroit. Mais l’un et l’autre y arriverent trop tard ; et d’autant que Foix, qui estoit pour lors ambassadeur du Roy residant en Angleterre, estoit fort estroitement observé et quasi comme prisonnier, le Roy fut conseillé de faire le semblable à l’endroit de Smyth, et de ne [p. 313] recevoir Trokmarton, en quelque façon que ce fust ; mais plustost le faire arrester prisonnier, comme celuy lequel, ayant esté cause de la guerre avec la Reyne sa maistresse, et de rompre le traité de Cambresis fait avec elle, se seroit encore hazardé de passer en France sans passeport ni sauf conduit du Roy ; surquoy Sa Majesté ne le pouvoit recevoir autrement que pour un prisonnier. Ce qu’elle me commanda de luy dire, et davantage qu’estant hay en l’armée du Roy comme il estoit, tant des catholiques que des huguenots, et de tous les peuples de France, il seroit en danger de sa personne s’il n’estoit en lieu de seureté. Luy ayant fait cette harange, comme il estoit homme fort colere et passionné en toutes ses actions, il se voulut elever, se prevalant de sa maistresse, et se deffendre par plusieurs raisons. Mais, pour couper chemin à tous ses discours, je l’envoyay au chasteau de Sainct Germain en Laye, avec garde, comme j’en avois eu commandement. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_21648_actor">Castelnau, Michel (de) </persname>
            <persname role="subject">Charles IX</persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Michel de Castelnau, Mémoires de messire Michel de Castelnau, seigneur de Mauvissière et de Concressaut, éd. Petitot, Paris, Foucault, 1823, p. 112-313.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, d’événements survenus au cours d’un séjour de la cour à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">14</unitid>
            <unitdate normal="1574/1574" encodinganalog="3.1.3">février-mars 1574</unitdate>
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              <persname id="atom_21668_actor">La Tour d’Auvergne, Henri (de)</persname>
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            <note>
              <p>Vicomte de Turenne, puis (en 1591) premier duc de Bouillon . Maréchal de France.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Nous partismes de Chantilly et vinsmes à Saint Germain en Laye, ou l’on fit sejour de trois mois. La, Monsieur et le roi de Navarre communiquoient souvent ensemble, et avions souvent des nouvelles de M. de La Noue. Les choses s’acheminans a une prise d’armes, [p. 16] ainsy que vous l’entendrez, M. de Montmorency vint a Saint Germain. Un jour, sur les six heures du soir, c’estoit vers le mois de fevrier, M. de Guise descendant d’un degré qui venoit de la chambre de la Reine mere, accompagné d’un gentilhomme et d’un page, trouve le jeune Vantabrun ; ayant eu peu de propos, M. de Guise met l’espee a la main, l’autre veut enfiler le degré, il le ratrape en bas, luy donne divers coups ; l’ayant porté par terre, croyant l’avoir tué, s’en court a la chambre du Roy, qui gardoit le lict, d’où il s’approche avec une voix emue. Il supplia le Roy, en s’abaissant, de luy pardonner sa faute d’avoir tué Vantabran dans le chasteau, qui luy avoit dit que sa femme, madame de Guise, et M. de Montmorency le vouloient faire tuer ; soudain M. de Montmorency repartit en suppliant le Roy d’ordonner que Vantabrun pust estre ouy, s’il luy restoit encore un peu de vie, se presentant, sous le bon plaisir du Roy, a maintenir que luy ny madame de Guis n’avoient jamais eu de semblables propos, ny pres ny loin, approchant cela. Sur ces entrefaites, La Mole entra, qui demanda justice au Roy, et tint des propos mal rangez et assez audacieux, ajoustant que Dieu avoit gardé la vie a son cousin pour, par sa bouche, scavoir la verité. Vantabrun est mené dans la garde robbe, quelques uns du Conseil ordonnez pour l’ouir, cela s’assoupit sans plus avant en avoir tiré la verité. L’opinion commune fut qu’on vouloit jetter le chat aux jambes a M. de Montmorency et, si Vantabran eus testé tué, que cela eust servy de pretexte a ce qu’on eust pu entreprendre contre luy, s’estant remarqué que cet assassin de Montrevel s’estoit veu a Saint Germain, ce qu’il n’avoit accoustumé, le Roy mesme n’estant bien aise de le voir pres de luy, recompense ordinaire des traistres, d’estre en soupçon mesme a ceux qui les employent. Parmy toutes ces choses, il y avoit des amours meslees, qui font ordinairement a la cour la pluspart des brouilleries, et s’y passent peu ou point d’affaires que les femmes n’y ayent part, et le plus souvent sont cause d’infinis malheurs a ceux qui les ayment et qu’elles ayment. C’est pourquoy, si vous me croyez et voulez estre sage, vous vous retirerez de la passion, et tascherez de vivre en sorte qu’elles ne croyent que vous les meprisiez ou fassiez mauvais offices, mais qu’elles vous pourront conjurer a les aymer plus que tout votre pouvoir au devant de toutes vos actions la gloire de Dieu, de n’enfreindre ses commandemens de tout vostre possible.<lb/>M. de La Noue resout la prise des armes au 10 mars, avertit partout, mesmement le sieur de Guitry Berticheres, pour avertir ceux de dela la riviere de Loire. Monsieur en est averty et les autres princes, mais assez tard, n’y ayant pas plus de trois semaines jusques au jour. Ces princes s’assemblerent et aviserent le moyen de se retirer et ou : il fut avisé de scavoir de M. de Bouillon s’il vouloit les recevoir a Sedan, et a cet effet le sieur de La Boissiere est depesché vers luy, qui fit son voyage en huict jours, asseura la volonté de M. de Bouillon, non seulement d’ouvrir les portes, mais qu’il viendroit recevoir ces messieurs sur la riviere de Vesle, qui passe a Reims, avec un bon nombre de noblesse, en luy faisant scavoir le jour. Nous voila donc resolus de nostre partement, et du lieu de nostre retraitte. Le roi de Navarre va prendre son logis au village pour y coucher, M. de Thoré estoit avec nous et M. de Montmorency s’en estoit retourné a Chantilly. Il arriva par une tres grande faute, de laquelle la verification n’en a esté bien faite pour scavoir d’ou elle venoit, mais elle nous pensa couster la vie a tous, qui fut que M. de Guitry, au lieu de prendre le 10 de mars, s’avança de dix jours, m’ayant dit plusieurs fois que celuy que M. de La Noue luy avoit envoyé luy avoit donné l’autre jour qu’il avoit pris. Mon opinion a esté que l’ambition luy avoit fait commettre cette faute, estimant que s’avançant devant M. de La Noue, qu’il attireroit les hommes a luy et qu’il pourroit plus facilement executer quelque entreprise, et qu’aussi il ne temoigneroit ne dependre du commandement de M. de La Noue, raisons tres foibles pour luy avoir fait commettre tant de gens en un tres grand danger. Nous ne fusmes avertis que sur les [p. 17] deux heures apres midy qu’il avoit donné son rendez vous pour le lendemain de se venir saisir de Mantes, ou estoit la compagnie de M. de Montmorency en garnison, commandee par le guidon du sieur de Buy, qui estoit de nostre intelligence. Nous, fort esbahis, nous n’avions donné jour a M. de Bouillon, et apprenions l’incertitude du sieur de Guitry, des forces qu’il pouvoit faire, l’entreprise de Mantes fort incertaine, comme il a paru ; de partir incontinent, nous n’avions ny lieu ny forces certaines pour nous retirer. Nous renvoyons vers Guitry, luy mandant qu’aussitost qu’il a Mantes qu’il nous avertist, que nous cependant nous aurions le pied a l’estrier dans le village, n’y ayant plus que Monsieur engagé dans le chasteau.<lb/>Sur l’entree de la nuit, voila l’alarme a la Cour, si chaude que, n’en connoissans bien la cause, les perturbations estoient grandes, les bagages chargez, les cardinaux de Loraine et de Guise a cheval pour s’enfuir a Paris, et, a leurs exemples, plusieurs autres. Les tambours des Suisses, du corps et des compagnies françoises des gardes battoient aux champs. Les avis du rendez vous du sieur de Guitry pour l’assemblee de ses forces se rapportoient de Normandie, de Beausse et du Vexin, ou il estoit ; le partement du Roy resolu a l’instant, les gardes redoublees au chasteau ; mon oncle de Thoré et moy, qui estions au village, au logis de M. le connestable, prest a partir si je l’eusse voulu croire, ce que je ne voulus, mais d’aller au chasteau aviser si nous pourrions faire sortir Monsieur. Estans dans le chasteau, ou le roi de Navarre avoit aussi esté mandé, je cherchay Monsieur, et entray en la chambre de la Reine, ou le roy de Navarre s’approcha de moy et me dit : « Nostre homme dit tout ». Alors je m’approchay de mon oncle de Thoré et luy dis qu’il s’en allast, et qu’il vengeast le mauvais traitement qu’on me pourroit faire, et me crut, dont bien luy prit : s’il fust demeuré, il estoit mort, d’autant que Monsieur l’avoit fort chargé par sa confession qu’il fit a la Reine mere, par la foiblesse de sa constance, et par l’induction de La Mole, qui, marry de n’avoir [p. 18] esté de tous nos conseils, pour se venger de nous, et de moy principalement, estimant que ce mauvais office qu’il faisoit a son mestre en luy conseillant de perdre sa creance et reputation, et ses meilleurs serviteurs, qu’il s’attiroit un grand gré du Roy et de la Reine, ce qui avint autrement, ainsi que vous l’entendrez.<lb/>La Reine, ayant sceu ce qu’elle vouloit de son fils, sort de son cabinet et va a la chambre du Roy, ou je m’en allay par le grand degré, curieux, ainsi qu’il se peut juger, de scavoir ce que Monsieur avoit dit. Ainsi que j’entray, je le vois parlant a madame de Sauve, riant comme s’il n’y eut eu rien ; il la quitte et me dit : « Je n’ay rien dit de vous, sinon qu’en general vous m’aviez promis de faire tout ce que vous dirois, mais que votre oncle s’en aille ». Il commençoit a estré jour, on vouloir envoyer vers Guitry, mais je rompis ce coup ; soudain je luy dis qu’il le devoit avoir fait, d’autant que ces gens la croiroient qu’il les auroit tous trompez, et que je les rendrois capables d’excuser ce qu’il avoit dit, et que leur precipitation nous avoit tous perdus. J’avois aussi une autre raison, qui estoit que le Roy s’attendant de tirer quelque service de moy durant cette entremise, qu’on ne me feroit deplaisir, n’estant fort asseuré si Monsieur n’avoit dit de moy que cela. Je le conviay de remettre cela en avant de m’envoyer vers Guitry, ayant songé que j’y pourrois servir. Le Roy se delibere que j’irois de la part de Monsieur, M. de Torsi de la sienne, et un nommé d’Arbouville de la part du roy de Navarre, qui n’avoit brouillé personne. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21668_actor">La Tour d’Auvergne, Henri (de) </persname>
            <persname role="subject">Charles IX</persname>
            <persname role="subject">Henri IV</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, Mémoires de Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, depuis duc de Bouillon, adressés à son fils le prince de Sedan, éd. Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujoulat, Paris, Éditeur du commentaire analytique du code civil, 1838, p. 15-16.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention par la reine Marguerite d’une chasse projetée par le duc d’Alençon à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">15</unitid>
            <unitdate normal="1578/1578" encodinganalog="3.1.3">février 1578</unitdate>
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              <persname id="atom_21675_actor">Marguerite de France</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-c6ccefb2d0eacf2da09e665719119df5" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Fille d'Henri II et de Catherine de Médicis, elle épouse en 1572 Henri de Navarre, le futur Henri IV, et fut donc reine de Navarre puis reine de France jusqu'à l'annulation de son mariage en 1599.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 132] En ces jours la [9 février 1578], le mariage de Saint Luc se fist, auquel mon frere ne voulant assister, me pria aussi d’en faire de mesme. […]<lb/>[p. 134] Mon frere, se retirant en sa chambre, tenant son congé pour obtenu, commande a tous ses gens d’estre le lendemain prests pour aller a la chasse de Saint Germain, ou il vouloit demeurer quelques jours a courre le cerf, ordonne a son grand veneur d’y faire trouver les chiens, et se couche en cette intention de se lever le lendemain matin pour aller a la chasse soulager et divertir un peu son esprit des brouilleries de la Cour.</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_21675_actor">Marguerite de France </persname>
            <persname role="subject">Henri III</persname>
            <subject>Chasse</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Marguerite de France, Mémoires de Marguerite de Valois, Paris, Jannet, 1858, p. 132-134.</p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les Mémoires-Journaux de Pierre de L’Estoile</unittitle>
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              <p>Audiencier en la chancellerie de Paris.</p>
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          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« [t. I, p. 237] Rare exemple. Le samedi 22e mars [1578], le seigneur de La Loue fust, par le commandement du Roy, mené soubs seure garde à Saint Germain, où on lui fist espouser Malherbe, damoiselle de la Roine, qu’il avoit engrossée, et au retour, les envoia tous deux prisonniers au Bois de Vincennes, menassant La Loue de lui faire trancher [p. 238] la teste, à cause de l’outrage et exces par lui fait en la maison de la Roine son espouse, aiant esté si presomptueux que d’y engrosser une de ses filles.<lb/>[…]<lb/>[p. 310] Le vendredi 20e mars [1579], le Roy accompagne M. le duc son frère, s’en retournant à Alençon, jusqu’à Noisi, où ils vont coucher, et le lendemain à Saint Germain, où ils reçoivent les nouvelles comme, le vendredi passé 13e mars, le jeune Duras, dit Rassan, avec l’aisné de Duras, son frere, s’estoient attaqués de querelle contre le vicomte de Thurene et le baron de Salignac, s’estans combattus deux à deux sur la greve d’Agen. Auquel combat le vicomte de Thurenne estoit demeuré blessé de dix sept coups d’espée, en danger de mort.<lb/>[…]<lb/>[p. 321] Le mardi 18e aoust, le Roy s’en alla à Saint Germain en Laye, et envoia le grand prevost de France, bien accompagné de gens de pied et de cheval, pour se saisir de la personne du seingneur de la Roche Guion, et autres ses partizans gentilshommes de Normandie, pour ce qu’aux deniers Estats tenus à Rouan par les Normans, ils avoient hautement parlé pour le peuple contre le Roy.<lb/>[…]<lb/>[p. 354] Le vendredi 25e febvrier [1580], le seigneur d’O, l’un des mignons du Roy, revint de Normandie, dont le Roy lui avoit donné partie du gouvernement en la faveur du seingneur de Villequier, duquel il estoit designé gendre, et vint trouver Sa Majesté à Saint Germain en Laie, à laquelle il fit le recit du bon receuil qu’on lui avoit fait es villes et lieux de son gouvernement ; et pour lui donner nouveau passe temps, amena de Rouan une compagnie de farceurs.<lb/>[…]<lb/>[t. II, p. 1] Au commencement de janvier 1581, le Roy, de Blois, revinst à Paris et laissa les Roines à Chenonceau, et le Conseil privé et d’Estat à Blois, et, après s’estre donné du bon temps en nopces et festins, le 18e du mois, s’en alla au chasteau de Saint Germain en Laie commencer une diette, qu’il tint et continua jusqu’au commencement du mois de mars ensuivant.<lb/>[…]<lb/>[p. 2] Le dimanche 5e jour du mois de mars, le Roy, relevé d’une longue diette par lui faite à Saint Germain en Laie, d’où deux jours auparavant il estoit, sain et allegre, revenu à Paris, alla au Bois de Vincennes disner.<lb/>[…]<lb/>[p. 126] Le mercredi 25e may [1583], le Roy alla aux Augustins, au service de la Pénitence, en la maniere accoutumée, et là prist congé de ses confreres poenitens pour 15 jours ou 3 semaines, et partit de Paris le vendredi 27e may, avec ses deux mignons, alla disner aux Bons Hommes de Nigeon, de là à Saint Germain en Laye, et de là fust trouver la Roine sa mere à Monseaux, et de Monseaux se rendit à Mezieres, où il se fit porter de l’eau pour voire de la fontaine de Spas.<lb/>[…]<lb/>[p. 141] Le lundi 28e novembre, ce Du Mesnil qui nagueres avoit esté resserré en la Bastille par commandement du Roy, deplaisant de tenir si longue et estroicte prison, brula la nuit, avec la paille de son lit et ce qui peust recouvrer de vois, la porte de son cachot, duquel sorti print la corde du puis estant dans la cour, monta dessus la terrasse de la Bastille, au plus haut, attacha le bout de ceste corde à une roue d’artillerie, et l’alongea d’une autre forme de corde faite de ses draps, de sa coitte, de sa paillasse et de la couverture de son lit, et se dévallant dans le fossé, la corde se treuvant courte, se laissa tumber en bas, et demeura accroché par l’espaule à la pointe d’un barreau du treillis d’une fenestre ; d’où criant, fut secouru et remis en la prison, où il fut depuis plus soingneusement gardé. Il disoit vouloir aller parler au Roy, lors estant à Saint Germain en Laye, et qu’il s’asseuroit que le Roy, l’aiant oui, lui donneroit sa remission ou abolition et le remettroit en sa liberté.<lb/>[…]<lb/>[p. 146] Le 12e janvier [1584], le Roy, aveq les conseillers de son conseil d’Estat et autres, mandé par lui expres, retourna à Saint Germain en Laye continuer la reformation qu’il disoit vouloir faire de tous les estats, commenceant à ses officiers tant de robbe longue que de robbe courte, dont il retrancha un grand nombre, au mescontentement de plusieurs qui avoient acheté leurs estats et, estans cassés, n’en estoient point remboursés. Il en vouloit singulierement à ses tresoriers et gens de finances, qu’il tenoit pour larrons notoires (en quoy il y a apparance qu’il ne se trompoit pas). De fait, tost apres, il leur fist faire proces, erigeant une chambre expresse à cest effait que l’on appela la chambre royale, en laquelle Chastillon, comme devant, fut procureur du Roy.<lb/>[p. 147] Febvrier<lb/>Le septiesme febvrier, le Roy, apres avoir veu la foire Saint Germain, s’en retourna à Saint Germain en Laye pour continuer la reformation des etas de son roiaume, et y revinsty le samedi ensuivant pour faire le carneval.<lb/>[…]<lb/>[p. 160] Le mercredy 27e juing, le Roy alla disner à Madrid et coucher à Saint Germain en Laye, où estant tous les officiers et serviteurs de feu [p. 161] son frere s’estans presentés à Sa Majesté, furent renvoiés par lui à la Roine sa mere, disant le Roy « qu’il n’estoit possible qu’il leur peust voir de bon œil ».<lb/>[…]<lb/>[p. 173] Le 30e octobre, le Roy s’en alla au Bois de Vincennes passer les festes de Toussaints aveq ses confreres Hieronimites, et la Roine mere, en son logis des Repenties. La Roine regnante demeura à Saint Leger, attendant que le Roy se resolut de Saint Germain, ou autre lieu, pour resider jusqu’à ce que le danger de la peste fust passé. Cependant, les filles de la Roine furent envoiées à Meudon passer quelques jours.<lb/>[…]<lb/>[p. 176] Le 18e de decembre, le Roy vint de Saint Germain en Laye à Paris et se retira à Vincennes, où il passa les festes de Noel aveq ses confreres Hieronimites.<lb/>[…]<lb/>[p. 194] Le 7e jour de may [1585], le duc d’Espernon, accompagné de quatre cens harquebusiers, se retira au chasteau de Saint Germain en Laye pour s’y faire penser d’un chancreux mal de gorge qu’il avoit et y faire les diettes et autres traictemens necessaires à sa santé. Où estant, le Roy incontinent le fust voir, et lui mesme le feit soingner et panser, ce qui donna subject au sonnet suivant, fait et divulgué par ceux de la Ligue, qui la hayioient mortellement pour ce qu’ils le congnoissoient pour serviteur tres fidele du Roy, encores qu’ils couvrissent leur haine d’une bonne cause, qui estoit la misere du peuple, duquel ils le disoient sangsue.<lb/>[…]<lb/>[t. VI, p. 203] Le mercredi saint, 6e avril [1594], le Roy revinst de Saint Germain en Laye sur les onze heures du matin expres (comme il disoit) pour estre à l’absoulte à Nostre Dame, où il alla.<lb/>[…]<lb/>[p. 224] Le dimanche 28e [août], M. d’O fist un festin magnifique aux dames et damoiselles de Paris.<lb/>Ce mesme jour, Madame, sœur du Roy, fist prescher publiquement, dans le chasteau de Saint Germain en [p. 225] Laye, et y fust celebrée la cene, en tres grande compagnie.<lb/>[…]<lb/>[p. 226] Le mardi 13e [septembre], le Roy vint se proumener à Paris, à la desrobbée, n’estant accompagné que de M. de Longueville ; coucha chez Du Mortier, à la Cousture Sainte Catherine, et le lendemain matin s’en retourna seul, avec madame de Liancour, dans son coche, à Saint Germain en Laye.<lb/>[…]<lb/>[p. 244] Le mardi 22e [novembre], comme le Roy arrivoit à Saint Germain en Laye, furent pris huict voleurs, qui, par leurs paroles et variations, se rendirent suspects d’estres venus là pour tuer le Roy, car ils s’estoient enquis à quelle heure il passeroit, s’il estoit bien accompagné, quel habit il portoit et autres circonstances qui les envoierent, tout bottés, au gibet, car ils furent perndus, aux torches.<lb/>[…]<lb/>[t. VII, p. 41] Le Roy, suivant la promesse qu’il en avoit faite au [p. 42] pape, retira pres de lui, sur la fin de ceste année [1595], Henri de Bourbon, prince de Condé, premier prince du sang, aagé de sept ans, pour le faire nourrir et instruire en la religion catholique, apostolique et romainne ; et, pour ce faire, le fist amener de Poictou au chasteau de Saint Germain en Laye, où il luy bailla pour gouverneur M. le marquis de Pizani, seingneur autant sage et accompli qu’il y en eust en France, grand catholique et homme de bien, et pour precepteur M. Lefevre, homme de rare probité et doctrine, vrai catholique de profession et d’effort.<lb/>[…]<lb/>[p. 46] Le mercredi 24e [janvier 1596], le petit prince, qui estoit à Saint Germain en Laye de l’expres commandement de Sa Majesté, alla à la messe et fut changée sa religion, et instruit en la catholique par messire Pierre de Gondi, cardinal evesque de Paris, qui le catechiza selon que son aage le pouvoit porter. Et, pour ce que le desastre du plancher fondu à la Cour estoit arrivé le jour de devant, cela donna subject aux curieux de nouvelles allegories.<lb/>[…]<lb/>[p. 77] Le jeudi 12e decembre, le Roy arriva à Paris, et le lendemain alla à l’Hostel de Ville, où il parla en roy, envoia prisonnier à Saint Germain en Laye un bourgeois de Paris nommé Carrel qui s’estoit meslé de dresser quelque requeste pour les rentes de la Ville, des deniers desquelles il prist huict mil escus, menaçant de la Bastille le premier qui parleroit de sedition pour lesdites rentes.<lb/>[…] [p. 94] Le jeudi 8e may [1597], arriva à Saint Germain en Laye, où estoit le Roy, M. le duc des Deux Ponts, fils aisné du duc de Lorraine, pour baiser les mains à Sa Majesté, et aussi pour le mariage de lui avec Madame, dont on parloit fort à la Cour. Sa Majesté l’alla recueillir jusques à la moictié de l’allée du parc, et le mena par la main jusques en la chambre des dames, où estoit Madame, sa sœur, laquelle, avec le Roy et ledit duc, vinst à Paris le samedi 10e de ce mois.<lb/>[…] [p. 123] On faisoit, en ce temps [juin 1598], à Paris, un conte plaisant, reputé fabuleux au commencement, mais qui enfin fut averé pour veritable, d’ung pauvre homme que le Roy, en ce mois [juin 1598], trouva dans les bois Saint Germain, qui menoit vendre une vache qu’il avoit pour paier la taille, lequel le Roy aiant pris plaisir d’arraisonner, voiant que ce pauvre homme ne le connoissoit pas, tira de sa bouche la quintessence des plaintes du pauvre peuple sur les tailles et impost que journellement on lui mettoit [p. 124] sus. Et, pour lui en secouer davantage la bride, Sa Majesté lui dit qu’il faloit bien dire qu’on eust un meschant roy de tailler de ceste façon son pauvre peuple. « Si n’est il des pires (ainsi qu’on dit), va respondre ce bonhomme, tout à la bonne foy ; mais il a une belle Gabrielle qui le gratte, qui nous gaste tout ! » Le Roy, se prenant à rire, voiant sa naisveté, lui fist donner douze escus afin qu’il ne vendist point sa vache et en fist le conte, le lendemain, à sa maistresse, lui disant que, pour l’amour d’elle, il lui avoit donné les douze escus.<lb/>[…]<lb/>[p. 151] Sur la fin de ce mois [novembre], le Roy vinst secrettement à [p. 152] Paris pour voir madame la duchesse, qui s’estoit trouvée un peu malade et avoit eu une foiblesse, et après s’en retourna à Saint Germain avec elle dans sa litiere.<lb/>[…]<lb/>[p. 153] Le dimanche 13e de ce mois [décembre], jour sainte Luce, fust fait à Saint Germain en Laye le baptesme du fils de madame la duchesse de Beaufort, avec les pompes et cerimonies accoustumées. Le Roy, pour gratifier le comte de Soissons, le fist son compere avec madame d’Angoulesme, [p. 154] sœur bastarde du feu roy Henry II, qui en fust la commere avec ledit comte de Soissons. Messire Pierre de Gondi, cardinal, le baptiza. Au sortir d’icelui, on fist le festin magnifique et joua l’on devant le Roy un balet qu’on appeloit des Cinq Nations, desquels les principaux chefs estoient M. de Rohan, M. de Nemoux, le comte d’Auvergne, M. le Grand et le marquis de Coeuvre. Il y eust aussi un jeune homme, natif des fauxbourgs Saint Germain, fort habile et des plus soupples et adroits qui se soient veus de nostre temps, qui donna plaisir au Roy de danser sur une corde, voltiger, voler et faire autres tours de soupplesse et gaillardise, que Sa Majesté admiroit, et y prit plaisir, comme aussi firent tous ceux de sa Cour.<lb/>[…]<lb/>[p. 174] Le dimanche dernier de ce mois [janvier 1599], Madame, sœur du Roy, fust mariée dans le cabinet de Sa Majesté, à Saint Germain en Laye, avec le marquis de Pont, qu’on nommoit le duc de Bar, fils ainé du duc de Lorraine, par M. de Rouen, frere bastard du Roy, lequel conduisit le nouveau marié à la messe, comme aussi fust la nouvelle mariée conduitte au presche par M. de Bouillon et autres seigneurs et gentilshommes de la Religion en grand nombre.<lb/>[…]<lb/>[p. 178] Le lundi premier de ce mois [mars], sur le bruit qui couroit partout que le Roy espouseroit la duchesse de Beaufort, sa maistresse, les mesdisans de la Cour, où on ne bruioit d’autres choses que de ce mariage, semerent les vers suivans, qu’on disoit avoir esté trouvés, ce jour, sur le lit du Roy :<lb/>Mariez vous, de par Dieu, Sire !<lb/>Vostre lignage est bien certain :<lb/>Car un peu de plomb et de cire<lb/>Legitime un fils de putain.<lb/>Putain, comme les sœurs sont putantes,<lb/>Comme fut la mere jadis,<lb/>Et les cousines et les tantes,<lb/>Horsmis madame de Sourdis !<lb/>Il vaudroit mieux que la Lorraine<lb/>Vostre roiaume eust envahi,<lb/>[p. 179] Qu’un fils bastard de La Varaine<lb/>Ou fils bastard de Stavahi.<lb/>Le Roy, estant à Saint Germain en Laye, visitant ses orangers, trouva, enté sur le pied d’un, les vers susdits, qu’on y avoit mis expres, sachant que Sa Majesté ne faudroit à les y trouver. Le Roy, les aiant leus, dit : « Ventre saint gris ! si j’en tenois l’auteur, je ne le ferois pas enter sur un oranger, mais sur un chesne ! »<lb/>[…]<lb/>[p. 281] Le dimanche 25e de ce mois [mars 1601], advinst à Saint Germain en Laye, où estoit le Roy, qu’ung gentilhomme gascon nommé Dantiran, voulant entrer avec ses galoches, contre les defenses qu’en avoit fait le Roy, dans la chambre de Sa Majesté, fut repoussé par un des gardes, en sorte qu’il fust contraint de laisser ses galoches à la porte. De quoi le gentilhomme se sentant offensé, aiant rencontré, deux heures apres, son archer des gardes, lui donna deux soufflets. Lequel, sans autrement s’en revancher, en alla faire sa plainte au Roy, lequel aiant fait venir tout aussitost le gentilhomme, lui dit que, s’il ne l’eust recongneu pour un fol enragé, il lui eust fait tout à l’heure couper la teste. Au reste, qu’il ne se trouvast jamais devant lui, s’il ne vouloit estre incontinent pendu, et le bannist de la Cour à perpetuité. Et quant à celui des gardes, pour ce qu’il n’avoit tué le gentilhomme, comme il pouvoit et devoit le faire, Sa Majesté, apres l’en avoir rudement tansé et baffoué, lui en fist faire amande honnorable, les genouils à terre.<lb/>[…]<lb/>[t. VIII, p. 46] Le lundi 14e de ce mois [octobre 1602], sur les quatre heures apres midi, arriverent par la porte Saint Antoine les deputés des Cantons des Suisses. […]<lb/>[p. 48] Le jeudi 17e de ce mois, ils se transporterent tous à Saint Germain pour y saluer M. le Dauphin, qui les y festoia fort magnifiquement.<lb/>[…]<lb/>[p. 54] Ce jour [22 novembre], Dubreuil, peintre de Sa Majesté, singulier en son art et qui avoit fait et devizé tous ces beaux tableaux de Saint Germain, en revenant dudit Saint Germain sur un cheval qui estoit restif et alloit fort dur, fust, à son retour, surpris d’un renversement de boyau que les medecins appellent un miserere, qui en moins de vingt quatre heures l’envoia en l’autre monde.<lb/>[…]<lb/>[p. 75] Le dimanche 20e [avril 1603], le Roy alla au sermon du cordelier portugais qui preschoit à Saint Germain de l’Auxerrois, et au sortir de ce sermon, qui commença à trois heures, monta à cheval avec la Roine pour aller à Saint Germain en Laye voir M. le Dauphin.<lb/>[…]<lb/>[p. 89] Le mardi 5e [août], Madame la duchesse de Bar, sœur du Roy, arriva de Lorraine à Paris, où, des le lendemain, fit prescher publiquement et à huis ouvers en son hostel, pres les Filles repenties, combien que le bruit fust partout que le Roy ne le vouloit point et qu’il l’avoit expressement defendu. Ce fait, elle partist l’apres dinée poour aller trouver le Roy son frere à Saint Germain en Laye.<lb/>[…]<lb/>Le dimanche 10e, Madame, à la priere du Roy son frere, assista au sernom du père Cotton, jesuite, qu’il fist ce jour à Saint Germain en Laye, à onze heures du matin, et prescha l’Evangile du Samaritain, où, interpretant ce surplus dont il est fait mention audit passage, « que l’autre lui devoit bailler », dit que c’estoit le tresor des indulgences du pape et les œuvres de supererogation qu’il en tiroit. Ce que Madame fist confuter l’apres disnée mesme par son ministre Du Moulin, auquel elle enchargea de prescher ceste mesme Evangile. Ce qu’il fist.<lb/>[…]<lb/>[p. 100] Le jeudi 25e [septembre], le Roy arriva à Saint Germain, estant de retour de son voiage de Normandie, où il arresta le restablissement des jesuites, confirma Sigongne en son [p. 101] gouvernement de Dieppe, et osta à Crevecoeur le gouvernement du chasteau de Caen.<lb/>[…]<lb/>[p. 121] En ce mois [février 1604] mourust en Lorraine madame la duchesse de Bar, sœur unique du Roy, et en arriverent les nouvelles à Paris et à la Cour le dimanche 15e du present mois de febvrier, qui furent celées au Roy jusques au mardi ensuivant, pour ce qu’il avoit ses gouttes.<lb/>Sa Majesté s’en montra fort faschée et en pleura (ce [p. 122] qu’on a fort rarement remarqué lui estre avenu), defendist tout à l’heure les balets et masquarades pour un temps, et commanda à messeingneurs de Nemoux et comte d’Auvergne de differer leur balet qu’ils devoient jouter le jeudi, puis, pour passer sa fascherie, s’en alla à Saint Germain, apres avoir donné ordre aux bagues du cabinet de ladite dame.<lb/>[…]<lb/>[p. 165] Sur la fin de ce mois [septembre], grands remuemens à la Cour : la marquise disgraciée, ses enfans menés à Saint Germain, de l’expres commandement de Sa Majesté.<lb/>[…]<lb/>[p. 223] Ce jour, le Roy et la Roine, passans au bacq de Nulli, revenans de Saint Germain à Paris, et ayans avec eux monsieur de Vendosme, faillirent à estre nayés tous trois, principalement la Roine, qui beut plus qu’elle ne vouloit ; et sans un sien valet de pied et un gentilhomme, nommé La Chastaingneraie, qui la prist par les cheveux, s’estant jetté à corps perdu dans l’eau pour l’en retirer, couroit fortune inévitable de sa vie. Cest accident guairist le Roy d’un grand mal de dents qu’il avoit, dont le danger estant passé il s‘en gossa, disant que jamais il n’y avoit trouvé meilleur recette : au reste, qu’ils avoient mangé trop de salé à disner, et qu’on les avoit voulu faire boire après. Mais il y avoit plus à remercier Dieu qu’à rire de ceste délivrance, laquelle procédoit d’en haut : Dieu aiant eu encores pitié à ceste fois, comme en beaucoup d’autres, de son Roy et de son peuple.<lb/>[…]<lb/>[t. IX, p. 142] Le mercredi 15e de ce mois, le Roy, après avoir séjourné [p. 143] à Paris près de trois semaines, avec le duc de Mantoue, auquel il fist voir les beautés et singularités de sa bonne ville (et la plus belle, comme je croy, de celles que le soleil regarde), en partit, avec ledit duc, pour aller à Fontainebleau. Et comme il lui avoit fait monstre de la superbe grandeur et magnificence qui se remarquent aux bastimens somptueux et embelissemens de toutes sortes qu’il y a fait faire, depuis la reduction d’icelle sous l’obeissance de Sa Majesté, aussi le voulust il contenter de ses belles maisons des champs, non moindres en superbe et magnificence que ses villes, et le proumener à Monsseaux, Saint Germain et autres lieux de plaisance, qu’il a fait acommoder des plus exquises raretés et singularités qui se puissent voir.<lb/>[…]<lb/>[t. XI, p. 131] Le Roy et la Roine allerent, ce jour [26 juillet 1611], à Saint Grmain, et disoit on que la Roine y estoit allée, en partie, pour ne point estre à Paris, quand la Coman seroit executée : qu’on disoit estre le lendemain.<lb/>[…]<lb/>[p. 135] Ce jour [2 août 1611], M. le chancelier et le premier président allerent à Saint Germain voir les comedies qui s’y jouoient, de messieurs les Enfans de France. Que Dieu veuille que ce ne soit point le prologue d’une tragedie ! »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21693_actor">L’Estoile, Pierre (de) </persname>
            <persname role="subject">Henri III</persname>
            <persname role="subject">Henri IV</persname>
            <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
            <subject>Education des princes</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Pierre de L’Estoile, Mémoires-Journaux, éd. Pierre-Gustave Brunet, Aimé Champollion-Figeac, Eugène Halphen, Paul Lacroix, Charles Read, Philippe Tamizey de Larroque et Edouard Tricotel, Paris, Librairie des bibliophiles, 1875-1896.</p>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par la Grande Mademoiselle de séjours de la cour à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <persname id="atom_21705_actor">Anne-Marie-Louise d’Orléans</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Dite la Grande Mademoiselle. Fille de Gaston d'Orléans et de Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier, et donc petite-fille d'Henri IV, nièce de Louis XIII et cousine germaine de Louis XIV. Duchesse de Montpensier,  de Châtellerault et de Saint-Fargeau, princesse souveraine de Dombes, comtesse d'Eu.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 11] Vers la fin de l’hiver [décembre 1637], la Reine devint grosse ; elle desira que j’allasse demeurer à Saint Germain. Durant sa grossesse, dont l’on fit beaucoup de mystere, le cardinal de Richelieu, qui n’aimoit point Monsieur, n’etoit pas bien aise que personne qui lui appartient fut auprès de Leurs Majestés ; et quoiqu’il m’eut tenue sur les fonts de bapteme avec la Reine, quoiqu’il me dit, toutes les fois qu’il me voyoit, que cette alliance spirituelle l’obligeoit à prendre soin de moi et qu’il me marieroit, discours qu’il me tenoit ainsi qu’aux enfans, à qui on redit incessamment la meme chose, quoiqu’il temoignat avoir beaucoup d’amitié pour moi, l’on eut néanmoins bien de la peine à lever tous les scrupules que sa mefiance lui faisoit avoir. Quand il eut consenti à mon voyage, j’allai à Saint Germain avec une joie infinie : j’etois si innocente que j’en avois de voir la Reine dans cet etat, et que je ne faisois pas la moindre reflexion sur le prejudice que cela faisoit à Monsieur, qui avoit une amitié si cordiale pour elle et pour le Roi qu’il ne laissa pas d’en etre aise et de le temoigner. L’assiduité que j’avois auprès de la Reine m’en faisoit recevoir beaucoup de marques de bonté et elle me disoit toujours : « Vous serez ma belle fille », mais je n’ecoutois de tout ce que l’on me disoit que ce qui etoit de la portée de mon age.<lb/>La cour etoit fort agreable alors : les amours du Roi pour madame de Hautefort, qu’il tachoit de divertir tous les jours, y contribuoient beaucoup. La chasse etoit un des plus grands plaisirs du Roi ; nous y allions souvent avec lui : madame de Beaufort, Chemeraut et Saint Louis, filles de la Reine, d’Escars, sœur de madame de Hautefort, et Beaumont, venoient avec moi. Nous etions toutes vetues de couleur, sur de belles haquenées richement caparaçonnées, et pour se garantir du soleil, chacune avoit un chapeau garni de quantité de plumes. L’on disposoit toujours la chasse du coté de quelques belles maisons, où l’on trouvoit de grandes collations, et au retour le Roi se mettoit dans mon carrosse entre madame de Hautefort et moi. Quand il etoit de belle humeur, il nous entretenoir fort agreablement de toutes choses. Il souffroit dans ce temps là qu’on lui parlat avec assez de liberté du cardinal de Richelieu, et une marque que cela ne lui deplaisoit pas, c’est qu’il en parloit lui meme ainsi. Sitot que l’on etoit revenu, on alloit chez la Reine ; je prenois plaisir à la servir à son souper, et ses filles portoient les plats. L’on avoit, reglement trois fois la semaine, le divertissement de la musique, que celle de la chambre du Roi venoit donner, et la plupart des airs qu’on y chantoit etoient de sa composition ; il en faisoit meme les paroles, et le sujet n’etoit jamais que madame de Hautefort. Le Roi etoit quelquefois dans une si galante humeur qu’aux collations qu’il nous donnoit à la campagne, il ne se mettoit point à table, et nous servoit presque toutes, quoique sa civilité n’eut qu’un seul objet. Il mangeoit après nous et sembloit n’affecter pas plus de complaisances pour madame de Hautefort que pour les autres, tant il avoit peur que quelqu’une s’aperçut de sa galanterie. S’il arrivoit quelque brouillerie entre eux, tous les divertissemens etoient sursis ; et si le Roi venoit dans ce temps là chez la Reine, il ne parloit à personne et personne aussi n’osoit lui parler ; il s’asseyoit dans un coin, où le plus souvent il bailloit et s’endormoit. C’etoit une melancolie qui refroidissoit tout le monde, et pendant ce chagrin il passoit la plus grande partie du jour à écrire ce qu’il avoit dit à madame de Hautefort et ce qu’elle lui avoit répondu : chose si veritable qu’après sa mort l’on a trouvé dans sa cassette de grands procès verbaux de tous les demelés qu’il avoit eus avec ses maitresses, à la louange desquelles l’on peut dire, aussi bien qu’à la sienne, qu’il n’en a jamais aimé que de très vertueuses.<lb/>[1638] Sur la fin de la grossesse de la Reine, madame la Princesse et madame de Vendôme vinrent à Saint Germain et y amenerent mesdemoiselles leurs filles. Ce me fut une compagnie nouvelle : elles venoient se promener avec moi, et le Roi s’en trouva fort embarrassé ; il perdoit contenance quand il voyoit quelqu’un à qui il n’etoit pas accoutumé, comme un simple gentilhomme qui seroit venu de la campagne à la cour. C’est une assez mauvaise qualité pour un grand roi, et particulièrement en France, où il se doit souvent faire voir à ses sujets, dont l’affection se concilie plutot par le bon accueil et la familiarité, que par l’austere gravité dont ceux de la maison d’Autriche ne sortent jamais. Monsieur vint aussi à la cour, et peu après la Reine accoucha d’un fils. La naissance de monseigneur le Dauphin me donna une occupation nouvelle : je l’allois voir tous les jours [p. 12] et je l’appelois mon petit mari ; le Roi s’en divertissoit et trouvoit bon tout ce que je faisois. Le cardinal de Richelieu, qui ne vouloit pas que je m’y accoutumasse ni qu’on s’accoutumat à moi, me fit ordonner de retourner à Paris. La Reine et madame de Hautefort firent tout leur possible pour me faire demeurer ; elles ne purent l’obtenir, dont j’eus beaucoup de regret. Ce ne furent que pleurs et que cris quand je quittai le Roi et la Reine ; Leurs Majestés me temoignerent beaucoup de sentimens d’amitié, et surtout la Reine, qui me fit connoitre une tendresse particuliere en cette occasion. Après ce deplaisir, il m’en fallut essuyer encore un autre. L’on me fit passer par Ruel pour voir le cardinal, qui y faisoit sa demeure ordinaire quand le Roi etoit à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 14] Le Roi partit de Paris pour le voyage de Roussillon au mois de fevrier de l’année 1642 ; il laissa la Reine et ses deux enfans à Saint Germain en Laye, après avoir donné tous les ordres et pris toutes les precautions possibles pour leur sureté. Ces deux princes etoient sous la charge de madame de Lansac, en qualité de leur gouvernante ; et pour leur garde ils n’eurent qu’une compagnie du regiment des gardes françoises, dont le bonhomme Montigny etoit capitaine, le plus ancien de tout le regiment. Ces deux personnes là eurent chacun un ordre particulier : celui qu’eut madame de Lansac etoit qu’en cas que Monsieur, qui demeuroit à Paris le premier après le Roi, vint voir la Reine, de dire aux officiers de la compagnie de demeurer auprès de monseigneur le Dauphin et de ne pas laisser entrer Monsieur, s’il venoit, accompagner de plus de trois personnes. Quant à Montigny, le Roi lui donna une moitié d’ecu d’or, dont il garda l’autre, avec commandement exprès de ne point abandonner la personne des deux princes qu’il gardoit ; et s’il arrivoit qu’il reçut ordre de les transferer ou de les remettre en les mains de quelque autre, il lui défendit d’y obeir, quand meme il le verroit ecrit de la main de Sa Majesté, si ce n’etoit que celui qui le lui rendroit lui presentat en meme temps l’autre moitié de l’ecu d’or qu’il retenoit.<lb/>[…]<lb/>[p. 19] Peu après que l’on eut mis madame la comtesse de Fiesque auprès de moi, le Roi tomba malade de la maladie qu’il avoit eue devant le voyage de Perpignon. Cela m’obligeoit à lui rendre mes devoirs, et j’allois souvent [à] Saint Germain. Le Roi prenoit plaisir à mes visites, et me faisoit toujours fort bonne mine ; aussi n’en revenois je jamais que vivement touché de son mal, dont chacun auguroit que la suite seroit funeste. En effet, au commencement du mois d’avril suivant, peu après la disgrâce du sieur des Noyers dont j’ay parlé, il commença à empirer, et ne fit que languir et souffrir jusqu’au [p. 20] quatorzième jour de mai, qui fut celui de son décès. Si le pitoyable état où la maladie avoit réduit son corps donnoit de la compassion, les pieux et généreux sentimens de son ame donnoient de l’edification : il s’entretenoit de la mort avec une résolution toute chretienne ; il s’y etoit si bien preparé, qu’à la vue de Saint Denis par les fenetres de la chambre du chateau neuf de Saint Germain, où il s’etoit mis pour etre en plus bel air qu’au vieux, il montroit le chemin de Saint Denis, par lequel on meneroit son corps ; il faisoit remarquer un endroit où il y avoit un mauvais pas, qu’il recommandoit qu’on evitat, de peur que le chariot ne s’embourbat. J’ai meme ouï dire que durant sa maladie il avoit mis en musique le De profundis qui fut chanté dans sa chambre incontinent après sa mort, comme c’est la coutume de faire aussitot que les rois sont decedés. Il ordonna avec la meme tranquilité d’esprit ce qui seroit à faire pour le bien de l’administration de son royaume quand il seroit mort.<lb/>[…]<lb/>[p. 47] Peu après, Leurs Majestés sortirent de Paris sous pretexte de faire nettoyer le Palais Royal, et allerent à Ruel. Le chateau de Saint Germain etoit occupé par la reine d’Angleterre, dont le fils, M. le prince de Galles, etoit allé en Hollande. […]<lb/>Pendant que la cour etoit à Ruel, le parlement s’assembloit tous les jours pour le meme sujet qu’il avoit commencé : c’etoit pour la révocation de la paulette, et il continuoit à fronder M. le cardinal ; ce qui avoit plus contribué à faire aller la cour à Ruel que le nettoiement du Palais Royal. L’absence du Roi augmenta beaucoup la licence et la liberté avec laquelle l’on parloit dans Paris et le parlement. Ce corps fit meme quelques demarches qui deplurent à la cour ; de sorte qu’elle fut obligée d’aller à Saint Germain, d’où la reine d’Angleterre delogea et vint à Paris. Monsieur, qui couchoit quelquefois à Ruel, y etoit pendant ce temps là et manda à Madame de quitter Paris et d’emmener avec elle ses deux filles, qui etoient très petites, ma sœur d’Orleans et ma sœur d’Alençon. Madame la Princesse manda M. le duc d’Enghien, son petit fils ; et je me trouvai assez embarrassée d’etre la seule de la maison royale à Paris à laquelle on ne mandoit rien. Comme l’on ne doit jamais balancer à faire son devoir, quoique notre inclination ne nous y porte pas, je m’en allai à Ruel, et j’arrivai comme la Reine alloit partir pour Saint Germain. Elle me demanda d’où je venois : je lui dis que je venois de Paris et que, sur le bruit de son départ, je m’etois rendue auprès d’elle pour avoir l’honneur de l’accompagner, et que, quoiqu’elle ne m’eut pas fait l’honneur de me le commander, il m’avoir semblé que je ne pouvois manquer à faire ce à quoi j’etois obligée, et que j’esperois qu’elle auroit assez de bonté pour l’avoir agreable. Elle me repondit par un sourire que ce que j’avois fait ne lui deplaisoit pas, et que c’etoit beaucoup pour moi, après la maniere dont on m’avoit traitée, de voir que l’on me souffroit. Quoique mon procedé meritat bien qu’ils en eussent un obligeant pour moi pour reparer le passé, je temoignai à Monsieur et à l’abbé de La Rivière que je n’etois pas contente que l’on eut envoyé querir jusques aux petits enfans, et qu’à moi l’on ne m’eut dit mot. La reponse ne fut que de gens fort embarrassés. Quand l’on manque envers des personnes qui ne manquent jamais, leur conduite nous coute beaucoup de confusion, et pour l’ordinaire, dans cet etat, l’on tient des discours meilleurs à etre oubliés qu’à etre retenus. Pendant ce voyage, je ne fis ma cour que par la nécessité qui m’y obligeoit. J’etois logée dans la meme maison que la Reine : je ne pouvois manquer de la voir tous les jours ; ce n’etoit pas avec le meme soin et la meme assiduité que j’avois fait depuis la regence : aussi n’y avois-je pas les memes agremens. […]<lb/>[p. 48] Pendant que la cour etoit à Saint Germain, on fit force allées et venues pour s’accommoder avec le parlement. Ils envoyerent des deputés qui confererent avec M. le cardinal, en vertu d’une declaration que le Roi donna. Elle est si celebre que, quand il n’y auroit que les registres du parlement qui en feroient mention, ce seroit assez pour m’en dispenser d’en dire davantage. L’on disoit alors (et je l’ai encore oui dire depuis) qu’elle auroit eté fort utile pour le bien de l’Etat et le repos public, si elle fut demeurée en son entier. Il est à croire qu’elle n’est pas tout à fait conforme à l’autorité du Roi, puisqu’il [p. 49] sembloit qu’elle avoit eté obtenue quasi par force, et donnée à dessein d’apaiser les troubles dont l’on etoit menacé si on l’eut refusée. Les connoisseurs et les politiques jugeront mieux que je ne pourrois faire si on a eu raison de l’enfreindre.<lb/>Madame accoucha, pendant le séjour de Saint Germain, d’une fille que l’on appela mademoiselle de Valois ; comme elle est délicate, elle ne put venir à Paris avec la Cour, qui partit la veille de la Toussaint pour s’y rendre.<lb/>[…]<lb/>[p. 49] Pendant que la Cour fut à Paris, elle n’y eut pas tout le contentement qu’elle pouvoit desirer ; cela obligea M. le cardinal de conseiller d’en sortir : ce qui etoit un dessein un peu hardi lorsqu’on consideroit l’incertitude de l’evenement. Comme Monsieur et M. le Prince etoient les gens les plus interessés au bien de l’Etat, il voyoit que selon toute vraisemblance ils en devoient etre les maîtres, et que ce qui pourroit arriver de ce conseil tomberoit plutôt sur eux que sur lui. La suite a fait voir que l’on eut pu se passer de ce voyage, qui a eté cause de tous les facheux troubles qui ont suivi, et de l’absence de M. le Prince, qui est à compter pour beaucoup. Monsieur et M. le Prince disoient que le cardinal eut beaucoup de peine à les faire consentir à ce dessein ; ils y consentirent enfin, et ils disent aussi s’en etre bien repentis depuis : ils l’ont dû faire, ils en ont bien pati tous deux. Monsieur avoir la goutte depuis quelque temps, et deux jours avant le départ la Reine alla tenir conseil chez lui ; ce fut là que la dernière résolution de ce voyage se prit. L’on trouva que la nuit du jour des Rois etoit propre pour ce dessein, pendant que tout le monde seroit en débauche, afin d’etre à Saint Germain avant que personne s’en aperçût. J’avois soupé ce jour là chez Madame, et toute la soirée j’avois eté dans la chambre de Monsieur, où quelqu’un de [p. 50] ses gens me vint dire en grand secret que l’on partoit le lendemain, ce que je ne pouvois croire à cause de l’etat où Monsieur etoit. Je lui allai debiter cette nouvelle par raillerie ; le silence qu’il garda là dessus me donna lieu de soupçonner la verité du voyage. Il me donna le bonsoir un moment après, sans avoir rien répondu. Je m’en allai dans la chambre de Madame ; nous parlames longtemps là dessus : elle etoit de la meme opinion que moi, que le silence de Monsieur marquoit la verité de ce voyage. Je m’en allai à mon logis assez tard.<lb/>Entre trois et quatre heures du matin, j’entendis heurter fortement à la porte de ma chambre ; je me doutai bien de ce que c’etoit : j’éveillai mes femmes et envoyai ouvrir ma porte. Je vis entrer M. de Comminges ; je lui demandai : « Ne faut il pas s’en aller ? » Il me repondit : « Oui, Mademoiselle ; le Roi, la Reine et Monsieur vous attendent dans le Cours, et voilà une lettre de Monsieur ». Je la pris, la mis sous mon chevet et lui dis : « Aux ordres du Roi et de la Reine, il n’est pas necessaire d’en joindre de Monsieur pour me faire obeir ». Il me pressa de la lire ; elle contenoit seulement que j’obeisse avec diligence. La Reine avoit désiré que Monsieur me donnat cet ordre, dans l’opinion que je n’obeirois pas au sien et que j’aurois été ravie de demeurer à Paris pour me mettre d’un parti contre elle ; car contre le Roi, je ne vis jamais personne qui avouat d’en avoit eté, c’est toujours contre quelque autre personnage que le Roi. Si elle ne s’etoit pas plus trompée en tout ce qu’elle auroit pu prevoir qu’en cette crainte, elle auroit eté plus heureuse et auroit eu moins de chagrin. Jamais rien ne fut si vrai que ce que j’ai pensé cent fois depuis.<lb/>Au moment que M. de Comminges me parla, j’etois toute troublée de joie de voir qu’ils alloient faire une faute, et d’etre spectatrice des miseres qu’elle leur causeroit : cela me vengeoit un peu des persécutions que j’avois souffertes. Je ne prevoyois pas alors que je me trouverois dans un parti considerable, où je pourrois faire mon devoir et me venger en meme temps : cependant, en exerçant ces sortes de vengeances, l’on se venge bien contre soi-meme. Je me levai avec toute la diligence possible, et je m’en allai dans le carrosse de Comminges ; le mien n’etoit pas pret, ni celui de la comtesse de Fiesque. La lune finissoit, et le jour ne paroissoit pas encore ; je recommandai à la comtesse de Fiesque de m’amener au plus tot mon équipage. Lorsque je montai dans le carrosse de la Reine, je dis : « Je veux etre au devant ou au derriere du carrosse, je n’aime pas le froid et je veux etre à mon aise ». C’etoit en intention d’en faire ôter madame la Princesse, qui avoit accoutumé d’etre en l’une des deux places. La Reine me répondit : « Le Roi mon fils et moi nous y sommes, et madame la Princesse la mere ». Je repondis : « Il l’y faut laisser, les jeunes gens doivent les bonnes places aux vieux ». Je demeurai à la portiere avec M. le prince de Conti ; à l’autre etoit madame la Princesse la fille et madame de Seneçay. La Reine me demanda si je n’avois pas eté bien surprise ; je lui dis que non, et que Monsieur me l’avoit dit, quoiqu’il n’en fut rien. Elle me pensa surprendre en cette menterie, parce qu’elle me demanda : « Comment vous etes vous couchée ? » Je lui repondis : « J’ai eté bien aise de faire provision de sommeil, dans l’incertitude si j’aurois mon lit cette nuit ». Jamais je n’ai vu une creature si gaie qu’elle etoit ; quand elle auroit gagné une bataille, pris Paris, et fait pendre tous ceux qui lui auroient deplu, elle ne l’auroit pas plus eté, et cependant elle etoit bien eloignée de tout cela.<lb/>Comme l’on fut arrivé à Saint Germain (c’etoit le jour des Rois), l’on descendit droit à la chapelle pour entendre la messe, et tout le reste de la journée se passa à questionner tous ceux qui arrivoient, sur ce que l’on disoit et faisoit à Paris. Chacun en parloit à sa mode, et tout le monde etoit d’accord que personne ne temoignoit de deplaisir du depart du Roi. L’on battoit le tambour par toute la ville, et chacun prit les armes. J’etois en grande inquiétude de mon equipage ; je connoissois madame la comtesse de Fiesque d’une humeur timide mal à propos, et dont je craignois de patir, comme je fis : elle ne voulut point sortir de Paris dans la rumeur, ni faire passer mon équipage : ce qui m’etoit le plus necessaire ; quant à elle, je m’en serois bien passée. Elle m’envoya un carrosse, qui passa parmi les plus mutins sans qu’on lui dit rien ; le reste auroit passé de meme. Ceux qui etoient dedans reçurent toutes sortes de civilités, quoique ce fut de la part de gens qui n’en font guère ; et cela me fut rapporté. Elle m’envoya dans ce carrosse un matelas et un peu de linge. Comme je me vis en si mauvais équipage, je m’en allai chercher secours au chateau neuf, où logeoient Monsieur et Madame, qui me preta deux de ses femmes de chambre : comme elle n’avoit pas toutes ses hardes non plus que moi, le tout alla plaisamment. Je me couchai dans une fort belle chambre en galetas, bien peinte, bien dorée et grande, avec peu de feu, et point de [p. 51] vitres ni de fenetres, ce qui n’est pas agreable au mois de janvier. Mes matelas etoient par terre, et ma sœur, qui n’avoit point de lit, coucha avec moi. Il falloit chanter pour l’endormir, et son somme ne duroit pas longtemps ; elle troubla fort le mien ; elle se tournoit, me sentoit auprès d’elle, se reveilloit et crioit qu’elle voyoit la bete ; de sorte que l’on chantoit de nouveau pour l’endormir, et la nuit se passa ainsi. Jugez si j’etois agréablement pour un personne qui avoit peu dormi l’autre nuit, et qui avoit eté malade tout l’hiver de maux de gorge et d’un rhume violent ! Cependant toute cette fatigue me guerit. Heureusement pour moi les lits de Monsieur et de Madame vinrent : Monsieur eut la bonté de me donner sa chambre, il avoit couché dans un lit que M. le Prince lui avoit prêté. Comme j’etois dans la chambre de Monsieur, où l’on ne savoit point que je logeasse, je me reveillai par le bruit que j’entendis ; j’ouvris mon rideau : je fus fort étonnée de voir ma chambre toute pleine de gens à grands collets de buffle, qui furent fort étonné de me voir, et que je connoissois aussi peu qu’ils me connoissoient. Je n’avois point de linge à changer, et l’on blanchissoit ma chemise de nuit pendant le jour, et ma chemise de jour pendant la nuit ; je n’avois point mes femmes pour me coiffer et habiller, ce qui est très incommode ; je mangeois avec Monsieur, qui fait très mauvaise chère. Je ne laissois pas pour cela d’etre gaie, et Monsieur admiroit que je ne me plaignois de rien. Pour Madame, elle n’etoit pas de meme : aussi suis je une créature qui ne m’incommode de rien, et fort au dessus des bagatelles. Je demeurai ainsi dix jours chez Madame, au bout desquels mon equipage arriva, et je fus fort aise d’avoir toute mes commodités. Je m’en allai loger au chateau vieux, où etoit la Reine ; j’etois resolue, si mon equipage ne fut venu, d’envoyer à Rouen me faire faire des hardes et un lit : et pour cela je demandai de l’argent au tresorier de Monsieur, et l’on m’en pouvoit bien donner, puisque l’on jouissoit de mon bien ; si l’on m’en eut refusé, je n’aurois pas laissé de trouver qui m’en eut preté. […]<lb/>Les occasions de combat ne furent pas frequentes pendant cette guerre : elle dura peu, et l’on fut longtemps à Saint Germain sans que les troupes qui devoient assiéger Paris fussent venues. L’on n’eut jamais dessein de l’assieger dans les formes ; la circonvallation eut été un peu trop grande, et l’armée trop petite. L’on se contenta de la separer en deux quartiers, l’un à Saint Cloud et l’autre à Saint Denis : c’etoit celui de Monsieur, et l’autre de M. le Prince. L’on prenoit quelquefois des charrettes de pain de Gonesse et quelques bœufs, et l’on venoit le dire en grande hate à Saint Germain : l’on faisoit des prisonniers, et c’etoient gens peu considerables. La grande occasion fut à Charenton, que l’on prit en deux heures ; Monsieur et M. le Prince y etoient en personne : ils y assistèrent tous deux à leur ordinaire, et celui qui le defendoit s’appeloit Clanleu. Il avoit eté à Monsieur, et l’avoit quitté : il ne vouloit point de quartier. M. de Châtillon y fut blessé, et mourut le lendemain au bois de Vincennes, [p. 52] et M. de Saligny, tous deux de la maison de Coligny. Il arriva une aventure assez remarquable, et qui paroît plutôt un roman qu’une vérité. Le marquis de Cugniac, petit fils du vieux marechal de La Force, qui etoit dedans, voulut se sauver et se jeter sur un bateau ; la riviere etoit gelée et un glaçon le porta de l’autre côté de l’eau, et meme plusieurs ont dit qu’il le porta jusqu’à Paris.<lb/>Après cet exploit, les deux armées furent assez longtemps en bataille entre le bois de Vincennes et Piquepus, et personne ne se battit. L’on eut une grande joie à Saint Germain de cette expedition : il n’y eut que madame de Châtillon qui fut affligée. Son affliction fut moderée par l’amitié que son mari avoit pour mademoiselle de Guerchy, et meme dans le combat il y avoit une de ses jarretieres nouée à son bras : comme elle etoit bleue, cela la fait remarquer, et en ce temps là l’on n’avoit pas encore vu d’écharpe de cette couleur. La magnificence n’etoit pas grande à Saint Germain : personne n’avoit tout son équipage ; ceux qui avoient des lits n’avoient point de tapisseries, et ceux qui avoient des tapisseries n’avoient point d’habits, et l’on y etoit très pauvrement. Le Roi et la Reine furent longtemps à n’avoir que des meubles de M. le cardinal. Dans la crainte que l’on avoit à Paris de laisser sortir les effets du cardinal sous pretexte que ce fussent ceux du Roi et de la Reine, ils ne vouloient rien laisser sortir, tant l’aversion etoit grande. Cela n’est pas sans exemple que les peuples soient capables de haïr et d’aimer les memes gens en peu de temps, et surtout les François. Le Roi et la Reine manquoient de tout, et moi j’avois tout ce qu’il me plaisoit, et ne manquois de rien. Pour tout ce que j’envoyois quérir à Paris, l’on donnoit des passeports, on l’escortoit ; rien n’etoit égal aux civilités que l’on me faisoit.<lb/>La Reine me pria d’envoyer un chariot pour emmener de ses hardes ; je l’envoyai avec joie, et l’on en a assez d’etre en état de rendre service à de telles gens, et de voir que l’on est en quelque consideration. Parmi les hardes que la Reine fit venir, il y avoit un coffre de gants d’Espagne ; comme on les visitoit, les bourgeois commis pour cette visite, qui n’etoient pas accoutumés à de si fortes senteurs, eternuerent beaucoup, à ce que rapporta le page que j’avois envoyé, et qui etoit mon ambassadeur ordinaire. La Reine, Monsieur et M. le cardinal rirent fort à l’endroit de cette relation, qui etoit sur les honneurs qu’il avoit reçus à Paris. Il etoit entré au parlement à la grand’chambre, où il avoit dit que je l’envoyois pour apporter des hardes que j’avois laissées à Paris ; on lui dit que je n’avois qu’à témoigner tout ce que je desirerois, que je trouverois la compagnie toujours pleine de tout le respect qu’elle me devoit, et enfin ils lui firent mille honnetetés pour moi. Mon page disoit aussi qu’en son particulier on lui en avoit beaucoup fait. Il ne fut point etonné de parler devant la Reine et M. le cardinal ; pour Monsieur, il l’avoit vu souvent, et lui alloit parler de ma part. Il eut une longue audience, il fut fort questionné : il avoit vu tout ce qui se passoit à Paris, où je ne doute pas qu’on ne l’eût aussi beaucoup questionné ; et pour un garçon de quatorze ou quinze ans, il se demela fort bien de cette commission. Depuis, Monsieur et toute la cour ne l’appeloient plus que l’ambassadeur ; et quand je fus à Paris, il alloit voir tous ces messieurs, et etoit si connu dans le parlement qu’il y recommandoit avec succès les affaires de ses amis. […]<lb/>[p. 53] La Reine alloit tous les jours aux litanies à la chapelle, et elle se mettoit dans un petit oratoire au bout de la tribune où les autres demeuroient ; et comme la Reine demeuroit longtemps après qu’elles etoient dites, celles qui n’avoient pas tant de dévotion s’amusoient à causer, et l’on observa que M. de Saint Mesgrin parloit à madame la Princesse. Pour moi, je n’en voyois rien : j’etois dans l’oratoire avec la Reine, où le plus souvent je m’endormois, parce que je n’etois pas une demoiselle à si longues prières ni à méditations. […]<lb/>Quand l’on parla de paix, je m’en souciois peu : je ne songeois en ce temps là qu’à mes divertissemens. Je me plaisois fort à Saint Germain, et j’aurois souhaité y pouvoir passer toute ma vie. Le bien public n’etoit pas alors trop connu de moi non plus que celui de l’Etat, quoique par ma naissance on y ait assez d’intérêt ; mais quand on est fort jeune et fort inapliquée, on a pour but que le plaisir de son âge. Il y eut plusieurs conferences à Ruel avec M. le Prince et le cardinal Mazarin : comme le detail en est su de tout le monde, je ne m’embarquerai ici en aucune affaire, parce que je n’en ai pas une parfaite connoissance ; et pour ne m’en pas donner la peine, je dirai seulement que je ne crois pas qu’elle fut fort avantageuse au Roi. Je fus des premieres qui allai à Paris dès que la paix fut faite ; je demandai congé à la Reine et à Monsieur d’y aller ; madame de Carignan y vint avec moi. Comme je n’y avois aucune affaire, je n’aurois pas demandé congé si je n’avois eu un beau prétexte, savoir de visiter la reine d’Angleterre sur la mort du roi, son mari, auquel le parlement d’Angleterre avoit fait couper la cour il n’y avoit que deux mois. L’on n’en porta point le deuil à la Cour, c’est à dire comme on l’auroit dû ; il n’y eut que les personnes et point les équipages, faute d’argent : la raison est bien [p. 54] pauvre. Quand j’ai parlé ci devant de la miserable situation où l’on etoit, j’avois oublié de dire que nous etions à Saint Germain en l’etat où nous voulions mettre Paris : l’intention etoit de l’affamer, et néanmoins les habitans y avoient tout en abondance, et à Saint Germain l’on manquoit souvent de vivres ; les troupes qui etoient aux environs prenoient tout ce qu’on y apportoit. Ainsi l’on etoit quasi affamé : ce qui faisoit souvent dire que M. le cardinal ne prenoit pas bien ses mesures, et que c’etoit ce qui empêchoit les affaires de bien réussir.<lb/>[…]<lb/>[p. 60] Le roi d’Angleterre, qui ne devoit etre que quinze jours en France, y fut trois mois. Comme la cour etoit à Paris, et lui avec la reine, sa mere, à Saint Germain, on les voyoit peu. Lorsque je suis qu’il etoit sur son départ, j’allai rendre mes devoirs à la reine, sa mere, et prendre congé de lui. La reine d’Angleterre me dit : « Il faut se réjouir avec vous de la mort de l’imperatrice : il y a apparence que si cette affaire a manqué autrefois, elle ne manquera pas celle ci ». Je lui répondis que c’etoit à quoi je ne songeois pas. Elle poursuivit ce discours, et me dit : « Voici un homme qui est persuadé qu’un roi de dix huit ans vaut mieux qu’un empereur qui en a cinquante, et quatre enfans ». Cela dura longtemps en manière de picoterie, et elle disoit : « Mon fils est trop gueux et trop miserable pour vous ». Puis elle se radoucit et me montra une dame angloise dont son fils etoit amoureux, et me dit : « Il apprehende tout à fait que vous ne le sachiez, voyez la honte qu’il a de la voir où vous etes, dans la crainte que je ne vous le dise ». Il s’en alla. Ensuite, la reine me dit : « Venez dans mon cabinet ». Comme nous y fumes, elle ferma la porte et me dit : « Le roi, mon fils m’a priée de vous demander pardon si la proposition que l’on vous a faite à Compiègne vous a deplu : il en est au desespoir, c’est une pensée qu’il a toujours et de laquelle il ne peut se defaire ; pour moi, je ne voulois pas me charger de cette commission ; il m’en a priée si instamment que je n’ai jamais pu m’en défendre. Je suis de votre avis : vous auriez été miserable avec lui, et je vous aime trop pour l’avoir pu souhaiter, quoique ce fut son bien que vous aussiez été compagne de sa mauvaise fortune. Tout ce que je puis souhaiter, est que son voyage soit heureux, et qu’après vous veuillez bien de lui ». Je lui fis là dessus mes complimens le miex qu’il me fut possible. »<lb/>[…]<lb/>[p. 375] [1662] Le Roi se promenoit souvent pendant l’hiver avec la Reine : il avoit eté avec elle deux ou trois fois à Saint Germain, et l’on disoit qu’il avoit regardé La Motte Houdancourt, une des filles de la Reine, et que La Valliere en etoit jalouse.<lb/>[…]<lb/>[p. 392] [1665] La Cour alla à Saint Germain et faisoit souvent des voyages à Versailles. Madame s’y blessa et y accoucha d’une fille qui etoit morte il y avoit dejà dix ou douze jours ; elle etoit quasi pourrie ; ce fut une femme de Saint Cloud qui la servir : l’on n’eut pas le temps d’aller à Paris en chercher une. On eveilla le Roi et l’on fit chercher le curé de Versailles, pour voir si cette fille etoit en état d’etre baptisée. Madame de Thianges lui dit de prendre garde à ce qu’il feroit : qu’on ne refusoit jamais le bapteme aux enfans de cette qualité. Monsieur, à la persuasion de l’eveque de Valence, vouloit qu’on l’enterrat à Saint Denis. J’etois à Paris ; j’allai droit à Versailles pour rendre ma visite à Madame. Dès le meme soir, Monsieur alla coucher à Saint Germain, où je trouvai la Reine affligée de ce que cette fille n’avoit pas eté baptisée, et blamoit Madame d’en etre cause par toutes les courses qu’elle avoit faites sans songer qu’elle etoit grosse. Madame disoit qu’elle ne s’etoit blessée que de l’inquietude qu’elle avoit eue que le duc d’York n’eut été tué, parce qu’on lui avoit parlé d’une bataille qu’il venoit de donner sur mer, sans lui dire s’il en etoit revenu.<lb/>On laissa Madame dès le meme jour de ses couches, parce que la reine mère d’Angleterre arrivoit et qu’on vouloit lui laisser le logement de Versailles : elle venoit de voir son fils. Le Roi alla au devant d’elle jusqu’à Pontoise dans l’abbaye de Saint Martin, dont Edme de Montaigu etoit abbé. La reine mère d’Angleterre, arrivée comme je le viens de dire, ne paroissoit pas satisfaite de la beauté de sa belle fille ; elle etoit charmée de sa pieté et disoit qu’elle n’avoit jamais tant vu prier Dieu ni de si bonne foi qu’elle le faisoit.<lb/>Je ne fus pas longtemps à la cour, parce que la saison de prendre les eaux de Forges venoit. Je m’y en allai ; j’avois dejà commencé à boire qu’il vint un courrier m’avertir que la Reine mere se mouroit. Je partis en relais de carrosse, j’arrivais à dix heures du roi à Pontoise, où l’assemblée du clergé se tenoit. J’y trouvai M. l’archeveque de Paris, qui l’etoit en ce temps là de Rouen, qui me dit que la Reine mère se portoit mieux. Je m’en allai coucher aux Carmelites : le lendemain, j’allais diner à Saint Germain, où le Roi, la Reine et la Reine mere me temoignèrent mille amitiés sur l’empressement avec lequel j’etois venue. Je vis que la maladie n’etoit plus dangeureuse : je m’en retournai continuer de prendre les eaux.<lb/>[…]<lb/>[p. 394] [20 janvier 1666] J’entendis sonner la grosse clocher de Notre-Dame : comme on ne le fait jamais que dans de grandes occasions, je dis : « L’on croit la Reine morte ». Un moment après Monsieur fit un grand cri ; le medecin entra, le Roi lui dit : « Elle est donc [p. 395] morte ! » Il lui dit : « Oui, Sire ». Il me dit à pleurer comme un homme penetré de douleur. Madame de Fleix porta ses clefs au Roi ; l’on alla dans son cabinet chercher son testament, qui fut lu devant toute la parenté, à la reserve de Monsieur, qui ne voulut pas y demeurer. Après que M. Le Tellier eut achevé la lecture, le Roi monta en carrosse pour s’en aller, et je m’en allai chez moi me coucher.<lb/>Le lendemain et les deux jours suivans, je fus extremement visité de toutes les dames qui alloient à Saint Germain avec leurs mantes : elles vinrent chez moi avec le meme habit. J’allai conduire le chœur au Val de Grâce. […] Le lendemain, j’allai diner à Saint Germain, pour recevoir les ordres du Roi pour conduire le corps à Saint-Denis. Il etoit au conseil, où j’allai lui parler devant les ministres.<lb/>[…]<lb/>[p. 398] [1666] Le Roi fit tendre ses tentes dans la garenne de Saint Germain ; elles etoient très belles : il y avoit des appartemens complets comme dans une maison. Le Roi y donna une grande fete ; madame de Montausier y tint une petite table, où j’envoyai Châtillon et Créqui, et je n’en gardai qu’une pour etre à celle de la Reine. Madame de Montausier avoit la sienne dans le meme lieu ; toutes les personnes qu’elle y fit mettre etoient ou devoient etre de celles qui peuvent manger avec la Reine.<lb/>[…]<lb/>[p. 402] [1668] Le Roi s’en alla au mois de janvier à Saint Germain pour y mener la Reine et M. le Dauphin, d’où il partit pour s’en aller en Franche Comté. M. le Prince y etoit, avec des troupes qu’il avoit feint de tenir auprès de lui pour y tenir les Etats.<lb/>[…]<lb/>[p. 407] [1669] Après avoir appris toutes ces nouvelles, je m’en allai à Saint Germain, où je passai l’hiver sans faire de voyages à Paris comme j’avois acccoutumé de faire ; c’est à dire qu’avant cela j’y demeurois quinze jours et cinq ou six jours à la Cour. Cet hiver, sans savoir quasi pourquoi, je ne pouvois souffrir Paris ni sortir de Saint Germain. Lorsque j’y etois, une de mes filles eut la petite verole ; cet accident m’empecha d’aller à la Cour pendant quatre ou cinq jours ; je les passai à Paris avec beaucoup de langueur ; je me souviens que je fus très aise lorsqu’on me fit savoir que je pouvois retourner à la Cour. Je voyois M. de Lauzun chez la Reine, avec qui je prenois un très grand plaisir de causer ; je lui trouvois sous les jours plus d’esprit et plus d’agrement à ce qu’il disoit qu’à toute autre personne du monde. Il se tenoit toujours réservé dans les termes de soumission et de respect que les autres gens ne peuvent imiter.<lb/>[…]<lb/>[p. 408] M. le chevalier de Lorraine fut arreté au chateau neuf, lorsqu’il etoit dans une chambre renfermé avec Monsieur. Le comte d’Ayen le fit demander pour lui parler ; il vint et M. d’Ayen l’arreta. Le chevalier de La Hillière, qui etoit avec lui, dit à M. le comte d’Ayen de lui faire rendre son épée : ce qu’il fit ; et après ils le menerent dans la chambre du capitaine des gardes du corps dans le Louvre et ensuite coucher dans une maison dans le bourg. Il fut conduit à Lyon.<lb/>[…]<lb/>[p. 409] Monsieur et Madame revinrent de Villers Cotterets ; elle avoit un grand appartement de plain pied à celui du Roi ; et quoiqu’elle logeat avec Monsieur au chateau neuf, lorsqu’elle en etoit sortie le matin, elle passoit les après dinées au vieux chateau, où le Roi lui parloit plus aisement des affaires qu’elle negocioit avec le roi d’Angleterre, son frere. Depuis la disgrâce du chevalier de Lorraine, elle s’etoit accoutumée à me parler.<lb/>[…]<lb/>[p. 411] [1670] Il vint un bruit que le Roi rendoit la Lorraine, et qu’on me devoit marier au prince Charles ; je crus que c’etoit une heureuse occasion pour mettre M. de Lauzun en etat et aux termes de pressentir la situation où je me trouvois, et de me parler du sien. Je l’envoyai prier de me venir trouver à ma chambre, qui n’etoit pas bien loin de la sienne ; il me falloit meme passer devant sa porte lorsque j’allois chez la Reine. L’on me vint dire qu’il n’etoit pas dans sa chambre. Il etoit grand ami de Guitry, et il etoit souvent avec lui dans un appartement extraordinaire qu’il s’etoit fait accommoder : je me servis du prétexte de ma curiosité à le vouloir voir ; je ne doutai pas que je n’y trouvasse M. de Lauzun avec lui ; je m’etois trompée. Lorsque je descendis chez la Reine, je le vis qui parloit à la comtesse de Guiche.<lb/>[…]<lb/>[p. 422] [1670] Lorsque j’arrivai à Saint-Germain, je trouvai qu’on avoit mis les maçons dans ma chambre, qui ne pouvoient avoir fini leur travail de huit jours. Malgré ma repugnance et mon degout d’etre à Paris, il me fallut de necessité y aller. Je m’y serois ennuyée à la mort, sans que le Roi alla passer quelques jours à Versailles ; j’y courus avec beaucoup de diligence. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21705_actor">Anne-Marie-Louise d’Orléans </persname>
            <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
            <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
            <subject>Chasse</subject>
            <subject>Fronde</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
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            <p>Anne-Marie-Louise d’Orléans, Mémoires de mademoiselle de Montpensier, fille de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, éd. Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujoulat, Paris, Éditeur du commentaire analytique du code civil, Paris, 1838.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires de madame de Motteville</unittitle>
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            <unitdate normal="1637/1665" encodinganalog="3.1.3">1637-1665</unitdate>
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              <persname id="atom_21725_actor">Motteville, Françoise (de)</persname>
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            <note>
              <p>Dame d'honneur d'Anne d'Autriche de 1643 à 1666.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 32] Apres toutes les persecutions qui furent faites à plusieurs particuliers, le Roi, suivant son naturel, s’abandonna tout entier au pouvoir de son favori. Il se vit reduit à la vie la plus melancolique et la plus miserable du monde, sans suite, sans Cour, sans pouvoir, et par consequent sans plaisir et sans honneur. Ainsi se sont passées quelques années de sa vie à Saint Germain, où il vivoit comme un particulier, et pendant que ses armées prenoient des villes et gagnoient des batailles, il s’amusoit à prendre des oiseaux. Ce prince etoit malheureux de toutes les manieres, car il n’aimoit point la Reine et avoit pour elle de la froideur, et il etoit le martyr de madame de Hautefort, qu’il aimoit malgré lui et qu’il ne pouvoit se resoudre de chasser de la Cour, l’accusant de se moquer de lui avec la Reine. […] Enfin, lassé de tant souffrir, il chassa, comme je l’ai déjà dit, mademoiselle de Hautefort, et son inclination se tourna vers un objet nouveau dont la beauté brune n’etoit pas si eclatante, mais qui, avec de beaux traits de visage et beaucoup d’agremens, avoit aussi de la douceur et de la fermeté dans l’esprit. La Fayette, fille d’honneur de la Reine, aimable et fiere tout ensemble, fut celle qu’il aima. […] [p. 33] Madame de Hautefort ne fut pas fachée de sa retraite : elle n’avoit pas de honte qu’on la crut sa rivale ; et il n’y avoit point de prude qui n’aspirat à la gloire d’etre aimée du Roi comme l’etoit La Fayette, tout le monde etant persuadé que la passion qu’elle avoit pour lui n’etoit point incompatible avec sa vertu. Quand elle se separa de lui, elle lui parla longtemps devant tout le monde chez la Reine, où elle monta aussitot apres avoir eu son congé. Il ne parut aucune alteration sur son visage : elle eut la force de ne pas donner une de ses larmes à celles que ce prince repandit publiquement. Apres l’avoir quitté, elle prit congé de la Reine, qui ne la pouvoit aimer ; ce qu’elle fit avec cette douceur et cette satisfaction que doit avoir une chretienne qui cherche Dieu, et qui ne veut plus aimer que lui sur la terre, et ne desire que l’eternité. Elle ne fit pas neanmoins toutes ces choses sans beaucoup souffrir. J’ai su depuis de la comtesse de Flex, fille de la marquise de Senecé, et par consequent parente de La Fayette, qu’au sortir de la chambre du Roi, où elle avoit dit adieu à ce prince, elle descendit dans son appartement dont les fenetres donnoient sur la cour du chateau, et que cette aimable et vertueuse fille ayant entendu le carrosse du Roi, qu’il avoit fait venir pour dissiper le chagrin où il etoit, pressée de la tendresse qu’elle avoit pour lui, elle courut le voir au travers des vitres. Quand il fut entré, et qu’elle l’eut vu partir, elle se trouva vers la comtesse de Flex, qui etoit encore fille, et lui dit, touchée de douleur : « Helas ! je ne le verrai plus ».<lb/>[…]<lb/>[p. 45] [1643] Le lendemain de la mort du roi Louis XIII, le roi Louis XIV, la Reine, Monsieur, duc d’Anjou, le duc d’Orleans et le prince de Condé partirent de Saint Germain pour venir à Paris, et le corps du feu Roi demeura seul à Saint Germain, sans autre presse que celle du peuple, qui courut le voir par curiosité plutot que par tendresse. Le duc de Vendome y resta pour faire les honneurs, et le marquis de Souvré, gentilhomme de la chambre en année, pour y faire sa charge. De tant de gens de qualité qui lui avoient faire la cour la veille, personne ne demeura pour rendre ses devoirs à sa memoire : tous coururent à la regente.<lb/>Pendant les derniers jours de la maladie du feu Roi, le duc d’Orleans et le prince de Condé se regarderent avec defiance l’un de l’autre. On vit beaucoup de visages nouveaux, et chacun avoit plus de suite qu’à l’ordinaire. La Reine ne manqua pas de faire doubler ses gardes, et de prendre ses precautions contre les princes du sang, quoique ses soupçons fussent mal fondés.<lb/>[…]<lb/>[p. 84] [1644] La reine d’Angleterre vint à Paris à peu pres dans ce meme temps. Il y avoit trois ou quatre mois qu’elle etoit à Bourbon. La Reine la fut recevoir avec le Roi et le duc d’Anjou, le veritable Monsieur, jusque hors de la ville. Ces deux grandes princesses s’embrasserent avec tendresse et amitié, et se firent mille compliments qui ne tenoient rien du compliment. On la mena loger au Louvre, qui pour lors etoit abandonné, et pour maison de campagne on lui donna Saint Germain. Comme les affaires du Roi etoient en bon etat, et que la guerre n’avoit point encore ruiné les finances royales, on lui donna ensuite une pension de dix ou douze mille ecus par mois, et en toutes choses elle eut grand sujet de se louer de la Reine.<lb/>[…]<lb/>[p. 162] [1648] Le 3 juin, la Reine alla visiter la reine d’Angleterre, qui, de Saint Germain, etoit venue à Paris passer quinze jours en intention de gagner le jubilé.<lb/>[…]<lb/>[p. 200] Le 12 de septembre, […] la Reine dit tout haut qu’elle vouloit aller faire un petit voyage à Ruel, seulement pour faire nettoyer le Palais Royal, qui avoit besoin d’etre purifié. Le peuple avoit montré tant d’aversion à laisser sortir le Roi de Paris qu’on avoit cru cette apparente promenade trop difficile à faire pour oser la publier beaucoup de temps avant l’execution. Le cardinal, contre qui le peuple avoit vomi tant d’imprecations, etoit reduit à cette extremité de ne pouvoir sortir de la maison du Roi. Il craignoit toujours les suites de la rebellion, qui lui pouvoient estre pernicieuses. La Reine ne laissoit pas de sortir, mais la mauvaise disposition des esprits lui donnoit lieu de craindre toutes choses. Ainsi l’air de la campagne, qui semble annoncer la liberté et l’innocence, etoit un preservatif necessaire contre la corruption des ames, comme il le devoit aussi etre des corps. La saleté du Palais Royal fut donc un pretexte plausible pour mettre fin à certains desseins qui etoient enfermés dans le cœur du ministre, et qui etoient assez de consequence pour l’obliger à prendre toutes les precautions necessaires pour les bien executer.<lb/>Le lendemain 13 de septembre, sans en faire plus de bruit que le discours que la Reine avoit fait de ce voyage le jour precedent, le Roi, accompagné du cardinal Mazarin, de peu de personnes et de peu de gardes, partit à six heures du matin ; et, par cette promptitude, il ota au [p. 201] parlement et aux bourgeois le moyen de s’opposer à son dessein. La Reine seule demeura comme la plus vaillante pour favoriser cette retraite ; et comme son confesseur etoit malade, elle voulut aller le trouver aux Cordeliers pour se confesser, et dire adieu à ces bonnes filles du Val de Grace, qu’elle honoroit d’une tres particuliere amitié. […]<lb/>[p. 207] Les affaires etant en l’etat où elles etoient, la Reine se resolut de tirer Monsieur de Paris, où il etoit resté malade de sa petite verole ; mais pour attraper les Parisiens, qui etoient tous ravis d’avoir ce precieux gage entre leurs mains, elle donna ordre à Beringhen, premier ecuyer, d’aller modestement faire cette conquete sur eux. Il part de Ruel et vient à Paris, comme tous ceux de la Cour y venoient tous les jours. Etant arrivé, il prend un carrosse à deux chevaux, et va au Palais Royal faire visite à ce petit prince. Il le prit entre ses bras, le cacha dans le derriere de son carrosse, et le mena jusqu’à Longchamp. Il le mit ensuite dans un bateau pour le passer à l’autre bord de la riviere, où un carrosse du Roi l’attendoit, qui le mena à Boisenval, proche de Ruel. La Reine alla le voir le lendemain, et le ramena avec elle aupres du Roi, avec intention de changer bientôt de demeure, et d’aller à Saint Germain où la Cour se trouveroit separée de Paris par trois bras de riviere, et dans une assez raisonnable distance pour pouvoir travailler plus commodement qu’à Fontainebleau aux affaires que le parlement lui suscitoit tous les jours. On fit garder le pont de Neuilly jusqu’au depart du Roi, parce que l’on craignoit quelque inondation du peuple de Paris, et quelques mauvais effets de sa rage. […]<lb/>[p. 208] Le 29, les deputés allerent à Saint Germain, où la Reine etoit arrivée le 24. Ils y furent remplis de presomption et d’orgueil, et firent leur conference chez le duc d’Orleans, dont le ministre fut exclus à leur priere. […] [p. 209] En cette conference, les deux partis furent à demi satisfaits les uns des autres, et les deputés demeurerent d’accord de revenir à Saint Germain une seconde fois. […]<lb/>Un Espagnol nommé Galarette, passant alors de Flandre, où il avoit servi de secretaire d’Etat, pour aller en Espagne, demeura quelques jours à Saint Germain, où il eut de grandes conferences avec le cardinal sur tous les articles de la paix. Le ministre l’auroit peut etre alors desirée tout de bon, afin d’avoir des troupes toutes libres [p. 210] et de l’argent, pour chatier ceux qui le vouloient attaquer. Comme la haine des peuples n’avoit pas de plus legitime pretexte de murmurer contre lui que celui de le soupçonner de n’avoir pas voulu la paix, la Reine fit remarquer avec soin au public cet entretien particulier, disant souvent qu’elle et le cardinal Mazarin ne desiroient rien si fortement que ce bonheur, et que si le Roi son frere y vouloit consentir, elle se feroit assurement.<lb/>On fit voir le Roi à cet Espagnol, se promenant dans le parc. Il le trouva bien fait et fort aimable. La Reine ne le vit point, par une gravité qui lui fut inspirée par le ministre, quoiqu’elle l’eut connu autrefois aupres du marquis de Mirabel, dernier ambassadeur d’Espagne en France. […]<lb/>Le 1er du mois d’octobre ayant eté pris pour recommencer la conference à Saint Germain, les deputés y arriverent chargés de nouvelles propositions et de vingt cinq articles qui furent proposés par eux ; tous furent octroyés, hormis les deux que j’ai dejà marqués touchant la liberté des prisonniers et le privilege que le parlement demandoit d’en pouvoir prendre connoissance vingt quatre heures apres qu’ils seroient arretés. Il fut meme conclu qu’ils reviendroient dans deux jours pour achever entierement cette negociation. Le cardinal Mazarin n’assistoit à aucune de ces conferences, et le chancelier en avoit eté exclus par ordre de la Reine, pour tenir compagnie au ministre. Il fut neanmoins renvoyé à celle ci, comme necessaire au service du Roi, pour y maintenir ses interets et les faire voir aux princes qui ne pouvoient pas entendre les chicanes du parlement. […]<lb/>Le 3 du mois, les deputés retournerent à Saint Germain, selon la resolution qui en avoit eté prise. D’abord, les princes leur firent de grands reproches de leur arret donné contre le service du Roi, à la veille d’un accommodement. Ils leur dirent que ce procedé marquoit visiblement leurs mauvaises intentions, et qu’ils n’avoient pas de veritables desirs pour la paix. Ils repondirent, pour leur justification, que cet impot [p. 211] jusqu’alors n’avoit point eté levé, que les buchers s’etoient toujours defendus vigoureusement, que les partisans qui en avoient traité avec le Roi confessoient eux-mêmes n’en avoir rien reçu, et que, cela etant, ils avoient cru, sans prejudice du service du Roi, le pouvoir defendre et donner ce contentement au peuple. […]<lb/>Enfin, la conference ayant duré jusques au soir fort tard, les affaires ne purent se decider, à cause que les deputés vouloient absolument ce que la Reine ne vouloit point du tout leur accorder. Les princes les quitterent et vinrent prendre le cardinal dans son appartement. Ils allerent tous ensemble trouver la Reine dans le parc, où elle etoit allée faire un tour de promenade, attendant le succes de leur longue negociation. Le conseil fut tenu dans le propre carrosse de la Reine, sur ce qu’ils avoient à faire. Le chancelier exposa le fait, et l’obstination des deputés à vouloir la sureté des prisonniers, les retirant de la puissance des rois pour les faire juger juridiquement et hors de la domination des favoris, qu’ils disoient etre quelquefois injustes. La Reine, entendant parler de l’opiniatreté de ceux du parlement, interrompit le chancelier pour dire que son avis etoit de leur refuser constamment ce qu’ils demandoienrt, et de les chatier de leur entreprise sans plus ecouter aucune proposition de paix. […]<lb/>[p. 212] La Reine, les princes et le ministre se quitterent tous dans la grande place qui separe les deux chateaux. Les princes retournerent trouver les deputés, qui les attendoient au chateau neuf où logeoit le duc d’Orleans, et le cardinal s’en retourna dans son appartement. Il fut suivi à l’ordinaire d’un grand nombre de courtisans, qui, tout maltraité qu’il etoit des peuples et du parlement, ne l’abandonnoient pas, parce qu’il etoit toujours le maitre de leur fortune.<lb/>Les princes dirent aux deputés que, pour ce jour, ils n’avoient rien pu gagner sur l’esprit de la Reine ; mais ils leur promirent de faire encore de nouveaux efforts pour vaincre sa fermeté. […]<lb/>La Reine, etant de retour de la promenade, où sans doute elle s’etoit mal divertie, elle vint s’asseoir à son cercle, où je vis dans son visage et dans ses yeux que les affaires n’alloient pas selon son goût. Peu après, les princes arriverent, qui la firent quitter cette place pour aller au Conseil. Avant que d’y entrer, elle tira le marechal de Villeroy contre une fenetre, pour lui faire part de ses peines. Elle ne se plaignoit pas du cardinal, quoiqu’il fut d’avis contraire au sien ; elle comprenoit bien qu’il ne pouvoit pas faire autrement, et qu’il falloit qu’il fit semblant de vouloir la paix, pour ne point attirer la haine du parlement qu’il n’avoit dejà que trop. […] Je ne sais ce que le gouverneur du Roi lui repondit mais, apres cette conversation, elle entra dans son cabinet où se devoit tenir le Conseil. Avant qu’il fut commencé et que nous en fussions sortis, je remarquai que M. le Prince s’approcha de la Reine pour lui parler en faveur du parlement. […]<lb/>[p. 213] Enfin, les portes du cabinet s’ouvrirent avant le temps. Le cardinal Mazarin, qui avoit accoutumé de demeurer après la fin du Conseil avec la Reine, sortit le premier, et à l’air de son visage il sembloit qu’il etoit en mauvaise humeur. Le prince de Condé le suivit, et le duc d’Orleans demeura avec la Reine, pour tacher d’adoucir son ressentiment et sa peine. L’abbé de La Riviere alors fut appelé par son maitre pour faire le tiers dans cette conversation où la Reine seule avoit le cœur rempli d’amertume et de douleur. Une demi heure apres, le duc d’Orleans s’en retourna chez lui tout pensif.<lb/>M. le Prince vint un moment après trouver la Reine : il fit officieusement deux voyages vers elle, pour lui faire voir l’innocence du cardinal et pour le mettre bien dans son esprit. Nous vimes aussitôt, parmi toutes ces choses, qu’il y avoit quelque inquietude nouvelle dans le cabinet, et que les affaires n’alloient pas bien. En mon particulier, je ne fus pas longtemps dans cette inquietude, car la Reine, peu apres, etant demeuré seule, comme elle voulut entrer dans son oratoire pour prier Dieu, je lui demandai la cause de ce que je voyois ; et, la plaignant de toutes ses souffrances, je la suppliai de m’apprendre ce que M. le cardinal disoit sur tout cela. […]<lb/>[p. 214] Le soir de ce jour, avant qu’elle s’endormit, le secretaire du cardinal, nommé de Lyonne, vint la trouver deux fois, et eut d’assez longues conferences avec elle de la part de son maitre ; puis le lendemain, au sortir de la messe, Le Tellier, secretaire d’Etat, y vint aussi, qui acheva de la resoudre d’accorder aux deputés ce qu’ils desiroient, à condition qu’au lieu de trois mois qu’ils demandoient en faveur des prisonniers pour etre renvoyés à leurs juges naturels, elle en demanda six avant que le Roi fut obligé de les rendre. […]<lb/>Ensuite de cette resolution, les deputés, arrivant à Saint Germain, trouverent leurs affaires faites, et n’eurent rien de plus difficile à executer qu’à remercier la Reine et les princes.<lb/>[…]<lb/>[p. 216] Le 15 d’octobre, les gens du Roi arriverent à Saint Germain, qui venoient demander à la Reine les deux millions, et protester de leur innocence et bonnes intentions. Ils trouverent la Reine prete à partir pour aller visiter les carmelites de Pontoise, à cause qu’il etoit le jour de Sainte Therese. Son voyage fut cause qu’ils differerent leur deputation jusques à son retour au soir. La Reine, revenue de son petit voyage, s’enferma au Conseil, où dejà les princes et le cardinal, attendant son retour, avoient commencé à traiter de quelques affaires. Ils avoient resolu d’accorder les deux millions.<lb/>[…]<lb/>[p. 217] Le 24, le premier president apporta à la Reine la declaration de la part de sa compagnie, qui avoit eté dressée par eux memes, où toutes leurs demandes etoient pleinement expliquées, et où il etoit facile de remarquer qu’ils avoient eté trop insatiables pour de sages senateurs qui sont destinés à moderer les exces des autres. On tint Conseil là dessus, et comme il falloit en ce jour recevoir la paix pour tacher d’eviter la guerre, les differens sentimens causerent beaucooup de disputes et de raisonnemens dans le cabinet.<lb/>[…]<lb/>[p. 218] Le 28 au matin, le marechal d’Estrées et le marquis de Seneterre vont trouver l’abbé de La Riviere pour lui annoncer de la part de la Reine et du ministre que M. le Prince demande le chapeau de cardinal pour le prince de Conti son frere, et que la nomination dejà faite en faveur de cet abbé soit revoquée, afin qu’elle puisse etre donnée à ce prince. […] [p. 219] Au sortir de la messe de la Reine, le duc d’Orleans la vint trouver. Il lui demanda une audience, où il ne voulut point d’autre temoin qu’elle seule. La Reine aussitôt nous commanda de sortir de son cabinet ; et, faisant fermer les portes, elle livra ses oreilles à toutes les plaintes que ce prince lui voulut faire. […]<lb/>La ville de la fete de tous les saints, la Reine partit de Saint Germain pour revenir à Paris jouir du repos qu’il sembloit que cette derniere declaration lui devoit faire esperer. Avant que de quitter ce lieu, elle alla visiter madame la duchesse d’Orleans, qui etoit en couche. Cette princesse haissoit le favori de Monsieur ; mais, pour plusieurs raisons, elle avoit voulu prendre hautement son parti : si bien que la Reine venant la voir, elle lui temoigna prendre beaucoup de part à l’offense que Monsieur croyoit lui avoir eté faite. […] [p. 220] Ainsi la visite de la Reine se passa froidement, et finit sans que le duc d’Orleans, qui vint dans la meme chambre, s’approcha d’elle, ce qui fut desapprouvé des personnes les plus interessées ; car les hommes, en general, ne sauroient jamais trop rendre de civilités aux dames, et ce prince en devoit beaucoup en son particulier à la Reine qui, en grandeur, n’avoit point d’egale en toute la terre. Monsieur, etant dans la chambre de Madame en presence de la Reine, parla toujours à Mademoiselle, sa fille, qui par mille autres raisons etoit, aussi bien que Madame, sa belle mere, dans une joie extreme de la colere de ce prince. […]<lb/>Le cardinal Mazarin alla aussi prendre congé de Madame, que sa couche devoit retenir encore quelque temps à Saint Germain ; et de son appartement passant à celui de M. le duc d’Orleans, il fut reçu de ce prince froidement. Il lui dit, parlant de l’affaire presente, qu’il n’etoit pas en volonté de souffrir cet affront. Ce fut le meme terme dont il se servit pour exprimer son ressentiment ; et cela fut cause que le ministre ne put pas retourner à Paris jouir de la paix qu’il avait achetée si cherement, sans craindre de nouvelles inquietudes. Ce même jour, le Roi et la Reine, le prince de Condé et toute la Cour se rendirent dans cette celebre ville, où, selon la legereté ordinaire des peuples, la Reine fut reçue avec des temoignages extremes d’une grande joie.<lb/>[…]<lb/>[p. 221] Le 4 du mois de novembre, le duc d’Orleans alla voir Madame à Saint Germain ; et ce meme jour, il y eut comedie au Palais Royal, pour montrer à ce prince que son mecontentement et son absence ne donnoient pas de grandes inquietudes à la Reine. Il n’y eut que ceux de la cabale du prince de Condé et les courtisans ordinaires qui prirent leur part de ce plaisir. Les autres, voulant montrer cette partialité au duc d’Orleans, n’y parurent point. Il revint le lendemain, et fut au Conseil avec un visage rempli de chagrin.<lb/>[…]<lb/>[p. 229] [1649] Le prince de Condé s’etoit attiré la haine du parlement par la reponse ferme et severe qu’il avoit faite depuis peu à Viole dans la grand’chambre : il avoit d’ailleurs pris une liaison assez forte avec le duc d’Orleans par son favori pour esperer, par l’appat du chapeau, d’en disposer à son gré. Il avoit des desirs dereglés, ou du moins ambitieux : de grands princes tels que lui n’en manquent pas. Il crut par cette voie reussir dans ses desseins, sans y trouver l’opposition qu’il devoit toujours craindre du coté de ce prince, qui lui etoit superieur. Il voulut aussi s’acquerir envers la Reine et son ministre du mepris que ses sujets faisoient de son autorité. Pour cet effet, il s’offre à la Reine, il l’assure de sa fidelité pour le dessein qu’elle avoit dans le cœur ; il fait plus : il la persuade de la facilité de l’entreprise, et lui dit qu’avec lui et les bons soldats qui sont dans ses armées, elle ne peut qu’elle ne voie dans peu de temps les Parisiens et le parlement à ses pieds. la Reine goute cette douce harangue avec joie : elle veut tout hasarder pour retablir la puissance royale qui paroissoit mourante, et dont le mauvais etat demandoit les extremes remedes. Avec un protecteur tel que M. le Prince, le ministre ose tout entreprendre, et conseille la Reine de l’ecouter. Cette princesse, se voyant secourue et consolée, bien contente de pouvoir esperer une fin à sa peine, fait un complot entre elle, le prince de Condé et son ministre, de sortir de Paris secretement, pour le chatier par les voies les plus fortes, et se determine de ne plus parler à ses peuples que par la bouche de ses canons. M. le Prince, qui pretendoit etre le maitre dans sa famill, offrant à la Reine sa personne, ses services et son gouvernement de Bourgogne, l’assure aussi de celui de Normandie, dont le duc de Longueville, son beau frere, etoit gouverneur. Selon ces suretés, la Reine fit dessein, sortant de Paris, d’aller etablir le camp de l’armée à Saint Germain, d’où elle pouvoit faire la guerre aux rebelles, et recevoir de Normandie tout le secours dont elle pourroit avoir besoin. Elle crut aussi qu’elle pourroit en faire un lieu de retraite, au cas qu’elle ne put pas, aussi facilement qu’elle l’esperoit, reduire Paris et ce qui etoit dans ses murailles dans une entiere obeissance.<lb/>Pour la perfection de ce dessin, il falloit gagner le duc d’Orleans, et l’obliger à se mettre de la partie. Il etoit difficile de l’esperer, car n’etant point l’auteur de cette pensée, il ne pouvoit y donner son approbation. […] La Reine l’allant voir au Luxembourg, comme il avoit encore un peu la goutte, lui temoigna un grand desir de le voir prendre part à sa destinée. Elle l’en prie, l’en presse et l’en conjure, par cette amitié qui avoit toujours tenu quelque place dans le cœur de l’un et de l’autre. Ensuite de ses prieres, elle lui temoigna hardiment que quand meme il seroit capable de l’abandonner en cette occasion, elle ne laissera pas d’achever son entreprise, et lui dit qu’elle etoit resolue de se confier à M. le Prince plutôt que de demeurer plus longtemps [p. 230] en un lieu où l’autorité royale n’etoit plus considerée, où sa personne etoit tous les jours offensée, et où celle de son ministre etoit menacée des derniers outrages. Elle lui dit qu’elle croyoit le devoir soutenir, pour ne pas accoutumer les parlemens et les peuples à vouloir se meler du gouvernement ; et qu’il savoit bien que lui-même lui avoit toujours conseillé de le faire. Elle l’assura de plus que s’il desiroit pour sa satisfaction qu’elle allat à Orleans pour se mettre entre ses mains, elle le feroit volontiers, ne pouvant manquer de confiance pour une personne qui jusques alors ne lui avoit donné aucun veritable sujet de se plaindre de lui. Le duc d’Orleans, qui etoit naturellement bon, et qui avoit un favori qui avoit interet de le voir toujours content et à la Cour, se voyant pressé par la Reine d’une maniere si obligeante, ne la put refuser ; et la resolution fut prise entre la Reine, lui, le prince de Condé et le ministre d’executer cette grande action avec toutes les precautions qui en devoient etre les suites necessaires. Les ordres furent donnés et le jour arreté pour sortir de Paris ; et ceux qui avoient en depot le secret royal furent entierement fideles à le garder. Le duc d’Orleans ne le dit point à Madame ni à Mademoiselle ; et M. le Prince le cacha soigneusement à madame la Princesse sa mere, et à madame de Longueville, cette illustre sœur avec qui il croyoit etre si bien.<lb/>Malgré ce secret, un certain bruit se repandt par Paris que la Reine avoit quelque dessein. Le parlement avoit peur ; tout le monde parloit de ce qu’il ne savoit point, chacun se demandoit l’un à l’autre ce que c’etoit : nul ne le pouvoit dire. Mais, par un pressentiment ecrit dans la nature, la verité, quoique cachée, ne laissoit pas d’etre sue. Toute la Cour etoit en alarme ; et tous ceux qui ont accoutumé de raisonner sur les affaires d’Etat, et qui veulent etre ministres malgré les rois, avoient de grandes occupations.<lb/>Le 5 janvier, la veille des Rois, ce jour si celebre, et dont on parlera sans doute dans les siecles à venir, j’allai le soir chez la Reine, où j’avois accoutumé de passer la plus grande partie de ma vie. […] La Reine nous avoua depuis, par l’execution de cette grande aventure, qu’elle eut alors de la peine à s’empecher de rire ; et qu’ensuite elle eut quelque bonté pour nous, et quelque compassion de nous laisser dans une ville qu’elle quittoit [p. 231] avec dessein de l’assieger. Mais nous lui avons toujours maintenu qu’elle ne fut point alors susceptible d’aucun sentiment de pitié, et que la vengeance et la joie occuperent entierement son cœur. […]<lb/>Aussitôt que nous fumes parties, les portes du Palais Royal se fermerent, avec commandement de ne les plus ouvrir. La Reine se releva pour penser à ses affaires, et ne fit part de son secret qu’à sa premiere femme de chambre, qui couchoit aupres d’elle. On donna les ordres necessaires aux capitaines des gardes que nous avions laissés dans la chambre de la Reine pas plus savans que nous. Le marechal de Villeroy, à qui on donna la connoissance de cette resolution quand il fut necessaire qu’il la sut, laissa dormir le Roi jusqu’à trois heures du matin, puis le fit lever, lui et Monsieur, pour les faire monter dans le carrosse qui les attendoit à la porte du jardin du Palais Royal. La Reine se joignit au Roi et à Monsieur. Ces trois personnes royales furent suivies du marechal de Villeroy, de Villequier et de Guitaut, capitaines des gardes de Leurs Majestés, de Comminges, lieutenant des gardes de la Reine, et de madame de Beauvais, sa premiere femme de chambre. Ils descendirent par un petit escalier derobé qui de l’appartement de la Reine alloit dans le petit jardin, et sortant par une petite porte qui est par dela le rondeau, monterent dans les carrosses qui les attendoient. La Reine etant au Cours, qui etoit le lieu du rendez vous, s’y arreta pour attendre que le duc d’Orleans, M. le Prince et toute la Maison royale fut venue la joindre.<lb/>Apres le soupé et le jeu, qui finit chez le maréchal de Gramont plus tot qu’à l’ordinaire, le duc d’Orléans et M. le prince de Condé s’en allerent chacun chez eux pour donner ordre à leurs affaires domestiques, et faire sortir de Paris leurs familles. Le ministre demeura où il etoit, s’amusant à jouer pendant que ses confidens firent emporter ce qu’il avoit de plus precieux, et sortir ses nieces, qui etoient encore aupres de madame de Seneçay. L’heure du rendez vous le pressant de partir, il se mit dans un carrosse avec quelques uns de ses amis, qu’il avertit alors de ce qui se passit, et s’en alla trouver la Reine qui l’attendoit dejà dans le Cours. Là se trouverent les personnes les plus considerables de la Cour, qui ne furent averties qu’à l’instant de sa sortie, dont furent sa dame d’honneur, ses filles et beaucoup d’autres. Chacun allant chercher son ami l’emmenoit avec lui pour se sauver ensemble et quitter cette ville qui alloit etre l’objet de la colere de son Roi ; et tous ceux qui purent prendre la fuite le firent avec empressement. Les domestiques du ministre, qui voyoient que leur maitre avoit une grande part au succes de ce voyage, furent les plus diligens à faire leur retraite ; et jamais nuit sans assaut et sans guerre ne fut remplie de tant d’horreur et de trouble.<lb/>[p. 232] Je fus avertie, comme les autres, à l’heure que la Reine partit ; et un de mes amis, domestique du cardinal Mazarin, vint heurter à ma porte avec un carrosse à six chevaux, pour me convier à suivre la Reine ; mais je ne le voulus pas faire pour plusieurs raisons, qui toutes regardoient ma commodité et mon repos. Le duc d’Orleans, etant arrivé au Luxembourg, fit eveiller Madame, qui se leva toute troublée de cette nouvelle : il fit aussi lever mesdemoiselles ses filles, et toutes ensemble s’en allerent où la Reine les attendoit. Mademoiselle, fille ainée du duc d’Orleans, avoit eté avertie par la Reine meme, qui lui avoit envoyé Comminges aussitôt apres que nous l’eumes quittée ; et cette princesse, avec la meme surprise que les autres, alla se joindre, selon l’ordre qu’elle en avoit reçu, avec la famille royal. Le prince de Condé en fit autant dans sa maison. Madame la Princesse sa mere, qui pretendoit que M. le Prince ne devoit point avoir de secret pour elle, fut surprise de voir qu’il lui en avoit cachée un si grand. Elle en fut touchée, mais comme il n’etoit pas temps de gronder, elle prit madame la Princesse sa belle fille, et le petit duc d’Enghien son petit fils encore au maillot, et vint de meme grossir la troupe du Cours.<lb/>Madame de Longueville, qui etoit demeurée à coucher à l’hotel de Condé à cause du jour des Rois, fut avertie et sollicitée par madame la Princesse sa mere de sortir avec elle ; mais cette princesse, qui avoit l’esprit rempli de beaucoup de grands desseins, s’excusa sur ce qu’elle etoit grosse. […] Le prince de Conti fut de la partie. Et toute la Maison royale etant assemblée, elle prit le chemin de Saint Germain en Laye. Le Roi, la Reine et toute la Cour se trouverent en ce lieu sans lit, sans officiers, sans meubles, sans linge, et sans rien de tout ce qui etoit necessaire au service des personnes royales et de toutes les autres qui les avoient suivies. La Reine, etant arrivée, coucha dans un petit lit que le cardinal Mazarin avoit fait sortir de Paris quelques jours auparavant, à cette intention. Il avoit de meme pourvu à la necessité du Roi, et il se trouva aussi deux autres lits de camp, dont l’un servit à Monsieur, et l’autre demeura pour lui. Madame la duchesse d’Orleans coucha une nuit sur la paille, et Mademoiselle aussi. Tous ceux qui avoient suivi la Cour eurent la meme destinée ; et en peu d’heures la paille devint si chere à Saint Germain, qu’on ne pouvoit pas en trouver pour de l’argent.<lb/>Lorsqu’on sut dans Paris le depart du Roi, de la Reine et de toute la Cour, le desespoir s’empara de tous les esprits, et la confusion commença avec le jour des les cinq à six heures du matin. Les cris furent grands dans les rues, et l’emotion s’y rendit universelle. Les premiers qui apprirent cette nouvelle l’envoyoient dire à leurs amis, et beaucoup de personnes de qualité se sauverent à Saint Germain, pour s’attacher à leur devoir. […]<lb/>[p. 236] Ne pouvant plus vivre en repos chez moi, je fus supplier la reine d’Angleterre de me recevoir sous sa protection au Louvre, ce qu’elle fit quelques jours apres avec beaucoup de bonté, me faisant donner deux belles chambres meublées des meubles de la Couronne, dont elle et toute sa Cour se servoit. […]<lb/>[p. 237] Madame de Longueville, apres avoir fait son plan, et connu qu’il etoit temps de se declarer contre la Cour, manda au prince de Conti son frere, qui etoit à Saint Gremain, et au duc de Longueville son mari, qu’il falloit quitter la Cour, et que l’ambition les appeloit ailleurs. Ces deux princes, persuadés par differents motifs, suivant aveuglement les avis d’une princesse qui ne marchoit que dans les tenebres, se derobent de Saint Germain la nuit du 10 de janvier, et paroissent à la porte de Paris avant le retour du soleil. […] La Reine m’a depuis fait l’honneur de me conter que le soir precedent de leur fuite à Saint Germain, le prince de Conti avoit fait la meilleure mine du monde, qu’il n’avoit de sa vie paru plus gai, et qu’il etoit de tous qui menaçoit le plus hardiment les Parisiens ; que le duc de Longueville n’avoit pas eté de meme, et qu’elle l’avoit trouvé si sombre et si visiblement interdit, qu’elle et son ministre s’en etoient aperçus, et sans en deviner la cause en avoient eu de l’etonnement. […]<lb/>[p. 238] Pendant que nous souffrions dans Paris, l’armée du Roi bloqua la ville, et se saisit de tous les passages des vivres. […] Beaucoup de personnes de qualité, pour se retirer de ce desordre, se voulurent sauver deguisées, et particulierement des femmes ; mais elles eurent quasi toutes de mauvaises aventures à conter à Saint Germain quand elles y arriverent, et il eut mieux valu pour elles qu’elles fussent demeurées exposées à la famine et à la guerre que de se trouver le sujet de la gaieté des honnetes bouffons de la Cour, qui faisoient de facheuses histoires, devant le Roi et la Reine, des accidens survenus aux dames qui sortoient de Paris.<lb/>Parmi cette raillerie, la misere des habitans de Saint Germain tenoit sa place. Ils n’avoient point d’argent, ni de meubles que ceux que les soldats leur vendoient à bon marché, quand ils avoient pillé ces beaux villages qui environnent Paris. […] La Reine ne rioit pas toujours : ses affaires alloient mal, et le parti contraire s’augmentoit. […] Quoique l’armée du Roi ne fut pas grande, les troupes de Paris ne lui auroient pas fait peur, sans qu’on jugea à Saint Germain que tant de braves gens en feroient assez pour les faire subsister longtemps, de sorte que cette entreprise parut à la Cour en mauvais etat. M. le Prince etoit au desespoiur de l’outrage qu’il croyoit avoir reçu par le prince de Conti son frere, et par madame de Longueville sa sœur, et ce qui d’abord n’etoit en lui qu’un desir d’obliger la Reine devint un veritable desir de se venger de sa famille, qui s’etoit separée de lui. […]<lb/>[p. 241] [21 janvier] Les inutiles, qui s’amusoient à crier, s’opposoient à la sortie de ceux qui vouloient aller à Saint Germain ou dans leurs maisons de campagne, et leur faisoient mille outrages. Les propres meubles du Roi et de la Reine, ses habits et son linge qu’elle avoit voulu ravoir, avoient eté pillés, et le nom du Roi devint si odieux à ses sujets que ses pages et valets de pied etoient courus dans les rues comme des criminels et des ennemis. […]<lb/>[p. 243] Pendant que les calamités augmentent à Paris, les conseils redoublent à Saint Germain, où l’inquietude etoit proportionnée au mauvais etat des affaires du Roi. Des deux cotés on souffroit.<lb/>[…]<lb/>[p. 253] [20 février] Ma sœur et moi, accompagnées de notre petit domestique, partimes de Paris, escortées d’une troupe de cavalerie du regiment du prince de Conti que commandoit Barriere, ce gentilhomme dont j’ai parlé ailleurs, qui etoit attaché à ce prince et qui par consequent avoit le malheur d’etre compté au nombre des ennemis de la Reine, apres avoir eté un de ses plus fideles serviteurs. Nous fumes reçues à Saint Denis par le comte du Plessis, qui commandoit à la place du marechal du Plessis son pere. Il nous donna un bon repas et de bons lits, et le lendemain nous arrivames heureusement à Saint Germain. Il nous fallut prendre un grand detour, et nous passames par plusieurs villages, où nous remarquames une desolation effroyable. Ils etoient abandonnés de leurs habitans : les maisons etoient brulées et abattues, les eglises pillées, et l’image des horreurs de la guerre y etoit depeinte au naturel. Je trouvai la Reine dans son cabinet, accompagné du duc d’Orleans, du prince de Condé, de la princesse de Carignan et d’une grande presse. La Cour etoit alors fort grosse, parce que tous ceux qui n’etoient point de la Fronde s’etoient rendus aupres du Roi. L’appartement de la Reine, outre les personnes de la premiere qualité qui composoient la Cour, etoit rempli d’une grande quantité de gens de guerre, et je ne vis jamais tant de visages inconnus.<lb/>La Reine etoit au milieu de ce grand monde, qui paroissoit gaie et tranquille ; elle ne paroissoit point apprehender les malheurs dont elle etoit menacée par les gens de bon sens, et qui jugeoient de l’avenir par les choses passées et presentes. Il ne falloit pas mettre de ce nombre les mauvaises propheties de ceux qui vouloient decrier sa conduite, et qui pretendoient, en l’intimidant, l’obliger de chasser son ministre ; ils ne meritoient pas d’etre ecoutés, et l’apparente gaieté de la Reine avoit pour but de les faire taire. On ne peut pas en douter, car, en l’etat où elle se voyoit, il etoit difficile qu’ayant autant de sagesse et de raison qu’elle en avoit, elle put avoir un gaieté veritable.<lb/>Quand je partis de Paris, j’avois le cœur rempli de tout ce que l’on m’avoit dit dans cette ville. Je croyois que la Reine etoit menacée de perdre sa couronne, ou tout au moins la regence ; mais, etant à Saint Germain, je fus surprise quand j’entendis les railleries qui se faisoient contre les Parisiens et les frondeurs, et contre ceux qui lamentoient sur les miseres publiques. Je ne trouvai point qu’on eut peur de ce grand parti qui paroissoit si redoutable à toute l’Europe ; et, pour n’etre pas moquée, il me fallut faire bonne figure avec ceux qui traduisoient en ridicule les choses les plus serieuses, et qui, se moquant des deux partis, n’avoient aucun dessein que de profiter de ces desordres.<lb/>Le soir, apres que la Reine fut retirée, elle me commanda de lui dire tout ce que je savois de l’etat de Paris et de celui des esprits. […] [p. 254] Je la trouvai un peu etonnée de cet envoyé de l’archiduc, dont elle ne savoit point encore la fausseté, et, assez touchée de la mort du roi d’Angleterre, elle me dit elle-même que c’etoit un coup qui devoit faire trembler les rois, mais à son égard, etant persuadée qu’elle faisoit ce qu’elle devoit et ce qu’elle n’avoit pu eviter de faire, son esprit demeuroit tranquille au milieu de tant d’orages. En effet, son humeur toujours egale, fortifiée d’une ame qui ne se laissoit pas troubler aisement, la faisoit paroitre à Saint Germain, environnée de ses armées, avec le meme repos que parmi les dames qui formoient son cercle à Paris.<lb/>Le 22 ou 23 février, le nonce et l’ambassadeur de Venise vinrent trouver la Reine, l’un de la part du pape, et l’autre de sa république. Dans leur audience, ils l’exhorterent fort à la paix, et toucherent à son avis, un peu trop fortement à ce qui paroissoit etre le sujet de la guerre. Elle s’en facha, et, les interrompant, elle leur dit qu’elle trouvoit bien des gens qui lui disoient qu’il falloit faire la paix et qu’il falloit pardonner, mais que personne ne lui parloit de retablir l’autorité du Roi son fils, qui s’en alloit detruite, si elle ne travailloit à la reveler en chatiant les rebelles, et les forçant à se remettre à leur devoir. […]<lb/>Le 25 fevrier, les deputés de Paris arriverent, et le premier president, qui suivit l’exemple du nonce, fut traité de meme maniere.<lb/>[…]<lb/>[p. 259] Ces memes jours, on arreté à Saint Germain le marechal de Rantzau. Il fut soupçonné de favoriser le parti parisien ; et comme il etoit gouverneur de Gravelines, le ministre crut qu’il ne pouvoit prendre trop de precautions pour se garantir des maux qui pouvoient arriver de la mauvaise volonté de ce marechal.<lb/>[…]<lb/>Le deuxieme jour du mois de mars, les gens du Roi vinrent à Saint Germain trouver la Reine pour lui dire la deputation ordonnée par le parlement. Ils lui demanderent des passeports, et la supplierent d’ordonner du lieu de leur conference. Ils firent aussi quelques instances de la part des ducs de Beaufort et de Bouillon pour y etre admis, mais ayant eté bien reçus à leur egard, ils furent refusés sur l’article des autres. On choisit pour le lieu de la conference le chateau de Ruel, comme etant à moitié chemin de Paris et de Saint Germain ; et les generaux, qui en particulier redoublerent leurs instances, n’y furent point admis.<lb/>[…]<lb/>[p. 260] Le 6, le cardinal vint faire un petit voyage à Saint Germain pour instruire la Reine de tout ce qui se passoit. Le soir, apres qu’il l’eut quittée, comme ceux qui l’environnoient etoient curieux d’apprendre des nouvelles, la Reine nous dit, à M. le Premier et à moi, qu’il n’y avoit encore rien d’avancé, ni aucune solide esperance d’obtenir ce qu’on desiroit, qui etoit que le parlement s’humiliat ; puis nous dit qu’à la fin pourtant elle croyoit que tout iroit bien.<lb/>[…]<lb/>[p. 265] Les deputés des generaux viennent à Saint Germain : ils font leur remontrance à la Reine, qui fut humble et courte, mais les difficultés qu’ils faisoient sur les principaux articles de la paix dejà signée montroient assez qu’elle etoit reculée. Les generaux s’etoient rendus les maires de Paris, et ils se trouverent en etat de pouvoir contraindre les plus sages à ne rien faire de tout ce que leur devoir leur imposait. Comme ils n’avoient pas de confiance à la deputation du parlement, ils firent supplier la Reine et le ministre qu’il leur fut permis d’envoyer des deputés de leur part. Cela leur ayant eté accordé, ils nommerent le duc de Brissac, Barriere et Creci pour venir traiter de leurs demandes et pretentions. Ils arriverent à Saint Germain le 18 mars, et par leurs cahiers ils demandoient toute la France.<lb/>[…]<lb/>[p. 267] Les conferences qui se faisoient à Saint Germain sur leurs pretentions furent interrompues par l’entrée de l’archiduc en France. […] Les generaux, voyant que l’approche de l’armée des Espagnols etoit plus capable, en l’etat des choses, de leur faire perdre le peu de credit qui leur restoit que de l’augmenter, pour tirer du ministre ce qu’ils pourroient, fire donner un arret par lequel on ordonna que la vente de ses meubles seroit continuée. Cela lui fit beaucoup de peine, car il aimoit ce qui etoit à lui, et particulierement ce qu’il avoit fait venir des pays etrangers avec tant de soin. Sa maison etoit magnifiquement meublée : il y avoit de belles tapisseries, des statues, des tableaux. Cette perte fut cause que ses ennemis gagnerent beaucoup avec lui, qu’il leur accorda la paix avec la plus grande partie de toutes leurs demandes, et que les conferences redoublerent matin et soir chez le chancelier à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 269] Le 20 au matin, comme je sortois de la messe de la Reine, un de mes amis vint me dire à l’oreille que tout etoit rompu ; puis le soir, au sortir de la conference, la meme personne me dit que toutes les contestations etoient accomodées. Les deputés du parlement de Normandie, qui etoient venus à Saint Germain au nombre de quinze conseillers et d’un president, obtinrent aussi en ce jour là la revocation du semestre que le feu Roi, ou plutot le cardinal de Richelieu, leur avoit créé malgré eux. […] Les generaux entrerent en de grandes defiances les uns des autres, et à leurs insatiables desirs se joignit la jalousie. Ils avoient chacun dans Saint Germain des deputés à basses notes, qui traitoient pour eux, et qui tyrannisoient celui qui souhaitoit de les tyranniser à son tour.<lb/>[…]<lb/>[p. 270] Les deputés du parlement arriverent à Paris remplis de joie des honorables conditions qu’ils rapportoient de Saint Germain ; car, comme je l’ai remarqué, ils avoient obtenu de la Reine, par leur habileté et par les differentes causes qui faisoient agir les principaux acteurs, d’etre dechargés des articles qu’on leur avoit imposés au premier traité. On se relacha de l’obligation qu’ils avoient de venir à Saint Germain, où etoit le Roi pour tenir son lit de justice, on leur permit encore de s’assembler quand bon leur sembleroit, et ils reçurent encore quelques autres gratifications touchant les finances, toutes en faveur du peuple. Ils firent assembler le parlement pour rendre compte de leur heureux voyage. Le prince de Conti ne s’y trouva point : il parut malade, expres pour donner ce reste de temps aux negociateurs d’achever leur accommodement à la Cour. Mais enfin le mercredi saint, la Reine etant aux tenebres dans la chapelle du chateau [p. 271] de Saint Germain, il arriva un courrier de Paris, que Le Tellier amena, qui apporta la paix entierement reçue par le parlement, les generaux et le peuple, tous montrant d’en etre fort contens. […]<lb/>Les devotions de la semaine sainte se passerent dans la chapelle de Saint Germain, où la veritable pieté de la Reine et d’une petite nombre de bonnes ames fut melée avec la galanterie et l’indevotion de toutes les autres personnes qui composent la Cour, et qui font gloire pour l’ordinaire de n’estimer que la vanité, l’ambition, l’interet et la volupté.<lb/>La fete de Pâques estant passée, les deputés du parlement de Paris et de Normandie vinrent remercier la Reine de la paix qu’elle leur avoit donnée. Le clergé y vint, toutes les autres compagnies de la ville, les corps des marchands et des metiers, chacun selon leur ordre, tous avec des visages contens, et tous demandant avec ardeur le retour du Roi dans sa bonne ville de Paris. la Reine n’avoit pas sujet de l’estimer si bonne qu’elle eut un grand desir d’y retourner. Elle savoit que le peuple parloit encore avec insolence, qu’il disoit publiquement qu’il ne falloit rien payer au Roi s’il ne revenoit bientoit, et qu’il y avoit de la canaille assez hardie pour dire tout haut dans les rues qu’ils ne vouloient point de Mazarin. Ces esprits farouches etoient si accoutumés à la rebellion et au desordre qu’il etoit difficile, sans quelque chatiment exemplaire, qu’ils pussent reprendre la coutume de respecter la puissance legitime.<lb/>La Reine, pour donner le temps aux Parisiens d’eteindre ce reste de feu qui allumoit encore quelquesfois leurs esprits, et laisser evaporer la chaleur et la fumée qui en restoit, se resolut de n’y pas retourner sitot : elle forma le dessein, apres qu’elle auroit vu tous ses ennemis reconciliés, d’aller passer quelque temps à Compiegne.<lb/>[…]<lb/>[p. 272] Le prince de Conti fut le premier qui sortit de Paris pour venir saluer la Reine. Il fut presenté par M. le Prince, et reçu en presence de ceux du Conseil. Apres les complimens ordinaires, M. le Prince lui fit embrasser le cardinal Mazarin, et rechauffa leur conversation autant qu’il lui fut possible. Le prince de Conti ne l’alla point voir chez lui pour cette premiere fois, afin de garder quelque mesure entre la guerre et l’accommodement, et M. le Prince le fit trouver bon à la Reine.<lb/>Monsieur, oncle du Roi, presenta le duc d’Elbeuf. Et le prince de Conti, apres avoir satisfait pour lui, fut celui qui presenta les autres à son tour, qui furent le duc de Bouillon, le prince de Marsillac, le comte de Maure et beaucoup d’autres. La Reine les reçut assez froidement. Le ministre, tout au contraire, ne manqua pas de jouer son personnage ordinaire de temperance et de douceur, leur disant lui-même qu’il croyoit avoir eu tort envers eux, et qu’ils etoient excusables d’en avoir eu du ressentiment.<lb/>Ce meme jour arriva à Paris madame de Chevreuse. […] Cette princesse, etant donc arrivée de Bruxelles à Paris, envoya aussitôt negocier avec le ministre, qui à son ordinaire ne la rebuta point : il voulut seulement par quelque delai la mortifier un peu. La Reine, par son avis, refusa le duc de Chevreuse, qui vint à Saint Germain lui demander pour sa femme la permission de demeurer à Paris.<lb/>[…]<lb/>[p. 273] Le coadjuteur se tint dans sa forteresse, et ne voulut point venir à Saint Germain comme les autres ; mais trouvant à propos de paroitre de loin, il pria le duc de Liancourt de faire ses complimens à la Reine, l’assurer qu’en son particulier il etoit son tres fidele serviteur, et qu’il la reconnoitroit toujours pour a bienfaitrice et sa maitresse. Mais la Reine les reçut avec mepris, et ordonna à son ambassadeur de lui dire qu’elle ne le considereroit jamais pour tel que premierement il ne fut ami du cardinal Mazarin ; qu’il etoit son ministre, qu’elle vouloit que ceux qui lui avoient de l’obligation comme lui suivissent en cela ses memes sentimens. Cependant le coadjuteur, comme j’ai deja dit, traitoit avec le ministre, dont il avoit reçu beaucoup de graces pour ses amis et des promesses à son egard qui dans le temps eurent leur effet.<lb/>Le duc de Longueville arriva de Normandie avec une grande suite. Il vint saluer la Reine, qui le reçut gravement. Je remarquai que ce prince en parut interdit, et qu’il ne put jamais lui dire une parole de bon sens. C’etoit un homme de grande consideration : il voyoit qu’il lui etoit honteux d’avoir fait cette faute contre le service du Roi et de la Reine, dont il n’avoit nul sujet de se plaindre, et qu’il etoit tombé dans ce malheur plutôt par legereté que par raison. Quand il arriva, chacun se pressa autour de cette princesse pour entendre ce qu’il lui diroit, car il est difficile de bien defendre une mauvaise cause ; mais il n’eut jamais la hardiesse de parler : il palit, puis il devint rouge, et ce fut toute sa harangue. Apres cet eloquent repentir, il salua le cardinal Mazarin, et un moment apres ils se retirerent aupres d’une fenetre, se parlent longtemps, et ensuite se visiterent reciproquement et demeurerent amis en apparence.<lb/>Le comte d’Harcourt vint à la Cour comme les autres. Il fut reçu differemment selon les apparences et les caresses, mais differemment aussi pour les recompenses : car elles ne furent pas si grandes pour lui que pour ceux qui avoient eté contre le service du Roi. Il avoit manqué de conduite pour se saisir de la ville de Rouen, mais il avoit bien servi, ayant toujours occupé un poste en Normandie qui servoit de barriere contre [p. 274] les attaques des ennemis, et mettoit le Roi en sureté contre ce que le duc de Longueville auroit pu faire avec peu de troupes et moins d’argent. Il avoit enfin donné le moyen au Roi de demeurer en sureté à Saint Germain, ce qui n’etoit pas un petit service. On lui donna ensuite le gouvernement d’Alsace, et une abbaye pour un de ses enfans.<lb/>Ce meme jour, le duc d’Yorck vint aussi à la Cour. Il n’avoit point encore vu le Roi ni la Reine, à cause qu’il etoit arrivé à Paris pendant le siege de cette ville, où les visites n’etoient guere de saison. Il etoit demeuré aupres de la Reine sa mere pendant cette mauvaise constellation contre les rois, qui l’avoit privé d’un pere et avoit donné beaucoup d’affaires au notre. La Reine lui fit de grands honneurs, et lui donna une chaire à bras, de meme que le duc d’Orleans en avoit obteni une de la reine d’Angleterre sa sœur. Cette belle foule fut augmentée par la venue de madame de Longueville et de mademoiselle de Longueville sa belle fille, qui aussi bien que les autres avoit eté une grande frondeuse. Elle avoit de la vertu et beaucoup d’esprit, et il lui etoit pardonnable d’avoir suivi les sentimens de son pere. Quand ces princesses arriverent, la Reine etoit au lit pour se reposer de toutes ses fatigues. J’avois l’honneur d’etre seule aupres d’elle, et dans cet instant elle me faisoit l’honneur de me parler de l’embarras qu’avoit eu le duc de Longueville en la saluant. Comme je sus que madame de Longueville alloit venir, je me levai, car j’etois à genoux devant son lit, et me mis aupres de la Reine, resolue de n’en point sortir et d’ecouter de pres si cette princesse si spirituelle seroit plus eloquente que le prince son mari. Comme elle etoit naturellement timide et sujette à rougir, toute sa capacité ne la sauva pas de l’embarras qu’elle avoit eu en abordant la Reine. Je me penchai assez bas entre ces deux illustres personnes pour savoir ce qu’elles diroient, mais je n’entendis rien que : « Madame », et quelques mots qu’elle prononça si bas que la Reine, qui ecoutoit avec application ce qu’elle lui diroit, ne put jamais y rien comprendre. Mademoiselle de Longueville, apres la reverence de sa belle mere, se contenta de baiser le drap de la Reine sans ouvrir la bouche ; puis, se mettant toutes deux sur les sieges qu’on leur apporta, elles furent fort heureuses de ce que je commençai la conversation, en demandant à madame de Longueville à quelle heure elle etoit partie de Paris, parce qu’il n’etoit pas deux heures apres midi ; et, pour les soulager de la confusion qu’elles avoient qui les incommodoient beaucoup, j’exagerai leur diligence.<lb/>[…]<lb/>[p. 275] Je finirai les aventures de Saint Germain par l’arrivée du marquis de Vitri, du marquis de Noirmoutiers et de Laigues. Le premier avoit du merite et de la qualité. Sur quelques degouts que j’ignore, il etoit entré dans ce parti, etant actuellement attaché au service de la Reine, en quoi sa faute etoit plus grande et moins pardonnable. Pour les deux autres, l’un avoit beaucoup de naissance, tous deux etoient honnetes gens, et tous deux avoient eté grands frondeurs, et avoient, comme je l’ai deja dit, traité publiquement avec le roi d’Espagne. Ils vinrent donc sous la foi publique saluer la Reine avec la meme hardiesse que s’ils eussent travaillé à sauver l’Etat ; et, comme les autres, ils en furent quittes pour un peu de froideur et de mauvais visages. Ils etoient de ma connoissance, et, dans le moment que je fus aperçue d’eux, ils vinrent me temoigner beaucoup de joie de me rencontrer. Je leur dis tout bas que j’etois fort aise de les voir, mais qu’en cette occasion je les priois de ne m’aimer pas tant, vu que l’amitié de telles gens n’etoit nullement de bon augure dans la chambre de la Reine. Comme je raillois avec eux, Monsieur passa, qui leur fit mille caresses. En me retirant, je lui dis que je croyois avoir merité la corde par la bonté que j’avois eue de les souffrir, et que j’en avois du scrupule. Je les laissai, et lui dis encore que pour lui qui etoit le maitre et qui n’avoit rien à craindre, il pouvoit leur faire grace et les bien traiter, mais que, pour moi, je croyois en devoir user autrement. Monsieur me repondit que j’etois bien sage, et que, pour m’empecher d’aller à la Greve, il alloit les emmener. Il les prit en effet, et, les poussant dans une fenetre, il demeura quelque temps à les entretenir.<lb/>[…]<lb/>En ce meme temps [le 13 mars], la Reine partit pour aller à Compiegne.<lb/>[…]<lb/>[p. 284] Le roi d’Angleterre alors vint en France, apres avoir eté reconnu roi par elle. Il revenoit de Hollande pour voir la Reine sa mere, qu’il n’avoit point vu depuis leur malheur. Il logea à Saint Germain, que la Reine lui avoit envoyé offrir à Peronne par le duc de Vendome, pour y demeurer tant qu’il lui plairoit d’etre en France. Il l’accepta volontiers, car dans l’etat où il etoit, chargé d’un deuil aussi doublement funeste qu’etoit le sien, il devoit desirer de n’etre pas à Paris.<lb/>Quand il arriva, le duc de Vendome lui mena les carrosses du Roi. Il s’arreta à Compiegne, où il vit le Roi qui alla au devant de lui à une [p. 285] demi lieue, et fut reçu de lui et de la Reine avec toutes les marques d’affection que Leurs Majestés devoient à un si grand prince. Le Roi lui donna un diner veritablement royal, mais ce fut plutôt par les personnes royales qui s’y trouverent que par l’appareil et la magnificence. […]<lb/>Cette Cour anglaise demeura quelque temps à Saint Germain, où elle fut peu frequentée de nos Français ; quasi personne n’alloit visiter ni la reine d’Angleterre ni le roi son fils. Il y avoit de grands seigneurs anglais qui avoient suivi la destinée de leur prince et qui composoient cette Cour. Il ne faut pas s’etonner de leur solitude : le malheur etoit de la partie ; ils n’avoient pas de grace à faire : ils avoient des couronnes sans puissance, qui ne leur donnoient point les moyens d’elever les hommes et de leur faire du bien. Leur suite avoit eté grande, quand les richesses, la grandeur et les dignités etoient en leur possessions, car ils avoient de la foule autour de leurs personnes. Cette reine malheureuse avoit eu de la joie, et j’ai oui dire à madame de Chevreuse, et à beaucoup d’autres qui l’avoient vue dans sa splendeur, que la Cour de France n’avoit pas alors la beauté de la sienne ; mais sa joie n’etoit plus que le sujet de son desespoir, et ses richesses passées lui faisoient sentir davantage sa pauvreté presente.<lb/>[…]<lb/>[p. 291] Les fatigues des premiers jours s’etant passés, la Reine alla visiter la reine d’Angleterre à Saint Germain. Elle y trouva le roi d’Angleterre son fils, qui attendoit aupres de la reine sa mere quelque favorable occasion pour retourner en son pays faire la guerre à ses rebelles sujets. Ces deux princesses ne s’etoient point vues depuis la deplorable mort du roi d’Angleterre, que toutes les deux devoient pleurer, l’une comme sa femme bien aimée, l’autre comme son amie ; mais la Reine evita de parler à la reine d’Angleterre de son malheur, pour ne pas renouveler ses larmes ; et, apres les premieres paroles de douleur que l’occasion les força de dire l’une à l’autre, la civilité ordinaire et les discours communs firent leur entretien.<lb/>[…]<lb/>[p. 292] Le roi d’Angleterre sut alors que quelques troupes, qui tenoient encore pour lui en Angleterre, avoient eté defaites, ce qui l’affligea beaucoup, et, voyant toutes ses esperances presque detruites, il se resolut d’aller aux iles de Jersey et de Guernesey, dont milord Germain, attaché au service de la Reine sa mere, etoit gouverneur. Il voulut aller en Irlande voir si la fortune lui ouvriroit quelque voie pour rentrer dans son royaume. Ce lord lui ayant conseillé de ne se pas hater d’y aller dans le temps de cette deroute, il lui repondit qu’il falloit donc y aller pour mourir, puisqu’il etoit honteux à un prince comme lui de vivre ailleurs.<lb/>[…]<lb/>[p. 374] [1651] Le cardinal etant donc resolu à partir, il vint chez la Reine le soir de ce jour 6 fevrier ; elle lui parla longtemps devant tout le monde, dans [p. 375] la creance que vraisemblablement ce seroit la derniere fois qu’elle le verroit. […] Quand il fut dans son appartement, il se vetit d’une casaque rouge, prit un chapeau avec des plumes, et sortit à pied du Palais Royaln suivi de deux de ses gentilshommes : il alla par la porte de Richelieu, où il trouva des gens qui l’attendoient avec des chevaux ; de là, il alla passer la nuit à Saint Germain. Son premier dessein fut de sortir par la porte de la Conference, mais il eut avos qu’on avoit voulu tuer de ses domestiques devant le logis de Mademoiselle, qui logeoit aux Tuileries, et cette rumeur l’obligea à fuir par le plus court chemin. […] [p. 376] Quand on sut dans Paris que le ministre etoit parti, qu’il etoit à Saint Germain, et qu’il pouvoit aller au Havre où etoient les princes, l’inquietude fut grande dans tous les partis.<lb/>[…]<lb/>[p. 432] [1652] On donna avis à Paris à M. le Prince que Miossens et le marquis de Saint Mesgrin, lieutenans generaux, marchoient de Saint Germain à Saint Cloud avec deux canons, à dessein de [p. 433] chasser cent hommes du regiment de Condé qui s’etoient retranchés sur le pont et qui en avoient rompu une arche. […]<lb/>M. le Prince consentit à laisser aller à Saint Germain, où etoit la Cour, le duc de Rohan, Chavigny et Goulas, tous trois chargés des interets du duc d’Orleans et des siens.<lb/>[…]<lb/>[p. 527] [1662] Le cœur du Roi etoit rempli de ces miseres humaines qui font dans la jeunesse le faux bonheur de tous les honnetes gens. Il se laissoit conduire doucement à ses passions, et vouloit les satisfaire. Il etoit alors à Saint Germain, et avoit pris la coutume d’aller à l’appartement des filles de la Reine. Comme l’entrée de leur chambre lui etoit defendue par la severité de la dame d’honneur, il entretenoit souvent mademoiselle de La Motte Houdencourt par un trou qui etoit à une cloison d’ais de sapin, qui pouvoit lui en donner le moyen. Jusque là neanmoins ce grand prince, agissant comme s’il eut eté un particulier, avoit souffert tous ces obstacles sans faire des coups de maitre ; mais sa passion devenant plus forte, elle avoit aussi augmenté les inquietudes de la duchesse de Navailles, qui, avec les seules forces des lois de l’honneur et de la vertu, avoit osé lui resister. Elle suivit un jour la Reine mere, qui, de Saint Germain, vint au Val de Grace faire ses devotions, et fit ce voyage à dessein de consulter un des plus celebres docteurs qui fut alors dans Paris, sur ce qui se passoit à l’appartement des filles de la Reine. Elle comprenoit qu’il falloit deplaire au Roi, et sacrifier entierement sa fortune à sa conscience, ou la trahir pour conserver les biens et les dignités qu’elle et son mari possedoient : et comme elle n’etoit pas insensible aux avantages qu’ils possedoient à la Cour, elle sentoit sur cela tout ce que la nature lui pouvoit faire sentir. J’etois alors à Paris, et j’allais au Val de Grace rendre mes devoirs à la Reine. J’y vis mon amie, et j’y vis son inquietude. Elle me dit l’etat où la mettoit le Roi par les empressemens qu’il avoit pour cette fille, et m’apprit qu’elle venoit de consulter sur ce sujet un homme pieux et savant, dont la reponse avoit eté decisive. Il lui avoit dit qu’elle etoit obligée de perdre tous ses etablissemens, plutot que de manquer à son [p. 528] devoir par aucune complaisance criminelle. Elle me parut resolue de suivre ce conseil, mais ce ne fut pas sans jeter une grande abondance de larmes, et sans ressentir la douleur où la mettoient ces deux grandes extremités, où necessairement il falloit prendre son parti sur les deux volontés de l’homme, toujours si contraires l’une à l’autre, c’est à dire ce qui le porte, selon la qualité de chretien, à desirer les richesses eternelles, ou, selon la nature, à vouloir celles dont on jouit dans le temps. […]<lb/>A son retour à Saint Germain, elle sut par ses espions que des hommes de bonne mine avoient eté vus sur les gouttieres, et dans des cheminées qui, du toit, pouvoient conduire les aventuriers dans la chambre des filles de la Reine. Le zele de la duchesse de Navailles fut alors si grand que, sans se retenir ni chercher les moyens d’empecher avec moins de bruit ce qu’elle craignoit, elle fit aussitôt fermer ces passages par de petites grilles de fer qu’elle y fit mettre, et par cette action elle prefera son devoir à sa fortune, et la crainte d’offenser Dieu l’emporta sur le plaisir d’etre agreable au Roi, qui sans doute, à l’egard des gens du grand monde, se doit mettre au rang des plaisirs les plus sensibles que l’on puisse gouter à la Cour, quand on le peut faire innocemment. […]<lb/>Pendant que le Roi se laissoit aller où ses désirs [p. 529] le menoient, la Reine souffroit beaucoup. Elle ne savoit rien de ce qui se passoit ; on lui cachoit, par ordre de la Reine mere, toutes les galanteries du Roi. Sa dame d’honneur, qui etoit fidele au Roi et à elle, se contentoit de faire son devoir de tous cotés, et ne lui disoit rien qui la put affliger ; mais le cœur, qui ne se trompe point et que la verité instruit, lui faisoit tellement connoitre, sans le savoir precisement, que mademoiselle de La Valliere, que le Roi aimoit alors uniquement, etoit la cause de sa souffrance, qu’il etoit impossible de lui cacher son malheur.<lb/>A mon retour d’un petit voyage que je fis en ce temps là en Normandie, je trouvai la Reine en couche de madame Anne Elisabeth de France. Un soir, comme j’avois l’honneur d’etre aupres d’elle à la ruelle de son lit, elle me fit un signe de l’œil ; et m’ayant montré mademoiselle de La Valliere qui passoit par sa chambre pour aller souper chez la comtesse de Soissons, avec qui elle avoit repris quelque liaiso</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21725_actor">Motteville, Françoise (de) </persname>
            <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
            <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
            <subject>Fronde</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
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            <p>Françoise de Motteville, « Mémoires de madame de Motteville », dans Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujoulat (éd.), Nouvelle collection des mémoires pour servir à l’histoire de France, t. X, Paris, Éditeur du commentaire analytique du code civil, 1838, p. 1-572.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Dubois, valet de chambre du roi, de la mort de Louis XIII à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1643/1643" encodinganalog="3.1.3">21 février-15 mai 1643</unitdate>
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              <persname id="atom_21731_actor">Dubois, Marie</persname>
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              <p>Valet de chambre du roi, seigneur de Lestoumière, de La Forêt et du Poirier.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 523] Le samedi vingt unieme de fevrier 1643, le Roi est tombé malade d’une longue et mortelle maladie, qui paroissoit comme flux hépatique (les autres la nommerent fievre etique), laquelle ensuite causa des abscès dans le corps et pourtant donnoit toujours quelque esperance de guerison. Et pour marque de cela, le premier jour d’avril que nous commençames le quartier, le Roi se leva et fut quasi tout le jour hors du lit, et travailla fort longtemps à peindre certains grotesques, à quoi il se divertissoit ordinairement.<lb/>Le 2 avril, il se leva encore comme les autres jours et se divertit à l’ordinaire.<lb/>Le 3, il se leva et voulut faire un tour de gallerie. J’avois l’honneur de lui porter sa chaise pour se reposer ; il la demandoit souvent et ne faisoit pas vingt pas qu’il ne la lui fallut donner, quoique messieurs de Souvré et de Charost, l’un premier gentilhomme de la chambre en année, le second capitaine des gardes de quartier, l’aidassent en le soutenant par-dessous les bras. Ce fut la derniere promenade que fit Sa Majesté. Apres, Elle se leva de fois à autre mais ne s’habilla plus et alla toujours souffrant et s’affoiblissant jusqu’au dimanche 19 avril, qu’il dit avoir tres mal passé la nuit, et sur les huit heures du matin il dit ces memes paroles : « Je me sens bien et vois mes forces qui commencent à diminuer ; j’ai demandé à Dieu cette nuit que, si c’etoit sa volonté de disposer de moi, je suppliois sa divine majesté d’abreger la longueur de ma maladie ». Et alors, s’adressant à M. Bouvard, son premier medecin, il lui dit : « Vous savez qu’il y a longtemps que j’ai mauvaise opinion de cette maladie ci et que je vous ai prié et meme pressé de m’en dire votre sentiment ». Ce que M. Bouvard avoua, disant : « Il est vrai, Sire ». Le Roi reprit la parole et dit : « Je vois bien qu’il faut mourir, je m’en suis aperçu dès ce matin, puisque j’ai demandé à M. de Meaux (qui etoit son premier aumonier) et à mon confesseur les sacremens qu’ils m’ont differés jusqu’à présent » ; et continua son discours par les plus beaux termes du monde, qui faisoient voir qu’il étoit fort preparé à mourir. Ces paroles furent si essentielles qu’elles nous tirerent des larmes en abondance. Mais l’après dinée, sur les deux heures, il nous confirma bien plus fortement dans la croyance qu’il en avoit. S’etant levé et mis dans sa grande chaise à la romaine, où l’on se peut coucher tout de son long, ou bien souvent il se reposoit et faisoit de longs sommeils, particulierement les soirs, et dans laquelle il se soulageoit un peu de la lassitude son lit, étant donc assis dedans, la tete haute, il nous commanda d’ouvrir les fenetres afin qu’il vit, nous dit il, sa derniere demeure. Ce fut une pensée qui nous troubla et nous toucha vivement, puisqu’etant logé au chateau neuf de Saint Germain en Laye, il avoit fait sa [p. 524] chambre du cabinet de la Reine, duquel on a la plus belle vue du monde, particulierement celle de Saint Denis qui se decouvre fort à plein, et c’etoit la demeure qu’il entendoit et nous aussi.<lb/>Tous les soirs, il se faisoit lire la vie des saints ou quelques autres livres de devotion par M. Lucas, secretaire du cabinet, et quelquefois par M. Chicot, son medecin.<lb/>Le soir du meme jour, il demanda au sieur Lucas de prendre un petit livre du Nouveau Testament et de lire en Saint Jean, chap. 17 : Pater meus, clarifica me, chapitre qu’il lui remarqua positivement, qui sont les meditations de la mort que fit Jesus Christ avant de passer le torrent de Cedron, et la priere qu’il fit à Dieu, son père, sur le meme sujet, qui est ravissante.<lb/>Le Roi, ayant fait un assez long sommeil dans sa chaise et n’ayant plus envie de dormir, fit lire dans l’Introduction à la vie devote, par le bienheureux François de Salles. Ayant commandé au sieur Lucas de lire les chapitres de la meditation de la mort, Sa Majesté voyant que ledit sieur Lucas ne les trouvoit pas assez tot, prit le livre, à l’ouverture duquel il trouva les meditations qu’il cherchoit, et lui dit : « Lisez cela » ; ce qui fut fait jusqu’à minuit, apres quoi le Roi nous commanda de nous retirer.<lb/>Le lundi vingtieme, il fit la plus haute action qui se pouvoit faire en semblable occasion. Il declara la Reine regente apres sa mort. Il fit cette action avec un visage gai et satisfait, en presence de la Reine, de M. le duc d’Orleans, de M. le Prince et de tout ce qu’il y avoit de Grands à la Cour. MM. les ministres d’Etat y etoient presens. Le Roi nous ordonna d’ouvrir les rideaux de son lit et, apres avoir entretenu la Reine, monsieur son frere et M. le Prince, il haussa le ton de sa voix et fit un tres beau discours à toute l’assemblée, puis il commanda à M. de La Vrilliere, secretaire d’Etat, qui etoit lors en mois, de lire tout haut la regence de la Reine, afin que tout le monde scut sa derniere volonté.<lb/>M. de La Vrilliere, touché d’une semblable action, qui donnoit une marque evidente de la mort prochaine du Roi, fit cette lecture au pied du lit de Sa Majesté. Les larmes qui couloient de ses yeux en abondance etoient des preuves authentiques de sa douleur. La Reine etoit au pied du lit du Roi, assise dans une chaise que j’avois eu l’honneur de lui presenter ; elle fondoit aussi en larmes. Tout le monde pleuroit aussi. Apres la lecture faite, le Roi s’adressa à la Reine, à monsieur son frere et à M. le Prince, et ensuite à MM du parlement, qui etoient aussi presents, auxquels il dit des choses si touchantes qu’ils ne pouvoient tous se consoler. Le Roi, qui paroissoit ce jour là avec un visage vermeil, content et sans inquietude, marquoit bien qu’il n’avoit nulle apprehension de la mort. Tout le monde voyoit le plus grand roi de la terre, chargé de conquetes et de victoires, quitter son sceptre et sa couronne avec aussi peu de regret que s’il n’eut laissé qu’une botte de foin pourri. Il sembloit que Dieu lui eut donné plus de force ce jour là que les precedens, pour donner lieu de faire voir en lui une plus grande et plus genereuse action que toutes celles qu’il avoit jamais faites.<lb/>Tout le monde se retira en pleurs. Apres, le Roi fut assez longtemps avec M. de Meaux et son pere confesseur. Le soir, il se fit lire la Vie des saints.<lb/>Le mardi 21, le Roi dit qu’il avoit bien mal passé la nuit et qu’il se trouvoit foible des grandes evacuations qu’il avoit faites et faisoit encore. Apres une où je me trouvai seul aupres du chevet de son lit, luy ayant presenté son linge pour se nettoyer, et lui soutenant un peu haut son drap et sa couverture, il se regardoit le corps. Apres se l’etre consideré un espace de temps, il dit, levant les yeux au ciel : « Mon Dieu, que je suis maigre ! » comme, en effet, on ne pouvoit pas l’etre davantage. Il n’avoit plus que les os et la peau. On lui voyoit les cuisses et les jambes si menues du haut en bas qu’il n’y avoit que les genoux qui faisoient remarquer un peu de grosseur en cet endroit ; le reste sembloit un squelette.<lb/>Le reste de ce jour fut employé comme les autres à prier Dieu, ce que faisoit continuellement Sa Majesté avec des elevations d’esprit très grandes ; et on lui voyoit presque toujours les yeux ouverts au ciel comme s’il eût parlé à Dieu, cœur à cœur. Aux heures accoutumées de ses prieres, nous lui portions au chevet de son lit un petit pupitre d’ebene, où il mettoit son livre de service divin, que lui meme avoit composé, intitulé : Parva christianae pietatis officia per christianum regem Ludovicum XIII ordinata. Le Roi savoit presque tous les offices par cœur. Tous ceux de chaque jour de la semaine etaient dans ce livre ainsi que ceux de toutes les fetes de l’année, beaucoup d’autres de devotion et particulierement de votifs pour demander à Dieu la grace de bien mourir, que [p. 525] Sa Majesté avoit faits pour elle particulierement, et qu’Elle recitoit sans y manquer tous les lundi ; et toutes ses prieres reglées ne l’empechoient pas d’agir à son conseil, quasi le tiers du jour, avec MM. les ministres, avec lesquels il agissoit comme s’il se fut bien porté, et aussi etoit il très sain de l’esprit.<lb/>Ce meme jour, monsieur le Dauphin fut baptisé sur les cinq heures du soir dans la chapelle du vieux chateau de Saint Germain, et son parrain fut monseigneur le cardinal de Mazarin et sa marraine fut madame la Princesse, et fut nommé Louis, le tout en presence de la Reine et sans ceremonie, à cause de la maladie du Roi. Je voulus voir cette action là, et, de retour l’un des premiers aupres de Sa Majesté, Elle me demanda ce qui s’y etoit passé, ce que j’eus l’honneur de lui raconter. Le Roi, apres avoir entendu le recit que je lui en ai fait, en loua Dieu ; il hausse les yeux au ciel et fut assez longtemps en cette action. La Reine, monsieur le cardinal et toute la Cour y arriverent un peu de temps apres, qui entretinrent le Roi de la sagesse de monsieur le Dauphin et de tout le reste.<lb/>Le mercredi 22, il se trouva fort mal, il avoit mal passé la nuit. Messieurs les medecins trouverent à propos qu’il communiat. L’on en avertit la Reine, afin qu’elle y vint, et qu’il falloit aussi qu’elle amenat messeigneurs ses enfans, pour recevoir la benediction du Roi.<lb/>Tout le monde se desesperoit : M. de Souvré me commanda d’aller attendre la Reine à la porte de la salle des gardes, afin de lui donner avis qu’elle entrat par le cabinet. Ce jour là, il faisoit grand froid et un temps fort rude. La Reine vint : je m’adressai à madame de La Flotte et lui dis le commandement que j’avois eu de monsieur de Souvré. Elle voulut bien le dire à la Reine, qui dit aussitôt : « Je l’ai bien entendu ». La foule du monde etoit si prodigieuse qu’elle causoit une grande confusion. Les seigneurs qui etoient là prirent l’un monsieur le Dauphin, l’autre monsieur d’Anjou, et se pousserent dans la presse, de sorte que la Reine demeura seule en son carrosse avec madame de La Flotte. Sa Majesté crioit : « N’y a t il là personne qui m’aide, me laissera t on seule ? » Moi, qui n’etois pas assez osé pour lui presenter la main, je m’avançai dans la presse et fis en sorte de lui amener M. le duc d’Uzes, son chevalier d’honneur, qui la conduisit par le cabinet. Arrivant dans la chambre du Roi, elle va droit au chevet de son lit et se jetta à genoux, fondant en larmes. Elle fut longtemps dans le particulier, où le Roi faisoit voir qu’il lui parloit avec affection.<lb/>Madame la duchesse de Vendome avoit entre ses bras monsieur d’Anjou, qui crioit desesperement à cause qu’il n’avoit pas une de ses femmes avec lui, elle n’avoit pu entrer à cause de la quantité du monde. Elle me le donna pour l’oter de là et m’en aider comme je pourrois ; tellement que je le portai dans le cabinet du Roi, l’assis sur la table et lui fis croire que le Roi avoit un petit cheval d’or et de diamans, et qu’il le vouloit donner à l’un des deux qui seroit le plus sage, tellement que, grace à Dieu, je l’appaisai fort bien et le remis quelque temps apres entre les mains de madame de Folaine, sa gouvernante.<lb/>Dans ce temps là, la conference de Leurs Majestés finit et la ceremonie s’acheva, et la Reine presenta au Roi ses deux enfans à genoux, et elle aussi, lesquels reçurent la benediction de Sa Majesté. Et apres ces choses faites, tout le monde se retira de là un peu de temps. Le Roi demanda à M. Bouvard si c’etoit pour la nuit ensuivante ; sa reponse fut que ce n’etoit pas sa croyance, s’il n’arrivoit quelque accident.<lb/>Sur le soir, messieurs les marechaux de La Force et de Chatillon vinrent voir Sa Majesté, qui les exhorta avec amour de quitter leur religion. Que veritablement, selon le monde, ils etoient de fort braves gens, mais, selon Dieu, qu’il n’en etoit pas de meme, et qu’il n’y avoit pas deux voies pour aller au ciel, que hors de l’eglise catholique, apostolique et romaine il n’y avoit point de salut, et les convia, par de fort beaux termes, d’y penser. Ce meme jour, il reçut madame d’Elbeuf et mademoiselle sa fille.<lb/>Le jeudi 23, il reçut l’extreme onction et repondit à tous les pesaumes et les litanies ; et lorsqu’il lui fallut toucher les saintes huiles, je me trouvai avec Laplanche, un de mes compagnons, les plus pres du pied de son lit, ce [p. 526] fut à moi lui decouvrir les pieds. je ne fus jamais si pressé de douleur que de voir mon maitre en cet etat là, et qu’il fallut lui rendre un semblable service. A la fin de la ceremonie, monsieur de Vantadour, chanoine de Notre Dame, s’approcha du Roi et lui parla assez longtemps et en sortit avec larmes, ce qui obligea le Roi à dire : « Je ne trouve pas mauvais que vous pleuriez, c’est une marque que vous m’aimez, mais cela me donne de la tendresse, car Dieu scait si je ne suis pas ravi d’aller à lui ». Continuant de parler de Dieu, il avoit toujours grand monde qui l’etouffoit. Desirant voir par les fenetres de sa chambre, il fit, en faisant signe que l’on se rangeat : « Hé, Messieurs, donnez moi la vie ». En meme temps tous ceux qui n’avoient que faire sortirent.<lb/>Le vendredi 24, il ne voulut pas prendre une prise de rhubarde, qu’il refusa aux prieres de Monsieur, son frere, de monsieur le Prince et à celles de messieurs les ministres, ce qui faisoit desesperer tout le monde de sa santé. Neanmoins, il se porta si bien l’apres dinée qu’il commanda à M. de Niert, premier valet de garde robe, d’aller prendre son luth, et il chanta des louanges à Dieu, comme Lauda anima mea Dominum, et fit aussi chanter Savi, Martin, Campfort et Fordonant, qui chanterent en partie des airs que le Roi avoit faits sur les paraphrases de David par monsieur Godeau, et ne fut chanté que des airs de devotion, et meme le Roi chanta quelques unes des basses avec monsieur le marechal de Schomberg, ce qui nous causa de tres grandes joies, mais non pas de durée.<lb/>La Reine, qui avait de coutume de venir tous les jours à pareille heure, fut fort surprise de joie d’entendre cette musique, et ravie de voir le Roi mieux. Le reste du jour se passa de meme. Et sur ce que le monde disoit au Roi qu’il etoit gueri, il dit tout haut : « Que si c’etoit la volonté de Dieu qu’il revint au monde, il lui plut lui faire la grace de donner la paix à toute l’Europe ».<lb/>Le samedi 25, les forces sembloient bien augmenter. Le Roi passa bien le jour, toujours dans les prieres comme à l’accoutumée.<lb/>Le dimanche 26, il se porta bien. L’apres dinée, il me demanda ceux qui etoient dans l’antichambre. Lui ayant nommé monsieur de Guitaud, il commanda qu’on le fit entrer, et fut assez longtemps dans la ruelle de son lit à l’entretenir.<lb/>Le lundi 27, il reçut monsieur de Beringhen, premier valet de chambre, qui revenoit des occasions de Hollande, où il s’etoit signalé par ses belles actions.<lb/>Le mardi 28, il ne se passa pas bien la nuit et fut mal.<lb/>Le mercredi 29, il se porta mieux, et ce meme jour il reçut madame de Guise et messieurs ses enfans.<lb/>Le jeudi 30, il fut assez bien et passa assez bien la journée.<lb/>Le vendredi, premier jour de mai, il se trouva mal pour n’avoir pas bien passé la nuit.<lb/>Le samedi 2, il ne se trouva pas mieux, et ce meme jour il reçut monsieur de Bellegarde.<lb/>Le dimanche 3, il se trouva mal.<lb/>Le lundi 4, il reçut monsieur Le Tellier, secretaire d’Etat ayant la commission de la Guerre, à la place de monsieur Desnoyers.<lb/>Le mardi 5 et le mercredi 6, mauvais.<lb/>Le jeudi 7, il se trouva fort mal, et dit à monsieur Chicot, l’un de ses medecins : Quand me donnera t on les bonnes nouvelles qu’il faille partir pour aller à Dieu ?<lb/>Ce meme jour, la Reine fit dresser une chambre au chateau neuf, fut fort tard dans la chambre du Roi, et y envoyoit à tout moment de la nuit.<lb/>Le vendredi 8, il fut tres mal et eut beaucoup de peine à prendre des alimens, et pria qu’on le laissat mourit en patience. J’avois accoutumé de demeurer tous les jours dans la chambre de Sa Majesté, jusqu’à ce que monsieur de Souvré, qui y couchoit, me commandat de me retirer. Mais ce soir, le Roi, voyant que messieurs d’Archambault, Forest et Bontems, premiers valets de chambre, etoient sur les dents, Sa Majesté commanda que Desnoyers, barbier, et moi, demeurassions au coucher pour soulager les susdits nommés jusqu’à la mort de notre tres cher maitre. Et le meme soir, le Roi vomit des eaux, où j’eus l’honneur de lui tenir la tete.<lb/>Le samedi 9, il fut tres mal tout le jour. Le soir, sur les neuf heures, il lui prit un grand assoupissement. Messieurs les medecins n’en etoient pas bien satisfaits. Ils firent beaucoup [f. 527] de bruit pour l’eveiller. Ils lui tatoient le pouls et ne l’eveilloient point. Ils jugerent enfin qu’il etoit à propos de l’eveiller et en donnerent la commission au pere Dinet, confesseur de Sa Majesté, qui s’approcha d’Elle, lui cria assez haut par trois fois : « Sire, Votre Majesté m’entend Elle bien ? Qu’Elle se reveille, s’il lui plait, il y a si longtemps qu’Elle n’a pris d’alimens que l’on a peur que ce grand sommeil ne l’affoiblisse trop ». Le Roi se reveilla et lui dit d’un esprit present : « Je vous entends fort bien, mon pere, et ne trouve point mauvais ce que vous faites, mais bien ceux qui vous le font faire. Ils scavent que je ne repose point les nuits, et à present que j’ai un peu de repos, ils me reveillent ». Et s’adressant à son premier medecin, il lui dit beaucoup de choses que je laisse au bout de la plume. Et apres lui avoir parlé si aigrement, il changea de discours et dit : « Est-ce que vous voulez voir si j’apprehende la mort ? ne le croyez pas, s’il faut partir à cette heure, je suis prêt ». « Mon pere, dit il à son confesseur, est ce qu’il faut aller ? Allons, confessez moi et recommandez mon ame si les choses pressent ». Ce que l’on lui assura que non, mais que la grande delibilité de sa personne et le besoin qu’il avoit de prendre des alimens avoient fait qu’on l’avoit eveillé. Et toute cette nuit fut tres mauvaise.<lb/>Le dimanche 10, le Roi fut tres mal. Et lorsqu’on le voulut presser des alimens, qui etoit une gelée fondue dans un certain verre qui avoit un grand bec courbé, de façon qu’il pouvoit prendre de la nourriture sans qu’il fallut lui lever la tete, tout le monde le pressoit d’en prendre pour prolonger sa vie et pour esperer toujours quelque soulagement. Et il leur disoit : « Hé ! obligez moi de me laisser mourir en patience ».<lb/>L’apres dinée, sur les quatre heures, monsieur le Dauphin vint voir le Roy. Les rideaux du lit etoient ouverts, et le Roi dormoit, mais avec la bouche ouverte et les yeux tournés ; ce qui donnoit des marques de sa mort prochaine. Je m’approchai de monsieur le Dauphin, aupres duquel j’etois lors assez bien pour m’etre attaché aupres de sa personne dans une maladie qu’il eut, où je passai plusieurs nuits entieres à le chanter et à la bercer avec sa remueuse. Monsieur le comte de Vivonne etoit lors aupres de lui. Je leur dis à tous deux : « Considerez, je vous prie, le Roi qui dort, comme il est et de quelle façon, afin qu’il vous en souvienne lorsque vous serez grands ». Ce que firent ces deux enfans avec attention. De là, un peu de temps apres, j’entrai dans la galerie où etoit monsieur le Dauphin, lequel, apres s’etre joué, s’etoit assis sur une paillasse aupres de madame de Lanzacq, sa gouvernante, et monsieur de Vivonne aupres de lui. Je leur demandai à tous deux : « Avez vous bien remarqué de quelle sorte le Roi dort, afin qu’il vous en souvienne ? » Ils repondirent qu’oui, qu’ils avoient bien remarqué et qu’il tenoit la bouche et les yeux ouverts et tout tournés, particulierement le gauche, et qu’ils s’en souviendroient bien.<lb/>Dupont, huissier de la chambre de Sa Majesté, qui etoit de garde aupres de monsieur le Dauphin, prit la parole et dit : « Monsieur, voudriez vous bien etre roi ? » Monsieur le Dauphin repondit : « Non ». Dupont reprit : « Et si votre papa mouroit ? » Monsieur le Dauphin dit de son propre mouvement, la larme à l’œil, ce que j’ai jugé très remarquable : « Si mon papa mouroit, je me jetterois dans le fossé ». Ce qui nous surprit tous, voyant qu’il ne pouvoit exprimer sa douleur par d’autres termes. Madame de Lanzacq prit la parole, et dit : « Ne lui en parlons plus, il a déjà dit cela deux fois ; si ce malheur nous arrivoit, il y faudroit prendre garde bien exactement, quoiqu’il ne sort jamais qu’on ne le tienne par les cordons ».<lb/>Sur les six heures du soir, le Roi, sommeillant, s’eveille en sursaut, s’adresse à monsieur le Prince, qui etoit lors dans la ruelle, et lui dit : « Je revois que votre fils, le duc d’Anguien, etoit venu aux mains avec les ennemis, que le combat etoit fort rude et opiniatre, et que la victoire a longtemps balancé, mais qu’apres un rude combat elle est demeurée aux notres, qui sont restés maitres de la bataille ».<lb/>C’est la prophetie du gain de la bataille de Rocroy, qui se fit dans le meme temps, ayant entendu ces paroles de la bouche du Roi.<lb/>Sur les dix heures du soir, le Roi etoit assoupi. Les medecins le trouverent froid et quelques uns d’entre eux crurent que c’etoit le froid de la mort, ce qui donna frayeur à tout le monde. La Reine, qui etoit toujours aupres du Roi, se trouva fort etonnée de cet accident, et vouloit passer la nuit dans la chambre de Sa Majesté, sans que monsieur de Souvré, par [p. 528] ses prieres, l’obligea d’en sortir à deux heures apres minuit. Il la reconduisit dans sa chambre, et j’eus l’honneur de l’eclairer. Sa chambre etoit fort proche, il n’y avoit que l’antichambre à passer. De là, quelque temps apres, la Reine envoya mademoiselle Filandre, sa premiere fille de chambre, pour sçavoir des nouvelles du Roi. Elle marchoit fort bellement, de peur d’eveiller Sa Majesté, qu’elle croyoit endormie. J’etois lors seul dans la ruelle et proche du Roi, qui ne dormoit pas. Je me donnai l’honneur de lui dire : « Sire, il me semble que la Reine soit en peine de la santé de Votre Majesté : voila mademoiselle Filandre ». Le Roi dit : « Faites la venir ». Il lui parla, et elle fut rendre reponse à la Reine.<lb/>Sur les trois à quatre heures apres minuit, il se plaignit d’une douleur de coté gauche. Elle etoit si violente qu’il dit : « Si j’avois ma toux ordinaire avec cette douleur, je mourrois tout presentement, n’ayant pas la force de supporter les deux ; mais c’est Dieu qui ne le veut pas ». Il etoit sujet à une certaine toux seche qui le tourmentoit beaucoup.<lb/>Nous fimes chauffer du lait et le mimes dans des vessies de porc, et le posions sur sa douleur. Apres, il dit que cette douleur s’elargissoit, et continuoit de s’en plaindre. Il lui prit ensuite un vomissement, où j’eus l’honneur de lui tenir la tete, comme m’etant trouvé le plus pres de sa personne. Je courois à la partie la plus pressée. Le reste du jour fut tres difficile et tres mauvais. Le Roi, neanmoins, prioit toujours Dieu et travailloit avec ses ministres. Il fit longtemps ecrire sous lui monsieur de Chavigny.<lb/>Le lundi 11, il fut desesperé de tous les hommes. Il sentoit de grandes douleurs et ne pouvoit rien prendre. Il passa ainsi le jour, chacun pleuroit et se plaignoit les uns aux autres. Enfin, il prit son orge mondée, qui pourtant ne lui ota pas la toux. De là, à deux heures, il prit son petit lait qui la lui ota et le fit un peu dormir. Mais bientot apres ses douleurs de ventre lui redoublerent, et nous lui appliquames des vessies de porc avec le lait. Tout ce jour fut tres mauvais.<lb/>Le mardi 12 fut tres mauvais, et on croyoit qu’il ne passeroit pas la nuit. Ceux qui etoient aupres de lui le prierent instamment de vouloir prendre des alimens, entre autres le sieur Bontemps se mit à genoux, les larmes aux yeux, pria Sa Majesté instamment de prendre un bouillon. Il le refusa, et leur dit : « Mes amis, c’en est fait, il faut mourir ! » et se tourna la vue de l’autre coté. Sur les sept heures du soir, l’on lui apporta le saint viatique, croyant qu’il devoit mourir. Je l’observai dans cette action, comme j’avois fait ci devant plusieurs fois. Je voyois de grosses larmes qui lui tomboient des yeux, avec des elevations d’esprit continuelles, qui faisoient connoitre evidemment un commerce d’amour entre Leurs Majestés divine et humaine.<lb/>La Reine demeura dans la chambre du Roi jusqu’à trois heures apres minuit, et monsieur le duc de Beaufort y passa la nuit tout entiere sur la paillasse, aupres de monsieur de Souvré.<lb/>Le mercredi 13 fut mauvais. Le Roi ne pouvoit prendre d’alimens. Tout le jour se passa dans les meditations et pensées de la mort. Il se faisoit entretenir, il y avoit dejà quelques jours, par messieurs les eveques de Meaux et de Lisieux, et par les peres de Vantadour, Dinet et Vincent, qui l’assisterent jusqu’à la mort. Quelques fois il leur disoit : « Faites moi un discours du mepris du monde », d’autres fis « des merveilles de Dieu », et d’autres « du purgatoire ». Il me souvient que le pere Dinet lui disoit, à propos des longues malades : « Que Dieu nous les envoye pour nous faire eviter les peines du purgatoire, et que Sa Majesté pouvoit esperer la meme grace ». Le Roi lui repondit : « Mon pere, je n’ai pas une semblable pensée ; au contraire, si Dieu ne me laissoit que cent ans dans le purgatoire, je croirois qu’il me feroit une grande grace ». La Reine ne bougea du chevet de son lit, et elle ne s’en eloignoit que lorsqu’il falloit changer de bassin au Roi, qui en gardoit toujours sous lui. Nous lui avions fait un trou au premier des matelas, de la grandeur d’un bassin, avec un bourlet fort large, de sorte que cela ne l’incommodoit point. Il y avoit dans les selles force pus de lait qu’il avoit dans le corps, et tout faisoit une puanteur si horrible que cela faisoit quasi mal au cœur. Et ce qui m’etonnoit le plus, c’est que la Reine ne bougeoit du chevet de son lit, duquel il sortoit des exhalaisons tres mauvaises. Mais sa vertu etoit si grande, ainsi que l’affection qu’elle avoit pour le Roi, qu’elle n’en temoignoit rien du tout, quoiqu’elle soit une des plus propres personnes qui ait jamais eté au monde. Le Roi, qui etoit aussi fort propre, lui disoit fort souvent : « Madame, n’approchez pas si pres [p. 529] de moi, il sent trop mauvais dans mon lit ».<lb/>Je me servis de l’occasion de presenter à la Reine une petite fiole de menteca, pleine d’essence de jasmin, que j’avois encore gardée des liberalités que m’avoit faites Madame Royale, ma bonne maitresse, lorsque j’etois à Turin la derniere fois, et la Reine, apres s’en etre servie, dit tout haut « qu’elle n’avoit jamais rien senti de si bon », et il fallut qu’elle scut d’où venoit cette precieuse liqueur.<lb/>Le soir, le Roi fit lire la vie de Jesus Christ, mise en françois par le père Bernardin de Montreuse, de la compagnie de Jesus, et il ne tarda guere à etre assoupi. Il revoit dans son sommeil, et parloit dans ses reveries par des mots interrompus, dont j’entendis quelques uns, entre autres de M. de Souvré, et souvent de ses medecins. Il avoit tout à fait dans l’esprit qu’il avoit dit quelque chose à monsieur Vautier, l’un d’eux, et apres ses reveries et son sommeil passé, il me demanda où il etoit. Je lui dis : « Sire, il n’ose se montrer : il a peut que Votre Majesté ne soit en colere contre lui ». Alors le Roi dit : « Faites le moi venir ». Sitot qu’il le vit, il lui tendit la main et lui parla. Il avoit peur de l’avoir faché. Comme sa maladie etoit longue, il disoit quelquefois quelque chose qui fachoit ; mais un quart d’heure apres il vous faisoit revenir, vous faisant voir qu’il n’avoit pas eu dessein de vous choquer, et vous disoit quelques paroles obligeantes.<lb/>Comme il etoit inquiet de l’affliction de la Reine, il demanda au sieur Bontemps qui est ce qui etoit aupres d’elle. Il lui dit que c’etoit madame de Vendome. « Je l’ai cru aussi, dit le Roi, elle lit un livre de la Passion ; dites à monsieur de Souvré qu’il vous donne le mien de la Resurrection et de l’Ascension qui est demain, et portez le lui de ma part ».<lb/>Sur les deux heures apres minuit, il retomba dans son assoupissement et dans ses reveries. Il avoit sous lui force oreillers, dont il y en avoit qui etoient pleins de paille d’avoine, pour etre plus frais, et cela lui tenoit la tete haute et les reins. Il se mit par trois fois sur le coté gauche, la tete et les epaules tout à fait fors de ses oreillers, et la pesanteur de son corps et sa foiblesse l’eveilloient, de sorte qu’il me commandoit de lui aider. Nous avions eloigné son lit de la muraille, en façon qu’on pouvoit tourner autour. Je me mettois derriere son chevet, je le prenois par dessous les bras et le relevois doucement sur les oreillers, ce que je fis cette nuit là deux fois. La troisieme, il tendit le bras droit à l’un de ses medecins, nommé Courat, et lui dit : « Tirez à vous », et depuis il ne s’en ota plus. Il demanda vingt fois quelle heure il etoit et s’il feroit bientôt jour. Enfin, je lui dis que le point du jour commençoit à paraitre. Il me commanda d’ouvrir ses rideaux et ses fenetres. Comme le jour s’augmenta, on vit que sa vue paroissoit egarée, ce qui fit croire qu’il ne vivroit plus guere. Il commanda de presser la masse, à laquelle il se trouva fort peu de monde. Apres la messe, il se fit lire la passion de Jesus Christ par son confesseur, mais il ne le laissa pas lire longtemps ; il lui dit : « Mon pere, quittez cette lecture là, donnez la à un autre, et allez manger pendant que vous avez le temps, vous aurez assez d’autres affaires ».<lb/>Le Roi fut pressé par ceux qui etoient aupres de lui pour l’obliger à prendre son petit lait dans un verre fait expres. Il voulut pourtant qu’on le soulevat un peu de dessus ses oreillers, ce que nous fimes Desnoyers et moi ; et comme il fut un peu contraint, il perdit l’haleine et pensa rendre l’esprit entre nos bras. Nous en etant apperçus, nous le remimes en diligence et en douceur sur ses oreillers. Il y fut longtemps sans pouvoir parler, et puis il fit : « S’ils ne m’eussent bientôt remis, je rendois l’esprit ». Et alors il appela ses medecins et leur demanda s’ils croyoient qu’il put encore aller jusqu’au lendemain, disant que le vendredi lui avoit toujours eté heureux, qu’il avoit ce jour là entrepris des attaques qu’il avoit emportées, qu’il avoit meme ce jour là gagné des batailles, que ç’avoit eté son jour heureux, et qu’il avoit toujours cru mourir ce meme jour là.<lb/>Les medecins, apres l’avoir fort consideré et touché, lui dirent qu’ils n’etoient pas assurés qu’il put aller jusqu’au lendemain, en ce que son redoublement avoit coutume de venir sur les deux heures apres midi, et que s’il etoit grand, il l’emporteroit, et qu’il n’avoit pas assez de force pour y resister.<lb/>Alors le Roi leva les yeux au ciel et pria longtemps Dieu avec ferveur. Puis il dit tout haut : « Dieu soit loué », et reprit avec vigueur : « Mon Dieu, votre volonté soit faite », et appela monsieur de Meaux, et lui dit : « Il est temps de faire mes adieux », et commença par la Reine, qu’il embrassa tendrement, et à qui il dit beaucoup de choses que personne n’entendit qu’elle. En parlant, ils s’entremouilloient leurs visages de leurs larmes, et la Reine pensa suffoquer tant elle etoit penetrée de douleur et de deplaisir. Il continua ses adieux à monsieur [p. 530] le Dauphin, à monsieur le duc d’Anjou, à Monsieur, son frere, à monsieur le Prince et à plusieurs autres qui etoient dans sa chambre. Et apres il demanda à faire de l’eau : il ne pouvoit plus se servir de ses mains, la chaleur commençoit à se retirer, tellement que j’eus l’honneur de le servir et de lui en faire faire dans un certain verre fait expres, qui est un peu gros et comme une bouteille platte par en bas, et un col un peu gros et large courbé, de sorte que l’on peut faire de l’eau sans se hausser ni remuer. Ce fut le Roi lui meme qui s’avisa de cette commodité, et de celle des biguiers avec lesquels il prenoit de la nourriture.<lb/>Un peu de temps apres, il voulut dire adieu à monsieur de Souvré et à ses premiers valets de chambre ci dessus nommés, et à Desnoyers, et me fit aussi l’honneur de me donner sa main, que je mouillai de larmes. Il me fit la garde de me serrer la main pour dernier marque de sa bonne volonté, ce qui me toucha tellement que, me voulant lever pour faire placer à mes autres camarades qui esperoient la meme grace, je tombai sur les mains quasi evanoui et me traina à quatre pieds. Tous les autres officiers de sa chambre se preparoient à cet adieu mais le Roi, qui se sentit touché de voir les siens si affligés, retira sa main et ne parla plus que de Dieu.<lb/>Alors, messieurs les eveques de Meaux et de Lisieux, et les peres de Vantadour, Dinet et Vincent, entrerent tous en la ruelle du lit, et n’en partirent plus qu’apres la mort du Roi, qui entretint fort son confesseur, et apres monsieur l’eveque de Lisieux, qui etoient tous à genoux priant Dieu. Le Roi appela monsieur Bouvard, et lui dit : « Touchez moi et me dites votre sentiment », ce que fit monsieur Bouvard, les larmes aux yeux. Il lui dit ces memes paroles : « Sire, je crois que ce sera bientôt que Dieu delivrera Votre Majesté : je ne trouve plus de poulx ».<lb/>Le Roi leva les yeux au ciel et dit tout haut : « Mon Dieu, recevez moi à misericorde », et s’adressant à tous, il reprit : « Prions Dieu », et regardant monsieur de Meaux, il lui dit : « Vous verrez bien lorsqu’il faudra lire les prieres de l’agonie, je les ai toutes marquées ». C’etoit un grand livre dans lequel monsieur de Meaux lisoit les prieres. Tout le monde prioit et pleuroit. La Reine et toute la Cour etoient dans la chambre du Roi. Les rideaux de son lit etoient ouverts et la chambre etoit si pleine qu’on s’y etouffoit, et hors les officiers de la chambre les autres etoient tous des personnes de qualité, princes, princesses, chevaliers de l’ordre et grands seigneurs. J’etois placé entre le lit du Roi et la muraille derriere sa tete. Il avoit les bras hors du lit. Nous lui avions chauffé des linges pour les lui couvrir et pour lui tenir un peu de chaleur, et comme il les remuoit il se les decouvroit. J’etois derriere et je les lui recouvrois de temps en temps, tant qu’il ne put plus remuer, et tout cela en presence de la Reine et de toute la Cour. Les prieres de l’agonie se recitoient ensuite des autres qui avoient dejà eté dites. Le Roi dit au pere Dinet : « Il me vient des pensées qui me tourmentent ». « Sire, lui dit ce pere, il faut resister, vous etes au fort du combat, il faut combattre genereusement, afin de remporter la victoire ; meprisez vos ennemis, ils ne vous pourront faire de mal, vous voyez que tout le monde vous aide par ses prieres ». Aussi tout le monde toit à genoux. Il parla encore deux ou trois fois à monsieur de Lisieux, mais avec peine. A un moment de là, ne pouvant plus parler, il regarda le père Dinet et mit son doigt sur sa bouche. Je n’entendois pas ce signer. Le pere Dinet m’a dit depuis que c’etoit à l’occasion d’une vision d’une maison qu’il avoit eue et qu’il avoit reçue comme des arrhes de son salut, et pour une marque de la misericorde que Dieu lui faisoit ; et par ce doigt qu’il mettoit sur sa bouche, il lui disoit qu’il n’en falloit pas parler. Apres cela, perdant peu à peu la parole, il perdit aussi l’ouïe et n’entendit plus.<lb/>Monsieur le duc d’Orleans et monsieur le Prince conduisirent la Reine dans sa chambre. Et outée de douleur elle sortit, à leur priere, de celle du Roi.<lb/>Le Roi etoit dans l’agonie. Il ne parloit ni n’entendoit. Tout le monde etoit en prieres, et nous voyions peu à peu les esprits de la vie se retirer. Il commença à ne plus remuer les bras ni les jambes, et on ne vit plus remuer le petit ventre. Toutes ses parties se mouroient les unes apres les autres, et le Roi agonisoit doucement. J’etois tellement touché qu’il m’en prit une foiblesse, et par hasard on m’avoit donné à tenir l’eau benite du Roi : j’en pris avec la main que je me jetai sur le visage. Le bon M. de Lisieux, me voyant dans cet etat, me dit ces memes paroles : « Mon ami, consolez vous ».<lb/>Le Roi diminuoit à vue et ses hoquets etoient de loin à loin les uns des autres, de sorte qu’on le croyoit passé, lorsque, quelque peu de temps apres, il jeta le dernier à deux heures trois [p. 531] quarts apres midi, le jeudi quatorzieme mai 1643, jour de l’Ascension, au bout de trente trois ans de son regne, à une heure pres.<lb/>Monsieur de Lisieux lui donna de l’eau benite et lui ferma les yeux, qui etoient demeurés fixes dans le ciel.<lb/>Messieurs les aumoniers et les religieux continuerent leurs prieres, et tout le monde lui jeta de l’eau benite.<lb/>Monsieur de Souvré etoit sorti pour aller donner ordre à beaucoup de choses necessaires.<lb/>Monsieur de Liancourt, son compagnon, etoit là present, auquel je m’adressai et lui dis que, s’il trouvoit à propos que tout le monde se retirat pou un  moment, nous oterions un bassin qui etoit sous le Roi, dans lequel il y avoit de la matiere si acre et si mauvaise qu’elle ne tarderoit pas à corrompre la chair du Roi, que de plus nous racommoderions le lit et le mettrions plus proprement ; qu’il avoit commandé, durant sa maladie, qu’on ne le laissat pas salement apres sa mort.<lb/>Monsieur de Liancourt trouva fort à propos ce que je disois : il commanda aussitôt que l’on se retirat pour un temps. Mes compagnons et moi lui raccommodames son lit et le remimes fort proprement dessus, couvert de son drap et de sa couverture, le visage decouvert. Nous lui otames le mouchoir dont nous lui avions bandé la tete et le menton pour lui faire tenir la bouche fermée, et nous lui croisames les bras sur son estomac et lui remimes un petit crucifix de cuivre fort bien fait, monté sur une petite croix d’ebene, que mademoiselle Filandre avoit preté. Le Roi le tenoit dans sa main droite.<lb/>Messieurs les aumoniers et les religieux reprirerent leurs places, et un valet de chambre de chaque côté du chevet, qui furent toujours de garde jour et nuit et accompagnerent le Roi jusqu’à Saint Denis.<lb/>Le lendemain, sur les neuf heures du matin, on ouvrit le corps du Roi, ce que je n’avois point de curiosité de voir. Mais un garçon de la chambre me dit que monsieur de Souvré me demandoit. Il etoit present à l’ouverture, de sorte que je jetai la vue sur ce triste spectacle. Je vis le corps du Roi, qui m’avoit eté si precieux, etendu sur la table, en la gallerie, le coffre tout ouvert ; et proche de là, sur un billard, dans des bassins, les entrailles, les boyaux dans l’un, le foye, la ratte et le cœur dans l’autre. Je vis un de ses boyaux percé, le bas mésenterre quasi pourri, dans le haut mésenterre un ulcere et quantité de verre qu’on lui avoit aussi trouvés ; le foye assez beau, pourtant un peu pale ; la ratte belle et les poulmons assez sains et le cœur fort beau. Je vis dans ce corps qu’il y venoit encore un ver dans les reins. Dans ce temps, monsieur de Souvré m’appela et me commanda d’aller aupres du Roi d’à present pour le suivre et le servir, comme j’ai fait depuis.<lb/>Voilà les remarques veritables que j’ai faites, et les assure telles pour avoir vu les choses de mes yeux et entendu de mes oreilles. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21731_actor">Dubois, Marie </persname>
            <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Dubois, « Mémoires fidèle des choses qui se sont passées à la mort de Louis XIII, roi de France et de Navarre », éd. Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujoulat, Nouvelle collection des mémoires pour servir à l’histoire de France, t. XI, Paris, Éditeur du commentaire analytique du code civil, 1838, p. 523-531.</p>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par son confesseur des derniers jours de Louis XIII à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">20</unitid>
            <unitdate normal="1643/1643" encodinganalog="3.1.3">février-14 mai 1643</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <persname id="atom_19910_actor">Dinet, Jacques</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Jésuite, confesseur de Louis XIII.</p>
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          </bioghist>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [f. 1] Au Roy<lb/>Sire,<lb/>Les royaumes ne sont jamais plus heureux, ny les Estats plus florissans, que lorsqu’ils sont pour appuy la pieté et la justice, comme deux fortes et [f. 1v] fermes colonnes, pour les soutenir contre les attaques qui secouvent, et mesmes ebranlent souvent les empires. Le pieté, Sire, fait rendre à Dieu ce qui luy est deu, et la justice fait rendre aux hommes ce qui leur appartient, et lorsqu’on s’acquitte de ces deux obligations, que Dieu etend egalement à tout le monde, on accomplit tous les devoirs de le pieté et de la justice chrestienne. Il est vray, Sire, que ces deux vertus sont comme hereditaires [f. 2] dans la maison et dans la famille royale. Mais si c’est une grande gloire aux enfans de ressembler à leurs peres, je puis dire que Votre Majesté fait bien paraitre par les genereuses actions de sa vie, et par les louables inclinations de son naturel, qu’elle n’herite pas moins de la pieté et de la justice, que du sceptre et de la couronne du glorieux saint Louis son ayeul, qui a merité des autels, et de Louis le Juste son pere, de triomphante mémoire, de qui je presente [f. 2v] à Votre Majesté le fin heureuse, sous le titre de l’Idée d’une belle mort, qui a esté comme le fruit des merites d’une vie parfaite et innocente qu’il a passée dans l’exercice continuel des actes, de ces deux illustres vertus. Ces vertus, Sire, l’ont fait triompher durant sa vie, soit des rebelles ennemis de sa religion, soit des autres ennemis jaloux de la grandeur de son Estat, et apres sa mort, le bruit commun porte qu’elles luy ont fait visiblement donner courage [f. 3] à vos legions qui combattoient dans les plains de Rocroy pour la defense de vostre Couronne et gaigner une victoire dont les fruits ont esté si doux que nous les avons goutez longtemps, par les merveilleux avantages que vos armes victorieuses ont remporté sur vos ennemis. Ce seront aussi les mesmes vertus qui maintiendront, Sire, tousjours vostre Estat en cette haute reputation où nous le voyons aujourd’huy, et dans [f. 3v] ce grand eclat de gloire, où vos alliez l’admirent et vos ennemis le redoutent. C’est enfin, Sire, le motif des vœux de celuy qui est autant par inclination que par devoir,<lb/>De Votre Majesté,<lb/>Le tres humble, tres fidelle et tres obeyssant serviteur et sujet,<lb/>Antoine Girard, de la compagnie de Jesus<lb/>[f. 4] Avis au lecteur<lb/>Vous devez scavoir, mon cher lecteur, que ce recit de la fin heureuse de Louis XIII et des grands actes de vertu qu’il a prattiquez avant son heureux trepas est tiré d’un œuvre posthume, ou de quelques memoires du feu pere Jacques Dinet, qui est d’autant plus croyable en toutes les circonstances qu’il en rapporte, qu’alors il estoit present à tout, comme celuy qui avoit l’honneur d’estre confesseur de Sa Majesté et qui, apres M. l’evesque de Meaux, son premier aumonier, a beaucoup servy à la gloire et à l’heureux succes d’une action si importante. C’est pourquoy il parle luy mesme en tout ce recit, mais il ne parle que de plusieurs bons sentimens que ce grand Roy eut en sa derniere maladie et à sa mort, sans toucher aux autres belles actions de sa vie, ny à tant de rares vertus qu’il a tousjours si heureusement pratiquées, comme lorsqu’avec une particuliere confiance en Dieu et une merveilleuse fermeté d’esprit, il fit mander à la feue Reyne sa mere, durant la grande maladie qu’il eut à Lion et dont il ne releva que par miracle, qu’elle pouvoit venir voir son fils, qui estoit malade à la mort, et neantmoins qui n’avoit point peu de la mort. Comme encore lorsque, par une pieté et une devotion extraordinaire envers [f. 4v] le saint sacrement de l’autel, il dit une parole digne d’un Roy Tres Chrestien ; car, suivant un jour à pied le dais sous lequel estoit le saint sacrement, dans une procession qu’on faisoit à Chartres durant les plus grandes chaleurs de l’esté, et M. de Chartres priant ce grand prince de se mettre à l’ombre sous le dais, où il luy montroit de la place, il fit refus de s’y mettre et en donna la raison, disant que Dieu n’avoit point de compagnon. Comme aussi lorsque par un grand zele de justice, il fit response à quelques personnes des plus considerables de la cour qui le sollicitoient puissamment de quelque faveur et de quelque grace qui sembloit choquer cette divine vertu, dont il portoit le nom de juste, et leur dit qu’on luy pouvoit bien oster son sceptre et sa couronne, mais qu’on ne luy osteroit jamais le merite ny le nom de juste, qu’il preferoit à toutes choses. Comme enfin lorsque, par une entiere victoire qu’il avoit acquise sur ses passions, il s’estoit rendu comme insensible en mille occasions d’appas et de charmes, où la pluspart du monde se perd. Voilà quelques traicts de sa vie et de ses vertus, qui luy ont fait meriter une mort si douce et si heureuse, qui est rapportée en cette histoire, où j’avoue que je contribue seulement me plume et un peu d’ordre, la Reyne mesme m’ayant fait l’honneur de me temoigner qu’elle desiroit de moy ce service et qu’il y a dejà longtemps que cela devoit estre fait. C’est donc ce que je me suis efforcé de faire pour obeir à Sa Majesté, mettant un peu plus au net [f. 5] les pensées du pere qui en est l’autheur, et ses reflexions qui ont esté si puissantes sur l’esprit de quelques personnes que, les lisant, elles n’ont pu tenir les larmes, à la veue de tant de douleurs qu’a souffertes et de tant de vertus qu’a pratiquées ce pieux monarque. C’est de quoy j’ay bien voulu, mon cher lecteur, vous donner avis, afin de vous exciter à faire de bon cœur lecture de ce recit, qui n’est pas trop long pour vous ennuyer, et neantmoins qui sera capable de produire en vous un grand fruit, si vous la faites avec quelques uns des bons sentimens qu’avoit en mourant ce bon prince.<lb/>[p. 1] L’idée d’une belle mort, ou d’une mort chrestienne, dans le recit de la fin heureuse de Louis XIII, surnommé le Juste, roy de France et de Navarre<lb/>Tout homme qui ne considere cette vie que comme une voye tendante à la gloire de la bienheureuse eternité, s’il en use bien et s’il luy donne un si bon employ qu’il s’efforce, avec son industrie aidée de la grace, d’en eviter tous les mauvais pas, d’en avoir mesme en desir la fin, de la demander tous les jours heureuse à Dieu [p. 2] et de l’attendre sans inquietude, ayant toujours son sauveur en veue, et à la vie et à la mort, merite sans doute, au jugement de tous les plus sages, la louange de scavoir l’art de bien mourir, apres avoir sceu l’art de bien vivre.<lb/>C’est justement ce que Louis le Juste, de triomphe mémoire, a fait durant le cours de sa vie, et ce qu’il a pratiqué encore avec plus de montre et avec plus d’eclat sur la fin.<lb/>Il est vray que je m’estoit promis de la plume de ses historiographes que, lorsqu’ils seroient venus à ce poinct, qui est l’un des plus importans de toute sa vie, où ils verroient une idée parfaite d’une belle mort, ils auroient dessein de nous la representer avec ses louables circonstances comme un beau tableau avec ses vives couleurs, tant pour honorer la mémoire de ce grand prince que pour servir d’exemple et de modele à toute la posterité.<lb/>Mais voyant que ceux qui ont publié ce qu’ils en ont pu apprendre par la relation d’autruy n’en ont escrit que comme en passant, j’estime que je feray plaisir aux autres, qui ne se sont point tant hatez d’escrire, de les aider de mes reflexions sur certains choses plus considerables que je luy ay veu faire et ouy dire, deux mois au plus avant son trepas, [p. 3] et dont la Reyne, pour sa consolation, a voulu voir le recit que j’en ay tracé, avec tout le soin et toute la fidelité possible.<lb/>La maladie qui donna les premieres attaques au Roy devant Perpignan l’avoit reduit à ce poinct de debilité et de langueur qu’il ne regaigna qu’à toute peine le doux air de Fontainebleau et de S. Germain, et là mesme il eprouva une si grande varieté dans les changemens d’une santé incertaine, pendant les mois d’aoust, de septembre, d’octobre, de novembre, de decembre et jusques à la my fevrier de l’année 1643, que, quelque bonne opinion qu’en put avoir toute sa Cour, luy, qui sentoit fort bien son mal, en fit tousjours un tres mauvais jugement, de sorte qu’apres avoir pris la resolution de se tenir prest et de se conformer à tous les desseins de la Providence souveraine, il resolut en mesme temps de mettre ordre aux affaires de sa conscience, et de commencer par une confession generale de toute sa vie.<lb/>Mais, parce que son confesseur, qui estoit alors le R. pere Jacques Sirmond, avoit un peu de peine à ouyr et à parler, à raison de son grande age de plus de quatre vingts ans, il me fit l’honneur de m’envoyer dire qu’il me substituoit en sa place, pour le service en cette occasion, avec ordre de me preparer pour me rendre [f. 4] aupres de Sa Majesté à Saint Germain, le mercredy de la semaine suivante.<lb/>Je partis donc de Paris au jour assigné, et trouvay au vieux chasteau le Roy, qui estoit debout en sa chambre, et en meilleure disposition de sa personne qu’il n’avoit esté depuis trois semaines. Il s’occupoit alors à considerer un fort grand nombre de reliques qui luy estoient venues par droit de succession de la feue Reyne sa mere et dont il choisit celles qui luy aggreerent davantage et qu’il luy pleut de retenir en son cabinet, laissant les autres à la Reyne son espouse, qui en a tousjours esté aussi desireuse, et leur a esté aussi devote que le Roy.<lb/>Il me fit donc apporter les siennes de son cabinet et me les montra une à une, estant toutes richement et precieusement enchassées, pour estre mises à son oratoire, puis il me dit que de tous les saincts dont il avoit quelque ossement ou quelque plus notable relique, il avoit fait acheter la Vie ou l’Office, et tous les deux ensemble s’il avoit esté en son pouvoir de les recouvrer, et que depuis longtemps il les invoquoit tous les jours, soir et matin, sans y manquer, demandant à Dieu par leur entremise la grace de faire une bonne fin et de mourir en bon estat.<lb/>On luy apporta aussi alors plusieurs exemplaires [p. 5] des petits Offices, que luy mesme a composez et mis par ordre, avec un soin qui n’est pas croyable, quoyqu’il ait esté secondé dans ce penible travail de l’industrie de ses confesseurs et de quelques autres scavans et habiles hommes. Car non seulement il y en a pour toutes les principales festes de l’année, soit de commandement ou de devotion, mais il s’y en trouve encore pour les principaux saincts de la France, pour le precieux sang de Jesus Christ, pour toutes les necessitez de la vie humaine, pour l’impetration de la paix et de la victoire contre les ennemis particuliers de nostre salut, comme sont la chair, l’avarice et la superbe, les pechez de la langue, les pensées mauvaises, les mauvaises œuvres et le troubler interieur de l’ame ; enfin, il s’y en trouve un pour obtenir la vraye penitence, un autre pour consoler les malades, et un troisiesme pour les disposer à bien mourir.<lb/>Et ce qui est bien considerable en celui cy, c’est que par des passages tirez de divers pseaumes de David, à la faveur du livre des Concordances qu’il manioit heureusement, par des hymnes devots et affectueux, et par des prieres ardentes, il demandoit tous les jours à Dieu la grace de recevoir avant son trepas tous ses sacremens, et de luy accorder la liberté de la parole, le jugement sain et entier jusqu’au dernier [p. 6] soupir de sa vie, une contrition cordiale, une foy ferme, une esperance divine et une parfaite charité.<lb/>Or de ces livres qu’il avoit achevé de composer des l’année 1640 et qui sortoient tout fraischement de son imprimerie royale, en petit et en grand volume, le grand pour le cabinet et le petit pour la campagne, il m’en donna un de sa main et desira qu’en sa presence je fisse lecture du premier pseaume de Matines, dans l’office des Apostres, qui est un sermon selon son idée et tel qu’il les souhaittoit, puis dans l’office des Mysteres de Nostre Seigneur, le pseaume de None, où l’histoire de la Passion est artificieusement enfermée.<lb/>Mais, pour revenir à l’estat où d’abord je le trouvay, nonobstant cette meilleure disposition qui luy dura jusqu’au seiziesme du mois de fevrier, comme il se sentit attaqué d’un flux hepatique, il se condamna luy mesme à mourir en peu de temps, à moins que Dieu fit miracle pour le remettre en santé, et il en parla en ces termes au sieur Bouvart, son premier medecin, qui luy avoua que le peril où il le voyoit l’attristoit au dernier poinct, mais il luy voulut ainsi parler franchement afin de voir si l’apprehension de la mort seroit capable de le porter à se resoudre à l’usage de certains [f. 7] remedes, dont il avoit tousjours tesmoigné une grande horreur.<lb/>Le Roy, prevoyant assez son dessein, demanda quel effet auroient en luy ces remedes ; et comme il apprit qu’avec un peu de soulagement qu’il en recevroit, sa mort n’en seroit retardée que de quelques mois, il repondit qu’il ne croyoit pas estre obligé en conscience de lutter tousjours contre une antipathie naturelle, pour l’amour d’une vie de peu de durée, et encore fort douteuse, et pour un soulagement incertain, qui pourroit estre suppléé aisement par autre voye. De sorte qu’il fut necessaire de convenir avec luy de la prise de quelques uns qui luy estoient moins desagreables.<lb/>Ces premiers entretiens estans finis, il me parla de se confesser et s’informa de la methode qui me sembloit la meilleure, me donnant toutefois à entendre qu’il n’eut jamais fait autre confession generale qu’une que le pere Suffren tira de luy à la hate en sa maladie de Lion. Il s’estoit tousjours acquitté tres exactement des ordinaires. C’est pourquoy nous arrestames que, le lendemain dix neufiesme du mois de mars, jour de saint Joseph, pour qui il avoit beaucoup de veneration, nous travaillerions à cette bonne œuvre.<lb/>Avant toutes choses, il resolut, en presence [f. 8] de monsieur le cardinal Mazarin et du sieur de Noyers, secretaire d’Estat, de s’eclaircir avec moy de certains cas de conscience appartenans à l’action que nous allions faire. Puis, ces deux seigneurs s’estans retirez, et toutes les portes de sa chambre fermées par dedans, il s’accusa de ses offenses, non sans une peine extraordinaire, tant estoit grande la secheresse du deplaisir et de la confusion qu’elles luy causoient, et mesme les moindres qui, dans sa plus grande jeunesse, n’avoient eu, à son jugement, que je ne scay quoy de moins seant à Sa Majesté ; d’où ensuite, lorsqu’il passoit à quelque poinct plus notable et où je jugeois, non qu’il eut failly, mais qu’il eut mieux fait d’y proceder par autre voye, il n’est pas croyable avec combien de regret et d’amertume il en demandoit pardon à Dieu : Non ! mon Dieu, s’ecrioit il pitoyablement, non ! jamais plus, non ! pour chose du monde, plustost mourir que d’y retourner ; c’estoient les termes dont il se servoit ; de là vint qu’il fut obligé d’interrompre sa confession une ou deux fois pour humecter sa langue seche et alterée, avec un peu d’eau qu’il avoit aupres de luy, et ainsi enfin il acheva cette action saincte. Mais, pour la communion, il luy pleut de la differer jusqu’à l’Annonciation prochaine.<lb/>[p. 9] Dieu voulut au reste que, durant ce peu de jours, la satisfaction interieure qu’il tira de cette decharge de conscience s’estant repandue sur tout le corps, elle y opera un changement si merveilleux que, comme on croit sans peine ce que l’on desire avec passion, il n’y eut aucun de nous qui ne creut qu’il estoit guery, et cette creance nous dura jusques à la feste.<lb/>Voicy donc que le jour de l’Annonciation de Nostre Dame, ou de l’Incarnation du Verbe divin, estant arrivé, il se reconcilia devotement, ouyt la messe en sa chapelle, la teste nue et à deux genoux, et receut en cette position son Createur, avec sa ferveur ordinaire, des mains de M. l’evesque de Meaux, son premier aumosnier. Et j’eus ensuite permission de luy de me retirer à Paris jusques à son retour de Versailles, où il pretendoit se faire porter en chaire et en retourner pour le Jeudy sainct. La nuit toutefois luy fut si facheuse, l’air si contraire, et son indisposition si pressant, qu’il se contenta de passer du vieux chasteau de Saint Germain au chasteau neuf, y voulant estre logé dans la chambre de la Reyne, et mesme pour se fortifier allant et venant, comme pour prendre un peu d’exercice. Il s’habilloit chaque jour, puis, ayant fait ses prieres, il faisoit un tour de galerie, soutenu de deux des [p. 9] siens, avec une chaire à sa suite pour se reposer de temps en temps, ne pouvant se soutenir ny marcher plus de vingt pas sans avoir besoin de repos.<lb/>Voilà l’estat où, à mon retour, je le trouvay le Mercredy saint, dans la volonté de faire le jour d’apres sa communion de Pasques. Car pour la ceremonie du lavement des pieds et du service des pauvres, se souvenant de l’action de Henry le Grand, qui s’en estoit autrefois deschargé sur luy, par un exemple singulier digne d’estre mis en nostre histoire, il en donna la commission à monseigneur le Dauphin et le substitua à sa place pour faire cette action de pieté et d’humilité chrestienne.<lb/>Mais, la nuit du mercredy au jeudy, l’ardeur de la fievre l’altera si fort que, ne pouvant ny passer la nuit sans se rafraichir la bouche, ny se resoudre à communier apres un simple gargarisme, tant il craignoit d’avoir avallé par megarde quelque goute d’eau, il s’en abstint par reverence et par respect.<lb/>C’est pourquoy nous attendimes les jours suivans quelque meilleure disposition de sa personne, dans l’esperance que cette ardeur se modereroit avant que la quinzaine fut expirée, comme en effet il arriva le jeudy de Pasques, où, se portant un peu mieux, il satisfit au precepte de l’Eglise et, quoyque fort abbatu, [p. 11] il se leva neantmoins, mais pour la dernier fois, n’ayant pas esté en son pouvoir de le faire depuis le Samedy saint, où il commença par force à quitter sa petite et languissante promenade.<lb/>Alors toutefois, il fit un effort et, sans autre habit que sa robe de chambre, il vint avec une majesté et une modestie angelique recevoir le tres saint sacrement à un autel qu’on avoit coutume de luy dresser au fonds de sa chambre lorsqu’il desiroit ouyr la messe, à quoy jamais il ne manqua durant le cours mesme de sa maladie, non plus qu’aux vespres du dimanche et des festes commandées, ny à l’office de la semaine sainte, qui se disoit en sa chapelle. Sur quoy il est à propos de remarquer que le Roy, aimant beaucoup la priere, c’estoit par elle que, sain et malade, il commençoit tousjours sa journée, et cette priere estoit en partie l’exercice du matin, en partie aussi un de ses petits offices, apres quoy il se laissoit voir et gouverner à ses medecins, puis il entendoit la messe, où tous les prelats et tous les seigneurs qui se rencontroient à la Cour estoient les tres bienvenus, mais ses aumoniers y assistoient par devoir, avec sa Chapelle de musique, qui recevoit ordinairement son ordre sur ce qu’il desiroit qu’on chantat, qui fut presque tousjours l’antienne du [p. 12] Magnificat des premieres vespres de la feste de tous les saints, Angeli, Archangeli, et ce qui suit, où l’Eglise fait le denombrement des neuf chœurs des anges et de toute la cour celeste. Luy, cependant, les rideaux ouverts, la teste nue, ses Heures en main, les yeux arrestez ou au ciel ou sur l’autel ou sur les prieres de son livre, nous estoit à tous un parfait modele et un beau miroir de devotion.<lb/>Sa messe estant achevée, il recevoit les placets des pretendans aux benefices, les visites des Grands et les propositions de ses officiers et de ses ministres d’Estat. Sinon, il s’entretenoit des choses divines, tantost en son ame et luy seul, tantost avec son confesseur. Puis, à l’instance de ses medecins, il prenoit quelque peu de nourriture, dont il avoit autant d’aversion que de remedes.<lb/>Apres son repas, on l’entretenoit de choses divertissantes et moins serieuses, comme des nouvelles qui venoient des autres pays, quoyque sur la fin il n’en vouloit plus ouyr que ce qui touchoit les troubles de la Grand Bretagne et l’histoire des catholiques qu’on y faisoit alors endurer pour la religion, disant qu’il portoit une saincte envie à leur courage et à leur bonheur, et qu’il eut voulu pour beaucoup se voir en leur place. Et, pour la mesme raison, il fit paraitre beaucoup de joye lorsqu’il [p. 13] receut de moy des reliques de deux des nostres brulez au Japon pour la foy, et un veritable recit de leur vie et de leur martyre.<lb/>Ensuite, l’heure du Conseil venue, on le tenoit aupres de luy, en grand ou en petit nombre, selon l’exigence des affaires qu’on y devoit traitter, et il ne se passoit aucun jour qu’il ne rendit, ou le soir ou le matin, ce service à son Estat.<lb/>Le Conseil finy, il s’entretenoit avec Dieu fort doucement et fort devotement en luy mesme, sans estre jamais plus de trois heures qu’il ne pratiquat ce saint exercice. Apres lequel, il voyoit les survenans, puis il prenoit un tel quel souper, accompagné d’un entretien de choses communes et indifferentes que l’on appelle du petit coucher, suivy de l’oraison du soir, où l’assistoit ordinairement le sieur Lucas, secretaire de son cabinet ; et pour finir sa journée, l mesme sieur Lucas, ou quelque autre qui en recevoit le commandement, luy faisoit quelque lecture de la vie des saints, selon les jours qui se rencontroient, en quoy une bonne partie de la nuit estoit employée, car à peine pouvoit il prendre un peu de sommeil qui ne se trouvat grandement interrompu, et sans la consideration de ses officiers, dont il ne vouloit pas ruiner la santé, il les eut retenus de bon cœur jusques au jour.<lb/>[p. 14] Voilà comme vivoit reglement, ou plustost comme alloit peu à peu mourant ce grand prince, lorsque, dans l’opinion commune qu’il n’estoit pas pour mourir si tost, je luy demanday permission de me retirer à Paris pour quatre ou cinq jours. A quoy il condescendit fort doucement, me donnant neantmoins à entendre qu’il seroit bien aise que, dans les termes où il se voyoit, j ne m’eloignasse pas beaucoup de luy.<lb/>Et parce que quelque eveschez estoient vacans, et qu’il n’avoit dessein d’en pourvoir que des hommes qui en fussent dignes, il me chargea d’y penser et d’en communiquer avec des personnes intelligentes et zelées pour les interests de Dieu, jesuites et autres, et particulieremnt avec le R. pere Vincent de Paul, general de la Mission, et de luy en fournir une liste où ils seroient mis selon l’ordre de leur suffisance et de leur merite.<lb/>Mais comme j’apperceu à mon retour qu’il minutoit quelque forme de testament, je jugeay qu’il estoit temps de luy donner advis de trois choses que je meditois en mon esprit, à quoy luy mesme me convia, me demandant par prevention, comme il avoit dejà fait quelqu’autre fois, si j’estoit content de luy ?<lb/>Je luy repondis qu’apres y avoir pensé serieusement, j’estois d’avis qu’il agiroit en Roy [p. 15] Tres Chrestien si, pour l’edification et la satisfaction publique, premierement il declaroit à tout le monde, ou de bouche ou par escrit, qu’il mouroit avec une extreme desplaisir de ses omissions envers la feue Reyne sa mere, dans les peines qu’il avoit eues d’ajuster ensemble les devoirs de fils et les obligations de Roy, surtout pour le temps où, n’estant plus sur les terres de l’Espagnol ny secourue de ses deniers ny partie agissante dans les mouvements de l’Estat, elle n’avoit pas laissé de souffrir en ses alimens et de recevoir un traittement moins convenable à sa qualité.<lb/>En second lieu, s’il donnoit ordre que les officiers et les serviteurs de la defunte, qui n’airoient aucun crime ny autre pesché que le malheur de leur maistresse, fussent payez de leurs gages et de leurs services, comme elle l’avoit ordonné.<lb/>En troisiesme lieu, s’il arrestoit les plaintes formées à l’occasion de plusieurs de ses sujets, dont les uns tenoient prison, les autres estoient exilez et hors du royaume, et les autres releguez en divers endroits hors de leurs maisons ; et parce qu’il y en avoit parmy eux qui passoient pour tres innocens, et comme on parloit pour martyrs d’Estat, qu’il luy pleut de leur assigner des juges afin de connoitre de leurs griefs et de leur rendre justice, comme [p. 16] ils en supplioient tres humblement Sa Majesté.<lb/>A ces trois chefs, sa reponse fut que pour le premier, qui regardoit la Reyne sa mere, il estoit de mesme sentiment que moy et qu’en ce poinct il  n’avoit jamais esté sans quelque scrupule d’avoir manqué à son devoir, dont il demandoit avant toutes choses tres humblement pardon à Dieu, pardon aussi à elle mesme, et que de plus il entendoit que le sieur de Chavigny, secretaire d’Estat, qui l’aidoit à mettre par escrit ses derniers volontez, exprimat en son testament, avec les termes qu’il me laissoit libres, la douleur qu’il en ressentoit, et qu’il vouloit que toute la France et toute l’Europe en fut informée. Touchant l’autre chef, il repondit qu’il se souviendroit d’en commander l’execution, et pour le troisiesme qu’il y alloit pourvoir tout presentement.<lb/>Quant à la paix, il ne fut pas beaucoup necessaire de l’y exhorter, tant je scavois qu’il la desiroit avec passion, jusques là que, considerant un jour les souffrances de son pauvre peuple, « Je luy ay bien fait, me dit il, du mal, à raison des grandes et importantes affaires que je me suis veues sur les bras, et je n’en ay pas tousjours eu toute la pitié que je devois et telle que je l’ay depuis deux ans, ayant esté partout en personne et veu de mes yeux toutes les miseres. Mais si Dieu [p. 17] veut que je vive encore, ce que je n’ay pas grand sujet de croire et beaucoup moins de souhaitter, la vie n’ayant rien que me semble aimable, j’espere qu’en deux autres années je le pourray mettre à son aise, car l’année prochaine il aura la paix. » C’estoit le dessein de ce bon Roy, qui travailloit fort à l’avancement du traité. « Et l’année suivante, je licentieray, disoit il, mes troupes, qui est une affaire où de grands deniers s’epargneront. »<lb/>Un autre jour, prenant ses mesures pour cet heureux temps de la paix dans une fievre intermittante, comme j’estois seul à sa ruelle : « Je remedieray, dit il, Dieu aydant, au libertinage, je supprimeray les duels, j’estoufferay l’injustice, et communieray tous les huit jours. Et sitost que je verray mon Dauphin à cheval et en age de majorité, je le mettray en ma place pour me retirer à Versailles, avec quatre de vos peres, où je m’entretiendray avec eux des choses divines, ne penseray plus du tout qu’aux affaires de mon ame et de mon salut, à la reserve du divertissement de la chasse, que je desire toujours prendre, mais avec plus de moderation qu’à l’ordinaire. »<lb/>Alors, il demanda au sieur de Chavigny, present, s’il n’estoit pas vray qu’il l’avoit ainsi resolu et s’en estoit decouvert à luy depuis fort longtemps, et moy la dessus, touché de compassion pour les malheurs qui pendoient alors sur la teste du roy de la Grand Bretagne, je [p. 18] m’avançay de lui demander s’il ne l’assisteroit pas auparavant contre ses rebelles : « Ouy, dit il, à condition que de sa part il fasse aussi pour les catholiques ». Une autre fois, s’informant de moy de la difference que nous mettons entre l’attrition et la contrition, sur ce que je luy repondis que l’attrition avoit pour motif la crainte de Dieu et nostre interet, au lieu que la contrition n’a que l’amour et que l’interet de Dieu : « Je n’ay, me dit il, jamais envisagé en ma repentance que l’interet et l’amour de Dieu ; vous voyez pourtant que j’ay eu l’honneur de n’avoir esté des mieux instruits en ce point ; mais si Dieu me donne la vie et la santé, j’y mettrait bon ordre et vous me catechiserez ». Ce qu’il ajouta dans la veue de la retraite qu’il avoit dessein de faire à Versailles.<lb/>Au reste, la fievre, l’inedie et l’insomnie, et une toux seche le minant tousjours peu à peu, il redouta nommement deux choses, l’une de mourir inopinement et par surprise, l’autre de languir ou, comme on dit, de trainer longtemps. Mais, pour s’armer avec cette double appréhension, il conjura d’un costé monsieur de Meaux et son confesseur de se souvenir de luy donner par avance tous ses sacremens, dont ils s’excuserent pour l’heure, l’asseurant que chose du monde ne pressoit, que selon le devoir de leur conscience et de leur charge ils [p. 19] le feroient quand il seroit temps ; d’ailleurs il pria Dieu tres instamment de luy vouloir abbreger le cours et la durée de sa maladie, et on remarqua qu’il fit sa priere avec grande ardeur.<lb/>La nuit du 18 au 19 d’avril fut si mauvaise et si facheuse pour luy qu’il ne pensa presqu’à autre chose, qu’à l’eglise de Sainct Denys en France, où reposent les corps de nos Roys ; dont le lendemain il prit sujet de s’entretenir toujours de la mort avec ceux qui s’approchoient de luy et, l’apres disnée, s’estant fait mettre dans sa grande chaire où, de temps en temps, il se soulageoit de la lassitude du lit, il commanda qu’on luy ouvrit les fenestres de sa chambre, qui regardoient du costé de Sainct Denys, disant à ceux qui le servoient qu’il vouloit voir son dernier logis.<lb/>Puis le soir, tout tard, chacun s’estant retiré, à la reserve des sieurs Lucas, du Bois et peu d’autres, il desira qu’on luy leut le 17 chapitre de l’evangile de saint Jean, où sont couchées les dernieres paroles que le Sauveur du monde dit à ses apostres un peu avant sa Passion, ; et l’oraison qu’il fit à son pere pour luy recommander ses chers disciples, mais en termes si affectueux qu’ils seroient capables de toucher les cœurs les plus dures et les ames les plus insensibles.<lb/>[p. 20] Il se fit lire aussi quelque endroit de l’introduction à la vie devote du B. François de Sales, et nommément le chapitre du mepris du monde, et, dans le livre de l’Imitation de Jesus Christ, celuy de la mort, que le sieur Lucas ne pouvoit assez tost trouver, le Roy prit luy mesme le livre et, y rencontrant à l’ouverture ce qu’il cherchoit : « Lisez, dit il, cela », et cette lecture fut continuée jusqu’à minuit.<lb/>Le jour suivant 20 du mois, s’assemblerent en sa chambre par ses ordres, autour de Sa Majesté, la Reyne son espouse, monsieur le duc d’Orleans, monsieur le prince de Condé, ses ministres d’Estat et tout ce qu’il y avoit de Grands à la Cour, puis, les rideaux de son lit levez, s’estant entretenu quelque temps avec la Reyne, monsieur son frere et monsieur le Prince, il fit à toute l’assistance, à haute voix, un discours declaratif de ses dernieres volontez, à la fin duquel il commanda au sieur de La Vrilliere, secretaire d’Estat, qui estoit en mois, de lire tout haut la regence à la Reyne, seante alors au pied du lit. Et quoy que tout le monde fondit en larmes, il avoit luy seul le visage gay et tesmoignoit estre fort content.<lb/>Cette piece ayant esté leue, il en fit signer l’original et en jurer l’execution à la Reyne et à monsieur son frere, leur disant plusieurs autres [p. 21] choses sur ce sujet, comme aussi à monsieur le Prince.<lb/>Ensuitte, le parlement vint, representé par son premier president, les presidens au mortier, deux conseillers de chaque chambre, et les gens du Roy, qu’il informa de ses intentions ; apres quoy il enjoignit à monsieur le duc d’Orleans, à monsieur le prince de Condé et à monsieur le chancelier d’estre le jour d’apres à Paris pour faire enregistrer sa declaration au parlement. Et ce fut chose fort merveilleuse de voir le plus grand monarque du monde disposer ainsi de son royaume, quitter la Reyne son espouse en la fleur de son age, des enfans mineurs beaux comme le jour, et sa propre vie, avec aussi peu d’emotion que s’il n’eut laissé qu’une de ses maisons de campagne.<lb/>Mais ce qui donna encore un grand eclat à la gloire de cette action, c’est qu’il parut alors à veue d’œil que Dieu luy avoit donné, comme à dessein plus de santé et plus de force qu’à l’ordinaire. Car, tout le monde estant sorty de la chambre, luy, le cœur serré de regret et la face baignée de larmes, retint seulement monsieur de Meaux et son confesseur, employant ce qui restoit de la journée à s’entretenir avec eux de Dieu et des choses divines.<lb/>La nuit, il eut de grandes evacuations, lesquelles jointes aux precedentes l’abbatirent [p. 22] et l’extenuerent tellement que son corps ne sembloit plus qu’un squelette, de sorte qu’au point du jour, regardant par occasion ses bras et ses cuisses, il demeura un peu etonné de l’estat où il se voyoit, puis, s’elevant les yeux au ciel selon sa louable coutume : « Helas, dit il avec le Prophete, Quid est homo ? » Qu’est-ce que l’homme ? Paroles qu’il repeta depuis fort souvent lorsqu’il parloit à quelques seigneurs qu’il aimoit beaucoup, entr’autres monsieur de Liancour, ajoutant encore celle cy : « Je ne suis plus desormais que terre ! »<lb/>Le mesme jour, sur les cinq heures du soir, apres le Conseil tenu, on fit la ceremonie du baptesme de monseigneur le Dauphin en sa chapelle du vieux chateau, la Reyne presente, où son parrain fut monsieur le cardinal Mazarin, et sa marraine madame la princesse de Condé, qui luy donna le nom de Louys, que ce petite prince desiroit avoir ; et apres la ceremonie, qui fut bientôt achevée, il alla remercier de fort bonne grace monsieur de Meaux en la sacristie. Le Roy, ayant appris le succes de toute l’action, en loua Dieu, les yeux elevez au ciel, où il les tint assez longtemps.<lb/>Or ses mauvaises nuits l’abbatant de plus en plus, et ses medecins ouys la dessus, il fut ordonné qu’on luy administreroit le viatique de la tres saincte eucharistie, dont j’eus avis [p. 23] de luy porter la parole, non seulement qui ne le surprit ny ne l’inquieta pas, mais plutost qui luy fut si agrable qu’il m’embrassa tendrement, et en dit mesme en action de graces un Te Deum, avec plus de joye qu’il n’en avoit jamais tesmoigné ny pour la prise d’une ville, ny pour le gain d’une bataille. Puis, se tournant vers l’assistance, « Que j’aime, dit il, ce bon pere, qui m’apporte une si bonne et si agreable nouvelle ! »<lb/>On informe cependant la Reyne de ce qui se passe, tandis que le Roy se confesse et se prepare à la communion, lors qu’à la fin de la messe cette princesse arrive, fondant toute en larmes, et, ayant laissé un peu en arriere messeigneurs le Dauphin et le dc d’Anjou entre les mainsde leur gouvernante, elle se presente au chevet du Roy et là, prosternée à genoux, elle le voit communier pour la derniere fois, monsieur le duc d’Orleans et monsieur le prince de Condé luy tenans les deux premiers coins de la nape, et deux aumoniers les deux autres.<lb/>Apres son action de graces, faite à loisir et en grand repos, il s’entretint en particulier avec la Reyne assez longtemps, et à la fin, pour clorre toute cette pitoyable ceremonie, ayant demandé messeigneurs ses enfans, la Reyne les alla prendre elle mesme par la main et les luy amena tous deux, puis tous trois [p. 24] mirent avec grand respect les genoux en terre et receurent sa benediction.<lb/>Il est vray qu’en mesme temps, il eut bien voulu recevoir l’extreme onction, mais ce ne fut ny l’opinion de monsieur de Meaux, ny mon sentiment, tant nous decouvrimes de vigueur et de force en luy.<lb/>En effet, il accueillit favorablement, ce jour là encore, quelques grands seigneurs qui, pour la pluspart, avoient encouru son indignation, s’estans malheureusement engagez dans les divisions de la Cour et de la Maison royale.<lb/>Et ayant sceu que les mareschaux de Chatillon et de La Force desiroient luy tesmoigner leur zele pour le service de Sa Majesté et l’extreme regret qu’ils avoient de la perte d’un tel maitre, quoyqu’il ne prit pas plaisir de voir aucun huguenot en cet accessoire où il ne vouloit point souffrir d’imagination contraire à la foy, son humeur estant de ne hair pas moins les pensées que les complaisances ou les œuvres, quand elles estoient de quelque sujet qui n’estoit point agreable à Dieu, il les fit toutefois entrer puis, les ayans remerciez de la tendresse de leur affection, il les exhorta fortement à se retirer de leur pretendue religion, leur intimant qu’estant sur le poinct de rendre compte de toute sa vie à son createur, il ne se pouvoit tenir de leur dire qu’à son avis [p. 25] Dieu les avoit gratifiez de ce grand age où ils estoient tous deux arrivez pour leur donner loisir de penser à eux et qu’il les en conjuroit autant qu’il pouvoit, qu’au reste il reconnoissoit que selon le monde ils estoient veritablement sages, vaillans et braves seigneurs, mais que ce n’estoit pas tout, qu’il n’y avoit pas plus d’une voye pour aller au ciel, que hors de l’Eglise catholique, apostolique et romaine il n’y avoit point de salut, et choses semblables qu’il leur dit en de si beaux termes et avec tant de cordialité qu’il leur tira les larmes des yeux ; mais ce fut tout le fruit de cette belle et cordiale remontrance.<lb/>Ainsi se passa la journée, et la nuit s’avançoit fort quand Dieu permit, pour les raisons qui luy sont connues, qu’apres nous estre un peu trop hatez de luy donner le viatique, nous nous hatames encore un peu trop de luy donner l’extreme onction, à l’occasion des medecins qui estoient lors de garde aux pieds de son lit, et particulierement du sieur Seguin le jeune, premier medecin de la Reyne ; car, ne luy trouvant comme point de pouls, ils en donnerent bientôt avis à monsieur de Meaux, et luy à moy, nous asseurant qu’il s’en alloit et qu’à peine verroit il le jour, et qu’il estoit absolument necessaire de luy donner les sainctes [p. 26] huiles, à moins que d’estre blamez de tout le monde si nous laissions mourir sans ce sacrement un prince si sage et si vertueux qui s’en reposoit sur nous, que de leur part ils se sentoient obligez de nous donner cet avis pour leur decharge.<lb/>On peut aisement juger si je me trouvay surpris à cette parole, veu que le matin, Sa Majesté ayant demandé au sieur Bouvart, selon sa coutume, des nouvelles de sa mort en nostre presence, et si ce seroit pour la nuit prochaine, il luy avoit repond que ce n’estoit pas son opinion, s’il n’arrivoit quelque accident qui n’estoit point encore previsible ; neantmoins, me voyant pressé de me prevaloir de cet avis, je n’en voulus pas allarmer l’esprit du Roy, qui prenoit un peu de repos, mais sans plus longue deliberation je pris le carrosse de monsieur de Meaux et allay en diligence au vieux chateau en communiquer avec monsieur le cardinal Mazarin et le sieur de Chavigny qui, non moins estonnez que moy, viennent en sa chambre, où, les medecins luy ayans taté de nouveau le pouls, nous asseurerent que pour foible et bas qu’il fut, il nous dureroit encore du moins jusques au midy.<lb/>Sur quoy on conclut que le matin je me mettrois en devoir de le disposer à ce sacrement, comme je fis de le point du jour 23 d’avril, [p. 27] luy representant que la nuit passée il nous avoit mis en grande frayeur jusques là que les medecins qui le veilloient avoient douté s’il verroit le jour, que graces à Dieu il estoit mieux sans comparaison, mais neantmoins qu’il y avoit quelque peril puisque tous les soirs il sembloit mourir et tous les matins ressusciter et, partant, que dans l’apprehension de quelque surprise ou de quelque mort inopinée, s’il luy plaisit qu’on luy donnat les sainctes huiles sans plus attendre, il auroit toutes les aydes et toutes les armes spirituelles de l’Eglise, se tirant par ce moyen de peril et nous de peine, qu’au reste l’extreme onction ne s’appelloit pas tant extreme parce qu’elle ne devoit estre conferée qu’à l’extremité qu’à cause qu’elle estoit, pour ainsi dire, la derniere de toutes les onctions ecclesiastiques que Jesus Christ avoit instituée comme un sacrement pour fortifier de corps et d’esprit ceux qui sont grandement malades et mesme, s’il est à propos, pour rendre la santé en qualité de remede surnaturel, ainsi que l’apostre saint Jacques nous asseure en sa canonique, et qu’en un mot elle donne beaucoup de force à un malade pour supporter doucement son mal.<lb/>Il n’en fallut pas davantage à un prince qui avoit, comme on dit, la mort en desir et la [p. 28] vie en patience et qui esperoit tous les jours passer à une meilleure. Neantmoins, il voulut ouyr auparavant de la bouche mesme de ses medecins, qui l’avoient tousjours entretenu de quelque foible esperance de retour, si à leur jugement sa maladie estoit sans remede.<lb/>A quoy le sieur Bouvart repartit : Sire, Dieu est tout puissant ! Et alors Sa Majesté, d’un visage gay, d’un front serain et d’un œil riant, s’ecria encore avec le prophete : Laetatus sum in his quae dicta sunt mihi, in domum Domini ibimus ! Je suis ravy de la nouvelle qu’on me vient dire que nous irons en la maison du roy des roys et du seigneur des seigneurs !<lb/>Et, dans l’opinion qu’il mourroit le lendemain, jour de vendredy, il ajouta incontinent : O, la desirable, ô l’agreable nouvelle ! ô l’heureuse journée pour moy, et veritablement heureux vendredy ! Aussi n’est ce pas d’aujourd’huy que les vendredys me sont favorables, un vendredy m’a elevé à la royauté, je gagnay à pareil jour au Pont de Cé la premiere de mes victoires, la premiere ville que j’ay assiegée a esté Sainct Jean d’Angely, dont la reddition se fit à tel jour, la defaite de Soubize en l’isle de Ré arriva aussi un vendredy comme j’y estoit en personne, et un autre vendredy me fit scavoir que les troupes qui estoient allées par mes ordres en la mesme isle contre les Anglois les avoient battus et [p. 29] forcez de rentrer dans leurs vaisseaux, et ainsi de quantité d’autres. Mais ce vendredy me sera le plus heureux de toute ma vie, puisqu’il me mettra dans le ciel pour y regner eternellement avec mon Dieu, et il vaut mieux mille et mille fois estre roy au ciel que sur terre ; non que je me promette d’y aller tout droit et sans obstacle au sortir du corps, car eu egard à mes offences, cent ans, ouy cent ans de purgatoire ne seront pas trop pour moy, mais j’en auray au moins, Dieu aydant, tousjours l’expectative certaine !<lb/>Apres ce discours, je le confessay, on luy dit la messe, puis monsieur de Meaux, s’approchant avec le livre et les saintes huiles, la Reyne arriva là dessus et, comme je me mis en devoir de luy quitter par honneur ma place, elle m’y retint avec sa bonté ordinaire. Les pseaumes, les litanies, les oraisons furent recitées, et les onctions visitées se firent.<lb/>Ce religieux monarque repondit à tout, aussi peu emeu que s’il n’eut esté que spectateur de cette action, qui fut faite, si je ne me trompe, sur les neuf heures et demie du mesme jour.<lb/>Nous fondions tous en larmes, quelque grand effort que nous fissions pour les retenir, mais la ceremonie ne fut pas plustot achevée qu’il joignit enfin les siennes aux nostres, et nous dit en essuyant ses yeux : Je ne trouve point [p. 30] mauvais que vous me pleuriez, c’est une demonstration de vostre amitié, et c’est ce qui m’attendrit le cœur ; hors de là, Dieu m’est temoin si la vie m’a jamais pleu et si je ne suis pas ravy d’aller à luy en peu d’heures, et choses semblables sur lesquelles il s’etendit avec tant de fermeté d’esprit et de ferveur que, depuis, il m’avoua qu’il en avoit senty quelque mouvement de vanité. Et comme je luy remontrois que cette disposition d’esprit estoit un effet du sacrement qu’il avoit receu, et un don de Dieu qui demandoit sa reconnoissance, disant à Dieu : Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam ! O Seigneur, ce n’est point à nous, non, ce n’est point à nous que la gloire est deue, mais à vostre nom, à vostre grace et à vous mesmes ! Il repartit aussitôt qu’il avoit tousjours dit ces paroles.<lb/>Or, comme la foule de ceux qui avoient remply sa chambre estoit si prodigieuse que, luy ostant la belle veue et le libre usage de l’air qui entroit pas ses fenestres, et neantmoins ne voulant faire sortir personne en particulier, tant il avoit de douceur et d’humanité pour tout le monde, il fit signe de la main qu’on se rangeat et dit un peu haut : Hé Messieurs, donnez moy la vie !<lb/>A cette parole, tous ceux qui estoient alors inutiles se retirerent, mais il m’arresta, me commandant [p. 31] de demeurer et de luy dire à qoy il pourroit s’occuper ?<lb/>Je lui fis reponse qu’il me paroissoit si robuste et si vigoureux que je ne pouvois desesperer de l’estat de sa convalescence et que, ne scachant à quoy rapporter un si merveilleux changement, je presumois avec assez d’apparence que c’estoit un effet de l’extreme onction et que le Grand Medecin operoit extraordinairement en sa personne, luy donnant tant de consolation et de force : Je le sens bien, dit il ; puis j’ajoutay qu’apres tout, s’il n’estoit pas pour guerir de sa maladie, cette force et cette consolation qu’il ressentoit ne luy estoit donnée de Dieu que pour en digerer la longue durée avec moins de peine, de sorte que je le priay de ne se point negliger luy mesme, mais de se souvenir de l’avis du Sage qui dit : Fili, in tua infirmitate ne despicias te ! Mon fils, quand vous estes malade, souvenez vous de ne vous point negliger vous mesmes, mais de suivre Dieu et d’adorer l’ordre de sa divine providence, de sa volonté et de sa conduite. Je conclus enfin qu’il seroit bon de partager sa journée comme de coutume, tantot prenant ce qu’il pourroit de remedes et de nourriture, avec quelque honneste divertissement apres le repas, tantot entendant parler des choses divines, mais en peu de mots, [p. 32] de peur de luy causer de l’ennuy, estant certain qu’à la longue on s’ennuye de tout et qu’on doit donner aux malades la nourriture spirituelle comme la corporelle, peu et souvent ; neantmoins que, par intervalles et de fois à autres, il pourroit penser de loin aux œuvres pries qu’il vouloit faire, mais que de ma part je me chargeois de l’avertir fidellement et à point nommé du jour et, s’il estoit possible, de l’heure de son passage, autant que je pourrois en estre asseuré de ses medecins.<lb/>Cet avis luy parut assez plausible et ce discours assez agreable et, des lors, il s’en prevalut si heureusement que, les forces s’augmentant peu à peu en luy, il vint mesme jusques à ce point de s’etonner d’avoir esté si tost reduit à l’extreme onction, et en toucha un mot à ses medecins, qui luy repondirent que si sa santé estoit bonne, ils prioient Dieu de la luy rendre encore meilleure.<lb/>Le lendemain matin 24 d’avril, ils luy presenterent une prise de rheubarbe, mais il ne fut pas au pouvoir de leur eloquence ny au credit de toute la Cour de l’y resoudre et, nonobstant ce refus, apres son disner, il eut tant de force, par une espece de miracle, et se trouva en si bonne humeur, qu’il fit chanter sur le luth le pseaume Lauda anima mea Dominum par son premier valet de garderobe. [p. 33] Ensuite  de quoy on luy chanta en partie plusieurs autres, traduits de nouveau en vers françois sur des airs de son invention, et il en chanta luy mesme la basse avec le duc de Schomberg. De sorte que, la Reyne l’estant venue visiter à l’heure qu’elle prenoit tous les jours pour cette action, ne fut jamais plus estonnée ny tout ensemble plus rejouye, et la nouvelle d’un prodige si nouveau volant aussitost partout Sainct Germain, il n’y eut aucun de ceux qui avoient l’honneur de l’approcher qui ne creut qu’il estoit guery et ne luy en vint faire des conjouyssances.<lb/>Mais ce bon prince, ne scachant qu’en dire, protesta tout haut que, si c’estoit le plaisir de Dieu qu’il revint, il accepteroit la vie seulement pour luy obeir, à condition qu’il luy pleut en mesme temps donner la paix à toute l’Europe.<lb/>Cependant, nostre esperance ne nous flatta qu’environ huit jours. Car, des l’entrée du mois de may, ses langueurs ordinaires recommencerent et ses lassitudes parurent plus grandes qu’elles n’avoient encore esté. Il luy tardoit qu’on ne luy donnat la bonne nouvelle qu’il fallut partir, aussi ne le dissimuloit il pas à ses medecins lorsqu’ils l’invitoient à prendre un peu de gelée fondue qu’on luy presentoit dans une phiole de verre afin de luy epargner [p. 34] la peine de lever la teste pour la prendre, sa reponse ordinaire estant qu’on le laissat mourir en paix, et il me dit un jour pitoyablement à moy mesme qu’il s’ennuyoit fort de la vie, avec ces paroles qu’a dit autrefois le saint homme Joc : Taedet animam meam vitae meae ! O mon Dieu, que cette vie mortelle me dure, et qu’elle me cause d’ennuy !<lb/>Alors, pour le consoler, je me mis à luy porter compassion, avouant que dans l’estat où je le considerois apres tant de vicissitudes, de douleurs, de soulagemens, de convalescences et de recheutes, il me sembloit que je voyois une barque dont le pilote combatu des ventes et de la tempeste estoit à toute heure tantot elevé à la hauteur des nues, tantot englouty au fonds des abysmes, mais qu’implorant avec confiance de cœur ou de bouche le secours divin, il en sentiroit quelque bon effet qui seroit capable de le conduire en asseurance au port de salut ; davantage, que tout ce qu’endurent les esleuz en cette vie leur est compté en deduction des peines de l’autre, pourveu qu’ils soient en estat de grace et qu’ils endurent avec patience. Et comme il gouta cette pensée, il me la fit repeter, s’informant de moy si la chose estoit veritable ; alors, je luy apportay un passage de saint Augustin, sur le pseaume 50, où il dit ces paroles : In hac vita purges me, [p.35] et talem me reddas cui iam emendatorio igne opus non sit ! O Seigneur, je vous conjure de me purger en cette vie et de me rendre tel, je veux dire si pur et si net que le feu ardent du purgatoire ne soit point necessaire apres ma mort.<lb/>A quoy j’adjoutay encore que, dans la doctrine des saints peres, les longues et les facheuses maladies, prises, comme il faut, de la main de Dieu, sont un espece de martyre, et que le mesme sainct Augustin l’asseure en ces termes : Multi ducunt martyrium in lecto, prorsus multi ! Il y en a plusieurs, et plus peut estre qu’on ne s’imagine, qui, estant allitez de quelque longue maladie, endurent dans leur lit le martyre ; et, par consequent, plus la maladie est longue, plus on approche de la perfection des saincts martyrs, dont le martyre a quelquefois duré longtemps, comme nous lisons de celuy de sainct Clement, surnommé d’Ancyre, à qui je scavoir bien que le Roy estoit grandement devot.<lb/>Je luy dis enfin que, l’ayant veu fort souvent dans le desir de mourir pour Dieu, je trouvois qu’il estoit ouy de Dieu et que la bonté divine luy accordoit l’accomplissement de son desir, puisqu’estre sujet à tant de facheuses alternatives comme de se voir aujourd’huy malade jusques au mourir et demain [p. 36] vivant au jugement des medecins, et se soumettre en tout aux ordres de la providence souveraine, c’estoit mourir à soy mesme autant de fois et endurer autant de martyres.<lb/>Mais neantmoins, en ce mesme temps, je me sentis inspiré de luy conseiller l’usage de la confession journaliere pour ce qui luy restoit de vie, quand mesme il n’auroit autre matiere que quelques pechez de ses autres confessions, quoyqu’ils fussent desjà pardonnez, afin de croitre tousjours en grace et en force, en vertu du sacrement de penitence.<lb/>A quoy il dit qu’il estoit prest, et qu’il en useroit ainsi de bon cœur, comme il fit avec un succes si heureux que, peu de temps apres, le faisant ressouvenir de sainct Martin, qui disoit à Dieu que, s’il estoit utile ou necessaire à son peuple, il ne faisoit point refus de vivre ny de travailler plus longtemps ! Voilà justement, dit il, ce qui m’est propre ; puis, par un mouvement heroique et par un genereux effort, il adjouta incontinent : Qu’il estoit pret, si Dieu l’ordonnoit, de languir dans le triste estat où il se voyoit alors reduit autant d’années qu’en peut vivre naturellement un homme qui se porte bien.<lb/>Au reste, ses douleurs, accompagnées de cette langueur continuelle et cette langueur du degout, de l’insomnie et de l’importunité du bassin, dont il craignoit plus la mauvaise odeur [p. 37] pour les assistans que pour luy mesme, n’estoient pas si petites, surtout au redoublement de sa fievre, qu’il ne fut contraint de faire quelquefois ouvrir les fenestres de sa chambre et d’etendre souvent ses bras à l’air, quoyqu’en une saison assez froide, contre l’ordinaire, de la fin d’avril, et mesme d’avoir sur ses reins et sous la teste des oreillers de paille d’avoine pour moderer la violence du feu interieur qui le devoroit.<lb/>Cependant, je puis asseurer que, si quelquefois il s’est plaint dans la grandeur du mal qu’il souffroit, ce ne fut jamais à moy ny en ma presence, au contraire il en fit si bien son profit que je ne puis icy m’empecher de dire une chose qui semblera d’abord moins croyable mais qui est pourtant tres veritable.<lb/>Car ce grand prince, qui a domté l’heresie, qui a pris tant de villes, conquis tant de provinces et donné tant de batailles, qui a triomphé de tant de puissans ennemis et fait tant d’actions illustres à le veue de toute la France et avec l’etonnement de toute l’Europe, l’espace de quarante deux ans qu’il a vescu, me dit un jour qu’il preferoit cette derniere maladie avec ses souffrances à la partie la plus belle et la plus eclatante de sa vie, d’où l’on peut aisement conjecturer combien d’actes de vertu il pratiquoit en cet estat, combien il [p. 38] domtoit ses passions et combien il en remportoit de victoires.<lb/>Je ne nie pas neantmoins que je ne l’aye veu, une ou deux fois, en colere, et qu’il n’eyt eu peut estre contre quelques uns de l’indignation qui ne sera pas venue à ma connoissance, mais je puis dire ou qu’il avoit raison de le faire, ou qu’il s’appaisoit incontinent. Et lorsqu’il avoit donné sujet de deplaisir à qui que ce fut, present ou absent, il y remedioit en diligence, ou par luy mesme, ou par un autre, et le jour mesme il s’en accusoit.<lb/>Il en usa ainsi une fois vers son premier medecin le sieur Bouvart, et une autre fois envers moy mesme, à qui un soir, bien tard, il envoya monsieur de Chavigny pour une occasion de cette nature, et comme on l’avertit que le duc de Chevreuse apprehendoit qu’il n’eut en son cœur quelque aversion ou quelque froideur contre luy, il pria monsieur le prince de Condé de l’asseurer du contraire.<lb/>Or depuis ce dure combat contre l’ennuy et le degout de la vie, dont par forme de digression je me suis un peu detourné, il en eut deux autres à soutenir, mais à beaucoup pres plus legers, contre deux inquietudes qui l’attaquerent : l’une de n’avoir pu donner avant son trepas la paix à la chrestienté, quelque veritable desir qu’il en eut, et il surmonta celle cy de [p. 39] luy mesme, par la resolution qu’il prit de se conformer à l’ordre de la providence de Dieu et de la luy demander par ses prieres quand il auroit le bonheur de le voir au ciel ; l’autre estoit fondée en l’affection naturelle qu’il avoit pour son royaume, car il l’aimoit par preference à toute autre chose apres Dieu et son salut, et je l’ay veu quelquefois disputer jusques au scrupule s’il ne pechoit point en l’aimant avec un peu trop d’exces, qui luy jetta de fort grandes apprehensions en l’ame que nous n’eussions beaucoup à souffrir apres sa mort.<lb/>Mais contre cette anxieté interieure, je luy representay devant les yeux qu’il ne se devoit point mettre en peine des choses futures, apres y avoir pourveu de sa part en la maniere qu’il avoit jugée la meilleure, que la sagesse de la Providence divine, à qui seule il appartient de disposer souverainement du bonheur et du malheur des Estats en ordonneroit à sa volonté, qui ne peut jamais cesser d’estre bonne, et qu’apres tout, quand il luy plairoit de donner quelque contrepoids à l’elevation de la France et l’humilier à son tour, ainsi que l’avoient esté tous nos ennemis sous son regne tousjours heureux, tousjours triomphant, nous serions tenus de faire de necessité vertu [p. 40] et de nous resoudre à l’exercice de la patience, nous soumettant avec humilité et avec respect aux ordres d’en haut, qui sont toujours saincts et adorables.<lb/>Cette pensée luy sembla si juste que, non content d’y acquiescer à l’heure mesme, il la mit encore depuis en pratique à l’occasion de quelques uns de ses serviteurs qui avoient eu la mesme crainte et la mesme apprehension que luy.<lb/>Or comme je m’apperceus que ses forces alloient diminuant à veue d’œil, je me sentis obligé de redoubler mes soins pour le service et le salut de sa personne, et quoyqu’il y eut longtemps que j’estois passé du vieux chateau au chateau neuf, neantmoins je jugeay à propos de mettre ma paillasse dans son cabinet, joignant la porte de sa chambre, pour estre à luy au premier signe, c’est à dire presqu’à tous les momens de la nuit.<lb/>Mais à moins que d’ouyr ce signe ou d’estre appellé, je m’abstenoir de me montrer trop souvent à luy, de peur d’interrompre son entretien avec Dieu, qui estoit l’unique ou le plus grand contentement qu’il eut au monde, m’avouant luy mesme un jour qu’il n’avoit point de plaisir egal à celuy de la priere.<lb/>Plusieurs aussi l’on veu dans son lit battre [p. 41] sa poitrine, les yeux à demy fermez, pour mieux cacher se devotion. Mais des lors qu’il m’apercevoit, il quittoit tout pour ouyr ce que j’avois à luy dire, quoyque d’ordinaire il ne valut pas ce qu’il ruminoit en son ame. D’ailleurs, je craignois encore de luy charger ou de luy occuper trop l’esprit, qui n’avoit rien ordinairement plus à cœur que de penser aux moyens de mettre fin aux desordres de la guerre, de conclure son traité de paix, de nommer aux benefices à mesure qu’ils venoient à vacquer, et de recevoir les adieux de la noblesse qui alloit combattre en son armée de Picardie sous monsieur le duc d’Anguien, qu’il avoit luy mesme choisy pour en avoir le commandement et la conduite.<lb/>De plus, il avoit à disposer de quelques eveschez vacans, où il cherchoit encore des hommes capables, et de quelques abbayes reservées pour un dessein qui n’eut point d’effet, à regler ses gratifications, à ordonner de ses legs pieux et du lieu de sa sepulture apres sa mort, articles qui luy couterent trois apres disnées qu’il y employa en presence de monsieur le cardinal Mazarin, du sieur de Chavigny, qui tenoit la plume, et de son confesseur, tous trois enfermez dans sa chambre.<lb/>Et à ne point dissimuler la verité, je puis dire que les eveschez furent donnez saintement [p. 42] et les abbayes charitablement, que ny ses gratifications ny ses legs pieux ne furent point à charge à personne par un pur desir d’epargner son peuple, qu’il n’oublia aucun de ses domestiques, non pas mesme le boulanger du pain de ses chiens, connoissant par nom tous ceux qui estoient sur l’estat de sa Maison et en ayant fait faire une liste, qu’il fit deux fondations considerables à Saint Denys, tant pour le repos de son ame que pour le repos de celles du feu roy son père et de la feue reyne sa mere, qu’il en fit encore une à Chantilly et une autre à Versailles, dont l’eglise ayant besoin de reparation, il en chargea le sieur de Noyers pour luy tesmoigner qu’encore qu’avec sa permission il se fut retiré de la Cour, il ne laissoit pas d’avoir bonne opinion de sa probité et de faire estime de sa personne ; qu’il envoya sur la frontiere beaucoup d’aumones secrettes pour estre distribuées à grand nombre de villages par des peres de la Mission, et quantité d’autres aux environs de Paris par les soins de monsieur de Meaux qui luy avoit desja rendu quelqu’autre fois ce bon service lorsqu’il estoit en pleine santé ; qu’une partie considerable fut assignée au mesme prelat pour en faire l’application à l’ornement de la chasse de sainct Fiacre, le tout pris sur un fonds qui estoit entré fort à propos dans les [p. 43] coffres du tresorier de ses Menus Plaisirs, et ce qui en demeura de reste apres toutes ces pieuses applications, qui ne montoient pas à une somme legere, fut laissé à la disposition des trois personnes par luy commises pour l’execution de ces bonnes œuvres.<lb/>Enfin, pour le regard de son corps, il declara qu’il entendoit qu’il fut inhumé à Saint Denys au tombeau de ses predecesseurs, sans ceremonie toutefois, pour la decharge de l’Estat qu’il plaignoit fort et qu’il s’efforça de soulager en tout de tout son pouvoir.<lb/>Il est vray qu’il avoit souhaitté, par principe de pudeur, si je ne me trompe, et par motif d’honnesteté, que l’ouverture n’en fut point faite selon la coutume, mais, luy representant qu’il falloit necessairement le garder l’espace de quelques jours et l’exposer en public à la royale, et qu’à moins d’estre embaumé il seroit comme impossible dans la saison, qui estoit chaude, qu’on n’en ressentit quelque sorte de mauvaise odeur, il condescendit à ma remontrance.<lb/>Puis, voulant aussi que j’eusse part à son testament, il me regarda d’un œil capable de tirer les larmes des yeux avec ces paroles : C’est mon cœur, dit il, que je vous donne, vous le voulez bien ! A ce trait de bonté incomparable, je ne fis reponse qu’avec une profonde reverence, asseurant [p. 44] Sa Majesté que ce jour là Elle nous fairoit le plus riche don qu’Elle pouvoit faire, et à l’heure mesme je luy en rendis tres humbles graces au nom de toute nostre compagnie.<lb/>Il est vray que ce cœur royal, qui a tousjours esté en la main de Dieu, nous fut delivré apres sa mort, mais il faut avouer que cette mort arriva trop tost de plusieurs années pour Saint Louis, dont Sa Majesté a fondé et baty l’eglise, où la Reyne regente a fait mettre ce depot sacré, enchassé en or, et l’a honoré d’une depense digne de sa magnificence royale et de son amour conjugal.<lb/>Or apres avoir terminé toutes ces affaires, son passage de la terre au ciel s’avançant tousjours, monsieur de Lisieux se presenta pour l’ayder en cet accessoire et se joindre à monsieur de Meaux, qui s’en acquittoit parfaitement. Monsieur le duc de Vantadour, chanoine de Nostre Dame de Paris, y parut encore et fut veu de Sa Majesté de fort bon œil ; le pere Vincent y vint aussi par deux fois, selon le desir de la Reyne, qui le proposa au Roy, mais ce grand prince n’y consentit qu’à la charge que son confesseur n’y eut point de difficulté, tant il avoit l’esprit present à toutes les choses qui se passoient autour de luy, et il y eut assez de bonté en cette excellente princesse pour se vouloir donner la peine, toutes les deux fois, de m’en [p. 45] parler, ce qui me ravit en admiration et m’obligea non seulement de luy en rendre mes actions de grace, mais de l’en supplier tres humblement.<lb/>Ainsi ce secours nous estant venu, et le Roy ne me parlant gueres sans me demander : Quand sera ce qu’il faudra partir ? c’est-à-dire combien ses medecins luy donnoient encore d’heures ou de jours à vivres ! Enfin, le douzieme de may, qui fut l’avant-veille de son trepas, nous resolumes, monsieur de Meaux et moy, de luy dire qu’il seroit bien de s’y preparer par une derniere communion, qu’il recevroit de nouveau en forme de viatique, ne le pouvant faire autrement.<lb/>Joint que, si nous eussions remis cette actions au jour d’apres, avec l’incertitude s’il vivroit vingt quatre heures, nous avions encore sujet de craindre que, la fievre luy ayant desjà entierement desseché la bouche et la langue, il n’eut pas la force d’avaller la sainte hostie.<lb/>C’est pourquoy on me deputa pour luy en faire l’ouverture, et d’abord il en eut une telle joye qu’il en chanta le Te Deum, puis, s’estant reconcilié environ les sept heures du soir, il communia des mains de monsieur de Meaux ; apres quoy, prenant la main de la Reyne et celle de monseigneur le duc d’Orleans, il leur fit encore promettre de vivre en union [p. 46] et en concorde, et leur recommanda les petits princes ses enfans.<lb/>Alors, si nous eumes beaucoup de tendresse et de grands sentimens de compassion pour luy, nous n’en sentimes pas moins pour cette bonne princesse, laquelle, ayant delogé du vieux chateau pour estre plus pres du Roy, ne laissoit pas de s’y rendre tous les jours pour se prosterner au pied des autels devant Jesus Christ exposé au Saint sacrement, afin d’implorer le secours du ciel pour son cher espoux, et de faire</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_19910_actor">Dinet, Jacques </persname>
            <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
            <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
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            <p>Jacques Dinet, L’idée d’une belle mort, ou d’une mort chrestienne, dans le récit de la fin heureuse de Louis XIII, surnommé le Juste, roy de France et de Navarre, Paris, Imprimerie royale, 1656.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans le journal d’Olivier Le Fèvre d’Ormesson</unittitle>
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            <unitdate normal="1643/1672" encodinganalog="3.1.3">6 mars 1643-27 avril 1672</unitdate>
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              <persname id="atom_21743_actor">Le Fèvre d’Ormesson, Olivier</persname>
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            <note>
              <p>Maître des requêtes, premier rapporteur au procès de Nicolas Fouquet (en 1664).</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 13] [6 mars 1643] Le Roy estoit à Saint Germain, se portant mieux de la maladie qu’il avoit eue pendant sept ou huit jours. Chacun le considere comme un prince usé et qui ne peut encore longtemps subsister. La cour, sur cette pensée, se partage.<lb/>[…]<lb/>[p. 14] [8 mars 1643] M. de Jouy nous vint voir, qui nous dit qu’il avoit accompagné Monsieur, frere du Roy, à Saint Germain, où le Roy luy avoit fait grand accueil, qu’il s’estoit justifié des bruits que l’on avoit fait courir de [p. 15] luy à Paris, d’avoir voulu briguer la regence et de s’estre ligué avec monsieur le Prince.<lb/>[…]<lb/>[p. 17] Le jeudi 12 mars, M. de Chaillou de Toisy me vint voir l’après disnée, et me dit que Monsieur, frere du Roy, ayant esté à Saint Germain, chacun l’avoit fuy, que le Roy et la Reyne lui avoient fait un tres mauvais accueil, que M. de Mercoeur, fils aisné de M. de Vendosme, avoit esté tres bien reçu du Roy, que M. de Beaufort et Mme de Vendosme avoient eu permission de le voir du premier jour, et qu’il avoit obtenu le retour de M. de Vendosme d’Angleterre. L’on me dit aussy que Mme de La Vieuville avoit permission de revenir.<lb/>[…]<lb/>[p. 22] [6 avril 1643] La maladie du Roy divisoit toute la cour : la Royne avoit pour elle la noblesse, MM. de Vendosme et de Beaufort, de Longueville, d’Harcourt, les marechaux de La Force, de Chastillon, etc. Monsieur, frere du Roy, avoit de sa part quelques personnes qui s’estoient declarées pour luy contre la Reyne, scavoir le premier president, les presidens de Maiso,s et de Nesmond, et le procureur general. M. le Prince, de son costé, faisoit sa brigue. Il me dit encore que le jour du vendredy saint, le cardinal Mazarin s’estant levé pour aller à l’adoration de la croix apres la Reyne, le duc de Beaufort se leva aussy, [p. 23] mais il yt arresté par la Reyne, qui le retint et fit que le Mazarin y allest, et M. de Beaufort n’y fut point.<lb/>La maladie du Roy arrestoit toutes choses, en ce que les ministres ne vouloient rien resoudre sans luy, et ainsy que l’on ne pouvoit donner tous les ordres necessaires pour faire avancer les troupes ; les ennemis faisoient leurs assemblées au Quesnoy.<lb/>Le Roy est reduit au lait de vache, qu’il a bien digeré pour la premiere fois ; il a un flux epatique, et par l’avis de M. Juif, qui assista hier à une grande consultation, il est malaisé qu’il en rechappe.<lb/>[…]<lb/>[p. 26] [16 avril 1643] L’après disnée, je fus à Amboille et revins le dimanche au soir. A mon retour, j’appris comme le Roy, se sentant desfaillir, avoit fait sceller des lettres patentes par lesquelles il declaroit la Reyne regente, Monsieur lieutenant general du royaume, M. le Prince chef du conseil, et avoit nommé ceux qu’il desiroit composer le conseil.<lb/>Le lundy matin, M. Pichotel me vint dire les nouvelles, qui estoient la declaration pour la regence, que messieurs du parlement estoient mandés à Saint Germain, que M. d’Emery seroit secretaire d’Estat au lieu de M. Le Tellier, à qui l’on donneroit la charge de lieutenant civil, qu’on luy venoit de dire que le Roy estoit mort, que M. le grand maistre estoit arresté prisonnier. Je fus disner chez Mme de Fourcy, où j’appris les mesmes nouvelles, et tout le monde dans Paris croyoit le Roy mort, et l’on ne tesmoignoit pas grande douleur. Le bruit de la mort du Roy avoit couru sur ce que, le matin, il avoit eu une grande foiblesse et on l’avoit cru mort. Pour M. le grand maistre, ayant eu peur que MM. de Vendosme n’entreprissent contre luy, il avoit envoyé, en diligence, un valet de chambre à Paris avertir ses amis et serviteurs de le venir trouver, et de fait il revint accompagné [p. 27] de trente ou quarante gentilshommes. M. Pichotel me dit que l’on avoit nommé MM. d’Aligre et Bignon, conseillers d’Estat, pour faire l’inventaire des biens de M. le cardinal, et que le lendemain de la disgrace de M. de Noyers l’on avoit fait porter à l’epargne quatorze cent mille livres qui estoient chez M. de Mauroy, appartenant à la succession de M. le cardinal, et que M. de Mauroy en avoit donné l’avis.<lb/>Le soir, apres souper, M. de Breteuil, conseiller de la cour et commissaire en la premiere chambre des requestes du Palais, nous vint voir et nous dit comme ils avoient reçu au parlement, sur les huit heures, une lettre de cachet qui leur ordonnoit d’envoyer des deputés à Saint Germain sur les deux heures, qu’il avoit esté deputé de sa chambre avec M. de Machault, qu’il y avoit eu contestation dans les Enquestes entre les presidens et les conseillers sur ce que la lettre de cachet ne demandoit que deux conseillers de chaque chambre, neantmoins il y avoit eu beaucoup de presidens parmi les deputés, qui tous ensemble s’estoient rendus à Saint Germain sur les deux heures, et estant descendus dans le chasteau neuf avoient esté conduits dans une chambre proche celle du Roy, où M. le chancelier les estoit venu trouver avec un visage fort gai, tenant la declaration du Roy pour la regence en sa main, et leur ayant dit que le Roy les avoit mandés pour leur dire de bouche sa volonté sur la declaration de la regence, il leur fit voir comme le Roy avoit escrit de sa propre main ces mot : comme estant ma tres expresse et derniere volonté, et signé Louis, par la Reyne, Anne, et par Monsieur, Gaston, et par trois secretaires d’Estat, Phelypeaux, Bouthillier, Guenegaud ; qu’incontinent ils avoient esté introduits dans la chambre du Roy, qui estoit tout etendu sur son lit, dont les rideaux estoient levés des trois costés, la Reyne assise au pied du lit, ayant M. le Dauphin devant elle, Monsieur debout aupres, et M. le Prince à la ruelle ; au chevet du lit, le cardinal Mazarin, et aupres de luy M. le chancelier, le reste de la chambre plein de princes et seigneurs ; et s’estant tous avancés autour du lit, et le Roy ayant demandé si tous ces messieurs estaient là, il leur dit avec une voix forte et facile qu’il les avoit mandés [p. 28] pour leur dire que, Dieu l’ayant affligé de plusieurs et grandes maladies, il avoit resolu de donner ordre au gouvernement de son royaume au cas que ce fust le plaisir de Dieu de disposer de sa vie, qu’il avoit fait une declaration que son frere (regardant Monsieur) leur porteroit demain avec M. le chancelier, qu’il leur commandoit de la verifier et de luy rendre en cela et en tout l’obeissance qu’ils luy devoient ; et puis, ayant cessé, il repris que pour les exilés de leur corps, il leur pardonnoit de bon cœur et trouvoit bon qu’ils le vinssent servir dans le parlement. M. le premier president luy ayant fait un petit compliment, ils s’estoient retirés avec M. le chancelier, et, ayant commencé à concerter de l’ordre des seances, M. le chancelier leur avoit tesmoigné que Monsieur desiroit prendre place entre luy et M. le premier president. A quoy ayant esté repliqué que l’ordre estoit que Monsieur prist la place ordinaire sur le banc des conseillers, conforme à la seance observée pour le duc d’Anjou, frere de Charles IX, estant venu au parlement pour la verification des lettres patentes pour sa lieutenance en 1567, M. le chancelier en demeura d’accord.<lb/>[…]<lb/>[p. 33] Le jeudy 23, […] je scus d’un parente de madame de Fourcy, qui revenoit de Saint Germain, que le Roy avoit reçu l’extresme onction sur le onze heures, et qu’il s’affoiblissoit et de voix diminuoit [p. 34] extresmement, que c’estoit une consternation estrange dans Saint Germain. […]<lb/>Le vendredi 24 avril, […] l’on disoit que le Roy se portoit mieux. Apres souper, vint un homme de la part de M. de Chezieres, frere de M. de Collanges, qui revenoit de Saint Germain, nous dire que le Roy se portoit bien mieux, avoit dormi, estoit sans fievre, avoit changé de lit, s’estoit fait nettoyer les dents et peindre la barbe, et qu’on en esperoit bien.<lb/>Le lundy 27 avril au matin, je fus voir M. de Nivion, qui me dit que M. de Montbazon luy venoit de mander que le Roy estoit bien mal.<lb/>[…]<lb/>[p. 35] Le mardy 28 avril, je fus avec mon père chez M. le chancelier, où j’appris que le Roy estoit tres mal, que M. le surintendant venoit d’entrer et conferoit avec M. le chancelier, qui monta incontinent en carrosse pour aller tenir le conseil, et M. le surintendant pour aller à Saint Germain.<lb/>Le jeudy 30 avril, M. des Ouches, gentilhomme chez Monsieur, vint voir mon père, et nous dit que le Roy se portoit bien mieux, que les medecins en avoient bonne opinion, et que Monsieur estoit monté à cheval pour s’en aller rejouir, que le Roy montroit une telle resolution à la mort qu’il ne souhaitoit pas de guerir et qu’il estoit admirable de l’en entendre parler ; que dans ses bonnes heures, il railloit et avoit dit à Monsieur que le jour qu’il reçut l’extresme onction, il avoit pensé eclater de rire, entendant un prestre commencer une antienne d’un mauvais ton, que la Reyne et Monsieur estoient en tres bonne intelligence et le seroient toujours, outre leurs interests communs, y ayant de l’inclination.<lb/>Apres je fus voir M. Briçonnet, qui me dit qu’il avoit esté le jour precedent à Saint Germain, que le Roy se portoit un peu mieux, mais avec si peu de changement que l’on n’en pouvoit rien dire : la cour estoit telle que l’on ne pouvoit plus s’y tourner, M. de Bassompierre plus poli que jamais, que l’on vouloit tirer la demission de M. de La meilleraye de sa lieutenance de Roy en Bretagne au profit de M. de Gesvres, et ce sous pretexte qu’il en avoit le gouvernement.<lb/>[…]<lb/>[p. 37] Le samedy 2 mai, […] arriva un courrier de Saint Germain qui dit que le Roy se portoit mieux et avoit assez bien dormi la nuit.<lb/>[…]<lb/>[p. 38] Le lundy, M. de Saint Poange nous dit comme M. Le Tellier estoit arrivé et aussytost allé à Saint Germain, mais qu’il n’avoit point de nouvelles qu’il eust encore presté le serment ; il ne doit avoir qu’une commission de six mois. […] Pour la santé du Roy, elle diminuoit en ce qu’il n’y avoit aucun mandement ; mais sa resolution estoit telle qu’il ne souhaitoit avoir assez de santé pour pouvoir, de son vivant, donner la paix à la France. […]<lb/>Le mardy matin, […] j’allai avec mon père disner chez M. de Leon. M. d’Emery y vint apres, qui nous dit que le Roy se portoit bien mieux, que M. Bouvard, premier medecin, en esperoit beaucoup et avoit fait renvoyer les autres medecins, esperant qu’il pourroit gouverner la maladie du Roy sans assistance. Il nous dit que M. Le Tellier avoit fait le matin le serment, entre les mains du Roy, de la commission de secretaire d’Estat pour six mois, que le Roy y avoit à peine consenti, disant que, pour exercer la commission, [p. 39] M. Le Roy, premier commis, suffisoit, que M. Le tellier vouloit donner cent mille ecus de la demission de M. de Noyers et qu’il n’en voudroit point pour ce prix.<lb/>[…]<lb/>Le mercredy 6 mai, au conseil des finances, où estoit M. le Prince. Pendant le conseil, il reçut nouvelles de Saint Germain, en dit seulement un mort à M. le chancelier et au surintendant, ce qui faisoit juger qu’elles n’estoient pas bonnes. Neantmoins, tout le monde disoit que le Roy se portoit bien mieux. […]<lb/>Le vendredy 8 mai, conseil des parties. M. le chancelier estoit revenu la veille de Saint Germain. La maladie du Roy estoit en mesme estat.<lb/>[…]<lb/>[p. 40] Le lundy au soir, 11 mai, M. de Collanges nous dit que le Roy estoit tres mal : les oses luis perçoient la peau et il estoit si foible qu’il ne pouvoit lever la teste ; il le savoit de M. Mercier, qui venoit de Saint Germain avec M. d’Angoulesme.<lb/>[…]<lb/>Le jeudy 14 mai, feste de l’Ascension, j’allais aux Minimes entretenir mon frere. Au sortir, je trouvai un de MM. de Collanges, appelé Saint Aubin, qui me dit que l’abbé de Fiesque luy venoit de dire que [p. 41] le Roy estoit mort ce matin à huit heures et que la Reyne reviendroit l’apres disnee. Au retout des Minimes, M. de Langlé me dit la mesme chose. Pendant le disner, nous envoyasmes un laquais chez M. de Malbranche, dans le faubourg Saint Honoré, pour avoir une chambre sur la rue pour voir entrer la Reyne. Nous y fusmes incontinent apres le disner. Nous rencontrasmes l’autre de Collanges, appelé Chezieres, qui revenoit de Saint Germain ; il nous dit que le Roy n’estt point mort. Nous ne laissasmes pas de nous placer dans nostre chambre. Nous estions mon frere, ma femme, sa demoiselle et moy. Jamais il ne se vit un si grand concours de peuple et de carrosses pour sortir la porte. Nous passasmes là l’apres disnée, où l’on nous fit la collation. Nous vismes Le Nostre des Tuilleries, que nous fismes monter avec nous. Sur le soir, passa Monsieur. Le comte de Bruslon nous dit que le Roy avoit esté le matin trois heures en foiblesse telle qu’on l’avoit cru mort, mais qu’il n’estoit mort qu’à deux heures et que la Reyne ne viendroit que le lendemain. Apres ce nous revinsmes par le quai du Louvre, qui estoit gardé par six ou sept compagnies du regiment des gardes.<lb/>Tout le monde publioit la mort pieuse du Roy, ses sentimens, sa connoissance. Vingt quatre heures avant que de mourir, il avoit conjuré la Reyne et Monsieur de vivre en bonne intelligence pour l’honneur de Dieu, leur interest chacun en particulier, l’interest de son fils, l’interest de toute la France ; il fit sur la mort des remarques admirables. Il est mort le jeudy, jour de l’Ascension de Nostre Seigneur, apres avoir regné trente trois ans entiers, à deux heures pres. Il n’a jamais eu de contentement en sa vie, qui a toujours esté traversée ; il a fait de grandes choses, mais sous la conduite de ses favoris, particulierement sous celle du cardinal qui, pendant vingt ans, ne luy a jamais fait faire les choses que par la contrainte, de sorte que, pendant sa maladie, il disoit que les peines et contraintes que le cardinal avoit faites sur son esprit l’avoient reduit en l’estat où il estoit.<lb/>Le vendredy 15 mai, nous allasmes, mon frere, ma femme, mademoiselle Anne Tillier et moy, des neuf heures du matin, dans nostre [p. 42] mesme chambre, qui appartenoit à une Mme Grandjuge, femme d’un lieutenant suisse, et dependoit de la maison de M. de Malbranche. Nous y demeurasmes jusques à cinq heures du soir, que passa la Reyne. Jamais tant de carrosses et tant de peuple ne sortirent de Paris. A onze heures, les seigneurs qui revenoient de Saint Germain commencerent à passer, qui à cheval, qui en carrosse. Jamais l’on ne vit tant de carrosses à six chevaux et chariots de bagage. M. le Prince passa sur les onze heures avec une troupe de vingt cinq chevaux, presque toujours teste nue. Sur le soir, M. de Bruslon passa, qui se vint mettre avec nous et nous dit que toute les troupes s’estoient mises en bataille dans la garenne de Saint Germain, en attendant la Reyne, qui y avoit esté accompagnée de tous les princes et seigneurs à cheval, et puis avoient tous pris les devans, que cela avoit esté fort beau à voir. Sur les trois heures et demie passerent M. de Montbazon, le president Boulanger, prevost des marechaux, et ensuite tous les officiers de la ville à cheval pour aller recevoir le Roy à la porte et luy faire harangue.<lb/>Sur les quatre heures commencerent à passer les premieres troupes, scavoir la moitié du regiment des gardes françoises, les officiers estoient à la teste de leurs compagnies, apres moitié du regiment des gardes suisses, à la teste estoit M. de La Chastre, leur colonel, et apres leurs officiers ; marchoient ensuite les mousquetaires à cheval, conduits par M. de Treville, leur lieutenant, apres les chevau legers, conduits par le marechal de Schomberg, leur lieutenant. Venoit ensuite le carrosse des ecuyers de la Reyne, puis marchoient à pied les gardes de la porte, les gardes du corps françois et les cent suisses. Apres estoient le carrosse ; la Reyne estoit sur le devant, avoit le Roy à sa droite et Monsieur à sa gauche. M. le duc d’Orleans, leur oncle, estoit seul à la portiere du costé de Monsieur. Mesdames de [p. 43] Lansac et de Brassac estoient à l’autre portiere. Madame la Princesse estoit au fond. Le carrosse estoit entouré de valets de pied du Roy. Derriere estoient à cheval trois capitaines des gardes, et le duc de Saint Simon qui, comme premier ecuyer, portoit la petite epée du Roy suivoient les gens d’armes et puis le carrosse des filles de la Reyne, apres l’autre moitié du regiment françois, et puis l’autre moitié du regiment des suisses. Apres estoit le carrosse de madame la Princesse, le petite carrosse du feu Roy avec les six chevaux isabelles que je luy avois vu mener, et puis le carrosse des femmes de chambre. C’estoit une tres grande acclamation de Vive le Roy ! lorsqu’il passoit. Il tesmoignoit une tres grande joie de voir tou ce peuple, et il n’en estoit point etonné, quoyqu’il n’eust point esté à Paris. Je ne le vis point, mais seulement Monsieur, qui est le plus beau prince qui se puisse voir. Tout le monde estoit amoureux de voir ces deux princes et ils disputoient ensemble à qui estoit le plus beau. Ils allerent descendre au Louvre et la Reyne manda à messieurs du parlement qu’ils eussent à différer jusques au lendemain à la venir saluer, qu’elle vouloit se reposer.<lb/>Pour le feu Roy, chacun disoit qu’il estoit mort comme un saint, et le comte de Bruslon m’a dit qu’apres cette grande foiblesse estant revenu, et M. Bouvard s’estant approché pour luy taster le poul, le Roy luy dit : « Bouvard, tu m’as promis de me dire de temps en temps combien j’ai encore à vivre ». Sur quoy Bouvard luy ayant repondu qu’il n’avoit pas encore une heure, il s’ecria : « Ah : la bonne nouvelle ! », demanda de nouveau pardon à tout le monde, et pria Dieu avec une devotion admirable. Il s’estoit confessé à M. de Lisieux trois jours auparavant et en estoit demeuré si satisfait qu’il disoit n’avoir jamais esté plus content. Le lendemain de sa mort, il fut ouvert en presence du duc de Nemours et du marechal de Vitry, deputés à cet effet, estant de l’ordre que l’ouverture se fist en presence d’un prince et d’un officier de la couronne. Il avoit un abces dans le poumon, [p. 44] un dans le mesentere, un dans le foie et un dans le rein ; il avoit les boyaux percés et dans le creux de l’estomac un sac plein de vers. Les uns disant que ce sont les vers qui les ont percés, les autres que c’est du poison. Neantmoins l’on dit que les medecins ont donné certificat comme il n’y avoit pas de poison. Dans le petit ventre, il y avoit une telle corruption que ceux qui l’ouvroient penserent crever.<lb/>On laissa aupres du corps un lieutenant avec vingt cinq gardes ; il fut exposé sur un lit de velours rouge, le corps entre deux draps avec une camisole blanche et son bonnet de nuit, sans aucune ceremonie, ainsy qu’il avoit bien desiré ; huit prestres autour de son lit, une croix et deux chandeliers, sans couronne ni sceptre sur son lit. Il doit estre porté lundy à Saint Denys sans ceremonie. Voilà pour humilier les Roys et leur faire connoistre qu’ils meurent comme les autres hommes.<lb/>[…]<lb/>M. de Beaufort a grande creance aupres de la Reyne, et s’en fait fort valoir, ce qui donne dejà peine. Il eut querelle à Saint Germain apres la mort du Roy avec M. le Prince. La Reyne l’ayant prié de faire retirer tout le monde de sa chambre, estant fort incommodée, il s’adressa à M. le duc d’Orleans, qui, à l’heure mesme, partit, et puis dit tout haut : « Messieurs, retirez vous ». Et M. le Prince luy ayant [p. 45] dit : « De quoy vous meslez vous ? », il repliqua : « D’obeir à la Reyne, estant resolu absolument d’obeir aux commandemens de la Reyne et de Monsieur ». Survint M. de Vendosme, qui pria le Prince d’excuser la promptitude de son fils et trouver bon qu’il lui en fit des excuses. M. le Prince se retira en sa chambre, où M. de Beaufort le fut trouver, puis retourna en sa chambre, où M. le Prince le fut visiter.<lb/>[…]<lb/>[p. 353] Le mardy 17 juillet [1646], M. l’evesque d’Agoulesme me dit que M. le prince de Galles estoit à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 360] Le mardy [21 août], nous partismes de Paris, mon père et moy, pour aller coucher à Sucy, et le lendemain nous arrivasmes à Fontaineblau à deux heures. J’allai au chasteau aussytost avec mon père, où nous vismes le bal que la Reyne donnoit à la reyne d’Angleterre. La reyne d’Angleterre avoit la droite, et parce que le prince de Galles ne s’assit jamais devant sa mere, le Roy se tint debout.<lb/>[…]<lb/>[p. 362] Le vendredy 7 septembre, M. le duc d’Orleans et M. le cardinal partirent pour venir à Paris. On disoit que c’estoit pour ne pas abandonner Monsieur qu’il ne fust entierement persuadé ; mais, en effet, c’estoit pour aller voir le prince de Galles à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 390] Le vendredy 9 aoust [1647], le Roy et la Reyne arriverent à Paris, ayant disné à Saint Germain en Laye, pour visiter la reyne d’Angleterre. Ils revenoient de Dieppe.<lb/>[…]<lb/>[p. 449] [19 février 1648] Le Roy et la Reyne estoient allés voir cette journée, à Saint Germain, la reyne d’Angleterre. Les uns disoient que le Roy avoit esté mené à Londres, où le parlement lui faisoit son proces, les autres qu’ils luy avoient coupé le col, et declaré sa race indigne de la couronne d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 464] Le jeudy 19 mars, au Palais, j’appris que la Reyne avoit tesmoigné grande satisfaction de la soumission du parlement, qu’il y avoit eu un si grand concours de noblesse au Palais Royal, lorsque messieurs du parlement y estoient allés, qu’ils avoient eu toutes les peines du monde d’entrer dans le cabinet. L’apres disnée, je fus voir M. du Bignon, qui me dit la mesme chose et que, lorsqu’ils porterent l’arresté, l’on avoit attendu le retour de Monsieur, de Saint Germain ; qu’ils ne l’avoient presenté qu’à huit heures du soir ; que la Reyne l’avoit reçus sans respondre mot.<lb/>[…]<lb/>[p. 556] [26 août] Comminges, lieutenant des gardes de la Royne, alla chez M. de Bruxelles, le trouva sortant de table, le pressa de le suivre avec quelques paroles rudes, et l’emmena en pantouffles et en manteau, et ce parce qu’il craignoit la rumeur ; il l’empescha de prendre aucun livre. Le peuple courut apres le carrosse, qui rompit pres du [p. 557] Palais. Là on le menaça du poignard s’il parloit, en disant que l’on en avoit ordre. Comminges fit descendre une damoiselle qui passoit [p. 558] en carrosse, fit monter M. de Buxelles dedans sa voiture et l’emmena vers le Palais Royal. Le peuple qui suivoit fut arresté par les [p. 559] gardes. Au Palais Royal, ils trouverent un autre carrosse avec lequel ils le menerent à Madrid, où ils le firent chasser, et de là à Saint [p. 560] Germain en Laye, d’où il partit le jeudy, et le ramenerent par la France pour le conduire à Sedan.<lb/>[…]<lb/>[p. 572] Le dimanche 13 septembre, je fus pour aller à la messe du Roy. J’appris de M. Rose que le Roy estoit parti des six heures du matin avec M. le cardinal pour Ruel, que la Reyne iroit l’apres disnée, que M. de La Meilleraye estoit aussy parti. Chacun commençoit à parler comme d’une fuite de Paris.<lb/>[…]<lb/>[p. 578] [22 septembre] M. le premier president fut obligé d’aller à Saint Germain des l’apres disnée. M. le president de Longueil fut deputé avec deux conseillers pour aller convier les princes. […]<lb/>Le mercredy 23 septembre, je fus au parlement, où M. le premier president fit la relation de ce qui s’estoit passé à Saint Germain. Il dit qu’aussytost qu’ils furent arrivés, on les fit entrer dans le cabinet où estoit la Reyne, M. le duc d’Orleans, M. le Prince, M. le prince de Conty, M. le duc de Longueville et M. le chancelier ; qu’ayant tesmoigné à la Reyne les apprehensions qu’avoit données la sortie du Roy si extraordinaire et sans aucune marque de la majesté royale, que les meubles enlevés de toutes les personnes de la cour donnoient sujet de craindre que l’on ne voulust entreprendre quelque chose, que ces inquietudes estoient une marque de la veritable affection que les habitans de Paris avoient pour leur Roy, que le parlement, [p. 579] en ayant connu la consequence, les avoit deputés pour la supplier de vouloir, par sa presence, dissiper toutes ces apprehensions que les ennemis du repos public alloient augmentant et de faire retirer les troupes que l’on disoit s’approcher de Paris.<lb/>Sur ce, la Reyne luy avoit dit que les apprehensions de Paris estoient sans aucun fondement, qu’elle avoit donné aux colonels et capitaines toutes les assurances de son affection pour Paris, que la saison avoyt convié le Roy à sorti, que s’il estoit sorti le matin, c’estoit une marque de son impatience quand il alloit aux champs, qu’elle n’estoit sortie que l’apres disnée, avoit esté tout le matin par la ville fort peu accompagnée, pour marquer sa confiance, qu’elle n’avoit aucun ressentiment du passé et qu’elle retourneroit bientost à Paris.<lb/>M. le premier president ajouta que M. le duc d’Orleans leur avoit dit ensuite qu’il avoit esté convié par les deputés du parlement de s’y trouver le lendemain, mais qu’il n’iroit pas, ayant appris que les propositions qui s’y faisoient estoient contre le service du Roy et le bien de l’Estat, qu’il n’abandonneroit point la Reyne, que M. le Prince avoit dit la mesme chose et M. le prince de Conty et M. de Longueville.<lb/>[…]<lb/>[p. 580] L’apres disnée, tout Paris estoit en alarme : l’on avoit enlevé des la veille le petit Monsieur, dans une chaire, et on l’avoit mené à Rueil. Le jour mesme, le Roy et la cour estoient allés à Saint Germain : l’on [p. 581] disoit que c’estoit pour s’enfuir. Chacun voulut faire provision de pain et de blé, dont il y eut grand bruit aux halles. L’on pilla un demy muid de blé aux jesuites. Force gens voulurent enlever leurs meubles, dont il y en eut de pillés, un au marquis de Laigle, l’autre à Mme de Bretonvilliers, où on luy prit huit mille francs. On a dit depuis que celuy dont elle avoit reçu cet argent en avoit esté la cause.<lb/>Le jeudy 24 septembre, le parlement s’estant assemblé, l’on dit que M. de Choisy et le chancelier de Rivière demandoient à entrer de la part de M. le duc d’Orleans et de M. le Prince. On les fit entrer et seoir entre les conseillers vis à vis des presidens. Ils presenterent chacun une lettre de la part de leur maistre, avec protestation de service pour la compagnie. Apres lecture faite des deux lettres, par lesquelles les deux princes demandoient des deputés pour entrer en conference à Saint Germain, les envoyés s’estant retirés, la conference fut acceptée par tous, mais quelques uns vouloient qu’elle se fist dans l’hostel de ville. Neantmoins, il passa à aller à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 603] Le mercredy 6 janvier [1649], feste des roys, à sept heures, Mme de Sevigny m’envoya dire que le Roy estoit parti la nuit ; jamais nouvelle ne me surprit tant. J’allai chez M. de Lamoignon, où la mesme nouovelle me fut confirmée, que la porte Saint Honoré estoit gardée, et que le peuple avoit forcé le bagage du Roy de rentrer dans le Palais Royal. Je revins donner ordre pour avoir du pain pendant huir jours. La pluspart de la cour se hastoient de partir, mais la pluspart des portes estoient fermées, et personne ne sortoit. L’on pilloit les chariots qui vouloient sortir. Jamais l’estonnement ne fut plus grand : le parlement s’assembla l’apres disnée et donna arrest que les bourgeois se mettroient en armes pour la seureté de la ville, que l’on ne laisseroit sortir personne. Il enjoignit au prevost des marchands de tenir la [p. 604] main pour faire venir des vivres, avec deffense aux gouverneurs des places de recevoir des garnisons. […]<lb/>[p. 606] L’Hostel de ville deputa, sans en parler au parlement, les sieurs Fournier et Helyot, eschevins, et les sieurs Barthelemy d’Oinville et [vide], conseillers de ville, pour aller à Saint Germain. Pour nous, maistre des requestes du quartier de janvier, nous envoyasmes Engrand, nostre huissier, pour recevoir les ordres de M. le chancelier et l’assurer que nous les executerions.<lb/>Cependant les portes estoient gardès tres exactement, en sorte que le bagage du Roy, ayant voulu sortir fut repoussé dans le Palais Royal. L’estonnement estoit grand, chacun doutant à quoy se resoudre. J’oubliois qu’au parlement l’on avoit arresté d’establir la chambre de police et, à cet effet, mandé aux compagnies d’y deputer pour le lendemain apres disner.<lb/>[p. 607] Le vendredy 8 janvier, ayant esté deputé des maistres des requestes, MM. Pinon, Chomel, Tillier et moy, pour assister au parlement, je m’y trouvai de tres bonne heure et remarquai grande consternation. M. le premier president et M. Le Coigneur s’entretenant avec chaleur, le premier president luy disant qu’il avoit esté surpris à la nouvelle de la sortie du Roy, et que sa proposition avoit fait prendre ce party, et qu’il ne scavoit que penser de tout cecy. […]<lb/>Apres, ayant esté annoncé que les gens du Roy estoient de retour de Saint Germain, ils furent mandés. M. Talon, suivi de M. le procureur general et de M. Bignon, dit que, suivant les ordres de la compagnie, ils s’estoient mis sur le chemin de Saint Germain, et, passant par la rue Saint Honoré, avoient rencontré une populace assemblée, armée et furieuse, sans ordre ni commandement, et avoient avec peine sorti la porte au peril de leurs personnes ; qu’ayant passé le pont du Pec, estant au haut de la montagne, ils avoient esté arrestés de la part de la Reyne par un gentilhomme qui leur avoit dit qu’elle l’avoit envoyé vers eux pour scavoir s’ils venoient comme particuliers ayant executé les volontés du Roy, que s’ils venoient de la part du [p. 608] parlement parti pour Montargis, ils estoient les bienvenus, mais que s’ils venoient de la part du parlement seant à Paris, ils n’avoient qu’à retourner et que la Reyne leur deffendoit de passer outre.<lb/>Sur quoy luy ayant demandé son nom pour scavoir qui leur portoit ce commandement, apres quelques refus, il leur avoit dit enfant qu’il s’appeloit Sanguin, maistre de l’hostel ordinaire du Roy. Apres quoy, luy ayant dit qu’ils ne recevoient de parole de la Reyne que par la bouche de M. le chancelier, qu’ainsy ils ne pouvoient deferer à son commandement ; qu’ils auroient bien souhaité parler à la Reyne, mais qu’au moins ils demandoient à parler à M. le chancelier ; qu’ils avoient enfin obtenu qu’il iroit en faire instance de leur part, mais à condition de ne partir de leur place, où ils avoient attendu un bon quart d’heure ; que ce mesme gentilhomme estoit revenu leur dire que M. le chancelier ne pouvoit parler à eux s’ils ne venoient de la part du parlement obeissant et parti pour Montargis, et qu’ils eussent à s’en retourner sans passer plus avant ; qu’ils luy avoient encore demandé de pouvoir entrer dans le bourg pour y passer la nuit, n’estant pas heure de retourner, estant neuf heures ; qu’il estoit retourné une seconde fois et leur estoit revenu dire qu’ils pouvoient entrer dans le bourg.<lb/>Ce qu’ayant fait, ils estoient descendus à la Conciergerie, où M. de Longueil les avoit bien reçus ; que là ils avoient vu M. de Guenegaud, secretaire d’Estat, M. son frere et M. Tubeuf ; qu’ayant fait instance pour parler à M. le chancelier, et la Reyne l’ayant enfin trouvé bon, ils avoient esté introduits dans son cabinet, où luy ayant voulu parler, il avoit d’abord pris la parole, pour leur dire qu’il ne pouvoit les entendre venant de la part du parlement seant à Paris et desobeissant ; que la Reyne estoit fort offensée du mespris qu’ils avoient fait de ses ordres ; qu’ils avoient refusé d’entendre le sieur de Lisle et de recevoir son paquet ; que la reyne vouloit qu’ils y obeissent, et il mit le paquet es mains de M. le procureur general [p. 609] pour le porter à la compagnie (et au mesme temps, M. le procureur general le mit sur le bureau) ; que M. le chancelier leur avoit ensuite tesmoigné que la Reyne n’avoit pu souffrir toutes ces assemblées et qu’au prejudice de sa parole le parlement eust recommencé apres la Saint Martin ; qu’elle vouloit estre obeie. Sur quoy, estant retirés, ils estoient partis la nuit pour estre à l’entrée de l’assemblée de Messieurs ; qu’il pouvoit dire qu’il avoit reconnu une tres grandes consternation sur tous les visages des estranges desseins que l’on avoit pris contre le parlement, s’il n’obeissoit ; que, pour cela, les troupes avançoient de tous costés, commandées par M. le duc d’Orleans et M. le Prince ; qu’il pouvoit assurer qu’à l’heure qu’il parloit Paris estoit bloqué et tous les passages des vivres fermés.<lb/>[…]<lb/>[p. 614] [9 janvier 1649] M. Fournier dit ensuite qu’ayant esté deputé de l’Hostel de ville, il estoit allé à Saint Germain avec un eschevin et deux conseillers de ville et, ayant esté introduits en suite des deputés de la chambre des Comptes et de la cour des Aydes, ils s’estoient jetés aux pieds du Roy et de la Reyne, et qu’il leur avoit dit que la bonne ville de Paris les avoit deputés pour venir tesmoigner son desplaisir d’avoir perdu la presence de son Roy et de voir tous les preparatifs pour estre assiegée, que cette ville, qui avoit tousjours esté obeissante et fidele, et qui conservoit par son exemple les autres villes du royaume, ne pouvoit s’imaginer pourquoy elle tomboit dans l’indignation de son Roy dans un temps qu’elle ne respiroit que son service, et de voir ses mains armées pour la destruction d’une si belle ville ; qu’ils le supplioient de ne pas vouloir ruiner et perdre une ville que le roy son grand père Henry le Grand avoit ornée et augmentée, qu’ils esperoient que la Reyne, qui, ayant eu l’honneur de donner à la France son Roy et Monsieur son frere, pouvoit estre appelée la mere de l’Estat, ne deschireroit pas ses propres entrailles et ne ruineroit pas le royaume de son fils, qu’elle auroit compassion du miserable estat de la ville, des hospitaux et des communautés de religieuses, qui sont dans une consternation epouvantable, et enfin auroit pitié de son paure peuple, et que ne pouvant mieux exprimer la douleur de Paris que par ses larmes, sa parole luy avoit manqué.<lb/>Le sieur Fournier ajouta que la Reyne avoit respondu qu’elle aimoit la bonne ville de Paris, mais qu’elle vouloit estre obeie par le parlement, que c’estoit luy seul qui resistoit à ses volontés, et que, le [p. 616] parlement sortant par une porte, elle rentreroit par l’autre avec toute sorte d’abondance ; qu’ils s’estoient jetés aux pieds de tous les princes pour les prier d’interceder pour eux, mais qu’ils n’avoient pu rien obtenir, et enfin avoient esté obligés de se retirer. […]<lb/>[p. 617] L’apres disnée, j’appris que les deputés de la chambre des Comptes et de la cour des Aydes avoient esté bien reçus, à condition qu’ils ne parleroient point du parlement. M. Amelot ayant harangué, et la Reyne luy ayant dit que le parlement estoit dans la desobeissance, il luy repliqua : « C’est luy neantmoins, Madame, qui a conservé la couronne à la maison de Bourbon et qui vous a declaré regente ». La Reyne luy repartit : « Vous dites cela sans ordre de votre compagnie ; elle vous desavouera pour une seconde fois. Vous estes un fat, et, si ce n’estoit la consideration de ceux qui sont avec vous, je vous ferois mettre en prison ». M. le Prince ajouta : « Madame, vous luy faites tort : il faut l’envoyer aux Petites Maisons, c’est un fol ». Pour la chambre des Comptes, la Reyne leur offrit des logemens dans Saint Germain. Ils respondirent qu’ils estoient obligés de retourner à Paris rendre compte à leur compagnie. Je vis M. d’Angoulesme, qui tesmoignoit vouloir estre arbitre et mediateur entre le Roy et le parlement. M. d’Avaux se retira à Saint Germain dans un carrosse des deputés, habillé en maistre des comptes.<lb/>[…]<lb/>Le mercredy 13 janvier, M. le president Perrot proposa d’assister la reyne d’Angleterre de quelque argent, estant en grande extremité. Chacun l’approuva. Cependant l’affaire mise en deliberation, quelques uns dirent qu’il falloit n’estre pas si facile à donner de l’argent dans la necessité presente. Il fut arresté d’envoyer sans faire eclat le greffier de la cour mettre es mains de son tresorier vingt mille livres [p. 629] pour un mois, et faire excuse sir la compagnie n’avoit pu faire davantage.<lb/>[…]<lb/>[p. 631] [14 janvier] L’on dit de Saint Germain que la consternation y est tres grande. L’on s’y retranche les vivres, qui sont plus chers qu’à Paris, toute la cour faisant remonstrance à la Reyne de l’estat auquel elle reduit la France par son opiniastreté. L’on dit que M. le duc d’Orleans est observé, et que M. le Prince seul veut soustenir cette affaire et qu’il est furieux, que hors les Allemandes, toutes les troupes promettent de ne se point deffendre contre les Parisiens, que M. de Vitry est arrivé, que l’on a arresté à Saint Germain Bussy Lamet et, en contre [p. 632] echange que M. le prince de Conty a fait arrester l’evesque de Dol, resolu de luy faire pareil traitement que l’on fera à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 639] Le vendredy 22 janvier, nous deliberasmes au Palais sur les rapports à nous faits par Herbin que M. le chancelier, le lendemain des Roys, à Saint Germain, luy avoit donné charge de nous avertir d’aller à Saint Germain quand nous pourrions, qu’il en avoit dit autant à M. de Leon, qui avoit dit que, quand M. le chancelier luy escriroit, il demanderoit un passeport. Les uns estoient d’avis de ne rien dire, les autres, dont j’estois, de demander passeport au parlement pour nostre descharge, scachant bien qu’il nous seroit refusé. L’on voulut se lever sans rien conclure ; ceux de mon avis dirent qu’ils vouloient que les avis fussent escrits et les noms, afin de les faire voir [p. 640] un jour à la cour. Cela fit bruit. Enfin chacun revint à nostre avis. Je scus que M. d’Angoulesme, sortant de la ville avec passeport, avoit esté refusé, les gens de M. de Guenegaud, tresorier de l’Espargne, ayant esté reconnus parmy les siens.<lb/>[…]<lb/>[p. 643] [26 janvier] M. d’Angoulesme partit pour Saint Germain et alla par Corbeil.<lb/>[…]<lb/>[p. 646] Le dimanche 31 janvier, […] je scus que M. d’Angoulesme avoit esté obligé de passer par Corbeil et n’arrivoit que ce soir à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 652] Le samedy 6 fevrier, ayant scu que M. l’archevesque de Toulouse estoit revenu de Saint Germain et avoit attendu cinq heures à la porte pour rentrer, je fus chez luy et vis M. de Montchal, qui me dit comme M. de Toulouse, passant à Saint Cloud, y avoit saluté M. me Prince et M. le cardinal, lequel luy ayant dit : « Eh bien ! Monsieur, nous apportez vous la paix ? » Il luy avoit respondu : « Monsieur, elle est en vos mains, puisque si vous vous vouliez retirer, elle seroit bientost faite ». A quoy M. le cardinal avoit respondu que, s’il ne tenoit qu’à cela pour conserver l’autorité du Roy et donner la paix, il se retireroit tres volontiers ; qu’à Saint Germain il avoit entretenu la Reyne, qui avoit escouté favorablement tout ce qu’il luy avoit dit, avoit beaucoup pleuré et tesmoigné toutes les bonnes dispositions pour un accommodement, et dit que pourvu qu’elle pust conserver l’autorité du Roy son fils, elle aimeroit mieux la douceur que la violence ; qu’il avoit aussy entretenu M. le Prince, qu’il avoit trouvé fort raisonnable, et que, dans tout Saint Germain, la paix estoit souhaitée.<lb/>[…]<lb/>[p. 670] [18 février] Les gens du Roy entrerent ensuite et M. Talon dit que, suivant les ordres de la compagnie, ils avoient vendredy dernier rendu response au herault, avoient escrit en mesme temps à M. le chancelier pour avoir audience de la Reyne, et à M. Le Tellier pour avoir leur passeport, leur route et l’escorte, et que le sieur Petit, qui accompagnoit le herault, s’estoit chargé de les rendre ; que le dimanche ils avoient escrit une seconde fois par un courrier, ce qui c’estoit trouvé necessaire parce que le sieur Petit n’avoit pas rendu leurs lettres, ainsy qu’ils n’avoient eu leur passeport que le mary au soir ; qu’ils estoient sortis de la ville le mercredy à sept heures du matin, avoient trouvé un trompette du Roy hors la porte, et au couvent des minimes de Nigeon une brigade des gens d’armes de la Reyne commandée par le marechal des logis, et qu’à la dernier porte du bois de Boulogne M. le marechal de Grammont les avoit abordés, s’estoit mis dans leur carrosse, les avoit fait descendre chez luy à Saint Cloud, où s’estant rechauffés un moment, sa compagnie des gardes les avoit conduits à Ruel, où ils avoient trouvé la compagnie des chevaux legers du Roy, qui les avoit escortés jusqu’à Saint Germain. Ils estoient descendus suivant leur ordre chez M. Le Tellier, estoient [p. 671] allés chez M. le chancelier le prier de demander audience pour eux à la Reyne, qui les avoit remis apres disner ; que la Reyne ayant esté à vespres et au sermon, ils n’avoient esté admis à l’audience que sur les sept heures, avoient esté conduits dans le chasteau et avoient passé par la chambre du Roy, qui soupoit, que ses officiers s’estoient mis en haye pour empescher que le Roy ne les vist et qu’ils ne fussent obligés à le saluer ; qu’ils estoient entrés dans la chambre où estoit la Reyne avec son conseil, que l’ayant saluée ils luy avoient dit que vendredy dernier le parlement, estant assemblé à son ordinaire, avoit esté averti qu’il y avoit un herault à la porte Saint Honoré qui demandoit à entrer dans la ville et à parler au parlement, que cette nouveauté l’avoit extresmement surpris, neantmoins que revenu de cet estonnement et ayant fait reflexion sur eux mesmes et consideré que les heraults ne s’envoient qu’aux souverains ou à ceux qui le croient estre (à Dieu en plaise, Madame, qu’ils aient jamais eu cette pensée), et au contraire qu’ils n’avoient autre autorité que celle du Roy et autres sentimens que ceux de ses tres humbles et tres fideles sujets, le parlement avoit cru ne pouvoir entendre ce herault, mais par un sentiment de respect et de soumission et en mesme temps les avoit envoyés devant Sa Majsté pour la supplier de ne les vouloir par traiter autrement que comme ses tres humbles sujets, ainsy qu’ayant refusé le herault ils se presentoient devant elle sans autre armes que leur habit de magistrature et venoient comme ce grand prestre dont il est question dans l’Ecriture qui, pour flechir l’ire de Dieu, ne se servit d’autres armes que de la soumission dessus ses levres et de la confiance dans le cœur ; que de cette manière, ils esperoient flechir la colere de Sa Majesté et reclamer sa bonté pour une compagnie qui n’avoit autres sentimens que de respect et de soumission et n’avoit autre realité qte de ses tres humbles et tres fideles sujets.<lb/>[p. 672] Sur quoy, la Reyne ayant dit à M. le chancelier de respondre, il leur avoit dit que la Reyne estoit tres satisfaite des paroles de soumission et de respect du parlement, mais qu’elle souhaitait en voir des effets ; qu’elle avoit tousjours eu bonté pour la compagnie et qu’elle les pouvoit assurer qu’elle ne vouloit de mal à aucun de la compagnie, et qu’elle donnoit seureté entiere toute entiere pour les personnes, pour les biens et pour les charges de qui que ce soit, tant en general qu’en particulier. Ensuite M. le duc d’Orleans et M. le Prince avoient donné les mesmes assurances, et la Reyne leur avoit enjoint de luy faire scavoir la response du parlement.<lb/>[…]<lb/>[p. 678] [20 février] Les nouvelles estoient publiques qu’à Saint Germain M. le Prince et M. le duc d’Orleans estoient brouillés sur le passeport des gens du Roy, le dernier voulant la paix.<lb/>[…]<lb/>[p. 680] [22 février] L’on parla d’un rôle de taxes faites à Saint Germain sur presque tous les bourgeois et officiers de Paris à cause de leurs terres à la campagne. L’imprimé estant donné à lire, on lut d’abord un arrest du conseil d’en haut par lequel le Roy, pour la subsistance de son armée, ordonnoit que les maisons de campagne appartenant aux bourgeois de Paris seroient taxées, au payement desquelles taxes les receveurs et fermiers des terres seroient contraints par vente des meubles estant esdites maisons, materiaux d’icelles et coupe des bois de haute futaie. A la suite de cet arrest estoit un role des maisons taxées, dont les deniers seroient reçus par Longuet. le premier article estoit de la terre de Champlastreux et du Plessis appartenant au sieur Molé, cy devant premier president du parlement transferé à Montargis, taxé à 8000 livres ; M. Nicolaï, à cause de Goussainville, taxé de mesme ; M. de Montmort taxé 4000 livres ; les presidens de la cour ensuite taxés à 6000 livres ; les maistres des requestes taxés à 3 et 4000 ; les conseillers à 2000. On les appeloit cy devant conseillers, ils estoient tous nommés sans ordre ; tous les frondeurs y estoient, et beaucoup d’autres. Il y avoit plus de deux cents articles, dont la somme totale se montoit à plus de 500000 livres. Je n’y suis point nommé à cause d’Amboille. Ledit rôle, arresté au conseil d’en haut, estoit signé Guenegaud. […]<lb/>[p. 681] Il fut donné arrest de deffences et, en cas que l’on passast outre, l’on useroit de represailles sur les maisons des gens de la cour à Paris. M. le premier president voulant empescher cette deliberation dit que cet imprimé n’avoit esté signifié à personne, et ainsy n’estoit point public. Il demanda qui l’avoit donné ; M. de Blancmesnil dit que c’estoit luy, et que l’on le luy avoit envoyé de Saint Germain. Le premier president repeta : « de Saint Germain, Monsieur ? », le voulant taxer de correspondance. De quoy Blancmesnil s’offensa, et dit qu’il n’avoit point de correspondance à Saint Germain. Le premier president repliqua qu’il ne l’avoit point pensé. […]<lb/>L’on arresta encore de deputer vers la reyne d’Angleterre pour se condouloir de la mort du roy d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 690] Le samedy 27 février, je fus au Palais pour entendre devant le feu la relation de la deputation du premier president. L’on dit que Brie estoit pris et que Bourgogne, gouverneur, s’estoit retiré dans le chasteau, que nostre convoy avoit bien reussi et que l’on estoit allé querir du blé jusques à sept lieues de Paris dans la France, qu’il en estoit arrivé beaucoup.<lb/>Le parlement estant assemblé, où estoient le prince de Conty, MM. d’Elbeuf, de Beaufort, de Luynes, de Brissac, de la Mothe et le coadjuteur, les gens du Roy sont entrés ; M. le premier president dit que, suivant les ordres de la compagnie, estant parti avec MM. les deputés, il avoit trouvé l’escorte dans le Cours de la Reyne, et qu’au [p. 691] dessus de Chaillot ils avoient trouvé M. le marechal de Grammont à la teste de deux escadrons de cavalerie ; il s’estoit mis dans leur carrosse jusques dans Saint Cloud, où ils avoient trouvé une seconde escorte, qui les avoit conduits à Ruel, où ils avoient couché et où M. de Grammont estoit venu les visiter ; que le jeudy, ayant reçu l’ordre pour avoir l’audience à deux heures, ils s’estoient rendus à Saint Germain dans la conciergerie, où M. de Longueil les avoit reçus et traités tres bien, selon son affection et l’honneur qu’il porte à la compagnie. Là ils avoient esté visités des marechaux de Schomberg, de Villeroy et de toutes les personnes de condition, sur le visage desquels ils n’avoient rien remarqué d’ennemis ; que le secretaire d’Estat [de Guenegaud] les estant venus querir pour l’audience, ils avoient passé par plusieurs chambres pleines de monde et avoient esté introduits dans le cabinet, où estoyent la reyne, M. le duc d’Orleans, M. le Prince et autres du conseil (pour ne pas nommer le cardinal, qui y estoit), qu’il avoit dit à la Reyne que le respect qui estoit dû aux roys estoit tellement imprimé dans le cœur du peuple françois, que la marque de l’autorité souveraine estoit imprimée si avant dans l’ame de tous ses officiers qu’ils aimeroient mieux, les uns et les autres, se reconnoistre coupables que de manquer au devoir et à l’obeissance qu’ils luy devoient et luy donner juste sujet de plainte, aussy que ni les uns ni les autres n’avoient pas cru s’en departir lorsqu’ils avoient pris les resolutions auxquelles la necessité de leur propre conservation les avoit obligés, la deffense estant tousjours tres legitime et tres innocente lorsque l’on ne songe qu’à conserver sa vie, et que si dans les resolutions qu’il avoit fallu prendre il avoit esté fait quelque chose au prejudice de l’autorité royale, le prince, par un sage conseil, [p. 692] approuvoit tout ce qui avoit esté fait, connoissant et l’innocence et la sincerité dans les intentions, et ressembloit à ce sage pilote lorsque dans la tempeste il se fait quelque chose ou sans ses ordres ou contre ses ordres mesmes, que l’on a baissé les voiles, pris en main le gouvernail et mesme jeté une partie des marchandises les plus precieuses, tant s’en faut qu’il le trouve mauvais, qu’au contraire il en scait gré et l’approuve, scachant que chascun n’a agi que pour sa propre conservation et tascher de garantir le vaisseau du naufrage, et apres l’orage passé chascun reprend sa fonction et execute les ordres qui luy sont prescrits ; qu’avec cette pensée, il estoit deputé de la part du parlement pour assurer Sa Majesté que si pendant cette tempeste ils avoient fait baisser ou lever les voiles sans ordres, et s’ils avoient mis la main sur le gouvernail, ils estoient prests à retourner à leurs fonctions sytost que Sa Majesté auroit fait cesser cette tempeste, qui estoit capable de faire perir ce grand vaisseau, dans lequel sa fortune estoit enfermée aussy bien que celle de ses sujets, que si cette mesme necessité leur avoit fait recevoir un envoyé de l’archiduc, lire ses lettres et entendre sa creance, ç’avoit esté avec ce respect et cette soumission d’apporter à Sa Majsté la lettre et la creance pour en ordonner ce qu’elle jugeroit utile pour le bien du royaume, pouvant assurer Sa Majesté que le parlement, en cette rencontre, n’a point eu d’autres sentimens que de ses tres humbles et tres obeissans serviteurs et sujets.<lb/>A quoy la Reyne avoit respondu de sa bouche, M. le chancelier n’y estant point à cause de son indisposition, qu’elle avoit tousjours eu bonne volonté pour la ville de Paris et leur compagnie, mais [p. 693] qu’elle estoit obligée de conserver l’autorité du Roy son fils et qu’elle feroit tout son possible pour la maintenir, et qu’elle feroit scavoir son intention par escrit.<lb/>Eux s’estant retirés et ayant jugé qu’il ne falloit pas se separer en cet estat, ils avoient fait demander à la Reyne si elle trouveroit bon qu’ils eussent l’honneur de parler à M. le duc d’Orleans et à M. le Prince. La Reyne l’ayant permis, ils avoient eu conference avec M. le duc d’Orleans et avec M. le Prince trois heures entieres, où il s’estoit dit tout ce qui se pouvoit de part et d’autre ; que le lendemain ils avoient conferé encore pendant deux heures, et avoient obtenu parole que, pourvu que le parlement voulust deputer pour la conference où les deputés pourroient resoudre ce qu’ils estimeroient à propos, la Reyne accorderoit aussytost un passage pour amener suffisamment de blés pour la subsistance de Paris ; qu’avec cette assurance ils s’estoient separés et que l’on leur avoit donné un papier contenant la responce de la Reyne avec les originaux de deux lettres du comte Pigneranda, du 12 fevrier, par lesquelles il se plaignoit que l’on n’avoit donné au sieur Friquet que des paroles generales, et ce pour monstrer que le dire de l’envoyé de l’archiduc estoit faux par lequel il assuroit que le cardinal Mazarin offroit toutes choses pour avoir la paix. Ayant pris ces deux papiers, ils estoient retournés avec la mesme escorte. M. le premier president ajouta qu’il pouvoit assurer la compagnie qu’il avoit trouvé tous les esprits tres disposés à l’accommodement.<lb/>[…]<lb/>[p. 700] Le mercredy 3 mars, apres le disner, je scus de M. d’Eaubonne que les gens du Roy estoient venus le matin de Saint Germain et avoient apporté les passeports pour la conference, qui devoit commencer à Ruel le lendemain jeudy à onze heures, que les ordres estoient donnés pour l’ouverture du passage de Corbeil pour cent muids de blé et plus par jour à raison de 12 ivres 10 sous le setier, dont toute la compagnie avoit tesmoigné grande satisfaction.<lb/>[…]<lb/>[p. 705] Le vendredy 12 mars, Mme de Fourcy nous envoya dire que la paix estoit faite. Cette nouvelle nous fut confirmée de tous costés.<lb/>[…]<lb/>[p. 711] Le dimanche 14 mars, je scus que le parlement estoit assemblé et que les deputés n’estoient point partis. Je fus le soir chez M. de Petit-Marets qui me dit que M. le premier president, au lieu de recevoir des passeports, avoit reçu une lettre de cachet adressée au parlement sur laquelle il l’avoit assemblée, que par cette lettre le Roy disoit avoir executé le traité de son costé et desiroit que le parlement l’executast du sien, et que les generaux ne pouvoient avoir d’interest particulier sans faire connoistre que le bien public ne leur a servi que de pretexte. […]<lb/>A partir de ce soir, du costé de Saint Germain, l’on referma les passages des vivres qui avoient esté ouverts des le vendredy apres disnée.<lb/>[…]<lb/>[p. 721] Le mardy 16 mars, […] l’apres disnée, les deputés partirent pour aller à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 722] Le vendredy 19 mars, la surseance d’armes fut continuée. […] Le matin, je fus chez M. Amelot, qui avoit reçu une lettre de M. le chancelier par laquelle nous etions mandés à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 723] Le dimanche 21 mars, je fus à Saint Germain à cheval avec MM. Bernard Rezé et l’abbé du Tremblay. En passant par la porte Saint Honoré, l’officier qui commandoit me dit avoir reçu ordre de M. de Beaufort d’arrester un chariot chargé de hardes accompagné de quatre gardes de M. de Bouillon. Arrivant à Saint Germain, je trouvai les esprits fort estonnés de la declaration des generaux faite le samedy et apportée par le comte de Maure, et de la nouvelle arrivée de l’approche de l’archiduc, qui estoit au Pont à Vere et venoit à La Ferté Million, et, outre ce, de ce que les deputés de Rouen ne venoient point. L’on disoit que le Roy s’en alloit. Je vis M. d’Avaux et M. Le Roy, qui me dirent qu’il se faisoit une negociation secrete avec les generaux. Je vis encore M. le chancelier, M. Haligre, M. de La Meilleraye, et les deputés du parlement, qui retournerent à Ruel et remirent la conference au lendemain, les deputés de Rouen devant arriver, et en effet ils passerent par Saint Germain et allerent coucher à Ruel, ce qui remit les esprits. L’approche de l’archiduc [p. 724] surprenoit de voir qu’il avançast sans estre assuré d’une place et qu’il voulust passer deux rivieres parce que, l’affaire de Paris s’accommodant, son armée estoit ruynée devant que de se pouvoir retirer, d’autant que le colonel d’Erlac s’avançoit avec dix mille hommes de l’armée de M. de Turenne, et en cinq jours de marche devoit estre derriere l’archiduc et luy empescher la retraite, cependant que le mareschal du Plessis l’arrestoit en teste.<lb/>Le lundy 22 mars, le bruit augmentoit que le Roy s’en alloit et partiroit la nuit, ce qui m’obligea à revenir pendant que la treve continuoit et qu’il estoit incertain si elle seroit renouvelée. Je vis M. Le Roy, qui me dit que tout iroit bien nonobstant le bruit commun. Je vis aussy les deputés de Paris et de Rouen ensemble, qui s’en alloient à la conference chez M. le chancelier, où estoient pour le Roy MM. le chancelier, les mareschaux de La Meilleraye et de Villeroy, MM. d’Avaux, de La Vrilliere, de Brienne et Le Tellier. Je vis ce matin, devant que partir, M. Le Tellier. Arrivé à Paris, j’appris que l’archiduc avoit offert à M. le prince de Conty de ne pas passer outre, si la Reyne vouloit envoyer des plenipotentiaires pour la paix, de quoy M. le prince de Conty avoit donné avis au parlement, et l’un et l’autre à leurs deputés. La Reyne avoit accepté cette proposition.<lb/>[…]<lb/>[p. 728] Le jeudy 1er avril, je fus au Palais, qui estoit bien gardé. M. de Lamoignon me dit que tout iroit bien. […] [p. 733] Ainsy finit cette guerre, apres avoir duré douze semaines, contre la pensée de la cour qui ne l’avoit entreprise que dans la pensée qu’elle ne dureroit que huitaine.<lb/>[…]<lb/>[p. 736] Le mardy 6 avril, les deputés du parlement furent à Saint Germain avec ceux de la chambre des Comptes, qui furent regalés magnifiquement.<lb/>Le mercredy 7 avril, la Ville y fut aussy avec les colonels, et puis les corps des marchands, l’université, le grand conseil.<lb/>[…]<lb/>Le samedy 10 avril, je fus à Saint Germain avec MM. de Lamoignon, Boucherat, Brillac et le marquis de Crenan, lieutenant des chevaux legers de M. le prince de Conty. Là j’appris la disgrace de M. de Roquelaure, renvoyé chez luy pour avoir tesmoigné que, s’il n’eust esté attaché à la cour par sa charge, il eust suivi le parti des princes. L’on me raconta le detail de l’affaire de M. de La Meilleraye, que jeudy, chacun disant qu’il sortoit des finances, Mme d’Aiguillon luy en avoit parlé pour l’y disposer, que le lendemain ses amis l’estant venus voir, et M. de Saint Chamond luy en ayant fait compliment plus ouvert, il avoit dit qu’il n’en avoit point ouy parler, et qu’il attendroit que le Roy luy donnast l’ordre. M. le cardinal le vint voir ensuite, fut deux heures avec luy, et luy protesta qu’il feroittout ce qu’il voudroit, qu’il garderoit sa charge, s’il vouloit, qu’il estoit le maistre ; que M. de La Meilleraye, pour monstrer qu’il vouloit garder sa charge, avoit tenu l’apres disnée direction. Je scus que l’on destinoit pour sa charge ou M. d’Avaux ou M. Servien, ou le president de Maisons. D’autres disoient que l’on n’y mettroit sytost personne, et que les directeurs continueroient. L’on me dit que M. Servien devoit arriver, qu’on luy avoit envoyé trois courriers. La cour paroissoit tres embarrassée. M. le marechal de Grammont demandoit permission d’aller en Bearn ; M. le prince de Conty devoit venir lundy à Saint Germain, et M. le Prince aller mardy voir M. de Longueville [p. 737] à Bouconvilliers, sur le chemin de Rouen. M. le Prince, changeant de methode, caressoit extraordinairement tous les generaux de Paris.<lb/>[…]<lb/>[t. 2, p. 344] [16 avril 1665] L’entrée du Roy est remise de lundy prochain en huit jours. Il partira [lundy] pour Saint Germain avec toute la cour, et reviendra pour aller au parlement.<lb/>[…]<lb/>[p. 348] [28 avril] Le mal de la Reyne mere augmente fort. Elle a esté en basteau à Saint Cloud, où elle eut une nuit mauvaise ; le lendemain, en basteau, à Saint Germain, où l’on dit qu’elle est encore plus mal, et l’on craint qu’elle ne dure pas longtemps. Chacun regarde cette perte avec douleur parce que, quoyque la Reyne mere n’ayt pas de credit pour faire plaisir, elle empesche du mal et retient l’union dans la maison royale. J’y perdrai en mon particulier beaucoup par la bonté qu’elle m’a tesmoignée, ayant fait tout ce qu’elle a pu pour m’obliger.<lb/>Le mercredy 29 avril, le Roy vint de Saint Germain pour faire verifier au parlement la declaration contre les jansenistes. […] [p. 352] Après, le Roy se leva et parla longtemps à M. le chancelier, et, après, à M. le premier president assez longtemps, et, saluant toute la compagnie civilement en passant, il sortit et alla disner à Versailles, où sa maistresse se devoit rendre de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 355] [2 mai] Les divertissemens du Roy continuent, il chasse tous les jours avec sa maistresse. Le mal de la Reyne mere augmente, quoiqu’elle paroisse habillée et fort propre. Toute la suite de la cour s’ennuye fort à Saint Germain, car chacun ne parle que misere. La Reyne est grosse.<lb/>[…]<lb/>[p. 360]  [12 mai] J’appris encore que M. le president de Novion, avec M. le president Tubeuf, s’estant presentés à Saint Germain pour remercier le Roy de l’employ donné à M. Tubeuf le maistre des requestes, ayant trouvé que le Roy venoit d’entrer dans son conseil, un valet de chambre estant entré pour presenter au Roy un mouchoit, il luy dit à l’oreille que M. le president de Novion estoit là. Le Roy, levant la parole, dit : « Voilà qui est plaisant ! M. le president de Novion me fait dire qu’il m’attend. Oh ! qu’il m’attende et ne s’impatiente pas. » Le valet de chambre ayant dit au Roy que c’estoit M. Tubeuf qui luy avoit dit de parler, le Roy reprit encore : « Soit : M. le president Tubeuf ou M. le president de Nivion, cela est esgal, qu’ils m’attendent. » M. Colbert ne parla pas, mais, à la fin du conseil, s’estant approché pour dire au Roy que M. le president de Novion souhaitoit le saluer, il luy dit : « Eh bien ! il me verra chez la Reyne ma mere, ou me parlera en passant ; c’est assez pour luy. »<lb/>[…]<lb/>[p. 363] Le dimanche 31 mai, M. Boucherat me dit qu’il avoit esté le jour precedent à Saint Germain, où tous Messieurs du conseil avoient esté mandés ; qu’ils trouverent que la Reyne mere estoit fort mal et la cour en larmes ; neantmoins qu’à onze heures ils avoient esté chez le Roy, qui leur avoit dit que, depuis qu’il avoit pris le soin des affaires de son Estat, il avoit commencé par la reformation des finances, et qu’il croyoit y avoit reussi ; qu’il vouloit à present travailler à la reformation [p. 364] de la justice, et comme il connoissoit tous ceux qui estoient dans son conseil pour fort habiles et qui avoient esté dans tous les employs, il les avoit mandés pour leur dire qu’il souhaitoit que chacun d’eux en particulier fist des memoires sur les choses qu’il croiroit estre à reformer, et que, dans trois semaines, ils eussent à tous revenir et d’apporter chacun en particulier ces memoires, afin qu’il examinast et vist ce qui seroit à faire ; qu’aussytost il s’estoit retiré et paroissoit fort touché de l’extremité de la Reyne mere ; que M. le chancelier estoit present et M. Colbert, et qu’ils n’avoient rien dit, et que chacun apres le disner estoit revenu à Paris.<lb/>[…]<lb/>[p. 367] [6 juin] La Reyne continue à se mieux porter. M. de Mirepoix m’a dit ce matin samedy que, sytost qu’elle pourroit estre transportée, la cour reviendroit. Elle ira au Val de Grace et le Roy au Bois de Vincennes.<lb/>[…]<lb/>[p. 369] Le dimanche 21 juin, MM. du conseil allerent à Saint Germain porter leurs memoires pour la reformation de la justice. Le Roy les [p. 370] reçut sans leur parler. L’on dit qu’ils doivent estre mis dans huit jours es mains de M. le chancelier.<lb/>[…]<lb/>[p. 385] Le mardy 11 aoust, toute la cour est revenue de Saint Germain. La Reyne mere a esté transportée au Val de Grace, s’estant trouvée assez forte pour souffrir le transport.<lb/>[…]<lb/>[p. 441] Le mercredy 27 janvier [1666], je fus avec MM. Boucherat, de Fourcy, de Bermond, de Paris et de Boissy, et avec les autres députés du parlement, à Saint Germain, pour faire les complimens au Roy sur la mort de la Reyne mere. Le carrosse de M. de Montmort le conseiller versa à la montagne. Arrivés à Saint Germain, messieurs du parlement furent dans la chambre qui leur estoit preparée. M. Boucherat et moy montasmes en haut chez le Roy, que nous saluasmes lorsqu’il passoit de sa petite chambre pour entrer dans sa grande chambre et donner ses audiences. Nous estions assez proches de sa chaire, derriere MM. Turenne, de Villeroy, du Lude, Rose, qui s’ouvroient pour nous faire voir. M. le premier président fit fort bien son compliment, le premier president de la chambre des Comptes aussy ; le premier president de la cour des Aydes hesita et se troubla, et apres le president des monnoyes. Les procureurs et avocats generaux font, apres chaque cour, leurs compliments separés. Les complimens finis, M. de Turenne dit au Roy que M. Boucherat estoit là et qu’il estoit des amis de M. le premier president, et le Roy respondit : « Et d’Ormesson, qui est aussy de ses bons amis ».<lb/>[p. 442] Je fus apres à la messe du Roy, où estoient la Reyne, M. le Dauphin, Monsieur, et Mlle de La Vallière, que la Reyne a prise aupres d’elle par complaisance pour le Roy. En quoy elle est fort sage. Cette demoiselle ne me parut point belle : elle a les yeux fort beaux et le teint, mais elle est descharnée, les joues cousues, la bouche et les dents laides, le bout du nez gros et le visage fort long. En verité, je fus surpris de la trouver si peu belle. Apres la messe, la Reyne reçut les memes complimens des compagnies</p>
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            <p>Olivier Le Fèvre d’Ormesson, Journal d’Olivier Le Fèvre d’Ormesson, éd. Adolphe Chéruel, Parais, Imprimerie nationale, 1860-1861.</p>
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              <p>Gentilhomme de la Chambre du roi.</p>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 9] [19 février 1648] Le Roi et la Reine vont à Saint-Germain voir la reine d’Angleterre, malade, affligée des mauvaises nouvelles du roi son mari, prisonnier de ses sujets parlementaires en l’ile de Wight.<lb/>[…]<lb/>[p. 65] [22 septembre 1648] Préparatifs de cour pour s’en aller le lendemain à Saint-Germain-en-Laye.<lb/>La nuit d’entre le 22 et le 23, on a enlevé de l’hôtel de Condé ce qu’il y avoit de précieux.<lb/>[…]<lb/>[p. 66] [23 septembre 1648] Le soir, les prévôt  des marchands et échevins sont mandés à Ruel, où la cour demeure.<lb/>[…]<lb/>La reine d’Angleterre arrive au Louvre, à Paris.<lb/>[…]<lb/>Ce jour, madame du Plessis s’en va coucher, avec madame la comtesse de Miossens, à Meudon, chez madame de Guénégaud, leur mère. Mais ce soir même, à six heures, madame d’Orléans y arriva avec ses enfants et son train et y coucha, comme aussi le lendemain, et n’en partir que le lendemain, après midi, pour Saint-Germain.<lb/>Jeudi 24, que le parlement étant assemblé à Paris, y vinrent au parquet des gens du Roi, les sieurs de Choisy, de Caen, chancelier de M. le duc d’Orléans, et chevalier de Rivière, agent de M. le prince de Condé, chargés d’une lettre chacun, de la part de leurs maîtres […]. Toutes deux prient la compagnie de députer et envoyer le lendemain vendredi 25, dès le matin, pour dîner à Saint-Germain, où cependant Leurs Majestez allèrent de Ruel coucher le jeudi soir, et là conférer sur les affaires présentes. […]<lb/>[p. 67] [25 septembre 1648] Le même vendredi, après midi, madame la duchesse d’Orléans partit de Meudon et alla coucher à Saint-Germain.<lb/>Les députés du parlement furent à Saint-Germain, où ils furent bien dînés par le contrôleur général de la maison du Roi et y virent seulement les princes, auxquels ils firent trois demandes, et une avant toutes, savoir la continuation du parlement, par la [p. 68] bouche du premier président : la première, que le Roi retournât à Paris pour assurer le peuple, la deuxième que les prisonniers d’Etat soient mis en liberté et les exilés rappelés, la troisième que le Roi, la Reine et les princes donnent et pourvoient de sûreté suffisante aux députés du parlement pour faire la conférence avec lesdits seigneurs princes, après que ces trois demandes auront été vidées. On les remit à envoyer quérir leur réponde dimanche prochain.<lb/>[…]<lb/>Dimanche 27, le parlement, par ses députés, retourna dîner à Saint-Germain, fut bien traité et vit la Reine ; et s'assemblant avec les princes seuls : sur la continuation du parlement durant les vacances, leur fut accordée pour huit jours, sans préjudice de la première parole de créance jointe à la première continuation de prolonger autant qu'ils en auroient besoin. Sur le retour du<lb/>Roi à Paris et la comparution ou venue des princes au Palais, en parlement, fut répondu qu’il n’y avoit pas assez de sûreté de la part du peuple. Pour le troisième point, concernant les prisonniers qui doivent être interrogés au bout de vingt-quatre heures après leur capture, le chancelier, qui s’y trouva, comme aussi le maréchal et surintendant de la Meilleraye, et avec lui M. Tubeuf, parla, disant que l’ordonnance en avoit été faite par les rois pour montrer et prescrire aux juges et officiers du royaume comme ils en devoient user dans les formes ordinaires, mais ce n'est pas dire que le Roi se soit lié les mains par là et astreint d'en user de même pour les prisonniers d’Etat, dont les crimes sont souvent si secrets, que même il n'est pas à propos qu’on leur donne à connoitre à eux-mêmes, que c'est pour cela que l’on les a emprisonnés. Pour le quatrième point, de la sûreté du Parlement, on la lui promit toute entière, jusqu’au bout de la conférence, laquelle on a ce jour même commencée, en faisant voir les rôles ou registres et livres des états des finances ; et la continuation fut remise à jeudi prochain.<lb/>[…]<lb/>[p. 70] Ce même jour de jeudi, premier octobre, les députés du parlement allèrent à Saint-Germain, où presque tous les présidents, qui se prétendent naturels députés, qui n’y avoient point encore été, y furent. M. le chancelier s'y trouva avec les princes. Sur le point du relâchement des prisonniers et de la sécurité publique, il fut, par les députés, dit et allégué que Louis XI, roi sévère et qui avoit en son règne emprisonné toutes sortes de gens à tort et à travers, comme s'en repentant, avoit fait une ordonnance, qui se trouve en la conférence des ordonnances ou volume de Fontanon, par laquelle il ne vouloit point qu’un officier, quel qu’il fût, pût être destitué ni privé de sa fonction qu’après poursuites contre lui juridiquement faites par devant ses juges naturels. Depuis lors, cela s'est pratiqué, les offices n’étant point vénaux, on n’en a ôté [p. 71] aucun à personne qu’en l’an 1561, le Roi en destitua un de sa fonction pour contenter le roi de Navarre ; mais ce ne fut que pour trois jours, au bout desquels il fut rétabli, comme aussi sous Henri IV cela est arrive. Et n’y a que sous Louis XIII, sous le<lb/>Gouvernement du cardinal de Richelieu, après celui de Luynes et du maréchal d'Ancre qui avoient commencé, que la destitution et interdiction des conseillers du parlement et des chambres entières ont eu lieu. Le parlement demande donc qu’à présent la Reine donne sûreté et promette s’abstenir de telles choses, en rappelant les exilés et libérant les prisonniers. M. le duc d’Orléans a été contre cela, disant que c’étoit la sûreté de l’Etat que le Roi et son Conseil puissent destituer les brouillons et se saisir des gens suspects etc. Et sur ce que le parlement a représenté que cette sûreté qu’il demandoit, regardoit lui et les autres princes, il a répondu que les princes devoient vivre près du Roi et de la Reine si bien qu’ils ne donnassent sujet de devenir fâcheux ni suspects, et que, pour lui, il y vivoit de sorte qu’il ne craignoit point de tomber jamais en tel inconvénient.<lb/>Enfin le parlement est retourné le soir même à Paris sans rien obtenir, sinon que samedi prochain il eût à retourner par les mêmes députés pour avoir la réponse sur cette demande que<lb/>M. d’Orléans se chargeoit de porter à la Reine, mais n’assuroit pas d'obtenir. Cependant M. le Chancelier a rendu auxdits députés tous les articles des assemblées ci devant tenues par les cours unies dans la chambre Saint-Louis, avec la réponse à chacun d’iceux, selon qu’ils sont accordés ou non. Là, le quartier de la remise de la taille au peuple pour 1648 n’est qu’à condition des charges préalablement déduites. Le chancelier a ajouté que si le parlement ne reçoit l’offre de la Reine, ainsi qu’elle l’a fait, elle ne tiendra rien de toutes les autres choses par elle accordées sur les autres points.<lb/>[…]<lb/>[p. 72] [3 octobre 1648] Samedi 3, les députés du parlement furent à Saint-Germain et y dînèrent par ordre du grand maître de France, M. le Prince, lequel, avec le duc d’Orléans, suivi du chancelier, les vint trouver assez tard et dit le chancelier, d’abord, qu’on ne se savoit assez étonner comme le parlement, durant une conférence qui est comme une surséance et trêve entr’eux, a donné l’arrêt d’ôter les quarante sols pour chaque bœuf que l’on payoit au Roi pour avoir gratifié son peuple de la remise du sol pour livre ; à quoi le Premier Président repartit vertement que le parlement s’étonnoit lui-même comme, puisque le Roi en avoit gratifié son peuple, on lui avoit si longtemps fait payer ces quarante sols, sans que Sa<lb/>Majesté en profitât. Et ainsi eurent plusieurs paroles, le Premier Président disant que c’étoit lui qui avoit signé ledit arrêt d’hier et avoit eu raison.<lb/>De là il passa sur certains droits et offices que ledit chancelier a établi sur le sceau et qui seront ou doivent être ôtés comme abusifs et à la foule du peuple. Le président de Nesmond interrompit, disant que ce n’étoit l’objet de leur venue, mais pour avoir contentement et réponse précise sur la sûreté de leurs personnes et de tout le monde et pour le relâchement des prisonniers. M. le duc d’Orléans dit que tous engageoient leur parole avec celle de la Reine que dans trois mois les prisonniers auroient liberté, sur quoi le Premier Président dit que ce n’étoit contentement, ains amusement, et se voulut lever pour s’en aller. Le prince de Condé parla et le retint, disant qu’il iroit avec M. d’Orléans supplier la Reine là-dessus et s’y en alla, le chancelier aussi avec eux et furent si longtemps que le parlement s’ennuya et s’en voulut aller. Là-dessus les princes et le chancelier retournèrent et [p. 73] voulurent recommencer ; mais le parlement dit qu’il ne se pouvoit annuiter et que le jeudi précédent, le peuple impatient de ce qu’ils ne retournoient point avant la nuit, fut sur le point de se mutiner et tendre les chaînes, craignant qu’on ne les eût retenus à Saint-Germain pour entreprendre sur Paris et qu’ils vouloient, à ce coup, prévenir tel désordre. Les princes étonnés prièrent qu’ils revinssent mercredi, et, sur refus, lundi, mais le Premier Président dit qu’il falloit finir et qu’ils ne croyoient pas que le peuple les voulût laisser retourner, toutefois que le lendemain dimanche 4, après dîner, ils reviendroient et se rendroient là sur une à deux heures, pour la dernière fois, comme ils ont fait, et ont obtenu par écrit de la Reine (laquelle a désiré un contre écrit des princes, comme tel étoit leur avis, et ils l’ont baillé à Sa Majesté) et [des] princes, qu’aucun officier ne seroit emprisonné, qu’au bout de vingt quatre heures il ne fût livré à ses juges naturels, pour lui être faite interrogation et procès. Que quant aux personnes d’autre qualité, dans trois mois ils seroient rendus au parlement, ou autres, leurs juges naturels, pour leur faire procès.<lb/>[…] [13 octobre 1648] Une lettre de cachet est venue avec ordre d’aller à Saint-Germain.<lb/>Les députés y sont arrivés à trois heures de relevée. Le Premier Président a dit à la Reine que la raison d’ôter cette entrée étoit parce que c’étoit un impôt jadis mis et établi seulement pour trois ou quatre ans et qui depuis avoit été par abus continué sans lettres du Roi. La Reine a dit que les délais, dont le parlement usoit, minoient les affaires du Roi et qu’ainsi il avoit [devoir] de finir dans demain, moyennant quoi elle offroit de rabais, sur toutes les levées qui se font à Paris, la somme de douze cens mille livres par an. Le Premier Président a répliqué qu’il étoit impossible de finir dans demain, y ayant encore beaucoup à examiner sur le tarif. La Reine s’est retirée en un coin du cabinet avec son Conseil, les députés en un autre coin, puis, eux faits venir, le chancelier a dit de la part de la Reine qu’elle faisoit le rabais de douze cens mille livres à Paris, outre l’impôt tout nouvellement et cette année mis de vingt et un sols par muid, pourvu que le parlement cessât ses assemblées dans jeudi soir, sauf à lui à députer commissaires pour le règlement de ces douze cens mille livres sur toutes les denrées sur lesquelles on lève ; et qu'elle ne pouvoit pas accorder une déclaration du Roi, que le Premier Président avoit demandée, pour autoriser l’arrêté de ce matin là, pour les [p. 77] cinquante huit sols ôtés sur le vin, parce que cela iroit à donner telles déclarations tantôt sur le bois, or sur le charbon, or sur le sel et sur les autres denrées, qui iroient à des longueurs entièrement ruineuses aux affaires du Roi et à des sommes que les affaires du Roi ne sauroient souffrir.<lb/>[…]<lb/>[p. 78] [15 octobre 1648] Cependant le sieur de Sainctot, parti ce matin avec M. du Plessis de Saint-Germain-en-Laye, est venu de la part de la Reine, vers laquelle les gens du Roi durent, en vertu d'une lettre de cachet, aller après dîner pour la supplier de donner les deux millions de rabais à Paris ; ce qu’ils firent, et trouvèrent la Reine retournant avec le Roi de Pontoise, de la visite de la mère Jeanne. Sa Majesté fit répéter deux ou trois fois la promesse de finir dans dimanche et, à cette condition, elle promit les deux millions, ajoutant qu’à proportion d’iceux, elle fit aussi diminution à toutes les villes du royaume.<lb/>[…]<lb/>[p. 79] [20 octobre 1648] Les députés, qui ont été de jour à autre à Saint-Germain vers la Reine et les ministres, se sont assemblés, l'après dîner, chez le Premier Président, pour rédiger par articles toutes choses.<lb/>[…]<lb/>[p. 81] [28 octobre 1648] Ce jour 28, la chambre des Comptes fut à Saint-Germain faire ses plaintes et remontrances contre le parlement, sur les sixième et septième articles de la déclaration du Roi du 22 octobre, vérifiée en parlement le 24, et le président Nicolai harangua à merveille, sans perdre respect à Leurs Majestés.<lb/>[…]<lb/>[29 octobre 1648] Le prévôt des marchands et les échevins de Paris à Saint-Germain, pour le retour du Roi en sa bonne ville.<lb/>Au soir, avis de Saint-Germain que le lendemain, vendredi 30, toute la cour déménage et ramène ses meubles de Saint-Germain à Paris.<lb/>[…]<lb/>[p. 82] [31 octobre 1648] Samedi au soir, le Roi, la Reine, toute la cour avec, retournent à Paris, à petit bruit, et sans que le peuple ait eu, comme il eût bien voulu, permission d’aller au devant, ni faire réception ; cela pour éviter toute assemblée.<lb/>[…]<lb/>[p. 102] [6 janvier 1649] Mercredi 6, jour des rois, à sept heures du matin, le comte de Miossens est venu chez M. du Plessis de Guénégaud, auquel, en ce même temps, on apporta à signer la lettre du Roi ci-après mentionnée, écrite au prévot des marchand, l’averti que, sur les trois heures, le Roi étoit parti du Palais-Royal avec la Reine et le cardinal Mazarin, et étoit allé à Saint-Germain. Messieurs les ducs d’Orléans et prince de Condé avoient suivi en même temps. En peu d’heures après, lesdits sieurs du Plessis, secrétaire d’Etat, et comte de Miossens, son beau frère, se sont mis en carrosse du premier, à six chevaux, et ont été en cour. Une heure après eux, sont partis les enfants dudit sieur du Plessis, pour aller à Fresne.<lb/>[…]<lb/>[p. 103] Cependant est arrivé une lettre de cachet, signée de Guénegaud, au prévôt des marchands et échevins de Paris, par laquelle le Roi dit qu'il s’en étoit allé, non pour déplaisir qu’il eût de sa bonne ville de Paris, mais pour la crainte d’aucuns du parlement qui avoient intelligence avec ses ennemis et dessein sur sa personne.<lb/>Il y arriva aussi deux lettres aux mêmes gens de la ville, une du duc d’Orléans, l’autre du prince de Condé, portant que c’étoit par leur avis que leRoi s’en étoit allé. Elles furent, comme l’autre, portées au parlement, où elles sont demeurées.<lb/>Aussitôt que la nouvelle du « Regifugium » a été connue dans le quartier Saint-Honoré, la populace s’est amassée vers la Friperie et les Halles ; et comme un chariot passoit, chargé d’argent au sieur Bonneau, il a été pillé, vis à vis des pilliers de ladite Friperie et de la rue Tirechappe. On dit aussi qu’un autre chariot fut pillé à la rue Fromenteau. Item un carrosse du comte de Tillières et celui du maréchal d’Estrées, où il y avoit deux cassettes, l’une d’argent, l’autre de papiers.<lb/>Les meubles et bagage du Roi, demeurés au Palais-Royal, sous la conduite du sieur du Mont, sous-gouverneur de Sa Majesté, furent exposés à sortir sur des mulets, mais arrêtés à la porte et renvoyés. Depuis lors, ont resté là ; mais le 10 janvier on a dit que conseillers du parlement étoient députés pour aller visiter ce qui appartenoit à la personne du Roi, et le faire passer ; le reste demeurant ici.<lb/>Le Roi coucha au lit du maréchal de Villeroy et la Reine en celui de M. le Prince, à Saint Germain. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21750_actor">Dubuisson-Aubenay, François-Nicolas </persname>
            <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <subject>Fronde</subject>
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            <p>François-Nicolas Dubuisson-Aubenay, Journal des guerres civiles de Dubuisson-Aubenay, 1648-1652, éd. Gustave Sauge, Paris, Champion, 1883, t. I, p. 9-103.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires du cardinal de Retz</unittitle>
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            <unitdate normal="1648/1652" encodinganalog="3.1.3">26 août 1648-13 octobre 1652</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <persname id="atom_21757_actor">Gondi, Jean-François-Paul (de)</persname>
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              <p>Coadjuteur de l'archevêché de Paris (en 1643) pour son oncle Jean François de Gondi (1584-1654), puis cardinal (en 1652) et archevêque de Paris (en 1654).</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [t. 2, p. 12] Le 26 d’aout de 1648, le Roi alla au te Deum. L’on borda, selon la coutume, depuis le Palais Royal jusques à Notre Dame, toutes les rues de soldats du regiment des gardes. Aussitôt que le Roi fut revenu au Palais Royal, l’on forma de tous ces soldats trois bataillons, qui demeurerent sur le pont Neuf et dans la place Dauphine. Comminges, lieutenant des gardes de la Reine, enleva dans un [p. 13] carrosse fermé le bonhomme Broussel, conseiller de la grande chambre, et il le mena à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 87] [septembre 1648] Le president Viole, qui avoit ouvert l’avis au parlement de renouveler l’arret de 617 contre les etrangres, vint à Saint Germain, où le Roi etoit allé de Ruel, sous la parole de monsieur le Prince, et il fut admis sans contestations à la conference qui fut tenue chez M. le duc d’Orleans, accompagné de monsieur le Prince, de M. le prince de Conti et de M. de Longueville. […]<lb/>[p. 88] Il y eut cinq conferences à Saint Germain. Il n’entra dans la premiere que messieurs les princes. Le chancelier et le marechal de La Maillerie, qui avoit eté fait surintendant en la place d’Emeri, furent admis dans les quatre autres. Ce premier y eut de grandes prises avec le premier president, qui avoit un mepris pour lui qui alloit jusques à la brutalité. [p. 89] Le lendemain de chaque conference, l’on opinoit, sur le rapport des deputés, au parlement. Il seroit infini et ennuyeux de vous rendre compte de toutes les scenes qui y furent données au public, et je me contenterai de vous dire, en general, que le parlement, ayant obtenu ou plutôt emporté sans exception tout ce qu’il demandoit, c’est à dire le retablissement des anciennes ordonnances par une declaration conçue sous le nom du Roi mais dressée et dictée par la Compagnie, crut encore qu’il se relachoit beaucoup en promettant qu’il ne continueroit pas ses assemblées. Vous verrez cette declaration toute d’une vue, s’il vous plait de vous souvenir des propositions que je vous ai marqué de temps en temps, dans la suite de cette histoire, avoir eté faites dans le parlement et dans la chambre de Saint Louis.<lb/>Le lendemain qu’elle fut publiée et enregistrée, qui fut le 24 d’octobre 1648, le parlement prit ses vacations et la Reine revint avec le Roi à Paris bientôt après.<lb/>[…]<lb/>[p. 99] Le parlement resolut, le 2 de janvier [1649], de s’assembler pour pourvoir à l’execution de la declaration, que l’on [p. 100] pretendoit avoir eté blessée, particulierement dans les huit ou dix derniers jours, en tous ses articles, et la Reine prit le parti de faire sortir le Roi de Paris, à quatre heures du matin, le jour des Rois, avec toute la cour.<lb/>[…]<lb/>[p. 129] Je l’appris, à cinq heures du matin, par l’argentier de la Reine, qui me fit eveiller et qui me donna une lettre ecrite de sa main par laquelle elle me commandoit, en des termes fort honnetes, de me rendre dans le jour à Saint Germain. L’argentier ajouta de bouche que le Roi venoit de monter en carrosse pour y aller, et que toute l’armée etoit commandée pour s’avancer. Je lui repondis [p. 130] simplement que je ne manquerois pas d’obeir. Vous me faites bien la justice d’etre persuadée que je n’en eus pas la pensée.<lb/>Blancmenil entra dans ma chambre, pale comme un mort. Il me dit que le Roi marchoit au Palais avec huit mille chevaux. Je l’assurai qu’il etoit sorti de la ville avec deux cents. Voilà la moindre des impertinences qui me furent dites depuis les cinq heures du matin jusques à dix. J’eus toujours une procession de gens effarés, qui se croyoient perdus. Mais j’en prenois bien plus de divertissement que d’inquietude, parce que j’etois averti, de moment à autre, par les officiers des colonelles, qui etoient à moi, que le premier mouvement du peuple, à la premiere nouvelle, n’avoit eté que de fureur, à laquelle la peur ne succede jamais que par degrés, et je croyois avoir de quoi couper, devant qu’il fut nuit, ces degrés, car quoique monsieur le Prince, qui se defioit de monsieur son frere, l’eut eté prendre dans son lit et l’eut emmené avec lui à Saint Germain, je ne doutois point, madame de Longueville etant demeurée à Paris, [p. 131] que nous le revissions bientôt, et d’autant plus que je savois que monsieur le Prince, qui ne le craignoit ni ne l’estimoit, ne pousseroit pas sa defiance jusqu’à l’arreter.<lb/>[…]<lb/>[p. 133] La terreur du parlement n’etoit pas encore bien dissipée. Je ne fus pas touché de son irresolution, parce que j’etois persuadé que j’aurois dans peu de quoi le fortifier. Comme je croyois que la bonne conduite vouloit que le premier pas, au moins public, de desobeissance vint de ce corps, qui justifieroit celle des particuliers, je songeai à propos de chercher une couleur au peu de soumission que je temoignois à la Reine en n’allant pas à Saint Germain. Je fis mettre mes chevaux au carrosse, je reçus les adieux de tout le monde, je rejetai avec une fermeté admirable toutes les instances que l’on me fit pour m’obliger à demeurer, et par un malheur signalé, je trouvai au bout de la rue Neuve Notre Dame Dubuisson, marchand de bois, et qui avoit beaucoup de [p. 134] credit sur les portes. Il etoit absolument à moi, mais il se mit ce jour là en mauvaise humeur. Il battit mon postillon, il menaça mon cocher. Le peuple, accourant en foule, renversa mon carrosse, et les femmes du Marché Neuf firent d’un etau une machine sur laquelle elles me rapportent, pleurantes et hurlantes, à mon logement. Vous ne doutez pas de la manière dont cet effort [p. 135] de mon obeissance fut reçu à Saint Germain. J’ecrivis à la Reine et à monsieur le Prince en leur temoignant la douleur que j’avois d’avoir si mal reussi dans ma tentative. La premiere repondit au chevalier de Sevigné, qui [p. 136] lui porta la lettre, avec une hauteur de mepris ; le second ne put s’empecher, en me plaignant, de temoigner de la colere. La Riviere eclata contre moi par des railleries et le chevalier de Sevigné vit clairement que les uns et les autres etoient persuadés qu’ils nous auroient des le lendemain la corde au cou.<lb/>Je ne fus pas beaucoup emu de leurs menaces, mais je fus tres touché d’une nouvelle que j’appris le meme jour, qui etoit que M. de Longueville, qui, comme je vous ai dit, revenboit de Rouen, où il avoit fait un voyage de dix ou douze jours, ayant appris la sortie du Roi à six lieues de Paris, avoit tourné tout court à Saint Germain. Madame de Longueville ne douta point que monsieur le Prince ne l’eut gagné, et qu’ainsi M. le prince de Conti ne fut infailliblement arreté. Le marechal de La Mothe lui declara, en ma presence, qu’il feroit sans exception tout ce que M. de Longueville voudroit, et contre et pour la cour. M. de Bouillon se prenoit à moi de ce que des gens dont je l’avois toujours assuré prenoient une conduite aussi contraire à ce que je lui en avois dit mille fois. Jugez, je vous supplie, de mon embarras, qui estoit d’autant plus grand que madame de Longueville me protestoit qu’elle n’avoit eu, de tout le jour, aucune nouvelle de M. de La Rochefoucauld, qui etoit toutefois parti, deux heures apres le Roi, pour fortifier et pour ramener M. le prince de Conti.<lb/>Saint Ibar revint encore à la charge pour m’obliger à l’envoyer, sans differer, au comte de Fuensaldagne. Je ne fus pas de cette opinion, et je pris le parti de faire [p. 137] partir pour Saint Germain le marquis de Noirmoutier, qui s’estoit lié avec moi depuis quelque temps, pour savoir, par son moyen, ce que l’on pouvoit attendre de M. le prince de Conti et de M. de Longueville. Madame de Longueville fut de ce sentiment, et Noirmoutier partit sur les six heures du soir.<lb/>[…]<lb/>[p. 144] [9 janvier] Le marquis de Noirmoutier m’assura, des le lendemain qu’il fut arrivé à Saint Germain, que M. le prince de Conti et M. de Longueville etoient tres bien disposés, et qu’ils eussent eté déjà à Paris si ils n’eussent cru assurer mieux leur sortie de la cour en s’y [p. 145] montrant quelques jours durant. M. de La Rochefoucauld ecrivoit en meme sens à madame de Longueville.<lb/>[…]<lb/>[p. 196] Monsieur le Prince etablit de sa part ses quartiers. Il posta le marechal du Plessis à Saint Denis, le marechal de Gramont à Saint Cloud, et palluau, qui a eté depuis le marechal de Clerembaut, à Sevres. L’activité naturelle à monsieur le Prince fut encore merveilleusement allumée par la colere qu’il eut de la declaration de M. le prince de Conti et de M. de Longueville, qui avoit jeté la cour dans une defiance si grande de ses intentions, que le cardinal, ne doutant point d’abord qu’il ne fut de concert avec eux, fut sur le point de quitter la cour, et ne se rassura point qu’il ne l’eut vu de retour à Saint Germain des quartiers où il etoit allé [p. 197] donner les ordres. Il eclata, en y arrivant, avec fureur contre madame de Longueville particulierement, à qui madame la Princesse sa mere, qui etoit aussi à Saint Germain, en ecrivit le lendemain tout le detail. Je lus ces mots, qui etoient dans la meme lettre : « L’on est ici si dechainé contre le coadjuteur qu’il faut que j’en parle comme les autres. Je ne puis toutefois m’empecher de le remercier de ce qu’il a fait pour la pauvre reine d’Angleterre ».<lb/>Cette circonstance est curieuse par la rareté du fait. Cinq ou six jours devant que le Roi sortit de Paris, j’allai chez la reine d’Angleterre, que je trouvai dans la chambre de madame sa fille, qui a eté depuis madame d’Orleans. Elle me dit d’abord : « Vous voyez, je viens tenir compagnie à Henriette. La pauvre enfant n’a pu se lever aujourd’hui faute de feu ». Le vrai etoit qu’il y avoit six mois que le cardinal n’avoit fait payer la reine de sa pension, que les marchands ne vouloient plus fournir et qu’il n’y avoit pas un morceau de bois dans la maison. Vous me faites bien la justice d’etre persuadée que madame d’Angleterre ne demeura pas, le lendemain, au lit faute d’un fagot, mais vous croyez bien aussi que ce n’etoit pas ce que madame la Princesse vouloit dire dans son billet. Je m’en ressouvins au bout de quelques jours. J’exagerai la honte de cet abandonnement, et le parlement envoya quarante mille livres à la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 199] Le parti ayant pris sa forme, il n’y manquoit plus que l’etablissement du cartel, qui se fit sans negociation. Un cornette de mon regiment, ayant eté pris par un parti du regiment de La Villette, fut mené à Saint Germain, [p. 200] et la Reine commanda sur l’heure qu’on lui tranchat la tete. Le grand provot, qui ne douta point de la consequence, et qui etoit assez de mes amis, m’en avertit, et j’envoyai en meme temps une trompette à Palluau, qui commandoit dans le quartier de Sevres, avec une lettre tres ecclesiastique, mais qui faisoit entendre les inconvenients de la suite, d’autant plus proche que nous avions aussi des prisonniers, entre autres M. d’Olonne, qui avoit eté arreté comme il se vouloit [p. 201] sauver habillé en laquais. Palluau alla sur l’heure à Saint Germain, où il representa les consequences de cette execution. L’on obtint de la Reine, à toute peine, qu’elle fut differée jusques au lendemain, l’on lui fit comprendre, apres, l’importance de la chose, l’on échangea mon cornette, et ainsi le quartier s’etablit insensiblement.<lb/>[…]<lb/>[p. 287] Le 24 de ce mois, qui etoit celui de fevrier, les deputés [p. 288] du parlement, qui avoient reçu leurs passeports la veille, partirent pour aller à Saint Germain rendre compte à la Reine de l’audience accordée à l’envoyé de l’archiduc. La cour ne manqua pas de se servir, comme nous l’avions jugé, de cette occasion pour entrer en traité. Quoiqu’elle ne traitat pas dans ses passeports les deputés de presidents et de conseillers, elle ne les traita pas aussi de gens qui l’eussent eté et qui en fussent dechus : elle se contenta de les nommer simplement par leur nom ordinaire. La Reine dit aux deputés [p. 289] qu’il eut eté plus avantageux pour l’Etat et plus honorable pour leur compagnie de ne point entendre l’envoyé, mais que c’etoit chose faite, qu’il falloit songer à une bonne paix, qu’elle y etoit disposée et que, monsieur le chancelier etant malade depuis quelques jours, elle donneroit, des le lendemain, une reponse plus ample par ecrit. Monsieur d’Orleans et monsieur le Prince s’expliquerent encore plus positivement, et promirent au premier president et au president de Mesme, qui eurent avec eux des conferences tres particulieres et tres longues, de deboucher tous les passages aussitôt que le parlement auroit nommé des deputés pour traiter.<lb/>[…]<lb/>[p. 364] [5-7 mars] Il est necessaire que je vous rende compte de ce qui se passa ces jours là et au parlement et à la conference de Ruel.<lb/>Celle-ci commença aussi mal qu’il se pouvoit. Les deputés pretendirent, et avec raison, que l’on ne tenoit point la parole que l’on leur avoit donnée de deboucher les passages et que l’on ne laissoit pas meme passer librement les cent muids de blé. La cour soutint qu’elle n’avoit point promis l’ouverture des passages et qu’il ne tenoit pas à elle que les cent muids ne passassent. La Reine demanda, pour conditions prealables à la levée du siege, que le parlement s’engageât à aller tenir [p. 365] sa seance à Saint Germain tant qu’il plairoit au Roi, et qu’il promit de ne s’assembler de trois ans. les deputés refuserent tout d’une voix ces deux propositions, sur lesquelles la cour se modera des l’apres midi meme. M. le duc d’Orleans ayant dit aux deputés que la Reine se relachoit de la translation du parlement, qu’elle se contenteroit que, lorsque l’on seroit d’accord de tous les articles, il allât tenir un lit de justice à Saint Germain, pour y verifier la declaration qui contiendroit ces articles, et qu’elle moderoit aussi les trois années de defense de s’assembler, à deux : les deputés n’opiniatrerent pas le premier, ils ne se rendirent pas sur le second, en soutenant que le privilege de s’assembler etoit essentiel au parlement.<lb/>[…]<lb/>[p. 369] [9 mars] M. le prince de Conti ayant dit, le meme jour, au parlement que M. de Longueville l’avoit prié de l’assurer qu’il partiroit de Rouen, sans remise, le 15 du mois avec sept mille hommes de pied et trois mille [p. 370] chevaux et qu’il marcheroit droit à Saint Germain, la compagnie en temoigna une joie incroyable, et pria M. le prince de Conti d’en presser encore M. de Longueville.<lb/>[…]<lb/>[p. 379] La paix fut donc signée, avec beaucoup de contestations, trop longues et trop ennuyeuses à rapporter, le 11 de mars, et les deputés consentirent, avec beaucoup de difficulté, que M. le cardinal Mazarin y signât avec M. le duc d’Orleans, monsieur le Prince, monsieur le chancelier, M. de La Meilleraie et M. de Brienne, qui etoient les deputés nommés par le Roi. Les articles furent :<lb/>Que le parlement se rendra à Saint Germain, où sera tenu un lit de justice, où la declaration contenant les articles de la paix sera publiée ; apres quoi il retournera faire ses fonctions ordinaires à Paris ;<lb/>Ne sera faite aucune assemblée de chambre pour toute l’année 1649, excepté pour la reception des officiers et pour les mercuriales ;<lb/>Que tous les arrets rendus par le parlement, depuis [p. 380] le 6 de janvier, seront nuls, à la reserve de ceux qui auront eté rendus entre particuliers, sur faits concernant la justice ordinaire ;<lb/>Que toutes les lettres de cachet, declarations et arrets du conseil rendus au sujet des mouvements presents seront nuls et comme non avenus ;<lb/>Que les gens de guerre levés pour la defense de Paris seront licenciés aussitôt apres l’accommodement signé, et Sa Majesté fera aussi, en meme temps, retirer ses troupes des environs de ladite ville ;<lb/>Que les habitants poseront les armes, et ne les pourront reprendre que par ordre du Roi ;<lb/>Que le deputé de l’archiduc sera renvoyé incessamment sans reponse ;<lb/>Que tous les papiers et meubles qui ont eté pris aux particuliers et qui se trouveront en nature seront rendus ;<lb/>Que M. le prince de Conti, princes, ducs et tous ceux sans exception qui ont pris les armes n’en pourront etre recherchés, sous quelque pretexte que ce puisse etre, en declarant par les dessus dits dans quatre jours à compter de celui auquel les passages seront ouverts, et par M. de Longueville en dix, qu’ils veulent bien etre compris dans le present traité ;<lb/>Que le Roi donnera une decharge generale pour tous les deniers royaux qui ont eté pris, pour tous les meubles qui ont eté vendus, pour toutes les armes et munitions qui ont eté enlevés tant à l’Arsenal qu’ailleurs ;<lb/>Que le Roi fera expedier des lettres pour la revocation du mestre du parlement d’Aix, conformement aux articles accordés entre les deputés de Sa Majesté et ceux du parlement et pays de Provence du 21 février ;<lb/>[p. 381] Que la Bastille sera remise entre les mains du Roi.<lb/>[…]<lb/>[p. 398] [13 mars] Comme le president Le Cogneux commençoit à proposer que le parlement renvoyât les deputés pour traiter des interets de messieurs les generaux et pour faire reformer les articles qui ne plaisoient pas à la compagnie, ce que M. de Bouillon lui avoit inspiré la veille à onze heures du soir, l’on entendit un fort grand bruit dans la salle du Palais, qui fit peur à maitre Gonin, et qui l’obligea de se taire. Le president de Bellievre, qui etoit de ce qui avoit eté resolu chez M. de Bouillon, fut interrompu par un second grand bruit encore plus grand que le premier. L’huissier, qui etoit à la porte de la grande chambre, entra et dit, avec une voix tremblante, que le peuple demandoit M. de Beaufort. Il sortit, il harangua [p. 399] à sa manière, et il l’apaisa pour un moment.<lb/>Le fracas recommença aussitôt qu’il fut rentré, et le president de Novion, qui etoit bien voulu pour s’etre signalé dans les premieres assemblées des chambres contre la personne du Mazarin, etant sorti hors du parquet des huissiers pour voir ce que c’etoit, y trouva un certain du Boisle, mechant avocat et si peu connu que je ne l’avois jamais oui nommer, qui, à la tete d’un nombre infini de peuple, dont la plus grande partie avoit le poignard à la main, lui dit qu’il vouloit que l’on lui donnât les articles de la paix, pour faire bruler par la main d’un bourreau, dans la Greve, la signature du Mazarin, que si les deputés avoient signé cette paix de leur bon gré, il les falloit pendre ; que si on les y avoit forcés à Ruel, il la falloit desavouer. Le president de Novion, fort embarrassé, comme vous pouvez juger, representa à du Boisle que l’on ne pouvoit bruler la signature du cardinal sans bruler celle de M. le duc d’Orleans, mais [p. 400] que l’on etoit sur le point de renvoyer les deputés pour faire reformer les articles à la satisfaction du public. L’on n’entendoit cependant dans la salle, dans les galeries et dans la cour du Palais que des voix confuses et effroyables : « Point de paix ! et point de Mazarin ! Il faut aller à Saint Germain querir notre bon Roi, il faut jeter dans la riviere tous les Mazarins. »<lb/>[…]<lb/>[p. 454] Je vous ai dit ci-dessus que les deputés retournerent à Ruel le 16 de mars ; ils allerent, des le lendemain à Saint Germain, où la seconde conference se devoit tenir à la chancellerie, et ils ne manquerent pas d’y lire d’abord les propositions que tous ceux du parti avoient faites avec un empressement merveilleux pour leurs interets particuliers et que messieurs les generaux, qui ne s’y etoient pas oubliés, avoient toutefois stipulé ne devoir etre faites qu’apres que les interets du parlement seroient ajustés. Le premier president fit tout le contraire, sous pretexte de leur temoigner que leurs interets etoient plus chers à la compagnie que les siens propres, mais dans la verité pour les decrier dans le public.<lb/>[…]<lb/>[p. 472] L’on n’eut presque point de difficulté sur les articles dont le parlement de Paris avoit demandé la reformation. La Reine se relacha de faire tenir un lit de justice à Saint Germain ; elle consentit que la defense au parlement de s’assembler le reste de l’année 1649 ne fût pas inserée dans la declaration, à condition que les deputés en donnassent leur parole.<lb/>[…]<lb/>[p. 481] Cette paix, que le cardinal se vantoit d’avoir achetée à fort bon marché, ne lui valut pas aussi tout ce qu’il en esperoit. Il me laissa un levain de mecontents qu’il m’eut peu oter avec assez de facilité, et je me trouvai tres bien de son reste. M. le prince de Conti et madame de Longueville allerent faire leur cour à Saint Germain, [p. 482] apres avoir vu monsieur le Prince à Chaillot pour la premiere fois, de la manière du monde la plus froide de part et d’autre.<lb/>[…]<lb/>[t. 4, p. 214] [avril 1652] Le Roi, dont le dessein avoit toujours eté de s’approcher de Paris, comme il me semble que je vous l’ai déjà dit, partit de Gien aussitôt apres le combat de Bleneau, et il prit son chemin par Auxerre, par Sens et [p. 215] par Melun, jusques à Corbeil, cependant que MM. de Turenne et d’Hocquincourt, qui s’avancerent avec l’armée jusques à Moret, couvroient sa marche, et que MM. de Beaufort et de Nemours, qui avoient eté obligés de quitter Montargis faute de fourrage, s’etoient allés camper à Etampes. Leurs Majestés etant passées jusques à Saint Germain, M. de Turenne se posta à Palaiseau, ce qui obligea messieurs les princes à mettre garnison dans Saint Cloud, au pont de Neuilli et à Charenton.<lb/>[…]<lb/>[p. 233] Je vous y ai parlé de la demangeaison de negociation comme de la maladie qui regnoit dans le parti des princes. M. de Chavigni en avoit une regelée, mais secrete, avec monsieur le cardinal, par le canal de M. de Fabert. Elle ne reussit pas, parce que le cardinal ne vouloit point, dans le fond, d’accommodement, et il n’en recherchoit que les apparences, pour decrier dans le parlement et dans le peuple M. le duc d’Orleans et monsieur le Prince. Il employa pour cela le roi d’Angleterre, qui proposa au Roi, à Corbeil, une conference. Elle fut acceptée à la cour, et elle le fut aussi à Paris par Monsieur et par monsieur le Prince, [p. 234] auxquels la reine d’Angleterre en parla. Monsieur en donna part au parlement le 26 d’avril et fit partir, des le lendemain, MM. de Rohan, de Chavigni et Goulas pour aller à Saint Germain, où le Roi etoit allé de Corbeil.<lb/>[…]<lb/>[p. 237] Les choses en vinrent au point que madame de [p. 238] Chatillon alla publiquement à Saint Germain. Nogent disoit qu’il ne lui manquoit, en entrant dans le château, que le rameau d’olive à la main. Elle y fut recue et traitée effectivement comme Minerve auroit pu l’y etre. La difference fut que Minerve auroit apparemment prevu le siege d’Etampes, que monsieur le cardinal entreprit dans le meme instant, et dans lequel il ne tint presque à rien qu’il ensevelit tout le parti de monsieur le Prince.<lb/>[…]<lb/>[p. 240] Le 3 de mai, monsieur le procureur general fit la relation de ce qu’il avoit fait à Saint Germain, en consequence des ordres de la compagnie, et il dit que le Roi entendroit les remontrances lundi 6 du mois.<lb/>[…]<lb/>[p. 241] Le 6, les remontrances du parlement et de la chambre des comptes furent portées au Roi, avec une grande force, et le 7 celles de la cour des Aides et celles de la Ville se firent. La reponse du Roi aux unes et aux autres fut qu’il feroit retirer ses troupes quand celles des princes seroient eloignées. Monsieur le garde des sceaux, qui parla au nom de Sa Majesté, ne profera pas seulement le nom de monsieur le cardinal.<lb/>Le 10, il fut arreté au parlement que l’on envoiroit les gens du Roi à Saint Germain, et pour y demander reponse touchant l’eloignement du cardinal Mazarin, et pour insister encore sur l’eloignement des armées des environs de Paris.<lb/>[…]<lb/>[p. 391] Le 13 [octobre 1652], les colonels reçurent ordre du Roi d’aller par deputés à Saint Germain. M. de Seve, le plus ancien, y porta la parole. Le Roi leur donner à diner et il leur fit meme l’honneur d’entrer dans la salle cependant le repas. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21757_actor">Gondi, Jean-François-Paul (de) </persname>
            <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <subject>Fronde</subject>
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            <p>Jean-François Paul de Gondi, Œuvres du cardinal de Retz, éd. Régis de Chantelauze, Paris, Hachette, 1882-1887.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans le journal de Jean Vallier</unittitle>
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            <unitdate normal="1648-10/1653" encodinganalog="3.1.3">27 août 1648-10 juillet 1653</unitdate>
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              <persname id="atom_21764_actor">Vallier, Jean</persname>
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              <p>XVIIe siècle. Maître d'hôtel de Louis XIV.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [t. I, p. 95] [27 août 1648] Il fut pourtant enfin convenu que, tout presentement, la Reine renverroit querir lesdits sieurs de Broussel et du Blancmesnil, et les mettroit en liberté. […] [p. 96] Aussi fit-on partir à l’instant meme deux carrosses du Roi pour executer au plus tôt les ordres de la Reine, conformement à ce qui venoit d’etre arreté. M. du Blancmesnil retourna des le soir du meme jour 27e aout, parce qu’il n’etoit pas plus loin que le Bois de Vincennes ; mais M. de Broussel, que l’on avoit conduit le jour precedent dans le chateau de Saint Germain en Laye et auquel l’on faisoit prendre la route de Sedan par un chemin de traverse et peu frequenté, n’ayant pu etre rencontré qu’aupres du Mesnil Madame Rance, il ne fut pas possible de le ramener à Paris que sur les neuf heures du lendemain [p. 97] matin 28e, si bien que l’on demeura sous les armes toute la nuit.<lb/>[…]<lb/>[p. 105] Le mardi suivant 22e septembre que le Parlement recommença de s’assembler touchant le tarif, il y eut plusieurs conseillers (et entr’autres M. Viole, president en la quatrieme chambre des Enquetes) qui, se laissant emporter à leurs affections particulieres, interrompirent M. le president de Mesms, qui vouloit faire enregistrer la commission que le Roi lui avoit fait expedier pour l’etablissement d’une chambre de justice dont il etoit le chef, et lui dirent fierement qu’il y avoit des affaires bien plus pressées, et de bien plus grande importance. […] [p. 106] Et sur cela, et sans entrer plus avant en connoissance de cause, fut ordonné que tres humbles remontrances en seroient faites à la Reine par ecrit, et Sa Majesté suppliée de vouloir ramener le Roi à Paris au plus tot, et cependant que le prevot des marchands et les echevins de la ville tiendroient la main à ce qu’elle ne manquat point de vivres, enjoignant à tous les gouverneurs des autres voisines de les laisser passer librement. […] [p. 108] Quelques particuliers, bons serviteurs du Roi et de l’Etat, firent entendre sous main à M. le duc d’Orleans et à monsieur le Prince, qui etoient à Rueil avec Leurs Majestés, que, s’ils avoient agreable de se rendre mediateurs de ce differend, ils seroient tres volontiers et tres favorablement ecoutés par la compagnie. Et, sur cette ouverture, ils ecrivirent tous deux au Parlement et lui firent rendre leurs lettres, le jeudi 24e septembre, en entrant au Palais, l’une par M. de Choisy, chancelier de S.A.R. et l’autre par le chevalier de Rivière, écuyer du prince. […] [p. 109] Elles contenoient toutes deux la meme chose, à savoir que, pour eviter les inconvenients qui pourroient arriver s’ils continuoient leurs deliberations sans avoir conferé ensemble, ils prioient la compagnie d’en deputer quelques uns pour s’aboucher avec eux à Saint Germain (où pour lors etoit la Cour) afin de trouver des moyens convenables pour l’accomplissement des volontés du Roi et pour le repos du public.<lb/>Ces lettres, qui n’avoient pas surpris les principaux du Parlement, parce qu’ils les avoient eux-mêmes sollicitées secretement, furent si bien reçues que, sans aucune remise, il fut arreté que, des le lendemain 25e, l’on iroit à Saint Germain en Laye pour conferer avec messieurs les princes, avec ce retentum toutefois que M. le cardinal Mazarin ne seroit point admis dans la conference. Ainsi M. le premier president, M. le president de Maisons, quatre conseillers de la Grand’Chambre et de deux de chacune des Enquetes et des [p. 110] requetes du Palais se rendirent à la Cour, où, apres avoir salué Leurs Majestés et diné, ils furent trouver S.A.R. et, en presence des princes de Condé et de Conti et du duc de Longueville seulement, ils se renfermerent dans les quatre demandes qui suivent :<lb/>La premiere, et sur laquelle ils insisterent le plus, fut le retour du Roi dans Paris, à quoi M. le duc d’Orleans repondit qu’il y avoit peu d’apparence de pouvoir persuader la Reine de ramener le Roi à Paris si promptement, vu qu’il se portoit si bien à la campagne et avoit accoutumé d’y prendre l’air tous les ans en cette saison. […]<lb/>[p. 111] Et ainsi finit cette premiere conference, la deuxieme ayant eté remise au dimanche suivant, 27 dudit mois de septembre, au meme lieu.<lb/>[p. 112] L’on en tint encore quatre ou cinq autres de temps en temps, dans les intervalles desquelles se continuoient aussi les assemblées du Parlement, avec assez d’alterations.<lb/>[…]<lb/>[p. 119] Mais lorsque, le dernier jour d’octobre, l’on vit toute la Cour revenir de Saint Germain à Paris, il ne se peut dire combien toute la ville en fut comblée de joie : chacun fit part de cette bonne nouvelle et l’épandit dans toutes les provinces, où les choses furent retablies si promptement en leur premier etat que, huit jours apres, il n’y parut aucune alteration.<lb/>[…]<lb/>[p. 135] [1645] Le lendemain matin 6e dudit mois, et quatre heures avant qu’il y eut personne dans les rues, la Reine fit sortir le Roi hors de Paris et l’emmena clandestinement dans son carrosse à Saint Germain en Laye, [p. 136] accompagné de M. le duc d’Orleans, de monsieur le Prince, de M. le cardinal Mazarin et de peu de personnes, et cela avec tant de precipitation et avec si peu d’ordre et de prevoyance que tout le bagage de Leurs Majestés meme et presque tous leurs officiers demeurerent enfermés dans Paris sans en pouvoir sortir de tout le jour, ni le suivant.<lb/>[…]<lb/>[p. 137] Le lendemain 7e, les Chambres s’assmeblerent encore d’assez bonne heure, sur l’avis qu’elles eurent de la marche de quelques troupes vers Paris, et aussi afin de deliberer sur la lettre de cachet que le Roi avoit envoyée aux prevot des marchands et echevins de cette ville, contenant « que, Sa Majesté ayant eté bien informée qu’aucuns du Parlement avoient voulu entreprendre ou attenter sur sa personne et pratiqué des intelligences avec ses ennemis, Elle avoit jugé à propos de se retirer à Saint Germain en Laye, dont Elle avoit bien voulu leur donner avis » : chose horrible et qui meritoit la roue, si elle eut eté aussi bien verifiée qu’elle se trouva destituée de toute sorte d’apparence.<lb/>Il fut pourtant arreté que les gens du Roi se transporteroient à Saint Germain pour temoigner à Leurs Majestés le deplaisir extreme qu’avoit tout le Parlement de leur sortie de Paris, dont toutes les circonstances etoient autant de marques de leur courroux et [p. 138] de quelque sinistre opinion qu’on leur avoit donnée de sa fidelité, dont toutefois il ne s’etoit jamais departi. […]<lb/>Messieurs du parquet partirent incontinent apres diner et se rendirent à Saint Germain des le soir du meme jour 7e, pour faire entendre à Leurs Majestés les sinceres et respectueuses intentions du Parlement ; mais, parce qu’il avoit refusé adroitement et sous ombre d’un manquement de formalité de recevoir le paquet que le sieur de la Sourdiere lui avoit presenté le matin de la part du Roi (que l’on savoit bien contenir la translation de tout le Parlement à Montargis), l’on ne voulut pas seulement voir ses [p. 139] envoyés, et les laissa t on revenir si mal satisfaits et si outrés de douleur de n’avoir pu etre entendus sur les propositions si raisonnables et si soumises qu’ils avoient à faire à Leurs Majestés de la part du Parlement, que des lors les affaires furent hors d’accommodement.<lb/>[…]<lb/>[p. 143] Le Conseil, ayant eté aussitôt averti de cet arret, fit expedier, le 9e de janvier, une lettre de cachet du Roi adressante aux prevot des marchands et echevins de Paris, portant entre autres choses que Sa Majesté leur comandoit, et à tous les habitants de ladite ville, d’en chasser et mettre hors le plus promptement possible qu’ils pourroient tout le corps du Parlement, leur promettent, en ce cas, la continuation de ses bonnes graces, et que, en meme temps que ledit Parlement en sortiroit par une porte, Sadite Majesté y rentreroit par une autre pour leur en temoigner les effets. Mais, comme la chose n’etoit pas possible, à moins que de prendre les armes et de remplir la ville de sang et de carnage, joint que le prevot des marchands etoit du corps, l’on y eut fort peu d’egard ; au contraire, elle fut portée au Parlement par M. le duc de Montbazon, gouverneur de la ville, accompagné du sieur Fournier, premier echevin, et d’un autre.<lb/>[…]<lb/>[p. 145] Il ne fut pas omettre que, ledit sieur Fournier ayant eté envoyé avec un autre echevin vers Leurs Majestés à Saint Germain en Laye, des le lendemain de [p. 146] leur sortie de Paris, afin de les assurer et protester de nouveau de l’affection tres ardente et tres cordiale de tous les habitants de la ville et de leur fidelité inviolable envers Elles, il leur fit une harangue à sa mode, laquelle, quoique peu etudiée, fut trouvée si pressante et si forte, lors memement qu’il s’etendit sur le pitoyable et malheureux etat de cette grande ville et sur la cruelle necessité où tant de bons bourgeois se trouvoient reduits, ou de tremper leurs mains dans le sang de leurs principaux concitoyens (en se mettant en devoir de chasser le Parlement), ou de perir par la faim en leur desobeissant, que Leurs Majestés ne purent s’empecher de temoigner par quelques larmes les secrets sentiments de compassion qu’il avoit excités dans leurs ames contre la resolution de leur Conseil.<lb/>[…]<lb/>[p. 148] M. le duc d’Elbeuf, toutefois, qui etoit demeuré dans Paris, ayant eté proposé sous main, et de son consentement, par M. Payen, n’eut pas grand peine à se faire agreer pour remplir cette belle charge, tant parce qu’il fut le premier à se declarer, que faute d’autre ; aussi fut-il incontinent accepté par toute la compagnie et declaré general des troupes parisiennes contre les pernicieux desseins du cardinal [p. 149] Mazarin et de ses adherents, le dimanche 10e janvier, sur les neuf heures du matin.<lb/>Mais, tandis que l’on lui en faisoit les compliments et que la Cour etoit encore assemblée, elle apprit avoie joie que M. le prince de Conti et M. de Longueville etoient à la porte Saint Honoré et demandoient à entrer dans la ville, afin de venir servir la cause commune. Ils s’etoient derobé la nuit, et sans aucune suite, de Saint Germain en Laye, tres mal satisfaits, disoient ils, du procedé et de la mauvaise conduite du conseil d’en haut.<lb/>[…]<lb/>[p. 159] Le 13e, le Parlement, ayant appris que la reine d’Angleterre etoit demeurée dans Paris avec fort peu de moyen d’y pouvoir subsister sans quelque secours extraordinaire, arreta que, des deniers des levées et contributions qui se faisoient dans la ville, il en seroit baillé à cette infortunée princesse, tante du Roi, [p. 160] jusques à vingt mille livres par mois, et que cela se feroit le plus secretement qu’il lui seroit possible, afin que la dignité de sa naissance et de sa majesté n’en fut point offensée. […]<lb/>La Reine s’etoit retirée avec tant de precipitation et avec tant de crainte d’etre traversée dans son dessein qu’elle n’avoit pas eu le temps de faire partir son bagage, ni meme celui du Roi : de sorte que, la garde bourgeoise ayant eté posée aux portes de la ville aussitôt que la nouvelle en eut eté repandue dans la ville, Leurs Majestés et toute leur Cour passerent plusieurs jours à Saint Germain avec une extreme incommodité, faute de lits et de toute autre sorte de meubles et d’habits, meme pour les personnes sacrées (chose honteuse et qui ne peut etre assez blamée de la posterité). Le capitaine du charroi, qui les avoit fait [p. 161] charger le plus dligemmnt qu’il avoit pu, s’etoit bien mis en etat de les emmener ; mais s’etant presenté à la porte Saint Honoré pour sortir, il en fut empeché et repoussé insolemment par une infinité de coquins qui se trouverent en armes à ladite porte, et cela certes avec un tres sensible deplaisir des honnetes gens, qui blamerent assez haut cet injurieux procedé et ne purent approuver que l’on refusat ainsi de laisser sortir les choses dont Leurs Majestés avoient tant de besoin.<lb/>Cette rigueur inouie et criminelle dura cinq ou six jours au moins, et jusques à ce que le Parlement eut commis MM. Doujat et Sevin, conseillers en la Grand’Chambre, pour se transporter au Palais Cardinal afin de donner ordre que l’on fit seulement sortir tout ce qui appartenoit et etoit necessaire pour la personne du Roi et celle de M. le duc d’Anjou, son frere, sans souffrir que le bagage de la Reine ni de qui que ce fut sortit de la ville : marque trop evidente et insupportable de la haine et de l’extreme aversion que l’on avoit pour elle et pour tout son conseil.<lb/>En effet, cette garde fut si exacte que tous ceux qui etoient dans la ville le jour que Leurs Majestés en sortirent s’y trouverent enfermés et retenus pour la [p. 162] plupart contre leur volonté, sans qu’il leur fut possible de s’en echapper, sinon en se deguisant, les uns en laquais, les autres en paysans, en sisses, en servantes ou en nourrices, ainsi que firent peu à peu diverses personnes de qualité de l’un et de l’autre sexe dont aucunes, ayant eté reconnues aux portes, furent maltraitées au dedans par la canaille, et celles qui passerent par la soldatesque au dehors.<lb/>[…]<lb/>[p. 212] [13 février] Le duc d’York, fils puiné du roi d’Angleterre, touché d’une extreme passion de voir la reine sa mere, qui etoit demeurée dans Paris, y arriva heureusement ledit jour.<lb/>[…]<lb/>[p. 213] Or, comme le parlement de Paris travailloit incessamment pour faire subsister ses troupes aux depens de ceux qui s’etoient retirés à Saint Germain, ceux là, de leur coté, faisoient, pour l’entretenement des leurs, tout ce qui leur etoit possible, afin de la charge en tombat sur les officiers de cette compagnie et des autres et les rendit plus sages une autre fois. A cet effet, messieurs du Conseil firent expedier un grand role contenant toutes les maisons, terres et heritages qui leur appartenoient es environs de la ville, et meme dans quelques provinces du royaume, qu’ils taxerent à une ou deux années du revenu d’icelles, en sorte que le tout se montoit à cinq cent vingt trois mille livres ; auquel role ils attacherent un arret du Conseil du 15e fevrier, signé en commandement De Guenegaud, portant que, « faute de payer par les fermiers ou receveurs desdites terres, maisons et heritages et de mettre, dans trois jours de la signification d’icelui, entre les mains de M. Longuet, tresorier [p. 214] de l’extraordinaire des guerres, les sommes y contenues, que le recouvrement en seroit fait par les gens de guerre, à tenir compte sur leurs montres, et dont ils se feroient payer par la vente de tous les meubles, bestiaux et materiaux qui se trouveroient esdites terres et maisons, et meme par la coupe des bois taillis et de haute futaie en dependant ».<lb/>Cette derniere clause fut trouvée si etrange et si dure, que ceux meme qui la mirent en avant n’oserent la faire executer en aucun endroit, et donna lieu de dire aux gens de bien, qui n’avoient autre dessein que de voir l’autorité du Roi retablie et les peuples un peu soulagés par des voies plus douces et convenables, qu’il eut eté à souhaiter que le Conseil de Sa Majesté et le parlement de Paris eussent eté plus moderés et retenus qu’ils n’etoient, l’un et l’autre agissant avec tant d’emportement et de violence que la posterité aura peine de se figurer ce que nous en avons vu et ressenti.<lb/>[…]<lb/>[p. 216] Le 17e, qui etoit le jour des Cendres, messieurs les gens du Roi partirent de Paris pour aller trouver Leurs Majestés à Saint Germain, afin de leur faire entendre les motifs respectueux et pleins de soumissions qui avoient obligé le Parlement et la ville d’n refuser l’entrée au heraut qui s’etoit presenté de leur part à la porte Saint Honoré : resolution qui excita beaucoup de joie parmi les bons François, dans la pensée qu’ils eurent que ce voyage etoit un acheminement indubitable à la pacification de tant de desordres.<lb/>[…]<lb/>[p. 220] Le 19e, messieurs les gens du Roi firent leur rapport au Parlement de ce qu’ils avoient fait à Saint Germain et dirent, en presence de M. le prince de Conti et de MM. les ducs d’Elbeuf, de Beaufort, de Luynes et de Brissac, que la Reine leur avoit temoigné par la bouche de M. le chancelier qu’elle avoit pris en bonne part le refus que l’on avoit fait de laisser entrer et d’ouir le heraut, puisqu’il ne procedoit que du respect et de la soumission du Parlement envers le Roi ; qu’elle avoit eu tres agreables les protestations de leur fidelité et de leur obeissance, mais qu’elle en attendoit les preuvres ; que, de sa part, elle leur donneroit toujours des marques de sa bonté, de son affection et de sa bienveillance, pourvu que l’autorité du Roi fut conservée toute entiere : à quoi ils ajouterent que M. le duc d’Orleans et monsieur le Prince les avoient assurés de la meme chose, ce qui donna lieu d’arreter que les memes gens du Roi retourneroient incontinent apres diner ou le lendemain à Saint Germain, afin de rendre tres humbles graces à la Reine de ses bonnes volontés et de savoir d’elle quelles etoient les preuves que Sa Majesté desiroit avoir de l’obeissance et de la fidelité du Parlement.<lb/>[…]<lb/>[p. 233] Le 20e fevrier, fut arreté au parlement de Paris que l’on deputeroit vers la reine d’Angleterre pour se condouloir avec Sa Majesté de la perte qu’elle avoit faite, et que, à cet effet, chaque chambre nommeroit un conseiller pour accompagner M. le premier president, qui devoit porter la parole, et lui rendre ce triste temoignage de leur douleur.<lb/>[…]<lb/>[p. 241] Les deputés du parlement de Paris etant cependant retournés de Saint Germain, M. le premier president fit son rapport à la compagnie, le 27e dudit mois de fevrier, de la bonne reception qui leur y avoit eté faite et comme ils avoient trouvé la Reine, accompagnée seulement de M. le duc d’Orleans, de monsieur le Prince et de M. le cardinal Mazarin (à cause de l’indisposition de M. le chancelier), à laquelle ils avoient fait entendre le sujet de leur voyage, et que, apres la reponse de Sa Majesté, ils s’etoient retirés dans la capitainerie du chateau, où, peu de temps apres, ces deux princes s’etant rendus, ils etoient entrés en une [p. 242] conference assez particuliere avec eux, dans laquelle ils avoient un peu adouci les paroles aigres et facheuses dont la Reine avoit usé dans sa reponse, laquelle Sa Majesté leur avoit envoyée incontinent apres par ecrit, en suite de quoi ils s’etoient retirés.<lb/>[…]<lb/>[p. 252] L’on eut aussi nouvelles que M. le marechal de Rantzau avoit eté arreté prisonnier par M. de Villequier, capitaine des gardes, en mettant pied à terre à Saint Germain en Laye, où il s’etoit rendu enfin et apres plusieurs ordres de Leurs Majestés, qui n’estimoient pas que Dunkerque fut en sureté entre les mains de cet etranger, que l’on disoit (avec peu de certitude) avoir eu quelques secretes intelligences avec les Espagnols pour remettre cette importance place en leur disposition.<lb/>[…]<lb/>[p. 257] [mars] Toutes ces atroces medisances et toutes ces noires invectives n’avoient pas empeché messieurs les gens du Roi de sortir de Paris le 2e de ce mois et de porter à [p. 258] Leurs Majestés le dernier arret du Parlement, contenant le nom des deputés qui, sous leur bon plaisir, avoient eté nommés de sa part pour assister à la conference proposée par M. le duc d’Orleans. Ils eurent aussi ordre expres de savoir de la Reine le lieu qu’il avoit plu à Sa Majesté d’ordonner pour une action si importance ; elle eut bien desiré que c’eut eté à Saint Germain, mais comme il etoit un peu trop eloigné de Paris, que les esprits etoient encore un peu trop aigris de part et d’autre et le logement trop serré, le chateau de Rueil (pour se rencontrer à moitié chemin) fut jugé plus commode et preparé à cet effet.<lb/>[…]<lb/>[p. 263] Si l’on avoit un extreme besoin de la paix dans Paris, elle n’etoit pas moins necessaire ni desirée par tous ceux qui etoient à Saint Germain, et, si le pain etoit rare d’un coté, l’argent n’etoit pas fort commun de l’autre, et moins encore toutes les autres commodités de la vie. Messieurs les princes et Leurs Majestés memes manquoient de beaucoup de choses et ne souhaitoient rien plus ardemment que de sortir bientôt et honnetement de l’embarras où leur mauvais et detestable conseil secret les avoit jetés contre toutes les regles d’une bonne politique : de sorte qu’il ne fut pas difficile à messieurs du Parquet d’obtenir ce qu’ils demanderent touchant l’entrée des vivres.<lb/>[…]<lb/>[p. 297] Le 16e dudit mois de mars, MM. les deputés [p. 298] du Parlement partirent de Paris pour se rendre à Saint Germain, afin d’obtenir de Leurs Majestés la reformation des deux, trois et douzième articles ci devant enoncés, et, s’il etoit possible, quelque satisfaction pour nos generaux.<lb/>[…]<lb/>[p. 325] [30 mars] L’après dinée du meme jour, MM. les deputés du Parlement retournerent enfin de Saint Germain en cette ville avec une declaration du Roi contenant tout ce qu’ils avoient arreté et si solennellement concerté avec ceux du Roi.<lb/>[…]<lb/>[p. 331] [avril] Le lendemain 6e, les deputés du Parlement, au nombre de quarante, furent à Saint Germain temoigner à Leurs Majestés avec quel profond respect et avec quels sentiments de joie et d’amour ils avoient reçu la paix qu’il avoit plu à leur bonté de leur accorder, et les supplier tres humblement de vouloir honorer au plus tot de leur presence la capitale du royaume ; lesquels, apres avoir eté magnifiquement traités aux depens du Roi, reçurent enfin cette agreable reponse de la bouche de la Reine qu’elle avoit une tres grande passion d’aller à Paris et d’y mener le Roi, ce qu’elle feroit assurement sitot que le bien de ses affaires le permettroit.<lb/>[…]<lb/>[p. 337] Le 28e avril, le Roi ecrivit au Parlement et au corps de ville que, ayant resolu de s’approcher de sa frontiere de Picardie pour y donner plus commodement et plus à propos les ordres necessaires contre les entreprises de ses ennemis, Sa Majesté avoit bien voulu leur en donner avis, afin qu’ils eussent à maintenir le peuple de sa bonne ville de Paris dans l’obeissance qu’il lui devoit. Et, de fait, Leurs Majestés partirent de Saint Germain le dernier de ce mois, et allerent [p. 338] coucher à Ecouen, et tout le Conseil en cette ville.<lb/>[…]<lb/>[t. II, p. 281] Le 7e [février 1651], l’on fut extremement etonné d’apprendre par toute la ville que Son Eminence etoit enfin sortie sur les onze heures du soir du jour precedent, et qu’elle avoit pris la route de Saint Germain en Laye, accompagnée de deux cents chevaux.<lb/>[…]<lb/>[t. III, p. 215] [1652] Mais enfin, le Roi s’etant rendu à Saint Germain, le samedi 27e avril (où dejà etoient arrivés M. de Rohan, de Chavigny et Goulas, que M. le duc d’Orleans y avoit envoyés pour apprendre les volontés du Roi sur les ouvertures du roi d’Angleterre), Sa Majesté remit à les entendre au lendemain, après diner. Ils furent introduits dans la chambre de la Reine par le milord Montagu et reçus fort favorablement de Leurs Majestés ; apres qu’ils eurent protesté de la fidelité et sincere affection des princes qui les avoient envoyés, ils supplierent tres humblement le Roi de leur vouloir dire avec lequel de messieurs de son Conseil Sa Majesté desiroit qu’ils conferassent de l’affaire qui les avoit amenés vers elle. « Avec M. le cardinal, répondit le Roi, que j’ai ordonné pour cela ». « Nous avons, dirent-ils, un ordre précis de ne point traiter avec M. le cardinal, ni meme de le voir ». Mais le Roi leur ayant reparti [p. 216] brusquement qu’il le vouloit ainsi et le leur commandoit absolument, ils firent une profonde reverence et dirent que, Sa Majesté ayant tout pouvoir sur eux, ils obeiroient aveuglement à son commandement. Alors le Roi et la Reine se leverent et les menerent dans un cabinet où, presque en meme temps, se rendit le sieur cardinal qui, prenant la parole d’abord, se fit des reproches à lui meme (par ironie) de tous les crimes dont il etoit chargé par l’arret de sa condamnation. « Voilà), dit-il, Messieurs, ce criminel de lese majesté, ce perturbateur du repos public, ce pirate, ce proscrit », et enfin tomba serieusement sur l’affaire dont il s’agissoit. Mais, comme elle etoit de longue discussion, Leurs Majestés sortirent et laisserent ledit sieur cardinal tout seul avec ces trois deputés et leur conducteur.<lb/>Sitot que cette conference (qui dura quatre heures) fut finie, le Roi fit assembler son Conseil, où M. le cardinal ayant fait rapport devant Leurs Majestés de tout ce qui venoit d’etre proposé et resolu, il parut tant de joie sur le visage de ceux qui avoient eu l’honneur d’y etre appelés, lorsqu’ils en sortirent, que personne ne douta plus que la paix ne fut faite ou, du moins, fort avancée. C’etoient M. le garde des sceaux, [p. 217] M. le duc de Bouillon, MM. les marechaux du Plessis et de Villeroy et MM. les quatre secretaires d’Etat.<lb/>Le lendemain 29e, M. le duc d’Orleans, accompagné de monsieur le Prince, se rendit au Palais et dit qu’il etoit venu faire part à la compagnie de ce qui s’etoit passé à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 225] [mai] Le 6e dudit mois, les deputés du parlement s’etant rendus à Saint Germain pour faire de secondes remontrances au Roi sur l’eloignement tant souhaité et si necessaire du cardinal Mazarin, Sa Majesté leur dit Elle meme que, encore qu’Elle eut resolu de n’entendre plus aucunes remontrances sur ce sujet, elle vouloit bien toutefois leur donner encore cette satisfaction que d’ecouter les leurs, et meme d’entendre lire en leur presence celles qui lui avoient eté presentées à Gien de la part de leur compagnie ; ce qu’ayant eté fait, ainsi qu’ils le desiroient, le Roi ajouta qu’il leur feroit savoir sa volonté par ecrit à leur retour à Paris.<lb/>Mais les deputés de la Ville, qui n’usoient que de tres humbles supplications et n’insistoient pas tant sur l’eloignement dudit cardinal que sur le retour de Sa Majesté dans Paris, ne furent pas peu surpris quand [p. 226] Elle leur repondit, par la bouche de M. le garde des sceaux, qu’il etoit bien etrange que, en meme temps qu’ils supplioient le Roi de vouloir retourner à Paris, ils souffrissent que l’on en fermat toutes les avenues à Sa Majesté par la rupture des ponts et par l’occupation des passages qui lui pouvoient conduire ; qu’Elle ne jugeoit pas à propos de donner autant de combats qu’il y avoit de villages entre Saint Germain et Paris pour en rendre l’acces libre à Sa Majesté, qui meme trouveroit peu de sureté dans son Louvre, tandis que les factieux auroient les armes en main ; qu’il etoit bien juste de les poser avant toutes choses et de faire retirer ceux qui s’etoient declarés si ouvertement ses ennemis ; que, apres cela, Sa Majesté leur promettoit de retourner aussitôt dans sa bonne ville de Paris et de lui donner toutes les marques possibles de sa bonté et de ses affections paternelles envers elle.<lb/>[…]<lb/>[p. 228] La Cour, cependant, demeuroit à Saint Germain sans pouvoir prendre aucun bon parti sur toutes ces occurrences et donnoit le temps à monsieur le Prince de fortifier sa faction dans Paris, faute de resolution et de vigueur, etant certain que, si le Roi y fut venu tout droit au partir de Corbeil, qu’il y eut eté tres bien reçu, malgré tous les frondeurs, et eut sans doute obligé monsieur le Prince, et peut etre M. le duc d’Orleans, d’en sortir ; et de là dependoit la decision de l’affaire et de la ruine totale des factieux. Mais l’esprit de M. le cardinal n’etoit pas d’une trempe assez forte pour exciter en son ame des resolutions si fermes et si genereuses ; il ne pouvoit se departir ni de ses souplesses naturelles, ni de ses intrigues ordinaires, et, moins encore, de ses secretes et artificieuses negociations, quelque experience qu’il eut faite du mauvais succes de ce lache et honteux procedé.<lb/>[…]<lb/>[p. 236] Cependant, MM. les gens du Roi avoient été entendus à Saint Germain par Sa Majesté sur le sujet de l’eloignement de ses troupes des environs de Paris [p. 237] et en avoient eu cette favorable reponse que, aussitôt que les Princes auroient fait retirer les leurs, Elle commanderoit aux siennes de faire la meme chose et donneroit toute sureté aux etrangeres pour leur retour.<lb/>[…]<lb/>[p. 242] L’on ne laissoit pas cependant de faire force voyages de Saint Germain à Paris et d’ici à la Cour, pour trouver quelque bon accommodement aux affaires. M. le duc de Damville et le milord Montagu s’y employoient de tout leur pouvoir et ne craignoient point de representer [p. 243] souvent à la Reine les inconvenients que pourroit enfin produire la ferme resolution que Sa Majesté sembloit avoir prise de retenir le cardinal aupres d’Elle, et lui dirent jusque là que l’exemple d’Angleterre n’etoit pas detesté de tous les Parisiens (chose horrible et incroyable) : mais inutilement, tant son ame etoit fortement attachée à la conservation de ce ministre insuffisant, meprisé et sans vigueur.<lb/>[…]<lb/>[t. IV, p. 91] [octobre 1652] MM. les colonels de la ville s’etoient cependant assemblés chez M. de Seve, sieur de Chatignonville, leur ancien, afin d’aviser au moyen de la decharger d’une si horrible oppression, et, sans la participation des echevins, ni meme de S.A.R., etoient convenus de faire une celebre deputation vers le Roi, pour assurer Sa Majesté de l’immuable fidelité de leurs concitoyens ; et, à cet effet, avoient ils resolu de la composer de quatre d’entre eux, de quatre de leurs lieutenants, de trente deux capitaines, d’autant de lieutenants et de pareil nombre d’enseignes, et encore d’un notable bourgeois de chacune compagnie, qui faisoient en tout deux cent seize personnes. Mais ce ne fut pas sans grande difficulté que M. le duc d’Orleans leur permit d’executer ce bon dessein et de sortir de Paris pour aller trouver le Roi à Saint Germain en Laye : ce qu’il ne fit encore qu’à toute extremité et que sous [p. 92] cette condition expresse qu’ils obtiendroient une amnistie generale et sans exception de ce qui s’etoit passé le 4e juillet dans l’hôtel de ville, parce que, la grace du Roi ne s’etendant que sur les bourgeois de ladite ville, S.A.R., qui savoit bien en sa conscience qu’elle y avoit au moins preté son consentement, ne vouloit pas en etre exclue, ni laisser M. de Beaufort et les autres principaux officiers de ses troupes (complices de cette detestable action) en etat de pouvoir etre recherchés et punis quelque jour.<lb/>[…]<lb/>[p. 95] Le 15e, les colonels et les autres officiers militaires de la ville en partirent enfin pour se rendre à Rueil, à dessein d’aller le lendemain à Saint Germain assurer le Roi de l’obeissance et de la fidelité de tout le reste [p. 96] des habitants. Mais Sa Majesté n’y etant arrivée que le 17e, ils ne purent avoir audience que le jour suivant. Ce fut ledit sieur de Chatignonville qui porta la parole et qui n’omit aucune chose pour persuader le Roi de vouloir retourner à Paris. Sa Majesté leur repondit qu’Elle n’oublieroit jamais le service qu’ils lui rendoient en cette occasion et que, inclinant à leurs prieres, Elle se rendroit le lundi suivant dans sa bonne ville de Paris encore que les auteurs de la rebellion lui donnassent tout sujet d’aller ailleurs.<lb/>La bonne reception qui leur fut faire temoignoit assez la satisfaction que l’on avoit de leur envoi. Aussi parlerent ils debout, et non pas à genoux, comme quelques uns du Conseil pretendoient qu’ils dussent faire ; mais la consideration que c’etoit un corps militaire, et non de bourgeois, l’emporta sur les vieilles maximes, ainsi que fit le festin dont ils furent regalés sur tous les precedents : en telle sorte [p. 97] qu’ils retournerent tres contents le 19e, et ramenerent avec eux M. le gouverneur (que le Roi avoit fait ministre d’Etat quelques jours auparavant) et lesdits sieurs Le Fevre, prevot des marchands, Guillois et Philippe, echevins.<lb/>Il ne faut pas omettre la raillerie que fit la Reine au president Charton, en lui disant qu’elle etoit bien aise de le voir parmi les deputés et que « le feu de l’hotel de ville l’eut enfin eclairé » ; et sur ce qu’il pria Sa Majesté de se souvenir des promesses qu’on leur faisoit de ramener le Roi à Paris, elle lui repartit de bonne grace que l’on reconnoitroit la difference qu’il y avoit entre la parole du Roi et ce qui se disoit sur le pont Neuf. Il n’y eut que le seul Raguenet, marchand de la rue Saint Honoré, qui ne fut point admis à l’honneur de faire la reverence au Roi : aussi, sans mentir, s’etoit ils trop signalé parmi les plus grands frondeurs. Il s’en abstint fort à propos, sur l’avis que M. de Sainctot lui donna de se retirer, de crainte de facher Sa Majesté.<lb/>[…]<lb/>[p. 265] [1653] Le 10e de juillet, M. de Maisons, president au mortier, eut ordre de sortir de Paris et de s’en aller à Conches. Si la resistance qu’il avoit apportée ou, plutôt, le refus qu’il avoit fait de donner sa demission de la capitainerie du chateau de Saint Germain en Laye, dont le Roi vouloit gratifier le sieur de Beaumont [p. 266] (en le remboursant des quarante trois mille ecus qu’il en avoit baillés à M. le duc de Saint Simon) fut la veritable cause de cette disgrace, je m’en rapporte ; mais il est certain que Sa Majesté eut tant d’impatience qu’il fut parti que, en moins d’une apres dinée, Elle envoya trois fois lui commanda absolument de partir. Ensuite de quoi, Elle manda les autres grands presidents et leur dit que ce n’etoit point comme officier [p. 267] de son parlement qu’Elle avoit eloigné ledit sieur de Maisons, mais comme son domestique, qui n’avoit pas voulu obeir à ses volontés touchant la capitainerie de Saint Germain. Il y avoit pourtant beaucoup d’apparence que la sollicitation qu’il faisoit sous main pour l’assemblée des chambres en faveur des conseillers absents, et particulierement à M. de Longueil, son frere, qui etoit indisposé à Auxonne, n’avoit pas peu contribué à cette defaveur : ce qui parut assez visiblement par les plaintes que fit la Reine contre ledit sieur de Longueil, son chancelier, qu’elle accusa de meconnoissance envers elle, et de cabale perpetuelle contre le service du Roi, son fils. M. de Maisons, maitre des requetes, l’abbé de Conches et mademoiselle de Maisons eurent ordre de suivre leur pere. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21764_actor">Vallier, Jean </persname>
            <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <subject>Fronde</subject>
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            <p>Jean Vallier, Journal de Jean Vallier, maître d’hôtel du roi (1648-1657), éd. Henri Courteault et Pierre de Vaissière, Paris, Renouard, 1902-1918.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Marie Dubois, valet de chambre du roi, de séjours de la cour à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1648/1671" encodinganalog="3.1.3">23 septembre 1648-30 septembre 1671</unitdate>
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              <p>Valet de chambre du roi, seigneur de Lestoumière, de La Forêt et du Poirier.</p>
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            <p>« [p. 140] 23 [septembre 1648]. La Reyne, ayant ouy la messe, monta en carosse et fut querir monsieur le duc d’Angeou à Besanval et arriva sur le midy. Le Roy les fut recevoir dans la cour, et, quoyque monsieur d’Angeou eut encore le visage tout rouge de sa petite verolle, le Roy ne laissa pas de se jetter à son col, et ces deux enfans se tenoient collés leurs visages l’un contre l’autre, se baisant [p. 141] tendrement, et pluroient de joye, ce quy ravissoit tous ceux quy les voyoient. Monsieur ne coucha pas à Ruel, il partit sur le soir pour aller coucher à Croissy.<lb/>Ce mesme jour, le provos des marchands et messieurs du cardenier de Paris vinrent et reçurent toute asseurance de la Reyne et de messieurs d’Orléans et de Condey. Le parlement et les peuples de Paris n’estoient pas fort asseurés et les affaires estoient à la veille de prendre ung mauvais biais, ce quy obligea messieurs d’Orléans et de Condey à leur faire ces lettres suivantes :<lb/>Lettres de monseigneur le duc d’Orléans et de monsieur le Prince à messieurs du parlement<lb/>A Messieurs de la cour de parlement du Roy, mon seigneur et nepveu, à Paris<lb/>Messieurs,<lb/>Vous savez les soings que j’ay pris pour accomoder les affaires presentes et y apporter tout le tamperament que le service du Roy, mon seigneur et nepveu, et la satisfaction de vostre compagnie ont peu desirer. Et, comme j’ay jeugé que, dans l’estat où elles se truvoient, une conference seroit tres utile pour regler toutes choses, j’ay bien voulu vous faire encore cette lettre pour vous prier de desputer quelques uns de vostre corps pour se truver au lieu où sera la Reyne et adviser aux moyens quy seront convenables pour l’accomplissement des volontés de Leurs Majestés et pour le repos public. Je veux croire que vous concourerez avecque moy dans ce bon dessein et que vous aurez la mesme creance à ce que le sieur de Choisy, mon chancelier, vous dira sur ce subjet que vous l’auriez à moy mesme, quy suis, Messieurs,<lb/>Vostre affectionné amy.<lb/>Gaston<lb/>De Ruel, ce 23 septembre 1648<lb/>[p. 142] Lettre de monsieur le Prince à messieurs de la cour de parlement, à Paris<lb/>Messieurs,<lb/>Ne pouvant aller au parlement, aynssy que m’aviez temoigné le souhaiter par vostre desputation d’hier, et prevoyant les inconvenients quy pourraient arriver sy vous continuez vostre deliberation sans que j’eusse eu le bien de vous voir auparavant, j’ay creu vous devoir inviter, comme le faict monsieur le duc d’Orleans, à Saint Germein, à une conference où nous puissions traiter des desordres quy peuvent estre presentement dans l’Estat et tacher d’y remedier. Le zele que j’ay pour le service du Roy et l’affection particulleire que j’ay pour vostre compagnie m’obligent à vous proposer cet expedient pour remedier à des maux auxquels vous et moy ne pourrons peut estre plus donner ordre, sy vous laissez perdre cette occasion. La Reyne est dans tous les sentiments de bonté que vostre compagnie peut attendre d’elle. Monsieur le duc d’Orleans vous temoigne assez les siens par les soings qu’il a pris jeusques à cette heure et par la lettre qu’il vous escrit, et moy je n’ay point de plus forte passion, apres celle que j’ay pour le bien de l’Estat et pour le maintien de l’autorité royale, que celle de vous servir. Faictes donc paroitre en cette occasion cette affection que vous avez toujours temoignée en contribuant tout ce quy est en vous pour l’accomodement des affaires. Donnez moy lieu, par les services que je vous rendray auprès de Sa Majesté, de vous temoigner que je suis, Messieurs, vostre tres humble et tres affectionné serviteur.<lb/>Louis de Bourbon<lb/>A Ruel, ce 23 septembre 1648<lb/>Apporté par le chevalier de Rivière.<lb/>[p. 143] Ce mesme jour, l’on fit commendement pour aller le lendemain à Saint Germein. Et le lendemain 24, tout partit et la reyne d’Angleterre delogea du viel château et alla loger au Louvre à Paris. Le Roy arriva d’assez bonne heure et la Reyne sur les six heures, et fut descendre à la chapelle du viel château, où elle entendit les litanies, quy ont de coustume de se chanter tous les soirs. La Reyne, quy est fort propre, truva dans le chasteau mille puanteurs, que les Anglois y avoient laissées : ce sont gens quy vivent fort sallement. L’on truva sur un fumier force serpens dans une lie de vin d’Espagne, quy avoit esté vidé dans le bour, et dit on que ces choses là servent à ceux quy sont ladres, de quoy l’on accusoit ung millor. Tout le viel chasteau se truva occupé, la cour estant fort grosse. Monsieur d’Orleans eut pour luy et pour Madame, sa femme, tout le chasteau neuf. La nuict du 24 au vingt cinq, la seconde chambre de la Reyne, quy estoit demeurée dans le chasteau de Ruel, fut vollée, les coffres ouvers et tout le plus précieux pris. La Reyne y avoit ung vallet de chambre et ung tapissier, quy furent coucher au bourg au lieu de coucher dans la mesme chambre pour garder les meubles, de sorte qu’ils faillirent tous deux à estre chassés. Aussy estoient ils fort blamables. C’est à quoy nous devons bien prendre garde, lorsque nous sommes ou à la premiere ou à la dernière chambre. Y estant, nous sommes obligés, sur peine de la vie, de les conserver.<lb/>Le vendredy 25, messieurs les deputés du parlement vinrent au nombre de 21, lesquels salluerent Leurs Majestés et monsieur le cardinal, et ensuite le Roy leur donna à disner, à l’issue duquel ils furent au chasteau neuf, dans le grand cabinet de Monsieur d’Orleans, à main gauche en entrant, et s’enfermerent avecque messeigneurs d’Orleans, de Condey, de Conty et de Longueville, et furent deux heures en conference. A l’issue de laquelle, ces messieurs s’en retournèrent à [p. 144] Paris.<lb/>Pendant qu’ils estoient enfermés, je voulus voir le chambre où le defunct Roy, mon mestre, mourut, et j’y truvay monsieur l’abbé de La Rivière logé, monsieur d’Orleans n’y ayant pas voulu loger, mais bien son favory. Je ne consideray pas ce lieu sans soupirer et prier Dieu pour mon defunct cher mestre.<lb/>26 [septembre]. Le courrier d’Alemagne arriva quy apporta nouvelles de la pax d’Allemagne, mais j’ay crainte qu’elle n’ayt pas lieu. La Reyne fut voir madame la duchesse d’Orleans au chasteau neuf.<lb/>27 [septembre]. Ce jour de dimanche, je fus au disner de monsieur le Prince et le remerciay de l’honneur qu’il m’avoit faict de me donner quartier. II me fit la grace de me prendre la main, de me la serrer et de me dire : « Monsieur, vous vous moquez de moy, je suis vostre serviteur ». Ce discours me fit voir que je n’estois pas mal dans son esprit et que toutes les fois que j’avois escrit les petites nouvelles à monsieur Dumont, l’un de ses segretaires, Son Altesse les avoit lues, aynssy que m’a dit dudepuis monsieur Dumont. Monsieur le Prince estant hors de table, il alla au chasteau neuf, suivy de messieurs de Conty et de Longueville et de plusieurs autres, à la seconde conference avecque les mesmes deputés du parlement et les mesmes princes. Aussy, cette fois là, ils y appelerent messieurs le chancellier, de La Meillerès et de Tuebeuf pour les finances. Messieurs les princes sortirent par deux fois pour conferer ensemble et envoyèrent monsieur de La Riviere truver la Reyne. A l’issue de la conference, ils se separèrent à l’ordinaire.<lb/>28 [septembre]. Le Roy continua ses divertissements ordinaires : le jour, à l’estude, à la promenade, et le soir au collin mallar, où les princes et seigneurs [p. 145] prenoient leur part du divertissement. Et pour moy, je faisois ma cour chez madame la Princesse et chez les autres princes et princesses desquels j’ay l’honneur d’estre cogneu.<lb/>29 [septembre]. Il y eut grande chasse du cerf où le Roy et tous les princes et seigneurs estoient. C’estoit avecque les chiens de monsieur d’Orléans. Le cerf fut pris.<lb/>30 [septembre]. Je pris congé du Roy à l’issue de son souper et fus au souper de madame la Princesse la mere, où madame la Princesse la jeune estoit arrivée de jour, de laquelle je pris congé, comme de tous mes amis, et me fus retirer sur la meinuict.<lb/>[…]<lb/>[p. 183] En ce temps [mars 1649], le Roy, la Reyne et le Conseil estoient à Saint Germein en Lès, et l’armée du Roy autour de Paris, qu’il avoit bloqué et afamé depuis le jour qu’il en estoit party, quy estoit la veille des Roys, à cause des desobéissances de messieurs du parlement. Messieurs les princes de Conty, de Longueville, de Beaufort et autres se jeterent dans Paris et apuierent le parlement contre Sa Majesté. Le desordre estoit tres grand dans l’Estat, grandes partiallités. Il nous faillut assembler nombre d’officiers du Roy pour gaygner Saint Germein,  nous faillut aller par Illiers en Beausse, par Dreux, et, à chaque village, il failloit quiter espée et pistolletz. L’on faisoit garde partout et n’y avoit neulle seureté pour les passants : tous les peuples tenoient pour le parlement et assassinoient ceux quy alloient au service du Roy. Ils nous appelloient les Masarins, à cause du gouvernement de monsieur le cardinal Masarin, quy estoit chef du Conseil et fort haï.<lb/>Je raportay à Saint Germein ce que j’avois veu et [p. 184] mesme le dit à quelques ungs du Conseil du Roy, des plus affidés à la Reyne et à des familliers de monsieur le cardinal de Masarin, comme à monsieur le commandeur de Souvrey et à quelques autres desquels j’estois cogneu, et auxquels je fis voir aussy l’afection que monsieur le duc de Vandomes avoit faict voir dans des rancontres dans le Vandomois où il estoit alors, et ce que j’en dis c’estoit par ordre de monsieur de Souvrey, premier gentilhomme de la Chambre, quy estoit alors à Vandomes, près monsieur le duc, de quoy je reçus après compliment, lorsque monsieur de Vandomes vint à la cour.<lb/>Nous partimes le 28 mars, le dimanche des Rameaux, après le service, et arivames à Saint Germein le mercredy, et entrasmes le jeudy absolu en quartier où, estant à tenebres, dans la chapelle du chasteau, les nouvelles de la paix vinrent, que les desputés du Roy aresterent à Ruel avecque monsieur le Premier President et autres nommés de messieurs les princes et du parlement. Sy tost que l’on entendit cette novelle, quy ne pouvoit venir que du Ciel, tout le monde se jeta<lb/>à genoul et loua tout Dieu de tout son coeur.<lb/>Toutes les festes de Pasques se passèrent en joye. Tous les princes, excepté monsieur de Beaufort, vinrent. Tous les corps du parlement et de Paris, les ungs après les autres, que le Roy regalla d’importance, asseurerent Leurs Majestés de leurs fidelités et obeissances. De là à quelques jours, monsieur d’Orléans fut à Paris, les princes et princesses aussy, quy y furent tous les bien receus.<lb/>Le 30 du mois d’avril, Leurs Majestés et toute la cour partirent de Saint Germein pour Compiegne, et vint on coucher à Chantilly, où monsieur le Prince fit l’honneur de la meson à merveilles. Ils y sejeurnerent deux jours et puis furent à Compiegnes.<lb/>[…]<lb/>[p. 291] Le cinquieme may [1652], il arriva un garçon quy me fut envoyé exprès de Saint Germein, où estoit la cour durant le siège de Paris, que monsieur Le Conte et mes cousins de La Boullière m’envoyerent pour me donner avis que Artus de Plannes, l’ung de mes compagnons, estoit mort et que Leurs Majestés n’avaient pas voulu disposer de la charge, qu’ils en vouloient remplir les deux anciens, quy ne servoient que de deux ans l’ung. Et, moy, quy estois l’ancien sans contredit, je me resolus de partir. […]<lb/>La guerre civile estoit sy allumée qu’elle me fit bien cognoître la dangereuse extremité que c’est d’aller par la campagne pendant la guerre civile où tout est en armes et en allarmes. […] [p. 292] Partant le lendemain matin, nous fumes passer à Roussières remercier M. l’abbé, quy nous donna encore le mesme Allemand pour nous guider par des petits chemins escartés jeusques à Montfort pour esviter les bois de Saint Leger, où tous ceux quy y passoient estoient volés et la plupart tués. Nous nous separasmes à Montfort et fusmes, le vallet de pied et moy, coucher à Saint Germein, tojours partis quy nous venoient recognoître et bien souvent pour nous piller. Les couleurs de la [p. 292] Reyne me firent du bien et une faveur toute particuliere. Ce jour là, l’armée du Roy estoit occupée à l’Ille Adan, qu’elle prit, sans cela je n’aurois pas manqué à faire mon entrée dans Saint Germein aynssy que me dit madame de Vandosmes : « Il me semble, dit elle, que je suis à Saint Germein et que je vous y vois arriver tout neu, couvert seullement d’une mechante chemise fort salle qu’un de ceux quy vous auront vollé vous auront baillée pour la vostre ». Elle avoit envoyé lematin cinq des siens bien montés et armés, quy furent bien bastus par les chemins.<lb/>Enfin, par la grace de Dieu, j’arrivay en santé. Je fus voir mes supérieurs et ensuite Leurs Majestés.<lb/>Monsieur et madame de Souvrey me firent voir comme ils avoient travaillé pour moy. Monsieur de Crequy, quy estoit en année, estoit à Paris : quoyqu’il eut passeportz du Roy et des Princes, et congé, il ne laissa pas d’avoir de la peine de sortir. Pour moy, je truvois trop de peril d’aller à Paris pour le voir : je l’attendis. Il vint, avecque luy La Planche, l’ung de mes compagnons, quy pretendoit deux mille livres sur la charge vacante, disant que Bonnefont les avoit eues de Moreau, quy estoit entré dans la charge de Butanger. Gomme nous fumes devant monsieur de Crequy, La Planche, Dalbanes (quy estoit le beau frere du defunct, auquel la Reyne donnoit l’autre moitié), monsieur de Crequy dit : « La Reyne vous gratifie vous deux de la charge de défunct de Plannes, mais vous donnerez tous deux deux mille livres à La Planches ». Je pris la parolle et le priay de me permettre de dire mes raisons, ce qu’il eut à gré. Je lui dis : « Monsieur, vous savez que l’ancien, [p. 294] quy entre par le droit de ses services, ne paye rien. Vous avez observé et continué l’ancien ordre vous mesme, dans vostre derniere année, après la mort de Butanger. Porteau, quy estoit l’ancien, entra sans argent. Mais Moreau, quy estoit après, paya les deux milles livres à Bonnefonds ». Monsieur de Créquy, quy est homme de peu de parolle, dit à Darbanes : « Il faut que ce soit vous quy les payez à La Planches, autrement vous ne servirez pas ». Ce que Darbanes accorda : passerent ung escrit pour la somme et, après, monsieur de Crequy me permit de quitter l’espée et le manteau et d’achever de servir le quartier, quy estoit le mien. Il faut observer que tout officier quy meurt dans le service, c’est-à-dire pendant son quartier, les gages sont à la veuve ou aux heritiers. C’est pourquoy je n’y pouvois rien pretendre. Darbanes, quy parloit pour tous ces heritiers, m’acorda le tiers des gages, et ainsy j’achevay de servir le quartier pour entrer en possession de la charge entiere.<lb/>Pendant ce temps, les allées et veneues de Saint Germein à Paris se faisoient continuellement. Monsieur le maréchal de L’Opital, gouverneur de Paris, faisoit force voyages. Les troupes des Princes estoient tout autour de Paris, tenoient les ponts de Neuilly et furent prendre Saint Denis, où estoit monsieur le Prince en personne. Les troupes du Roy le reprirent le lendemain, où il y eut force gens tués, et mesme de ceux de Paris, lesquels estoient sortis assez imprudemment et furent poussés et battus jeusques dans les faubourgs. Ce quy fit grand bruict à Paris. Enfin, après force allées et veneues, il fut conclu que l’armée du Roy se retireroit à dix lieues de Paris, ce quy fut faict.<lb/>Il arriva que, pendant ce temps là, le coronel Rabe, quy commandoit le régiment des Cravattes, vint à<lb/>Saint Germein, avecque sa femme. Il y avoit peu de temps que, passant par icy, il m’avoit obligé de bonne [p. 295] manière, aynssy qu’il est en son lieu cy davant, tellement que je leur randis à tous deux force civillitez. Leurs Majestez seurent la courtoisie qu’il m’avoit faicte, toute la cour luy fit voir que l’action qu’il avoit faicte en me donnant Coustures et en l’évitant du pillage des quatre régiments de cavallerie quy marchoient soubs ses ordres luy estoit glorieuse, et mesme Leurs Majestés luy en témoignerent quelques choses. Je n’oubliay donc rien à toutes les choses que la recognoissance et la civillité m’obligeoit de faire : Monsieur donna le bal au Roy et aux dames, j’obtins permission de luy amener, où le Roy la reçut à merveille et la baisa, et Monsieur à l’entrée du bal et à la sortie, et eurent toutes les civillitez que l’on pouvoit souhaiter, tellement qu’ils s’en allerent à l’armée fort satisfaictz des ressentiments que j’avois du bien qu’il m’avoit faict, et à mes amis. Aussy ne faut il pas estre ingrat lorsque l’on a receu des courtoisies des gens de guerre et que l’on les voit à la cour : il faut en donner cognoissance au Roy et faire qu’ils truvent satisfaction d’avoir obligé articullierement ceux quy sont au Roy. Et, tout petit que l’on soit, on peut en ces lieux là leur rendre des services bien signalés, ce quy les oblige, dans les commandements qu’ils ont, de considérer ceux quy ont l’honneur d’estre au Roy.<lb/>L’armée du Roy marcha vers Estampes, où estoit la plupart des troupes de messieurs les Princes, commandée par le marquis de Tavannes.<lb/>Leurs Majestez partirent, le vingt et deux, de Saint Germein pour Corbet. […]<lb/>[…]<lb/>[p. 447] Le mercredy 30 avril [1665], la Cour estant à Saint Germain, Madame la contesse de Fles, premiere dame d’honneur de la Reyne mere Anne d’Autriche, la Reyne estant avecque elle, je lur monstray le desseing de la chapelle, et mesme les deux morceaux de pierre. […]<lb/>[p. 449] Le 21 may, le Roy fit assembler tous les fameux chirurgiens pour voir le mal que la Reyne sa mere avoit à la mamelle gauche et pour apprendre d’eux le remede qu’il y pourroit avoir. Apres qu’ils l’eurent veue, ils se rendirent tous, par l’ordre du Roy, dans sa chambre. Sa Majesté s’y rendit aussy, et Monsieur son frere, estant tous deux debout, testes nues, appuiés contre la croyzée de la chambre, ils entendirent tous ces illustres parler les ungs apres les autres sur le sujet de ce facheux mal ; ils vinrent tous d’accord que c’estoit ung cancer et par consequent incurable, et qu’il n’en failloit attendre que de mauvaises evenements. Comme en effet, le 28 du mesme mois, elle se truva mal, pendant heuict jours elle fut seignée trois fois, c’estoit une erezipelle. Le Roy en fut tellement touché que par plusieurs fois il en plura amerement. Monsieur, Madame suivirent le Roy et la Reyne par leurs larmes.<lb/>Je ne puis achever le chapitre de mon quartier sans parler de monseigneur le Dauphin. C’est un enfant admirable. Je ne pus m’empecher de luy procurer une picque et ung petit mousquet par l’agrement de madame la marechalle de La Motte, sa gouvernante, et le tout de la façon de Saint Mallo, artillier du Roy, [p. 450] et par le consentement et l’ordre du Roy. Ung matin, il eut sa petite picque que Saint Mallo et moy luy portasmes ; il ne fut jamais tant de joye qu’il en reçut. Elle estoit bleue, le fer du haut et du bas doré. Il l’aporta monstrer à Leurs Majestez et s’en divertit à merveilles. Mais lorsque le petit mousquet monté sur de beau noyer, avecque des petits dauphins d’argent dessus la plaque bien gravée, fut arrivé, madame la marechalle de La Motte fit difficulté de luy donner, disant que, lorsqu’il avoit des armes à la main, il devenoit furieux et que cela l’empechoit d’estudier. J’entray dans la chambre de Monseigneur faché de n’avoir peu obtenir l’agrement du mousquet. Sy tost que Monsegneur me vit, il me parla de son mousquet ; je luy dis en particullier, comme sy c’eut esté ung homme, que je n’estois pas assez puissant pour luy faire donner, quoy qu’il fut à Saint Germein, et qu’il failloit qu’il priat monsieur le duc de Saint Agnan, son bon amy, quy estoit là present, pour luy faire donner. Monsieur le duc estoit dans ung coing de la chambre, quy parloit à monseigneur l’archevesque de Rouan.Cet enfant de trois ans et demy part de la main et dit : « Monsieur de Saint Agnan, mon bon amy, mon mignon, mon favry, je vous prie que le Roy et madame la marechalle me donnent mon petit mousquet ». Monsieur de Saint Agnan luy dit : « Mon mestre, ne redites pas ces parolles là, vous me feriez esvanouir. Je vous promets que s’il ne faut qu’aller à Paris à pied, que je vous l’iray querir et que le Roy et madame la marechalle vous le [p. 451] donneront ». Il l’eut des le mesme jour. Le Roy dit qu’il n’y auroit pas de danger de boucher la lumière, crainte qu’il se blessat ; elle ne fut pourtant pas bouchée. Le Roy le voulut tirer le premier, en presence de monseigneur le Dauphin.<lb/>Sur la fin du quartier, ung soir que j’estois de garde, esclairant au Roy, l’on parla de monseigneur le Dauphin. Je pris la liberté de dire que Monseigneur, estant sur les bras de madame la marechalle, il y touchoit le sein par dessus son mouchoir de col et dit à monsieur de Langlée qu’il touchat par dessoubs. « Comment, dit madame la marechalle, il n’y a que vous en Frances quy ayt la liberté d’y toucher. Le Roy ne l’a pas ». Monseigneur luy dit : « Ah ! Madame, le Roy est le mestre ».<lb/>« Syre, il y a deux jours que monseigneur le Dauphin, sortant de table, voulut entrer chez madame la marechalle, quy mangeoit, quy avoit faict fermer la porte, crainte qu’il n’entrat. Comme il eut longtemps heurté, madame la marechalle commanda à ung marmitton nommé Claude d’ouvrir la porte, et de s’y tenir, et de dire qu’il avoit ordre du Roy de ne laisser entrer personne. Ce garçon fit cette action avecque ung visage assez asseuré. Monseigneur le Dauphin, le considérant gras et sale, avecque ung grand davanteau sale davant luy, en eut horreur, se retire trois pas et dit : « Ce marmiton, ce traditor, quy m’a empeché d’entrer ». Monsieur de La Feuillades dit : « Qu’est ce quy luy apprend ces mots là ? » Le Roy dit : « Mon filz entend tout ». Et je dis : « Syre, monsieur l’ambassadeur d’Espagnes l’ayme d’amour, se vient jouer avecque luy, comme s’il estoit lui mesme ung enfant, luy parle toujours espagnol, et monseigneur le Dauphin luy respond jeuste ». Le Roy truva bon ce que je dis.<lb/>[…]<lb/>[p. 467] Le temps vint qu’il failloit aller servir le Roy, estant encore, grace à Dieu, en estat de servir. Je partys, après avoir faict mes petites devotions à mon ordinaire, et m’en allay en compagnie à Saint Germein et y arrivay le dernier jour de mars [1667], la cour y estant. Nous entrasmes en quartier chez le Roy et chez monseigneur le Dauphin que nous servions par jour alternativement, le Roy ne donnant pas d’autres officiers à monseigneur le Dauphin que les siens. Il se truva qu’ung de nos camarades nommé Du Pont manquat sans que l’on peut savoir ce qu’il estoit deveneu, Monsieur le conte du Lude l’ayant dit au Roy à son lever, le Roy dit qu’il luy avoit donné congé d’aller en Itallie. […]<lb/>[p. 469] [Le Roi] ayant son desseing arresté pour la guerre de Flandre, partit le 16 may de Saint Germein, pleing de magnificences, où les trompettes, les timballes et tambours faisoient merveilles. La Reyne alla aussy accompagner le Roy jusques à Amiens. Le Roy, sortant de la chapelle pour monter en carosse, avecque la Reyne et plusieurs princesses et dames, je me jetay à genoulz et luy embrassay la cuisse ; il me regarda et monta en carosse. Je me retiray pour plurer à mon particulier, voyant que mon age ny mes forces ne me permettoient pas de suivre mon bon mestre à l’armée, ayant ordre du Roy de demeurer auprès de monseigneur le Dauphin, avecque mon filz de Montigny (pour lequel j’avoys demandé) et La Planche, l’ung de nos vielz camarades, quy estoit incommodé de la veue.<lb/>Leurs Majestez estant partis, je montay chez monseigneur le Dauphin, où j’eus l’honneur de le servir à son disner, me tenant derriere sa chere. Là, ma playe se rouvrit : ce cher enfant, agé de cinq ans et demy, nous raconta avecque beaucoup de tendresse comme le Roy luy avoit donné sa benediction et l’avoit embrassé et baisé. Son repas estant faict, il nous demandoit sy le Roy estoit arrivé à Andilly, quy estoit la disnée, et après à Champlastreux, où estoit la couchée, quelles distances il y avoit les ungs des autres. Après, il se mit dans son faulteuil et ne se voulut faire entretenir que du Roy et de la Reyne. Quelques cavaliers de la brigade de la compagnie des gendarmes de la Reyne, commandez par [p. 470] monsieur le marquis de Rouville, quy estoit pour la garde et la conduite de Monseigneur, le vinrent voir. Toute l’après disnée se passa fort tristement et se coucha de mesme.<lb/>Le Roy auparavant que de partir avait faict ung camp de 13 à 14 mille hommes dans la plaine d’Ouille, proche Saint Germein, pour establir les ordres et rangs dans la marche, et logement de ses armées, où luy mesme avoit campé, y ayant ses tentes, son lit de camp et toutes les choses nécessaires dans les armées. Le Roy n’y coucha pas, mais il y passoit les jours entiers, y mangeoit, et mesme y traita la Reyne et les dames de la cour. Ces premisses estoient pour une marque de ses desseins, que je prie Dieu qu’il bénisse ses armes et sa personne sacrée et qu’il la conserve, comme la personne du monde quy nous est la plus chere en Frances, comme estant le plus grand roy et le plus honneste homme quy ayt esté, que je prie Dieu derechef de l’accompagner et de marcher toujours à sa droite, comme il fit à celle de David.<lb/>Le mariage de monsieur de Guize et de madamoiselle d’Allansson fut le 15 may à Saint Germein. Le Roy en fit tous les honneurs.<lb/>Le mardy 17 may, monseigneur le Dauphin estant esveillé se fit porter dans le lit de madamoiselle de Toussy, quy avoit esté obligée de coucher dans la chambre de Monseigneur, avecque madame la marechalle de La Motte, sa mere, gouvernante de Monseigneur. Elle avoit une petite chienne, quy avoit receu une atteinte de Monseigneur ; elle le fuioit et luy la vouloit prendre. Cette petite beste couroit entre les draps, [p. 470] comme une navette, et luy quy la suivoit pour la prendre, ce quy occupoit assez mademoiselle de Toussy à cacher ce qu’il luy descouvroit, estant agée de 18 ans et belle comme le jour.<lb/>Comme nous habillions Monseigneur, il me commanda d’emplir, de l’eau qu’il buvoit ordinairement, son flacon d’argent doré, quy estoit ung peu plus gros qu’une noyx, pour mettre dans sa poche pour boire par les chemins, s’il avoit souef. Voilà toute la provision qu’il fit pour son voyage. Faisant cette petite provision, Basin et Montigny, l’ung son mestre pour luy apprendre à jouer au volant et à la paulme, l’autre vallet de chambre du Roy, mon petit filz, agé de 15 à 16, entrerent dans sa chambre, la botte levée et le fouet de postillon à la main. Voilà la premiere joye du voyage : il voulut manier leurs fouetz et savoir comme ils estoient montés et leur dit qu’il leur vouloit voir piquer la masette, comme de faict il leur en envoya louer chacun une, comme à moy. La trousse du corps estant faicte, je dis à monseigneur le Dauphin que je voulois le servir comme le filz du Roy, mon mestre, qu’il failloit partir davant afin qu’il truvat son lit prest lorsqu’il arriveroit à Champlâtreux, où estoit la couchée. Il truva cette proposition rude, mais comme il estoit dejà fort raisonnable, quoyqu’il n’eut que cinq ans et demi, il se contenta de mes raisons et nous laissa partir, à condition que nous luy baiserions la main, ce que nous fimes tous trois prenant congé de luy, quy monta en carosse avecque Madame sa soeur, quy n’avoit que six mois, sur les onze heures.<lb/>[…]<lb/>[p. 515] Arrivant à Saint Germein le dernier de mars [1671], par ung temps de neiges et de glaces rudes et facheuses, je truvay le saint jubillé que j’eus l’honneur de faire avant le lever du Roy, où je me truvay seul de vallet de chambre. Monsieur le duc de Gevres, auparavant capitaine des gardes du corps et à l’heure premier gentilhomme de la Chambre, m’ayant demandé où estoient mes camarades, je luy dis que je croyois qu’ils seroient à Versaille, où le Roy alloit sytost qu’il auroit disné. Il me commanda de demeurer de garde au lit du Roy, ce que je fis, couchant dans la chambre du Roy les dix et heuict jours que Sa Majesté demeura à Versailles, le Roy nous donnant ung escu par jour pour nostre noriture et deux buches et deux fagotz et une livre de grosses bougies pour la chambre du Roy.<lb/>Le Roy revint le samedy 18 [avril] et partit le judy [p. 516] d’après, le 23, pour son voyage de Flandres, avecque la Reyne. Monseigneur le Dauphin, monsieur d’Anjou et Madame demeurerent à Saint Germein. Monsieur le duc de Gevres et madame la marechalle de La Motte, gouvernante des Enfans de France, avoient concerté ensemble que je demeurerais aupres de monsieur d’Angeou. Mais l’ayant dit au Roy, il commanda à M. de Gevres de me renvoyer chez moy, ce qu’ayant seu le mercredy au soir, la veille du depart du Roy, je priay<lb/>monsieur de Gevre de me donner lieu de faire mon petit compliment au Roy. Ce qu’il fit de très bonnes graces : le Roy s’etant levé de sur sa chere percée, ayant mis sa robe de chambre sur ses espaules, estant au chevet de son lit, monsieur de Gevres m’ayant faict place et lieu d’approcher le Roy seul, je luy dis : « Sire, je remercie très heumblement Vostre Majesté de m’avoir donné mon congé. Je m’en vais dans ma heutte prier Dieu jour et nuict pour vous. Pour vostre chapelle, monsieur de Haultefort y a entendu la messe, M. de Chanteloup l’a<lb/>veue : ils peuvent dire à Vostre Majesté ce que c’est. Je vous demande pardon sy je vous ay importuné pour une desplorable esglize, quy a receu le pillage et l’incendie par les ordres de Jeanne d’Albret, aynssy que l’on m’a dit, dans le temps qu’elle desclara la guerre sy sanglante à l’Esglize. Je ne pouvois pas m’adresser à d’autre qu’à Vostre Majesté pour son retablissement. Et quand il vous plaira me confier quelque argent, j’entreprenderay le grand autel et ung retable où vos magnificences royales seront plus estendues ». Le Roy me fit l’honneur de me dire : « Et bien, ce sera pour ung autre foys ». Je luy baise sa robe et luy dis : « Adieu, mon bon mestre ». […]<lb/>[p. 517] Le temps estant veneu, je partis à l’ordinaire, après m’estre confessé et comeunié, le jour de saint Jean, et fus coucher à Montoire et le lendemain à Chasteaudung pour partir avecque le carosse et pour me truver le dernier juing à coucher à Saint Germein, où estoient demeurés monseigneur le Dauphin, monsieur d’Anjou et Madame, le Roy et la Reyne estant en Flandres. J’avoys pour competiteur du quartier de service auprès de monseigneur le Dauphin l’ung de mes camarades nommé La Planche, quy estoit de ces certains philosophes aigres sur toutes choses, contredisant sans cesse sur toutes choses. Il avoit dejà servi ung quartier monseigneur le Dauphin depuis qu’il estoit entre les mains des hommes ; neanmoings, comme il estoit de ceux quy pretendent tout et ne font rien, il disoit qu’il servoit tous les ans et que je ne servoys que de deux ans l’ung, et que par consequent il devoit servir deux quartiers contre moy ung. Nous dismes toutes nos raisons à M. le duc de Gevres, auquel je dis : « Sy je ne suis mort ou malade, je seray au premier jullet auprès de monseigneur le Dauphin. Je suis l’ancien du corps des valletz de chambre. Ce droit m’appartient. Je m’y truveray, Dieu aydant ». Aynssy dit, aussy faict. Sytost que je fus arrivé, j’en donnay avis à M. le duc de Gevres, quy estoit en année, et de plus je luy manday que Rome estoit mort, l’un de mes camarades du quartier de janvier, que le Roy avoit resolu de remplir ceux de nous quy ne servoient que de deux ans l’ung ; mais le Roy, quy aymoit ung nommé La Vienne, barbier, luy donna la charge de Rome, qu’il vendit six mille escus. Tout le corps des valletz de chambre y eut assez grand regret.<lb/>Pour suivre mon sujet, j’entray donc de quartier le premier jullet auprès de M. le Dauphin et mon competiteur ne parut point.<lb/>[p. 518] Le premier jour de juillet, je m’establis avecque les ceremonies ordinaires, estant au lever de M. le duc de Montausier et faisant toutes les choses quy se font en semblables rencontres. Je relevay Moreau, du quartier de janvier, quy avoit servi avril, et quy tesmoigna bien de la joye d’en sortir. Ce jour se passa à faire mon establissement. Il faillut changer de logement et de façon de vivre, faisant ordinaire dans ma chambre, ayant ung escu du Roy par jour pour ma noriture.<lb/>Mon vallet me tenoit à onze heures mon disner prest, à six heures mon souper. Je ne demanday jamais à messieurs de La Chenardiere et de La Faye, avecque lesquels je servoys, que la messe du Roy, qu’ils m’accorderent, aymant uniquement la meusique du Roy, quy est belle et bonne à merveilles. La Chenardiere estant vallet de chambre ordinaire à cause de ses hautes sciences, soit des langues latines, grecques, hebreues, et La Faye servoit six mois aussy à cause de sa langue latine. Ce premier jour, je me tins peu à l’estude (j’avois trop d’affaires pour m’establir), quoyque monseigneur le Dauphin me tesmoigna par sa veue qu’il eut esté bien aise que je luy eusse veu faire son thesme.<lb/>2 [juillet]. Je commençay ce jour à prendre mon poste derrière la chere de monseigneur le Dauphin et perdis très peu ma place pendant mes trois moys de quartier, au point que je surprenois les plus fortz d’estre environ trois heures le matin et autant le soir debout, à soixante et douze ans, ce quy surprenoit beaucoup de gens. Je me [p. 519] resouvenois du service que j’avois rendu au Roy, l’ayant servy à ses estudes que luy faisoit feu monseigneur de Paris, son precepteur. Ce mesme jour donc, quy estoit le 2, messeigneurs les princes de Conty, agez de dix à douze ans, vinrent à l’estude de Monseigneur, quy expliqua en latin et en françois la cheute de Davit avecque Berssabée, la mort d’Eurie, comme Absallon tua son frere Amenon et la raison du viol de sa soeur Tamar, la revolte d’Abssallon, sa mort, la vanité de Davit dans le desnombrement de ses troupes, sa penitence. L’estude finie, ilz entendirent la messe et disnerent avecque Monseigneur. L’après disnée, ilz furent longtemps sur la terrasse testes neues. Monseigneur logeoit au viel chasteau du costé du nord. Ilz prirent congé de Monseigneur, quy rentra à sa seconde estude, et, estant derriere sa chere, il me commanda d’ouvrir les chassis. Le vent estoit du nord grand et froid : je luy dis que le vent luy feroit mal et qu’il avoit esté avecque messieurs les princes de Conty neues testes sur la terrasse et qu’il se souvint que l’air de la terrasse de Compiegne luy avoit causé tant de mal ; et, de faict, il se truva mal sur le soir d’une esbullition et prit ung lavement, et soupa dans son lit, où mesdamoiselles de Langes et de Lavallettes, avecque leurs luths et leurs voix, le vinrent<lb/>divertyr jusques à dix heures du soir, qu’elles prinrent congé.<lb/>Ce mesme jour, je luy appris à cognoitre les lievres au giste, à discerner les malles d’avecque les femelles, quy ont les oreilles avallées sur les deux espaules et les malles les ont colées sur les reins, et d’autres avantures de chasse qu’il fut bien aise d’entendre.<lb/>[p. 520] Le 3, il n’y eut point d’estude : il y eut promenade. Au soir, ung lavement.<lb/>Le 4, il y eut de l’estude, et le 5, il prit medecine. Madamoiselle le vint voir, à laquelle il donna collation dans l’antichambre ; mais Monseigneur n’y fut pas.<lb/>Le 6, il commença ses bains delicieux pour l’abondance de fleurs d’oranger, d’œillets et d’autres, quy estoient 4 doigts d’espais sur l’eau, et force bouquets attachés dedans son pavillon. Dans le commencement, il y avoit luths et violles, mais ilz le faisoient estudier et chassèrent tous ces beaux divertissements.<lb/>Le 7 et 8, il continua et me commanda, estant dans le bain, d’aller voir Madame de sa part. L’après disnée, il estudia et eut bien de la peine à faire son thesme, disant : « Vous me gardez icy ung bon solliscisme ou deux », et prit grand soing pour s’en esclaircir, s’adressant à M. de<lb/>Condon, son précepteur : « Vous m’avez dit que vous me soulageriez en tout ce que vous pourriez, et vous ne le faictes pas ». Ce reproche fut très à propos, voyant qu’il avoit assez peu de tendresses pour mon petit mestre, quy recevoit souvent des fellulles, que monsieur de<lb/>Condon luy eut peu eviter.<lb/>Le 9, le bain continua, et, l’après disnée, à la leçon, il eut quelques demelés avecque M. de Condon, ce quy se passa, Monseigneur luy presentant la main, luy disant : « Monsieur, raccommodons-nous ».<lb/>Le vendredy 10 juillet, entrant dans le bain, messieurs les barbiers et garsons de la Chambre avoient faict une couronne de fleurs, quy pendoit sur la teste de Monseigneur, M. de Montausier dit : « Il faut attendre à 50 ans d’icy ». Monseigneur repartit : « Je ne la souhaite qu’à 100, priant Dieu qu’il conserve le Roy ». Sortant du [p. 521] bain, il essaya ung fort bel habit pour aller au devant du Roy, quy devoit arriver le lendemain de son voyage de<lb/>Flandre. Il devoit aller au davant jusques à la disnée. M. de Condon luy demanda comment il aborderoit le Roy et la Reyne. Luy ayant dit que ce seroit avecque les caresses les plus passionnées qu’il se pouvoit, M. de Condon luy dit : « Lorsque le Roy sera dans son carosse et que vous y serez aussy, il vous fera des questions sur vos estudes » ; et lors il dit en latin qu’il prieroit le Roy de luy faire des propositions en latin, qu’il luy reponderoit. Ensuite, il fit collation et, avant que d’aller à la promenade, il alla dire adieu à monsieur d’Angeou, son frère, quy estoit malade il y avoit six mois. Après cette visite, Monseigneur s’en revint tout réjouy : « Bonbon, mon frère se porte beaucoup mieux ». C’estoit sur les six heures du soir. Cependant, à cause de l’arrivée de Leurs Majestez, nous avions commandement d’aller preparer le lit et l’appartement de monseigneur le Dauphin au chasteau neuf ; faisant ce remue mesnage, l’on nous vint dire que monsieur d’Angeou se mouroit, comme de faict il mourut sur les sept heures du soir Philippe de Bourbon, duc d’Anjou, par ung temps d’esclairs et de tonnerres. Et l’on remarqua que, dans le temps de sa naissance, il plut à verse.<lb/>Machinet, garson de la garde robe de monseigneur le Dauphin, fut à toutes jambes porter ces nouvelles à monsieur le duc de Montausier, gouverneur de monseigneur le Dauphin, qu’il luy dit en secret. M. de Montausier dit à M. Millet, soubs gouverneur, d’amener Monseigneur doucement et qu’il alloit davant. Monseigneur le Dauphin, estant de retour, auquel on avoit celé la mort de Monsieur, nous dit : « Lorsque Machinet est veneu à toutes jambes parler en particulier à M. de [p. 522] Montausier, j’ay eu envie de plurer, et je croys que l’on me celle quelques choses ». Monsieur de Montausier, madame la marechalle de La Motte, première dame d’honneur et gouvernante des Enfans de Frances, truverent à propos que monsieur l’esvesque de Condon, precepteur de monseigneur le Dauphin, allat au davant du Roy porter cette triste nouvelle. Il marcha toute la nuict et arriva à Luszarche au lever de Roy, lequel le voyant luy dit : « Il n’y a donc pas eu moyen de sauver ce pauvre enfant ». Après quelques raisons, le Roy luy dit : « Pour moy, je veux ce que Dieu veult, mais allons voir la Reyne », quy leur dit qu’Elle estoit resignée à la volonté de Dieu, mais qu’elle les prioit de la laisser plurer tout son soûl. Cependant on ne dit point cette triste nouvelle à Monseigneur que le semdy onze, après son réveil, quy plura amerement et nous reçut dans sa chere, les mains croyzées et les yeux baignés de larmes. Il fut question de prendre ung habit de deuil et partir<lb/>pour Franconvilles, où Leurs Majestés venoient disner, où Monseigneur les fut truver, où les ungs et les autres respandirent force larmes. Ils vinrent coucher à Méson, où nous eumes ordre d’aller pour y servir Monseigneur, ce quy fut faict, où nous truvasmes Leurs Majestez bien affligées.<lb/>Lendemain 12, nous revismes coucher à Saint Germein et Leurs Majestez à Versailles, où ils menerent Monseigneur jusques là dans leur carosse et revint dans le sien coucher à Saint Germein. Et, le mesme jour, à dix et onze heures du soir, l’on fit le convoy des funérailles de feu M. d’Anjou.<lb/>Le 13, M. de Joyeux, premier valet de chambre, nestoyant les dents de Monseigneur, quy remuoit toujours et quy parloit aux uns et aux autres, au point que [p. 523] l’on ne les y pouvoit nestoyer, je luy dis que, lorsque le Roy se faisoit nestoyer les dents, il se tenoit ferme comme ung rocher. Monseigneur repartit : « Le Roy n’est il pas ung rocher sur la terre ? » Ce mesme jour, à son lever, madame la marechalle de La Motte, premiere dame d’honneur et gouvernante des Enfans de Frances, vint, accompagnée de toutes les femmes et norisses de feu monseigneur d’Anjeou, voir M. le Dauphin et luy demanderent sa protection, estant dans la derniere affliction. Ses leçons à l’ordinaire, et au soir la promenade, et, après souper, la meusique, où fut la Reyne et les dames.<lb/>Le 14, il continua ses bains, et, à l’ordinaire on le pressa pour ses leçons, au point qu’entrant dans son lit l’on le fit habiller et priant Dieu, il luy prit une foyblesse ; au lieu de le remettre dans son lit, on le pressa de s’habiller. Il eut besoing d’aller à sa chere percée où il luy prit une foyblesse et tomba entre mes bras. Nous luy fismes prendre du vin ; il revint. Le voyant dans cet estat, je dis à monsieur de Montausier et à ceux quy estoient là que j’allois raccommoder son lit et qu’il failloit l’y remettre. Le lit raccommodé, ilz se mocquèrent de moy et me dirent que je ne cognoissois pas monseigneur le Dauphin et que, ce que je voyois, tout cela n’estoit que pour eviter l’estude, et l’y pousserent, et ne luy firent non plus de quartier que les autres jours. Neanmoings, il se truva mal tout le jour et ne dormit pas bien la nuict ensuivante, ce quy obligea M. Vallot et les autres medecins à luy faire prendre medecine, le lendemain 15. Il faut dire une vérité que je n’ay jamais veu enfant, ny personne, quy les prenne avecque tant de facilité que faict monseigneur le Dauphin. Toute la Cour le vint visiter, et, comme il faisoit beau, il ne laissa pas de sortir le soir du mesme jour.<lb/>Le 16, il prit ung lavement, et toujours son estude ordinaire, où fut le pere Ferrier, confesseur du Roy. [p. 524] Il continua assez bien ses estudes et ses exercices jusques au 26, qu’il commença à faire ses thesmes luy seul.<lb/>Le lundy 27, Philliber Esmanuel de Beaumanoier, esvesques du Mans, mon bon amy, mourut à heuict heures du soir. Et, le lendemain 28, le pere Ferrier estant à l’estude de monseigneur le Dauphin, le frere du pere m’en apprit la novelle. Et le mesme soir, je m’en alloy au coucher du Roy luy demanday le serment de fidelité quy appartenoit à Sa Majesté pour Philipe Le Moyne, fils de mon cousin de La Fosse Boulliere. Le Roy m’ayant demandé pour quy c’estoit, luy ayant dit que c’estoit pour ce garson, mon parent, il me commanda de donner mon placet au pere Férier, et que d’autres luy avoient demandé et qu’il verroit à quy la deveroit donner.<lb/>Le 29, toute la Cour partit pour Versailles. […]<lb/>[p. 538] Le lendemain [30 septembre], quy estoit le dernier du quartier, l’estude du matin fut assez bonne, et Monseigneur s’en vint à Saint Germein en carosse avecque Leurs Majestez. Le soir, Monseigneur se divertissoit sur sa table à crayonner des fortifications, avoit coupé de petits morceaux de papier, dont il fit ung petit bouchon, se jouant il traversa sa chambre pour le venir jeter dans le feu. Le foyer de sa cheminée est de marbre. Les deux pieds luy manquerent, il tomba assez rudement. J’estois seul à la cheminée, je le relevay promptement. Je croys [p. 539] que la teste ne porta pas. Au soir, M. de Condon le dit à la Reyne, à laquelle j’avois presenté ung placet pour nostre pauvre esglize et quy m’avoit promis quelques choses. Je Luy dis que quartier estoit finy et que sy elle vouloit donner quelques choses. Elle me dit : « Le Roy ne vous a rien donné, je ne vous donneray rien aussy ». Je pris congé d’elle et allay au coucher du Roy, prenant congé de luy et le remerciant de tous ses bienfaictz. Il se prit à rire. Dans cet instant, quatre ou cinq de mes camarades l’entourèrent pour le service de M. le Dauphin. Il appela M. le duc de Gevres, premier gentilhomme de la Chambre en année, et luy commanda de prendre le nom de tous ces vallets de chambre et les faire servir les ungs après les autres, sans considérer desquelz quartiers ils pourroient estre. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21773_actor">Dubois, Marie </persname>
            <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <subject>Fronde</subject>
            <subject>Vie de Cour</subject>
            <subject>Officiers et employés</subject>
            <subject>Education des princes</subject>
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            <p>Marie Dubois, « Mémoires de Marie du Bois, sieur de Lestourmière et du Poirier », éd. Louis de Grandmaison, Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, nouvelle série, 1932, p. 1-85, 1933, p. 87-207, 1934, p. 261-390, et 1935, p. 391-544.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de Saint-Germain-en-Laye dans la biographie d’Henriette-Marie de France, reine d’Angleterre, par Charles Cotolendi</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">26</unitid>
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              <persname id="atom_21778_actor">Cotolendi, Charles</persname>
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              <p>Avocat à Aix, puis à Paris.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. non numérotées] Au roy de la Grande Bretagne<lb/>Sire,<lb/>L’histoire que j’ay l’honneur de presenter à Vostre Majesté vous interesse dans toutes les choses qu’elle contient : c’est de la reine, mere de Votre Majesté, dont la vie heureuse pendant quelques années, et puis traversée de malheurs, doit vous soutenir dans l’estat present de vostre fortune. En effet, sa vie semble estre le modelle de la voste. Comme elle, Sire, vous avez eu des prosperitez sur le trone ; comme elle, vous sentez la rebellion de vos peuples, et le Ciel, qui fera l’image parfaite, vous donnera comme à elle la consolation de voir nos ennemis abatus, et de rentrer malgré leurs efforts dans les royaumes dont vous estes le roy legitime. Quelque grand que paroisse ce bonheur, il le sera moins pour vous que pour vos sujets, qui se sont rendus indignes de vos bontez. Ils sont convaincus malgré leur rebellion de vos qualitez royales ; ils connoissent vostre valeur, dont vous avez commencé à leur donner des marques des vostre plus tendre jeunesse, voulant estre dans le camp du feu roy vostre père, quand il combatoit les rebelles. Les Hollandois se souviendront toujours des pertes qu’ils ont faites contre vous, mais ce qui dans une occasion marqua bien vostre intrepidité, c’est qu’un boulet de canon ayant tué aupres de vous deux officiers dont le sang vous rejalit sur le visage, vous ne changeastes point de couleur, et sans temoigner aucun soin pour vostre personne, vous ne vous attachastes qu’à faire rendre au corps de ces officiers ce qui leur estoit deu, avec une douleur et une bonté qui toucha le cœur de tous les soldats. Et dans ces dernieres années, toute l’Europe a veu avec quel courage Vostre Majesté a poursuivy et chastié les sujets rebelles qui vouloient troubler son elevation sur le trone. Mais, Sire, quelle estime n’a point pour Vostre Majesté Louis le Grand, ce prince si eclairé, et dont le nom seul jette tout à la fois dans l’esprit les idées de tant de gloire, de victoires, de prosperitez et de puissance, qu’on ne peut le prononcer, ny penser au monarque qui le porte sans terreur et sans etonnement ? quelle veneration toute la France n’a-t-elle pas pour vostre pieté ? Tous les peuples de cette invincible monarchie admirent la fermeté de vostre cœur, toujours inebranlable malgré les revolutions de la fortune. Ils voyent ce que le zele de Dieu vous a fait entreprendre, et les fatigues, que vous soutenez avec tant de courage, sont un eloge continuel de vostre vertu et de vostre attachement à la religion de vos peres, que les Anglois dans le siecle passé ont detruite dans vos royaumes. Quand apres cela je voudrois m’etendre sur la douceur, sur la liberalité et sur toutes les autres qualitez de Vostre Majesté, je vous louerois pas les endroits que vous estimez le moins, parce que ce ne sont que des choses naturelles, qui vous peuvent estre communes avec plusieurs princes. Mais, Sire, la pieté vous distingue, et vous eleve à cet estat admirable de patience chrestienne, qui vous fait resister à ces malheurs. Plaise au Ciel que vos malheurs changent et que Vostre Majesté devienne maistre des rebelles. C’est le cœur que fait pour vous, avec tout le zele, et tout le respect imaginable, Sire, de Votre Majesté, le tres humble et tres obeissant serviteur.<lb/>C. C.<lb/>[…]<lb/>[p. 1] La vie de tres haute et tres puissante princesse Henriette Marie de France, reyne de la Grand Bretagne<lb/>[…]<lb/>[p. 210] Elle vivoit au Louvre en cet estat malgré tous les soins du Roy et de la Reyne mere, qui avoient une sensible douleur de ne pouvoir luy fournir qu’un secours mediocre. Quelque danger où elle fust de sa vie, elle ne voulut point sortir de Paris, tant qu’elle crut estre utile aux affaires de Leurs Majestez par les avis qu’elle leur donnoit. Elle ne se mit en lieu de seureté qu’à la priere de la Reine mere, et sa sortie ne fut pas sans crainte. Elle apprehendoit non seulement les insultes du peuple, mais la dureté de ses creanciers, qui la menaçoient de faire arrester son carrosse, à quoy elle n’auroit pu resister, à cause de la mauvaise conjoncture du temps. Avant son depart, elle ecrivit à son monastere et manda aux sœurs de se disposer à la suivre ; mais elles la prierent d’agreer qu’elles se retirassent en un convent de leur ordre, où Sa Majesté les fit conduire dans ses carrosses. Apres les [p. 211] avoir retenues au Louvre quelques heures, et leur avoir donné toutes les marques d’une parfaite amitié, elle se retira à Saint Germain aupres du Roy et de la Reine mere, et quelque peril qu’il y eust dans les chemins, qui etoient remplis par l’armée des princes, elle trouva moyen d’ecrire à ses filles plusieurs lettres, qu’elles gardent avec beaucoup de soin, où elle continue de leur temoigner la mesme tendresse qu’elle leur a toujours conservée. […]<lb/>[p. 212] Enfin les choses estant adoucies, et les princes estant rentrez dans le devoir, la reine d’Angleterre revint à Paris, où elle demeura peu de jours pour aller plustost à Chaillot, et elle y trouva les religieuses qui y estoient retournées, et qui la receurent avec toute la joye imaginable. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21778_actor">Cotolendi, Charles </persname>
            <persname role="subject">Henriette Marie de France</persname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Charles Cotolendi, La vie de tres haute et tres puissante princesse Henriette Marie de France, reyne de la Grande Bretagne, Paris, Michel Guerout, 1690.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires en partie apocryphes de Jacques II</unittitle>
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              <persname id="atom_21787_actor">Jacques II</persname>
              <corpname id="atom_21788_actor">Administration du roi d'Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</corpname>
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            <note>
              <p>Roi d'Angleterre.<lb/>Fils de Charles Ier, roi d'Angleterre, et d'Henriette-Marie de France, frère cadet de Charles II, après lui roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande en 1685.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [t. 1, p. 64] [1649] Le duc demeura environ huit mois en Hollande, à compter de son arrivée, passa les fêtes de Noël à La Haye avec son frère et sa sœur le prince et la princesse d’Orange, et le lendemain de l’Epiphanie partit pour se rendre en France, selon les ordres qu’il avait reçus de la reine sa mère. Il prit sa route par Bruxelles et arriva à Cambrai ; il y reçut une lettre de la reine, qui l’informait des événements survenus à Paris dans la nuit de l’Epiphanie. Elle lui disait en somme que les désordres de cette ville avaient contraint le Roi, pour sa propre sûreté, de la quitter, que lui et sa Cour s’étaient rendus à Saint-Germain, que cela s’était fait avec tant de précipitation qu’il avait été forcé de de partir la nuit, mais qu’après avoir mis sa personne en sûreté, il avait rassemblé ses troupes et assiégeait Paris, avec la résolution de le faire rentrer dans le devoir. Sa Majesté terminait en ordonnant au duc de demeurer, jusqu’à nouvel ordre, au lieu où le trouverait cette lettre.<lb/>L’archiduc Léopold, alors gouverneur des Pays-Bas, instruit du séjour de Son Altesse royale en Flandre, lui envoya un de ses principaux officiers chargé d’un message plein de civilité, et de [p. 65] l’offre d’un séjour plus commode que celui de la ville frontière, où elle se trouvait alors. Il lui proposa l’abbaye de Saint-Amand, qui n’était éloignée que d’une journée en arrière. Le duc l’accepta, y fut magnifiquement traitée par les moines, qui étaient de l’ordre de Saint-Benoît, et y demeura jusqu’au 8 février. Alors il reçut des lettres de la Reine qui lui ordonnait de venir à Paris. En conséquence, il retourna à Cambrai, se rendit de là à Péronne, puis à Paris, où il arriva le 13 février ; car, bien que la ville continuât à être bloquée par l’armée du Roi, il avait obtenu la permission d’y entrer et d’y habiter avec la reine sa mère.<lb/>Un jour ou deux après l’arrivée du duc à Paris, il apprit l’horrible meurtre du roi son père ; il est plus aisé d’imaginer que d’exprimer l’impression que fit sur la reine et le duc une semblable nouvelle.<lb/>Vers ce temps, les Parisiens commençaient à se repentir de leur rébellion, et, sentant qu’ils ne pouvaient avoir de secours de nulle part, entrèrent en accommodement et se soumirent au Roi. La paix faite, le duc se rendit à Saint-Germain pour voir le Roi et la Reine de France. Il y fut reçu avec toute la bienveillance qu’il pouvait espérer, et traité avec la magnificence due à son rang, et de la même manière que si la famille royale eût été encore dans sa première situation.<lb/>[p. 66] Ensuite Son Altesse royale revint à Paris, et y demeura avec la reine sa mère, jusqu’à ce que le roi son frère revint de Hollande en France. De là, ils allèrent à Saint-Germain, que la cour de France avait quitté pour revenir à Paris.<lb/>On disait que l’intention du roi, en venant en France, n’était que d’y passer pour se rendre en Irlande, qui s’était déclarée pour lui, et était alors presque entièrement sous son obéissance, les rebelles ne possédant plus guère que Dublin et Londonderry ; mais, au lieu de traverser seulement la France, Sa Majesté passa tout l’hiver à Saint-Germain, et se laissa enfin persuader de renoncer à son projet d’aller immédiatement en Irlande ; elle se rendit ensuite à Jersey avec le duc. Ils partirent le 19 septembre.<lb/>[…]<lb/>[p. 76] Au commencement du printemps de l’année 1652, la situation des affaires de France était telle que le retour du cardinal Mazarin ôtait toute espérance d’accommodement entre le Roi et les princes, et que l’on avait au contraire la probabilité d’une campagne très active. Le duc, qui désirait fort se rendre propre un jour à la guerre, résolut de servir comme volontaire dans l’armée du roi de France. […] Il restait encore une plus grande difficulté à vaincre, celle d’avoir de l’argent pour s’équiper et s’entretenir à l’armée. L’argent était chose rare à la cour anglaise. Le duc s’en procura à la fin. Un Gascon nommé Gautier, qui avait servi en Angleterre, lui prêta trois cents pistoles. […] Sans ce secours, il [p. 77] lui aurait été impossible de partir, car en ce temps l’argent était aussi peu commun à la cour de France qu’en Angleterre. […] On ne jugea pas convenable que Son Altesse allât prendre congé de son oncle le duc d’Orléans, contre le parti duquel il était près de se déclarer.<lb/>Pour éviter tous ces inconvénients, le roi accompagna son frère à Saint-Germain, sous prétexte d’une partie de chasse ; et, après y être demeuré trois ou quatre jours, il partit pour l’armée le 21 avril, passa par le faubourg Saint-Antoine, sous les murs de Paris, et ne put aller ce soir-là plus loin que Charenton.<lb/>[…]<lb/>[t. 3, p. 355] [1688] Le voyage et la séparation résolue, la reine [Marie de Modène], déguisée, traversa la rivière le 9 décembre, n’ayant avec elle, pour éviter tout soupçon, que le prince, sa nourrice et deux ou trois autres personnes. On avait fait préparer une voiture sur [p. 356] l’autre rive ; elle la conduisit sans accident jusqu’à Gravesend où elle s’embarqua sur le yacht. […] [p. 357] Aussitôt que la reine et le prince furent à bord du yacht, le vent se trouvant favorable, ils partirent pour Calais, où ils arrivèrent très promptement et débarquèrent le lendemain. […]<lb/>[p. 358] Sa Majesté Très Chrétienne ne fut pas plutôt instruite de l’arrivée de la reine et du prince dans son royaume qu’Elle leur envoya ses officiers, ses voitures, et tout ce qui était nécessaire pour leur voyage. Il se passa avec un ordre, une magnificence et des marques de respect beaucoup plus d‘accord avec la magnificence du roi de France et la dignité de ses hôtes qu’à la triste condition de la reine désolée. Comme les chemins étaient mauvais et couverts de neiges, on traça une route directe à travers champs ; des pionniers, marchant en avant, aplanissaient le terrain et écartaient tout ce qui pouvait faire obstacle au passage. Sa Majesté trouva partout sur la route ses logemens et ses repas préparés de la même manière que si elle eût été dans un palais [p. 359] de rois. Le Roi vint à sa rencontre à une lieue de Saint-Germain, et aussitôt qu’il s’approcha du prince de Galles, il le prit dans ses bras, et lui adressant la parole, lui promit en peu de mots protection et secours, puis s’avança vers la Reine et ne négligea rien de ce qui pouvait adoucir ses souffrances présentes et l’encourager à espérer un terme prochain à ses malheurs. Il les conduisit à Saint-Germain qu’il avait quitté peu de temps auparavant pour établir sa résidence à Versailles. Il y établit Sa Majesté et le prince de Galles, leur y donna des gardes et tous les autres officiers nécessaires pour les servir en attendant l’arrivée du roi.<lb/>[…]<lb/>[t. 4, p. 1] Aussitôt que le roi fut débarqué, il se rendit à Abbeville, où il se fit connaître publiquement, puis il se rendit promptement à Saint-Germain, où il eut la consolation de retrouver du moins en lieu de sûreté la reine et le prince son fils. Cette satisfaction, et l’accueil généreux et cordial qu’il reçut de Sa Majesté Très Chrétienne, ne furent pas un médiocre soulagement à ses peines. Il eut aussi la joie de voir arriver journellement d’Angleterre un grand nombre de gens de qualité, protestans et catholiques, qui venaient le rejoindre, tant par inclination et par empressement à partager la fortune de leur prince que pour se mettre à l’abri de l’orage qui l’avait renversé du trône et menaçait tous ceux qui l’avaient servi avec fidélité et affection, et ceux même qui, dans des intentions ennemies, avaient poussé aux mesures désagréables à la nation.<lb/>[…]<lb/>[p. 56] [mars 1689] Aussitôt que le roi eut reçu le message de lord Tirconnel, il se résolut à passer sur le champ en Irlande.<lb/>[…]<lb/>[p. 179] [juillet 1690] Le roi, avant de s’embarquer, écrivit à lord Tirconnel que, d’après son avis, celui de M. de Lauzun et du reste de ses amis, il partait pour la France, d’où il espérait leur envoyer des secours plus considérables.<lb/>[…]<lb/>[p. 186] Le lendemain de l’arrivée du roi à Saint-Germain, Sa Majesté Très Chrétienne vint lui rendre visite, et lui promit, en termes généraux, tous les services possibles ; mais lorsque le Roi lui exposa son projet, il le reçut froidement, et lui dit qu’il ne pouvait rien faire jusqu’à ce qu’il eût reçu des nouvelles d’Irlande. Le Roi, peu satisfait de cette réponse, demanda au roi de France un nouvel entretien ; car, au fait, on n’avait nul besoin de savoir ce qui se passait en Irlande pour convaincre le monde que l’Angleterre était en ce moment dégarnie de troupes, et que les Français, qui avaient alors la supériorité sur mer, pouvaient y transporter le Roi, faire de ce pays le siège de la guerre, et détruire ainsi le véritable nerf de l’alliance ; mais, soit par Elle-même ou par les insinuations des ministres, Sa Majesté Très Chrétienne était probablement alors mécontente de la conduite du roi et de sa trop grande précipitation à quitter l’Irlande, et voyant qu’il n’était pas de caractère à s’obstiner longtemps à une même entreprise, répugnait à hasarder une nouvelle expédition qu’elle craignait de voir abandonner aussi promptement que la première. Mais comme la proposition du roi était si raisonnable qu’il n’y avait pas d’objection à y faire, si ce n’est [p. 187] celle qui pouvait permettre la civilité, Sa Majesté Très Chrétienne remit, sous prétexte d’indisposition, de voir le Roi jusqu’à ce qu’effectivement il n’y eut plus rien à faire ; car la promptitude aurait dû être l’âme d’une pareille entreprise, et la surprise eût fait plus de la moitié de l’ouvrage. Le roi démêla le vrai motif de ce délai ; et il est certain que, comme il l’a ensuite avoué à une personne qui était dans le secret, jamais sa patience n’avait été mise à une si rude épreuve.<lb/>[…]<lb/>[p. 275] Après la malheureuse fin de la guerre, soit en Irlande, soit en Ecosse, le Roi, se soumettant patiemment à son sort, songea à s’établir à Saint-Germain et à régler sa maison et son genre de vie ainsi que le permettait la pension de 600 mille livres par an qu’il recevait de la cour de France. Il ménagea ce revenu avec tant de prudence et d’économie, que non seulement il conserva autour de lui les apparences d’une cour, en entretenant à son service la plus grande partie des officiers qui environnent un roi d’Angleterre, mais secourut aussi un nombre infini de personnes dans la détresse, comme des officiers vieux ou blessés, les veuves et les enfans de ceux qui avaient perdu la vie à son service. Les salaires et les pensions qu’il accordait étaient à la vérité peu considérables ; mais il ne laissait guère le mérite sans récompense, et ses serviteurs avaient de quoi vivre décemment : si bien qu’à l’aide des gardes que Sa Majesté Très Chrétienne lui donnait pour l’accompagner ainsi que la reine et le prince son fils, sa Cour, malgré son exil, conservait un air [p. 276] de dignité convenable à un prince. Outre les gens de sa maison et plusieurs autres de ses loyaux sujets, tant catholiques que protestans, qui avaient voulu suivre sa fortune, il avait ordinairement autour de lui, surtout en hiver, tant d’officiers de l’armée qu’un étranger aurait pu oublier la situation où il se trouvait et se croire toujours à Whitehall. Ce n’était pas la seule chose qui rappelât le passé : sa conduite envers ceux qui l’environnaient était ce qu’elle avait été en Angleterre. On n’y voyait aucune distinction entre les personnes de différentes croyances ; les protestans étaient soutenus, protégés et employés tout aussi bien que les autres. A la vérité, les lois de France ne leur accordaient pas les mêmes privilèges relativement aux prières publiques, enterremens, etc. ; mais le roi trouvait moyen d’obtenir pour eux des adoucissemens à ce qu’il ne pouvait totalement empêcher. Sa conversation était aussi tellement semblable à ce qu’elle avait toujours été, que sous ce rapport on l’aurait cru encore au milieu de ceux qui l’avaient abandonné ou trahi. Jamais une réflexion d’amertume et de blâme sur le peuple ou le pays qui l’avait si indignement traité. On ne pouvait lui faire plus mal sa cour que de déclamer contre l’ingratitude de ceux qui s’étaient montrés les plus criminels en ce point. Si l’on pouvait leur trouver quelque apparence d’excuse, il ne manquait pas de la faire valoir [p. 277] et se rendait la plupart du temps l’avocat déclaré de ses plus grands ennemis. Il raisonnait sur les mesures du gouvernement d’Angleterre, les votes et la marche de son parlement, la valeur et la conduite de ses troupes, avec autant de clame et de modération que s’il eût encore été à leur tête, et ne paraissait pas prendre moins d’intérêt la réputation des soldats et des marins anglais que dans le temps qu’il était témoin de leurs efforts et partageait leur gloire. Il ne pouvait renoncer aussi aisément à sa tendresse pour son peuple que ce peuple à sa loyauté et à ses devoirs envers lui ; et lorsque dans quelque acte ou déclaration publics il se voyait obligé d’exposer les torts de ses sujets, il ne le faisait que par la nécessité où il était de se justifier, et non par l’effet d’aucune aigreur ou amertume que lui eût laissé le souvenir des troubles. Ainsi, quoiqu’il sût, en certaines occasions, convaincre le monde qu’il n’était pas insensible aux injures qu’il en avait reçues, il montrait bien par la conduite de toute sa vie qu’il désirait leur repentir, non leur perte ou sa propre vengeance.<lb/>La reine étant devenue grosse, peu après que le roi fut revenu d’Irlande, il saisit cette occasion de convaincre ses sujets de la fausseté de cette calomnie qui avait si fort contribué à les entraîner dans les vues du prince d’Orange. Il pensa qu’une invitation aux membres de son conseil privé, [p. 278] et à plusieurs autres personnes de qualité, de venir assister aux couches de la reine serait le moyen le plus efficace de prouver que, quatre années auparavant, Sa Majesté n’avait pas encore passé l’âge d’avoir des enfans. Il écrivit donc aux lords et autres personnes de son conseil privé la lettre suivante :<lb/>« Très fidèles etc. Les rois nos prédécesseurs ayant été dans l’usage d’appeler tous ceux de leur conseil privé qui se trouvaient à leur portée pour être présens aux couches de la reine et à la naissance de leurs enfans, et comme nous avons suivi leur exemple à la naissance de notre très cher fils le prince de Galles, quoique cette précaution n’ait pas suffi pour nous préserver des malicieuses calomnies de ceux qui avaient résolu de nous dépouiller de nos droits de roi, pour ne pas manquer à ce que nous devons à nous-même, dans cette occasion où il a plu au Tout-Puissant, défenseur de la vérité, de nous donner l’espérance d’un autre enfant, la reine notre très chère épouse se trouvant grosse et près de son terme, nous avons cru devoir requérir tous ceux de notre conseil privé qui en auront la possibilité de se rendre auprès de nous à Saint-Germain pour être témoins des couches de la reine, notre très chère épouse.<lb/>Nous vous signifions donc par ces présentes [p. 279] notre royale volonté, afin que vous employiez tous les moyens possibles pour venir aussi promptement que vous pourrez, la reine devant accoucher vers le milieu de mai prochain (style anglais). Et afin qu’il ne vous reste aucune crainte de notre part, notre très cher frère, le Roi Très Chrétien, a consenti à ce que nous vous promissions, comme nous le faisons ici, toute sûreté pour venir, ainsi que pour vous en retourner après les couches de la reine, notre très chère épouse. Quoique l’iniquité des temps, la tyrannie des étrangers, et l’égarement d’une partie de nos sujets, nous aient mis dans la nécessité d’employer ces moyens inusités, nous espérons que cette démarche convaincra le monde, à la confusion de nos ennemis, de la sincérité et de la candeur de notre conduite. Ne doutant pas que vous ne vous rendiez à cette invitation, nous vous saluons sincèrement. Donné en notre Cour de Saint-Germain, le 8 avril 1692, la huitième année de notre règne. »<lb/>Ces lettres furent adressées aux duchesses de Sommerset et de Beaufort, à ladys Derby, Mulgrave, Rutland, Danby, Nottingham, Brooks, [p. 280] Lumley, Fitzharding et Fretzwell, à sir John Trevor, orateur de la chambre des communes, et à sa femme, à ladys Seymour, Musgrave, Blunt, Guise et Foly, à la femme du maire de Londres, aux femmes des deux shériffs, et au docteur Hugh ; mais le prince d’Orange, qui avait obtenu tout ce qu’il attendait de cette infâme calomnie, s’embarrassait alors assez peu qu’on jugeât la chose vraie ou fausse. Au lieu donc de faire ce qu’il fallait pour éclairer le monde sur un point d’une si haute importance, il prit tous les soins possibles pour empêcher ces lettres d’arriver à leur adresse, et consentit si peu à donner les sauf-conduits qu’on offrait de l’autre côté, que soit qu’on en eût ou non le désir, il est certain que personne n’osa entreprendre ce voyage qui déplaisait si évidemment au prince et à la princesse d’Orange. Cela fournit, à la vérité, aux amis de Sa Majesté, l’occasion de publier les criantes injustices qu’il avait souffertes sur ce point, et sur plusieurs autres ; mais ce n’était point par des argumens et des raisonnemens que le roi pouvait espérer d’arracher son sceptre des mains de l’usurpateur ; la force seule pouvait y réussir, et Sa Majesté n’était pas encore sans espérance de se procurer celles dont il avait besoin.<lb/>[…]<lb/>[p. 306] [1692] Comme le prince de Galles avait alors près de quatre ans, le roi jugea à propos, avant de partir pour cette expédition, de le revêtir de l’ordre de la Jarretière ; il le donna en même temps au duc de Powis et au comte de Melfort. Il avait fait quelque temps auparavant le même honneur au comte de Lauzun, en récompense des services qu’il lui avait rendus en Irlande, et des secours qu’il avait prêtés à la reine pour s’échapper d’Angleterre. Après cette cérémonie, le roi partit pour Cannes en Normandie, où il arriva le 24 avril (nouveau style), accompagné du maréchal de Bellefond et suivi du duc de Berwick et de plusieurs autres officiers de distinction.<lb/>[…]<lb/>[p. 312] Après le malheureux succès de cette expédition, les troupes furent renvoyées à leurs différents postes, et le roi retourna à Saint-Germain, où Sa Majesté Très Chrétienne, avec sa générosité habituelle, lui renouvela les assurances de sa protection et de son secours malgré ce malheur et tous les autres. Pour montrer d’ailleurs qu’il n’était ni découragé ni ruiné par cette perte, le roi de France ordonna, malgré les dépenses de la guerre, qu’on reconstruisît autant de vaisseaux qu’il lui en avait été brûlé. En effet, dans le cours d’une année, on les eut reconstruits de la même grandeur et du même chargement : ce qui fit hautement admirer la richesse, la puissance et l’administration financière de son royaume.<lb/>Un mois après que le roi fut revenu de La Hogue, la reine mit en monde une princesse : ce qui leur fit éprouver au moins les consolations domestiques. Elle fut baptisée sous le nom de Louise Marie et tenue sur les fonts par le roi Très Chrétien ; la cérémonie fut faite avec beaucoup de magnificence et de solennité. Personne n’était venu d’Angleterre pour se rendre à l’invitation du roi ; mais la reine eut à ses couches, outre les princesses et les principales dames de la cour de France, le chancelier, le premier président [p. 313] du parlement de Paris, l’archevêque, etc. ; on y appela aussi la femme de l’ambassadeur du Danemarck, madame Meereroon, comme une personne dont le témoignage devait avoir du poids auprès de la nation anglaise ; et, bien que contraire au parti du roi, elle ne put refuser, d’après le témoignage de ses propres yeux, d’avouer le ridicule de ces fausses et malveillantes insinuations qui lui avaient causé tant de mal.<lb/>Les continuelle contrariétés qu’avait subies le roi l’avaient tellement dépouillé de toute pensée de bonheur en ce monde qu’il ne s’occupait guères plus que d’assurer sa félicité dans l’autre, auquel il voyait bien que la Providence voulait le conduire par la voie de l’affliction et des souffrances, la plus sûre de toutes, surtout pour ceux que pénètrent de douleur et d’aversion le souvenir de leurs fautes passées. Le roi était trop humble pour ne pas reconnaître les siennes, et trop juste pour ne pas penser qu’il dût en être puni. Il accepta donc de bon cœur et avec joie les châtimens qu’il plut à Dieu de lui envoyer, et en ajouta même de son choix, qu’il eût poussés à l’excès si la prudence de son directeur n’eût pris soin de modérer son zèle. Cela ne l’empêcha pourtant pas de profiter, comme il le devait, de toutes les occasions que pouvait lui offrir la Providence de rentrer dans ses droits. Il avait comment appliquer aux peines la patience, aux mauvais [p. 314] succès la persévérance. Le dernier échec qu’il avait éprouvé ne l’empêcha donc pas de continuer sa correspondance avec ses partisans d’Angleterre qui, surtout avant l’affaire de La Hogue, étaient ou se disaient fort nombreux, non seulement parmi les personnes du premier rang, mais même parmi les employés du gouvernement : peut-être étaient-ils moins animés par un pur zèle pour le rétablissement du roi, qu’effrayés de la perspective d’une guerre interminable et d’un gouvernement sans stabilité, tel qu’ils devaient l’attendre jusqu’à ce que les choses eussent repris leur cours naturel. Ils voyaient le roi Très Chrétien épouser sincèrement les intérêts de Sa Majesté, et ses derniers succès contre les forces unies de toute l’Europe, interrompus seulement par sa dernière défaite, montraient ce qu’il était capable de faire, même lorsqu’il avait à lutter contre un si grand nombre d’ennemis ; et à plus forte raison ce qu’on en devait attendre, si quelque accident venait à rompre l’alliance qui, formée de tant de pièces différentes, ne pouvait, selon toute apparence, durer longtemps. Voyant donc quelque apparence qu’ils seraient un jour forcés de retourner à leur devoir, plusieurs d’entre eux pensaient qu’il valait beaucoup mieux y revenir volontairement, et en offrant au roi de certaines conditions, s’assurer des garanties contre ce qu’ils croyaient avoir à craindre pour la religion, les lois et la liberté, mais [p. 315] même obtenir du roi sur ces divers points de nouvelles concessions que l’état fâcheux de ses affaires pouvait le disposer à leur accorder.<lb/>[…]<lb/>[p. 426] [1697] Aussitôt après la paix, le prince d’Orange ayant envoyé en France son favori Bentinck en qualité d’ambassadeur, celui-ci saisit cette occasion de pousser à de nouvelles rigueurs contre Sa Majesté. Il paraît que, dans la première conférence qui avait eu lieu avant les négociations entre ce ministre et le maréchal de Boufflers, il avait insisté pour que le roi fut éloigné de France, mais Sa Majesté Très Chrétienne avait coupé court à cette demande, en disant que si le prince insistait sur cet article, il renoncerait à toute pensé de négocier avec lui. Il n’en fut donc pas question à Riswick ; mais le prince d’Orange, [p. 427] après le succès de ces négociations, crut ne devoir désespérer de rien et ordonna à Bentinck de renouveler ses sollicitations sur ce point. La mauvaise conscience du prince et de son parti ne pouvait supporter de voir de si près celui dont la présence leur reprochait leur injustice et leur infidélité et demeurait suspendue sur leur tête comme un nuage annonçant la tempête. Mais Sa Majesté Très Chrétienne fut inébranlable sur ce point : Elle regardait son honneur comme trop engagé pour le laisser ainsi fouler aux pieds par l’usurpateur ; elle ne s’était déjà que trop abaissée [p. 428] devant lui, et l’on s’était étonné qu’il lui inspirât tant de crainte. Ce ne pouvait être que par ce motif qu’Elle s’abstint de demander le douaire de la reine ; car, puisque le peuple d’Angleterre avait traité son roi avec si peu d’égards que de la regarder comme mort pour le paix, la conséquence était que la reine avait droit au moins à son douaire, dont, par les lois d’Angleterre, elle avait le privilège de jouir même pendant la vie du roi. Il n’y avait pas de réponse à faire à cela : ainsi par un article secret on convint de le lui payer. La chose fut confirmée dans le suivant parlement, tellement qu’une somme d’argent fut en secret affectée à cet emploi ; mais lorsqu’on en vint à toucher cette somme, le prince d’Orange éleva de nouvelles difficultés et de nouvelles demandes, et particulièrement celle d’éloigner le roi de Saint-Germain. Bentinck prétendait que le maréchal de Boufflers y avait secrètement consenti : le maréchal le niait positivement. Quoi qu’il en soit, Sa Majesté Très Chrétienne était si peu disposée à discuter ce point avec le prince, qu’Elle aima lieux lui laisser cet argent entre les mains comme un prix de sa complaisance que de risquer de l’exaspérer en le pressant trop vivement sur un point qu’il n’avait pas l’intention d’accomplir. Le roi et la reine eurent donc la mortification de vivre entièrement des bienfaits d’un prince étranger, et dans la même [p. 429] dépendance sur tous les points que s’ils eussent fait vœu de pauvreté et d’obéissance.<lb/>Le bill de bannissement, qui suivit immédiatement la paix, fut pour le roi un nouveau sujet de chagrin qui augmenta de beaucoup ses charges. Le parlement d’Angleterre passa un acte qui non seulement déclarait crime de haute trahison toute correspondance avec le roi, mais contraignait même tous ceux qui avaient été à son service ou étaient seulement venus en France depuis la révolution, si ce n’est avec un passeport du gouvernement à quitter à jour fixe tous les Etats de la Grande Bretagne, sous peine d’être accusés de haute trahison, ex post facto, et sans aucun moyen d’y échapper. Jamais aucun gouvernement n’avait rien fait d’aussi cruel ni d’aussi injuste. Le roi avoua que ce chagrin passait pour lui tous les autres. Il sentait que les souffrances qui lui étaient personnelles n’approchaient pas du châtiment qu’avaient pu à juste titre lui mériter ses désordres passés ; mais voir ses loyaux sujets traités de la sorte en raison de la fidélité qu’ils lui avaient témoignée, c’était pour lui une peine qu’un secours extraordinaire de la grâce pouvait seul le mettre en état de supporter. Les nouvelles d’Irlande lui étaient également douloureuses : le prince d’Orange, malgré toutes ses belles protestations aux princes confédérés, avait, même durant le cours des conférences [p. 430] de Riswick, fait rendre en Irlande une nouvelle loi pour l’extinction totale du papisme, ordonnant entre autres articles le bannissement de tous les ecclésiastiques réguliers. M. de Ruvigny, qui commandait dans le pays, ne manqua pas de mettre l’ordre à exécution. Ils arrivèrent donc bientôt en France en foule ; il en vint plus de quatre cents dans l’espace de quelques mois. La nécessité de secourir leur détresse et celle de tous les autres catholiques, que les bills de bannissement faisaient sortir du royaume, augmenta, comme on l’a dit, de beaucoup les charges du roi. Il eut le chagrin, après leur avoir distribué jusqu’à son nécessaire, d’en voir un grand nombre prêts à périr de besoin sans qu’il fut en son pouvoir de les secourir.<lb/>[…]<lb/>[p. 440] Mais quoiqu’il ne craignit pas de publier ses désordres passés, il faisait tout ce qu’il pouvait pour cacher sa pénitence. La reine disait ne l’avoir jamais vu si confus qu’une fois qu’elle avait, par hasard, aperçu sa discipline. Il avait [p. 441] donc soin que sa conduite, aux yeux du monde, parût autant que possible telle qu’elle avait toujours été. Il entretenait ses sujets et les personnes de la cour de France avec la même affabilité et le même enjouement qu’à l’ordinaire, continuait d’aller à la chasse, et, de peur de singularité ou d’affection, n’évitait point les divertissemens de la Cour, tels que bals et autres, lorsqu’il y était invité ; mais il était loin de les chercher, non plus qu’aucun de ceux qu’il pouvait éviter sans inconvénient, car, bien que cela passe par des amusemens nécessaires, il pensait autrement et aurait voulu que l’autorité publique retranchât tous ces dangereux divertissemens, comme le jeu, l’opéra, la comédie et autres semblables, et ceux qui n’auront pas lu ce qu’il a écrit sur ce sujet, ne sauraient s’imaginer à quel point il s’élève judicieusement contre de tels plaisirs.<lb/>[…]<lb/>[p. 447] Ainsi ce pieux prince sanctifiait-il ses souffrances et en faisait les germes féconds d’une immortalité bienheureuse. Elle commençait à s’approcher de lui ; car, le 4 mars 1701, il se trouva mal [p. 448] dans la chapelle ; cependant, revenant à lui peu de temps après, il parut, au bout de huit jours, parfaitement rétabli ; mais huit jours après il fut frappé d’une attaque de paralysie comme il s’habillait. Il eut un côté tellement frappé qu’il avait de la peine à marcher, et perdit, pour quelques temps, l’usage de la main droite ; mais les ventouses, l’émétique, etc., el lui rendirent, et il put recommencer à marcher assez bien. Les médecins jugeant que les eaux de Bourbon le rétabliraient parfaitement, il y alla environ trois semaines après. A son retour il ne boitait presque plus, mais il se plaignait d’une douleur dans la poitrine et crachait de temps en temps le sang. Cela avait commencé même avant son départ pour Bourbon, et donna lieu de craindre que l’émétique, qui pouvait lui avoir été bon pour sa paralysie, n’eût occasionné une lésion au poumon. [p. 449] Cependant il parut recouvrer des forces ; il prit l’air comme à l’ordinaire, et monta quelquefois à cheval ; mais le vendredi, 2 septembre, il fut pris dans la chapelle d’un évanouissement semblable au premier. Il revint à lui lorsqu’on l’eut transporté dans sa chambre. Ce fut une cruelle vue pour la reine désolée, d’autant qu’il retomba évanoui dans ses bras une seconde fois. Il fut cependant assez bien le lendemain ; mais le dimanche il tomba dans un nouvel évanouissement et fut quelque temps sans mouvement. Enfin on lui ouvrit la bouche de force et il vomit une grande quantité de sang, ce qui jeta dans le dernier effroi la reine et tous ceux qui étaient là, excepté lui. Ses longs désirs de la mort lui en avaient rendu la pensée si familière, qui ni les terreurs, ni les tourmens qui accompagnent son approche, ne lui donnèrent la moindre anxiété ni le moindre trouble. Il n’eut pas besoin de l’exhorter à se résigner ni à se préparer comme il le devait ; ce fut la première et l’unique chose dont il s’occupa. La veille précisément du jour de son attaque, il avait fait une confession générale. Aussitôt que son vomissement eut cessé, il pria son confesseur d’envoyer chercher le Saint-Sacrement, et, pensant qu’il n’avait pas longtemps à vivre, l’engagea à se presser, lui recommandant d’avoir soin de ne manquer à aucun des rites de l’Eglise. En même temps, il envoya chercher le prince son [p. 450] fils, qui, au moment où il entra, voyant le roi pâle et l’air mourant, et le lit couvert de sang, laissa éclater, ainsi que tout ce qui l’entourait, la plus violente douleur. Le roi, lorsqu’il arriva au chevet de son lit, étendit, avec un air de satisfaction, ses bras pour l’embrasser, et lui parlant avec une force et une véhémence proportionnée à son zèle et à l’état de faiblesse où il se trouvait, le conjura d’adhérer fermement à la religion catholique, quoi qu’il pût en arriver, d’être fidèle au service de Dieu, respectueux et obéissant envers la reine, la meilleure des mères, et à jamais reconnaissant envers le roi de France, à qui il avait les plus grandes obligations. Ceux qui se trouvaient là, craignant que la vivacité et la ferveur avec lesquelles il parlait ne lui fissent mal, engagèrent le prince à se retirer. Le roi en fut chagriné, et dit : « Ne m’ôtez pas mon fils jusqu’à ce que je lui aie donné ma dernière bénédiction ». Lorsqu’il la lui eut donnée, le prince retourna à son appartement, et on amena près de son lit la petite princesse, à qui il parla dans le même sens. Elle, en même temps, par l’abondance de ses innocentes larmes, montrait combien elle était sensiblement touchée de l’état de faiblesse où elle voyait le roi son père. Non content d’avoir parlé à ses enfans, il fit, avec la plus grande ferveur et toute la piété imaginable, une sorte de courte exhortation à tous ceux qui [p. 451] l’entouraient, et surtout à lors Middleton et à ses autres serviteurs protestans, qu’il exhorta à embrasser la religion catholique. Il apporta dans cette exhortation tant de force et d’énergie qu’il leur fit beaucoup d’impression ; et il leur dit qu’ils pouvaient croire sur l’assurance d’un mourant, que lorsqu’ils se trouveraient dans le même état que lui, ils éprouveraient une grande consolation d’avoir suivi son exemple et ses avis.<lb/>Lorsqu’il vit arriver le Saint-Sacrement, il s’écria : « L’heureux jour est enfin venu ! » puis il se recueillit pour recevoir le saint viatique. Le curé s’approcha de son lit, et, selon la coutume en pareille occasion, lui demanda s’il croyait en la présence réelle et substantielle du corps de Notre Seigneur dans le Saint-Sacrement ? A quoi il répondit : « Oui, j’y crois de tout mon cœur » ; puis, ayant passé quelques momens dans un recueillement spirituel, il désira recevoir le sacrement de l’extrême-onction, et porta dans toutes ces cérémonies une piété exemplaire, et une singulière présence d’esprit.<lb/>Il ne pouvait y avoir de meilleures occasions de déclarer publiquement qu’il mourrait en parfaite charité avec tout le monde, et qu’il pardonnait du fond de son cœur à tous ses ennemis ; et, de peur qu’on ne pût douter de sa sincérité à l’égard de ceux dont il avait plus à se plaindre que des autres, il nomma spécialement le prince d’Orange, [p. 452] la princesse Anne de Danemarck sa fille, et, s’adressant à son confesseur d’une manière encore plus particulière, lui dit : « Je pardonne aussi de tout mon cœur à l’Empereur ». Mais, dans la vérité, il n’avait pas attendu ce moment pour accomplir le devoir chrétien du pardon des injures. Son cœur avait été si éloigné de tout ressentiment qu’il regardait ceux qui les lui avaient fait subir comme ses plus grands bienfaiteurs, et déclarait souvent qu’il avait plus d’obligations au prince d’Orange qu’à qui que ce fût au monde. Pendant tout ce temps, la pauvre reine, hors d’état de se soutenir, était tombée à terre auprès du lit, en bien plus grande angoisse que lui, et autant que lui privée de toute apparence de vie. Le roi fut sensiblement touché de l’excès de sa douleur, et parut en souffrir plus que de toute autre chose. Il lui dit tout ce qu’il put pour la consoler et l’engager à se résigner en ceci, comme elle le faisait en toute autre chose, à la volonté de Dieu ; mais elle demeura inconsolable jusqu’à ce que, voyant un mieux sensible, et le roi ayant bien passé la nuit, il lui parut que son état n’était pas désespéré, et qu’on pouvait concevoir quelque espoir de guérison.<lb/>Le lendemain, Sa Majesté Très Chrétienne vint voir, et descendit comme tout le monde à la porte du château, pour éviter à Sa Majesté le bruit de la voiture. Le roi la reçut avec autant [p. 453] d’aisance et d’affabilité qu’à l’ordinaire. Il était mieux ce soir-là, et quoique dans la nuit suivante il se trouvât de nouveau assez mal, le mercredi ayant rendu beaucoup de sang par en bas, il fut soulagé, la fièvre tomba et l’on eut de grandes espérances de voir son état s’améliorer. Le dimanche Sa Majesté Très Chrétienne lui fit une seconde visite. Il la reçut, ainsi que les princes et les personnes de distinction qui venaient sans cesse le voir, avec autant de présence d’esprit et de civilité, que s’il n’eût senti aucun mal. Mais le lundi, il tomba dans l’assoupissement, et tout espoir de rétablissement s’évanouit. La reine était près de lui quand la maladie commença à tourner ainsi ; ce fut pour elle une sorte d’agonie. Le roi le vit et en fut touché, et, malgré l’état d’affaiblissement où il se trouvait, il lui dit : « Madame, ne vous affligez pas, je vais, j’espère, à la félicité ». A quoi la reine répondit : « Sire, je n’en doute pas. Aussi n’est-ce pas votre situation que je déplore, c’est la mienne ». Alors, surmontée par la douleur, elle fut au moment de s’évanouir. Le roi, s’en apercevant, la pria de se retire, et ordonna à ceux qui se trouvaient présens de la conduire à sa chambre. Après quoi l’on commença les prières des agonisans. Le roi demeura cependant à peu près dans le même état toute la nuit, durant laquelle il reçut de nouveau le Saint-Sacrement, avec la piété la [p.454] plus exemplaire. Il renouvela sa déclaration de pardon, nommant à haute voix le prince d’Orange, la princesse Anne sa fille, et l’Empereur ; il dit qu’il désirait qu’ils sussent qu’il leur pardonnait. Les médecins lui avaient pendant tout ce temps fait prendre du quinquina, et, quoique ce fût la chose au monde qu’il eût le plus en aversion, il ne refusa jamais de le prendre. Ils jugèrent à propos de lui mettre les ventouses en plusieurs endroits, ce qui le tourmenta beaucoup ; cependant il le souffrit sans jamais se plaindre, et sans en montrer la moindre déplaisance, non plus que de rien de ce qu’ils lui ordonnaient. Ce n’était ni l’espoir de guérir, ni la crainte de la mort qui l’engageaient ainsi à se soumettre. Il désespérait de sa guérison et souhaitait de mourir ; mais il croyait que la perfection était dans l’obéissance, et que sa patience à souffrir ces remèdes inutiles à son corps tournerait au profit de son âme.<lb/>Il passa toute la journée du lendemain dans le même assoupissement. Il ne parut prendre garde à rien, excepté lorsqu’on disait les prières ; il y était toujours attentif, et par le mouvement de ses lèvres semblait lui-même prier continuellement.  Le mardi 13, vers trois heures, Sa Majesté Très Chrétienne vint une troisième fois, et lui déclara ses résolutions à l’égard du prince : elle ne lui en avait rien dit dans sa première visite, et n’avait même encore rien déterminé à cet égard. [p. 455] Mais, voyant le roi à l’extrémité, elle avait jugé devoir prendre un parti, et avait assemblé son conseil. La plupart de ceux qui le composaient craignaient que si, après la mort de Sa Majesté, le roi de France reconnaissait le prince pour roi d’Angleterre, cela ne plongeât la nation dans une nouvelle guerre, dont elle avait la plus grande terreur. On chercha donc des expédiens pour éloigner au moins la chose ; mais le Dauphin, le duc de Bourgogne et tous les princes trouvèrent si injuste et si contraire à la dignité de la couronne de France d’abandonner un prince de leur sang qui demandait et méritait à si juste titre leur protection, qu’ils furent tous d’avis contraire ; et comme le Roi Très Chrétien en jugeait de même, il était venu pour le déclarer à Sa Majesté. Il alla d’abord trouver la reine, et l’informa de sa résolution, ce qui lui donna quelques consolations dans la profonde affliction où elle était plongée. Il envoya ensuite chercher le prince, et lui promit que s’il plaisait à Dieu d’appeler à lui le roi son père, il lui en servirait. Le prince exprima sa reconnaissance d’une faveur si signalée, et lui dit qu’il le trouverait aussi soumis et aussi respectueux que s’il était son fils. Après quoi il retourna dans [p. 456] son appartement. Sa Majesté Très Chrétienne entra alors chez le roi, et, s’approchant de son lit, lui dit : « Sire, je suis venu savoir comment se trouve aujourd’hui Votre Majesté » ; mais le roi, qui n’entendit pas, ne fit pas de réponse. Un de ceux qui étaient auprès de lui lui dit que le roi de France était là ; alors il se souleva en disant : « Où est-il ? » et commença à le remercier de toutes ses bontés, et particulièrement du soin et de l’attachement qu’il lui avait témoignés durant sa maladie ; à quoi Sa Majesté Très Chrétienne répondit : « Sire, cela ne vaut pas la peine d’en parler, j’ai à vous dire quelque chose de plus important ». Alors ceux qui entouraient le roi, supposant que le roi de France voulait lui parler en secret, parurent vouloir se retirer, car la chambre était pleine de monde. Sa Majesté Très Chrétienne s’en apercevant dit fort haut : « Que personne ne s’en aille », puis continua ainsi : « Je suis venu, Sire, pour vous faire connaître que lorsqu’il plaira à Dieu d’appeler à lui Votre Majesté, je prendrai votre famille sous ma protection, et traiterai votre fils, le prince de Galles, comme je vous ai traité, le reconnaissant pour roi d’Angleterre comme il le sera alors ». A ces paroles, tous ceux qui étaient là, tant Français qu’Anglais, fondirent en larmes, ne pouvant autrement exprimer le mélange de joie et de douleur qui s’était si singulièrement [p. 457] emparé d’eux. Quelques uns cependant se jetèrent aux pieds de Sa Majesté Très Chrétienne ; d’autres par leurs gestes et leur maintien, beaucoup plus expressifs en certains cas que ne pourraient l’être des discours, exprimèrent leur reconnaissance pour une action si généreuse. Sa Majesté Très Chrétienne en fut si touchée qu’Elle ne put elle-même s’empêcher de pleurer. Le roi s’efforçait, pendant ce temps, de dire quelque-chose ; mais le bruit était trop grand dans sa chambre, et il était trop faible pour se faire entendre. Sa Majesté Très Chrétienne prit alors congé et s’en alla. En retournant à sa voiture, elle appela l’officier de garde chez le roi et lui ordonna, aussitôt que le roi serait mort, de faire auprès du prince de Galles le même service, et de lui rendre les mêmes honneurs qu’au roi son père.<lb/>Le lendemain, le roi se trouvant un peu mieux, on permit au prince de venir le voir, ce qu’on ne lui permettait pas souvent, parce qu’on avait remarqué que lorsque le roi voyait son fils, cela lui donnait une émotion capable, à ce qu’on [p. 458] craignait, de lui faire mal. Aussitôt que le prince entra dans la chambre, le roi, étendant les bras vers lui pour l’embrasser, lui dit : « Je ne vous ai pas vu depuis la visite de Sa Majesté Très Chrétienne, et la promesse qu’Elle m’a faite de vous reconnaître après ma mort. J’ai envoyé lord Middleton à Marly pour l’en remercier ». C’était ainsi que ce saint roi parlait de l’approche de sa mort, non seulement avec indifférence mais avec satisfaction, depuis qu’il savait que son fils et sa famille n’en souffriraient pas, et se préparait à la recevoir, s’il était possible, avec plus de joie encore qu’auparavant. Cette heure bienheureuse était peu éloignée, car le jour suivant il s’affaiblit beaucoup, fut pris de continuelles convulsions ou tremblement dans les mains, et le lendemain vendredi 16 septembre, vers trois heures de l’après-midi, rendit son âme pieuse entre les mains de son Rédempteur, à l’heure même de la mort de notre Sauveur, à laquelle il avait toujours eu une dévotion particulière pour obtenir une heureuse mort.<lb/>Il serait sans fin de rapporter tous les exemples qu’il donna, durant sa maladie, d’une dévotion et d’une piété exemplaire. Il ne cessa pas de prier aussi longtemps qu’il en eut la force, et lorsque tombé dans l’assoupissement il semblait d’ailleurs ne prendre gade à rien, il parut par ses réponses et par la manière dont il suivant les [p. 459] prières, que son assoupissement ne s’étendait pas jusque-là ; et quoiqu’à la fin il eût presque toujours les yeux fermés pendant la messe qu’on disait tous les jours dans sa chambre, il se montra aussi vigilant et aussi attentif que s’il eût été en parfaite santé, et cela jusqu’au jour même de sa mort. Il ne se plaignit jamais d’aucun remède ni d’aucune opération, quoiqu’il eût un extrême dégout pour le quinquina, et que les ventouses le fissent beaucoup souffrir. Il se soumit entièrement aux volontés des médecins ; seulement il disait quelquefois que si ce n’avait pas été pour l’amour de la reine et de son fils, il n’eût pas consenti à tant souffrir pour une chose dont il se souciait si peu.<lb/>Il demeura ainsi quinze jours entre la vie et la mort. Le triste maintien de ceux qui entouraient continuellement son lit eût élevé dans l’âme d’un homme de moindre foi de terribles craintes sur le coup fatal qui s’approchait ; mais il parut, durant tout ce temps, indifférent à ce qui se passait, si ce n’est qu’il s’efforçait d’employer avec plus de ferveur que de coutume les précieux momens qui lui demeuraient encore pour travailler à son bonheur éternel. Ainsi, tandis que ses forces déclinaient, la foi et la piété semblaient l’animer au-dessus des forces de la nature. Jusqu’au dernier moment, le nom de Jésus l’avait éveillé de sa mortelle léthargie ; sourd [p. 460] en apparence à tout le reste, il entendait toutes les prières, en même temps qu’il supportait les souffrances qi précèdent la mort comme si son corps avait perdu toute sensation ; car, lorsqu’on lui demandait comment il se trouvait, il répondait toujours qu’il était bien, et à la civilité, à l’aisance avec lesquelles il recevait les princes et gens de qualité qui venaient sans cesse lui rendre visite, on eût cru effectivement qu’il en était ainsi. L’avant-veille de sa mort, la duchesse de Bourgogne étant chez lui, il ne voulut pas qu’elle s’approche de son lit à cause de la mauvaise odeur. Le jour suivant, paraissant déjà à l’agonie, il souleva encore sa tête pour saluer le duc de Bourgogne, et en fit autant à quelques autres personnes. Enfin, tant qu’il eut l’usage de la parole, il l’employa à prier Dieu, à pardonner à ses ennemis et à proférer sa profession de foi, comme il le fit trois jours avant sa mort, avec toute la fermeté et la ferveur imaginables, en présence du nonce du pape, qui l’était venu voir. Il exhorta continuellement ses sujets, ses serviteurs, mais surtout ses enfans, à servir Dieu, et à ne se laisser entraîner par aucune considération terrestre à abandonner la vraie religion et les voies de la vertu. Quand il lui devint pénible de parler, on continua de voir par ses gestes et même son silence, que son esprit était fixé sur Dieu, et qu’il conservait sa connaissance en [p. 461] quelque sorte jusqu’au dernier moment ; il parut, au mouvement de ses lèvres, qu’il pria jusqu’au moment où son âme se sépara de son corps. La reine, qui durant sa maladie avait été elle-même dans une continuelle agonie, lorsqu’elle apprit qu’il venait de rendre le dernier soupir, fut également prête à expirer ; car jamais on n’avait vu un plus parfait exemple d’affection conjugale que dans cette vertueuse princesse : aussi le tourment que lui causa la séparation fut-il inexprimable ; elle ne semblait vivre que lorsqu’il y avait quelque espérance de guérison, et lorsque cette espérance fut perdue, elle s’abandonna à un tel excès de douleur qu’elle méritait réellement plus de compassion que le roi qui, par une vie sainte et sanctifiée, avait heureusement terminé une vie de mortification et de dévotion chrétienne. Elle se rendit sur le champ à Chaillot, couvent de religieuses, où elle avait coutume de faire de fréquentes retraits, pour y pleurer dans l’amertume de son âme la perte qu’elle venait de faire et demander des consolations à celui qui lui avait envoyé l’affliction, et pouvait seul lui donner les moyens de les supporter. Dès que la première angoisse de sa douleur fut apaisée, elle ne manqua pas d’obéir au dernier commandement du feu roi, et écrivit à la princesse de Danemarck la lettre suivante :<lb/>« Je regarde comme un devoir indispensable [p. 462] de m’acquitter, sans plus tarder, de la commission que m’a laissée pour vous le meilleur des hommes et le meilleur des pères. Peu de jour avant sa mort, il me chargea de trouver les moyens de vous faire connaître qu’il vous pardonnait du fond du cœur tout ce qui s’était passé, et priait Dieu de vous le pardonner également ; qu’il vous donnait sa dernière ; et priait Dieu de convertir votre cœur et de vous confirmer dans la résolution de réparer envers son fils le tort qui lui a été fait à lui-même. J’ajouterai seulement que je joins de tout mon cœur mes prières aux siennes, et que je mettrai toute mon application à inspirer au jeune homme laissé à mes soins les sentimens de son père, car personne n’en saurait avoir de meilleurs. 27 septembre 1701. »<lb/>On ne saurait douter que la princesse de Danemarck ne fut touchée cette lettre ; elle était ou prétendait être depuis longtemps disposée à réparer, jusqu’à un certain point, les torts qu’on avait eus envers son père ; mais le prince d’Orange étant mort peu de temps après, l’ambition étouffa les bonnes semences qu’eussent peut-être pu faire germer en son sein les charitables et pieuses exhortations de son père mourant, et effaça le souvenir de toutes les protestations qu’elle avait faites de réparer des injustices reconnues par elle-même au moment où elle se trouvait dans l’affliction, [p. 463] mais qu’elle oublia lorsque son tour vint de recueillir les fruits de la commune désobéissance.<lb/>Le corps du roi demeura exposé vingt-quatre heures dans la chambre où il était mort. On chanta toute la nuit près de lui l’office des morts, et toute la matinée on dit des messes à deux autels élevés des deux côtés de la chambre. Telle avait été pendant sa vie son humilité, qu’il avait résolu qu’elle le suivrait au tombeau, et avait ordonné, par son testament, qu’on enterrât son corps dans la paroisse sur laquelle il mourrait, sans plus de dépenses qu’on n’avait coutume d’en faire pour un simple particulier. Il ne voulait, pour tout monument et pour toute inscription, qu’une simple pierre avec ces paroles : Ci-git le roi Jacques. Il avait informé le curé de ses intentions, et lui avait ordonné d’insister pour qu’elles fussent accomplies ; mais Sa Majesté Très Chrétienne dit que c’était la seule chose qu’il ne pût lui accorder. Il fut donc embaumé dans la soirée : une partie de ses entrailles fut portée à l’église de la paroisse, et le reste au collège anglais à Saint-Omer. La cervelle et la partie charnue de tête furent placées au collège écossais de Paris, où le duc de Perth fit élever, à ses frais, un beau monument, témoignant combien le collège se sentait heureux de posséder ces précieuses<lb/>[p. 464] Sitôt que la distribution en eût été faite, et que tout fut prêt pour emporter son corps, on partit vers sept heures du soir pour l’église des Bénédictins anglais de Paris. Le cortège était composé du duc de Berwick, du comte de Middleton, des chapelains de Sa Majesté, et de quelques autres de ses domestiques. Partout sur son passage il était accompagné des pleurs et des lamentations non seulement des sujets du roi, mais des habitans des lieux qu’il traversait. On laissa son cœur à Chaillot, comme il l’avait ordonné, et on s’arrangea pour n’y être que vers minuit, afin que la reine n’entendit pas le bruit et ne sut pas l’heure de l’arrivée, et de lui épargner un surcroît de douleur qui aurait fait saigner de nouveau ses blessures si récentes ; mais ni silence de la nuit, ni la précaution qu’on avait prise de cacher l’heure à la reine ne l’empêchèrent d’éprouver une sorte de pressentiment de ce qui allait se passer, et, quoiqu’elle ne le sût pas certainement, elle demeura tout le temps de la cérémonie dans l’angoisse et la douleur. Le secret qu’on avait gardé n’empêcha pas le peuple de se porter en foule à sa rencontre dans les rues de Paris, montrant, par des expressions à la fois de joie et de douleur, l’affliction que causait sa mort et la satisfaction de conserver ces précieuses reliques. Lorsqu’on fut arrivé au couvent, le docteur Ingleton, aumônier de la reine, remit son corps au [p. 465] prieur, et prononça un discours latin élégamment écrit, ainsi qu’il l’avait fait en déposant son cœur à Chaillot. Le corps fut placé dans une des chapelles latérales de l’église pour y demeurer jusqu’à ce qu’il plaise à Dieu de disposer les Anglais à réparer en quelque sorte leurs torts envers lui durant sa vie par les honneurs qu’ils jugeront à propos de lui rendre après sa mort. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21787_actor">Jacques II </persname>
            <corpname role="Producteur" id="atom_21788_actor">Administration du roi d'Angleterre à Saint-Germain-en-Laye </corpname>
            <persname role="subject">Henriette Marie de France</persname>
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            <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
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            <p>Jacques II Stuart, Mémoires de Jacques II, Paris, Béchet ainé, 1824-1825.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires de Saint-Simon</unittitle>
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            <p>« [t. 2, p. 37] [1697] La premiere nouvelle qu’on eut de sa signature fut par un aide de camp du marechal de Boufflers qui arriva le dimanche 22 septembre à Fontainebleau, depeché par le marechal, sur ce que l’electeur de Baviere lui avoit mandé que la paix avoit eté signée à Ryswick le vendredi precedent à minuit. […] Le roi et la reine d’Angleterre etoient à Fontainebleau, à qui la reconnoissance du prince d’Orange fut bien amere, [p. 38] mais ils en connoissoient bien la necessité pour avoir la paix, et savoient bien aussi que cet article ne l’etoit guere moins au Roi qu’à eux-mêmes, dont j’expliquerai tout presentement la raison. Ils se consolerent comme ils purent, et parurent meme fort obligés au Roi, qui tint egalement ferme à ne vouloir pas souffrir qu’ils sortissent de France, ni qu’ils quittassent le sejour de Saint Germain. Ces deux points avoient eté vivement demandés, le dernier surtout dans l’impossibilité d’obtenir l’autre, tant à Ryswick que dans les conferences par Portland. Le Roi eut l’attention de dire à Torcy, sur le point de la signature, que si le courrier qui en apporteroit la nouvelle arrivoit, un ou plusieurs, l’un apres l’autre, il ne lui vint point dire s’il etoit alors avec le roi et la reine d’Angleterre, et il defendit aux musiciens de chantier rien qui eut rapport à la paix jusqu’au depart de la cour d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 93] [1698] Le roi d’Angleterre etoit au comble de satisfaction de se voir enfin reconnu par le Roi, et paisible sur ce trone ; mais un usurpateur n’est jamais tranquille et content. Il etoit blessé du sejour du roi legitime et de sa famille à Saint Germain. C’etoit trop à portée du Roi et trop pres d’Angleterre [p. 94] pour le laisser sans inquietude. Il avoit fait tous ses efforts, tant à Ryswick que dans les conferences de Portland et du marechal de Boufflers, pour obtenir leur sortie du royaume, tout au moins leur eloignement de la Cour. Il avoit trouvé le Roi inflexible ; il voulut essayer tout, et voir si, n’en faisant plus une condition, puisqu’il avoit passé carriere, et comblant le Roi de prevenances et de respects, il ne pourroit pas obtenir ce fruit par ces souplesses. Dans cette vue, il envoya le duc de Saint Albans, chevalier de la Jarretiere, complimenter le Roi sur le mariage de monseigneur le duc de Bourgogne. Il ne pouvoit choisir un homme plus marqué pour une simple commission ; on fut surpris meme qu’il l’eut acceptée. Il etoit batard de Charles II, frere ainé du roi Jacques II, et c’etoit bien encore là une raison pour Saint Albans de s’en excuser. Il voulut meme pretendre quelques distinctions, mais on tint poliment ferme à ne le traiter que comme un simple envoyé d’Angleterre. Les ducs de ce pays là n’ont aucun rang ici, non plus que ceux d’ici en Angleterre. Le Roi avoit fait la duchesse de Portsmouth et le duc de Richemont, son fils, duc et duchesse à brevet, et accordé un tabouret de grace en passant à la duchesse de Cleveland, maitresse de Charles II, son ami. […]<lb/>[p. 95] Des la premiere fois qu’il vit Torcy avant d’aller à Versailles, il lui parla du renvoi, à tout le moins de l’eloignement du roi Jacques et de sa famille. Torcy sagement n’en fit point à deux fois, et lui barra tout de suite la veine. Il lui repondit que ce point, tant de fois proposé dans ses conferences avec le marechal de Boufflers, et sous tant de diverses [p. 96] formes debattu à Ryswick, avoit eté constamment et nettement rejeté partout, que c’etoit une chose reglée et entierement finie, qu’il savoit que le Roi, non seulement ne se laisseroit jamais entamer là-dessus le moins du monde, mais qu’il seroit extremement blessé d’en ouir parler davantage, qu’il pouvoit l’assurer de la disposition du Roi à correspondre en tout, avec toutes sortes de soins, à la liaison qui se formoit entre lui et le roi d’Angleterre, et personnellement à le traiter lui avec toutes sortes de distinctions ; qu’un mot dit par lui sur Saint Germain seroit capable de gater de si utiles dispositions, et de rendre son ambassade triste et languissante ; et que, s’il etoit capable de lui donner un conseil, c’etoit celui de ne rien gater, et de ne pas dire un seul mot au Roi, ni davantage à aucun de ses ministres, sur un point convenu, et sur lequel le Roi avoit pris son parti. Portland le crut, et s’en trouva bien ; mais on verra bientôt que ce ne fut pas sans depit, et le Roi approuva extremement que Torcy lui eut des l’abord fermé la bouche sur cet article. On prit un grand soin de faire en sorte qu’aucun Anglois de Saint Germain ne se trouvat à Versailles ni à Paris, à aucune portée de ceux de l’ambassadeur, et cela fut tres exactement executé. […] [p. 98] Mais parmi tant de fleurs, il ne laissa pas d’essuyer quelques epines, et de sentir la presence du legitime roi d’Angleterre en France. Il etoit allé une autre fois à Meudon pour suivre Monseigneur à la chasse. On alloit partir et Portland se bottoit, lorsque Monseigneur fut averti que le roi d’Angleterre se trouveroit au rendez vous. A l’instant il le manda à Portland, et qu’il le prioit de remettre à une autre fois. Il fallut se debotter et revenir tout de suite à Paris. […] [p. 98] Il etoit grand chasseur. Soit envie de voir faire la meute du Roi, soit surprise de ne recevoir aucune civilité du duc de La Rochefoucauld que la simple reverence lorsqu’ils se rencontroient, il dit et repeta souvent qu’il mouroit d’envie de chasser avec les chiens du Roi. Il le dit tant et devant tant de gens qu’il jugea impossible que cela ne fut revenu à M. de La Rochefoucauld, et cependant sans aucune suite. Lassé de cette obscurité, il la voulut percer, et au sortir d’un lever du Roi aborda franchement le grand veneur, et lui dit son desir. L’autre ne s’en embarrassa point. Il lui repondit assez sechement qu’à la verité il avoit l’honneur d’etre grand veneur, mais qu’il ne disposoit point des chasses, que c’etoit le roi d’Angleterre dont il prenoit les ordre, qu’il y venoit tres souvent mais qu’il ne savoit jamais qu’au moment de partir quand il ne venoit pas au rendez vous, et tout de suite la reverence, et laissa là Portland dans un grand depit, et toutefois sans se pouvoir plaindre. M. de La Rochefoucauld fut le seul grand seigneur distingué de la Cour qui n’approcha jamais Portland. Ce qu’il lui repondit etoit pure generosité pour le roi d’Angleterre. Ce prince, à la verité, disposoit quand il vouloit de la meute du Roi, mais il y avoit bien des temps qu’il ne chassoit point, et jamais à toutes les chasses. Il ne tenoit donc qu’à M. de La Rochefoucauld d’en donner à Portland tant qu’il auroit voulu, à [p. 99] coup sur, mais piqué de la prostitution publique à la vue de la Cour de Saint Germain, il ne put se refuser cette mortification au triomphant ambassadeur de l’usurpateur qui avoit attaché à son char jusqu’à M. de Lauzun, malgré ses engagements et son attachement au roi et à la reine d’Angleterre, et sans y pouvoir gagner que de la honte, pour suivre la mode et faire sa cour au Roi.<lb/>Enfin, Portland, comblé en toutes les manieres possibles, se resolut au depart. […] Sur son depart de Paris, il avoit affecté de repandre que tant que le roi Jacques seroit à Saint Germain, la reine d’Angleterre ne seroit point payée du douaire qui lui avoit eté accordé à la paix, et il tint parole.<lb/>[…]<lb/>[p. 416] [1700] L’archevêque de Reims présida l’assemblée du clergé qui se tient de cinq ans en cinq ans. […] [p. 417] Cette assemblée se tint à Saint Germain quoique le roi d’Angleterre occupat le château. M. de Reims y tenoit une grande table et avoit du vin de Champagne qu’on vanta fort. Le roi d’Angleterre, qui n’en buvoit guere d’autre, en entendit parler et en envoya demander à l’archeveque, qui lui envoya six bouteilles. Quelque temps apres, le roi d’Angleterre, qui l’en avoit remercié, et qui avoit trouvé ce vin fort bon, l’envoya prier de lui en envoyer encore. L’archeveque, plus avare encore de son vin que de son argent, lui manda tout net que son vin n’etoit point fou et ne couroit point les rues, et ne lui en envoya point. Quelque accoutumé qu’on fut aux brusqueries de l’archeveque, celle ci parut si etrange qu’il en fut beaucoup parlé, mais il n’en fut autre chose.<lb/>[…]<lb/>[t. 3, p. 37] [1700] Aussitôt après la déclaration [de l’acceptation du testament du roi d’Espagne], le Roi la manda par le premier ecuyer 	au roi et à la reine d’Espagne. […] Depuis cette declaration, le roi d’Espagne fut traité comme le roi d’Angleterre. Il avoit à souper un fauteuil et son cadenas à la droite du roi, Monseigneur et le reste de la famille royale des ployants au bout, et au retour de la table à l’ordinaire, pour boire, une soucoupe et un verre couvert, et l’essai comme pour le Roi. Ils ne se voyoient en public qu’à la chapelle, et pour y aller et en revenir, et à souper, au sortir duquel le Roi le conduisoit jusqu’à la porte de la galerie. Il vit le roi et la reine d’Angleterre à Versailles et à Saint Germain, et ils se traiterent comme le roi et le roi d’Angleterre en tout, mais les trois rois ne se trouverent jamais nulle part tous trois ensemble.<lb/>[…]<lb/>[p. 328] [1701] Le voyage du roi d’Angleterre lui avoit peu reussi, et il ne traina depuis qu’une vie languissante. Depusi la mi aout, elle s’affoiblit de plus en plus, et, vers le 8 septembre, il tomba dans un etat de paralysie et d’autres maux à n’en laisser rien esperer. Le Roi, madame de Maintenon, toutes les personnes royales le visiterent souvent. Il reçut les derniers sacrements avec une pieté qui repondit à l’edification de sa vie, et on n’attendoit plus que sa mort à tous les instants. Dans cette conjoncture, le Roi prit une resolution plus digne de la generosité de Louis XII et de François Ier que de sa sagesse. Il alla de Marly, où il etoit, à Saint Germain, le mardi 13 septembre. Le roi d’Angleterre etoit si mal que, lorsqu’on lui annonça le Roi, à peine ouvrit il les yeux un moment. Le Roi lui dit qu’il etoit venu l’assurer qu’il [p. 329] pouvoit mourir en repos sur le prince de Galles, et qu’il le reconnoitroit roi d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande. Le peu d’Anglois qui se trouverent presents se jeterent à ses genoux, mais le roi d’Angleterre ne donna pas signe de vie. Aussitôt après, le Roi passez chez la reine d’Angleterre, à qui il donna la meme assurance. Ils envoyerent chercher le prince de Galles, à qui ils le dirent. On peut juger de la reconnoissance et des expressions de la mere et du fils. Revenu à Marly, le Roi declara à toute la Cour ce qu’il venoit de faire. Ce ne fut qu’applaudissement et que louanges. […]<lb/>[p. 330] Le roi d’Angleterre, dans le peu d’intervalles qu’il eut, parut fort sensible à ce que le Roi venoit de faire. Il lui avoit fait promettre de ne pas souffrir qu’il lui fut fait la moindre ceremonie apres sa mort, qui arriva sur les trois heures apres midi du 16 septembre de cette année 1701.<lb/>M. le prince de Conti s’etoit tenu tous ces derniers jours à Saint Germain sans en partie, parce que la reine d’Angleterre et lui etoient enfants des deux sœurs Martinozzi, desquelles la mere etoit sœur du cardinal Mazarin. Le nonce du pape s’y etoit pareillement tenu, par l’ordre anticipé duquel il reconnut et salua le prince de Galles comme roi d’Angleterre. Le soir du meme jour, la reine d’Angleterre s’en alla aux Filles de Sainte Marie de Chaillot, qu’elle aimait fort, et lendemain samedi, sur les sept heures du soir, le corps du roi d’Angleterre, fort legerement accompagné, et suivi de quelques carrosses remplis des principaux Anglois de Saint Germain, fut conduit aux Benedictins anglois à Paris, rue Saint Jacques, où il fut mis en depot dans une chapelle comme le plus simple particulier, jusqu’aux temps, apparemment du moins, fort éloignés qu’il puisse etre transporté [p. 331] en Angleterre ; et son cœur aux Filles de Sainte Marie de Chaillot.<lb/>Ce prince a eté si connu dans le monde duc d’York et roi d’Angleterre, que je me dispenserai d’en parler ici. Il s’etoit fort distingué par sa valeur et par sa bonté, beaucoup plus par la magnanimité constante avec laquelle il a supporté tous ses malheurs, enfin par une sainteté eminente.<lb/>Le mardi 20 septembre, le Roi alla à Saint Germain, et fut reçu et conduit par le nouveau roi d’Angleterre comme il l’avoit eté par le roi son pere la premiere fois qu’ils se virent ; il demeura peu chez lui, et passez chez la reine d’Angleterre. Le roi son fils etoit en grand manteau violet ; pour elle, elle n’etoit point en mante, et ne voulut point de ceremonie. toute la maison royale et toutes les princesses du sang vinrent en robe de chambre faire leur visite pendant que le Roi y etoit, qui y resta le dernier, et qui demeura toujours debout. Le lendemain mercredi, le roi d’Angleterre, en grand manteau violet, vint voir le roi à Versailles, qui le reçut et le conduisit comme il avoit fait la premiere fois le roi son pere au haut du degré, comme lui meme en avoit eté reçu et conduit.<lb/>[…]<lb/>[t. 4, p. 116] [1703] La reine d’Angleterre, fort incommodée d’une glande au sein, dont elle guerit à la longue par un regime tres severe, [p. 117] eut une nouvelle affliction : elle perdit la comtesse Dalmont, Italienne et Montecuculli, qu’elle avoit amenée et mariée en Angleterre, qui ne l’avoit jamais quittée, et pour qui elle avoit eu la plus grande amitié et la plus grande confiance toute sa vie. C’etoit une grande femme, tres bien faite et de beaucoup d’esprit, dont notre cour s’accommodoit extremement. La reine d’aimoit tant, qu’elle lui avoit fait donner un tabouret de grace, comme je crois l’avoir dejà remarqué ailleurs.<lb/>[…]<lb/>[t. 5, p. 397] [1707] [Le duc d’Orléans] n’ignoroit pas que le premier Fils de France qui ait eu un fauteuil devant une tete couronnée a eté Gaston, qui, etant lieutenant general de l’Etat dans la minorité de Louis XIV, profita de l’indigence, des malheurs et des besoins de la reine d’Angleterre sa sœur pour ses enfants et pour elle meme, refugiés en France apres l’etrange catastrophe du roi Charles Ier, son mari, dont l’exemple et une raison semblable valut le fateuil à Monsieur et à Madame, pere et mere de M. le duc d’Orleans, [de la part] du roi Jacques II et de la reine sa femme, refugiés pareillement en France en 1688 par l’invasion et l’usurpation du prince d’Orange, depuis dit le roi Guillaume III. Mais il savoit aussi que lui meme ne l’avoit pu obtenir. On lui avoit seulement souffert, à madame la duchesse d’Orleans, à Mademoiselle, sa sœur, depuis duchesse de Lorraine, et aux trois filles de Gaston, de ne voir le roi et la reine d’Angleterre qu’avec Monseigneur, Monsieur ou Madame, devant qui ils ne pretendoient qu’un tabouret ; et comme tout s’etend en France sans autre droit que de l’oser, les deux autres filles du Roi, toujours blessées du rang si superieur au leur de leur sœur cadette, se mirent sur le meme pied de ne voir la cour d’Angleterre qu’avec des Fils ou des Filles de France ; puis d’elles, qui etoient princesses du sang par leurs maris, les autres princesses du sang en ont toujours usé de meme. Le Roi le souffroit, et le roi et la reine d’Angleterre n’etoient pas en situation de s’en plaindre.<lb/>[…]<lb/>[t. 6, p. 191] [1708] On eut grand soin qu’il ne parut aucun mouvement à Saint Germain. On couvrit le peu d’equipages qu’on tint prets au roi d’Angleterre d’un voyage à Anet pour des parties de chasse. Il ne devoit etre suivi, comme en effet il le fut, que du duc de Perth qui avoit eté son gouverneur, de Scheldon qui avoit été son sous gouverneur, des deux Hamilton, de Middleton, et de fort peu d’autres.<lb/>Perth etoit Ecossois ; il avoit eté longtemps chancelier d’Ecosse, qui est la premiere dignité et la plus autorisée du pays, et qui est aussi militaire, toujours remplie par les premiers seigneurs. Ses gendres, ses neveux, ses plus proches y occupoient encore les premiers emplois, y avoient le principal credit, et etoient tous dans le secret et les plus ardents promoteurs de l’entreprise. Le sous gouverneur etoit un des plus beaux, des meilleurs et des plus etendus esprits de toute l’Angleterre, brave, pieux, sage, savant, excellent officier, et d’une fidelité à toute epreuve. Les Hamilton etoient freres de la comtesse de Grammont, des premiers seigneurs d’Ecosse, braves et pleins d’esprit, fideles. Ceux là, par leur sœur, etoient fort melés à la meilleure compagnie de notre Cour ; ils etoient pauvres et avoient leur bon coin de singularité. Middleton etoit le seul secretaire d’Etat, parce qu’il avoit coulé à fond le duc de Melford, frere du duc de Perth, qui etoit l’autre, qui n’en avoit plus que le nom depuis les exils où fort injustement, à ce que les Anglois de Saint Germain pretendoient, Middleton l’avoit fait chasse. Il n’habitoit meme plus Saint Germain. La femme de Middleton etoit gouvernante de la princesse d’Angleterre, et avoit toute la confiance de la reine. C’etoit une grande femme, bien faite, maigre, à mine devote [p. 192] et austere. Elle et son mari avoient de l’esprit et de l’intrigue comme deux demons ; et Middleton, par etre de fort bonne compagnie, voyoit familierement la meilleure de Versailles. Sa femme etoit catholique, lui protestant, tous deux de fort peu de chose, et les seuls de tout ce qui etoit à Saint Germain qui touchassent tous leurs revenus d’Angleterre. Le feu roi Jacques, en mourant, l’avoit fort exhorté à se faire catholique. C’etoit un athée de profession et d’effet, s’il peut y en avoir, au moins un franc deiste ; il s’en cachoit meme fort peu. Quelques mois apres la mort de Jacques, il fut un matin trouver la reine, et comme eperdu lui declara avec grande effusion de cœur qu’il devoit son salut à ses prieres, et protesta qu’il etoit catholique. La reine fut assez credule pour s’abandonner au transport de sa joie, Middleton fit une retraite qu’il termina par une abjuration, se mit dans la grande devotion, et à frequenter les sacrements. La confiance de la reine en luit n’eut plus de bornes ; il gouverna tout à Saint Germain. La Jarretiere lui fut offerte qu’il refusa par modestie, mais pour tout cela ses revenus d’Angleterre ne lui etoient pas moins fidelement remis. Plus d’une fois le projet d’Ecosse, proposé d’abord à Saint Germain, avoit eté rejeté par lui, et meprisé par la reine qu’il gouvernoit. Quand il se vit pleinement ancré, il quitta peu à peu la devotion, et peu à peu reprit son premier genre d vie sans que son credit en reçut de diminution. Cette fois, comme les precedentes, il fut de tout le secret ; mais comme notre Cour y entroit avec efficace, il n’osa le contredire, mais il s’y rendit mollement. Tel fut le seul et veritable mentor que la reine donna au roi son fils pour l’expedition d’Ecosse.<lb/>[…]<lb/>[p. 218] On etoit lors dans la plus grande inquietude de l’entreprise [p. 219] d’Ecosse, et le roi d’Angleterre arriva à Saint Germain le meme soir que Chamillart revint à Marly de Flandres [20 avril].<lb/>[…]<lb/>[p. 233] [30 avril] Le roi déclara les généraux de ses armées. […] Le roi déclara en meme temps que M. le duc de Berry, mais comme volontaire seulement, accompagneroit monseigneur son frere, et les trois seuls hommes de leur suite que j’ai dits. Il declara aussi que le roi d’Angleterre feroit la campagne en Flandre, mais dans un entier incognito, sous le nom de chevalier de Saint Georges.<lb/>[…]<lb/>[p. 435] Vienne, piquée d’avoir succombé, en voulut tirer une réparation tout à fait en la disposition du pape, et lui demanda un chapeau pour le prince de Lorraine. Le pape, qui en etoit avare, et qui craignoit d’accoutumer l’empereur à prescrire, differa tant qu’il put, et l’habile abbé de Polignac saisit la conjoncture pour se faire un asile peu honorable, et d’une planche, apres tant de naufrages, une route pour arriver à la pourpre. […] [p. 436] Le pape desiroit fort, sur l’exemple de La Tremoille, faire passer Polignac aux deux couronnes ensemble, pour compensation du prince de Lorraine. Mais la dexterité de l’abbé, ni le credit de ses amis, ne purent faire gouter cet expedient au Roi ; et l’empereur, enflé des prosperités de sa si grande alliance, declara nettement que, si le pape faisoit un sujet pour les deux couronnes avec le prince de Lorraine, il pretendoit avoir en meme temps un autre chapeau au nom de l’archiduc, comme roi d’Espagne. Cette pretention etoit absurde. L’archiduc n’etoit point roi d’Espagne, à Rome moins que partout ailleurs, où Philippe V etoit seul reconnu, avoit un legat à Naples, tenoit actuellement un ambassadeur à Rome, qui etoit le duc d’Uzeda, et avoit un nonce à Madrid. L’empereur d’ailleurs ne pouvoit contester au Roi un droit egal au sien, et il n’avoit pas le moindre pretexte de plainte que l’abbé de Polignac passat pour la France avec le prince de Lorraine pour lui, c’etoit le roi d’Espagne seul qui en auroit eté laissé. A cette difficulté, il s’en joignit une autre dans notre Cour. Madame de Lorraine, qui, pour etre depuis longtemps mourante et alors fort pres de sa fin, n’en etoit pas moins attentive à l’elevation des siens et à l’etablissement de ses enfants, fut bientôt informée de ce qui se passoit la dessus. Elle sentit combien une promotion de traverse eloigneroit celle des couronnes. Elle ecrivit donc au Roi, et lui demanda d’insister à ce que le prince de Lorraine passat comme couronne pour l’empereur. Le Roi n’eut garde de lui refuser cette complaisance, mais elle ne fit qu’augmenter la difficulté. […] [p. 437] Mais cependant l’abbé de Polignac prit un autre four. Il avoit toujours menagé la Cour de Saint Germain, en France et à Rome ; il se tourna vers elle pour avoir sa nomination. Cette marque de royauté etoit comme la seule qui restat au malheureux roi d’Angleterre, et Rome n’en pouvoit pas faire de difficulté à un prince qui perdoit tout pour la religion, qui n’avoit d’asile que Rome, et qui y etoit traité en roi. Avec toutes ces raisons, ce prince crut en avoir de bonnes raisons d’introduire l’exercice de ce droit par un sujet agreable au pape et protegé par la France. Torcy, qui, dans l’affaire de la nomination de Pologne, n’avoit pas voulu decider entre ses deux amis, et avoit remis le choix au Roi, sans porter l’un plus que l’autre, fut ravi d’une occasion de revenir sur l’abbé de Polignac, et le servit de toutes ses forces. Il obtint donc en ce temps ci la nomination du roi d’Angleterre pour la promotion des couronnes, et le pape, qui ne demandoit qu’un pretexte de le faire cardinal, l’agrea avec plaisir.<lb/>[…]<lb/>[t. 7, p. 16] Ce lendemain mardi 11 [décembre], le roi d’Angleterre arriva à Saint Germain, et vint voir le Roi le mercredi avec la reine sa mere.<lb/>[…]<lb/>[p. 18] Ce pauvre prince vivoit son incognito avec le meme respect avec les deux princes que s’il n’eut eté qu’un mediocre particulier. Eux aussi en abusoient avec la derniere indecence, sans la moindre des attentions que ce qu’il etoit exigé d’eux, à travers tous les voiles, jusqu’à le laisser tres ordinairement attendre parmi la foule dans les antichambres, et ne lui parloient presque point. Le scandale en fut d’autant plus grand qu’il dura toute la campagne, et que le chevalier de Saint Georges s’y etoit concilié l’estime et l’affection de toute l’armée par ses manieres et par toute sa conduite. Vers les derniers temps de la campagne, Gamaches, poussé à bout d’un procedé si constant, s’adressant aux deux princes devant tout le monde : « Est ce une gageure ? leur demanda t il tout à coup ; parlez franchement ; si c’en est une, vous l’avez gagnée, il n’y a rien à dire ; mais au moins, après cela, parlez un peu à M. le chevalier de Saint Georges, et le traitez un peu plus honnetement. » Toutes ces saillies eussent eté bonnes tete à tete, et fort à propos, mais en public, ce zele et ces verités [p. 19] n’en pouvoient couvrir l’indiscretion. On etoit accoutumé aux siennes, elles ne furent pas mal prises, mais elles ne servirent de rien.<lb/>[…]<lb/>[t. 9, p. 178] [1711] Le lendemain, mardi 21 avril, M. [le Dauphin] et madame la Dauphine, M. [le duc] et madame la duchesse de Berry, Madame, M. [le duc] et madame la duchesse d’Orleans allerent, l’apres dinée, en meme carrosse, à Saint Germain, tous en mante et en grand manteau. Ils allerent droit chez le roi d’Angleterre, où ils ne s’assirent point, ensuite chez la reine, où ils s’assirent dans six fauteuils, M. [le duc] et madame la duchesse d’Orleans et M. du Maine sur un ployant [p 179] chacun. Il etoit allé les y attendre pour jouir de cet honneur, et s’y egaler à un Petit Fils de France. La reine fit des excuses de n’etre pas en mante pour les recevoir, c’est à dire en petit voile, parce que, au moins en France, les veuves ne portent de mante en nulle occasion ; elle ajouta que le Roi le lui avoit defendu. Cette excuse fut le comble de la politesse. Le Roi, tres attentif à ne faire sentir à la reine d’Angleterre rien de sa triste situation, n’avoit garde de souffrir qu’elle prit une mante, ni le roi d’Angleterre un grand manteau, pour recevoir le grand deuil de ceremonie d’un Dauphin et qui n’etoit pas roi. En se levant, ils voulurent aller chez la princesse d’Angleterre, mais la reine les arreta et l’envoya chercher. Elle se contenta que la visite fut marquée. On ne se rassit point. La princesse, qui à cause de la reine sa mere etoit sans mante, ne pouvoit avoir de fauteuil devant elle, ni les Fils et Filles de France sans fauteuil devant la reine dans le sien, ni garder le leur en presence de la princesse d’Angleterre sur un ployant. La visite finit de la sorte. De toute la Cour de Saint Germain, aucune dame ne parut en mante, ni aucun homme en manteau long que le seul duc de Berwick, à cause de ses dignités françoises.<lb/>[…]<lb/>[p. 313] Le roi d’Angleterre partit, en ce meme temps, pour aller voyager par le royaume, ennuyé apparemment de ses tristes campagnes incognito, et plus encore de demeurer à Saint Germain pendant la guerre. On soupçonna du mystere en ce voyage, sans qu’il n’y en eut aucun. Il alla avec une petite suite d’abord à Dijon, puis en France Comté, en Alsace, et voir l’armée d’Allemagne ; de là par Lyon en Dauphiné, à l’armée du duc de Berwick, voir les ports de Provence, et revenir par le Languedoc et la Guyenne.<lb/>[…]<lb/>[t. 10, p. 16] Le roi Jacques revint aussi à Saint Germain, apres avoir employé tout l’eté à voir les principales provinces du royaume, quelques unes de nos armées et plusieurs de nos ports.<lb/>[…]<lb/>[t. 11, p. 32] [1714] M. de Lauzun fut arreté en decembre 1671, à Saint Germain, dans sa chambre, un soir qu’il revenoit de Paris rapporter des pierreries à madame de Montespan qui l’en avoit chargé. Il etoit capitaine des gardes, et fut arreté par le marquis de Rochefort, depuis marechal de France, qui l’etoit aussi, car un capitaine des gardes ne peut etre arreté [p. 3] que par un autre capitaine des gardes.<lb/>[…]<lb/>[p. 43] La reine d’Angleterre tomba malade à Saint Germain, et reçut tous les sacrements. Les medecins la condamnoient, et elle en etoit contente ; la vie n’avoit rien qui put l’attacher depuis bien des années, et elle faisoit le plus saint usage de ses malheurs. Le Roi lui rendit de grands soins pendant cette maladie, et madame de Maintenon aussi.<lb/>Le duc de Melford mourut à Saint Germain. Il avoit la Jarretiere, avoit eté secretaire d’Etat d’Ecosse, et etoit frere du duc de Perth, aussi chevalier de la Jarretiere. Il avoit essuyé des soupçons et des exils. On a vu que le feu roi Jacques avoit cru en mourant qu’ils avoient eté mal fondés, et qu’en reparation il l’avoit fait duc. Tout le monde à Saint Germain et à Versailles n’en fut pas aussi persuadé que ce prince.<lb/>[…]<lb/>[p. 174] Le lendemain lundi 28 [août 1714], la reine d’Angleterre vint de Chaillot, où elle etoit presque toujours, avec madame de Maintenon. Le Roi fut l’y trouver. Dès qu’il l’aperçut : « Madame, lui dit il en homme plein et faché, j’ai fait mon testament, on m’a tourmenté pour le faire ».<lb/>[…]<lb/>[t. 12, p. 57] [1715] Le Roi partit le mardi 12 juin pour Marly : ce fut son dernier voyage ; et la reine d’Angleterre partit le lendemain en litiere pour aller prendre les eaux de Plombieres, plus encore pour voir le roi son fils.<lb/>[…]<lb/>[p. 66] Nesmond, eveque de Bayeux, mourut aussi doyen de l’episcopat de France, à quatre vingt six ans. […] [p. 67] Tant que le roi Jacques vecut en France, il lui donnoit tous les ans dix mille ecus, et jamais on ne l’a su qu’apres la mort de l’eveque.<lb/>[…]<lb/>[p. 452] Plusieurs choses contribuerent à tirer pour toujours la Cour hors de Paris, et à la tenir sans interruption à la campagne. Les troubles de la minorité, dont cette ville fut le grand theatre, en avoient imprimé au roi l’aversion, et la persuasion encore que son sejour y etoit dangereux, et que la residence de la Cour ailleurs rendroit à Paris les cabales moins aisées par la distance des lieux, quelque peu eloignés [p. 453] qu’ils fussent, et en meme temps plus difficiles à cacher par les absences si aisées à remarquer. Il ne pouvoit pardonner à Paris sa sortie fugitive de cette ville la veille des Rois (1649), ni de l’avoir rendue, malgré lui, temoin de ses larmes, à la premiere retraite de madame de La Valliere. L’embarras des maitresses, et le danger de pousser de grands scandales au milieu d’une capitale si peuplée, et si remplie de tant de differents esprits, n’eut pas peu de part à l’en eloigner. Il s’y trouvoit importuné de la foule du peuple à chaque fois qu’il sortoit, qu’il rentroit, qu’il paroissoit dans les rues ; il ne l’etoit pas moins d’une autre sorte de foule de gens de la ville, et qui n’etoit pas pour aller assidument plus loin. Des inquietudes aussi, qui ne furent pas plutôt apercues que les plus familiers de ceux qui etoient commis à sa garde, le vieux Noailles, M. de Lauzun et quelques subalternes, firent leur cour de leur vigilance, et furent accusés de multiplier expres de faux avis qu’ils se faisoient donner, pour avoir occasion de se faire valoir et d’avoir plus souvent des particuliers avec le Roi ; le gout de la promenade et de la chasse, bien plus commodes à la campagne qu’à Paris, eloigné des forets et sterile en lieux de promenades ; celui des batiments qui vint apres, et peu à peu toujours croissant, ne lui en permettoit pas l’amusement dans une ville où il n’auroit pu eviter d’y etre continuellement en spectacle ; enfin l’idée de se rendre plus venerable en se derobant aux yeux de la multitude, et à l’habitude d’en etre vu tous les jours, toutes ces considerations fixerent le Roi à Saint Germain bientôt apres la mort de la Reine sa mere.<lb/>Ce fut là où il commença à attirer le monde par les fetes et les galanteries, et à faire sentir qu’il vouloit etre vu souvent.<lb/>L’amour de madame de La Valliere, qui fut d’abord un mystere, donna lieu à de frequentes promenades à Versailles, petit chateau de cartes alors, bati par Louis XIII ennuyé, et [p. 454] sa suite encore plus, d’y avoir souvent couché dans un mechant cabaret à rouliers et dans un moulin à vent, excedés de ses longues chasses dans la foret de Saint Leger et plus loin encore, loin alors de ces temps reservés à son fils où les routes, la vitesse des chiens et le nombre gagé des piqueurs et des chasseurs à cheval a rendu les chasses si aisées et si courtes. Ce monarque ne couchoit jamais ou bien rarement à Versailles qu’une nuit, et par necessité ; le Roi son fils, pour etre plus en particulier avec sa maitresse, plaisirs inconnus au Juste, au heros, digne fils de saint Louis, qui batit ce petit Versailles.<lb/>Ces petites parties de Louis XIV y firent naitre peu à peu ces batiments immenses qu’il y a faits, et leur commodité pour une nombreuse Cour, si differente des logements de Saint Germain, y transporta tout à fait sa demeure peu de temps avant la mort de la Reine. Il y fit des logements infinis, qu’on lui faisoit sa cour de lui demander, au lieu qu’à Saint Germain, presque tout le monde avoit l’incommodité d’etre à la ville, et le peu qui etoit logé au chateau y etoit etrangement à l’etroit.<lb/>Les fetes frequentes, les promenades particulieres à Versailles, les voyages furent des moyens que le Roi saisit pour distinguer et pour mortifier en nommant les personnes qui à chaque fois en devoient etre, et pour tenir chacun assidu et attentif à lui plaire. Il sentoit qu’il n’avoit pas à beaucoup pres assez de graces à repandre pour faire un effet continuel. Il en substitua donc aux veritables d’ideales, par la jalousie, les petites preferences qui se trouvoient tous les jours, et pour ainsi dire, à tous moments, par son art. Les esperances que ces petites preferences et ces distinctions faisoient naitre, et la consideration qui s’en tiroit, personne ne fut plus ingenieux que lui à inventer sans cesse ces sortes de choses. Marly, dans la suite, lui fut en cela d’un plus grand usage, et Trianon où tout le monde, à la verité, pouvoit lui aller faire sa cour, mais où les dames avoient l’honneur de manger [p. 455] avec lui, et où à chaque repas elles etoient choisies ; le bougeoir qu’il faisoit tenir tous les soirs à son coucher par un courtisan qu’il vouloit distinguer, et toujours entre les plus qualifiés de ceux qui s’y trouvoient, qu’il nommoit tout haut au sortir de sa priere. Les justaucorps à brevet fut une autre de ces inventions. Il etoit doublé de rouge avec les parements et la veste rouge, brodé d’un dessin magnifique or et un peu d’argent, particulier à ces habits. Il n’y en avoit qu’un nombre, dont le Roi, sa famille et les princes du sang etoient ; mais ceux-ci, comme le reste des [p. 456] courtisans, n’en avoient qu’à mesure qu’il en vaquoit. Les plus distingués de la Cour par eux-mêmes ou par la faveur les demandoient au Roi, et c’etoit une grace que d’en obtenir. Le secretaire d’Etat ayant la Maison du Roi en son departement en expedioit lebrevet, et nul d’eux n’etoit à portée d’en avoir. Ils furent imaginés pour ceux, en tres petit nombre, qui avoient la liberté de suivre le Roi aux promenades de Saint Germain à Versailles sans etre nommés, et depuis que cela cessa, ces habits ont cessé aussi de donner aucun privilege, excepté celui d’etre portés quoiqu’on fut en deuil de Cour ou de famille, pourvu que le deuil ne fut pas grand ou qu’il fut sur ces fins, et dans les temps encore où il etoit defendu de porter de l’or et de l’argent.<lb/>[…]<lb/>[p. 465] Rien, jusqu’à lui, n’a jamais approché du nombre et de la magnificence de ses equipages de chasse et de toutes ses autres sortes d’equipages. Ses batiments, qui les pourroit denombrer ? En meme temps, qui n’en deplorera pas l’orgeuil, le caprice, le mauvais gout ? Il abandonna Saint Germain [p. 466] et ne fit jamais à Paris ni ornement ni commodité que le pont Royal, par pure necessité, en quoi, avec son incomparable etendue, elle est si inferieure à tant de villes dans toutes les parties de l’Europe. […]<lb/>Saint Germain, lieu unique pour rassembler les merveilles de la vue, l’immense plain pied d’une foret toute joignante, unique encore par la beauté de ses arbres, de son terrain, de sa situation, l’avantage et la facilité des eaux de source sur cette elevation, les agrements admirables des jardins, des hauteurs et des terrasses, qui les unes sur les autres se pouvoient si aisement conduire dans toute l’etendue qu’on auroit voulu, les charmes et les commodités de la Seine, enfin, une ville toute faite et que sa position entretenoit par elle meme, il l’abandonna pour Versailles, le plus triste et le plus ingrat de tous les lieux, sans vue, sans bois, sans eau, sans terre, parce que tout y est sable mouvant ou marecage, sans air par consequent qui n’y peut etre bon.<lb/>[…]<lb/>[t. 13, p. 37] Reine en particulier, à l’exterieur pour le ton, le siege et la place en presence du roi, de Monseigneur, de Monsieur, de la cour d’Angleterre et de qui que ce fut, [madame de Maintenon] etoit tres simple particuliere au dehors, et toujours aux dernieres places. J’en ai vu les fins aux diners du Roi à Marly, mangeant avec lui et les dames, et à Fontainbleau en grand habit chez la reine d’Angleterre, comme je l’ai remarqué ailleurs, cedant absolument sa place, et se reculant partout pour les femmes titrées, meme pour des femmes de qualité distinguées.<lb/>[…]<lb/>[p. 50] Reine dans le particulier, madame de Maintenon n’etoit jamais que dans un fauteuil, et dans le lieu le plus commode de sa chambre, devant le Roi, devant toute la famille royale, meme devant la reine d’Angleterre. Elle se levoit tout au plus pour Monseigneur et pour Monsieur, parce qu’ils alloient [p. 51] rarement chez elle ; M. le duc d’Orleans, ni aucun prince du sang, jamais que par audiences, et comme jamais ; mais Monseigneur, messeigneurs ses fils, Monsieur et M. le duc de Chartres, toujours en partant pour l’armée, et le soir meme qu’ils en arrivoient, ou, s’il etoit trop tard, de bonne heure le lendemain. Pour aucun autre Fils de France, leurs epouses, ou les batards du Roi, elle ne se levoit point, ni pour personne, sinon un peu pour les personnes ordinaires avec qui elle n’avoit point de familiarité, et qui en obtenoient des audiences ; car modeste et polie, elle l’a toujours affecté à ces egards là.<lb/>[…]<lb/>[p. 101] Il ne se passoit guere quinze jours que le Roi n’allat à Saint Germain, meme apres la mort du roi Jacques II. La cour de Saint Germain venoit aussi à Versailles, mais plus souvent à Marly, et souvent y souper, et nulle fete de ceremonie ou de divertissement qu’elle n’y fut invitée, qu’elle vint et dont elle ne reçut tous les honneurs. Ils etoient reciproquement convenus de se recevoir et se conduire dans le [p. 102] milieu de leur appartement. A Marly, le Roi les recevoit et les conduisoit à la porte du petit salon du coté de la Perspective, et les y voyoit descendre et monter dans leur chaise à porteurs ; à Fontainebleau, tous les voyages, au haut de l’escalier à fer à cheval, depuis que le Roi leur eut accordé de ne les aller plus recevoir et conduire au bout de la foret. Rien n’etoit pareil aux soins, aux egards, à la politesse du Roi pour eux, ni à l’air de majesté et de galanterie avec lequel cela se passoit à chaque fois.<lb/>[…]<lb/>[p. 291] [1715] Le Prétendant partit deguisé de Bar, accompagné de trois ou quatre personnes seulement, vint à Chaillot où M. de Lauzun avoit une ancienne petite maison où il n’alloit jamais, et qu’il avoit gardée par fantaisie, quoiqu’il eut celle de Passy dont il faisoit beaucoup  d’usage. Ce fut où le Pretendant coucha, et où il vit la reine sa mere, qui etoit souvent et longtemps aux Filles de Sainte Marie de Chaillot ; et de là partit pour aller s’embarquer en Bretagne par la route d’Alençon, dans une chaise de poste de Torcy.<lb/>Stairs decouvrit cette marche, et resolut de ne rien oublier pour delivrer son parti de ce reste unique des Stuarts. […] Nonancourt est une espece de petite villette sur ce chemin, à dix neuf lieues de Paris. […] [p. 293] C’etoit la chaise attendue, à qui, et à trois hommes qui l’accompagnoient à cheval, on fit, sans qu’elle sut pourquoi, prendre le petit pas. C’etoit le roi Jacques. Madame Lospital l’aborde, lui dit qu’il est attendu et perdu s’il n’y prend garde, mais qu’il ait à se fier à elle et à la [p. 294] suivre ; et les voilà allés chez l’amie. Là il apprend tout ce qui s’est passé, et on le cache le mieux qu’il est possible. […]<lb/>[p. 295] La reine d’Angleterre fit venir madame Lospital à Saint Germain, la remercia, la caressa comme elle le meritoit, et lui [p. 296] donna son portrait ; ce fut tout : le regent, quoi que ce soit ; et longtemps après, le roi Jacques lui ecrivit et lui envoya aussi son portrait.<lb/>[…]<lb/>[t. 15, p. 233] [1718] On a vu la brouillerie du duc de Noailles et de Law, le replâtrage qui s’y fit, le gré sensible que M. le duc d’Orleans sut au duc de Noailles de sa complaisance et de ses protestations à cet egard, et l’apreté avec laquelle il en sut profiter pour en tirer le gouvernement et la capitainerie de Saint Germain, qu’il avoit toute sa vie muguetée, et que la fortune lui livra precisement dans ce favorable instant par la prompt mort de Mornay sans enfants.<lb/>[…]<lb/>[p. 274] M. de Lorraine alla courre le cerf à Saint Germain avec les chiens du prince Charles. Le duc de Noailles n’eut garde de manquer cette occasion de faire sa cour au régent. Il donna à M. de Lorraine un grand retour de chasse au Val.<lb/>[…]<lb/>[p. 332] La reine d’Angleterre mourut le 7 mai à Saint Germain apres dix ou douze jours de maladie. Sa vie, depuis qu’elle fut en France, à la fin de 1688, n’a eté qu’une suite de malheurs qu’elle a heroiquement portés jusqu’à la fin, dans l’oblation à Dieu, le detachement, la penitence, la priere et les bonnes œuvres continuelles, et toutes les vertus qui consomment les saints. Parmi la plus grande sensibilité naturelle, beaucoup d’esprit et de hauteur naturelle, qu’elle sut captiver etroitement et humilier constamment, avec le plus grand air du monde, le plus majestueux, le plus imposant, avec cela doux et modeste. Sa mort fut aussi sainte qu’avoit eté sa vie. Sur les six cent mille livres que le Roi lui donnoit par an, elle s’epargnoit tout pour faire subsister les pauvres Anglois dont Saint Germain etoit rempli. Son corps fut porté le surlendemain aux Filles de Sainte Marie de [p. 333] Chaillot, où il est demeuré en depot, et où elle se retiroit souvent. La Cour ne prit aucun soin ni part en ses obseques. Le duc de Noailles alla à Saint Germain comme gouverneur du lieu et comme capitaine des gardes, pour ordonner seulement que tout y fut decent. Le deuil ne fut que de trois semaines.<lb/>[…]<lb/>[t. 17, p. 184] [1719] Le samedi au soir 15 avril, veille de la Quasimodo, mourut à Saint Cyr la celebre et fatale madame de Maintenon. […] [p. 185] Elle se retira à Saint Cyr au moment meme de la mort du roi, et eut le bon sens de s’y reputer morte au monde, et de n’avoir jamais mis le pied hors de la cloture de cette maison. […]<lb/>Une fois la semaine, quand la reine d’Angleterre etoit à Saint Germain, [elle] alloit diner avec elle, mais de Chaillot, où elle passoit des temps considerables, elle n’y alloit pas. Elles avoient chacune leur fauteuil égal, vis à vis l’une de l’autre. A l’heure du diner, on mettoit une table entre elles deux, leur couvert, les premiers plats et une cloche. C’etoit les jeunes demoiselles de la chambre qui faisoient tout ce menage, et qui leur servoit à boire, des assiettes et un nouveau service quand la cloche les appeloit ; la reine leur temoignoit toujours quelques bontés. Le repas fini, elles desservoient et otoient tout de la chambre, puis apportoient [p. 186] et rapportoient le café. La reine y passoit deux ou trois heures tete à tete, puis elles s’embrassoient ; madame de Maintenon faisoit trois ou quatre pas en la recevant et en la conduisant ; les demoiselles, qui etoient dans l’antichambre, l’accompagnoient à son carrosse, et l’aimoient fort, parce qu’elle leur etoit fort gracieuse. […]<lb/>[p. 187] Madame de Maintenon, comme à la Cour, se levoit matin et se couchoit de bonne heure. […] Son diner etoit simple, mais delicat et recherché dans sa simplicité, et tres abondant en tout. Le duc de Noailles, apres Mornay et Bloin, ne la laissoient pas manquer de gibier de Saint Germain et de Versailles, ni les Batiments de fruits.<lb/>[…]<lb/>[p. 247] [1719] Peu de jours apres, le duc de Richelieu sortit de la Bastille et alla coucher à Conflans chez le cardinal de Noailles. Il etoit veuf sans enfants de sa niece, mais, par son traité avec l’Espagne, il avoit voulu depouiller le duc de Guiche, autre neveu du cardinal de Noailles, du regiment des gardes, et l’avoir. Il devoit s’en aller à Richelieu ; il obtint d’aller faire une pause à Saint Germain, où il avoit une maison, puis d’y demeurer, apres d’etre à Paris sans voir le Roi ni le regent ; au bout de trois mois il eut permission de les saluer, et tout fut bientôt oublié.<lb/>[…]<lb/>[p. 451] [1720] Le duc de Perth mourut presque en meme temps dans le château de Saint Germain, où il etoit demeuré. C’etoit un seigneur qui avoit quitté de grands etablissements en Ecosse, par fidelité pour le roi Jacques, qui le fit gouverneur du prince de Galles. Sa femme etoit morte à Saint Germain, dame d’honneur de la reine d’Angleterre, dont il etoit grand ecuyer. C’etoit un homme d’honneur et de beaucoup de pieté, qui valoit bien mieux que le duc de Melford son frere. Le roi Jacques les fit ducs tous les deux, le dernier en mourant, comme on l’a vu en son lieu, et leur donna à tous deux la Jarretière.<lb/>[…]<lb/>[p. 473] L’abbé Gautier, dont il est si bien et si souvent parlé dans ce qui a été donné ici, d’après M. de Torcy, sur les negociations de la paix avec la reine Anne, et de celle d’Utrecht, mourut dans un appartement que le feu roi lui avoit donné dans le chateau neuf de Saint Germain, avec des pensions et une abbaye. Il s’y etoit retiré aussitôt apres ces negociations où il avoit eté si heureusement employé, apres en avoir ouvert lui-même le premier chemin, et rentra en home de bien modeste et humble, dans son etat naturel, et y vecut comme s’il ne se fut jamais melé de rien, avec une rare simplicité, et qui a peu d’exemples en des gens de sa sorte, qui, dans le maniement des affaires les plus importances et les plus secretes, dont lui-même avoit donné la premiere clef, sans s’intriguer, s’etoit concilié l’estime et l’affection du roi et de ses ministres, de la reine Anne et des siens, et des plenipotentiaires qui travaillerent à ces deux paix.<lb/>[…]<lb/>[t. 20, p. 39] [1723] Le duc de Lauzun etoit un petit homme, blondasse, bien fait dans sa taille, de physionomie haute, pleine d’esprit, qui imposoit, mais sans agrement dans le visage, à ce que j’ai ouï dire aux gens de son temps. […] Il vint à la Cour sans aucun bien, cadet de Gascogne fort jeune, debarquer de sa province sous le nom de marquis de Puyguilhem. […] [p. 40] Le duc Mazarin, dejà retiré de la Cour, en 1669 voulut se defaire de sa charge de grand maitre de l’artillerie ; Puyguilhem en eut le vent des premiers, il la demanda au Roi qui la lui promit, mais sous le secret pour quelques jours. Le jour venu que le Roi lui avoit dit qu’il le declareroit, Puyguilhem, qui avoit les entrées des premiers gentilshommes de la chambre, qu’on nomme aussi les grandes entrées, alla attendre la sortie du Roi du conseil des finances, dans une piece où personne n’entroit pendant le Conseil, entre celle où toute la Cour attendoit et celle où le Conseil se tenoit. Il y trouva Nyert, premier valet de chambre en quartier, qui lui demanda par quel hasard il y venoit ; Puyguilhem, sur de son affaire, crut se devouer ce premier valet de chambre en lui faisant confidence de ce qui alloit se declarer en sa faveur ; Nyert lui en temoigna sa joie, puis tira sa montre, et vit qu’il avoit encore le temps d’aller executer, disoit il, quelque chose de court et de pressé que le Roi lui avoit ordonné : il monte quatre à quatre un petit degré au haut duquel etoit le bureau où Louvois travailloit toute la journée, car à Saint Germain les logements etoient fort petits et fort rares, et les ministres et presque toute la Cour logeoient chacun chez soi, à la ville. Nyert entre dans le bureau de Louvois, et l’avertit qu’au sortir du conseil des finances, dont Louvois n’etoit point, Puyguilhem alloit etre declaré grand maitre de l’artillerie, et lui conte ce qu’il venoit d’apprendre de lui meme, et où il l’avoit laissé.<lb/>Louvois haissoit Puyguilhem, ami de Colbert, son emule, [p. 41] et il craignoit la faveur et les hauteurs dans une charge qui avoit tant de rapports necessaires avec son departement de la guerre, et de laquelle il envahissoit les fonctions et l’autorité tant qu’il pouvoit, ce qu’il sentoit que Puyguilhem ne seroit ni d’humeur ni de faveur à souffrir. Il embrasse Nyert, le remercie, le renvoie au plus vite, prend quelque papier pour lui servir d’introduction, descend, et trouve Puyguilhem et Nyert dans cette piece ci devant dire. Nyert fait le surpris de voir arriver Louvois, et lui dit que le Conseil n’est pas levé. « N’importe, repondit Louvois, je veux entrer, j’ai quelque chose de pressé à dire au Roi », et tout de suite entre ; le Roi, surpris de le voir, lui demande ce qui l’amene, et lui dit qu’il sait qu’il va declarer Puyguilhem grand maitre de l’artillerie, qu’il l’attend à la sortie du Conseil dans la piece voisine, que Sa Majesté est pleinement maitresse de ses graces et de ses choix, mais qu’il a cru de son service de lui representer l’incompatibilité qu’il est entre Puyguilhem et lui, ses caprices, ses hauteurs ; qu’il voudra tout faire et tout changer dans l’artillerie ; que cette charge a une si necessaire connexion avec le departement de la guerre, qu’il est impossible que le service s’y fasse parmi des entreprises et des fantaisies continuelles, et la mesintelligence declarée entre le grand maitre et le secretaire d’Etat, dont le moindre inconvenient sera d’importuner Sa Majesté tous les jours de leurs querelles et de leurs reciproques pretentions, dont il faudra qu’Elle soit juge à tous moments.<lb/>Le Roi se sentit extremement piqué de voir son secret su à celui à qui principalement il le vouloit cacher, repond à Louvois d’un air fort serieux que cela n’est pas fait encore, le congedie et va se rasseoir au Conseil. Un moment apres qu’il fut levé, le Roi sort pour aller à la messe, voit Puyguilhem et passe sans lui rien dire. Puyguilhem, fort etonné, attend le reste de la journée, et voyant que la declaration [p. 42] promise ne venoit point, en parle au Roi à son petit coucher. Le Roi lui repond que cela ne se peut encore, et qu’il verra : l’ambiguité de la reponse et son ton sec alarment Puyguilhem ; il avoit le vol des dames et le jargon de la galanterie ; il va trouver madame de Montespan, à qui il conte son inquietude, et qu’il conjure de la faire cesser. Elle lui promet merveilles et l’amuse ainsi plusieurs jours.<lb/>Las de tout ce manege et ne pouvant deviner d’où lui vient son mal, il prend une resolution incroyable si elle n’etoit attestée de toute la Cour d’alors. Il couchoit avec une femme de chambre favorite de madame de Montespan, car tout lui etoit bon pour etre averti et protegé, et vient à bout de la plus hasardeuse hardiesse dont on ait jamais ouï parler. Parmi tous ses amours, le Roi ne decoucha jamais d’avec la Reine, souvent tard, sans y manquer, tellement que pour etre plus à son aise, il se mettoit les apres dinées entre deux draps chez ses maitresses. Puyguilhem se fit cacher par cette femme de chambre sous le lit dans lequel le Roi s’alloit mettre avec madame de Montespan, et par leur conversation, y apprit l’obstacle que Louvois avoit mis à sa charge, la colere du Roi de ce que son secret avoit eté eventé, sa resolution de ne lui point donner l’artillerie par ce depit, et pour eviter les querelles et l’importunité continuelle d’avoir à les decider entre Puyguilhem et Louvois. Il y entendit tous les propos qui se tinrent de lui entre le Roi et sa maitresse, et que celle ci, qui lui avoit promis tous ses bons offices, lui en rendit tous les mauvais qu’elle put. Une toux, le moindre mouvement, le plus leger hasard pouvoit deceler ce temeraire, et alors que seroit il devenu ? Ce sont de ces choses dont le recit etouffe et epouvante à la fois.<lb/>Il fut plus heureux que sage, et ne fut point decouvert. Le Roi et sa maitresse sortirent enfin de ce lit ; le Roi se rhabilla et s’en alla chez lui, madame de Montespan se mit à sa toilette pour aller à la repetition d’un ballet où le Roi, la Reine et toute la Cour devoit aller. La femme de chambre tira [p. 43] Puyguilhem de dessous ce lit, qui apparemment n’eut pas un moindre besoin d’aller se rajuster chez lui. De là il s’en vint se coller à la porte de la chambre de madame de Montespan.<lb/>Lorsqu’elle en sortit pour aller à la repetition du ballet, il lui presenta la main, et lui demanda avec un air plein de douceur et de respect, s’il pouvoit se flatter qu’elle eut daigné se souvenir de lui aupres du Roi. Elle l’assura qu’elle n’y avoit pas manqué, et lui composa comme il lui plut tous les services qu’elle venoit de lui rendre. Par ci, par là, il l’interrompit credulement de questions pour la mieux enferrer, puis s’approchant de son oreille, il lui dit qu’elle etoit une menteuse, une friponne, une coquine, une p… à chien, et lui repeta mot pour mot toute la conversation du Roi et d’elle. Madame de Montespan en fut si troublée qu’elle n’eut pas la force de lui repondre en un seul mot, et à peine de gagner le lieu où elle alloit, avec grande difficulté à surmonter et à cacher le tremblement de ses jambes et de tout son corps, en sorte qu’en arrivant dans le lieu de la repetition du ballet, elle s’evanouit. Toute la Cour y etoit déjà. Le Roi tout effrayé vint à elle, on eut de la peine à la faire revenir. Le soir elle conta au Roi ce qui lui etoit arrivé, et ne doutoit pas que ce ne fut le diable qui eut sitot et si precisement informé Puyguilhem de tout ce qu’ils avoient dit de lui dans ce lit. Le Roi fut extremement irrité de toutes les injures que madame de Montespan en avoit essuyées, et fort en peine comme Puyguilhem avoit [pu] etre si exactement et si subitement instruit.<lb/>Puyguilhem, de son coté, etoit furieux de manquer l’artillerie, de sorte que le Roi et lui se trouvoient dans une etrange contrainte ensemble. Cela ne put durer que quelques jours. Puyguilhem, avec ses grandes entrées, epia un tete à tete avec le Roi et le saisit. Il lui parla de l’artillerie et le somma audacieusement de sa parole. Le Roi lui repondit qu’il n’en etoit plus tenu, puisqu’il ne la lui avoit donnée [p. 44] que sous le secret, et qu’il y avoit manquée. La dessus Puyguilhem s’eloigne de quelques pas, tourne le dos au Roi, tire son epée, en casse la lame avec son pied, et s’ecrie en fureur qu’il ne servira plus de sa vie un prince qui manque si vilainement de parole. Le Roi, transporté de colere, fit peut etre dans ce moment la plus belle action de sa vie. Il se tourne à l’instant, ouvre la fenetre, jette sa canne dehors, dit qu’il seroit faché d’avoir frappé un homme de qualité, et sort.<lb/>Le lendemain matin, Puyguilhem, qui n’avoit osé se montrer depuis, fut arreté dans sa chambre et conduit à la Bastille. Il etoit ami intime de Guitry, favori du Roi, pour lequel il avoit créé la charge de grand maitre de la garde robe. Il osa parler au Roi en sa faveur, et tacher de rappeler ce gout infini qu’il avoit pris pour lui. Il reussit à toucher le Roi d’avoir fait tourner la tete à Puyguilhem par le refus d’une assi grande charge, sur laquelle il avoit cru devoir compter sur sa parole, tellement que le Roi voulut reparer ce refus. Il donna l’artillerie au comte du Lude, chevalier de l’ordre en 1661, qu’il aimoit fort par habitude et par la conformité du gout de la galanterie et de la chasse. Il etoit capitaine et gouverneur de Saint Germain, et premier gentilhomme de la chambre. Il le fit duc non verifié ou à brevet en 1675. La duchesse du Lude, dame d’honneur de madame la Dauphine-Savoie, etoit sa seconde femme et veuve sans enfants. Il vendit sa charge de premier gentilhomme de la chambre, pour payer l’artillerie, au duc de Gesvres, qui etoit capitaine des gardes du corps, et le Roi fit offrir cette derniere charge en dedommagement  à Puyguilhem, dans la Bastille. Puyguilhem, voyant cet incroyable et prompt retour du Roi pour lui, reprit assez d’audace por se flatter d’en tirer un plus grand parti, et refusa. Le Roi ne s’en rebuta point. Guitry alla precher son ami dans la Bastille, et obtint à grand peine qu’il auroit la bonté d’accepter l’offre du Roi. Des qu’il eut accepté, il sortit de la Bastille, alla [p. 45] saluer le Roi, et preter serment de sa nouvelle charge, et vendit les dragons. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21799_actor">Saint-Simon, Louis de Rouvroy (duc de) </persname>
            <persname role="subject">Jacques II</persname>
            <name role="subject">Jacques III</name>
            <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <subject>Jacobites</subject>
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            <p>Louis de Rouvroy de Saint-Simon, Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la Régence, éd. Adolphe Chéruel, Paris, Hachette, 1856-1858.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit signalant les places occupées par Louis XIV et ses favorites dans la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <p>Écrivain, chroniqueur et historien de la vie à la cour du roi de France.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« Le Roi vivait avec ses favorites, chacune de son côté, comme dans une famille légitime : la Reine recevait leurs visites ainsi que celles des enfants naturels, comme si c’était pour elle un devoir à remplir, car tout doit marcher suivant la qualité de chacune et la volonté du Roi. Lorsqu’elles assistaient à la messe à Saint-Germain, elles ses plaçaient devant les yeux du Roi, Mme de Montespan avec ses enfants sur la tribune à gauche, vis-à-vis de tout le monde, et l’autre à droite, tandis qu’à Versailles Mme de Montespan était du côté de l’Evangille et Mlle de Fontanges sur des gradins élevés du côté de l’Epître. Elles priaient, le chapelet ou leur livre de messe à la main, levant les yeux en extase, comme des saintes. Enfin, la Cour est la plus belle comédie du monde. »</p>
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            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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            <p>Primi Visconti, Mémoires de Primi Visconti sur la cour de Louis XIV, 1673-181, éd. Jean-François Solnon, Paris, Perrin, 1988, p. 121.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les souvenirs de la comtesse de Caylus</unittitle>
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              <persname id="atom_21815_actor">Le Valois de Villette de Murçay, Marthe-Marguerite</persname>
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            <note>
              <p>Mémorialiste, comtesse de Caylus par son mariage.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 479] Nous arrivames ensemble à Paris, où madame de Maintenon vint aussitôt me chercher et m’emmena seule à Saint Germain. Je pleurai d’abord beaucoup, mais je trouvai le lendemain la messe du Roi si belle que je consentis à me faire catholique, à condition que je l’entendrois tous les jours, et qu’on me garantiroit du fouet. C’est là toute la controverse qu’on employa et la seule abjuration que je fis.<lb/>M. de Cheteau Regnault eut ordre d’envoyer mon frere à la Cour. Il y arriva presque aussitôt que moi et fit une plus longue resistance. Mais enfin il se rendit, on le mit à l’academie et il quitta la marine.<lb/>[…]<lb/>[p. 481] J’arriva à Saint Germain au mois de janvier 1681. La Reine vivoit, monseigneur le Dauphin etoit marié depuis un an, et madame de Maintenon, dans une faveur eclatante, paroissoit aussi bien avec la Reine qu’avec le Roi. Cette princesse attribuoit à la nouvelle favorite les bons procedés que le Roi avoit pour elle depuis quelque temps, et elle la regardoit avec raison sur un pied bien different des autres.<lb/>Mais, avant de parler des choses que j’ai vues, il est bon de raconter celles que j’ai entendu dire.<lb/>J’ai pu voir madame de Fontanges mais, ou je ne l’ai pas vue, ou il ne m’en souvient pas. Je me souviens seulement d’avoir vu pendant quelque temps, à Saint Germain, le Roi passer du chateau vieux au neuf pour l’aller voir tous les soirs : on disoit qu’elle etoit malade, et en effet elle partit quelques mois apres pour aller mourir à Port Royal de Paris. Il courut beaucoup de bruits sur cette mort, au desavantage de madame de Montespan, mais je suis convaincue qu’ils etoient sans fondement. […]<lb/>Je me souviens aussi d’avoir souvent entendu parler de madame de La Vallière. On sait qu’elle a precedé madame de Montespan, et ce n’est pas l’histoire de chaque maitresse que je pretends faire, je veux seulement ecrire les faits qui me sont demeurés plus particulierement dans l’esprit, soit que j’aie eté temoin, ou que je les aie entendu raconter par madame de Maintenon.<lb/>Le Roi prit donc de l’amour pour madame de Montespan dans le temps qu’il vivoit avec madame de La Valliere en maitresse declarée ; et madame de Montespan, en maitresse peu delicate, vivoit avec elle : meme table et presque meme maison. Elle aima mieux d’abord qu’il en usat ainsi, soit qu’elle esperat par là abuser le public et son mari, soit qu’elle ne s’en souciat pas, ou que son orgueil lui fit plus gouter le plaisir de voir à tous les instans humilier sa rivale, que la delicatesse de sa passion ne la portoit à la crainte de ses charmes. Quoi qu’il en soit, c’est un fait certain. Mais un jour, fâchée contre le Roi pour quelque autre sujet (ce qui lui arrivoit souvent), elle se plaignit de cette communauté avec une amertume qu’elle ne sentoit pas : elle y trouvoit, disoit elle, peu de delicatesse de la part du Roi. Ce prince, pour l’apaiser, repondit avec beaucoup de douceur et de tendresse, et finit par lui dire que cet etablissement s’etoit fait insensiblement. « Insensiblement pour vous, reprit madame de Montespan, mais tres sensiblement pour moi. »<lb/>[…]<lb/>[p. 489] Un jour que le carrosse de madame de Montespan passa sur le corps d’un pauvre homme sur le pont de Saint Germain, madame de Montausier, madame de Richelieu, madame de Maintenon et quelques autres qui etoient avec elle en furent effrayées et saisies comme on l’est d’ordinaire en pareille occasion : la seule madame de Montespan ne s’en emut pas et elle reprocha meme à ces dames leur foiblesse. « Si c’etoit, leur disoit elle, un effet de la bonté de votre cœur et une veritable compassion, vous auriez le meme sentiment en apprenant que cette aventure est arrivée loin comme pres de vous. »<lb/>[…]<lb/>[p. 508] La guerre commença en 1688 par le siege de Philisbourg et le roi d’Angleterre fut chassé de son trone l’hiver d’apres. La reine d’Angleterre se sauva la premiere avec le prince de Galles son fils, et la fortune singuliere de Lauzun fit qu’il se trouva precisement en Angleterre dans ce temps là. On lui sut gré ici d’avoir contribué à une fuite à laquelle le prince d’Orange n’auroit eu garde de s’opposer. Le Roi cependant l’en recompensa comme d’un grand service rendu aux deux couronnes. A la priere du roi et de la reine d’Angleterre, il le fit duc et lui permit de revenir à la Cour où il n’avoit paru qu’une fois apres sa prison. M. le Prince, en le voyant revenir, dit que c’etoit une bombe qui tomboit sur tous les courtisans.<lb/>Si le prince d’Orange n’avoit pas eté faché de voir partir d’Angleterre la reine et le prince de Galles, il fut encore plus soulagé d’etre defait de son beau pere.<lb/>Le Roi les vint recevoir avec toute la politesse d’un seigneur particulier qui sait bien vivre, et il a eu la meme conduite avec eux jusqu’au dernier moment de sa vie.<lb/>M. de Montchevreuil etoit gouverneur de Saint Germain, et comme je quittois peu madame de Montchevreuil, je voyois avec elle cette Cour de pres. Il ne faut donc pas s’etonner si, ayant vu croitre le prince de Galles, naitre la princesse sa sœur et reçut beaucoup d’honnetetés du roi et de la reine d’Angleterre, je suis demeurée jacobite, malgré les grands changemens qui sont arrivés en ce pays ci par rapport à cette cause.<lb/>La reine d’Angleterre s’etoit fait hair, disoit on, par sa hauteur, autant que par la religion qu’elle professoit en Italienne, c’est à dire qu’elle y ajoutoit une infinité de petites pratiques inutiles partout et beaucoup mal placées en Angleterre. Cette princesse avoir pourtant de l’esprit et de bonnes qualités, qui lui attirerent de la part de madame de Maintenon une estime et un attachement qui n’ont fini qu’avec leurs vies<lb/>Il est vrai que madame de Maintenon souffroit impatiemment le peu de secret qu’ils gardoient dans leurs affaires, car on n’a jamais fait de projet pour leur retablissement qu’il n’ait eté aussitôt su en Angleterre qu’imaginé à Versailles. Mais ce n’etoit pas la faute de ces malheureuses Majestés : ils etoient environnés à Saint Germain de gens qui les trahissoient, jusqu’à une femme de la Reine et pour laquelle elle avoit une bonté particuliere, qui prenoit dans ses proches les lettres que le Roi ou madame de Maintenon lui ecrivoient, les copioit pendant que la reine dormoit et les envoyoit en Angleterre. Cette femme s’appeloit madame Strickland, mere d’un petit abbé Strickland qui, dans ces derniers temps, digne heritier de madame sa mere, a pretendu au cardinalat par son manege. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21815_actor">Le Valois de Villette de Murçay, Marthe-Marguerite </persname>
            <persname role="subject">Jacques II</persname>
            <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
            <subject>Jacobites</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Marthe-Marguerite Le Valois de Villette de Murçay, comtesse de Caylus, « Souvenirs de madame de Caylus », dans Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujoulat, Nouvelle collection des mémoires pour servir à l’histoire de France, 3e série, 8, Paris, Éditeur du commentaire analytique du Code civil, 1839, p. 475-515.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires du marquis de Sourches</unittitle>
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            <unitdate normal="1681/1712" encodinganalog="3.1.3">1681-1712</unitdate>
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              <persname id="atom_21829_actor">Bouchet, Louis-François (du)</persname>
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            <note>
              <p>Marquis de Sourches, grand prévôt de France de 1664 à 1714.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [tome 1, p. 48] 12 novembre 1681. Voilà dans quel état se trouvoient les affaires de France quand le Roi, songeant à venir se délasser à Saint Germain en Laye des fatigues de son voyage, partit de Soissons et, ayant diné à Verte Feuillée, vint coucher à Villers Cotterets […].<lb/>[p. 50] [13-14 novembre 1681] De Villers Cotterets, le Roi vint diner à Nanteuil, gros château qui appartient à la maison d’Estrées, et de là coucher à Dammartin, d’où il partit le lendemain de bonne heure pour venir diner au Bourget et se rendre à Saint Germain sans passer dans Paris, ce qu’il executa heureusement.<lb/>La premiere scene qui parut apres son retour à Saint Germain fut la reconnaissance des deux enfants qu’il avoit de madame de Montespan qui n’etoient pas encore connus. Le garçon se nomma M. le comte de Toulouse, la fille porta le nom de mademoiselle de Blois. […]<lb/>[p. 55] [novembre-décembre 1681] La cour étant à Saint Germain, où elle devoit passer l’hiver, commençoit à voir des comedies et des divertissements melés de musique. Mais l’inquietude qu’on eut d’une indisposition de madame la Dauphine, qui faisoit appréhender pour sa grossesse, suspendit les plaisirs des courtisans pour quelques jours, au bout desquels, la grosses de madame la Dauphine se confirmant, ils recommencerent à nouveau, et monseigneur le Dauphin, pour complaire à madame la princesse de Conti, qui aimoit la danse [p. 56] passionnément et qui y reussissoit au dessus de toutes les personnes de son siecle, dansa plusieurs entrees avec elle, et d’autres hommes et dames de la cour, dans les entr’actes des comédies de Pourceaugnac et de Jourdain.<lb/>[…]<lb/>[p. 65] 1er janvier 1682. Le premier jour de l’année 1682, le Roi fit monseigneur le Dauphin chevalier de l’ordre du Saint Esprit, avec les ceremonies accoutumées. Sa Majesté, comme grand maitre de l’ordre, assembla, selon les statuts, le chapitre dans [p. 66] son cabinet, et proposa le nouveau chevalier, qu’on n’eut point de peine à recevoir. Le Roi, ni les chevaliers, n’etoient point dans leur grand habit de ceremonie, mais seulement en habit de ville, c’est à dire en manteau noir, et les prelats en rochet et camail ; pour Monseigneur, comme c’étoit pour lui que la cérémonie se faisoit, il avoit son habit de novice. Son capot de velours noir étoit chamarré de toutes les pierreries de la Couronne, hormis d’un diamant qui se nommoit le grand Sancy ; il en avoit aussi une magnifique enseigne au retroussis de sa toque de velours. La messe fut chantée par M. l’archevêque d’Auch, commandeur de l’ordre, en présence de tous les commandeurs et chevaliers qui se trouvoient à la cour et qui purent marcher, et des grands et petits officiers de l’ordre. Les grands étoient : M. le cardinal de Bouillon, grand aumonier de l’ordre ; M. de Louvois, chancelier ; M. le president de Mesmes, prevot ou maitre des ceremonies de l’ordre ; M. de Seignelay, tresorier ; et M. de Chateauneuf, greffier ou secretaire.<lb/>Après que Monseigneur eut eté fait chevalier et qu’il en eut [p. 67] preté le serment entre les mains du Roi à la fin de la messe, il revint avec Sa Majesté, en ceremonie, comme il etoit venu, jusques à la chambre du Roi, hormis que, au lieu de son capot de velours noir chamarré de pierreries, il etoit revetu de son grand manteau de l’ordre, qu’il avoit bien de la peine à porter.<lb/>[…]<lb/>[p. 67] Janvier 1682. Cependant la cour commençait à voir les representations de [p. 68] l’opera d’Atys, dont les vers etoient de la composition de Quinault et la musique de celle de Lulli. Monseigneur le Dauphin y dansoit deux entrées avec madame la princesse de Conti ; mais cette princesse, qui en faisoit tout l’ornement, tomba malade d’une fievre continue, avec des redoublements, qui lui dura trois semaines, ce qui n’empecha pas qu’on continuat à representer l’opera, quoiqu’avec de moindres acclamations.<lb/>Peu de jours apres arriverent les ambassadeurs du roi du Maroc : ils etoient deux ambassadeurs, suivis seulement de six ou sept autres personnes. Le premier ambassadeur, qui etoit gouverneur de la province de Tetonan, etoit un homme de quarante cinq ans ; il avoit une belle physionomie et une grande barbe grise, un peu plus arrondie que n’est celle d’un capuçin. Il etoit de la race de ces Morisques qui furent chassés d’Espagne sous le regne de Philippe II, et se vantoit d’etre de la maison des fameux Abencerages. L’autre etoit gouverneur de Salé : il avoit une mine sombre et desagreable, et passoit pour un saint parmi les siens, qui disoient meme qu’il faisoit des miracles. Leurs habits n’etoient point magnifiques, n’y ayant ni or ni soir, parce que les peuples de Maroc sont les plus reformés de tous les mahometans et qu’il ne leur est permis de porter aucune etoffe de soie ni aucune chose qui soit d’or. Quand ces ambassadeurs vinrent à l’audience, les compagnies des regiments des gardes suisses et françoises n’etoient pas sous les armes, mais les armes etoient arrangées dans la cour, et les soldats se promenoient [p. 69] derriere ; les gardes de la porte etoient en haie, sans armes ; les gardes de la prevoté etoient en haie dans la cour, sans mettre leurs mousquetons à l’epaule ; les Cent Suisses etoient rangés le long du degré, sans hallebardes ; et les gardes du corps etoient sans armes en haie dans leur salle.<lb/>Le Roi reçut les ambassadeurs assis et couvert dans sa chambre, où la Reine, madame la Dauphine et Madame, suivies de toutes les dames de la cour, etoient incognito. Le premier des ambassadeurs fit en sa langue une tres courte harangue au Roi, à laquelle Sa Majesté ne repondit que par des demonstrations d’honneteté, ensuite desquelles l’ambassadeur lui presenta une lettre de la part du roi, son maitre. Ensuite les ambassadeurs s’en retournerent de la meme manière qu’ils etoient venus.<lb/>Le lendemain, on leur fit voir l’opera, dont le spectacle les surprit agreablement.<lb/>Ils proposoient une ligue offensive et defensive avec la France et ne parloient que d’entrer avec deux cent mille hommes en Espagne. On leur fit dire de traiter avec M. de Seignelay à son retour de Dunkerque, où il etoit allé voir en quel etat etoit le port, qu’on avoit extremement accomodé depuis peu. Ils avoient amené avec eux des animaux de leur pays pour en faire present au Roi, qui etoient des lions, des autruches, et entre autres une tigresse privée que tout le monde alloit voir par rareté. […]<lb/>[p. 71] Ce fut à peu près dans les mêmes jours que, monseigneur le Dauphin etant allé chasser un loup sur l’Otie, cet animal se fit chasser si longtemps et s’en alla si loin, quoiqu’on eut tiré plusieurs coups sur lui dont il etoit blessé, qu’une heure avant la nuit Monseigneur se trouva à Gisors, qui est à douze lieues de Saint Germain. Il prit donc la resolution de quitter la chasse et de s’en revenir ; mais comme son cheval etoit rendu, il prit un cheval de poste à Magny, sur lequel il arriva à Saint Germain à dix heures du soir, suivi seulement du comte de Brionne, du comte de Marsan, de Chamarande, de deux officiers de ses gardes et d’un de ses ecuyers, lesquels portoient tour à tour un flambeau devant lui ; mais comme il s’eteignit, parce qu’il pleuvoit et qu’il faisoit un vent epouvantable, ils furent obligés de se servir d’une lanterne pendant quatre lieues. M. le prince de La Roche sur Yon et M. le duc de Vendome, qui s’opiniatrerent à suivre la chasse, furent contraints [p. 72] de faire rompre les chiens à la nuit sans avoir pris le loup, se coucherent dans un village, sans avoir un seul valet avec eux, et ne revinrent à Saint Germain que le jour suivant, sur les dix heures du matin.<lb/>[…]<lb/>[p. 77] [février 1682] Les ambassadeurs du roi du Maroc ayant traité avec M. de Seignelay et ayant signé une paix pour six années, vinrent prendre leur audience de congé au Roi, en la meme manière qu’ils avoient eu leur premiere audience, et ce fut alors qu’ils amenerent leurs presents et qu’on vit leur tigresse privee dans [p. 78] la chambre de la Reine au milieu de toutes les dames de la cour.<lb/>Peu de jours apres, les deputés du clergé en corps vinrent remercier le Roi de la bonté qu’il avoit eue d’accorder à l’Eglise de France, au sujet de la regale, plus qu’elle n’avoit osé esperer. Ce fut M. l’archeveque de Paris, president de l’assemblée, qui se tenoit dans cette capitale du royaume, lequel porta la parole et fit au roi une harangue digne de son savoir et de sa reputation.<lb/>La grossesse de madame la Dauphine continuoit toujours, au grand contentement de toute la France, et le Roi, qui devoit quitter Saint Germain au deuxieme de mars pour s’aller etablir à son chateau de Versailles, avoit changé de resolution et pris le parti de n’aller à Versailles qu’apres Pâques. On croyoit meme qu’il iroit auparavant passer un mois à Saint Cloud dans la maison de Monsieur, son frere unique, comme il l’avoit fait l’année derniere.<lb/>[…]<lb/>[p. 99] 20 avril 1682. Le 20e d’avril, le Roi quitta Saint Germain, dont les batiments qu’il y faisoit [1 : Il y faisoit faire cinq pavillons en saillie, au vieux chateau bati par François Ier, pour agrandir les appartements.] commençoient de rendre le sejour incommode, et vint s’etablir à Saint Cloud, dans la belle maison de Monsieur, son frere unique, avec dessein d’y rester jusqu’à ce que tous les appartements de Versailles fussent en etat d’etre habités. Madame la Dauphine se fit apporter en chaise à Saint Cloud, de peur que le mouvement du carrosse ne fit tort à sa grossesse.<lb/>[…]<lb/>[p. 172] 21 janvier 1685. Le bruit couroit en ce temps là que le Roi iroit passer le careme à Saint Germain, au lieu de faire le voyage de Compiegne, parce qu’il avoit eu dessein d’aller de Compiegne à Luxembourg et que Vauban lui avoit assuré depuis peu que cette place ne pouvoit pas etre de longtemps en etat de lui donner du plaisir à la voir ; mais cette nouvelle paroissoit encore peu certaine.<lb/>[…]<lb/>[p. 249] 6 juin 1685. M. l’archeveque de Paris vint, à la tete du clergé de France, dont les deputés etoient assemblés depuis trois jours à Saint Germain en Laye, selon la coutume, et il fit au Roi une tres belle harangue, apres laquelle il alla en faire autant chez Monseigneur et chez madame la Dauphine.<lb/>[…]<lb/>[p. 300] 29 août 1685. Cette mort fut suivie, de bien près, de celle de M. le duc du Lude, grand maître de l’artillerie de France, chevalier des ordres du Roi et capitaine de Saint Germain en Laye. Il laissoit une grosse depouille à la nomination du Roi. Mais elle servit, des le [p. 301] meme jour, à faire voir combien il etoit avantageux d’avoir la protection de madame de Maintenon, car le Roi donna au marquis de Montchevreuil la capitainerie de Saint Germain, et comme il y avoit un brevet de cent mille livres affecté dessus, il le transferra sur la charge de grand maitre. Il lui donna aussi les coches du Pecq, que le feu duc du Lude avoit obtenus pour en jouir pendant sa vie, et qui pouvoient valoir quatre mille livres de rente. Il paya toutes ses dettes, qui pouvoient monter à cinquante mille ecus. Il donna douze mille livres de pension à son fils, avec la survivance de la capitainerie de Saint Germain ; et deux jours apres, il lui fit epouser mademoiselle de La Marseliere, fille du feu marquis de Combourg de Coetquin, laquelle devoit avoir plus de sept cent mille livres de bien.<lb/>[…]<lb/>[p. 349] 2 janvier 1686. Le deuxième de janvier, il arriva une affaire qui fut pendant quelques jours l’entretien des courtisans.<lb/>Il y avoit à Saint Germain en Laye un curé nommé Cagnyé, natif du lieu meme, et frere d’un controleur de la maison du Roi. Cet homme avoit de tres bonnes qualités, et entre autres il faisoit de grandes aumones dans sa paroisse. Cela lui avoit attiré l’amitié de la defunte reine Marie Therese d’Autriche, à la priere de laquelle le Roi lui avoit nommé une petite abbaye nommée Royalpré ; mais comme il n’en put obtenir les bulles du Pape, parce qu’elle devoit etre possedée par un religieux, il la remit entre les mains du Roi, qui tira des mains d’un nommé Sauleus [p. 350] Sibourg (Silbour de Soleux) le prieuré de Saint Germain en Laye, qui valoit quatre à cinq mille livres de rente, moyennant des pensions qu’il lui donna sur d’autres benefices, et le donna au curé.<lb/>Quand il fut en possession, comme ce benefice avoit de fort beaux droits, il les soutint peut etre avec un peu trop de vigueur, et meme il plaida contre le Roi pour la seigneurie de la meilleure partie de Saint Germain en Laye, et contre les marguilliers de la paroisse, pretendant etre seigneur spirituel et temporel de l’eglise.<lb/>Les plaintes, qui en furent portées au Roi par un d’entre eux, nommé Antoine, qui avoit eté garçon de sa chambre et etoit alors son porte arquebuse, et les autres qui lui furent faites par plusieurs de ses officiers, obligerent Sa Majesté de renvoyer tous ces differends au jugement de M. l’archeveque de Paris. Mais comme il trouva beaucoup de difficultés à les terminer, le Roi trouva un expedient, pour n’en entendre plus parler de sa vie, qui fut de tirer du curé la demission de sa cure et de son prieuré, moyennant deux abbayes qu’il lui donna, lesquelles valoient douze mille livres de rente.<lb/>Le Roi, en faisant cela, avoit le dessein de dedommager l’abbé de Coulombs, qui etoit presentateur du prieuré et de la cure de Saint Germain, et s’attribuer la presentation à la cure et du prieuré avec tels droits qu’il jugeroit à propos ; ce qu’il pouvoit aisement faire dans toutes les regles prescrites par les canons.<lb/>La chose etant en cet etat, les habitans de Saint Germain apprirent que leur curé les alloit quitter, et comme ils lui etoient fort affectionnés, ils en furent touchés sensiblement.<lb/>Le vicaire, qui se nommoit de La Vertu, voyant, le premier jour de l’an, la plupart des habitants assemblés dans l’eglise pour entendre le sermon, monta en chaire un moment avant le predicateur ; et, leur ayant exposé la grandeur de la perte qu’ils alloient faire en perdant leur curé, il leur assura que le Roi n’avoit pris la resolution de le leur oter que par les mauvais offices que des gens malintentionnés lui avoient rendus aupres de Sa Majesté, les conviant d’aller à Versailles les supplier de vouloir leur rendre leur pasteur.<lb/>[p. 351] Apres cette harangue, il s’emut un assez grand bruit dans l’assemblée, lequel ayant fait croire à la femme et aux enfants d’Antoine qu’ils n’y etoient pas en securité, ils se retirerent precipitamment de l’eglise.<lb/>Cependant, le bruit s’apaisa ; le predicateur monta en chaire, et tout le monde l’ecouta paisiblement. Mais, apres le sermon, le vicaire de La Vertu y remonta et dit au peuple que, quelque chose qui lui en put arriver, il ne l’abandonneroit point ; qu’il iroit, à sa tete, parler au Roi à Versailles et lui redemander son curé, et qu’au reste il protestoit qu’il faistoit tout cela de son propre mouvement et sans que le curé en eut parlé.<lb/>Dès le soir meme, M. de Montchevreuil, capitaine de Saint Germain, en fut averti et en rendit compte au Roi, lui assurant meme qu’il avoit des avis certains que ces habitants, mal conseillés, devoient venir en foule le lendemain l’importuner. Mais, comme il etoit tard, le Roi ne lui ordonna que d’y aller le lendemain pour y mettre ordre.<lb/>Il le fit effectivement et, y etant arrivé devant le jour, à peine y eut il eté quelques moments qu’il entendit sonner le tocsin pour l’assemblée des paroissiens. Il courut en meme temps à l’eglise et, etant venu au pied du clocher, il y trouva un pretre qui lui nia fortement que l’on sonnat par son ordre ; mais, ayant frappé inutilement à la porte du clocher, qui etoit fermée, il la fit enfoncer et monta en haut, où il arreta deux hommes qui sonnoient. Ces miserables lui dirent qu’ils le faisoient par l’ordre du pretre qu’il avoit trouvé au pied du clocher. C’est pourquoi, etant descendu et l’y ayant encore trouvé, il l’arreta et le fit conduire avec les deux sonneurs à la prison.<lb/>Cela n’empecha pas les habitants de s’assembler, et ils vinrent le meme jour à Versailles, au nombre de six à sept cents, ayant à leur tete leur vicaire et huit autres pretres. Le Roi, les ayant vus dans sa cour, envoya querir le grand prevot pour les faire arreter ; mais, s’etant trouvé incommodé et ayant envoyé un de ses lieutenants prendre l’ordre du Roi, Sa Majesté lui commanda d’en faire arreter une trentaine des plus considerables, ce qu’il executa facilement, sur le pretexte que le Roi lui avoit ordonné d’entendre leurs raisons ; et ils se battoient à qui entreroit chez lui, par preference, pour se faire arreter.<lb/>Les huit pretres furent arretés comme les autres ; mais le [p. 352] vicaire de La Vertu ne s’y trouva pas. Cependant, étant allé le lendemain à Paris chez M. l’archeveque pour se justifier, il le fit mettre à l’officialité, où le Roi envoya aussi, deux jours apres, les autres neuf pretres qui etoient arretés. En meme temps, le Roi ordonna au prevot de Saint Germain d’informer contre ceux qui avoient formenté cette sedition, resolu de les chatier, et particulierement ceux qui se trouveroient etre officiers de sa maison ; et il decreta contre deux seulement, le Roi ayant bien voulu faire mettre les autres en liberté apres deux jours de prison.<lb/>[…]<lb/>[tome 3, p. 4] 3 janvier 1689. On sut, en ce temps là, que le Roi avoit trouvé à propos de choisir son chateau de Saint Germain en Laye pour le sejour de la reine d’Angleterre, au lieu de celui de Vincennes, qu’il lui avoit destiné d’abord, quand il sut son arrivée en France.<lb/>[…]<lb/>[p. 6] 6 janvier 1689. Le 6, la reine d’Angleterre arriva à Saint Germain avec le prince de Galles, son fils ; le Roi alla au devant d’elle jusqu’aupres de Chatou, suivi d’un grand cortege de carrosses pleins de courtisans. Quand les carrosses de la reine commencerent à paraitre, le Roi descendit du sien avec Monseigneur et Monsieur, qui l’accompagnoient, et, ayant fait arrêter le premier carrosse, dans lequel etoit le prince de Galles, il embrassa plusieurs fois ce jeune prince avec beaucoup de temoignages de tendresse. Cependant, la reine d’Angleterre, ayant eté avertie que le Roi avoit mis pied à terre, descendit aussi de son carrosse, et ils marcherent au devant l’un de l’autre avec empressement.<lb/>Le Roi la salua, aussi bien que Monseigneur et Monsieur, que le Roi lui presenta, et, apres beaucoup de marques d’amitié de part et d’autre, le Roi remit la reine dans son carrosse, dans lequel il se plaça à sa gauche, malgré toute la resistance qu’elle y fit ; Monseigneur et Monsieur se mirent dans le devant du [p. 7] carrosse, et madame de Montecuculli, dame d’honneur de la reine, avec madame Powits, gouvernante du prince de Galles, dans les deux portieres. Les carrosses arriverent en cet ordre à Saint Germain, où le Roi conduisit la reine dans l’appartement qu’il lui avoit destiné, qui etoit l’appartement de la defunte Reine, sa femme, mais augmenté de beaucoup par les batiments neufs qu’il y avoit faits. Apres quelques moments de conversation, le Roi dit à la reine qu’il vouloit aller voir le prince de Galles, et, cette princesse lui ayant offert de l’y suivre, il lui donna la main et la conduisit à l’appartement du jeune prince, où, entre autres choses, elle lui dit qu’en passant la mer elle se disoit en elle-même qu’il etoit bien heureux d’etre trop jeune pour connoitre son malheur ; mais que presentement elle le trouvoit bien malheureux de n’etre pas en etat de connoitre tutes les bontés qu’il lui temoignoit. Le Roi, n’ayant oublié aucune des honnetetés qu’il pouvoit temoigner à la reine d’Angleterre, et ne doutant pas qu’elle n’eut besoin de se reposer des fatigues du voyage, prit congé d’elle et s’en revint à Versailles, d’où il luy envoya une magnifique toilette, accompagnée de six mille louis d’or qui lui etoient bien necessaires, vu le denument où elle se trouvoit de toutes choses.<lb/>Le 7, le Roi, sachant que le roi d’Angleterre devoit arriver ce jour là à Saint Germain, parce qu’il avoit pris la poste en chaise roulante, il partit aussitot apres son diner pour l’aller attendre chez la reine d’Angleterre ; il la trouva dans son lit, qui se reposoit de la fatigue du voyage, et il s’assit à sa ruelle dans un fauteuil unique qu’on y avoit mis ; pour Monseigneur et Monsieur, qu’il avoit menés avec lui, ils se tinrent debout. Ensuite, le Roi ordonna à M. le duc de Beauvilliers d’aller se mettre en quelque endroit où il put voir arriver le roi d’Angleterre, afin de le venir avertir aussitot qu’il paroitroit. Quelques temps apres, M. de Beauvilliers vint l’avertit que le roi d’Angleterre venoit d’entrer dans la cour ; en meme temps, il se leva et, faisant une reverence à la reine d’Angleterre, il marcha au devant [p. 8] du roi, son epoux, jusqu’à la porte de la salle des gardes, qui donne sur le degré, où il l’attendit environné de toute sa cour. Le roi d’Angleterre ayant monté le degré et ayant aperçu le Roi, ils coururent tous deux d’un meme temps s’embrasser, ce qu’ils firent tres longuement et avec de grandes marques de tendresse. Le Roi dit au roi d’Angleterre : « Monsieur mon frere, que j’ai de joie de vous voir ici ! Je ne me sens pas de joie de vous voir en sureté. » Le roi d’Angleterre lui repondit par un discours moins suivi et plus entrecoupé. Apres cela, le Roi lui dit qu’il vouloit le conduire chez la reine, son epouse, et, passant à toutes les portes devant lui, il le mena effectivement chez la reine et voulut absolument qu’il la saluat dans son lit en sa presence. Les deux rois demeurerent quelque temps debout dans la ruelle de son lit ; ensuite de quoi le Roi proposa d’envoyer querir le prince de Galles ; mais comme il étoit longtemps à venir, le Roi prit le roi d’Angleterre par la main et le conduisit à l’appartement du prince, son fils, lui donnant alors la main partout. Apres qu’ils eurent eté quelque temps chez le prince de Galles, le Roi prit congé du roi d’Angleterre, lequel le voulant reconduire, il ne voulut pas le souffrir et se separa de lui en lui disant : « Je suis aujourd’hui chez moi ; demain, vous serez chez vous, et vous ferez ce que vous voudrez ». Quelques heures apres, le Roi envoya aussi une toilette au roi d’Angleterre et dix mille louis d’or pour ses necessités, jusqu’à temps qu’il lui eut fait un fonds reglé, qu’on disoit devoir aller à deux millions quatre cent mille livres par ans.<lb/>Le 8 de janvier […] [p. 9] le roi d’Angleterre vint pour la premiere fois voir le Roi à Versailles, où il reçut tous les honneurs qui etoient dus à son rang. Les regiments des gardes battirent au champ ; les gardes de la porte et de la prevoté se tinrent sous les armes dans leurs postes ; les Cent Suisses borderent le degré ; les gardes du corps se posterent sous les armes, comme quand le Roi arrive. Le Roi alla au devant de lui jusqu’au delà de la salle des gardes, où il le reçut avec toute sa cour, et le conduisit jusque dans son cabinet, dans lequel il fut assez longtemps enfermé avec lui. Après cela, il le conduisit chez madame la Dauphine, où il le laissa. Le roi d’Angleterre, y ayant eté quelque temps, alla aussi voir Monseigneur, Monsieur et madame, chez tous lesquels il ne s’assit point, parce qu’on ne savoit encore comment il les voudroit traiter ; cependant, comme la chose avoit dejà eté agitée, le Roi lui en avoit fait entendre quelques mots, et il lui avoit repondu fort honnetement qu’il l’en faisoit absolument le maitre, sur quoi le Roi lui avoit reparti que, puisuq’il en usoit de cette manière avec lui, il se declaroit en sa faveur, meme contre les princes de sa maison ; et, en effet, il regla deux jours apres que le roi et la reine d’Angleterre donneroient des fauteuils à Monseigneur, à madame la Dauphine, à Monsieur et à Madame seulement, et qu’ils ne donneroient aux autres princes et princesses de la maison royale que des sieges pliants ; en quoi il sembloit que M. le duc de Chartres et les trois filles de feu M. le duc d’Orleans se trouvoient un peu lesés car, comme ils avoient partout ailleurs de grandes prerogatives au dessus des princes et princesses du sang, comme etant petit fils et petites filles de roi, on [p. 10] auroit cru qu’ils auroient aussi du avoir en cette occasion quelque marque de distinction au dessus d’eux ; mais on ne put pas trouver moyen de leur en donner, parce que les rois ne donnent en France que des fauteuils ou des sieges pliants, et qu’ils n’admettent point les chaises à dos qui n’ont point de bras, lesquelles on avoit proposées comme un temperament en cette occasion. […]<lb/>Le 9, […] les carrosses de Madame et des princesses demeurerent pendant toute l’apres dinée dans la cour du chateau de Versailles, et l’on attendoit à tout moment qu’elles partissent pour aller à Saint Germain voir la reine d’Angleterre ; mais enfin elles ne partirent point, parce qu’on ne savoit pas encore quel traitement elle voudroit leur faire. […]<lb/>[p. 11] Le 10, Madame, madame la grande duchesse, madame de Guise et toutes les princesses du sang, tant legitimes que du coté gauche, allerent à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre ; elles ne s’assirent point chez le roi, qui les reçut debout ; mais elles s’assirent chez la reine. On mit deux fauteuils aux pieds du lit, comme dans une place indifferente ; celui [p. 12] de la droite fut occupé par Madame, celui de la gauche par la reine, et toutes les princesses s’assirent à droit et à gauche sur des sieges pliants. La visite etant faite, la reine d’Angleterre reconduisit Madame jusqu’à la porte de sa chambre, comme elle etoit venue au devant d’elle jusqu’au meme endroit ; mais il y eut une chose qui scandalisa un peu les princesses, qui fut que la reine d’Angleterre fit asseoir aupres d’elle madame de Montecuculli, sa dame d’honneur. On sut, le meme jour, que le Roi avoit decidé le traitement que la reine d’Angleterre feroit aux duchesses, qui pretendoient qu’elle les baiseroit, parce qu’elle baisoit les duchesses d’Angleterre, et qu’elles seroient assises, comme elles ont le droit de l’etre en France ; mais la reine d’Angleterre leur avoit donné le choix d’etre traitées à l’angloise ou à la françoise, c’est à dire qu’elle les baiseroit et qu’elles se tiendroient debout, comme faisoient les duchesses d’Angleterre devant elle, ou bien qu’elle ne les baiseroit point et qu’elles seroient assises, comme elles l’etoient en France. Elles s’assemblerent pour deliberer sur ce choix, et, comme elles opterent d’etre traitées à la françoise, le Roi regla qu’elles ne baiseroient pas la reine d’Angleterre et qu’elles seroient assises devant elle. […]<lb/>[p. 14] [11 janvier] On disoit aussi que le roi d’Angleterre pourroit venir demeurer au chateau de Clagny, proche de Versailles, afin d’etre plus à portée de conferer tous les jours avec le Roi ; mais il n’y avoit guere d’apparence à cette nouvelle, parce que ce chateau etoit trop petit pour loger le roi avec tous ses gens, que Versailles en etoit assez eloigné pour que le roi et la reine d’Angleterre fussent incommodés si on y avoit logé leurs domestiques, outre ce qu’il en auroit couté au Roi pour les loyers, et qu’il auroit fallu deloger tous les domestiques de M. le duc du Maine et de M. le comte de Toulouse, dont le logement auroit encore couté de grandes sommes dans Versailles. […]<lb/>[p. 15] Ce fut encore le meme jour que M. l’archeveque de Paris, etant allé à Saint Germain pour faire sa cour au roi d’Angleterre, se trouva extremement mal dans sa chambre, d’où etant sorti il tomba une seconde fois en faiblesse dans la salle des gardes, mais de telle manière qu’il perdit entierement connaissance et meme qu’il eut peur de mourir. Cependant on le transporta dans un appartement, où il revint peu à peu, et le meme jour il s’en retourna à Paris. […]<lb/>Le 12, le roi d’Angleterre fit milord Powis duc, afin que sa femme, qui etoit gouvernante du prince de Galles, put etre assise devant madame la Dauphine, car pour devant la reine d’Angleterre, les duchesses angloises ne s’y asseyoient jamais ; et ceci etoit une nouveauté, parce que les duchesses [p. 16] françoises s’asseyant devant la reine d’Angleterre, elle voulut que madame Powis eut aussi le droit de s’y asseoir, seulement quand les princesses et duchesses françoises s’y trouveroient ; et à la verité milord Powis et sa femme meritoient bien ce degré d’honneyr, puisqu’ils avoient quitté, pour la religion catholique et pour suivre le roi, leur maitre, cinquante mille ecus de rente et cinq enfants qu’ils avoient laissés dans un extreme danger. […]<lb/>[p. 17] Le 13, […] Monsieur, frère, du Roi, et MM. les princes du sang allerent voir le roi et la reine d’Angleterre ; Monsieur y alla le matin, et ils lui donnerent un fauteuil, comme ils avoient fait à Monseigneur. MM. les princes y allerent l’apres dinée, et ils n’eurent que des sieges pliants.<lb/>Le meme jour encore, la reine d’Angleterre vint à Versailles voir le Roi. Il alla au devant d’elle jusqu’au haut de son grand degré, où, l’ayant reçue, il la prit par la main et la conduisit au travers de son appartement jusqu’au salon, dans lequel, s’étant chauffés quelques moments, il s’allerent asseoir dans deux fauteuils preparés à cet effet, le Roi donnant la droite à la reine d’Angleterre. Ensuite, il ordonna qu’on apportat des sieges pliants pour Monseigneur et pour Monsieur, et en fit aussi apporter pour madame de Montecuculli et pour madame la duchesse de Powis. La conversation ayant duré un gros quart d’heure de cette manière, la reine se leva, et le Roi lui donna la main pour la mener chez madame la Dauphine par la grande galerie, et quand elle fut entrée dans la chambre de madame la Dauphine, il prit congé d’elle et se retira à son appartement. La reine fit sa visite, de meme qu’elle l’avoit faite au Roi, c’est à dire qu’elles s’assirent chacune dans un fauteuil et que les princesses et duchesses qui s’y trouverent furent assises sur des sieges pliants. Apres cela, la reine d’Angleterre alla aussi faire sa visite à Monseigneur, à Monsieur et à Madame, chez lesquels les memes ceremonies furent observées. […]<lb/>[p. 20] Le 15, […] [p. 21] le Roi alla voir le roi d’Angleterre, qui vint au devant de lui jusqu’à la porte de la salle des gardes, et lui donna de grandes marques d’empressement et même de deference. Apres un moment de conversation publique, les deux rois entrerent dans un cabinet, où ils furent enfermés pres d’une heure et demie, pendant laquelle Monseigneur alla rendre visite à la reine, que les courtisans commencerent à connoitre plus que jamais pour une princesse d’un grand cœur et d’un bon esprit, qualités qui ne lui servoient alors qu’à lui faire sentir plus vivement ses malheurs. Le Roi ayant achevé sa visite, le roi d’Angleterre voulut absolument le reconduire ; mais, sur ce que le Roi ne le vouloit pas souffrir, ils convinrent que ce jour là termineroit pour toujours entre eux toutes les ceremonies.<lb/>[…]<lb/>[p. 24] Le 21, [le roi d’Angleterre] courut le cerf avec Monseigneur dans la forêt de Saint Germain, avec l’équipage de M. le duc du Maine ; mais il n’y eut pas beaucoup de plaisir, tant à cause d’un vent de nord très froid et très violent, qui dura tout le jour, que parce qu’on ne prit point le cerf.<lb/>Le 22, le Roi alla rendre visite au roi d’Angleterre, aussi bien qu’à la reine et au prince de Galles, et puis il revint à Versailles.<lb/>[…]<lb/>[p. 30] [1er février] La première nouvelle du mois de février fut que les presbytériens d’Angleterre, c’est à dire ceux qui font profession de la religion du royaume, armoient de tous les côtés, et qu’on espéroit voir former assez de partis différents dans cet [p. 31] Etat pour n’appréhender pas qu’ils pussent faire grand tort à la France. […] On apprit aussi que deux cents hommes de troupes réglées avec leurs officiers étoient venus d’Angleterre débarquer à Dunkerque.<lb/>Ce fut alors qu’arriva aussi à Saint Germain milord Dumbarton, qu’on avoit connu en France sous le nom de milord Douglas, et qui y avoit même été lieutenant général.<lb/>Le même jour, le roi d’Angleterre cessa d’être servi par les officiers de la Bouche et du Gobelet du Roi, et commença d’être servi par les siens ; cependant le Roi lui laissa encore ses gardes du corps, de la prévôté de l’Hôtel et de la Porte, et le détachement des Cent Suisses, parce qu’il n’avoit pas encore de gens pour le garder.<lb/>[…]<lb/>[p. 32] Le 4, le roi et la reine d’Angleterre allèrent à l’abbaye royale de Saint Cyr voir la représentation de la tragédie d’Esther, composée par Racine ; elle étoit représentée par les petites pensionnaires, qui chantoient même des entractes de musique de la composition d’un nommé Moreau ; c’étoit in spectacle fort agréable, et aussi bien exécuté qu’il le pouvoit être par de jeunes enfants ; mais, le jour que le roi d’Angleterre y alla, madame la comtesse de Caylus joua le rôle d’Esther et s’attira l’admiration de tout le monde.<lb/>[…]<lb/>[p. 35] Le 10 de février, le roi d’Angleterre fit arrêter à Saint Germain par M. de Saint Viance, lieutenant des gardes du corps qui servoit auprès de lui, un Anglois nommé Barnoel, qui s’étoit venu rendre auprès de lui depuis peu de jours ; cet homme, à ce qu’on disoit, avoit changé trois ou quatre fois de religion suivant les différentes occurrences, et l’on assuroit qu’il s’étoit déchainé en invectives contre le roi, depuis son départ d’Angleterre, en présence de plusieurs personnes, dont quelques unes étoient arrivées devant lui à Saint Germain ; ensuite, n’ayant pas trouvé auprès du prince d’Orange le traitement qu’il en avoit espéré, il avoit passé en France pour se rendre auprès du roi d’Angleterre, et ce prince fit très sagement de faire arrêter un homme d’un caractère si dangereux.<lb/>[…]<lb/>[p. 37] [11 février] Ce fut en ce temps là que mourut à Saint Germain M. de Treamigny, gentilhomme des environs de Beauvais, chef du vol de la chambre pour pie, mais qui, par son assiduité et son savoir faire, avoit trouvé moyen de se faire donner par le Roi un vol pour les champs pour lièvre, pour corneille et pou milan, tous lesquels le Roi lui payoit par extraordinaire. Il avoit été longtemps forte à la mode ; mais, quoiqu’il fut un peu déchu, le Roi ne laissa pas de traiter sa famille favorablement, donnant à son fils la charge du vol de la chambre pour pie avec deux mille livres de pension, quoiqu’il n’eût que dix ou douze ans ; à l’égard [p. 38] des autres vols par commission, le Roi le révoqua, et c’étoit autant de dépense épargnée, considération fort pressante en ce temps là.<lb/>[…]<lb/>[p. 40] Le 22, le roi d’Angleterre fit arrêter et conduire [p. 41] à la Bastille milord Miljoy, grand maître de l’artillerie d’Irlande, qui avoit passé en France avec Pointis. Milord Tyrconnel, croyant avoir de grands sujets de se défier de sa fidélité, et même l’accusant d’avoir dégarni tout exprès les arsenaux d’Irlande, lui avoit dit que, comme il étoit parfaitement instruit de l’état de toutes choses, il étoit à propos qu’il vint en France en rendre compte au roi, et lui avoit donné pour cet effet une lettre de créance ; amis il en donna en même temps une toute contraire à Pointis, pour la rendre au roi secrètement, par laquelle il lui mandoit la vérité de la chose, et ce fut sur cet avis que ce prince fit arrêter milord Miljoy. Comme Pointis étoit homme d’esprit et fort intelligent dans ce qui regardoit l’artillerie, ayant même inventé la manière de jeter les bombes de dessus les barques, ce qui avoit si bien réussi à Gênes et à Alger, le Roi le donna au roi d’Angleterre pour commander son artillerie.<lb/>[…]<lb/>[p. 43] Le 25, le roi d’Angleterre alla communier publiquement dans l’église de Notre Dame de Paris, où il donna l’ordre de la Jarretière à M. de Lauzun, pour récompense des importants services qu’il lui avoit rendus, et l’après dînée il vint à Versailles prendre congé du Roi, car il devoit partir le 27, et le Roi devoit aussi le lendemain lui aller dire adieu à Saint Germain ; mais, comme il différa son départ d’un jour, le Roi différa de même ses adieux.<lb/>[…]<lb/>[p. 46] [28 février] Ce fut encore le même jour que le roi d’Angleterre partit de Saint Germain en poste pour aller s’embarquer à Brest, n’ayant pas en tout plus de vingt personnes avec lui, car M. d’Avaux avait pris les devants, aussi bien que les officiers anglois qui n’étoient pas nécessaires au roi le long de la route.<lb/>[…]<lb/>[p. 56] Le 18 [mars], la reine d’Angleterre fut attaquée d’une fièvre continue, qui ne lui dura que trois ou quatre jours, et l’on peut dire qu’elle en fut quitte à bon marché, après toutes les agitations du corps et d’esprit qu’elle supportoit depuis quelque temps.<lb/>[…]<lb/>[p. 63] [30 mars] On sut que la reine d’Angleterre venoit passer quelques jours de retraite au monastère des religieuses de la Visitation qui est à Chaillot, dans lequel la défunte reine, sa belle mère, avoit aussi accoutumé de se retirer pendant ses malheurs.<lb/>[…]<lb/>[p. 79] Le 25 [avril], le Roi cassa le comte d’Hautefort et ordonna à M. de Luxembourg de lui proposer des gens pour remplir sa place. La reine d’Angleterre, à laquelle le Roi alla ce jour là rendre visite, lui demanda sa grâce, parce qu’il avoit été le premier exempt qui eût servi auprès d’elle ; mais le Roi s’en excusa et lui fit entendre que c’étoit un homme perdu.<lb/>[…]<lb/>[p. 81] Le 29, Monseigneur, duc de Bourgogne, fit le premier voyage de sa vie, car il alla entendre la messe et dîner à Nanterre, pour y accomplir quelque vœu qu’on avoit fait pour sa santé, et de là il alla à Saint Germain rendre visite à la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 244] Le 4 [juin], M. l’archevêque de Paris, qui présidoit l’assemblée générale du clergé de France, laquelle se tenoit alors à Saint Germain en Laye, vint, selon la coutume, avec tous les députés haranguer le Roi à Versailles, et il lui fit un magnifique discours qui ne lui coûta guère, étant un des plus éloquents et des plus savants hommes de son temps.<lb/>[…]<lb/>[p. 245] Le 8, M. de Torcy, secrétaire d’Etat en survivance de M. de Croissy, son père, accompagné de M. de Pontchartrain, contrôleur général, de M. de Pussort et de M. d’Argouges, conseillers d’Etat, et du conseil royal des Finances, allèrent, suivant la coutume, à Saint Germain faire de la part du Roi à MM. de l’assemblée du clergé la demande du don gratuit, qu’ils fixèrent à douze millions ; quoique cette somme fût beaucoup au dessus de celles que le clergé avoit accoutumé d’accorder, les nécessités de l’Etat étoient si bien connues, et l’affection du clergé pour le Roi si sincère, que tous les députés voulurent accorder ce que le Roi demandoit sans opiner ; mais M. l’archevêque de Paris, qui présidoit, leur représenta qu’il falloit opiner pour que la [p. 246] chose fût dans les formes, et ainsi chacun opina d’accorder les douze millions, et même davantage, si le Roi le souhaitoit. En même temps, l’assemblée députa au roi M. l’abbé de Phélypeaux, l’un des deux anciens agents qui faisoit la fonction de secrétaire de l’assemblée, pour venir apprendre à Sa Majesté qu’elle avoit fait tout ce qu’elle avoit souhaité de son service, et certainement il fut très bien reçu du Roi, qui étoit alors en son château de Marly.<lb/>Le même jour, l’assemblée du clergé envoya douze de ses députés saluer en corps la reine d’Angleterre, et ce fut M. l’archevêque d’Arles qui porta la parole, et qui fit un discours si pathétique sur l’état présent des affaires, qu’il tira les larmes des yeux de tous les Anglois qui étoient présents.<lb/>[…]<lb/>[p. 271] [22 juillet] La nouvelle qui arriva le 22 au soir déconcertoit bien tous ces beaux projets : ce fut celle de la défaite du roi d’Angleterre, n’ayant pas voulu étendre son armée pour occuper un pont qui étoit sur une rivière, laquelle séparoit son armée de celle des ennemis, et ayant oublié de le faire rompre, le prince d’Orange avoit fait défiler toute la nuit son armée sur ce pont, avoit attaqué l’armée du roi à la pointe du jour et l’avoit battue facilement, parce que tous les Irlandois avoient mis les armes bas ; que M. de Lauzun, voyant la bataille perdue, avoit envoyé M. de Léry dire au roi d’Angleterre qu’il se sauvât au plus tôt, et que pour lui il alloit faire de son mieux avec le reste de ses troupes ; et qu’effectivement le roi s’étoit retiré avec Lery, L’Estrade et quelques autres, et qu’il étoit arrivé à Brest […].<lb/>[p. 273] Aussitôt que le Roi sut ces mauvaises nouvelles, il fit partir M. de Bouillon avec trois de ses carrosses pour aller au devant du roi d’Angleterre jusqu’où il pourroit le rencontrer.<lb/>[…]<lb/>Le 25 au soir, le roi d’Angleterre arriva à Saint Germain en Laye, et le lendemain le Roi alla lui rendre visite.<lb/>[…]<lb/>[p. 332] Le [26 novembre], le roi d’Angleterre partit de Saint Germain avec M. le maréchal de Bellefonds pour aller à la célèbre abbaye de la Trappe, dont l’abbé et les religieux vivoient avec une si grande austérité qu’elle retraçoit vivement la vie de saint Bernard, leur fondateur.<lb/>[…]<lb/>[p. 343] Le 6 [janvier 1691], le roi et la reine d’Angleterre arrivèrent avec toute leur cour à Versailles, sur les six heures du roi.<lb/>[…]<lb/>[p. 359] [25 février] Il arriva ce jour-là une chose bien étrange à Saint Germain, entre deux milords anglois, frères cadres du milord Salisbury ; ils prirent querelle sur un sujet de rien, étant le soir dans leur chambre, tous deux en robe de chambre, et prêts à se mettre au lit, et la colère s’empara si fort de leurs esprits qu’ils se jetèrent à leurs épées, se battirent, et, n’ayant pas voulu ouvrir à leurs gens qui frappoient à la porte pour les séparer, ils se donnèrent l’un à l’autre plusieurs coups d’épée, dont il y en eut un qui mourut peu de jours après ; et quand on eut enfoncé la porte, on les trouva tous deux qui demandoient pardon l’un à l’autre ; et depuis, l’aîné étant mort, le cadet en eut un tel désespoir qu’il arracha tous les bandages et les emplâtres qu’on avoit mis sur ses blessures.<lb/>[…]<lb/>[p. 420] Le 15 [mai], on sut qu’il étoit arrivé à Saint Germain en Laye un envoyé d’Ecosse qui assuroit qu’il y avoit dans les montagnes quatre mille cinq cents hommes sous les armes, et qui venoit demander pour eux un secours de blé et d’argent.<lb/>[…]<lb/>[p. 443] Le même jour encore [27 juillet], le Roi ayant appris que, la nuit précédente, [le roi d’Angleterre] avoit été fort mal d’une très grande colique, il alla à Saint Germain lui rendre visite.<lb/>[…]<lb/>[tome 4, p. 4] Le [17 janvier 1692], le roi d’Angleterre, qui étoit arrivé la veille à Saint Germain, vint rendre visite au Roi à Versailles, et fut pendant quelque temps enfermé avec lui.<lb/>[…]<lb/>Le 21 [février], on sut que la reine douairière d’Angleterre devoit passer bientôt en Portugal, soit qu’elle fût devenue suspecte au prince d’Orange, soit qu’elle ne pût se résoudre à souffrir plus longtemps la domination d’un usurpateur, soit qu’elle n’eût plus l’exercice de sa religion ; et depuis elle changea de dessein, et l’on sut qu’elle devoit venir débarquer à Calais, passer à Saint Germain et y faire quelque séjour incognito, et ensuite prendre son chemin pour aller à Rome.<lb/>[…]<lb/>Le 22 [mars], milord Dumbarton, ci devant le marquis de Douglas, lieutenant général des armées du Roi et premier gentilhomme de la chambre du roi d’Angleterre, mourut d’apoplexie à Saint Germain en Laye, universellement regretté de tous les honnêtes gens, qui connoissoient sa valeur et son inviolable fidélité pour son maître.<lb/>[…]<lb/>Le 14 [avril], on sut de certitude que le roi d’Angleterre s’en alloit au premier jour en Normandie, et tout le monde crut deviner juste en disant qu’il n’y alloit que pour visiter les troupes irlandises.<lb/>Le 15, le Roi fut, au bout du pont du Pecq, la revue de ses deux compagnies de gendarmes et des chevau légers de sa garde ; le roi d’Angleterre y vint, et Leurs Majestés trouvèrent ces deux célèbres troupes parfaitement belles.<lb/>[…]<lb/>[p. 27] Le 19, on sut que le roi d’Angleterre avoit fait trois nouveaux chevaliers de la Jarretière, qui étoient le prince de Galles, son fils, milord Melfort et le duc de Powitz.<lb/>Le 20, le Roi alla dire adieu au roi d’Angleterre, et rien ne pouvoit égaler la joie de tous les Anglois qui étoient auprès de lui, car ils croyoient indubitablement qu’avec les troupes que le Roi donnoit au roi, leur maître, il alloit dans peu de jours reconquérir l’Angleterre.<lb/>Le lendemain, ce prince partir pour aller à la Trappe et de là passer en Normandie.<lb/>[…]<lb/>[p. 84] [27 juin] On eut nouvelle, ce jour là, que le roi d’Angleterre etait arrivé le 24 à Saint Germain en Laye.<lb/>[…]<lb/>[p. 90] Le premier jour de juillet, au matin, le Roi eut nouvelle que la reine d’Angleterre etoit accouchée d’une fille, et qu’elle avoit eté si peu de temps en travail que les princesses ni les ministres n’avoient pu y arriver assez tot.<lb/>[…]<lb/>[p. 99] Le 18, le Roi alla voir le roi et la reine d’Angleterre à Saint Germain et, le lendemain, il alla à Paris voir Monsieur.<lb/>[…]<lb/>[p. 114] Le 23 [août], le Roi alla à Saint Germain en Laye, où il tint avec Madame sur les fonds de bapteme la fille du roi d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 137] Le 11 [novembre], le grand prieur de France et le comte de Brionne tirent une course de chevaux aupres de Saint Germain ; le roi et la reine d’Angleterre, Monseigneur et tous les princes allerent la voir, et le grand prieur gagna le prix.<lb/>[…]<lb/>[p. 166] Le 3 [mars 1693], le Roi alla à Saint Germain dire adieu au roi et à la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 190] Le 23 [avril], […] [p. 191] le Roi, qui etoit à Marly, alla à Saint Germain rendre visite au roi et à la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 322] Le 11 [avril 1694], on apprit que quelqu’un ayant mis le feu dans la forêt de Saint Germain en Laye, on avoit eu assez de peine à l’eteindre.<lb/>[…]<lb/>[p. 420] Le 16 [janvier 1695], le Roi alla voir le roi et la reine d’Angleterre au sujet de la mort de la princesse d’Orange, et, à son retour, on sut que le roi d’Angleterre avait demandé qu’on ne lui fit point de compliments sur la mort de sa fille et qu’on n’en prit point le deuil.<lb/>[…]<lb/>[p. 453] Le 12 [mai], jour de l’Ascension […] [p. 454] on sut ce jour là que le roi d’Angleterre avoit eu deux accès de fievre.<lb/>[…]<lb/>[p. 460] Le 29, on fit à Saint Germain en Laye l’ouverture de l’assemblée ordinaire du clergé de France.<lb/>[…]<lb/>[p. 464] Le 12 [juin], l’archeveque de Paris vint de Saint Germain en Laye faire sa cour au Roi, et travailla longtemps avec Sa Majesté.<lb/>[…]<lb/>[p. 470] Le 23, le roi d’Angleterre ayant couru le cerf sans avoir mangé, parce qu’il etoit jour de jeune, et s’etant trouvé au salut avec la reine dans les eglises de Saint Germain, il y eut deux faiblesses consecutives, dont la derniere alla presque jusqu’à l’evanouissement.<lb/>[…]<lb/>[p. 472] [28 juin] On sut encore que le marquis de Montchevreuil etoit assez malade à Saint Germain, d’un rhumatisme accompagné de fievre.<lb/>[…]<lb/>[tome 5, p. 94] Le 4 [janvier 1696], on sut que […] Sa Majesté avoit donné la dignité de chef d’escadre de ses armées navales au milord grand prieur, fils naturel du roi d’Angleterre, sous le nom de duc d’Albermarle, qui lui convenoit mieux que celui de grand prieur dans la conjoncture des affaires.<lb/>[…]<lb/>[p. 102] Le 27, on sut que la reine d’Angleterre avoit la fièvre assez violente.<lb/>[….]<lb/>[p. 112] Le 27 [février], le Roi alla à Saint Germain voir le roi d’Angleterre et lui faire ses adieux, et ce fut alors qu’on apprit que le maréchal de Boufflers travailloit en diligence à Dunkerque à faire un embarquement de douze mille hommes pour passer en Angleterre, où on assuroit qu’il y avoit des apparences considérables de révolte contre le prince d’Orange, aussi bien qu’en Ecosse ; que le duc de Berwick étoit à Londres et qu’il mandoit qu’il y avoit un parti considérable formé pour recevoir le roi Jacques ; que ce seroit le marquis d’Harcourt qui commanderoit les troupes de l’embarquement et qu’il étoit parti le même jour à cet effet ; que le duc de Berwick serviroit sous lui en qualité de lieutenant général, le comte de Pracomtal et Albergotti, en qualité de maréchaux de camp, Barzun, en qualité de commandant de la cavalerie, le marquis de Mornay, le duc d’Humières et le marquis de Biron en qualité de brigadiers d’infanterie ; que Lanson, enseigne des gardes du corps, serviroit auprès du roi d’Angleterre et qu’enfin on croyoit avoir trouvé la conjoncture fatale au prince d’Orange, parce qu’il n’avoit point de flotte ni de troupes et que l’affaire du changement des monnoies faisoit beaucoup de mécontents en Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 113] Le 29, on sut que le roi d’Angleterre étoit parti le soir précédent, qu’il s’est arrêté à Saint Denis pour y faire une protestation par devant notaires comme il partoit dans le dessein d’aller rentrera dans son royaume, où il étoit rappelé par les prieres de ses peuples. On ajoutoit qu’on avoit fait partir cent mille louis d’or pour Calais, où ce prince devoit s’embarquer.<lb/>On apprit aussi le détail des troupes qui s’embarquoient, qui étoit dix huit bataillons : les deux régiments de Poitou, celui de Crussol, les deux de Languedoc, les deux d’Humières, celui du Vexin, celui de la Marche, celui de Santerre, celui [p. 114] d’Orléanois, les deux d’Artois, les deux de Vermandois, celui d’Agenois, celui de Montferrat et celui de Saint Second ; trois régiments de cavalerie qui étoient le régiment du Roi, celui d’Anjou et celui de Berry ; et deux régiments de dragons, le Colonel général et celui de Frontenay. On disoit encore que Gabaret commanderoit cet embarquement et que sa flotte seroit composée de neuf gros vaisseaux et de vingt frégates. Il y avoit beaucoup de gens qui croyoient que cet armement alloit descendre en Ecosse ; cependant Monsieur, frère du Roi, assura ce jou là qu’il alloit droit en Angleterre ; et la chose auroit été facile, s’il avoit été vrai, comme on le disoit, que la flotte angloise commandée par Spithal, qui portoit à Cadix des matelots et des provisions, fût sortie de la Manche.<lb/>[…]<lb/>[p. 116] Le 6 [mars], on assuroit que la flotte de Spithal avoit eté repoussé par les vents dans les ports d’Angleterre, ce qui etoit fort contraire aux desseins du roi Jacques. On assuroit cependant que le Roi lui avoit encore envoyé deux cent mille livres, et que la reine, son epouse, engageoit toutes ses pierreries pour lui envoyer de l’argent.<lb/>[…]<lb/>[p. 120] Le 20, […] on apprit aussi que le roi d’Angleterre etoit encore à Calais et que l’on avoit fait partir sa chambre et sa vaisselle d’argent pour qu’il eut toutes ses commodités au lieu où il sejourneroit.<lb/>[…]<lb/>[p. 137] Le 5 [mai], le roi d’Angleterre arriva à Saint Germain, et, selon les apparences, ce n’etoit pas pour en partir sitot. […]<lb/>Le 6, […] l’après dinée, le Roi alla visite le roi d’Angleterre à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 145] Le 2 [juin], le roi et la reine d’Angleterre partirent de Saint Germain en Laye pour aller à Chartres, où ils devoient sejourner un jour pour y faire leurs devotions, et de là passer à la celebre abbaye de la Trappe, où ils devoient faire un pareil sejour, et de là venir coucher à Anet, d’où ils devoient revenir à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 146] Le 5, on sut que le prince de Galles avoit la rougeole, ce qui etoit capable de donner de grandes inquietudes au roi et à la reine d’Angleterre pendant leur voyage de devotion à Chartres et à la Trappe, mais cette maladie n’eut pas de suites facheuses.<lb/>[…]<lb/>[p. 159] Le 27, […] l’on sut que la reine d’Angleterre avoit depuis deux jours une grosse fievre. Mais le lendemain, on apprit qu’elle l’avoit quittée par l’habileté de son premier medecin, qui l’avoit purgée au fort de son mal.<lb/>[…]<lb/>[p. 163] Le 12 [juillet], l’on sut que le milord duc de Powits, chevalier de l’ordre de la Jarretière et sans contredit un des plus fideles serviteurs du roi d’Angleterre, etoit mort à Saint Germain en Laye, n’ayant point eu de santé depuis un vomissement de sang qui lui avoit pris à Bologne pendant qu’il y etoit avec le roi, son maitre.<lb/>[…]<lb/>[p. 234] Le 19 [janvier 1697], on sut que le roi et la reine d’Angleterre, le prince de Galles et la princesse, sa sœur, etoient tombés malades tous à la fois.<lb/>[…]<lb/>[p. 235] Le 21, on sut que toute la maison royale d’Angleterre etoit guerie, et que le roi d’Angleterre avoit dit qu’il n’etoit pas vrai, comme le prince d’Orange l’avoit publié, que le Roi fut convenu de le reconnoitre pour roi d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 343] [26 septembre] On sut certainement ce jour là que le Roi avaoit accordé au roi et à la reine d’Angleterre son château de Saint Germain pour [p. 344] demeure fixe et qu’ils n’iroient point demeurer à Blois comme le bruit en avoit couru.<lb/>[…]<lb/>[tome 6, p. 31] Le 8 [mai 1698], […] on sut que le roi et la reine d’Angleterre se portoient mieux, car ils avoient eu l’un et l’autre dans le même temps quelque attaque de fièvre.<lb/>[…]<lb/>Le 11, […] [p. 32] le soir, le Roi, qui etoit à Marly pour quelques jours, alla rendre visite au roi et à la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 42] Le 26 [juin], on disoit que la reine d’Angleterre avoit eu un violent accès de fievre qui avoit empeché le roi, son epoux, de partir pour aller à la Trappe, comme il l’avoit resolu.<lb/>[…]<lb/>[p. 147] [Le 18 avril 1699], on sut encore, le meme jour, que le chevalier de Gassion, lieutenant general et lieutenant des gardes du corps de quartier, etoit tombé malade assez considerablement à Saint Germain, où il servoit aupres du roi d’Angleterre, avoit eté obligé de se faire transporter à Paris.<lb/>Le 19, on disoit que, la reine d’Angleterre ayant reçu des avis qu’on vouloit attenter à la vie du prince de Galles, on lui avoit donné des gardes du corps pour le suivre en plus grand nombre qu’à l’ordinaire.<lb/>[…]<lb/>[p. 168] Le 28 [juin], [le Roi] alla dire adieu au roi d’Angleterre, qui alloit faire un voyage à la Trappe, pendant lequel la reine devoit se mettre dans le couvent de Sainte Marie de Chaillot.<lb/>[…]<lb/>[p. 192] Le 10 [octobre], on apprit que Ruzé, contrôleur des Bâtiments, qui faisoit cette charge à Marly et à Saint Germain depuis dix sept ans, avec l’approbation de la Cour, avoit été renvoyé à Saint Germain, avec les appointements qu’il avoit à Marly, et que le Roi avoit mis à sa place un nommé Dujardin, parent de Mansard.<lb/>[…]<lb/>[p. 206] Le 26 [novembre], le Roi envoya le marquis de Beringhen, son premier écuyer, à Saint-Germain-en-Laye, complimenter le roi d’Angleterre et s’informer de sa santé, parce qu’il avoit au croupion un anthrax, qui lui dura très longtemps.<lb/>[…]<lb/>[p. 265] Le 14 [juin 1700], Pomereu, comme l’ancien du conseil royal de finance, alla à Saint Germain, escorté de trois autres conseillers d’Etat, faire le compliment au clergé, et son discours ne fut si bien suivi ni si bien raisonné que la réponse que lui fit l’archevêque de Reims, avec beaucoup d’esprit et beaucoup d’art.<lb/>[…]<lb/>[p. 302] Le 10 [novembre], […] le Roi dépêcha Saint Olon, gentilhomme ordinaire, pour aller à Saint Germain apprendre au roi et à la reine d’Angleterre la mort du roi d’Espagne et le reste des nouvelles.<lb/>[…]<lb/>[p. 325] Le 4 [décembre], […] [p. 327] le roi Jacques vint prier le Roi de lui donner une garde plus forte, parce qu’il avoit eu avis que les Anglois vouloient enlever le prince de Galles et le faire élever dans la religion anglicane.<lb/>[…]<lb/>[p. 337] Le 18 [décembre], on disoit que le roi d’Angleterre étoit plus incommodé que jamais, et cette maladie, si elle avoit été véritable, étoit une nouvelle bien importante.<lb/>[…]<lb/>[tome 7, p. 29] Le 4 [mars 1701], […] on apprit encore que le roi Jacques d’Angleterre avoit eu une grande foiblesse pendant la messe, qu’on avoit été obligé de le remener dans son appartement, et qu’on attribuoit cet accident à ses jeunes et à ses autres austérités.<lb/>[…]<lb/>[p. 31] [Le 11 mars], le roi d’Angleterre eut une seconde attaque d’apoplexie, bien plus forte que la première, de laquelle il resta paralytique de tout le côté droit.<lb/>[…]<lb/>[p. 33] [Le 16 mars], le Roi alla visiter le roi d’Angleterre, qui vint au-devant de lui avec la reine jusqu’à la porte de sa grande chambre, s’appuyant assez bien sur la jambe droite et commençant à porter le bras droit jusqu’à sa tête et à s’aider de ses deux doigts ; mais cela n’empêchoit pas qu’il n’eût pris la résolution de partir la semaine de Pâques pour aller à Bourbon.<lb/>[…]<lb/>Le 18 [mars], le Roi fit dans la plaine d’Houilles la revue de ses deux régiments des gardes, qu’il trouva plus beaux que jamais. Le prince de Galles y vint, et apprit à Sa Majesté que le roi son père avoit encore pris, le soir précédent, de l’émétique, qui lui avoit fait un très bon effet.<lb/>[…]<lb/>[p. 36] Le 24 [mars], qui étoit le jour du jeudi saint, […] [p. 37] le Roi dit au marquis d’Urfé qu’il l’avoit choisi pour aller conduire le roi d’Angleterre à Bourbon et lui faire rendre, en allant et en revenant, les honneurs qui lui étoeint dus, et pour les frais de son voyage, il lui fit donc de dix mille francs.<lb/>[…]<lb/>[p. 39] Le 28 [mars], […] la reine d’Angleterre vint prendre congé du Roi, de Monseigneur et de la duchesse de Bourgogne, devant partie deux jours après pour suivre le roi son époux à Bourbon.<lb/>[…]<lb/>[p. 49] Le 17 [avril], […] [p. 50] on sut aussi ce jour là que le roi Jacques d’Angleterre avoit été retenu par la goutte à la Charité sur Loire, et que Le Pelletier, ci devant ministre d’Etat, étoit fort malade à Paris d’une fièvre continue, pour laquelle on l’avoit fait saigner quatre fois, quoiqu’il eut soixante et onze ans.<lb/>[…]<lb/>[p. 73] Le 7 [juin], le roi et la reine d’Angleterre arrivèrent à [p. 74] Saint Germain en Laye, revenant de Bourbon, et l’on vit à Marly le marquis d’Urfé, qui les y avoit escortés.<lb/>Le 8 [juin], Monsieur étant venu dîner avec le Roi à Marly, il saigna du nez à table. […] L’après dînée, il alla avec beaucoup de dames faire sa visite à Leurs Majestés de la Grande Bretagne, et il saigna encore du nez chez la reine. Un moment après, le Roi et tous les princes et princesses arrivèrent à Saint Germain, et, après avoir fait sa visite, chacun s’en retourna dans son carrosse à Marly. […]<lb/>[…]<lb/>[p. 97] Le premier d’août, […] la duchesse de Bourgogne alla se baigner dans la rivière de Seine au dessus de Saint Germain en Laye, le Roi ayant fait tendre exprès en cet endroit les tentes du duc de Bourgogne.<lb/>[…]<lb/>[p. 111] Le 26 [août], on sut […] qu’il s’étoit fait un dépôt d’humeur sur les jambes et sur le col du pied du roi Jacques d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 113] Le 2 [septembre], le roi Jacques d’Angleterre eut une grande foiblesse en sortant de la messe, et il fut longtemps sans connoissance. Cette attaque redoubla, et on commença à appréhender qu’il ne passât pas la journée.<lb/>[...]<lb/>[p. 114] Le 4 [septembre], […] Fagon, premier médecin du Roi, alla en diligence à Saint Germain en Laye pour essayer de secourir le roi Jacques d’Angleterre, qui étoit à l’extrémité. On apprit, à son retour, que le prince avoit reçu tous les sacrements à deux heures et demie après midi, que les remèdes qu’on lui avoit fait prendre lui avoient fait jeter une grande quantité de sang caillé et puant qui étoit extravasé dans sa poitrine, et qu’une saignée qu’on lui avoit faite l’avoit soulagé.<lb/>[…]<lb/>[p. 115] Le 6 [septembre], l’envoyé de Hesse Cassel, dans une audience publique, assura le Roi que son maître n’embrassoit point le parti de l’Empereur. […] Cependant, le roi Jacques d’Angleterre avoit de fréquentes foiblesses ; il avoit la fièvre avec des redoublements, mais il ne vomissoit plus le sang avec tant d’abondance.<lb/>Le 7 [septembre], on lui donna le quinquina, qui fit son effet : sa fièvre parut moins forte, mais on n’en espéroit rien de bon. […]<lb/>Le 8 [septembre], le Roi alla s’établir à Marly pour dix jours. En arrivant, on sut que le roi Jacques d’Angleterre avoit encore eu son redoublement, mais que son sang s’étoit arrêté et qu’il restoit encore quelque légère espérance.<lb/>[…]<lb/>[p. 116] Le 11 [septembre], le Roi alla à Saint Germain voir le roi d’Angleterre, qui étoit au plus mal. Il le trouva dans un grand assoupissement, et demeura une heure auprès de lui, pendant laquelle la duchesse de Bourgogne y vint aussi et n’y demeura qu’un quart d’heure ; mais on ne croyoit pas que ce pauvre prince pût encore passer la semaine.<lb/>[…]<lb/>[p. 117] Le 13 [septembre], on apprit que le roi d’Angleterre étoit fort mal, qu’il ne pouvoit pas passer la journée, et qu’il avoit déclaré publiquement qu’il pardonnoit au prince d’Orange et à ses filles et à l’Empereur. En même temps, le Roi envoya Fagon, lequel rapporta qu’il n’y avoit plus d’espérance. L’après dînée, le Roi y alla et le laissa à l’extrémité ; mais, auparavant que de partir de Saint Germain, il fit appeler le prince de Galles et lui déclara, en présence de tous les Anglois, qu’après la mort du roi son père il le reconnoitroit pour roi d’Angleterre, et comme le nonce du Pape étoit présent, n’ayant pas abandonné le roi d’Angleterre depuis son mal, le Roi lui dit qu’il voyoit de quelle manière il en usoit avec le roi d’Angleterre et qu’il le prioit de le mander au Pape.<lb/>Le 14 [septembre], on eut nouvelle que le jeune Mathan, colonel de Bugey, étoit mort. […] [p. 118] Le soir, on sut que le roi d’Angleterre avoit entièrement perdu la vue ; le duc de Bourgogne alla le voir et, quand il entra dans sa chambre, on disoit pour la cinquième fois les prières des agonisants, et comme on les suspendit à cause de la présence du duc, le roi le pria de trouver bon qu’on les continuât. Enfin, on pouvoit dire que ce prince mouroit de la mort des justes, et les Anglois se flattoient que sa mort changeroit en bien le sort du prince de Galles.<lb/>Le 16 [septembre], le roi d’Angleterre mourut à trois heures et demie du matin, et la reine partie en même temps pour s’aller enfermer au monastère de Chaillot. Pour le jeune roi et la princesse, ils restèrent à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 119] Le 18 [septembre], […] les princes et les princesses allèrent donner de l’eau bénite au corps du roi d’Angleterre, et, le soir, on l’emporta à Paris à l’église des Bénédictins anglois du faubourg Saint Jacques, où il devoit rester en dépôt jusqu’à ce qu’on pût le porter au tombeau de ses ancêtres, le roi n’ayant pas jugé à propos qu’on l’enterrât dans l’église paroissiale de Saint Germain en Laye, comme il l’avoit souhaité par humilité et même proposé au Roi peu de jours avant sa mort.<lb/>Le 19 au soir, la reine d’Angleterre revint à Saint Germain, et, le lendemain, le Roi et toute la Cour allèrent la voir sans cérémonie, parce qu’elle l’avoit souhaité, et elle les reçut dans son lit.<lb/>[…]<lb/>[p. 123] Le 2 [octobre], on disoit que la flotte angloise étoit rentrée dans ses ports, et qu’elle y avoit été rappelée sur la nouvelle de la mort du roi Jacques ; mais il n’y avoit guère d’apparence que cela pût être, et que, depuis la mort de ce prince, on eût pu envoyer cet ordre à la flotte, qui étoit trop éloignée. On ajoutoit que la reconnoissance du prince de Galles faisoit grand bruit en Angleterre, qu’on y avoit depuis longtemps son portrait presque dans toutes les maisons, qu’on y avoit publié la relation de la mort du roi Jacques, laquelle s’étoit débitée par merveilles, que les régents en avoient fait saisir les exemplaires et fait mettre en prison les colporteurs, mais qu’ils les avoient ensuite fait relâcher. […]<lb/>Le 3 [octobre], le bruit couroit que quelques milords étoient venus à Saint Germain trouver le</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21829_actor">Bouchet, Louis-François (du) </persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <persname role="subject">Jacques II</persname>
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            <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
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            <p>Louis-François du Bouchet, marquis de Sourches, Mémoires du marquis de Sourches sur le règne de Louis XIV, éd. Gabriel-Jules de Cosnac et Arthur Bertrand de Roussillon, Paris, Hachette, 1882-1883/</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires du marquis de Dangeau</unittitle>
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            <unitdate normal="1684/1720" encodinganalog="3.1.3">1684-1720</unitdate>
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              <persname id="atom_21840_actor">Courcillon, Philippe (de)</persname>
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              <p>Marquis de Dangeau. Homme de cour, membre de l'Académie française (1664).</p>
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            <p>« [tome 1, p. 73] Mercredi 22 [novembre 1684]. […] Monseigneur alla courre le cerf dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 76] Vendredi 1er décembre. Le Roi alla faire la revue de ses gardes du corps ; il y avoit plus d’un an qu’il ne les avoit vus. Il les trouva en fort bon état malgré leur fatigue. En revenant de la plaine d’Ouille, où il avoit fait la revue, il passa au château de Saint Germain, et il revint très content de tous les bâtiments qu’on y avoit faits.<lb/>[…]<lb/>[p. 79] Lundi 11. […] Monseigneur alla courre le cerf à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 114] Lundi 29 [janvier 1685], à Versailles. […] Monseigneur alla courre le cerf dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 116] Jeudi 1er février, à Versailles. […] Monseigneur alla courre le cerf dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 117] Lundi 5, à Versailles. […] Monseigneur alla courre le cerf dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 119] Samedi 10, à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 121] Jeudi 15, à Versailles. […] [p. 122] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 123] Lundi 19, à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 124] Mercredi 21, à Versailles. […] Monseigneur vouloit aller courir le sanglier dans la forêt de Saint Germain, mais il n’y en avoit point de détourné. […]<lb/>[p. 125] Jeudi 22, à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 127] Lundi 26, à Versailles. […] Monseigneur courut la bague et les têtes, puis alla courre le cerf dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 129] Vendredi 2 [mars], à Versailles. [….] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain, avec les chiens de M. de Furstemberg. On donna les relais à l’envers ; c’est une manière de chasser extraordinaire. On ne laissa pas de prendre le cerf et même fort vite.<lb/>[…]<lb/>[p. 131] Mardi 6 [mars], à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 137] Lundi 19, à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain avec l’équipage de M. de Furstemberf et fit une fort belle chasse.<lb/>[…]<lb/>[p. 143] Vendredi 30, à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain avec les chiens de M. de Furstemberg, qui firent une fort belle chasse ; ce [p. 144] sera la dernière. Ils ont pris les sept cerfs qu’ils ont courus, et ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est qu’ils donneur leurs relais à l’envers : leurs vieux chiens sont à la meute, et les chiens les plus vites sont au dernier relais. Madame étoit à la chasse avec Monseigneur.<lb/>[…]<lb/>[p. 149] Vendredi 6 [avril], à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf avec les chiens du roi, qui étaient revenus de Saint Germain à Versailles.<lb/>[…]<lb/>[p. 180] Lundi 28 [mai], à Versailles. […] L’assemblée du clergé doit commencer aujourd’hui à Saint Germain, l’archevêque présidant.<lb/>[…]<lb/>[p. 188] Vendredi 8 [juin], à Versailles. […] Monseigneur courut le loup dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 191] Jeudi 14, à Versailles. […] Monseigneur chassa dans la forêt de Saint Germain. Il y tua un gros sanglier et un loup, et revint encore d’assez bonne humeur pour le salut.<lb/>[…]<lb/>[p. 193] Lundi 18, à Versailles. […] L’assemblée du clergé, qui se tient à Saint Germain, accorda au Roi 3000000 de don gratuit, que Sa Majesté leur avoit demandés, et ces 3000000 ont été accordés d’un consentement unanime.<lb/>[…]<lb/>[p. 196] Mardi 26, à Versailles. […] Monseigneur courut le loup dans la forêt de Saint Germain. […]<lb/>[p. 197] Mercredi 27, à Versailles. […] Monseigneur alla dans la forêt de Saint Germain pour y prendre des loups qui sont dans le parc, et fouilla toute la forêt sans les trouver.<lb/>[…]<lb/>[p. 213] Jeudi 30 [août], à Versailles. […] [p. 214] Le duc du Lude, grand maître de l’artillerie, mourut à Paris. Il étoit chevalier de l’Ordre, il avoit le justaucorps bleu et étoit capitaine de Saint Germain. Sa femme aura la plus grande partie de son bien. Le duc de Roquelaure et la duchesse de Foix, enfants de sa sœur, sont ses héritiers. La capitainerie de Saint Germain fut donnée à M. le marquis de Montchevreuil. On lui donna aussi la survivance pour son fils, qui épouse mademoiselle de Coetquen, fille de feu Combourg.<lb/>[…]<lb/>[p. 274] Mercredi 2 [janvier 1686], à Versailles. […] J’appris que le Roi avoit fort diminué le fonds des dépenses pour ses bâtiments ; il lui en a coûté l’année passée plus de 15000000 et il n’en veut dépenser celle ci que 4 tout au plus, tant pour les bâtiments que pour la conduite de la rivière Eure. […] Il y eut une manière de sédition à Saint Germain sur ce que les habitants se soulevèrent pour demander que le curé ne quittât point ; les habitants tinrent des discours un peut trop forts ; le Roi en fit mettre plusieurs en prison et interdit beaucoup de prêtres, et on a exilé le curé à Rouen.<lb/>[…]<lb/>[p. 380] Mercredi 4 [septembre], à Marly. Le Roi vouloit aller tirer dans Vézinet, au dessous de Saint Germain ; le vilain temps l’en empêcha.<lb/>[…]<lb/>[p. 433] Jeudi 19 [décembre]. […] Monseigneur courut le lièvre dans le parc de Saint Germain avec les chiens de M. du Maine. Madame la princesse de Conty, madame de Mortemart, madame de Bellefonds et mademoiselle d’Humières étoient à cheval avec Monseigneur.<lb/>[…]<lb/>[tome 2, p. 68] Jeudi 20 [novembre 1687], à Marly. […] Monseigneur et les princesses allèrent courre le daim dans la forêt de Saint Germain avec les chiens de M. le duc du Maine. Madame la Dauphine, qui est demeurée à Versailles, envoya trois de ses filles pour monter à cheval avec les princesses, mesdemoiselles de La Force, de Séméac et de Bellefonds.<lb/>[…]<lb/>[p. 69] Lundi 24, à Versailles. […] M. le duc du Maine a souhaité d’avoir un équipage pour courre le cerf. Le Roi lui donne 10000 écus pour le mettre sur pied et ordonne 10000 écus par an pour l’entretien. Le chevalier d’Aunay commandera l’équipage et on lui donne pour cela 1000 écus d’appointements.<lb/>[…]<lb/>[p. 71] Vendredi 28 à Versailles. […] Monseigneur et Madame coururent le cerf dans la forêt de Saint Germain avec les chiens de M. du Maine et revint d’assez bonne heure pour être à la répétition.<lb/>[…]<lb/>[p. 80] Mardi 16 [décembre], à Marly. Le Roi, après son dîner, monta en carrosse avec mesdames les princesses, Monseigneur et Madame ; il alla courre le cerf dans la forêt de Saint Germain avec les chiens de M. du Maine.<lb/>[…]<lb/>[p. 94] Mercredi 14 [janvier 1688], à Marly. Le Roi alla à Saint Germain. Il s’y promena pour voir ce qu’il fait couper dans son parc, les changements qu’il fait dans ses jardins et la cour des cuisines qu’il fait abattre pour en bâtir une magnifique pour loger les secrétaires d’Etat.<lb/>[…]<lb/>[p. 98] Vendredi 23, à Versailles. […] Monseigneur alla courre le cerf dans la forêt de Saint Germain avec les chiens de M. du Maine.<lb/>[…]<lb/>[p. 104] Jeudi 5 [février] à Versailles. […] Le Roi donna à M. de Montchevreuil la charge de maître des Eaux et forêts de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 106] Lundi 9, à Versailles. […] Monseigneur courut trois cerfs dans la forêt de Saint Germain avec l’équipage de M. du Maine, malgré la gelée, qui est fort grande.<lb/>[…]<lb/>Vendredi 13, à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain avec les chiens de M. du Maine.<lb/>[…]<lb/>[p. 109] Jeudi 19, à Marly. Le Roi et Monseigneur allèrent [p. 110] dans la forêt de Saint Germain, d’où ils firent sortir deux cents cerfs qu’on avoit renfermés dans une petite enceinte. Il y en avoit trop dans la forêt. Le Roi prit assez de plaisir à cette manière de chasser.[…]<lb/>Vendredi 20 février, à Marly. Le Roi alla dans l’après-dînée courre le cerf avec les chiens de M. du Maine dans la forêt de Saint Germain. Monseigneur vint l’y trouver et avoit couru le loup dès le matin. […]<lb/>[p. 111] Samedi 21, à Versailles. Le Roi courut encore le cerf avec les chiens de M. du Maine dans la forêt de Saint Germain. Il avoit manqué celui d’hier, et en a pris deux aujourd’hui.<lb/>[…]<lb/>[p. 114] Mercredi 3 [mars], à Versailles. […] L’après dînée, le Roi partit de bonne heure et alla à Saint Germain voir sortir du parc quantité de cerfs et de daims qu’on en ôte, et ensuite revint à Marly.<lb/>[…]<lb/>[p. 289] Jeudi 6 [janvier 1689], à Versailles. Le Roi, après son dîner, partit d’ici avec Monseigneur et Monsieur dans son carrosse et vint jusqu’auprès de Chatou, où il attendit la reine d’Angleterre, qui arriva un quart d’heure après. Dès qu’on vit paraître les carrosses qui la menoient, le Roi, [p. 290] Monseigneur et Monsieur mirent pied à terre. Le Roi fit arrêter le carrosse qui marchoit devant celui de la Reine, où étoit le prince de Galles, et l’embrassa. Pendant ce temps là, la reine d’Angleterre descendit de carrosse et fit au Roi un compliment fort plein de reconnaissance pour elle et pour le roi son mari. Le Roi lui répondit qu’il leur rendoit un triste service en cette occasion, mais qu’il espéroit être en état de leur en rendre de plus utiles dans la suite. Le Roi avoit avec lui ses gardes, ses chevau légers et ses mousquetaires, et tous les courtisans l’avoient accompagné. Le Roi monta en carrosse avec la reine ; Monseigneur et Monsieur s’y mirent aussi. Cela avoit été concerté dès le jour précédent, c’est pourquoi elle n’avoit avec elle que madame de Powits et la signora Anna Victoria Montecuculli, une Italienne qu’elle aimoit fort. Ils descendirent au château de Saint Germain, qui étoit meublé fort magnifiquement et où l’on trouva toutes les commodités imaginables pour le prince de Galles. Tourolle, tapissier du Roi, donna à la reine la clef d’un petit coffre où il y avoit 6000 pistoles. Monsieur et madame de Montchevreuil sont à Saint Germain pour faire à la reine les honneurs du gouvernement. Le roi d’Angleterre couche aujourd’hui à Breteuil. Le duc de Berwick, son fils, est venu devant pour apporter de ses nouvelles à la reine. Madame de Portsmouth avoit voulu venir au devant de la reine, mais M. de Lauzun lui manda qu’elle ne verroit personne qu’après être arrivée à Saint Germain. Les bruits qu’on a fait courre sur ce qu’elle a dit n’ont pas laissé de faire impression sur la reine, mais elle s’en justifie fort bien. […]<lb/>[p. 291] Vendredi 7, à Versailles. […] [p. 292] Entre cinq et six heures, le Roi monta en carrosse avec Monseigneur et M. de Chartres et alla descendre au château de Saint Germain. Il trouva la reine d’Angleterre au lit. Il causa une demi heure avec elle et la quitta quand on vint lui dire que le roi d’Angleterre étoit entré dans la cour du château ; le Roi alla au devant de lui jusqu’à la porte de la salle des gardes. Le roi d’Angleterre se baissa jusqu’à ses genoux ; le Roi l’embrassa et ils demeurèrent longtemps à s’entr’embrasser. Et ensuite, le Roi, lui tenant toujours la main, le mena dans la chambre de la reine sa femme, et le lui présenta, lui disant : « Je vous amène un homme que vous serez bien aise de voir ». Le roi d’Angleterre demeura longtemps dans les bras de la reine, et ensuite le Roi lui présenta Monseigneur, M. de Chartres, les princes du sang, le cardinal de Bonzy et quelques uns des courtisans que le roi d’Angleterre connaissoit. Puis le Roi mena le roi d’Angleterre chez le prince de Galles, et après l’avoir ramené chez la reine, en se séparant il lui dit : « Je ne veux point que vous me conduisiez ; vous êtes encore aujourd’hui chez moi. Demain vous me viendrez voir à Versailles comme nous en sommes convenus, je vous en ferai les honneurs, et vous me les ferez de Saint Germain la première fois que j’y viendrai, et ensuite nous vivrons sans façon ». […]<lb/>[p. 293] Samedi 8, à Versailles. Le Roi envoya le matin M. de La Trémouille à Saint Germain pour savoir des nouvelles du roi d’Angleterre, de la reine et du prince de Galles. Le roi d’Angleterre vint ici sur les quatre heures. […]<lb/>[p. 294] Dimanche 9, à Versailles. […] Monseigneur, en sortant de table, alla à Saint Germain. Le roi d’Angleterre vint le recevoir au bout de sa chambre, mais il ne sortit point. Ils causèrent longtemps debout, et ensuite Monseigneur alla voir la reine, qui lui donna un fauteuil, mais au dessous d’elle. En sortant de chez la reine, Monseigneur alla chez le prince de Galles, puis retourna à Versailles. Les maréchales d’Humières, de Lorges, d’Estrées ont été faire leur cour à la reine d’Angleterre, qui ne les a point baisées. Elle ne baisa point non plus la duchesse de Nevers, qui étoit allée au devant d’elle à Beaumont. Le Roi a réglé ce qu’il donnera au roi d’Angleterre pour sa dépense : il lui donnera 50000 écus pour se remettre en équipage et 50000 [p. 295] francs par mois. Le roi d’Angleterre n’en vouloit que la moitié. La reine d’Angleterre dit qu’elle traitera les dames ou comme les reines les traitent en Angleterre, ou comme les reines les traitent en France ; elle en laisse le choix au Roi, et ne veut rien faire que ce qui lui sera le plus agréable. Les reines en Angleterre baisent les princesses et les duchesses et ne les font point asseoir, et ici les reines font asseoir les princesses et les duchesses et ne les baisent point. La feue reine mère d’Angleterre, quand elle étoit ici, baisoit les duchesses, les maréchales de France, la femme du chevalier d’honneur et les dames d’atour. La reine dit à Monseigneur qu’elle n’attendoit qu’un habit pour aller à Versailles faire sa cour au Roi et voir madame la Dauphine.<lb/>Lundi 10, à Versailles. Madame alla sur les quatre heures à Saint Germain. Mademoiselle sa fille, madame de Guise et toutes les princes du sang y allèrent aussi. La reine d’Angleterre les salua toutes et donna un fauteuil à Madame et des sièges pliants aux princesses. Elle fit asseoir la duchesse de Portsmouth et la signora Anna Victoria Montecuculli, ce qu’on trouva extraordinaire car elle n’est point duchesse ; apparemment c’est comme étant sa dame d’honneur et on la priera de s’expliquer là-dessus.<lb/>[…]<lb/>[p. 297] Mercredi 12, à Versailles. […] Il y avoit encore quelque difficulté à régler sur le cérémonial pour la manière dont les princes du sang doivent être traités de LL. MM. BB. On est convenu, aujourd’hui, que les princes du sang se couvriront quand le roi d’Angleterre se couvrira et que la reine leur donnera des sièges ployants et les baisera. La feue reine, notre maîtresse, ne les faisoit pas asseoir, mais ils s’étoient toujours assis devant la reine mère. Le feu roi d’Angleterre, à Bruxelles, donna un fauteuil à feu M. le Prince. L’Empereur en fit offrir à MM. les princes de Conty quand ils passèrent à Vienne et il y a beaucoup d’exemple que les princes du sang de France ont reçu de plus grands honneurs que ceux qu’ils ont en cette occasion ; mais le Roi veut qu’on rende plus de respect encore au roi d’Angleterre malheureux que s’il étoit dans la prospérité. […] Le roi d’Angleterre a fait milord Powits duc. Il a quitté plus de 50000 écus de rente pour suivre le roi son maître, et est homme de grande qualité. […]<lb/>[p. 298] Jeudi 13, à Versailles. La reine d’Angleterre vint ici sur les quatre heures.<lb/>[…]<lb/>[p. 301] Samedi 15, à Versailles. Le Roi, après son dîner, alla à Saint Germain avec Monseigneur. Le roi d’Angleterre le vint recevoir au bout de la salle des gardes. Après avoir été quelque temps enfermés ensemble, ils allèrent chez la reine, où il y avoit trois fauteuils, mais le roi d’Angleterre ne voulut point s’asseoir et alla auprès de la cheminée causer avec Monseigneur, qui étoit debout, disant au Roi : « Nous sommes convenus que nous ne ferions plus de façons après cette visite ci ; je veux commencer dès ce soir ». Sur les six heures, le Roi en repartit et Monseigneur revint à la comédie.<lb/>[…]<lb/>[p. 306] Vendredi 21, à Marly. […] Monseigneur alla à Saint Germain ; il vouloit y courre le loup, mais n’en trouva point. Il y courut le cerf avec les chiens de M. du Maine. Le roi d’Angleterre étoit à la chasse et fut toujours à la tête des chiens ; il faisoit un temps terrible, et l’on manqua le cerf. […]<lb/>[p. 307] Samedi 22, à Versailles. Le Roi, après son dîner, partit de Marly et alla à Saint Germain voir le roi d’Angleterre. Il demeura assez longtemps enfermé avec lui, puis ils allèrent chez la reine, qui étoit au lit, et ensuite passèrent chez le prince de Galles.<lb/>[…]<lb/>[p. 309] Lundi 24, à Versailles. […] Le nonce d’Adda est arrivé à Saint Germain depuis quelques jours et s’en retourne à Rome, où il espère qu’on lui donnera le chapeau de cardinal. Nous n’avons pas été trop contents ici de la conduite qu’il a eue en Angleterre, et l’aimons mieux en Italie que dans ces pays ci. Le roi d’Angleterre a permis par un brevet au duc de Berwick, son fils, de porter l’étoile de l’ordre de la Jarretière sur ses habits, quoi qu’il n’ait pas été reçu à la chapelle de Windsor.<lb/>[…]<lb/>[p. 319] Mardi 1er février, à Versailles. […] [p. 320] Le Roi a dîné à son petit couvert, et après dîner est allé tirer, et de là à Marly, puis à Saint Germain pour voir le roi et la reine d’Angleterre. Monseigneur, après le chapitre, est allé à la forêt de Marly, où il avoit donné rendez vous au roi d’Angleterre. Ils ont couru le cerf et en ont pris deux. […] Il devoit y avoir appartement ce soir, mais le Roi l’a remis à demain, à cause qu’il a bien cru qu’il reviendroit trop tard de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 325] Mardi 8 [février], à Marly. […] Monseigneur alla à Saint Germain. Le roi d’Angleterre et lui coururent le cerf avec les chiens de M. du Maine. […]<lb/>[p. 326] Mercredi 9, à Marly. […] Monseigneur courut le loup dans la forêt de Saint Germain. M. le prince d’Orange renvoie au roi d’Angleterre ses carrosses, ses chevaux, ses équipages et sa vaisselle. […] Le roi d’Angleterre a fait arrêter à Saint Germain le major du régiment de Péterborough. C’est un homme qui a changé souvent de religion et de parti, et qu’on soupçonne d’avoir été envoyé ici par le prince d’Orange. On croit qu’on découvrira quelque chose par cet homme là.<lb/>[…]<lb/>[p. 328] Vendredi 11, à Marly. […] [p. 329] Monseigneur a couru le cerf dans la forêt de Saint Germain avec les chiens de M. du Maine ; il a été prendre le roi d’Angleterre. Madame la princesse de Conty étoit à la chasse, et mesdames de Mongon et de Dangeau l’y accompagnoient. La princesse de Conty a monté chez la reine d’Angleterre, qui souhaitoit la voir en habit de chasse.<lb/>Samedi 12, à Versailles. […] Hier au soir, deux députés d’Irlande arrivèrent à Saint Germain auprès du roi d’Angleterre. L’un est milord de Montjoye, protestant, et l’autre est catholique et milord chef de justice ; il s’appelle Reys. L’Irlande est toujours fort fidèle au roi. Ils n’ont été que deux jours sur mer et six jours à venir de Brest à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 331] Mercredi 16, à Versailles. […] Monseigneur est allé à Saint Germain pour y courre le loup avec le roi d’Angleterre ; mais ils n’en ont pas trouvé et sont revenus sans chasser. Il avoit convié le roi d’Angleterre, de la part du Roi, de venir ici demain voir les jardins, mais le roi d’Angleterre n’y viendra [p. 332] que vendredi parce qu’il s’est engagé d’aller demain dîner à Maubuisson.<lb/>[…]<lb/>[p. 335] Lundi 21, à Versailles. […] Monseigneur courut le loup à Lauthie et, au retour, à Saint Germain, il vit le roi et la reine d’Angleterre. […] [p. 336] Le roi d’Angleterre a fait arrêter à Saint Germain milord Montjoye, qui étoit député d’Irlande. Milord Tyrconnel a mandé au roi son maître qu’il feroit bien de s’en assurer. M. de Ponty, qui vient d’Irlande, assure que tout va à merveille en ce pays là. Il est arrivé aujourd’hui et dit qu’il y a dans ce royaume là quarante mille hommes sous les armes. Le roi d’Angleterre y fait passer trois cents officiers et quinze cents soldats, dragons ou cavaliers, et à mesure qu’il en arrive à Saint Germain on les envoie.<lb/>[…]<lb/>[p. 337] Mercredi 23, jour des Cendres, à Versailles. […] Je viens d’apprendre, ce soir au coucher, qu’il y a des chevaux de poste avec des chaises placées sur toute la route d’ici à Brest pour le roi d’Angleterre et les principales personnes qui l’accompagneront. Les milords Powits, Dumbarton, Melfort et Georges Howard suivront S. M. B. La reine et le prince de Galles demeureront à Saint Germain. Le roi donne beaucoup d’argent au roi d’Angleterre pour ce voyage là, et M. d’Avaux y va et demeurera en Irlande ambassadeur du Roi auprès de lui.<lb/>[…]<lb/>[p. 338] Vendredi 25, à Versailles. […] Le roi d’Angleterre, le matin, à Saint Germain, fit M. de Lauzun chevalier de la Jarretière, en la place du duc d’Albemarle, mort depuis peu de temps. Ensuite S. M. B. alla à Paris, descendit à Notre Dame, où il fit ses dévotions, alla dîner chez M. de Lauzun, puis chez les religieuses angloises, et au Luxembourg voir la grande Mademoiselle, repassa par Chaillot, où est le cœur de la reine sa mère, alla ensuite à Saint Cloud voir Monsieur et Madame, qui y étoient venus le matin [p. 339] s’y promener, et arriva sue les sept heures ici, où le Roi l’attendoit de meilleure heure. Les deux rois furent longtemps enfermés, et puis vinrent chez madame la Dauphine, où le roi d’Angleterre prit congé d’elle. Le Roi lui dit : « Je souhaite, Monsieur, ne vous revoir jamais. Cependant, si la fortune veut que nous nous revoyions, vous me trouverez toujours tel que vous m’avez trouvé. » Le Roi ira encore lui dire adieu à Saint Germain avant qu’il parte. […]<lb/>[p. 339] Samedi 26, à Versailles. Monsieur et Madame ont été à Saint Germain dire adieu au roi d’Angleterre ; Madame et toutes les dames étoient en mante. Le roi d’Angleterre les reçut chez la reine sa femme qui, après avoir été quelque temps debout, s’assit, disant qu’elle se trouvoit un peu mal. Le roi d’Angleterre baisa Madame et toutes les princesses du sang. […]<lb/>[p. 340] Dimanche 27, à Versailles. Le Roi et Monseigneur sont allés dire adieu au roi d’Angleterre, qui part demain matin sans faute.<lb/>[…]<lb/>[p. 344] Jeudi 3 [mars], à Marly. […] La reine d’Angleterre, pour être plus en repos, a réglé que tous les lundis elle recevroit tous ceux qui voudroient venir lui faire leur cour. Les autres jours, elle ne verra que la maison royale. On avoit parlé de la faire venir à Clagny, et même à Versailles, à l’aile neuve ; mais on croit qu’elle aime mieux demeurer à Saint Germain, où elle est plus retirée. […]<lb/>Vendredi 4, à Marly. […] Monsieur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, qui est toujours fort triste et assez incommodée. […]<lb/>[p. 346] Samedi 5, à Versailles. […] Le roi partit de Marly sur les cinq heures. […] En partant de Marly, il alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre et revint tard à Versailles.<lb/>[…]<lb/>[p. 349] Jeudi 10, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, et y mena madame la princesse de Conty. […]<lb/>[p. 350] Vendredi 11, à Versailles. […] Le Roi, après le sermon, alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 359] Jeudi 24, à Versailles. Le Roi dîna à son petit couvert et alla à Saint Germain l’après dînée voir la reine d’Angleterre. Il devoit aller à la volerie, mais le vilain temps l’en empêcha. […]<lb/>Vendredi 25, à Versailles. […] Monseigneur, après le sermon, alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, qui a été malade tous ces jours passés.<lb/>[…]<lb/>[p. 363] Mercredi 30, à Marly. […] Le Roi joua hier en arrivant, et après son souper, aux portiques. Aujourd’hui, il a joué encore après son dîner et puis, à six heures, il est allé voir la reine d’Angleterre à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 367] Mardi 5 [avril], à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf à Saint Germain avec les chiens de M. le duc du Maine. […]<lb/>[p. 368] Mercredi 6, à Versailles. […] La reine d’Angleterre alla hier aux religieuses de Chaillot, où elle passera toute la semaine. Le Roi lui a fait meubler un appartement.<lb/>[…]<lb/>[p. 370] Dimanche 10, jour de Pâques, à Versailles. […] [p. 371] La reine d’Angleterre est sortie ce soir du couvent de Chaillot et est retournée à Saint Germain. Le Roi lui a envoyé proposer de venir demain souper à Marly.<lb/>[…]<lb/>[p. 373] Jeudi 14, à Versailles. Le Roi, après son dîner, alla à Saint-Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 378] Jeudi 21, à Versailles. […] La reine d’Angleterre est allée coucher aux filles Sainte Marie, à Chaillot. […]<lb/>Vendredi 22, à Versailles. […] La reine d’Angleterre alla à Paris, et communia [p. 379] à Notre Dame. L’archevêque la reçut à la porte à la tête du chapitre.<lb/>[…]<lb/>[p. 381] Mardi 26, à Versailles. Le Roi alla dîner à Marly […]. Après son dîner, il alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, qui est revenue de Chaillot, où elle a passé quelques jours, pendant lesquels elle a été deux fois à Paris.<lb/>[…]<lb/>[p. 383] Vendredi 29, à Versailles. […] Messeigneurs les ducs de Bourgogne, d’Anjou et de Berry allèrent pour la première fois à Saint Germain voir la reine d’Angleterre et le duc d’York. La reine les vint recevoir à la porte de sa chambre, et leur donna des fauteuils. Chez M. le prince de Galles, on mit quatre fauteuils, et les trois princes étoient au dessus de lui.<lb/>[…]<lb/>[p. 384] Dimanche 1er mai, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 388] Vendredi 6, à Marly. […] Monsieur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 390] Lundi 9, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre et y mena Mademoiselle et madame de Guise ; les petites filles de France n’y vont point si le Roi, Monseigneur, Monsieur ou Madame n’y vont, parce qu’elles n’ont qu’un siège ployant. Il y a quatre dames de la reine d’Angleterre qu’elle fait asseoir quand il y a quelque princesse ou duchesse françoise : madame Powits, comme duchesse angloise, madame de Montecuculli, qu’on a fait comtesse d’Almont, comme sa dame d’honneur, et mesdames de Sussex et de Waldegrave, comme fille de roi. C’est le Roi notre maître qui leur a donné ce [p. 391] rang là, car elles n’en ont aucun en Angleterre. […]<lb/>Mardi 10, à Versailles. Le Roi travailla l’après dînée jusqu’à cinq heures avec M. de Seignelay et puis alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 394] Dimanche 15, à Versailles. […] Monseigneur alla l’après dînée à Saint Germain voir la reine d’Angleterre. […]<lb/>Lundi 16, à Versailles. Le Roi dîna à Marly et [p. 395] l’après dînée il alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre. Le prince de Galles vint ici voir madame la Dauphine et messeigneurs ses enfants.<lb/>[…]<lb/>[p. 399] Lundi 23, à Versailles. Le Roi travailla l’après dînée jusqu’à quatre heures avec M. de Seignelay, et puis alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 407] Lundi 6 [juin], à Versailles. […] Monseigneur a été à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 408] Mercredi 8, à Versailles. […] Le Roi alla dîner à Marly […]. L’après dînée, il alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 412] Mercredi 15, à Versailles. […] Monseigneur suivit le Roi à cheval à la portière de son carrosse, à son [p. 413] retour de Saint Germain où il avoit été voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>Vendredi 17, à Marly. […] [p. 414] La reine d’Angleterre est allée à Chaillot, où elle demeurera jusqu’à dimanche au soir. Demain elle ira dans deux ou trois couvents à Paris, comme elle a accoutumé à tous les petits voyages qu’elle y fait.<lb/>[…]<lb/>[p. 415] Lundi 20, à Versailles. […] La reine d’Angleterre a fait une petite fête à Saint Germain pour le jour de la naissance de M. le duc d’York, qui a aujourd’hui un an.<lb/>[…]<lb/>[p. 416] Mercredi 22, à Marly. Le Roi alla sur les quatre heures à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, et puis revint ici.<lb/>[…]<lb/>[p. 417] Vendredi 24, à Marly. […] Monseigneur s’alla promener, le soir, avec madame la princesse de Conty, dans les prairies qui sont au dessous de Saint Germain. […]<lb/>[p. 418] Samedi 25, à Versailles. […] Monseigneur, après les portiques, alla à Saint Germain avec madame la princesse de Conty. Ils demeurèrent une heure avec la reine d’Angleterre et puis revinrent ici.<lb/>[…]<lb/>[p. 424] Mercredi 6 [juillet], à Marly. Le Roi après son dîner alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, et puis revint ici. […]<lb/>Jeudi 7, à Marly. Le Roi, après son dîner, monta [p. 425] en carrosse pour aller courre le cerf dans la forêt de Marly. Il y avoit donné rendez vous à la reine d’Angleterre. Il la trouva dans la grande route. Elle se mit en calèche avec lui. Ils virent souvent la chasse, qui fut fort belle, et puis le Roi revint ici et la reine retourna à Saint Germain. Monseigneur, Madame et les princesses coururent à cheval.<lb/>[…]<lb/>[p. 427] Lundi 11, à Versailles. […] La reine d’Angleterre alla à Saint Cyr, où madame de Maintenon la reçut. Il n’y eut de femmes de la cour que madame la comtesse de Grammont.<lb/>[…]<lb/>[p. 428] Mercredi 13, à Versailles. Le Roi alla à quatre heures à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, et puis revint à Marly changer d’habit et revint par son grand parc en tirant. Monseigneur alla aussi à Saint Germain et en repartit avant que le Roi y arrivât.<lb/>[…]<lb/>[p. 430] Samedi 16, à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, qui lui avoit mandé qu’elle souhaitoit venir à Versailles pour lui parler. Le Roi fut assez longtemps avec elle, puis il vint à Trianon, où il passa toute la soirée.<lb/>[…]<lb/>[p. 437] Vendredi 29, à Versailles. Le Roi alla sur les quatre heures à Saint Germain voir la reine d’Angleterre. Monseigneur y étoit allé en sortant de table et en repartit quand le Roi y arriva.<lb/>[…]<lb/>[p. 443] Lundi 8 [août], à Versailles. Le Roi, après son dîner, alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, et puis revint à Marly.<lb/>[p. 446] Samedi 13, à Versailles. […] Milord Douvre est arrivé, et est allé trouver la reine d’Angleterre à Chaillot.<lb/>[…]<lb/>[p. 449] Mercredi 17, à Versailles. Le Roi, après son dîner, alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, et puis revint à Marly où il se promena longtemps.<lb/>[…]<lb/>[p. 457] Dimanche 28, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, puis revint à Trianon faire collation avec madame la princesse de Conty.<lb/>[p. 460] Mardi 30, à Versailles. Le Roi, après dîner, alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 465] Mardi 6 [septembre], à Versailles. Le Roi alla après son dîner à Saint Germain, voir la reine d’Angleterre, et puis revint à Trianon.<lb/>[…]<lb/>[p. 467] Samedi 10, à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, et puis revint à Marly.<lb/>[…]<lb/>[p. 468] Lundi 12, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre. […]<lb/>[p. 469] Mardi 13, à Versailles. Le Roi, après dîner, alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 477] Mardi 27, à Versailles. Le Roi, après dîner, alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[tome 3, p. 2] Mardi 4 [octobre], à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain [p. 3] dire adieu à la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 13] Lundi 24, à Versailles. Le Roi, Monseigneur et Monsieur allèrent tous trois séparément voir la reine d’Angleterre à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 15] Dimanche 30, à Versailles. Le Roi, après son dîner, alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, qui est fort aise de voir qu’on envoie un secours considérable en Irlande. On ne dit point encore quels sont les bataillons qu’on envoie en ce pays là, mais les ordres sont partis pour les faire marcher.<lb/>[…]<lb/>[p. 17] Jeudi 3 [novembre], à Marly. […] Monseigneur alla courre le loup à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 19] Lundi 7, à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf à Saint Germain avec les chiens de M. du Maine.<lb/>[…]<lb/>[p. 20] Mercredi 9, à Versailles. […] Le Roi alla, après son dîner, à Marly. Il y demeura quelque temps à voir planter, puis il alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 24] Samedi 12, à Versailles. […] Le Roi, après don dîner, alla à Marly, où il s’amusa à faire planter. Monseigneur l’y vint trouver après avoir couru le cerf avec les chiens de M. du Maine à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 26] Samedi 19, à Versailles. Le Roi revint ici après avoir été à Saint Germain vers la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 29] Samedi 26, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre. Monsieur y alla aussi, et y mena Mademoiselle, madame de Guise et madame la grande duchesse. Les princesses n’y vont jamais sans Monsieur ou Madame, parce que la reine d’Angleterre ne leur donne qu’un tabouret.<lb/>[…]<lb/>[p. 33] Samedi 3 [décembre], à Versailles. […] Monseigneur courut le loup dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 34] Lundi 5, à Versailles. […] M. Porter est arrivé à Saint Germain. Le roi d’Angleterre l’avoit fait partir d’Irlande pour aller de sa part à Rome. Mais le Roi, ayant jugé [p. 35] à propos qu’il y eût à Rome un ministre du roi d’Angleterre, y avoit déjà envoyé milord Melford. Ainsi M. Porter demeurera en France et se tiendra auprès de la reine d’Angleterre. […]<lb/>Mardi 6, à Versailles. […] Monseigneur alla l’après dînée à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 38] Mercredi 14, à Marly. Le Roi, après son dîner, alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre et arriva à Marly de bonne heure.<lb/>[…]<lb/>[p. 43] Mercredi 28, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, qui a passé les fêtes à Chaillot.<lb/>[…]<lb/>[p. 54] Mardi 17 [janvier 1690], à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 55] Jeudi 19, à Versailles. Le Roi, après son dîner, alla à Saint Cyr voir représenter Esther. La reine d’Angleterre y vint de Saint Germain. Elle versa en carrosse. Son cocher qui le menoit avoit été cocher de Cromwell.<lb/>[…]<lb/>[p. 58] Mardi 24, à Versailles. […] Milord Waldegrave est mort à Saint Germain. Il avoit épousé une fille du roi d’Angleterre et de mademoiselle Churchill, et c’est lui que le roi d’Angleterre avoit laissé auprès de la reine sa femme, avec toute sa confiance en ses affaires. […]<lb/>Mercredi 25, à Marly. Le Roi, après don dîner, partit de Versailles et alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre. Il revint sur les six heures à Marly.<lb/>[…]<lb/>[p. 62] Samedi 4 [février], à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain avec les chiens de M. du Maine. […] La reine d’Angleterre, qui étoit à Chaillot, est revenue à Saint Germain ; mais les eaux sont tellement débordées qu’elle a été contrainte d’aller de Chaillot à Montmartre, de Montmartre à Paris, de Paris passer par Versailles pour aller à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 66] Lundi 13, à Versailles. […] Monseigneur alla l’après dînée avec madame la princesse de Conty à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 69] Lundi 20, à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf à Saint Germain avec les chiens de M. du Maine.<lb/>[…]<lb/>[p. 70] Samedi 25, à Versailles. Le Roi fut à Saint Germain voir la reine d’Angleterre. Monseigneur y alla aussi avec Monsieur, la grande Mademoiselle et madame de Guise.<lb/>[…]<lb/>[p. 74] Jeudi 9 [mars], à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 76] Samedi 11, à Versailles. Le Roi alla tirer, et puis passa à Marly pour se rhabiller, et de là il fut à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 77] Lundi 13, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 85] Mercredi 29, à Versailles. Le Roi dîna à son petit couvert, alla tirer, puis passa à Marly pour changer d’habit. Et de là, il alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 86] Vendredi 31, à Versailles. […] Monseigneur dîna chez lui avec madame la princesse de Conty, et puis alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre. […]<lb/>Samedi 1er avril, à Versailles. Le Roi a dîné à son petit couvert et est allé tirer. Monseigneur a courut le loup dans la forêt de Saint Germain avec les chiens de M. du Maine.<lb/>[…]<lb/>[p. 97] Mercredi 12 [avril], à Marly. Le Roi, après son dîner, alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, et puis vint ici où il se promena longtemps.<lb/>[…]<lb/>[p. 99] Dimanche 16, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 118] Dimanche 7 [mai], à Versailles. […] Le Roi a été voir la reine d’Angleterre. Monseigneur y a été ensuite et y a mené dans son carrosse M. le duc de Bourgogne ; il y fit monter M. de Beauvilliers. La reine d’Angleterre demanda à Monseigneur s’il ne falloit point donner un fauteuil à M. le duc de Bourgogne et lui en fit donner un. Ensuite Monsieur et Madame vinrent et eurent des fauteuils. M. de Chartres n’eut qu’un pliant. Madame la maréchalle de La Mothe y mena aussi M. le duc d’Anjou et M. le duc de Berry après que Monseigneur en fut sorti.<lb/>[…]<lb/>[p. 123] Lundi 15, à Versailles. […] Monseigneur alla à Chaillot dire adieu à la reine d’Angleterre, qui y passera la semaine pour y faire son jubilé.<lb/>[…]<lb/>[p. 237] Vendredi 20 [octobre], à Fontainebleau. M. de Lauzun et M. de La Hoguette ont eu chacun séparément une grande audience du Roi, et puis M. de Lauzun est allé à Saint Germain trouver le roi d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 239] Vendredi 27, à Versailles. […] Le duc de Tyrconnel est arrivé à Saint Germain ; le roi d’Angleterre le vouloit amener au Roi, mais le Roi l’a prié d’attendre jusqu’à dimanche, parce qu’il le vouloit entretenir à loisir, et que demain il a beaucoup d’affaires. On a déjà envoyé deux barques en Irlande pour assurer les Irlandois qui demeurent fidèles au roi leur maître que le Roi leur enverra les secours qui leur sont nécessaires.<lb/>[…]<lb/>[p. 242] Jeudi 2 [novembre], à Marly. […] Monseigneur a couru le cerf à Saint Germain avec les chiens de M. du Maine, et arriva ici un peu après le Roi. Monsieur et Madame vinrent ici de Saint Cloud et passèrent par Saint Germain pour voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 247] Samedi 11, à Versailles. […] Monseigneur donna à dîner à [p. 248] madame la princesse de Conty, et puis alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 249] Mardi 14, à Versailles. […] Le Roi, après son dîner, alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre. Le duc de Tyrconnel repart incessamment pour l’Irlande, mais on n’a pas déclaré les officiers qui partent avec lui.<lb/>[…]<lb/>[p. 250] Jeudi 16, à Versailles. […] Le Roi a longtemps entretenu M. de Tyrconnel ; il avoit couché ici. Le Roi lui fait donner une chambre dans le château quand il couche ici. Le roi d’Angleterre lui donne l’ordre de la Jarretière. Il a la place du duc de Grafton, mort en Irlande dans les troupes du prince d’Orange.<lb/>[…]<lb/>[p. 253] Mercredi 22, à Marly. […] Monseigneur et Madame coururent le cerf dans la forêt de Saint Germain avec les chiens de M. du Maine et arrivèrent ici avant le Roi.<lb/>[…]<lb/>[p. 263] Mercredi 20 [décembre], à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 266] Mercredi 27, à Marly. Le Roi alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, et arriva ici sur les six heures.<lb/>[…]<lb/>[p. 272] Jeudi 11 [janvier 1691], à Versailles. Le Roi alla voir le roi et la reine d’Angleterre à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 274] Vendredi 19, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 280] Jeudi 1er février, à Versailles. […] Le roi d’Angleterre s’est trouvé un peu incommodé et s’est fait saigner à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 283] Jeudi 8, à Versailles. Le Roi dîna à son petit couvert et puis alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 284] Samedi 10, à Versailles. […] Monseigneur alla avec les princesses à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 292] Mercredi 28, à Marly. […] Ces jours passés, à Saint Germain, des Anglois, frères du comte de Salisbury, se querellèrent, se battirent et se blessèrent très dangereusement. Après leur combat, ils se raccommodèrent, se demandèrent pardon l’un à l’autre, firent venir un prêtre et abjurèrent la religion protestante, dont ils étaient. Depuis ce temps là, l’aîné, qui avoit dix neuf ans, est mort de sa blessure, et le cadet est encore fort malade, et l’on dit qu’il n’attend que sa guérison pour se mettre à la Trappe.<lb/>[…]<lb/>[p. 293] Samedi 3, à Versailles. Le Roi alla le matin à la chasse, et revint dîner à Marly. L’après dînée, il alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 296] Mercredi 7, à Versailles. Le Roi, après son dîner à Versailles, alla au sermon et puis vint ici en chassant. Monseigneur y étoit déjà arrivé, après avoir couru le cerf à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 299] Mercredi 14, à Versailles. Le Roi, à son lever, déclara qu’il marcheroit samedi pour aller à Mons, qui est investi par M. de Boufflers. […] Le Roi a été cette après dînée dire adieu au roi et à la reine d’Angleterre, qui demeureront à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 302] Vendredi 16, à Versailles. Le Roi ne sortit point de tout le jour, ni Monseigneur non plus. Le roi et la reine d’Angleterre vinrent prendre congé d’eux. Le roi d’Angleterre souhaitoit fort d’accompagner le Roi au siège de Mons, et l’a fort pressé là dessus, mais le Roi, à cause des embarras que cela auroit pu faire, l’a prié de vouloir bien demeurer à Saint Germain. La Maison du Roi et tous ses équipages sont partis aujourd’hui ; on ne laissa ici pour la garde des princes qu’un lieutenant aux gardes et quatre vingt soldats des moins en état de marcher. Il reste quatre vingt gardes du corps pour demeurer auprès d’eux et auprès du roi d’Angleterre à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 326] Jeudi 19 [avril], à Versailles. Le Roi, après son dîner, alla voir le roi et la reine d’Angleterre. […]<lb/>Vendredi 20, à Versailles. […] Monseigneur voulut aller à Saint Germain voir le roi d’Angleterre, mais il étoit allé à Paris pour voir Monsieur.<lb/>[…]<lb/>[p. 327] Lundi 23, à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf le matin, revint dîner ici, et puis alla à Saint Germain voir LL. MM. BB.<lb/>[…]<lb/>[p. 333] Samedi 5 [mai], à Versailles. Le Roi, après son dîner, alla à Marly et à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 334] Mardi 8, à Versailles. […] Monseigneur alla avec madame la princesse de Conty à Saint Germain pour voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 335] Samedi 12, à Versailles. […] La reine d’Angleterre a choisi pour gouvernante du prince de Galles la comtesse d’Errol, arrivée depuis peu d’Ecosse. Elle est veuve, son mari étoit connétable héréditaire du royaume d’Ecosse.<lb/>[…]<lb/>[p. 353] Jeudi 28 [juin], à Versailles. Le Roi, après son dîner, alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 359] Samedi 14 [juillet], à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 371] Vendredi 27, à Versailles. Le Roi, après son dîner, alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre, puis s’alla promener à Marly.<lb/>[…]<lb/>[p. 390] Mardi 28 [août], à Marly. Le Roi, après avoir dîné à Versailles, alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre. Il régla avec eux qu’ils viendraient de Saint Germain passer dix jours à Fontainebleau.<lb/>[…]<lb/>[p. 393] Mercredi 5 [septembre], à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 428] Vendredi 9 [novembre,] à Versailles. […] [p. 429] L’après dînée, le Roi s’amusa à Marly à faire planter jusqu’à la nuit, et puis revint ici avec les dames, qui étoient allées à Saint Germain voir la reine d’Angleterre pendant que le Roi faisoit planter.<lb/>[…]<lb/>[p. 440] Dimanche 9 [décembre], à Versailles. Le roi d’Angleterre s’en va en Bretagne vers Brest pour se faire voir aux Irlandois qui sont arrivés. Il en formera des régiments selon qu’il jugera à propos. Il partira samedi qui vient, et a prié le Roi que partout où il passeroit, on ne lui rendit aucuns honneurs, afin d’éviter les embarras.<lb/>[…]<lb/>[p. 441] Jeudi 13, à Versailles. Monseigneur alla à Saint Germain dire adieu au roi d’Angleterre, qui part samedi.<lb/>[…]<lb/>[p. 442] Samedi 15, à Versailles. Le roi d’Angleterre partit de Saint Germain pour son voyage de Brest. Le Roi lui donne deux relais de carrosse jusqu’à Orléans, où il s’embarquera pour descendre la Loire. Il ne mène avec lui que le duc de Berwick, son fils, et a prié le Roi qu’on ne lui fît aucuns honneurs sur la route.<lb/>[…]<lb/>[p. 444] Samedi 22, à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[tome 4, p. 3] Samedi 5 [janvier 1692], à Versailles. […] Le roi d’Angleterre mande au Roi que, des Irlandois qui ont passé en France, il en a déjà composé sept régiments d’infanterie de quatorze cents hommes, qui feront chacun deux bataillons, et un régiment de cavalerie de six cents chevaux. Il n’a point encore nommé les colonels ; il placera la plupart de ceux qui sont venus, qui sont en très grand nombre, dans son régiment des gardes, qui est un des sept qu’il a composés. Outre cela, il attend encore quatre ou cinq mille hommes qui doivent passer avec Sarsfield.<lb/>[…]<lb/>[p. 6] Lundi 7, à Versailles. […] La grossesse de la reine d’Angleterre continue ; elle ne sort plus de sa chambre ; elle a senti son enfant remuer. Le roi, son mari, lui a mandé qu’il arriveroit vendredi.<lb/>[…]<lb/>[p. 8] Vendredi 11, à Versailles. Le roi d’Angleterre revint [p. 9] de son voyage de Bretagne. […]<lb/>Samedi 12, à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre. Il souhaitoit que le Roi fit habiller de rouge tous les régiments irlandois et qu’ils eussent une paye plus forte que les françois, mais cela ne se fera point. Il souhaite aussi que le Roi fasse deux régiments de cavalerie des six cents cavaliers qui ont passé, et le Roi y consent. Il y aura outre cela deux compagnies de ses gardes à cheval et un régiment de dragons à pied. Le roi d’Angleterre compte qu’avec les Irlandois que commande milord Montcassel, et ceux qui viennent de passer avec Sarsfiels, il y aura vingt mille Irlandois dans le service de France.<lb/>[…]<lb/>[p. 21] Dimanche 10 [février], à Versailles. […] Le Roi a été cette après dînée à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 34] Vendredi 22, à Versailles. Le Roi envoie à Metz les Irlandois des deux compagnies des gardes du roi d’Angleterre et de ses deux régiments de cavalerie ; on y a déjà acheté leurs chevaux. Le roi d’Angleterre a choisi le duc de Berwick, son fils, et Sarsfield, qu’il a fait milord Lucan, pour commander ses deux compagnies des gardes ; et il a donné ses deux régiments de cavalerie, qui seront de trois cents chevaux chacun, à milord Galmoy, Irlandois, et l’autre à Shelton. […]<lb/>Samedi 23, à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre. Monsieur y mena madame la duchesse de Chartres.<lb/>[…]<lb/>[p. 38] Jeudi 28, à Versailles. […] Monseigneur alla avec madame la princesse de Conty dire adieu au roi et à la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 44] Vendredi 14 [mars], à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 45] Dimanche 16, à Versailles. […] M. le Dauphin alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre. M. le Dauphin a dit au roi d’Angleterre que le Roi comptoit avoir cette année en campagne, en Flandre, cent cinquante six mille hommes.<lb/>[…]<lb/>[p. 47] Mercredi 19, à Versailles. M. le duc du Maine épousa mademoiselle de Charolois à la messe du Roi. Sur les [p. 48] six heures, on entra dans l’appartement dès que le roi d’Angleterre fut arrivé. […] [p. 49] La reine d’Angleterre n’est point venue à toutes ces cérémonies de mariage parce que sa grossesse l’en a empêché. Elle ne sort pas même de sa chambre. […]<lb/>Jeudi 20, à Versailles. […] [p. 50] Milord Dumbarton est mort à Saint Germain. Il étoit premier gentilhomme de la chambre du roi d’Angleterre. Il avoit été général de ses troupes. Il avoit été lieutenant général en France, où il avoit servi longtemps sous le nom de milord Douglas. Il étoit frère du duc d’Hamilton et étoit chevalier de Saint André, qui est l’ordre d’Ecosse, et qui porte le cordon bleu comme les chevaliers de la Jarretière.<lb/>[…]<lb/>[p. 53] Vendredi 28, à Marly. […] Monseigneur courut le loup dans la forêt de Saint Germain. […]<lb/>[p. 54] Samedi 29, à Versailles. Le Roi alla tirer l’après dînée, et puis alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre, et revint ici sur les sept heures. Monseigneur courut encore le loup à Saint Germain et revint ici de bonne heure.<lb/>[…]<lb/>[p. 55] Lundi 31, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre, et madame la Princesse se servit de cette occasion là pour présenter madame la duchesse du Maine à la reine d’Angleterre. Les Petites Filles de France ni les princesses du sang n’y vont jamais que Monseigneur, Monsieur, ou Madame n’y soient, parce que la reine ne leur fait donner que des tabourets, et qu’ils prétendroient des chaises si Monseigneur, Monsieur ou Madame n’y étoient pas.<lb/>[…]<lb/>[p. 57] Lundi 7 [avril], à Versailles. Le Roi alla tirer, passa à Marly, où il se promena assez longtemps, et alla ensuite à Saint Germain voir la reine d’Angleterre, qui est assez incommodée. On craint qu’elle ne se soit blessée pour avoir trop longtemps été à genoux.<lb/>[…]<lb/>[p. 60] Lundi 14, à Versailles. […] Monseigneur alla à saint Germain dire adieu au roi d’Angleterre, qui part au plus tard dans huit jours.<lb/>[…]<lb/>[p. 61] Mercredi 16, à Versailles. […] On ne doute plus présentement que le roi d’Angleterre ne s’embarque et que le dessein ne soit de faire une descente en Angleterre ; cependant le prince d’Orange demeure tranquillement à Loo à chasser. Le roi d’Angleterre aura deux lieutenants généraux et trois maréchaux de camp dans ses troupes ; les lieutenants généraux sont Richard Hamilton, qui doit incessamment revenir d’Angleterre, où il étoit prisonnier, et milord Lucan, celui qui a amené les quatre mille Irlandois en ce pays ici. Les trois maréchaux de camps sont milord Galmoy, Shelton et Wacop.<lb/>[…]<lb/>[p. 62] Samedi 19, à Versailles. Le Roi a commandé à M. de Montchevreuil de demeurer, durant le voyage qu’on va faire, auprès de la reine d’Angleterre, qui sera bien seule quand le roi son mari sera parti ; la plupart des Anglois le suivent. Madame de Montchevreuil demeurera avec son mari. Le Roi est bien aise, durant son absence, d’avoir des gens de confiance auprès de la reine d’Angleterre. Sa grossesse va toujours bien ; elle n’a point été blessée, comme on l’avoit craint. […]<lb/>Dimanche 20, à Versailles. Le roi alla à Saint Germain dire adieu au roi d’Angleterre. […] Le roi d’Angleterre a fait trois chevaliers de la Jarretière : le prince de Galles, le duc de Powis, et milord Melford, qui étoit déjà chevalier de l’ordre de Saint André d’Ecosse. Le prince d’Orange, de son côté, fait des chevaliers, et a donné l’ordre à l’électeur de Bavière. […]<lb/>Lundi 21, à Versailles. Le roi d’Angleterre est parti de Saint Germain pour s’en aller en Normandie voir les Irlandois qui sont dans l’armée du maréchal de Bellefonds.<lb/>[…]<lb/>[p. 63] Jeudi 24, à Marly. […] [p. 64] Les Anglois qui étoient demeurés à Saint Germain après le roi d’Angleterre sont venus ici prendre congé du Roi et se préparent tous à aller s’embarquer avec le roi leur maître.<lb/>[…]<lb/>[p. 66] Mercredi 30, à Marly. Le Roi alla à Saint Germain avec la reine d’Angleterre, et arriva ici sur les six heures.<lb/>[…]<lb/>[p. 67] Vendredi 2 [mai], à Marly. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 72] Mercredi 7, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain avec madame la princesse de Conty dire adieu à la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 84] Mardi 27, au camp devant Namur. […] La reine douairière d’Angleterre, en allant de Pontoise à Saint Denis, passa par dessus certaines formalités et alla à Saint Germain voir la reine sa belle sœur, avec qui elle fut deux heures. On avoit envoyé le prince de Galles sur son chemin au devant d’elle.<lb/>[…]<lb/>[p. 116] Mercredi 25 juin, devant le château de Namurs. […] [p. 117] L’armée qui étoit en Normandie est séparée. Le roi d’Angleterre est retourné à Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 122] Mardi 1er juillet, devant le château de Namurs. […] On a eu nouvelles de Saint Germain que la reine d’Angleterre étoit accouchée d’une fille.<lb/>[…]<lb/>[p. 130] Vendredi 18, à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre. […]<lb/>Samedi 19, à Versailles. […] Monseigneur alla avec beaucoup de princesses à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 137] Mardi 5 [août], à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 143] Dimanche 10, à Marly. […] [p. 146] Monseigneur le Dauphin [p. 147] alla l’après dînée à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre, qui lui dirent que milord Montjoy a été tué [p. 148] au combat d’Enghien. C’est lui qui étoit à la Bastille et qui fut échangé il y a quelques mois contre Hamilton.<lb/>[…]<lb/>[p. 157] Samedi 23, à Versailles. Le Roi, Monseigneur, Monsieur, Madame, les princesses et toutes les dames allèrent à Saint Germain, où se fit la cérémonie du baptême de la petite princesse d’Angleterre, que le Roi et Madame tinrent sur les fonts. Elle fut nommée Louise-Marie.<lb/>[…]<lb/>[p. 168] Samedi 13 [septembre], à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf le matin à Marly et l’après dînée alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 178] Lundi 6 [octobre], à Fontainebleau. […] [p. 179] Les armateurs en Bretagne ont tant fait de prises depuis la déclaration de la guerre qu’on croit que M. de Chaulnes a eu pour sa part huit ou neuf cents mille francs. Il a le dixième, ayant les droits d’amirauté qui sont attachés au gouvernement de sa province. Quelques armateurs de Saint Malo ont pris des commissions du roi d’Angleterre et portent sa bannière. Par là, ce sera le roi d’Angleterre qui profitera de ce qui seroit revenu à M. de Chaulnes des prises qu’ils feront, et le Roi a permis aux armateurs d’en user ainsi.<lb/>Mardi 7, à Fontainebleau. Le roi et la reine d’Angleterre partirent de Saint Germain et arrivèrent ici ; ils ont amené plus de dames et une plus grosse Cour que l’année passée. Ils logent dans le grand appartement et on leur fait tous les mêmes traitements que les autres voyages. Le Roi mange toujours en public avec eux et toutes les princesses y mangent aussi. La reine est placée au milieu des deux rois. Le roi d’Angleterre a la droite partout. On jouera au lansquenet le jour d’appartement parce que la reine aime ce jeu là.<lb/>[…]<lb/>[p. 195] Jeudi 6 [novembre], à Marly. […] Monseigneur est allé courre le loup dans la forêt de Saint Germain, mais il n’en trouva point et il revint dîner ici.<lb/>[…]<lb/>[p. 197] Mardi 11, à Versailles. Monseigneur alla sur les dix heures du matin voir une course de chevaux qui se faisoit au Pecq ; le roi et la reine d’Angleterre y étoient. La course fut fort belle et le cheval du grand prieur gagna de deux longueurs de cheval. Le Roi alla, l’après dînée, à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 205] Mercredi 3 [décembre], à Marly. […] Monseigneur alla à Saint Germain avec la princesse de Conty voir le roi et la reine d’Angleterre, et puis vint ici.<lb/>[…]<lb/>[p. 221] Lundi 12 [janvier 1693], à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 228] Vendredi 30, à Versailles. […] Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint Germain avec les [p. 229] chiens du duc du Maine. Daunai, premier écuyer de M. le duc du Maine, fit une chute dont il est en grand danger.<lb/>[…]<lb/>[p. 235] Vendredi 13 [février], à Marly. Le Roi alla l’après dînée voler dans la plaine de Vésinet. Les princesses étoient à cheval, le roi et la reine d’Angleterre étoient à la volerie, et le prince de Danemark étoit allé à Saint Germain prendre congé de LL. MM. BB. et s’y trouva aussi, et le Roi lui fit donner des chevaux pour avoir le plaisir de la chasse.<lb/>[…]<lb/>[p. 250] Mercredi 25 [mars], à Versailles. […] La reine d’Angleterre, qui étoit assez malade ces jours ci, se porte considérablement mieux. […]<lb/>[p. 251] Jeudi 26, à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre. […]<lb/>Vendredi 27 mars, à Versailles. […] [p. 252] Le Roi alla l’après dînée à Marly et à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre. La reine se porte beaucoup mieux.<lb/>[…]<lb/>[p. 256] Jeudi 16 [avril], à Versailles. Le Roi donna, le matin, une longue audience dans son cabinet à milord Middleton, qui s’est sauvé d’Angleterre. Il a passé en Hollande déguisé et de là est venu ici sans être reconnu. Il étoit secrétaire d’Etat sous le feu roi d’Angleterre et, sous celui-ci, il étoit relégué chez lui dans la contrée depuis que le prince d’Orange est maître du pays.<lb/>[…]<lb/>[p. 271] Jeudi 23, à Marly. Le Roi se promena le matin dans ses jardins et alla l’après dînée voir à Saint Germain le roi et la reine d’Angleterre. […] Le roi d’Angleterre a fait milord Middleton son premier ministre et chef de son conseil. Il sera devant milord Melford, qu’il n’a point fait de difficulté de lui céder. Les Anglois ont beaucoup de confiance en milord Middleton ; il a toujours passé pour homme de beaucoup d’esprit et de beaucoup de probité. Il assure que le prince d’Orange a laissé vingt cinq mille hommes de ses meilleures troupes en Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 286] Jeudi 14, à Versailles. Le Roi et Monseigneur se promenèrent dans les jardins ; Monseigneur avoit été à Saint Germain, l’après dînée, dire adieu au roi et à la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 288] Samedi 16, à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain dire adieu au roi et à la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 315] Mardi 30 [juin], à Versailles. […] Le Roi alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 344] Jeudi 20 [août], à Versailles. […] Le roi d’Angleterre a donné la charge de capitaine de ses gardes à milord Lancarty, qui fut pris en Irlande et qui est encore prisonnier en Angleterre ; c’est la charge qu’avoit milord Lucan.<lb/>[…]<lb/>[p. 358] Dimanche 13 [septembre], à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 359] Mardi 15, à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 383] Samedi 24 [octobre], à Versailles. […] Le roi d’Angleterre a donné au chevalier Scott le régiment d’infanterie de la reine sa femme, que commandoit Wacop, tué à la Marsaglia. Le chevalier Scott est un vieil officier qui a longtemps servi en France et c’est lui qui, en Irlande, défendit Kinsale contre le prince d’Orange.<lb/>[…]<lb/>[p. 385] Mercredi 28, à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 386] Vendredi 30, à Versailles. […] Monseigneur alla avec madame la princesse de Conty à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 397] Mardi 17 [novembre], à Versailles. […] Le roi d’Angleterre a donné les deux régiments de dragons qui vaquoient dans ses troupes, le sien et celui de la reine, l’un à milord Kilmaluc et l’autre à milord O’Brien. Kilmaluc étoit lieutenant colonel du régiment de ses gardes, et O’Brien étoit lieutenant d’une compagnie des gardes du corps. O’Brien est devenu milord par la mort de son frère aîné, mort de maladie depuis quinze jours, qui étoit colonel d’un des trois régiments irlandois dont le Roi dispose sans que le roi d’Angleterre s’en mêle, et Sa Majesté a donné ce régiment à un ancien lieutenant colonel irlandois nommé Lee.<lb/>[…]<lb/>[p. 402] Jeudi 26, à Versailles. Le Roi alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 409] Jeudi 10 [décembre], à Versailles. […] Monseigneur alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 412] Vendredi 18, à Marly. […] Monseigneur courut le loup dans la forêt de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 439] Samedi 16 [janvier 1694], à Versailles. […] Monseigneur alla de Marly à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 459] Vendredi 5 [mars], à Versailles. […] Monseigneur alla courre le cerf à Saint Germain avec les chiens de M. le duc du Maine, qui lui donna à dîner au retour de la chasse, dans sa maison de Saint Germain.<lb/>[…]<lb/>[p. 484] Jeudi 29 [avril], à Trianon. On a vu le Roi ce matin à son lever et  à sa messe, comme à Versailles. Il a tenu conseil ce matin à son ordinaire, et après dîner il a été à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[tome 5, p. 17] Jeudi 27 [mai], à Versailles. Le roi d’Angleterre a ôté à milord Milford la place de premier ministre qu’il avoit auprès de lui avec son entière confiance. Il y avoit à Saint Germain une cabale fort opposée à lui et, outre cela, tous les serviteurs que le roi d’Angleterre conserve en ce pays là accusoient ce milord de ne pas être assez fidèle à son maître. On croit que le milord Greffin, nouvellement arrivé de Londres, a achevé de déterminer S. M. B. à ce changement dans son conseil.<lb/>[…]<lb/>[p. 20] Mercredi 2 [juin], à Marly. […] L’après dînée, Sa Majesté alla à Saint Germain voir le roi et la reine d’Angleterre. On croit que LL. MM. BB. récompenseront milord Milford de quelque nouveau titre. Quoiqu’ils lui ôtent la place de leur premier ministre, ils ne laissent pas de paraître content de lui. On ne doute pas que sa place ne soit donnée à milord Middleton.<lb/>[…]<lb/>[p. 33] Jeudi 24, à Trianon. […] Hier, le Roi alla à Saint Germain avec les dames voir le roi et la reine d’Angleterre.<lb/>[…]<lb/>[p. 44] Mercredi 14 [juillet], voyage de Marly. Le Roi partit l’après dînée de Trianon, alla voir le roi et la reine d’Angleterre à Saint Germain, et arriva ici de bonne heure.<lb/>[…]<lb/>[p. 45] Vendredi 16, à Marly. Le Roi se promena tout le matin dans ses jardins ; après dîner, il alla tirer à Saint Germain d’où il ne revint qu’à neuf heures.<lb/>[…]<lb/>[p. 47] Mercredi 21, à Marly. […] [p. 48] Le Roi alla à Saint Germain avec les dames. Il les laissa aller faire leur cour à la reine d’Angleterre et il monta dans sa calèche pour aller tirer au bout de la forêt. En revenant de la chasse, il reprit les dames au château neuf chez madame de Montchevreuil.<lb/>[…]<lb/>[p. 72] Vendredi 3 [septembre], à Marly. […] Le Roi a ordonné beaucoup de routes nouvelles dans la forêt de Saint Germain, où il veut pouvoir courre le cerf en calèche comme dans la forêt de Marly.<lb/>[…]<lb/>[p. 102] Vendredi 5 [novembre], à Marly. Le Roi alla courre le cerf dans la forêt de Saint Germain, où il a fait force routes nouvelles. Madame vint de Paris à la chasse.<lb/>[…]<lb/>[p. 116] Mardi 7 [décembre], à Versailles. […] Il y a eu une batterie à Saint Germain entre des Anglois, gens de condition, et des enfants de quelques [p. 117] officiers du Roi ; deux Anglois ont été blessés à mort ; un de ceux là étoit gouverneur du château de Basse, à l’embouchure du Leith en Ecosse, qui est la dernière place qui ait tenu pour le roi d’Angleterre, et l’autre</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21840_actor">Courcillon, Philippe (de) </persname>
            <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            <persname role="subject">Jacques II</persname>
            <name role="subject">Jacques III</name>
            <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
            <subject>Chasse</subject>
            <subject>Construction et travaux</subject>
            <subject>Jacobites</subject>
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            <p>Philippe de Courcillon de Dangeau, Journal du marquis de Dangeau, éd. Eudore Soulié et Louis Dussieux, Paris, Firmin Didot, 1854-1860.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires de la Cour de France de la comtesse de La Fayette</unittitle>
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              <persname id="atom_21849_actor">Pioche de La Vergne, Marie-Madeleine</persname>
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              <p>Par mariage comtesse de La Fayette.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 226] Quand Lauzun eut vu le Roi, il s’en retourna trouver la reine d’Angleterre, qui venoit se rendre à la Cour, n’ayant point de nouvelles de son epoux. On dit d’abord qu’on la logeroit à Vincennes, mais le Roi jugea plus à propos de lui donner Saint Germain. Pendant qu’elle etoit en chemin, la nouvelle arriva que le prince d’Orange avoit fait arreter le roi d‘Angleterre. L’exemple de la mort tragique de Charles Ier, son pere, fit trembler pour lui. Mais le soir meme, le Roi dit, en s’en allant à son appartement, qu’il avoit des nouvelles que ce prince etoit en sureté. Un valet de garde robe françois, que Sa Majesté britannique avoit depuis longtemps, l’avoit vu s’embarquer proche de Rochester. De là, ce prince etoit venu repasser à Douvres, et ensuite avoit passé à Ambleteuse, petit port auprès de Boulogne. Le valet de chambre etoit venu devant, et avoit rapporté qu’il avoit entendu tirer le canon à Calais. Qu’apparemment c’etoit son maitre qui y arrivoit. Toute la soirée se passa sans que l’on fut etonné de n’avoir point d’autres nouvelles de l’arrivée du roi d’Angleterre. Mais le lendemain, on fut au lever fort consterné quand on vit qu’il n’y en avoit point encore. On trouvoit que la nuit etoit trop longue pour que, si le canon que l’on avoit entendu tirer à Calais eut eté pour lui, le courrier n’en fut pas arrivé. On commença à raconter le matin que milord Feversham, frere de M. de Duras, avoit eté arreté par le prince d’Orange comme il venoit lui parler de la part du roi d’Angleterre, que le prince d’Orange avoit mandé au roi d’Angleterre qu’il falloit qu’il sortit de Windsor parce que tant qu’il y seroit on ne pouvoit pas travailler aux choses necessaires pour le bien de l’Etat. Le Roi en fit quelque difficulté, mais peu de momens apres le prince d’Orange lui renvoya dire qu’il le falloit et qu’il se retirat à Hampton Court, qui est une maison des rois [p. 227] d’Angleterre. Le roi manda qu’il n’y pouvoit pas aller, parce qu’il n’y avoit aucun meuble, mais que s’il le lui permettoit et qu’il le jugeat à propos, il iroit à Rochester. Le prince d’Orange y consentit, et lui manda en meme temps que pour sa sureté il lui donneroit quarante de ses gardes pour l’y conduire. Il fallut en passer par où le prince d’Orange voulut, et le roi sortit ainsi en peu de momens de Windsor. Sa Majesté britannique fut gardée très étroitement. Le premier jour, le prince d’Orange lui avoit donné presque tous gardes catholiques et un officier : ils entendirent la messe avec lui. Quand le roi fut à Rochester, on le garda moins. Il y avoit des portes de derriere à son palais ; un domestique qui etoit au roi lui fit trouver des chevaux, dont il se servit. Il partit à l’entrée de la nuit, et se rendit à un endroit où l’attendoit un petit bateau pour le conduire à un plus grand batiment. En arrivant à la petite barque, il y trouva des paysans ivres, qui l’obligerent de boire à la santé du prince d’Orange. Sa Majesté leur donna de l’argent pour y boire encore. On contoit aussi toutes les particularités qu’avoit dites le valet de garde robe le matin, et chacun raisonnoit selon sa portée. Les uns croyoient que le prince d’Orange lui avoit fourni les moyens de s’embarquer, afin de le faire ensuite jeter dans la mer, les autres, afin de le faire transporter en Zelande, où il le retiendroit prisonnier, enfin chacun donnoit pour bon ce qui lui passoit par la tete. Le Roi etoit triste, les ministres fort embarrassés.<lb/>Le Roi etoit à la messe, n’attendant plus que des nouvelles de la mort du roi d’Angleterre, quand M. de Louvois y entra pour dire à Sa Majesté que M. d’Aumont venoit de lui envoyer un courrier qui lui annonçoit l’arrivée du roi d’Angleterre à Ambleteuse. La joie fut extreme à la Cour, et egale entre les gens de qualité et les domestiques. On depecha aussitôt un courrier à la reine d’Angleterre, qui etoit en chemin. M. le Grand etoit parti des le matin pour aller la recevoir à Beaumont. Pour le roi d’Angleterre, à ce que conta le courrier, il etoit dans un tres petit batiment, où il avoit quelques gens armés avec lui et quelques grenadiers. Il aperçu de loin un vaisseau plus gros que le sien ; il donna ses ordres pour se defendre en cas qu’il fut attaqué, mais quand ils s’approcherent il reconnut que c’etoit un vaisseau françois. La joie fut grande de part et d’autre. Il se mit dans ce vaisseau et arriva fort heureusement, mais pourtant très fatigué, car il y avoit bien du temps que ses nuits n’etoient pas bonnes.<lb/>Le Roi alla de Versailles à Chatou au devant de la reine d’Angleterre et du prince de Galles. Il y attendit, avec une fort grosse Cour à sa suite, cette reine qui arriva un moment apres. Elle fut reçue parfaitement bien. Sa Majesté britannique parla avec tout l’esprit et toute la politesse que l’on peut avoir, plus meme que les femmes ordinaires n’en peuvent conserver dans des malheurs aussi grands qu’etoient les siens. Le Roi la conduisit à Saint Germain, et fit ce qu’il put pour adoucir ses peines, qui etoient extremement diminuées par la joie d’avoir appris que le roi son epoux etoit en France et en bonne santé. Apres cela, le Roi s’en retourna à Versailles, et envoya le lendemain chez la reine une toilette magnifique, avec tout ce qu’il lui falloit pour l’habiller et tout ce qui etoit necessaire pour le prince de Galles, le tout travaillé sur le modele de ce que l’on avoir fait pour M. de Bourgogne. Avec cela, on mit une bourse de six mille pistoles sur la toilette de la reine ; on lui en avoit donné quatre mille à Boulogne.<lb/>Le lendemain, jour que le roi d’Angleterre arrivoit, le Roi l’alla attendre à Saint Germain, dans l’appartement de la reine. Sa Majesté y fut une demi heure ou trois quarts d’heure avant qu’il arrivat. Comme il etoit dans la garenne, on le vint dire à Sa Majesté, et puis on vint avertir quand il arriva dans le chateau. Pour lors, Sa Majesté quitta la reine d’Angleterre et alla à la porte de la salle des gardes au devant de lui. Les deux rois d’embrasserent fort tendrement, avec cette difference que celui d’Angleterre, y conservant l’humilité d’une personne malheureuse, se baissa presque aux genoux du Roi. Apres cette premiere embrassade, au milieu de la salle des gardes, ils se reprirent encore d’amitié. Et puis, en se tenant la main serrée, le Roi le conduisit à la reine, qui etoit dans son lit. Le roi d’Angleterre n’embrassa point sa femme, apparemment par respect.<lb/>Quand la conversation eut duré un quart d’heure, le Roi mena le roi d’Angleterre à l’appartement du prince de Galles. La figure du roi d’Angleterre n’avoit pas imposé aux courtisans ; ses discours firent encore moins d’effet que sa figure. Il conta au Roi, dans la chambre du prince de Galles, où il y avoit quelques courtisans, le plus gros des choses qui lui etoient arrivées ; et il les conta si mal que les courtisans ne voulurent point se souvenir qu’il etoit Anglois, que par consequent il parloit fort mal françois, outre qu’il begayoit un peu, qu’il etoit fatigué, et qu’il n’est pas extraordinaire [p. 228] qu’un malheur aussi considerable que celui où il etoit diminuat une eloquence beaucoup plus parfaite que la sienne.<lb/>Apres etre sortis de chez le prince de Galles, les deux rois s’en revinrent chez la reine. Sa Majesté y laissa celui d’Angleterre et s’en revint à Versailles. Presque tous les honnetes gens furent attendris à l’entrevue de ces deux grands princes. Le lendemain au matin, le roi d’Angleterre eut à son lever tout ce qui lui etoit necessaire, et dix mille pistoles sur sa toilette. L’après dinée, ce prince vint à Versailles voir le Roi, qui fut le recevoir à l’entrée de la salle des gardes et le mena dans son petit appartement. Ensuite, il fut voir madame la Dauphine, Monseigneur, Monsieur et Madame. Il demeura très longtemps avec le Roi. Monseugneur et Monsieur furent rendre la visite à Saint Germain. Il y eut de grandes contestations pour les ceremonies : le Roi voulut que le roi d’Angleterre traitat Monseigneur d’egal, et le roi d’Angleterre y consentit, pourvu que le Roi traitat le prince de Galles de meme. Enfin il fut decidé que le Dauphin n’auroit qu’un siege pliant devant le roi d’Angleterre, mais qui’l auroit un fauteuil devant la reine. Les princes du sang avoient aussi leurs pretentions, disant que comme ils n’etoient pas sujets du roi d’Angleterre, ils devoient avoir aussi d’autres traitemens. A la fin tout cela se passa fort bien. Mais quand il fut question des femmes, cela ne fut pas si aisé. Les princesses du sang furent trois ou quatre jours sans aller chez Sa Majesté d’Angleterre, et quand elles y furent les duchesses de les y suivirent pas. Celles-ci pretendirent à deux traitemens, celui de France, qui est de s’asseoir devant leur souveraine, et celui d’Angleterre, qui est de la baiser. La reine d’Angleterre, qui, quoique glorieuse, ne laisse pas d’etre fort raisonnable, dit au Roi qu’il n’avoit qu’à ordonner, qu’elle feroit tout ce qu’il voudroit, qu’elle le prioit de choisir lui meme le ceremonial qu’elle observeroit. Enfin il fut decidé que les duchesses s’en tiendroient à celui de France. Quand la reine d’Angleterre vint à Versailles, la magnificence l’en surprit, et surtout la grande galerie, qui sans contredit est la plus belle chose de l’univers dans son genre ; aussi la loua t elle extremement, mais dans les termes qui convenoient et qui pouvoient faire plaisir au Roi. Elle fit les memes visites qu’avoit faites le roi son epoux, et s’en retourna à Saint Germain avec de tres grands applaudissemens.<lb/>[…]<lb/>Le roi d’Angleterre etoit à Saint Germain, recevant les respects de toute la France : les ministres y furent les premiers ; l’archeveque de Reims, frere de M. de Louvois, le voyant sortir de la messe, dit avec un ton ironique : « Voilà un fort bon homme ; il a quitté trois royaumes pour une messe ». Belle réflexion dans la bouche d’un archevêque ! On régla pour la maison du roi d’Angleterre six cent mille francs, et pendant le premier mois il eut toujours les officiers du Roi pour le servir. Tous les jours il arrivoit beaucoup de cordons bleus anglois. Le Roi voulut lever deux régimens de deux mille hommes chacun, qu’il donna aux deux enfans du roi d’Angleterre.<lb/>Malgré les facheuses circonstances de son etat, Sa Majesté britannique ne laissoit pas d’aller courageusement à la chasse avec Monseigneur et piquoit comme eut pu faire un homme de vingt ans, qui n’a d’autre souci que celui de se divertir. Cependant, ses affaires alloient fort mal, car le prince d’Orange avoit eté reçu du peuple de Londres avec de tres grandes acclamations. […]<lb/>[p. 229] Plus les François voyoient le roi d’Angleterre, moins on le plaignoit de la perte de son royaume. Ce prince n’etoit obsedé que des jesuites. Il vint faire un voyage à Paris : d’abord il alla descendre aux grands jesuites, causa tres longtemps avec eux, et se les fit tous presenter. La conversation finit par dire qu’il etoit de leur societé : cela parut d’un tres mauvais gout. Ensuite il alla diner chez M. de Lauzun. On faisoit presque tous les quinze jours un voyage à Marly, de quatre ou cinq jours. C’est, comme on sait, une maison entre Saint Germain et Versailles, que le Roi aime fort et où il va faire de petits voyages, afin d’etre moins obsedé de la foule des courtisans. Le roi et la reine d’Angleterre y furent. On representoit à Trianon, qui est une autre maison que le Roi a fait batir à un bout du canal, un petit opera sur le retour du Dauphin. La princesse de Conti, madame la Duchesse et madame de Blois y dansoient et en etoient assurement le principal ornement, car du reste les vers en etoient tres mauvais et la musique des plus mediocres. Sa Majesté pria le roi et la reine d’Angleterre d’y venir et leur donna ce plaisir.<lb/>[…]<lb/>[p. 232] Pendant ce temps là, le roi d’Angleterre songeoit à son depart pour l’Irlande. M. de Tirconel, qui en etoit le vice roi, lui manda qu’il croyoit que sa presence etoit necessaire. Cela fut fort debattu dans le Conseil ; enfin on jugea à propos que Sa Majesté britannique s’y en allat incessamment. Elle fit partir le duc de Berwick, un de ses enfans naturels, avec ce qu’il y avoit ici d’Anglois, d’Ecossois et d’Irlandois pour se rendre à Brest, où ils devoient s’embarquer. Les officiers generaux que l’on avoit nommés pour servir avec lui s’y rendirent aussi. […] [p. 233] On travailla à l’equipage du roi d’Angleterre. Le Roi lui fit tenir tout ce qui lui etoit necessaire, et avec profusion, meubles, selles, housses, enfin tout ce que l’on peut s’imaginer au monde. Le Roi lui donna meme sa cuirasse.<lb/>Le roi d’Angleterre voulut, avant que de partir, laisser quelque marque à M. de Lauzun de sa reconnoissance. Sa Majesté britannique vint à Paris faire ses devotion à Notre Dame, et y donna à M. de Lauzun l’ordre de la Jarretière ; en le lui donna, il mit à son ruban bleu une medaille de Saint Georges enrichie de diamans, qui etoit la meme que le roi d’Angleterre, qui eut le cou coupé, avoit donné à son fils le feu roi en se separant de lui : les diamans en etoient tres considerables. Comme il n’y a que vingt cinq personnes qui aient cet ordre, il n’y en avoit qu’un de vacant, qui etoit celui de l’electeur de Brandebourg. Le Roi le donna ici à M. de Lauzun, et le prince d’Orange le donna en Angleterre à M. de Schomberg. […]<lb/>Le roi d’Angleterre alla aussi aux Filles de la Visitation de Chaillot, qui etoient ses amies du temps qu’il avoit demeuré en France, parce que la reine d’Angleterre sa mere y faisoit d’assez longs sejours, et il repassa ensuite par Saint Cloud pour faire compliment à Monsieur sur la mort de la reine sa fille, et pour voir Saint Cloud, qu’il n’avoit jamais vu. De là, il alla à Versailles dire adieu au Roi, et s’en retourna à Saint Germain, où il fesoit son sejour ordinaire. Le lendemain, le Roi lui alla aussi dire adieu à Saint Germain. Leur separation fut fort tendre : le Roi dit au roi d’Angleterre que tout ce qu’il pouvoit lui souhaiter de meilleur etoit de ne le jamais revoir. Il nomma M. d’Avaux pour le suivre comme ambassadeur, et le comte de Mailly, qui avoit epousé une niece de madame de Maintenon, pour l’accompagner jusqu’à Brest, où il s’embarquoit. La reine d’Angleterre demeura avec son fils le prince de Galles à Saint Germain, pria qu’on ne lui allat faire sa cour que les lundis, trouvant qu’il ne lui etoit convenable de se livrer beaucoup au public dans le temps que, selon les apparences, son mari alloit essuyer de grands perils.<lb/>[…]<lb/>[p. 234] Le depart du roi d’Angleterre pour l’Irlande ne laissa pas une grande esperance au Roi de le voir remonter sur le trone. Il n’avoit pas eté longtemps en France sans qu’on le connut tel qu’il etoit, c’est-à-dire un homme enteté de sa religion, abandonné d’une manière extraordinaire aux jesuites. Ce n’eut pas eté pourtant son plus grand defaut à l’egard de la Cour ; mais il etoit foible, et supportoit plutôt ses malheurs par insensibilité que par courage, quoiqu’il fut né avec une extreme valeur, soutenue du mepris de la mort, si commun aux Anglois. Cependant c’etoit quelque chose qu’il eut pris ce parti là. On en etoit defait en France et, selon les apparences, les troupes que le prince d’Orange s’etoit engagé d’envoyer sur les cotes pour faire une diversion alloient passer en Irlande. On donna donc à Sa Majesté une escadre de dix vaisseaux, et il arriva enfin heureusement en Irlande avec beaucoup d’officiers françois et avec tous les Anglois et Irlandois qui l’etoient venus trouver, ou qui avoient demeuré en France. Le Roi les fit conduire tous à Brest par differentes routes, à ses frais, et ils y firent un desordre epouvantable. Le roi d’Angleterre, qui avoit eté homme de mer etant duc d’York, ne fut pas contant de la marine, et le manda au Roi : cela donna des vapeurs à M. de Seignelay. Il y eut des ordres pour faire conduire à Brest toutes les choses necessaires pour l’Irlande : elles y furent expediées avec promptitude et en grande quantité, parce que M. de Louvois s’en mela.<lb/>[…]<lb/>[p. 239] Cependant la reine d’Angleterre etoit à Saint Germain, dans une tristesse et un abattement epouvantables. Ses larmes ne tarissoient pas. Le Roi, qui a l’ame bonne et une tendresse extraordinaire, surtout pour les femmes, etoit touché des malheurs de cette princesse et les adoucissoit par tout ce qu’il pouvoit imaginer. Il lui faisoit des presens ; et parce qu’elle etoit aussi devote que malheureuse, c’etoient des presens qui convenoient à la devotion. Il avoit aussi pour elle toutes les complaisances qu’elle meritoit : il la faisoit venir à Trianon et à Marly, aux fetes qu’il y donnoit ; enfin il avoit des manieres pour elle si agreables et si engageantes que le monde jugea qu’il etoit amoureux d’elle. La chose paroissoit assez probable. Les gens qui ne voyoient pas cela de fort pres assuroient que madame de Maintenon, quoiqu’elle ne passat que pour amie, regardoit les manieres du Roi pour la reine d’Angleterre avec une furieuse inquietude. Ce n’etoit pas sans raison, car il n’y a point de maitresse qui ne terrasse bientôt une amie. Cependant le bruit de cet amour ne fut que l’effet d’un discours du public, fondé sur les airs honnetes que le Roi ne pouvoit s’empecher d’avoir pour une personne dont le merite etoit aussi avoué de tout le monde que celui de la reine d’Angleterre, quand meme elle n’eut eté que particuliere. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21849_actor">Pioche de La Vergne, Marie-Madeleine </persname>
            <persname role="subject">Jacques II</persname>
            <name role="subject">Jacques III</name>
            <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <subject>Vie de Cour</subject>
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            <p>Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, « Mémoires de la Cour de France », dans Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujoulat, Nouvelle collection des mémoires pour servir à l’histoire de France, 3e série, 8, Paris, Éditeur du commentaire analytique du Code civil, 1839, p. 226-239.</p>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires du maréchal de Berwick</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">34</unitid>
            <unitdate normal="1701/1716" encodinganalog="3.1.3">1701-1716</unitdate>
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              <persname id="atom_21871_actor">Fitz-James, Jacques</persname>
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            <note>
              <p>Fils naturel de Jacques II, roi d'Angleterre. Duc de Berwick, maréchal de France.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 347] Au commencement de septembre, le roi d’Angleterre eut encore une attaque, et je retournai au plus tôt à Saint Germain, où je le [p. 348] trouvai dans un état désespéré. Les remèdes le tirèrent de la léthargie, mais sans donner plus d’Esperance : il s’affoiblissoit à vue d’œil ;  son bon sens et la connoissance lui restèrent presque jusqu’au dernier soupir. Il employa tout ce temps en prières et en méditations. Jamais on ne vit plus de patience, plus de tranquillité, plus de joie même lorsqu’il songeoit à la mort, ou qu’il en parloit. Il prit congé de la reine avec une fermeté extraordinaire, et les pleurs de cette princesse désolée ne firent sur lui aucune impression, quoiqu’il l’aimât tendrement. Tout ce qu’il lui dit pour retenir ses larmes fut : « Songez, Madame, que je vais être heureux à jamais ». Le Roi Très Chrétien étant venu le voir, l’assura qu’il auroit pour son fils les mêmes égards que pour lui, et qu’il lui rendroit les mêmes honneurs. Le roi d’Angleterre le remercia en peu de mots des marques passées de son amitié, et de ce qu’il venoit de lui promettre. Puis, l’ayant embrassé, le pria de ne pas rester plus longtemps dans un endroit aussi triste. Toute la Cour de France vint aussi à Saint Germain, et fut témoin de la piété et de la sainteté de ce héros chrétien. Le prince de Conti voulut y rester tout le temps et m’avoua que cette mort le suprenoit et le touchoit infiniment. Il sembloit que Dieu vouloit qu’on n’en pût ignorer toutes les circonstances, car pendant tout le temps de sa maladie les portes de sa chambre ne furent plus gardées, de manière que tout le monde y entroit ; et comme ses rideaux furent toujours ouverts, on le voyoit dans son lit, où d’ordinaire il tenoit les yeux fermés, pour être plus recueilli. Enfin le 16 septembre, à trois heures après midi, il expira ; et dans l’instant nous allâmes chez le prince de Galles le saluer roi. Les rois de France et d’Espagne le reconnurent comme tel, et ce fut un des motifs dont le prince d’Orange se servit pour engager le parlement d’Angleterre dans la guerre contre les deux couronnes.<lb/>[…]<lb/>[p. 442] [1716] Le roi [Jacques III] vint secrètement à Saint Germain, où il demeura quelques jours. De là, il en alla passer huit auprès de Neuilly, et fut ensuite à Chalons en Champagne, pour y attendre la réponse du duc de Lorraine. […] Pendant le séjour que le roi Jacques avoit fait auprès de Paris, il avoit congédié milord Bolingbrocke de la manière du monde la plus offensante. Il lui avoit fait, à son retour d’Ecosse, une réception très gracieuse, et lui avoit témoigné une confiance entière. Enfin, après lui avoir donné ses ordres sur plusieurs choses dont il le chargeoit, et lui avoir surtout recommandé de se dépêcher de le suivre, il fit semblant de partir de la Malmaison pour Chalons ; mais au lieu de cela, il s’en alla chez mademoiselle de La Chausseraye, auprès de Neuilly. Au bout de deux jours, il envoya le duc d’Ormond redemander les sceaux à milord Bolingbrocke, qui fut très surpris d’un pareil message et les rendit sur le champ. Ce prince publia, pour raison de ce qu’il venoit de faire, que milord Bolingbrocke avoit totalement négligé d’envoyer en Ecosse aucun secours d’armes, d’argent, etc., et que cela étoit cause du mauvais succès de ses affaires. Les brouillons de Saint Germain ajoutoient qu’il n’avoit tenu qu’à lui d’avoir du Régent toutes sortes de secours, mais qu’il ne l’avoit pas voulu afin de ruiner le Prétendant, qu’il trahissoit sous main. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21871_actor">Fitz-James, Jacques </persname>
            <persname role="subject">Jacques II</persname>
            <name role="subject">Jacques III</name>
            <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
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            <p>Jacques Fitz-James, duc de Berwick, « Mémoires du maréchal de Berwick », dans Joseph-François Michaud et Jean-Joseph-François Poujoulat, Nouvelle collection des mémoires pour servir à l’histoire de France, 3e série, 8, Paris, Éditeur du commentaire analytique du Code civil, 1839, p. 347-442.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par François-René de Chateaubriand d’une chasse royale dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">35</unitid>
            <unitdate normal="1787/1787" encodinganalog="3.1.3">19 février 1787</unitdate>
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              <persname id="atom_21886_actor">Chateaubriand, François-René (de)</persname>
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              <p>Écrivain, diplomate et homme politique.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 337] Le duc de Coigny me fit prévenir que je chasserais avec le Roi dans la forêt de Saint-Germain. Je m’acheminai de grand matin vers mon supplice, en uniforme de débutant, habit gris, veste et culotte rouges, manchettes de bottes, [p. 338] bottes à l’écuyère, couteau de chasse au côté, petit chapeau française à galon d’or. Nous nous trouvâmes quatre débutants au château de Versailles, moi, les deux messieurs de Saint-Marsault et le comte d’Hautefeuille. Le duc de Coigny nous donna nos instructions : il nous avisa de ne pas couper la chasse, le Roi s’emportant lorsqu’on passait entre lui et la bête. Le duc de Coigny portait un nom fatal à la Reine. Le rendez-vous était au Val, dans la forêt de Saint-Germain, domaine engagé par la couronne au maréchal de Beauveau. L’usage voulait que les chevaux de la première chasse à laquelle assistaient les hommes présentés fussent fournis des écuries du Roi.<lb/>[f. 339] On bat aux champs : mouvement d’armes, voix de commandement. On crie : le Roi ! Le Roi sort, monte dans son carrosse : nous roulons dans les carrosses à la suite. Il y avait loin de cette course et de cette chasse avec le roi de France, à mes courses et à mes chasses dans les landes de la Bretagne ; et plus encore, à mes courses et à mes chasses avec les sauvages de l’Amérique : ma vie devait être remplie de ces contrastes.<lb/>Nous arrivâmes au point de ralliement, où de nombreux chevaux de selle, tenus en main sous les arbres, témoignaient leur impatience. Les carrosses arrêtés dans la forêt avec les gardes ; les groupes d’hommes et de femmes ; les meutes à peine contenues par les piqueurs ; les aboiements des chiens, le hennissement des chevaux, le bruit des cors, formaient une scène très animée. Les chasses de nos rois rappelaient à la fois les anciennes et les nouvelles mœurs de la monarchie, les rudes passe-temps de Clodion, de Chilpéric, de Dagobert, [p. 340] la galanterie de François Ier, de Henri IV et de Louis XIV.<lb/>J’étais trop plein de mes lectures pour ne pas voir partout des comtesses de Chateaubriand, des duchesses d’Etampes, des Gabrielle d’Estrées, des La Vallière, des Montespan. Mon imagination prit cette chasse historiquement, et je me sentis à l’aise : j’étais d’ailleurs dans une forêt, j’étais chez moi.<lb/>Au descendu des carrosses, je présentai mon billet aux piqueurs. On m’avait destiné une jument appelée l’Heureuse, bête légère, mais sans bouche, ombrageuse et pleine de caprices ; assez vive image de ma fortune, qui chauvit sans cesse des oreilles. Le Roi mis en selle partit ; la chasse le suivit, prenant diverses routes. Je restai derrière à me débattre avec l’Heureuse, qui ne voulait pas se laisser enfourcher par son nouveau maître ; je finis cependant par m’élancer sur son dos : la chasse était déjà loin.<lb/>Je maitrisai d’abord assez bien l’Heureuse ; [p. 341] forcée de raccourcir son galop, elle baissait le cou, secouait le mors blanchi d’écume, s’avançait de travers à petits bonds ; mais lorsqu’elle approcha du lieu de l’action, il n’y eut plus moyen de la retenir. Elle allonge le chanfrein, m’abat la main sur le garrot, vient au grand galop donner dans une troupe de chasseurs, écartant tout sur son passage, ne s’arrêtant qu’au heurt du cheval d’une femme qu’elle faillit culbuter, au milieu des éclats de rire des uns, des cris de frayeur des autres. Je fais aujourd’hui d’inutiles efforts pour me rappeler le nom de cette femme, qui reçut poliment mes excuses. Il ne fut plus question que de l’aventure du débutant.<lb/>Je n’étais pas au bout de mes épreuves. Environ une demi-heure après ma déconvenue, je chevauchais dans une longue percée à travers des parties de bois désertes ; un pavillon s’élevait au bout : voilà que je me mis à songer à ces palais répandus dans les forêts de la couronne, en souvenir de l’origine des rois chevelus [p. 342] et de leurs mystérieux plaisirs : un coup de fusil part ; l’Heureuse tourne court, brosse tête baissée dans le fourré, et me porte jusqu’à l’endroit où le chevreuil venait d’être abattu : le Roi paraît.<lb/>Je me souvins alors, mais trop tard, des injonctions du dc de Coigny : la maudite Heureuse avait tout fait. Je saute à terre, d’une main poussant en arrière ma cavale, de l’autre tenant mon chapeau bas. Le Roi regarde, et ne vois d’un débutant arrivé avant lui aux fins de la bête ; il avait besoin de parler ; au lieu de s’emporter, il me dit avec un ton de bonhomie et un gros rire : « Il n’a pas tenu longtemps ». C’est le seul mot que j’aie jamais obtenu de Louis XVI. On vint de toutes partes ; on fut étonné de me trouver causant avec le Roi. Le débutant Chateaubriand fit du bruit par ses deux aventures ; mais, comme il lui est toujours arrivé depuis, il ne sut profiter ni de la bonne ni de la mauvaise fortune.<lb/>Le Roi força trois autres chevreuils. Les débutants [p. 343] ne pouvant courre que la première bête, j’allai attendre au Val avec mes compagnons le retour de la chasse.<lb/>Le Roi revint au Val ; il était gai et contait les accidents de la chasse. On reprit le chemin de Versailles. Nouveau désappointement pour mon frère : au lieu de m’habiller pour me trouver au débotté, moment de triomphe et de faveur, je me jetai au fond de ma voiture et rentrai dans Paris plein de joie d’être délivré de mes honneurs et de mes maux. Je déclarai à mon frère que j’étais déterminé à retourner en Bretagne. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21886_actor">Chateaubriand, François-René (de) </persname>
            <persname role="subject">Louis XVI</persname>
            <subject>Chasse</subject>
            <geogname>Forêt</geogname>
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            <p>François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, Paris, Eugène et Victor Penaud, 1849-1850, t. I, p. 337-343.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1354719/f367.image</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Notes de la princesse de Beauvau concernant le château du Val</unittitle>
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            <unitdate normal="1794/1797" encodinganalog="3.1.3">10 août 1794-20 mars 1797</unitdate>
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              <persname id="atom_21903_actor">Beauvau, Marie-Charlotte de</persname>
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            <note>
              <p>Epouse, en mars 1764, Charles Juste de Beauvau-Craon (1720-1793).</p>
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            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 100] Saint Germain, 10 août 1794<lb/>Enfin j’ai fait au Val mes dernier adieux, à ce Val à qui je n’ai pas dû un plaisir qui ne m’en donnât un plus grand encore : celui de les rapporter tous à cet objet unique de mon amour, de mon respect, de ma plus vive, de ma plus tendre reconnoissance. J’erre encore autour de ce lieu dont je n’ose plus approcher. Celui que j’habite est placé entre cette maison où j’ai vu finir mon bonheur, et le terrain sacré qui a reçu ses précieux restes. Je nourris mes éternels regrets de souvenirs tantôt déchirants, tantôt plus doux, mais toujours douloureux. C’est ici que j’userai mes tristes jours, afin d’être assurée que le dernier confondra mes cendres avec les siennes. Voilà le seul espoir qui me reste, le seul qui mêle quelque douceur à tant d’amertume. Je suis déjà morte pour tout autre intérêt.<lb/>[...]<lb/>[p. 138] 20 mars 1797<lb/>Après trois ans, une lente justice m’a fait retrouver ce lieu cher et terrible. Mais les dégradations qu’il a souffertes, et la perte de la plus grande partie de ma médiocre fortune, en rendent pour moi l’habitation impossible. Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Pourrois-je vivre dans cette maison où il a cessé de vivre ? Que de souvenirs déchirants ! J’en jouirai cependant ; j’irai quelquefois, toujours seule. La pensée de le voir, ou détruit, ou habité par des étrangers, m’étoit insupportable. Du moins il sera respecté tant que je vivrai, et j’espérerai qu’après moi, sa fille pourra l’habiter. Il l’associoit à la pensé qu’il seroit plus vivement rappelé dans ce lieu que dans tout autre, et quand il pouvoit supporter l’idée de notre séparation, il me disoit : "Vous le conserverez pour moi, et vous le garderez pour elle". »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21903_actor">Beauvau, Marie-Charlotte de </persname>
            <geogname>Château du Val</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Marie-Charlotte de Rohan-Chabot, princesse de Beauvau, Souvenirs de la maréchale princesse de Beauvau (née Rohan Chabot), suivies des mémoires du maréchal prince de Beauvau, éd. Sabine de Standish, Paris, Léon Techener, 1872, p. 100-138.</p>
          </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1810/1810" encodinganalog="3.1.3">19 juin 1810</unitdate>
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              <persname id="atom_21917_actor">Clary-Aldringen, Charles (de)</persname>
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              <p>Aristocrate autrichien, envoyé par l'empereur d'Autriche auprès de Napoléon Ier.</p>
            </note>
          </bioghist>
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            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« Il y avait, ce jour-là, chasse à Saint-Germain. La princesse Pauline de Schwarzenberg y est allée en calèche avec l’Impératrice. M. et Mme de Metternich, l’ambassadeur, tous étaient invités, excepté la princesse Charles de Schwarzenberg, si bien que Mme de Metternich, croyant que ce ne pouvait être qu’un oubli, en dit un mot à la reine de Naples. Celle-ci lui répondit que non, et que la princesse Charles serait invitée une autre fois. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_21917_actor">Clary-Aldringen, Charles (de) </persname>
            <persname role="subject">Napoléon Ier</persname>
            <subject>Chasse</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Charles de Clary et Aldringen, Trois mois à Paris lors du mariage de l’empereur Napoléon Ier et de l’archiduchesse Marie-Louise, éd. Oskar Freiherr von Mitis et Claude de Rarécourt de la Vallée de Pimodan, Paris, Plon, 1914, p. 368.
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62922986/f406.image</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention dans le journal de l’architecte Fontaine des travaux ordonnés par l’empereur au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">38</unitid>
            <unitdate normal="1812/1812" encodinganalog="3.1.3">23 avril 1812</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_21938_actor">Fontaine, Pierre-François-Léonard</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Architecte.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« L’Empereur est allé ces jours derniers à Saint-Germain et a vu l’école d’équitation qui est établie dans le château depuis quelques années. Il a été mécontent de tout ce que MM. les ingénieurs militaires ont fait dans cet établissement. J’ai reçu ordre d’aller le visiter avec M. Costaz et M. Lepère, architecte de Saint-Cloud. J’ai mis ce matin sous les yeux de Sa Majesté les plans du château avec quelques observations sur les moyens de remédier aux inconvénients dont on se plaint. J’ai proposé le changement des latrines qui se trouvent avoir une entrée directe sur l’un des principaux escaliers, la disposition d’un réfectoire, et d’une salle pour la réception des visites. J’ai aussi indiqué une clôture en palis pour former une carrière qui doit servir aux exercices sur la pelouse en avant du château. L’Empereur a tout approuvé et en a ordonné l’exécution. La direction de ce travail, qui va être fait aux frais de la Liste civile, car le château de Saint-Germain est maintenant regardé comme dépendance du Domaine de la Couronne, devra être faite par M. Lepère, dans l’arrondissement duquel il se trouve. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_21938_actor">Fontaine, Pierre-François-Léonard </persname>
            <persname role="subject">Napoléon Ier</persname>
            <subject>Construction et travaux</subject>
            <subject>Ecole militaire de cavalerie</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Pierre-François-Léonard Fontaine, Journal, 1799-1853, Paris, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, Institut français d’architecture et Société de l’histoire de l’art français, 1987, t. I, p. 330.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention d’une chasse faite par le duc de Wellington dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">39</unitid>
            <unitdate normal="1814/1814" encodinganalog="3.1.3">septembre 1814</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_21951_actor">Lennox, William Pitt</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Officier britannique.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 40] The following week the Duke hunted at [p. 41] St. Germain-en-Laye ; interesting from its historical recollections, but, although it is a large town, it has a melancholy air of desolation in its grass-grown streets and straggling edifices. The royal château, once the<lb/>favourite residence of Marguerite de Valois, Henry II, Henry IV, Francis I, and the birthplace of Charles IX and Louis XIV, is now converted into a military prison, and surrounded by a wall for security. Here the " mind's eye" may dwell on bygone days, and bring before it scenes of past times. How vividly does this venerable pile remind one of the bon roi Henry IV, and the graceful good-humour of that popular monarch. Here our bigoted James II resided for twelve years, holding the semblance of a court. Part of his body was buried in the parish church, where a monument has since been raised by George IV, at his own expense, to the memory of one described upon it<lb/>''Magnus in Prosperis, in Adversis Major,<lb/>Jacobus 2us, Anglorum Rex."<lb/>Acting upon the law of Solon, since universally adopted, [p. 42] of "de mortuis nil nisi<lb/>bonum", we will not say what the epitaph ought to have been; but, to call a monarch<lb/>great in prosperity "who had shown so thorough a disregard for the religion and constitution of his country", is even too untruthful for a monumental tablet.<lb/>The forest occupies a promontory, formed by a sweeping bend of the river Seine, and is one of the largest in France, having a circuit of twenty-one miles. In the centre of it, is the Pavilion de la Meute, begun by Francis I, whose refined taste is proverbial throughout his own country, and whose style is now so much appreciated in England. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_21951_actor">Lennox, William Pitt </persname>
            <subject>Chasse</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>William Pitt Lennox, Three years with the duke of Wellington in private life, by an ex-aid-de-camp, 2e édition, Londres, Saunders and Otley, 1853, p. 40-42.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’un bal donné par le gouverneur du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">40</unitid>
            <unitdate normal="1828/1828" encodinganalog="3.1.3">6 juillet 1828</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_21961_actor">Castellane, Esprit Victor Élisabeth Boniface (de)</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Officier,  pair de France en 1837, maréchal de France en 1852.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Le comte de Talleyrand (Bozon), gouverneur du château de Saint-Germain, nous a invités à un dîner et à un bal, à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de la duchesse d’Esclignac, sa fille. C’est bien le plus aimable sourd à rencontrer. Le comte de Talleyrand n’entend pas un mot, mais il est de la société la plus douce, toujours gai et content. La duchesse d’Esclignac est jolie et coquette. La pluie a dérangé la fête du jardin ; on a dansé dans l’intérieur. Il y a eu un feu d’artifice ; un M. Danès, ancien maire de Saint-Germain, en a fait les honneurs à la dame du lieu. J’ai retrouvé chez le comte de Talleyrand la comtesse de Palfy, fille du prince de Ligne, personne très aimable. Je l’ai connue à Vienne en 1809 ; elle avait alors trente ans ; nous ne nous sommes reconnus qu’après avoir entendu nos noms respectifs. J’avais amené avec moi mon fils Henri, dont la jolie figure a eu du succès ; nous étions de retour à minuit à Acosta. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_21961_actor">Castellane, Esprit Victor Élisabeth Boniface (de) </persname>
            <subject>Vie de Cour</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Esprit Victor Élisabeth Boniface de Castellane, Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862, Paris, Plon, 1895, t. II, p. 255.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par la reine Victoria de sa visite du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">41</unitid>
            <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">25 août 1855</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_21967_actor">Victoria</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-64e958c1b908abf568aae12a865b98f3" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Reine de Grande-Bretagne et d'Irlande de 1837 à 1901.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 119] We started at half-past eleven for the Forêt de Saint-Germain, with the whole party but Lord Clarendon, who could not go – we, with the Emperor and Vicky in our carriage. We drove from the garden door en poste through the park of Saint-Cloud. […]<lb/>We next came to Marly, or at leat to La Machine de Marly on the Seine, along which the road goes. It is very pretty, and there are many country houses here. At Marly another arch, and bouquets and an address presented. Soon after this we entered La Forêt de Saint-Germain, innumerable avenues, which at [p. 120] certain parts of the forest meet in a sort of cross, from which a great number of roads branch off up other avenues. This is very like the Forêt d’Eu, near Eu, which the poor King took us to, and was so fond and proud of, having lately bought it ! It was dreadfully dusty, the soil being very sandy (this is the case everywhere here, and makes it very healthy). The sun had came out, and altogether it became oppressive.<lb/>We arrived at about half-past one, or a little before, at La Muette, small rendez-vous de chasse with a few rooms in it, which were again all ready and prepared for us. […]<lb/>[p. 122] After luncheon, and talking together some little time, we went into the front room or hall, where we sat down, and I sketched a little and listened to the music, which was very pretty. The Emperor was very gay, and danced with the children. We left again about half-past three, drove along through the fine forest, and along the terrace of Saint-Germain, which commands a most beautiful and extensive view, and where we stopped for one moment to look at a sketch a man was making. We drove straight up to the old Palace of Saint-Germain used originally to live, and the early kings also had their residence. Mdlle de La Vallière lived here, and also our James II, who died here, and is buried in the church, which, however, we did not go to see. The palace has latterly been used as a barrack and a prison. We got out and went up to see it, particularly the rooms of James II and La Vallière. The Emperor has lately recovered the property, and intends to try and do something with it ; but he was much disgusted when he saw the state of ruin and filth in which it is.<lb/>From here we retunerd direct to Saint-Cloud, by quite another road, through Chatou. […]<lb/>[p. 153] Before I close the account of this ever memorable and delightful visit I will just add a few remarks about the principal Palaces, which ought to have been in the proper place, but which, from multitudinous interruptions, I omitted. […]<lb/>[p. 154] Versailles was an ancien hunting lodge, built by Louis XII. Louis XIV, when he left Saint-Germain (the ancient palace of the kings, and where Charles IX and Louis XIV were born, and Louis XIII died), built the splendid palace. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_21967_actor">Victoria </persname>
            <persname role="subject">Napoléon III</persname>
            <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Victoria, Leaves from a Journal, a record of the visit of the emperor and empress of the French to the queen and of the visit of the queen and H.R.H. the prince consort to the emperor of the French, 1855, Londres, Andre Deutsch, 1961, p. 119-154.</p>
          </bibliography>
        </c>
      </c>
      <c otherlevel="" level="otherlevel">
        <did>
          <unittitle encodinganalog="3.1.2">Correspondances</unittitle>
          <unitid encodinganalog="3.1.1">11.5</unitid>
          <unitdate normal="1542/1842" encodinganalog="3.1.3">1542-1842</unitdate>
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        178 pièces    </physdesc>
        </did>
        <odd type="publicationStatus">
          <p>Publié</p>
        </odd>
        <c otherlevel="" level="otherlevel">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettres isolées</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">11.5.1</unitid>
            <unitdate normal="1542/1842" encodinganalog="3.1.3">1542-1842</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        10 pièces    </physdesc>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de William Paget, ambassadeur d'Angleterre, concernant un voyage du roi en petit comité à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">1</unitid>
              <unitdate normal="1542/1542" encodinganalog="3.1.3">10 février 1542</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_20002_actor">Paget, William</persname>
              </origination>
            </did>
            <bioghist id="md5-5e1b4ebdb7f9d0fc9fad4827b6741a55" encodinganalog="3.2.2">
              <note>
                <p>Ambassadeur d'Angleterre en France.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« The Frenck King, leaving the Queen and the rest of the Household here at the Louvre, lies at St. Germain’s Dalley with only the Privy Council, Privy Chamber and Privy Band ; having ordered the harbingers to lodge no man nearer than Paris, and his Privy Council and Chamber to lodge none but their own servants. It is done either for quietness or to avoid such as haunt the Court to learn proceedings. Feared thereby to be excluded from all intelligence ; but has, by credible means, learnt that the Prothonotary St. Poule, brother to the bp. of Montpellier, whom the King sent with another to the Great Turk, in October, is intercepted about Ragusa. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="Producteur" id="atom_20002_actor">Paget, William </persname>
              <persname role="subject">François Ier</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>James Gairdner et Robert H. Brodie (éd.), Letters and papers, Henry VIII, Londres, Her Majesty’s Stationery office, 1862-1932, t. XVII, n° 95, p. 41.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Jean de Saint-Mauris, ambassadeur impérial, à propos des volontés du nouveau roi concernant Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">2</unitid>
              <unitdate normal="1547/1547" encodinganalog="3.1.3">11 février 1547</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Cette dépêche, conservée aux Archives générales du Royaume à Buxelles, est signalée en 1877 sous la référence : Papiers d’Etat, Nég. de France, t. II, pp. 77 à 84.</p>
              </note>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_19122_actor">Saint-Mauris, Jean de</persname>
              </origination>
            </did>
            <bioghist id="md5-245a1a26650d3cdeaf956691e1ca9f39" encodinganalog="3.2.2">
              <note>
                <p>Ambassadeur impérial en France entre 1544 et 1549.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« [p. 108] Monseigneur le Daulphin et mad. Ysabelle doibvent estre bientost a Saint Germain, ou ilz resideront desormais, et quant la court y sera, l’on les retirera a La Muette, laquelle le Daulphin fait parachever tant a la susdite occasion que pour ce qu’il en fut requis par le feu Roy durant sa maladie. Et desire led. Daulphin demeurer aud. Saint Germain a cause qu’il y a esté nourry, outre la commodité de l’air et du chasteau. Il a promis a ung chascun d’y bastir, et a Fontainebleau, ou il propose estre l’yver et sus le printemps a Bloys, Amboise et Tours, l’esté aud. Saint Germain et le surplus de l’annee alentour de Compiegne.<lb/>Led. Daulphin, le XIXe de ce mois, se partit dud. Saint Germain, allant en aucunes places du connestable, ou il doibt estre au plus VIII ou X jours. Et ce pendant l’on nettoye le logis dud. Saint Germain pour y recevoir led. seigneur Daulphin et sa seur, desquelz mons. de Humieres a le gouvernement. […]<lb/>[p. 114] L’admiral a esté logié a Saint Germain dans le chasteau ou lieu ou souloit estre du passé le cardinal de Tournon. Il fait espier quand le Roy doibt aller a la messe et lors il se trouve en sa chambre pour l’accompaigner, et quelque foiz le suyt il a la chasse. Il a assez de capitaines de mer avec luy qui voluntairement le suyvent, mais il n’a aujourd’huy nul credit ny entremise aux affaires. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="Producteur" id="atom_19122_actor">Saint-Mauris, Jean de </persname>
              <persname role="subject">Henri II</persname>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Ch. Paillard, « La mort de François Ier et les premiers temps du règne de Henri II d’après Jean de Saint-Mauris, ambassadeur de Charles Quint à la Cour de France (avril-juin 1547) », Revue historique, t. V, 1877, p. 84-120.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Analyse d'une lettre de sir Nicholas Throckmorton concernant les conditions dans lesquelles il est retenu en otage au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">3</unitid>
              <unitdate normal="1563/1563" encodinganalog="3.1.3">25 août 1563</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Document aimablement signalé par Monique Chatenet.</p>
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                <persname id="atom_20004_actor">Throckmorton, Nicholas</persname>
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              <note>
                <p>Ambassadeur d'Angleterre en France.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« The chamber in the tower where he lies is hung with tapestry and the bedding which he and his folks occupy is hired by him, and so are all the things that he needs. In the morning, he is suffered (accompanied by three or four of his guard) to walk in the park of Saint Germain an hour, and in the daytime to walk when he wills in the gallery of the house with the keeper, and towards the evening is suffered to walk in the garden. Adjoining his chamber is a great one, where he has liberty all day to walk, and a smaller to dine and sup in. Some officers accompany him at meals.  Twice in the day two of his folks are suffered to go in Saint Germain to buy his victuals. About 6 p. m.  he with one of his servants is locked in his chamber, and the rest of his folks in another, and the guards lie upon a pallet at his chamber door. When Smith writes let his messenger come to the sign of “Our Lady” in Saint Germain, where, before diner and supper, one of his folks is suffered to go to to fetch his wine.<lb/>The captain of the castle has written to the King to have him to his own house at a village called Carriere.<lb/>Castle of Saint Germain, 25 August 1563 »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_20004_actor">Throckmorton, Nicholas </persname>
              <persname role="subject">Charles IX</persname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Calendar of State Papers, Foreign series, of the reign of Elizabeth, t. 6, 1563, éd. Joseph Stevenson, Londres, Longmans, Green and Co., 1869, p. 512-513, n° 1172.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Edward Stafford, ambassadeur d’Angleterre en France, à Walsingham mentionnant des travaux au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">4</unitid>
              <unitdate normal="1584/1584" encodinganalog="3.1.3">23 septembre 1584</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Document aimablement signalé par Monique Chatenet.</p>
              </note>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_20006_actor">Stafford, Edward</persname>
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              <note>
                <p>Ambassadeur d'Angleterre en France.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« I am now going to horse to meet the King, or at least the Queen Mother, at Chenonceaux. The King would not give me audience at Bois de Vincennes, but referred me and all the ambassadors to his meeting with the Queen Mother at Blois, on the 10th or 12th of this month at farthest. But she having sent him word that “there was no coming to Blois nor thereabouts, the plague being so rife,” he appointed to see her at Chenonceaux, “and not tarry past a night or two and so bring them away with him to Montargis, and so roving about and staying in no place till Saint Germains house be ready, where he meaneth to make his rendezvous”, desiring us all to wait until then.<lb/>But knowing that he hath so pulled down and patched at Saint Germains that it cannot be ready a good while, and his humour so changeable that God knoweth whether he will keep that deliberation or no, and desirous to have her Majesty served to her contentment,” though it is above seven score miles hence and will be a great charge, I mean to go to Amboise, within two leagues of the Court, and be there before the King, and speak with them both. If he comes not within ten days, I will speak with the Queen Mother, and stay till she has sent to him, rather than leave her Majesty's will undone. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="Producteur" id="atom_20006_actor">Stafford, Edward </persname>
              <persname role="subject">Henri III</persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Calendar of State Papers, Elizabeth, t. 19, 1584-1585, éd. Sophie Crawford Lomas, Londres, The Hereford Times limited, 1916, p. 71.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Philippe d’Orléans concernant l’arrestation du chevalier de Lorraine dans son appartement au Château-Neuf</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">5</unitid>
              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">2 février 1670</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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                <persname id="atom_20012_actor">Philippe, duc d'Orléans</persname>
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              <note>
                <p>Fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, frère cadet de Louis XIV.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Monsieur, à M. Colbert<lb/>Villers Coterets, le 2 fevrier 1670<lb/>Monsieur Colbert,<lb/>Comme depuis quelque temps je vous crois de mes amis, et que vous etes le seul de ceux qui ont l’honneur d’approcher le Roi qui m’en ayez donné des marques dans l’epouvantable malheur qui me vient d’arriver, je crois que vous ne serez pas faché que je vous prie ici de dire au Roi que je suis venu ici avec la derniere douleur de me voir obligé de m’eloigner de lui, ou de demeurer avec honte à sa Cour. Que je le prie de considerer ce qu’on diroit dans le monde si l’on me voyoit gai et tranquille dans les plaisirs de Saint Germain et du carnaval, pendant qu’un prince innocent, le meilleur ami que j’aie sur la terre, et attaché à moi, languit pour l’amour de moi dans une miserable prison ; de plus, la manière dont on l’a pris a eté pour moi le plus sensible affront que je pusse recevoir, ayant eté longtemps incertain si c’etoit à ma personne que l’on en vouloit, ma chambre ayant eté assez longtemps environnée de toutes parts de gardes, tant [p. 462] aux portes qu’aux fenetres, et tous mes domestiques, epouvantés, me vinrent dire qu’ils ne savoient si c’etoit à moi qu’on en vouloit. De plus, le Roi fit demander à ma femme quel parti elle vouloit prendre ; cela marquoit dont qu’il avoit envie d’autoriser qu’elle ne fit pas son devoir à mon egard en me fuyant. Malgré toutes ces raisons, si je m’etois cru utile au service du Roi, je ne l’aurois pas quitté ; mais la manière dont il m’a traité toute sa vie me fait bien croire le contraire. Je sais que dans l’humeur où je suis, je ne pourrois lui etre que desagreable, et qu’il auroit de la peine meme à avoir à tous momens devant ses yeux un frere qu’il a mis dans le derniere desespoir, que cela seroit tres ennuyeux pour lui, et fort honteux pour moi, que je n’ai aucun dessein que de lui cacher ma sensible douleur, jusques à tant qu’il veuille me redonner de la joie. Que si j’osois je prierois le Roi de se mettre à ma place et de songer à ce qu’il feroit dans une pareille occasion, de me donner conseil lui meme, un conseil tel qu’il le croiroit honnete pour moi, et que tout le monde vit qu’il l’a donné à un frere, qui n’a songé toute sa vie qu’à lui etre agreable et à lui plaire. Cependant j’aime mieux vous ouvrir mon cœur qu’à tout autre, parce que je sais que vous etes sincere et de bonne foi, que vous n’avez d’autres interets que ceux du Roi, et que vous savez mieux que personne que mon  malheur m’est arrivé dans un temps où je meritois un autre traitement assurement par toutes les choses que je sacrifiois tous les [p. 463] jours au Roi ; que si M. le chevalier de Lorraine etoit coupable, j’aurois eté le premier à l’eloigner d’aupres de moi, mais qu’il n’a jamais songé qu’à pouvoir meriter ses bonnes graces et son estime ; que j’en pouvois repondre, connoissant mieux que personne le fond de son cœur ; qu’enfin je ferois voir, à la honte de mes ennemis, que j’aimois le Roi plus que moi meme, mais qu’il me donnat les moyens d’accorder ma tendresse avec mon honneur, et qu’en cela je le conjurois de songer que j’etois son frere.<lb/>Apres cela, je n’ai rien à vous dire, que de vous assurer que je serai toute ma vie, M. Colbert, votre bien bon ami.<lb/>Philippe »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="Producteur" id="atom_20012_actor">Philippe, duc d'Orléans </persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Colbert, Jean-Baptiste</persname>
              <geogname>Château-Neuf</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Louis XIV, Œuvres de Louis XIV, éd. Philippe-Antoine Grouvelle et Philippe-Henri de Grimoard, Paris et Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1806, t. V, p. 461-463.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du roi annonçant son arrivée à Saint-Germain-en-Laye et ordonnant le déménagement du dauphin au Château-Neuf</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">6</unitid>
              <unitdate normal="1671/1671" encodinganalog="3.1.3">6 juillet 1671</unitdate>
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        1 dcoument    </physdesc>
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                <persname id="atom_20017_actor">Louis XIV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1643 à 1715.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Au duc de Montausier<lb/>Ath, le 6 juillet 1671<lb/>Hier, je vous mandai que nous serions à Saint Germain le mardi ou le mercredi de la semaine prochaine ; mais nous y serons samedi au soir, 11 de ce mois, ayant resolu de partir demain, sur la nouvelle de la maladie de mon fils le duc d’Anjou. Vous avancerez à proportion le delogement de mon fils pour aller au chateau neuf, et son depart, afin de venir à notre rencontre à Franconville. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="Producteur" id="atom_20017_actor">Louis XIV </persname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Louis XIV, Œuvres de Louis XIV, éd. Philippe-Antoine Grouvelle et Philippe-Henri de Grimoard, Paris et Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1806, t. V, p. 482.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du roi concernant le séjour du dauphin, la petite vérole étant à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">7</unitid>
              <unitdate normal="1673/1673" encodinganalog="3.1.3">2 octobre 1673</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_20021_actor">Louis XIV</persname>
              </origination>
            </did>
            <bioghist id="md5-b8d727d080457fe1219c764e4dbb832a" encodinganalog="3.2.2">
              <note>
                <p>Roi de France de 1643 à 1715.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Au duc de Montausier<lb/>Beauzé, le 2 octobre 1673<lb/>Mon cousin,<lb/>J’ai reçu votre lettre du 30 de septembre et considéré toutes les choses que vous me représentez. Je ne puis approuver le dessein de mener mon fils à Vincennes ; car, encore que l’air y soit bon, jamais nous n’y avons été sans beaucoup de malades en cette saison, et les gens meme du lieu n’ont pas eté exceptés ; et quoique peut etre l’eau qui croupissoit alors dans les fossés contribuât à cela, et qu’à present ils sont secs, [p. 516] il ne peut avoir moins à craindre, l’épreuve ne m’en plait pas. Pour ce qui est de Saint Germain, la petite verole y etant, il n’y faut pas penser. Je desire seulement que vous en fassiez sortir tous ceux qui sont atteints de cette maladie, afin que dans quelque temps, apres avoir bien fait nettoyer et aerer les maisons qui en auront eté frappées, on y puisse retourner. Cependant comme je vois par votre lettre que le mal qui court à Versailles ne vient pas de l’infection de l’air, si vous jugez qu’en prenant aux portes et ailleurs les precautions qui se peuvent prendre en de pareilles rencontres, mon fils y puisse demeurer sans hasarder sa santé, je m’en remets à votre discretion et à votre affection ; mais en cas que vous n’y voyiez pas assez de sureté, je trouve bon que pour son sejour, jusqu’à ce que le peril de Saint Germain et de Versailles soit passé, vous choisissiez quelque maison de ces quartiers là, comme Ruel, ou telle autre que vous trouverez plus saine et plus agreable, et qui soit fermée de fossés. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="Producteur" id="atom_20021_actor">Louis XIV </persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Louis XIV, Œuvres de Louis XIV, éd. Philippe-Antoine Grouvelle et Philippe-Henri de Grimoard, Paris et Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1806, t. V, p. 515-516.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Catherine de Wurtemberg, reine de Westphalie, mentionnant une grande chasse donnée à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">8</unitid>
              <unitdate normal="1807/1807" encodinganalog="3.1.3">31 août 1807</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_20028_actor">Catherine de Wurtemberg</persname>
              </origination>
            </did>
            <bioghist id="md5-d8569600668f6434363265db0b4eaa39" encodinganalog="3.2.2">
              <note>
                <p>Fille du duc puis roi (1806) Frédéric Ier de Wurtemberg (1754-1816). Mariée en 1807, sur la demande de Napoléon Ier, à Jérôme Bonaparte (1784-1860), roi de Westphalie.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mon très cher père,<lb/>C’est toujours encore de Saint-Cloud que j’ai l’honneur de vous adresser les lettres. Cependant, nous le quittons ce soir pour nous rendre à Paris pour assister demain à une grande chasse à courre à Saint-Germain, où tous les princes de la Confédération du Rhin qui se trouvent à Paris dans ce moment doivent se rendre. Nous allons mercredi avec le grand-duc et la grande-duchesse de Berg, le prince et la princesse héréditaire de Bade et le prince Borghèse [p. 54] à Morfontaine, passer deux jours chez la reine de Naples. Le séjour de Saint-Cloud n’est pas ce qu’il y a de plus amusant, l’on ne voit l’Empereur que le soir à six heures, au moment où l’on monte en calèche pour se promener dans le parc, puis au retour l’on dîne. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="Producteur" id="atom_20028_actor">Catherine de Wurtemberg </persname>
              <persname role="subject">Napoléon Ier</persname>
              <subject>Chasse</subject>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Catherine de Wurtemberg et Jérôme Bonaparte, Briefwechsel der Königin Katharina und des Königs Jérôme von Westphalen, sowie des Kaisers Napoléon I, mit dem König Friedrich von Württemberg, éd. August von Schlossberger, Stuttgart, Kohlhammer, 1886-1887, t. I, p. 53.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre mentionnant une chasse princière à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">9</unitid>
              <unitdate normal="1815/1815" encodinganalog="3.1.3">11 novembre 1815</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_20035_actor">Pozzo di Borgo, Charles-André</persname>
              </origination>
            </did>
            <bioghist id="md5-353bd6e3cf2a296eb605edec6d5745ef" encodinganalog="3.2.2">
              <note>
                <p>Député de Corse à l'Assemblée nationale. Adversaire de Napoléon, fut diplomate au service de la Russie à partir de 1803.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
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              <p>« Dépêche<lb/>N° 19<lb/>Paris, 11/23 novembre 1815<lb/>Monsieur le comte,<lb/>Les rapports du duc de Wellington avec la cour continuent de s’améliorer journellement. Depuis ma dernière expédition, il s’est donné une chasse à Saint-Germain, à laquelle les princes et madame la duchesse d’Angoulême ont assisté. Le duc de Wellington, plusieurs dames anglaises et un grand nombre de généraux et d’officiers de cette nation y ont été invités.<lb/>A l’arrivée de la duchesse de Wellington à Paris, le Roi a offert au duc de s’établir à l’Elysée. Nous avons été si empressés de lever tous les obstacles que le comte Capo d’Istria a immédiatement quitté son appartement et est venu se loger avec les personnes de sa chancellerie à l’hôtel de la mission.<lb/>La présence du duc de Wellington à l’Elysée sera regardée comme une preuve matérielle de sa bonne intelligence avec les Tuileries. Le public de Paris, qui juge presque tout par les apparences, n’a pas manqué de saisir celle-ci.<lb/>J’ai l’honneur d’être, etc. »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_20035_actor">Pozzo di Borgo, Charles-André </persname>
              <subject>Chasse</subject>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Charles-André Pozzo di Borgo, Correspondance diplomatique du comte Pozzo di Borgo, ambassadeur de Russie en France, et du comte de Nesselrode depuis la restauration des Bourbons jusqu’au congrès d’Aix-la-Chapelle, 1814-1818, t. I, Paris, Calmann Lévy, 1890, p. 240.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre décrivant une chasse des fils de Louis-Philippe à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">10</unitid>
              <unitdate normal="1842/1842" encodinganalog="3.1.3">20 juin 1842</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été envoyée par Cuvillier-Fleury, secrétaire des commandements du duc d’Aumale, à sa femme.</p>
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                <persname id="atom_20040_actor">Cuvillier-Fleury, Alfred-Auguste</persname>
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              <note>
                <p>Historien, critique littéraire, rédacteur au "Journal des Débats". Précepteur du duc d'Aumale (1827-1839).</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Paris, le lundi 20 juin 1842, à 8 heures et demie<lb/>J’espère que tu ne me reprocheras pas, cette fois, ma chère Henriette, d’abandonner le duc d’Aumale. Voici trois jours que je dîne avec lui, hier, avant-hier et mercredi ! Par exemple, il faut que j’y renonce aujourd’hui. Le prince a imaginé d’aller faire le bois ce matin à Saint-Germain. Voilà en quoi consiste cette plaisanterie : on se lève à une heure après minuit, on monte en voiture, on y dort de fatigue jusqu’à Saint-Germain où on arrive à deux heures et demie du matin. On se rend au chenil de l’équipage de chasse du prince royal, où on éveille en sursaut gens et chiens. On s’empare de deux ou trois limiers et on les lâche dans la forêt. La fonction des limiers est de dépister le cerf. On les suit comme on peut pendant plusieurs heures à travers ronces et broussailles, le pied dans la rosée et la tête dans le brouillard, et quand on a fait lever quelque grosse bête, cerf, daim, daim, chevreuil ou sanglier, ce qui ne s’obtient souvent qu’à la fuite d’une longue et pénible recherche, le tout est fait ; on a fait son bois, et on est autorisé à rentrer chez moi. Telle est la partie de plaisir à laquelle se livrent aujourd’hui le duc d’Aumale et son frère le duc de Nemours. Qu’en dis-tu ? Ne faut-il pas avoir le diable au corps pour s’amuser de ce qui est la corvée des autres ? car faire le bois a toujours [p. 253] passé pour la plus rude besogne des piqueurs et des valets de chien. Quand Jamin a reçu les ordres du prince pour cette équipée, il n’en pouvait croire ses oreilles, et il en pestait hautement. Il ressemblait à la poule qui a couvé des œufs de canards et qui les voit se jeter à l’eau sans pouvoir les suivre. Jamin suivra la chasse, mais en maugréant contre Dieu et les saints. Quant à moi, à qui la chasse a été offerte, je me suis prudemment récusé, d’autant que l’offre n’était qu’une ironie très fine à l’adresse de ma matinalité très suspecte.<lb/>Hier, à Neuilly, Madame m’a encore demandé de tes nouvelles. On admirait fort au Salon un tableau daguerréotypé dans lequel M. Eynard, le banquier philhellène, a représenté la famille royale, ornée de Jules La Rochefoucauld sur le second plan. C’est étonnant de ressemblance, ou plutôt c’est la nature prise sur le fait. Mais tous les visages sont noirs. Le daguerréotype ne peut pas faire autrement. Il en résulte que toute cette royale assemblée a l’air d’une réunion de nègres échappée au désastre de Saint-Domingue. Plus les attitudes sont vraies et naturelles, plus cette horrible couleur est laide à voir. »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_20040_actor">Cuvillier-Fleury, Alfred-Auguste </persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Alfred-Auguste Cuvillier-Fleury, Journal et correspondance intimes de Cuvillier-Fleury, II, La famille d’Orléans aux Tuileries et en exil, 1832-1852, éd. Ernest Bertin, Paris, Plon, 1903, p. 252-253
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k206074z/f259.image</p>
            </bibliography>
          </c>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettres d'Henri IV</unittitle>
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        19 pièces    </physdesc>
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              <persname id="atom_19011_actor">Henri IV</persname>
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            <note>
              <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
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          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_19011_actor">Henri IV </persname>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant des arbres fruitiers en partie destinés à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1597/1597" encodinganalog="3.1.3">13 janvier 1597</unitdate>
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                <persname id="atom_45361_actor">Henri IV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« A nos amez et feaulx les gens tenans nostre chambre des comptes à Pau<lb/>Nos amez et feaulx,<lb/>Desirans peupler nos jardins et vergers de Fontainebleau, Saint Germain et les Tuilleries de plusieurs bon arbres fruictiers, notamment de millicotons et pavyes, desquels ils en sont despourveus, et saichant qu’il y en a grand nombre dans les jardins de nostre ville et chasteau de Pau, à cette cause, vous ne ferés faulte, incontinent la presente receue, de faire arracher des dicts arbres de milicotons et pavyes qui sont dans les susdicts jardins et lieux circumvoisins, la plus grande quantité que faire se pourra, à l’aage de deux ou trois ans seulement, et iceux faire delivrer à Arnaud de Bayle, present porteur, l’un de nos fouriers ordinaires, que nous envoyons expres pour cest effect, pour nous les faire amener et conduire jusques aux lieux que nous luy avons ordonné. Sy n’y faictes faulte, car tel est nostre plaisir.<lb/>A Rouen, le XIIIe jour de janvier 1597.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45361_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Jardins</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. IV, 1593-1598, Paris, Imprimerie impériale, 1848, p. 689-690.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant son départ pour Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1597/1597" encodinganalog="3.1.3">9 février 1597</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été envoyée au connétable.</p>
              </note>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_45360_actor">Henri IV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mon Cousin,<lb/>J’ay esté bien ayse de scavoir de vos nouvelles par la lettre que vous avés escripte à monsieur de Villeroy et vous diray que je m’en vois courre un cerf demain en la forest de Saint Germain, parce qu’il ne s’en est point trouvé en ces buissons où je pensois courre, de sorte que je ne me rendray à Paris que mercredy, et sera assez que vous vous y trouviés jeudy, vous asseurant que, si mes affaires me le permettoient, avec l’affection que j’ay de vous revoir, je vous donnerois plus de loisir de demeurer en vostre maison et joyr du repos que vous y avés trouvé. Mais il fault faire nos estats, lesquels je ne puis resoudre sans vous. Au reste, j’ay esté adverty que Sanvenssan, seneschal de Rouergue, a esté tué dedans Villefranche par les habitans, les voulant gourmander. J’ay advisé de donner son office au sieur de Roquelaure, pour la fiance que j’ay en lui, et employer en ceste charge une personne qui ne despende que de moy et n’ayt point trempé aux factions et partialitez du pays, pour les raisons que je vous diray quand je vous verray, lesquelles je m’asseure que vous approuverés.<lb/>Je prie Dieu, mon Cousin, qu’il vous ayt en sa garde.<lb/>De Pontoise, le IXe de fevrier 1597.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45360_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. IV, 1593-1598, Paris, Imprimerie impériale, 1848, p. 866.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant son départ pour Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1597/1597" encodinganalog="3.1.3">16 octobre 1597</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été envoyée au connétable.</p>
              </note>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_45359_actor">Henri IV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mon Cousin,<lb/>Je pars demain pour m’en aller à Saint Germain en Laye, où je vous prie de vous trouver mardy. C’est pour vous communiquer chose qui importe à mon service. Mais ne laissés pas d’amener vos courtaults et vos levriers, car je veulx que nous allions à la chasse ensemble et que nous prenions un peu de bon temps, au lieu du mal que nous avons eu. Je vous ay volontiers accordé l’abbaye que vous m’avés demandée, et seray tousjours tres aise de vous gratifier.<lb/>Priant Dieu, mon Cousin, qu’il vous ayt en sa saincte garde.<lb/>Escript d’Amiens, le XVIe jour d’octobre 1597.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45359_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. IV, 1593-1598, Paris, Imprimerie impériale, 1848, p. 449-450.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant l’arrivée du prince de Condé à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1597/1597" encodinganalog="3.1.3">17 novembre 1597</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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                <persname id="atom_45357_actor">Henri IV</persname>
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                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
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              <p>« A nos tres chiers et bien amez les prevost des marchands, eschevins, manans et habitans de nostre ville de Paris<lb/>Tres chers et bien amez,<lb/>Ayant sceu que nostre tres cher et tres amé cousin le prince de Condé doibt arriver bien tost en nostre chasteau de Sainct Germain en Laye, où nous avons ordonné qu’il fust conduict, et desirans que il fust recogneu et reveré de vous comme premier prince de nostre sang et heritier presomptif de ceste Couronne, jusques à ce que Dieu nous ayt donné des enffans, affin que, comme vous tenés le premier lieu par-dessus toutes les villes de nostre royaume, vous monstriés aussy l’exemple aux aultres de l’honneur qui est deub à tel rang, nous vous mandons et ordonnons d’aller visiter et saluer nostre dict cousin en corps quand il va arriver au dict lieu de Sainct Germain, et comme nous cherissons la personne de nostre cousin autant que s’il estoit nostre propre fils, esperans qu’il correspondra à l’esperance publique et à la nostre, nous vous scaurons tres bon gré du debvoir auquel vous mettrés pour ce resgard, qui sera de bonne odeur à l’endroict d’un chascun.<lb/>Donné au camp de la Fere, le XVIIe jour de novembre 1595.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45357_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. IV, 1593-1598, Paris, Imprimerie impériale, 1848, p. 449-450.</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de l’audience donnée par le roi aux députés de Bordeaux à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1599/1599" encodinganalog="3.1.3">3 novembre 1599</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Responce du Roy à messieurs les depputez de Bourdeaux, messieurs le second president Chessac et conseiller Jessac et autres, faicte à Sainct Germain en Laye le 3e de novembre 1599 sur la verification de l’edict de Nantes<lb/>Le Roy se jouant et s’esgayant avec ses petits enfans en la grande salle du chastel de Sainct Germain en Laye, et voyant de l’aultre costé de la dicte salle messieurs les depputez, laissant ses enfans, les va accoster disant :<lb/>Ne trouvés poinct estrange de me veoir icy folastrer avec ces petits enfans. Je scay faire les enfans et defaire les hommes. Je viens de faire le fil avec mes enfans, je m’en vay maintenant faire le sage avec vous et vous donner audience.<lb/>Et estant entré en une chambre avec messieurs le chancelier et le mareschal d’Ornano, lieutenant pour le Roy en Guyenne, et messieurs les depputez seulement, et ayant ouy le dict sieur president Chessac qui portoit la parole et qui harangua cinq quarts d’heure, le Roy respondant, dit :<lb/>Monsieur de Chessac, non seulement vous ne m’avés poinct ennuyé par trop grande longueur, ains plustost je vous ay trouvé court, tant j’ay pris plaisir à vostre bien dire. Car il faut que je confesse en vostre presence que je n’ay jamais ouy mieux dire. Mais je voudrois que le corps respondit au vestement. Car je vois bien que vos maximes et propositions sont les mesmes et semblables qu’estoient celles que faisoient jadis le feu cardinal de Lorraine au feu Roy en la ville de Lyon, retournant de Poulogne, tendant à ce remuement d’Estat. Nous avons obtenu la paix tant desirée, Dieu mercy, laquelle nous couste trop pour la commettre en troubles. Je la veux continuer, et chastier exemplairement ceux qui voudroient apporter l’alteration. Je suis vostre Roy legitime, vostre chef ; mon royaume en est le corps, vous avés cest honneur d’en estre membres, d’obeir, et d’y apporter la chair, le sang, les os et tout ce qui en despend. Vous dictes que vostre parlement seul en ce royaume est demeuré en l’obeissance de son Roy et partant que ne devés avoir pire condition que le parlement de Paris et Rouen, qui, devant les desbordemens et orages de la Ligue, se sont devoyez. Certes, ce vous a esté beaucoup d’heur, mais, après Dieu, il faut rendre louange non seulement à vous autres, qui n’avés eu faute de mauvaise volonté pour remuer comme les autres, mais à feu monsieur le mareschal de Matignon, qui vous tenoit la bride courte, qui vous en a empesché. Il y a longtemps qu’estant seulement roy de Navarre, je cognoissois des lors bien avant vostre maladie, mais je n’avois les remedes en main. Maintenant que je suis roy de France, je les connois encore mieux, et ay les matieres en main pour y remedier et en faire repentir ceux qui voudront s’opposer à mes commandemens. J’ay fait un edict, je veux qu’il soit gardé, et quoy que ce soit, je veux estre obey. Bien vous en prendra si le faites. Mon chancelier vous dira plus en plein ce que est ma volonté. »</p>
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            <controlaccess>
              <persname role="subject">Henri IV</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
              <geogname>Château-Vieux (salle de bal)</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. V, 1599-1602, Paris, Imprimerie impériale, 1850, p. 316-317.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant la recherche de marbre pour Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">6</unitid>
              <unitdate normal="1600/1600" encodinganalog="3.1.3">3 octobre 1600</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été envoyée au connétable.</p>
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                <persname id="atom_45355_actor">Henri IV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mon compere,<lb/>Celuy qui vous rendra la presente est un marbreur que j’ay faict venir expressement de Paris pour visiter les lieux où il y aura des marbres beaux et faciles à transporter à Paris pour l’enrichissement de mes maisons des Tuileries et Sainct Germain en Laye et Fontainbleau, en mes provinces de Languedoc, Provence et Dauphiné. Et pour ce qu’il pourra avoir besoing de vostre assistance, tant pour visiter les marbres qui sont en vostre gouvernement que les faire transporter comme je luy ay commandé, je vous prie le favoriser en ce qu’il aura besoin de vous. Vous scavés comme c’est chose que j’affectionne, qui me fait croire que vous l’affectionnerés aussy, et qu’il en va de mon contentement.<lb/>Sur ce, Dieu vous ayt, mon compere, en sa garde. Ce IIIe octobre, à Chambery.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45355_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. V, 1599-1602, Paris, Imprimerie impériale, 1850, p. 490-491.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant l’installation du dauphin à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1601/1601" encodinganalog="3.1.3">13 octobre 1601</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre était destinée à Sully.</p>
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                <persname id="atom_45354_actor">Henri IV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mon Cousin,<lb/>Je vous ay faict une depesche du VIIe de ce mois qui a esté envoyée au sieur de la Guiche pour la vous faire tenir, par laquelle je vous mandois la resolution que j’ay faicte de ne rien ordonner de la capitainerie de Sommieres, que vous ne fussiés icy aupres de moy et que nous n’en eussions conferé ensemble. C’est la mesme response que j’en ay faicte au fils du feu sieur de Saurin, present porteur, duquel j’ay toute bonne opinion, et seray bien aise de faire pour luy, s’il s’en presente occasion qui luy soit convenable. J’ay depuis receu vostre depesche du dernier du mois passé, où j’ay veu combien vostre passage a valu en la ville de Montpellier pour le repos d’icelle. Je m’asseure qu’il aura eu le mesme effect en celle de Nismes, et que toute la province ressentira beaucoup de fruict de ce peu de sejour que vous y avés faict.<lb/>Je presuppose que si vous avés continué vostre voyage comme vous me mandés, que ce dict porteur vous rencontrera à Lyon, et par consequent que vous ne tarderés plus gueres à estre icy pres de nous, où je desire que vous puissiés arriver avant que nous en delogions, qui sera, comme j’estime, vers la fin du mois. Et le premier voyage que vous ferons sera d’aller consigner à Saint Germain mon fils le Dauphin, ayant estimé ne pouvoir choisir lieu plus commode pour le faire nourrir que celuy là.<lb/>Nous n’avons icy rien de nouveau depuis ma derniere lettre, que le retour de mon nepveu le comte d’Auvergne et de mon cousin le mareschal de Biron de leur voyage d’Angleterre, qui se louent tous des faveurs et honnestetez qu’ils ont receues de la Royne. Le siege d’Ostande est toujours continué par l’archiduc et luy a esté ceste année plus favorable que la precedente, car il a pendant icelle faict fort beau temps. Il se confirme aussy tousjours davantage et opiniastre son siege, sur l’evenement duquel ils sont bien appointez contraires, car si les unes esperent l’emporter, les autres monstrent estre fort asseurez qu’il n’en sera rien. C’est ce que j’ay à vous dire pour ceste fois.<lb/>Priant Dieu, mon Cousin, vous avoir en sa saincte garde. Escript à Fontainebleau, le XIIIe jour d’octobre 1601.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45354_actor">Henri IV </persname>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VI, 1603-1606, Paris, Imprimerie impériale, 1853, p. 39-40.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV demandant le transfert de ses enfants au Château-Vieux de Saint-Germain-en-Laye, pour permettre aux ouvriers de travailler au Château-Neuf</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">8</unitid>
              <unitdate normal="1602/1608" encodinganalog="3.1.3">vers 1602-1608</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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                <persname id="atom_21981_actor">Henri IV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Madame de Monglat,<lb/>Je vous fay ce mot pour vous dyre qu’estant resolu d’aller l’un de ces jours à Saynt Germayn an Laye et loger dans le petyt chateau, vous remenyès yncontynant mon fyls et mes autres enfans dans le vyel chateau, et que vous permetyès aus ouvryers que l’on ranvoye pour y travayller, quoyqu’yls vyennent de cete vylle, d’y travayller comme je leur ay commandé, afyn que je trouve l’ouvrage qu’ylz font parachevée. Bonyour, madame de Monglat. Ce IIme aut, à Parys.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_21981_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
              <subject>Education des princes</subject>
              <geogname>Château-Neuf</geogname>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Joseph Guadet, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. IX, Supplément, Paris, Imprimerie impériale, 1866, p. 222</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV annonçant l’arrivée à Saint-Germain-en-Laye d’un peintre venant peindre le Dauphin</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">9</unitid>
              <unitdate normal="1602/1608" encodinganalog="3.1.3">vers 1602-1608</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Madame de Monglat,<lb/>Je vous fay ce mot par Decourt, que j’anvoye esprés à Saint Jermayn pour peyndre mon fyls le Daufyn, pour vous dyre que vous ne facyès aucune dyfyculté de le luy lesser peyndre. A son retour vers moy, vous me manderès de ses nouvelles. A Dieu, madame de Montglat. Ce XVIme janvyer, à Parys.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_21992_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Joseph Guadet, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. IX, Supplément, Paris, Imprimerie impériale, 1866, p. 223</p>
            </bibliography>
          </c>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV évoquant les bâtiments de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1603/1603" encodinganalog="3.1.3">2 mars 1603</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre était destinée à Sully.</p>
              </note>
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                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
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            </bioghist>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Mon Cousin,<lb/>J’escris à monsieur le chancellier qu’il face expedier l’edict de la suppression à la chambre des requestes à Thoulouse, encores qu’il n’a esté passé en mon conseil, car c’est chose que je veux estre faicte et qui servira de planche pour en faire autant aux autres parlemens, de quoy j’entends que mes subjects recevront soulagement, partant donnés ordre que mon intention soit suivie et qu’il n’y soit plus fait de difficulté. Cherelles m’a faict dire que vous ne luy avés faict offrir que douze cens escuz pour son voyage, au lieu de trois mille qu’il a verifié avoir touchez pour celuy qu’il fit du temps du feu Roy, et qu’il luy est impossible de se defrayer pour la dicte somme de douze cens escuz, au moyen de quoy je veux que vous luy en donniés jusques à deux mille et que vous les luy faciés delivrer incontient, affin qu’il ne retarde davantage son partement, car c’est chose que j’ay fort à cœur.<lb/>Je suis bien aise que vous ayés pourveu aux dix mil escuz  de Geneve et à la monstre de tous nos gens de guerre, ainsy que vous m’avés escript par vostre lettre du XXVIIIe du mois passé, vous priant de vous souvenir de me mander des nouvelles des bastimens de Saint Germain au retour du voyage que vous me mandés y devoir bien tost y faire, et continuer à faire advancer, tant qu’il vous sera possible, les transports de terres de la galerie du Louvre afin que les maçons puissent besogner, estimant qu’ils donneront ordre cependant à leurs materiaux, de façons qu’ils advanceront bien la besogner quand la place sera nette des dictes terres. J’ay encore receu et veu la lettre que vous m’avés escripte le mesme jour pour response à la mienne portée par le courrier Fenot. J’escris à mon grand escuyer qu’il vous envoye le receveur de l’escurie avec Blondeau, pour vous rendre compte de l’assignation donnée pour faire les hocquetons des archers de ma garde, afin que, s’il y manque quelque chose, vous y pourvoyés, comme je vous en ay desja escript. Le tresorier des menus n’est point icy (quoyque vous luy ayés desjà commandé par deux fois, comme je l’ay bien sceu), ny personne pour luy qui paye les debris des logis où je loge, de façon que nous passons sans payer, qui est une grande honte. Envoyés le querir et donnés ordre qu’il s’acquitte mieux de son devoir.<lb/>Priant Dieu, mon Cousin, qu’il vous ayt en sa saincte garde. Escript à Espernay, le IIe jour de mars 1603.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45352_actor">Henri IV </persname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VI, 1603-1606, Paris, Imprimerie impériale, 1853, p. 60.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV évoquant les bâtiments de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">11</unitid>
              <unitdate normal="1603/1603" encodinganalog="3.1.3">27 mars 1603</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre était destinée à Sully.</p>
              </note>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_45351_actor">Henri IV</persname>
              </origination>
            </did>
            <bioghist id="md5-6fb22fa38a50268abe67e728eb8319bc" encodinganalog="3.2.2">
              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mon amy,<lb/>J’ay receu la vostre par le nepveu de Lomenie, où j’ay esté tres aise d’apprendre le bon mesnage que vous avés faict en mes bastimens de Sainct Germain en Laye. Je partiray d’icy mardy prochain, Dieu aidant, pour m’en retourner vers Paris, prenant mon chemin par Nancy, où je sejourneray fort peu, ny par les chemins, si d’adventure la nouvelle que monsieur de Beaumont, mon ambassadeur en Angleterre, m’a envoyée par un courrier expres de l’extresme maladie de la royne d’Angleterre continuer, affin que, s’il advenoit faulte d’elle, je sois tout porté par delà pour pourveoir à mes affaires selon le conseil que vous et mes serviteurs me donnerés sur cela, qui vous prie cependant tenir toutes choses en estat et les edicts prests, affin qu’à mon arrivée je voye ce qu’il faudra pour mon service, à quoy je ne m’espargneray nullement. Mandés moy, comme je le vous ay escript, ce que vous faictes faire à l’Arsenac, car je ne suis moins desireux d’en scavoir des nouvelles que de mes bastimens.<lb/>A Dieu, mon amy, lequel je prie vous avoir en sa saincte et digne garde. Ce XXVIIe mars, à Metz.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45351_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VI, 1603-1606, Paris, Imprimerie impériale, 1853, p. 573.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant une visite de la marquise de Verneuil à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">12</unitid>
              <unitdate normal="1606/1606" encodinganalog="3.1.3">4 janvier 1606</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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                <persname id="atom_45350_actor">Henri IV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Madame de Monglat,<lb/>Je vous fais ce mot et vous depesche ce lacquais esprés pour vous dire que madame de Verneuil faict estat de s’en aller demain coucher à Sainct Germain en Laye, pour y voir ses enfans. Faites la loger au chasteau et les luy laissés voir. Elle ne verra point mon fils ny ma fille, si ce n’est par occasion, mais non par dessein. Envoyés mon fils le chevalier et ma fille de Vendosme la voir. Je luy ay escript pour ce dont vous me parlastes dernierement à Sainct Germain de la plainte que l’on vous avoit rapporté qu’elle faisoit de vous. Elle m’a mandé que cela n’estoit et qu’elle le vous diroit elle mesme et vous tesmoigneroit, par la bonne chere qu’elle vous feroit, le contraire. Faites la luy de mesmes, et me mandés des nouvelles de mes enfans.<lb/>Bonsoir, Madame de Monglat. Ce IIIIe janvier, à Paris.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45350_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Education des princes</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VII, 1606-1610, Paris, Imprimerie impériale, 1858, p. 324.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV annonçant une visite de la marquise de Verneuil à ses enfants à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">13</unitid>
              <unitdate normal="1606/1606" encodinganalog="3.1.3">6 juillet 1606</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Madame de Monglat,<lb/>Je vous fais ce mot et vous depesche ce lacquais expres pour vous dire que madame de Verneuil sera ce soir à Saint Germain, où elle va pour voir mes enfans. Et encores que nous ne voyons pas bien ensemble, ne laissés de luy faire tout l’honneur et la bonne chere que vous pourrés et de la loger au chasteau, me mandant par le retour de ce lacquais des nouvelles de mon fils et de mes enfans. Bonjour, madame de Montglat. Ce VIme juillet, à Paris.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_22007_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Joseph Guadet, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. IX, Supplément, Paris, Imprimerie impériale, 1866, p. 224.</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant les travaux de ses différentes résidences</unittitle>
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              <unitdate normal="1607/1607" encodinganalog="3.1.3">3 mai 1607</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre était adressée au cardinal de Joyeuse.</p>
              </note>
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                <persname id="atom_45349_actor">Henri IV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mon cousin,<lb/>Toutes mes autres lettres sont pour vous tesmoigner le contentement du service que vous avés faict à Dieu, à toute la Chrestienté et à moy particulierement en l’accommodement de l’affaire d’entre Sa Saincteté et les Venitiens. Ceste-cy particuliere est pour vous dire des nouvelles de mes bastimens et de mes jardins, et pour vous asseurer que je n’ay pas perdu le temps depuis vostre partement. A Paris, vous trouverés ma grande galerie qui va jusques aux Tuileries parachevée, la petite dorée et les tableaux mis dans les Tuileries ; un vivier et force belles fontaines, mes plans et mes jardins fort beaux ; la place Royale, qui est pres la porte Sainct Antoine, et les manufactures, des quatre parts, les trois faictes, et la quatriesme sera achevée l’année prochaine ; au bout du pont Neuf, une belle rue qui va jusques à la porte de Bussy faicte, et les maisons d’un costé et d’aultre, sinon faictes, du moins elles le seront avant la fin de l’année prochaine ; plus de deux ou trois mille ateliers qui travaillent çà et là pour l’embellissement de la ville, sy qu’il n’est pas croyable comme vous y trouverés du changement.<lb/>A Sainct Germain, je fais continuer ce que vous y avés veu commencer.<lb/>Icy, vous trouverés mon parc fermé, mon canal fort advancé, et plus de soixante mille arbres que j’ay faict planter ceste année dans ledit parc, par boqueteaux, presque tous repris, et avant cest hiver j’espere y planter plus de cinq ou six mille fruitiers. J’ay faict nettoyer et curer tous mes canaux, tant du jardin des canaux que aultres. Mes palissades sont fort belles. J’ay déjà trois aires de herons, qui me font esperer que puisqu’ils ont commencé, j’en auray force aultres dans ceste année. Ma basse court des cuisines sera plus de moitié faicte, et l’aqueduc que je fais faire pour conduire les eaux et les amener dans le château, faict de façon que j’en mettray par tous mes jardins où je voudray.<lb/>A Monceaux, les maçons hors du chasteau et qui travaillent à la basse court.<lb/>Somme toute, vous verrés à vostre arrivée que j’ay fort travaillé. Le canal qui mene de Briarre à la riviere du Loir ne sera encores parachevé ceste année, mais il le sera de bonne heure en la prochaine.<lb/>J’ay achevé ma diette, de laquelle je me trouve fort bien, Dieu mercy. Ma femme et mes enfans font de mesmes. Resolvés vous doresnavant des douze mois de l’année m’en donner les huict, et estre tout ce temps là aupres de moy. Aussy vous aimé je trop pour ne vous y avoir le plus que je pourray.<lb/>A Dieu, mon cousin. Ce IIIe may, à Fontainebleau.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45349_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VII, 1606-1610, Paris, Imprimerie impériale, 1858, p. 219-221.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant le départ de ses enfants pour Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">15</unitid>
              <unitdate normal="1607/1607" encodinganalog="3.1.3">26 juillet 1607</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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                <persname id="atom_45348_actor">Henri IV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Monsieur de Souvré,<lb/>C’est pour vous donner advis que je mande à madame de Montglat d’amener mon fils et mes aultres enfans à Sainct Germain en Laye, affin que vous vous trouviés à Fontainebleau le jour qu’ils en partiront, pour les accompagner jusqu’au dict Sainct Germain. J’envoye le Large, l’un de mes fourriers ordinaires, pour faire son logis, et luy ay commandé le chemin qu’ils auront à tenir.<lb/>Bonjour, Monsieur de Souvré. Ce XXVIe juillet, à Monceaux.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45348_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Education des princes</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VII, 1606-1610, Paris, Imprimerie impériale, 1858, p. 383-384.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant le départ de ses enfants pour Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">16</unitid>
              <unitdate normal="1607/1607" encodinganalog="3.1.3">10 novembre 1607</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre est adressée au duc de Sully.</p>
              </note>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_45347_actor">Henri IV</persname>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mon amy,<lb/>La saison n’est plus propre de tenir mon fils le Dauphin et mes autres enfans à Noisy. C’est pourquoy je vous fais ce mot pour vous dire que je veux qu’ils retournent à Sainct Germain en Laye, où il n’y a plus de danger, et pour ce adviser madame de Montglat du jour pour les y faire remener, empruntant à cest effet de la royne Marguerite sa litiere, laquelle je m’asseure qu’elle prestera fort volontiers ; puis vous avés celle de ma femme et les carrosses, et ce qui sera necessaire pour faire porter tout le reste de leur equipage. Je vous en laisse le soin. Vous dirés à madame de Verneuil que mes enfans ont assez sejourné à Paris, à cause de la petite verole qui y court, et que je veux qu’elle les renvoye des lundy.<lb/>A Dieu, mon amy. Ce Xe novembre, à Fontainebleau.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45347_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Education des princes</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VII, 1606-1610, Paris, Imprimerie impériale, 1858, p. 385.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant une maladie survenue à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">17</unitid>
              <unitdate normal="1607/1607" encodinganalog="3.1.3">14 novembre 1607</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Madame de Montglat,<lb/>Puisque la maladie a rattaqué une maison de Saint Germain en Laye au mesme temps que je voulois que mon fils le Dauphin et mes enfans y retournassent, comme je l’ay appris par vostre lettre du XIIe et celle du Grand, mon procureur au dict lieu, à vous, et que rien ne presse encore de les faire partie de Noisy, où ils sont bien, je trouve fort bien qu’ils n’en bougent encore, que premier nous ayons appris ce que fera ceste lune, de quoy je vous ay bien voulu advertir par ceste cy, comme aussy je l’escris à monsieur de Sully, qui m’a envoyé la vostre.<lb/>Je me plains de vous, de ce que vous ne m’avés pas mandé que vous aviés fouetté mon fils, car je veulx et vous commande de le fouetter toutes les fois qu’il fera l’opiniastre ou quelque chose de mal, saichant bien par moy mesme qu’il n’y a rien au monde qui luy face plus de profict que cela, ce que je recognois par experience m’avoir profité car, estant de son aage, j’ay esté fort fouetté. C’est pourquoy je veulx que vous le faciés et que vous luy faciés entendre.<lb/>A Dieu, Madame de Montglat. Ce XIIIIe novembre, à Fontainebleau.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45346_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VII, 1606-1610, Paris, Imprimerie impériale, 1858, p. 643.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV concernant une visite de la marquise de Verneuil à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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        1 document    </physdesc>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_45345_actor">Henri IV</persname>
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            </did>
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              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Madame de Montglat,<lb/>Pour responce à celle que vous m’avés escripte touchant ce que vous a mandé madame de Verneuil du desir qu’elle a que vous faciés baptiser ma fille, je luy ay escript mon intention. De quoy je vous ay bien voulu advertir, affin que vous le faciés faire comme elle vouldra. Et pour ce que vous mandés à Lomenie touchant mon fils de Verneuil, je desire que vous le faciés mener au chasteau neuf avec mes aultres enfans, et si madame de Verneuil va à Saint Germain et desire le voir, que vous le luy envoyés au vieil chasteau, où j’entends qu’elle loge pour assister ma fille.<lb/>Et ceste cy n’estant à autre fin, Dieu vous ayt, madame de Montglat, en sa saincte garde. Ce VIe novembre, à Fontainebleau.<lb/>Henry »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_45345_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Education des princes</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
              <geogname>Château-Neuf</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Jules Berger de Xivrey, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VII, 1606-1610, Paris, Imprimerie impériale, 1858, p. 643.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre d’Henri IV au connétable de Montmorency concernant son séjour à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">19</unitid>
              <unitdate normal="1595/1610" encodinganalog="3.1.3">vers 1595-1610</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_21973_actor">Henri IV</persname>
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            </did>
            <bioghist id="md5-6fb22fa38a50268abe67e728eb8319bc" encodinganalog="3.2.2">
              <note>
                <p>Roi de France de 1589 à 1610.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mon compere,<lb/>Je suys arryvé ce soyr ycy pour commancer ma dyette samedy ou dymanche. J’ay mandé à M. le chancelyer qu’yl ne vynt que ceux de mon conceyl dont nous ne nous pouvons passer ycy. Je vous prye de dyre à tous les prynces qu’yls n’y vyenent qu’avec chacun un gentylhomme, un valet de chambre et un page ; car yls n’auront que fayre de chevaus d’aultant qu’yls n’yront poynt à la chasse. Pour vous, vous ferés beaucoup pour vous et pour moy d’y venyr avec le moyns de trayn que vous pourrés et ranvoyer le reste à Parys ou le laysser à Chantylly ; ce cera pour vous delyvrer et moy aussy de beaucoup d’ymportuns. Mais amenés y vos levryers et des courtaus, car yl vous sera permys de chasser et non à autre. Vous trouverrés M. de Bouyllon logé avec moy dans le petyt chasteau, auquel je veus aussy fayre fayre dyete. Bonsoyr, mon compere. Ce XXIIme novembre, à Sainct Germain en Laye.<lb/>Henry »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="Producteur" id="atom_21973_actor">Henri IV </persname>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Joseph Guadet, Recueil des lettres missives de Henri IV, t. IX, Supplément, Paris, Imprimerie impériale, 1866, p. 235-236</p>
            </bibliography>
          </c>
        </c>
        <c otherlevel="" level="otherlevel">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettres de Guy Patin</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">11.5.3</unitid>
            <unitdate normal="1634/1671" encodinganalog="3.1.3">1634-1671</unitdate>
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        70 pièces    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_17853_actor">Patin, Guy</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Médecin et chirurgien, professeur au Collège de France, doyen de la Faculté de Paris (1650-1652).</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <persname role="Producteur" id="atom_17853_actor">Patin, Guy </persname>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">1</unitid>
              <unitdate normal="1634/1634" encodinganalog="3.1.3">27 octobre 1634</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Quant aux nouvelles de ce pays, je vous dirai que Monsieur est revenu, qu’il a salué le Roi à Saint Germain, le samedi 17 octobre, le lendemain diné à Ruel, chez M. le cardinal, qui sont fort bons amis, de là il est allé à Limours, et puis ira à Blois. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 28.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">2</unitid>
              <unitdate normal="1637/1637" encodinganalog="3.1.3">26 mai 1637</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi, Son Eminence et toute la Cour sont à Ruel et à Saint Germain. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 46.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1638/1638" encodinganalog="3.1.3">3 janvier 1638</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Il n’y a rien de nouveau. Toute la Cour est à Saint Germain. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 49.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">4</unitid>
              <unitdate normal="1638/1638" encodinganalog="3.1.3">7 avril 1638</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Toute la Cour est ici et à Saint Germain. On espere toujours en la grossesse de la Reine, laquelle n’a encore senti aucun mouvement de son enfant. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 51.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant l’arrivée du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">5</unitid>
              <unitdate normal="1638/1638" encodinganalog="3.1.3">20 août 1638</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi arriva hier à Saint Germain. Son Eminence est demeurée sur la frontière, où l’armée a eté detachée de nouveau en bon ordre pour un nouveau siege de place, mais on ne la nomme pas encore. Nous esperons l’accouchement de la Reine vers le commencement de septembre. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 55.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un examen médical du dauphin à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">6</unitid>
              <unitdate normal="1639/1639" encodinganalog="3.1.3">13 janvier 1639</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« M. Moreau a eté un des deputés de notre Faculté pour aller à Saint Germain y consulter pour M. le Dauphin, qui dorenavant se porte bien. »</p>
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            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 60.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1639/1639" encodinganalog="3.1.3">28 avril 1639</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Toute la Cour est à Saint Germain. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 61.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant l’arrivée du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">8</unitid>
              <unitdate normal="1639/1639" encodinganalog="3.1.3">12 novembre 1639</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi est arrivé à Saint Germain avec toute la Cour. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 64.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">9</unitid>
              <unitdate normal="1640/1640" encodinganalog="3.1.3">6 octobre 1640</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi et M. le cardinal sont à Saint Germain et à Ruel ; la Reine est en couches de M. le duc d’Anjou. »</p>
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            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 68.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1641/1641" encodinganalog="3.1.3">5 décembre 1641</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Toute la Cour est à Saint Germain et à Ruel. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 88.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour de la reine à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">11</unitid>
              <unitdate normal="1642/1642" encodinganalog="3.1.3">25 août 1642</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi est à Chantilly. La Reine est à Saint Germain avec les petits princes. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 97.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un examen médical du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">12</unitid>
              <unitdate normal="1643/1643" encodinganalog="3.1.3">21 avril 1643</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le dimanche 19 de ce mois, trois de nos medecins ont eté appelés à Saint Germain pour y voir le Roi, savoir : MM. de la Vigne, notre doyen, M. Guenaut l’ainé, et M. R. Moreau, notre bon ami. A vous dire le vrai, je crois que le pauvre prince se meurt, et si cela arrive, je souhaite que Dieu lui fasse paix. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 284.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin concernant la mort du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">13</unitid>
              <unitdate normal="1643/1643" encodinganalog="3.1.3">15 mai 1643</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Entre autres choses, je vous dirai que le roi Louis XIII mourut hier à Saint Germain, entre deux et trois. La Reine mere et le nouveau petit Roi, Louis XIV, doivent arriver ce soir au Louvre. La Reine mere est regente sans aucune contradiction. […]<lb/>[p. 99] La Reine est ici arrivée à quatre heures du soir, accompagnée de plus de dix mille hommes en bonne coche, sans compter tous les cavaliers et les volontaires de Paris qui etoient allés au devant du petit Roi. Le corps du feu Roi a eté ouvert à dix heures du matin : on y a trouvé quantité de vers morts, [p. 100] un grand ulcere dans le mesentere, un gros abces sous le foie, un autre dans la poitrine, au dessous du poumon, beaucoup de desordre dans l’estomac, etc. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 98-99.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin concernant la mort du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">14</unitid>
              <unitdate normal="1643/1643" encodinganalog="3.1.3">19 juin 1643</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi defunt mourut à Saint Germain le jeudi, jour de l’Ascension, à deux heures trois quarts apres midi. Il fut ouvert le lendemain sur les dix heures du matin : on lui trouva le foie tout desseché, comme aussi etoit toute l’habitude du corps ; un abces crevé dans le mesentere de la largeur d’un fond de chapeau, avec quantité de pus epandu dans le caecum, colon et rectum, qui en étoient tous gangrenés. Le pus en etoit un peu verdatre et fort puant. Il avoit vidé quelques vers durant sa maladie ; on en trouve encore un grand dans son ventricule, avec cinq petits qui s’y etaient engendrés [p. 289] depuis peu par le lait, avec horrible quantité de sucre, qu’il a pris durant sa maladie, reclamantibus lice tac repugnantibus medicis, auxquels il n’a presque point cru en toute cette derniere maladie. Il avoit aussi les deux poumons adherents aux cotes, et un abces dans le gauche, avec beaucoup de serosité dans la poitrine. Voilà tout ce qui s’en est dit, et dont tout habile homme peut mourir. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 288-289.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">15</unitid>
              <unitdate normal="1648/1648" encodinganalog="3.1.3">28 octobre 1648</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi est encore à Saint-Germain, unde dicitur rediturus intra octiduum. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fronde</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 146.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin concernant la fuite du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">16</unitid>
              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">8 janvier 1649</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le jour de l’an s’est passé ici comme les autres jours ; mais la Reine etant en colere contre le parlement, qui continuoit toujours ses assemblées, sans vouloir verifier aucune declaration, afin qu’elle put recouvrer finances pour continuer la guerre, et pour l’entretien de sa maison ; au contraire, apprenant qu’en ces assemblées le parlement meme avoit menacé de donner arret contre la chambre des Comptes, si elle verifioit la declaration qu’elle leur avoit envoyée, en faveur de quelques partisans. Enfin, elle s’est resolue à la rigueur et à la voie de fair. Le mercredi, jour des Rois, sixieme de janvier, à deux heures du matin, elle est sortie de son palais cardinal avec le Roi, M. le duc d’Anjou, et le cardinal Mazarin, et s’en est allée à Saint Germain en Laye. M. le duc d’Orleans et M. le Prince y sont allés aussi. Et ensuite de ces maitres, quantité d’officiers. Des que cela a eté su, le prevot des marchands et les echevins ont ordonné que l’on gradat les portes de la ville et qu’on ne laissat rien sortir. Cela en a retenu plusieurs qui pensoient d’ici se sauver, et meme quelques chariots pleins de bagages ont eté pillés en divers endroits par quelque populace mutinée, qui ne demande que de l’argent. M. le duc d’Orleans avoit toujours refusé de consentir à cette retraite, mais enfin il s’est laissé aller aux prieres de la Reine, laquelle est deliberée et pretend de se venger du parlement et du peuple de Paris, duquel elle pretend avoir été bravée aux barricades dernieres du mois d’aout passé. Et comme le cardinal Mazarin est fort hai, et dans Paris et au parlement, elle veut à toute force, et en depit de tous ceux qui en parlent, le conserver pour ses affaires et le maintenir en credit. On [p. 426] garde ici les portes. Le parlement a envoyé MM. les gens du Roi à Saint Germain. Il y a quantité de troupes ici alentour, avec lesquelles je pense que la Reine veut affamer Paris, ou obliger toute cette grande ville de lui demander pardon. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fronde</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 425-426.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin concernant le siège de Paris par le roi établi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">17</unitid>
              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">27 janvier 1649</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Je vous ecrivis ma derniere vendredi, 8 de janvier, et depuis ce temps là plusieurs choses fort memorables sont arrivées ici. Ce vendredi 8, tandis que le Roi et toute la cour etoient à Saint Germain, le parlement donna arret contre le Mazarin, par lequel il fut declaré criminel de lese majesté, comme perturbateur du repos public ; le samedi, il fut ordonné que l’on leveroit des troupes pour la defense de la ville de Paris, [p. 404] et ce meme jour M. d’Elbeuf le père, M. de Bouillon Sedan, frere ainé du marechal de Turenne, le marechal de La Mothe Houdancourt, le marquis de La Boulaye, le marquis d’Aubeterre et autres seigneurs se presenterent pour commander et avoir charge dans l’armee que Paris s’en alloit lever. […] [p. 405] M. du Tremblai, frere du defunt père Joseph, capucin, accusé d’avoir trop tot rendu la Bastille à MM. du parlement, a eté condamné à Saint Germain d’avoir la tete tranchée. La Reine est tellement irritée contre Paris qu’elle a chassé auprès d’elle mademoiselle Danse, qui etoit une de ses femmes de chambre, pour avoir voulu lui parler pour Paris. […] [p. 406] Quelques cavaliers des troupes de M. le prince de Condé sont allés de Saint Germain à Meudon, où ayant trouvé quelque resistance dans le château, par les paysans qui s’y etaient retirés, ils y ont joué de main mise et en ont tué plusieurs, puis ont pillé le château. […]<lb/>Toute la cour est à Saint Germain avec le Mazarin ; M. le Prince voltige de ça et de là avec des cavaliers, pour empêcher l’abord de Paris à toute sorte de marchandise. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fronde</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 403-406.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin concernant le siège de Paris par le roi établi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">18</unitid>
              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">20 février 1649</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Plusieurs donnent ici avis au parlement de divers endroits où il y a de l’argent caché, lequel servira à faire la guerre, et la grosse recompense qu’on leur [p. 411] donne pour leur droit d’avis invitera beaucoup d’autres à en faire de meme par ci apres. On a pris chez M. Galland, secretaire du Conseil, 25000 livres ; chez M. Pavillon, aux Marais du Temple, 100000 ecus, qui venoient de Bordeaux. On a pris aux Gabelles 250000 livres. On en a cherché dans la maison de madame de Combalet, où l’on a trouvé de fort belles caches, mais pas d’argent. On a grande esperance d’en trouver ailleurs, tant celui du cardinal Mazarin que du defunt Richelieu. L’avis avoit eté donné qu’en on avoit caché en la pompe qui est la maison où est la Samaritaine sur le pont Neuf ; on y a bien cherché, mais on n’y a rien trouvé. On croit qu’il en a eté enlevé depuis un mois seulement et qu’il a eté emmené par eau à Saint Germain, où de present sont tous ceux à qui il peut appartenir. On se rejouit ici des bonnes nouvelles qui nous viennent de province et de Bretagne, où les parlements tiennent le parti du notre. On en croit autant de Toulouse et de Bordeaux, combien qu’on n’en ait eu aucune nouvelle, à cause que les courriers en ont eté divertis et emmenés à Saint Germain. Tout le monde est ici en une merveilleuse resolution contre le Mazarin, et combien que le pain y soit cher, neanmoins personne n’y gronde. […]<lb/>[p. 414] La nouvelle de la mort de M. de Chatillon a fort troublé toute la Cour, qui est à Saint Germain. Tous les seigneurs le regrettent, et toutes les dames crient si haut que c’est pitié ; depuis ce temps là, le Mazarin ne s’est plus montré, latet abditus ; il demeure caché dans le cabinet de la Reine, de peur d’etre tué ou massacré par quelqu’un de ceux qui detestent la guerre, dont le nombre n’est pas petit en ce pays là. […]<lb/>[p. 415] Il se presanta hier à la porte de Saint Honoré un heraut d’armes de la part de la Reine. Le parlement ne voulut pas qu’il fut admis dans la ville, la coutume n’etant d’envoyer des herauts qu’aux souverains, aux ennemis et aux rebelles, le parlement ne voulant passer pour aucun des trois, non plus que les princes qui tiennent ici notre parti, qui avoient eté appelés en parlement. Le heraut fut averti qu’il n’entreroit point ; et en meme temps, il fut ordonné par la Cour que MM. les gens du Roi se transporteroient à Saint Germain pur faire entendre à la Reine les raisons pour lesquelles le heraut qu’elle a envoyé n’a pas eté admis, avec defense à eux de faire aucune autre proposition à la Reine, de paix ni de guerre. MM. les gens du Roi sont allés parler audit heraut, mais ils n’ont pas voulu partir sans passeport, sauf conduit et assurance, pourquoi obtenir ils ont sur le champ ecrit à M. le chancelier, à M. Le Tellier, secretaire d’Etat, qu’un nommé Petit, compagnon dudit heraut, s’est offert de porter en leur nom à Saint Germain, et de leur en rapporter reponse s’il en etoit chargé. […]<lb/>[p. 416] On a surpris un homme pres d’ici, sur le chemin de Saint Germain, chargé d’environ quarante lettres, où, entre autres, il y en avoit quatre qui ecrivoient tout ce qui se fait et se passe à Paris fort exactement, et entre autres une, laquelle est d’un conseiller de la Cour, qui ne se peut deviner, mais qui neanmoins est fort soupçonné, et en grand danger d’etre decouvert, qui donnoit divers avis fort importants à M. le prince de Condé. […]<lb/>[p. 417] Le mardi gras, 16 de fevrier, MM. les gens du Roi, Talon, Bignon et Meliaud, ont reçu le passeport, l’assurance et le sauf conduit qu’ils avoient demandé pour aller à Saint Germain y voir la Reine, comme je vous ai dit ci dessus, et sont partis à cet effet et à cette intention le lendemain mercredi des Cendres, de grand matin, et en sont revenus le lendemain jeudi à quatre heures au soir. […]<lb/>[p. 419] MM. les gens du Roi ont rapporté à la Cour qu’en vertu du passeport qui leur avoit eté envoyé, ils s’etoient acheminés à Saint Germain avec l’escorte de la part de la Reine, que partout ils avoient eté tres bien reçus, et sur les chemins et là, et meme par la Reine, laquelle leur temoigna qu’elle ne vouloit aucun mal au parlement de Paris, ni en general ni en particulier, qu’elle etoit prete de leur en donner telles assurances qu’il seroit possible, et eut agreables les raisons qu’ils lui alleguerent de ce qu’on n’avoit pas reçu le heraut. M. le chancelier ayant parlé pour la Reine, le duc d’Orleans et le prince de Condé firent ce qu’ils purent pour rencherir par dessus, et temoignerent grande disposition à un accord. MM. les gens du Roi, ayant pris congé de la Reine, furent menés au lieu où ils devoient souper, auquel ils furent aussitôt visités par tous les plus grands seigneurs de la Cour. Sur ce rapport, le parlement a deliberé d’envoyer à Saint Germain quatorze deputés du corps du parlement, deux de chaque chambre, et fit, pour donner avis à la Reine que l’archiduc Leopold leur a envoyé un gentilhomme avec lettres de creance, par lequel il leur mande qu’il ne veut plus traiter de la paix [p. 420] avec le Mazarin, sachant l’arret qui a eté donné contre lui ; que c’est un fourbe et un mechant homme, qui a eludé tous les traités de paix que le roi d’Espagne a consenti etre faits par ses deputés depuis trois ans avec MM. de Longueville et d’Avaux, qu’il a loué avec eloge et tres honorablement, qu’il ne veut traiter de ladite paix qu’avec MM. du parlement, qu’il s’offre de traiter de la paix de France et d’Espagne, et meme de les en faire arbitres, qu’il est pret à recevoir leurs deputés, s’ils veulent lui en envoyer, ou qu’il est pret de leur en envoyer s’ils veulent les recevoir, qu’il veut faire la meme chose qu’ont faite autrefois quelques princes etrangers qui ont remis leurs interets et se sont soumis au jugement de ce parlement, qu’il a une armée de 18000 hommes toute prete, avec laquelle il pourroit prendre de nos villes frontieres, qu’il sait fort bien etre tres mal fournies, ou reprendre celles que nous tenons d’eux, mais qu’au lieu de tout cela il offre de nous l’envoyer pour nous en servir contre le Mazarin, et pour etre commandée par tel general que nous voudrons. Que si le parlement veut, il enverra ses deputés à Paris, si mieux il n’aime que ce soit à Bruxelles, ou en tout autre lieu qu’il voudra, que son armée ne bougera de la frontiere pour venir de deça à notre secours quand nous la demanderons, sinon qu’elle ne bougera de là et qu’elle ne servira point à d’autres, etc.<lb/>La Cour a ordonné que tout cela seroit enregistré, et que copie seroit tirée du registre et envoyée par les quatorze deputés à la Reine, afin qu’elle voie et connoisse quel credit nous avons dedans et dehors le royaume.<lb/>Le prince d’Orange a aussi ecrit à M. de Longueville, lui offrent 10000 Hollandois soldés pour trois mois. Le parlement d’Angleterre avoit aussi envoyé un deputé au parlement, comme a fait l’archiduc Leopold, mais il a eté arreté et mené à Saint Germain. »</p>
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              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fronde</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 410-420.</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin concernant la paix après le siège de Paris par le roi établi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">19</unitid>
              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">15 mars 1649</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Sur les propositions d’un second envoyé de l’archiduc Leopold, la cour, avant que d’en deliberer, a arreté d’en donner avis à la Reine, et a envoyé à Saint Germain expres pour obtenir passeport, afin d’y pouvoir aller en sureté, et a eté arreté que les deputés qui iroient à Saint Germain ne seroient plus MM. les gens du Roi, mais qu’ils seroient pris du corps de la cour, savoir M. le premier president, avec un president à mortier, deux conseillers de la grand’chambre, un deputé de chaque chambre des cinq des enquetes, et deux des requetes, c’est à dire onze en tout. La Reine, ou au moins son conseil, a fait difficulté d’envoyer et d’accorder ce passeport, disant qu’elle vouloit savoir quels seroient ces deputés. Mais tout cela n’etoit que pour gagner du temps, en attendant reponse de deux deputés qu’elle a envoyés à l’archiduc Leopold, où on croit qu’elle ni eux ne gagneront rien, vu que ledit archiduc Leopold s’est fort declaré pour nous et pour le parlement, par cet envoyé, et particulierement contre le cardinal Mazarin, joint qu’il a pres de soi une dame pleine de persuasion, qui est madame de Chevreuse, laquelle ce Mazarin a fait exiler hors de France, il y a plus de quatre ans, et qu’elle hait fortement sur toutes les choses du monde, et neanmoins lesdits deputés sont partis de cette ville, le mercredi 24 de fevrier, avec les assurances requises, et sont allés coucher à Saint Germain en Laye, pour y voir la Reine. Utinam feliciter ambulent, et que les remontrances serieuses que M. le premier [p. 428] president va faire à la Reine puissent lui disposer l’esprit à faire la paix et à ne rien porter à l’extremité, vu que tout est pardu, si elle en vient là, par le mauvais conseil des mechants politiques partisans, banqueroutiers et interessés, du nombre infini desquels elle est assiegée. Si la guerre s’echauffe davantage, nous en aurons tant plus de mal ; mais aussi les affaires s’irritant, il y aura beaucoup plus de danger pour la Reine. Tout le monde est ici merveilleusement animé contre la Reine ; ce cardinal, et M. le Prince, l’unique protecteur qui, voulant conserver dans la faveur et pres de la Reine ce malheureux cardinal, cause tous les desordres qui sont de deça. On crie ici tout haut avec beaucoup d’impatience qu’il ne faut point que nos generaux temporisent davantage, que nous n’avons que faire de secours etrangers, qu’il faut aller droit et tete baissée à Saint Germain assieger le chateau, dans lequel ce malheureux et maudit fourbe est enfermé, qu’il faut ramener le Roi et la Reine à Paris, et mettre dans la Conciergerie le cardinal, au meme lieu dans lequel fut autrefois mis Ravaillac, et de là le mener à la Greve, pour faire un exemple à la posterité, et apprendre aux Italiens à ne plus venir ici se fourrer si aisement à la cour, à la desolation et ruine d’un si florissant royaume, comme pareillement vouloit faire autrefois le marquis d’Ancre, qui en fit à la fin tres mauvais marchand, avec sa femme et a suite. […]<lb/>[p. 429] Tandis que le peuple et les mutins s’impatientent de la haine, qu’ils ont tous très grande, contre le Mazarin, les moderés et les plus sages esperent que MM. les deputés du parlement reviendront demain de Saint Germain, où ils sont allés saluer la Reine, et confere avec elle et les siens pour trouver quelque moyen, si detur in natura, d’apaiser et de pacifier tout le desordre de la guerre qui s’allume dans l’Etat, parmi un si grand mecontentement et presque universel de tous les bons François. […]<lb/>[p. 430] Enfin nos deputés sont revenus de Saint Germain le vendredi 26 de fevrier. Le samedi matin, ils ont fait leur rapport qu’ils avoient eté tres bien reçus à Saint Germain de tous les seigneurs et princes qui y sont, et meme de la Reine, laquelle leur a donné audiance dans son cabinet, assistée du duc d’Orleans, du prince de Condé, des quatre secretaires d’Etat, du cardinal Mazarin et de l’abbé de La Riviere. Le premier president lui parla en peu de mots, mais fort genereusement, et si hardiment que tout le monde s’etonna que la Reine ne lui imposat silence. Quand il eut achevé de parler, la Reine lui dit que, M. le chancelier n’ayant pu se trouver à cette conference à cause qu’il etoit malade, elle leur feroit savoir et entendre sa volonté par ecrit, ce qu’elle fit, dont voici la substance. La Reine ne refuse point un accommodement, et desirant de conserver sa bonne ville de Paris à son service, contre laquelle elle n’a aucune rancune ni desir de vangeance contre aucun qui que ce soit, ni en sa charge, ni en ses biens, ni en sa vie, elle desire que MM. du parlement deputent certain nombre de leur corps, et ce au plus tot, qui confereront de la paix entre elle et Paris en un lieu qui sera accordé et agréé de part et d’autre, à la charge que lesdits deputés auront tout pouvoir de conclure sur le champ de tous les articles, sans qu’il soit besoin d’en rapporter à la cour, et tout cela pour avoir tant plus tot fait ; à la charge que, des le jour meme que la cour de parlement aura accordé et nommé les deputés [p.431] pour ladite conference, elle ouvrira un passage par lequel il viendra du blé et autres provisions suffisamment pour Paris. Voilà ce qui fut rapporté à la cour samedi matin, et la deliberation fut remise au meme jour apres midi, à la charge que MM. les princes de notre parti y seroient appelés. Mais rien ne fut conclu ce jour là, lesdits sieurs princes ayant temoigné que cette deliberation ne leur plaisoit point, et le tout fut remis au lendemain dimanche, auquel fut conclu que deputés seroient nommés selon l’intention de la Reine. […]<lb/>[p. 432] Madame la Princesse la mere est à Saint Germain, laquelle tient, avec tout le reste de ce qui est à la cour, si fort notre parti contre le Mazarin que la Reine lui en a fait querelle, et de là ces deux femmes, echauffées sur le Mazarin, se sont fait de beaux reproches l’une à l’autre. […]<lb/>[p. 433] Enfin la paix a eté signée de part et d’autre, c’est à dire par les deputés de la Reine et les notres, le jeudi 11 de mars à neuf heures du roi, et vendredi soir, qui fut le lendemain, [p. 434] MM. nos deputés revinrent de Revel ; et ce meme jour là, il y eut dès midi ici entrée libre de beaucoup de denrées qui etoient arretées ici alentour. […] Trois articles particulierement deplaisent à quelques uns, et pour cet effet MM. nos deputés du parlement seulement sont retournés [p. 435] à Saint Germain avec une belle escorte en faire remontrance à la Reine, afin d’en obtenir quelque modification, comme il y a grande apparence qu’ils l’obtiendront, et meme M. le premier president l’a fait croire au parlement, et en ce cas là notre paix vaudra tout autrement mieux que la guerre de tous les princes et que le secours que l’on nous a tant promis de Normandie et de Poitou, qui a trop tardé à venir. Ils ont charge pareillement de traiter de l’accommodement des princes qui ont suivi notre parti. De ces trois articles, le premier est que le parlement, en corps, iroit faire une seance à Saint Germain, où le Roi en personne assisteroit et seieroit en son lit de justice, où seroit verifiée la declaration de paix avec tous ses articles, et datée datée Saint Germain, en recompense qu’au commencement de la guerre MM. du parlement n’avoient pas obei à la Reine lorsqu’elle vouloit qu’ils allassent à Montargis. Le deuxieme est de souffrir les prets pour deux ans au dernier douze. Il n’y a que ceux qui preteront leur argent aux grands partisans qui y pourront perdre, et infailliblement y perdront, car que le Roi n’est nullement en etat de payer ses dettes de longtemps, vu l’effroyable profusion qui a eté fait de ses finances par tant de voleurs depuis vingt cinq ans. Le troisieme est que MM. du parlement ne pourront faire le reste de cette année aucune assemblée generale dans la [p. 436] grande chambre sur matiere d’Etat. Mais à tous ces trois articles la solution y seroit aisée, et je pense que la Reine, dans le desir qu’elle doit avoir de la paix, les accordera tous trois, et autre chose meme, si on lui en demandoit. […] Nos deputés sont encore à Saint Germain en leur conference pour la paix, où ils ont obtenu une abolition des trois articles de ci-dessus. »</p>
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              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 427-436.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant les conférences tenues à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">27 mars 1649</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Nos deputés sont encore à Saint Germain, comme aussi ceux des princes et seigneurs nos generaux, avec ceux du parlement de Rouen et celui de M. de Longueville. Notre paix est bien plus aisée à faire que la leur, vu qu’ils ne sont pas si aisés à contenter que nous, et qu’ils veulent absolument que le ministre italien detale de la France. »</p>
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              <subject>Fronde</subject>
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              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 148.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin concernant la paix après le siège de Paris par le roi établi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">2 avril 1649</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« C’est pour vous assurer que MM. nos deputés sont enfin arrivés à Paris et qu’ils ont rapporté la paix conclue et arrêtée à Saint Germain. Ils sont ici arrivés le mardi 30 de mars. Le lendemain 31, ils ont fait leur rapport à la Cour. »</p>
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              <subject>Fronde</subject>
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              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 437.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant l’arrivée d’Abel Servien à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">17 avril 1649</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
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            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« M. Servien, notre unique plenipotentiaire à Munster, est arrivé à Saint Germain. »</p>
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              <subject>Fronde</subject>
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              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 150.</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le retour du duc d’Orléans et du prince de Condé à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">23</unitid>
              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">20 avril 1649</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Messieurs le duc d’Orleans et prince de Condé ont eté ici deux ou trois jours, et puis s’en sont retournés à Saint Germain voir le Roi et la Reine. On dit qu’il y a une affaire secrete, negotium perambulans in tenebris. Il s’y apprete quelque grand et cruel orage, mais on ne sait pas encore sur la tete de qui il tombera. »</p>
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              <subject>Fronde</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 512.</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin concernant le retour à Paris d’une partie de la Cour établie à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">24</unitid>
              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">14 mai 1649</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Je vous dirai que, ce vendredi meme, M. le Prince arriva ici sur le soir, sans bruit et à petite compagnie, et des le lendemain, qui fut samedi, M. le duc d’Orléans, apres avoir couché ici deux nuits, s’en retourna à Saint Germain. M. le Prince s’en est aussi retourné à Saint Germain, apres avoir eté pareillement ici deux jours, et apres avoir bien reconnu qu’il est fort hai dans cette ville, pour le mal qu’il y a voulu faire à la defense d’un gros et pernicieux larron, qui meriteroit d’etre ecorché tout vif par la populace. Ce M. le Prince y est venu pour faire mine ; je ne sais si bientot il reviendra. Comme tous les esprits sont encore trop [p. 439] eschauffés et malcontents, je crois qu’il vaudroit mieux qu’il s’abstentat un peu et qu’il s’en allat plutot gagner quelque bataille ou prendre quelque ville en Flandre ou en Catalogne.<lb/>Toute la Cour est à Saint Germain. M. de Servien y est arrivé de Munster, qui a refusé la charge de surintendant des finances qu’on lui offre pour recompense, et notez que tous deux sont creatures mazarinesques, fort aimés et en grand credit. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fronde</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 438-439.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin concernant le siège de Paris par le roi établi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">18 juin 1649</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Ceux qui decrient le parti de Paris en parlent avec passion et ignorance. C’est un mystere que peu de monde comprend : le parlement fait de son mieux et s’est fort bien defendu du siege mazarin, sur la parole que leur avait donnée M. le Prince, qui a tourné casaque. Les generaux ne vouloient que faire durer la guerre et faire entrer l’Espagnol en France. M. le Prince avoit un autre dessein, qui n’a pas reussi. Le siege de Paris ne lui servoit que de pretexte, car qu’est ce qu’il a fait ? Il a pris Meudon, Charenton, le Bourg de la Reine, et le tout sans canon. [p. 262] Il n’est mort personne de faim dans Paris, pas meme un mendiant. Pas un homme n’y a eté tué. Cinq mois durant, personne n’y a eté pendu ni fouetté. Le parlement et la ville sont demeuré dans le respect et le service du Roi, et comme la Reine et ceux de Saint Germain virent la grande union qui etoit dans Paris et les dangers dont ces emeutes nous menaçoient, on tint prudemment une conference à Saint Germain qui etablit la paix. Il y en a qui disent que le Mazarin ira dans la Flandre en qualité de generalissime pour quelque temps, mais il n’y a point d’apparence qu’il veuille quitter la Reine et qu’il ose si fort se fier à sa bonne fortune, qui le pourroit abandonner en ce cas là, vu qu’en son absence quelqu’un se pourroit presenter qui detromperoit la Reine, lui faisant connaitre comment ce pantalon de longue robe, ce comedien à rouge bonnet, est cause de tous nos maux et de la ruine de la France. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fronde</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 261-262.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin concernant la paix après le siège de Paris par le roi établi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">26</unitid>
              <unitdate normal="1649/1649" encodinganalog="3.1.3">3 décembre 1649</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_48217_actor">Patin, Guy</persname>
              </origination>
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            <bioghist id="md5-68dc15241487c8d2b19a0098606b7086" encodinganalog="3.2.2">
              <note>
                <p>Médecin et chirurgien, professeur au Collège de France, doyen de la Faculté de Paris (1650-1652).</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Il est ici mort [p. 500] un intendant des finances, nommé M. Charon, à la place duquel on a mis un Lyonnois, mais natif de Bale, nommé M. Hervart. Son affaire cependant n’est pas encore tout à fait conclue : la Reine y resiste et dit que sa conscience y repugne à cause de sa religion. On dit que le Mazarin le voudroit installer en cette charge pour le recompenser du grand service qu’il lui rendit durant notre guerre, en ce qu’il fit trouver et fournir presque sur le champ la somme de huit cent mille livres qui furent employées à debaucher la plupart des Allemands de l’armée de M. le marechal de Turenne qui venoit pour nous contre le Mazarin, lequel et tous les autres qui etoient à Saint Germain eurent si peur dudit marechal et de son armée que cela les fit penser tout de bon à traiter de la paix avec nous, et c’est ce qui engendra la conference de Rueil. Joint que d’autres tres puissantes causes les y obligeaient : 1° qu’ils n’avoient plus d’argent à Saint Germain et qu’ils ne savoient où en prendre à l’avenir, 2° ils voyoient l’Espagnol sur la frontiere, qui étoit tout pret d’entrer et de venir jusqu’ici.<lb/>Le 23e de novembre, à huit heures du soir, Mme de Beauvais, premiere femme de chambre de la Reine, fut disgraciée, et reçut commandement de se retirer de la Cour et de s’en aller en sa maison des champs. Cette disgrace est tant plus remarquable à la Cour que cette dame étoit une de celles qui y avoit le plus grand credit, laquelle couchoit dans la chambre de la Reine, et qui étoit la plus grande confidente de sa maitresse, et du Mazarin aussi. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="Producteur" id="atom_48217_actor">Patin, Guy </persname>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fronde</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 499-500.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">27</unitid>
              <unitdate normal="1653/1653" encodinganalog="3.1.3">27 juin 1653</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi, la Reine, le Mazarin et toute la Cour sont à Saint Germain encore pour quelques jours. »</p>
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            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 12.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">28</unitid>
              <unitdate normal="1653/1653" encodinganalog="3.1.3">29 juillet 1653</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Claude Belin.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Pour reponse à votre derniere, je vous dirai que le Roi, la Reine, le Mazarin et toute la cour sont à Saint Germain jusqu’à lundi prochain. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. I, p. 198.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">29</unitid>
              <unitdate normal="1654/1654" encodinganalog="3.1.3">10 mars 1654</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi, le Mazarin, le prince de Conti, qui est le grand favori, avec tous les jours de la cour, sont allés à Saint Germain se rejouir pour quatre ou cinq jours. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. II, p. 120.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un possible séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">30</unitid>
              <unitdate normal="1654/1654" encodinganalog="3.1.3">20 mars 1654</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On ne parle d’aucun voyage pour le Roi, si ce n’est quelque voyage de chasse à Saint Germain, en attendant le mois de mai. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. II, p. 155-156.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">31</unitid>
              <unitdate normal="1655/1655" encodinganalog="3.1.3">2 mars 1655</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« J’ai fait ma harangue, aujourd’hui lundi premier jour de mars. […]<lb/>[p. 156] Ce meme jour, le Roi partit pour aller à Saint Germain pour quatre jours, et puis apres il sera huit jours au bois de Vincennes. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. II, p. 243-244.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un possible séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1656/1656" encodinganalog="3.1.3">3 mars 1656</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi et le Mazarin partirent hier pour aller passer quelques jours à Saint Germain, où on se resoudra par quel voyage le Roi commencera sa campagne. […]<lb/>[p. 244] M. de Maisons, president à mortier, avoit eté exilé ; il est revenu et a marié sa fille avec un grand maitre de la garde robe nommé M. Saucour, et ainsi a refait sa paix. Il avoit la charge de capitaine de Saint Germain et maitre des chasses, qu’on avoit donnée à M. de Beaumont. En ce voyage de Saint Germain, le Roi la doit oter audit de Beaumont, et y installer ledit de Saucour : ainsi voilà M. de Maisons, jadis en disgrace, tout retabli. Ainsi le temps, le credit et l’argent font tout, partout, et principalement à la cour, uni nummus multus magnum nomen est. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 263.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un séjour de la reine à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">33</unitid>
              <unitdate normal="1660/1660" encodinganalog="3.1.3">14 septembre 1660</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On dit qu’ici lundi prochain (18 septembre), le Roi partira avec Son Eminence pour aller à Compiegne, à La Fere et à Notre Dame de Liesse, et que la Reine demeurera à Saint Germain. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 264.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le retour à Paris du roi depuis Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">34</unitid>
              <unitdate normal="1660/1660" encodinganalog="3.1.3">24 septembre 1660</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi et la Reine sont de retour de Saint Germain. On dit qu’ils partiront jeudi pour Compiegne et La Fere. Son Eminence est ici en meilleure santé. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 287.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant la volonté du roi de bâtir à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">35</unitid>
              <unitdate normal="1660/1660" encodinganalog="3.1.3">9 novembre 1660</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Sa Majesté a fait defense que personne n’ait à faire aucun batiment d’ici à dix lieues à la ronde. On dit que c’est pour faire quatre grands ateliers d’ouvriers aux maisons royales qu‘il veut faire rebatir ou achever, telles que sont le Louvre, Saint Germain en Laye, le bois de Vincennes, etc. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 345.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant la nomination d’un nouveau gouverneur de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">36</unitid>
              <unitdate normal="1661/1661" encodinganalog="3.1.3">18 mars 1661</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
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              <p>« Le gouvernement de Saint Germain en Laye a eté donné au marquis de Richelieu, gendre de madame de Beauvais. »</p>
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            <controlaccess>
              <subject>Officiers et employés</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 403-404.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
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              <unitdate normal="1662/1662" encodinganalog="3.1.3">21 mars 1662</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On parle ici d’un voyage que le roi veut faire à Saint Germain, pendant lequel l’on poursuivra vivement M. Fouquet. […]<lb/>[p. 404] Le Roi et les Reines s’en vont jeudi prochain à Saint Germain en Laye. On dit que c’est un mauvais signe pour M. Fouquet. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. II, p. 471.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">38</unitid>
              <unitdate normal="1662/1662" encodinganalog="3.1.3">14 juillet 1662</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi, les Reines et toute la Cour sont à Saint Germain. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 436.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un séjour de la reine mère à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">39</unitid>
              <unitdate normal="1663/1663" encodinganalog="3.1.3">6 juin 1663</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La Reine mere est bien, Dieu merci ; elle ira bientot à Saint Germain en Laye prendre l’air et se refaire. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 441.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant une visite de la famille royale à la reine mère à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">40</unitid>
              <unitdate normal="1663/1663" encodinganalog="3.1.3">19 juin 1663</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à Charles Spon.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi et la Reine, M. et madame d’Orleans sont allés à Saint Germain se rejouir de la convalescence de la Reine mere. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. II, p. 498.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">41</unitid>
              <unitdate normal="1664/1664" encodinganalog="3.1.3">17 mars 1664</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On dit que toute la Cour sera à Saint Germain jusqu’à Paques fleuries. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 467.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">42</unitid>
              <unitdate normal="1664/1664" encodinganalog="3.1.3">6 mai 1664</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi s’en va demain à Saint Germain avec toute la cour, ce 28 avril ; on dit qu’il y sera plus de trois mois. […]<lb/>Le Roi est à Saint Germain ; Monsieur et madame d’Orleans s’y en vont dans quelques jours apres qu’elle sera guerie. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 520.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">43</unitid>
              <unitdate normal="1665/1665" encodinganalog="3.1.3">31 mars 1665</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi est allé, ce 21 mars, pour son vœu et par devotion, à Chartres. Il sera ici de retour en quatre jours, où il passera les fetes, et apres s’en ira à Saint Germain pour tout l’eté, tandis que l’on travaillera au Louvre. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 525-527.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un séjour du roi et de la reine mère à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">44</unitid>
              <unitdate normal="1665/1665" encodinganalog="3.1.3">28 avril 1665</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La Reine mere a de mauvaises nuits. Elle va neanmoins avec le Roi à Saint Germain. On dit aussi que ses douleurs s’accroissent, et qu’elles sont plus poignantes que de coutumes. […]<lb/>[p. 526] La Reine mere fut hier, ce 26 avril, saignée à Saint Germain pour diminuer la douleur et la fluxion de sa mamelle ; elle s’est ennuyée à Saint Cloud, aussi fait elle à Saint Germain ; on dit qu’elle se fera ramener au Bois de Vincennes. […]<lb/>[p. 527] Je viens d’apprendre que le Roi et les Reines quittent Saint Germain, et que toute la cour revient au Bois de Vincennes. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 536.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un examen médical de la reine mère à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">45</unitid>
              <unitdate normal="1665/1665" encodinganalog="3.1.3">22 mai 1665</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On parle aussi d’une grande consultation qui se doit faire à Saint Germain pour la Reine mere, savoir si on lui ouvrira la mamelle pour en tirer du pus et de la serosité maligne qui en consume la substance de jour à autre. On parle aussi d’un certain medecin nommé Chatelain que M. de Besons, intendant de justice, a ici envoyé de Frontignan ; on pretend qu’il guerit ces sortes de maladies et qu’il a de beaux secrets contre les maladies incurables. S’il ne promettoit rien, on ne le feroit pas venir de si loin. Ce sont des impostures. Le cancer ne se guerit point et ne se guerira jamais ; mais le monde veut etre trompé. Beatus vir qui intelligit, etc. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 537-538.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un examen médical de la reine mère à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">46</unitid>
              <unitdate normal="1665/1665" encodinganalog="3.1.3">9 juin 1665</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi a fait faire à Saint Germain une nouvelle consultation pour la Reine mere par quelques medecins de la cour, qui ont conclu qu’il n’y avoit rien à faire qu’à la purger, en attendant que le mal fut plus decouvert. […]<lb/>[p. 538] Il est survenu un gentilhomme qui venoit de Saint Germain, qui a rapporté que la Reine mere etoit tout autrement mieux qu’elle n’avoit eté depuis dix jours, c’est à dire moins mal. Je pense qu’il le faut entenre ainsi ; mais quoi que l’on en dire, elle est agée, les forces lui manquent peu à peu, sa mamelle est ulcerée, et il y a de la pourriture et de la malignité ; elle entrera dans sa soixante cinquieme année le mois de septembre prochain, vitae summa brevis spem nos vetat inchoare longam, et c’est celui là meme qui a dit : Pallida mors aequo pede pulsat pauperum tabernas Regumque turres. On parle de la ramener de Saint Germain au Bois de Vincennes. En quelque lieu qu’on la mene, cette bonne princesse porte son mal avec soi, et j’ai bien peur pour elle. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 543.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un séjour de la reine mère d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">47</unitid>
              <unitdate normal="1665/1665" encodinganalog="3.1.3">24 juillet 1665</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La reine mere d’Angleterre est enfin arrivée à Saint Germain. On dit qu’elle n’a pas envie de retourner jamais à Londres. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Henriette Marie de France</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 579-580.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye après la mort de sa mère</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">48</unitid>
              <unitdate normal="1666/1666" encodinganalog="3.1.3">21 janvier 1666</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Aujourd’hui, ce 20 janvier, je vous ecris la mort de la Reine mere, qui est arrivée cette nuit du 20 janvier. Mais je ne sais quel chemin elle peut avoir pris : trouvera t elle en l’autre monde le cardinal Mazarin ? […] Des qu’elle est morte, le Roi est allé à Versailles : c’est pratiquer le precepte du Seigneur, sinite mortuos sepelire mortuos. Il a emmené quant et soi la jeune Reine sa femme, et M. le duc d’Orleans et sa femme s’en sont allés à Saint Cloud. […]<lb/>[p. 580] Le Roi et la Reine seront demain à Saint Germain en Laye, et le corps de la Reine mere sera porté sans ceremonie à Saint Denis. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 617.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">49</unitid>
              <unitdate normal="1666/1666" encodinganalog="3.1.3">18 octobre 1666</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On dit que le Roi va demeurer à Saint Germain en Laye pour un mois, c’est à dire jusqu’à ce que le gros pavillon des Tuileries soit achevé, auquel on travaille jour et nuit, fetes et dimanches. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 630-631.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">50</unitid>
              <unitdate normal="1666/1666" encodinganalog="3.1.3">30 novembre 1666</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi est à Saint Germain, et on croit qu’il y sera encore tout le mois prochain, pour obliger d’autant plus la Reine à garder le lit encore longtemps que pour empecher ainsi l’accouchement avant terme. M. le premier president et le parlement ont revu la pretendue reformation de la chicane ; ils ont pourtant renvoyé le cahier à Saint Germain avec tres [p. 631] humble priere au Roi de vouloir bien revoir quelques observations qu’ils y ont faites. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 636.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant un incident lié à une revue de troupes faite par le roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">51</unitid>
              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">4 février 1667</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Quinze soldats de la compagnie dite des royaux ont eté noyés au lac de Conflans, pres de Saint Germain et Andrezy, qui venoient pour la revue que le Roi a fait faire pres de Saint Germain ; dans la plaine de Houille. Le vaisseau, qui etoit trop chargé, s’est entr’ouvert par le milieu ; ils en sont tous morts, et ont eté repechés le lendemain. Le Roi est fort faché de cette perte. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 637.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">52</unitid>
              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">21 février 1667</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le cardinal de Retz est presentement à Saint Germain aupres du Roi ; on n’en sait pas davantage. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 638.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">53</unitid>
              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">1er mars 1667</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Trainel, fils d’un papetier devant le Palais, agé d’environ vingt huit ans, apres avoir eté condamné au Chatelet, a été transferé à la Conciergerie. Enfin, apres environ un mois de temps, son appel a eté jugé à la Tournelle, et la sentence confirmée ; tot apres on a apporté au president de la Tournelle, qui est M. Le Coigneux, une lettre de cachet, par laquelle le Roi veut que l’execution soit sursise. Des le lendemain (ce 25 fevrier), messieurs de La Tournelle ont envoyé des deputés au Roi pour lui faire entendre la justice de leur arret. M. le president Le Coigneux a donc eté à Saint Germain, où il a eté bien reçu du Roi et bien ecouté. M. Renard, conseiller de la grand chambre et rapporteur du proces, y estoit aussi. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 646.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant une revue de troupes faite par le roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">54</unitid>
              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">19 avril 1667</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi veut faire faire la revue à ses 10000 hommes, quatre ou cinq jours durant, dans la plaine de Houille entre Saint Germain, Sartrouville et Argenteuil, où il fera voir une belle representation de la guerre aux dames de la cour, qui aiment de tels combats, où l’on s’echauffe jusqu’à la sueur meme, mais où l’on ne tue personne. Apres cette revue faite, on dit que les troupes ont ordre de marcher au rendez vous qui leur sera assigné. Mais où sera ce ? Personne ne le sait que ceux qui commandent, et je ne puis encore me persuader que ce soit en Flandre, et plut à Dieu que ce fut plutôt contre le Turc. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 652.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le départ du roi de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">55</unitid>
              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">17 mai 1667</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Aujourd’hui au matin, ce 16 mai, est mort à Saint Germain M. Guenaut d’une apoplexie ; Dieu n’a pas permis que le vin emetique le sauvat, lui qui en a autrefois tant tué avec ce poisson et avec le laudanum chymisticum.<lb/>Le Roi est aujourd’hui parti de Saint Germain et a pris le chemin d’Amiens pour faire un grand voyage. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 658.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant une épidémie de petite vérole à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">56</unitid>
              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">29 juillet 1667</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« M. le chancelier et le Conseil retournent à Compiegne parce que M. le Dauphin y est et qu’il ne peut etre surement ramené ni à Paris, ni à Saint Germain, ni au Bois de Vincennes, parce qu’il y a de la petite verole. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 661.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant l’arrivée du dauphin à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">57</unitid>
              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">26 aout 1667</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On ramene M. le Dauphin de Compiegne à Saint Germain ; on dit qu’il se porte bien et qu’il n’a guere eté malade ; il est un peu trop melancoloque ; je souhaiterois fort qu’il ressemblat au bon roi Henri IV, son bisaieul, et non pas au roi Louis XI, qui etoit un homme d’esprit, mais dur, dangereux et meme cruel. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 664.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant l’arrivée du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">58</unitid>
              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">2 septembre 1667</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi est attendu le 6e de ce mois à Saint Germain. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 67.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le prochain départ du roi de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">59</unitid>
              <unitdate normal="1668/1668" encodinganalog="3.1.3">17 janvier 1668</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Dans peu de temps le Roi, la Reine et M. le Dauphin iront à Saint Germain d’où, apres quelques jours, ils partiront pour aller plus loin, et ils ne reviendront que longtemps apres. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 672.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant la future arrivée du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">60</unitid>
              <unitdate normal="1668/1668" encodinganalog="3.1.3">2 novembre 1668</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi est encore à Chambord, ce 18 octobre, mais on dit qu’il sera de retour à Saint Germain le 23 de ce mois. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 691.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le départ du roi pour Saint-Germain-en-Laye et la construction d'hôtels dans la ville</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">61</unitid>
              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">19 mars 1669</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi s’en va passer l’eté tout entier à Saint Germain, où l’on fait batir quantité de belles maisons, afin que la cour, qui est fort grosse, y puisse commodement loger. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Ville</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 693.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le fort Saint-Sébastien près de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">62</unitid>
              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">9 avril 1669</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On dit que le duc de Savoie viendra à Paris l’eté prochain et que le Roi lui fera une fort belle et somptueuse entrée, et qu’il viendra voir le camp et les revues que le Roi a faits dans la campagne devers Saint Germain. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <geogname>Fort Saint-Sébastien</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 696.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant les visites du roi au fort Saint-Sébastien près de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">63</unitid>
              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">7 juillet 1669</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi est toujours à Saint Germain, à Versailles ou au camp de Saint Sebastien. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <geogname>Fort Saint-Sébastien</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 698.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant la maladie du dauphin à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">64</unitid>
              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">16 juillet 1669</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Ceux qui viennent de Saint Germain disent que M. le Dauphin est malade. Je prie Dieu qu’il guerisse bientôt : la France a grand besoin de ce petit prince, qui est columna familiae regiae et firmamentum. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 698.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant la maladie du dauphin à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">65</unitid>
              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">31 juillet 1669</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Nous n’avons rien ici de nouveau depuis l’election du roi de Pologne, sinon que M. le Dauphin est malade à Saint Germain. Il a eté saigné trois fois. J’ai peur pour ce petit prince, qui nous est fort necessaire, car il est à craindre que ce ne soit la petite verole. J’espere que Dieu nous le conservera pour le besoin que nous en avons. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 722.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">66</unitid>
              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">13 décembre 1669</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi se trouve si bien à Saint Germain, et il s’y plait tant qu’il y veut passer l’hiver, et ne revenir à Paris qu’à la fin du careme.<lb/>[…]<lb/>L’envoyé du Grand Turc n’est plus à Issy, il est aujourd’hui logé dans Paris, derriere la place Royale, à l’hôtel de ville ; il a eté à Saint Germain en ceremonie, mais on ne sait encore rien de particulier de ces affaires. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 744.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant la future arrivée du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">67</unitid>
              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">23 mai 1670</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Les lettres de la cour portent que le Roi sera de retour de son grand voyage de Flandre le 16 juin prochain à Saint Germain. Dieu veuille bien les ramener tous en bonne santé. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 763.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant l’abandon du fort Saint-Sébastien près de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">68</unitid>
              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">17 septembre 1670</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Roi a ordonné la dissolution de son camp. On en prend 15000 hommes que l’on envoie à Saint Quentin en Vermandois, d’où ils seront commandés pour le rendez-vous qu’on tient encore secret. Il y a toute apparence que ce sera contre les Hollandais. Ils sont devenus si glorieux depuis leur commerce des Indes que ceux qui traitent avec eux disent qu’ils sont insupportables. Le Roi s’en est cru méprisé et on croit qu’il en garde son ressentiment jusqu’à l’occasion de les en faire repentir. On a envoyé encore 6000 hommes vers Soissons et d’autres ailleurs. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <geogname>Fort Saint-Sébastien</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 781-782.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant la mort du duc d’Anjou à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">69</unitid>
              <unitdate normal="1671/1671" encodinganalog="3.1.3">23 juillet 1671</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« M. le premier medecin est à Saint Germain pres de M. le duc d’Anjou, qui est malade d’une fievre hectique et en danger de devenir tabide par une trop grande secheresse des entrailles, e particulierement du poumon : c’est la phtoe des anciens Atheniens, une phtisie seche et la maladie de consomption des Anglois, que quelqu’un a appelée fort à propos le fleau de l’Angleterre. […]<lb/>[p. 782] Le duc d’Anjou est mort à Saint Germain le 3 juillet. Dieu conserve son frere monseigneur le Dauphin, puisse t il devenir aussi vaillant que le bon roi Henri IV, son grand pere, et plus heureux que lui ! »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Education des princes</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 792.</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Guy Patin mentionnant le séjour de la duchesse d’Orléans à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1671/1671" encodinganalog="3.1.3">21 décembre 1671</unitdate>
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                <p>Lettre de Guy Patin à André Falconet.</p>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Madame la duchesse d’Orleans est à Saint Germain, où tout est en rejouissance. Elle trouve la Cour fort belle ; elle y fait bonne chere et y trouve le vin fort bon. Bientot on la doit mener promener à Saint Cloud, [p. 793] logis de M. le duc son mari, pour lui faire voir les belles cascades et les fontaines qui y sont. »</p>
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              <subject>Vie de Cour</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Guy Patin, Lettres de Gui Patin, éd. Joseph-Henri Reveillé-Parisse, Paris, Baillière, 1846, t. III, p. 792.</p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettres de Thomas-François Chabod, marquis de Saint-Maurice et ambassadeur de Savoie en France</unittitle>
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              <p>Ambassadeur de Savoie en France de 1667 à 1673.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_18730_actor">Chabod, Thomas-François, marquis de Saint-Maurice </persname>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant le séjour de la cour à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">29 avril 1667</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« De Paris, ce 29 avril 1667<lb/>Monseigneur,<lb/>J’arrivai ici mardi à six heures après midi. Dès le lendemain, je me mis en état de servir Votre Altesse royale et je vis pour cela M. Giraud, pour concerter avec lui la manière de faire savoir au Roi mon arrivée et de me préparer pour avoir audience de lui. Nous résolûmes que j’écrirais et enverrais un gentilhomme à de M. Lionne pour savoir de lui quand je le pourrais (p. 2] voir. Hier, je mandai le sieur Chappuys, mon secrétaire, à Saint Germain ; il présenta ma lettre à ce ministre et lui exposa sa commission. M. de Lionne lui dit qu’il avait beaucoup de joie de mon arrivée, qu’il ne voulait pas que j’allasse à Saint Germain, que le Roi lui permettra de venir samedi ici et qu’il m’attendrait tout le jour chez lui, si bien que demain je tiendrai un laquais à sa porte, et soudain que je saurai son arrivée, j’irai le visiter de la part de Votre Altesse royale, lui présenter sa lettre et l‘entretenir du sujet pour lequel Votre Altesse royale m’a envoyé en ce pays. Cependant, je me mets et mon équipage en état de pouvoir aller et paraître à Saint Germain, où tout ce qui veut faire sa cour fait une résidence actuelle et d’où les ministres ne sortent pas.<lb/>J’ai vu mesdames les princesses de Carignan [p. 3] et comtesse de Soissons, qui ont reçu avec des marques de respect les lettres que je leur ai présentées de la part de Votre Altesse royale. Je n’ai pas vu madame la princesse de Bade, elle est à Saint Germain. M. le comte de Soissons a eu aussi les mêmes soumissions et reconnaissances pour la lettre de Votre Altesse royale que je lui ai présentées ; il m’a offert ici ses sollicitations pour le service de Votre Altesse royale et je crois qu’elles ne seraient pas inutiles, car il a du crédit auprès de M. de Lionne.<lb/>[…]<lb/>[p. 6] Comme je n’ai pas encore été à la cour, je sais peu des nouvelles du cabinet ni des intrigues qu’il y a. L’on assure que la Reine est enceinte, [p. 7] ce qui l’empêchera de suivre le Roi, car assurément il marchera à la moitié du mois prochain ; que si la Reine n’est pas enceinte, elle ira à Compiègne et en ce cas là les dames, et notamment mademoiselle de La Vallière ; sinon elle se retirera aux champs avec quelque dame de qualité pendant l’absence du Roi. L’on dit qu’elle déchoit beaucoup de sa beauté et qu’elle est fort maigre. Il ne va quasi plus personne chez elle ; elle devient d’une humeur fort altière et au camp de Houilles, où elle a été fort souvent à la suite de la cour et où elle a été fort leste, elle a toujours été fâchée contre le Roi de ce qu’il ne l’y a jamais abordée, car Sa Majesté n’y quitta jamais la Reine, et l’on croit que si cette demoiselle continue à être de cette humeur, qu’elle se perdra. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 18-31.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant sa réception à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">6 mai 1667</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« De Paris, le 6 mai 1667<lb/>Monseigneur,<lb/>Hier, M. Giraud me vint avertir qu’il me viendrait prendre aujourd’hui dans les carrosses du Roi et de la Reine pour me mener à Saint Germain. Nous sommes partis ce matin à six heures ; tout ce qu’il y avait ici de personnes de qualité de Piémont et de Savoie ont pris la peine d’y venir et tous en habits neufs et très lestes.<lb/>Nous sommes arrivés à Saint Germain à neuf heures ; nous avons trouvé à la descente du carrosse M. de Bonneuil, introducteur, qui nous a conduits à la chambre où l’on attend l’heure du Roi ; à dix heures et demie, j’ai été conduit à l’audience et j’ai su par M. de Bonneuil que je pouvais parler d’affaires au Roi, parce qu’il veut se décharger d’embarras, croyant de partir bientôt.<lb/>[p. 19] J’ai été conduit dans la chambre du Roi dans la manière accoutumée. Je l’ai trouvé assis dans sa ruelle, le chapeau sur la tête, vêtu d’un justaucorps de velours noir, une demi veste de dorure, et une canne à la main. Il y avait dans le balustre le duc de Bouillon et le comte du Lude, et dehors, à l’entrée, M. de Lionne et M. de Charost, capitaine des gardes, et la chambre était si pleine que j’ai eu peine à passer. J’ai fait une profonde révérence au Roi, il a levé son chapeau, puis l’a remis ; je lui ai fait les compliments de Votre Altesse royale et lui ai remis sa lettre. Il me semble qu’il n’avait point sa fierté accoutumée, mais un visage fort doux ; il m’a dit : « Il y a longtemps que je suis persuadé de l’amitié de M. le duc de Savoie, je voudrais bien pouvoir lui témoigner celle que j’ai pour lui et la passion que j’ai pour son service », puis qu’il avait bien été fâché de la [p. 20] mort de feu M. le comte de La Trinité, mais qu’il avait bien de la joie de me voir. Je lui ai après fait les compliments de Madame Royale ; il y a répondu avec de grandes marques d’estime. Il m’a demandé l’état de santé de Votre Altesse royale et de monseigneur le prince. Après lui avoir répondu qu’elles étaient parfaites, je lui ai expliqué fort au long le sujet pour lequel Votre Altesse royale m’a envoyé à lui et lui ai fait une grande déduction des affaires de Genève ; je n’y ai pas oublié une circonstance et je lui ai dit à peu près les mêmes choses que je dis à M. de Lionne quand je le vis. Le Roi ne m’a [p. 21] jamais interrompu et m’a écouté attentivement plus d’un quart d’heure, puis m’a dit qu’il ferait sur ce sujet tout ce que vous désireriez de lui, mais qu’il lui semblait que vous souhaitiez un aimable. Je lui ai dit que Votre Altesse royale ferait tout ce qu’il vous conseillerait pourvu que votre réputation fût à couvert ; il m’a expliqué qu’il songerait aux moyens pour vous faire donner les satisfactions qui sont dues à Votre Altesse royale et que pour tout ce que j’aurais à lui expliquer de la part de Votre Altesse royale, que je n’avais qu’à parler à M. de Bonneuil pour l’avertir et qu’il m’écouterait toujours volontiers. Je me suis congédié de lui et, en quittant, il m’a chargé de bien assurer Madam Royale de son amitié et de son estime. Je lui ai présenté les gentilshommes qui étaient avec moi, puis je me suis retiré à la chambre où j’avais mis pied à terre. M. le marquis de Cœuvres m’y est [p. 22] venu entretenir, et après lui M. le marquis de Bellefonds. Ce sont deux des hommes les plus accrédités à la cour pour  leur sagesse et pour la guerre et tous deux bons et véritables serviteurs de Votre Altesse royale.<lb/>Nous avons dîné à la table de M. de Bellefonds, puis j’ai été conduit à l’audience chez la Reine. Je lui ai fait les compliments de Votre Altesse royale, remis sa lettre et celle de Madame Royale. elle les a reçus avec joie, elle m’a témoigné grande estime pour Vos Altesses royales et passion de les servir, et, si je ne me trompe, elle a amitié pour vous deux ; c’est une princesse accueillante et qui est belle.<lb/>A cause du prompt voyage de la cour, M. Giraud m’a conseillé de présenter aujourd’hui le tambour, si bien qu’allant à l’audience chez monsieur le Dauphin, où j’y ai trouvé les gardes sous les armes et l’officier des gardes qui les commande à la porte, et lui assis et couvert, il a levé son chapeau. Je lui ai fait la révérence et compliment de la part de Votre Altesse royale ; il s’est puis levé, le chapeau à la main, et madame [p. 23] la maréchale de La Mothe a répondu comme en l’instruisant de ce qu’il devait dire. Je lui ai après présenté le tambour, il en a été ravi, il a fallu le lui pendre au col, lui expliquer tout ; il en est empressé tout à fait et le présent a été trouvé le plus beau, le plus galant, le mieux inventé et le plus riche qui se puisse voir ; chacun court chez monsieur le Dauphin pour le voir ; l’on admire aussi les vers. Monsieur le Dauphin est un beau prince, [p. 24] un esprit vif, parle bien, mais il est opiniâtre et ne craint que le Roi ; il porte les chausses et la perruque.<lb/>De là, j’ai été conduit chez la petite Madame ; elle est tout à fait belle et bien nourrie. J’ai adressé ma parole à madame la maréchale de La Mothe et, après les compliments, parlant de sa santé et de sa beauté, je lui ai dit que nous serions bienheureux en Savoie et en Piémont si la petite Madame prenait l’inclination pour ces pays là qu’avaient mesdames Marguerite et Chrétienne, toutes deux Filles de France. Elle m’a répondu [p. 25] qu’elle souhaiterait fort des choses pareilles comme avantageuses à Madame.<lb/>Au sortir de là, nous sommes montés en carrosse et arrivés ici à sept heures. Je solliciterai à avoir mes audiences de Monsieur et de Madame d’Orléans, puis de Madame, la douairière.<lb/>[…]<lb/>[p. 28] Je viens de savoir d’un de mes amis qui vient de Saint Germain qu’après mon départ monsieur le Dauphin, conduit par madame la maréchale de La Mothe, a porté le tambour dans le Conseil, que le Roi et les ministres ont été plus de demi heure à le considérer et qu’ils l’ont admiré. Chacun demeure d’accord que l’on ne peut rien faire de plus mignon à Paris. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 137-139.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, donnant des nouvelles de la cour à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">23 septembre 1667</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« [p. 137] A Paris, le 23 septembre 1667<lb/>Le travail que fait à Saint Germain M. de Louvois n’est pas concevable ; il a toujours à a suite près de cent officiers qui le sollicitent pour avoir de l’emploi ; l’on donne incessamment des commissions nouvelles, il arrive chaque jour de ces compagnies récemment faites, belles et lestes, et l’on assure que le Roi fait état d’avoir sur pied pour la prochaine campagne quatre vingt mille hommes de pied et vingt huit à trente mille chevaux. »</p>
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              <subject>Vie de Cour</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 139-141.</p>
            </bibliography>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« De Paris, le 29 septembre 1667<lb/>[…]<lb/>La cour est assez mélancolique à Saint Germain ; le Roi y négocie, joue souvent à la paume, et des cinq à six heures de suite il va à la chasse pour le vol et fait l’amour ; l’on en parle si diversement que l’on à peine à croire ce que chacun en dit. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 142-144.</p>
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              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">30 septembre 1667</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« De Paris, le 30 septembre 1667<lb/>J’avais commencé cette lettre avant que d’aller à Saint Germain, où je fus mercredi pour y faire un peu de cour, tâcher de voir M. de Lionne et me rendre certain de toutes les nouvelles ci dessus écrites que l’on m’y a confirmées. Mais j’en appris d’abord une grande qui est que monsieur le Prince, y ayant été appelé et y étant arrivé le mardi, le Roi le déclara d’abord général de l’armée qu’il veut mander en Allemagne, forte de 30000 hommes. Ce prince parut d’abord si transporté de joie que chacun connut qu’il rajeunit. Son fils y commandera la cavalerie sous lui. Il ira bientôt en Bourgogne, son gouvernement, et de là en Alsace. Cette nouvelle étonnera l’Empereur et l’empire, et à mon avis je crois que l’on s’est pressé de faire cette déclaration pour intimider les diètes de Ratisbonne et de Cologne afin qu’elles ne résolvent rien au préjudice du Roi. […]<lb/>[p. 143] Monsieur arriva mardi à Saint Germain, un peu [p. 144] incommodé ; le mercredi son mal était augmenté et s’étant déclaré en fièvre double tierce, il en partit jeudi avant le jour pour venir ici. Madame y a été aussi et en bonne union avec Leurs Majestés ; elle dîna mercredi avec la Reine et vint aussi le jeudi ici.<lb/>M. de Louvois doit partir de jour en jour pour aller en Flandres établir le quartier d’hiver, les contributions, visiter les places, leurs magasins et y mettre tous les ordres nécessaires ; au moins c’est le prétexte, mais l’on croit que c’est pour quelque négociation pour attirer Marsin. »</p>
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              <subject>Vie de Cour</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 144-148.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant une audience du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">7 octobre 1667</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, le 7 octobre 1667<lb/>Je reçus dimanche l’honneur de la lettre de Votre Altesse royale du 24 septembre dernier et le lundi j’allai à Saint Germain ; j’avais été averti par les introducteurs que Sa Majesté me donnerait une audience. J’y arrivai à neuf heures du matin, quoique l’on ne m’eût averti que pour dix. Le Roi [p. 145] était déjà au Conseil ; il me fit appeler, je lui parlai seul à seul dans son cabinet et lui dis mot à mot le compliment que Votre Altesse royale m’avait chargé de lui faire. Le Roi avait le visage assez riant, il me répondit qu’il était déjà très persuadé de l’amitié qu’Elle a pour lui, que je pouvais assurer Votre Altesse royale de la sienne et que dans les occasions de son service elle en recevrait des véritables marques.<lb/>Je lui présentai ensuite le placet et l’arrêt pour les gentilshommes et magistrats, secrétaires d’Etat et contrôleurs des guerres de Savoie qui ont du bien en Bresse et en Dauphiné.<lb/>A même temps, je lui présentai aussi la lettre que Votre Altesse royale lui a écrite en faveur de M. Marquisio, avec le placet et le mémoire des services de celui ci et qu’il m’avait remis ; je l’accompagnai de tous les bons offices possibles. Le Roi me répondit qu’il verrait le tout, puis je me congédiai et, comme j’étais déjà à quatre pas de lui, il m’appela en venant à moi et me dit fort obligeamment : « Monsieur, je vous prie de vous ressouvenir d’écrire à monsieur de Savoie ce que je vous ai dit touchant notre amitié, et que ce sont [p. 146] des mouvements du cœur ». Je l’en remerciai et l’assurai des partialités que Votre Altesse royale a pour sa personne et un zèle passionné pour son service.<lb/>Il est certain que l’on ne s’est pressé de déclarer monsieur le Prince que pour faire connaître à M. de Turenne que l’on avait d’autres capitaines en France ; il veut tout faire à sa mode et indépendamment de tout le monde ; il est à Enghien, où il ne fait que ruiner le pays.<lb/>J’ai reçu la lettre pour madame de Villequier et les ordres pour faire les compliments à messieurs Le Tellier et de Louvois : je croyais, lundi que je fus à Saint Germain, de les exécuter ; comme je vis le Roi et après dîner M. de Lionne qui m’avait donné heure, je croyais après cela de voir ces messieurs, père et fils, mais ils sortirent d’abord qu’ils eurent dîné dans un carrosse à six chevaux ; mais à Saint Germain, la nouvelle était publique des honneurs et des caresses que Votre Altesse royale a faits M. l’abbé Le Tellier ; M. son [p. 147] père, ses frères et ses parents, s’en sont loués hautement et M. le marquis de Villequier, qui est présentement de quartier, m’en parla à la messe du Roi avec des termes d’une reconnaissance très respectueuse. Je lui dis que j’étais en partie là pour visiter messieurs Le Tellier et de Louvois et pour les remercier des témoignages et assurances que cet abbé avait donnés à Votre Altesse royale de leur amitié.<lb/>Quand j’arrivai ici, quoiqu’il fût fort tard, j’envoyai chez M. Le Tellier pour savoir s’il était en cette ville ; il se trouva qu’au partir de Saint Germain, il était allé à une maison qu’il a à trois lieues de là. Le lendemain au matin j’eus un page de madame de Villequier, qui vint savoir à quelle heure elle me pourrait trouver et soudain après le [p. 148] dîner elle fut céans ; elle déploya toute sa rhétorique et, l’accompagnant de tous ses charmes, elle me témoigna les obligations qu’elle avait à Vos Altesses royales pour les honneurs que vous avez faits à son frère. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 149-152.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant une visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1667/1667" encodinganalog="3.1.3">21 octobre 1667</unitdate>
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              <p>« De Paris, le 21 octobre 1667<lb/>Le Roi viendra assurément à Paris après la Saint Hubert, qu’il passera à Versailles ; il logera aux Tuileries. […]<lb/>[p. 150] Je ne fus pas samedi à Saint Germain parce que le Roi fut en cette ville et les ministres aussi, voir leur famille. J’y fus mardi. M. Le Tellier n’y était pas, il n’arriva qu’à la nuit. Je le vis le mercredi matin ; il me dit d’abord qu’il n’avait pas pu venir à Paris pour y faire des visites, mais qu’il espérait d’avoir bientôt congé du Roi d’y venir faire quelque séjour et exprès pour me voir et me témoigner combien sa personne et sa famille étaient honorées des caresses que Votre Altesse royale a faites à l’abbé son fils ; qu’il savait bien que vous y receviez bien tout le monde mais que les honneurs que vous avez faits à sa maison sont si hauts, si relevés et si hors du commun qu’il en était dans la confusion ; qu’il y avait longtemps qu’il était serviteur de la royale maison de Savoie mais qu’il l’était de Votre Altesse royale par reconnaissance et avec fidélité. […]<lb/>[p. 151] Pour M. de Louvois, je le trouvai en partant de cette ville qu’il y arrivait. Il était parti de Saint Germain trois heures avant le jour, il n’y retourna qu’à la nuit ; le lendemain, je fus chez lui six fois sans le pouvoir voir et je ne crois pas seulement qu’il l’ait su car pas un de ses valets ne voulut entrer dans sa chambre pour le lui dire. C’est un homme auquel je n’ai jamais parlé. »</p>
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              <subject>Vie de Cour</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 183-184.</p>
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              <unitdate normal="1668/1668" encodinganalog="3.1.3">2 mars 1668</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« De Paris, le 2 mars 1668<lb/>[…]<lb/>[p. 184] La comtesse de Saint Maurice fut lundi à Saint Germain ; il y eut quantité de princesses et de duchesses qui attendaient la Reine dans sa chambre pendant qu’elle dînait ; le Roi y entra le premier et, saluant les dames, commença par madame la princesse de Carignan, puis il alla droit à la comtesse de Saint Maurice ; la Reine lui fit aussi l’honneur de la mener promener dans son carrosses. Elle nous témoigne mille bontés et je sais qu’elle a de l’estime pour Votre Altesse royale et qu’elle aime Madame Royale. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 187-188.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant le baptême du dauphin à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1668/1668" encodinganalog="3.1.3">25 mars 1668</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« De Paris, le 25 mars 1668<lb/>Nous avons été à Saint Germain pour le baptême du Dauphin. En abordant à la barrière, [p. 188] voyant qu’il y avait grande foule, je me tirai à côté en attendant M. de Bonneuil, que j’avais envoyé avertir afin qu’il me vint prendre avec des gardes et ainsi entrer avec éclat. Pendant ce temps là, M. de Turenne voulut entrer avec le prince Maximilien, et comme il vit que l’on ne lui faisait pas large et que cela pourrait faire croire à ceux qui étaient dans la foule et fort pressés qu’il n’était pas considéré, il se mit en colère et durant un quart d’heure battit tout ce qu’il trouva devant lui et même renversa la viande que l’on portait pour monseigneur le Dauphin. En faisant ce désordre, m’ayant aperçu que j’en riais avec M. le comte de Visques en nous promenant, il m’aborda et me dit civilement que les Français n’avaient aucun égard pour personne et qu’il n’aurait pas été dans cet embarras s’il ne s’était chargé de faire entrer M. le prince Maximilien. Je vis qu’il avait été fâché que je l’eusse vu dans cet emportement. Nous entrâmes néanmoins avec ordre, M. de Bonneuil et les gardes firent faire large. »</p>
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              <subject>Fêtes et événements</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 211-214.</p>
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              <unitdate normal="1668/1668" encodinganalog="3.1.3">27 juillet 1668</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 27 juillet 1668<lb/>L’on attend à Saint Germain l’accouchement de la Reine ; l’on la saigna vendredi dernier pour le rendre heureux et facile. Le Roi n’en bouge pas. Il est chagrin de ce que tout le monde dit qu’il lui doit arriver quelque grand malheur et surprenant, sans que l’on puisse pénétrer d’où procède cette pensée. L’affaire de la femme qui lui dit des injures l’a beaucoup fâché, aussi bien que l’emportement d’un gentilhomme qui en dit beaucoup de mal. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 217-219.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant les voyages de Colbert à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1668/1668" encodinganalog="3.1.3">24 août 1668</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 24 août 1668<lb/>J’oubliais de faire savoir à Votre Altesse royale que le sieur Planque m’a dit qu’autrefois, parlant avec madame de Chevreuse des sollicitations qu’elle voulait faire auprès de M. de Colbert pour les 400000 livres, elle lui témoigna que si elle en venait à bout, qu’elle en prétendait quelque récompense ; ici l’on ne fait rien pour rien. Je crois aussi que si M. Colbert nous fait donner cet argent ou une partie et qu’il rétablisse les grandes voitures par les Etats de Votre Altesse royale, qu’Elle aura peine à lui refuser du bois de Savoie.<lb/>[p. 218] Hier ce ministre me visita, mais nous ne parlâmes pas d’affaires : il me vint présenter son fils, qui m’apporta des thèses de philosophie qu’il doit soutenir dans le collège de Clermont. Les autres ministres n’avaient pas encore observé cette cérémonie, leurs enfants en faisaient seuls.<lb/>Il ne fut pas en beaucoup d’endroits car il arriva le matin de Saint Germain. Il fut céans debout après le dîner. Je sortis aussitôt après ; je le trouvai qu’il se retirait seul chez lui et puis il retourna à la Cour. C’est un petit miracle et une marque que cet Etat est bien soumis que ce ministre, qui est haï généralement de tout le monde, s’en aille [p. 219] d’ici la nuit à Saint Germain, seul dans une calèche à deux chevaux, sans que personne soit si hardi de lui faire insulte. Quant à moi, avec son humeur et mine sévères, je le trouve fort obligeant, facile aux choses raisonnables, de parole et expéditif. »</p>
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              <subject>Vie de Cour</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 219-221.</p>
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              <unitdate normal="1668/1668" encodinganalog="3.1.3">31 août 1668</unitdate>
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              <p>« Paris, le 31 août 1668<lb/>Revenant aux thèses du fils de M. Colbert, que l’on nomme le marquis de Seignelay, il y eut encore plus de confusion qu’à Versailles. Jamais il n’y avait eu un si grand concours de personnes de qualité en pareille occasion ; il ne resta personne à Saint Germain ce jour là : tous les princes, ducs et pairs, maréchaux de France, gens d’épée, cardinaux, prélats, magistrats, le chancelier même, et généralement tout ce qu’il y a d’honnêtes gens à Paris et à la Cour, jeunes et vieux, et même des dames. M. de Colbert doit en avoir une grande satisfaction, car l’on ne saurait pas témoigner des plus grands empressements si monsieur le Dauphin [p. 220] soutenait un pareil acte. »</p>
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              <subject>Vie de Cour</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 221-223.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant l’organisation de la cour à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1668/1668" encodinganalog="3.1.3">31 août 1668</unitdate>
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            </odd>
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              <p>« Paris, le 31 août 1668<lb/>Je crois que Son Altesse royale profitera de toutes les occasions qui se présenteront à lui pour aller à la campagne et s’y divertir ; il aime la chasse et les promenades, et la gêne que lui font les négociations à Turin lui feront toujours plus aimer l’un et l’autre. Il est vrai que parfois l’on se divertit en cette Cour, mais le Roi ne dérobe [p. 222] par pour cela un moment des heures qu’il a destinées à une affaire ; il négocie régulièrement tous les matins trois heures et autant l’après dîner ; chaque jour, il a des Conseils à tenir, qui sont réglés. Ainsi, chacun sait, selon les choses qu’ils ont à faire, quand ils doivent aller à Saint Germain et les ministres viennent à Paris toujours le même jour. M. de Lionne y arrive le samedi ou le dimanche et s’en retourne le mardi matin ; M. de Colbert y est tous les mercredis et jeudis ; le Conseil y vient le lundi et s’en retourne le vendredi, et cet ordre s’observe exactement. Le Roi n’a point de matinée libre et d’après dîner que le dimanche, le mercredi, jeudi et samedi ; ces jours là, il joue à la paume, il va au camp, à la chasse ou à Versailles ; mais depuis les quatre ou cinq heures après le dîner, il ne fait plus rien, à moins d’un extraordinaire, ce qui arrive rarement. La nuit, il la donne au jeu ou aux dames. Ainsi il ne se rebute point du travail, il l’aime et a ses heures réglées comme un religieux, même pour la messe et pour ses repas, pour se coucher et lever. Comme [p. 223] vous m’avez fit quelque chose de vos occupations, j’ai cru que vous seriez bien aise de savoir ce qui se fait ici. »</p>
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              <subject>Vie de Cour</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 237-244.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant le retour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« De Suresnes, le 26 octobre 1668<lb/>Je reçus dimanche la lettre que Votre Altesse royale m’a fait l’honneur de m’écrire le douzième de ce mois, dans laquelle j’ai vu avec joie qu’elle goûtait les délices de la Vénerie royale en parfaite santé pendant ces beaux commencements d’automne. Le Roi arriva le même jour à Saint Germain de son voyage de Chambord, fort satisfait des beautés de ce lieu là, des chasses qu’il y a faites et encore plus, à son arrivée, de voir le Dauphin, qui a fait un notable changement pendant leur séparation. Il fut à la rencontre de Leurs Majestés à la dînée la plus proche de Saint Germain, il leur fit si bien sa cour et les entretint si galammant qu’elles en furent émerveillées, et lui demeura aussi très content des caresses que lui firent et le Roi et la reine. En sortant de carrosses, il appela M. de Montausier, [p. 238] lui dit avec sa gentillesse ordinaire qu’il était fort satisfait du Roi et qu’il l’avait traité fort honnêtement.<lb/>Le Roi, le soir avant son arrivée, coucha à Linas, où il fut surpris avec joie lorsque M. de Turenne lui déclara qu’il voulait faire abjuration de sa créance et se réduire dans le giron de l’Eglise romaine, ce qu’il exécuta mardi matin entre les mains de M. l’archevêque de Paris dans la chapelle de l’archevêché, puis alla se confesser, entendre messe et se communier à Notre Dame, et de là à Saint Germain, où le Roi l’embrassa et lui fit toutes les caresses possibles et où toute la Cour le complimenta. […]<lb/>[p. 240] Je fus mercredi à Saint Germain pour y faire ma cour au Roi, à son lever. Il y avait si grand monde que l’on ne pouvait se tourner dans sa chambre. J’eus grande peine à m’en approcher, tellement tout le monde s’empresse de se faire voir à lui. Ses courtisans, en pareille rencontre, ont peu de déférence pour les étrangers. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 298-300.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant des travaux au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">15</unitid>
              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">29 mars 1669</unitdate>
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              <p>« A Paris, le 29 mars 1669<lb/>[…]<lb/>[p. 300] La Cour n’ira pas si tôt à Saint Germain : on attend l’accouchement de quelques dames. Cependant, on y a fait bâtir et fait faire des degrés dérobés pour que les communications soient plus faciles et moins gênées. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 304-305.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant le départ de la cour pour Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">24 avril 1669</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 24 avril 1669<lb/>La Cour ira lundi à Saint Germain, et pour longtemps. Les dames sont prêtes à voyager après avoir [p. 305] demeuré cinq mois à aller chez la Reine ; elles l’ont vue aux Carmélites et à sa toilette ; ce n’a pas été sans quelques railleries de son côté, mais très modérées et galantes. C’est un petit miracle de voir de l’air qu’elle prend ces sortes de choses. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 318-323.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant le fort Saint-Sébastien près de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">5 juillet 1669</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, le 5 juillet 1669<lb/>Mercredi, j’allai au lever du Roi. Messieurs de Turenne, le maréchal du Plessis et le Grand Prieur [p. 319] me dirent que le lendemain il y avait revue générale des troupes de la Maison du Roi, que je ferais plaisir à Sa Majesté d’y aller et d’y mener avec moi M. le marquis de Saint Damien. Comme nous nous préparions hier matin pour y aller, je reçus un billet du maréchal de Bellefonds, qui m’écrivait la même chose, que le Roi dînerait au fort et que si nous nous y trouvions à bonne heure, que nous mangerions avec Sa Majesté. Nous passâmes à Saint Germain, fûmes au lever du Roi et puis nous acheminâmes au camp.<lb/>Le Roi, qui va avec sa diligence ordinaire, nous passa en chemin. Il était seul dans sa calèche et, nous rencontrant, nous salua fort civilement. Mettant pied à terre devant ses tentes, nous y trouvâmes le maréchal de Bellefonds. Je lui témoignai que Votre Altesse royale aurait reconnaissance de l’honneur qu’il procurait au marquis de Saint Damien. Il me fit connaître que c’était lui qui l’avait proposé à Sa Majesté, sur ce qu’Elle avait [p. 320] souhaité que l’ambassadeur d’Angleterre et mois dinassions là avec Elle. Quand j’entrai dans la tente où était le Roi, il m’aborda et me dit que nous y aurions chaud ; je lui répondis que l’on le considérait peu quand on avait l’honneur d’être auprès de lui, que je savais combien ses tentes étaient commodes et pompeuses depuis l’avantage que j’avais eu de le suivre en Flandre où, par ses fatigues et ses travaux, il nous avait fait voir qu’il ne fallait pas avoir égard au temps et à ses incommodités quand il s’agissait de la gloire. Il se mit à tire et me dit tout haut que, comme j’étais de ses amis, je le faisais plus brave qu’il n’était. Il me fit l’honneur de m’entretenir le long de tout son appartement de choses indifférentes du fort et que je savais comme il était fait, que j’y avais déjà été dîner avec M. de Chaulnes.<lb/>Monsieur arriva, et avec lui l’ambassadeur d’Angleterre. Il demanda d’abord sa viande. Quand on eut servi, je considérai que M. le duc de Guise [p. 321] se tenait fort proche de la personne du Roi. Je voulus observer le parti que prendrait l’ambassadeur d’Angleterre pour se placer, afin que j’en pusse faire de même. Le bon ambassadeur, qui veut disputer le pas à monsieur le Prince, laissa prendre la seconde place audit duc de Guise, qui était à la gauche du Roi, Monsieur à la droite, auprès duquel ledit ambassadeur se mit. Je jugeai qu’il ne me fallait pas mettre auprès de lui. Je me plaçai entre les ducs de Bouillon et de Luxembourg. Ils se retirèrent pour me faire place et M. de Bellefonds me dit de me mettre auprès de M. de Montaigu. Je n’y voulus pas aller et dis tout haut qu’il n’y avait pas de rang à la table de Sa Majesté et que l’on dînerait bien dans tous les endroits. Nous avions tous le chapeau sur la tête, sauf le Roi et Monsieur. Il but la santé du roi de la Grande Bretagne qu’il porta à M. de Montaigu, puis celle de Votre Altesse royale, qu’il me porta ; nous étions vingt à table, tous la burent chapeau bas.<lb/>Il monta à cheval une heure après midi et nous allâmes voir ses troupes, qui étaient en bataille sur une ligne. Il y avait plus de deux mille cinq [p. 322] cents chevaux et près de neuf mille hommes de pied en seize escadrons et quatorze bataillons ; l’artillerie était en tête de l’infanterie ; nous vîmes et revîmes les troupes par une chaleur et poussière des plus incommodes. Le Roi parla souvent à M. le marquis de Saint Damien, comme aussi Monsieur, messieurs de Turenne et de Louvois et tous les grands de la Cour.<lb/>Comme nous étions dans une halte en attendant la Reine, nous vîmes venir à nous un carrosse en diligence qui s’arrêta à trois cents pas, d’om sortit M. le marquis de Berny. Le Roi ne le reconnaissant pas et demandant qui c’était, je le lui dis. Il alla à lui tout seul au galop. Je m’entretenais pour lors avec l’ambassadeur d’Angleterre. Je lui dis à l’oreille : « Voilà des nouvelles de l’élection d’un roi en Pologne ». Monsieur m’ayant demandé ce que je disais, je lui en fis la répétition. Sa Majesté revint à nous avec un visage assez froid et qui marquait peu de satisfaction, et nous dit que les Polonais avaient élu un de leur pays pour roi, nommé Wisniowiecki et qu’ils l’avaient [p. 323] déjà couronnés. Chacun en raisonne à sa fantaisie avec assez de liberté. On m’en demanda mon sentiment ; je dis que j’aurais fort souhaité que les Polonais eussent choisi monsieur le Prince et que Sa Majesté l’eût nommé en tête de ses troupes ; que ces peuples là, quoiqu’ils eussent agi en cette rencontre contre leurs constitutions, que néanmoins ils avaient considéré de ne désobliger pas les prétendants étrangers et leurs partisans et qu’en cela ils avaient témoigné d’avoir de l’esprit aussi bien qu’à retarder l’élection, puisqu’ils avaient eu le temps de recevoir tout l’argent qu’on leur avait porté de tant d’endroits. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <geogname>Fort Saint-Sébastien</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 333-338.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant une comédie donnée à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">28 août 1669</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, le 28 août 1669<lb/>Il y eut dimanche dernier une comédie et ballet à Saint Germain. Quoiqu’on n’y conviât personne, la Reine dit qu’elle voulait que l’ambassadrice et sa fille y allassent. Ma femme, étant au lit croyant de s’être blessée, y envoya sa fille et, croyant qu’il [p. 331] y eût bal, elle l’avait parée et mis ses pierreries. Comme la foule y fut très grande, cette enfant a perdu une boîte de diamants et un poinçon de la valeur d’onze ou douze cents pistoles. La Reine lui voulut parler elle-même et donna des ordres aussi bien que le Roi pour que l’on les cherchât, envoya des officiers des gardes dans la salle parler au concierge et au tapissier, qu’ils menacèrent de peines très rigoureuses. Le lendemain, la boîte se trouva dans la retrousse de la robe d’une des demoiselles de mademoiselle de Montpensier ; on la remit à M. le marquis de Saint Damien, qui était là. Pour le poinçon, qui ne vaut pas deux cents pistoles, il est perdu.<lb/>Le Roi, l’ayant su, a envoyé aujourd’hui visiter la marquise de Saint Maurice par M. de Bonneuil sur son infirmité. Après avoir fait son compliment, il a demandé l’Angélique, lui a dit que Sa Majesté ayant appris que son poinçon était égaré, que comme il s’en était trouvé un, qu’il le lui envoyait, et lui en a remis un très beau et de [p. 332] grande valeur. On me l’est venu dire dans ma chambre ; je suis passé dans celle de ma femme, j’ai fait mon possible pour le faire reprendre à M. de Bonneuil, lui représentant que je ne méprisais pas les bienfaits du Roi mais que j’étais dans un emploi à ne pouvoir pas les accepter ; il n’a jamais voulu le reprendre, quoique je l’aie prié de le faire et de le garder jusqu’à ce que j’eusse écrit à Votre Altesse royale pour avoir ses ordres sur ce que j’aurais à faire. Il a dit que le Roi ne prétendait pas de me rien donner, mais qu’il ne voulait pas que ma fille perdît rien chez lui et que l’on ne devait rien trouver de suspect en cette action, qu’il était vrai que l’Angélique était belle mais que son âge pouvait bien faire juger que ce n’était que par un motif d’une simple amitié. Je lui ai répondu que je souhaiterais qu’elle fût belle et en âge de pouvoir servir au plaisir du Roi, que je la lui donnerais avec grande joie.<lb/>Jamais homme n’a été embarrassé comme je le suis. Tout le monde me dit que, nonobstant mon caractère, je ne puis pas empêcher le Roi de faire des présents à ma fille. Cependant, Monseigneur, je sais que je fais faute et que Votre Altesse [p. 333] royale doit blâmer ma conduite en acceptant ce poinçon. Je la supplie de m’en envoyer son sentiment avec sa bonté ordinaire, car si je ne peux pas rendre ce poinçon, je frai un présent de sa valeur à madame de Bonneuil. Il est d’un seul diamant très grand ; il a bien quelques petits défauts mais, comme je ne m’y connais pas, je ne sais pas l’estimer et j’ai cru qu’il n’était pas honnête d’avoir empressement d’en savoir le prix. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fêtes et événements</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 330-333.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant une comédie donnée à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">30 août 1669</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Paris, le 30 août 1669<lb/>J’ai commencé cette lettre ce matin à Saint Germain, où j’allai coucher hier au soir pour y voir la comédie. Le Roi m’a donné audience après son dîner. Je lui ai expliqué les ordres que Votre Altesse royale m’a donnés sur la mort de messieurs de Vendôme et en faveur de leurs successeurs, [p. 334] puis je lui ai présenté M. d’Arvey, qui lui a fait son compliment et offert les lettres de Vos Altesses royales parce que M. de Laon a jugé qu’il ferait mieux. […]<lb/>Monsieur le Dauphin a encore eu quelques attaques de fièvre, que l’on dit considérables, mais on le cache à cause de la Reine. Néanmoins, j’ai envoyé ce matin mon fils aîné à M. de Montausier pour en savoir des nouvelles ; il l’a introduit [p. 335] dans sa chambre, il a voulu qu’il lui ait fait son compliment, il l’a trouvé assis dans son lit qu’il se jouait et il lui a répondu qu’il m’était bien obligé du soin que je prenais de sa personne et qu’il était mon serviteur.<lb/>La petite Madame a été malade. Elle se porte mieux, on l’a ainsi dit à un gentilhomme que j’ai envoyé chez elle pour savoir l’état de sa santé.<lb/>J’ai été honoré par le dernier ordinaire de la lettre de la main de Votre Altesse royale du dix sept de ce mois. J’ai témoigné à M. de Péguilin combien elle et Madame Royale preniez de part à son avancement ; il m’a témoigné qu’il en avait grande reconnaissance et m’a assuré qu’elles n’avaient pas ici de plus fidèle serviteur que lui.<lb/>Dimanche qu’il y eut à Saint Germain comédie, je le fis prier d’y faire avoir place à messieurs d’Arvey et chevalier d’Aglié. On lui parla un peu tard ; il leur fit donner néanmoins un exempt des gardes pour les faire placer, mais le grand monde et la confusion fut cause qu’ils ne purent pas l’être et ils furent un peu poussés, ce qui les obligea à sortir de la salle et ils ne virent rien. Mon fils ainé fut poussé assez rudement par un lieutenant [p. 336] des gardes qui le voulait faire reculer, mais le marquis de Rochefort, qui le vit et qui est capitaine des gardes du corps, lava bien la tête à cet officier, prit mon fils par la main et le fit asseoir sur un banc le plus approché du Roi et à côté du comte de Sault. Le Roi, ayant su tout ce désordre, s’en est fâché fortement ; le sieur de Bonneuil m’en a parlé de sa part et, pour lui témoigner la reconnaissance que j’en ai, je fus hier à cette comédie ; je fus reçu par ledit sieur de Bonneuil et le chevalier de Forbin, major des gardes ; on me rendit plus d’honneurs qu’à l’ordinaire et à tous mes gentilshommes, qui furent placés dans les premières places. Le chevalier d’Aglié n’y vint pas avec moi ; le Roi veut qu’il y aille ; ce sera demain avec ma fille, car la Reine, sachant qu’elle n’y fut pas bien dimanche, elle veut qu’elle y retourne et prendre elle même le soin de la placer.<lb/>J’ai cru devoir faire ce petit détail à Votre [p. 337] Altesse royale sur ce qu’Elle pourrait savoir cette affaire différemment. La comédie est galante, il y a de belles entrées de ballet et bonne musique et concert. M. le prince de Toscane y a assisté toutes les trois fois que l’on l’a jouée ; il n’était pas avantageusement placé car il était sur un banc que, bien qu’il fût proche du Roi, il y avait auprès de lui des gentilshommes qui ne font pas ici la première figure.<lb/>Après l’audience que j’ai eue aujourd’hui du Roi, je l’ai voulu remercier du magnifique présent qu’il a fait à ma fille ; il ne m’a pas voulu écouter. Néanmoins je lui ai témoigné mes reconnaissances et que j’avais rendu compte à Votre Altesse royale des générosités qu’il faisait à ceux qui sont à Elle. Toute la Cour a témoigné grande joie de ce bienfait qu’il a fait à l’Angélique et font connaître d’être satisfaite de mes civilités et de celles de ma famille. j’ai fait passer ce poinçon pour valoir mille louis, quoiqu’il ne vaille que deux mille écus au plus. On m’a assuré que le Roi avait commandé à M. de Colbert de l’acheter mille et cinq [p. 338] cents pistoles. Quand M. de Bonneuil lui a dit que j’avais fait mon possible pour le lui faire reprendre, il en a été étonné et lui a dit que Votre Altesse royale faisait de si beaux présents à son ambassadeur et à tous ceux qu’il envoyait à sa Cour.<lb/>J’ai fait que ma fille a envoyé un étui de vermeil à la fille de madame de Bonneuil, de trois cens écus. Ils firent quelque difficulté de l’accepter, mais mon écuyer le laissa sur leur table. Ils m’en ont remercié et l’ont dit à la Cour. J’ai prôné partout les générosités du Roi, mais je ne laisse pas d’être en peinte que Votre Altesse royale ne trouve mauvais que j’en aie reçu des effets. Je voudrais avoir perdu trois fois autant que vaut le poinçon et que le Toi n’eût pas songé à me l’envoyer. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fêtes et événements</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 344-349.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant une audience du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">25 octobre 1669</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« A Paris, le 25 octobre 1669<lb/>Nous fûmes hier, M. le marquis de La Pierre et moi, conduits par les introducteurs dans les [p. 345] carrosses de Leurs Majestés à Saint Germain. Nous eûmes audience du Roi. Tous les ambassadeurs lui firent le compliment de condoléances sur la mort de la reine mère d’Angleterre. Je lui témoignai aussi la sensible doubleur que Votre Majesté royal en a eue. Je lui présentai ensuite M. le marquis de La Pierre, qui s’acquitta dignement de son compliment avec esprit et bonne grâce ; le Roi lui témoigna par un discours fort obligeant combien il sait bon gré à Votre Altesse royale de la part qu’Elle prend en la conservation de monsieur le Dauphin et fit connaître qu’il avait fort agréé le discours dudit marquis, que toute la Cour trouva très bien fait. Je remerciai aussi Sa Majesté des sentiments qu’Elle a eus du mal de Votre Altesse royale et de la bonté qu’elle avait eue de la faire visiter par un gentilhomme. Il m’assura qu’il avait été en des grandes peines de sa maladie puis qu’il lui souhaitait une santé aussi parfaite qu’à soi même ; il me chargea de la prier de vouloir se conserver pour l’amour de lui.<lb/>Nous vîmes monsieur le Dauphin, qui nous [p. 346] demanda des nouvelles de la santé de Votre Altesse royale et, avec la gentillesse qui accompagne toutes ses actions, il chargea M. le marquis de La Pierre d’assurer bien de ses services Vos Altesses royales et monseigneur le prince de Piémont.<lb/>La Reine s’était habillée de son mante de deuil pour nous recevoir, mais à midi il lui survint un dévoiement qui nous priva de l’honneur de lui faire la révérence ; on nous a remis à dimanche pour cela. Nous ne vîmes pas M. le duc d’Anjou ni Madame, parce qu’ils dormaient. Monsieur et madame la duchesse d’Orléans n’ont pas voulu recevoir nos compliments à Saint Germain, parce qu’ils n’y ont pas des appartements tenus de deuil ; ils seront ici pour cela un jour de la semaine prochaine. On nous donna à dîner à Saint Germain à l’ordinaire quand on y conduit des envoyés. […]<lb/>[p. 348] Comme la Cour arriva dimanche à Saint Germain et que M. de Bonneuil se préparait d’y aller, je lui ai fait voir la lettre que Votre Altesse royale m’a commandé de lui montrer ; il me promit de dire au Roi tout ce qu’elle contenait et de savoir adroitement s’il trouverait bon que je visitasse madame de La Vallière. Hier, à Saint Germain, il m’assura qu’il avait fait le récit au Roi de tout ce qu’il avait lu dans la lettre de Votre Altesse royale, qu’il en avait témoigné de la joie et de l’étonnement que Votre Altesse royale m’écrivit de si longues lettres de sa main et d’affaires ; il lui montra aussi la bague que Votre Altesse royale lui a envoyée, qu’il avait effectivement au doigt ; et quand à la visite de madame de La Vallière, le Roi lui dot de savoir d’elle si elle l’agréerait, il me donna parole de m’en rendre réponse aujourd’hui ou demain. Je lui représentai qu’il ne fallait pas qu’il la vît que le Roi ne fût [p. 349] allé au préalable chez elle, afin qu’elle sût ses sentiments puisque assurément il ne manquerait pas de l’en entretenir dès qu’elle l’approcherait. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 353-357.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant une visite à la duchesse de La Vallière à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">12 novembre 1669</unitdate>
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              <p>« A Paris, le 12 novembre 1669<lb/>Je viens de Saint Germain, où j’étais allé exprès pour voir madame la duchesse de La Vallière, M. de Bonneuil m’ayant dit samedi dernier qu’elle recevrait à grand honneur la visite que je lui voulais faire. M. de Bonneuil m’y a introduit d’abord après dîner et, en montant à son appartement, il m’a dit que je n’y demeurasse pas longtemps parce que le Roi l’attendait pour aller au promenoir. Elle m’a reçu avec sa bonne grâce et civilité ordinaires ; je lui ai fait mot pour mort le compliment que Votre Altesse royale m’avait commandé ; elle m’a répondu qu’elle était bien obligée à Votre Altesse royale de l’honneur qu’Elle lui faisait ; [p. 354] qu’elle le recevait avec respect et qu’elle la remerciait des bontés qu’elle avait pour M. le duc de Vermandois, en attendant qu’il fût en âge de l’en aller remercier lui même. Nous avons fait encore quelques compliments réciproques et très obligeants, puis je me suis retiré. Il y avait dans sa chambre mesdames les marquises de La Vallière et d’Heudicourt ; madame de Montespan n’a pas tardé de les joindre, car, comme j’étais au bas de leurs degrés, elles sont descendues, montées en carrosse et allées attendre le Roi à Versailles, qui les a suivies de bien près.<lb/>J’ai été fâché de ce voyage, qui est cause que j’ai pu si peu demeurer auprès de cette dam, où je m’aimerais fort. Je l’ai trouvée toujours mieux faite que l’autre ; elle a ce je ne sais quoi qui sait charmer et, si elle avait de l’embonpoint, elle passerait pour très belle. Son appartement est merveilleux autant pour la propreté que pour la richesse. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 359-361.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, donnant des nouvelles de la cour à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">15 novembre 1669</unitdate>
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              <p>« A Paris, le 15 novembre 1669<lb/>[…]<lb/>[p. 360] Il n’y a pas de nouvelles à la Cour, les choses y vont de leur train ordinaire, les dames y sont belles, propres et de bonne humeur parce qu’elles se divertissent bien et sont riches ; elles sont aussi les seules, tout le reste rampe et, hors de leur appartement, il n’y a ni joie ni contentement à Saint Germain, où Leurs Majestés passeront l’hiver, de quoi il me fâche fort car pour [p. 361] être là à temps pour voir le Roi ou les ministres, il faut en ce temps ci partir une heure avant le jour, outre qu’il en coûte beaucoup dans ces hôtelleries, mais il faut s’y résoudre et n’en pas parler puisque le Roi s’y aime. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 361-365.</p>
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              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">22 novembre 1669</unitdate>
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              <p>« A Paris, le 22 novembre 1669<lb/>[…]<lb/>[p. 362] Je n’ai pas pu aller cette semaine à Saint Germain à cause des affaires de Madame ; mais j’y irai dimanche ou mardi et porterai le dessin de la Vénerie royale pour le faire voir au Roi. Vendredi dernier que j’y fus, je vis madame la duchesse de La Vallière à la messe, elle était dans les tribunes d’en haut ; dès que j’y jetai les yeux, j’en reçus un grand salut auquel je répondis par des révérences très soumises. J’ai su que le Roi et elles ont été très satisfaits de ma visite. Je ne saurais les lui continuer parce que personne ne va chez elle, mais chez la Reine et partout où je la trouverai je la visiterai et tâcherai de la bien persuader de l’estime qu’a pour elle Votre Altesse royale et des ordres qu’Elle m’a donnés de lui faire ma cour et de lui rendre dans toutes sortes de rencontres mes fidèles et respectueux services.<lb/>Le Roi, sans que personne le sache, a fait préparer [p. 363] de beaux appartements à ces dames dans les Tuileries et s’est enfin résolu de venir faire quelque séjour en cette ville car les fermiers des entrées demandent de grands rabais à cause qu’il demeure si longtemps à Saint Germain. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 370-371.</p>
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              <unitdate normal="1669/1669" encodinganalog="3.1.3">6 décembre 1669</unitdate>
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              <p>« Paris, le 6 décembre 1669<lb/>Je crois que les dames de la faveur gagneront leur cause et qu’elles empêcheront la Cour de venir cet hiver à Paris ; tout le monde en enrage, on en fait cent contes. L’autre jour, M. le Grand, voyant sur un balcon mesdames de La Vallière, de Montespan et de Soubise, dit tout haut : « Voilà [p. 371] le temps passé, le présent et le futur ». Chacun en dit librement sa pensée et pas un en bien ; le Roi le sait, il s’en rit, il ne laisse pas de s’en divertir, et j’admire en cela sa modération et sa conduite car s’il en faisait quelque démonstration, elle le rendrait haïssable et tout le monde en murmurerait. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 383-388.</p>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">31 janvier 1670</unitdate>
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              <p>« A Paris, le 31 janvier 1670<lb/>Bien que j’aie su dès le point du jour et même avant que de commencer cette lettre que M. le chevalier de Lorraine avait été hier soir arrêté prisonnier à Saint Germain et que Monsieur en était parti à l’heure, très mal satisfait, néanmoins je n’ai pas cru le devoir faire savoir à Votre Altesse royale que je n’en susse au vrai toutes les circonstances et les causes, ce que j’ai eu de la peine à débrouiller parce qu’on en parle bien différemment à Paris, mais à la fin j’ai su ce [p. 384] qu’Elle verra dans le mémoire ci-joint de ma main, que je n’ai pas le temps de faire copier parce qu’il est fort tard.<lb/>Relation de ce qui s’est passé à Saint Germain la nuit du 30 janvier 1670<lb/>Le Roi fit donner une petite revue à ses gardes du corps pour avoir prétexte de les assembler et donner ordre à M. le comte d’Ayen, fils de M. le duc de Noailles, capitaine de quartier, et à M. le comte de Lauzun, marquis de Péguilin, d’en prendre quatre cents à l’entrée de la nuit et de se rendre maîtres de toutes les avenues du château neuf, ce qui ne se put faire sans que Monsieur, qui y avait son logement, n’en fût averti, dont il fut fort surpris et en peine. M. Le Tellier entra d’abord dans sa chambre et lui dit que le Roi était fâché d’être forcé, pour le bien de ses affaires, de s’assurer de M. le chevalier de Lorraine, qu’il croyait qu’il y donnerait les mains de bonne grâce puisque Sa Majesté lui avait donné l’ordre de l’assurer de la continuation de son amitié et de son estime. Monsieur lui répartit que, quels traitements que le Roi fît à ce chevalier, [p. 385] qu’il l’aimerait toujours parfaitement et qu’il lui donnerait toute sa confiance mais que, puisque le Roi le traitait de la sorte, qu’il allait partir à l’heure même pour se retirer à Villers Cotterets. M. Le Tellier lui voulut représenter qu’il ne fallait pas aller si loin, que ce serait assez de se retirer à Saint Cloud ; Monsieur lui répliqua qu’il voudrait avoir une maison à trois cents lieues de La Cour pour s’y aller consoler.<lb/>M. Le Tellier, voyant entrer le comte d’Ayen dans la chambre, passa en l’appartement de madame la duchesse d’Orléans ; ce comte dit à Monsieur qu’il avait un extrême regret d’être obligé d’exécuter les ordres qu’il avait en sa présence ; il lui répliqua qu’il entendait assez ce qu’il lui voulait dire, il se tourna au chevalier de Lorraine, l’embrassa et se retira dans son cabinet, la larme aux yeux. Le comte d’Ayen fit prisonnier le chevalier de Lorraine avec toute la civilité possible, sans lui ôter son épée, le conduisit dehors de l’appartement de Monsieur, le remit au comte de Lauzun, qui l’amena sur l’heure à la Bastille, dont il est parti aujourd’hui pour être enfermé dans le château de Pierre Encise à Lyon.<lb/>[p. 386] M. Le Tellier, qui était passé chez Madame, lui fit le récit de toute la chose et lui demanda ce qu’elle ferait ; elle lui répartit hardiment : ce que Monsieur lui ordonnerait. Ils partirent sur le champ et arrivèrent à Paris environ minuit. Monsieur fit appelée l’ambassadeur d’Angleterre et l’abbé Montaigu, il demeura enfermé avec eux jusques à quatre heures ; on dit qu’il pressa fort ledit ambassadeur d’aller à Saint Germain, qui s’en excusa, et à son refus l’abbé de Montaigu a fait ce voyage là ce matin.<lb/>On parle diversement par Paris du sujet de cette détention. On dit que l’évêque de Langres étant mort, qui était cet abbé de La Rivière qui avait tant eu de crédit auprès de feu M. le duc d’Orléans, a laissé vacantes deux abbayes valant de revenu 40000 livres, qu’elles sont dans l’apanage de Monsieur et par conséquent de sa nomination ; que, les ayant données au chevalier de Lorraine et en ayant demandé l’agrément au Roi, il lui répondit [p. 387] que, n’étant pas prêtre, il en avait du scrupule et qu’alors il se passa entre eux quelques paroles d’aigreur. Mais ceux qui savent l’état des choses et qui en jugent sainement croient que le roi d’Angleterre a voulu la prison de ce chevalier, lui imputant les mauvais traitements que reçoit Madame, ceux que l’on a faits à madame de Saint Chaumont et à M. l’évêque de Valence, ses créateurs. En effet, bien que Madame suive Monsieur, elle a de la joie du malheur du chevalier de Lorraine et d’avoir l’avantage de s’être vengée du crédit du roi, son frère, que l’on ne veut pas maintenant fâcher ici.<lb/>On dit que Monsieur persiste dans la résolution de partir de Rueil pour Villers Cotterets, quoique MM. Le Tellier et de Lauzun soient venus aujourd’hui de Saint Germain pour lui parler. Il pourrait bien avoir le loisir de s’en repentir : s’il est bien conseillé, il se soumettra aux volontés du Roi ; il ne sera suivi que par ceux de sa maison et s’y divertira mal. Il n’est plus le temps d’autrefois que, quand un Fils de France se retirait de la Cour mal satisfait et était une fois à trois lieues de Paris, l’on croyait le royaume bouleversé et [p. 388] en péril ; chacun armait pour son parti et les mécontents levaient le masque ; présentement personne ne bougera, tout le monde est soumis dans le devoir et dans la crainte, le Roi dans la souveraine puissance, fort en argent et en troupes, maître des parlements, des places et de tout ce qui es dans son royaume. »</p>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 388-396.</p>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">3 février 1670</unitdate>
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              <p>« A Paris, le 3 février 1670<lb/>Quand on est obligé à écrire des nouvelles sur le récit d’autrui, c’est souvent contre la vérité ; il en a été de même de la relation que je fis vendredi au soir à Votre Altesse royale de la retraite de Monsieur de la Cour et de la prison de M. le chevalier de Lorraine pour beaucoup de circonstances, quoique j’eusse su ce que je lui en mandai sur le récit qu’en avait fait M. le comte de Charost et madame la comtesse du Plessis dans le propre logis de Monsieur, au Palais Royal. Voici, Monseigneur, la pure vérité écrite par [p. 389] madame de Montespan à M. le duc de Mortemart, son père, que j’ai sue de madame de Tambonneau, son intime et bien aimée amie. Mais je supplie Votre Altesse royale que personne ne sache que je lui ai nommé toutes ces personnes.<lb/>L’abbé de La Rivière, évêque de Langres, avait deux abbayes, de l’apanage de Monsieur. Comme il était vieux et valétudinaire, il y a longtemps qu’il attendait sa mort pour les donner au chevalier de Lorraine ; il le dit au Roi à Chambord, qui lui répondit que ledit chevalier n’étant pas ecclésiastique, sa conscience ne lui permettait pas d’y consentir, qu’outre cela il faisait une vie trop libertine pour posséder des bénéfices. Monsieur l’ayant prié instamment de l’agréer, Sa Majesté lui repartit encore qu’il était impossible, mais qu’à la considération de ce qu’il aimait, quoiqu’il eut peu d’estime pour ledit chevalier, qu’il lui donnerait 40000 livres de pension quand lesdites abbayes viendraient à vaquer. Monsieur ayant rapport tout ceci au chevalier de Lorraine, [p. 390] ils firent cent railleries sur la conscience du Roi à cause des dames, et qu’il a sues. Le Roi accuse aussi le chevalier de Lorraine de l’infâme crime de sodomie avec le comte de Guiche et même des hommes qui ont été brûlés pour cela en Grève.<lb/>L’évêque de Langres étant mort jeudi matin, Monsieur dit au Roi qu’il avait donné les abbayes au chevalier de Lorraine ; il lui répliqua qu’il ne le voulait pas. Monsieur lui répondit que c’était une affaire faite ; Sa Majesté lui dit encore qu’il l’empêcherait. Ils s’échauffèrent tous les deux, les assistants s’en aperçurent et qu’il y avait de la mésintelligence, sans en savoir la cause. Le Roi, au sortir de la chapelle, monta en carrosse et alla à Versailles. Monsieur se retira chez lui, fort atterré, s’enferma dans un cabinet avec le chevalier de Lorraine, lui dit ce qui s’était passé et que, puisque le Roi le traitait de la sorte, qu’il voulait à l’heure se retirer de la Cour. Il le pria de n’en rien faire, que cette action nuirait à tous les deux. Monsieur fit appeler M. Le Tellier, lui parla fort atterré, se plaignit du Roi, lui dit que l’on lui avait inspiré les mauvais traitements qu’il lui faisait [p. 391] et s’emporta beaucoup. M. Le Tellier tâcha de le ramener et, voyant qu’il continuait toujours du même ton, il lui demanda qu’il voulait qu’il écrivit au Roi tout ce qu’il venait de lui dire ; Monsieur lui ayant dit qu’il lui ferait plaisir, le ministre alla l’écrire au Roi qui, recevant sa lettre, n’en témoigna rien. M. Colbert étant arrivé à Saint Germain, Monsieur le fit aussi appeler et lui parla avec le même feu qu’il l’avait fait à M. Le Tellier.<lb/>A l’entrée de la nuit, le Roi arriva de Versailles et alla à droiture chez madame de La Vallière. Madame la duchesse d’Orléans lui envoya un gentilhomme lui dire qu’elle ne pouvait sortir du château neuf, qu’elle le suppliait de vouloir aller pour chose qui lui importait beaucoup. Sa Majesté s’y rendit à l’abord. Madame le pria de vouloir que le chevalier de Lorraine eût les abbayes ; il lui dit qu’il ne se pouvait ; elle le lui demanda en grâce, il persista dans son refus, lui représentant qu’elle avait oublié tous les mauvais traitements qu’on lui avait faits. Elle lui témoigna qu’elle préférait la satisfaction de Monsieur à ses intérêts, que le chevalier de Lorraine était un [p. 392] jeune homme, qu’il changerait de conduite, le supplia de lui pardonner et, voyant qu’elle ne pouvait rien gagner, elle se jeta aux genoux du Roi, la larme à l’œil, lui témoignant que le plus grand déplaisir qu’elle avait était de se séparer de sa personne mais qu’elle était obligée de suivre Monsieur qui s’en voulait aller.<lb/>Le Roi se retira en disant que, puisque son frère se séparer de lui pour cela, qu’il saurait châtier ceux qui en étaient cause et fomentaient leur désunion. Il donna d’abord les ordres pour fortifier la garde de monsieur le Dauphin, qui loge dans le château neuf, et de prendre toutes les avenues. M. le comte de Vaillac s’en étant aperçu, qui est capitaine des gardes de Monsieur, lui en donna avis ; il lui en répliqua qu’il en savait la cause, néanmoins il témoigna quelques peines. M. Le Tellier entra ensuite dans sa chambre et lui dit de la part du Roi que, la nécessité de son service l’obligeant de s’assurer de la personne du chevalier de Lorraine, qu’il serait fâché d’être forcé de le faire arrêter dans son appartement et en sa présence ; il lui répliqua [p. 393] que, puisque le Roi en usait de la sorte, qu’il allait partir pour Villers Cotterets ; ce ministre lui représenta qu’il ne le devrait pas faire mais seulement aller à Saint Cloud, qu’il était aisé de sortir de la Cour de cette sorte mais qu’on ne savait pas quand on y pourrait revenir. Monsieur lui dit fortement qu’il voudrait avoir une maison à trois cents lieues du Roi, qu’il y irait et qu’il ne reviendrait jamais auprès de lui qu’avec le chevalier de Lorraine ; puis, se tournant au chevalier, il l’embrassa, l’assura de la continuation de son amitié et lui dit de suivre M. Le Tellier. Ils sortirent ensemble ; le chevalier lui demanda ce qu’il avait à faire, qu’il était prêt à obéir aux ordres du Roi. M. Le Tellier lui répondit qu’il n’avait rien à lui commander de sa part.<lb/>Comme ils furent dans la cour du château vieux, le comte d’Ayen l’arrêta et le chevalier de La Ilhière ; ils lui demandèrent son épée, puis le sortirent de là. Il demanda au comte d’Ayen où il le menait ; il lui répondit : « Dans ma chambre », où, étant arrivé, [p. 394] il souhaita de voir M. le Grand et le comte de Marsan, ses frères ; on lui dit qu’il ne pouvait mais qu’il pouvait écrire à qui il voudrait. Il fit quatre lettres : une à Monsieur, au comte de Marsan, à mademoiselle de Fiennes et à l’intendant de sa maison ; il voulut les montrer au comte d’Ayen, il dit qu’il n’avait pas ordre de les voir ; on croit néanmoins que le Roi les a lues. Il priait Monsieur de lui continuer l’honneur de sa bienveillance et que, s’il avait encore quelque amitié pour lui, il le suppliait de protéger et d’assister mademoiselle de Fiennes. Monsieur lui a fait réponse qu’à sa considération il aurait soin de la demoiselle, qu’il se consolât, parce qu’il courrait toujours la même fortune que lui. Ledit chevalier coucha à Saint Germain, il n’a pas été à la Bastille, on lui demanda combien il voulait de domestiques, qu’il pouvait prendre ceux qu’il voudrait : il choisit deux de ses gentilshommes et deux valets de chambre. Il partit le vendredi dans son carrosse, où il y a un lieutenant des gardes du corps avec une [p. 395] forte escorte ; il doit aller à Pierre Encise, des autres disent à la citadelle de Montpellier et peut être à Collioure sur les frontières de Catalogne.<lb/>Monsieur partit samedi d’ici pour Villers Cotterets avec Madame, suivi de douze carrosses à six chevaux ; ils ont laissé ici Mademoiselle et la maréchale du Plessis auprès d’elle ; la maréchale de Clérembault, qui a été nommé par le Roi pour la gouvernante, se trouvant en Poitou, Monsieur lui a dépêché un courrier pour qu’elle ne vienne pas ; il dépêcha un courrier en Angleterre, et, à ce que l’on dit par Paris, un autre en Piémont, ce que je ne crois pas. Le maréchal du Plessis, comme officier de la Couronne et peut être pour voir s’il trouverait jour à quelque accommodement, demanda au Roi congé de suivre son maître, qui lui répliqua : « Eh quoi ! Monsieur partir ? » Le maréchal répliqua que oui. Sa Majesté lui répondit : « Qu’il aille, et vous le pouvez suivre ».<lb/>Quoiqu’en apparence l’affaire des abbayes soit la cause de cette querelle ci aussi bien que la fermeté et résolution de Monsieur, on dit que le roi d’Angleterre avait prié Sa Majesté Très Chrétienne [p. 396] d’ôter d’auprès de Monsieur le chevalier de Lorraine, qu’il était cause des mauvais traitements que recevait sa sœur, à moins de quoi il serait obligé de la retirer à Londres.<lb/>Le Roi a paru fort chagrin et triste depuis cette affaire, quoiqu’il affecte le contraire, puisqu’il continue à faire des loteries et que demain on dansera le ballet ; néanmoins, il appréhende des brouilleries et qu’il ne se forme quelque parti en faveur de Monsieur, car, dans le fond, si la chose ne s’accommode bientôt, Monsieur s’ennuiera à Villers Cotterets, son dépit et sa rage augmenteront, et il se trouvera forcé à accepter des partis qu’on ne manquera pas de lui offrir du dehors. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 396-399.</p>
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              <p>« A Paris, le 7 février 1670<lb/>[…]<lb/>[p. 399] Le Roi se divertit à Saint Germain ; on y a dansé un beau et grand ballet, et on y parle peu de Monsieur. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 399-400.</p>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">21 février 1670</unitdate>
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              <p>« A Paris, le 21 février 1670<lb/>Ces dames se divertiront à Saint Germain à leur ordinaire et à des loteries durant le carême. Le Roi se porte assez bien, il a de l’embonpoint, mais je croirais plutôt qu’il est bouffi. Il fait exercice et, quand il fait beau, il chasse trois fois [p. 400] la semaine le lièvre avec la meute des mousquetaires. Il dit toujours qu’il veut faire le voyage de Flandre, on croit qu’il sera de peu de durée ; le nonce et l’ambassadeur de Venise n’y iront pas, mais bien celui d’Angleterre, à ce qu’il m’a dit, et veut que nous soyons toujours ensemble. Je ne résoudrai rien néanmoins pour ce voyage que je n’en aie de nouveaux ordres ; que si Votre Altesse royale veut absolument que je le fasse, Elle me fera savoir au plus tôt, et comme Elle a la générosité de me vouloir faire une gratification pour cela, je la supplie d’y donner ordre. J’en suis dans la confusion puisque je n’ai pas pu mériter ses grâces par aucuns services ; il sera néanmoins fâcheux, si le Roi va avec précipitation, on pourra peu le voir ; et il faudra un équipage quasi comme pour l’armée, autant pour la réputation que pour se garantir d’incommodité. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 403-405.</p>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">26 février 1670</unitdate>
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              <p>« A Paris, le 26 février 1670<lb/>Je fis savoir par le dernier courrier à Votre Altesse royale que l’on conjecturait le retour de Monsieur à la Cour sur les négociations que la princesse palatine était allée faire à Villers Cotterets. On ne s’était pas trompé car soudain qu’elle fut revenue vendredi au soir, elle fit une dépêche à Saint Germain qui obligea le Roi d’envoyer samedi M. Colbert à Monsieur lui dire qu’il souhaitait le voir, à quoi il se soumit d’abord. Lui et Madame vinrent ici lundi et, le même jour, ils allèrent voir le Roi, qui les reçut très bien et qui les a fait loger dans son grand appartement, parce qu’ils avaient fait démeubler le [p. 402] leur au château neuf. On assure qu’on a envoyé les ordres pour la liberté du chevalier de Lorraine, moyennant qu’il aille faire séjour pour quelque temps à Rome ou à Malte. Le Roi lui donnera dix mille écus de pension, et les abbayes qui avaient fait la cause de son malheur à l’abbé d’Harcourt, son frère. Ainsi voilà une affaire accommodée selon la volonté de Sa Majesté, comme il est très juste.<lb/>Le Roi et Madame se sont écrit durant qu’elle a été éloignée de lui. Sa Majesté la raillant sur les ennuis qu’elle devait avoir à la campagne, elle lui fit réponse qu’elle étudiait l’italien, mais qu’elle le priait de ne pas la laisser aller jusqu’au latin, et lui demandait des nouvelles des loteries de Saint Germain, ce qui donna lieu au Roi de lui envoyer quatre cassettes fort riches, feignant que c’étaient des lots qui lui étaient échus par hasard, dans lesquelles il y avait quatre billets de cinq cents louis chacun, quantité de bijoux enrichis de pierreries et entre autres une paire de souliers de campagne propres à se promener par le parc de Villers Cotterets, dont les boucles valent mille louis. On fait monter ce présent à [p. 403] 200000 livres ; on m’a dit néanmoins qu’il en faut rabattre une partie.<lb/>Le Roi se trouva hier matin mal des vapeurs, il fut nécessité de se mettre au lit et à prendre des pilules. C’est un effet du dégel. J’y ai envoyé un de mes fils pour en savoir des nouvelles, n’ayant pu y aller pour avoir un peu de fluxion sur un œil. Je ne sais si les fréquentes attaques d’un mal si fâcheux ne feront point changer sa Majesté la résolution qu’Elle avait formée de partir le quatorzième du mois d’avril pour la Flandre, les ordres ayant été donnés pour cela, et les magasins qui faits pour les fourrages nécessaires aux troupes doivent l’escorter, que l’on fait monter à 10000 chevaux. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 401-403.</p>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">7 mars 1670</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, le 7 mars 1670<lb/>L’on a différé le voyage de Flandre au mois de mai ; on attend que les dames soient en état de le faire. Il n’est pas vrai, comme je l’avais écrit, [p. 404] que la dame ait accouché ; le froid l’avait retenue dans sa chambre et, comme on ne la voyait pas, on avait cru, à Saint Germain même, qu’elle eût fait un enfant. Elle est néanmoins dans son neuvième mois et on ne croit pas que l’on aille dehors qu’elle ne soit relevée de ses couches, car on s’ennuierait aux Pays Bas si elle n’y était pas.<lb/>Monsieur est autant soumis qu’il était fier à son départ, et Madame triomphe de le voir ainsi réduit. »</p>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 405-407.</p>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">14 mars 1670</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, le 14 mars 1670<lb/>La pauvre madame d’Heudicourt a enfin été forcée de quitter la Cour. […]<lb/>[p. 406] Je viens de savoir d’un de mes amis qui est venu exprès de Saint Germain pour me le dire que le Roi veut que madame la duchesse d’Orléans aille en Angleterre pour gagner le roi de la Grande Bretagne en sa faveur, que Monsieur n’a été [p. 407] rappelé qu’à ce sujet, mais qu’il s’oppose tout à fait à ce voyage et qu’il couche tous les jours avec Madame depuis qu’il a su cette affaire afin qu’elle puisse devenir grosse, ce qui l’empêcherait de s’exposer, étant enceinte, à un voyage si long et si périlleux.<lb/>La duchesse de La Vallière est assurément grosse ; toute son adresse et du Roi est de le cacher à madame de Montespan jusqu’à ce qu’elle ait accouché, de crainte que cette nouvelle, la fâchant, ne lui cause quelques maux. Le confesseur du Roi, se lassant de cette vie, a voulu entièrement se retirer ; Sa Majesté y a consenti en prenant de sa main un autre confesseur jésuite nommé le père Ferrier, de crainte que l’on ne s’aperçût du sujet de la retraite du premier, qui cause beaucoup de scandale. »</p>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 422-427.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant le départ du roi de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">2 mai 1670</unitdate>
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              <p>« A Paris, le 2 mai 1670<lb/>Le Roi partit lundi dernier de Saint Germain pour le voyage de Flandre, avec une des plus belles et des plus pompeuses suites que l’on puisse voir. Ils étaient huit dans son carrosse, lui, la Reine, Monsieur, madame la duchesse d’Orléans, mademoiselle de Montpensier, la duchesse de La Vallière, la comtesse de Béthune et la marquise de Montespan. Le temps était mauvais aussi bien que les chemins, son carrosse demeura embourbé en plusieurs endroits et une partie des bagages de [p. 423] la Cour, qui ne peut arriver la première nuit à Senlis. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 437-438.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant le retour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">11 juin 1670</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Rueil, le 11 juin 1670<lb/>Madame n’est pas encore de retour d’Angleterre. On croit qu’elle passera demain la mer pour en [p. 438] revenir […].<lb/>Le Roi arriva samedi au soir à Saint Germain. J’y fus lundi à son lever ; il me salua, d’abord qu’il me vit, avec empressement. J’y répondis le plus respectueusement que je pus, mais tout s’aboutit là : il ne me parla pas, ni moi à lui. Nous irons bientôt à l’audience pour le féliciter de son heureux retour. Nous en avons grand sujet, car jamais il ne s’est mieux porté. La Reine et monsieur le Dauphin jouissent aussi d’une parfaite santé ; ils ont été l’admiration des Flamands. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 442-446.</p>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Rueil, le 20 juin 1670<lb/>Nous étions mardi à la Cour pour faire compliment à Leurs Majestés sur leur voyage et heureux retour, monsieur le nonce et moi d’ambassadeurs, les envoyés et résidents de Portugal, Suède, palatin et de Mantoue. Nous ne pûmes voir le Roi contre la coutume que l’après dîner, car, encore qu’il se porte bien, néanmoins il se baigne le matin dans la chambre par précaution. Je lui fis le compliment sur la bonne santé qui l’a accompagné dans son voyage, où je l’assurai que Votre Altesse royale l’avait suivi de ses vœux et de ses souhaits, ce que j’accompagnai d’expressions de vénération et de partialité. Il me répondit qu’il avait trouvé les choses en bon état en Flandres et mieux que quand nous y avions été ensemble, qu’il était très satisfait de son voyage. […]<lb/>[p. 444] Il me demanda ensuite avec amitié des nouvelles de la santé de Vos Altesses royales et de celle de monseigneur le prince et me témoigna de la joie quand je l’assurai qu’elles étaient parfaites, et je sortis d’auprès de lui très satisfait comme toutes les autres fois que j’ai eu l’honneur d’en [p. 445] approcher. Je vis ensuite la Reine et puis le Dauphin, dont je reçus aussi des grandes marques de bonté pour Vos Altesses royales et de ce prince, qui est toujours plus spirituel, pour monseigneur le prince de Piémont.<lb/>Madame arriva avant hier au soir à Saint Germain, fort satisfaite des honneurs, des caresses et des présents que le roi et la reine d’Angleterre lui ont faits, entre autres d’un poinçon et d‘une paire de boucles d’oreilles de grand prix. Leurs Majestés la reçurent avec des grands témoignages de bienveillance. Hier matin, avant le dîner, elle alla chez le Roi et l’après dîner le Roi alla chez elle. Ils s’entretinrent longtemps seuls et ont paru très satisfaits de leurs conférences. On dit qu’elle a fait tout ce qu’elle a voulu à l’avantage de la France, que messieurs de Colbert et de Ruvigny ont fort négocié avec Sa Majesté britannique et signé des traités de commerce pour l’Amérique, ce qui portera du préjudice [p. 446] aux Espagnols et Hollandais. M. le maréchal du Plessis y a aussi beaucoup agi et on a assuré que Madame a parole du roi, son frère, qu’il abandonnera la ligue du Nord quand Sa Majesté Très Chrétienne le voudra. On publie par Paris qu’il veut répudier la reine, sa femme, et épouser mademoiselle de Montpensier, que le Roi Très Chrétien achète tous les biens de cette princesse pour le prix de quinze millions. Je ne croirais pas néanmoins à ces deux dernières nouvelles que je n’en aie des assurances solides, car je vois bien des difficultés pour les exécuter.<lb/>Madame hait toujours mortellement madame la comtesse de Soissons, ce qui fait qu’on appréhende qu’elle ne lui fasse pièce. Elle est néanmoins à Saint Germain et jusques à présent elle espère d’aller avec la Cour à Versailles, qui part aujourd’hui de Saint Germain pour y aller faire quelque séjour. Les dames de la faveur sont aussi bien et aussi belles que jamais et toutes choses marchent de leur train ordinaire. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 466-472.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant le fort Saint-Sébastien près de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">1er août 1670</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, le 1er août 1670<lb/>[…]<lb/>[p. 471] Le Roi agit toujours à son ordinaire tant à l’égard des dames que de son camp ; il va tous les jours voir ses troupes, il les fait mettre en bataille, il les fait combattre, il les divise en deux corps d’armée dont il en commanda un et M. le maréchal de Créquy l’autre. Hier, le Roi fut attiré dans une embuscade et fait prisonnier par le marquis de Villeroy, puis regagné par son armée qui mit [p. 472] l’autre en déroute. Ce sont des jeux et des divertissements qui fatiguent à l’heure de midi et au gros de la chaleur, mais qui stylent à miracle les officiers et les soldats. Jamais il n’y a eu tant de régularité ni de discipline ni jamais armée n’a été si bien réglée que dans ce camp. Entr’autres, les soldats y observent le silence quatre heures tous les jours, les officiers de cavalerie n’y sont jamais sans bottes et toujours en collet de buffle et ceux d’infanterie continuellement en soliers. Votre Altesse royale fera plaisir au Roi et à M. de Louvois si Elle lui en parle avec admiration. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <geogname>Fort Saint-Sébastien</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 475-480.</p>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">22 août 1670</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, le 22 août 1670<lb/>[…]<lb/>[p. 478] M. le duc de Buckingham ne bouge de Saint [p. 479] Germain. Jamais prince étranger ni grand seigneur n’a été si fort caressé du Roi. Il est presque toujours avec lui. On ne pénètre pas encore s’il fait quelques négociations. Il est certain que feu Madame avait apporté un traité d’Angleterre, elle l’avait dit à des personnes de confiance, mais on n’a pas pu savoir ce qu’il contenait. Par les apparences et selon que les choses se préparent, on juge que c’est un traité de commerce de marine pour les Indes où négocient les Hollandais. Ils les y veulent troubler et les affaiblir par ce moyen, et comme les peuples d’Angleterre en tireront des avantages considérables, les détacher par là des partialités et des amitiés qu’ils ont pour lesdits Hollandais.<lb/>Je viens de savoir que le Roi a commandé ses troupes qui sont au camp de se tenir en état de marcher mercredi prochain en corps d’armée du côté de Péronne, où elles seront conduites par le maréchal de Créquy et consignées au maréchal d’Humières. […]<lb/>[p. 480] Madame, fille du Roi, est toujours plus mal à Rueil, où on l’a menée, l’air de Saint Germain étant trop subtil. Leurs Majestés l’y ont visitée, et monsieur le Dauphin a déjà eu deux accès de fièvre tierce. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. I, p. 484-486.</p>
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              <unitdate normal="1670/1670" encodinganalog="3.1.3">12 septembre 1670</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, le 12 septembre 1670<lb/>M. le duc de Buckingham se congédia avant hier et partira demain pour s’en retourner à Londres. Le Roi lui a donné un baudrier et une épée garnie de diamants de la valeur de 30 mille écus. Jamais étranger et même souverain n’a reçu [p. 485] ici tant d’honneurs et de caresses. On fit pour lui samedi dernier une très belle fête à Versailles et mardi M. de Lauzun lui donna un superbe souper à Saint Germain, où il y avait des belles dames. Le Roi y en conduisit aussi des autres encore plus belles, faveur insigne et qui n’a jusqu’à présent été faite à qui que ce soit. On dit qu’il a fait et fini le traité qu’avait commencé feue Madame, mais il n’est pas encore public. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 30-31.</p>
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              <unitdate normal="1671/1671" encodinganalog="3.1.3">27 février 1671</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 27  février 1671<lb/>Il n’y a rien ici de nouveau ; la Cour se divertit à son ordinaire à Saint Germain et les dames de la faveur sont toujours dans la même posture. Madame de La Vallière est de tous les écots ; je la vis hier en habit de chasse, pompeuse, dans le carrosse du Roi, où était madame de Montespan et quelques autres dames ; ils allèrent voit voler la pie et la Reine y alla demie heure avec Mademoiselle. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 177-179.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant la mort du duc d’Anjou à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">39</unitid>
              <unitdate normal="1671/1671" encodinganalog="3.1.3">13 juillet 1671</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 13 juillet 1671<lb/>J’ai cru être obligé de faire passer cette lettre à Votre Altesse royale par un courrier exprès de Lyon à Chambéry pour lui faire savoir la mort de M. le duc d’Anjou et que Leurs Majestés en sont dans une affliction des plus grandes, le Roi n’en ayant pas encore montré de pareille, à ce que tous ses vieux courtisans assurent. Il mourut vendredi au soir dans un temps de tonnerre. Le Roi était pour lors entre Senlis et Luzarches. Il coucha en ce dernier lieu, où il apprit la mauvaise nouvelle, car il n’était éloigné de Saint Germain que de six lieues. Il eut le lundi, à Ath, la nouvelle que ce prince s’affaiblissait notablement et qu’il n’y avait presque plus d’espérance pour le sauver. Il résolut d’en partir le mardi pour le venir faire servir, bien que son retour n’eût été fixé qu’au samedi. J’étais parti de Lens le lundi et le mardi matin je sus la [p. 110] résolution de Sa Majesté, entre Valenciennes et Cambrai, par M. le duc de Longueville et quelques seigneurs de la Cour qui venaient ici sur des chevaux de poste. Je continuai mon chemin dans la grande route pour fuir la marche du Roi, comme aussi les embarras et les incommodités qui s’y rencontrent, ce que je ne pus éviter, car une bonne partie des seigneurs de la Cour suivirent mon exemple.<lb/>J’arrivai à Senlis une heure après que Leurs Majestés y eurent passé, bien qu’elles eussent fait grande diligence, et arrivai avant-hier en cette ville, où je sus que Leurs Majestés, de Luzarches étaient allées coucher à Maisons pour fuir Saint Germain, et de là passèrent hier à Versailles, accablées de douleur et de tristesse qui est assurément générale parmi la noblesse et le peuple.<lb/>On a ouvert le corps de feu M. le duc d’Anjou ; on lui trouvé le foie pourri, les poumons gâtés et beaucoup d’eau dans l’estomac, ce qui augmente les craintes de toute la Cour puisqu’on trouva les mêmes défauts en feue Madame, sa sœur, la première [p. 111] fille du Roi et que l’on voit que monsieur le Dauphin est sujet à de grandes infirmités, ayant encore présentement un peu de dévoiement, les médecins ayant dit déjà plusieurs fois que tous les enfants de Leurs Majestés avaient les intestins faibles et qu’en cela ils ressemblaient au feu roi Louis XIII. Dieu leur donnera une meilleure santé, s’il lui plait, pour la consolation de tous ceux qui y sont intéressés. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Education des princes</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 109-111.</p>
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              <unitdate normal="1671/1671" encodinganalog="3.1.3">30 octobre 1671</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Rueil, le 30 octobre 1671<lb/>Il n’y a pas des nouvelles considérables à la Cour. Le Roi s’occupe dans des perpétuels [p. 178] conseils, à la chasse, va chez les dames. Il y a comédie deux fois la semaine à Saint Germain et régal tous les après minuits des jours maigres. Mercredi que j’y fus, le Roi alla courir le lièvre avec la meute de monsieur le Dauphin. Madame de Montespan sortit un peu avant lui, seule dans une calèche à six chevaux, toutes les glaces tirées, à travers desquelles on l’admirait avec son ajustement et ses charmes ordinaires. Elle était suivie du major des gardes du corps, le chevalier de Forbin, et de trois gardes avec le mousqueton, tous à cheval. Votre Altesse royale peut bien deviner de qui le Roi a pris l’exemple de se servir du major de ses gardes pour ces sortes d’emplois. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
              <subject>Chasse</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 199-201.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant une visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1671/1671" encodinganalog="3.1.3">4 décembre 1671</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 4 décembre 1671<lb/>Quand je sortis hier matin de cette ville pour aller à la Cour, il n’était pas encore bien jour. Je rencontrai néanmoins M. de Louvois dans le faubourg de Saint Honoré, qui y entrait. Je ne croyais pas qu’il retournât à Saint Germain qu’à la nuit. J’allai, y étant arrivé, droit à la chambre du Roi. Il y parut demi heures après. Je l’abordai et le priai qu’à sa commodité je le pusse entretenir un quart d’heure chez lui. Il me dit : « Tout à cette heure », et me convia d’entrer dans le cabinet de Sa Majesté, lieu où personne n’entre que par grande faveur, où Elle devait bientôt aller négocier. Toute la Cour fut surprise de cette action et moi, qui sais les choses, encore plus que les autres. Jamais favori ni premier ministre ne peut [p. 200] rien entreprendre de plus haut ni de plus hardi. Il est vrai aussi qu’on le considère maintenant comme l’un et l’autre, et l’on ne doute plus que, si les choses continuent de la sorte, il ne soit bientôt seul et le tout puissant.<lb/>Quand nous fûmes dans ce cabinet, je le remerciai du rang qu’il a procuré au régiment de cavalerie que Votre Altesse a donné au Roi. Il me répondit que Sa Majesté avait avec plaisir pris cette résolution pour satisfaire Votre Altesse royale en ce qu’Elle souhaitait. Il me dit ensuite que monseigneur le prince en serait mestre de camp et M. le baron de Lucinge colonel lieutenant, avec commandement de mestre de camp. Je lui parlai ensuite des commandements que pourraient avoir MM. Cagnol et Grimaldi ; il me répliqué par leur commission de capitaines. Je lui représentai qu’il faudrait aussi leur donner des commissions de mestre de camp, particulièrement au dernier qui a servi durant si longtemps de lieutenant colonel des régiments des feus comte de [p. 201] Broglie et prince Almeric. Il me dit nettement que cela ne se pouvait pas, qu’il y en avait cent dans la cavalerie aussi anciens au service que lui, qui l’avaient demandé et auxquels on l’avait refusé et que, si on ouvrait cette porte, ce serait un embarras et une confusion qui apporteraient de grands désordres au service du Roi, qu’il n’y pouvait pas avoir de mestres de camp que ceux qui avaient des régiments, mais il m’assura que, contre la coutume observée dans ce service jusques à présent, tous les capitaines de ce régiment commanderaient aux Français à leur tour et par l’ancienneté de leur commission. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 203-205.</p>
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              <p>« Paris, le 11 décembre 1671<lb/>[…]<lb/>[p. 205] Je vis dimanche le ballet et je m’y ennuyai durant cinq heures parce que j’avais déjà vu toutes les entrées et ouï toutes les musiques dont il est composé. C’est un amas de ce qui s’est fait de plus beau depuis cinq ans. J’y vis l’épousée de Monsieur pour la première fois ; je la trouvai jolie, l’air jeune et spirituel. On dirait qu’elle a été élevée en cette Cour, il ne lui manque plus qu’un peu de langage. Elle n’est pas étonnée et a l’air de grandeur qu’apportent les princes du berceau. Monsieur en est empressé et le Roi lui fait caresse et la voit souvent. Il a assurément beaucoup d’égards pour son frère. »</p>
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              <subject>Fêtes et événements</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 217-221.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant une audience du roi à l’ambassadeur de Hollande à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <p>« Paris, le jour des Rois de l’année 1672<lb/>Samedi, quand le Roi se déclara qu’il n’irait plus en Champagne, il dit au sieur de Bonneuil, l’introducteur, de faire savoir à l’ambassadeur de Hollande qu’il lui donnerait audience le lundi [p. 218] matin, qui y fut. Comme il fut arrivé à la chambre de descente, M. Le Tellier s’y rendit, parce que le Hollandais n’a pas encore les jambes bonnes et ne pouvait pas monter à la chambre du ministre, qui est fort haute. Ils demeurèrent une demi heure enfermée, mais on ne sait pas encore ce qui se passa dans cette conférence. Après quoi l’ambassadeur alla chez le Roi. Il était dans son cabinet, seul, mais il y avait dans un jour au devant, entre lesquels il n’y a pas de porte qui ferme, monsieur le Prince, M. de Turenne, les ducs de Créquy, d’Aumont, de Gesvres et de La Feuillade, M. Le Tellier, et le roi y fit appeler le comte de Castelmeilhor et le marquis d’Estrades, qui étaient dans sa chambre ; après quoi l’ambassadeur entra. Il dit au Roi (à ce qu’une personne m’a dit, qui m’a assuré l’avoir appris de Sa Majesté même) que messieurs les Etats généraux, ses maîtres, ayant été assurés de bien des endroits que le grand armement que faisait Sa Majesté en terre et en mer était pour les attaque, qu’ils ne le pouvaient [p. 219] pas croire, puisqu’ils avaient toujours maintenu bonne amitié et correspondance avec sa Couronne et eu toujours grande estime et déférence pour sa personne, que dans toutes les occasions ils lui avaient rendu des fidèles et importants services, qu’ils les lui continueraient tant qu’Elle les agréerait, que s’ils avaient fait quelque chose qui lui eût déplu, qu’ils l’ignoraient, que si Elle avait la bonté de leur faire savoir, qu’ils se mettraient en toute la posture qu’il souhaiterait pour y réparer et qu’ils étaient prêts de lui donner toutes les satisfactions convenables qu’Elle voudrait exiger d’eux. On dit que le Roi lui répondit succinctement que s’il avait armé, que ce n’était qu’à l’exemple de ses voisins qui avaient eu envie de lui nuire et de l’attaquer, qu’il était en état de ne pas les craindre, qu’il ferait encore bien plus de troupes qu’il n’en avait et qu’alors il ferait tout c que ses intérêts et sa réputation lui dicteraient.<lb/>[p. 220] L’ambassadeur de Hollande lui présenta après la lettre de ses souverains ; le Roi lui dit qu’elle était imprimée, qu’elle courait toutes les provinces de l’Europe et qu’il savait ce qu’elle contenait puisqu’il l’avait il y a quinze jours, que néanmoins il ne laisserait pas de la prendre et qu’il aviserait à la réponse qu’il devra leur faire. L’ambassadeur lui répliqua que s’il lui avait donné audience la première fois qu’il la lui avait fait demander et qu’il lui avait plu de la lui faire assigner, qu’assurément il aurait eu ladite lettre auparavant que personne autre que ses souverains en eussent connaissance, mais que, comme il avait cru qu’il aurait eu ladite audience alors qu’on la lui avait fait espérer, qu’il l’avait écrit aux Etats, qu’eux, s’étant figurés que c’était une chose faite, avaient donné des copies de ladite lettre aux ministres étrangers qui étaient auprès d’eux à La Haye, afin que chacun sût la disposition où ils sont de l’honorer et de lui donner toute satisfaction. Après quoi, il se retira, voyant qu’il ne pouvait pas [p. 221] faire déclarer le Roi sur quoi que ce fût ; il ne fut pas avec lui un demi quart d’heure. Il paraît satisfait de cette réponse. Il ne s’en ira pas, comme il souhaitait, les Etats le lui ayant défendu.<lb/>Dès qu’il fut sorti d’auprès de Sa Majesté, elle approcha ses messieurs qui étaient en son avant cabinet, leur dit ce qui s’était passé entre elle et cet ambassadeur, puis remit la lettre des Etats à monsieur le Prince, qui la lut tout haut et qui ne contient que ce que leur ministre avait proféré verbalement à Sadite Majesté. Tout cela fait croire qu’Elle ne changea pas de dessein et qu’elle suivra toujours sa pointe et sa résolution, où tout s’achemine également et sans aucune interruption. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 222-223.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, donnant des nouvelles de la cour à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">44</unitid>
              <unitdate normal="1672/1672" encodinganalog="3.1.3">15 janvier 1672</unitdate>
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              <p>« Paris, le 15 janvier 1672<lb/>La pensée de Votre Altesse royale sur le malheur du comte de Lauzun est très judicieuse et ce ne peut être autre chose. Il en voulait à madame de Montespan, parce qu’elle ne lui était pas favorable. Outre qu’il en a dit du mal, on croit toujours qu’il voulait donner moyen à son mari de l’enlever. Elle a encore peur de l’être et de quelque insulte, car elle ne marche jamais sans gardes, pas même pour aller de sa chambre à la chapelle [à] Saint Germain, bien qu’elle en soit tout contre.<lb/>[p. 223] Elle est toujours mieux que jamais. On avait dit que le Roi regardait avec un œil passionné la duchesse de Ventadour et que madame de Richelieu travaillait à la lui rendre facile, mais je n’en crois rien, car outre que le Roi aime toujours beaucoup madame de Montespan, c’est qu’elle est amie de la duchesse de Richelieu et lui a fait avoir la charge de dame d’honneur de la Reine. Il y a bien des gens qui croient que le Roi ne marchera qu’après les couches de la Reine pour ne pas s’éloigner des dames qu’il mènera puis à la suite de la Reine. Si cela était, on ne bougerait d’ici qu’au mois de juillet. C’est à quoi je veille, afin de tenir Votre Altesse royale instruite de ce qu’il fera. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 239-247.</p>
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              <unitdate normal="1672/1672" encodinganalog="3.1.3">12 février 1672</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 12 février 1672<lb/>[…]<lb/>[p. 210] Je vis à Saint Germain M. le marquis de Louvois. Je le remerciai, de la part de Votre Altesse royale, de la manière obligeante dont il en avait agi pour ses intérêts et envers moi durant qu’il a eu la direction des affaires étrangères. […]<lb/>[p. 245] Un homme qui peut savoir des nouvelles m’assura hier que le Roi a commandé de nouveau au marquis de Villars de faire expliquer la reine d’Espagne, que néanmoins il veut passer le Rhin, [p. 246] qu’il fait faire son équipage, qu’il partira au mois d’avril et que les ministres suivront.<lb/>Il n’a pas encore nommé de chancelier ni de garde des sceaux. On croit qu’il n’en fera pas. Il tint lui-même les sceaux samedi et lundi dernier, ce qui dura plus de huit heures en ces deux jours. Il y a dans la chambre, préparée exprès, une longue table ; il est assis au dessus dans un fauteuil, six conseillers d’Etat aux deux côtés, assis sur des pliants et couverts, et qui ôtent leurs chapeaux quand ils rapportent des grâces ou des lettres. Il y a les audienciers et officiers des sceaux. Le Roi opine plus juste qu’aucun des officiers de justice qui sont présents. Il fait apporter de son cabinet par son premier valet de chambre le coffre où sont les sceaux et tire la clef de sa poche pour l’ouvrir. Il a résolu de tenir lesdits sceaux toutes les semaines, il veut connaître les abus qui s’y peuvent commettre pour y remédier, avant que de les remettre à un homme particulier. Bien des gens de qualité y assistèrent ; la Reine même y alla, la grâce du sieur de La Rochecourbon [p. 247] en main ; le Roi dit que la suppliante était d’assez bonne maison pour la lui accorder.<lb/>Il retirera auprès de M. le Dauphin les jeunes princes de Conti. Ils mangeront avec lui et n’auront pour gouverneur et précepteurs que ceux de M. le Dauphin. Il a pris le deuil de la princesse de Conti et toute la Cour. Nous avons suivi cet exemple pour nos personnes, mais ce sera pour peu de temps.<lb/>L’ambassadeur de Hollande continue ici son séjour. Il voudrait donner des jalousies aux alliés et leur faire croire qu’il traite ici d’accommodement, mais on s’en moque. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Actes royaux et impériaux</subject>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 248-253.</p>
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              <unitdate normal="1672/1672" encodinganalog="3.1.3">19 février 1672</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 19 février 1672<lb/>Je fus hier à Saint Germain. J’y vis Leurs Majestés et M. le Dauphin, tous en santé. Ils me firent des saluts très civils et ce fut là tout. Ils sont tous dans la joie, on n’y parle que de guerre. Le Roi cependant ne bouge de chez les dames quand il n’a pas d’affaires, et on me dit qu’il préméditait de les mener avec lui et de les tenir dans les places frontières, mais que, comme la Reine ne peut pas y aller à cause de sa grossesse où elle avance heureusement, que le Roi préméditait d’y mener la femme de Monsieur, son frère, avec lui, pour que les dames y allassent avec quelque prétexte et comme à sa suite. Cela néanmoins n’était pas encore bien assuré. On disait il y a quelques jours à Paris que madame la comtesse de Soissons n’était pas bien, qu’elle était mêlée dans l’affaire du marquis de Villeroy et qu’on la devait éloigner de la Cour. Je la vis hier, elle était gaie et je n’entendis rien dire de pareil [p. 249] à Saint Germain. Il y a près de deux mois que je n’avais pas vu ni parlé à M. le comte de Soissons parce que je ne le visite jamais. Je l’entretins longuement dans la chambre de sa femme ; il me parut content, nous parlâmes longuement de la guerre. […]<lb/>[p. 250]<lb/>Comme [le comte de Jacob] est au lit, il ne peut pas écrire les nouvelles à Votre Altesse royal. Il y en a peu de curieuses. Il y a à Saint Germain, deux fois la semaine, le ballet ; hier, il y eut un opéra en musique et machines, des autres fois le bal et la comédie. Leurs Majestés ont quitté le deuil. Mademoiselle y a toujours quelque petite affaire, elle [p. 251] querella l’autre jour mademoiselle de Toucy, la troisième fille de madame la maréchale de La Mothe, devant la Reine, lui reprochant qu’elle se moquait d’elle. Cette demoiselle voulut aller chez elle pour se justifier, elle la prit par les deux mains et la secoua beaucoup, lui disant qu’elle se moquait d’elle, à la persuasion que cette friponne d’Elbeuf, entendant parler de mademoiselle d’Elbeuf, sœur du duc de ce nom.<lb/>On dit que le Roi se divertit quelquefois avec mademoiselle de Théobon, quoiqu’il soit toujours fort empressé des dames. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
              <subject>Fêtes et événements</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 254-255.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant la maladie de la fille du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1672/1672" encodinganalog="3.1.3">24 février 1672</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 24 février 1672<lb/>Leurs Majestés sont dans une grande affliction de Madame, leur fille, qui est moribonde et presque sans espérance qu’on la puisse sauver. Dimanche dernier, elle tomba dans une grande faiblesse, accompagnée de convulsions qui ne l’ont plus quittée. On dit qu’elle a perd la vue et la parole. On adapte cet accident à un abcès qu’elle a dans la tête et qui pousse en dedans. Elle en a déjà eu à l’oreille, ce qui l’avait un peu défigurée, et on n’espérait pas qu’elle puisse vivre. Néanmoins, ce coup a étonné Leurs Majestés. Dès aussitôt que Madame sera morte, Elles se retireront à Versailles pour y demeurer jusques à Pâques et dès à cette heure on prendra le grand deuil. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
              <subject>Education des princes</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 257-258.</p>
            </bibliography>
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              <unitdate normal="1672/1672" encodinganalog="3.1.3">26 février 1672</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 26 février 1672<lb/>On croyait hier matin que la petite Madame mourrait ; elle fut dans un si grand assoupissement que l’on doutait qu’elle était encore en vie ; on lui mettait des miroirs devant la bouche sans qu’elle les flétrît. Le Roi n’attendait que le moment qu’elle eût expiré pour se retirer à Versailles, tous les bagages étant chargés pour cela. On avait donné le matin l’émétique à cette princesse et on désespérait qu’il eût aucun effet favorable lorsque l’après midi cette princesse parla aux femmes qui la gardaient et leur dit de lui donner une cornette de point de France, ce qui donna des grandes espérances de joie à toute la Cour. On lui donna du bouillon qu’elle trouva bon, le médicament [p. 256] fit son effet ; du depuis, elle a été un peu mieux, que si elle continue jusqu’à demain dans le bon état où elle est présentement, on espère de la sauver pour cette fois. C’est ce que mon écuyer vient de m’apprendre, lequel j’avais envoyé exprès à Saint Germain pour en apprendre des nouvelles.<lb/>Le Roi a été dans un grand déplaisir durant tout le mal de Madame. On ne l’avait jamais vu si troublé. Il n’a presque pas dormi et envoyait, durant le gros de la nuit, de demi heure en demi heure, pour savoir l’état auquel elle se trouvait. Si Dieu le console cette fois, il n’y à appréhender sinon que ce ne soit pas pour longtemps. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Education des princes</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 255-257.</p>
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              <unitdate normal="1672/1672" encodinganalog="3.1.3">2 mars 1672</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 2 mars 1672<lb/>L’amélioration qui a paru aux maux de Madame n’a pas été de longue durée ; lundi au soir, les accidents et les convulsions qui avaient cessé, il y avait quelques jours, se renouvelèrent avec tant de violence que l’on jugea à l’abord qu’elle n’en réchapperait plus. Elle fut dans l’agonie jusques à hier à dix heures qu’elle expira. Leurs Majestés en sont dans une affliction qui n’est pas concevable. On a vu le Roi presque toujours dans la chambre de Madame durant ces deniers accidents, et les yeux en larmes. Elles se retirèrent hier à Versailles et y finirent dans une profonde mélancolie le carnaval. On va prendre le grand deuil comme à la mort du duc d’Anjou. J’ai [p. 258] déjà donné des ordres pour habiller mes domestiques et draper deux carrosses. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 269-271.</p>
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              <unitdate normal="1672/1672" encodinganalog="3.1.3">1er avril 1672</unitdate>
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              <p>« Paris, le 1er avril 1672<lb/>[…]<lb/>[p. 271] La Cour est toujours dans la même posture, les choses y vont leur train ordinaire. Le Roi va à son accoutumée chez les dames, on ne parle plus qu’elles se retireront dans des couvents durant la campagne. On ne sait ce qu’elles deviendront. Bien des gens croient qu’elles feront leur séjour à Versailles. Quand elles viennent quelquefois en cette ville, elles ont toujours une escorte des gardes du corps que commande le major. Bien des gens croient aussi que le Roi viendra faire une course à Saint Germain aux couches de la Reine. Monsieur le Prince est beaucoup mortifié de ce que le Roi n’a pas voulu donner un commandement dans son armée à monsieur le Duc, son fils, mais il ne laissera pas de faire son devoir. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 278-281.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant le départ du roi de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1672/1672" encodinganalog="3.1.3">27 avril 1672</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, le 27 avril 1672<lb/>Je viens d’arriver de Saint Germain. Comme le Roi avait résolu de partir seulement demain, j’y avais conduit M. le comte Cagnol pour faire un peu de cour et nous attentions dans la cour du vieux château l’heure que Sa Majesté dut aller à la messe pour nous faire voir à Elle. Tout d’un coup, on a dit qu’Elle allait partir, sans que personne l’eût pénétré, car Elle n’en avait rien dit à son lever. Elle est soudain descendue à la chapelle pour entendre la messe, puis est montée seule dans une calèche à six chevaux, M. de Duras une autre, accompagnée de dix à douze gardes, et est partie à onze heures pour aller coucher [p. 279] à Nanteuil chez M. le duc d’Estrées et ira demain à Villers Cotterets, où Monsieur et tout ce qui ira joindre le Roi se rendra. Il n’a dit adieu qu’à la Reine et à monsieur le Dauphin ; ceux qui étaient les plus proches de lui lui ont fait la révérence, mais fort à la hâte. Jamais il n’y a eu de pareille surprise à la Cour ; personne n’en a jamais pu pénétrer la véritable cause. On disait bien que ç’a été pour éviter les tendresses qu’il aurait pu avoir en l’adieu des dames. Je ne le crois pas ; en tout cas, si Votre Altesse royale se le persuade, il sera bien de n’en pas parler. Madame de Montespan était sortie de bon matin de Saint Germain, je l’ai rencontrée dans la garenne dans une calèche à six chevaux. Je ne l’ai pas vue, car les rideaux étaient tirés, mais je me suis figuré que c’était elle, à voir derrière son carrosse les gardes qui ont accoutumé de la suivre, et quand j’ai été à Saint Germain, j’ai su que c’était bien elle, et qu’assurément elle était venue en cette ville, bien que je me figurasse qu’elle allait attendre le Roi à Nanteuil. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <geogname>Château-Vieux</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 384-389.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant le retour du roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1672/1672" encodinganalog="3.1.3">25 juillet 1672</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Camp de Boxtel, le 25 juillet 1672<lb/>[…]<lb/>[p. 386] Il n’y a jamais eu d’empressement égal à celui que toute la Cour et les officiers d’armée ont d’aller à Paris. On ne parle plus que des tournois et des ballets qu’on fera l’hiver prochain. La ville de Paris voulait faire une entrée et un arc de triomphe pour recevoir le Roi. Il n’en a pas voulu et ne veut pas passer par leur ville, mais aller de longue à Saint Germain. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 424-427.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, concernant une visite à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1672/1672" encodinganalog="3.1.3">19 octobre 1672</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Paris, le 19 octobre 1672<lb/>[…]<lb/>[p. 425] Toutes ces dépêches m’obligèrent de résoudre un voyage à Saint Germain. Je n’y voulus pas néanmoins aller le lundi, à cause du conseil du matin, qui m’aurait empêché de voir les ministres, et comme il n’y en a le mardi que l’après dîner, je m’y acheminai dès le point du jour, et, lorsque j’y arrivai, je sus que M. de Pomponne était en cette ville, mais qu’il [p. 426] arriverait là pour dîner. Je dis demander à voir M. de Louvois, qui me remit à midi. J’allai chez le Roi, il n’était pas réveillé ; je m’entretins quelque temps dans son antichambre avec monsieur le Prince et M. le maréchal de Villeroy sur les nouvelles qui venaient d’arriver.<lb/>Après que le Roi fut habillé et que je me fus entretenu avec bien des différentes personnes, le temps de voir M. de Louvois arriva. Je m’acheminai chez lui. Je lui dis d’abord combien Votre Altesse royale lui savait bon gré de l’amitié qu’elle lui témoignait en toutes sortes de rencontre. Je lui en fis le compliment qu’elle m’a ordonné, qu’il reçut de très bonne grâce ; après quoi je lui dis tout ce que Votre Altesse royale m’a prescrit sur cette envie de surprendre Savone. Il me laissa parler autant que je voulus, et après il me dit que, puisque je ne voulais pas avouer la vérité, il me conseillait de n’en plus parler à personne, même au Roi ni à M. de Pomponne, que c’était une affaire passée dont on ne parlait ni on n’y songeait plus, que ce que j’en pourrais dire ne justifierait pas bien Votre Altesse royale de la pensée que l’on avait de faire remarquer au Roi [p. 427] qu’elle n’avait pas de la confiance en lui en ce rencontre et que cela pourrait porter quelque préjudice à Votre Altesse royale auprès du Roi, qui l’aimait, et qu’ainsi il était mieux que la chose fût tout à fait ensevelie dans l’oubli. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 482-486.</p>
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              <unitdate normal="1673/1673" encodinganalog="3.1.3">9 février 1673</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Paris, le 9 février 1673<lb/>[…]<lb/>[p. 483] Il y eut lundi au soir un bal magnifique à Saint Germain ; tout y était en grande parure. Le Roi n’y dansa pas, il laisse maintenant ce plaisir à monsieur le Dauphin. Les dames n’y parurent pas, ce qui fait conjecturer que madame de Montespan pourrait être enceinte ; néanmoins, on dit par la Cour que le Roi regarde fort mademoiselle de Théobon, fille de la Reine. Elle a été jolie, elle est maintenant fort massive et même on croit que Sa Majesté s’en servit il y a trois ans à Chambord. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fêtes et événements</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 538-541.</p>
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            <did>
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              <unitdate normal="1673/1673" encodinganalog="3.1.3">18 mai 1673</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Lille, le 18 mai 1673<lb/>[…]<lb/>[p. 540] Mesdames de La Vallière et de Montespan sont à la Cour, mais elles ne logent plus ensemble et le Roi va tous les jours à son ordinaire chez la dernière sans visiter la duchesse. Dès que je serai à la Cour, je tâcherai de pénétrer la cause de ce changement. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Vie de Cour</subject>
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              <p>Thomas-François Chabod marquis de Saint-Maurice, Lettres sur la cour de Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1911-1912, t. II, p. 538-541.</p>
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              <persname id="atom_18665_actor">Colbert, Jean-Baptiste</persname>
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            <note>
              <p>Né le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris, Jean-Baptiste Colbert est l'un des principaux ministres de Louis XIV. Il fut contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <persname role="Producteur" id="atom_18665_actor">Colbert, Jean-Baptiste </persname>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Colbert à Louis XIV concernant les travaux menés à Versailles et à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été publiée d’après l’original alors conservé dans le cabinet du duc de Luynes, ms n° 93, carton 2.</p>
              </note>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
                <persname id="atom_48212_actor">Colbert, Jean-Baptiste</persname>
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              <note>
                <p>Né le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris, Jean-Baptiste Colbert est l'un des principaux ministres de Louis XIV. Il fut contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Paris, 5 may 1670<lb/>Je fus hier à Versailles et à Saint Germain. Les charpentiers commencerent du matin leur comble de Trianon. J’espère que, dans quinze jours, la couverture en sera achevée, et en mesme temps qu’une piece sera couverte, l’on en fera le plafond et le lambris de stuc.<lb/>Le jardin s’avance fort. On fournit à Le Bouteux tout ce qui luy est necessaire.<lb/>Pour Versailles, la corniche de la face sur le parterre est entierement posée. L’on continue avec grande diligence, et l’on commence à tailler le bois pour le comble. Je fais encore augmenter le nombre des ouvriers pour les pavillons de la grande avant-cour.<lb/>Les couvertures des deux ailes et pavillons joints au petit chasteau sont presque achevées, et les stucateurs travailleront au dedans la semaine où nous entrons.<lb/>Nous avons trouvé que l’elevation de quatre pouces des dessins portés par des figures de l’allée d’eau reussira fort bien, et mesme l’eloignement de quatre pieds des figures du bassin du Dragon. Mais il estoit bien necessaire de vider l’eau du rond, d’autant que toutes ces figures se sont trouvées crevées par la grande gelée qu’il a fait. Je les fais raccommoder, et je prendray les precautions necessaires à l’avenir pour empescher que cela arrive davantage.<lb/>Pour Saint Germain, je fais reblanchir la chambre de Vostre Majesté, et restablir la menuiserie et serrurerie de ses appartemens.<lb/>L’on continue le grand parterre. Les deux grands carrés seront plantés dans la fin de ce mois, et Vostre Majesté trouvera, à son retour, plus de 700 toises de la grande terrasse achevées.<lb/>Je supplie Vostre Majesté de me faire scavoir si Elle desire que je fasse payer les ordonnances de voyage qui sont expediées icy, en attendant que je puisse les envoyer à Vostre Majesté pour les signer.<lb/>Elle agreera aussy de signer les ordonnances cy jointes.<lb/>Les affaires de finances sont en l’estat que Vostre Majesté les a mises et les scait, en sorte qu’il n’est pas necessaire de luy en rien dire.<lb/>Mademoiselle de Blois a eu la petite verole volante. Ma femme a fait venir le sieur Brayer, qui en a pris soin. Grace à Dieu, elle en est à present presque quitte.<lb/>M. le comte de Vermandois est fort enrhumé, ce qui luy a causé un peu d’emotion. Vostre Majesté peut estre assurée que ma femme en prend tout le soin qu’elle doit.<lb/>J’avois envoyé au parlement de Rouen le reglement general des manufactures pour le registrer purement et simplement par les soins de M. Pellot, mais ce parlement en a fait difficulté. Je supplie Vostre Majesté de me faire scavoir si Elle agreera que j’envoye ses ordres à M. de Beuvron, de les y porter pour les faire enregistrer par l’autorité de Vostre Majesté.<lb/>Ce 6, au matin<lb/>Mademoiselle de Blois se porte fort bien, et sera purgée demain matin.<lb/>Le prince n’a plus d’emotion, et son rhume est fort diminué. »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_48212_actor">Colbert, Jean-Baptiste </persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. V, Fortifications, sciences, lettres, beaux-arts, bâtiments, Paris, Imprimerie impériale, 1868, p. 356, n. 3.</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Colbert à Louis XIV concernant les travaux menés à Versailles et à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1673/1673" encodinganalog="3.1.3">20 juin 1673</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Ce passage d’une lettre a été publié sans en indiquer la source.</p>
              </note>
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                <persname id="atom_48210_actor">Colbert, Jean-Baptiste</persname>
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              <note>
                <p>Né le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris, Jean-Baptiste Colbert est l'un des principaux ministres de Louis XIV. Il fut contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683.</p>
              </note>
            </bioghist>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le Labyrinthe, les appartemens de marbre, la pompe, les appartemens de Saint Germain s’avancent également. J’espere que le tout sera achevé dans la fin de juillet ou au 15 aoust au plus tard. J’y apporterai toute la diligence qu’il sera possible. »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_48210_actor">Colbert, Jean-Baptiste </persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. V, Fortifications, sciences, lettres, beaux-arts, bâtiments, Paris, Imprimerie impériale, 1868, p. 356, n. 3.</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Colbert à Louis XIV concernant les travaux menés à Versailles et à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été publiée d’après l’original alors conservé dans le cabinet du duc de Luynes, ms n° 93, carton 2.</p>
              </note>
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                <p>Né le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris, Jean-Baptiste Colbert est l'un des principaux ministres de Louis XIV. Il fut contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683.</p>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Paris, 27 juin 1673<lb/>Il me semble que je ne dois point interrompre Vostre Majesté ni derober un seul moment de la grande et prodigieuse application qu’elle donne à sa glorieuse entreprise. Il suffit qu’Elle scache que tous les ordres qu’Elle a donnés sur ses finances s’executent avec toute l’application que je dois.<lb/>Que j’avance toujours quelque chose dans le dessein de rendre Vostre Majesté quitte dans la fin de cette année.<lb/>Que tout est icy paisible, et que chacun ne pense qu’à prieur Dieu pour la conservation de Vostre Majesté et pour l’heureux succes de ses desseins.<lb/>Les ouvrages de Saint Germain et de Versailles s’avancent toujours tout autant qu’il est possible.<lb/>Par tous les avis que je reçois des places où l’on travaille, il me semble que les ordres de Vostre Majesté sont bien et diligemment executés.<lb/>Je continue à envoyer à Vostre Majesté les ordonnances cy jointes, afin qu’Elle ayt agreable de les signer.<lb/>Je dois dire à Vostre Majesté que j’ay porté à monsieur le premier president la recommandation qu’Elle m’a ordonné pour madame de Bregis, et qu’elle est venue me dire depuis huit jours qu’elle ne trouvoit aucune facilité aupres du sieur premier president pour parvenir à sa separation. »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_48208_actor">Colbert, Jean-Baptiste </persname>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. V, Fortifications, sciences, lettres, beaux-arts, bâtiments, Paris, Imprimerie impériale, 1868, p. 354-355.</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Louis XIV à Colbert concernant les travaux menés à Versailles et à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1673/1673" encodinganalog="3.1.3">19 septembre 1673</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été publiée d’après l’original alors conservé dans le cabinet du duc de Luynes, ms n° 93, carton 2.</p>
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              <origination encodinganalog="3.2.1">
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                <p>Roi de France de 1643 à 1715.</p>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Nancy, 19 septembre 1673<lb/>J’ay vu l’estat que vous avez envoyé des ouvrages de Versailles, dont je suis tres content. Je me prepare à sentir quelque plaisir quand j’y arriveray. Ce ne sera pas encore sitost.<lb/>Ce que vous me mandez des pompes me fait grand plaisir. Il faudra mesurer les fontaines du parterre, le Triton, la terrasse et la cour de ma mere, qu’elles ne vident en douze heures de jour qu’elles iront d’ordinaire que ce que les pompes hautes, ou celles qui peuvent aller au reservoir, y leveront d’eau en vingt quatre heures.<lb/>Il me paroist qu’elles pourront estre d’une grosseur raisonnable. Examinez bien ce que je vous mande, afin que je trouve cela juste en arrivant. Les pieces que vous avez fait faire pour les pompes basses, en cas qu’il rompe quelque chose, sont à propos.<lb/>Il seroit bon que Trianon fust recouvert et propre quand j’arriveray. C’est pourquoy il seroit bon de commencer à recouvrir les orangeries de bonne heure, afin que trouve tout achevé.<lb/>Je m’attends à trouver beaucoup de fleurs tardives ou avancées, car mon frere m’a dit que le jardin n’en estoit pas si plein qu’à l’ordinaire et que Le Bouteux en avoit en reserve. Je crois que c’est pour cela. Prenez en un peu connoissance.<lb/>De mes gens m’ont dit qu’on travaille à la terrasse devant mes fenestres à Saint Germain. Vous ne m’en avez rien mandé. Faites moy scavoir qu’on y fait.<lb/>Je suis bien ayse que la chambre de madame de Montespan soit si avancée, et la maison. Faites faire et avancer les peintures le plus que vous pourrez, afin qu’elles ne sentent plus quand nous arriverons.<lb/>Mandez moy le veritable estat des moulins de la montagne et si je peux esperer en avoir de l’eau cet huver. Il faut me dire aussy l’estat des conduites qui la doivent menser, et du reservoir de Lalourcey. »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_48268_actor">Louis XIV </persname>
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              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. VII, Lettres privées, suppléments, appendices, Paris, Imprimerie impériale, 1870, p. 325.</p>
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              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été publiée d’après l’original alors conservé dans le cabinet du duc de Luynes, ms n° 93, carton 2.</p>
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                <p>Roi de France de 1643 à 1715.</p>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Nancy, 26 septembre 1673<lb/>Vous ne m’avez rien mandé, dans toutes les lettres que vous m’avez ecrites, touchant le travail que l’on fait à Saint Germain sur les terrasses de l’appartement de madame de Montespan. Je ne scais si vous vous serez souvenu de ce que je vous dis quelques jours devant que de partir, qui est, en cas que vous l’ayez oublié, qu’il faut achever celles qui sont commencées et accommoder les autres tout en voliere pour y mettre des oiseaux.<lb/>Pour cela, il ne faut que peindre la voûte et les costés, et mettre un fil de fer à petites mailles qui ferme du costé de la cour, avec une fontaine en bas pour que les oiseaux y puissent boire. A l’autre, il faudra la peindre et ne mettre qu’une fontaine à bas, madame de Montespan la destinant pour y mettre de la terre et en faire un petit jardin.<lb/>Mandez moi ce que vous avez fait là dessus jusqu’à cette heure et les ordres que vous donnerez apres avoir reçu cette lettre.<lb/>Apres avoir bien examiné le party que je prendray, j’ay envoyé de mes troupes de tous costés, et je m’en vais en Flandre avec le reste.<lb/>Je scais que ma presence est necessaire à Saint Germain. Apres avoir donné ordre et vu ce qu’il y a à faire, je partiray pour m’y rendre le plus tost qu’il me sera possible.<lb/>Le passage de l’armée en Champagne apportera mille foules à la province.<lb/>J’ay ordonné à vostre fils de vous mander mes intentions sur un gentilhomme que j’envoye en Italie pour me chercher des chevaux.<lb/>Souvenez vous de tout ce que je vous ay mandé sur les sommes d’argent que j’ay demandées, afin de les faire payer dans les temps que je vous ay dit. »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_48266_actor">Louis XIV </persname>
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              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. V, Fortifications, sciences, lettres, beaux-arts, bâtiments, Paris, Imprimerie impériale, 1868, p. 355-356.</p>
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              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été publiée d’après l’original alors conservé dans le cabinet du duc de Luynes, ms n° 93, carton 2.</p>
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              <origination encodinganalog="3.2.1">
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                <p>Né le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris, Jean-Baptiste Colbert est l'un des principaux ministres de Louis XIV. Il fut contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683.</p>
              </note>
            </bioghist>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Sceaux, 28 septembre 1673<lb/>Je fis hier, Sire, faire une experience des pompes de Versailles.<lb/>Je puis assurer Vostre Majesté que les deux dernieres pompes en chapelets du sieur Francine portent 72 pouces d’eau dans le reservoir haut, et par consequent que les quatre en porteront 144 pouces.<lb/>Le reservoir d’en haut estoit entierement plein. Je fis marcher continuellement ces deux pompes et deux autres des quatre basses dudit Francines et de Denis, et cela pour faire l’experience sur la moitié des pompes seulement. D’autant qu’il y aura huit pompes nouvelles qui seront dans le reservoir haut et que je n’en fis aller que quatre, avec l’une des deux de la grande pompe.<lb/>Je fis ouvrir les huit jets, scavoir cinq du parterre, le Triton, la cour et la terrasse, à une heure precise du matin. Ils jeterent jusqu’à cinq heures et demie du soir que le reservoir se trouva vide. En sorte que je crois que Vostre Majesté peut faire estat que lorsque les dix pompes porteront toutes dans le reservoir haut, ces huit jets pourront aller douze heures sans difficulté. Mais il y a deux choses à observer : l’une que les dix pompes rempliront le reservoir haut en six heures de temps, et l’autre que la grotte, le Dragon et l’orangerie tirent de ce mesme resevoir.<lb/>Je fais travailler nuit et jour aux deux autres pompes en chapelets, et j’espere qu’elles seront en place dans quinze jours.<lb/>L’on couvre tout à Trianon, et Le Bouteux promet que Vostre Majesté sera satisfaite sur les fleurs.<lb/>Le Labyrinthe, le Marais, la Ceres, les groupes du Theatre et de la cour et les six pieces du grand appartement de Vostre Majesté seront entierement achevés dans le mesme temps.<lb/>Il n’y a plus que les doreurs dans l’appartement de madame de Montespan à Saint Germain. Le tout sera achevé dans huit jours.<lb/>J’ay fait payer 500 000 livres à compte des 1 200 000 que Vostre Majesté a demandées sur le mois de decembre, outre les 200 000 qui estoient desja payées. J’espere avancer de quatre ou cinq jours le temps que Vostre Majesté m’a donné jusqu’au dix.<lb/>J’expederay ce que Vostre Majesté ordonne sur le sujet du parc de Folembray et de la terre d’Aubigni. »</p>
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              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. V, Fortifications, sciences, lettres, beaux-arts, bâtiments, Paris, Imprimerie impériale, 1868, p. 354-355.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Réponses de Louis XIV sur un mémoire que lui avait envoyé Colbert concernant les travaux menés à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1673/1673" encodinganalog="3.1.3">octobre 1673</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Les phrases indiquées entre crochets sont celles écrites par Colbert. Les autres sont les réponses ajoutées par Louis XIV.</p>
              </note>
              <note type="generalNote">
                <p>Ce mémoire a été publié d’après l’original alors conservé dans le cabinet du duc de Luynes, ms n° 93, carton 2.</p>
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                <p>Roi de France de 1643 à 1715.</p>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Balcons de l’appartement de madame de Montespan<lb/>[1° Balcon sur l’escalier. Il ne s’y fera point, il sera seulement blanchy de plastre.] Il faut faire quelques peintures de couleur tres simple. [Scavoir si le Roy veut qu’il soit peint.] Rien que la peinture.<lb/>[2° Balcon du lieu destiné pour manger. Scavoir si ce sera la voliere ou le jardin.] Ni voliere, ni jardin.<lb/>[3° Idem, à résoudre.] Jardin.<lb/>[4° Ce balcon est orné de rocailles avec deux fontaines aux deux costés.] Achever ce qui est commencé. [La rocaille sera bien restablie.] Bon.<lb/>[Il reste à faire quatre oiseaux de rocailles à chacun bassin des fontaines.] Il faut les faire. [Le tout sera achevé le 7 octobre.] Bon.<lb/>[5° Il y a deux petites fontaines de bois garnies de plomb qui sont hors de leur place. Les tuyaux et ajustages sont rompus.] Il faut les faire raccommoder et poser les bassins. [Scavoir si l’on restablira ces fontaines en les ornant de rocailles et restablissant les tuyaux et ajustages.] Il faut tout accommoder.<lb/>[6° Il y a deux rochers en mauvais estat.]  Il faut racommoder. [Les tuyaux et ajustages sont rompus. On travaillera des demain à tout restablir.] Je suis tres ayse que la terrasse devant ma chambre soit achevée.<lb/>[7° Sur l’escalier, il y a des cages pour des oiseaux. Scavoir s’il y a quelque chose à faire.] Il faut mettre sur la voliere du fil de fer devant et derriere, et peindre ce que vous proposez.<lb/>[8° Balcon de passage des deux appartements. Il y a trois fontaines qui seront restablies.] Bon. [Le reservoir et la pompe sont en fort bon estat.]<lb/>[Les troisieme et quatrieme balcons estant dans une mesme chambre, et le quatrieme estant orné de rocailles, Sa Majesté donnera ses ordres pour y faire ou la volière, ou le jardin.<lb/>Pour le jardin, il faudra au moins huit pouces de terre, ce qui obligeroit à monter de la chambre pour y entrer. Pour eviter cet inconvenient, l’on propose de baisser de ces mesmes huit pouces le plafond du balcon, et par ce moyen l’on entreroit de plain pied de la chambre dans le jardin.] Il faudra laisser la hauteur necessaire pour que les fleurs y puissent venir, de sorte que vous ferez baisser le balcon, s’il est necessaire.<lb/>[Pour la peinture des cintres et des costés de ces balcons, il faut cette semaine toute entiere pour les imprimer. Si le Roy veut qu’il soyent peints d’un compartiment et de coquillages, cet ouvrage estant long, il faut quinze jours entiers, outre cette semaine, c’est à dire que dans le 21 ou 22 de ce mois ils seront achevés.] Vous ferez faire des peintures convenables à ce à quoy on les destine.<lb/>[Si Sa Majesté veut que celuy qui est destiné à un jardin soit d’un compartiment de treillages, sur un ciel avec des jasmins d’Espagne, des orangers, des volubilis et autres fleurs, plantes et arbrisseaux] Bon. [et que celuy destiné à une voliere soit peint, les corps saillans de differens marbres et les panneaux d’un ciel enrichy d’oiseaux de toutes sortes] Il faut travailler, aussytost que vous aurez reçu ce mémoire, à faire executer ce qu’il contient. [il ne faut que huit jours de temps pour cette derniere manière, en sorte que, dans le 16 de ce mois, le tout sera achevé. Il n’ay aura aucun temps de perdu pour attendre les ordres de Sa Majesté, d’autant qu’il faut huit jours de temps pour imprimer et secher la peinture des impressions.]<lb/>Madame de Montespan desire que la fontaine qui sera sur le balcon du jardin puisse jeter un peu gros.  »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_48350_actor">Louis XIV </persname>
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              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. VII, Lettres privées, suppléments, appendices, Paris, Imprimerie impériale, 1870, p. 326-327.</p>
            </bibliography>
          </c>
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            <did>
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              <unitdate normal="1673/1673" encodinganalog="3.1.3">3 octobre 1673</unitdate>
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                <p>Cette lettre a été publiée d’après l’original alors conservé dans le cabinet du duc de Luynes, ms n° 93, carton 2.</p>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Sainte Menehould, 3 octobre<lb/>Je suis tres ayse de ce que vous me mandez touchant les eaux. Quand toutes les pompes seront achevées, vous ferez une epreuve des huit fontaines que vous avez desja eprouvées et vous y joindrez les deux dernieres du parterre, car elles doivent toujours aller aussi, afin que je regle là-dessus le temps qu’elles devront aller et la grosseur des jets.<lb/>Faites poser, le plus promptement que vous pourrez, les figures qu’on doit mettre, afin que je trouve tout approprié, en cas que je retourne bientôt à Saint Germain.<lb/>On m’a mandé qu’il y avoit quelques maisons audit Saint Germain où il avoit de la petite verole. Donnez ordre qu’on fasse sortir tous ceux qui sont frappés du mal et qu’on aere les maisons où elle aura esté.<lb/>Je suis tres ayde et tres content des payemens que vous faites faire si regulierement.<lb/>Voicy le temps où on sera obligé de faire des achats de bleds pour mettre dans les pays où il y a des troupes et où j’en pourray avoir affaire. Voyez avec Berthelot ce qu’il desire pour cela, et luy donnez des assignations dont il se contente, pour qu’il fournisse ce qu’on luy mandera. Je ne regle point la somme, car je ne scais à quoy cela pourra aller.<lb/>Je suis bien en peine du coup de vent qui a separé mes vaisseaux. J’espere que j’en seray quitte pour des cables et des ancres.<lb/>Les ordres que vous avez envoyés au comte d’Estrées sur la flotte d’Ostende sont bien à propos. Quoy qu’il arriva, il sera bon de mettre la main dessus, car, au pis aller, on sera quitte pour le desavouer.<lb/>Vostre fils vous fera reponse à beaucoup de choses que vous luy avez mandées.<lb/>Pressez les couvertures de Trianon. Je seray bien aise de trouver mon grand logement à Versailles en estat d’estre meublé.<lb/>J’ay vu Bontemps et je l’ay questionné sur beaucoup de choses dont plusieurs m’ont fait plaisir, quoyque vous me les eussiez mandées par avance.<lb/>Il faudra percer la porte qui va du petit appartement, où loge madame de Montespan, dans la salle des gardes du grand appartement, et la mettre en estat qu’on y puisse passer.<lb/>Il faudra aussy faire ouvrir la porte qui va de mon petit à mon grand appartement, qui est dans le cabinet où je vais quelquefois, pendant les Conseils, à des choses necessaires, c’est à dire devant le lieu où l’on met les commodités, et où est le degré qui monte en haut. Il faut laisser cet endroit là comme il est présentement.<lb/>Pour ce que vous me mandez des 50 000 écus de Brandebourg, il sera bon de tirer un peu de longue.<lb/>J’ay vu ce que vous m’avez envoyé du mois de septembre. »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_48270_actor">Louis XIV </persname>
              <persname role="subject">Colbert, Jean-Baptiste</persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
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              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. VI, Justice et police, affaires religieuses, affaires diverses, Paris, Imprimerie impériale, 1869, p. 317-318.</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Louis XIV à Colbert annonçant son arrivée à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">9</unitid>
              <unitdate normal="1673/1673" encodinganalog="3.1.3">9 octobre 1673</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été publiée d’après l’original alors conservé dans le cabinet du duc de Luynes, ms n° 93, carton 2.</p>
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                <p>Roi de France de 1643 à 1715.</p>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« A Laon, 9 octobre 1673<lb/>J’ay resolu de m’en aller demain vers Saint Germain, mais on mande de toutes parts qu’il y a tant de petites veroles, que j’ay cru à propos de vous depescher ce courrier pour vous ordonner d’aller vous mesme à Saint Germain et de prendre connoissance de l’estat de toutes choses, afin de prendre mon party sur la reponse que vous me ferez, que je desire de recevoir demain à Soissons devant que je me couche. Il n’y a que pour mon fils que j’aye de l’inquietude, car s’il n’y avoit que nous, je n’y songerois pas.<lb/>Suivant ce que vous trouverez, vous donnerez ordre à du Metz de faire meubler Saint Germain, ou vous luy direz de faire porter à Versailles les tapisseries de haute lisse qu’on a accoutumé d’y mettre. Vous ferez aussy scavoir en ce cas à Versailles qu’on meuble toutes les chambres en diligence, suivant ce que Bontemps me mande dans sa lettre qui sera cy jointe.<lb/>Je vous en envoye aussy une pour monsieur de Montausier, que vous luy rendrez, et luy ferez scavoir ensuite le party que vous croirez que je prendray, suivant ce que vous aurez vu. Mon inclination me porteroit plutost d’aller à Saint Germain d’abord. S’il y a du danger pour mon fils, je n’y veux pas songer et j’iray droit à Versailles.<lb/>Vous pourrez retenir vostre fils, s’il n’est pas party, car j’espere estre ou à Saint Germain, ou à Versailles vendredy au soir. Redepeschez moy en toute diligence. »</p>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. VI, Justice et police, affaires religieuses, affaires diverses, Paris, Imprimerie impériale, 1869, p. 345.</p>
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              <unitdate normal="1678/1678" encodinganalog="3.1.3">30 mars 1678</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été publiée d’après l’original alors conservé dans le cabinet du duc de Luynes, ms n° 93, carton 2.</p>
              </note>
              <origination encodinganalog="3.2.1">
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                <p>Roi de France de 1643 à 1715.</p>
              </note>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Arras, 30 mars 1678<lb/>J’ay oublié de vous mander de dire à du Metz de faire meubler Saint Germain. J’y seray jeudy 7 avril, sans faute, il peut compter là dessus. Vous vous y trouverez. Et pour les Conseils, ils ne commenceront que le lundy d’apres Pasques, de maniere que celuy de Finances ne sera que le mardy.<lb/>Je suis bien ayse de vous mander ce detail afin de vous oster tous les doutes que vous pourriez avoir là dessus.<lb/>Je rouvre ma lettre pour vous dire que je ne passeray pas par Clermont, et que j’iray par Compiegne et Senlis. De là, je ne scais pas encore si j’iray par Luzarches ou par Louvres. Si c’est par le dernier, je passeray dans Paris pour me rendre à Saint Germain le jour que je vous ay dit, le chemin estant plus beau par dans la ville que par la traverse.<lb/>Je verray demain Doullens, et apres, il n’y aura aucune des mes places sur cette frontiere que je n’aye vue. »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_48258_actor">Louis XIV </persname>
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              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. VI, Justice et police, affaires religieuses, affaires diverses, Paris, Imprimerie impériale, 1869, p. 348.</p>
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              <unitdate normal="1678/1678" encodinganalog="3.1.3">26 mai 1678</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été publiée d’après l’original alors conservé à la BnF sous la cote S. F. 5361, f. 510.</p>
              </note>
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                <p>Roi de France de 1643 à 1715.</p>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Au camp de Nucker, 26 may 1678<lb/>Je pars samedy, et seray mardy de bonne heure à Saint Germain. J’ecris à la Reyne pour qu’elle ordonne que l’on meuble mon appartement de Saint Germain d’esté. Dites à du Metz que je souhaite de trouver cela quand j’arriveray.<lb/>Les affaires vont tres bien en Angleterre. J’attends à tout moment la nouvelle de la signature d’un traité qui sera suivy apparemment d’une paix faite sur les conditions que j’ay proposées. Je n’ay point eu encore de reponse de Hollande mais, pour les nouvelles de Bruxelles, il paroist que tout y va à souhait pour faire reussir ce que je desie. Je crois que vous ne serez pas fasché de me voir de retour avec la gloire qu’une si grande affaire me doit donner. »</p>
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              <persname role="Producteur" id="atom_48264_actor">Louis XIV </persname>
              <persname role="subject">Colbert, Jean-Baptiste</persname>
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              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. VI, Justice et police, affaires religieuses, affaires diverses, Paris, Imprimerie impériale, 1869, p. 419-420.</p>
            </bibliography>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Colbert concernant l’achat d’ormes pour Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1681/1681" encodinganalog="3.1.3">6 septembre 1681</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
              <note type="generalNote">
                <p>Cette lettre a été publiée d’après l’original alors conservé à la BnF sous la cote S. F. 5361, f. 510.</p>
              </note>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Sceaux, 6 septembre 1681<lb/>Ayant besoin d’un nombre de 8 à 10000 ormes des plus beaux que l’on puisse trouver en Normandie pour les plants des maisons royales, j’envoye à Rouen le nommé Jacques Julien pour en chercher partout et les faire lever et amener à Versailles et à Saint Germain dans le temps qu’il conviendra.<lb/>Je vous prie de luy donner un des archers de la prevosté de l’Hostel qui sont aupres de vous pour aller dans tous les lieux où seront lesdits ormes, les marquer et les enlever, en les payant au prix ordinaire. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Jardins</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Pierre Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. VI, Justice et police, affaires religieuses, affaires diverses, Paris, Imprimerie impériale, 1869, p. 419-420.</p>
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        <c otherlevel="" level="otherlevel">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettres de madame de Sévigné</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">11.5.6</unitid>
            <unitdate normal="1689/1689" encodinganalog="3.1.3">1689</unitdate>
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              <persname id="atom_19355_actor">Rabutin-Chantal, Marie (de), marquise de Sévigné</persname>
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            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de madame de Sévigné à sa fille concernant l’installation de la reine d'Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1689/1689" encodinganalog="3.1.3">3 janvier 1689</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« A Paris, lundi 3 janvier 1689<lb/>[…] Le roi d’Angleterre a été pris, dit on, en faisant le chasseur et voulant se sauver. Il est à Witehal. Il a son capitaine des gardes, ses gardes, ses mylords à son lever, mais tout cela est fort bien gardé. Le prince d’Orange à Saint James, qui est de l’autre coté du jardin. On tiendra le parlement : Dieu conduise cette barque. La reine d’Angleterre sera ici mercredi ; elle vient à Saint Germain pour etre plus pres du Roi et de ses bontés. »</p>
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              <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
              <subject>Jacobites</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, Recueil des lettres de madame de Sévigné, nouvelle édition, t. 7, Paris, Bossange, Masson et Besson, 1801, p. 77-79.</p>
            </bibliography>
          </c>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de madame de Sévigné à sa fille concernant l’installation de la Cour d'Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1689/1689" encodinganalog="3.1.3">5 janvier 1689</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« A Paris, mercredi 5 janvier 1689<lb/>[…] Vous allez voir, par la nouvelle d’aujourd’hui, comme le roi d’Angleterre s’est sauvé de Londres, apparemment par la bonne volonté du prince d’Orange. Les politiques raisonnent et demandent s’il est plus avantageux à ce roi d’être en France : l’un dit oui, car il est en sureté et il ne courra pas le risque de rendre sa femme et son fils ou d’avoir la tete coupée, l’autre dit non car il laisse le prince d’Orange protecteur et adoré des qu’il y arrive naturellement et sans crime. Ce qui est vrai, c’est que la guerre nous sera bientot declarée, et que peut etre meme nous la declarerons les premiers. Si nous faisions la paix en Italie et en Allemagne, nous pourrions vaquer à cette guerre angloise et hollandoise avec plus d’attention ; il faut l’esperer, car ce seroit trop d’avoir des ennemis de tous cotés. Voyez en un peu où me porte le libertinage de ma plume, mais vous jugerez bien que les conversations sont pleines de ces grands evenemens.<lb/>[…]<lb/>Nous allons vaque presentement à la reception de Leurs Majestés angloises, qui seront à Saint Germain. Madame la Dauphine aura un fauteuil devant cette reine, quoiqu’elle ne soit pas reine, parce qu’elle en tient la place. »</p>
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              <persname role="subject">Jacques II</persname>
              <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
              <subject>Jacobites</subject>
            </controlaccess>
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              <p>Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, Recueil des lettres de madame de Sévigné, nouvelle édition, t. 7, Paris, Bossange, Masson et Besson, 1801, p. 86-89.</p>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de madame de Sévigné à sa fille concernant l’installation de la Cour d'Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1689/1689" encodinganalog="3.1.3">10 janvier 1689</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, lundi 10 janvier 1689<lb/>[…] L’abbé Tetu est dans une insomnie qui fait tout craindre. Les medecins ne voudroient pas repondre de son esprit ; il sent son etat et c’est une douleur : il ne subsiste que par l’opium ; il tache de se divertir, de se dissiper, il cherche des spectacles. Nous voulons l’envoyer à Saint Germain pour y voir le roi, la reine d’Angleterre et le prince de Galles : peut on voir un evenement plus grand et plus digne de faire de grandes diversions ? Pour la fuite du roi, il paroit que le prince [d’Orange] l’a bien voulu. Le roi fut envoyé à Excester où il avoit dessein d’aller : il etoit fort bien gardé par le devant de sa maison, et toutes les portes de derriere etoient ouvertes. Le prince n’a point songé à faire perir son beau père ; il est dans Londres à la place du roi, sans en prendre le nom, ne voulant que retablir une religion qu’il croit bonne et maintenir les loix du pays sans qu’il en coute une goutte de sang : voilà l’envers tout juste de ce que nous pensons de lui ; ce sont des points de vue bien differents. Cependant, le Roi fait pour ces Majesté angloises des choses toutes divines ; car n’est ce point etre l’image du Tout Puissant que de soutenir un roi chassé, trahi, abandonné ? La belle ame du Roi se plait à jouer ce grand role. Il fut au devant de la reine avec toute sa maison et cent carrosses à six chevaux. Quand il aperçut le carrosse du prince de Galles, il descendit et l’embrassa tendrement, puis il courut au devant de la reine qui etoit descendue, il la salua, lui parla quelque tems, la mit à sa droite dans son carrosse, lui presenta Monseigneur et Monsieur, qui furent aussi dans le carrosse, et la mena à Saint Germain, où elle se trouva toute servie comme la reine, de toutes sortes de hardes, parmi lesquelles etoit une cassette tres riche avec six mille louis d’or. Le lendemain, il fut question de l’arrivee du roi d’Angleterre à Saint Germain, où le Roi l’attendoit : il arriva tard ; Sa Majesté alla au bout de la salle des gardes au devant de lui ; le roi d’Angleterre se baissa fort, comme s’il eut voulu embrasser ses genoux ; le Roi l’en empecha et l’embrassa à trois ou quatre reprises fort cordialement. Ils se parlerent bas un quart d’heure ; le Roi lui presenta Monseigneur, Monsieur, les princes du sang et le cardinal de Bonzi ; il le conduisit à l’appartement de la Reine, qui eut peine à retenir ses larmes. Apres une conversation de quelques instans, Sa Majesté les mena chez le prince de Galles, où ils furent encore quelque tems à causer, et les y laissa, ne voulant point etre reconduit, et disant au roi : « Voici votre maison, quand j’y viendrai vous m’en ferez les honneurs, et je vous les ferai quand vous viendrez à Versailles ». Le lendemain, qui etoit hier, madame la Dauphine y aller, et toute la Cour. Je ne sais comme on aura reglé les chaises de ces princesses, car elles en eurent à la reine d’Espagne, et la reine mere d’Angleterre etoit traitée comme fille de France : je vous manderai ce detail. Le Roy envoya dix mille louis d’or au roi d’Angleterre. Ce dernier paroit vieilli et fatigué, la reine maigre et des yeux qui ont pleuré, mais beaux et noirs, un beau teint un peu pale, la bouche grande, de belles dents, une belle taille et bien de l’esprit ; tout cela compose une personne qui plait fort. Voilà de quoi subsister longtems dans les conversations publiques. »</p>
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              <persname role="subject">Jacques II</persname>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Jacobites</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
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              <p>Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, Recueil des lettres de madame de Sévigné, nouvelle édition, t. 7, Paris, Bossange, Masson et Besson, 1801, p. 94-95.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de madame de Sévigné à sa fille concernant l’installation de la Cour d'Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1689/1689" encodinganalog="3.1.3">12 janvier 1689</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, mercredi 12 janvier 1689<lb/>Vous etes retirée à cinq heures du roi ; vous avez donc fait vos rois à dîner : vous etiez en fort bonne compagnie, et aussi bonne qu’à Paris. Il ne tiendra pas à moi que l’archevêque [d’Aix] ne sache que vous etes contente de lui ; je le dis l’autre jour à madame de La Fayette, qui en fut fort aise ; elle a resolu que vous ne preniez point tous deux l’esprit ni les pensées de Provence.<lb/>Mais parlons du roi et de la reine d’Angleterre ; c’est quelque chose de si extraordinaire d’avoir là cette Cour, qu’on s’en entretien sans cesse. On tache de regler les rangs et de faire vie qui dure avec gens si loins d’etre retablis. Le Roi disoit l’autre jour, et que ce roi etoit le meilleur homme du monde, qu’il chassoit avec lui, qu’il viendroit à Marly, à Trianon, et que les courtisans devoient s’y accoutumer. Le roi d’Angleterre ne donne pas la main à Monseigneur et ne le reconduit pas. La reine n’a point baisé Monsieur, qui en boude ; elle a dit au Roi : Dites moi comment vous voulez que je fasse ; si vous voulez que ce soit à la mode de France, je saluerai qui vous voudrez : pour la mode d’Angleterre, c’est que je ne baisois personne. Elle a été voir madame la Dauphine, qui est malade et qui l’a reçue dans son lit. On ne s’assied point en Angleterre ; je crois que les duchesses feront avec elle à la mode de France, comme avec sa belle mère. On est fort occupé de cette nouvelle Cour.<lb/>Cependant le prince d’Orange est à Londres, où il fait mettre des Mylords en prison ; il est severe et il se fera bientot hair. M. de Schomberg est general ds armées en Hollande, à la place de ce prince, et son fils a la survivance : voilà le masque bien levé. »</p>
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              <persname role="subject">Jacques II</persname>
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              <p>Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, Recueil des lettres de madame de Sévigné, nouvelle édition, t. 7, Paris, Bossange, Masson et Besson, 1801, p. 123-124.</p>
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              <unitdate normal="1689/1689" encodinganalog="3.1.3">26 janvier 1689</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Paris, mercredi 26 janvier 1689<lb/>[…] Peut etre que le prince d’Orange n’aura pas le tems cette année de songer à la France ; il a des affaires en Angleterre et en Irlande, où l’on veut armer pour le Roi : nos mers sont toutes emues, il n’y a que notre Mediterranée qui soit tranquille. Je ne sais à qui en ont vos femmes avec leurs vœux extravagans ; je voudrois y ajouter de ne plus manger d’oranges et de bannir l’oranger en arbre et en couleur : ce devroit être sur nos cotes que l’on fit toutes ces folies.<lb/>Je crois, en verité, que le roi et la reine d’Angleterre sont bien mieux à Saint Germain que dans leur perfide royaume. Le roi d’Angleterre appelle M. de Lauzun son gouverneur, mais il ne gouverne que ce roi, car d’ailleurs sa faveur n’est pas grande. Ces Majestés n’ont accepté de tout ce que le Roi vouloit leur donner que cinquante mille francs, et ne veulent point vivre comme des rois ; il leur est venu bien des Anglois, sans cela ils se reduiroient encore à moins : enfin, ils veulent faire vie qui dure. »</p>
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              <persname role="subject">Jacques II</persname>
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              <p>Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, Recueil des lettres de madame de Sévigné, nouvelle édition, t. 7, Paris, Bossange, Masson et Besson, 1801, p. 123-124.</p>
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            <note>
              <p>Fille du comte-électeur Charles Ier Louis du Palatinat, elle épousa Philippe, duc d’Orléans et frère cadet de Louis XIV.</p>
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            <p>Publié</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Madame palatine, duchesse douairière d’Orléans, concernant la mort de la reine d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1718/1718" encodinganalog="3.1.3">8 mai 1718</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Je vous écris le cœur bien troublé, et j’ai pleuré hier toute la matinée. La bonne et pieuse reine d’Angleterre est morte hier matin à Saint Germain, à sept heures. Assurément elle doit être au ciel. Elle ne gardait pas un liard pour elle, et donnait tout aux pauvres ; elle faisait vivre des familles entières ; elle n’a jamais tenu un propos méchant sur qui que ce soit, et si l’on se mettait à l’entretenir sur le chapitre du prochain, elle disait : « Si c’est du mal de quelqu’un, je vous prie, ne le dites pas ». Elle a soutenu ses malheurs avec une résignation parfaite ; elle était polie et agréable, quoique bien loin d’être belle ; elle était toujours gaie et faisait constamment l’éloge de notre princesse de Galles. Je l’aimais beaucoup ; sa mort me serre le cœur. »</p>
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              <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
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              <p>Élisabeth-Charlotte de Bavière, duchesse d’Orléans, Nouvelles lettres de madame la duchesse d’Orléans, mère du régent, née princesse palatine, éd. Pierre-Gustave Brunet, Paris, Charpentier, 1853, p. 152.</p>
            </bibliography>
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              <unitdate normal="1718/1718" encodinganalog="3.1.3">12 juin 1718</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Il est de toute fausseté que la reine d’Angleterre ait laissé de grosses sommes. Elle a entretenu son fils ainsi que tous ses gens, elle a donné des pensions à la plupart de ses dames, elle a soutenu des familles entières d’Anglais, elle se privait du nécessaire afin de secourir les pauvres dans les hôpitaux. Sous le rapport de la cupidité elle n’était nullement italienne, car elle n’a jamais mis un liard de côté. On peut dire qu’elle avait toutes les vertus royales. Son unique défaut (personne n’est parfait) est d’avoir poussé la dévotion à l’extrême ; mais elle l’a payé cher, car c’est la cause de tous ses malheurs. Elle ne pouvait ici faire des économies, car elle n’était pas régulièrement payée ; elle a été forcée d’emprunter de l’argent et de contracter des dettes ; il n’est pas vrai que ses domestiques aient pillé ses meubles, car elle était logée à Saint Germain dans les meubles du Roi.<lb/>On a vu peu de reines d’Angleterre être heureuses, et, en ce pays là, les rois non plus n’ont pas beaucoup de bonheur. »</p>
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              <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
              <subject>Jacobites</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Élisabeth-Charlotte de Bavière, duchesse d’Orléans, Nouvelles lettres de madame la duchesse d’Orléans, mère du régent, née princesse palatine, éd. Pierre-Gustave Brunet, Paris, Charpentier, 1853, p. 210.</p>
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            <did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« La nation anglaise est une nation méchante, fausse et ingrate. La plupart des gens de qualité qui étaient à Saint Germain et que la feue reine soutenait, en s’imposant personnellement les plus grandes privations, se déchaînent contre elle et disent mille mensonges de cette reine, qui était si vertueuse et si pieuse. Cela me remplit de courroux. »</p>
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              <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
              <subject>Jacobites</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Élisabeth-Charlotte de Bavière, duchesse d’Orléans, Nouvelles lettres de madame la duchesse d’Orléans, mère du régent, née princesse palatine, éd. Pierre-Gustave Brunet, Paris, Charpentier, 1853, p. 210.</p>
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              <p>Roi de France de 1715 à 1774.</p>
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            <p>Publié</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Louis XV à son petit-fils, l’infant Ferdinand de Parme, mentionnant une chasse à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <p>« A Versailles, ce 22 janvier 1770<lb/>Mon cher petit fils,<lb/>Je suis charmé que vous ayez fait vos Rois gaiement, mandez m’en un peu de détails, car je sus charmé de voir que vous vous amusez convenablement à votre état. Nos glacières sont pleines et je pars pour la chasse à Saint Germain par un temps qui me paraît assez beau.<lb/>Je vous embrasse de tout mon cœur, mon cher petit fils.<lb/>Louis »</p>
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              <p>Philippe Amiguet (éd.), Lettres de Louis XV à l’infant Ferdinand de Parme, Paris, Grasset, 1938, p. 148.</p>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Versailles, ce 12 février 1770<lb/>Mon cher petit fils,<lb/>Je suis très aise que votre épouse soit aussi bien que vous me le marquez par votre lettre du 27 janvier. Je pars pour la chasse à Saint Germain, mais je ne sais si je pourrai chasser, car il gèle très fort.<lb/>Je vous embrasse de tout mon cœur, mon cher petit fils.<lb/>Louis »</p>
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              <subject>Chasse</subject>
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              <p>Philippe Amiguet (éd.), Lettres de Louis XV à l’infant Ferdinand de Parme, Paris, Grasset, 1938, p. 149.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Lettre de Louis XV à son petit-fils, l’infant Ferdinand de Parme, mentionnant une chasse à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1770/1770" encodinganalog="3.1.3">19 février 1770</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Versailles, ce 19 février 1770<lb/>Mon cher petit fils,<lb/>Je vous remercie du détail que vous me faites de vos Rois. Je vais tout à l’heure à la chasse à Saint Germain, par un assez grand vent, mais pas comparable à celui qu’il faisait hier.<lb/>Je vous embrasse de tout mon cœur, mon cher petit fils.<lb/>Louis »</p>
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              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Philippe Amiguet (éd.), Lettres de Louis XV à l’infant Ferdinand de Parme, Paris, Grasset, 1938, p. 149.</p>
            </bibliography>
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            <did>
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              <unitdate normal="1772/1772" encodinganalog="3.1.3">1er mars 1772</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« A Marly, ce 1er mars 1772<lb/>Mon cher petit fils,<lb/>Vos courriers ont aussi retardés mais pas autant que les nôtres. Je ne croyais pas Boulogne si curieux que vous me le mandez. Ma santé est présentement bien rétablie et je suis venu ici passer mes jours gras non pour aller au bal, mais pour être plus près de la forêt de Saint Germain en Laie où je chasse dans l’hiver. Je suis bien fâché de la continuité de l’indisposition de votre épouse. Je ne lui écris pas de crainte de la fatiguer. A Dieu, mon cher petit fils, je vous embrasse de tout mon cœur.<lb/>Louis »</p>
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              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Philippe Amiguet (éd.), Lettres de Louis XV à l’infant Ferdinand de Parme, Paris, Grasset, 1938, p. 199.</p>
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          <unittitle encodinganalog="3.1.2">Presse</unittitle>
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              <p>Quotidien</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Annonce de l’installation d’une maison de retraite des Légionnaires au château du Val</unittitle>
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              <unitdate normal="1927/1927" encodinganalog="3.1.3">27 avril 1927</unitdate>
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              <p>« Une exquise résidence du XVIIe siècle va devenir la maison de retraite des Légionnaires<lb/>Si vous longez l’admirable terrasse de Saint-Germain puis vous enfoncez dans la forêt, vous trouvez, à flanc de coteau, dominant la vallée de la Seine, entre Saint-Germain-en-Laye et Maisons-Laffite, le château du Val, aux lignes pures et belles. Mansart le construisit ; Desjardins et Le Hongre le décorèrent ; Le Nôtre, alentour, dessina un parc à la française. La beauté simple de la façade se révèle aux yeux du promeneur à travers une merveilleuse grille.<lb/>C’est en 1669 que Louis XIV fit construire cette demeure. En cet endroit, jadis, Henri Iv se plaisait à chasser et Louis XIIII y fit plus tard élever un pavillon pour y reposer sa santé compromise.<lb/>Pendant des années, dans ce château qui abritait sa magnificence parmi les frondaisons magnifiques de la forêt de Sainte-Germain, la société la plus brillante se donna rendez-vous. Tour à tour, sous Louis XV et sous Louis XVI, il fut la résidence préférée des grands favoris : la Pompadour, les Brancas, les Lamarck, plus tard le maréchal et la maréchale de Beauvau. Les salons entendirent bien des confidences, sinon des propos brillants ; les pavanes et les gavottes y retentirent, et aussi les conversations profondes des philosophes, car Rousseau, Voltaire, d’Alembert, Turgot, Necker, Condorcet, Malesherbes en furent les familiers. Sous l’Empire, Napoléon y donna, avec sa cour, des fêtes brillantes.<lb/>Et, depuis lors, riche d’un grand passé, le château du Val a conservé son caractère et son charme. Il le conservera désormais. M. Lacoste, le dernier propriétaire, en a très généreusement fait don à la Société de la Légion d’honneur afin d’y installer une maison de retraite pour les légionnaires les plus méritants.<lb/>Une merveille d’architecture qui eût peut-être été dégradée ou délaissée sera ainsi préservée. Dans le parc, les grottes de Francini seront conservées, et rien ne sera détruit de ce qui fait le charme, la poésie et la douceur de ce coin d’Ile-de-France.<lb/>Ceux qui auront bien mérité le ruban rouge et que la vie aura éprouvée pourront y venir achever une vieillesse heureuse, sur ces hauteurs que l’on nommait, au XVIIIe siècle, la « Montagne Bon Air ».<lb/>Cinquante chambres sont prévues. La Société de la Légion d’honneur paiera une partie des frais de la pension et la légionnaire l’autre partie. On songe à réserver quelques chambres aux légionnaires les plus éprouvés et qui vivraient là gratuitement. La maison que l’on aménage sera confortable et moderne à souhait, et un immense parc sera réservé aux pensionnaires.<lb/>Tous ceux qui voudraient y être admis peuvent écrire au secrétaire général de la « Société de la Légion d’honneur, 1, rue de Solférino. Heureux seront les cinquante légionnaires qui pourront, dans un site aussi merveilleux, connaître les loisirs et le repos qu’ils auront chèrement gagnés.<lb/>Jean Delage »</p>
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              <geogname>Château du Val</geogname>
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              <p>L’Echo de Paris, n° 16490, 27 avril 1927,  p. 1.
<lb/></p>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Le Figaro</unittitle>
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            <note>
              <p>Fondé par Jean Hippolyte Auguste Delaunay de Villemessant et Benoît Jouvin en 1854. Reprend le titre du Figaro de 1826.</p>
            </note>
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            <p>Publié</p>
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              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">12 mai 1867</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Inauguration du musée de Saint-Germain<lb/>Cette intéressante cérémonie, pour employer la formule des lettres d’invitation, a été, hier dimanche, favorisée par une pluie diluvienne ; je dis favorisée car, dans un musée où l’on collectionne les antiquités antédiluviennes, cette averse pouvait donner une idée assez nette de ces grands cataclysmes qui ont détruit les peuples dont nous allons examiner les reliques.<lb/>De beaux massifs de rhododendrons et d’azalées avaient été disposés devant le château, dont l’entrée et le pont sur le fossé qui la précède avaient été recouverts d’un velours vert et or. La haie était faite entre la gare et le château par les pompiers de Saint-Germain-en-Laye. Derrière eux, se pressaient, bannière en tête, les corporations, les orphéons, les sociétés de toutes les localités environnantes : Paris, pour sa part, avait député une escouade de sergents de ville. A trois heures, l’arrivée du train impérial fut signalée par la décharge de ces boîtes qui, dans les chefs-lieux de cantons, remplacent l’artillerie avec tant d’avantage pour nos tympans.<lb/>L’Empereur fut reçu à l’entrée du pont par M. de Neuwerkerke, M. Bertrand, l’archéologue érudit, tout récemment nommé directeur-conservateur du musée, M. Millet, l’architecte du château, M. Beaune, attaché depuis longtemps au musée et l’auteur d’une excellente brochure sur ces collections, à laquelle on ne peut d’autre reproche que celui d’être trop courte, MM. de Reffie, commandant du Génie, officier d’ordonnance de l’Empereur, et de Mortillet, le savant géologue qui, tous deux, peuvent être rangés parmi les créateurs du musée, et qui ont tant fait pour l’histoire de nos origines, le premier pour l’époque romaine et le second pour les temps anté-historiques.<lb/>L’Empereur pénétra sur le champ dans les salles du musée dont il est le fondateur. Au nombre des personnes qui l’accompagnaient, j’ai remarqué, outre celles que je viens de nommer, les membres de la commission d’organisation du musée, M. Viollet-le-Duc, M. Maury, M. Pereire, qui a donné des antiquités d’une grande valeur, M. Lartet, le fondateur, avec M. Boucher de Perthes, auteur de l’Histoire de l’homme avant le déluge. M. Lartet a reçu hier sa nomination d’officier de la Légion d’honneur.<lb/>Les collections, admirablement classées, commencent précisément par ces premiers vestiges de la présence de l’homme en Gaule, réunis dans la première salle, à l’entrée de laquelle une pensée délicate a fait placer les bustes de M. Boucher de Perthes et de M. de Christy, qui, de l’un et de l’autre côté de la Manche, ont reculés nos origines primordiales jusqu’à une époque où l’Inde et l’Egypte étaient sauvages et désertes. C’est l’époque des alluvions quaternaires. Les monuments qui nous restent des hommes de ce temps sont des haches et des couteaux de silex non poli, trouvés enfouis à huit mètres de profondeur, auprès d’Abbeville, d’Amiens et même de Paris. Plus tard, à l’époque des cavernes, à l’âge du renne dont les reliques sont déposées dans la seconde moitié de cette salle, l’art s’est développé. Avec les mêmes armes de pierre non polie, on trouve des os sculptés et des poteries, et, chose étrange, l’homme de cet âge perdu dans le passé, ce peuple dont il ne reste point un souvenir, avait un sentiment artistique réel.<lb/>M. Bertrand a fait admirer au souverain une sorte de poignard taillé dans un bois de renne, dont le manche représente avec une fidélité remarquable l’animal même qui a fourni la matière de l’arme.<lb/>A côté, un autre poignard en ivoire est sculpté en forme de mammouth. Ainsi, à cette époque, les forêts françaises recelaient des hôtes tels que le grand élan, dont une ramure gigantesque domine toute la salle, le mammouth, le grand lion, l’ours et le tigre des cavernes, tous disparus aujourd’hui, l’aurochs à le veille de disparaître et le renne refoulé aujourd’hui dans les régions glaciales ; les chasseurs d’alors devaient déjà se plaindre cependant de la diminution du gibier, car leurs ancêtres de la période des alluvions pouvaient, en outre, exercer leur adresse sur l’hippopotame. Mais enfin il faut se contenter de ce que l’on a, et lorsqu’il reste des ours de trois mètres de hauteur à tuer avec des pierres pointues, cela procure encore quelques émotions.<lb/>Cette salle est complétée par une admirable collection d’antiquités à l’âge de la pierre en Danemark, offerte par Frédéric VII.<lb/>La seconde et la troisième pièces sont consacrées à ces monuments de granit brut, nommés autrefois druidiques et baptisés aujourd’hui de la qualification peu compromettante de mégalithiques.<lb/>La croyance qui les attribuait aux Gaulois était trop ancienne pour pouvoir durer plus longtemps, et maintenant tout le monde s’occupe avec ardeur à la renverser. Seulement, chaque archéologue substitue aux Gaulois un peuple différent, si bien que j’imagine que ces grandes pierres ont simplement été superposées par le diable pour empêcher la bonne harmonie de jamais s’établir entre les historiens.<lb/>Mais rien ne pourra mieux faciliter l’étude de cette question pendante que le musée gallo-romain.<lb/>Ici on trouve rapprochés les objets trouvés sous les monuments mégalithiques et les modèles de ces monuments, exécutés à l’échelle d’un vingtième, par M. Maître, avec une perfection admirable que l’Empereur a remarquée. Le plus grand de ces modèles est celui du dolmen de Gaur-Iniz, dans le Morbihan. Les sculptures de cette grotte artificielle ont été moulées et tapissent les murs. J’avoue qu’il faut les yeux de la foi pour voir des caractères ou même des hiéroglyphes dans des courbes qui me semblent être tout simplement des ornements et, en pensant à tous les efforts d’imagination dont ces dessins ont été l’objet, je plaignais les archéologues de l’an 6000, qui se casseront la tête pour comprendre le sens symbolique des vermicelles dont les murs du Louvre sont enjolivés.<lb/>Non loin de ce dolmen est le gigantesque menhir de Locmariaker, haut de vingt-deux mètres, avant qu’il n’eût été brisé par la foudre en quatre morceaux.<lb/>Dans une vitrine sont exposés les plus beaux objets trouvés dans les dolmens qui sont des tombeaux. Là, sont les dépouilles du dolmen découvert tout récemment à Argenteuil, puis les intéressantes antiquités trouvées en Bretagne, haches et anneaux de cuivre poli. Dans une autre vitrine ont été réunis de curieux échantillons d’armes en silex, provenant des ateliers de fabrication de ces armes découverts à Pressigny-le-Grand.<lb/>La quatrième salle, dans le donjon, est consacrée au médailler et aux inscriptions gauloises en caractères grecs ou romains, mais en langue inconnue. Vainement, Sa Majesté a fait appel à l’immense érudition de M. Maury ; l’auteur du dictionnaire lui-même dut reconnaître qu’il ne pouvait traduire ces mots étranges.<lb/>Au second étage, l’Empereur visita d’abord, dans le donjon, la bibliothèque où ont été provisoirement déposés les bijoux : de lourds cercles d’or, quelques-uns des très rares ornements de métal trouvés dans les dolmens, et enfin l’admirable, que dis-je, l’adorable vase d’argent d’Alise. Pour reprendre l’ordre chronologique, après l’âge de la pierre polie, l’époque mégalithique, nous arrivons à la période lacustre, dont les restes occupent la cinquième salle. Les peuplades de la Suisse et de quelques autres points habitaient alors des cabanes bâties au-dessus des eaux des lacs, et les objets dont ils faisaient usage ont été conservés dans la vase tourbeuse du fond. Ce ne sont plus seulement des pierres, des os, des poteries et des métaux, ce sont des grains de blé, des étoffes, des noisettes et des filets.<lb/>Un morceau de tulle d’une finesse extrême date de plusieurs milliers d’années. La sixième salle est consacrée à l’âge du bronze, et la septième à l’âge du fer, à l’époque gauloise proprement dite. La fusion se fait lentement. Après n’avoir trouvé que du bronze on commence à voir du fer se mêler au premier métal dans les tombes, et enfin on arrive aux sépultures gauloises des derniers siècles où les armes en bronze ont entièrement disparu. Cette salle contient, en outre, des imitations d’objets remarquables dont le musée n’a pu se procurer les reproduits [sic] exécutés avec une merveilleuse et pour ainsi dire stupéfiante fidélité par un artiste italien attaché à l’administration du Louvre, M. Pinelli. Au centre de la pièce est un vase restauré par lui, qui a été trouvé brisé en cent soixante et un morceaux.<lb/>Deux dernières salles sont consacrées à tous les objets se rapportant à l’histoire de César, elles seront, selon l’heureuse expression de M. Beaune, « le meilleur commentaire des Commentaires ». C’est là que se trouve la seule épée romaine connue, des balles coniques qui se lançaient avec la fronde, des plans-reliefs des sièges et des camps retranchés, et enfin quelques moulages de la colonne Trajane, devant lesquels l’Empereur s’arrêta longuement, étudiant l’incompréhensible figure d’un instrument de guerre inconnu. Cette collection occupe l’immense salle des fêtes et du rez-de-chaussée [sic] et une dernière salle où sont déposés des moulages et des reproductions extrêmement curieuses de machines de guerre romaines : balistes, catapultes, scorpions, etc. Des expériences ont été faites avec ces machines, et l’on a pu envoyer des flèches et des pierres à deux cent cinquante mètres.<lb/>Là s’arrêtent pour le moment ces galeries toutes nouvelles, improvisées en quelques années, qui doivent embrasser l’immense espace de temps qui s’est écoulé depuis l’apparition de l’homme en Gaule jusqu’à la dissolution de l’empire de Charlemagne et la formation de la France actuelle.<lb/>Vers quatre heures, après avoir félicité l’architecte du château et les organisateurs, Sa Majesté reprit le chemin de Paris.<lb/>Charles Boissay »</p>
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              <subject>Musée</subject>
              <subject>Fêtes et événements</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Charles Boissay, « Inauguration du musée gallo-romain », Le Figaro, 14e année, n° 179, 14 mai 1867, p. 3
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k270746w/f3.item</p>
            </bibliography>
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            <note>
              <p>Hebdomadaire fondé par Théophraste Renaudot. Le titre de la page de titre annuelle varie fréquemment.</p>
            </note>
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            <p>Publié</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la mort de Louis XIII au Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1643/1643" encodinganalog="3.1.3">21 février-14 mai 1643</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« [p. 341] Relation de ce qui s’est passé jusques à present de plus memorable en la maladie du Roy<lb/>Ce poete qui appeloit nostre monarque « la merveille des rois et le roy des merveilles » n’en disoit pas assez : sa vie est une suite de miracles, desquels attendant la continuation, l’honneur que Sa Majesté m’a fait de me commettre la plume publique pour declarer à ses peuples, voire à tout le monde, ses belles actions fait autant reconnoistre mes forces inegales à une charge si importance et qui regarde la chose la plus delicate qui se puisse rencontrer dans le commerce des hommes, qui est leur reputation, comme il m’oblige à faire mes petits efforts pour eviter au moins le reproche d’avoir laissé ensevelir dans l’oubli les beaux exemples que fournissent à tout le monde ces royales et chrestiennes actions, qui seront autant de precieuses reliques aux siecles à venir. Dans lesquels, entre les autres vertus qui font admirer ce grand prince, sa foy, par un effet contraire à sa nature, fera des mecreans, aucun ne pouvant croire ce qui s’en dira, ce que feroyent encor beaucoup moins ceux qui ne le verroyent point consigné dans nos memoires, d’autant plus croyables qu’ils sont mis au jour en mesme temps que les choses dont ils traitent. Tout ainsi donc que les peintres s’efforcent à l’envi les uns des autres de representer naifvement les traits de l’auguste visage de ce monarque sans pareil, voyez ici [p. 342] depeints ceux de son esprit, qui vous apprendront que ce grand prince est encor plus grand par ses propres vertus que par la dignité qu’il possede du premier roy du monde et par la haute reputation de tant de conquestes.<lb/>Le Roy tomba malade le 21 fevrier dernier et bien que quelques bons intervalles, joints aux grand desir que nous avons de sa guerison, nous l’eussent fait croire, si est ce que son mal s’augmenta le dix neufieme de ce mois, de telle sorte que sa pieté le convia de penser à la fragilité de la vie humaine, pour laquelle ayant fait plusieurs excellentes meditations sur le sujet de sa mort, il fit ouvrir les fenestres de sa chambre du chasteau neuf de Saint Germain en Laye, où il est à present, et voyant par là l’eglise de Saint Denys : « voilà (dit il en la montrant) ma derniere maison, où je me prepare pour aller gayement ». Le soir du mesme jour, au lieu de la vie des saints qu’il se faisoit lire les jours precedents par l’un des secretaires de son cabinet, il lui commanda de lire le 17 chapitre de l’evangile selon saint Jean, où est ce passage : « ego te clarificavi in terra : nunc igitur clarifica me Pater ». Puis, il lui fit prendre l’Introduction à la vie devote et lire le chapitre « Du mespris de ce monde », et ensuite lui commanda de prendre le livre de Kempis, lequel ce secretaire voulant lire par ordre des chapitres, Sa Majesté lui mit la main sur celui « De la meditation de la mort ».<lb/>Le 20, le Roy fit sa declaration pour la regence de la Reine et le gouvernement de ses estats, dont vous avez ouy une partie, sur laquelle declaration il donna à entendre sa volonté [p. 343] avec un visage qui tesmoignoit grande satisfaction. Sa Majesté, entre les autres seigneurs et dames qui le vinrent visiter, receut ce jour là le duc de Vandosme.<lb/>Le 21, la princesse de Condé et le cardinal Mazarin eurent l’honneur de tenir sur les fonts monseigneur le Daufin, qui fut nommé Louis, selon la volonté du Roy, et le mareschal de Bassompierre fut receu à baiser les mains de Sa Majesté.<lb/>Le 22, le Roy se trouvant affoibli par la grandeur et continuation de sa maladie, à la premiere mention qui lui en fut faite, dist au père Dinet, jesuite : « Je suis ravi d’aller à Fieu, allons, mon pere, confessez moy », et recita le pseaume « Laetatus sum in his quae sunt mihi ». ce fait, il delibera de communier pour le viatic, en laquelle action il ne montra pas moins de prudence qu’en toutes les autres de sa vie, car Sa Majesté, prevoyant les differens qui pourroyent arriver entre plusieurs seigneurs presens, à qui tiendroit la nape de communion, dont les deux coins plus pres du Roy ont accoustumé d’estre tenus par les deux seigneurs plus qualifiez et les deux autres par deux aumosniers de Sa Majesté, Elle avoit dit à l’evesque de Meaux, son premier aumosnier, qu’il ne mist point de nape et n’estendit qu’un voile sur le lit de Sa Majesté, qu’elle seule tiendroit. Ce qu’on alloit faire, lorsque Monsieur, frere unique du Roy, et le prince de Condé arriverent en la chambre de Sa Majesté, laquelle, selon la presence de son esprit, dist à l’evesque de Meaux, lorsqu’il lui alla donner de l’eau benite à son ordinaire avant que de la communier, que ces deux princes ayans par leur arrivée terminé [p. 344] le different que l’on aprehendoit, il pouvoit faire mettre la nape sur son lit, ce qui fut fait, et le coin de la main droite du Roy tenu par Monsieur et l’autre par le prince de Condé, les deux autres coins furent tenus par les sieurs de Lesseville et Hyacinte, aumosniers du Roy estans de present en quartier. Ledit evesque de Meaux ayant auparavant dit la messe « pro infirmo » dans la chambre du Roy sur un autel à ce preparé, et ayant communiqué, le Roy et toute l’assistance reciterent tout haut le Confiteor. Puis l’evesque officiant donna l’absolution deprecatoire et presenta ensuite la sainte hostie au Roy, qui la receut dans son lit, tous les rideaux ouverts, avec des tesmoignages de pieté qui ne seroyent pas imaginables en un autre. Et la messe estant achevée, chacun se retira en grande tristesse, tous pleurans excepté le Roy, lequel affrontant la mort d’une contenance hardie, confirma par effet la creance qu’on a tousjours eue de la grandeur de son courage, et donna des preuves certaines de sa magnanimité et veritable force d’esprit, ce qui ne consiste pas à mespriser les perils, comme plusieurs font, quand ils en sont loin, mais bien à les braver en leur presence et surtout, disent les philosophes, ceux qui sont les plus grands, comme est la mort, qu’ils appellent à ce sujet le terrible des terribles, de l’apprehension de laquelle tous estoyent effrayez, mais non pas lui, leur trouble estant grandement accreu par les larmes de la Reine. Cette incomparable princesse, qui ne perdoit point le Roy de veue, [p. 345] avoit assité à la messe et à la communion de Sa Majesté ; pres de laquelle se tenant lors à genoux, tousjours fondante en pleurs, apres que le Roy lui eut tesmoigné par sa bouche les ressentimens qu’il avoit de sa vertueuse conduite, elle receut la benediction de Sa Majesté, comme aussi messeigneurs leurs enfans. Ensuite de quoy, le Roy demanda l’extreme onction. Mais la grande affection de tous les assistans faisoit qu’on ne vouloit desesperer que le plus tard qu’on pourroit de sa guerison, et par ce moyen se laissans doucement entrainer à l’usage qui a fait degenerer ce remede de la primitive Eglise, institué pour la convalescence des malades, en un dernier azole de ceux dont la santé est deseperée. Cette sainte onction fut differée jusques sur les quatre heures apres midi du mesme jour, et de cette heure là encores jusqu’au jeudi suivent. La piété de ce prince estoit telle qu’il en voulut etendre les effets jusqu’aux seigneurs qui le venoyent visiter. Entre lesquels il usa de ces mots au mareschal de La Firce : Je vous connois, lui dist il, pour un des plus honnestes, sages et vaillans gentilshommes de mes Estats ; mais me jugeant prest d’aller rendre compte à Dieu, je suis obligé de vous dire que je croi qu’il vous a laissé vivre un si grand aage pour vous donner temps de penser à votre conversion, et vous faire enfin reconnoistre qu’il n’y a qu’une religion en laquelle on puisse estre sauvé, qui est la catholique, apostolique et romaine, que je professe. Il incita aussi le mareschal [p 346] de Chastillon à en faire autant. L’après dinée, le duc de Vendôme s’estant mis à genoux près du Roy, comme la pluspart des autres seigneurs et dames luy venoient baiser la main en cette posture, il receut la bénédiction de Sa Majesté.<lb/>Le Roy receut le mesme jour la duchesse d’Elboeuf et ses enfans, et voulut voir le sieur de Gandelu, nagueres retourné de Flandres, où il estoit prisonnier de guerre. Puis, Sa Majesté s’estant enquise si, selon l’apparence, Elle pourroit passer la nuit, sur ce qu’on lui repartit que ses prieres et celles de ses sujets presentoyent à Dieu pour sa santé la sortiroyent de ce danger, Elle repartit ne demander pas absolument à Dieu d’en eschaper, estant entierement resignée à sa volonté, mais pour ce que les vendredis lui avoyent tousjours esté heureux, qu’Elle esperoit vivre au moins jusqu’au Vendredi suivant, pour recevoir lors le plus grand heur qui lui soit jamais arrivé. Pour cet effet, Elle ne voulut pas qu’on attendist jusqu’à ce jour là à lui donner l’Extreme Onction, qu’elle receut le jeudi 23 dudit mois à 9 heures et demie du matin, avec la plus grande résolution qui ne scauroit jamais croire, respondant à l’evesque de Meaux, qui lui donna ce dernier sacrement, à tous les pseaumes et litanies, et tesmoignant un courage plus qu’humain en une rencontre où l’humanité ne trouve que matière de desespoir. Mais il faloit que cet acte de la vie d’un si grand prince respondit à tous les precedens et qu’il servist comme de seau pour confirmer un chacun dans la haute estime en laquelle tout le monde le doit avoir, [p. 347] telle que tout ce que nous lisons de la fin des grands rois, empereurs et personnes plus illustres n’a rien qu’on puisse egaler à cette ci, que j’appelle fin non à nostre regard, puisque la France est encor’ si heureuse que de jouir de sa presence tant desirée et d’avoir ce grand Roy vivant, que Dieu lui conservera, s’il lui plaist, encor longues années ; mais fin à son égard puisque, l’ayant creue telle, il est d’autant plus à admirer qu’il la hardiment envisagée d’un esprit sain et vigoureux, et avec des forces qui manquent aux hommes mourans, lesquels cessent ordinairement plustost par foiblesse que par resolution de luiter contre les loix de la nature et de son autheur. Ce jour là, le mareschal de Vitri fut aussi receu du Roy, comme l’avoit esté auparavant le mareschal d’Estrée, et chacun lui baisant la main en pleurant, Sa Majesté, à l’objet de tant de visages baignez de larmes, en eut de la compassion qu’Elle tesmoigna proceder de la pitié qu’Elle avoit de leur tristesse, disant toutefois n’estre pas faschée qu’on la pleurast, puisque c’estoit une preuve certaine de l’affection que luy portoyent tous ses bons sujets, lesquels il n’aimoit pas moins qu’il estoit aimé d’eux. Sa Majesté donna charge ensuite au prince de Condé de faire entendre au duc de Chevreuse, aussi présent, qu’Elle ne lui vouloit point de mal. La Reine avoit fait apporter son lit du vieil chasteau dans le nouveau, près de la chambre du Roy, et s’estant mise à genoux au chevet de Sa Majesté, mais fondant toute en larmes, le Roy après un long entretien la pria de se consoler et se retirer [p. 348] un peu à l’écart de peur de l’affliger par sa tristesse. Il passa le reste de la journée en prieres et meditations pleines de transports qu’il faisoit eclorre par des paroles toutes divines et ravissantes. Il eut meilleure la nuit du 23 au 24, que l’on craignoit le plus.<lb/>Le 24, il fut exempt de l’accez ou redoublement qui lui estoit arrivé les jours precedens sur les dix à unze heures du matin, et se trouva si bien l’apres dinée qu’il commanda au sieur de Nielle, premier valet de sa garderobe, d’en remercier Dieu, comme il fit, chantant sur l’air que Sa Majesté lui avoit autrefois Elle mesme donné, cette paraphrase du sieur Godeau, qui commance Seigneur, à qui seul je veux plaire, et lui aida, et aux sieurs Campefort et Saint Martin, à faire un concert en sa ruelle sur de pareils cantiques.<lb/>Le 25, l’amandement de la maladie du Roy continuant, Sa Majesté fit faire collation de ses confitures de Versailles à la Reine, à la princesse de Condé, aux duchesses de Lorraine, de Longueville, de Vandosme et autres dames ; et la Reine, Monsieur, le prince de Condé, le cardinal Mazarin, les ministres d’Estat et autres officiers de Sa Majesté, qui luy ont rendu pendant toute sa maladie des preuves indubitables qu’ils continuent de leur affection, toute la Cour en un mot, commança de mieux espérer, comme elle fait encor à présent ; et cette convalescence, nonobstant les apprehensions, continue de bien en mieux, Dieux exauçant visiblement les prieres de plus de quarante millions d’ames.<lb/>A Paris, du bureau d’adresse, le 30 avril 1643.<lb/>[…]<lb/>[p. 359] De Saint Germain en Laye, le 1 may 1643<lb/>Ne vous pouvant donner de nouvelles plus importantes à cet estat et au bien de la chrestienté que celles de la santé du Roy, puisque vous avez eu la relation de sa maladie jusques au 25 du passé, je vous la continueray. Le vingt sixiesme ensuivant, Sa Majesté se porta encor un peu mieux. Mais le 27, nostre joye fut troublée par une nouvelle apprehension de fievre accompagnée des mesmes accidens que par le passé. Toutesfois, ils furent de peu de durée car, par la grace de Dieu, qui protege ouvertement la personne de Sa Majesté, tous ces accidens se diminuerent d’eux mesmes le lendemain 28, et tout alla de bien en miaux, avec un tel progrez que le 29, Sa Majesté se trouva en beaucoup meilleur estat qu’Elle n’avoit fait depuis longtemps. Cet amandement s’accreut encor le jour d’hier, de quoi chacun pouvoit assez juger par la gayeté peinte sur les visages de toute la cour, lequel amandement tous attribuoient aux ardentes prieres et saintes devotions de la Reine et à celles des sujets du Roy, à son exemple. Cette pieuse Reine ne s’estant pas contentée de l’assiduité qu’elle rend jour et nuit au chevet de Sa Majesté depuis le commancement de sa maladie, mais continuant depuis ce temps là ses prieres [p. 360] en particulier à toutes heures, comme elle les fait ici en public tous les jours à six heures du soir, dans la chapelle du vieil chasteau, où se trouvent souvent les princes, princesses, ministres d’Estat et autres seigneurs et dames. Dans laquelle les evesques, qui sont ici en grand nombre, et les aumosnier de Leurs Majestez, et autres ecclésiastiques, se relevent d’heure à autre pour continuer leurs devotions devant le saint sacrement qui y est exposé, la Musique du Roy y chantant plusieurs motets apres les litaniers et excitant le zele d’un chacun pour flechir d’autant plustost le Ciel à nos prieres. Mais ce que je ne puis taire, et qui ne paroistra pas le moins admirable en cette maladie, est qu’elle n’a pu empescher le Roy de donner tous les jours les ordres necessaires aux affaires de son Estat. Jusques là que le jour que Sa Majesté receut l’extreme onction, Elle disposa des seances que chacun devoit avoir dans le Conseil qu’Elle voulut estre tenu ce jour là par la Reine, suivant sa declaration testamentaire. Ce qui n’empescha pas toutefois que Sad. Majesté ne voulust que la Reine lui en fist le rapport à l’issue dudit Conseil. Aussi rien n’a t il empesché le Roy qu’il ne vacast tous les jours à la reception des seigneurs et dames qui venoyent visiter Sa Majesté, entre lesquels la duchesse de Guise, sa fille et ses deux fils, nagueres arrivez avec elle d’Italie, furent receuz de Sa Majesté le 29 du passé, qui vid aussi le mesme jour les sieurs de Manicamp et de Beringhen. Ce jourd’hui est encor arrivé pres de la personne du Roy le duc de Bellegarde.<lb/>[…]<lb/>[p. 401] La France en deuil<lb/>Le Roy est mort. Ne m’appellez plus l’agreable, appellez moi la desolée et pleine d’amertume, dit aujourd’hui la France apres la belle mere de Ruth dans l’histoire sacrée.<lb/>Dieu a t il donc repoussé les vœux de tant de personnes de toutes conditions, sexes et aages ? Ou nostre zele relasché et nos mains appesanties ne nous ont elles point arresté et suspendu les faveurs d’en haut ? Ou plustost l’extreme pieté de nostre bon Roy, qui demandoit pour lui le Ciel avec tant d’instance, n’a t elle point surmonté la nostre qui le vouloit retenir en terre ? Quoy qu’il en soit, nostre tristesse est arrivée à son dernier point par la perte du meillur, du plus juste et du plus victorieux monarque qui ait régi la France depuis plusieurs siècles. Et pour ce que nous trouvons quelque soulagement dans la connoissance des moyens qui ont contribué à notre perte, comme il elle en estoit moindre, voici la continuation du recit de la maladie du Roy, depuis le 30 du passé.<lb/>Les cinq jours suivans diminuerent beaucoup de la joye que l’amandement des precedens nous avoit fait concevoir. Car encor que le Roy eut quelques notables relasches, si est ce que le redoublement de sa fievre lui arrivant tous les jours et les autres accidens de sa maladie [p. 402] perseverans la rendoyent grandement perilleuse. Mais sa violence n’interrompit jamais les elancemens de son ame vers le Ciel, entre lesquels il tesmoignoit porter envie aux saints martyrs, dont il se faisoit lire la vie toutes les nuits qu’il passoit sans dormir. Et bien que ses veilles et le peu d’aliment qu’il prenoit lui deussent naturellement causer quelque resverie, il en a esté exempt comme par une grace speciale, la force de son esprit ne s’estant jamais relaschée, mesmes aux moindres choses : sa resignation a tousjours esté telle qu’ayant eu en suite quelque petite relasche qui relevoit l’espérance abbatue de quelques uns des assistans, il leur dist qu’il vouloit tenir tousjours son esprit dans l’indifference de mourir ou de vivre, selon qu’il plairoit à Dieu d’en ordonner, desirant neantmoins plustost le premier que le dernier, comme il montroit repetant souvent ces mots : Taedet animam meam vitae meae, ou s’il desiroit de vivre, il y ajoutoit incontinent que ce n’estoit que pour faire penitence au monde, y faire regner de plus en plus la pieté et la justice, et y procurer surtout une paix glorieuse à son estat, laquelle si Dieu ne lui permettoit pas de pouvoir faire tandis qu’il seroit sur la terre, son ame se prosterneroit incessamment devant Dieu pour l’impetrer de sa misericorde.<lb/>Mais ce qui ne doit pas estre de peu de consideration, comme il n’est pas un petit exemple à ceux qui gouvernent, Sa Majesté n’a jamais cessé durant toute sa maladie de donner ordre aux affaires de son Estat, dont elle entretenoit tous les jours la Reine, monseigneur le duc [p. 403] d’Orléans son frere, le prince de Condé, le cardinal Mazarin, son chancelier, le surintendant de ses finances et le sieur de Chavigni, avec une singuliere confiance.<lb/>Elle avoit le 5 de ce mois donné la coadjutorerie de l’archevesché d’Arles à l’evesque de aint. Pol, premier suffragant dudit archevesché, et l’evesché de Saint Pol à l’abbé de Grignan, frere dudit evesque de Saint Pol, et avant ce temps là et depuis receut humainement tous les princes, princesses, seigneurs et dames qui le venoyent visiter et compatir à son mal, tous lesquels comme il me seroit malaisé de vous nommer, ainsi ne vous puis je taire, sans oublier les principaux traits de l’esprit de Sa Majesté, les entretiens qu’Elle eut avec quelques uns de ceux qui sont venus à ma connoissance. Elle tesmoigna au duc de Vendosme un grand contentement de le voir de retour, comme Elle avoit receu un sensible deplaisir à son absence, ce qu’Elle lui feroit connoistre par tous les effets possibles et le regret qu’Elle avoit du passé. Elle en dist autant à la duchesse de Guise. Le duc d’Engoulesme s’estant approché de son lit, le Roy lui montra son estomac amaigri par la longueur de sa maladie, lui faisant remarquer comme la qualité de roy n’exemptoit aucun des infirmitez attachées à la condition humaire. Et montrant au sieur de Liencour ses bras decharnez, lui dist cette belle sentence : Memento homo quia cinis et et in cinerem reverteris. Aussi possédoit il tellement tous les passages sacrez qu’on ne lui avoit pas plustost [p. 404] commancé le verset d’un pseaume qu’il l’achevoit. Il estoit si bien instruit en tous les points de l’escriture qu’au lieu que les autres entendent les choses par les mots, il entendoit les mots par les choses mesmes, dont l’usage lui avoit rendu la langue latine aussi familiere que la nostre. Le sieur de Ventadour l’aisné, ecclesiastique, estant venu coucher en son antichambre le huitieme de ce mois pour l’entretenir de discours de devotion quand il ne faisoit plus lire dans les livres sacrez, il se plaignit souvent à lui de son mal, non pour autre raison, disoit-il, sinon qu’il l’empeschoit de prier Dieu aussi librement comme il le desiroit. Il ne pouvoit ouir parler d’aucune matiere de devotion qu’il n’y respondist de parole ou de geste. Et quand la force de son mal eut abatu celle de son corps, voire estant mesme proche de sa fin et un peu devant sa mort, à chaque mention qu’il entendoit faire de Dieu et des choses saintes, il levoit incontinent les yeux au Ciel, tendoit les bras et remuoit les levres, tesmoignant par là les saints mouvemens de son ame.<lb/>Mais pourquoi viens je si tost à cette mort et à cette fin ? Pleust à Dieu que quelqu’autre de cœur plus dur et qui seroit moins touché du sentiment de la perte d’un si bon prince vous pust achever le reste. C’est ici où les plus scavans trouveront à apprendre, les gens de bien à se consoler, et les meschans à craindre. Hommes, voici cette catastrophe de la comedie que nous jouons tous, et ce masque levé où il n’y a plus moyen de se deguiser, mais où il faut paroistre tels que nous sommes.<lb/>C’est là où nostre second saint Louis, apres le flux [p. 405] et reflux des agitations diverses que le monde lui a données trouve le port de son salut tant desiré.<lb/>Chacun avoit encore la mémoire toute recente de sa confession, de sa communion et des autres actes d’un roy veritablement tres chretien : il n’y a que lui qui en trouve la repetition necessaire. Ayant donc demandé instamment la communion le douziesme dudit mois et lui ayant esté accordée, Sa Majesté, qui s’estoit confessée tous les jours de la derniere semaine de sa maladie, se reconcilia encor le matin de ce jour là, et le pere Dinet, jesuite, son confesseur, lui ayant donné l’absolution, il communia par les mains de l’evesque de Meaux, son premier aumosnier, avec son zele ordinaire. La Reine s’approchant du chevet du Roy, Sa Majesté prit sa main et celle de monseigneur le duc d’Orleans, son frere unique, et les joignit ensemble, leur faisant derechef promettre entre ses mains une bonne union et concorde, et qu’ils auroyent soin des enfans de Leurs Majestez. En mesme temps, le Roy appella l’evesque de Lizieux d’entre les autres prelats, lui communiqua durant quatre ou cinq heures tout ce qui regardoit sa conscience, et lui marqua l’endroit où sont les prieres pour les agonizans, afin qu’on les lui dist lorsqu’il seroit en cet estat.<lb/>Le 13, à la premiere mention que lui fit son confesseur de se preparer à bien mourir, il l’embrassa, recitant le Te Deum, pour la joye que lui donnoit l’esperance d’estre bientost joint à son createur, et fit appeler l’evesque de Meaux pour reciter les prieres de la recommandation de l’ame, ce qui donna sujet au bruit de sa mort qui courut ensuite, [p. 406] mais lui estant arrivé quelque petit soulagement, ces prieres furent differées jusqu’au lendemain 14.<lb/>Auquel jour, ledit evesque de Meaux disant la messe dans la chapelle du chasteau neuf sur les 7 à 8 heures du matin, le Roy le manda derechef pour faire lesdites prieres. A cette fin, il entra dans la chambre du Roy revestu de son rochet, camail et estole violette, où il trouva l’evesque de Lisieux que Sa Majesté avoit envoyé querir, et où estoit aussi l’evesque de Beauvais et son confesseur avec le pere Vincent, superieur de la Mission, ledit sieur de Ventadour et les aumosniers de Sa Majesté, qui firent ladite recommandation de l’ame, le Roy leur respondant avec son zele accoustumé, comme faisoyent aussi la Reine, les princes, princesses, ducs et pairs, mareschaux de France et autres seigneurs et dames là presens. Et apres que ledit evesque de Lizieux, auquel Sa Majesté avoit donné charge de ne l’abandonner point, lui eut fait former des actes de foy, d’esperance, de charité et de contrition qui lui estoyent fort familiers, Elle l’embrassa et le baisa, l’apelant son père. La parole lui manqua à une heure et demie apres midi, depuis lequel temps les evesques de Lizieux et de Meaux lui continuans des admonitions chrestiennes, que le Roy tesmoignoit par signes bien entendre un quart d’heure durant. Il demeura encor demie heure avant que d’expirer, comme il fit fort doucement entre les bas desdits evesques de Lizieux et de Meaux, de son pere confesseur et du pere Vincent, tres saintement et comme il appartenoit au fils aisné de l’Eglise, ayant contenté ces deux prelats et ces ecclesiastiques sur tous les sujets qui regardoyent sa conscience, et ayant rendu la Reine, tant en [p. 407] sa presence qu’en son absence, tous les tesmoignages d’une sainte amitié conjugale, apres avoir accompagné leur dernier adieu de larmes reciproques. Ainsi expira ce bon prince sur les deux heures et un quart apres midi du 14 jour de may, l’an 43 de ce siecle et 42 de son age non encor revolu, apres avoir regne justement 33 ans, et, ce qui ne se peut concevoir sans merveille, le mesme jour du mesme mois, la mesme apres disnee et environ la mesme heure que mourut Henry le Grand, son pere, tous deux d’eternelle memoire. Jour que cette double perte nous feroit appeler malheureux si nostre Sauveur ne l’avoit choisi cette année pour son ascension, et pour celle de cette ame bien heureuse qui loge maintenant dans le Ciel. L’evesque de Meaux ayant dit ensuite les prieres de l’absoute des morts, l’evesque de Lizieux et lui fermerent les yeux du Roy et l’evesque de Meaux, lui ayant baisé la main et fait une grande reverence, donna les ordres necessaires pour accompagner le corps d’ecclesiastiques.<lb/>Nostre grande Reine ne s’est jamais montrée plus grande qu’en ce rencontre, où Sa Majesté a fait douter laquelle de toutes ses perfections s’est trouvée en un plus haut degré, ou son assiduité autour de la personne du Roy defunt, qu’elle n’a jamais abandonné durant les longueurs de cette fascheuse maladie, ou sa pieté, qui a servi d’exemple à tout le monde pour extorquer du Ciel la santé de ce cher espoux s’il eust esté possible, ou sa présence d’esprit qui a desjà paru dans les conseils et qui se fait admirer dans la conduite des affaires, ou sa constance qui lui fait si dignement conjoindre les interests de vefve à ceux de mere [p. 408] d’un grand Roy et regente d’un grand royaume, ou cette bonté sans pareille qui lui gaigne les cœurs de tout le monde et l’eust faite reine d’election quand elle ne l’eust point esté de naissance.<lb/>Si tost que le Roy fut decedé, la Reine regente, accompagnée de monseigneur le duc d’Orleans, du prince de Condé et des autres princes, princesses, ministres, ducs et pairs, mareschaux de France et autres officiers de la Couronne en grand nombre, fut conduite du chasteau neuf de Saint Germain dans le vieil, en passant par la chapelle où elle et toute la cour, fondans en larmes, firent leurs prieres pour le repos de l’ame du defunt, et se rendit en son ancien appartement où se trouva le Roy à present regnant, entre les mains duquel, la Reine regente sa mere presente, le prince de Condé presta le serment de grand maistre de France, qui fut leu par le sieur de Guenegaud, secretaire d’Estat ayant le departement de la Maison du Roy, avec ordre audit grand maistre d’ordonner de tout ce qui concernera la pompe funebre du Roy defunt, dont vous aurez le recit au premier jour. Et enfin, nos larmes essuyées par le contentement que nous promettent cette heureuse regence et l’estroite union de tous les seigneurs de son conseil, que la mémoire de nostre prince mourant va rendre eternelle, persuaderont aisement à nos ennemis de faire la paix avec une Couronne qui abreuve ses chevaux en mesme temps dans le Po, dans le Rhin et dans l’Ebre, chez qui les accidens communs à tous les hommes ne rebatent rien de la valeur propre à sa nation, qui leur fera tousjours voir que le Roy n’est pas mort.<lb/>A Paris, du bureau d’adresse, le 16 may 1643. »</p>
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              <p>Recueil des gazettes et nouvelles tant ordinaires que extraordinaires et autres relations des choses avenues toute l’année mil six cent quarante trois, 1643, p. 341-408
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              <p>« [p. 313] L’assamblée faite à Saint Germain de la Reine, des princes du sang, des ministres de Sa Majesté, du parlement et des autres principaux officiers de ce royaume le 20 d’avril 1643 pour entendre la declaration de Sa Majesté sur le gouvernement de ses estats<lb/>Que Dieu aime la France et qu’il lui donne de preuves certaines de sa protection continuelle ! La guerre, qui n’a servi jusques ici qu’à matter ses ennemis, lui a esté partout avantageuse. Si elle doit perdre un ministre, sa mort n’arrive qu’au bout d’une glorieuse campagne, afin que dans l’intervalle d’une autre elle se puisse mieux accoustumer au changement par lequel cette perte se trouve heureusement reparée. Mais il n’y a rien [p. 314] dont cet Estat soit plus redevable à Dieu que de lui avoir donné un si bon Roy et qui aime tant ses peuples qu’il ne se contente pas d’avoir prodigué sa santé pour leur defense et pour la dignité de sa couronne : imitant la providence divine, il porte ses soins jusques dans l’avenir pour lui establir un repos asseuré et une fermeté qui ne puisse jamais estre ebranlée. […]<lb/>[p. 318] Le vingtiesme de ce mois d’avril 1643, sur les deux heures apres midy, le Roy estant dans son chasteau neuf de Saint Germain en Laye, fit assambler dans sa chambre, en presence de la Reine, des Enfans de France, de Monsieur son frere, du prince de Condé, tous les ducs et pairs, mareschaux de France et autres officiers de la Couronne et principaux seigneurs qui se trouverent lors à la Cour, en fort grand nombre, entre lesquels estoyent le cardinal Mazarin, le chancelier de France, le surintendant des Finances et le sieur de Chavigni, secretaire d’Estat, devant tous lesquels le sieur de La Vrilliere, aussi secretaire d’Estat, fit lecture, par commandement de Sa Majesté, de sa declaration par laquelle le Roy declare qu’à l’exemple des bons rois ses predecesseurs, qui avoyent aimé l’Estat, et estant travaillé depuis longtemps de plusieurs incommoditez [p. 319] et presentement d’une fascheuse maladie, desirant pourvoir à la seureté, bien et repos de son Estat, il entend que lorsqu’il aura pleu à Dieu disposer de lui, la Reine soit regente de ses royaumes pendant la minorité de monseigneur le Dauphin, que sous son authorité Monsieur, frere unique de Sa Majesté, soit lieutenant general du Roy, mineur, en toutes les provinces de sesdits royaumes et chef du Conseil, et le prince de Condé, le cardinal Mazarin, le chancelier de France, le surintendant des Finances et ledit sieur de Chavigni, ministres d’Estat, pour tenir avec la Reine et Monsieur ledit Conseil, duquel en l’absence de Monsieur seront chefs lesdits prince de Condé et cardinal Mazarin. Ce sont là les points principaux de cette declaration, dont vous aurez cy apres le detail.<lb/>Le Roy la fit signer ensuite à la Reine et à Monsieur, et les fit jurer d’entretenir et observer le contenu en icelle.<lb/>Puis le Parlement, qui avoit esté mandé le jour precedent et estoit representé par le premier president, les presidens au mortier et deux conseillers de chacune chambre avec les gens du Roy, entra dans ladite chambre de Sa Majesté, qui lui fit entendre qu’elle avoit fait cette declaration et donna charge à Monsieur, au prince de Condé et audit chancelier [p. 320] d’entrer le lendemain 21 dans son parlement et la faire enregistrer, comme elle le fut hier. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <geogname>Château-Neuf</geogname>
              <geogname>Château-Neuf (appartement du roi)</geogname>
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              <p>Recueil des gazettes et nouvelles tant ordinaires que extraordinaires, 1643, p. 313-320
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6391636d/f319.item</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit du baptême de Louis XIV dans la chapelle du Château-Vieux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1643/1643" encodinganalog="3.1.3">21 avril 1643</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« [p. 324] Les ceremonies du baptesme de monseigneur le Daufin<lb/>J’aurois grand sujet de craindre que tant de hauts mysteres qui se presentent si souvent à ma plume, ne pouvans estre traitez dignement pour la briesveté du temps que me prescrit la coustume et l’humeur de nostre nation, ne me donnassent rang entre les moindres escrivains si je n’affectois moins la qualité d’orateur que celle d’historien. Auquel devant suffire le recit de ce qui s’est passé, et la narration la plus simple estant la meilleure, j’espere de l’equité de mon lecteur qu’il ne condamnera pas mes petits ouvrages pour le defaut des ornemens que je ne cherche point, bien qu’ils fussent ailleurs necessaires en des matieres de telle importance que celles que je traite.<lb/>Le Roy ayant desiré que l’on baptizast monseigneur le Daufin, Sa Majesté, en tesmoignage de l’estime qu’elle fait du prince de Condé et du cardinal Mazarin, et de l’affection qu’elle a pour leurs personnes, a voulu que la princesse de Condé et Son Eminence eussent l’honneur de tenir mondit seigneur le Daufin sur les fonts et d’estre ses parein et mareine.<lb/>Pour cet effet, le vingt unieme de ce mois d’avril 1643, [p. 324] sur les quatre à cinq heures apres midi, la Reine, accompagnée de la princesse de Condé, de la comtesse de Soissons, de la duchesse de Longueville et d’autres princesses et dames de la Cour, passa par la porte qui respond de son appartement dans l’eglise du vieil chasteau de Saint Germain, dont le chœur et la nef, le jubé et tribunes ou galeries estoyent desja remplis de plusieurs seigneurs et dames et autres personnes accourues en grand nombre pour assister à cette ceremonie. Monseigneur le Daufin marchoit devant Sa Majesté et la dame de Lansac, sa gouvernante, derriere lui. Il estoit vestu par dessus son habit ordinaire d’une robe de tafetas d’argent.<lb/>A leur arrivée, la Musique du Roy, qui estoit au jubé, son lieu ordinaire, chanta un motet fort harmonieusement, pendant lequel la Reine, s’estant mise de genoux sur son prié Dieu garni de son drap de pied et quarreaux de velours rouge cramoisi à franges d’or, et monseigneur le Dauphin aussi à genoux auprès de Sa Majesté, et à sa droite la princesse de Condé se tenant aussi à genoux, à sa gauche l’evesque de Meaux, premier aumosnier du Roy, vestu de ses habits et ornemens pontificaux, accompagné de quatre des aumosniers de Sadite Majesté, en presence [p. 326] des evesques de Beauvais, de Viviers, de Riez, de Saint Pol, de Coutances et du Puy, tous en rochet et camail, de plusieurs abbez et de tout le clergé de la chapelle du Roy, sortit de sa sacristie, et après avoir adoré le saint sacrement, qui estoit exposé sur le maistre autel extraordinairement paré et brillant de plusieurs gros luminaires de cire blanche, il s’approcha du prié Dieu de la Reine, laquelle luy presenta monseigneur le Daufin, qui fut ensuite elevé par sa gouvernante sur l’appui ou accoudoir dudit prié Dieu.<lb/>Puis le cardinal Mazarin, qui avoit aussi accompagné la Reine, passa à la main droite de monseigneur le Daufin, et la princesse de Condé de l’autre costé, selon l’ordre observé en l’Eglise entre les pareins et mareines, de laquelle dignité il a pleu au Roy les honorer, Sa Majesté leur ayant tesmoigné de sa propre bouche que c’estoit pour obliger encor plus estroitement le prince de Condé et Son Eminence à son service et à celui de monseigneur le Daufin, son fils, qu’Elle leur faisoit cet honneur, qui est le plus grand qu’eux ni autres pouvoyent jamais recevoir.<lb/>Alors la Reine, tenant par derriere mondit seigneur le Daufin, qui parut beau comme un [p. 327] ange et fit voir en toute cette action une modestie et retenue extraordinaire à ceux de son aage, l’evesque de Meaux, qui l’avoit ondoyé comme vous avez sceu le jour de sa naissance, ayant salué Sa Majesté, la mitre en teste, demanda ausdits parein et mareine le nom qu’on vouloit imposer à ce prince. La princesse de Condé ayant fait grand compliment à Son Eminence, puis une reverence à la Reine, le nomma Louis suivant l’intention de Sa Majesté. Ensuite de quoi l’evesque continua l’office selon le rituel romain, suivant lequel il exorciza, benit le sel et en mut dans la bouche de ce prince, qui le receut fort pieusement et avec une humilité qui ravit toute l’assistance en admiration. Puis la Reine lui ayant, ainsi qu’il se pratique en telles ceremonies, descouvert la poitrine et les espaules, l’evesque officiant lui appliqua les saintes huiles des cathecumenes, et à toutes les trois fois que l’evesque lui dist « Ludovice abrenuncias Sathanae, pompis et operibus ejus », il respondit lui mesme autant de fois « abrenuncio », comme aussi aux trois interrogations qu’il lui fit sur sa creance, selon les termes du mesme rituel, il respondit hardiment autant de fois « credo ». Alors l’evesque lui declara qu’il estoit introduit dans l’Eglise, et tant les parein et mareine que ledit evesque et tous les assistans [p. 328] reciterent avec le prince à haute vois le symbole des apostres et l’oraison dominicale. Puis l’evesque, obmettant l’infusion de l’eau (qui avoit, comme j’ay dit, esté faite à ce prince à sa naissance et qui ne se reitere jamais), la Reine lui descouvrant la teste, l’evesque lui en oignit le sommet avec le saint chresme. Ce fait, il lui mit sur la teste le chresmeau, recitant aussi les mots du rituel sur ce sujet, et lui presenta le cierge ardent qu’il prit lui mesme à deux mains, et le tint seul durant le reste de la ceremonie. A la fin de laquelle, l’evesque officiant monta à l’autel et donna la benediction solenelle que toute l’assistance receut à genoux, et la Musique du Roy chanta encore ensuite, puis chacun s’en retourna merveilleusement satisfait d’avoir assisté à cette auguste ceremonie, laquelle fut fermée par un remerciment que ce prince vint faire jusques dans la sacristie à l’evesque qui l’avoit baptisé, donnant par ces premices un prejugé et une esperance certaine de ce qu’il faut attendre de lui quand la vigueur de l’aage aura poussé au dehors les bonnes semences de la vertu que sa naissance lui a fournies et que les bons preceptes et exemples domestiques lui cultivent sans cesse. »</p>
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              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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              <p>Recueil des gazettes et nouvelles tant ordinaires que extraordinaires, 1643, p. 324-328
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6391636d/f327.item</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse conduite par Gaston d’Orléans à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1644/1644" encodinganalog="3.1.3">3 novembre 1644</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Le 3 de ce mois, jour de saint Hubert, Son Altesse royale, suivie des princes et seigneurs de cette Cour, en celebra la feste à Saint Germain, et donna l’assemblée, où le duc de Montbazon, Grand Veneur de France, fut au bois et laissa courre le cerf, qui fut pris par les grands chiens du Roy et ceux de Son Altesse royale. »</p>
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              <subject>Chasse</subject>
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              <p>Gazette, 1644, n° 138, p. 955
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62844705/f7.item</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la célébration de la Toussaint par la famille royale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1674/1674" encodinganalog="3.1.3">1er novembre 1674</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« De S. Germain en Laye, le 2 novembre 1674<lb/>Hier, feste de tous les saints, Leurs Majestez, avec lesquelles estoit monseigneur le Dauphin, entendirent en la chapelle de ce chasteau la grande messe, celebrée par l’evesque de Cisteron, et chantée par la Musique. L’apres dinée, Elles entendirent au mesme lieu une docte et eloquente predication de l’abbé de Clermont, puis les vespres aussi chantées par la Musique. Ensuite, la Reyne alla continuer l’exercice de sa devotion, en l’eglise de la parroisse. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
              <subject>Ville</subject>
              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Gazette, 1674, n° 125, p. 1120
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6288559q/f6.item</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la réception par le roi du prince de Condé et du duc d’Enghien à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1674/1674" encodinganalog="3.1.3">2 novembre 1674</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« De Paris, le 3 novembre 1674<lb/>[…]<lb/>Les trois armées confederées de l’Empereur, du roy d’Espagne et des Hollandois ayant esté obligées de se retirer sans executer aucun de leurs projets, dont ils avoyent pris soin d’instruire toute l’Europe, qui scait presentement tous leurs desavantages, le prince de Condé et le duc d’Enguyen partirent de Tournay, apres une campagne glorieuse, dont vous avez sceu le detail, et ils arriverent hier 2e de novembre à Saint Germain, où Sa Majesté donna des temoignages tres particuliers de son estime, de son amitié et de la satisfaction qu’Elle a de leur conduite et des services importans qu’ils lui ont rendus à la teste de son armée de Flandres. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Gazette, 1674, n° 141, p. 1242
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62885767/f8.item</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la célébration de Noël par la famille royale et de la première communion du Dauphin à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1674/1674" encodinganalog="3.1.3">24 décembre 1674</unitdate>
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              <p>« De S. Germain en Laye, le 28 decembre 1674<lb/>[…]<lb/>Le 24, Leurs Majestez et monseigneur le Dauphin entendirent dans la chapelle du chasteau les vespres chantées par la Musique du Roy.<lb/>Le soir, Leursdites Majestez assisterent aux Matines et ensuite Elles entendirent apres minuit trois messes : le lendemain, jour de Noel, la grand’messe celebrée pontificalement par l’archeveque de Bourges, et l’apres disnée le sermon de l’abbé de Clermont, nommé à l’evesché de Frejus.<lb/>Le meme jour, monseigneur le Dauphin fit sa premiere communion dans la mesme chapelle, par les mains de l’ancien evesque de Condom, son precepteur, qui luy avoit donné depuis longtemps, avec une extreme application, toutes les instructions necessaires pour le disposer à bien reconnoistre l’importance de cette action. Le prince de la Roche sur Yon et le duc de Montausier, son gouverneur, tenoyent les deux bouts de la nape, et monseigneur le Dauphin s’approcha de cet auguste sacrement avec une modestie exemplaire et avec tous les temoignages possibles de religion et de pieté.<lb/>La Reyne a donné, tous ces saints jours, par une pratique continuelle d’actions chretiennes et de bonnes œuvres des temoignages ordinaires de sa devotion exemplaire.<lb/>Le Roy alla le 27 à son chasteau de Versailles, prendre le divertissement de la promenade, et mena monseigneur le Dauphin seul avec luy, dans son carrosse. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <persname role="subject">Marie-Thérèse d'Autriche</persname>
              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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              <p>Gazette, 1674, n° 141, p. 1242
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62885767/f8.item</p>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Gazette des tribunaux, journal de jurisprudence et des débats judiciaires</unittitle>
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              <corpname id="atom_19774_actor">Gazette des tribunaux</corpname>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Compte rendu du procès d’une escroquerie organisée depuis le pénitencier militaire de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1837/1837" encodinganalog="3.1.3">27 décembre 1837</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« IIe conseil de guerre de Paris<lb/>(Présidence de M. Michel, colonel du 29e régiment de ligne)<lb/>Audience du 27 décembre 1837<lb/>Une intrigue amoureuse en prison<lb/>En entrant dans la salle d'audience, on est frappé d’une odeur de musc et d'ambre répandue dans le prétoire, et bientôt on voit sur le bureau des sachets d'odeurs, des papiers à vignettes parfumés, des écritoires de petite maîtresse, des papeteries parfumées, des albums, des pupitres de lecture et mille autres objets de luxe et d’élégance, étalés devant le conseil comme pièces de conviction. Le bureau de M. le président Michel ressemble beaucoup à l’une de ces jolies boutiques du Palais-Royal offrant au public mille objets d’étrennes. Au milieu de tous ces objets de luxe se trouve un fort joli petit poignard à manche d'ivoire et gracieusement orné d’une statuette.<lb/>Une foule inaccoutumée se presse dans l'enceinte. Au banc des avocats prennent place Mes Philippe Dupin et Joffrès, défenseurs des deux prévenus qui vont être amenés devant le Conseil.<lb/>A l'ouverture de l'audience, M. le président ordonne au greffier de faire lecture de toutes les pièces de la procédure.<lb/>Il résulte de ces pièces et de l’information que les nommés Louis Moreau-Duplanty et Grandry , le premier détenu du pénitencier militaire de Saint-Germain, et le second gardien, employé dans cette maison, étaient prévenus de complicité d'une escroquerie commise au préjudice du sieur Marion, papetier à Paris, de faux en écriture privée et de corruption d’agent de l’autorité.<lb/>Charles-Louis Moreau-Duplanty, âgé de dix-neuf ans, quitta l’étude d'un notaire pour entrer, il y a deux ans, dans le 5e léger. Doué d’une grande intelligence et d’une certaine finesse d’esprit, il ne tarda pas à captiver la bienveillance de ses chefs, qui, aussitôt que les réglemens le permirent, lui donnèrent le grade de sous-officier ; mais à peine quelques mois furent-ils écoulés, qu’il se rendit coupable d'une soustraction de 200 rations de pain en altérant des chiffres portés sur les bons de la compagnie. Moreau-Duplanty fut pour ce fait condamné à trois ans de prison, que, depuis le mois de février dernier, il subissait au pénitencier de Saint-<lb/>Germain.<lb/>Arrivé au pénitencier, Moreau-Duplanty obtint d'être employé aux écritures dans le bureau do l’adjudant-chef de la prison ; à ce titre, Moreau jouissait d'un peu de liberté dans l’intérieur de la maison, et avait une cellule mieux située que celle de ses co-détenus. De cette cellule, on avait vue sur la place d’Armes de Saint-Germain et sur les maisons voisines. Dans l’une de ces maisons habite une jeune personne servant à titre de dame de compagnie chez une parente de l’un de nos maréchaux de France. Moreau la remarqua et parvint à fixer ses regards ; bientôt s’échangèrent de part et d'autre des signes d’intelligence qui témoignaient d'une affection naissante et réciproque. Au langage des yeux et des mains succéda une correspondance sentimentale que la surveillance des gardiens de la prison saisit plus d'une fois au passage ; mais les sollicitations pressantes du prisonnier, fortifiées par les pleurs de la jeune personne, attendrirent les cerbères, qui, dès ce moment facilitèrent leurs relations amoureuses. De plus en plus pressans, les deux amans obtinrent des entrevues plus rapprochées, ils purent échanger quelques paroles ; et cependant ils n’étaient heureux qu'à demi.<lb/>La porte principale du château de Saint-Germain était confiée à Grandry, ancien militaire ; Moreau flatta son amour-propre, et par son intermédiaire, il parvint à faire franchir à Mlle Clémentine le fossé de 30 pieds de large et de 60 pieds de haut qui sépare le château de la place d'Armes.<lb/>Depuis quelques semaines cette intrigue amoureuse se continuait, lorsque M. Marion, marchand de papier à Paris, reçut une lettre signée Gustave Moreau, vicomte de Plancy, qui le priait de lui envoyer quelques cahiers de papiers à lettre glacés et parfumés, avec vignettes, et estampés à la couronne de vicomte. Ce premier envoi fut exactement payé par un mandat de 10 fr. sur la poste. Puis eut lieu une seconde commande de la valeur de 15 fr. qui fut payée de la même manière. Ces objets, comme on le pense bien, étaient destinés à être offerts en cadeau à Mlle Clémentine et devaient principalement servir à alimenter la correspondance des deux amans. Mais ce n'était pas assez ; Moreau avait reçu quelques cadeaux de sa sensible amie, et en échange il voulut lui offrir quelques objets qui fussent dignes d'elle et de son amour ; en conséquence il songea aux moyens de s’en procurer. Voici ce qu’il écrivit à M. Marion :<lb/>« Château de Saint-Germain, le 13 août 1837<lb/>Monsieur,<lb/>J'ai reçu hier matin votre petit paquet renfermant une foule de petits objets charmans quoiqu'un peu chers. Il a été ouvert devant plusieurs jolies dames qui toutes ont voulu des sachets et du joli papier, de sorte que tout ce j’avais demandé pour moi m’a été enlevé. Je viens donc vous prier de m'adresser pour demain ou après-demain sans faute :<lb/>6 cahiers de papier comme celui-ci avec le chiffre G. P., et la couronne comme celui que j'ai reçu hier ;<lb/>6 cahiers de main et avec 3 G. P. couronnés et 3 S. D. (timbre-cachet).<lb/>Je désirerais avoir un album bien relié et composé de dessins des meilleurs artistes, tels que jolis sujets de femme, sujets gais et voluptueux sans être triviaux. Si vous en avez de plusieurs genres envoyez m’en un de chaque genre, je choisirai et je vous renverrai ceux que je ne voudrai pas. Mais si je les reçois comme votre paquet au milieu d’une foule de dames plus charmantes les unes que les autres, je cours grand risque de ne rien vous renvoyer du tout.<lb/>Vous m’annoncez 3 cahiers de papier, ornement en or ; tâchez de m’adresser en même temps que le papier, des albums de premier choix, de plus 12 enveloppes décorées en or.<lb/>J'ai l'honneur, etc.,<lb/>Gustave Moreau, vicomte de Plancy »<lb/>M. Marion, au reçu de cette lettre, croyant avoir affaire à un grand seigneur, s’empressa d’expédier les marchandises. Bientôt M. Marion reçut une nouvelle lettre par laquelle M. le vicomte de Plancy demandait quelques autres objets. Elle était ainsi conçue :<lb/>« Monsieur,<lb/>J’ai reçu seulement aujourd’hui votre lettre d'hier, mais elle ne répond pas à toutes les demandes que je vous ai faites ; vous ne me dites pas si vous pourrez m’estamper du papier au chiffre que je vous ai envoyé, et que je joins encore ici. Remarquez la forme de la couronne. Veuillez me répondre à ce sujet, en m’envoyant les objets ci-après :<lb/>1° Deux sachets de la même odeur que le papier sur lequel je vous écris aujourd'hui : ce parfum est délicieux ;<lb/>2° Un petit flacon, si vous en avez, d’extrait de rose.<lb/>Deux bâtons de cire rouge, et deux de cire noire, première qualité.<lb/>Deux cahiers de papier à filet d’or, et vignettes représentant de jolis dessins.<lb/>Une petite boîte de pains transparens de toutes couleurs, mais pas de jaunes, car, dans ma campagne, les dames n’en veulent pas user.<lb/>Une petite boîte de plusieurs genres de pains à devise ; plusieurs de chaque devise, toutes ayant trait à des sentimens amoureux.<lb/>Je vais samedi à une campagne à deux lieues de la mienne, je désire avoir ces objets pour vendredi soir, afin de pouvoir les emporter. Joignez-y quelques modèles de papier si vous en avez que je ne connaisse pas ; c'est pour montrer à une jeune dame, afin qu’elle choisisse ; et à mon retour, qui aura lieu avant la fin de la semaine prochaine, je vous ferai une forte demande, tant pour moi que pour cette dame, qui est fort délicate dans ses goûts.<lb/>Vous estamperez tous ces papiers à mon chiffre G. P.<lb/>Et vous les parfumerez, mais je désirerais que la couronne soit au-dessus des chiffres et non au-dessus de l’encadrement; c'est plus original et d’un genre plus distingué ; qu'en pensez-vous ? Du reste, je vous déclare que s’il n'y avait pas d’encadrement, cela me serait bien égal.<lb/>Lisez bien ma lettre, et surtout n’oubliez rien pour vendredi soir, car les jolies femmes que je dois recevoir ne me pardonneraient jamais.<lb/>J’ai l'honneur, etc.<lb/>Gustave M..., vicomte de Plancy »<lb/>Le lendemain avant que l’envoi fût expédié pour Saint-Germain, M. Marion reçut par la poste un petit billet ainsi conçu :<lb/>« Monsieur, je vous écris à la hâte pour vous dire de joindre à votre envoi de demain une de ces jolies boîtes à mettre la cire à cacheter, le papier, etc., que j'ai vues chez vous, ce que vous aurez de plus joli. Faites-moi une petite caisse de plusieurs albums et plusieurs boîtes, et envoyez-moi cela pour demain. Tâchez le mettre cela à la voiture de midi ou une heure, afin que cela arrive à ma campagne pour cinq heures et demie, heure à laquelle tout le monde sera réuni pour le dîner.<lb/>Joignez-y aussi quelques jolies plumes peintes et quelques autres objets de fantaisie, selon votre bon goût, et je suis sûr que le tout sera joli. Je voudrais avoir quelques tablettes de bal, ornées d'or. »<lb/>Lorsque le moment du paiement arriva, le prétendu vicomte de Plancy écrivit une lettre annonçant qu'il partait pour Cherbourg et priait M. Marion de lui envoyer sa facture, poste restante, avec quelques cahiers de papiers dont il aurait besoin dans son voyage, et<lb/>Qu’il serait de retour à une certaine époque.<lb/>Le jour de l'ouverture du chemin de fer, M. Marion fut du nombre des Parisiens qui se précipitèrent dans les wagons ; arrivé au Pec, il contempla le château et se voyant si près de son client, il eut idée d’aller le visiter. Quelle fut la surprise de l’honnête marchand, lorsqu’en débouchant sur la magnifique pelouse de la terrasse et après avoir rajusté sa toilette et redressé sa cravate, il se présenta timidement au concierge du château, demandant à parler à M. le vicomte. Mais la tenue militaire du concierge et l’inscription en majuscules : Pénitencier placée sur le fronton du château, lui inspirèrent tout-à-coup une certaine appréhension. Il questionna le gardien Grandry, qui, ainsi que nous l’avons vu, favorisait si complaisamment les amours de son prisonnier. Poussant jusqu'au bout son rôle de complaisance, il fit croire à M. Marion que le vicomte Duplanty avait sa campagne à quelques lieues de Saint-Germain. Enfin, de informations plus claires ayant été prises, Moreau-Duplanty fut mis dans une des cellules destinées aux hommes punis, en attendant qu’il fût donné suite à la plainte.<lb/>[p. 217] Les papiers de ce jeune homme furent saisis par l’adjudant-chef du pénitencier. Avant de les inventorier, il voulut lire la correspondance avec Mlle Clémentine ; mais, ô malheureuse idée ! les lettres tremblent dans ses mains à la lecture de certains passages dans lesquels s’exhalent les soupçons jaloux de Mlle Clémentine… Et quel est l’objet de ces soupçons ? ... Quel nom frappe les yeux de l’adjudant ? Quel nom a frappé ses yeux ? Hélas ! c'est celui… de sa femme !<lb/>Malgré ses transports de fièvre et de colère, l’adjudant-chef eut ]e courage de dévorer la lecture de cent dix lettres qu’il avait entre les mains. Dans cette position assez difficile, le malheureux fonctionnaire n’eut pas le courage d’obéir à ses instructions et de mettre sous le scellé cette malencontreuse correspondance. Il déchira ces lettres maudites et en livra les débris aux flammes... Depuis il avoua à ses supérieurs ce premier mouvement de rage : et ses torts, bien pardonnables d'ailleurs, furent d’autant mieux oubliés qu’il avait eu la précaution de garder les lettes les plus nécessaires à la constatation du délit imputé à Moreau-Duplanty, et à Grandry, son complice.<lb/>A l'audience d’aujourd'hui ces faits ont été renouvelés par les dépositions aussi bien que par l’interrogatoire des prévenus.<lb/>Après avoir entendu M. Brès, gouverneur supérieur du pénitencier, et l'adjudant-chef de cette prison, on appelle la jeune personne dont nous avons parlé. Tous les yeux se fixent sur le témoin, qui s'avance vers le Conseil. Un voile noir dérobe ses traits aux regards curieux du public.<lb/>M. le président : Quel est votre âge, votre profession ?<lb/>Mlle Clémentine, d’une voix douce : Bientôt trente ans ; je suis dame de compagnie de Mme la comtesse de…<lb/>M. le président : Je ne veux point entrer dans des questions qui puissent vous blesser : cependant je suis obligé de vous demander comment vous avez fait connaissance avec Moreau-Duplanty.<lb/>Mlle Clémentine : Il était prisonnier ; il avait l’air si malheureux, le visage collé contre les gros barreaux de la prison, et puis il me regardait d’un air si tendre que je me surpris moi-même à le regarder avec tendresse. Un jour je reçus une lettre de ce jeune homme qui me peignait sa douleur ; je lui répondis pour lui donner du courage afin de supporter sa captivité avec résignation. Il me vint une autre lettre, puis une troisième, auxquelles je répondis ainsi de suite, et voilà comment nous nous sommes connus.<lb/>M. le président : Vous avez obtenu l'entrée du Pénitencier ?<lb/>Mlle Clémentine : Oui, M. le président ; il désirait me parler de vive voix ; il disait qu'il voulait me parler de mariage ; un gardien a été assez bon et assez sensible à notre peine pour nous mettre en présence quand les supérieurs du Pénitencier étaient absens.<lb/>M. le président : N’avez-vous pas reçu beaucoup de cadeaux de Moreau du Planty, et ne sont-ce pas les objets de luxe que vous voyez étalés sur le bureau ?<lb/>Mlle Clémentine : Oui, Monsieur, mais je lui ai fait des cadeaux et des prêts d'argent qui valent plus que tous ces objets et que je lui ai donnés de bien bon coeur. Je savais qu’il appartenait à une bonne famille, et que la faute qu’il avait commise n’était qu’une étourderie.<lb/>M. le président : Ne vous a-t-il pas parlé d'un projet d'évasion, et pour y parvenir ne s’était-il pas procuré un poignard ?<lb/>Mlle Clémentine : Il m'avait parlé en effet d'un projet semblable ; mais le poignard n’avait rien à faire avec ce projet. Il s'était procuré cet instrument pour tuer, me disait-il, ceux qui lui parleraient mal de moi, et qui lui diraient que je faisais mauvais usage de mon état de liberté. Un jour il me le montra par la croisée en me faisant signe qu’il voulait s’en servir ; alors je lui écrivis que je voulais avoir ce poignard chez moi, et qu’il eût à me le faire remettre sur-le-champ. Une demi-heure après ma lettre reçue j’eus le poignard chez moi. Je lui en fis mon compliment.<lb/>M. le président : Moreau n'a-t-il pas cherché à vous emprunter une somme de 500 fr. pour payer ces objets ?<lb/>Mlle Clémentine : Oui, Monsieur, cela est très vrai. Je les aurais prêtés si je les avais eus en mon pouvoir dans ce moment-là.<lb/>M. le président : N’a-t-il pas voulu vous faire donation d’une somme importante ?<lb/>Mlle Clémentine : Il m'a envoyé cette donation, pour la signer à titre d'acceptation ; mais lorsque j’ai su ce dont il s'agissait j'ai renvoyé cette pièce sans la signer, et je lui ai déclaré que je ne voulais riens de ses biens qu’après la conclusion du mariage.<lb/>Les dépositions des autres témoins confirment les faits que nous avons exposés.<lb/>M. Mévil, commandant-rapporteur, soutient la triple prévention de faux, d’escroquerie et de corruption envers un fonctionnaire, contre Moreau-Duplanty et abandonne la prévention, en ce qui touche Grandry, à la sagesse du Conseil.<lb/>Me Dupin présente la défense du jeune Moreau-Duplanty, et démontre que les faits qui lui sont imputés ne constituent pas les délits prévus par la législation. Il termine en donnant à son jeune client une vive admonition, et l’engageant à avoir une meilleur conduite à l'avenir.<lb/>Me Joffrès présente la défense de Grandry, qui, après avoir servi honorablement dans les rangs de l’armée, avait trouvé une retraite au château de Saint-Germain.<lb/>Le Conseil, après quelques instans de délibération, prononce l’acquittement des deux prévenus. »</p>
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              <p>Gazette des tribunaux, journal de jurisprudence et des débats judiciaires, édition de Paris, treizième année, numéro 3838, 28 décembre 1837, p. 216-217.</p>
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              <p>« Pénitencier militaire de Saint-Germain<lb/>En entrant sous cette vaste porte sombre, en franchissant cette grille dont la clef est tenue par un sous-officier, oublions les brillantes fêtes, les magnifiques splendeurs, le luxe royal dont ce château fut un temps le théâtre ; préparons-nous plutôt à la visite que nous allons faire par le souvenir des grandeurs déchues qui ont remplacé dans ces lieux la majesté de Louis XIV émigré à Versailles ; dans ces tours, le long de ces vastes balcons, erra madame La Vallière, consolée par de rares visites jusqu’au jour où son âme aimante ne trouva plus que Dieu qui pût remplir le vide laissé par le grand roi ; dans ce corps de logis qui fait face à la pelouse, Jacques II qui, pour être un prince imbécile, n’en dut pas être moins malheureux, passa plus d’une triste soirée, entre sa femme et sa fille, reportant sa pensée à la belle réception que lui avait faite son hôte de France et que suivit l’abandon nécessairement réservé au malheur qui s’abrite trop près des grandes prospérités. Le triste monarque, dont le doyen de Killerine nous montre la modeste cour, mourut là, faisant ces rêves de restauration que plusieurs générations devaient continuer ; sa femme, sa fille, y moururent après lui. Depuis lors, les princes de France semblèrent éviter la contagion de déchéance dont les murs de Saint-Germain étaient imprégnés : le château devint une caserne, puis une école militaire de cavalerie, et enfin il est devenu ce que vous annoncent ces grilles, ces verrous, ces murs qui s’ajoutent à la profondeur des fossés, un pénitencier militaire.<lb/>Si, en entrant dans ces cours, en entendant fermer derrière soi toutes ces ferrures, on n’éprouve pas ce sentiment de cœur, ce pressentiment douloureux qui vous accueille à la porte de toute prison, c’est qu’on sait que là on ne va pas voir le crime hideux, endurci par le temps, rendu incorrigible par les mauvaises passions, par les habitudes de corruption et de débauche ; on se dit que toute cette population, qu’une faute a privée pour un temps de sa liberté, est dans la force de l’âge, que tous ces prisonniers ont un avenir, qu’ils vivaient sous une loi exceptionnelle, sous la loi militaire, dont la rigueur nécessaire fait un crime, un crime sévèrement puni, de ce qui, pour un jeune homme de cet âge, dégagé des liens de fer de la discipline, ne serait souvent qu’un tort excusable, ignoré du monde et couvert par l’indulgence de la famille. Pénétrons donc sans hésitation dans cette maison de rachat ; nous ne verrons que des corps jeunes et robustes, apprenant à faire un emploi intelligent de leurs forces, des cœurs qui s’émeuvent à tous les nobles sentiments, et qui travaillent à se réhabiliter assez pour être encore dignes de porter l’uniforme.<lb/>Cette institution, qui, jusqu’à présent, a donné les plus heureux résultats, a été appliquée, pour la première fois, à l’armée par ordonnance royale du 3 décembre 1832. Les essais en furent faits dans les bâtiments de l’ancien collège Montaigu, situés entre le collège Sainte-Barbe et la place du Panthéon ; mais ce local, dont les sombres constructions vont disparaître dans les plans d’amélioration et d’embellissement qui vont s’exécuter dans ce quartier, devint bientôt trop étroit pour le nombre de détenus ; il fallut faire un nouveau choix et, au mois d’avril 1836, le pénitencier militaire fut transféré à Saint Germain. Les vastes appartements, les galeries, avaient été distribués en rangées de cellules ordinaires, où chaque prisonnier se retire le soir ; les celliers avaient fait place à des cellules ténébreuses, où sont renfermés ceux qui ne se soumettent pas à l’ordre de la maison. L’immense hauteur des salles d’armes, des salles de gala, avait été coupée en plusieurs étages d’ateliers, et le château royal pouvait recevoir cinq cents prisonniers. La haute surveillance du pénitencier est remise à M. le lieutenant général comte Sébastiani, commandant de la première division, et qui, plus d’une fois, a manifesté le chaleureux intérêt qu’il porte à l’établissement : chaque année, un inspecteur général est désigné par le ministère de la Guerre pour lui faire un rapport sur les résultats de l’année et les améliorations à obtenir.<lb/>Cette création, dont tout l’honneur revient à M. le maréchal Soult, est surtout remarquable par ce point que le condamné militaire est seulement suspendu de son service, mais ne cesse pas de faire partie de l’armée et reste soumis au code particulier qui la régit. Lorsqu’il entre dans le pénitencier, où l’envoie le jugement d’un conseil de guerre, il est dépouillé pour un temps de l’uniforme de son régiment et en revêt un de couleur grise, dont la forme rappelle beaucoup celui de la petite tenue du cavalier, et dont la simplicité n’admet aucune de ces couleurs voyantes et bariolées dont on affuble ordinairement les détenus. La tenue militaire est de rigueur pour tous les chefs employés à l’établissement ; ces chefs sont encore soumis à tout ce qu’ils devaient observer à l’égard de leurs soldats : il leur est défendu d’injurier, de maltraiter de gestes ou de paroles les détenus, qui, de leur côté, doivent le respect à leurs chefs de tout grade. Afin que personne n’en ignore, les dispositions qui règlent ces devoirs réciproques sont lues tous les dimanches à l’inspection. Tous les mouvements [p. 344] sont réglés par le commandement militaire ; le compte de masse que le condamné avait à son régiment est transmis à l’administration, qui continue à le régler de la même manière ; les fautes contre la discipline sont punies disciplinairement ; les délits et les crimes sont soumis aux conseils de guerre ; enfin, à l’expiration de leur peine, ceux qui n’avaient plus qu’un an de service à faire sont renvoyés dans leurs foyers, les autres sont dirigés sur un des trois bataillons d’infanterie légère d’Afrique ; quelques-uns, par une exception que leur mérite une conduite exemplaire, obtiennent la faveur de rentrer, aussitôt après leur libération, dans des régiments de l’armée intérieure.<lb/>Le système d’Auburn est celui dont se rapproche le plus le système de Saint-Germain, c’est-à-dire que les prisonniers couchent isolément dans des cellules et mangent et travaillent en commun et en silence. Pendant les récréations, ils peuvent parler. Nous allons examiner l’emploi d’une journée de travail pendant l’hiver.<lb/>A six heures et demie du matin, un tambour choisi parmi les prisonniers bat la diane, signal du réveil ; les sous-officiers surveillants prennent les clefs de leurs divisions respectives et vont ouvrir les cellules. Chaque détenu nettoie sa demeure nocturne, plie dans des dimensions données ses couvertures et le sac de campement dans lequel il couche ; les ablutions corporelles ont lieu dans les corridors, du 1er octobre au 1er avril ; le reste de l’année, elles ont lieu dans la cour ; tous les détails d’une propreté parfaite sont scrupuleusement surveillés et s’exécutent en silence.<lb/>Environ un quart d’heure après, les détenus descendent en ordre dans la cour ; l’appel a lieu de la même manière et avec les mêmes batteries que dans la ligne ; les hommes sont formés en bataille sur trois rangs et inspectés. La distribution de pain se fait immédiatement ; chaque homme reçoit pour sa journée une ration de pain de même poids et de même qualité que celui délivré à la garnison. Aussitôt après, au commandement de l’adjudant de semaine, tous les détenus sont conduits en ordre et au son de la caisse à leurs ateliers ; chacun d’eux se rend à la place qui lui est assignée et se met à l’œuvre ; à l’exception d’explications données à voix basse par les contre-maîtres, un silence complet règne partout ; rompre ce silence est un cas de punition.<lb/>A huit heures et demie a lieu la visite du chirurgien-major ; il visite les malades mis à l’infirmerie pour indisposition légère ; à la tisanerie il reçoit ceux qui viennent se présenter, prescrit les remèdes nécessaires et envoie à l’hôpital du lieu ceux dont l’état exige cette translation ; là, dans une salle consignée, ils reçoivent, comme tous les autres malades, ces soins touchants que l’on rencontre partout où se trouvent les dignes sœurs de la charité.<lb/>A onze heures du matin, un roulement donne le signal du repas ; les hommes sortent des ateliers en ordre et se forment en bataille ; au commandement de l’adjudant, ils entrent au réfectoire, tous s’arrêtent devant leur place accoutumée et se tiennent debout ; à un coup  d baguette, tout le monde s’assied et le repas commence.<lb/>A son arrivée au pénitencier, chaque détenu est pourvu d’un litre, d’une gamelle de même contenance et d’un gobelet d’un quart de litre, le tout en étain ; il reçoit, de plus, une cuiller de bois et un couteau à pointe arrondie ; tous ces objets sont disposés sur la table à la place du détenu auquel ils appartiennent.<lb/>Les rations sont individuelles ; elles consistent, pour le repas du matin, les mardi, jeudi et dimanche, en une soupe grasse et une portion de viande désossée pesant quatre-vingt-douze grammes ; et pour le repas du soir, les mêmes jours, en une soupe aux légumes ; les autres jours de la semaine, les détenus reçoivent, pour leur repas du matin, une soupe aux légumes, et pour le repas du soir une portion de légumes assaisonnés.<lb/>Les détenus qui se conduisent bien peuvent améliorer leur nourriture en prenant à leurs frais, au repas du matin, un quart de litre de vin, dix centimes de fromage, un demi-kilog. de bain bis-blanc. On retire cette permission pendant un temps donné à ceux qui se font infliger des punitions.<lb/>A onze heures et demie, un nouveau coup de baguette annonce la fin du repas ; les hommes, qui, pendant toute sa durée, ont gardé le silence, se lèvent, sortent en ordre et vont au préau de la récréation ; là encore ils sont suivis par ces conseillers muets qu’une bienveillante prévoyance à multipliés autour d’eux ; des inscriptions ingénieusement choisies mettent sans cesse sous leurs yeux des avis résumés en phrases courtes et qui frappent l’esprit en se fixant dans la mémoire. Dans leurs ateliers, si un moment de découragement a ralenti leur ardeur, en levant la tête, ils ont lu :<lb/>LE TRAVAIL DU CORPS DELIVRE DES PEINES DE L’ESPRIT<lb/>Dans ces inscriptions, ils trouvent même une protection : si un maître d’atelier ou un surveillant oubliait les recommandations du règlement, l’ouvrier peut lui montre sur la muraille :<lb/>REPRENDS TON PROCHAIN AVANT DE LE MENACER<lb/>Dans les préaux, il n’a pas suffi de défendre les mauvais propos et les jeux de hasard : il a fallu mettre ces hommes en garde contre l’entraînement de la colère ou de leurs courts loisirs ; ils lisent ici :<lb/>POINT DE PRIORITE POSSIBLE AVEC LA PASSION DU JEU : ON COMMENCE PAR ETRE DUPE, ON FINIT PAR ETRE FRIPON<lb/>Et là :<lb/>DANS UN CŒUR PERVERS, LA PASSION DU JEU MENE A L’ECHAFAUD ;<lb/>DANS UNE AME HONNÊTE, ELLE CONDUIT AU SUICIDE<lb/>Toutes ces pensées sont salutaires, utiles ; mais nous ne pouvons nous refuser à en citer encore qui nous ont surtout frappé. En entrant au pénitencier, le condamné trouve sa sentence justifiée par la morale quand il aperçoit devant lui, dans la première cour, ces mots :<lb/>QUICONQUE ENFREINT LA LOI N’EST PAS DIGNE D’ÊTRE LIBRE<lb/>Enfin, en sortant, voici la dernière pensée qu’il trouvera [p. 345] sur ces murs qu’il abandonne :<lb/>ON NE PEUT PLUS ROUGIR DE SES FAUTES QUAND ON A TOUT FAIT POUR LES REPARER<lb/>Reprenons l’emploi de la journée. Pendant que leurs camarades causent ou lisent des livres d’instruction appartenant à l’établissement, ceux qui sont illettrés vont assister à un cours d’enseignement mutuel qui a lieu à la même heure.<lb/>A midi et demi, après l’appel, les travaux recommencent, et se prolongent jusqu’à sept heures ; le souper ne dure qu’un quart d’heure ; la retraite se bat, et à huit heures un roulement annonce le coucher. Chaque homme emporte dans sa cellule son bidon rempli d’eau ; les portes sont fermées, et les clefs rapportées à un poste intérieur, où elles restent sous la responsabilité de deux surveillants de garde. Pendant la nuit, un officier de service fait, dans l’intérieur, trois rondes, pour s’assurer qu’il n’y a pas d’hommes malades ou de tentatives d’évasion, et le commandant d’une garde de vingt-six hommes placée au pénitencier est chargé des rondes extérieurs.<lb/>L’état n’apporte à ce régiment d’autre changement que d’avancer l’heure de la diane, et de prolonger d’une heure la journée d’atelier, qui se trouve ainsi portée à onze heures de travail.<lb/>Le dimanche est un jour consacré plus spécifiquement aux soins de propreté ; ce jour-là, chaque homme descend dans les préaux son sommier, son sac de campement, sa couverture et son oreiller pour les battre ; les cellules sont frottées, les portes et les serrures nettoyées à fond. Après une première inspection des sous-officiers, les prisonniers, dans leur tenue la meilleure, vont assister à la messe dans la chapelle gothique ornée par Louis XIII, et où Louis XIV fut baptisé. Du haut de cette chaire qu’ont occupée les plus grands orateurs chrétiens, un aumônier leur fait une instruction religieuse. C’est un spectacle imposant que de voir de la tribune tous ces hommes en colonne serrée, officiers et sous-officiers en tête, assister avec respect au service divin. On ne peut se défendre d’une vive émotion, lorsque, au moment où le prêtre élève l’hostie, cette masse compacte, par un seul mouvement, met le genou à terre, et écoute, dans un pieux recueillement, les chants que font entendre quelques-uns de leurs camarades placés derrière l’autel. On est bien plus impressionné encore si l’on vient à apprendre là que ces voix énergiques chantent des vers composés par un de ceux qui les a précédés dans ce séjour d’expiation, un jeune soldat que son talent, ses malheurs et son repentir ont rendu célèbre, il y a quelques années. J’ai vu plus d’un œil devenir humide quand une voix jeune et fraîche fait entendre ces paroles :<lb/>Sur nous qui t’implorons, à genoux sur la pierre,<lb/>Sur nous tous, qu’un moment d’imprudence et d’erreur,<lb/>Conduisit en ce lieu, domaine du malheur,<lb/>O Dieu ! laisse tomber un regard tutélaire.<lb/>Et plus loin :<lb/>Du trône saint d’où ta main guide<lb/>Les astres roulant dans le vide,<lb/>Seigneur, Dieu clément, oh ! vois notre douleur !<lb/>Vois nos regrets et nos alarmes,<lb/>Rends-nous la liberté, nos armes,<lb/>Et finis nos jours de malheurs.<lb/>Le digne aumônier qui dirige la conscience de ces soldats leur a dit, du haut de la chaire de vérité, que tout motif humain devait être écarté dans l’accomplissement des choses saintes : « Vos actes religieux, leur a-t-il dit, sont entre le ciel et vous, et jamais ils ne serviront à vous procureur des biens temporels ». Cette règle, sagement observée, éloigné tout soupçon d’hypocrisie. Le 30 avril dernier, une soixantaine de détenus ont reçu la communion des mains de monseigneur l’évêque de Versailles, qui vient tous les ans visiter et consoler les habitants du pénitencier.<lb/>Les touchantes allocutions de ce pasteur, les sages instructions de l’aumônier, ne sont pas les seuls moyens que l’on emploie pour fortifier dans le cœur des prévenus le désir de [p. 346] leur régénération morale ; le lieutenant-colonel Boudonville, commandant du pénitencier, seconde puissamment tous les sentiments qui peuvent ramener au bien ces jeunes citoyens, qu’un seul instant d’erreur a souvent amenés là ; un registre de moralité est établi avec un soin scrupuleux, et présente un compte ouvert à chaque homme : on y inscrit exactement les profès successifs dans la conduite et le travail, ainsi que les punitions et les motifs de ces punitions. A deux époques de l’année, au 1er mai et dans le mois de novembre, le commandant va examiner les titres que peut avoir chaque détenu à la clémence royale ; mais cette faveur ne peut s’étendre qu’à ceux qui ont au moins subi la moitié de leur captivité : les lettres de grâce qui réduisent ou remettent la peine sont lues à la grande revue du dimanche, à midi, en présence de tous les détenus formant le carré. C’est là un beau jour pour tous, et pour ceux qui sont rendus à la France, à l’armée, à leur famille, et pour ceux à qui la délivrance de leurs amis semble dire : Méritez, espérez.<lb/>Le lendemain de ce jour de délivrance est souvent triste et plein de regrets. On sait, en effet, que les abords des prisons, les jours où les portes doivent s’ouvrir, sont assiégés par des hommes perdus, par d’ignobles femmes, qui, spéculant à chaque fois sur le pécule amassé pendant la captivité, sur les privations subies, sur l’enivrement du grand air de la liberté, guettent les libérés comme une proie, s’emparent d’eux, les entrainent à tous les désordres, à toutes les débauches, et ces heureux du matin doivent se féliciter si, le lendemain, au réveil, ils n’ont perdu que le fruit de leurs économies forcées.<lb/>L’administration du pénitencier de Saint-Germain vient de donner un bon et grand exemple. Il y a quelques jours, seize hommes avaient atteint le terme de leur expiation ou obtenu remise de leur peine : au lieu de quitter le château pour tomber dans les hideuses séductions qui déjà les attendaient, on les a vus, revêtus de l’uniforme des corps divers auxquels ils appartenaient, sortir en rangs sous le commandement d’un sous-officier, traverser au pas et en bon ordre cette ville que leurs devanciers avaient plus d’une fois troublée des excès de leur joie, et se diriger sur Versailles, où ils sont trouvé dans la discipline militaire l’appui dont ils avaient besoin contre eux-mêmes. Loin de se plaindre de cette précaution, ils ont chargé le sous-officier qui les accompagnait de leurs remerciements pour le commandant.<lb/>Rendons un juste hommage à M. le maréchal Sault, dont la prévoyant sollicitude a créé, organisé cet établissement, où, tandis que la punition se subit, l’homme s’améliore, et d’où il sort le cœur plus affermi dans le bien, l’intelligence plus cultivée, et possédant une des industries qui s’exploitent dans les huit ou neuf ateliers entre lesquels les prisonniers sont répartis. Mais pour que la généreuse pensée du ministre produisit tous ses résultats, il fallait que l’exécution en fût remise à un officier dont le cœur fut noble, la pensée droite, la raison ferme : le pénitencier de Saint-Germain a dépassé toutes les espérances, et le maréchal et les officiers recommandables de cet établissement ont reçu leur plus douce récompense quand les rapports ont constaté que parmi tous les militaires rendus à la liberté depuis 1839, on ne compte qu’une récidive sur deux cents libérés, que plusieurs ont obtenu de l’avancement, occupent des emplois de confiance et même ont mérité des distinctions. »</p>
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              <subject>Pénitencier militaire</subject>
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              <p>« Pénitencier militaire de Saint-Germain », L’Illustration, journal universel, n° 48, vol. II, samedi 27 janvier 1844, p. 343-346.</p>
            </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">L'Industriel de Saint-Germain</unittitle>
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            <unitdate normal="1851/1896" encodinganalog="3.1.3">1851-1896</unitdate>
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              <p>Dirigé par H. Picault puis Th. Lancelin</p>
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            <p>Publié</p>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_8573_actor">L'Industriel de Saint-Germain </corpname>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la revue de la garde nationale sur la Terrasse de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1851/1851" encodinganalog="3.1.3">2 novembre 1851</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Malgré la pluie froide qui, à plusieurs reprises, n’a cessé de tomber pendant la journée de dimanche 2 novembre, la revue indiquée des trois bataillons de la garde nationale de Saint-Germain a eu lieu sur la Terrasse, en présence d’un concours nombreux de spectateurs, venus là, non pour jouir du plaisir de la promenade, mais bien pour connaître leur compatriote, M. le général Magnan, que la garde nationale de Saint-Germain possédait encore dans ses rangs, comme simple garde, quelque temps après la révolution de 1830. Aussi cette circonstance, que M. le commandant en chef de l’armée de Paris n’avait pas oubliée et qu’il aime au contraire à se rappeler, lui a-t-elle fourni l’occasion d’adresser des paroles bienveillantes et même amicales à plusieurs gardes nationaux qu’il reconnut sous les armes, et auxquels il rappela quelques particularités de cette époque de sa vie où, rentré pour un moment dans la vie civile, il attendait patiemment son rappel dans l’armée avec le grade de colonel, et plus tard celui de général de brigade, récompense due au courage qu’en maintes occasions il a su déployer, car parti jeune, comme simple soldat engagé volontaire, M. le général Magnan ne doit qu’à son épée la position élevée qu’il occupe aujourd’hui.<lb/>Arrivées sur le terrain à deux heures, les autorités ont aussitôt passé à pied la revue de toutes les gardes nationales, qui se trouvaient rangées en bataille, puis ensuite M. le général Magnan est monté à cheval et, accompagné de ses aides de camp, suivis de quelques hommes de l’escadron des Guides, a passé en revue le 12e régiment de Dragons, formant la garnison de la ville. Immédiatement après, le défilé a commencé, et chacun rentrait chez soi, à 4 heures du soir, après une journée bien employée. »</p>
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              <geogname>Grande Terrasse</geogname>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 1ère année, n° 30, 10 novembre 1851, p. 143</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la revue de la garde nationale sur la Terrasse de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1852/1852" encodinganalog="3.1.3">5 avril 1852</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Lundi de cette semaine, ceux de nos lecteurs qui ont été se promener sur le parterre, vers midi, ont été surpris d’entendre résonner à leurs oreilles les accents guerriers de la musique militaire. C’était le 38e de ligne que le général S. Cavaignac, commandant du département de Seine-et-Oise, venait tout exprès passer en revue. La garnison de Saint-Germain, celle de Poissy et de Rueil, formant l’effectif du régiment, s’étaient données rendez-vous sur notre magnifique parterre. Rien n’a manqué à l’éclat de cette cérémonie. Le général, suivi d’un nombreux état-major, a passé dans chaque rang et examiné la tenue des soldats. Après cette visite minutieuse, le colonel a fait manœuvrer les troupes, et le général a applaudi à tous leurs mouvements. Le défilé a eu lieu ensuite avec beaucoup de précision et d’ensemble. Puis chaque compagnie a repris le chemin de ses quartiers respectifs. Après le défilé, nous avons pu admirer l’état-major du 38e, qui s’est rendu par la place du Château pour passer devant le quartier. On a cru un moment que nous allions être honorés de la faveur de le posséder dans notre ville, mais on a été détrompé, en le voyant s’en retourner tranquillement où il était caserné, et notre bataillon reprendre sa première demeure.<lb/>Cette revue trimestrielle de M. le général Cavaignac a été favorisée par un soleil magnifique d’autant plus précieux qu’il se montre rarement maintenant à nos yeux. »</p>
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              <geogname>Grande Terrasse</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 2e année, n° 10, 10 avril 1852, p. 38</p>
            </bibliography>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention d’une chasse du prince-président dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1852/1852" encodinganalog="3.1.3">30 octobre 1852</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Samedi 30 octobre dernier, et non mardi 2 novembre, ainsi que plusieurs journaux du département l’annoncèrent par erreur, la forêt de Saint-Germain jouissait d’une animation inusitée. Une grande chasse à courre y avait lieu vers onze heures du matin. Elle était conduite par M. le président de la République, accompagné du ministre de la Guerre, de plusieurs généraux et d’un grand nombre de personnages de distinction. Le rendez-vous était au château de la Muette. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 2e année, n° 31, 10 novembre 1852, p. 138</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Note concernant les chasses impériales prévues dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">4</unitid>
              <unitdate normal="1853/1853" encodinganalog="3.1.3">15 janvier 1853</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« S’il faut en croire des renseignements qui nous ont été donnés par une personne que nous croyons bien informée, l’Empereur aurait choisi la forêt de Saint-Germain pour son terrain de chasse habituel. On travaille activement à l’installation de la Vénerie, et nous devons nous attendre à voir arriver ici très prochainement les équipages de Sa Majesté.<lb/>Il y aura, dit-on, deux meutes à Saint-Germain, la meute de l’Empereur et une seconde, dite meute de Saint-Germain. On chassera deux fois par semaine. L’Empereur n’aura pas de jour fixe, mais il y aura chasse tous les jeudis par le premier veneur et les officiers de la Maison de Sa Majesté. Il sera loisible de suivre la chasse du jeudi à cheval, à pied ou en voiture. Lorsque l’Empereur chassera, les seules personnes qui auront reçu le bouton de la Maison de Sa Majesté seront admises à suivre la chasse.<lb/>Il sera toujours facile à l’Empereur, avec un équipage de chiens anglais très vites de pied, de forcer un cerf en trente-cinq ou quarante minutes ; ainsi Sa Majesté, par la proximité de Saint-Germain, pourra une fois par semaine se procureur le plaisir de forcer un cerf en ne s’éloignant de Paris que pendant trois heures au plus, et de se livrer à un exercice qui sera favorable à sa santé, et qui le distraira un moment de ses graves et importantes préoccupations.<lb/>Il existe déjà environ trente cerfs dans la forêt de Saint-Germain, en y comprenant les jeunes bêtes ; on croit savoir que des ordres vont être donnés pour que quarante grands animaux soient pris dans diverses forêts et dirigés sur Saint-Germain. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 3e année, n° 3, 15 janvier 1853, p. 5</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de chasses impériales dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1853/1853" encodinganalog="3.1.3">12-17 février 1853</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Samedi 12 et jeudi 17 du courant, les chasses impériales ont commencé dans la forêt de Saint-Germain. Dirigées toues deux par le grand veneur seulement, la première a duré environ deux heures, après quoi le cerf a été forcé dans l’acul d’Achères, au pont de l’Ambassadeur : l’attaque avait eu lieu à l’Etoile-de-Berry. Jeudi, le bruit circulait que S. M. l’Empereur devait chasser en personne, aussi, malgré le temps froid et la neige qui commençait à tomber, y eut-il foule parmi les promeneurs, désireux de jouir du coup d’œil d’un rendez-vous de chasse princier, plaisir dont Saint-Germain se trouvait privé depuis si longtemps ; mais il n’en fut rien, car une fois arrivée au rendez-vous, la chasse ne put avoir lieu, la fermeté du terrain ayant empêché l’attaque du cerf qui avait été découvert le matin par les valets de limiers. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 3e année, n° 8, 19 février 1853, p. 28</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1853/1853" encodinganalog="3.1.3">12 mars 1853</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Deux fois, chaque semaine, la forêt de Saint-Germain se trouve animée par les chasses impériales. Toujours dirigés par le grand veneur, et souvent même par un des veneurs seulement, les équipages de la vénerie de Sa Majesté viennent y forcer un cerf, afin d’exercer la meute. Ainsi, mardi, les promeneurs qui se trouvaient en forêt, à peu de distance de la ville, ont pu voir le cerf, forcé par plusieurs chiens, venir se jeter dans la mare aux Cannes, après en avoir fait plusieurs fois le tour, et y être tué au milieu des glaces qui n’étaient pas encore fondues. Hier vendredi, un incident tout particulier est venu la signaler, et beaucoup d’habitants, sans sortir de la ville, ont été témoins de la chasse car, attaqué vers une heure au milieu de la forêt, un beau cerf, forcé par cinq ou six chiens, est sorti du bois sur la route des Loges et s’est réfugié dans un des coins de la cour de la Vénerie, dont la porte est toujours ouverte, et qui est située à la grille de Pontoise. Après un repos de quelques heures, pendant lequel la foule s’était amassée compacte, on est parvenu, non sans peine, à le faire sortir, et l’attaque ayant recommencé, la pauvre bête, fatiguée d’une telle course, s’est lancée dans une partie de la forêt nommée la Réserve, de l’autre côté de la route de Poissy, où elle n’a pas tardé à être prise de nouveau près la mare Plate. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 3e année, n° 11, 12 mars 1853, p. 38</p>
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          </c>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1853/1853" encodinganalog="3.1.3">15 mars 1853</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mardi dernier, une nouvelle chasse à courre, sans incident particulier, et dirigée par le prince Edgard Ney, accompagné de MM. le baron Lambert, de Mouchy, de Noailles et autres notabilités, a eu lieu dans la forêt de Saint-Germain. Partis de la Vénerie à onze heures et demie, les équipages de Sa Majesté se sont rendus au pavillon de la Muette, lieu désigné pour le rendez-vous, et, vers midi et demi, l’attaque commençait dans les petites routes du côté de l’accul de Fromainville. Poursuivi par vingt-huit chiens, le cerf, après avoir passé au pont de l’Ambassadeur, est venu à plusieurs reprises du côté de la Faisanderie, derrière les Loges, à la croix de Noailles, au chêne de Bon-Secours, à la mare aux Cannes, dont il fit deux fois le tour sans y entrer, car elle était entourée d’une affluence considérable de curieux, et de là à l’accul de Carrières. Faisant aussitôt un contre-pied, l’animal, dont une partie des chiens avait alors perdu la trace, traversa de nouveau la route des Loges, se rendit à l’accul de Poissy, revint sur ses pages, passa encore une fois au chêne de Bon-Secours, à la mare aux Cannes, à la Place Verte, puis enfin à la vente du Buisson Richard, au-dessus du Val, près de la porte donnant sur la plaine, où il fut forcé et tué vers 5 heures, après une course qui n’avait pas duré moins de quatre, sans discontinuer. Favorisée par un assez beau temps, pas trop froid, cette chasse, qui a été suivie par beaucoup de promeneurs à pied, à cheval et en voiture, a pu être vue facilement aux différents points que nous venons de désigner. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 3e année, n° 12, 19 mars 1853, p. 42</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’un passage du couple impérial à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1853/1853" encodinganalog="3.1.3">16 juin 1853</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Jeudi dernier, Saint-Germain a joui, pendant quelques minutes, de la présence de MM. MM. l’Empereur et l’Impératrice. Arrivées de Saint-Cloud vers cinq heures du soir, pour se rendre en forêt, au pavillon de la Muette, où un dîner à leur intention avait été préparé dans la journée, Leurs Majestés ont traversé, presque sans escorte et précédées seulement de quelques piqueurs, la place Royale, le Boulingrin, le Parterre, et ont relayé au rond des fleurs de notre belle Terrasse. Les chevaux et les équipages, sortis de la Vénerie une heure avant, ayant entraîné à leur suite quelques promeneurs, une foule assez compacte, grossissant d’instant en instant, environnait les voitures au moment du relai, et a témoigné de sa joie par les cris répétés de : Vive l’Empereur ! vive l’Impératrice !<lb/>Vers 10 heures du soir et après le dîner, pendant le durée duquel la musique des Guides a donné un charmant concert que l’écho de la forêt répétait au loin, Leurs Majestés sont revenues par la même route et se sont arrêtées de nouveau pour relayer au même lieu, où les attendait une foule plus considérable encore qu’à leur arrivée, qui les a saluées des mêmes acclamations.<lb/>Aussi était-ce une véritable fête pour notre ville, peu habituée maintenant à ces visites, et qui, pour la première fois, possédait alors l’Empereur et l’Impératrice. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <geogname>Jardins</geogname>
              <geogname>Grande Terrasse</geogname>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 3e année, n° 25, 18 juin 1853, p. 99</p>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">9</unitid>
              <unitdate normal="1853/1853" encodinganalog="3.1.3">1er août 1853</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Le même jour, il y a eu chasse dans notre belle forêt. LL. MM. l’Empereur et l’Impératrice y assistaient avec leur suite. Aussitôt leur arrivée au pavillon de La Muette, lieu du rendez-vous, l’attaque a commencé dans une partie de bois non loin de là ; il pouvait être trois heures et demie, et, à sept heures et demie du soir, la chasse finissait sans aucun résultat. Parmi les personnes de la suite de Leurs Majestés, on remarquait la présence de madame de Pierre, qui était à cheval en amazone, et a suivi la chasse pendant assez longtemps. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 3e année, n° 32, 6 août 1853, p. 128</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">10</unitid>
              <unitdate normal="1853/1853" encodinganalog="3.1.3">15 septembre 1853</unitdate>
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            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Chasse à tir dans la forêt de Saint-Germain<lb/>Jeudi dernier, pendant tout le cours de l’après-midi, une partie de la forêt de Saint-Germain résonnait au loin du bruit des fanfares, des coups de feu et des aboiements des chiens. Une chasse à tir y avait lieu dans le tiré de Fromainville.<lb/>Partie de sa résidence de Saint-Cloud vers 10 heures du matin, Sa Majesté, accompagnée seulement de M. le comte de Bacciocchi, grand maître des cérémonies, traversait une heure après, sans escorte, notre ville, pour se rendre incognito au rendez-vous de chasse, qui eut lieu au rond du Parc, près de Fromainville.<lb/>De leur côté, LL. AA. II. le prince Napoléon et le duc d’Albe, MM. les ministres de la Guerre et de la Maison de l’Empereur, MM. les grand et premier veneurs, MM. le marquis de Toulongeon, le comte de Galvé, Edgard Ney et plusieurs autres personnages de la vénerie attendaient à la Muette l’arrivée de S. M. l’Empereur ; car, à cet endroit, d’abord, avait été fixé le rendez-vous, où se trouvaient aussi tous les équipages de chasse.<lb/>En apprenant l’arrivée de Sa Majesté au tiré de Fromainville, et le nouveau rendez-vous, tous les invités s’y rendirent et, vers midi, la chasse commençait pour se continuer sans interruption, jusque vers quatre heures. Amplement garni de gibier, ce tiré prêtait, du reste, parfaitement à la chasse, car nous tenons de source certaine que, pendant ce court espace de temps, plus de 600 pièces ont été abattues, parmi lesquelles on compte plus de 400 lapins, 5 chevreuils, des lièvres, des faisans, des perdrix et plusieurs autres pièces diverses.<lb/>Quelques promeneurs, attirés par les coups de fusil, se sont trouvés en forêt, près du lieu de la chasse, et sont rentrés à Saint-Germain vers six heures, en même temps que Sa Majesté, qui, comme le matin, traversa de nouveau notre ville dans le plus stricte incognito, sans escorte, comme un simple particulier, n’ayant dans son voiture, pour compagnon de voyage, que M. le comte de Bacciocchi. Tous deux retournaient à Saint-Cloud, où ils arrivèrent vers sept heures.<lb/>Quant aux autres personnages, qui, avec Sa Majesté, avaient pris part aux plaisirs de cette chasse, ils sont aussi rentrés en ville à la même heure, et regagnèrent leurs résidences respectives, après avoir, nous a-t-on dit, diné à Saint-Germain.<lb/>H. Picault »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>H. Picault, « Chasse à tir dans la forêt de Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 3e année, n° 38, 17 septembre 1853, p. 151</p>
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          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de travaux dans le parterre de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">11</unitid>
              <unitdate normal="1853/1853" encodinganalog="3.1.3">5 novembre 1853</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le parterre de Saint-Germain<lb/>Lors du tracé du jardin anglais, que l’on nomme le nouveau-parterre, on avait démoli les bâtiments qui se trouvaient à la partie de la forêt, dite porte Dauphine ; on n’avait laissé que les piliers et le cintre de cette porte même, qui semblait ainsi une ruine oubliée. Ces dernières pierres viennent d’être abattues et transportées dans la grande allée du jardin anglais, en face de la grille du Boulingrin. Déjà l’on voit s’élever deux piédestaux destinés à recevoir, dit-on, deux statues colossales qui doivent commencer l’ornementation des parterres.<lb/>Il est peut-être un peu tard pour parler de ces jardins, quand ils n’ont plus de fleurs et presque plus de feuilles, mais pendant les beaux jours, on admire, et l’on remet, pour parler de ses impressions, au temps où l’on ne rencontre plus le soleil. C’est donc le moment de nous souvenir un peu.<lb/>Il y a quelques années, notre parterre se composait uniquement du quinconce, de quelques allées de beaux arbres, de quelques pelouses d’un gazon souvent poudreux et les belles fleurs des grands marronniers égayaient seules cette immense verdure. Le principal ornement de l’espace qui s’étendait à l’entrée se composait de deux allées de tilleuls symétriquement alignés.<lb/>Cela ne manquait pourtant pas d’un certain charme et l’on aimait ces ombrages ; lorsqu’un jour la cognée frappé les tilleuls qui tombent en gémissant, regrettés de leurs frères et pleurés des promeneurs. L’industrie venait d’envahir [p. 180] cet asile ; le chemin de fer étendait un de ses bras jusqu’au cœur de la cité.<lb/>A quelque chose malheur est bon. Le chemin de fer dénaturait l’ancien parc ; il coupait en même temps la forêt dont une partie restait sans agrément et sans utilité ; on a réuni ces tronçons et l’on en a fait un ensemble charmant.<lb/>Nous avons toujours nos beaux arbres et notre riche verdure qu’égaient encore les fleurs blanches des grands marronniers ; seulement nous avons aussi d’autres fleurs, d’autres verdures et d’autres arbres. Où naguère il n’y avait qu’un sable aride, l’œil est maintenant réjoui par de jolies plates-bandes aux couleurs variées, aux doux parfums et qu’entourent de verdoyantes haies de troènes ; le mur blanc des fossés du château se cache derrière les pins et les tuyas, et les hautes tiges des roses trémières. A chaque pas, les fleurs arrêtent les passants et leur montrent, quand elles ont été assez regardées, une foule de plantes plus modestes, mais qui charment aussi ; elles ont remplacé le vieux mur de la petite terrasse d’où nous sautions, dans notre enfance, sur un lit de feuilles sèches.<lb/>Ce n’est pas tout : à présent, l’on va sans obstacle dans cette partie de la forêt que la voie de chemin de fer a mise de notre côté, et l’on parcourt avec délices les méandres fleuris d’un vaste jardin anglais. Qui n’a pas vu ces allées capricieuses, ces sentiers aux frais ombrages, qui partent d’un même point, se fuient et se retrouvent pour se fuir encore et se rencontrer plus loin ? Là chacun trouve, sans aller bien loin, le calme et le repos, le charme de la nature et le charme de l’art ; les chênes de la forêt, les arbres verts, les plantes exotiques, les buissons fleuris, les massifs touffus et embaumés, les points de vue pittoresques, les éclaircies habilement ménagées. Et comme les enfants jouent avec plaisir sur ces immenses pelouses où ils peuvent courir à l’aise, et dans tous ces petits chemins qui leur permettent le plus charmant jeu de cache-cache ! comme le penseur s’égare avec plaisir dans le silence et la solitude ! comme la vieillesse y respire un air pur au milieu des vertes charmilles !<lb/>C’est là une grande amélioration pour Saint-Germain, qui complète de cette manière toutes les beautés de ce genre qu’elle offrait déjà ; aussi doit-on remercier vivement l’administration supérieure qui nous a fait ce cadeau : elle avait donné de quoi faire un beau joyeux, et franchement elle doit dire que nous en avons bien tiré part. Il est vrai qu’elle nous a encore aidé pour cela ; nous ne l’oublions pas.<lb/>En écrivant ces lignes, je trouve sous ma plume un nom devant lequel j’hésite, et pourtant, puisque tout le monde peut voir, puisque tout le monde peut juger, et que tout le monde, bien sûr, est déjà de mon avis, pourquoi me laisserais-je arrêter par la similitude du nom et par la parenté ? pourquoi ne dirai-je pas que M. Renard, le jardinier de ces parterres, a, par son goût et par ses soins intelligents, fait honneur à sa vieille expérience ?<lb/>Il ne manque plus à toutes ces petites merveilles que quelques ornements que l’on n’a pas établis, quoiqu’on les eût projetés d’abord ; il est vrai qu’on ne peut avoir tout à la fois. Voici déjà, comme je viens de le dire, que l’on commence des travaux d’art importants ; ceux qui ont déjà tant fait ne voudront pas rester en chemin, et nous pouvons peut-être espérer, sans nous faire trop d’illusions, que bientôt notre plaisir sera complet et que notre ville comptera un charme de plus.<lb/>Alphonse Renard »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <subject>Loisirs et promenades</subject>
              <geogname>Jardins</geogname>
              <geogname>Parterre de la Dauphine</geogname>
              <geogname>Grand Parterre</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Alphonse Renard, « Le parterre de Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 3e année, n° 45, 5 novembre 1853, p. 179-180</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention du don à l’impératrice d’un album sur Saint-Germain-en-Laye et de la volonté de l’empereur de restaurer le château</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">12</unitid>
              <unitdate normal="1853/1853" encodinganalog="3.1.3">31 décembre 1853</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« L’album de Saint-Germain<lb/>Le conseil municipal de Saint-Germain vient d’offrir un album à l’Impératrice. C’est une heureuse idée : qu’importent aux souverains les dons riches et somptueux ? Ce n’est qu’une perle de plus à leur brillant écrin ; ce qui vaut mieux, c’est la délicatesse de l’intention, c’est le charme du souvenir. Le conseil municipal me paraît donc avoir été fort bien inspiré dans le choix qu’il a fait. Il est vrai qu’il a été admirablement compris et secondé par M. Bunout, le bibliothécaire de notre ville, le gracieux artiste que nous connaissons tous.<lb/>Mais je veux de suite parler de l’ouvrage ; les réflexions viendront après.<lb/>L’album comprend trois divisions principales : le château, le couvent des Loges et le pavillon de la Muette. Chacune de ces divisions contient un ou plusieurs dessins, avec la notice historique qui s’y rapporte.<lb/>Comme je tiens à donner un aperçu aussi consciencieux et aussi complet que possible, je serai forcé quelquefois de tomber un peu dans le détail ; mais on me pardonnera facilement, je l’espère, puisqu’il s’agit d’une chose intéressant la ville.<lb/>La première feuille est encadrée par douze cartouches que relient entre eux des arabesques à fleurs, parsemées d’oiseaux et de papillons, et au milieu desquelles se jouent les capricieux rubans de douze devises portant quelques actes principaux de l’Empire et les bonnes œuvres de l’Impératrice.<lb/>Aux quatre angles brille l’aigle impérial, en or, sur champ d’azur. En haut est le cimier des armes de l’Impératrice ; de chaque côté, les chiffres unis E. N., en or, enlacés de fleurs d’oranger et de laurier, peints sur azur, dans un rayon lumineux. En bas, sont les armes de la ville de Saint-Germain, représentant le berceau de Louis XIV, et, de chaque côté, les lettres enlacées S.-G., sur champ d’azur.<lb/>Dans le cartouche de gauche, on voit le combat de Jarnac et de La Châtaigneraie, et, dans celui de droite, le roi Jacques II, en prière dans son oratoire, au château de Saint-Germain.<lb/>Au milieu de cette feuille est la dédicace : A S. M. l’Impératrice, écrite en gothique anguleuse du XVe siècle, en lettres vertes, aux couleurs de l’Empire, rehaussées d’or ; au-dessous, le nom d’Eugénie, en lettres d’or, sur une guirlande de fleurs soutenue par des oiseaux ; puis les armes de l’Empereur et de l’Impératrice, avec le manteau surmonté de la couronne impériale ; et enfin, au-dessous encore : La Ville de Saint-Germain-en-Laye, en lettre d’azur et d’or.<lb/>Toutes les peintures de ce titre sont en miniature, exécutées avec un goût, un fini, une patience des plus remarquables ; l’ensemble est brillant et harmonieux, les détails sont soignés à l’excès ; on est séduit tout d’abord, et plus on regarde, plus on est charmé. Il faut surtout donner des éloges à l’exécution des armes de l’Impératrice ; il y a dans l’écusson tant de petits points importants pour le blason, tant de petites choses diverses et compliquées, que l’on s’étonne vraiment d’une réussite aussi complète.<lb/>Cette première feuille est, en réalité, le titre général de l’album ; nous allons voir maintenant chacune des divisions que j’ai indiquées tout à l’heure.<lb/>C’est d’abord le château.<lb/>Sur le titre, il y a une couronne de feuilles de chêne, comme emblème de la ville, sur laquelle est écrit, en lettres d’or : Le Château de Saint-Germain-en-Laye ; au-dessus, un aigle porte à son bec un rameau d’olivier, et il étend ses ailes d’or dans un rayon lumineux dont les brisures indiquent les branches de la croix de la Légion d’honneur.<lb/>Puis viennent deux dessins, dont l’un représente le Château royal de Saint-Germain-en-Laye en 1638, et l’autre le Pénitencier militaire.<lb/>La différence entre ces deux reproductions du même édifice est frappante, et la main de l’artiste a bien rendu sa pensée.<lb/>Le château de 1638 est joyeux et coquet, malgré son imposante majesté ; il est plein de vie, de mouvement et de lumière ; le rouge de ses briques fait ressortir brillante la blancheur de ses chaines de pierre ; il laisse deviner les splendeurs qui l’habitent, les existences luxueuses qui l’animent. Les parterres sont émaillées de fleurs, et aussi de jeunes femmes rieuses, nouant de doux entretiens avec de brillants seigneurs ; l’eau s’élance en jets rapides pour retomber bruyante dans de vastes bassins de marbre, en livrant une pluie légère au souffle du vent ; tout se meut et s’agite, au murmure des feuilles des grands arbres, avec un air de bonheur et de joie qui plait et qui fait sourire.<lb/>Mais le temps a passé, seul et vainqueur ; nul ne l’a combattu ; son souffle a bruni les briques rouges, son souffle a noirci les pierres blanches ; la tristesse a chassé la vie de ces lieux. Tournons le feuillet, et nous verrons notre château d’aujourd’hui. La voilà cette masse sombre, au silence navrant, aux ombres sinistres ; plus de plaisirs, plus de fêtes, plus de luxe, plus de gaieté, plus rien que l’abandon et la douleur. Auprès il y a bien encore quelques fleurs, mais elles paraissent s’incliner, chagrines, devant ce morne séjour qui attriste leur beau soleil.<lb/>Oui, c’est bien là le contraste des deux situations, et je crois qu’il est impossible de le faire sentie d’une façon plus saisissante.<lb/>[p. 210] Ces deux dessins sont suivis de dix feuilles de texte contenant l’histoire abrégée du château et l’indication succincte des faits importants qui s’y sont passés. Une notice historique, si agréablement qu’elle soit présentée, est toujours aride, et, j’oserai même dire, un peu ennuyeuse ; M. Bunout a fait disparaître cet inconvénient grave, à l’aide d’un moyen fort ingénieux. Il a mis d’abord – pour cela, c’était forcé – des lettres enluminées, capricieuses, riches de forme et de couleur, des devises, des guirlandes, des arabesques ; mais ce n’était pas assez, il y a joint des petits médaillons qui vont en diminuant et qui forment une sorte de chaînette retombante, séparant le texte en deux parties, jusqu’au milieu de la page, pour faire place ensuite à un léger serpentin.<lb/>Ce n’est pas tout, chacun de ces médaillons, malgré ses proportions exiguës, renferme un dessin presque microscopique pour lequel il a fallu un travail d’une finesse inouïe, un vrai travail à la loupe. On voit là – en y regardant de près, mais distinctement – une assemblée des Etats généraux, la mort de Louis XIII, l’arrivée de la reine d’Angleterre que reçoit Louis XIV, l’empereur Napoléon passant une revue de l’Ecole de cavalerie, puis les détenus militaires entendant la messe ou se livrant à leurs travaux intérieurs.<lb/>Et il ne faut pas se figurer que ce sont des formes vagues et indécises ; non, ce sont des figurines merveilleusement soignées, que l’on aime à voir et qui distraient l’œil de la monotonie que l’on ne tarderait pas à trouver dans l’écriture, quelque variété qu’on ait cherché à y mettre.<lb/>Je ne dois pas oublier une charmante petite vue de la Terrasse, placée, comme une vignette, en hors-d’œuvre, au bas d’une feuille de texte. C’a été l’occasion de rappeler le passage de l’Impératrice, l’année dernière, et le bouquet qui lui fut offert par le jardinier du parterre.<lb/>Du château, nous passons au couvent des Loges.<lb/>Sur le titre sont peints les attributs de la Légion d’honneur, les insignes des maréchaux de France, à cause de la destination, en quelque sorte militaire de cette maison ; une croix chrétienne, symbole du couvent ; les lauriers de la guerre, les palmes religieuses et les feuilles des chênes dont l’ombre protège le vieux refuge.<lb/>Tout le monde connaît le gros chêne des Loges, qui a défié tant d’années, qui a subi tant d’orages, qui a vu passer tant de générations ; chacun se rappelle son tronc spacieux, son magnifique branchage, sa carrure vigoureuse et ferme. Mais personne, bien sûr, ne l’a compris, personne ne se l’est, pour ainsi dire, assimilé, comme l’a fait M. Bunout. Du reste, il touchait là à ce que son talent traite avec le plus de facilité, mais il s’est dépassé de beaucoup, et je ne serais pas surpris qu’il eût admiré lui-même son arbre, tant il est vrai, hardi, bien jeté.<lb/>Ce chêne se trouve au milieu d’un dessin qui représente la visite faite, il y a quelque temps, par l’Empereur au couvent, et il se trouve fort agréablement encadré par l’entourage, qui est très bien traité : le couvent au fond, les cavaliers et la foule sur la pelouse, les bois autour qui deviennent sombres dans le lointain, en laissant filtrer de rares échappées de lumière.<lb/>Le couvent des Loges a quatre feuilles de texte, avec les lettres et les ornements voulus ; je passe vite pour arriver à la dernière, où je rencontre deux vignettes. Pourtant, je suis dans un grand embarras devant ce que j’ai cherché. Pour la première de ces vignettes, le château des Loges sous Robert le Pieux, je puis me contenter de dire : c’est joli ; mais pour la seconde, c’est différent, et je crois bien qu’il va me falloir recueillir les éloges que je viens de parsemer, pour les réunir et les donner, cette fois, tous ensemble.<lb/>Il s’agit d’une vue de la fête des Loges ; elle est grande comme la moitié de la main, et c’est justement pour cela qu’elle m’arrête court. Tout y est : le bal et ses tentures, le saltimbanque et son orchestre en plein vent, même son échelle, les restaurants grands et petits, les cuisines, les broches – je n’oserais pas dire qu’elles ne sont pas garnies – ; il y a aussi la foule, les jeux, les boutiques, les lustres, la charrette du débitant de vin qui n’a pas besoin d’enseigne, la marchande de gaufres, qui se tient à l’entrée de la fête pour être la première à tenter les appétits de friandise ; et enfin le traditionnel parapluie du chanteur que, de temps immémorial, l’on trouve en arrivant, et dont la race semble se reproduire exprès pour venir toujours à la même place.<lb/>Il y a tout cela ; et, je vous le dis, c’est grand comme la moitié de la main, et l’on y trouve encore le mouvement exagéré, la turbulence, la mêlée bruyante de notre fameuse fête. Vous comprenez, j’en suis certain ; vous ajouterez, si je n’ai pas assez dit pour rendre ma pensée.<lb/>Maintenant, nous voici au pavillon de la Muette, le rendez-vous de chasse de l’Empereur, dans la forêt de Saint-Germain.<lb/>Une curée dans la forêt forme le titre. Les piqueurs sonnent du cor, pendant que les chiens déchirent la dépouille du pauvre cerf tué et se battent pour voir plus grosse part. Les hommes sont bien campés ; les chiens sont animés, ardents ; ils sont heureusement groupés ; ils sont naturels dans leurs mouvements, dans leurs combats, dans leurs courses – c’est un excellent ensemble.<lb/>Le dessin de cette partie de l’album montre le pavillon de la Muette ; l’Empereur et l’Impératrice arrivent à un rendez-vous de chasse ; la foule des promeneurs accourt pour les saluer. Le pavillon est rendu avec une exactitude scrupuleuse ; pas un détail ne manque – ce qui n’exclut pas le charme et la grâce de la composition. Les personnages sont bien posés, variés, pittoresques, et le paysage est délicieusement reproduit : les feuilles des arbres semblent frémir, les effets de lumière et d’ombre sont habilement combinés, et il y a surtout un dessous d’arbres, profond et mystérieux, du plus charmant effet.<lb/>Viennent ensuite deux feuilles de texte, enluminées et ornées de deux vignettes : l’une représente la Muette sous François Ier ; l’autre, les ruines de ce château sous Louis XIV. On y retrouve le même soin, la même patience, la même finesse de dessin.<lb/>Je dois parler aussi de la reliure de cet album, vraiment belle et artistique. Cette reliure est en velours vert ; tout autour règne une épaisse baguette rustique en poirier bruni. Aux quatre angles sont quatre abeilles en bois sculpté, comme le chiffre couronné de l’Empereur et de l’Impératrice qui se trouve au centre. Ces sculptures sont parfaitement faites, élégantes et faciles, pleines d’art et de goût ; elles sont dignement accompagnées par les riches feuillets moires qui forment les sous-couvertures. Du reste, en deux mots, j’en ferai le plus grand éloge, en disant que cette reliure sort des ateliers de M. Maquet, le brillant papetier de la rue de la Paix, chez lequel tout Paris court en ce moment.<lb/>Tel est l’album offert à l’Impératrice par le conseil municipal. On voit que c’est une œuvre d’art qu’il était difficile de ne pas signaler, en même temps que c’est une délicate attention qu’il était impossible de ne pas faire connaître complètement.<lb/>L’Empereur a gracieusement accepté cette offrande : il a remercié le conseil municipal, il a manifesté son intention de restaurer entièrement le château – tant mieux, ce sera un joyau de plus pour Saint-Germain. Il a aussi complimenté l’artiste qui accompagnait la députation, et il a rendu justice à son talent – M. Bunout le méritait, et l’on sera de mon avis, si j’ai pu rndre un peu de ce que j’ai éprouvé en voyant son ouvrage.<lb/>Du reste, L. Bunout a reçu encore d’autres éloges, les éloges d’un artiste distingué ; M. de Nieuverkerke, le directeur général du Musée, a parcouru l’album avec une vive satisfaction, il a exprimé tout son contentement à M. Bunout, en lui prédisant la plus grande réussite dans un genre qui ne compte peut-être pas aujourd’hui un seul artiste de mérite – car, je crois, en vérité, que j’ai omis un point important : mes yeux étaient encore tellement occupés par souvenir, que ma pensée sans doute un peu erre à l’aventure. Tous les dessins de l’album sont à la plume, et l’on comprendra combien plus grande était la difficulté, mais combien aussi plus grand est le talent, puisqu’il n’y a ni dureté ni hachure, et que l’on trouve partout la grâce et la souplesse.<lb/>Maintenant, j’ai à faire une observation, ou plutôt j’ai à exprimer une idée toute personnelle que l’on a déjà combattue, mais dans laquelle je crois avoir quelques raisons de persister.<lb/>Je regrette que l’on n’aie pas fait une exposition publique de l’album avant de l’offrir à l’Impératrice. Je sais bien que le conseil municipal a, sans nul doute, agi dans une excellente intention ; qu’il a voulu garder le secret pour ne pas, en quelque sorte, déflorer le cadeau. Cependant, l’opinion que j’émets a des précédents, et, il y a quelques jours encore, la ville de Lyon exposait aux yeux de tous les étoffes précieuses qu’elle destinait à l’Impératrice. Du reste, en parlant ainsi, je me fais l’écho de plusieurs personnes qui, ne pouvant, comme moi, profiter de l’amitié de l’artiste, ont été privées de la vue de ce charmant travail – mais là, bien entendu, mon regret est sans amertume.<lb/>Aussi, nous devons remercier le conseil municipal de la bonne pensée qu’il a eue en faisant faire cet album ; nous devons remercier M. Bunout d’avoir ainsi donné tout son talent pour arriver à un résultat qu’on n’aurait certainement pas trouvé partout aussi complet. Espérons que ce sera là un sujet de joie pour tout le monde ; espérons aussi que nous verrons le vieux château quitter son enveloppe noircie et secouer sa poussière, pour apparaître encore brillant et animé.<lb/>Alphonse Renard »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
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              <p>Alphonse Renard, « L’album de Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 3e année, n° 53, 31 décembre 1853, p. 209-210</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la volonté de l’empereur de restaurer le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">13</unitid>
              <unitdate normal="1854/1854" encodinganalog="3.1.3">14 janvier 1854</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« La commission qui avait reçu de la Société d’horticulture de Saint-Germain l’honorable mission de se rendre auprès de monseigneur le prince Jérôme pour solliciter de Son Altesse impériale la faveur de son haut patronage a eu l’honneur d’être reçue samedi dernier 7 du courant, à une heure, par le prince.<lb/>Elle se composait de M. le maire de Saint-Germain, de M. Charles Gosselin, président de la Société, de M. Evrard de Saint-Jean, et de MM. Rolot, trésorier, Corbie et Fournier, lauréats de la médaille d’or, Couchy, commissaire, Guy, secrétaire général.<lb/>Il serait difficile d’exprimer avec quelle bienveillance, on peut dire affectueuse, la députation a été accueillie par Son Altesse impériale.<lb/>Il appartenait à M. Gosselin, comme président de la Société, de présenter au prince chaque membre nominativement et de lui soumettre le vœu de la Société.<lb/>Son Altesse n’a point hésité à lui exprimer le plaisir qu’elle éprouvait à s’y rendre et à voir son nom figurer dans une institution se rattachant à une ville qui lui était chère à juste titre, puisqu’elle lui rappelait les plus doux souvenirs, ceux de sa tendre jeunesse. Le prince a donc bien voulu autoriser la Société à l’inscrire au nombre de ses sociétaires, lui promettant en même temps d’honorer de sa présence quelques-unes de ses solennités.<lb/>Le prince s’est ensuite entretenu, de la manière la plus affable, avec deux de ses anciens condisciples au collège de Saint-Germain, membres de la députation, MM. Rolot et Guy, en leur disant avec gaieté : « Messieurs, ce sont là des souvenirs de plus de cinquante ans ; ils n’en sont pas moins agréables. Et, tenez, tout dernièrement encore, je n’ai pu résister d’aller, dans le plus strict incognito, visiter ce collège, témoin de mes jeux d’enfance, de le parcourir dans tous ses détails, et de le retrouver tel que je l’avais quitté ».<lb/>On pouvait apprécier, par l’expression de bonheur qui se peignait sur la physionomie du prince, combien ces souvenirs lui étaient chers.<lb/>Son Altesse impériale, avant de se séparer de la députation, a bien voulu lui renouveler l’assurance, que déjà une autre députation avait été assez heureuse pour recevoir de la bouche mêle de Sa Majesté l’Empereur, c’est que notre château allait bientôt reprendre le noble rang que l’histoire et tant d’illustres souvenirs lui assignent. C’était une digne manière de clore la réception, aussi la députation s’est-elle séparée de Son Altesse impériale pleine de reconnaissance de son bienveillant accueil et de l’espoir du nouvel essor que la Société était destinée à prendre sous la précieuse protection qui lui était accordée. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 4e année, n° 2, 14 janvier 1854, p. 6</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1854/1854" encodinganalog="3.1.3">27 janvier 1854</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Chasse à tir dans la forêt de Saint-Germain<lb/>Vendredi, dans l’après-midi, une partie de la forêt de Saint-Germain retentissait au loin du bruit des coups de feu : une chasse à tir, à laquelle assistait Sa Majesté l’Empereur, accompagnée de MM. le comte de Bacciocchi, son grand chambellan, Fould, ministre de sa Maison, le marquis de Toulongeon, le comte Ney, le prince Metternich, lord Cowley et le comte de Galve, avait lieu dans un des tirés.<lb/>Partie depuis dix heures du château des Tuileries, Sa Majesté et sa suite traversaient vers onze heures et demie la commune de Maisons et arrivaient à midi au rendez-vous, qui avait été donné à l’accul de Conflans, et où déjà se trouvaient réunis tout le personnel de l’inspection forestière de Saint-Germain et 150 dragons, tant officiers que sous-officiers et soldats.<lb/>Pendant cette partie de chasse, qui dura près de cinq heures, 681 pièces, dont 10 chevreuils, 64 lièvres, 51 faisans, des perdrix et des lapins, furent abattus par tous les chasseurs et répartis ainsi qu’il en fut ordonné ultérieurement. Au milieu de la chasse, et durant une halte nécessaire au rabattage du gibier, une simple collation, véritable déjeuner champêtre, puisqu’il eut lieu sur la terre même, recouverte seulement d’une des toiles servant de panneau dans lesquels on enferme le gibier, fut servi à Sa Majesté et aux invités, qui reprirent leur fusil au bout d’un quart d’heure à peine de repos, et après s’être légèrement réconfortés avec les viandes froides déposées sans apprêts sur la terre. Quelques heures plus tard, au moment où le jour commençait à baisser, Sa Majesté fit cesser le tir et les invités, reprenant le même chemin que le matin, rentraient à Paris vers sept heures, tandis que le personnel forestier et les dragons de service revenaient à Saint-Germain, contents et satisfaits de la journée qu’ils venaient de passer. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 4e année, n° 4, 28 janvier 1854, p. 15</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la célébration de Pâques dans la chapelle du pénitencier de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">15</unitid>
              <unitdate normal="1854/1854" encodinganalog="3.1.3">1er mai 1854</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Une cérémonie bien touchante attirait, dimanche dernier, dans l’ancien château de Saint-Germain-en-Laye, un petit nombre d’élus, parmi lesquels on remarquait M. le maire de Saint-Germain, M. le juge de paix, des membres du conseil municipal, entourés de plusieurs dames de la ville, des artistes, des militaires, au milieu desquels on voyait avec plaisir les bonnes sœurs de la Charité. Ces saintes filles avaient voulu joindre leurs prières à celles de ces hommes à qui elles savent prodiguer de si bons soins. Toutes ces personnes, qui devaient à l’obligeance de M. le commandant du pénitencier militaire la faveur d’assister à une belle et importante fête religieuse, étaient reçues et placées, dans les tribunes, avec beaucoup de courtoisie, par les officiers formant l’état-major de la maison.<lb/>Depuis trois mois, près de deux cent cinquante détenus étaient préparés, par le zèle de leur bien digne aumônier, à approcher de la sainte Table pour faire leurs Pâques, et, ce jour-là, dès six heures du matin, ils étaient réunis, par ses soins, dans la chapelle, écoutant, avec un recueillement édifiant, la sublime parole de leur pasteur.<lb/>A sept heures, Mgr l’évêque de Versailles, accompagné de son grand-vicaire, y faisait son entrée. A ce moment, tous ces hommes, rangés avec le plus grand ordre dans la partie la plus rapprochée de l’autel, ont chanté avec enthousiasme et ensemble un saint cantique. La messe a commencé aussitôt. Avant de donner la sainte communion, Monseigneur,  avec cette bonté qui caractérise si bien l’apôtre du Christ, leur a adressé une allocution très bien sentie sur la religion, considérée comme transformation de l’homme, sujet heureusement choisi et visiblement approprié à la personne de ces pauvres malheureux privés de leur liberté.<lb/>Pendant la messe, des chants, bien exécutés par les détenus et la musique du 12e dragon, ont été entendus avec plaisir.<lb/>Parmi tous ces hommes, si pieusement agenouillés, treize faisaient leur première communion et cinquante-huit recevaient la confirmation, avant laquelle Monseigneur fit entendre une nouvelle exhortation sur cette vérité éternelle que, dans les desseins de Dieu, les châtiments sont des grâces.<lb/>Ces deux cérémonies avaient vivement impressionné les assistants, dont l’émotion a redoublé lorsqu’un détenu s’est approché de Monseigneur, et lui a récité ce compliment en vers, qu’à cette occasion il avait lui-même composé :<lb/>Monseigneur,<lb/>Privés depuis longtemps d’un bonheur véritable,<lb/>Un Dieu, dans sa bonté toujours inépuisable,<lb/>De son trône entendit, gémissants et plaintifs,<lb/>Les cris des malheureux en ce château captifs.<lb/>Ambassadeur sacré de ce Dieu de sagesse,<lb/>N’écoutant que l’attrait de l’amour qui vous presse,<lb/>Vous accourez vers nous, vos enfants bien chéris,<lb/>Votre voix nous appelle, et nos cœurs attendris,<lb/>Préparés par les soins d’un prêtre infatigable,<lb/>S’élancent au banquet de la très sainte Table.<lb/>Délicieuse ivresse ! ô suprême bonheur !<lb/>C’est la vie éternelle : adorons le Seigneur ;<lb/>Que la reconnaissance, en nos âmes, féconde,<lb/>Précieux sentiment d’une vertu profonde !<lb/>Que ma bouche et mon cœur expriment tous les vœux<lb/>Que nous formons pour vous, en ce moment heureux !<lb/>Oh ! merci, Monseigneur, merci deux fois encore :<lb/>Pour nous de meilleurs jours vous apportez l’aurore !<lb/>Il n’est plus maintenant ni prisons, ni cachots,<lb/>Où se perdent nos cris, s’étouffent nos sanglots !<lb/>Vous avez tout brisé de votre main sacrée,<lb/>Plus rien qui soit obscur ! c’est la voûte azurée !<lb/>Comme l’encens alors s’élèvent vers le Ciel,<lb/>D’un suave parfum entourent l’Eternel,<lb/>De dévoués enfants les ferventes prières,<lb/>Ah ! veuille le Très Haut, espérances si chères,<lb/>Couronner nos désirs d’un immortel succès !<lb/>Et vous, dont les vertus aux Cieux donnent accès,<lb/>Laissez tomber sur nous, au fond de cet abîme,<lb/>De votre vive foi l’étincelle sublime.<lb/>Ranimés par ce souffle, à jamais, Monseigneur,<lb/>Un souvenir bien doux sera dans notre cœur.<lb/>L’accent de cette voix émue a fait couler bien des larmes. Mais, quand Monseigneur, après une touchante réponse, eut quitté le saint lieu au milieu du respect et de la reconnaissance de tous les assistants, avides et heureux de recevoir sa bénédiction, la sensibilité fut plus vivement excitée encore lorsque l’aumônier demanda qu’on fît une prière pour les parents vivants et morts. A cette pensée, en effet, l’émotion est générale et à son comble ; elle se traduit et s’échappe en pleurs et en sanglots. Alors ce bon pasteur, contemplant avec attendrissement et bonheur son cher troupeau, s’écrie : « Ah, Chrétiens, c’est donc vous qui pleurez aujourd’hui, vous qui avez fait couler tant de larmes ! Coulez, pleurs du repentir, coulez, pleurs de joie répandus pour ces malheureux ! Oh ! si je pouvais recueillir une de ces larmes et la porter à votre mère attristée ! Consolez-vous, pauvre mère, lui dirais-je, consolez-vous, tout n’est pas perdu, car voilà une larme versée par votre malheureux prisonnier ! Allez, pauvre mère, tout n’est pas perdu sans retour, car votre fils sait pleurer encore quand on lui parle de son Dieu, qu’il possède, et de sa mère qu’il a tant affligée ! La consolation qu’en éprouveraient vos mères, nous l’éprouvons tous aujourd’hui, et parmi cette assistance, bien des hommes envient, mes enfants, la paix de votre conscience et le bonheur de ce grand jour. »<lb/>Après ces éloquentes paroles, capables de remuer les fibres les plus profondes du cœur humain, et que nous eûmes le bonheur d’entendre, il ne nous reste plus qu’à terminer en remerciant M. le commandant non seulement de sa gracieuse hospitalité, mais surtout du bien devant résulter du souvenir de cette touchante cérémonie, qui, nous avons tout lieu de le croire, portera ses fruits.<lb/>Espérons que Dieu, par cet exemple, voudra bien ramener encore quelques-uns de ces hommes moins coupables que ces détenus peut-être, mais qui n’ont pas, comme eux, la confiance en sa bonté, et se défient de sa miséricorde.<lb/>Cette fête religieuse est un souvenir de plus à enregistrer dans les annales du vieux château de Saint-Germain, déjà si célèbre en faits historiques, et pour lequel on éprouve un sentiment de profonde mélancolie, quand on pense à sa triste destinée, lui qui fut habité par François Ier, Henri IV et Louis XIV, qui y reçut les hommes les plus illustres de son temps, quand on se souvient que, dans cette chapelle où nous étions réunis, le grand Bossuet fit entendre aussi des paroles de paix et de consolation, qu’il fut le séjour de la gloire et aussi l’asile du malheur, que La Vallière, dans la tristesse de ses plaisirs, y rêva peut-être sa conversion, et que Jacques II s’y réfugia pour y pleurer sa couronne.<lb/>Eugène Bunout »</p>
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              <subject>Pénitencier militaire</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 4e année, n° 18, 6 mai 1854, p. 70</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de l’empereur au pénitencier de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1854/1854" encodinganalog="3.1.3">16 juin 1854</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Hier vendredi, Sa Majesté est venue incognito à Saint-Germain vers trois heures et demie. L’Empereur était accompagné seulement de M. le général de Kote, de M. le colonel Fleury et du commandant Excelmans, ses aides-de-camp. Après avoir visité avec beaucoup de soin tout le casernement, il s’est rendu chez madame d’Hauteville, dont il a aussi examiné la propriété, située place Impériale, au coin du Boulingrin. En sortant de là, Sa Majesté est montée en voiture et, sans y être attendue, Elle est allée au pénitencier militaire, où Elle a parcouru dans tous les détails les cellules, les réfectoires, la chapelle et les appartements de Jacques II.<lb/>Après cette visite, l’Empereur a fait descendre dans la cour les détenus, qui se sont présentés avec leurs effets de travail ; puis il a passé devant eux. L’enthousiasme chez les hommes était à son comble. Il a accordé  la croix de la Légion d’honneur à M. Collas, sergent major déjà médaillé, la médaille militaire à M. Ginier, vieux sous-officier de 21 ans de service qui vient d’être frappé d’une paralysie, un bureau de tabac à madame veuve Allemand, sœur du lieutenant directeur des ateliers, M. Jannier, restée veuve sans fortune avec trois enfants, son mari étant mort en activité au bout de 29 ans et 11 mois de service ; enfin, Sa Majesté a accordé quantité de grâces et de réductions de peines aux détenus en plus de celles proposées pour le 15 août.<lb/>Les autorités, prévenues seulement de cette visite inattendue, se sont rendues immédiatement à la rencontre de l’Empereur, et l’ont accompagné jusqu’à son départ de la ville pour Saint-Cloud, aux cris de Vive l’Empereur ! partout répétés sur son passage par la foule compacte grossissant à chaque instant. Il était cinq heures quand Sa Majesté a quitté Saint-Germain. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Pénitencier militaire</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 4e année, n° 24, 17 juin 1854, p. 95</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de l’évêque au pénitencier de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">22 avril 1855</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Visite pastorale de Mgr l’évêque de Versailles au pénitencier militaire<lb/>J’ai eu souvent l’occasion de constater que l’Eglise ne demandait que la liberté de faire le bien pour l’opérer là où il semble, en quelque sorte, impossible. La meilleure preuve qu’on puisse donner de cette vérité, c’est de raconter les résultats obtenus. Le plus persuasif des langages, le plus éloquent, c’est, sans contredit, celui des actions. La parole coûte peu ; l’action, en matière de bien, coûte beaucoup au contraire ; c’est une victoire difficile, quelquefois un sacrifice réel ; c’est toujours l’expression la plus haute de la conviction ; c’est le témoignage irrécusable d’une influence puissante et vraiment moralisatrice.<lb/>Ces réflexions m’ont été suggérées par une touchante cérémonie religieuse qui a eu lieu, dimanche dernier, au pénitencier de Saint-Germain, où se trouvent près de 500 détenus militaires, dont quelques-uns ont porté l’épée. Présidée par monseigneur l’évêque de Versailles, elle a été, pour tous ceux qui ont eu le bonheur d’y assister, un sujet d’édification ou un précieux encouragement à continuer dans la bonne voie.<lb/>Aussitôt que les grilles du château ont été ouvertes, les personnes admises à cette fête de famille sont allées prendre place au chœur de la chapelle ou aux tribunes, exclusivement réservées aux dames. Les détenus ont paru heureux de voir cette nombreuse assistance ; c’est qu’elle leur témoignait un intérêt réel de la part de ceux qui la composaient. En voyant aux premiers rangs MM. le colonel et lieutenant-colonel des cuirassiers de la Garde, plusieurs officiers de cavalerie et d’infanterie, M. le maire de Saint-Germain, quelques membres du conseil municipal, M. le juge de paix, ils ont compris qu’ils n’étaient point confondus avec des prisonniers vulgaires : ce religieux empressement des autorités leur a montré la bienveillance dont elles sont animées pour ceux que les sévérités de la loi militaire ont frappés, mais que la résignation et le repentir peuvent réhabiliter.<lb/>Grâce aux soins intelligents de M. le commandant d’Arquier, qui a fait à Mgr Gros la réception la plus flatteuse pour Sa Grandeur, et dont nous ne saurons trop louer le noble caractère et les excellentes intentions, tout avait été parfaitement disposé pour cette solennité que, de son côté, M. l’abbé Codant, aumônier du pénitencier, avait préparée avec le zèle et le talent qui le distinguent. Aussi rien n’a manqué, ni l’éclat extérieur, ni les élans d’une touchante piété.<lb/>Pendant la messe basse, dite par Monseigneur, les détenus ont fait retentir les voûtes de la chapelle de chants religieux qui les prédisposaient à l’acte auguste de la communion, que plusieurs allaient recevoir pour la première fois. Près de 200 prisonniers ont eu le bonheur d s’approcher de la sainte Table et de recevoir l’Eucharistie des mains de Monseigneur. Ils s’y sont rendus dans un ordre admirable, précédés et reconduits par M. l’abbé Codant. Leur recueillement attestait la sincérité et la vivacité de leur foi.<lb/>Plus d’une larme a coulé pendant cette belle cérémonie. M. l’aumônier a eu le don et le secret d’en faire verser de nombreuses, non seulement aux détenus, mais encore aux assistants. Comment ne pas pleurer aux souvenirs qu’il réveillait, souvenirs de la famille, souvenirs de la foi ? Comment ne pas pleurer au récit des pieuses confidences qu’il a cru pouvoir nous révéler, vu leur unanimité ? Dans le cours de la vie, l’homme n’a que trop d’occasions d’oublier ses devoirs de chrétien ; le soldat ne peut pas toujours les remplir. Aussi les détenus du pénitencier remerciaient tous Dieu de leur avoir ménagé cet asile, après leurs fautes, comme un port après la tempête. Ils en sortent, pour le plus grand nombre, complètement transformés.<lb/>Cette éloquente improvisation de M. l’abbé Codant a été suivie de la confirmation, qui a été donnée à 30 prisonniers.<lb/>Avant de se retirer, Monseigneur a daigné entendre la lecture de deux pièces de vers qui lui étaient adressées par deux détenus. Nous donnons plus bas l’une d’elles. Voici quelques strophes de la seconde :<lb/>Frères, ne pleurons plus ! mais gardons en notre âme<lb/>La grâce qui descend comme un rayon de flamme ;<lb/>La grâce ! je la sens pénétrer dans mon cœur<lb/>Et l’inonder d’amour, de joie et de bonheur.<lb/>De quels mots me servir pour peindre mon ivresse ?<lb/>Il n’en est pas, Seigneur, car l’humaine faiblesse<lb/>N’a rien à comparer au bonheur infini<lb/>Dont est rempli le cœur que vous avez béni.<lb/>Bénissons le Seigneur, frères ; notre souffrance<lb/>Et notre repentir ont touché sa clémence.<lb/>Nous pouvons désormais, sans baisser les yeux,<lb/>Relever notre tête et regarder les cieux.<lb/>Que m’importe à présent que dans une cellule<lb/>On m’enferme aussitôt que vient le crépuscule ;<lb/>Je suis libre et joyeux au fond de ma prison,<lb/>La justice de Dieu m’a donné son pardon.<lb/>Bénissons le prélat, qui vient, tout plein de zèle,<lb/>Nous apporter l’espoir d’une vie éternelle ;<lb/>Qui, pour une prison, désertant son palais,<lb/>Du Seigneur vient sur nous répandre les bienfaits.<lb/>Oh ! merci, Monseigneur, notre reconnaissance,<lb/>Au jour du jugement, pesant dans la balance,<lb/>Avec tous vos travaux et toutes vos vertus,<lb/>Vous mettra des premiers au nombre des élus.<lb/>Monseigneur a répondu par de très affectueuses paroles et des encouragements à persévérer dans le bien. Laissant aux détenus un autre lui-même, Sa Grandeur a exprimé l’espoir de ls voir tous un jour remplir leurs devoirs de bons chrétiens.<lb/>Je ne veux pas terminer ces quelques lignes sans constater les dégradations que le temps et les hommes ont faites à la chapelle du château. Sous leur couche de badigeon, ou, si l’on aime mieux, sous les retouches mauvaises dont elles ont été l’objet, les peintures offrent un aspect terne et décoloré qui attriste. Et puis pourquoi ce simulacre de marbres qui ceinturent le monument ? Il n’a certainement rien gagné à ces restaurations inintelligentes : elles lui ont fait perdre sa grâce et sa beauté. Espérons qu’on lui rendra l’une et l’autre.<lb/>Ed. Dimey »</p>
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              <subject>Pénitencier militaire</subject>
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              <p>Ed. Dimey, « Visite pastorale de Mgr l’évêque de Versailles au pénitencier militaire », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 17, 28 avril 1855, p. 13</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la suppression du pénitencier de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">18</unitid>
              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">23 juin 1855</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Au moment où nous venons, pour la seconde fois, de nous faire l’interprète des vœux de la cité tout entière pour la translation, hors du château de Saint-Germain, du pénitencier militaire, et pour une destination plus convenable et plus en rapport avec les intérêts des habitants, nous apprenons que cette mesure désirée vient de recevoir son exécution ; une grande partie des détenus sera transférée en Algérie, le reste sera dirigé, avec une partie du personnel, sur le pénitencier de Besançon ; les différents départs devront avoir lieu successivement, dans le courant du mois prochain, et le château, débarrassé et complètement évacué pour l’époque de la fête de l’Empereur.<lb/>Nous n’avons encore rien de très positif sur la nouvelle destination du château. Plusieurs bruits contre lesquels le public fera bien de se mettre en garde, jusqu’à plus ample information, circulent déjà à ce sujet ; nous aurons soin de tenir nos lecteurs au courant de ce que nous pourrons apprendre d’authentique.<lb/>Toujours est-il que la mesure est adoptée et que, si, dans les vieux temps de la monarchie, quand on exprimait un vœu, on disait avec espérance : Si le Roi le savait ! on peut maintenant, à propos de toute amélioration, dire, avec confiance : L’Empereur le sait ! »</p>
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              <subject>Pénitencier militaire</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 25, 23 juin 1855, p. 48</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de l’évacuation du pénitencier de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">19</unitid>
              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">10 juillet 1855</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« L’évacuation complète du pénitencier a eu lieu, mardi dernier 10 juillet. La population, curieuse d’assister au départ de tous ces détenus qu’elle ne pouvait voir de près qu’à de très rares occasions, avait été, dès la veille, mise en émoi par l’arrivée de nombreux détachements de gendarmerie, envoyés [p. 61] des différentes brigades de la Seine, de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne, pour servir d’escorte aux détenus.<lb/>Tant qu’on a pu penser que le départ s’effectuerait dans la soirée même, des groupes nombreux ont stationné sur la place du Château, et ne se sont dispersés que lorsque les gendarmes, que commandaient un capitaine et un lieutenant, ont rompu leurs rangs pour aller, munis des billets qu’on venait de leur donner, prendre logement chez les habitants.<lb/>Le lendemain, de grand matin, un public nombreux attendait le départ dès six heures. Ce n’est pourtant qu’à huit heures que les portes se sont ouvertes pour donner passage à un détachement de quatre-vingts détenus graciés, tous revêtus de l’uniforme de leurs régiments respectifs, qu’ils allaient rejoindre sous la conduite d’un sous-officier. Ils sont partis immédiatement pour Versailles par le chemin de fer. Dix-huit, dont le temps de service était fait depuis longtemps, formaient un petit détachement à part auquel le dernier mot pour eux de la discipline militaire : « Rompez vos rangs ! » a rendu la liberté complète, sauf le lieu de destination indiqué sur chaque feuille de route.<lb/>Les figures de tous ces pauvres diables témoignaient de leur joie, et plusieurs d’entre eux exprimaient, en envoyant un dernier regard aux murs du vieux château, leur ferme résolution d’éviter désormais un tel abri.<lb/>A deux heures et demie et au milieu d’une affluence considérable, une compagnie du 48e est venue prendre possession devant l’entrée du pénitencier et former, depuis la grille jusqu’à l’embarcadère, la haie entre laquelle devait passer le premier détachement, dirigé vers le fort de Vanves. L’escorte de gendarmerie a bientôt paru sur le seuil du château, précédant et entourant, le sabre à la main, soixante-dix hommes, revêtus de l’uniforme gris des prisons militaires. Ceux-ci marchaient deux à deux, accouplés par une légère chaîne en fer attachée aux poignets. Tous ces hommes portaient leurs sacs et plusieurs y avaient joint les instruments de leur profession, des masques, des fleurets, des boîtes à instruments de musique ; nous en avons même remarqué un qui avait fixé derrière son dos un charmant rosier en fleurs, probablement cultivé pendant sa captivité.<lb/>Le soir, à sept heures trente-cinq minutes, un nouveau convoi spécial emportait le dernier détachement, composé de deux cent soixante-quinze détenus, qui, à leur arrivée à Paris, devaient être dirigés sur les établissements pénitentiaires de Metz, Besançon et de l’Algérie. Chaque wagon, contenant huit détenus, recevait en outre deux gendarmes. Le reste de l’escorte et les employés du pénitencier ont pris place dans un wagon spécial, au centre du train. Ces départs successifs, auxquels présidait l’autorité militaire, assistée du chef de la police municipale et de ses agents, se sont accomplis dans le plus grand ordre ; le dernier surtout, qui coïncidait avec la fin de la journée des ouvriers, avait attiré une foule considérable.<lb/>Le premier acte de la régénération du château de François Ier, qui a vu naître Louis XIV, est donc enfin accompli.<lb/>On affirmait encore hier que le château de Saint-Germain va devenir château impérial dans toute l’acception du mot, et que le casernement de la ville doit être augmenté de manière à y établir une brigade de cavalerie. »</p>
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              <subject>Pénitencier militaire</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 28-205, 14 juillet 1855, p. 60-61</p>
            </bibliography>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Annonce de la visite de la reine Victoria à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">20</unitid>
              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">17 août 1855</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Au moment où nous écrivons, il se prépare, à bien peu de distance de nous, un de ces grands spectacles qu’il n’est donné aux populations de voir qu’à de bien rares intervalles. La grande ville, si avide de pompes et de cortèges, et, cette fois, attirée par un intérêt facile à comprendre et une juste curiosité, se dispose à courir toute entière au-devant de la reine d’Angleterre venant la visiter en alliée et amie, et voulant aussi paraître à ce grand rendez-vous donné dans ses murs à tout ce que les arts, l’industrie et le progrès civilisateur peuvent produire de neuf, de grand et de beau dans toutes les parties du monde.<lb/>Nous sommes heureux d’annoncer que, comme nous avions osé l’espérer, grâce à l’attrait puissant de ses souvenirs historiques et de son admirable situation, notre petite ville jouira aussi de la présence de l’hôte illustre que Paris va posséder pendant quelques jours.<lb/>Si nous devons nous en rapporter, d’abord à la rumeur publique, puis à des renseignements qui nous parviennent de bonne source, et enfin à des articles insérés dans la Patrie et reproduis du Morning Post dans le Constitutionnel, S. M. la reine d’Angleterre viendrait samedi prochain 25 août faire une excursion à Saint-Germain.<lb/>Après une promenade à cheval en forêt, où elle s’arrêterait à la Muette, S. M. viendrait en ville où elle visiterait le tombeau de Jacques Stuart, dont on complète en ce moment l’entière décoration par l’achèvement d’une nouvelle et belle fresque de M. Amaury Duval représentant un saint Georges, l’un des patrons d’Angleterre. On dit encore, mais nous n’avons rien de très positif à cet égard, qu’on serait en ce moment même occupé à remettre en état, au château, la chambre occupée jusqu’à sa mort par le roi Jacques II ; toujours est-il qu’il a été impossible à l’administration de la Liste civile de permettre, comme on l’avait espéré d’abord, que la grande cour fût livre pour y installer l’un des concours d’orphéons ou de musiques militaires qui doivent avoir lieu demain.<lb/>La reine partirait à onze heures du matin de Saint-Cloud, pour y être de retour à trois heures. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 33-210, 18 août 1855, p. 79</p>
            </bibliography>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la visite de la reine Victoria à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">25 août 1855</unitdate>
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              <note type="generalNote">
                <p>Ce texte a été repris dans l’Almanach de l’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 1ère année, Saint-Germain-en-Laye, H. Picault, 1857, p. 45-49.</p>
              </note>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Visite de S. M. la reine d’Angleterre à Saint-Germain<lb/>Samedi 25 août, à 6 heures du roi<lb/>C’est encore sous l’impression d’une belle et heureuse journée que nous traçons à la hâte ces quelques lignes, pour lesquelles, plus que jamais, nous réclamons d’avance l’indulgence de nos lecteurs, n’ayant d’autres prétentions que de nous faire historiens fidèles de faits qui resteront à jamais gravés dans la mémoire des habitants de Saint-Germain.<lb/>Il y a huit jours que Paris tout entier se levait pour saluer l’entrée dans ses murs de la souveraine aimée d’un grand peuple allié de notre belle patrie.<lb/>S’il fallait s’en rapporter aux promesses du programme connu, c’était à Saint-Germain qu’était réservé l’octave de cette fête nationale ; cependant, rien de certain, rien d’autrement officiel que l’avis d’un journal anglais, reproduit par la presse française, n’était parvenu à nos magistrats. Les jours se passaient, et l’édilité ne recevait aucun renseignement qui pût régulariser l’impatient élan de la population, entraînée, surexcitée par l’exemple de la grande ville. Ainsi que des enfants dévoués, qui veulent célébrer une fête de famille, nos habitants, d’un commun accord, vinrent demander à l’autorité son patronage pour l’exécution de leurs projets. Il leur fut promptement assuré, et à l’instant, pendant qu’on faisait circuler une liste de souscription, dont on n’attendait même pas le résultat, une sorte de commission s’improvisa, composée d’hommes spéciaux.<lb/>Architectes, entrepreneurs, peintres, dessinateurs, ouvrirent un atelier où chacun apporta le concours de son talent, de son dévouement, de ses matériaux ; jeudi matin, on se mit à l’œuvre et bientôt on vit, à l’entrée de la ville, s’élever, grandir et se décorer un portique, arc de triomphe improvisé, bien inférieur sans doute à ces gigantesques et splendides décorations qui font encore l’admiration des Parisiens et des étrangers, mais qui du moins avait le mérite de n’avoir d’autre architectes, d’autres ouvriers, que les citoyens mêmes qui avaient demandé l’autorisation de le construire. Quelques décors fournis par la direction du théâtre, des écussons aux initiales de l’Empereur, de l’Impératrice et de la reine Victoria, une grande figure allégorique de la ville de Saint-Germain, des drapeaux de France, d’Angleterre, de Turquie et de Sardaigne, des arbres entiers, coupés et replantés à la hâte, des guirlandes de feuillages, des massifs de fleurs, une suite de mâts, surmontés d’oriflammes aux couleurs nationales composèrent un ensemble sinon parfait, du moins attestant le goût et le zèle de ceux qui y avaient contribué. Sur une banderole d’azur, flottant en avant du portique, on lisait ces mots, écrits en lettres d’or : Les habitants à Leurs Majestés. Après deux jours et deux nuits de travail, tout était prêt, ce matin, longtemps avant l’arrivée des augustes visiteurs.<lb/>Vers onze heures, le maire, à la tête de son conseil municipal, les principaux fonctionnaires, parmi lesquels on remarquait le lieutenant-colonel du régiment des Guides, le curé de la paroisse, le maire d’une des principales villes d’Angleterre, des artistes célèbres vinrent prendre place auprès du portique ; la subdivision des sapeurs-pompiers et un détachement du 48e de ligne formaient la haie et contenaient les flots d’une foule impatiente et compacte. Deux vedettes des Guides en grande tenue gardaient l’entrée de l’avenue, sur laquelle on remarquait aussi le sévère et bel uniforme des gendarmes à cheval de la garde impériale. Un aide-de-camp, en tenue de ville, vint bientôt s’assurer des dispositions prises et prévenir le maire que le désir de Leurs Majestés était qu’aucun discours ne fût prononcé. Bientôt après, à midi et demi, on vit passer les premiers courriers annonçant l’arrivée du cortège impérial et royal.<lb/>Puis les voitures arrivèrent : dans la première était la reine Victoria et la princesse royale ; sur le devant, l’Empereur et le prince Albert, tous deux en habit de ville. Les acclamations éclatèrent alors de toutes parts, et, pendant que les chevaux ralentissaient leur allure, la foule put contempler les traits qu’elle était si avide de voir. Dans la seconde voiture étaient le prince de Galles et d’autres personnes, parmi lesquelles, sans pouvoir l’assurer, nous avons cru reconnaître la princesse Mathilde. Des chars-à-bancs découverts, également conduits par les postillons de l’Empereur, contenaient les personnes de la suite de Leurs Majestés et les invités, au milieu desquels se trouvait M. le colonel Fleury. A l’entrée de la ville, M. l’inspecteur des forêts de la Couronne avait pris la conduite du cortège, qui était précédé et suivi d’un peloton de Guides. Après avoir relayé à deux cents pas environ de l’arc de triomphe, les voitures se dirigèrent, par la Terrasse, vers la grille Dauphine, où elles entrèrent en forêt, en marchant vers le pavillon de la Muette, but de la promenade.<lb/>Il était près d’une heure lorsqu’on est arrivé au château de la Muette, dont le rond-point était envahi depuis longtemps par une foule d’habitants de la campagne, accourus dès le matin des communes environnantes. Il s’y trouvait encore une innombrable quantité de personnes de distinction, à cheval, en brillants équipages, en voitures de poste, et beaucoup aussi à pied, malgré la longue distance qui sépare ce rendez-vous de chasse de la ville. Une collation avait été préparée dans la salle à manger du château. On avait espéré pouvoir donner à la reine le spectacle d’une chasse à courre, mais le temps a manqué, il a fallu se contenter des fanfares éclatantes des piqueurs de la vénerie, dont les trompes alternaient avec la musique des Guides. Les nombreux chiens de la vénerie, accouplés et tenus en lesse par les valets, ne contribuaient pas peu, par leur impatience difficilement contenue, à donner une couleur locale au spectacle pittoresque qu’offrait en ce moment la verte pelouse.<lb/>Après le lunch, l’Empereur et la reine Victoria ont paru dans le salon, dont les portes étaient ouvertes, et le public, tenu à distance, c’est-à-dire au bord du bois, a pu voir facilement ce qui se passait dans le salon. L’Empereur, fumant un cigare, ainsi que tous les hommes invités, se promenait et causait familièrement avec plusieurs personnes, parmi lesquelles nous avons remarqué M. le maréchal Magnan, grand veneur, en costume de chasse, M. Edgard Ney, M. le colonel Fleury, M. Lepic, etc. On a vu aussi avec intérêt Sa Majesté causer quelques instants avec notre grand artiste Lablache, du théâtre italien ; c’est en ce moment qu’une députation de jeunes filles, vêtues de blanc et appartenant, nous a-t-on dit, à la ville de Conflans, a été introduite dans le salon et admise à l’honneur de présenter à la Reine des fleurs et des fruits.<lb/>La reine d’Angleterre, vivement impressionnée par la beauté du lieu et enchantée du coup d’œil qu’offrait l’ensemble de la réunion, a pris un crayon et, de sa royale main, a esquissé un croquis destiné à lui conserver le souvenir de sa visite à la forêt de Saint-Germain.<lb/>Peu d’instants avant le départ, la musique des Guides exécutait, avec le rare talent que nous lui connaissons, le quadrille des Noces de Jeannette ; on a pu voir alors les jeunes princes, sous le charme de cette entraînante musique, se mettre à danser dans le salon, où d’augustes personnages paraissaient partager leur gaité.<lb/>Vers trois heures et demie, le cortège a repris la route de Saint-Germain, en passant par la place Verte, la grille Royale, la Terrasse et le Parterre, dont il a fait le tour, pour sortir par la grille du Débarcadère et s’arrêter sur la place du Château, où attendait une foule immense.<lb/>Là, l’Empereur, la reine Victoria, le prince de Galles et la princesse royale ont mis à terre et sont entrés, avec une partie de leur suite, au château, où, reçus par les autorités et conduites par M. l’architecte, nouvellement nommé, et le commandant du Génie, avec une conversation dont les destinées futurs de l’antique et royale demeure ont probablement été le sujet. On a pu voir ensuite, pendant quelques instants, les augustes voyageurs paraître au balcon, du côté nord du château, d’où l’on jouit d’une si admirable vue sur le Parterre, la Terrasse et son immense horizon ; quelques minutes après, l’Empereur et ses royals hôtes remontaient en voiture et traversaient au pas la foule qui encombrait la place et qui faisait retentir l’air des cris mille fois répétés de : Vive la reine d’Angleterre ! Vive l’Empereur !<lb/>Un dernier épisode a marqué d’une manière touchante la sortie de la ville : c’est aujourd’hui la saint Louis, fête patronale des ouvriers maçons de Saint-Germain. Selon leur usage, ils avaient, après avoir présenté le pain béni à l’Eglise, parcouru la ville au son de musiques guerrières, venue tout exprès de l’école de Saint-Cyr. A l’angle des rues de la Verrerie et de Paris, le cortège de ces braves ouvriers se rencontra avec les voitures impériales ; l’Empereur fit arrêter, prit quelques renseignements, et l’on vit alors le syndic de la corporation s’approcher du marche-pied, adresser quelques mots à l’Empereur, qui lui répondit avec bienveillance et accepta de sa main, pour la reine et pour lui, un bouquet et une énorme brioche ; la même offrande fut également acceptée à la seconde voiture par le prince de Galles. Puis le cortège reprit sa marche pour sortir de la ville, traverser la place Royale et s’engager dans les rampes du Pecq, retournant à Saint-Cloud par Chatou et Rueil, et laissant, derrière lui, toute une ville émue de sentiments de joie et de reconnaissance pour cette bonne visite dont elle gardera un long souvenir.<lb/>Le maire du Pecq et le conseil municipal s’étaient rangés à l’entrée du pont, sur le passage de l’Empereur et de la reine d’Angleterre. Les autorités des autres communes avaient suivi cet exemple et, sur plusieurs points du parcours, on avait élevé des mâts pavoisés et des arcs de triomphe. Nous devons citer enfin la façon élégante et riche dont une noble anglaise, lady Trotter, habitant depuis quelques années sa charmante propriété de la Rocheville, situ »ée vers le milieu de la côte, avait décoré l’entrée et la façade de sa maison. Des faisceaux de drapeaux, de riches tentures et des écussons aux armes de France et d’Angleterre annonçaient dignement la demeure d’un sujet dévoué de Sa Majesté britannique et d’un hôte reconnaissant de la nation française, qu’elle sut honorer en partageant ses sympathies pour le chef que la Providence et le vœu unanime lui ont donné dans l’auguste personne de l’empereur Napoléon III.<lb/>Léon de Villette »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Visite de S. M. la reine d’Angleterre à Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 34-211, 25 août 1855, p. 86</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de travaux en cours dans la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">22</unitid>
              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">25 août 1855</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« M. l’abbé Codant, ancien aumônier du pénitencier, vient d’être nommé chapelain du château de Saint-Germain, rentré dans les attributions de la Couronne. On s’occupe déjà de la restauration de la chapelle, dont on a retrouvé l’ancien sol à une certaine profondeur. Les bâtiments qui avaient été élevés au-dessus de la chapelle vont faire place à une toiture rappelant l’ancien style et enrichie d’ornements et de dorures dans le genre de celles de la Sainte-Chapelle de Paris. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 34-211, 25 août 1855, p. 85</p>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Précisions sur la visite de la reine Victoria à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">23</unitid>
              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">1er septembre 1855</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La petite presse à sa sœur aînée la presse parisienne<lb/>A propos de quelques erreurs dans les relations du voyage de S. M. la reine d’Angleterre à Saint-Germain<lb/>Il y avait une fois un journaliste chargé de rendre compte d’une grande représentation annoncée depuis longtemps à l’un des théâtres de Paris. Il avait assisté à plusieurs répétitions générales et, se croyant sûr de ce qu’il aurait à dire, avait, sauf erreur ou omission, préparé son article, qui n’attendait plus pour voir le jour que les quelques détails sur les faits de la représentation du soir. Or il advint que, le jour même, quelques amis du critique vinrent le débaucher pour une partie de campagne improvisée ; l’offre, faite avec un certain charme, séduisit assez le pauvre esclave ordinaire des faits divers et comptes rendus pour le faire hésiter entre son devoir et l’attrait d’un plaisir tentateur ; d’ailleurs l’article était tout fait, le programme de la soirée était certain, quelques mots ajoutés sur le succès colossal de l’ouvrage, la phrase traditionnelle annonçant que l’heure avancée à laquelle avait fini le spectacle obligeait à remettre au prochain numéro de plus amples détails, complétèrent le compte rendu anticipé, qui fut envoyé à l’imprimerie, pendant que son auteur courait à toute vapeur vers l’endroit choisi pour la joyeuse réunion.<lb/>Mais le pauvre diable avait compté sans son hôte, c’est-à-dire sans les accidents de machines et de trucs, sans les enrouements et les indispositions, enfin sans les mille et un empêchements qui surgissent à l’approche d’une grande représentation. Le spectacle n’eut pas lieu et la bande fatale, posée sur l’affiche, annonça que la première représentation de la Biche au bois était remise, pour cause d’indisposition, à un autre jour. Le lendemain matin, le compte rendu détaillé n’en parut pas moins dans les colonnes d’un petit journal de théâtre ; et qui fut bien penaud ? ce fut, on peut le croire, le pauvre critique qui, honteux et confus, jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.<lb/>Nos grands confrères, confiants dans le programme official et désireux peut-être d’assister de préférence aux royales pompes de Versailles, ne sont-ils pas tombés dans le même inconvénient à propos du voyage de la reine d’Angleterre à Saint-Germain ? C’est, du moins, ce qui nous paraît résulter des rectifications que nous allons nous permettre de faire à ce sujet.<lb/>Dans son numéro du samedi 25 août, la Presse dit que la reine d’Angleterre, qui avait déjà visité le tombeau de l’Empereur, s’est agenouillée dans la journée devant celui de Jacques II. Première erreur, la reine a bien visité, non pas en allant à la forêt, comme nous dit la Presse, mais bien en revenant, le château de Saint-Germain ; mais Sa Majesté n’a rendu aucune visite au tombeau de Jacques II, qui, situé non pas dans la chapelle du château, mais bien à l’église paroissiale, est, dans ce moment, entièrement masqué par les échafaudages nécessaires à la peinture des fresques qu’y exécute le célèbre peintre M. Amaury-Duval.<lb/>Le Constitutionnel est encore plus mal informé à propos des renseignements qu’il donne à la date du 26 août. Nous y lisons qu’un arc de triomphe avait été construit à l’entrée de la ville et qu’il était dû aux soins de la municipalité et de la compagnie du chemin de fer. Pour rendre hommage à la vérité, il nous faut constater qu’aucun corps constitué, et encore moins la compagnie de chemin de fer, n’a pris l’initiative en cette occasion. Comme tout le monde le sait, et ainsi que nous avons eu occasion de le dire, cet arc de triomphe a été spontanément construit, sous le patronage et avec l’autorisation de la municipalité, il est vrai, mais par les habitants eux-mêmes, qui se sont partagé le soin de construire l’édifice improvisé et de recueillir en même temps les souscriptions nécessaires. Le même journal dit que le maire a remis à la reine une adresse de félicitations, au nom de la ville de Saint-Germain. Rien de ce genre n’a eu lieu : nous avons raconté que, quelques instants avant l’arrivée de Leurs Majestés, un aide de camp avait fait connaître à M. le maire, présent avec son conseil municipal, qu’il n’y avait lieu de faire, ni de présenter aucun discours. Le régiment des Guides, encore selon le Constitutionnel, était rangé, à pied, en bataille, devant son quartier. Nouvelle erreur. De fréquents détachements des Guides étaient échelonnés sur la route pour servir d’escorte, mais les hommes restés à la caserne étaient groupés çà et là, et selon leur volonté, aux fenêtres, en tenue de dimanche et en bonnets de police ; le lieutenant-colonel était lui-même au pied de l’arc de triomphe, parmi les fonctionnaires qui attendaient le passage de Leurs Majestés. Enfin, pour se rendre à la Muette, le cortège n’a pas traversé la ville, et ce n’est qu’au retour qu’il s’est arrêté à la porte du château, où Leurs Majestés ont visité l’appartement de Jacques II, ceux auxquels une tradition incertaine attribue l’habitation à Mlle de La Vallière, et enfin la chapelle, dont la restauration date du règne de Louis XIII.<lb/>Les Débats, mieux renseignés, donnent, à la date du 27 août, un détail exact de la visite royale, seulement ils ajoutent, dans l’erreur commune : « Leurs Majestés sont reparties pour Saint-Cloud, après une visite au tombeau de Jacques II ».<lb/>Le Constitutionnel du même jour dit qu’après la visite au château, la reine s’est rendue à l’église paroissiale, où est le tombeau du dernier roi de la race des Stuarts. Les milliers de personnes qui, sur la place, saluaient Leurs Majestés de leurs acclamations peuvent encore donner à son rédacteur l’assurance positive du contraire.<lb/>Enfin, le Siècle, après avoir raconté ce fait erroné que la reine a assisté à une chasse dans la forêt, dit positivement que Sa Majesté, en visitant le château, s’est arrêtée dans la chapelle devant le monument où l’on conserve la cervelle et une partie des entrailles de Jacques II (sic). Il n’y a, nous le répétons, qu’un malheur à tout cela, c’est qu’il n’y a pas eu de chasse, que les restes de Jacques II ne sont pas dans la chapelle et que les travaux en voie d’exécution au monument élevé dans l’église paroissiale devaient être et ont été un empêchement à la pleine visite de la reine Victoria.<lb/>Nous en avons fini avec toutes ces rectifications, que nous avons cru devoir faire et qui, d’ailleurs nous avaient été demandées autant dans l’intérêt de nos concitoyens, qui revendiquent l’honneur de l’initiative qu’ils ont prises, que dans celui de la vérité d’une foule de petits faits, que la seule présence d’un rédacteur à Saint-Germain aurait permis de relater d’une manière certaine. Un de nos confrères de Versailles, dédaignant de s’édifier de nos propres renseignements, a partagé l’une [p. 90] des nombreuses erreurs des journaux de Paris, et qui probablement se propageront au loin, où notre feuille obscure, mais consciencieuse, ne saurait avoir la prétention d’aller.<lb/>Léon de Villette »</p>
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            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « A propos de quelques erreurs dans les relations du voyage de S. M. la reine d’Angleterre à Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 34-212, 1er septembre 1855, p. 89-90</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la destruction des cellules au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">24</unitid>
              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">3 novembre 1855</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La démolition des cellules qui avaient dû partager les vastes salles du château lors de sa transformation en pénitencier est actuellement achevée. Les pierres et les débris inutiles ont été jetés par les ouvriers dans les fossés. Ce fait, de peu d’importance au premier abord, a pourtant donné lieu à des suppositions d’un projet que nous sommes loin de croire devoir être mis à exécution. Le bon goût et le respect qui président à tout ce qu’on fait actuellement pour la conservation ou la restauration des monuments historiques nous sont un sûr garant que pareille idée n’a pu germer dans le cerveau des architectes habiles appelés à rendre aux habitations historiques le cachet qui marque si bien leur époque ou leur destination positive.<lb/>Il ne s’agirait rien moins, nous assurait-on dernièrement, que de combler entièrement, pour les mettre au niveau du sol extérieur, les fossés qui entourent le château sur ses quatre faces. Il est évident que ce serait une véritable profanation ; en lui enlevant ainsi tout son aspect féodal, on ferait un véritable cul-de-jatte de notre vieux monument, et autant vaudrait alors jeter le château lui-même dans les fossés pour le combler. Nous sommes, du reste, un peu rassurés sur ce que cet on-dit pourrait avoir d’inquiétant au point de vue de l’art et des souvenirs ; il ne serait tout au plus question que d’élever d’un ou deux mètres le fond du sol, pour le solidifier, l’assainir et le préparer, par le nivellement, à recevoir des gazons et des plantations qui en rendraient l’aspect plus agréable et le voisinage plus sain, et le débarrasseraient de ces eaux croupissantes qui, pendant les chaleurs surtout, exhalent des miasmes fétides.<lb/>L’établissement de quelques passerelles, jetées autour de l’enceinte ; la reconstruction d’un pont à la façade nord, tel qu’il existait jadis, donnant communication avec le parterre ; le remplacement du triste et grand mur de prison par l’ancien parapet à hauteur d’appui, achèveraient de rendre facile les communications du château à la ville, et lui rendraient tout à fait, à l’extérieur, la physionomie qui convient à la demeure royale bâtie par François Ier.<lb/>Hâtons-nous de le répéter, du reste, nous avons toute confiance dans les talents, le goût et la haute instruction de ceux auxquels sont confiés les travaux, et nous n’avons parlé que de tout ceci que pour mémoire et pour établir tout ce que peuvent faire faire de suppositions quelques pelletées de plâtras jetées par les fenêtres. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <subject>Pénitencier militaire</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 44-221, 3 novembre 1855, p. 128</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention des peintures et sculptures réalisées par les prisonniers au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">25</unitid>
              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">10 novembre 1855</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Les travaux de démolition des cellules du pénitencier, en rendant facile, dans ce moment, l’entrée du château, ont permis à plusieurs personnes d’y faire une visite fort intéressante sous le rapport des derniers souvenirs anciens et de ceux qu’y ont laissé, en dernier lieu, les détenus militaires, dont quelques-uns ont orné les murs de peintures et de sculptures assez remarquables, quand on pense surtout au peu de ressources qu’avaient à leur disposition les artistes captifs. Si la permission de voir le château subsiste encore quelque temps et tant que les travaux de restauration n’auront pas détruit ces fresques curieuses, c’est une promenade que nous recommandons à nos lecteurs et pour laquelle ils pourront prendre, pour guide certain, la notice Visite au château, dont nous commençons aujourd’hui la publication. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Pénitencier militaire</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 45-222, 10 novembre 1855, p. 132</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">26</unitid>
              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">10 novembre 1855</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Une visite au château de Saint-Germain-en-Laye<lb/>Etat actuel, octobre 1855<lb/>Les monuments historiques de la France, leur origine et leur antiquité, ont de tous temps fixé l’attention des archéologues et des sociétés savates chargées de constater leur situation, les dégradations que le temps leur a fait subir et de signaler les réparations indispensables à leur conservation dans le style primitif.<lb/>La ville de Saint-Germain-en-Laye, fière de posséder l’un de ces monuments, va devoir à la munificence de l’Empereur la restauration de ce château, qu’admirent les étrangers et qui, après avoir passé dans les attributions du ministère de la Guerre, vient de rentrer dans le domaine de la Liste civile.<lb/>C’est à l’habile direction de M. Millet, architecte, aux soins duquel est confié un travail approprié à une destination non révélée, mais qui fait espérer une régénération de cette antique et royale demeure, que nous devons la réalisation d’un vœu si longtemps exprimé, en voyant la ville de Saint-Germain reprendre le rang qu’elle n’avait jamais cessé d’occuper parmi les résidences royales.<lb/>Sa configuration extérieure pouvant être appréciée généralement, nous avons pensé que, sans prétendre à aucun titre littéraire, mu par la seule idée de faire connaître à la génération présente la description intérieure de visu du château de Saint-Germain-en-Laye, dans son état actuel, avant les changements d’appropriation qu’il doit subir, pourrait intéresser quelques personnes, notamment celles qui l’ont vu après le délaissement de la Cour.<lb/>M. Lebreton, dans son excellent ouvrage d’antiquité, affirme qu’aucune nation de l’Europe ne peut disputer à la France la gloire qui résulte de ses monuments historiques. Pour répondre à une assertion si péremptoire et appuyée d’une si haute notabilité, il faudrait avoir, dans cet art, des connaissances tout autres que celles que nous apportions dans la rédaction de cet aperçu.<lb/>Nous passerons rapidement sur la partie historique de ce château, traité diversement par plusieurs auteurs, et que nous avons analysée dans notre Précis historique, publié en 1848, en cherchant à rapprocher ce qui était vraisemblable avec sa situation. Pour ne point indiquer au hasard une origine apocryphe, nous avons dû fixer nos regards sur le XIVe siècle. En effet, rien ne constate d’une manière positive qu’au Xe siècle, Robert le Pieux ait jeté les premiers fondements du château de Saint-Germain, mais bien d’un monastère nommé Charlevanne dont l’emplacement est contesté, et sur les fondations duquel Louis VI le Gros aurait, au XIIe siècle, selon quelques écrivains, fait construire, sous le ministère de l’abbé Suger, une forteresse que les Anglais auraient ruinée, et qui demeura dans cet état jusqu’au règne de Charles V, qui fit édifier, sur les anciens fondements, le château de Saint-Germain, dont l’architecture et les dispositions ont souvent varié selon les temps, ainsi qu’on peut s’en faire une idée par les gravures annexées au Précis historique dont il vient d’être parlé. Comme ce château fut, dans son origine, un monastère, puis une forteresse démolie, pour ne pas s’engager dans la recherche de cette origine douteuse et confondre ces anciennes constructions avec celles qui existent aujourd’hui, il est prudent de s’arrêter au règne de Charles V, en 1367, ce qui ferait supposer, avec quelque raison, que la construction du château de Saint-Germain-en-Laye, tel qu’il est aujourd’hui, daterait de 500 ans, c’est-à-dire qu’elle serait aussi ancienne qu’aurait été la Bastille, dont ce roi fit poser les premiers fondements en 1370 par Aubriot, prévôt des marchands de Paris, mais moins vieille que le château de Vincennes, où il est né en 1337.<lb/>Froissard et le président Hainault rapportent, dans leur Abrégé de l’histoire de France, que c’est dans la période de 1364 à 1370 que Charles V fit reconstruire ses châteaux de Creil, de Vincennes, de Beauté, de Mantes, de Montargis, etc., et dont celui de Saint-Germain fut sans doute du nombre.<lb/>On sait que les successeurs de Charles V, François Ier et les rois qui lui ont survécu jusqu’à Louis XIV, ont apporté chacun, pendant leur règne, divers changements, tant dans la forme que dans la distribution de ce château, sur lequel on fait très souvent des conjectures plus ou moins hasardées. Pour ne pas revenir sur ce qui a été dit à cet égard, nous renvoyons le lecteur de cet opuscule au Précis historique déjà cité.<lb/>Description intérieure<lb/>Nous nous abstiendrons, lors de cette description, de toutes réflexions et observations, ni d’émettre aucune opinion, voulant laisser au génie de l’architecte sa liberté d’action.<lb/>Pour arriver à l’entrée principale donnant sur la place du Château, fermée par une grande porte scellée à deux pilastres en pierre, on passe par un pont en pierre, construit lors de la restauration faite sous Colbert et remplaçant l’ancien pont-levis, dont on voyait encore la herse et la bascule suspendus à la voûte, au commencement de la Révolution. Cette entrée est une voussure en pierre, de 2 mètres d’épaisseur fermée par une autre grande porte ; à droite, est le logement du concierge, composé de deux grandes pièces ; à gauche, un corps de garde, le tout ayant vue sur la place du Château. Une grille en fer, tenue constamment fermée, sépare l’entrée principale d’avec celle de l’intérieur, aussi fermée par une grande porte à deux vantaux, avec guichet, donnant entrée dans la cour ; entre cette dernière porte et la grille qu’on vient de décrire règne, à droite et à gauche, une longue galerie ogivale, en briques, avec arceaux en pierre, encadrant en caisson les armes de François Ier ; à droite sont trois grandes pièces qu’occupait jadis le sieur Lemire, ancien plombier du roi : elles ont servir depuis à établir les bureaux de la comptabilité du pénitencier. En suivant cette galerie, on voit, à gauche, un petit escalier en pierre, qui conduit à la tribune de la chapelle, et, à droite, au fond, un carrefour presque noir, d’un assez vilain aspect, éclairé seulement par un vitrage, placé à l’extrémité du château ; à droite et à gauche de cette espèce de carrefour sont des pièces sombres, servant de dépôt de bois et de charbon.<lb/>En descendant quelques marches en pierre, on arrive dans une grande cuisine, éclairée sur les fossés, convertie en un vaste fournil, ayant servi à la manutention militaire des vivres ; en remontant cette galerie, à gauche de la porte d’entrée, sont des logements à rez-de-chaussée qu’occupaient jadis plusieurs officiers de la maison du Roi et, en dernier lieu, M. Desmarets, architecte du château. Ces logements ont été destinés depuis à ceux des sous-officiers du pénitencier, une pièce à la salle de police de ces sous-officiers, et les deux grandes pièces ensuite ont servi de magasin et de dépôt aux effets des prisonniers. Les séparations, qui divisaient ces grandes pièces et qui ont été démolies, ne permettent plus de reconnaître l’appartement qu’occupait alors milord Louis et sa sœur, aliénée, vulgairement nommée la Folle du château, ainsi que son neveu, milord Morice, qui fut, dans la première révolution, commandant de la garde nationale de Saint-Germain (ce même milord Morice épousa, à cause de sa beauté, la fille du portier de la grille Royale, nommée Longuemare).<lb/>C’est sous cette galerie, dans laquelle on a fait une séparation pour y établir le poste des gardiens de nuit, qu’étaient remisées autrefois les chaises et les brouettes de la Cour, et où se tenait le serdeau fréquenté par les jeunes gens et seigneurs de la Cour pour causer avec les jolies femmes chargées de ce service. A droite de cette galerie, est une porte pratiquée dans la tourelle du nord, conduisant à l’escalier, dit de la Comédie, dont nous parlerons ci-après.<lb/>[p. 137] Cour intérieure<lb/>On entre dans cette cour par la porte à guichet que nous avons décrite. Cette cour, de forme irrégulière, a 72 mètres de long sur 27 de large, et est pavée en grès.<lb/>Nous devons ici signaler l’erreur qui s’est perpétuée, et attribue à François Ier, par une galanterie pour Diane de Poitiers, sa maîtresse, d’avoir voulu donner à cette cour la forme d’un D gothique, initiale de son nom. Si l’on observe que c’est au XIVe siècle que Charles V a fait réédifier, sr ses anciennes fondations, le château de Saint-Germain, en déterminant le périmètre actuel de la cour, il sera difficile d’admettre que sa forme ait pu changer au XVe siècle, pour plaire à Diane de Poitiers, étant limitée par la construction principale.<lb/>Aux trois angles de cette cour sont des tourelles en pierre, dans l’intérieur desquels sont construits, en briques, des escaliers en limaçon conduisant sur les combles.<lb/>L’aile de droite, côté du nord, est construite en pierre et briques, selon le style du temps, procédant, comme tout l’ensemble de l’édifice, plus de la force que de l’élégance. Le rez-de-chaussée est éclairé par treize fenêtres cintrées, pratiquées dans un enfoncement que forment des avant-corps supportant un balcon continu en pierre, à jour, faisant le tour de la cour. Une porte cintrée avec colonnettes et fronton aussi en pierre, aux armes de l’Empereur, dix grandes bâches en pierre sont placées dans les embrasures de ces avant-corps et alimentées par des robines et conduits en plomb, amenant la portion d’eau appartenant à la Liste civile, pour le service de l’établissement. Au premier étage, quatorze grandes baies de fenêtres cintrées, à châssis brisés, à petits carreaux ; au deuxième étage, pareilles fenêtres moins grandes, avec balcons en fer, éclairent cette partie du bâtiment, sur la cour.<lb/>A droite de la porte ci-dessus décrite, conduisant à un grand escalier en bois, est un puits d’une grande dimension et d’une profondeur assez considérable, avec manivelle, dont la construction paraîtrait remonter au temps de la restauration faite sous François Ier.<lb/>La façade construite au fond de la cour, dans les deux angles rentrant que forment les deux tourelles, et l’aile faisant face à celui du nord, sont dans les mêmes dispositions ; quelques baies de fenêtres sont murées à la naissance des cintres, indépendamment de deux portes communiquant au rez-de-chaussée, et l’ouverture d’un porche sous lequel on passait par l’entrée principale, nommée la porte d’honneur, ayant son ouverture sur la rue du Château-Neuf, et son accès par un pont-levis en pierre, démoli lors de la construction et élévation des murs de ceinture ; ce porche et cette entrée ont été remplacés par un escalier de service.<lb/>A gauche et à droite des deux tourelles est et sud, est un troisième étage éclairé sur la cour par quatre croisées, avec balcon en fer. Sur les pilastres d’avant-corps, dont la restauration en plâtre a fait disparaître et recouvert la construction primitive en briques, sont quarante médaillons, au milieu desquels on a sculpté deux LL fleurdelysées, remplaçant les anciens médaillons en faïence de Bernard Palissy.<lb/>A droite de la porte d’entrée, dans la cour, est celle de la chapelle que François Ier fit réparer et qui date de l’époque où Charles V fit reconstruire le château. La voûte en ogive, ornée de fines arêtes dorées, est d’une rare délicatesse, modelée sur la Sainte-Chapelle de Paris, construite sous saint Louis, au XIIIe siècle. Cette voûte a vingt-quatre mètres d’élévation sous clef ; sa longueur est de vingt-cinq mètres et sa largeur de dix mètres. Elle fut dédiée à saint Jean-Baptiste ; elle est éclairée par de grandes fenêtres cintrées, vitrées en verres de couleur, soutenues par des arcs-boutants en pierre, qui s’appuient au-dehors sur le balcon. Louis XIII, qui passa une partie de sa vie dans ce château, donna des soins particuliers à la décoration de sa chapelle ; alors la voûte se couvrit de peintures de Vouet, de Lesueur et de Lebrun ; le tableau qu’on remarque sur le maître-autel est une copie que Louis XVIII a fait faire de la belle cène de Nicolas Poussin, dont l’original fut placé au musée du Louvre. Il fit aussi restaurer les tribunes et les boiseries qui avaient été endommagés lors de l’emmagasinement qu’on fit dans cette chapelle des lits militaires.<lb/>Une fouille récemment faite, près du pilier de droite en entrant dans cette chapelle, à la profondeur de soixante centimètres environ, et dans laquelle descendent les embases des cintres, ferait supposer que cette partie du sol aurait été remblayée lors de la restauration, pour le mettre de niveau avec la cour.<lb/>A droite du chœur de cette chapelle, séparée par une grille d’appui, est la sacristie, composée de deux pièces éclairées sur la rue du Château-Neuf, dont les boiseries ont été conservées.<lb/>Trente-cinq corps de sphynx, ou gargouilles en saillie, jettent dans les eaux des combles dans la cour.<lb/>Dans la tourelle du nord, à gauche en entrant, sont deux portes : la première communique de la cour à l’escalier dit de la Comédie, dont nous avons parlé, et l’autre, d’une plus forte dimension, donne entrée, par un escalier rapide et profond, aux caves et souterrains construits sous le château, dans lesquels on ne peut pénétrer qu’à l’aide de flambeaux et qu’on ne peut visiter sans éprouver un sentiment de terreur difficile à contenir. La première de ces caves, très vaste et très profonde, est solidement construite en pierre, avec arceaux, aussi en pierre ; à gauche sont d’autres caves traversant sous le pont et communiquant sous la galerie droite, en entrant.<lb/>A droite de la cave principale, est un petit couloir pratiqué dans des murs de trois mètres d’épaisseur, communiquant à plusieurs autres caves cintrées, en arceaux de pierre, et se prolongeant sous l’aile gauche, vers le milieu du château, où est pratiqué un petit escalier en pierre très droit et très obscur, dont l’issue est bouchée ; c’est dans ces caves, qui servaient de magasin à charbon, que l’ordre avait été donné d’arrêter et d’enfermer les insurgés qui, lors de la dernière révolution, s’étaient présentés pour mettre en liberté des prisonniers. Des stalactites et gouttes d’eau s’échappent de ses voûtes souterraines et impriment une froideur qui vous fait désirer d’en sortir.<lb/>En revenant sur ses pas, dans la première cave, on passe à droite dans un étroit couloir qui conduit à une autre cave, aussi construite avec arceaux en pierre, sur lesquels on remarque, notamment au-dessus de la porte voûtée, plusieurs blasons que nous avons figurés, paraissant avoir une origine ancienne. En tournant à droite, toujours par un corridor pratiqué dans l’épaisseur des murs en pierre de taille, on trouve une petite porte basse qui conduit, après avoir descendu quelques marches, à un souterrain en partie comblé, où aboutissaient les oubliettes dont il a été question dans le Précis historique. On voit dans ce souterrain très élevé, ayant dix mètres de long sur un mètre vingt-cinq centimètres de large, autant que peut le permettre l’obscurité qui règne dans l’élévation, une sorte de trappe de peu d’étendue, bouchée en moellons, d’où l’on précipitait, sans doute, dans un temps très reculé, les malheureuses victimes de la vengeance. Le conduit de ces oubliettes ayant été comblé jusqu’au niveau du sol, déjà très profond à l’endroit où nous étions descendus, nous ne saurions dire où il s’arrêtait.<lb/>Ces souterrains, qu’on quitte avec plaisir, ne sont pas plus profonds que ceux du château de Vincennes, bâti dans le même temps ; nous avons remarqué que les pierres dures, d’une énorme dimension, dont se composent ces constructions, bien appareillées, sont encore, malgré le temps et l’humidité, dans un parfait état de conservation.<lb/>En quittant ces affreux séjours, on remonte dans la cour, où l’on se trouve plus à l’aise, et comme ayant échappé à quelques périls cachés dans l’obscurité.<lb/>Avant d’introduire le lecteur dans l’intérieur de ce château, nous croyons devoir faire remarquer qu’à l’exception de quelques appartements que nous décrivons, il ne reste absolument rien de ce qui en faisait l’ornement et lui imprimait un caractère majestueux, digne d’admiration, sous le rapport de l’art, qu’on désirerait comparer avec les progrès qu’il a faits de nos jours. Ainsi toutes les portes, chambranles, boiseries, lambris à larges moulures dorées, parquets, décorations et généralement tout ce qui formait la division ou l’ensemble de chaque appartement, tout a disparu, a été démoli et vendu en différents temps, pour faire place à de nouvelles dispositions. Approprié depuis 1793 jusqu’à ce jour, d’abord à l’établissement de dépôt et magasin d’effets militaires, ensuite à l’incarcération des malheureux suspects, ou logement d’une compagnie de vétérans et du commandant de place, ensuite occupé, à d’autres époque, par les dépôts de divers régiments, par l’établissement de l’école spéciale de cavalerie, sous le commandement du général Clément de la Roncière, puis, après 1814, par les gardes du corps du roi, et enfin par le pénitencier militaire dont nous allons parler, il serait impossible aujourd’hui, même en rappelant ses souvenirs, d’indiquer l’endroit où était tel ou tel appartement, et de désigner ceux qu’occupaient les plus grands personnages de la cour les plus connus. Tout ayant été confondu et changé, il n’existe plus que les murs et d’énormes piliers nus et dépouillés de tout ce qui pouvait en faire reconnaître l’usage. Les immondices qu’on y rencontre, conséquence forcée de la suppression d’un établissement qui renfermait des ateliers de diverses fabriques, indiquent suffisamment la nécessité de pourvoir à la restauration de ce château, qui n’attend que l’ordre du souverain pour mettre l’architecte à même de nous faire connaître sa nouvelle destination.<lb/>[p. 141] Intérieur<lb/>En passant par la porte qui donne dans la tourelle du nord, on entre d’abord dans une grande salle séparée par des barreaux de bois, ayant servi de parloir ; ensuite, à gauche, au-rez-de-chaussée, dans de grandes pièces, au nombre de sept, éclairées, sur la cour et sur les fossés, par douze fenêtres cintrées, en pierre, prises dans l’épaisseur des murs, de trois mètres vingt centimètres d’épaisseur, défendus par des barreaux de fer ; les plafonds, de quatre mètres trente centimètres de hauteur, sont, comme tous ceux de ce monument, à solives apparentes, portées par d’énormes poutres, que soutiennent de fortes colonnes en bois ; chacune de ces pièces est séparée par des murs de refend en pierre, d’un mètre d’épaisseur, dans lesquels sont pratiquées des baies de porte formant couloir.<lb/>Dans chacune de ces vastes salles, qui servaient de réfectoire aux détenus, sont écrites, sur les murs, en lettres peintes, des maximes et moralités. A la sortie de la dernière pièce, à gauche, sous l’escalier, est un petit cabinet noir ayant servi de prison.<lb/>En tournant, d’abord à gauche, on entre dans de grandes pièces ayant servi d’ateliers ; ensuite, à droite et passant au pied de l’escalier de la tourelle nord-est, on entre dans deux grandes salles, séparées au milieu par un arc en pierre, éclairées sur les fossés par sept croisées que défendent des barreaux de fer, et où l’on avait établi des ateliers de forgerons.<lb/>Dans l’aile du sud, toujours au rez-de-chaussée, sont quatre grandes pièces ayant accès sur la cour, où avaient été aussi établis d’autres ateliers de forgerons et de petits magasins de charbon, le tout divisé par de longs corridors, qu’éclairent douze fenêtres cintrées en pierre, dans l’épaisseur des murs, lesquelles sont défendues par des barreaux de fer ; une salle de bains, avec ses fourneaux et accessoires, qui sont établies dans deux autres pièces, à gauche, prend jour sur la rue du Château-Neuf.<lb/>Toutes ces pièces, par la démolition des forges, fourneaux, établis, qu’on avait scellés, présentent un délabrement complet et pénible à décrire.<lb/>Pour suivre l’ordre que nous avons mis dans la description de cet intérieur, et afin d’éviter des contre-marches qui auraient pu faire oublier quelques pièces, nous reprendrons, pour la visite du premier et du second étages, par l’escalier de la Comédie, que nous avons déjà indiqué, au milieu duquel on trouve, à droite, une porte cintrée, donnant entrée à une grande antichambre, à cheminée en briques paraissant être d’un temps assez éloigné. C’est par cette antichambre que l’on entre, à gauche, dans la grande salle de Mars, dite des chevaliers, sous François Ier, dont nous allons faire la description.<lb/>Cette salle a quarante-sept mètres de longueur sur quatorze de largeur ; elle est éclairée par huit grandes fenêtres cintrées, donnant sur la place du Château ; la cheminée en briques est remarquable par son élévation et son architecture superposée ; elle porte en sculpture une salamandre et les armes de François Ier, en pierre parfaitement conservée ; de grands arceaux ogives, en pierre cannelée retombant sur des consoles à têtes d’ange, vont se joindre et forment la voussure en briques, parsemée de fleurs de lys en pierres saillantes, dont l’écartement est retenu par de forts tirants de fer. Cette pièce est partagée en deux dans sa hauteur, au moyen d‘un plancher en bois auquel on monte par un escalier-échelle, pour augmenter le nombre des ateliers ; c’est dans cette pièce qu’avait été construite la plus jolie salle de spectacle que l’on connût alors ; elle était entretenue dans un luxe royal, par les soins de M. le maréchal de Noailles. C’est là que débutèrent, devant la Cour, Larive, Saint-Prix, le célèbre Contat, etc. Molière y avait aussi fait représenter plusieurs de ses pastorales.<lb/>Cette salle, vendue dans le cours de la Révolution, à un sieur Dennebecq, qui avait obtenu l’autorisation d’y faire donner des représentations, a été démolie et disposée pour les exercices des gardes du corps.<lb/>[p. 142] En sortant de cette vaste salle, dont ne peut trop admirer la hardiesse, pour rentrer dans l’antichambre dont nous avons parlé, on passe, à gauche, dans un appartement complet, dépendant du pavillon du nord, éclairé sur la place du château et le parterre, où est décédé, dit-on, le roi Jacques II d’Angleterre. Cet appartement se compose d’une antichambre, d’un petit salon garni de lambris et panneaux dorés, chambranle de marbre vert de mer, oratoire, chambres à coucher, grand salon aussi à cheminée de marbre, salle à manger, office, cuisine, petits appartements des femmes, auxquels on monte par un petit escalier d’intérieur. C’est le même escalier, selon d’anciennes chroniques, qui conduisait nuitamment Louis XIV à l’appartement de mademoiselle de La Vallière, mais la simple inspection des lieux démontre l’impossibilité de cette rencontre. C’est donc le seul appartement conservé qui, quoique délabré, peut encore donner une idée de la somptuosité et des dorures dont le château était orné. On doit supposer que cet appartement fut aussi celui de la dauphine, si l’on s’en rapporte aux bas-reliefs composés de dauphins, ainsi qu’à son chiffre, entrelacé des lettres A. V. M., sculptés sur les panneaux dorés.<lb/>C’est en quittant ce lieu tout plein de souvenirs, qu’en repassant par la première antichambre que nous avons décrite, on arrive au premier étage, dans de grandes pièces parallèles à celles du rez-de-chaussée, divisées comme elles par les mêmes piliers et murs de refend. On y a établi les cellules qu’occupaient les détenus pendant la nuit ; on en compte cinq cents une, répartie dans chacun des étages du château. Ces cellules, quoique ayant bien le caractère d’une prison, ne sont cependant pas d’un aspect désagréable ; elles sont construites en double, adossées, dans ces grandes pièces, en cloisonnage, sans adhérence au monument, et soutenues par des traverses en bois de chêne, scellées dans le corps de l’édifice, pouvant facilement en être détachées sans l’endommager. Chacune de ces cellules à deux mètres cinquante centimètres de longueur sur un mètre cinquante centimètres de large, et sont proprement enduites et plafonnées : elles sont carrelées, mises en couleurs, fermées par une porte en chêne, avec serrure, et verrouillées comme l’exige la sûreté d’une prison. Une imposte vitrée au-dessus éclaire et donne de l’air à ce petit réduit, qui perd de son caractère de geôle par la propreté, le soin et l’intelligence avec lesquels chaque détenu a su l’embellir, pour charmer sa solitude et entretenir ses anciens rêves d’amour, ses souvenirs de gloire et d’infortune.<lb/>La plupart des malheureux jeunes gens, dont la justice avait puni les fautes, n’étaient pas sans éducation ni talent.<lb/>Presque toutes les cellules sont décorées, avec plus ou moins de goût, de peintures à l’huile et en détrempe, représentant divers sujets d’ornementation, draperies, arabesques, paysages, marine, faits militaires et historiques ; surtout des portraits, souvenir des belles de leurs pensées ; le tout traité en artiste, la plupart par une même main, autant qu’a pu le permettre la position d’un détenu privé de modèle et du secours de l’art. Quelques-uns se sont plu à représenter des sujets religieux. Nous avons remarqué saint Vincent de Paule, plusieurs ecclésiastiques, et la descente de croix de Daniel de Volterre, assez bien esquissée, composition difficile à reproduire par le souvenir, et que l’artiste n’a pas eu le temps d’achever : un long thème grec fait aussi partie de ces décorations.<lb/>En continuant cette visite du premier étage, du côté de la chapelle, on traverse plusieurs grandes pièces doubles en profondeur, éclairées sur la cour et la rue du Château-Neuf, consacrées aussi au service des ateliers de divers corps d’état. Passant à gauche par un corridor, on entre d’abord dans une pièce où se faisait la visite du médecin attaché à l’établissement du pénitencier ; puis dans deux grandes pièces communiquant l’une à l’autre, éclairées sur la rue du Château-Neuf, où se tenait l’école d’enseignement mutuel. Ces pièces sont encore garnies de bancs et tableaux pour cet usage. L’étage supérieur est disposé de même en ateliers pour diverses confections.<lb/>Après avoir quitté les salles que nous venons de décrire, en tournant à gauche, près d’une grille, on entre dans un appartement composé de six pièces, boisées et parquetées, qu’occupait le capitaine du pénitencier ; et, à côté, on entre aussi, par une porte à deux vantaux, dans un autre grand appartement dépendant du pavillon de l’ouest, éclairé sur la place du château, composé de douze pièces également boisées et parquetées, où logeait le commandant de l’établissement, et dans lequel XXXXXXX M. Jouy, de l’Académie française, auteur de la tragédie de Sylla. Les pièces que nous venons de décrire au premier étage sont toutes au niveau et donnent sur un grand balcon XXXXXXX supporté par des consoles en fer. Elles entourent XXXXXXX comme une ceinture, dont le parcours n’est interrompu que par une poterne convertie en lieux de retrait, donnant sur le parterre. On n’évalue pas à moins de 540000 kilog XXXXXXX employé à l’établissement de ce balcon, dont la solidité n’inspire aucune crainte.<lb/>Après avoir XXXXXXX l’escalier qui mène au logement du commandant, XXXXXXX parler, on arrive au fond de la galerie XXXXXXX et l’on fait ainsi, à l’intérieur, le tour du XXXXXXX l’exception de quelques petites pièces et cabinets XXXXXXX dépendances des appartements.<lb/>[p. 154] Il ne nous reste plus qu’à décrire les cinq pavillons qui flanquent ce château, et forment cet ensemble irrégulier dont la bizarrerie n’est pas sans mérite. Chacun de ces pavillons à trois étages de 130 marches au-dessus du balcon ; il est desservi par un escalier en pierre, pratiqué dans les tourelles intérieures, tournant en limaçon, lesquelles conduisent à la plate-forme du château, qui est dallée en pierre et entourée d’une balustrade d’appui, aussi en pierre pleine, jadis à jour et contournée, qui couronnait agréablement le monument. Il existe dans le pavillon sud un petit escalier en pierre, prenant naissance au premier étage et conduisant à deux cachots superposés, d’origine ancienne, au niveau du fossé, sur lequel ils reçoivent le jour. Ces cachots sont pris dans l’épaisseur des pierres, qui n’ont pas moins de deux mètres. Sur la tourelle du nord est une construction en pierre, avec escalier à l’intérieur, supportant la lanterne couverte en plomb et renfermant la sonnerie de l’horloge. Sur cette plate-forme, on découvre, aux quatre faces du château, un magnifique panorama, dont la vue se prolonge jusqu’aux bornes de l’horizon. En descendant ces escaliers jusqu’à la profondeur des fossés qui environnent le château, dans une largeur irrégulière de dix-huit mètres, entourés d’un mur en pierre, solidement construit, de sept mètres de hauteur, surélevé de deux mètres, avec tablettes en pierre (ces fossés, séparés par des murs, dans lesquels sont pratiquées des baies de porte, servaient de préau aux prisonniers), on arrive dans les parties basses des gros pavillons, où se trouvent de vastes cuisines cintrées, en pierre, à angles saillants, bien appareillées et dans un état parfait de conservation, d’une hauteur de six mètres cinquante centimètres sous clé, éclairées par de grands baies taillées en abat-jour dans l’épaisseur des murs. C’est dans ces cuisines que des cachots, au nombre de trente-sept, ont été établis pour y détenir temporairement les plus incorrigibles des prisonniers qui avaient mérité cette punition. La construction de ces cachots, dans lesquels l’air et le jour ont été ménagés, est semblable à celle des cellules que nous avons déjà décrites, sans aucune adhérence au corps principal, et autour desquels on peut librement circuler. Néanmoins on ne peut se défendre d’un mouvement de terreur en parcourant quelques-unes de ces cuisines, dont l’épaisseur des murs, d’environ quatre mètres, formant une sorte de couloir très sombre, donne à ces lieux un aspect sépulcral, qui rappelle les souterrains de la Bastille.<lb/>Bien qu’un puisard ait été creusé dans la partie ouest de ces fossés, près de l’entrée principale, l’écoulement des eaux s’opère difficilement, ce qui cause une humidité dont l’effet disparaîtra sans doute lors des réparations projetées. Comme le sol de ces cuisines est de niveau avec celui des fossés, il est peu probable qu’ils aient été remplis d’eau depuis leur construction. Une de ces cuisines, affectées vraisemblablement à chaque division du château, dont le service devait être pénible, surpasse les autres par sa grandeur et la largeur de sa cheminée, soutenue à l’aide d’un double anneau de pierre, et dans laquelle on pourrait facilement faire rôtir un bœuf.<lb/>Nous terminerons cette description par une visite au troisième étage, dans le pavillon du sud, côté du Château-Neuf. Là sont quatre salles de correction où l’on mettait les prisonniers qui refusaient le travail pour ne point les laisser trop longtemps au cachot, et afin de ne pas compromettre leur santé. Ces salles, grandes et bien aérées, sont éclairées, sur la rue du Château-Neuf, par des fenêtres recouvertes d’abat-jour.<lb/>On admire, dans la première salle, en entrant, le travail vraiment remarquable d’un prisonnier réfractaire, qui, pour charmer l’ennui de sa captivité, en déjouant la surveillance des gardiens, s’est amuré à sculpter, sans le secours de l’art, sur les deux embrasures de la fenêtre et dans l’épaisseur de la pierre, divers sujets, formant deux bas-reliefs qui ne seraient pas déplacés dans le cabinet d’un amateur, et décèlent un véritable artiste, dont ce n’est pas le coup d’essai. On voit, entre autres sujets demi-bosse, le portrait de Raphaël, tel qu’il est au Musée, une scène touchant Henri IV et Sully, le portrait de l’auteur, une vierge allaitant son enfant, Jeanne d’Arc sous un portique découpé à jour, et plusieurs autres sujets d’imagination, parmi lesquels on distingue, dans l’angle du mur, à gauche de ce bas-relief, une chaine composée de plusieurs mailles à jour et adhérente à la masse, qui ne pourrait s’en détacher qu’en la brisant ; ouvrage de patience et de dextérité, surtout si l’on observe que le grain de la pierre n’est pas propre à la sculpture, et que l’artiste avait peu d’outils pour exécuter un travail si compliqué, qui lui avait valu l’encouragement de M. le commandant et de l’officier du génie. Il serait à désirer, tant à cause de la singularité du sujet que du talent du prisonnier, que cette sculpture, dont nous avons relevé le dessin, fût conservée.<lb/>Que de réflexions font naître un pareil incident !... Pour se faire une idée de l’importance de ce grand monument, ajoutons qu’il occupe une superficie de un hectare cinquante-cinq ares seize centiares ; qu’il est éclairé par cinq cents baies et fenêtre ; que sa circonférence est de cinq cent trente-neuf mètres, et sa hauteur, de la base au sommet, de trente-trois mètres.<lb/>C’est dans cet état que le château de Saint-Germain-en-Laye a été remis de nouveau dans les mains de la Liste civile, qui s’est chargée de sa métamorphose. Après le licenciement des gardes du corps, qui y tenaient garnison, il fut remis au ministre de la Guerre, pour servir de pénitencier militaire, contre le vœu des habitants : c’est donc à cela qu’aboutit le faste de cette antique et royale demeure, où tous les talents furent mis à contribution, afin de l’orner et de l’embellir. Quand elle fut abandonnée par la Cour, on fit un noble usage des appartements qu’elle n’occupait plus ; au lieu de les laisser vacants, on en a fait l’asile du mérite infortuné ; on y comptait encore, au commencement de la Révolution, plusieurs familles distinguées, telles que madame la comtesse de Geslin et sa famille, M. l’abbé Deloge, madame de Pracontale, le commandeur Lafare, le chevalier de Mont-Flueyr, exempt des gardes, le chevalier Bazire, porte-manteau du Roi, M. de Commine, l’abbé Lecrin, auteur du loto-dauphin, l’abbé Brouin, chapelain du château, le sieur Dennebecq, propriétaire de la salle de spectacle, madame de Castelmore, madame Pompé, depuis épouse de M. Voisin, et parmi les étrangers réfugiés à la suite du roi Jacques II, lord Louis, sa sœur, lord Maurice, son neveu, etc. Tout a disparu ; le souvenir seul nous en est resté, pour faire place à cinq cents prisonniers, entrés au mois d’août 1836, sortis le 10 juillet 1855, après avoir séjourné dix-neuf années, sans avoir été ni agréables ni utiles aux habitants de cette ville. Disons cependant, comme un éloge mérité, que jamais pénitencier ne fut administré d’une manière plus paternelle, par d’honorables officiers, qui ont su concilier la rigueur de leur devoir avec la discipline et ce qu’on doit au malheur. Aussi, à part quelques cas d’insubordination, sévèrement punis, les prisonniers n’ont-ils jamais manqué, tant en santé qu’en maladie, de soins, de bons conseils et de consolations, que leur prodiguait l’honorable aumônier chargé de leur direction. Un travail salutaire et fructueux entretenait la santé du corps, en leur ménageant un secours pour l’avenir. L’ennui de leur captivité était tempéré par tout ce qui pouvait tendre à les distraire, en les instruisant des pratiques de la religion, en y joignant l’exercice des armes, de la gymnastique, de la danse, de la musique, de l’enseignement mutuel. Rien ne leur manquait pour en faire d’honnêtes gens et les faire revenir à de bons sentiments, que la liberté, qu’ils obtenaient souvent par un repentir sincère, une conduite exemplaire et une entière soumission à la discipline, base de toute institution militaire.<lb/>[p. 154] On ne sera sans doute pas étonné d’entendre ces éloges sortir de la bouche même d’un gracié, qui ne pouvait trouver d’ouvrage, ayant perdu l’habitude du travail de la terre. « Je souffre, disait-il, depuis huit jours, et suis plus malheureux que lorsque j’étais détenu au pénitencier de Saint-Germain ; j’y voudrais être encore ! »<lb/>Déjà l’on entend résonner le marteau qui commence l’œuvre de démolition de ces cellules. Et vous, artistes distingués, dont l’Empereur a fait choix pour seconder ses intentions, rendez-nous, par votre art, notre antique château digne du séjour d’une Majesté impériale que la gloire environne !<lb/>Le jour n’est donc pas éloigné où Saint-Germain, après bien des vicissitudes, reprendra son rang parmi les villes dont s’enorgueillit la France. Douée d’un site enchanteur, qu’embellissent des promenades variées, terrasse, forêt ombragée d’arbres séculaires, parc embaumé, artistement tracé, parterre fleuri, où l’on respire en air salubre et pur, cercle de verdure autour de la ville, se prolongent à l’horizon, tout concourt à faire de Saint-Germain une des villes les plus agréables des environs de Paris, surtout pour le séjour des étrangers, des artistes, des personnes riches et de bon goût, dont le délassement devient une nécessité, et qui choisissent de préférence le lieu le plus propice au développement de l’imagination et le plus favorable aux exercices du corps. Si l’on ajoute à ce tableau l’urbanité de ses habitants, les soins incessants qu’apporte une administration tutélaire, qui veille à la solidité de constructions élégantes, au pavage des rues, à l’établissement de larges trottoirs, à l’écoulement des eaux si longtemps réclamé, il serait difficile de méconnaitre les nombreux avantages qui se rattachent à la cité.<lb/>En voyant ses maisons blanchies et restaurées son église décorée de peintures sortant d’une habile main, un cercle, un théâtre et une garnison de la Garde, avec des marchés abondants, on comprendra que bien des gens veuillent habiter une ville charmante, rendez-vous de la bonne compagnie, et que l’on pourrait appeler, avec raison, le Windsor de la France.<lb/>Rolot »</p>
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              <p>Alphonse Rolot, « Une visite au château de Saint-Germain-en-Laye », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 45-222, 10 novembre 1855, p. 133 ; n° 46-223, 17 novembre 1855, p. 137 ; n° 47-224, 24 novembre 1855, p. 141-142 ; n° 50-227, 15 décembre 1855, p. 153-154</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Note sur les possibilités de visite du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">17 novembre 1855</unitdate>
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              <p>« En parlant, dans notre dernier numéro, de la possibilité de visiter l’intérieur du château pendant les travaux de démolition des cellules, nous avons cité un fait réel, mais non, à ce qu’il paraît, consacré par une autorisation légale. Ce n’est que par tolérance, et pour faciliter les entrepreneurs dans leurs rapports avec les ouvriers, que quelques personnes ont pu pénétrer dans l’intérieur, ce qu’il n’est permis de faire régulièrement qu’avec une permission spéciale et émanant d’un des fonctionnaires de la Liste civile.<lb/>M. le gardien du château nous prie de donner à cet avis une publicité qui le mettre à l’abri des demandes auxquelles il ne pourrait satisfaire et le dispense de refus, qu’il se verrait, quoiqu’à regret, obligé de faire aux personnes qui, attirées par notre article de samedi dernier, se présenteraient à la conciergerie du château sans être munies d’une permission spéciale. »</p>
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              <subject>Loisirs et promenades</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 46-223, 17 novembre 1855, p. 135</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit du passage de l’empereur et du roi de Sardaigne et de Piémont à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">28</unitid>
              <unitdate normal="1855/1855" encodinganalog="3.1.3">26 novembre 1855</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Lundi, et sans qu’on s’y attendit, notre ville a eu la visite de S. M. l’empereur, accompagné de son royal hôtel S. M. Victor-Emmanuel, roi de Sardaigne et de Piémont, le fils et l’héritier du trône du vainqueur de Novarre. Au moment de leur passage, vers dix heures du matin, pour se rendre au rendez-vous de chasse de la Muette, Leurs Majestés ont trouvé déjà un assez grand nombre d’habitants réunis devant le pavillon Henri IV et qu’y avait attirés la présence des relais. L’Empereur et le roi de Sardaigne ont déjeuné au château de la Muette, puis ont chassé à tir dans les garennes réservées de Fromainville, Garenne et Conflans, d’où ils sont revenus, vers trois heures et demie, à Saint-Germain, sans s’arrêter de nouveau à la Muette, comme l’ont dit, par erreur, les journaux de Paris. Le temps qui s’était écoulé entre les deux passages avait été mis à profit par notre municipalité provisoire, dont les ordres ont été si bien exécutés qu’au retour, les grilles du Parterre, les fenêtres des maisons et chacun des arbres de la longue avenue du Boulingrin étaient pavoisés d’une multitude de drapeaux où les couleurs sardes disposées à la hâte se mariaient aux drapeaux de la France, unis dans cette circonstance comme les enfants des deux pays, comme les soldats des deux souverains, pour le maintien du repos de l’Europe et la gloire des armées alliées.<lb/>Une foule considérable a longtemps stationné à l’extrémité de la Terrasse pour voir revenir Leurs Majestés, mais, tout d’un coup, à la vue d’un courrier qui arrivait par la grolle des Loges, elle a suivi le mouvement qu’ont dû faire les hommes et les chevaux du relais, les rangs se sont trouvés rompus et confondus, et le public a littéralement envahi la voiture jusque sous les roues, pendant les quelques minutes de sa station. De nombreux cris de : Vive l’Empereur ! et de : Vive le roi de Sardaigne ! se sont fait entendre, et l’on a généralement admiré la figure toute martiale du roi de Sardaigne, assis à la gauche de l’Empereur. Une seule voiture, également attelée en poste et dans laquelle se trouvaient M. le colonel Fleury et, nous a-t-on dit, MM. de Toulongeon, Edgard Ney et plusieurs officiers de la suite du roi de Sardaigne, suivait celle de l’Empereur. La chasse avait, dit-on, été très abondante, et on y avait apprécié la justesse de tir du Roi. C’était, comme de coutume, un détachement des Guides qui avait fourni les rabatteurs. Aucune escorte n’accompagnait les voitures qui, vers 4 heures, reprenaient, par les rampes du Pecq, la route de Paris.<lb/>Le matin, lors de leur passage sur le territoire de la commune de Chatou, LL. MM. l’Empereur et le roi de Sardaigne avaient trouvé réunis, près du pont, les autorités, des habitants et la subdivision des sapeurs-pompiers, accourus sur ce point au bruit de leur arrivée dans la commune, dont toutes les maisons se sont trouvées, comme par enchantement, pavoisées de drapeaux aux couleurs française et sarde. Un intéressant épisode de ce passage a été la rencontre sur la route de quatre jeunes soldats, mutilés de Crimée, casernés provisoirement à Rueil, et dont les chaleureuses acclamations ont attiré l’attention de l’Empereur, qui s’est empressé de les faire remarquer au roi de Sardaigne, en donnant des marques visibles d’un affectueux intérêt à ces braves jeunes gens, parmi lesquels nous avons cru reconnaître un des anciens élèves de l’institution Ledieu, de notre ville.<lb/>A propos de la visite du roi de Sardaigne à Saint-Germain, nous croyons devoir rappeler un souvenir qui peut-être a contribué à augmenter chez ce souverain le plaisir de jeter, en passant, un coup d’œil sur l’antique berceau de Louis XIV. C’est que son aïeule, la reine douairière de Sardaigne, mère ce de Charles-Albert que, comme François Ier, on a aussi appelé le Roi Chevalier, a passé, il y a deux ans, toute une saison à Saint-Germain, sous le nom de princesse de Montléar. Elle habitait alors un des appartements de l’hôtel de la Terrasse, près duquel était disposé, lundi dernier, le relais qui attendait Leurs Majestés, pour les conduire à La Muette. Plusieurs personnes de notre ville ont conservé précieusement le souvenir des relations qu’elles avaient heureusement eues avec cette auguste personne, dont la signature autographe figure sur l’album consacré aux visiteurs de notre bibliothèque. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 5e année, n° 48-225, 1er décembre 1855, p. 144</p>
            </bibliography>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de l’arrivée des équipages de la vénerie impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">29</unitid>
              <unitdate normal="1856/1856" encodinganalog="3.1.3">12 janvier 1856</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On pensait que S. M. l’Empereur viendrait chasser à tir à Saint-Germain mercredi dernier ; cette chasse avait été remise à hier vendredi, et tout avait été préparé ; chacun était à son poste, quand un exprès est venu apporter un contrordre causé, pense-t-on, par la neige qui était tombée, hier matin, en assez grande abondance à Paris.<lb/>Toutefois les équipages de la vénerie impériale sont en partie arrivés à Saint-Germain et doivent s’y trouver aujourd’hui 12, au grand complet, et nous tenons de bonne source qu’une grande chasse à courre doit avoir lieu en forêt, mardi prochain 15 du courant. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 6e année, n° 2-231, 12 janvier 1856, p. 6</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">30</unitid>
              <unitdate normal="1856/1856" encodinganalog="3.1.3">7 février 1856</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Les chasses de la vénerie de l’Empereur se continuent régulièrement tous les cinq jours. Elles sont seulement reculées d’un jour quand elles tombent un dimanche. Celle d’avant-hier jeudi a été des plus remarquables. Deux cerfs ont été lancés. Après la prise du premier, qui a eu lieu promptement, les chiens ont mis debout un vénérable dix-corps, qui, effrayé par la foule qui l’attendait à la croix de Noailles, a fait un crochet pour rabattre vers les Loges. Arrivé au pied des murs de la Maison impériale, l’animal a franchi le fossé, puis, acculé contre le mur d’enceinte, il a opposé à ses ennemis une telle résistance que deux coups de carabine ont dû mettre fin à son agonie et aux dangers imminents que courait la brave meute. La curée a eu lieu sur place, et tous les assistants ont pu jouir de ce spectacle et admirer la taille et la force de ce noble vétéran de notre forêt. Les veneurs se sont séparés au bruit des fanfares du triomphe, en se donnant rendez-vous pour mardi prochain. »</p>
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              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 6e année, n° 6-235, 9 février 1856, p. 22</p>
            </bibliography>
          </c>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">31</unitid>
              <unitdate normal="1856/1856" encodinganalog="3.1.3">27 février 1856</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Les chasses à courre de la vénerie de l’Empereur se succèdent régulièrement en forêt, de cinq jours en cinq jours. Celle de samedi dernier, favorisée par un temps magnifique, avait attiré une grande quantité de Parisiens, auxquels paraissaient s’être joints quelques étrangers appelés en France par la circonstance du Congrès. La chasse, qui s’est passée du reste dans les environs de la croix de Noailles, a duré fort peu de temps et n’a pas offert d’épisodes remarquables. Il n’en est pas de même de celle de jeudi, où le pauvre cerf a été soumis à de rudes émotions avant d’aller trouver sa fin entre les rails du chemin de fer de Rouen. Lancé d’abord dans les cantons avoisinant la Muette, le cerf est venu, sous l’habitude, vers la mare aux Cannes, où il était attendu par une prodigieuse quantité de spectateurs, que, suivi seulement d’un seul chien, il a, après avoir pris l’eau, rebroussé chemin pour retourner au lancer ; puis, retrouvant sur sa route la meute ennemie, harcelé, exaspéré, faisant tête aux chiens, frappé, dit-on, de deux coups de couteaux de chasse, il est allé, après avoir franchi une voiture entre les chevaux et la caisse, s’élancer par-dessus le treillage du chemin de fer et tomber sur la voie, d’où il a fallu, en rompant les chiens, s’empresser de retirer son corps, et où, nous a-t-on assuré, cinq minutes après, arrivait un train à grande vitesse. Le prince Napoléon assistait à cette chasse, qui avait attiré beaucoup de cavaliers étrangers et une véritable foule d’habitants de la ville. S’il faut s’en rapporter à l’usage habituel, la première chasse aurait lieu mardi prochain. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 6e année, n° 9-238, 1er mars 1856, p. 34</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention du prochain départ des équipages de la vénerie impériale de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">32</unitid>
              <unitdate normal="1856/1856" encodinganalog="3.1.3">5 avril 1856</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Les chasses de la vénerie de l’Empereur attirent toujours une grande quantité d’amateurs, mais elles tirent à leur fin et celle qui doit avoir lieu après-demain lundi sera probablement une des dernières, car les équipages doivent, dit-on, partir le 15 avril pour Rambouillet. Une belle journée de printemps a favorisé la chasse de mercredi ; mais c’est à tort qu’on a fait courir en ville le bruit de la présence de plusieurs illustres étrangers et même de certains membres du Congrès. Il est vrai de dire que la nouvelle s’en était répandue, la ville, et que certains préparatifs avaient eu lieu au pavillon Henri IV, dont le propriétaire, M. Collinet, avait fait pavoiser la façade de trophées de drapeaux parmi lesquels on remarquait le pavillon russe. Le prince Murat et sa famille, ainsi qu’un officier général turc, ont été les seuls hôtes de marque qui soient descendus au pavillon avant et après la chasse, qui, du reste, a été fort belle et à laquelle ont assisté M. Edgard Ney et les autres officiers de la vénerie. Le prince Murat était arrivé avec sa famille dans une calèche en poste, attelée à la napolitaine, et a suivi ensuite la chasse dans un élégant char-à-bancs à quatre chevaux qu’il conduisait lui-même à grandes guides. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 6e année, n° 14-243, 5 avril 1856, p. 56</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention du prochain départ des équipages de la vénerie impériale de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">33</unitid>
              <unitdate normal="1856/1856" encodinganalog="3.1.3">19 avril 1856</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La dernière des chasses de la vénerie de l’Empereur a eu lieu, comme nous l’avions annoncé, mardi ; mais décidément la lune rousse tient rigueur au sport. Au dernier steeple-chase de La Marche, affluence de spectateurs, mais aussi rafales et averses ; à la chasse en forêt de Saint-Germain, quantité de veneurs, d’amateurs et d’intrépides amazones, mais pluie battante sous laquelle le cerf n’en est pas moins venu se faire prendre sous les murs de la ville, à quelques pages de la route des Loges et tout près de l’ancienne mare d’Ayen. Cette fois, la meute n’avait pas commis la cruelle erreur de s’attaquer à une pauvre biche, dans un état intéressant, et les braves et bons chiens de la Vénerie ont dignement clos la saison à Saint-Germain en forçant loyalement un adversaire digne d’eux et des veneurs et piqueurs expérimentés qui les dirigent. C’est, dit-on, irrévocablement aujourd’hui samedi 19, que les équipages partent pour Rambouillet. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 6e année, n° 16-245, 19 avril 1856, p. 64</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de travaux dans les Quinconces à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">34</unitid>
              <unitdate normal="1856/1856" encodinganalog="3.1.3">4 octobre 1856</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Plusieurs ouvriers terrassiers sont employés dans ce moment, par les ordres de l’administration de la Liste civile et sous l’inspection du jardinier-chef des Parterres, à débarrasser le sol des Quinconces de toutes les pierres et gravois accumulés par les différents travaux d’établissement qui s’y sont succédés, à creuser des tranchées pour l’écoulement des eaux, et enfin à encaisser solidement la principale avenue transversale dont le terrain meuble devenait souvent impraticable, lors de la moindre averse, dans les jours de fêtes publiques. Le reste des Quinconces sera entièrement gazonné de nouveau et rendra à cette partie des promenades l’aspect agréable que depuis longtemps elle avait cessé de présenter. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Jardins</geogname>
              <geogname>Parterre de la Dauphine</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 6e année, n° 40-269, 4 août 1856, p. 170</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">35</unitid>
              <unitdate normal="1856/1856" encodinganalog="3.1.3">26 décembre 1856</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Hier, vendredi, l’Empereur est venu chasser à tir dans la forêt ; la chasse, commencée dans les tirés de Garennes vers onze heures, était finie à trois heures. Le régiment des Cuirassiers de la Garde avait, selon l’usage, fourni les rabatteurs, et le nombre des pièces abattues a, dit-on, été considérable. S. M. était accompagnée de S. Ex. le maréchal Magnan, ainsi que de MM. Edgard Ney, Fould, Lepic, Préfet, de Marnezia, de Chaumont-Quitry et de Pierre. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 6e année, n° 52-281, 27 décembre 1856, p. 222</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de l’acquisition par la ville de Saint-Germain-en-Laye de deux aquarelles du Château-Neuf par Dugourc</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">36</unitid>
              <unitdate normal="1857/1857" encodinganalog="3.1.3">17 janvier 1857</unitdate>
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            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La bibliothèque de Saint-Germain vient, grâce à l’indication donnée par un de nos honorables concitoyens, M. Napoléon Laurent, amateur éclairé et savant d’antiquités et d’objets d’art, et par suite de la décision de M. le maire, de s’enrichir de deux charmantes aquarelles d’un fameux peintre nommé J. Dugourre et qui, en 1777, était peintre de M. le comte d’Artois, plus tard Charles X ; elles représentent : l’une, l’intérieur de la terrasse Dorique ; l’autre un salon à l’un des bouts de la terrasse Toscane, dans l’état où ces appartements existaient dans les anciens bâtiments du château-neuf appelé les grottes et qui ont disparu depuis, lors des travaux de terrassement des rampes du Pecq. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Ville</subject>
              <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 7e année, n° 3-284, 17 janvier 1857, p. 9</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention du don à la ville de Saint-Germain-en-Laye d’anciennes clefs des deux châteaux</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">37</unitid>
              <unitdate normal="1857/1857" encodinganalog="3.1.3">6 juin 1857</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
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            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« M. Cheron aîné, entrepreneur des travaux de la ville, a fait, ces jours derniers, hommage d’une collection curieuse et authentique des clés provenant des châteaux vieux et neuf, ainsi que des portes de la ville, à M. de Breuvery, maire, qui, en acceptant ce don au nom de la ville, les a fait, après avoir exprimé toute sa gratitude au donateur, déposer immédiatement à la bibliothèque publique. M. Cheron tenait, par héritage, ce précieux dépôt de son père, auquel il était échu par suite d’adjudication de matériaux de démolitions. »</p>
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              <subject>Mobilier</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 7e année, n° 23-304, 6 juin 1857, p. 98</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite du roi de Bavière à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">38</unitid>
              <unitdate normal="1857/1857" encodinganalog="3.1.3">7 juin 1857</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Dimanche matin, vers sept heures, M. Collinet, propriétaire du pavillon Henri IV, revenait d’une promenade matinale lorsqu’il trouva sa cour et ses remises occupées par les postillons à la livrée de l’Empereur et par deux voitures de la Cour. Ces équipages, qui venaient d’arriver, étaient, lui fut-il dit, destinés à une excursion à Versailles du roi de Bavière, qui avait voulu, en passant, visiter un instant Saint-Germain, et devait arriver par un train spécial du chemin de fer. M. Collinet, effrayé d’abord d’être ainsi pris à l’improviste, se rassura pourtant en pensant que le roi ne ferait que prendre quelques rafraichissements pendant son très court séjour au pavillon. Mais, à dix heures et demie, arrivait de Paris un officier de bouche de la Maison de l’Empereur, chargé de commander, pour onze heures et demie précises, un déjeuner digne d’être offert à un souverain et à sa suite assez nombreuse. Tout autre que notre concitoyen se fût peut-être déconcerté, et, dans un moment d’égarement, eût pu songer à décrocher sinon l’épée de Vatel, du moins son ancien sabre de garde national ; mais heureusement il n’en fut pas ainsi. M. Collinet se sentit capable de dominer la circonstance et, pendant que ses premiers ordres parvenaient aux cuisines, il crayonnait, d’accord avec le maitre d’hôtel, le menu d’un déjeuner qui était tout dressé [p. 103] lorsqu’une heure après, le roi de Bavière paraissait sur les marches du perron, suivi de huit ou dix personnes, parmi lesquelles se trouvait M. le comte Tascher de La Pagerie, premier chambellan de l’Impératrice, et M. le général baron de Béville, aide de camp de l’Empereur, et aussi deux officiers bavarois attachés à sa personne. Malgré l’imprévu de cette visite royale, la réussite de M. Collinet a été assez complète pour qu’à son départ son hôte lui témoignât toute sa satisfaction, en l’assurant que le repas qui venait de lui être offert au pavillon avait été un des plus agréables qu’il eût faits depuis son séjour en France.<lb/>Avant de partir, vers une heure, pour Versailles, le roi a parcouru en voiture toute la Terrasse, dont il a paru beaucoup apprécier l’admirable vue, a fait une courte promenade en forêt, dont il est ressorti par la grille de la place Pontoise, pour, en traversant la ville par les rues les plus populaires, gagner la route de Versailles. Partout, sur son passage, le roi, qui saluait avec affabilité, a été l’objet d’une respectueuse curiosité. Une foule nombreuse, avertie de sa présence à Saint-Germain avait envahi aussi les jardins du pavillon Henri IV au moment de son départ. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Loisirs et promenades</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 7e année, n° 24-305, 13 juin 1857, p. 102-103</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de l’installation d’un régisseur au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">39</unitid>
              <unitdate normal="1857/1857" encodinganalog="3.1.3">17 octobre 1857</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« D’ici voyez ce beau domaine<lb/>Dont les créneaux touchent le ciel…<lb/>Tralala, tralalain ! Ainsi fredonnait, en souvenir de la Dame blanche, un de nos compatriotes attardés, en sortant, l’un de ces soirs, du débarcadère, et jetant par habitude, en regagnant son logis, un regard de regret sur la masse noire et sombre de notre château abandonné. Il avait déjà tourné l’angle sud du vieux manoir pour traverser la place du Théâtre quand ses yeux furent frappés d’une lueur insolite éclairant les hautes croisées du premier étage. Un instant, il se crut sous l’influence d’une hallucination produite par ses souvenirs du château d’Avenel. Mais bientôt il se convainquit qu’il ne rêvait pas, la lumière était bien réelle, et il put même distinguer l’ombre de personnes paraissant et disparaissant derrière les vitres. Le lendemain, et en plein jour, notre curieux put encore s’assurer par ses yeux bien ouverts de la présence sur le balcon d’une gracieuse dame vêtue de noir, qui fut rappelée dans l’intérieur de l’appartement par un homme d’un extérieur fort respectable, à la tournure et à la figure militaire, et sur la poitrine duquel était attaché le ruban de la Légion d’honneur. Notre homme, ajoutant à ce qu’il voyait les allées et venues de quelques ouvriers procédant à quelques travaux d’urgence, à l’entresol et au premier étage, conclut que le château allait être habité, et qu’enfin était venu le moment de croire à des destinées nouvelles pour notre vieux manoir historique. Nous avons dû, sur son rapport, aller nous-mêmes aux renseignements. Ce que nous avons appris est bien vague encore ; mais nous pouvons cependant affirmer qu’un officier de cavalerie en retraite vient d’arriver au château de Saint-Germain, revêtu des fonctions de régisseur, et chargé, dit-on, provisoirement d’y établir, auprès de l’appartement qui lui est destiné dans l’aile autrefois occupée par le commandant du pénitencier, un bureau où commencerait à s’élaborer, par des architectes et des dessinateurs, l’examen des différents projets relatifs à la nouvelle destination du château de François Ier, de Louis XIII et de Louis XIV. Donnant, du reste, ces renseignements sous toutes réserves, nous tâcherons, autant que possible, de tenir nos lecteurs au courant de ce qu’ils peuvent avoir de vrai ou d’erroné, et les dispositions nouvelles qui viendront à surgir et qui intéressent à un si haut point la conservation des monuments historiques en général, et en particulier notre ville de Saint-Germain. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Officiers et employés</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 7e année, n° 42-323, 17 octobre 1857, p. 64</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la possible installation du musée d’Artillerie au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">40</unitid>
              <unitdate normal="1857/1857" encodinganalog="3.1.3">14 novembre 1857</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« L’arrivée au château de Saint-Germain de M. O’Connell, chef d’escadron de cavalier, en retraite, et son installation dans les fonctions de régisseur de ce domaine impérial, ont donné lieu nécessairement à plusieurs suppositions tendant à faire croire que le vieux manoir historique recevrait bientôt une nouvelle destination. Nous ne savons rien encore d’officiel à cet égard, et c’est sous toutes réserves que nous faisons part à nos lecteurs, d’après quelques renseignements puisés auprès de personnes placées de manière à être bien instruites, qu’un des projets dont la réalisation est le plus probable serait celui de la translation à Saint-Germain du musée d’artillerie de Paris, beaucoup trop à l’étroit dans le local qui lui est affecté, près de l’église de Saint-Thomas-d‘Aquin. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 7e année, n° 46-327, 14 novembre 1857, p. 80</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention d’une visite de l’ambassadeur de Perse au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">41</unitid>
              <unitdate normal="1857/1857" encodinganalog="3.1.3">4 décembre 1857</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« S. H. l’ambassadeur de Perse est venue, hier vendredi, à Saint-Germain, et pendant le séjour de quelques heures qu’elle a fait dans notre ville, a visité l’intérieur de notre vieux château historique, qui est si riche en souvenirs. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 7e année, n° 49-330, 5 décembre 1857, p. 92</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Appel en faveur de la création d’un musée au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">42</unitid>
              <unitdate normal="1857/1857" encodinganalog="3.1.3">19 décembre 1857</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le château de Saint-Germain-en-Laye<lb/>Projet de musée<lb/>Au moment où toutes les vues et les espérances sont, dans notre localité, tournées vers la future destination de notre vieux château, nous croyons être agréables à nos lecteurs en reproduisant l’article suivant, que nous empruntons au numéro du mardi 3 novembre du Moniteur du Calvados.<lb/>Saint-Germain-en-Laye est une petite ville connue de toute la France. Attirés à Paris par leurs intérêts ou leurs plaisirs, les voyageurs s’y rendent en foule pour y goûter le charme d’une promenade en forêt et jouir du splendide panorama qui se déroule de sa Terrasse.<lb/>En 93, le marteau des démolisseurs a renversé le château dont cette terrasse était une dépendance ; un autre château, déchu de ses splendeurs, a été respecté, grâce à son dénûment.<lb/>Elevé de plusieurs étages, entouré d’un fossé en maçonnerie, et flanqué de cinq gros pavillons, le château qui subsiste est un massif considérable, presque entièrement construit en briques noircies par le temps. Aucune toiture ne le surmonte ; aucune ornementation extérieure ne rompt la monotonie de ses lignes, si ce n’est un interminable balcon, reposant sur des supports en fer. Sa structure froide et lourde inspire la tristesse. Lorsque la nuit l’enveloppe, son apparence est fantastique. Toutefois, malgré son étrange aspect, on est généralement d’accord pour admettre qu’au point de vue de l’histoire et de la science archéologique, cet édifice est digne de conservation.<lb/>Certes, il serait fort dispendieux de lui donner intérieurement un éclat capable de le faire rivaliser avec le palais de Versailles où le château de Fontainebleau. C’est ce que la ville de Saint-Germain comprend parfaitement bien ; aussi son ambition se bornerait-elle à y voir fonder un musée à peu de frais.<lb/>Depuis de nombreuses années, le château de Saint-Germain avait reçu une affectation qui le déshonorait : on l’avait converti en pénitencier pour l’armée. Le pénitencier a récemment disparu. Il reste à découvrir maintenant le procédé le plus propre à rendre une existence quelconque à ce vieux manoir, érigé sous François Ier et délaissé, après de grandes dépenses, par Louis XIV, dont la vue de Saint-Denis, tombeau des rois de France, y troublait, dit-on, les plaisirs.<lb/>Un musée créé à Saint-Germain serait, il est vrai, un digne pendant du musée de Versailles. Cette question est devenue fort embarrassante quand on a voulu, sinon la résoudre, du moins l’examiner. Un musée ! Mais que de salles à remplir ! Et comment ? Faudrait-il dépouiller Paris ? … Ne conviendrait-il pas mieux d’improviser une collection ? ...<lb/>Ecartons le côté financier de l’œuvre : les moyens de l’accomplir ne manqueront pas toujours… La transformation du château de Saint-Germain en musée ajouterait un titre de plus à la gloire de la France ; et, sans nous laisser toucher par des considérations d’un ordre secondaire, nous allons rapidement exposer deux projets de cette nature, qui nous paraissent d’une réalisation praticable.<lb/>Le musée de la Marine étouffe dans les petits salons du Louvre ; faute d’espace pour les y classer, que de choses d’une haute importance dépérissent dans nos ports ! Si le château de Saint-Germain s’ouvrait à une collection de ce genre, elle deviendrait immense. On la verrait promptement s’enrichir d’une infinité d’objets intéressants, précieux, possédés soit par des localités qui seraient heureuses de les offrir, soit par des familles qui seraient fières d’en faire hommage à l’Etat. Il y aurait là un abri pour ces antiques troncs d’arbres creusés par les Celtes et trouvés, à de rares intervalles, enfouis dans le sable de nos rivières.<lb/>On y déposerait, si Rochefort les garde encore, le somptueux canot impérial de 1808 et la modeste embarcation sur laquelle Napoléon Ier se rendit à l’ile d’Aix en 1815. Les sauvageries, les curiosités maritimes y afflueraient de toutes les parties du monde et grossiraient démesurément celles que le Louvre peut renfermer déjà. Les noms de nos hommes de mer s’y livreraient à chaque pas, au milieu de débris et de trophées, et ces noms illustres y résumeraient glorieusement l’histoire de la marine française.<lb/>Nous avons visité une grande quantité d’arsenaux et, nombre de fois, le musée d’Artillerie situé place Saint-Thomas-d’Aquin à Paris ; nulle part nous n’avons pu étudier méthodiquement, siècle par siècle, l’histoire du perfectionnement des armes de guerre et de l’équipement complet des troupes. Le château de Saint-Germain ne pourrait-il pas servir à combler une lacune qui engendre les plus singuliers anachronismes dans la peinture moderne ?<lb/>Un peintre d’histoire, fort peu archéologie, s’éprend d’un amour plein d’enthousiasme pour la forme d’un casque ancien. A-t-il à reproduire la bataille de Pavie, les arquebusiers du XVIe siècle sont affublés d’un couvre-chef qui remonte aux croisades ! Nous voudrions trouver nos fastes guerriers représentés à Saint-Germain par des figures en pied, artistement moulées, fidèlement revêtues des costumes et des armes offensives et défensives de toutes les époques.<lb/>Des salles spéciales appartiendraient à chaque période, et, au seuil de ces salles, tendues d’oriflammes, de bannières, de drapeaux, et renfermant de plus ce que l’on réunirait d’objets complémentaires, imités ou du temps, on lirait des noms tels que ceux-ci : Vercingétorix, Clovis, Charles-Martel, Charlemagne, saint Louis, Godefroy de Bouillon, Guillaume le Conquérant, Jeanne d’Arc, Duguesclin, Henri IV, Turenne, Condé, Masséna et Napoléon.<lb/>La sévérité du monument, lequel ressemble plus à une forteresse qu’à une demeure princière ; sa simplicité intérieure, qu’il serait utile de respecter : tout, dans le château de Saint-Germain, serait en harmonie avec un musée de la France militaire, où se déroulerait l’histoire des armes et du costume du soldat, depuis le Gallo-Celte, armé de la fronde et de la flèche à pointe de silex, jusqu’au vétéran de l’Empire, bronzé par cent batailles.<lb/>Nous n’avons fait qu’esquisser notre pensée, laissant à de plus compétents le soin de la développer, ou d’indiquer une meilleure destination à donner à l’édifice qu’il s’agit de remettre en honneur.<lb/>Félix Doinet »</p>
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              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 7e année, n° 51-332, 19 décembre 1857, p. 101</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la possible installation des musées de l’Artillerie et de la Marine au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">43</unitid>
              <unitdate normal="1858/1858" encodinganalog="3.1.3">10 juillet 1858</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Plusieurs grands organes de la presse parisienne, et entre autres le Siècle, dans son numéro de mardi dernier 6 juillet, annoncent positivement que les destinées de notre château sont désormais arrêtées. Il serait, dans un délai assez rapproché, destiné à recevoir le musée d’Artillerie et celui de la Marine ; ce qu’il y a de certain, c’est que les travaux d’appropriation de l’appartement que devra occuper, dit-on, à titre de gouverneur, M. le général de Girardin sont activement poussés. Depuis plusieurs jours déjà, le grand drapeau national, qu’on n’arborait au château qu’aux jours des fêtes officielles, flotte au-dessus de la porte principale. Nous tiendrons, du reste, nos lecteurs au courant de tout ce que nous pourrons recueillir de certain et d’authentique sur des dispositions qui intéressent à un si haut point notre ville et sa prospérité future. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 8e année, n° 28-361, 10 juillet 1858, p. 114</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la possible installation des doubles de la Bibliothèque impériale au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">44</unitid>
              <unitdate normal="1858/1858" encodinganalog="3.1.3">7 août 1858</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Au moment où on se préoccupe de la destination qui sera donnée à notre château de Saint-Germain, nous croyons devoir faire part à nos lecteurs d’un bruit qui se répand depuis quelques jours dans le monde savant et littéraire de Paris. On sait que, dans ce moment, on s’occupe activement de la réorganisation et du classement de la Bibliothèque impériale. On sait aussi qu’une grande quantité de doubles et de triples exemplaires de chaque édition est, faute de place, enfouie dans les armoires. On pose que ce serait à la fois un moyen de remédier à l’inconvénient d’inutilité pour le public de ces documents précieux, et de soustraire ces doubles à un danger commun de destruction quelconque, celui d’incendie par exemple, en les transportant dans un vaste local qui offrirait, par son isolement, toutes chances de sécurité possible. C’est donc à ce sujet qu’on a parlé du château de Saint-Germain, qui, pris en tout ou du moins en partie, offrirait dans ses murs épais et ses vastes salles cet avantage matériel, tandis que la localité conviendrait parfaitement pour assurer aux savants classificateurs de ces immenses collections tout le calme et la tranquillité nécessaires pour des travaux de ce genre. Cette pensée, dont la réalisation n’exclurait pas au besoin l’établissement d’un autre musée quelconque, nous semble assez rationnelle. Nous ne la donnons toutefois que comme un on-dit, et pour ne pas laisser échapper une seule occasion d’appeler l’attention sur les éventualités et les possibilités qui pourraient, le plus promptement possible, rendre quelque animation à notre vieux manoir, en l’employant utilement dans l’intérêt de la science et de la conservation de collections précieuses de tous genres, qui, vu le peu de distance de la capitale, n’en seraient pas moins à la disposition des savants et des curieux.<lb/>Nous devons dire qu’à propos de l’arrivée prochaine au château de Saint-Germain de M. le général de Girardin, on nous a fait observer que nous avions commis une erreur en disant que cet officier général y venait avec le titre de gouverneur. M. le général de Girardin, nous dit-on, aurait été nommé commandant du château. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 8e année, n° 32-364, 7 août 1858, p. 129</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse de l’empereur à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">45</unitid>
              <unitdate normal="1858/1858" encodinganalog="3.1.3">26 août 1858</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Avant-hier jeudi, S. M. l’Empereur est venue, vers onze heures, chasser à tir dans la forêt. Sa Majesté est arrivée en voiture découverte par Maisons. Elle était accompagnée de M. le général Ney de la Moskowa, de MM. de Toulongeon et Delage, officiers de sa vénerie, et d’autres personnes de distinction. La chasse, qui a été fort belle, a duré jusqu’à près de cinq heures. L’Empereur a déjeuné en plein air, sur une table placée au sommet du terrain des anciennes fortifications du fort Saint-Sébastien, au triage de Fromainville.<lb/>Le service des rabatteurs était fait par un fort détachement de cuirassiers de la Garde et par des jeunes gens de la commune d’Achères.<lb/>Au moment de son départ et à son passage sur le territoire de la commune de Maisons, l’Empereur a rencontré une grande quantité d’habitants et de personnes qui avaient pu assister à la chasse et l’ont accueilli par de vivres acclamations, auxquelles Sa Majesté répondait avec cette bienveillance et cette affabilité qui lui sont particulières. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 8e année, n° 28-361, 10 juillet 1858, p. 114</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la possible installation des musées de l’Artillerie et de la Marine au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">46</unitid>
              <unitdate normal="1858/1858" encodinganalog="3.1.3">25 décembre 1858</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Plusieurs des grands journaux de Paris ont publié ou reproduit, ces jours derniers, un article concernant notre château de Saint-Germain. Ayant de fortes raisons de craindre que la décision dont il y était question fût au moins prématurée, nous nous sommes d’abord interdit de lui donner accès à nos colonnes. Cependant, la persistance avec laquelle plusieurs journaux le répètent, et entr’autres le Globe, journal des faits, ordinairement bien renseigné, nous fait une loi de la transcrire textuellement, ne fût-ce que pour mémoire, et en raison de son intérêt pour la localité.<lb/>« On va restaurer, au printemps, le château de Saint-Germain-en-Laye pour y installer le musée de Marine, actuellement logé au Louvre, et le musée d’Artillerie, de la place Saint-Thomas-d’Aquin.<lb/>Il est peu de châteaux impériaux en France qui aient eu des destinées plus diverses.<lb/>Le roi Jean le commença et Charles V le finit.<lb/>En 13690, l’historien y trouve logé Charles VI, Isabeau de Bavière et toute la cour.<lb/>Louis XI donne son château à son médecin, Jacques Coictier, à la mort duquel il revient à Louis XII.<lb/>François Ier y fait faire de grandes constructions et d’importants embellissements.<lb/>Marguerite de France, Henri II et Charles IX naquirent à Saint-Germain.<lb/>Les Etats-Généraux s’y tinrent sous Henri III.<lb/>Henri IV fit bâtir le Château-Neuf, dont il ne subsiste qu’un pavillon occupé par le restauration Collinet, un des trente mille amis d’Alexandre Dumas père et seul.<lb/>Christine de Suède y demeura.<lb/>Louis XIV, quand il fixa sa résidence à Versailles, donna le triste Saint-Germain à la triste La Vallière.<lb/>Jacques II, roi d’Angleterre, et sa fille y moururent.<lb/>Napoléon y organisa une école de cavalerie et Louis-Philippe, enfin, un pénitencier militaire évacué seulement il y a quelques années. »<lb/>Du reste, nous devons dire, et sans en prendre une plus grande responsabilité, à propos de l’article qu’on vient de lire, qu’une personne digne de foi et convenablement posée assurait, ces jours derniers, que des ordres avaient été positivement donnés pour que le personnel et le matériel du musée d’Artillerie fussent, dans un prochain délai, mis à même de se trouver en mesure pour la réalisation du projet que nous venons d’indiquer. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Musée</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 8e année, n° 52-385, 25 décembre 1858, p. 209</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la prochaine arrivée des équipages de la vénerie impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">47</unitid>
              <unitdate normal="1858/1858" encodinganalog="3.1.3">25 décembre 1858</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Nous tenons de source certaine que les équipages de la vénerie impériale arriveront à Saint-Germain dès les premiers jours de janvier, et que, selon l’usage, les chasses à courre se succéderont, en forêt, de cinq jours en cinq jours, pendant une durée de six semaines ou deux mois. C’est une bonne fortune pour notre ville, qui n’a pas joui de cette faveur depuis plus de deux ans. Le journal le Sport dit, dans un de ses derniers numéros, que bon nombre d’amateurs distingués se prépare à assister à ces chasses, où, de temps à autre, on espère la prince de S. M. l’Empereur. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 8e année, n° 52-385, 25 décembre 1858, p. 209</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de l’arrivée des équipages de la vénerie impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">48</unitid>
              <unitdate normal="1859/1859" encodinganalog="3.1.3">8 janvier 1859</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Ainsi que nous l’avions annoncé, les équipages de la vénerie de l’Empereur, veneurs, piqueurs, valets de chiens, chevaux et chiens, sont arrivés jeudi soir, venant de Compiègne, et sont installés dans les bâtiments de la grille de Pontoise. Il est présumable que la première des chasses à courre aura lieu dans les premiers jours de la semaine prochaine, pour se continuer ensuite, selon l’usage de cinq jours en cinq jours. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 8e année, n° 2-387, 8 janvier 1859, p. 5</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse de l’empereur à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">49</unitid>
              <unitdate normal="1859/1859" encodinganalog="3.1.3">15 janvier 1859</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« L’Empereur est venu, hier vendredi, chasser à tir dans la forêt de Saint-Germain. La chasse a commencé vers onze heures, après le déjeuner qui a eu lieu en plein air, sur l’emplacement de l’ancien fort Saint-Sébastien, et s’est prolongée jusqu’à près de quatre heures du soir. Parmi les personnes qui accompagnaient Sa Majesté et qui ont eu l’honneur de chasser avec elle, on remarquait Son Excellence M. Fould, ministre d’Etat, et M. le général Ney de la Moskowa.<lb/>La première des chasses à courre, par les équipages de la vénerie impériale, est, à ce qu’il paraît, définitivement fixée à après-demain, lundi 17 janvier. A ce propos, nous croyons rendre service aux amateurs de la ville et des environs, et surtout à ceux de Paris qui ne voudraient pas amener leurs chevaux, en leur annonçant que M. Saulon a établi pour la saison des chasses, dans ses écuries de la rue de la Verrerie, n° 8, près le théâtre, un relai de jolis chevaux de chasse, aussi élégants que commodes et bien dressés, et dont le harnachement ne laisse rien à désirer aux sportmens les plus difficiles. On peut se faire inscrire à l’avance ou retenir son cheval dans l’intervalle d’une des chasses qui, comme on le sait, auront lieu tous les cinq jours. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 9e année, n° 3-388, 15 janvier 1859, p. 10</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">50</unitid>
              <unitdate normal="1859/1859" encodinganalog="3.1.3">18 janvier 1859</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La première chasse de la vénerie, qu’on supposait et que nous avions annoncée devoir se faire lundi, a eu lieu mardi, dans des conditions atmosphériques des plus défavorables. Le vent d’ouragan qui régnait ne permettait pas d’entendre, à quelques mètres de distance, la voix des chiens et la troupe. Un gros de chasseurs et un relai de chiens sont restés longtemps à la Croix de Berry, n’ayant aucune nouvelle de la chasse, dont l’épisode le plus important se passait pourtant à peu de distance, et devant un petit nombre d’élus par le sort.<lb/>Le cerf, fort beau dix cors, nous a-t-on dit, qui avait été lancé aux environs de la Muette, lieu du rendez-vous, après avoir passé le chemin de fer de Rouen, est revenu, après quelques crochets, brisant le treillage, se précipiter dans la voie même, où, suivi par les chiens, il a été mis à mort après une heure de chasse tout au plus. Lorsque son corps eut été retiré d’entre les rails, on a fait la curée à quelque distance de l’endroit où avait eu lieu ce singulier hallali, au lieu dit le Belvéder.<lb/>Vers trois heures, on voyait rentrer en ville les veneurs, parmi lesquels nous avons remarqué, avec quelques intrépides amazones, M. le baron Lambert, lieutenant de vénerie, M. le marquis de la Tour Maubourg, qui dirigeaient la chasse ; M. Fouquier de Mazières, inspecteur des forêts de la Couronne et plusieurs autres personnes de distinction, dont les noms nous échappent. Si l’on s’en rapporte aux usages consacrés dans la vénerie, la seconde chasse aura lieu aujourd’hui même, ou après-demain lundi, le dimanche ne comptant jamais dans les cinq jours d’intervalle. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 9e année, n° 4-389, 22 janvier 1859, p. 13</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite du prince Jérôme Bonaparte à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">51</unitid>
              <unitdate normal="1859/1859" encodinganalog="3.1.3">22 janvier 1859</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Nous lisons dans le Pays d’hier vendredi 21 :<lb/>Il y a, à Saint-Germain-en-Laye, un collège communal qui n’était qu’un pensionnat assez modeste sous la première république. Ce fut là cependant que deux illustres personnages, le prince Jérôme et le prince Eugène, tous deux oncles de S. M. l’empereur Napoléon III, commencèrent leur instruction.<lb/>Il y a quelques jours, le prince Jérôme, se trouvant à Saint-Germain, eut l’envie de revoir cette maison où se passèrent les premières années de son enfance.<lb/>Son Altesse impériale, accompagnée d’une personne de sa maison, arrive à pied au collège et demande au concierge à visiter cette partie de l’établissement. Le concierge va demander au directeur l’autorisation nécessaire, revient trouver le prince, qu’il ne connaissait pas.<lb/>On monte aux appartements désignés, et tout aussitôt Son Altesse impériale inique son ancienne chambre à coucher, la salle d’études, et toutes sortes de particularités présentes à son excellente mémoire : « Regardez ici et là, et vous y trouverez les signatures de Jérôme Bonaparte et d’Eugène Beauharnais. Voici le mur par-dessus lequel Eugène passa un jour et faillit se briser les reins pour aller monter à cheval au manège. »<lb/>Le digne et bon prince était vivement ému en se rappelant ces faits, qui se passaient il y a plus de soixante-cinq ans. En se retirant, Son Altesse impériale a largement récompensé le concierge. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 9e année, n° 4-389, 22 janvier 1859, p. 13</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">52</unitid>
              <unitdate normal="1859/1859" encodinganalog="3.1.3">22 janvier 1859</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Les chasses à courre de la vénerie impériale se succèdent avec régularité, et attirent chaque fois un plus grand nombre d’invités et d’amateurs. Celle qui a eu lieu samedi 22 janvier n’a pas, au dire des connaisseurs, été ce que l’on aurait pu désirer. Quoiqu’il fit beau temps, le vent était encore très fort, et les chiens ont pris plusieurs fois le change et fait plusieurs chasses. Le cerf, lancé aux environs de la Muette, a été pris par les chiens, qui l’on, en quelque sorte, dévoré sur place, dans la direction du village d’Achères, vers l’étoile du Grand-Maître. Un certain nombre de personnes attendaient la chasse près de la marre aux Cannes, mais leur espoir a été déçu. On a vu seulement, vers trois heures, un cerf de haute taille, paraissant sur ses fins, et suivi d’un seul chien, également hors d’haleine, traverser, au très petit galop, le pavé de la route des Loges.<lb/>On nous a dit qu’au moment de l’hallali, le pauvre animal était venu, après un long accul, tomber épuisé à peu de distance des veneurs. On lui aurait fait grâce alors, mais au moment où, selon l’usage, un piqueur s’approchait de lui pour le marquer à l’oreille, il aurait, nous dit-on, encore retrouvé assez de force pour prendre de nouveau une fuite dans laquelle on s’est gardé de le poursuivre. La chasse a fini vers quatre heures, et les veneurs et l’équipage sont rentrés complètement, mouillés par une pluie finie et serrée qui n’a cessé de tomber pendant toute l’après-midi. Avec le personnel officiel et habituel de la vénerie, nous pouvons citer, parmi les veneurs et invités, MM. le duc de Vicence, de Castel-Bajac, le baron de Pierre, écuyer de S. M. l’Impératrice, un grand nombre d’amateurs, et plusieurs officiers du 2e cuirassiers de la Garde.<lb/>Avant-hier, la journée s’est présentée sous le plus bel aspect. Le bruit s’était répandu que le rendez-vous était fixé à la pelouse des Loges, c’est-à-dire dans un lieu très accessible aux piétons. De plus, la présence vers onze heures, sur la place du Château, d’une voiture de chasse, attelée de quatre chevaux, et conduite par des postillons à la livrée de l’Empereur, avait fait croire à la possibilité de l’arrivée de Sa Majesté par le chemin de fer. Dès ce moment, la foule est venue de tous les quartiers de la ville ; les abords du débarcadère se sont remplis de curieux, tandis qu’une longue file de piétons, de toutes classes, donnaient à la contre-allée de la route des Loges l’animation des jours de notre fameuse fête de septembre. Si l’espérance de voir et d’acclamer l’Empereur, dont la présence est depuis si longtemps désirée dans notre ville, a été déçue, les intrépides amateurs qui ont pu suivre la meute, du rendez-vous jusqu’auprès de Fromainville, c’est-à-dire à l’extrémité de la forêt, ont dû cette fois jouir d’une chasse magnifiquement menée. L’animal, lancé vers midi et demi, était un cerf de deuxième tête ; trois cerfs se sont trouvés sur pied en même temps ; mais les chiens, parfaitement ralliés sur la bonne voie, ont constamment suivi l’animal de meute dans ses nombreux détours jusqu’à l’endroit que nous venons d’indiquer, où ont eu lieu, près des tirés réservés, l’hallali et la curée.<lb/>On avait pensé un instant que la chasse se dirigeait par la nouvelle jonction vers la forêt de Marly, où des relais avaient été disposés à cet effet, mais le cerf n’a pas jugé à propos de faire ce débuché, nouveau pour lui. A quatre heures, toute le monde rentrait en ville ; l’affluence de piétons et de cavaliers était immense, et les invités fort nombreux. Parmi les personnes de distinction qui assistaient à cette chasse, on remarquait, avec M. de la Tour Maubourg et M. le baron Lambert qui la dirigeaient, le prince de la Moskowa, le duc de Vicence, le baron Delessert, M. le docteur Aubin, et plusieurs autres invités ou sportmens très connus et dont les noms nous échappent. Avant de monter en voiture pour se rendre au rendez-vous, la plupart de ces messieurs avaient fait à la hâte un déjeuner de chasse, préparé au pavillon Henri IV, par les soins de M. Collinet, leur hôte habituel. La première chasse à courre aura lieu, nous assure-t-on, mardi prochain 1er février. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 9e année, n° 5-390, 29 janvier 1859, p. 19</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Précisions sur la visite du prince Jérôme Bonaparte à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">53</unitid>
              <unitdate normal="1859/1859" encodinganalog="3.1.3">29 janvier 1859</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Plusieurs journaux de Paris ont rapporté ces jours derniers un fait concernant une visite dont S.A.I. le prince Jérôme aurait honoré tout récemment celle des institutions de la ville de Saint-Germain qui garde le précieux souvenir du séjour qu’y a fait, comme élève, Son Altesse pendant sa première jeunesse. Sans discuter l’authenticité de cette visite, il est nécessaire d’établir que cette institution est entièrement privée et ne relève en quoi que ce soit de la ville ou de la commune. On ne saurait donc lui attribuer, pas plus qu’à un autre établissement du même genre à Saint-Germain, le titre de Collège communal qui lui est donné dans l’article en question. Malheureusement, jusqu’à ce moment, notre ville ne possède encore aucun pensionnat placé sous le patronage de la ville ou subventionné par elle. L’établissement dont il est question, et qui figure avec honneur parmi les autres, est connu généralement sous le nom d’ancien collège de Saint-Germain attendu que, de 1811 à 1814, il avait été placé dans cette position, qui a cessé complètement d’exister depuis cette époque. (Communiqué)<lb/>Nous devons ajouter, afin de mettre nos confrères de la presse parisienne et ceux de la province qui, comme nous-mêmes, ont d’abord reproduit l’article parisien, en garde contre certains renseignements erronés, que le fait en question, si il a eu lieu, comme nous le croyons du reste, remonte à une date très éloignée, car le vieux concierge déjà très ancien dans la maison, ne savait ce qu’on voulait lui dire lorsqu’on vint à lui parler de la visite toute récente dont avait été honorée l’institution, et de la gratification qu’elle lui avait value. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 9e année, n° 5-390, 29 janvier 1859, p. 17</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">54</unitid>
              <unitdate normal="1859/1859" encodinganalog="3.1.3">1er février 1859</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On a chassé deux fois, cette semaine, dans la forêt de Saint-Germain : la chasse à courre de mardi dernier, par les équipages de la vénerie, a été encore fort belle. Le rendez-vous était à la Muette, et au premier lancer, qui a eu lieu à midi, un cerf de deuxième tête était sur pied, avec trois biches ; au second, c’était un cerf de quatrième tête, aussi accompagné de trois biches ; le premier animal a été attaqué à Fromainville, et pris dans un treillage près la Croix de Noailles, après trois quarts d’heure de chasse. Le second a été attaqué au lieu-dit le Chaillou, garderie de Maisons, à deux heures et demie, et pris, vers trois heures un quart, auprès de l’étoile des Brulins. Il y a eu hallali aux deux chasses, mais pas de curé. Les chasseurs étaient nombreux et un grand nombre de curieux était réuni auprès des Loges, à la mare aux Cannes et à la Croix de Noailles. La chasse, que dirigeait M. de Latour-Maubourg, rentrait en ville à cinq heures un quart. Un grand nombre d’invités en costume officiel et d’étrangers en élégante tenue de chasse faisaient partie de la réunion, et, en général, on se félicitait de la manière dont les choses s’étaient passées.<lb/>Le lendemain mercredi, il y a eu chasse à tir dans les tirés réservés. On comptait, parmi les personnes qui assistaient à cette chasse, M. le prince de la Moskowa, premier veneur ; M. le marquis de Toulongeon, commandant, et M. le baron Delage, lieutenant des chasses ; M. l’inspecteur des forêts de la Couronne ; le prince Murat, et, parmi plusieurs officiers généraux, nous a-t-on dit, M. le général Girardin, commandant le château de Saint-Germain. Il a été tué, dans cette battue, trois cent soixante-dix-neuf pièces, tant en chevreuils que faisans, lapins et perdrix.<lb/>La première chasse à courre est, nous assure-t-on, fixée à lundi prochain ; dans tous les cas, elle aurait lieu au plus tard mardi 8 février. »</p>
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              <subject>Chasse</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 9e année, n° 5-390, 5 février 1859, p. 21</p>
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          </c>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1859/1859" encodinganalog="3.1.3">11 février 1859</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le lendemain samedi 12, l’équipage de la vénerie impériale chassait, comme nous l’avons déjà dit, dans la forêt de Saint-Germain. Le rendez-vous était aux Loges ; vers midi un quart, on lançait un premier cerf deuxième tête. L’animal, attaqué aux Brûlins, s’est fait prendre aux Petites-Routes, après quarante-cinq minutes de chasses ; puis on a lancé un autre cerf dix cors jeunement ; attaqué aux Petites-Routes, ce second cerf, qui, comme le premier, s’était trouvé seul au moment du lancer, a pris toute de suite une grande avance, et, pour la première fois passant par la nouvelle jonction des deux forêts, a fait un magnifique débuché dans celle de Marly, où il a été pris près de l’Etang-la-Ville, après trois heures quarante-cinq minutes de chasse. Il n’y a pas eu de curée à la suite de ces deux hallalis. Les veneurs et les amateurs étaient en très grand nombre ; on comptait au moins vingt personnes en costume officiel de vénerie, parmi lesquels nous citerons M. le comte de Nieuwerkerke, directeur des musées impériaux ; M. le général Fleury, premier écuyer de l’Empereur ; M. le marquis de Toulongeon, qui dirigeait la chasse ; M. le baron Lambert, et beaucoup d’autres personnes de distinction.<lb/>Un épisode assez curieux a marqué cette journée. En dehors des deux animaux de meute, un troisième cerf, suivi de quelques chiens et de deux ou trois veneurs, s’est fait chasser pendant trois heures et demie, et est venu se réfugier et se faire prendre par les chiens dans la chapelle actuellement en construction, à la maison impériale des Loges. Madame la supérieure, touchée de douleur de l’animal aux abois, a sollicité sa grâce, qui lui a été immédiatement accordée, et le pauvre cerf a pu regagner, du moins pour quelque temps encore, sa retraite sous les grands arbres de la foret. Il était cinq heures et demie lorsque les chasseurs, les amateurs et l’équipage rentraient en ville.<lb/>Avant-hier jeudi, le rendez-vous était à la Muette ; trois cerfs se sont trouvés sur pied ensemble. L’animal de meute, dont nous ne pourrons préciser l’âge exact, était un vieux et grand cerf, qui s’est fait battre dans toute la forêt et principalement aux environs des Loges. Sa dernière résistance, quand il a fait tête aux chiens, a été magnifique, et c’est n’est qu’en revenant plusieurs fois à la charge que la meute, au grand complet, a pu triompher de ses efforts suprêmes et énergiques. Après cet émouvant hallali, une fort belle curée s’est faite auprès de la mare aux Loges.<lb/>Les veneurs et les invités n’étaient peut-être pas en aussi grand nombre qu’à la chasse de samedi dernier, mais l’affluence des piétons était considérable à la marre aux Cannes, à la croix de Noailles et devant la maison des Loges. Le prince de la Moskowa, le marquis de Toulongeon, le baron Lambert, M. Fouquier de Mazières, inspecteur des forêts de la Couronne, assistaient à cette chasse qui, au dire de tous les vieux amateurs, a été admirablement menée, sous la direction de M. le général prince de la Moskowa, et était entièrement terminée vers trois heures et demie. »</p>
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              <subject>Chasse</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 9e année, n° 8-393, 19 février 1859, p. 29</p>
            </bibliography>
          </c>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">56</unitid>
              <unitdate normal="1859/1859" encodinganalog="3.1.3">10 mars 1859</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La saison des chasses à courre par l’équipage de la vénerie impériale a été close, avant-hier jeudi, par une fort belle chasse dans la forêt de Saint-Germain ; les deux dernières s’étaient faites dans la forêt de Marly, et l’une d’elles surtout, celle du lundi 28 février, avait été favorisée par une magnifique journée printanière.<lb/>Une grande quantité de curieux et d’amateurs avait suivi chacune des dernières chasses soit à cheval, soit en voiture, voire même pédestrement, mais les veneurs en habit officiel ont fait généralement défaut, et leur absence a naturellement été attribuée aux préparatifs et aux fatigues des splendides fêtes travesties qui se sont succédées dans les hautes régions du monde parisien.<lb/>Le rendez-vous avant-hier était à la Muette. Vers midi et demi, on a lancé un cerf quatrième tête qui, attaqué à Fromainville, s’est fait battre, pendant cinq quarts d’heure, dans une grande partie de la forêt ; l’animal pris à la mare du Souillard, la curée s’est faite sur la route de la Muette, près de l’étoile du Fey. Il était trois heures et demie lorsque les chasseurs sont rentrés en ville. C’était le prince de la Moskowa qui dirigeait cette chasse, qui cette fois, en outre d’un grand nombre de curieux, avait amené beaucoup d’invités et d’amateurs. Le marquis de Toulongeon, le baron Lambert, MM. Fouquier de Mazières et Roche, inspecteur et garde général des forêts de la Couronne, assistaient à cette chasse, suivie aussi par plusieurs cavaliers de distinction, parmi lesquels nous avons cru reconnaître, comme à celles précédents, MM. le prince de Chimay, le baron Niel et aussi plusieurs sportmens français et anglais, dont quelques-uns portaient le frac écarlate de la Société des Chasses de Livry.<lb/>Cette journée a été, comme nous venons de le dire, la dernière de cette année dans notre forêt de Saint-Germain. Les équipages de la Vénerie, officiers commandants, veneurs, piqueurs, valets de chiens, chevaux et meute, partent après-demain lundi pour la résidence impériale de Rambouillet. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 9e année, n° 8-393, 12 mars 1859, p. 42</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Réflexions sur le devenir du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">57</unitid>
              <unitdate normal="1859/1859" encodinganalog="3.1.3">26 novembre 1859</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Du château de Saint-Germain et de ses futures destinées<lb/>Lors du récent incendie qui a éclaté au palais du Luxembourg et qui aurait pu avoir des conséquences qu’heureusement on n’a pas eues à déplorer, un de nos abonnés, constamment préoccupé non seulement des intérêts de notre ville, mais aussi de tout ce qui se rattache à la sécurité on ne saurait trop entourer les collections et les dépôts si précieux aux sciences, à la littérature, à l’histoire du pays et aux beaux-arts, nous communiquait une note dans laquelle, à propos de l’événement de la veille, il rappelait de quelle importance il serait d’extraire de la Bibliothèque impériale les doubles et triples exemplaires de toute nature que possède ce vaste établissement. Il ajoutait que souvent déjà la pensée était venue à l’esprit de tous ceux qui songent à la conservation de tant de précieux monuments, qu’un sinistre pourrait détruire à jamais en quelques heures, qu’aucun lieu ne serait plus propice à ce dépôt qu’une partie de notre immense château, qui offre, par sa proximité de Paris, par son genre de construction, par son parfait isolement et par la disposition de ses grandes salles et de ses vastes appartements, desservis par de nombreuses issues, toutes les conditions désirables.<lb/>Il est certain que la pensée impériale s’est, dans ces derniers temps surtout, arrêtée plusieurs fois avec intérêt sur les destinées futures de l’ancienne demeure de François Ier et de Louis XIV ;  mais il est certain aussi que, dans cette suprême sagesse qui le distingue à un si haut point, le souverain que la France s’est donné a dû peser toutes les difficultés des grandes dépenses qu’entraînerait une restauration complète du château de Saint-Germain, d’un façon digne de son génie créateur.<lb/>En opposition donc à un projet de restauration complètement historique et monumentale, mais prodigieusement coûteuse, il a été question, nous a-t-on assuré, de transformer le château en un vaste musée, ou plutôt en une réunion de plusieurs musées où prendraient place, par exemple, celui de la Marine et, entr’autres, un tout spécial réunissant les types et les modèles des armes et costumes de guerre de tous les peuples, depuis les premiers temps jusqu’au nôtre.<lb/>Certainement, au point de vue de l’intérêt général et particulier, cette dernière pensée nous paraît la plus promptement réalisable. Mais, si la prudence et les exigences financières des circonstances ne permettent pas d’allouer d’un seul coup les fonds nécessaires pour la transformation de tout le vieux manoir en ce vaste musée universel, ne serait-ce pas le moment d’appliquer la pratique à la sage théorie de notre honorable abonné, en sollicitant de l’Empereur la mise à exécution du projet qui apporterait, dans l’une des ailes du château restant si vaste encore pour d’autres destinations, fût-ce même dans un seul des énormes pavillons dont il est flanqué, ces doubles exemplaires qui trouveraient, dans ces murs épais, un asile assuré contre toutes les dangereuses éventualités.<lb/>Les dépenses d’appropriation au nouvel usage pourraient se faire ainsi partiellement et au moyen des fonds alloués annuellement, selon les ressources du budget spécial. Quant aux musées en général et surtout à la partie prise d’abord pour les collections détachées de la Bibliothèque impériale, les dépenses n’auraient rien de trop effrayant, car elles consisteraient en application, à une certaine hauteur, de boiseries en chêne sur lesquelles on pourrait appuyer les rayons, dont les casiers seraient séparés entre eux par des colonnettes en fonte qui viendraient encore assurer la solidité des plafonds ; quelques tables, des bureaux pour les conservateurs, les travailleurs et les lecteurs suffiraient à compléter l’appropriation et l’ameublement.<lb/>En reconnaissant la justesse des raisons qui ont fait supprimer le bénéfice de logements accordés dans l’intérieur des édifices de ce genre à certains savants et hommes de lettres placés au centre de leurs travaux et de leurs recherches, on peut s’assurer qu’en outre de ces longues salles et galeries, le château possède dans ses dépendances et auprès de chacune d’elles assez d’appartements  susceptibles d’être disposés en cabinets d’étude, réduits silencieux que pourraient occuper les amis des sciences et des lettres pendant le cours de la journée, soit qu’ils vinssent de Paris, soit, ce qui arriverait nécessairement pour beaucoup d’entre eux, que l’amour de la science et la proximité d’un trésor si fécond à explorer les déterminât à se fixer dans notre ville, dont la tranquillité et les admirables promenades sont si favorables à l’étude et au repos, ou à l’exercice réparateur bien nécessaire à ceux qui s’y livrent avec ardeur.<lb/>Il y aurait donc, selon nous, bien des avantages réunis dans la plus prompte réalisation du projet dont nous entretenons aujourd’hui nos lecteurs. D’abord, au point de vue de l’intérêt général, sécurité complète pour une partie du précieux dépôt confié à la Bibliothèque impériale ; à celui de la conservation d’un de nos plus vieux monuments historiques, commencement de réalisation de la pensée de lui donner une destination digne de lui, de son antiquité et des souvenirs qu’ont laissés et que laisseront éternellement à la France scientifique, littéraire et artistique François Ier, Louis XIV et Napoléon III ; eu égard enfin à l’intérêt de la ville, et pour avoir le courage de notre opinion, sans craindre d’être accusés d’égoïsme d’intérêt local, nous pouvons ajouter qu’en attendant le moment où Saint-Germain pourrait voir, comme Versailles, accourir vers lui tous les Parisiens, tous les provinciaux, tous les étrangers qui voudront visiter sa réunion de musées comme ils courent à Fontainebleau admirer cette magnifique résidence que Napoléon Ier appelait un rendez-vous de palais, il profiterait de la présence momentanée ou fixe des visiteurs, des savants et des hommes de lettres dont nous parlions plus haut.<lb/>Il est à peu près certain, après tout, et pour nous servir d’une des vieilles expressions de nos pères, que nous nous battons de l’épée qui est chez le fourbisseur, et que déjà une auguste pensée s’est préoccupée d’une façon autrement large et autrement sérieuse de ce qui fait le sujet des quelques réflexions que nous venons de soumettre à l’appréciation générale ; mais enfin la plus faible lumière peut aussi donner sa part de clarté, et nous avons cru de notre devoir d’insister et de revenir plusieurs fois à l’occasion encore sur l’expression et l’approbation des idées de notre honorable abonné, à l’occasion de l’incendie du Luxembourg : en particulier sur la possibilité du transport des doubles de la Bibliothèque au château de Saint-Germain, et en général sur celle de donner au vieux manoir une destination utile à tous et aussi à notre bonne ville de Saint-Germain, à laquelle on ne saurait nous contester le droit et l’honneur de consacrer tous nos moments et nos modestes mais incessants travaux.<lb/>Léon de Villette »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Du château de Saint-Germain et de ses futures destinées », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 9e année, n° 48-432, 26 novembre 1859, p. 190</p>
            </bibliography>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1860/1860" encodinganalog="3.1.3">6 janvier 1860</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« L’Empereur est venu, hier vendredi, chasser à tir dans la forêt de Saint-Germain. Sa Majesté était accompagnée de S.A.R. le prince d’Orange, héritier présomptif de la couronne de Holland, de LL. EExc. MM. les maréchaux Magnan et Saint-Jean-d’Angély, du général Ney, prince de la Moscowa, du marquis de Toulongeon et du baron de Lange. La chasse a commencé dans les tirers de Garenne, à onze heure ; elle a été interrompue, vers midi, par un déjeuner dressé dans la forêt, sous une tente et sur l’emplacement de l’ancien fort Saint-Sébastien. La chasse a recommencé à une heure et a fini à quatre heures moins un quart.<lb/>L’Empereur était venu par Maisons, en calèche découverte conduite par des chevaux de sa poste particulière, et les voitures l’attendaient à la ferme de Garenne, dont Sa Majesté n’est partie qu’après avoir assisté à la reconnaissance du gibier. Enfin cette journée a été des plus brillants, et l’on parlait de près de sept cents faisans, de quinze chevreuils et d’une foule de lièvres et perdreaux. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 10e année, n° 1-438, 7 janvier 1860, p. 2</p>
            </bibliography>
          </c>
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              <unitdate normal="1860/1860" encodinganalog="3.1.3">3 février 1860</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Hier vendredi, l’Empereur est venu chasser à tir dans la forêt de Saint-Germain. Sa Majesté est arrivée, vers onze heures et demie, dans les tirés de Fromainville. Elle était accompagné de MM. le maréchal Magnan, Bacciochi, des princes Lucien Murat et Ney de la Moskowa, du marquis de Toulongeon et du baron Delage.<lb/>A midi, la chasse a été interrompue pour un déjeuner en pleine air, sur l’ancien emplacement du fort Saint-Sébastien, construit pour l’instruction militaire du jeune roi Louis XIII.<lb/>Les invités à la chasse de l’Empereur et les officiers de service ont pris part à ce repas servi sous une tente. Puis la chasse a repris à une heure, pour se terminer à quatre heures du soir.<lb/>C’est probablement, vu la clôture très prochaine de la chasse à tir, la dernière qui amènera cette année Sa Majesté à sa forêt de Saint-Germain. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 10e année, n° 5-442, 4 février 1860, p. 18</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1860/1860" encodinganalog="3.1.3">4 octobre 1860</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Avant-hier jeudi, S. M. l’Empereur est venu chasser à tir dans la forêt de Saint-Germain. L’ouverture de la chasse a eu lieu vers onze heures dans les réserves de Fromainville ; à midi un quart, Sa Majesté déjeunait sous une tente dressée sur l’emplacement de l’ancien fort Saint-Sébastien ; la chasse, reprise à une heure, était terminée à quatre. Parmi les personnes qui avaient l’honneur d’accompagner l’Empereur, nous pouvons citer le prince Ney de la Moscowa, M. le marquis de Toulongeon, M. Bacciocchi, grand chambellan, le général Fleury, MM. de Gramont, officier d’ordonnance, de Lezay-Marmézia, comte d’Ornano et baron Delage. Un grand nombre de pièces ont été abattues, tant en chevreuils qu’en faisans, lièvres, lapins et perdrix. Un temps superbe, celui qui semble presque toujours signaler la présence de l’Empereur, avait favorisé cette première chasse de la saison. Le régiment de cavalerie de la Garde n’étant pas encore installé, le service des rabatteurs a été fait par les soldats du 6e de Ligne, qui, selon l’usage adopté aux chasses de l’Empereur, ont reçu chacun une gratification en numéraire et une ou deux pièces de gibier. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 10e année, n° 40-477, 6 octobre 1860, p. 158</p>
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              <unitdate normal="1860/1860" encodinganalog="3.1.3">19 novembre 1860</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Lundi dernier, l’Empereur est venu chasser à tir dans la forêt de Saint-Germain. Sa Majesté est arrivée vers dix heures et demie environ, et la chasse a commencé de suite aux tirés de Fromainville. A midi, et lorsqu’on était arrivé en face de l’issue qui donne accès à l’enceinte dite du fort Saint-Sébastien, où se voient encore les restes de travaux d’art militaire exécutés autrefois pour l’instruction du jeune roi Louis XIII, l’Empereur y a déjeuné sur un monticule où la tente qu’on y dresse d’ordinaire avait été, par les soins de l’administration des forêts de la Couronne, remplacée par une sorte de chalet rustique, ouvert cependant de tous côtés, et où Sa Majesté a déjeuné, selon son usage, avec ses invités et les personnes du service de la chasse. C’étaient M. Fould, ministre d’Etat, M. le général Fleury, M. le baron de Bourgoing, M. de Rotschild, M. le duc de Caumont-La Force, le prince Ney de la Moskowa, le baron Delage, l’officier commandant le deuxième détachement des Lanciers, rabatteurs, celui de la gendarmerie de la Garde, et MM. l’inspecteur et le sous-inspecteur des forêts de la Couronne. Reprise trois quarts d’heure après, la chasse s’est terminée, vers trois heures, à la hauteur de la ferme de Garenne. Plus de 400 pièces de gibier ont été abattues dans cette matinée, protégée par un temps magnifique que n’eût pas dû pourtant faire présager l’état chargé de l’atmosphère au moment où, le matin, l’Empereur traversait avec sa suite, en voiture de poste découverte, la commune de Maisons pour gagner le rendez-vous ordinaire. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 10e année, n° 47-484, 24 novembre 1860, p. 185</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la nomination d’un conservateur du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">62</unitid>
              <unitdate normal="1861/1861" encodinganalog="3.1.3">20 avril 1861</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Par suite d’une décision récente de Son Excellence le ministre d’Etat et de la Maison de l’Empereur, M. Ricateau, attaché déjà à plusieurs commissions savantes et d’intérêt public de notre localité, a été nommé conservateur du château impérial de Saint-Germain. On dispose en ce moment, pour ce nouveau fonctionnaire, les appartements de l’entresol des ailes de l’ouest et du sud, occupés précédemment par M. O’Connell, alors régisseur de cette même partie du domaine.<lb/>M. le général de Girardin, qui avait obtenu un congé de quelques mois, est attendu ces jours-ci au château, où il reprendra son domicile au premier étage des mêmes ailes.<lb/>Cette dernière nomination semble naturellement faire penser que le moment approche où notre vieux château recevra enfin une destination quelconque, puisqu’il a déjà un officier général pour commandant et un homme de lettres, connu par de sérieux antécédents, pour conservateur. M. Millet est toujours investi des fonctions d’architecte-régisseur. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Officiers et employés</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 11e année, n° 16-505, 20 avril 1861, p. 61</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mentions d’une rumeur selon laquelle l’empereur aurait demandé un devis de restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">63</unitid>
              <unitdate normal="1861/1861" encodinganalog="3.1.3">27 avril 1861</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le même jour où nous faisions part à nos lecteurs de nos espérances à propos de la nomination d’un conservateur au château de Saint-Germain, le Journal de Seine-et-Oise contenait la note suivante :<lb/>« Il y a longtemps qu’il est question de restaurer le château de Saint-Germain-en-Laye, si riche en souvenirs historiques et dont l’état d’abandon est considéré par tous les étrangers comme faisant peu d’honneur à la France. On assure que l’Empereur a invité le comte Walewski à lui soumettre, le plus prochainement possible, un devis pour la restauration de ce monument. »<lb/>Mercredi dernier, le Sport, ordinairement bien informé, donnait, sur le même sujet, la nouvelle suivante :<lb/>« On dit que l’Empereur a invité Son Excellence le comte Walewski, ministre d’Etat, à lui soumettre, dans le plus bref délai possible, un devis pour la restauration du château de Saint-Germain-en-Laye.<lb/>Il est, en effet, difficile d’imaginer un palais dans un tel état de ruine et d’abandon, apanagé du plus beau par cet de la plus belle forêt du monde. Il appartient à l’Empereur Napoléon III de rendre à cette antique demeure l’éclat et le prestige du passé. » »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 11e année, n° 17-506, 27 avril 1861, p. 65</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention d’une rumeur selon laquelle l’empereur aurait décidé d’installer un musée du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">64</unitid>
              <unitdate normal="1861/1861" encodinganalog="3.1.3">4 mai 1861</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le même journal [le Journal de Seine-et-Oise], en parlant des projets de restauration très prochaine de notre château impérial, et après avoir bien voulu citer un article de l’Industriel à ce propos, ajoute :<lb/>« On lit, sur ce sujet, dans l’Indépendance belge :<lb/>« Il est question de restaurer le château de Saint-Germain-en-Laye. L’Empereur songe à lui donner une destination spéciale. Il s’agirait, dit-on, d’y établir une espèce de musée historique, avec des costumes dans le genre de ce qui existe à la Tour de Londres. Déjà le conseil municipal de Saint-Germain avait émis un vœu dans ce sens. » »<lb/>Nous acceptons de tout cœur les vœux et les espérances qui se traduisent dans les dires de tant d’organes de la presse. Seulement, pour rendre à César ce qui appartient à César, il est de notre impartialité d’établir que, malgré le vif désir que nous savons avoir été exprimé individuellement par tous les membres qui se sont succédés depuis sept ans au conseil municipal de Saint-Germain, jamais un vœu spécial n’a été formé par ce corps municipal au sujet de la destination du château de Saint-Germain. Ce fut l’Industriel qui, d’après quelques documents fournis par un honorable habitant de Saint-Germain, autrefois membre de son édilité, a fait, dans ses colonnes, et plusieurs fois, allusion directe au projet émanant seul de la volonté impériale, et dont la réalisation affecterait cette résidence à l’installation d’un musée historique dans le genre de celui dont parle l’Indépendance.<lb/>Nous tenons trop à conserver la réputation qu’on a bien voulu nous faire de chercher à nous rendre l’organe de tout ce qui peut être utile à notre ville et au pays en général pour ne pas revendiquer hautement, non pas la priorité, mais au moins la publicité d’une pensée si grande et si digne du souverain à qui la France doit déjà de si grandes et si belles choses. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 11e année, n° 18-507, 4 mai 1861, p. 69</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">65</unitid>
              <unitdate normal="1861/1861" encodinganalog="3.1.3">19 novembre 1861</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mardi dernier, l’Empereur est venu en quelque sorte inopinément chasser dans notre forêt. S. M. était accompagnée d’une partie de ses invités de Compiègne et des officiers ordinaires de ses chiens. Venu de Compiègne par un train express jusqu’à Pontoise, l’Empereur est monté en voiture, et après avoir passé la Seine à Conflans, vers onze heures, est entré immédiatement en chasse en la commençant du côté opposé à celui d’où Sa Majesté part ordinairement pour parcourir le tiré dans toute son étendue. Après un déjeuner à la ferme de Garenne, la chasse a continué jusque vers quatre heures, et les voitures sont reparties alors pour Pontoise, où le train express attendait Sa Majesté pour le reconduire à Compiègne. La direction inaccoutumée de la chasse n’a pas permis que S. M. pût visiter le nouveau kiosque-chalet construit par M. Henri Ramage, notre concitoyen, pour Son Altesse le prince impérial et dont l’Illustration a donné un dessin dans son numéro de samedi dernier. On dit le plus grand bien de cet ouvrage d’art, dont nous espérons entretenir nos lecteurs, mais seulement lorsque, dans une des prochaines chasses de la saison, il aura été soumis à l’appréciation de l’Empereur, dont la visite est, cela se conçoit, vivement désirée par le constructeur. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 10e année, n° 47-586, 23 novembre 1861, p. 185</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de l’empereur au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1862/1862" encodinganalog="3.1.3">17 février 1862</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Visite de l’Empereur au château de Saint-Germain<lb/>La journée de lundi dernier 17 février marquera dans les annales du château de Saint-Germain, et par conséquent dans celles de la ville, qui tient par des liens si antiques et si sacrés à ce vieux monument de notre histoire. Vers trois heures, et sans que la nouvelle en fût parvenue à personne autre que M. le général de Girardin, commandant du château, auquel le secret avait été recommandé et qui l’avait rigoureusement et militairement gardé, S. M. l’Empereur est arrivée au château dans une calèche découverte à quatre chevaux, précédée seulement de deux postillons. Dans la voiture impériale se trouvaient, avec l’Empereur, S. Exc. M. Walewski, ministre d’Etat, MM. de Niewerkerque, directeur général des Musées impériaux, et de Biéville, général du Génie, aide de camp de l’Empereur. M. de Bourgoing, écuyer de l’Empereur, accompagnait à cheval.<lb/>Reçu par M. le général de Girardin, l’Empereur a visité d’abord, dans tous ses détails, les parties intérieures, la chapelle et la cour du château ; puis, ressortant à pied par la porte principale donnant sur la place, où elle a trouvé et reçu avec affabilité MM. de Breuvery, Le Piez et Detaillis, maire et adjoints de la ville. S. M. a suivi le mur extérieur et est arrivée sur le parterre, accompagnée seulement des personnes de sa suite intime, parmi lesquelles se trouvaient M. de Cardailhac, chef de division au ministère d’Etat, M. Millet, architete du château de Saint-Germain, et nous a-t-on dit, sans que nous puissions l’affirmer, M. Viollet-Leduc. Sur l’invitation de M. Millet, MM. les entrepreneurs des bâtiments de la Liste civile, tous de Saint-Germain, avaient été convoqués pour quatre heures et se tenaient à la disposition de ce dernier, dans le cas où des renseignements eussent pu leur être demandés, ou des instructions données pour les différents travaux, qui, d’après la volonté de l’Empereur, paraissent devoir leur être confiés en ce qui les concerne chacun. Après avoir fait le tour extérieur par l’esplanade du parterre, se faisant présenter les différents projets, entre autres celui de M. de Cardailhac, pour la restauration ou la modification de l’ensemble du château, l’Empereur, traversant le jardin annexé le long de la façade de l’est, est redescendu dans la rue du Château-Neuf par une petite porte provisoire, par parenthèse encore dépourvue des quelques marches nécessaires pour franchir la distance qui l’exhausse de près de quatre-vingt centimètres au-dessus du sol, considérablement abaissé par suite du dernier nivellement.<lb/>Suivant à pied toute la rue du Château-Neuf, l’Empereur a été littéralement obligé de traverser la foule compacte du peuple pour remonter dans sa voiture, qui l’attendait à l’angle de la place du Théâtre. C’est en ce moment que la partie de la population qui avait pu être prévenue de la présence du souverain l’a acclamé avec le plus chaleureux enthousiasme. Tous comprenaient, en effet, que les destinées de la ville de Saint-Germain vont prendre un nouvel aspect par la consécration que cette visite de l’Empereur donne définitivement aux projets dont nous les premiers, et toute la presse ensuite, ont entretenu le public au sujet d’une nouvelle appropriation du château de Saint-Germain.<lb/>De la visite de l’Empereur, sauf quelques détails sur lesquels il est impossible de se prononcer, parce qu’ils ne sont connus que d’un bien petit nombre de personnes, il est dûment avéré que le château est destiné à un Musée d’Antiquités gallo-romaines, qui sera d’abord et sur le champ disposé au rez-de-chaussée, dans l’ancienne galerie dite de François Ier, située à droite de l’entrée principale, et jusqu’à ce moment divisée par une série de cloisons qui vont disparaître, et ensuite, au premier étage, dans toute l’étendue de la salle des Gardes ou vulgairement dite de Mars. Déjà, au moment où nous écrivons, les ouvriers travaillent pour préparer un nouveau logement provisoire devant remplacer la conciergerie qui occupait l’entrée de la galerie de François Ier, et déjà aussi, au premier étage, la salle de Mars est entièrement décarrelée afin de pouvoir procéder à la réfection des planchers. Depuis deux jours, enfin, des chariots des musées impériaux transportent à Saint-Germain les fragments divisés de la fameuse mosaïque romaine connue, selon le dire de l’Empereur lui-même, sous le nom de Mosaïque d’Autun.<lb/>Quelques puissent être les conversations et l’énoncé des mille et un projets prétendus sur les travaux à exécuter au château, voici ce que nous pouvons annoncer de certain et d’authentique à nos lecteurs ; mais, ce que nous n’avons pas besoin de dire, c’est l’émotion profonde causée à Saint-Germain par la visite impériale, et la joie que chacun éprouve en pensant à l’intérêt proprement dit de la ville, et à la certitude acquise maintenant que les travaux d’appropriation et ceux de mise en ordre des précieuses et nombreuses collections devront amener parmi nous le retour fréquent de semblables visites faites dans notre ville, par l’Empereur et les membres de la Famille impériale, qui y seront toujours reçus par la population, comme lundi dernier, avec la joie du présent et l’espérance de l’avenir.<lb/>Léon de Villette<lb/>[…]<lb/>Dans la visite qu’il a faite lundi dernier au château, l’Empereur s’est montré on ne peut plus bienveillant pour M. le général de Girardin et pour sa famille. Sa Majesté de demandé au général de lui présenter madame de Girardin et a tenu à se rendre dans ses appartements, où elle s’est montrée toute gracieuse envers madame de Girardin, et a su, avec son tact et sa bonté habituels, flatter en même temps la femme et la mère, en prenant dans ses bras et en l’embrassement à plusieurs reprises le gentil petit garçon de quatre ans qui avait l’honneur de lui être présenté. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Visite de l’Empereur au château de Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 12e année, n° 8-549, 22 février 1862, p. 29</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention du début des travaux au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">67</unitid>
              <unitdate normal="1862/1862" encodinganalog="3.1.3">22 mars 1862</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
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            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La visite de l’Empereur au château, le 17 février dernier, la mise immédiate à l’œuvre des ouvriers à l’intérieur et enfin le dernier décret inséré au Moniteur ne laissent plus de doutes sur la réalisation de l’heureuse nouvelle de la restauration et de la destination arrêtée du vieux monument. Cependant, la certitude du fait si désiré ne semble s’être vraiment établie que samedi matin, lorsque les premiers passants sur la place ont pu voir le commandement du travail des ouvriers, faisant tomber sous leurs manteaux ces grands murs de prison qui enserraient et attristaient tout le manoir. On eut dit que les plus anciens habitants voyaient pour la première fois leur vieux château sortant de ses fossés, avec ses mâchicoulis, ses étages inférieurs au style si sévère et si solide, et s’appuyant si fortement sur ces fossés, qui vont, dit-on, devenir de charmants jardins, comme autrefois ceux de la place de la Concorde, et dont le public ne sera plus séparé que par le parapet à hauteur d’appui, tel qu’il a toujours existé. Enfin, grâce à la chute de cet affreux mur d’enceinte, le souvenir de la prison s’efface pour laisser place à celui de l’antique demeure de Robert le Fort, de François Ier, de Louis XIV et mieux encore à l’espoir de le voir habité par l’étude et la science. Déjà leur prochaine prise de possession a rendu au vieux château l’air et la lumière, ces précieux apanages de la liberté, et bientôt comme nos soldats de France dans Constantine, la ville romaine d’Afrique, elles vont entrer aussi par la brèche nouvelle, mais plus pacifiquement ouverte par les travailleurs aux ordres de la science et du progrès civilisateur. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 12e année, n° 12-553, 22 mars 1862, p. 45</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la prochaine destruction du premier pavillon du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">68</unitid>
              <unitdate normal="1862/1862" encodinganalog="3.1.3">5 juillet 1862</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Il paraît, d’après des renseignement qui nous viennent de source authentique, que le projet de restauration du château de Saint-Germain, remis dans l’état exact où il se trouvait sous le règne de François Ier, serait non seulement parfaitement décidé, mais même en voie d’exécution très prochaine ; une somme de deux millions est, nous assure-t-on, affectée à ces travaux, qui devraient être complétés dans un délai de deux ans et commenceraient d’ici à très peu de jours par la démolition d’un des cinq gros pavillons construits par Louis XIV, celui qui fait angle, au nord-ouest, avec la place du Château et le parterre, où se trouvent les appartements occupés jadis par le roi Jacques II d’Angleterre, mais plus positivement et plus authentiquement dénommé pavillon de la Dauphine.<lb/>M. Rossignol, conservateur adjoint des Musées impériaux, détaché à Saint-Germain, habite notre ville depuis quelque temps déjà, et la Liste civile, en attendant qu’un logement convenable puisse être attribué à ce savant et haut fonctionnaire dans le château même, a fait, ces jours derniers, disposer et meubler son cabinet et ses bureaux au rez-de-chaussée, immédiatement au dessous de la salle de Mars, faisant suite à la galerie François Ier, à droite de la principale porte d’entrée. Déjà des objets précieux d’antiquités gallo-romaines arrivent chaque jour, et les armoires et vitrines destinées aux collections différentes vont être bientôt placées dans la salle de Mars, au premier étage. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 12e année, n° 27-568, 5 juillet 1862, p. 105</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention du début de la destruction du premier pavillon du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">69</unitid>
              <unitdate normal="1862/1862" encodinganalog="3.1.3">12 juillet 1862</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« L’effet n’a pas tardé à suivre l’annonce que nous donnions dans notre dernier numéro, au sujet des nouvelles dispositions adoptées pour la destinée du château : les démolitions des cinq pavillons ont commencé lundi, ainsi que nous l’avions dit à l’avance, par celui de l’angle du nord-ouest, pour se continuer ainsi jusqu’à leur achèvement complet. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 12e année, n° 28-569, 12 juillet 1862, p. 109</p>
            </bibliography>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Commentaires sur la restauration et l’état du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">70</unitid>
              <unitdate normal="1862/1862" encodinganalog="3.1.3">13 décembre 1862</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Le château de Saint-Germain en 1862<lb/>Les murs ont des oreilles, s’il faut en croire la sagesse d’un vieux et prudent diction ; à ce compte, s’ils pouvaient parler, que de choses passées et présentes ils raconteraient, que d’éléments ils fourniraient aux chroniqueurs.<lb/>A ceux de Versailles et de Trianon on pourrait appliquer heureusement ces trois vers d’opéra-comique :<lb/>Que ces murs coquets,<lb/>S’ils n’étaient discrets,<lb/>Diraient de secrets.<lb/>Rien de moins coquet que les murs de notre vieux manoir de Saint-Germain, et cependant leurs récits et leurs légendes, si le don de la parole leur était accordé, offriraient un bien puissant intérêt. Sans vouloir remonter si haut, et descendant tout bonnement des grandes choses historiques du passé au caquetage de nos bourgeois d’à présent, les oreilles de ses vieux murs en ont entendu de belles, et de bonnes, et de toutes sortes, depuis qu’une haute volonté et une main habile ont entrepris de leur donner, au dehors, leur premier aspect des plus anciens jours, et au-dedans, une scientifique et précieuse destination.<lb/>Chaque étranger, et surtout chaque bourgeois plus ou moins oisif de la localité, accoudé sur le parapet des fossés, et suivant tous les jours le progrès des travaux dont la première campagne vient de finir avec l’approche de l’hiver, a voulu comprendre, et surtout commenter tous les détails, et même l’ensemble, encore enfoui dans les cartons de l’architecte préposé à la restauration qui va s’effectuer.<lb/>La critique a même déjà eu beau jeu, et cependant il est difficile, pour ne pas dire imprudent, de juger par avance une œuvre qui ne peut raisonnablement être appréciée que lorsqu’elle aura reçu son complément.<lb/>Les uns oublient qu’il s’agit de faire revivre le goût et les constructions d’un autre âge, ont voulu juger de ce qu’il se faisait devant eux comme s’il s’agissait d’une maison qu’ils auraient commandée à leur maître maçon, pour Asnières ou pour Bougival.<lb/>Les autres, et ils sont nombreux, n’ayant d’autre opinion que celle du journal auquel ils sont abonnés, ont fait de la discussion toute préparée sur ce qu’ils avaient lu le matin, et il faut le dire bien vite, dussent nos grands confrères s’en formaliser, ce sont précisément ceux-là qui ont commis le plus d’erreurs.<lb/>Quelques-uns donnaient pour argent comptant, et comme de leur cru, leur érudition de fraiche date ; d’autres, et c’étaient les plus modestes, ne manquaient pas de dire, dans les groupes où parfois ils trouvaient incrédulité ou opposition : « C’est mon journal qui l’a dit ».<lb/>C’est donc pour leur rendre service, et en même temps pour essayer de jeter quelque lumière dans la question, que, muni de documents certains, nous allons dès aujourd’hui, décidés à continuer plus tard notre tâche, réfuter, leur propre texte à la main, les erreurs dans lesquelles sont tombés et tomberont probablement encore, au sujet du château de Saint-Germain, quelques journaux, trop confiants dans certains de leurs correspondants qui, probablement, n’ont pensé qu’à faire ce qu’on appelle de la copie à tant par ligne, sans le moins du monde se préoccuper de plus ou moins d’authenticité des renseignements qu’on leur a fourni, ou de la solidité des observations qu’ils ont pu faire, le plus souvent en attendant quelques minutes le départ d’un train de chemin de fer pour Paris.<lb/>Commençons par le Constitutionnel, et citons textuellement l’un de ses articles qui, malheureusement, a été reproduit dans son entier par beaucoup d’autres journaux :<lb/>« On sait que le gouvernement fait restaurer le château de Saint-Germain pour y créer un musée archéologique gallo-romain.<lb/>La loge du concierge, à gauche en entrant, et une grande salle du parc, sur la porte de laquelle on lit déjà en lettres d’or : Musée, sont restaurées. Cette salle formera le vestibule du musée, pour lequel quelques objets sont déjà arrivés.<lb/>Le pavillon sud-ouest, en regard du débarcadère du chemin de fer, est en démolition. Il menaçait ruine ; il va être reconstruit de fond en comble. La chapelle, les galeries, la cour d’honneur sont en voie de réparations.<lb/>Des parapets, des fossés larges et profonds entourent le château. On lit sur les murs les inscriptions suivantes, qui y ont été placées à l’époque où le château avait été converti en pénitencier militaire :<lb/>A l’est : « C’est avec justice que tu trouves des tourments intérieurs, puisque tu aimes mieux remettre à demain de devenir bon que de l’être aujourd’hui ».<lb/>Autre du même côté : « Il est ridicule que tu ne veuilles pas te dérober à tes mauvais penchants, ce qui est très possible, et que tu prétendes échapper à ceux des autres, ce qui ne se peut pas ».<lb/>A l’ouest : « Les biens qui nous viennent de la réforme de notre conduite sont les plus durables ».<lb/>Au nord : « Il ne faut pas croire que les hommes pervers profitent de leurs mauvaises actions ; elles sont cachées pendant un temps, mais c’est le temps qui les découvre ».<lb/>Le fondateur du château de Saint-Germain fut Louis VI. Il va être remis dans l’état où il était sous Louis XIV. L’architecte est M. Millet. »<lb/>C’est d’abord probablement une faute typographique que les mots : salle du parc, qu’il faut remplacer par ceux de : salle du rez-de-chaussée, au-dessus de laquelle a été effectivement travée, non pas en lettres d’or, mais tout honnêtement en grille, même assez peu apparente, l’inscription : Musée.<lb/>Au troisième paragraphe, on lit la chose la plus incroyable et que le premier habitant de Saint-Germain pourrait victorieusement réfuter, c’est que le pavillon, par parenthèse nord-ouest et non pas sud-ouest, en regard du débarcadère, et qui vient d’être démoli, menaçait ruine et va être reconstruit de fond en comble.<lb/>Ce pavillon, comme les quatre autres annexés par Louis XIV à l’ancien quadrilatère de François Ier, était assis sur des bases d’une solidité à toute épreuve, et il ne sera pas plus reconstruit que les autres, dont la suppression a été décidée afin de rendre au château son aspect primitif.<lb/>On ne répare encore ni la chapelle, ni les galeries, ni la cour d’honneur.<lb/>Après avoir consacré cinq alinéas à la reproduction des sentences tracées sur les murs pour l’édification des prisonniers pendant la triste période où le château fut converti en pénitencier militaire, le rédacteur de l’article que nous citons termine par une erreur, une énormité, et heureusement une bonne et heureuse vérité. Erreur : Le fondateur du château de Saint-Germain fut, dit-il, Louis VI ; ce fut Charles V qui fut ce premier fondateur. Enormité : Il va être remis dans l’état où il était sous Louis XIV ; c’est précisément le contraire que l’on se propose de faire. Vérité : L’architecte est M. Millet ; ceci est heureusement de toute authenticité, et ce qui a été fait, comme tout ce que nous avons déjà pu voir des projets et des dessins de l’architecte des monuments historiques de France prouve assez que l’Empereur, le ministre et M. Viollet-Leduc ont fait, dans le choix de sa personne, un premier et grand pas dans la voie de réédification du monument important qui peut, dès à présent, prendre le nom de château de François Ier à Saint-Germain.<lb/>Passons maintenant à un second article, celui publié par le Siècle, et que de même nous reproduisons littéralement :<lb/>« Le vieux château de Saint-Germain-en-Laye, destiné à devenir musée gallo-romain, est en pleine voie de transformation ; on va, non pas en démolir les étages de briques, comme on nous l’avait dit primitivement, mais retrancher les pavillons ajoutés sous Louis XIV et remettre l’édifice en l’état où il se trouvait sous le règne de François Ier.<lb/>Les ponts-levis qui existaient sur les fossés, tant du côté de la ville que sur les jardins, doivent être reconstruits ; les terrasses en plomb qui jadis régnaient à la partie supérieure, et qu’on avait remplacées par des combles en charpente, lors de l’installation du pénitencier militaire, vont être rétablies et bordées par une balustrade renaissance, ornée de bases en amortissements ; les fossés seront rélargis du côté du jardin, et doivent être partout transformés en parterres ; l’horloge du château, qui depuis deux siècles figure au-dessus de la porte principale, va reprendre son ancienne place dans la partie supérieure du donjon, au-dessus du campanile.<lb/>Quant au donjon lui-même, qui avait disparu derrière le pavillon d’angle du côté gauche, il va reparaître, dégagé qu’il se trouve par la démolition de ce pavillon. C’est dans cette aile qu’habita Jacques II, depuis son arrivée en France jusqu’à sa mort. L’aile qui se trouve à l’autre angle de la façade du jardin renferme les appartements qu’occupait madame de Maintenon, quand la Cour était à Saint-Germain.<lb/>Dans une autre partie du château a aussi longtemps habité mademoiselle Louis de La Vallière ; des habitants de Saint-Germain se rappellent encore y avoir vu le cabinet de toilette de cette favorite, et le fauteuil qui, placé sur une trappe mécanique, lui servait pour descendre au rez-de-chaussée, sans qu’elle eût à passer par les escaliers.<lb/>La restauration des plus anciennes parties du monument est déjà accomplie sur certains points : le couloir voûte qui conduit dans la première cour est du nombre ; sa voûte en briques encorbellée, avec chaînes et cartouches de pierre, est complètement remise à neuf ; plusieurs salles sont aussi réparées, celle de Mars entre autres, qui a déjà reçu une partie des collections qu’on doit y exposer. Cette galerie est au premier étage, et l’on y monte par un escalier pratiqué dans une tour extérieure, qu’on est en train de construire à gauche de la porte d’entrée ; cette tour est dans le style du XVIe siècle.<lb/>Si Mansard a détruit la forme primitive du château de Saint-Germain par l’addition de ses ailes angulaires, il n’a pas touché à la première cour ; elle est donc restée intacte, et nous offre un des plus curieux spécimens de l’architecture renaissance.<lb/>Cette cour a la forme d’un angle aigu tronqué au sommet, chacune de ses encoignures est occupée par une tour ronde, diminuée à chaque étage et que surmonte une calotte hémisphérique. Elle est pourtournée par des arcades ressorties qui portent une terrasse continue, où s’ouvrent de plain-pied toutes les fenêtres des appartements ; cette terrasse est bordée d’une balustrade en pierre ajoutée dans le style de l’époque. Au-dessus se déploie ce magnifique étage de baies à frontons dont l’architecture polychrome est d’un effet prodigieux.<lb/>Mais chaque médaille a son revers, et on le trouve ici près du donjon, derrière le pavillon qu’a occupé le roi Jacques, où se retrouvent encore quelques vestiges d’oubliettes, car par de château sans cela jadis. C’était si commode !<lb/>Malgré les critiques qui ont été faites sur les additions de Mansard, il ne faut pas croire que le château de Saint-Germain n’ait eu qu’à souffrir des transformations opérées sous Louis XIV, car c’est sous son règne que furent dessinés les jardins et que fut construite cette magnifique terrasse de 2400 mètres qui domine le plus beau panorama du monde.<lb/>C’est de là que le monarque aimait à fouiller le paysage au moyen d’un puissant télescope qui lui faisait découvrir tout ce qui se passait jusqu’aux extrémités de l’horizon ; aussi, dans tous les pays circonvoisins, ne craignait-on rien tant que le télescope du roi. Aujourd’hui, c’est un industriel qui exploite pour son compte ces profondes perspectives, de sorte que l’on peut, moyennant 25 centimes, regarder à travers sa longue-vue et voir, comme jadis le grand roi, jusque dans les maisons des pays circonvoisins. Nous engageons donc ceux des habitants de ces pays dont les maisons regardent Saint-Germain à se défier de leur voisin d’en face. »<lb/>Nous devons le reconnaître, l’article du Siècle contient mois d’erreurs que celui que nous avons cité précédemment ; on y trouve au contraire certains détails curieux et exacts, qui prouvent que son auteur s’est renseigné à bonne source. Comment se fait-il qu’il se soit, au milieu de tant de vérités, trouvé place pour quelques erreurs par trop évidentes ? C’est ce que nous ignorons, nous faisant pourtant un devoir de ramener les choses à leur état naturel et véridique.<lb/>Il n’a jamais été question du rélargissement des fossés du côté du jardin. C’est une erreur de croire que la partie que vient de démasquer la démolition du premier pavillon dût l’ancien donjon de Charles V ; cette partie du château, que domine le beffroi, était tout bonnement une des tours d’angle composant la défense de la forteresse, et ne semble pas avoir été revêtue plus spécialement des titres et qualités appliquées aux donjons de l’ancienne féodalité.<lb/>Le Siècle partage l’erreur commune, surtout à un grand nombre d’habitants de Saint-Germain, qui croient que ce pavillon nord-ouest fut le séjour continuel du roi Jacques II d’Angleterre, depuis son arrivée en France jusqu’à sa mort. Le monarque exilé habita successivement différentes parties du château, et les appartements contenus dans cette aile sont ceux de la dauphine Marie-Anne-Victoire, femme du Grand Dauphin, fils de Louis XIV, l’élève de Bossuet. Le chiffre M. A. V. qu’on a pu voir jusqu’au dernier moment sur les lambris dorés de ces appartements suffirait pour attester l’authenticité de ce souvenir historique ; ces boiseries, curieuses par leurs sculptures taillées en plein chêne massif, ont été détachées avec soin pour être conservées, et reparaîtront, dit-on, avec leur éclat primitif, dans l’appartement spécial qui sera disposé pour l’Empereur, dans le cas très probable où S. M., lors de ses futures et fréquentes visites au musée, serait disposé à y prendre quelques instants de repos. C’est dans le même but que l’on doit approprier dans la cour un local au rez-de-chaussée, destiné aux remises et à l’écurie des voitures et des chevaux de l’Empereur et des personnes qui l’escorteront dans ses voyages à Saint-Germain.<lb/>C’est aussi une tradition des plus apocryphes que celle qui fixe dans une des ailes du château la fameuse fenêtre par laquelle, dit-on, Louis XIV gagnait secrètement l’appartement de mademoiselle de La Vallière ; un petit escalier tournant, qui existe encore, était un chemin beaucoup plus facile que pouvait suivre le royal amoureux ; les anciens employés du château ont probablement et traditionnellement exploité la curiosité des visiteurs en leur montrant la fenêtre, la toilette et le fauteuil mécanique dont parle le Siècle. Il en est souvent de ces souvenirs matériels comme de certaines reliques : on en crée lorsqu’on en manque.<lb/>Dans le troisième avant-dernier alinéa, après une charmante et assez longue description de la cour intérieure du château, le rédacteur du Siècle trouve un joli mot pour dire que chaque médaille a son revers, et qu’on trouve l’application de ce proverbe par la découverte de vestiges d’oubliettes derrière le donjon, près du pavillon occupé par le roi Jacques. Nous tenons des gens les plus compétents, de ceux même qui ont dirigé les démolitions et les fouilles qu’avec la meilleure volonté du monde – c’est leur expression – on n’a pu découvrir rien de semblable, malgré les travaux importants rendus nécessaires pour la réfection de sous-œuvres. Par la moindre trace de cachots, si ce n’est un de construction toute moderne, établi pour les besoins du pénitencier.<lb/>Là se borne la très légère critique, comme on le voit, de l’article précité qui, nous le répétons, renferme du reste des documents très exacts. Nous allons maintenant extraire quelques passages d’un très curieux article détaillé destiné à une grande feuille spéciale et qu’a bien voulu nous communiquer, avant de la lui donner, son jeune auteur, M. Paul Rossignol, déjà fort érudit en matières historiques et archéologiques, fils de M. le conservateur du musée de Saint-Germain, appelé tout récemment, comme on le sait, par décision impériale, à écrire l’histoire du château.<lb/>« Situé sur la route de Rouen à Paris, c’est-à-dire sur le passage des Anglais envahissant la France, le plateau de Saint-Germain exigeait un château fort commandant les bords de la Seine et protégeant ainsi la capitale. Louis le Gros, averti par les défaites de Brenneville et de Breteuil, profita sans nul doute de cette disposition, mais ses constructions n’ont laissé aucun vestige.<lb/>L’agrandissement du château de Louis le Gros par saint Louis est prouvé d’une manière irrécusable par un des côtés de la chapelle ogivale qui ferme maintenant le pentagone irrégulier que présente la cour d’honneur. Cette Sainte-Chapelle ne le cède en rien ni pour ses dimensions ni pour l’élégance de son architecture à la Sainte-Chapelle de Paris, et accuse un des plus beaux monuments du XIIIe siècle.<lb/>Brûlé sous Philippe le Bel et Philippe de Valois, le château de Louis le Gros et de saint Louis fut reconstruit par Charles V. Christine de Pisan nous dit que ce prince : « Moult fit rédifier nostablement le chastel Saint-Germain-en-Laye », dont il avait reconnu l’utilité pour la défense de Paris. Sa forme à cette époque nous est parfaitement démontrée par une grosse tour carrée et des caves qui traversent obliquement la cour actuelle du château. Ces caves, la tour et la chapelle de saint Louis furent les seuls parties respectées par François Ier lorsqu’il réédifia le château de Saint-Germain ; ce qui fait tomber complètement cette fausse assertion que les fondations de Charles V furent la base du château du XVIe siècle.<lb/>François Ier est véritablement le créateur de Saint-Germain ; il a accompli ce que Louis le Gros, saint Louis et Charles V n’avaient fait qu’entrevoir. C’est le beau moment du château, le roi l’aime et l’habite, il en parle même dans sa prison de Madrid.<lb/>Après lui, la cour y réside presque continuellement ; il abrite Charles IX poursuivis par les fantômes de la Saint-Barthélemy, et la Fronde y renferme Anne d’Autriche. Louis XIV y naît, y passe sa jeunesse sous la tutelle de Mazarin, dépense 6485582 livres à construire les cinq gros pavillons qui flanquent aujourd’hui (moins celui qu’on vient de détruire) les cinq angles du château de François Ier, embellit les jardins d’une terrasse de 2400 mètres dominant cette pleine immense, et en fait un des plus beaux panoramas du monde.<lb/>Saint-Germain finit où commence Versailles. En 1688, il donne encore asile au malheur des Stuarts, mais bientôt cette sombre lueur qui couronne la salamandre de François Ier va s’éteindre aussi ; il est occupé quelques instants par une école de cavalerie, par une caserne des Gardes du corps, puis il devient pénitencier militaire jusqu’en 1855, où l’Empereur ordonne la suppression de l’établissement, et nous arrivons à la dernière époque où la pensée impériale décide l’installation du musée Gallo-Romain. »<lb/>C’est encore à M. Paul Rossignol que nous allons emprunter les dernières lignes de notre article, peut-être un peu long mais qui a du moins le mérite d’être écrit consciencieusement et sur des données certaines.<lb/>« Le programme tracé par Son Excellence M. le ministre d’Etat et par la commission des Monuments historiques consiste dans le rétablissement du château tel qu’il se trouvait sous François Ier. On démolira donc successivement les cinq pavillons accolés par Louis XIV aux cinq angles du château. Le pavillon qui masquait la tour carrée de Charles V, au nord-ouest, est démoli, et l’on reprend actuellement en sous-œuvre ces vieilles et respectables constructions des XIVe et XVe siècles.<lb/>Le château de François Ier se compose de quatre étages, dont le dernier est voûté en ogive. Il porte de magnifiques terrasses en pierre disposées pour ne rien perdre d’une aussi belle vue ; elles sont bordées de balustrades maintenues par des piédestaux ornés d’F couronnés et surmontés de grands vases en pierre ; l’écoulement des eaux s’y fait au moyen de gargouilles sculptées suivant le mode adopté par tous les constructeurs au Moyen Âge, et d’élégantes souches de cheminées, marquées aussi au chiffre de François Ier, dominent l’ensemble.<lb/>La cour d’honneur a un caractère qu’on ne retrouve dans aucun des monuments du Moyen Âge. Tout autour, et entre chaque croisée, s’élèvent des éperons en brique, recevant des arcs qui portent les gargouilles et la balustrade des terrasses. Le service des divers étages est fait par trois escaliers en tourelle, éclairés par de petites croisées à frontons en brique, un dôme en pierre termine chacune de ces tourelles.<lb/>L’extérieur du château a eu beaucoup à souffrir de la poussée des voûtes de son dernier étage, [p. 199] et sur plusieurs points même, les murs ont bouclé de 15 à 20 centimètres. Pour éviter leur reconstruction, on élèvera des éperons entre chaque croisée, et l’on reproduira ainsi les dispositions grandioses de la cour d’honneur.<lb/>Bien qu’élevé après la féodalité, le château de Saint-Germain présente encore des mâchicoulis à la hauteur de l’entresol, et est entouré de larges fossés profonds de cinq à six mètres. On les franchissait jadis par un pont-levis sur la place du Château et une poterne sur la rue du Château-Neuf ; ces deux passages seront rétablis.<lb/>Ce monument présente une architecture si exceptionnelle, et une si faible entente des matériaux que l’on emploie dans nos pays, que nous serions tenté de croire, avec Félibien, que la construction du château aurait été confiée, par François Ier, à un des nombreux artistes italiens qu’il avait su réunir autour de lui. La restauration a été remise à des mains qui nous font bien augurer de l’avenir de ce château, M. Eugène Millet a fait ses preuves, et son mérite a su lui attirer la confiance du gouvernement. »<lb/>Paul Rossignol<lb/>Pour extraits et copie conformes.<lb/>Léon de Villette »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Le château de Saint-Germain en 1862 », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 12e année, n° 50-591, 13 décembre 1862, p. 198-199</p>
            </bibliography>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1863/1863" encodinganalog="3.1.3">5 janvier 1863</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« L’Empereur est venu lundi dernier chasser à tir en forêt de Saint-Germain, dans les réserves de Fromainville. En outre des personnes ordinaires de la suite de Sa Majesté, on a remarqué la présence de Son Excellence M. le maréchal Magnan, parmi celles invitées par l’Empereur à partager avec lui les plaisirs de la chasse qui, dit-on, a eu un magnifique résultat, dont les établissement de bienfaisance d’abord, la table de MM. les officiers des chasseurs de la Garde, sans oublier chacun des sous-officiers et des cavaliers employés comme rabatteurs ont pu se ressentir. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 13e année, n° 2-595, 10 janvier 1863, p. 5</p>
            </bibliography>
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              <unitdate normal="1863/1863" encodinganalog="3.1.3">5 janvier 1863</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Aux détails que nous avons donnés dans notre dernier numéro sur la chasse de l’Empereur dans les tirés de Fromainville, et où nous avons dit qu’assistait entre autres Son Excellence le maréchal Magnan, nous pouvons ajouter, de bonne source, les renseignements suivants :<lb/>Sa Majesté était accompagnée de MM. le maréchal comte Randon, ministre de la Guerre, Rouland, ministre de l’Instruction publique, des maréchaux duc de Magenta, Niel, Regnault de Saint-Jean-d’Angely, des généraux Fleury, premier écuyer de l’Empereur, et prince de la Moskowa, premier veneur.<lb/>L’Empereur et ses invités sont partis de Paris en char-à-bancs à neuf heures et demie.<lb/>La chasse a commencé à onze heures. A midi on a déjeuné en forêt.<lb/>Après le déjeuner, la chasse a été reprise et s’est prolongée jusqu’à quatre heures du soir.<lb/>Les tirés de la forêt de Saint-Germain sont, on le sait, les plus beaux qui existent ; ils s’étendent sur un parcours de 14 kilomètres.<lb/>Le nombre des pièces abattues a été de 813 : 400 faisant, 40 chevreuils, ce qui fait pour chaque chasseur une moyenne d’environ 70 pièces. L’Empereur en a tiré pour sa part 241. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 13e année, n° 3-596, 17 janvier 1863, p. 9</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la commande par l’empereur à Emmanuel Frémiet de deux sculptures pour le musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">73</unitid>
              <unitdate normal="1863/1863" encodinganalog="3.1.3">21 février 1863</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Nous apprenons à l’instant que l’Empereur vient de commander à M. Frémier, sculpteur, petit-fils et héritier du beau talent de l’illustre statuaire Rude, deux statues de grandeur plus que nature, en marbre blanc, ayant pour sujet deux soldats, l’un Gaulois et l’autre Romain. Ces deux statues sont destinées à être placées au pied de l’escalier d’honneur par lequel le public pénétrera dans le musée et qui est situé aux deux tiers à peu près de l’aile gauche du château donnant sur la cour, en avant de la tourelle intérieure d’angle qui relie les ailes nord et est. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Musée</subject>
              <subject>Mobilier</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 13e année, n° 8-601, 21 février 1863, p. 29</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de l’empereur au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">74</unitid>
              <unitdate normal="1863/1863" encodinganalog="3.1.3">13 avril 1863</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Visite de l’empereur au château de Saint-Germain-en-Laye le lundi 13 avril 1863<lb/>Lundi dernier, une élégante mais simple voiture de maître s’arrêtait vers deux heures et demie dans la cour de la gare Saint-Lazare ; quatre ou cinq messieurs en descendaient, et l’un d’eux prenait au bureau, pour lui et ses compagnons, des billets d’aller et de retour à destination de Saint-Germain ; c’était l’Empereur accmpagné de ses aides de camp de service, MM. le général de Béville et de Gramont, et, nous le croyons, du moins de M. de Bourgoing, l’un de ses écuyer. Sa Majesté venait à Saint-Germain dans le plus strict incognito, pour y juger par Elle-même du progrès des travaux qu’elle a ordonnés pour la restauration du château et l’établissement d’un musée gallo-romain. M. Jullien, directeur général des chemins de fer de l’Ouest, est venu sur le champ, s’empressant de descendre sur le quai et d’offrir à l’Empereur de mettre immédiatement à sa disposition un train express et spécial ; mais, tout en l’en remerciant, l’auguste voyageur persista dans son projet et monta avec les personnes de sa suite dans un des compartiments des voitures où se pressait déjà le public.<lb/>Ce fut de même avec tous les voyageurs du train que, vers trois heures et demie, l’Empereur monta à l’escalier qui conduit à notre débarcadère et s’achemina vers le château, dont il fit d’abord le tour extérieur, en compagnie de M. le général de Girardin, commandant militaire, et de M. Millet, architecte du château, prévenus à la hâte, et ce dernier se trouvant ce jour-là par hasard à Saint-Germain. Au moment où Sa Majesté ressortait de la grille du parterre, avant d’entrer au château, Elle trouva venant à Elle M. de Breuvery, maire de Saint-Germain, accompagné de MM. Dutaillis et Le Piez, ses adjoints. Elle adressa tout d’abord la parole au maire, parlant avec intérêt des habitants de la ville ; sur la réponse que lui fit le maire que ses administrés étaient surtout heureux et reconnaissants de voir la restauration et la nouvelle destination données à leur vieux château, l’Empereur dit à M. de Breuvery qu’effectivement il y mettait tous ses soins et qu’il y avait lieu de croire que l’on serait content, lorsqu’ils seraient terminés, des travaux en voie d’exécution.<lb/>Après avoir franchi le pont, Sa Majesté trouva, sur le seuil du porche, M. Rossignol, conservateur adjoint des musées impériaux, détaché à celui de Saint-Germain, à la tête de son personnel, parmi lequel nous avons remarqué M. Baune, attaché des musées impériaux, M. Ricateau, économe, et plusieurs chefs de service. L’Empereur, toujours accompagné des personnes de sa suite, et plus particulièrement de MM. Rossignol, de Girardin et Millet, a visité les salles du musée, s’est fait ouvrir les vitrines déjà placées, en discutant en profond érudit de la valeur de certains objets, et remarquant surtout les armes en silex taillé. Sa Majesté a décidé que la collection Boucher de Berthes serait installée dans la galerie du rez-de-chaussée qui, à son ancien nom de salle des gardes, joindra celui de salle Boucher de Perthes.<lb/>C’est à ce moment que M. Rossignol a eu l’honneur d’apprendre à l’Empereur que des os d’hommes ante-diluviens avaient été récemment découverts près d’Abbeville par M. Boucher de Perthes et que, par conséquent, il n’y avait plus possibilité de traiter de chimère le système qui fait remonter l’existence de l’homme à la période trisiaque ; l’annonce de cette découverte a paru vivement intéresser l’Empereur.<lb/>S. M. a visité ensuite les différentes salles du château, se faisant expliquer les plans, et avec ses félicitations à l’architecte, témoignant à plusieurs reprises le désir de voir les travaux marcher le plus rapidement possible. L’Empereur s’est arrêté longuement pour contempler la belle architecture de la cour du château ; il a visité avec intérêt la charmante chapelle du XIIIe siècle, où il a admiré les magnifiques mosaïques qui y sont provisoirement déposées, et a décidé qu’on emploierait pour le dallage des salles du musée toutes les mosaïques qui doivent être réunies à Saint-Germain. La grande mosaïque d’Autun sera affectée à cette destination dans la grande salle des fêtes, improprement appelée salle et Mars, et qui sur la proposition de M. Miller, accueillie avec empressement par S. M., prendra définitivement le nom de salle de François Ier.<lb/>Pendant le temps de sa visite, qui n’a pas duré moins d’une heure et demie, l’Empereur a été accueilli aux cris de Vive l’Empereur ! vive le père des ouvriers ! vive l’Impératrice et le prince impérial ! L’écho de ces cris se fit bientôt entendre sur la place par la foule compacte que l’Empereur dut traverser, pressé par elle, avide de le voir, et lui faisant un cortège populaire et enthousiaste jusqu’à l’embarcadère, où, au moment de son arrivée, il prit place dans le train omnibus de cinq heures. Lorsqu’il parut sur le pont du château, l’Empereur reçut de quelques personnes plusieurs pétitions qu’il accepta avec la bienveillance qu’on lui connait. La foule, qui tenait à voir le souverain le plus longtemps possible, s’est dirigée vers la balustrade du parterre qui domine la tranchée du chemin de fer et d’où l’on pouvait facilement voir l’Empereur monter en wagon et attendant comme les autres voyageurs le signal ordinaire en causant avec M. le général de Girardin, dont il sera affectueusement la main au moment du départ, pour lequel MM. Jullien, directeur général de la compagnie, et Reynauld, chef de traction, venus de Paris, avaient pris ses ordres.<lb/>Au moment où le train se mit en marche, les personnes qui se trouvaient sur le quai et la foule qui envahissait la terrasse supérieure firent retentir l’air d’un formidable cri de : Vive l’Empereur, auquel Sa Majesté répondit par un aimable et sympathique geste d’adieu.<lb/>Pendant le séjour de l’Empereur au château, M. le général de brigade de la Garde Clérambaut, qui se trouvait fortuitement depuis le matin en inspection trimestrielle du régiment des Guides, et M. le colonel de Montaigu, sont venus présenter leurs hommages à l’Empereur et, ainsi que le maire de Saint-Germain et ses adjoints, se sont trouvés ensuite à sa sortie.<lb/>L’Empereur a laissé 300 fr. aux ouvriers du château, mais sa visite si inattendue et faite d’une manière simple et totalement dénuée d’étiquette a produit une vive impression dans toute la population à laquelle, avec l’espoir de la voir se renouveler souvent, elle laissera un ineffaçable souvenir.<lb/>Léon de Villette »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Musée</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Visite de l’empereur au château de Saint-Germain-en-Laye le lundi 13 avril 1863 », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 13e année, n° 16-609, 18 avril 1863, p. 62</p>
            </bibliography>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de l’empereur au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">75</unitid>
              <unitdate normal="1863/1863" encodinganalog="3.1.3">13 avril 1863</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Visite de l’Empereur à Saint-Germain, errata.<lb/>En rendant de cette précieuse visite pour notre ville un compte d’autant plus consciencieux qu’il était puisé à des sources honorables et certaines, nous avons cependant, par suite de malentendus ou de mauvaise copie, commis quelques erreurs portant seulement sur les noms ou les titres des personnes qui accompagnaient Sa Majesté. C’étaient positivement MM. le général Mollard, de Gramont, écuyer de l’Empereur, et de Gricourt. M. Regnault, qui a pris la direction du train où se trouvait l’Empereur, et auquel par une erreur semblable à celles que nous venons de rectifier, nous avons donné le titre de chef de traction, est chef de mouvement à l’administration des chemins de fer de l’Ouest.<lb/>Nous avons dit aussi qu’au moment où l’Empereur sortait du château, nous avions remarqué qu’il recevait des placets ou pétitions. Nous donnons aujourd’hui un renseignement certain sur ce fait. Quand S. M. parut sous le porche, à l’entrée du pont, on vit s’avancer un vieillard à la tournure militaire qui lui remit un paquet de papiers qui, de l’endroit où nous nous trouvions, nous paru lié d’un ruban ou d’une faveur. Nous avons appris que celui qui le présentait à l’Empereur était M. de Berval, capitaine de gendarmerie en retraite, chevalier de la Légion d’honneur, décoré de la médaille de Sainte-Hélène, ex-commandant de la gendarmerie des départements de la Haute-Loire, de l’Hérault, de la Vendée et de l’Aisne, ancien officier de Fleurus et de Waterloo. Le rouleau offert contenait une pièce de vers, un dessin fait à la plume et une lettre ; l’Empereur, nous dit le vieil officier lui-même, a bien voulu prendre le tout de ses mains avec cette bienveillance qui lui attire tous les cœurs, et la grâce mise à cette action a excité les applaudissements de la foule qui stationnait près du château, et où, à ce moment, ont redoublé les cris répétés de Vive l’Empereur !<lb/>Nous devons ajouter aussi que parmi les chefs de son service spécial, M. Millet, architecte du château, a trouvé l’occasion de présenter à S. M. notre concitoyen, M. Eugène Choret, attaché depuis plusieurs mois à la Maison de l’Empereur, en qualité d’inspecteur des travaux publics. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 13e année, n° 17-610, 25 avril 1863, p. 65</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de la princesse Mathilde au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">76</unitid>
              <unitdate normal="1863/1863" encodinganalog="3.1.3">15 mai 1863</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Son Altesse impériale la princesse Mathilde est venue hier faire, avec quelques personnes de sa suite, une promenade dans la forêt de Saint-Germain. Après avoir déjeuné au pavillon Henri IV, la princesse a fait une visite au château, où elle a été reçue par MM. Rossignol, conservateur du musée, Beaune, attaché aux musées impériaux, et Rinateau, économe. M. le général de Girardin, en ce moment absent du château, a été cependant assez favorisé par le hasard de sa promenade pour que nous ayons pu le voir présentant, au pavillon, ses hommages à S. A. I., qui l’a accueilli avec son affabilité habituelle.<lb/>A sa visite au musée, la princesse Mathilde était accompagnée, nous a-t-on dit, de ses dames de service, du général de Bougenel, de M. le comte de Nieuwerkerke, directeur général des Musées impériaux, et de M. Violet-Leduc.<lb/>On nous a assuré que le but de l’excursion à travers la forêt de la princesse, venue à Saint-Germain par le chemin de fer dans un wagon-salon mis à sa disposition, était une visite à Poissy chez M. Messonnier, pour y voir et admirer les tableaux que le célèbre peintre doit envoyer à l’Exposition.<lb/>La princesse et sa suite, conservant le plus strict incognito, ont fait leur promenade dans des voitures de remise, prises à l’établissement de la poste aux chevaux. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 13e année, n° 17-610, 16 mai 1863, p. 78</p>
            </bibliography>
          </c>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Notes sur le musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">77</unitid>
              <unitdate normal="1863/1863" encodinganalog="3.1.3">8 août 1863</unitdate>
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            </did>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« « On a beaucoup parlé, dit le Pays, du musée gallo-romain que l’on établit au château de Saint-Germain, mais nous croyons que l’on s’est fortement aventuré en prédisant une inauguration pour le 15 août prochain. Par une faveur spéciale, nous avons pénétré dans la grande salle des fêtes de François Ier où il est installé, et, à part une collection d’antiquités remontant à l’âge de Pière donnée par le roi de Danemark, nous pouvons affirmer que la plupart des vitrines sont encore très peu garnies.<lb/>Bien qu’on en ait dit, le musée Campana n’a rien fourni à celui de Saint-Germain et ne lui fournira absolument rien. Le premier se compose d’objets étrusques, grecs et romains, tandis que le second, essentiellement français, a pour but de mettre sous les yeux des personnes qui s’intéressent aux origines de notre histoire tous les objets que l’on pourra trouver se rapportant à l’industrie, à l’agriculture ou à la religion des Gaulois, ainsi qu’aux moyens dont ils se servaient pour faire la guerre.<lb/>Les fouilles pratiquées dans les localités où l’on suppose rencontrer des traces de la domination gauloise, plusieurs emprunts aux musées du Louvre, des échanges avec les divers musées de France, telles sont les sources où la collection gallo-romaine de Saint-Germain doit s’approvisionner.<lb/>M. le comte de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts, dont le génie éclairé et le zèle sont si précieux en pareille circonstance, et M. Longperrier, conservateur des antiquités au Louvre, si renommé par sa science archéologique, ont imprimé une activité très grande à différents travaux, mais les fouilles sont si lentes, les correspondances avec les conservateurs des musées sont si étendues, qu’il serait téméraire de vouloir assigner une époque à l’organisation définitive du musée. »<lb/>On lit, sur le même sujet, dans le Constitutionnel :<lb/>« M. Millet, architecte, travaille avec activité à la restauration du vieux château de Saint-Germain.<lb/>Le château est remis en son état primitif rue des Ursulines, c’est-à-dire tel qu’il était au moyen âge et encore sous le règne de François Ier.<lb/>Déjà l’angle sud-ouest, où est un beffroi, est à très peu restauré avec ses créneaux, mâchicoulis, meurtrières, tour engagée, etc. etc.<lb/>Dans l’intérieur, l’habitation du concierge, à gauche du grand guichet, et deux belles salles du musée gallo-romain à droite et au rez-de-chaussée, sont complètement restaurées et remises dans le plus parfait état.<lb/>Les deux salles du musée sont déjà pleines d’objets de la curieuse époque de transition de notre pays, époque si peu connue encore. »<lb/>Le Constitutionnel, ou plutôt son correspondant, fait quelques erreurs dans ce dernier article. Le château de Saint-Germain ayant été entièrement construit sous François Ier, il ne rappellera le style du moyen âge que par des fenêtres du XIVe siècle à la partie supérieure de la tour de Charles V ; le campanile ou clocheton qui la surmonte n’a jamais mérité le nom de beffroi, n’est destiné qu’à renfermer les cloches de l’horloge, ne date que de François Ier et conservera le même style. Quant à la partie où se font les travaux actuels (une faute d’impression nécessairement), c’est l’angle nord-ouest et non pas sud-ouest qu’il faut lire.<lb/>Dans l’intérieur, les galeries du rez-de-chaussée n’ont été restaurées, ou pour mieux dire appropriées, que relativement à l’installation provisoire, dont elles ne sont en ce moment qu’une série de dépôt pour les collections gallo-romaines qui commencent à garnir ces deux salles ainsi que les vitrines disposées au premier étage dans la salle des fêtes.<lb/>Quant au Pays, nous sommes d’autant plus d’accord avec lui sur l’époque de l’inauguration du musée que nous recevons à l’instant une communication officielle de M. Rossignol, conservateur adjoint des Musées impériaux, chef de service, qui nous prie de mettre, par la publicité de notre feuille locale, le public en garde contre cette prétendue inauguration, fixée, disait-on, au 15 de [p. 130] ce mois, et dont on ne saurait avec certitude indiquer l’époque précise.<lb/>Nous devons dire enfin, en réponse au paragraphe du même article où il est question du musée Campana, que les objets en provenant seront rares, il est vrai, au musée de Saint-Germain, mais que cependant quelques-uns d’entre eux, d’origine essentiellement gallo-romaine, y feront nécessairement retour. »</p>
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              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 13e année, n° 32-625, 8 août 1863, p. 129-130</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Notes sur la restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">78</unitid>
              <unitdate normal="1863/1863" encodinganalog="3.1.3">22 août 1863</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La restauration du château de Saint-Germain-en-Laye, entreprise depuis l’année dernière, se poursuit activement. Déjà, le donjon, dernier vestige des additions faites par Charles V, réapparaît dégagé des bâtiments dont Mansart l’avait enveloppé il y aura bientôt deux siècles, et trois travées refaites dans le style de la Renaissance offrent du côté des jardins un échantillon de ce qui sera le monument quand il sera terminé.<lb/>Le château de Saint-Germain, en tant qu’édifice Renaissance, date de l’époque où la brique commençait à être employée comme enjolivement, aussi n’y figure-t-elle qu’en ligne ornementales, tandis que plus tard elle usurpe le principal rôle dans les constructions, ne laissant plus figurer la pierre qu’aux angles, aux voussoirs et aux refends, comme à la place Royale et à la mairie de Charenton.<lb/>L’étage en mâchicoulis qui domine l’escarpe et sert comme de soubassement aux appartements supérieurs a été transformé en galerie, sorte de chemin de ronde que soutient une série d’arceaux et qu’éclairent des ouvertures carrées. Sa partie supérieure forme une terrasse continue où s’ouvrent les fenêtres du premier étage.<lb/>Chacune des travées des étages supérieures est séparée par des éperons ouvrés en pilastres saillants et destinés à contrebuter les retombées de la voûte intérieure. Les fenêtres du premier étage sont de grandes baies cintrées ornées de filets en briques au tableau et surmontées d’un fronton angulaire accusé de la même façon. Ce premier étage est terminé par un entablement dont les ressauts sont également en briques et la frise en pierre. Au-dessus existe un étage en attique dont les baies cintrées s’ouvrent en retraite d’arcs de décharge. Plus haut, règne une balustrade de pierre dont les butées s’élevant à l’aplomb des pilastres servent de socles à des vases élégants ; à l’aplomb des fenêtres, les balustres sont alternés par des médaillons ouvrés portant en relief les uns la Salamandre, d’autres l’initiale de François Ier, et d’autres encore l’initiale de l’Empereur.<lb/>Au-dessus du donjon, qui malheureusement fait une assez triste figure, dominé qu’il est par les bâtiments voisins, au-dessus du donjon se dresse le beffroi, svelte colonnette annelée dont le chapiteau est surmonté d’un campanile. Du côté qui regarde la place, ce donjon est accosté par une tour ronde engagée, qui sert de cage d’escalier. Cette tour est ajourée au centre par une petite fenêtre aux saillies de briques, et des rosaces percées dans une sorte d’attique en éclairent le palier supérieur. Le tout est coiffé d’une calotte en section sphérique.<lb/>Les autres pavillons d’angle, bâtis sous Louis XIV, seront successivement démolis comme celui du donjon, et remplacés par des tours polygonales, afin de rendre aux quatre faces du château la pittoresque physionomie qu’il possédait avant d’avoir été dénaturé par la transformation de 1680.<lb/>La chapelle, une des plus curieuses parties du vieil édifice, sera débarrassée des placages qui la masquent d‘un côté, afin de lui restituer son style primitif. Cette chapelle, bâtie sous Louis IX, est par conséquent de la seconde moitié du XIIIe siècle. Ses baies, qui du côté de la cour ont conservé leur forme première, sont quadrilatères, mais divisées par un réseau de nervures qui y ferment des rosaces, des quatre-feuilles et des ogives, c’est une guipure pétrifiée ; chaque baie s’ouvre en retraite de hauts contreforts. A l’intérieure, cette petite église, malgré le ridicule mobilier qu’on lui a donné sous la Restauration, a conservé ses formes architecturales. La voûte en a été repeinte par Vouet.<lb/>Le musée gallo-romain, dont la création coïncide avec la restauration du château de Saint-Germain, est en voie de formation ; on l’installe provisoirement dans la salle des gardes et dans la galerie des fêtes, qui depuis porta le titre de salle de Mars et qu’on nomme maintenant galerie [p. 140] François Ier. Cette immense salle sera dallée avec toutes les anciennes mosaïques qu’on a pu recueillir.<lb/>Parmi les collections qui donneront à ce musée une valeur historique et artistique toute particulière, figurent celles déjà considérables d’armes et d’instruments domestiques en pierre et en bronze. A côté des objets trouvés en France, sera exposée la belle série d’objets analogues donnés à l’Empereur par le roi de Danemark, et qui offriront un point de comparaison très curieux du point de vue ethnologique.<lb/>En second lieu vient la collection de M. Boucher de Perthes, si connu par ses travaux archéologiques, puis les trouvailles faites dans les fouilles nombreuses opérées à diverses époques sur plusieurs points de la Gaule ; enfin, des pierres, des bijoux, des sceaux, des monnaies et des médailles formant une curieuse collection numismatique gallo-romaine ; des vases en verre, des statuettes en pierre et de bronze, des poteries, des briques, des spécimens de mortier peint ou à relief, pour décoration intérieure des habitations, aideront à mieux faire connaître les mœurs des premiers habitants de la vieille Gaule.<lb/>L’installation de ces collections dans la galerie de François Ier n’est que provisoire, il ne sera possible de s’occuper des aménagements définitifs que lorsque les travaux extérieurs seront terminés.<lb/>(Le Siècle) »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Construction et travaux</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 13e année, n° 34-627, 22 août 1863, p. 139-140</p>
            </bibliography>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de l’impératrice au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">79</unitid>
              <unitdate normal="1863/1863" encodinganalog="3.1.3">25 août 1863</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mardi soir, vers sept heures, S. M. l’impératrice est venue faire à Saint-Germain une visite aussi courte qu’inattendue. Partie de Saint-Cloud avec plusieurs personnes de sa suite sur le nouveau yacht de plaisance, le Puebla, à bord duquel la famille impériale a fait déjà plusieurs promenades d’essai, elle est venue prendre terre au Pecq, où trois voitures de la Cour, breacks de chasse découverts, l’attendaient sur le quai. Elle est ensuite montée à Saint-Germain et est descendue au château, où elle a été reçue par MM. le général de Girardin, Beaune, attaché aux musées impériaux, Ricateau, économe du château, et Rossignol, conservateur-adjoint en service à Saint-Germain, qui ne réside pas au château mais qui est accouru aussitôt qu’il a pu être prévenu de la présence de S. M.<lb/>L’Impératrice était accompagnée de M. Mérimée, sénateur, membre de l’Institut et archéologue distingué, et de plusieurs personnes de son service, et nous avons cru reconnaître parmi les dames de sa suite la princesse d’Essling, grande maîtresse de sa maison, et madame de Saulcy.<lb/>Après une visite rendue très brève à cause de la nuit qui approchait, l’Impératrice et les personnes qui l’accompagnaient ont fait, en longeant la Terrasse, une promenade qui nous a paru se diriger dans la direction du château du Val et du rendez-vous de chasse de la Muette, puis les trois voitures longeant la Terrasse, à l’intérieur de la forêt, en sont sorties par la grille qui donne sur les jardins anglais, et ont repris par celle du Boulingrin la route qui descend au Pecq où le yacht attendait les illustres passagers. »</p>
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            <controlaccess>
              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 13e année, n° 35-628, 29 août 1863, p. 146</p>
            </bibliography>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite du prince Napoléon au musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">80</unitid>
              <unitdate normal="1863/1863" encodinganalog="3.1.3">4 septembre 1863</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Dimanche dernier, dans l’après-midi, entre cinq et six heures du soir, le château de Saint-Germain a été honoré de la visite de S.A.I. le prince Napoléon, qu’accompagnaient la princesse Clotilde et S.A.R. le prince héréditaire du royaume d’Italie, Humbert, fils ainé du roi Victor-Emmanuel. Les augustes visiteurs venus dans un char à bancs de chasse, attelé de quatre chevaux de porte des écuries de l’Empereur, où se trouvaient aussi six ou huit officiers italiens de la maison du prince, ont été reçus au château par M. le général de Girardin, commandant militaire, et par M. Rossignol, conservateur adjoint des musées impériaux.<lb/>Après une heure environ, consacrée à une visite sommaire du commencement du musée, à une promenade tout autour du balcon le plus élevé du château, d’où l’œil embrasse un si splendide panorama, et enfin après quelques instants de repos dans les appartements de madame de Girardin, les deux princes et la princesse ont donné l’ordre d’une promenade en forêt, qui sous la direction de M. Roche, garde général, assisté du garde à cheval Lurie, s’est effectués par le parterre, la terrasse, la forêt, le carrefour du chêne de Bon Secours jusqu’à l’esplanade de la maison des Loges, couverte en ce moment d‘une foule compacte et joyeuse se découvrant sympathiquement devant les personnes que contenait l’équipage qui, longeant la fête au petit pas des [p. 146] chevaux, a repris le chemin du pavillon Henri IV, où le dîner avait été commandé pour sept heures.<lb/>Le prince Napoléon, la princesse son épouse et le prince Humbert étaient en habits de ville des plus simples ; mais leur incognito a été facilement trahi par la figure légendaire du prince Napoléon et la livrée impériale des piqueurs et des postillons.<lb/>Le prince Humbert, frère cadet de la princesse Napoléon (Marie Clotilde) est né le 14 mars 1844. Il est le second des enfants du roi d’Italie. Après lui viennent : le duc d’Aoste, âgé de dix-neuf ans ; le duc de Montferrat, né le 19 juillet 1846, et la reine de Portugal, Marie-Pie, née le 16 août 1847, mariée le 27 avril 1862. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Musée</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 14e année, n° 37-672, 10 septembre 1864, p. 145</p>
            </bibliography>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">État des restaurations réalisées au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">81</unitid>
              <unitdate normal="1864/1864" encodinganalog="3.1.3">10 septembre 1864</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le château restauré<lb/>On a dit : rien de plus brutal qu’un chiffre ; nous ajoutons : rien de plus instructif.<lb/>Au moment de commencer une série de notes rétrospectives sur le château de Saint-Germain, au moment d’un résumer l’histoire, et, sans vanité aucune, cette histoire nous semble étayée de documents nouveaux, il est bon de consigner un sommaire de ces travaux de restauration que nos lecteurs, les étrangers et tous ceux qui aiment l’art monumental suivent avec intérêt, avec amour.<lb/>Résumons donc rapidement ce passé de trois ans ; résumons-le avant que le temps n’en ait emporté les traces. Si nos devanciers avaient agi ainsi, ils eussent épargné à leurs successeurs bien des recherches infructueuses, ils eussent vraiment travaillé pour l’histoire. Après nous, sans doute, quelqu’un continuera ce travail de conscience et de patience, et ce quelqu’un méritera bien du pays.<lb/>Les dates et les chiffres qui suivent sont puisés à une source certaine.<lb/>Campagne de 1862<lb/>Le 13 juin 1862, l’administration des Bâtiments civils alloue un premier crédit de cent mille francs pour la restauration qui venait d’être décidée.<lb/>Sur cette somme, celle de 21064 fr. est attribuée à l’installation provisoire du musée gallo-romain.<lb/>Reste donc, tout au plus, aux ouvrages proprement dits, la somme de 78936 fr.<lb/>Et encore, que d’imprévus à retrancher de ce chiffre pour frais d’installation, d’organisation de chantiers !…<lb/>Les travaux sont immédiatement soumissionnés.<lb/>Le 4 juillet 1862, les marchés sont approuvés par S. Exc. le ministre d’Etat.<lb/>Le 19 du même mois, l’œuvre commence : le pavillon nord-ouest, du côté d parterre et de la gare du chemin de fer, est attaqué par le pic des démolisseurs. En même temps, dans la partie méridionale, près de la chapelle, on construit un pont provisoire pour desservir les chantiers de la cour intérieure ; on construit aussi une rampe pour faciliter l’accès dans les fossés des instruments moteurs et des matériaux.<lb/>A la fin de cette campagne de 1862, apparaît, soigneusement emmaillotée contre les rigueurs de la saison, cette charmante tourelle d’escalier qui, aujourd’hui, flanque avec coquetterie la porte d’entrée principale sur la place.<lb/>D’importantes et difficiles reprises en pierres et moellons sont effectuées en même temps à la grosse tour de Charles V, à l’angle nord-ouest du château.<lb/>Tel est le bilan de 1862.<lb/>Campagne de 1863<lb/>Dressons le bilan architectural de 1863.<lb/>Les travaux, qui n’ont fait que s’annoncer l’année précédente, ont une plus grande activité.<lb/>Le 7 février, le jardin-fleuriste, à l’est, près de la cité Médicis, est nécessaire pour l’agrandissement des chantiers. Le 30 mars, la Liste civile en autorise la prise de possession et pour toute la durée des travaux.<lb/>Sur cet exercice 1863, un crédit de 150000 fr. est alloué à la continuation des travaux. Le 4 mars, les soumissions des entrepreneurs sont approuvées et les travaux immédiatement repris.<lb/>Pendant cet exercice, commence la restauration extérieure de la tour d’angle, au nord-ouest ; la tourelle carrée, sise près de la bâtisse de Charles V, est reconstruite à neuf ; la restauration de la façade septentrionale, sur le parterre, depuis le donjon, se révèle et annonce ce qu’elle sera. Le 15 août, on peut placer enfin deux travées de la balustrade qui couronne l’édifice près l’angle nord-ouest.<lb/>L’impulsion était donnée ; l’éminent architecte qui a conçu cette œuvre difficile, inquiétante – que quelques amis, cordialement timorés, croyaient impossible – doit être satisfait, le présent dit l’avenir, et l’année 1864 arrive avec ses espérances.<lb/>Campagne de 1864<lb/>Ces espérances ne furent trompées en aucun point.<lb/>Le 10 février 1864, un crédit de 200000 fr. est ouvert avec l’ordre de poursuivre les travaux. Du ministère d’Etat dont ils ressortaient, la direction passe au ministère de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts ; dès le 4 mars, le ministre approuve les soumissions et l’on se remet à l’œuvre.<lb/>A la fin de cette campagne, nous indiquerons les résultats obtenus avec les nouvelles allocations.<lb/>Cette courte statistique de chiffres et de dates serait incomplète si nous n’ajoutions les noms des divers entrepreneurs :<lb/>MM. Planté frères, pour les travaux de maçonnerie ; Tellier, pour ceux de charpente ; Moutier, pour la serrurerie ; Blanchard et Larchevêque, pour la menuiserie ; Larible, pour la peinture et la vitrerie ; Ferrari, pour la fumisterie ; Corbel et Libersac, pour la sculpture ; Monduit et Béchet, pour la plomberie ; ces quatre deniers sont de Paris, les autres domiciliés à Saint-Germain.<lb/>Tous ces chefs de travaux opèrent sous la surveillance de M. E. Choret, architecte, inspecteur des Bâtiments civils.<lb/>Cent ouvriers environ sont journellement occupés sur les chantiers du château seul ; nous ne portons pas en compte les ouvriers de carrière, de charpente, de menuiserie, de serrurerie, etc.<lb/>Telle est l’œuvre, brièvement matérialisée dans ses chiffres, ses dates et ses travaux.<lb/>Mais de la pensée qui fait sortir de ses ruines un monument que les vicissitudes du temps avaient défiguré et délabré ; de la pensée qui s’est inspirée à la fois de l’histoire et de l’art pour rendre vie nouvelle, originalité première, à une œuvre abandonnée ; de la main vraiment artiste qui recrée, ressuscite, dirige, que dirons-nous ?<lb/>Tous ceux qui s’intéressent à notre gloire monumentale se chargent de la réponse. Elle a déjà été faite, cette réponse, quand Leurs Majestés l’Empereur et l’Impératrice sont venues visiter les travaux ; quand des hommes qui s’appellent dans l’histoire des arts et du goût : de Nieuwerkerke et de Longpérier, Mérimée et Violet-Leduc, Cardaillac et Courmont, ont exprimé leur satisfaction à l’éminent architecte, M. Eugène Millet, auquel la restauration de ce monument unique dans les fastes architectoniques de la France a été confiée.<lb/>Elle est enfin écrite, cette réponse, dans les cathédrales de Troyes et de Moulins ; elle sera développée dans un prochain numéro.<lb/>Philibert »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 14e année, n° 37-672, 10 septembre 1864, p. 146</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de l’empereur au musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1864/1864" encodinganalog="3.1.3">10 septembre 1864</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Samedi dernier, 10 du courant, vers trois heures et demie, Sa Majesté l’Empereur, accompagnée seulement de M. le général de division de Fay, l’un de ses aides-de-camp, et de deux officiers d’ordonnance, arrivait à Saint-Germain en calèche découverte, attelée de quatre chevaux, et descendait au château, où Elle était reçue d’abord par M. le général de Girardin, commandant le château, qui, une demi-heure avant, avait été prévenu de cette heureuse visite ; puis par MM. Rossignol, conservateur adjoint des musées impériaux ; Millet, architecte, chargé de la direction des travaux, et M. de Breuvery, maire de Saint-Germain.<lb/>Après quelques moments d’entretien avec le général commandant, Sa Majesté a parcouru successivement et en détail l’intérieur du château, les salles du musée, garnies déjà d’objets tous plus curieux les uns que les autres, et les différents chantiers, où les nombreux ouvriers occupés déployent en quelque sorte, à ce moment de la journée, le plus d’activité.<lb/>Sortant alors par la place du Château, l’Empereur, toujours accompagné des divers chefs de service, s’est promené dans le parterre, pour examiner la façade où les travaux en cours d’exécution peuvent donner une juste idée des restaurations grandioses entreprises, et ce que deviendra plus tard l’antique monument de François Ier, dont il a fait le tour par le Boulingrin et la rue du Château-Neuf, opérant sa rentrée par le pont construit exprès dans cette rue pour le passage des ouvriers et le transport des matériaux.<lb/>Sa Majesté a visité ensuite, avec soin, la chapelle, et s’est fait donner diverses explications sur les fouilles assez profondes qui y ont été pratiquées à droite en entrant, sous la tribune, et par suite desquelles on a découvert que cette basilique, dans laquelle on descendait autrefois, avait été comblée pour exhausser le sol et le mettre en quelque sorte au niveau de celui de la cour.<lb/>En se retirant, l’Empereur, qui a paru très satisfait de tout ce qu’il venait de voir, s’est entretenu quelque temps avec M. de Breuvery, puis a félicité M. Rossignol sur l’organisation artistique qu’il donnait au musée, et M. Millet, sur la direction donnée aux travaux et l’activité déployée par tous les ouvriers et entrepreneurs pour mener à bonne fin l’œuvre commencée.<lb/>Pendant toute cette visite, tant intérieure qu’extérieure, une foule nombreuse, grossissant toujours, stationnait sur la place, sur le parterre et autour du château, curieuse d voir et heureuse d’acclamer de ses vivats prolongés le souverain de la France et l’Elu de la nation.<lb/>En quittant Saint-Germain et avant de rentrer à Saind-Cloud, on nous assure que l’Empereur s’est arrêté, en passant, à la machine de Marly, et qu’après un examen minutieux des grands travaux entrepris aussi dans cet établissement hydraulique, fournissant l’eau à Versailles, Saint-Cloud, Vaucresson, La Celle-Saint-Cloud, etc., M. Dufrayer, architecte-régisseur des Domaines impériaux de Saint-Germain-en-Laye, au génie duquel on doit l’exécution de cette puissante force motrice ascensionnelle des eaux de la Seine, lui aurait fait pressentir la nécessité prochaine du montage des deux roues restant à construire pour compléter ce grand travail d’art.<lb/>Le surlendemain de cette visite, lundi 12, Saint-Germain a encore été favorisé de la présence de l’Empereur, et de nombreux promeneurs habituels de la forêt ont été à même de le voir, à son arrivée, vers une heure de l’après-midi, au moment où il se rendait pour une chasse à tir, qui a eu lieu dans les tirés de Fromainville. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 14e année, n° 38-673, 17 septembre 1864, p. 149</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de l’empereur au musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1865/1865" encodinganalog="3.1.3">4 avril 1865</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mardi dernier, par la troisième des belles journées qui ont enfin signalé la présence du printemps attardé, une société de Parisiens de distinction arrivait à Saint-Germain par le train-omnibus de trois heures vingt-cinq minutes. A peine sortie du débarcadère, la compagnie, après avoir jeté un coup d’œil sur la façade du château, en fit le tour et, traversant le jardin du pavillon Henri IV, revint par la grille du parterre vers la grande porte du château qui s’ouvrit devant les visiteurs, suivis et entourés cette fois d’une foule respectueuse, car on avait reconnu dans le groupe LL. MM. l’Empereur et l’Impératrice.<lb/>On était allé avertir, à la hâte, M. Rossignol, conservateur du musée, qui en a fait les honneurs à ces hôtes augustes et à leur suite. Les gros travaux n’étant pas encore repris, M. Millet, architecte, qui était venu la veille à Saint-Germain, et M. Choret, inspecteur des Bâtiments civils, se trouvaient absents ; mais, après la visite du musée, où l’Empereur a daigné témoigner sa satisfaction à M. Rossignol, Sa Majesté a visité tous les travaux et ceux en cours d’exécution dans l’intérieur de la tour d’angle du nord-ouest, où les ouvriers étaient présents. L’Empereur, adressant la parole à plusieurs d’entre eux avec une bienveillance toute paternelle, s’est fait donner, pendant une partie de sa visite, des renseignements par M. Lhermitte, appareilleur, attaché à MM. Planté frères, entrepreneurs. M. Béjean, chef de chantier de la maison Louis Larible, entrepreneur des peintures du château, a fait présenter à l’Impératrice, par un des ouvriers, un charmant bouquet de violettes, dont Sa Majesté a bien voulu accueillir l’hommage avec sa bonté et son affabilité habituelles. En sortant du château, l’Empereur et l’Impératrice ont admis M. Rossignol à faire avec eux une assez longue promenade sur le parterre et sur la terrasse, l’Empereur s’arrêtant à plusieurs reprises pour faire remarquer à l’Impératrice la magnificence du coup d’œil. Leurs Majestés se sont ensuite promenées dans les jardins anglais, au milieu des témoignages de respectueuse sympathie de tous ceux qui les suivaient ou les entouraient. Mais arrivées à la grille du Parterre, Elles ont trouvé une foule devenue compacte et qui, moins discrète dans sa joie, a fait éclater les cris enthousiastes de : Vive l’Empereur ! Vive l’Impératrice ! Vive le Prince impérial ! Leurs Majestés, littéralement mêlées à la foule dans l’embarcadère, témoignaient visiblement qu’Elles étaient sensibles à cette ovation populaire et toute spontanée. De son côté, notre population a été vivement impressionnée de cette visite faite, comme nous l’avons entendu répéter, bourgeoisement et maritalement. Le train de cinq heures moins cinq minutes remmenait l’Empereur et l’Impératrice, ainsi que les quelques personnes qui les accompagnaient et parmi lesquelles nous avons cru reconnaître madame de Saulcy, dame d’honneur de l’Impératrice, et M. de Castelbajac, son chevalier d’honneur. Il se trouvait aussi une autre dame et un monsieur que nous avons supposé l’un des aides-de-camp de l’Empereur. Avant de quitter le château, Sa Majesté, pour remercier les ouvriers de leur bouquet à l’Impératrice, leur a fait remettre une gratification de 300 fr. qui leur ont été partagés.<lb/>Le développement que va prendre le musée et la réouverture des travaux de restauration du château donnent lieu d’espérer que de semblables visites se renouvelleront et que le prince impérial sera un jour ou l’autre de ces promenades improvisées dont l’effet inattendu est si heureux pour les habitants de Saint-Germain. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 15e année, n° 14-701, 8 avril 1865, p. 53</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite du comte Walewski au musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">84</unitid>
              <unitdate normal="1865/1865" encodinganalog="3.1.3">10 mai 1865</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Nous apprenons que M. le comte Walewski, ancien ministre d’Etat, membre du Conseil privé, est à Saint-Germain, depuis quelques jours, pour respirer l’air pur de notre Terrasse, et que, mercredi dernier, accompagné de madame la comtesse Walewska, il a visité, sous la conduite de l’éminent architecte M. Millet, l’intérieur du château, dont il a été à même d’admirer les importants travaux qui sont en cours d’exécution. Les illustres visiteurs ont parcouru aussi la grande salle du musée, dont l’organisation progresse journellement sous la savante direction de MM. Rossignol et Beaune.<lb/>A cette occasion, nous nous plaisons à rappeler que c’est sous le ministère de M. le comte Walewski, qu’a été décrétée la restauration de ce vieux palais de nos rois. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <subject>Musée</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 15e année, n° 19-706, 13 mai 1865, p. 73</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la mort et de l’inhumation du général de Girardin, gouverneur du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">85</unitid>
              <unitdate normal="1865/1865" encodinganalog="3.1.3">20 juin 1865</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Un bruit inattendu s’est répandu dans la ville mardi matin, et a vivement impressionné notre population ; la nouvelle n’était, du reste, que trop vraie, c’était celle de la mort presque subite de M. le général de Girardin, gouverneur du château. Le général, âgé de soixante et onze ans, avait une belle et verte vieillesse ; mais, depuis quelque temps seulement, il souffrait de crises, de maux d’estomac se renouvelant à des intervalles assez rapprochés et lui faisant, disait-il à ses amis, prévoir une fin prochaine, à laquelle personne ne voulait croire, car le général de Girardin était plein d’énergie, et, le lundi soir encore, on l’avait vu se promener en famille sur la Terrasse. Les obsèques du général ont eu lieu jeudi avec une grande pompe militaire ; sa qualité de gouverneur d’un château impérial équivalant à l’activité dans son grade de général de brigade. Admis dans le cadre de réserve depuis 1855, le général de Girardin était commandeur de la Légion d’honneur, et, depuis six ans, demeurait au château où il occupait de fort beaux appartements que la Maison de l’Empereur avait fait disposer pour lui au premier étage, dans l’aile sud-ouest donnant sur la place du Château et sur celle du Théâtre. Le cortège funèbre n’avait donc qu’à traverser la place pour se rendre à l’église. Après la messe, il en est ressorti dans l’ordre suivant : les tambours du bataillon du 53e ; deux compagnies de ce régiment et un escadron environ du 1er régiment des Cuirassiers de la Garde précédant et entourant le cercueil derrière lequel venait la famille du général ; plusieurs personnages de haute distinction, civils et militaires ; des membres de l’Administration municipale, des fonctionnaires du musée, de l’ordre judiciaire et des différentes administrations ; le corps de MM. les officiers de la garnison, puis une foule compacte d’habitants et d’étrangers qui ont suivi les dépouilles mortelles du général jusqu’au cimetière. La musique du 1er Cuirassier, marchant en tête, exécutait des marches funèbres comme elle l’avait fait pendant le service à l’église. Les troupes étaient sous le commandement du général de Septeuil, qui, à cheval et en grande tenue de service, marchait, accompagné de deux de ses officiers, à la tête du convoi ; à l’arrivée au cimetière et après les prières de l’église, M. Evrard de Saint-Germain a prononcé sur la tombe un remarquable discours  relatant les beaux états de service du général et qui, dans sa péroraison, a vivement impressionné l’auditoire, partageant l’émotion de l’orateur. M. le général de division d’Oraison, vieil ami et frère d’armes du général de Girardin, a improvisé ensuite quelques paroles peignant les regrets des camarades et des amis du défunt avec un sentiment et une chaleur militaires qui ont été profondément ressentis. »</p>
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              <subject>Officiers et employés</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 15e année, n° 25-712, 24 juin 1865, p. 97</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de plantations dans les fossés du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">86</unitid>
              <unitdate normal="1866/1866" encodinganalog="3.1.3">14 avril 1866</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Des ouvriers terrassiers ont été employés tous ces jours derniers à déblayer l’angle nord-ouest des fossés du château pour fouiller le sol, le remblayer en terre végétale, afin d’y établir des massifs de verdure qui transformeront les fossés en jardins anglais, dont la vue récréera agréablement l’œil. Au fur et à mesure des travaux de démolition et de réfection, ces jardins se continueront tout autour du quadrilatère si habilement et si artistiquement ramené à l’aspect des plus beaux temps de la Renaissance, par l’intelligente restauration de l’architecte M. Millet. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Jardins</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 16e année, n° 15-745, 14 avril 1866, p. 57</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite du préfet au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">87</unitid>
              <unitdate normal="1866/1866" encodinganalog="3.1.3">19 avril 1866</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« M. Boselli, préfet du département, est venu avant-hier jeudi, à midi et demi, à Saint-Germain, où son arrivée avait été annoncée dès la veille. Après s’être rendu immédiatement chez M. de Breuvery, maire, le préfet a visité successivement avec lui et M. Valtat, premier adjoint, l’hôtel de ville, le réservoir de la place du Marché, l’hospice, la maison de la Providence, la crèche, l’orphelinat de jeunes garçons, puis le château, et n’a quitté notre ville que vers cinq heures.<lb/>Le premier magistrat du département a été reçu à l’hôtel de ville par M. de Breuvery, maire, qui l’y avait accompagné, par MM. Valtat et Le Piez, adjoints, les chefs des bureaux des principaux services municipaux, et M. le commissaire de police de la ville et du canton de Saint-Germain.<lb/>A l’hospice, le préfet a trouvé réunis pour le recevoir les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, présentées par madame la supérieure, MM. les administrateurs, les médecins, l’économe et le receveur.<lb/>Il était trois heures lorsque M. Boselli est arrivé, toujours accompagné du maire et du premier adjoint, au château, où il a été reçu par M. Eugène Millet, architecte, et Choret, inspecteur des travaux. M. Rossignol, conservateur adjoint des musées impériaux, en résidence au musée de Saint-Germain, était absent pour affaires de service. M. le préfet a visité en détail les travaux de restauration et a vivement félicité l’éminent architecte sur l’intelligence et le goût avec lesquels il les dirige. M. Millet n’était pas une nouvelle connaissance pour M. Boselli, qui l’avait déjà fort apprécié dans le département de la Marne. Après la visite des belles salles destinées au musée gallo-romain, M. le préfet a parcouru ce musée en vrai connaisseur, car il a donné sur la suite des époques des détails et des comparaisons qui révèlent l’archéologie et l’érudit.<lb/>M. le maire avait espéré pouvoir faire visiter par M. le préfet la nouvelle pompe à feu, mais l’heure était trop avancée, et on a dû se borner à le conduite sur la Terrasse, où il a contemplé, avec le plus grand plaisir, l’immense et magnifique tableau que présente le bassin de la Seine ; puis M. le préfet, après avoir témoigné à ceux qui l’accompagnaient son entière satisfaction sur tout ce qu’il avait vu, a repris le train de cinq heures pour retourner à Versailles. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <subject>Musée</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 16e année, n° 16-746, 21 avril 1866, p. 61</p>
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          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Note sur la vie et les promenades à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">88</unitid>
              <unitdate normal="1866/1866" encodinganalog="3.1.3">4 août 1866</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Laissons maintenant la plume au chroniqueur du Moniteur du Soir, auquel nous nous permettons d’adresser, entre lignes, quelques questions ou observations, toutes de localité.<lb/>« A l’heure où j’écris, il y a une foule de Paris hors Paris.<lb/>Il y a le Paris de Ville-d’Avray et le Paris de Bougival, qui sont de petits Paris. Il y a encore le Paris de Versailles et celui de Saint-Germain, qui sont de grands Paris. Puis, en allant plus loin, le Paris de l’Isle-Adam et le Paris de Chantilly, qui sont des Paris champêtres qui croient habiter la campagne parce qu’ils jouent la comédie dans de beaux châteaux.<lb/>Tous ces Paris sont des fils du Paris où se promènent les boulevards.<lb/>Il y a des Parisiens ainsi faits qu’ils se croiraient perdus s’ils demeuraient dans leur ville natale aussitôt que brille au zénith le soleil du mois de juillet.<lb/>Ils ont cette conviction bizarre qu’on n’y respire plus.<lb/>On a beau leur représenter que douze ou quatorze cent mille personnes ne se lassent pas d’y manger leur soupe quotidienne et qu’elles ne s’en portent pas plus mal, rien n’y fait.<lb/>Elles émigrent.<lb/>Il faut se retremper dans l’air pur des champs, disent-elles.<lb/>Honneur à toutes les illusions !<lb/>En conséquence, la plupart de ces personnes prudentes s’en vont planter leurs tentes dans des chefs-lieux de canton comme Saint-Germain, ou de sous-préfecture comme Pontoise.<lb/>Mantes la jolie, et Corbeil, en savent quelque-chose.<lb/>C’est une ville après une ville, des moellons après des moellons.<lb/>Mais on l’a dit : Il n’y a que la foi qui sauve.<lb/>Vous plaît-il que nous suivions Paris extra muros ? Une promenade fait toujours du bien.<lb/>Vous plaît-il encore que nous prenions Saint-Germain pour objectif ? Oui, n’est-ce pas ? Donc partons.<lb/>Mais d’abord, que dit le dictionnaire, à propos de cette résidence qui domine si fièrement le cours de la Seine.<lb/>Il vous dira que Saint-Germain est un chef-lieu de canton du département de Seine-et-Oise situé à 12 kilomètres de Paris, qu’on y compte 15000 habitants à peu près, et qu’on y voit toujours un ou deux régiments de cavalerie en garnison. (Un seul, si vous voulez bien, et depuis quelques années seulement un bataillon d’infanterie). Il ajoutera qu’on y remarque une salle de spectacle, une bibliothèque qui compte environ 6000 volumes, une crèche, un orphelinat, plusieurs associations de bienfaisance, une société philharmonique, deux imprimeries, deux journaux hebdomadaires, un abattoir, et que l’industrie locale a pour objet la fabrication de la bonneterie, des étoffes de crin, des cuirs vernis, de la faïence.<lb/>Si vous le pressez de questions, il ne manquera pas de vous parler du vieux château que Louis XIV abandonna pour se fixer à Versailles.<lb/>Voilà qui est fort bien, Dictionnaire, mon ami ; je tiens vos renseignements pour fort exact ; mais ce n’est point cela que je vous demande.<lb/>Et la physionomie, et le site pittoresque, qu’en faites-vous, s’il vous plaît ?<lb/>A ce point de vue, Saint-Germain se compose de trois choses : un restaurant, une terrasse et une forêt. (Et la ville de 15000, s’il vous plaît ?)<lb/>Ces trois choses varient d’aspect suivant qu’on se transporte à Saint-Germain un jour de la semaine ou un dimanche.<lb/>Et à ce propos-là, je ne sais pas comment les vagons du chemin de fer de la rue Saint-Lazare s’y prennent pour transporter les Parisiens qui s’échappent de leur patrie dès l’aurore du jour dominical.<lb/>Bon Dieu ! doivent-ils être fatigués le soir !<lb/>Saint-Germain, qui n’a que des colonies de Parisiens pendant la semaine, en a des populations le dimanche ; chaque convoi en amène par flots, et ils se succèdent d’heure en heure.<lb/>Les quinconces qui couvrent de leur ombrage l’espace compris entre la forêt et le château, ressemble au jardin des Tuileries, à cette différence près qu’il y a peut-être un peu plus de de monde encore. Et cependant…<lb/>On y voit des chaises comme aux Champs-Elysées (beaucoup trop bienveillant en vérité) ; on y fait de la musique comme sur la terrasse de Bade, et on y prend prétexte de ce qu’on est à la campagne – à la campagne avec cent rues autour de soi (donc il y a une ville derrière votre premier décor) – pour s’habiller comme à Dieppe ou à Vichy.<lb/>Les melons s’y promènent et les tudors y font la roue.<lb/>Quant aux chapeaux qu’on y rencontre, s’ils sont plus larges qu’une soucoupe, on ne les salue plus.<lb/>Sous l’ombre des futaies, dix mille éventails (oh ! dix mille et même moins) s’agitent galamment ans des mains bien gantées. La foule est assise, la foule se promène, la foule cause. Elle a devant elle la plaine du Vésinet constellée de villas et un horizon sans limite où se découpe la silhouette du mont Valérien.<lb/>Cependant sur la terrasse vont et viennent de brillants équipages, qui prouvent assez que l’avenue de l’Impératrice n’a pas le monopole de toutes les voitures de Paris. Les unes cherchent le château du Val, d’autres arrivent du château de la Muette. (Qu’allaient-elles faire à ce rendez-vous de chasse fermé presque toute l’année, à l’extrémité d‘une route sablonneuse de deux lieues ?)<lb/>On dirait une campagne peuplée de marquises et de vicomtes.<lb/>[p. 155] Si l’on fait un pas dans la forêt, un autre spectacle frappe les yeux.<lb/>Ce ne sont que Dryades en crinolines et Sylvains en jaquettes qui folâtrent parmi les futaies. Jamais les vallons de la Grèce mythologique n’en virent autant ni si gais. Galathée sommeille sur l’herbe ; Endymion épluche des noisettes.<lb/>Et chaque arbre a sa nymphe endimanchée, comme chaque buisson son berger. S’il n’a pas de pipeaux, il a des cigares.<lb/>On ne connut jamais forêt plus civilisée.<lb/>On regarde et on s’épouvante, à la pensée de l’appétit que ces populations vont déployer à l’heure du dîner !<lb/>Vers quelles salles pantagruéliques vont-elles s’abattre ?<lb/>C’est un problème qui ferait pâlir les économistes.<lb/>Rassurez-vous ! un restaurant est là (Et les autres, ceux de la ville, et de très bons aussi, que vous laissez derrière le rideau ?) qui se charge d’en résoudre le plus grand nombre.<lb/>A l’heure où la dernière fanfare retentit sous les voûtes fraîches des marronniers, dirigez-vous vers le pavillon d’Henri IV.<lb/>Dans la semaine, ce petit coin de campagne de Paris qu’on appelle Saint-Germain change d’aspect.<lb/>Il s’y trouve des boutiques et des banquiers come dans la rue Richelieu ; on y fait le commerce comme dans la rue des Lombards, et les habitants y causent de leurs affaires comme sur le boulevard. (Ah ! bah !)<lb/>Si l’on ne savait qu’on est à la campagne, on serait persuadé qu’on habite une ville. (En vérité ?)<lb/>On y voit même des trompettes (???) et des marchands de bric-à-brac.<lb/>Les bergères de la forêt, avec leur escorte de Faunes et d’Egipans, ont disparu.<lb/>Mais, par exemple, on s’étonne de la quantité d’Anglais et d’Anglaises qui gazouillent sous les marronniers.<lb/>Voilà une chose que le dictionnaire ne dit pas !<lb/>Saint-Germain, cette ville qui pourrait être un chef-lieu de préfecture dans certains départements, et dont les Parisiens, par un effort de leur fantaisie, ont fait une campagne, Saint-Germain a été conquis par les Anglais.<lb/>On n’y voit que des enfants blonds de naissance ou blonds par imitation ; et tous parlent le plus pur idiome de Charles Dickens et de lord Byron.<lb/>Ces Anglais qui possèdent Saint-Germain descendent-ils des compagnons du roi Jacques ? ou se sont-ils nuitamment, par petites troupes, installés dans la ville ? On ne sait. Toujours est-il qu’ils l’ont et qu’ils la gardent. (Qui s’en serait jamais douté ?)<lb/>Ce sont eux qui louent les maisons aux Parisiens de l’été. (On apprend tous les jours.)<lb/>La campagne de Saint-Germain est éclairée au gaz. (La ligne de chemin de fer, c’est possible, mais les campagnes ! nous ne pouvons l’obtenir même sur la terrasse.)<lb/>Les animaux sauvages qui peuplent la forêt savent si bien que la futaie, le gaulis et les jeunes taillis leur appartiennent six jours par semaine que, du lundi au semaine inclusivement, ils envoient des émissaires, lapins en bas âge et biche à la fleur de l’adolescence, jusqu’aux frontières de la ville. Les quinconces même, en plus de tant d’Anglais, ont vu des lièvres et des chevreuils.<lb/>Mais dès l’aube naissante du septième jour, ils se réfugient dans des retraites profondes dont les gardes seuls ont le secret.<lb/>Les quadrupèdes cèdent la place aux bipèdes.<lb/>On peut dire de Saint-Germain que la ville s’endort quand le pavillon d’Henri IV ferme ses portes. (Venez quelque soir nous visiter, cher monsieur Paul, et vous trouverez plus d’une bonne maison, plus d’une aimable famille, où sans trop vous ennuyer vous pourrez passer la veillée, même après la fermeture de l’huis du pavillon Henri IV ; vous y pourrez faire aussi quelque bout de conversation avec Auguste Luchet, de la Vigne et du Monde illustré, Gatayes, du Siècle, Hebhrard, du Temps, Eugène Chapus, du Sport, qui ne dédaignent pas trop notre vieille ville, en dehors de son restaurant, de sa terrasse et de sa forêt.)<lb/>C’est l’heure où cette portion de Paris qui a eu fantaisie de rendre visite à l’autre s’en retourner chez elle.<lb/>Un flot l’avait apportée, un flot la remporte.<lb/>Où j’écris flot, lisez convoi. (Convoi et enterrement de la vérité et de l’exactitude.)<lb/>4 août 1866<lb/>Paul Sic »<lb/>(Moniteur du Soir) »</p>
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              <subject>Loisirs et promenades</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 16e année, n° 39-769, 29 septembre 1866, p. 154-155</p>
            </bibliography>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Note sur la restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1866/1866" encodinganalog="3.1.3">11 août 1866</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Nouvelle application du proverbe, ou plutôt de la parabole, qui dit que trop souvent on voit la paille dans l’œil de son prochain sans s’apercevoir de la poutre qui menace le sien propre : en rectifiant ce qu’avait d’erroné dans la constatation de son orientation une note publiée ou reproduite par plusieurs journaux sur la situation actuelle de la magnifique restauration du château de Saint-Germain par l’habile architecte M. Millet, chargé par l’empereur de cette véritable transfiguration, nous avons commis une erreur ou plutôt un oubli que nous nous empressons de réparer.<lb/>Après avoir dit que la démolition est à peine commencé à l’angle nord-est à partir de l’ancien pavillon Louis IXV, à moitié rasé et déjà séparé par une tranchée du quadrilatère François Ier, nous avons ajouté qu’aucun travaux n’avaient encore eu lieu sur la façade orientale ; c’est là que gît l’erreur, qui nous impose cette rectification de rectification. Les travaux de restauration sont au contraire en pleine voie d’exécution au-dessus du vaste chantier établi dans la fossé est du château, trois travées de fenêtres surmontant un cordon de mâchicoulis, semblables à l’ordre architectural adopté pour la façade nord, sont déjà faites et se continuent, et il est facule d’apprécier l’excellent effet qu’elles produiront par celui dont on peut surtout se rendre compte pour la façade du parterre, du milieu de l’avenue qui conduit aux Loges, et d’où, dans le prolongement et l’encadrement des grands arbres de la forêt, la nouvelle façade apparaît comme un château féérique aux yeux du voyageur. Une telle restauration suffit à faire le nom et la gloire de l’architecte qui l’a entreprise, et si heureusement et si savamment réussie ; le reste n’est plus qu’une question de temps et de budget. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 16e année, n° 32-762, 11 août 1866, p. 125</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">26 janvier 1867</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Samedi dernier, vers dix heures, l’Empereur traversait les Champs-Elysées en char-à-bancs break, conduit par des chevaux de poste. Sa Majesté venait chasser à Saint-Germain, suivant sa route ordinaire pour gagner plus directement, par Maisons, les tirés de Fromainville, situés au nord de la forêt, à peu de distance de la Seine et faisant face à Conflans.<lb/>Parmi les personnes invitées, qui accompagnaient Sa Majesté, se trouvait M. le marquis de Moustier, ministre des Affaires Etrangères.<lb/>La chasse, qui n’a été interrompue que par le déjeuner traditionnel d’une demi-heure, sous le kiosque rustique disposé à peu de distance des ruines du fort Saint-Sébastien, et à peu près vis-à-vis de la ferme de Garenne existant au milieu des tirés, a été des plus animées, et s’est terminée vers quatre heures ; c’est probablement la dernière ou l’une des dernières de la saison. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 5-787, 2 février 1867, p. 17</p>
            </bibliography>
          </c>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’un concert militaire donné sur le parterre de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">91</unitid>
              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">10 février 1867</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Une température vraiment printanière a signalé la journée de dimanche dernier, aussi la musique des Lanciers de la Garde s’est-elle encore réunie sur le parterre, à l’entrée de l’allée Louis XIV. Le public s’est monté plus nombreux que le dimanche précédent, mais on se demandait pourquoi, en attendant que e temps soit assez doux pour que la musique reprenne possession du kiosque de la terrasse, trop exposé encore à l’âpreté des vents du nord-est, le fermier des chaises n’en avait pas, en prévision d’une belle matinée, apporté sur le terrain provisoire, d’abord le nombre nécessaire pour les artistes, et ensuite une certaine quantité dont n’eussent pas manqué de profiter la plupart des auditeurs et surtout des dames.<lb/>Le programme de ce dernier concert, n’ayant été remis à l’imprimerie de l’Industriel que le samedi à trois heures et demie, n’a pu être inséré dans le numéro qui a paru le soir même. Nous devions cette explication à la grande quantité de nos abonnés qui ont réclamé à cet égard, et qui vont trouver plus loin, comme à l’ordinaire, celui de demain, s’il nous parvient en temps utile. »</p>
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              <subject>Loisirs et promenades</subject>
              <geogname>Jardins</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 7-789, 16 février 1867, p. 25</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la future inauguration du musée gallo-romain à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">92</unitid>
              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">16 mars 1867</unitdate>
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            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Il est toujours, et plus que jamais, question de l’inauguration du musée gallo-romaine du château dans le courant du mois d’avril prochain, et nous apprenons qu’on parle en ville d’un projet de pétition qui serait adressée à l’Empereur par les habitants de Saint-Germain, pour demander à Sa Majesté qu’Elle veuille bien consentir à procéder en personne à cette inauguration, et à leur procurer en même temps le bonheur de la voir, dans cette circonstance, accompagnée de l’Impératrice et du Prince Impérial. Ce serait un bien beau jour pour notre ville, jouissant ainsi de la faveur accordée à tant d’autres dans le cours des voyages de l’Empereur en France, et nous sommes certains à l’avance que si ce projet de pétition venait à se réaliser, cette respectueuse demande serait couverte à l’instant d’un nombre de signatures qui attesterait au souverain tout le bonheur que la ville de Saint-Germain éprouverait à recevoir officiellement l'Empereur et la famille impériale. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 11-793, 16 mars 1867, p. 41</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de l’ouverture du musée gallo-romain à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">93</unitid>
              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">1er mai 1867</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le musée gallo-romain, ainsi que nous l’avons annoncé, a été ouvert mercredi dernier, 1er mai. Nous rappelons que dorénavant il ne sera public que les mardi, jeudi et dimanche de chaque semaine, de 11 heures ½ du matin à 5 heures du soir. Les mercredis et vendredis sont réservés à l’étude ; le public ne sera admis ces jours-là que sur la présentation d’une carte délivrée par l’Administration. Il est impossible que des études ne soient incessamment publiées sur le château et le musée. Nous attendrons la publication de ces travaux pour en donner à nos lecteurs des extraits, afin de ne rien risquer d’inexact sur des collections pour lesquelles des connaissances spéciales sont nécessaires.<lb/>Mais nous devons, dès à présent, dire combien les premiers visiteurs de mercredi et de jeudi ont été charmés de l’aspect des travaux exécutés dans les salles actuellement visibles de l’angle nord-ouest du château, où M. Millet, l’habille et savant architecte, a répandu des trésors d’élégance, de goût et de science historique et archéologique. Toutes les boiseries, d‘une vérité de style et d’une sévérité si remarquable, ont été exécutées sous ses yeux et sur ses dessins par l’entrepreneur de menuiserie du château. Du reste, M. Millet a été et est tellement bien secondé par MM. les entrepreneurs, nos concitoyens, qu’au moment où un certain nombre de salles déjà ouvertes sont recevoir de nombreux étrangers, nous croyons devoir livrer à la connaissance du public les noms de ces utiles, dévoués et intelligents collaborateurs d’un homme qui a voué sa vie entière à un grand œuvre et dont le nom passera avec lui à la postérité.<lb/>Ce sont : pour la maçonnerie, MM. Planté frères ; Tellier, pour la charpente ; Blanchard et Larchevêque, pour la menuiserie et la confection des meubles ; Mounier, pour la serrurerie, si remarquable et si ouvragée, et enfin Louis Larible, pour les peintures ordinaires et celles polychromes, dont le magnifique escalier d’honneur offre un si beau et si curieux spécimen. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 18-790, 4 mai 1867, p. 69</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Annonce de l’inauguration du musée gallo-romain à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">94</unitid>
              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">11 mai 1867</unitdate>
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            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Inauguration du musée impérial<lb/>Le maire aux habitants<lb/>Mes chers concitoyens,<lb/>Grâce à la haute sollicitude de l’Empereur pour tout ce qui touche aux développements de l’esprit humain, Saint-Germain a vu renaître pour son vieux château les temps de sa splendeur passée.<lb/>Les tristes cellules d’un pénitencier ont fait place à un musée consacré aux monuments les plus antiques qui soient sortis de la main des hommes, et un nouveau champ d’étude, jusqu’ici inexploré, a été ouvert à la science.<lb/>La création du musée de Saint-Germain est pour le pays tout entier une œuvre nationale ; pour la ville, à laquelle elle a assuré la conservation d’un monument si intimement lié aux souverains de l’histoire, cette création est un bienfait dont elle ne saurait se monter trop reconnaissante.<lb/>Le jour fixé par Sa Majesté pour venir apprécier par elle-même le résultat des travaux dont Elle a suivi l’exécution avec une constante sollicitude est le dimanche 12 mai.<lb/>L’administration municipale a considéré comme un désir de solenniser un jour dont le souvenir doit vivre à jamais dans les annales de la cité.<lb/>Elle espère que les habitants seront heureux de l’occasion qui leur est offerte de témoigner avec elle à l’Empereur leur gratitude pour son bienfait, et pour la gracieuse visite dont il daigner les honorer.<lb/>Vive l’Empereur !<lb/>Le maire, chevalier de la Légion d’honneur<lb/>De Breuvery<lb/><lb/>Programme de la fête<lb/>La fête sera annoncée la veille et le jour par des salves d’artillerie<lb/>Le dimanche 12 mai, à sept heures du matin, distribution extraordinaire de secours aux indigents, par les soins de MM. les administrateurs et de MM. les commissaires adjoints du bureau de bienfaisance.<lb/>A deux heures, cérémonie officielle de l’inauguration du musée, pendant laquelle la musique municipale exécutera, sur la place du Château, des morceaux d’harmonie. Des salves d’artillerie annonceront le commencement et la fin de cette cérémonie.<lb/>A sept heures et demie du soir, au kiosque lumineux établi sur l’esplanade du château, concert par la musique, sous la direction de M. Allard.<lb/>A neuf heures et demie, bal gratuit sous la tente Choteau, rue Grande-Fontaine.<lb/>Les édifices publics seront illuminés. Les habitants sont invités à pavoiser et à illuminer la façade de leurs maisons.<lb/>Chemin de fer (gare Saint-Lazare), trains directs et supplémentaires. Dernier départ à onze heures du soir.<lb/>A l’hôtel de ville, le 9 mai 1867.<lb/>Le maire, chevalier de la Légion d’honneur<lb/>De Breuvery<lb/><lb/>[…]<lb/>Les préparatifs pour la réception de l’Empereur et pour la fête civique dont elle sera l’occasion se poussent avec activité sous la direction intelligente de l’architecte de la ville, M. Fauval. La cérémonie aura encore plus d’éclat qu’on ne l’avait d’abord pensé ; car par suite d’une dépêche reçue jeudi soir de la Préfecture, le cortège sera augmenté de la présence des maires, des compagnies de pompiers et des députations des médaillés de Sainte-Hélène de toutes les communes du canton de Saint-Germain.<lb/>Le kiosque lumineux dont il est parlé au programme, et qui sera occupé par la très bonne musique civile sous la direction de M. Carlos Allard, sera établi, pour le concert du soir, sur l’esplanade du château, au pied de l’aile restaurée consacrée au musée et fera face au parterre, et par conséquent au feu d’artifice de Ruggieri placé en avant de la grille de l’avenue des Loges. Après les dernières notes du concert, le public, sans déplacement, sans encombrement, n’aura donc qu’à faire volte face pour assister à ces brillants effets pyrotechniques, si chers à la foule.<lb/>Enfin, nous apprenons qu’en dehors du programme officiel, et en outre du bal gratis donné à la salle de la rue Grande-Fontaine, la direction du bal de Tivoli a été autorisée à élever sa belle tente à sa place habituelle sous les quinconces du parterre ; la nuit n’aura donc rien à envier à la splendeur, à l’animation et à l’entrain de la journée. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Musée</subject>
              <subject>Fêtes et événements</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 19-791, 11 mai 1867, p. 73</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description du musée gallo-romain à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">95</unitid>
              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">11 mai 1867</unitdate>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Musée impérial de Saint-Germain-en-Laye<lb/>Le musée vient de s’ouvrir, et déjà il est populaire. C’est qu’il satisfait le sentiment national, en réunissant, pour la première fois, les monuments de nos origines diverses, avec les débris que nous ont laissés ces races celtiques, gauloises, gallo-romaines, franques, dont les cendres superposées forment le sol de la France. Chacun des nombreux visiteurs s’efforce de deviner, de comprendre, de commenter. Cette courte notice n’aspire qu’à l’honneur d’être un guide officieux, à défaut du catalogue officiel qui ne tardera pas à paraître.<lb/>Les édifices ont leurs destins comme les empires. Le berceau de la monarchie française, le lieu qui l’a vu du moins se développer et grandir jusqu’à son complet épanouissement sous Louis XIV, le vieux donjon du roi Robert, de saint Louis, de Charles V, réédifié par François Ier et que déshonorait naguère un pénitencier, est devenu, grâce à l’héritier des traditions napoléoniennes, l’asile et le temple des plus antiques vestiges de notre histoire. C’est ici que désormais l’érudition viendra surprendre les arts, les industries, la religion, les mœurs de nos aïeux depuis le jour où le sol celtique a été habité, jusqu’à celui où le vainqueur de la barbarie, Charlemagne, a fondé le premier empire moderne ; c’est ici que sera fixé le premier anneau de cette longue chaine de la civilisation dont le dernier est au palais du Champ de Mars.<lb/>Quel récit, quelle histoire, quel poème remplacerait cette vaste épopée des conquêtes de l’homme sur la nature, racontées par les témoins mêmes de ses laborieuses victoires ?<lb/>Entrons dans le musée, pénétrons dans ses galeries, livrées désormais à la curiosité et à l’étude, et remontant d’un bond le cours des âges, évoquons d’abord l’époque antéhistorique dont les précieux vestiges sont méthodiquement placés au seuil de l’édifice.<lb/>Voici, dans la première salle, les produits des alluvions quaternaires, c’est-à-dire les collections de silex travaillés que l’on trouve mêlés aux ossements des animaux dont l’espèce est éteinte : l’elephas primigenius, le rhinocéros à narines cloisonnées, le grand hippopotame, le cerf d’Irlande, l’ours des cavernes, etc., puis les brèches ossifères des cavernes de la Dordogne avec les débris du rennes, de l’aurochs, du bouquetin, de toutes ces races puissantes qui ont reculé devant l’invasion de l’homme ; les ossements ciselés, gravés, creusés, façonnés aux usages domestiques ou hiératiques par la main humaine ; la précieuse collection d’armes en silex, donnée à l’Empereur par le roi de Danemark, le résultat des fouilles pratiquées dans les sablières du bassin de la Seine, et dans l’ordre des temps, le choix inimitable des objets découverts dans la somme par M. Boucher de Perthes, le père de l’archéologie antédiluvienne.<lb/>La seconde salle est consacrée aux monuments sépulcraux mégalithiques. Ici s’écrira l’histoire des rudes populations qui ont élevé les dolmens et les allées couvertes à l’ouest, au nord, au midi, partout où la terre a été arrosée du sang généreux de nos pères. La civilisation commence à poindre, l’industrie de l’homme se développe, déjà il sait polir la pierre et ébranler ces masses rocheuses qui effrayent l’œil aux champs de Karnac ; il a découvert le secret de tailler le dur silex, et, en l’ajustant dans un bois de cerf fendu, de s’en faire une arme meurtrière ; il fait sécher l’argile au soleil et invente l’art du potier ; il aiguise des os, et d’une arête de poisson se fabrique une aiguille.<lb/>Tous ces objets, qui intéressent toujours l’industriel et l’historien, sont classés par groupes selon leurs diverses provenances. En face des vitrines qui les renferment, on a placé les reproductions au vingtième des principaux dolmens de la même époque, sous lesquels la plupart de ces débris ont été découverts.<lb/>Le grand tumulus-dolmen de Gavr’inis occupe à lui seul, quoique en réduction, la troisième salle. Qui déchiffrera les mystérieux caractères gravés sur le granit de ses parois intérieures ? Qui nous donnera la clé de ces hiéroglyphes, dont les emplacements étranges rappellent les primitives sculptures de l’Inde, ou l’art plus grossier encore des décorateurs de Manitous, en Amérique ?<lb/>Après avoir donné un coup d’œil à la quatrième salle où sont réunies les inscriptions gauloises et les médailles du même type, après en avoir admiré l’ameublement que l’on croirait œuvre d’une corporation d’ouvriers du XVIe siècle, après avoir dissipé l’éblouissement que nous cause l’escalier de François Ier, si correctement restauré par l’éminent architecte du château, M. Eugène Millet, pénétrons au second étage d’abord, au milieu des habitations lacustres. L’âge de pierre n’a pas encore épuisé ses productions, car voici encore les haches de silex, les dards, les couteux, les outils, les instruments en os, en écaille, en arêtes, en bois dur, à moitié dégrossi. Nous touchons à l’ère de bronze, dont les vestiges, d’abord clairsemés, se pressent et s’accumulent dans la galerie voisine. La pierre cède le pas au métal : les épées, les colliers, les haches creuses, à gaines, à oreilles, à un ou deux tranchants, les larges poignards ont succédé aux armes de jet et aux casse-têtes du sauvage ; plus nous nous rapprochons des temps historiques, et plus ces débris, arrachés aux lacs de l’Helvétie, deviennent variés et nombreux. L’airain n’a pas seulement triomphé des siècles, mais avec lui les ustensiles les plus fragiles, les plus humbles et les plus éphémères témoins de la vie domestique : fragments de tissus et de vêtements laineux, filets, engins de pêche et de chasse, menus objets de toilette féminine, et jusqu’à des échantillons miraculeusement conservés de l’alimentation humaine : grains d’orge, de froment, de millet, fruits du chêne druidique, noisettes vieilles de plus de trois mille ans.<lb/>Les temps s’avancent et l’homme se perfectionne. Ouvrons une porte et nous sommes dans la Gaule de Brennus, de cette Gaule que les pédagogues de notre crédule enfance nous faisaient incolore, congelée, et qui nous apparaît aujourd’hui radieuse, échauffée de l’amour de la patrie. Comptez, si vous pouvez, les torques, les armillaires, les umbones, les casques, les bracelets, les glaives, les coutelas, les fragments de boucliers, de ceintures, de flèches, et à côté de ces terribles instruments de guerre, les instruments plus utiles et plus féconds de la paix.<lb/>La scène change, et quoique nous ayons à peine franchi trois ou quatre siècles, nous nous sentons déjà sur un sol cultivé et plus affermi, au milieu de peuplades plus stables et mieux connues de nous. N’assiste-t-on pas vraiment à la première exposition de l’industrie nationale, car la plupart de ces objets, œuvres patientes de nos ancêtres, portent dans leurs formes diverses, l’individualité des tribus disséminés sur le sol celtique, le cachet, la signature de leurs fabricants.<lb/>Un dernier pas, et vous pouvez saluer César. Mais la salle destinée à l’histoire de la conquête n’est pas encore terminée, et nous commettrions une indiscrétion si nous lui apprenions que cette galerie sera le meilleur commentaire des Commentaires, puisqu’elle doit renfermer les plans en relief des principaux sièges entrepris par le dompteur des Gaules, avec les originaux ou fac-similé des armes, des machines, des engins destructeurs qui y furent employés. Quel nom donner à cette salle ? Salle de César ou salle de l’Empereur ? Le nom du héros que l’on restitue ou de l’historien qui l’a restitué ? Mais le musée tout entier n’est-il pas l’œuvre du souverain qui a éclairé les origines de notre histoire et prouvé sans réplique que, si nous fûmes vaincus un jour, nous le fûmes moins par César que par la civilisation ?<lb/>Tel est le château de François Ier. Pour fonder le musée gallo-romain, il n’a pas fallu seulement rassembler une collection, il a fallu créer une science. Cette science nous livre aujourd’hui une partie de ses secrets. Elle sera l’honneur du règne actuel aux yeux de l’érudition future et l’on citera le musée impérial de Saint-Germain tant que vivront l’amour de la France et l’amour des études historiques.<lb/>Ph. Brasne »</p>
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              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 19-791, 11 mai 1867, p. 74</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de l’inauguration du musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">96</unitid>
              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">12 mai 1867</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Inauguration du musée de Saint-Germain<lb/>Visite de Sa Majesté l’Empereur<lb/>Le dimanche 12 mai 1867<lb/>Ainsi que nous l’avions annoncé, la nouvelle de la présence de S. M. l’Empereur dans notre ville pour le jour de l’inauguration du musée s’était répandue au-dedans et au dehors de Saint-Germain, avec rapidité, mais bien avant l’apposition des affiches du programme qui, à cause des dernières dispositions, s’est fait attendre jusqu’à la fin de la semaine et a suivi de quelques heures seulement la si remarquable et si entraînante proclamation à ses administrés de M. de Breuvery, maire de Saint-Germain ; cette nouvelle causait une telle joie à la population, que jusques aux derniers moments on doutait encore de sa réalisation si désirée.<lb/>Le temps, qui depuis dix jours avait été splendide, commençait à donner quelques inquiétudes par suite de l’excessive chaleur, encore anormale dans cette saison, et des symptômes d’orages qui se manifestaient chaque soir, et chaque consultait son baromètre avec anxiété.<lb/>Malheureusement, ces craintes se sont réalisées et l’on sait quel a été, pendant l’après-midi, le déplorable état du ciel, dont toutes les cataractes ont semblé s’ouvrir à dater de deux heures ; mais on peut dire que, si la journée a été mauvaise par le temps, elle s’est trouvée magnifique par l’éclat de l’ovation qui a été faite au souverain et par l’affabilité avec laquelle l’Empereur a bien voulu témoigner toute la satisfaction que lui causait l’accueil fait par l’immense population qu’il avait sous les yeux, et qui n’a cessé, depuis le moment de son arrivée, d’acclamer sa présence d’une façon indescriptible.<lb/>Nous allons essayer de retracer l’historique de cette heureuse journée, en rétablissant certaines erreurs ou omissions faites par presque tous les journaux de Paris, dont la plupart des articles paraissent avoir été écrits à l’avance et plutôt sur ce qui devait se faire que sur ce qui s’est réellement passé ; quelques-uns de leurs correspondants officieux nous ont semblé aussi fort peu renseignés ou guidés par des intérêts privés et personnels. Nous avons donc pensé qu’il était du devoir de l’organe de la publicité locale de présenter les faits et de donner certaines explications dont nous ne craignons pas d’assumer la responsabilité.<lb/>Ainsi que nous l’avons déjà dit, les préparatifs commandés, suspendus, ou du moins modifiés et repris ensuite, à mesure que les instructions émanant de l’autorité administrative supérieure annonçaient, jusqu’à la dernière heure, le développement et le plus d’importance de la cérémonie, avaient été poussés avec toute l’activité possible.<lb/>Deux juridictions différentes y prenaient part : la Ville proprement dite, dont les limites s’arrêtent au seuil de la porte du château, située en tête du pont, qui, sur les fossés, conduit à l’entrée du musée ; l’administration du musée et celle du château lui-même, relevant du domaine de la Liste Civile et du ministère de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts.<lb/>En avant du portail du château, l’administration municipale avait fait élever une vaste et magnifique tente, dont la façade, portant les armes impériales, était formée de splendides tentures de velours vert constellées d’abeilles et relevées par des torsades d’or. Le vélum qui la recouvrait était supporté par une série de mâts gigantesques au sommet de chacun desquels flottaient de longs oriflammes aux couleurs variées. Le sol était recouvert de tapis, les côtés bordés de caisses d’arbustes, et un riche fauteuil avait été disposé sur une estrade, dans le cas où Sa Majesté eût voulu prendre quelques moments de repos avant d’entrer au château. Une longue ligne de mâts de même dimension s’étendait à droite et à gauche de la tente impériale et marquait la place, où, faute de temps, on n’avait pu élever des estrades destinées aux personnes invitées par la Ville ; mais elles avaient été remplacées par des banquettes recouvertes de velours rouge disposées au raz du sol, entièrement sablé comme tout le reste de la place, depuis le débarcadère jusqu’au château. Les deux petites constructions adossées aux parapets avaient disparu sous des massifs de fleurs et de plantes rares, et leurs sommets portaient des aigles dorés qui les transformaient en très heureux motifs se reliant à l’ensemble de la décoration.<lb/>Dès le matin, l’affluence énorme arrivant des campagnes avait trouvé toutes les rues entièrement pavoisées, et il n’était pas une seule des fenêtres des maisons de la place du Château qui n’eût arboré le drapeau aux couleurs nationales. On voyait même flotter, à l’une des croisées de la maison occupée par le café-restaurant du débarcadère, le grand pavillon du Royal-Mall, d’Angleterre.<lb/>La foule était immense, sur la place et à ses abords, et rendait assez difficile le placement des compagnies de pompiers et des députations des différentes Sociétés du canton et de l’arrondissement, dont la valeur numérique n’avait pu être donnée à l’avance et dont la présence probable n’a été, en général, signalée à l’administration locale que par lettre reçue seulement le dimanche à neuf heures du matin.<lb/>Les grilles du péristyle de l’église avaient été ouvertes au public, qui en a promptement occupé toutes les marches et le vaste palier, et pour placer toute cette foule et contenir son empressement, bien naturel, l’administration n’avait à sa disposition que ses sergents de ville, quelques gendarmes, et un piquet de vingt-cinq hommes de ligne, disséminés çà et là en factionnaires, la volonté expresse de l’Empereur ayant été qu’il n’y eût aucun développement de force militaire ; le régiment des dragons de l’impératrice n’avait fourni qu’un poste de douze hommes à pied, pour le service d’honneur à l’intérieur du château.<lb/>A propos du château, il nous faut ajouter que le pont, protégé aussi par un très beau vélum, bordé d’arbustes et couvert de tapis, donnait accès à la grande porte également décorée, à la suite de laquelle les invités du ministère et de la direction du musée pénétraient dans l’intérieur et trouvaient, à droite, la galerie du rez-de-chaussée, dite de François Ier, et ensuite le grand vestibule où des sièges et des banquettes avaient été réservés aux personnes munies de lettres spéciales d’invitation. La cour avait été sablée, garnie de caisses d’orangers jusqu’au pied du grand escalier, et les ateliers de travaux dissimulés et séparés du passage par une suite de riches tentures. Le débarcadère avait reçu aussi une belle décoration par les soins de l’administration des chemins de fer de l’Ouest.<lb/>Des dames, aux toilettes les plus élégantes, avaient pris place sur les banquettes extérieures, ou étaient entrées munies de leurs billets dans l’intérieur du château, et à deux heures et demie, sous une pluie battante, personne n’avait songé à quitter sa place. Toutes les fenêtres étaient occupées et des groupes de curieux s’étaient placés sur les toits et jusque dans les chêneaux des gouttières ; on en voyait même ayant pris position au côté nord de l’église, sur le terrasson étroit qui longe son sommet et on distinguait au milieu d’eux la soutane d’un jeune ecclésiastique.<lb/>A trois heures précises, le bruit des salves d’artillerie, les musiques de Saint-Germain et des compagnies étrangères à la ville, les clairons, les tambours battant aux champs, et plus encore, les acclamations parties du quai de débarquement, annonçaient l’arrivée de l’Empereur.<lb/>A sa descente du train impérial, Sa Majesté a été reçue par M. Boselli, préfet de Seine-et-Oise, accompagné de son secrétaire général, par M. de Breuvery, maire de Saintè-Germain, MM. Le Piez et Courtin, adjoints, et par tout le conseil municipal, qu’accompagnaient aussi plusieurs de MM. les maires des communes de l’arrondissement.<lb/>Aux termes des dispositions arrêtés pour le cérémoniel, aucun discours ne devait être prononcé, mais le maire de Saint-Germain, ainsi qu’il y avait été autorisé, a eu l’honneur de remettre à l’Empereur, qui l’a accueilli avec la plus grande bienveillance, une adresse sous pli fermé.<lb/>La suite de S. M. se composait des personnages de distinction suivants : M. le général Le Bœuf, aide de camp ; M. le capitaine Chambaud, officier d’ordonnance ; M. le duc de Tarente, chambellan ; M. Davilliers, comte Regnault de Saint-Jean-d’Angély, premier écuyer ; M. le baron de Varaigne, préfet du Palais.<lb/>Le personnel des hauts fonctionnaires des chemins de fer de l’Ouest qui avaient accompagné le train impérial et surveillé sa marche comprenait MM. Julien, directeur général ; Coindart, secrétaire général ; Fessard, chef d’exploitation ; Bisson et Protais, administrateurs.<lb/>Un quart d’heure après avoir reçu les hommages des personnes présentes sur le quai, l’Empereur paraissait au seuil du débarcadère ; à ce moment et malgré le redoublement de la pluie, l’aspect de la place était prestigieux ; l’Empereur, s’arrêtant un moment, en paraît saisi et profondément touché, tous ces milliers de têtes se découvrent, les musiques entonnent l’air national de la reine Hortense et, pour nous servir de l’heureuse expression de notre confrère du Journal de Seine-et-Oise, « toutes les poitrines crient : Vive l’Empereur ».<lb/>Sa Majesté, en habit de ville et recouvert d’un surtout gris, qui naturellement fait rêver à un souvenir historique, s’avance lentement, au bruit des acclamations qui ne cessent pas un instant, au milieu de la haie formée par les pompiers de Saint-Germain, jette à droite et à gauche un coup d’œil de satisfaction sur les deux Sociétés de secours mutuels de la ville, les médaillés de Sainte-Hélène, les orphelinats de garçons et de jeunes filles et les deux écoles primaires ; Elle paraît remarquer avec plaisir les enfants de troupe du premier régiment de grenadiers de la Garde, venus de Rueil, et auquel appartient le prince Impérial ; Elle salue les personnes invitées, aux premiers rangs desquelles se trouvent MM. les légionnaires et officiers en retraite.<lb/>On avait appris que l’Empereur avait annoncé son intention de passer en revue les compagnies de pompiers et les députations des communes ; mais le temps était si affreux qu’on pensait que la revue n’aurait pas lieu, ou du moins qu’elle serait différée jusqu’à la sortie du musée.<lb/>Il n’en a rien été. Sa Majesté, au contraire de ce qu’ont dit tous les journaux, passe devant la tente et, sans entrer immédiatement au château, commence la revue, qu’Elle continue sous la pluie au milieu d’acclamations et de vivats enthousiastes, en suivant tout le périmètre de la place, passant devant le front des compagnies et députations, et, seulement après l’église, arrivée devant celles qu’Elle avait déjà vues, se dirigeant en ligne droite sur l’entrée du château par un passage qui n’avait pas été prévu et où Elle se trouve mêlée à la foule heureuse et fière de sentir si près d’Elle. L’Empereur était bien là au milieu de son peuple, et semblait enchanté d’avoir, pour ainsi dire, à se frayer sa route lui-même.<lb/>Après avoir traversé la tente, dont par parenthèse le vélum avait été quelques instants auparavant emporté par une trombe d’eau, l’Empereur a été reçu à la porte du musée par M. le comte de Nieuwerkerke, sénateur, surintendant des Beaux-Arts, accompagné de M. Gautier, conseiller d’Etat, secrétaire général du ministère de la Maison de l’Empereur, qui ont eu l’honneur de présenter à Sa Majesté la commission spéciale d’organisation du musée : MM. Bertrand et Beaune, directeur et conservateurs ; MM. Millet et Choret, architecte et inspecteur des Bâtiments civils.<lb/>L’Empereur est alors entré dans le palais et a visité, rapidement a-t-il dit, pour ne pas faire attendre trop longtemps cette foule de l’extérieur exposée à la pluie, toutes les collections réunies dans les trois étages du musée, et les acclamations redoublant dans la foule agglomérée sur le parterre et la place ont annoncé qu’il venait de paraître un instant au balcon donnant sur les jardins. En se retirant, Sa Majesté a félicité les conservateurs et les architectes qui ont si admirablement suivi ses intentions.<lb/>Mais tout n’était pas fini : l’Empereur tenait à accomplir entièrement le programme qu’il s’était tracé, et l’on sut que, toujours malgré la pluie, il voulait voir défiler les compagnies de pompiers ; le préfet et le maire et les personnes de sa suite eurent l’honneur d’être admis à ses côtés, lorsque, sans vouloir consentir à se mettre à l’abri sous le vestibule du débarcadère, il tint à se placer à l’extérieur, sur le perron de la gare.<lb/>Le défilé commença par la compagnie de Saint-Germain, qui fit retentir l’air des cris énergiques de : Vive l’Empereur ! Vive l’Impératrice ! Vive le Prince Impérial ! puis vinrent les compagnies de toutes les autres communes, dont plusieurs pelotons étaient si étonnés de se trouver si près de l’Empereur, que quelques-uns des hommes, ne songeant plus aux cris officiels, portaient la main à leur casque ou se découvraient même tout à fait, tout en restant au port d’armes. Il y eut bien là, comme pendant la revue, un peu de désordre ; mais l’Empereur n’était pas venu pour voir ces longues lignes de batailles qui lui sont si familières, et il paraissait ravi d’un ensemble qui ne faisait pas défaut, celui de l’enthousiasme et de la manifestation populaire ; sa figure rayonnait, et il avait attendu que les derniers pelotons fussent éloignés, lorsque le capitaine de la compagnie de Saint-Germain est venu, en le saluant de l’épée, indiquer que le défilé était terminé.<lb/>Sa Majesté, après avoir salué de nouveau, s’est retirée en traversant le débarcadère envahi par la foule qui avait cherché un refuge contre la pluie, sûre qu’elle était de pouvoir la voir encore et l’acclamer.<lb/>Descendu sur le quai, l’Empereur s’est encore entretenu quelques instants avec le préfet et le maire, dont la femme et la belle-sœur, mesdames de Breuvery et de Beaurepaire, lui ont été présentées sur sa propre demande, et après avoir répondu avec affabilité à quelques paroles improvisées avec chaleur par M. Le Piez, premier adjoint, et témoigné tout son contentement de l’accueil qu’il avait reçu à Saint-Germain, il est remonté dans son wagon où il a dû encore répondre de la tête et de la main aux cris de la foule compacte cherchant, comme à son arrivée, à le voir du haut de la balustrade qui domine le chemin de fer.<lb/>Parmi les personnes qui ont accompagné Sa Majesté ou se sont trouvées sur son passage, et qu’il nous serait impossible de chercher à énumérer, nous avons remarqué M. le vicomte de Lastic, directeur de l’asile impérial du Vésinet, et les principaux fonctionnaires de cet établissement ; M. l’abbé Chauvel, curé de Saint-Germain ; M. Napoléon Peyrat, pasteur protestant ; un vénérable ecclésiastique à cheveux blancs, qui avait accompagné une commune, et sur le poitrine duquel brillaient la croix de la Légion d’honneur et une autre décoration ; M. Perin, capitaine au 12e Chasseurs, neveu de M. le docteur Le Piez, et presque un enfant de la ville qui l’a suivi dans toute sa carrière militaire, d’abord engagé volontaires aux Carabiniers, sous-officier décoré de la médaille militaire, officiers aux Cuirassiers de la Garde, puis dans un régiment de Chasseurs d’Afrique, et tout récemment de retour du Mexique d’où il a rapporté la croix de la Légion d’honneur, le grand ordre de Maximilien et son grade de capitaine, le tout gagné sur les champs de batailles et à la pointe de son sabre.<lb/>Plusieurs épisodes ont marqué l’instant du défilé : ce fut d’abord un maire de campagne qui, se croyant encore éloigné de l’Empereur, s’avançait en fumant sa pipe et demandait où il était, au moment où il le touchait presque ; lorsqu’on l’en fit apercevoir, le brave homme jetant au loin son brule… bouche, devint tout effrayé, pirouetta sur les talons, et sans qu’il fût possible de le rappeler, se perdit dans les rangs de la compagnie aux côtés de laquelle il se trouvait. Au même moment, une bonne vieille paysanne d’au moins soixante-dix ans voulait, disait-elle, voir l’Empereur avant de mourir. Un de MM. les commissaires civils, qu’on reconnaissait à leurs brassards vert et or, la poussa devant le groupe en lui désignant l’Empereur, à assez haute voix pour que Sa Majesté s’en aperçût et lui fit signe que c’était bien lui-même ; on crut un instant que la pauvre bonne femme allait vraiment mourir de saisissement. Il y eut aussi un vieux brase de la vieille armée, le père Mauger, bien connu à Rueil, dont il accompagne habituellement les pompiers dans leurs excursions ; le bonhomme, qui avait craint la famine, s’était muni d’un pain passé sous la buffleterie de son sabre. Il quitta les rangs, tendant les mains vers l’Empereur, qui voulut bien lui répondre d’un geste affectueux.<lb/>Pour répondre maintenant à quelques observations et réclamations au sujet de l’encombrement qui s’est produit sous la tente au moment de l’entrée de l’Empereur au musée, nous devons dire qu’on ne peut l’attribuer qu’à l’empressement de quelques conseillers municipaux que la foule avait séparés de leur compagnie. MM. les maires des communes, arrêtés quelques instants sur le seuil du musée, furent ensuite invités à y pénétrer et purent se placer à l’entrée du vestibule et de la salle d’attente, pour voir l’Empereur et le saluer encore à sa sortie. Nous avons eu, du reste, sous les yeux la lettre adressée le matin même du 11 mai par M. Bertrand, conservateur du musée, à M. le maire de Saint-Germain, lui faisant savoir que, « d’après les ordres de M. le sénateur, surintendant des Beaux-Arts, les seuls membres de la commission du musée de Saint-Germain et du conseil municipal, auquel s’adjoindrait le colonel du régiment des Dragons de l’Impératrice, seraient admis à suivre et à accompagner l’Empereur dans l’intérieur du musée. Les invités, étrangers à la commission et au conseil municipal, seraient admis dans le musée, seulement après la sortie de l’Empereur. Aucune autre personne que celles munies de cartes ne pourraient entrer dans le musée. »<lb/>Ces prescriptions strictement recommandées étaient motivées surtout par l’étroitesse des escaliers et les dimensions restreintes des salles occupées jusqu’à ce moment par les vitrines.<lb/>L’Empereur parti vers quatre heures trois quarts, le mauvais temps avait continué d’une si fâcheuse façon qu’il n’y avait plus à songer au reste de la fête. Le soir, le concert annoncé, les illuminations et le feu d’artifice n’ont pu avoir lieu ; on a vu cependant encore en ville plusieurs maisons illuminées, le bal populaire gratis a été très animé, et d’intrépides danseurs se sont encore réunis jusqu’à une heure assez avancée de la nuit sous la tente du bal Tivoli, sur le parterre.<lb/>L’animation, malgré le départ de tous les gens transpercés qui avaient hâte de regagner leurs demeures, a été encore très grande en ville pendant la soirée et une partie de la nuit. Nous l’avons dit, l’affluence des habitants des communes de l’arrondissement avait été au-delà de toutes proportions présumables, et l’on peut en juger par l’énumération suivante, où, parmi les communes les plus éloignées, on peut citer pour la présence et la belle tenue de leurs députations celles de Houdan, Limay, Meulan et Mantes.<lb/>Venaient ensuite, très remarquables aussi, les compagnies de Chatou, de Rueil, puis Maule, Conflans-Sainte-Honorine, Sartrouville, Verneuil, L’Etang-la-Ville, Le Pecq, Louveciennes, Marnes, Noisy-le-Roi, Montesson, Chambourcy, Saint-Leu-Taverny, Versailles, Port-Marly, Houilles, Cormeilles-en-Parisis, Mareil-Marly, Bezons, Poissy, Crespières, Mesnil-le-Roi, Herblay, Croissy, Flins, les Mureaux, Maisons, Aubergenville, Feucherolles, Carrières-sous-Poissy, Andresy, Villepreux, Garches, Argenteuil, représenté, comme plusieurs, par son maire, le conseil municipal, ses deux sociétés de secours mutuels et ses médaillés de Sainte-Hélène ; Médan, Chapet, également représentées par leurs maires, Chavenay, Achères, Carrières-Saint-Denis et Deuil ; peut-être en passons nous encore, mais cette énumération doit suffire pour prouver en même temps l’empressement général et la difficulté de placer à l’improviste et de recevoir particulièrement comme ils le méritaient les différents corps et les honorables magistrats et chefs de Sociétés qui les accompagnaient.<lb/>Pour rendre enfin justice à chacun, nous croyons, au point de vue local, devoir faire connaître les noms de MM. les entrepreneurs auxquels on a dû la décoration générale, c’étaient pour la ville de Saint-Germain : MM. Léon Bied, entrepreneur des fêtes publiques, à Paris, et Rousseau, tapissier de la ville ; pour le château et le musée, extérieurement et intérieurement, M. Vidal, tapissier de Saint-Germain, et pour le chemin de fer, débarcadère, gare et quai, la maison Belloir, de Paris.<lb/>Les massifs de fleurs de la place du Château étaient dus aux soins et au bon goût de M. Etienne Poisot, fleuriste, rue de Paris ; son frère aîné M. Poisot, de la rue au Pain, avait fourni et disposé les arbustes et les fleurs qui décoraient le pont et l’intérieur de la cour.<lb/>[p. 79] Dès le matin, la quantité des voyageurs amenés par le chemin de fer a été énorme, les trains remorqués en double attelage contenaient chacun dix-sept voitures et on évalue à six mille le nombre des voyageurs qui ont été conduits par les trains facultatifs et extraordinaires.<lb/>Telle est à peu près l’exquise, incomplète peut-être, mais fidèle, dans les détails que nous avons pu saisir, de cette grande journée qui – pour employer cette fois d’une manière certaine une phrase souvent trop facilement consacrée – restera, malgré l’intempérie qui l’a si funestement contrariée, dans le souvenir éternel des habitants de Saint-Germain, auxquels l’Empereur avait apporté la joie et dont il a remporté tous les cœurs.<lb/>Léon de Villette »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
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              <subject>Fêtes et événements</subject>
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              <p>Léon de Villette, « Inauguration du musée de Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 20-802, 18 mai 1867, p. 78-79</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention d’une visite du duc d’Aoste au musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">6 juillet 1867</unitdate>
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              <p>« Samedi dernier, dans l’après-midi, le duc et la duchesse d’Aoste ainsi que la princesse Clotilde, accompagnés de plusieurs personnes et de leurs maisons, sont venus visiter le château et le musée, où Leurs Altesses impériales et royales sont restées pendant près de deux heures, tandis que la foule, avertie de leur présence par le stationnement des voitures de la Cour, s’accumulait sur la place, afin de pouvoir voir et saluer à leur sortie les augustes enfants de Victor Emmanuel. »</p>
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              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 28-810, 13 juillet 1867, p. 110</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Annonce de la vente de photographies du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">27 juillet 1867</unitdate>
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              <p>« Château de Saint-Germain<lb/>Restauration de M. Eugène Millet, architecte<lb/>Nous nous empressons de signaler à tous ceux qui aiment l’art et la gloire de notre cité de belles photographies qui sont déposées chez le concierge du château. Elles reproduisent quatre vues isolées, il est vrai, mais qui suffisent pour faire comprendre l’ensemble de la restauration du château François Ier.<lb/>Le voilà bien ce château rajeuni avec la conscience de la vérité, avec la passion d’un grand artiste, le voilà tel que le « Roi-Chevalier » l’avait conçu, tel que Napoléon III l’a voulu, avec ses arceaux gracieusement courbés, ses longes pilastres, ses larges terrasses, ses cheminées estampées de glorieuses initiales, ses vitraux sur lesquels on serait tenté de lire : « Souvent femme varie ». Le voilà coquet, frais, séchant la sueur du moellon, plus encore la sueur du « maître de l’œuvre », le voilà revêtu encore de ses échafaudages, de ses engins de labour et de sûreté… c’est une date, c’est une chronologie.<lb/>Et qui a fait pour nos souvenirs ces belles pages de l’histoire de l’art au XIXe siècle ? un rayon fugitif de soleil, épié, surpris par l’habile photographe des musées impériaux, Ch. Marville.<lb/>Ecrire avec un peu de poussière une grande histoire sr une grande toile ou avec la même poussière écrire un bon poème ; dérober un ciel et fixer avec quelques signes des mélodies enivrantes, ou donner à la pierre la vie, la parole, l’harmonie, tel est l’art dans ses diverses expansions et ses diverses formes. Heureux et trois fois béni celui sur l’âme de qui ce rayon de Dieu est descendu !... »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 30-812, 27 juillet 1867, p. 119</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Précisions sur la chasse des empereurs Napoléon III et François-Joseph à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">26 octobre 1867</unitdate>
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              <p>« Chasse à Saint-Germain de LL. MM. les empereurs Napoléon et François-Joseph<lb/>Grand Steeple-Chase aux Nouvelles<lb/>Nous nous sommes souvent élevés contre les abus de l’empressement de nos grands confrères de la presse parisienne à publier souvent des faits erronés touchant notre localité ou celles environnantes.<lb/>Pour nous, qui nous trouvons sur les lieux mêmes, nous avons soin de nous entourer de tous les renseignements possibles, quand parfois nous ne pouvons voir par nos propres yeux. C’est ce qui nous est arrivé à l’occasion de la chasse impériale qui a eu lieu samedi dernier en forêt de Saint-Germain, dans la garenne de Fromainville, et qui avait attiré un très grand nombre de nos citadins, qui pourront apprécier la vérité de nos rectifications.<lb/>Empêchés par les soins à apporter au numéro qui paraissait à cinq heures, nous avions prié un de nos amis de nous tenir par envoi d’exprès au courant des différents épisodes de la journée. A quatre heures, nous recevions la note due à son obligeance et un peu plus tard, pendant la distribution du journal, nous apprenions avec regrets de la même personne qu’une erreur s’était glissée dans son rapport quand elle avait constaté la présence des deux archiducs parmi les illustres invités à la chasse. La famille impériale d’Autriche s’était partagée entre deux invitations, et si l’empereur François-Joseph accompagnait notre souverain, ses deux jeunes frères chassaient le même jour à Ferrières, chez M. de Rotschildt.<lb/>C’était là une erreur bien involontaire de notre part, mais on va pouvoir juger de celles commises par plusieurs grands journaux de Paris.<lb/>C’est d’abord la Presse, qui, dans un article « détaillé » sur la chasse à Saint-Germain, raconte « que les deux empereurs ont d’abord visité le musée gallo-romain, installé dans le château de Charles V et de François Ier, puis la magnifique terrasse établie du côté de la Seine par Henri IV et complétée par Louis XIV ».<lb/>Après avoir fait l’éloge de la condition cynégétique de notre forêt de Saint-Germain, qu’il veut bien, par parenthèse, doter de la présence des lièvres, perdrix et bécasses qu’on n’y trouve jamais, le même journal ajoute hardiment que samedi dernier, à l’occasion de cette visite qu’il a rêvée, « les régiments de la Garde, en garnison à Saint-Germain, étaient sous les armes à l’arrivée des empereurs et les maisons de la ville pavoisées aux couleurs de la France et de l’Autriche ».<lb/>Le Petit Journal de lundi dernier, dans un de ses entrefilets intitulé : l’Empereur d’Autriche à Paris, contenant les lignes suivantes :<lb/>« Hier matin, à neuf heures, l’empereur d’Autriche est parti pour Saint-Cloud, d’où les deux souverains se sont rendus à Saint-Germain.<lb/>Après avoir visité le musée gallo-romain et la magnifique terrasse qui domine le cours de la Seine, les deux empereurs sont entrés en forêt, où a eu lieu une chasse à tir. »<lb/>Puis les correspondants à Paris expédient en province les nouvelles « détaillées » puisées à la même source. Exemple : « Les princes, dit l’Abeille cauchoise dans sa correspondance particulière du 20 octobre, ont visité le musée des Thermes et l’hôtel de Cluny, le musée gallo-romain à Saint-Germain, où ils ont chassé avec l’empereur Napoléon (dans le musée ?). Les habitants de la ville de François Ier (Oh ! oh !) ont fait une ovation splendide aux deux empereurs ».<lb/>Mais le plus fort, le plus incompréhensible, c’est que notre voisine et amie, une feuille estimable, et d’ordinaire bien renseignée, de notre département, du chef-lieu même, l’Union de Seine-et-Oise, qui pouvait s’en rapporter à ce que nous avions écrit samedi soir, instruisait en ces termes, dans son numéro de jeudi dernier, ses lecteurs de Versailles, des faits passés à Saint-Germain :<lb/>« Samedi dernier, avant la chasse, les deux Empereurs ont visité le musée gallo-romain installé dans le château de François Ier, et se sont promenés quelques instants sur la magnifique terrasse de Saint-Germain.<lb/>Les régiments de la Garde en garnison à Saint-Germain étaient sous les armes. A l’arrivée des deux souverains, les tambours ont battu aux champs et les musiques ont joué l’air national autrichien. Les établissements publics et la plupart des maisons étaient pavoisées aux couleurs de la France et de l’Autriche.<lb/>Les habitants de Saint-Germain, qui se pressaient sur le passage de Leurs Majestés, les ont accueillies aux cris réitérés de : Vive l’empereur Napoléon ! vive l’empereur François-Joseph ! »<lb/>Le Moniteur du soir a donné, lui, un récit exact de la chasse, il a fait seulement erreur sur le nom de l’inspecteur des forêts de la Couronne à Saint-Germain, M. Fouquier de Mazières, qu’il appelle M. Fauquier ; ce ne sont pas non plus des vignerons, mais bien des horticulteurs de Conflans qui, par l’intermédiaire du maire de leur commune, ont fait, au moment du déjeuner, hommage à la table impériale de paniers de raisins, dont l’excellence et la beauté méritent de partager la faveur du chasselas de Fontainebleau.<lb/>Pour rendre justice, du reste, au compte-rendu de la chasse par le rédacteur du Moniteur du soir, M. Louis Noir, nous croyons ne pouvoir mieux faire que d’en reproduire les derniers paragraphes.<lb/>« La foule a fait le plus brillant accueil à l’hôte de l’Empereur et de la France ; à chaque instant, des bravos saluaient son incroyable adresse ; S. M. François-Joseph est un des plus habiles tireurs de l’Europe et, aux longues distances, Elle fait des coups merveilleux dont nos plus vieux gardes sont surpris.<lb/>Nous ne parlerons pas du prince de la Moskowa, dont la réputation est bien connue, mais nous citerons, parmi les plus adroits, le prince de Liechtenstein, qui a jeté environ cent cinquante pièces.<lb/>Vers le soir, on cessa le feu et l’on s’achemina vers le point où les gardes avaient préparé le tableau.<lb/>On désigne ainsi l’ensemble des pièces abattues disposées de façon à former un tableau de nature morte.<lb/>Nos forestiers montrent beaucoup de goût dans l’arrangement du gibier ; ils composent très artistement des groupes et des scènes d’un aspect souvent remarquable, et l’on croirait qu’un peintre de talent a présidé à l’agencement du tableau.<lb/>D’ordinaire les chevreuils forment cadre, et de leur pelage sombre on tire des effets de contraste puissant avec l’éclatant plumage des faisans.<lb/>Voici la liste des pièces abattues :<lb/>Lapins, 400 ; chevreuils, 50 ; lièvres, 150 ; perdrix, 100 ; faisans (coqs et poules), 1300.<lb/>Leurs Majestés quittèrent le tiré au milieu des vivats des spectateurs. Sur leur passage à Maisons-Laffitte, à Colombes, à Courbevoie, les populations se portaient en foule et saluaient les deux souverains de leurs acclamations enthousiastes. »<lb/>S’il est à regretter de voir certains journaux de Paris commettre de graves erreurs sur des faits qui se passent à si peu de distance, il n’en faut qu’apprécier si vivement un rapport exact et consciencieux ; c’est à ce titre que nous avons été charmé par la lecture de l’article signé par M. A. Marx sur le sujet en question dans un des numéros du Figaro de cette semaine ; nous le recommandons à ceux de nos lecteurs auxquels il aurait pu échapper, car le spirituel et exact historiographe des fêtes et voyages de la Cour a non seulement fait un récit de la plus grande vérité, mais a encore su décrire parfaitement, et dans leurs moindres détails, cynégétiques et topographiques, les chasses à tir de l’Empereur, et particulièrement celles qui se répètent plusieurs fois pendant la saison, à l’extrémité de la forêt de Saint-Germain.<lb/>En somme, avis de la part de leur infime confrère, à certains grands journaux qui, dans le but d’arriver plus tôt que les autres, ressemblent à ce dandy qui voulait que son tailleur l’habillât, non pas à la mode de la veille, ni à la mode du jour, mais à celle de la semaine prochaine.<lb/>C’est ainsi que les nouvelles ne sont plus seulement habillées, mais travesties, et malheureusement se répandues beaucoup plus vite et dans un cercle bien autrement vastes que celles données par la presse locale, qui a la faiblesse de se borner à raconter strictement ce qui s’est passé.<lb/>Encore une fois, à nos lecteurs de Saint-Germain, à juger et à apprécier et surtout à se défier de certaines annonces qui, comme celles données par plusieurs journaux et notamment par le Petit Journal, ont fait réunir inutilement, pendant plusieurs heures, samedi dans l’après-midi sur le parterre, à la route des Loges et aux abords du château, une foule immense qui espérait et attendait l’arrivée des deux Empereurs, pendant que, suivant le programme arrêté, Leurs Majestés étaient déjà rendues au palais de Saint-Cloud.<lb/>Léon de Villette »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Chasse à Saint-Germain de LL. MM. les empereurs Napoléon et François-Joseph », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 44-826, 2 novembre 1867, p. 174</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">100</unitid>
              <unitdate normal="1867/1867" encodinganalog="3.1.3">6 décembre 1867</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« L’Empereur est venu chasser à tir dans la forêt de Saint-Germain avant-hier jeudi. Prévenus par les dispositions ordinaires, les habitants de Maisons avaient pavoisé leurs fenêtres sur tout le parcours de Sa Majesté qui, traversant cette commune vers dix heures et demie pour se rendre à Fromainville, a été saluée par les plus vives acclamations de la foule qui l’attendait au passage.<lb/>L’Empereur, ainsi que les personnes de sa suite, étaient en voitures fermées attelées en poste, précédées et suivies de piqueurs à cheval. Commencée à onze heures, la chasse était terminée avant trois heures ; d’énormes feux de bivouacs avaient été allumés sur l’emplacement des tirés et près du pavillon rustique où l’Empereur et sa suite prennent un instant de repos. Le parfait état de santé de Sa Majesté a été remarqué avec plaisir par tous les assistants. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17e année, n° 49-831, 7 décembre 1867, p. 193</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Note sur des travaux à l’entrée du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">101</unitid>
              <unitdate normal="1868/1868" encodinganalog="3.1.3">9 mai 1868</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Château de Saint-Germain. Les promeneurs ont pu remarquer ces jours-ci que des ouvriers étaient occupés à démolir les deux lourds piliers en pierre de taille sur lesquels s’appuyait la porte avancée construite sur la place du Château à l’époque du pénitencier militaire.<lb/>C’est à la continuelle obligeance de l’éminent architecte, M. Millet, que nous devons les renseignements suivants :<lb/>Les travaux qu’il fait faire à l’entrée du château, nous a-t-il dit, n’ont aucune importance et n’avancent en rien la restauration générale du vieux et respectable édifice ; il avait jadis conservé, par mesure d’économie, la porte cochère en bois avec ses deux gros piliers en pierre ; les battants tombaient en pourriture et devenaient hors de service, et au lieu de les remplacer, l’architecte a dû commander une plus que modeste grille en fer, ayant tout à faire le caractère d’un objet provisoire. Elle permettra le passage de l’air, facilitera l’entrée au château, mais cette installation essentiellement provisoire, répétons-le, d’après M. Millet lui-même, n’a aucune valeur ni aucun caractère artistique.<lb/>En ce qui s’applique aux travaux de restauration, le crédit alloué sur 1868 étant le même que celui des dernières années, M. Millet pense pouvoir achever le gros œuvre de toute la façade nord, donnant sur le parterre, et continuer les ouvrages sur la façade est.<lb/>Dans la dernière campagne, il n’a pu être presque rien fait à l’intérieur ; on va reprendre ou restaurer tous les éperons et l’escalier d’angle sur la cour, refaire les voûtes et les planchers de tout l’angle nord-est, et il est probable que vers le milieu de l’année 1869 tout l’angle pourra être livré à la direction des musées impériaux.<lb/>Le regrettable et regretté M. Beaune est remplacé dans ses fonctions de deuxième conservateur du musée par M. de Mortillet, archéologue savant et distingué, qui, depuis deux ou trois ans, était occupé au musée à classer et à ranger tous les objets de sa collection. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <subject>Musée</subject>
              <subject>Officiers et employés</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 18e année, n° 19-853, 9 mai 1868, p. 73</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la remise à Napoléon III par le conseil municipal de Saint-Germain-en-Laye d’une médaille commémorant la restauration du château</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">102</unitid>
              <unitdate normal="1868/1868" encodinganalog="3.1.3">12 mai 1868</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mardi dernier, le conseil municipal de Saint-Germain-en-Laye a eu l’honneur d’être admis à faire hommage à S. M. l’Empereur, aux Tuileries, de la médaille votée en commémoration de la restauration du château de Saint-Germain et de l’inauguration du musée.<lb/>L’administration et le conseil, en demandant à l’Empereur d’être admis près de lui, avaient témoigné le vœu que cette réception coïncidât avec la date du 12 mai, premier anniversaire de la visite de Sa Majesté à Saint-Germain.<lb/>La presque totalité des membres du conseil, ayant à leur tête MM. de Breuvery, maire, et Courtin, 2e adjoint, ont été présentés à l’Empereur par M. Boselli, préfet de Seine-et-Oise, intermédiaire naturel et hiérarchique de la manifestation du conseil, et par M. de Breuvery, maire de Saint-Germain.<lb/>C’est avec la bienveillance la plus marquée et toute l’affabilité possible que l’Empereur a reçu les représentants de notre ville ; après avoir serré la main du préfet et du maire, témoigné sa satisfaction de l’hommage qui lui était fait, et de l’exécution matérielle de la médaille, Sa Majesté s’est entretenue, avec les marques d’un vif intérêt, des besoins de la ville de Saint-Germain ; il a été aussi, entre l’Empereur et M. Boselli, question de certains intérêts touchant Poissy et Argenteuil, puis les membres de notre édilité se sont retirés, emportant un souvenir ineffaçable de l’accueil qui venait de leur être fait.<lb/>L’écrin, déposé entre les mains de Sa Majesté, contenait trois exemplaires en vermeil, en argent et en bronze de la médaille, frappée à la Monnaie et admirablement réussie ; elle porte à sa face le dessin exact en relief de l’angle et de la partie du château qui donne sur la place et qui offre la vue de la tour d’angle restaurée de Charles V et du beffroi. L’écusson des armes de la ville, placé à la base et engagé dans le cordon circulaire, dissimile très heureusement la partie encore non restaurée de l’entrée ; l’exergue porte cette inscription : Restauration du château de Saint-Germain-en-Laye, commencée en 1862.<lb/>Au revers on lit : A Napoléon III, la ville de Saint-Germain-en-Laye ; et en exergue : Inauguration du musée, 12 mai 1867. Décret du 8 mars 1862. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 18e année, n° 20-854, 16 mai 1868, p. 77</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de Napoléon III au musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">103</unitid>
              <unitdate normal="1868/1868" encodinganalog="3.1.3">15 mai 1868</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Samedi 16 mai, 8 heures du matin<lb/>Le train qui arrive à Saint-Germain à cinq heures vingt minutes du soir nous a amené hier d’illustres hôtes sur lesquels on était loin de compter, mais qui n’ont pu conserver le strict incognito qu’ils s’étaient proposé. L’Empereur et l’Impératrice, accompagnés d’une dame et de quelques officiers de leurs Maisons, comme eux en habit de ville, sont venus inopinément visiter le musée. Vu l’heure avancée, et le vendredi n’étant pas un jour d’ouverture, aucun des fonctionnaires du musée ou du château ne s’est trouvé là pour recevoir les augustes visiteurs : c’est un simple gardien qui les a guidés dans leur rapide visite. Arrivées un peu avant cinq heures et demie, Leurs Majestés reprenaient le train de six heures ; mais pour redescendre sur le quai, elles ont dû se faire jour à travers une foule des plus compactes, accourue, en si peu de moments, de tous les points de la ville, et qui, sur la place, dans le débarcadère et du haut de la terrasse qui domine la tranchée, les a saluées des acclamations les plus enthousiastes.<lb/>Prévenu à la hâte, M. de Breuvery, maire de Saint-Germain, a pu encore arriver assez à temps pour se trouver, au moment du départ, dans la cour du château, et présenter ses hommages à l’Empereur et à l’Impératrice.<lb/>Nous manquons d’autres détails, mais du moins nous tenons ceux-ci d’une source authentique. »</p>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Musée</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 18e année, n° 20-854, 16 mai 1868, p. 79</p>
            </bibliography>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de Napoléon III au musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1868/1868" encodinganalog="3.1.3">15 mai 1868</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Aux détails que nous avons donnés de la dernière visite faite au château de Saint-Germain par l’Empereur et l’Impératrice, nous pouvons joindre les suivants, que nous empruntons à l’Etendard :<lb/>LL. MM. l’Empereur et l’Impératrice se sont rendues vendredi à Saint-Germain, où ils ont visité le château et le musée gallo-romain.<lb/>L’Empereur et l’Impératrice sont arrivés à quatre heures vingt minutes de l’après-midi, dans la cour de l’embarcadère de la rue Saint-Lazare, dans une voiture de petite livrée et sans aucune suite. Ils sont montés, par l’escalier commun à tous les voyageurs, dans la salle des Pas-Perdus, où un valet de pied a pris au guichet leurs billets pour Saint-Germain.<lb/>L’incognito n’a pu être longtemps observé : tous ceux qui se pressaient dans les salles pour partir ont reconnu Leurs Majestés, qui se sont rendus sur le quai de la gare en traversant les salles d’attente.<lb/>Averti à ce moment de leur présence, M. Julien, directeur des chemins de fer de l’Ouest, est venu en toute hâte auprès de l’Empereur, qui lui a donné la main, et, après avoir échangé quelques paroles, Leurs Majestés ont pris place dans le train ordinaire n° 19.<lb/>Leurs Majestés sont revenues par la même voie à 7 heures 43 minutes. M. Julien les a reçues en descendant du wagon et accompagnées jusqu’au bas de l’escalier de l’embarcadère, où les attendait la même voiture qui les avait amenées.<lb/>(L’Etendard) »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 18e année, n° 21-855, 23 mai 1868, p. 81</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description des nouvelles salles du musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1868/1868" encodinganalog="3.1.3">15 août 1868</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le musée gallo-romain au château de Saint-Germain<lb/>Sous l’active et savante direction de M. Alexandre Bertrand, le musée de Saint-Germain se complète et s’agrandit tous les jours. Non seulement les vitrines se remplissent de nombreux et curieux objets, mais encore des salles nouvelles s’ouvrent successivement à de brefs délais.<lb/>Depuis le 1er juin, le public est admis à visiter une salle de l’entresol, dans laquelle se trouve réunie une belle et longue série de statues, bas-reliefs et inscriptions fournissant les plus précieux renseignements sur la Gaule.<lb/>Au milieu de la salle, se dresse la statue du soldat gaulois du musée Calvet, d’Avignon.<lb/>Derrière se voient les bas-reliefs d’Entremont, près d’Aix-en-Provence, avec des têtes coupées et le cheval gaulois. Ce sont là peut-être les plus anciens monuments d’art de nos pères.<lb/>Puis viennent de nombreux petits autels votifs qui nous apprennent une mythologie toute spéciale. Ils nous révèlent une série de divinités locales, Luhé, Léheven, Sex Aubon, etc., dont nous n’avons jamais entendu parler au collège. Pourtant, toutes ces divinités avaient leur culte, et parfois l’autel porte dans son sein un tronc pour recevoir les offrandes. Une autre particularité fort intéressante, c’est de voir une espèce de croix gravée sur la face d’un certain nombre de ces autels, qui pourtant sont étrangers et antérieurs au christianisme.<lb/>Plus loin, dans le couloir le long des fenêtres, sont des pierres tombales qui nous montrent que, chez les Gaulois, les corps de métier étaient constitués en corporations. On voit là le constructeur avec le ciseau, le marteau, la truelle, la hache et la scie ; le verrier armé de son creuset et d’une grande pince ; le débitant de boisson servant à boire, etc.<lb/>A la suite de ces pierres tombales, il en est quelques autres qui reproduisent le costume national. Les personnages représentés ont tous le torque, ou collier torse au cou. Le vêtement d’en bas est plus ou moins collant. Le haut du corps est recouvert d’une espèce de tunique assez courte, fermant sur le côté. Puis vient le manteau jeté sur l’épaule.<lb/>Ce sont aussi des pierres tombales qui nous fournissent tous les détails du costume militaire sous la domination romaine : on voit l’auxiliaire gaulois à cheval et le soldat engagé dans les légions.<lb/>Au 15 août, s’ouvriront deux nouvelles salles faisant suite à la précédente<lb/>Dans la première, dont l’Empereur a fait les frais, sont provisoirement réunies toutes les pièces qui concernent la conquête des Gaules par César. C’est comme le musée démonstratif du livre de l’Empereur.<lb/>Le centre de la pièce est occupé par un magnifique plan en relief d’Alise, à l’échelle exacte de cinq décimètres par kilomètre, œuvre de M. Abel Maître, l’habile chef des ateliers de moulage et de réparation du musée. On peut, sur ce plan, suivre toutes les phases de la lutte suprême des Gaulois contre les Romains.<lb/>Les armes et monnaies trouvées à Alise sont étalées autour du plan et prouvent jusqu’à l’évidence que l’Alesia de César est bien Alise-Sainte-Reine de Bourgogne.<lb/>De petits modèles des défenses du camp de César, des attaques des places fortes et des machines de guerre, des vitrines contenant les diplômes militaires gravés sur bronze et des projectiles en plomb, des cadres renfermant tous les détails des armes offensives et défensives, des restitutions d’armes anciennes, péplum et javelot avec l’amentum, initient le visiteur à tous les détails de l’art militaire, initiation complétée et confirmée par une série choisie des bas-reliefs de la colonne Trajane.<lb/>Il reste encore à citer dans cette salle une vitrine contenant le produit des fouilles du Puy-d’Issolut, que l’on croit être Urelodunum ; du Mont-Beuvery, où l’on place Bibracte ; de l’oppidum gaulois de Meurccint.<lb/>La seconde salle, ouverte au 15 août, vient à la suite de celle de César, ou de la Conquête. Elle contient des collections toutes différentes. Elle est consacrée à l’histoire naturelle appliquée à l’archéologie. On verra là les plantes et les animaux qui ont accompagné l’homme à chaque époque ; les pierres et les minéraux qui, aux divers âges, ont alimenté son industrie. Des crânes et squelettes provenant de stations et tombes diverses nous feront connaître les populations qui ont successivement occupé le sol de la France.<lb/>Ces collections ne font que commencer, mais elles peuvent et doivent prendre un grand et utile développement, qui les mettra bientôt au niveau de toutes celles que contient le musée, établissement qui, quoique jeune encore, nous est déjà envié par les nations étrangères.<lb/>Gabriel de Mortillet »</p>
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              <subject>Musée</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Gabriel de Mortillet, « Le musée gallo-romain au château de Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 18e année, n° 32-866, 15 août 1868, p. 130</p>
            </bibliography>
          </c>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1868/1868" encodinganalog="3.1.3">22 octobre 1868</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Avant-hier jeudi, pour la première fois depuis son retour de Biarritz et le commencement de la saison, l’Empereur a chassé 5 tir dans les réserves de Fromanville. Parmi les personnes de distinction qui accompagnaient Sa Majesté, se trouvaient le général Fleury, M. le marquis de La Valette, le docteur Conneau, etc. Cette chasse a été favorisée par une belle journée d’automne exceptionnelle depuis quelques jours ; l’Empereur paraissait jouir d’une santé parfaite ; le service des rabatteurs a été fait comme toujours par des cavaliers à pied des Chasseurs de la Garde. Nous manquons jusqu’ici de détails plus circonstanciés. »</p>
            </scopecontent>
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              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 18e année, n° 43-877, 24 octobre 1868, p. 169</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">État des travaux de restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">107</unitid>
              <unitdate normal="1869/1869" encodinganalog="3.1.3">24 avril 1869</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Château de Saint-Germain<lb/>Travaux accomplis et en voie d’exécution<lb/>L’an dernier, en 1868, l’architecte, M. Eugène Millet, avait été mis en demeure de procéder à la façon des ouvrages annuels le 14 mars et, à cette époque, le crédit était ouvert et les soumissions des entrepreneurs approuvées.<lb/>Le crédit alloué était de 200000 fr. ; on se mettait à l’œuvre et on poursuivait les travaux de restitutions et consolidation des bâtiments joignant la loge de l’escalier d’honneur et aussi l’achèvement des maçonneries, des faces nord-est, du pavillon d’angle à la même orientation.<lb/>A l’intérieur, l’on construisait les cheminées et leurs tuyaux, les éperons, les corbeaux et les corniches destinées à supporter les planchers en charpente ; dans la cour, les contreforts étaient repris en sous-œuvre, consolidés et restaurés.<lb/>Ces ouvrages achevés, les habiles ouvriers, tous parfaitement dignes du maître sous les ordres duquel ils travaillent avec tant d’intelligence, s’occupèrent de la restauration de toutes les croisées, tant sur la cour que sur le parterre, et de la pose du dallage – terrasse formant promenade au premier étage vers le parterre.<lb/>Pareil travail était effectué sur la façade est et pour les travaux qui touchent la tourelle d’encoignure. Pour éviter tous désordres dans les constructions neuves, M. Millet devait songer à protéger tout l’angle nord-est avant la saison d’hiver ; il prescrit en conséquence la restauration, ou plutôt la reconstruction des voûtes supérieures de toute cette partie du château de Saint-Germain.<lb/>Cela fait, on établissait les toitures définitives, et ce fut alors que l’on vit les ouvriers débarrasser complètement l’extrémité de la façade nord de tous les restes des échafaudages ayant servi à l’exécution des divers ouvrages.<lb/>L’architecte avait pu donner à la façade son aspect sur le parterre et dans son ensemble ; mais toute cette portion de l’œuvre n’était pas et n’est pas chose achevée. Il faut, sur la cour, restaurer et consolider la tourelle contenant l’escalier ; il faut compléter toutes les balustrades joignant cette tourelle et construire tous les planchers à neuf, car la plupart des bois de charpente sont pourris et tombent en poussière.<lb/>A l’intérieur, il y a encore quelques reprises à effectuer ; il faudra faire tous les enduits des diverses pièces. Ces derniers ouvrages exécutés, on sera contraint de faire sécher un peu toutes les maçonneries, précautions indispensables pour des murailles d’une aussi forte épaisseur, et de ne procéder qu’ensuite aux travaux de peinture et de décoration.<lb/>On compte n’achever toute la partie nord-est du château qu’à la fin de 1869, peut-être même qu’en 1870, et voici les raisons que, dans une obligeante conversation, M. Millet a bien voulu nous en donner.<lb/>Le château de Saint-Germain, dans sa partie sud-est, à l’angle de la rue du Château-Neuf, est dans un état pitoyable ; le vieux pavillon s’affaisse sur lui-même et déchire toutes les vieilles et respectables bâtisses de François Ier, que M. Millet doit, dit-il, remettre en honneur et en situation de se présenter dans le monde.<lb/>Depuis deux ou trois ans, il était inquiet sur cette partie du château, et a dû solliciter l’autorisation de s’en occuper spécialement.<lb/>Au point de vue des intérêts qu’il est appelé à défendre, il y avait une grande importance à consolider les vieilles constructions de cette portion de l’ancien manoir ; il est donc obligé d’abandonner un peu l’angle nord-est pour s’occuper de l’autre angle de la façade, vers la cité Médicis ; pendant ce temps-là, les maçonneries gâcheront, et l’on pourra sans crainte faire la menuiserie et la peinture.<lb/>Pendant le cours des travaux, M. Millet retrouve sans cesse des vieux fragments de l’antique château de Charles V. Dans le corps du logis de l’est, il a, dit-il, constaté encore de nombreux fragments des murailles du XIVe siècle ; il ne sait s’il arrivera à trouver assez de débris pour pouvoir plus tard tracer à peu près le plan du vieux château féodal de Saint-Germain-en-Laye, mais il inscrit, ajoute-t-il, sur son journal, et avec le concours de son inspecteur et ami, M. Choret, tout ce qu’il trouve, et, un jour peut-être, pourront-ils tous deux donner de précieux renseignements sur les constructions militaires du roi Charles V.<lb/>Voilà ce que, dans sa modestie, M. Millet a cru devoir qualifier de bavardages, mais ce qui, pour nous et nos lecteurs, devenait une précieuse communication dont nous avons cherché à retenir les éléments, réunis et transcris aussi fidèlement que nos notes et notre mémoire ont pu nous le permettre.<lb/>Léon de Villette »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Château de Saint-Germain, travaux accomplis et en voie d’exécution », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 19e année, n° 18-904, 24 avril 1869, p. 71</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de l’empereur au musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">108</unitid>
              <unitdate normal="1869/1869" encodinganalog="3.1.3">28 juillet 1869</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mercredi soir, à quatre heures un quart, l’Empereur est venu de Saint-Cloud à Saint-Germain, en voiture découverte, et s’est arrêté à la porte du château donnant rue du Château-Neuf. Sa Majesté n’était pas attendue et n’a pu être reçue que par M. Chevalier, concierge spécial de cette entrée interdite au public. L’Empereur, qui était accompagné du général Lepic et de deux autres messieurs, a visité d’abord tous les chantiers extérieurs, puis il a parcouru, ensuite, quelques salles du musée, et est reparti cinq quarts d’heure environ après son arrivée. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 19e année, n° 38-921, 31 juillet 1869, p. 149</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite de l’empereur au musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">109</unitid>
              <unitdate normal="1869/1869" encodinganalog="3.1.3">28 juillet 1869</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Nous croyons être agréable à nos lecteurs et à tous nos concitoyens, en général, en publiant les faits suivants, dont nous pouvons garantir l’authenticité :<lb/>L’Empereur, lors de sa dernière visite au chantier des travaux du château, a appris que, faute de crédits suffisants, on avait congédié un certain nombre d’ouvriers, et qu’enfin, en juillet, on avait réduit l’atelier comme à l’entrée de l’hiver. Sa Majesté, après s’être enquise de la situation des ouvriers qui, tous, ou presque tous, sont de la ville, a ordonné la reprise des travaux.<lb/>Dans un entretien que M. Millet, architecte du château, a eu l’honneur d’avoir au palais de Saint-Cloud avec l’empereur, Sa Majesté a bien voulu lui annoncer qu’Elle accordait, pour les travaux du château de Saint-Germain, une somme de 100000 fr., qui serait payée sur sa cassette, à raison de 10000 fr. par mois.<lb/>A ce fait, qui intéresse l’art et les ouvriers du château, nous pensons pouvoir, sans trop d’indiscrétion, raconter une conversation que nous avons été heureux d’avoir avec M. Eugène Millet, et dans laquelle il nous témoignait tout le chagrin que lui causait l’idée de se séparer de ses bons et braves auxiliaires, au milieu du mois de juillet.<lb/>« Le crédit alloué, nous disait-il, me permettra d’activer la démolition du pavillon sud-est ; j’espère bien même continuer les éperons destinés à supporter la tourelle d’encoignure et me trouver aussi à même de pousser avec une certaine activité les travaux de la cour ». »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 19e année, n° 42-925, 28 août 1869, p. 166</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Vœux concernant la restauration du parterre de Le Nôtre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">110</unitid>
              <unitdate normal="1869/1869" encodinganalog="3.1.3">16 octobre 1869</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Château de Saint-Germain<lb/>L’ancien et le nouveau parterre. Les travaux actuels de rectification des parapets du fossé de la façade nord<lb/>Le Nôtre (André), le savant architecte chargé par Louis XIV des jardins de Sceaux, des Tuileries, de Clagny, de Saint-Cloud, de Chantilly, de Versailles, etc., etc., a fait aussi le parterre de Saint-Germain.<lb/>A Saint-Germain, cet artiste a su créer, dans un terrain fort irrégulier, une charmante promenade. Il a pris d’abord l’axe de la loge de l’escalier d’honneur qu’il a joint au couvent des Loges, et il créait dans cet axe la belle avenue que nous admirons tous.<lb/>C’est dans cet axe aussi, mais plus rapproché, qu’il établissait une allée qu’il bordait d’arbres taillés et de compartiments de broderies et de fleurs formant le vrai parterre, au-devant du château. Toujours sur la même ligne, le savant architecte plantait l’hémicycle et les deux avenues de tilleuls dont il reste encore des traces à l’ouest de la tranchée de la gare.<lb/>A l’est de ce parterre de fleurs, il formait un boulingrin triangulaire qui lui permettait de gagner le nouvel axe des plantations, utiles pour se placer parallèlement à l’admirable terrasse qu’il voulait construire à Saint-Germain. A la suite de ce boulingrin, Le Nôtre plantait le quinconce qui joint la terrasse.<lb/>Tout cela était savant, harmonieux et fort habile. Ces dispositions ont été conservées fort longtemps, car on peut voir, à la mairie, un plan d’alignement remontant, croyons-nous, à 1810, qui indique encore les arrangements dont nous venons de parler.<lb/>Le Nôtre avait parfaitement compris qu’il ne pouvait border le fossé nord du château par l’allée en pente qui va de la place du Château à la terrasse. Il avait compris que pour border le château, il fallait qu’il trouvât partout des lignes horizontales. Il établissait alors devant le fossé nord une petite terrasse de niveau, et les gravures de Pérelle et de Rigault indiquent toutes cet arrangement, bien naturel d’ailleurs. Pour accéder à cette petite terrasse, et pour descendre au parterre, dans l’axe de la loge de l’escalier d’honneur, il y avait un large perron composé de sept marches et ayant, à ce qu’il paraît, environ vingt mètres de largeur. Cette petite terrasse devait avoir, selon M. Eugène Millet, une dizaine de mètres de largeur, et elle se développait parallèlement au mur de fossé.<lb/>Ce sont tous ces arrangements que, dans une récente conversation, l’habile architecte du château nous disait désirer vivement voir revivre : tout cela accompagnerait bien mieux le château que la terrasse actuelle en forme de balcon.<lb/>Il est facile, pour s’expliquer ces souvenirs et ces restes, de se reporter à toutes les vieilles images donnant la face nord du château, voir, par conséquent, la belle estampe de Rigault, si répandue à Saint-Germain, et qui a pour titre : Vue du vieux château de Saint-Germain-en-Laye, et aussi les petites gravures dont est illustré le Précis historique de MM. Rolot et de Sivry.<lb/>La terrasse-bastion, le parterre actuel, disposés pour le déblai du chemin de fer, et non pour le château qui a été oublié, forment un vilain entourage au vieux monument historique.<lb/>On ne sait encore si la Liste civile voudra revenir au jardin de Le Nôtre. M. Millet est d’avis que ce serait fort utile et fort heureux pour le château et pour le parterre.<lb/>En attendant, il est certain que les travaux en cours d’exécution pour la rectification des parapets vont amener au moins le redressement de la petite terrasse et le rétablissement du large et insuffisant perron remplaçant les petits escaliers étroits actuels. Le reste viendrait plus tard, et c’est aussi, dit-on, le projet et le désir de l’Empereur.<lb/>Tout cela met à néant, bien entendu, les versions ridicules qu’on fait courir certains oisifs, qui veulent en savoir plus que l’architecte lui-même, que le rapprochement des parapets avait pour but, après la suppression de la petite terrasse, la création d’une allée carrossable, allant de la place du Château à la grille du Boulingrin, en longeant le fossé.<lb/>La voie carrossable dont on parle existe déjà. Il suffirait, si telle était l’intention de la Liste civile, d’ouvrir la grille entière pour que les voitures aillent rejoindre la terrasse ; cela n’a rien d’impossible et reste tout à fait indépendant des travaux actuels.<lb/>Tels sont les renseignements qu’avec son obligeance ordinaire et inépuisable, M. Millet, dans une récente visite, a bien voulu nous donner sur cette partie des travaux actuels.<lb/>Léon de Villette »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Grand Parterre</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Château de Saint-Germain. L’ancien et le nouveau parterre. Les travaux actuels de rectification des parapets du fossé de la façade nord », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 19e année, n° 49-930, 16 octobre 1869, p. 194</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse impériale à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">111</unitid>
              <unitdate normal="1869/1869" encodinganalog="3.1.3">20 décembre 1869</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Lundi dernier, l’Empereur est venu chasser à tir à Saint-Germain. Sa Majesté est passée à Maisons à dix heures et demie ; la chasse a commencé à Fromainville à onze heures ; le déjeuner a eu lieu à midi à la chaumière rustique. A trois heures et demie, la chasse était terminée, le retour s’est effectué à quatre heures par Maisons, dont toutes les fenêtres étaient pavoisées sur le passage de l’Empereur.<lb/>Les personnages de distinction qui, avec ceux de la Maison et du service de l’Empereur, accompagnaient Sa Majesté étaient, autant qu’il nous a été possible de nous renseigner : MM. le prince Joachim Murat, de Corberon, Pietri, secrétaire ; le prince de la Moskowa, Costa de Beauregard, Raimbaud, écuyer ; Cruzman, officier d’ordonnance, et le docteur baron Corvisart. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <persname role="subject">Napoléon III</persname>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 19e année, n° 59-940, 25 décembre 1869, p. 253</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">État des travaux de restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">112</unitid>
              <unitdate normal="1869/1869" encodinganalog="3.1.3">29 janvier 1869</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Travaux du château de Saint-Germain, 1869-1870<lb/>Le Petit moniteur du soir annonçait, il y a quelques jours, dans ses petites nouvelles, « que les travaux du château de Saint-Germain allaient être incessamment repris ». Comme nous ne sachions pas qu’ils aient été suspendus autrement que par le chômage forcé par le mauvais temps de ces derniers jours, nous avons dû joindre à une visite personnelle les renseignements suivants puisés aux sources les plus authentiques.<lb/>On a ouvert à M. Millet son crédit habituel pour 1870 mais, jusqu’à ce moment, rien encore pour le crédit des gros ouvrages. Sans le secours inattendu de l’Empereur, l’architecte se voyait obligé, à la fin de juillet dernier, de cesser « à peu près » tout travail dans le château. Il eut été forcé de donner, en juillet, l’ordre de réduire le nombre des ouvriers dans la proportion habituelle de l’hiver.<lb/>Ce secours, que nous avons eu déjà l’occasion de signaler, lui a permis d’attaquer, avec quelque vigueur, les travaux nécessaires à l’établissement de la terrasse devant longer la façade nord du château ; sans les froids rigoureux que nous traversons, on eut achevé la maçonnerie du mur de soutènement de cette petite terrasse du parterre de Le Nôtre ; toutes les pierres sont préparées et, avec quelques beaux jours, on pourra terminer le travail.<lb/>Les fonds de la cassette impériale ont permis aussi de poursuivre la démolition du pavillon sud-est et préparer nombre de raccords sur ce point du monument ; on a même posé douze ou quinze assises de la partie basse de la tourelle devant épauler cet angle.<lb/>En ce moment, les menuisiers posent les croisées de la partie sise au-delà de l’escalier d’honneur et de la partie en retour vers la cité Médicis ; les vitriers, à leur tour, s’occupent de la pose de leurs vitraux ; M. Berthier, le nouvel entrepreneur de menuiserie, commence sa façon des plafonds en bois de l’angle nord-est.<lb/>Sur la cour, les intelligents ouvriers chargés de la maçonnés ont ébauché divers ouvrages dans l’encoigneure fermée par les bâtiments sud et est ; ils se sont occupés aussi de divers travaux souterrains, utiles à la restauration de l’angle vers la rue du Château-Neuf.<lb/>Il y a donc lieu d’espérer que la froid va cesser et d’un crédit sur 1870 mettra l’habile architecte à même de poursuivre l’œuvre grandiose dont il s’agit.<lb/>Pendant cette campagne, on pense devoir achever ou du moins bien avancer l’angle nord-est. Dans la nouvelle encoignure, il reste à dégager la tourelle, à refaire un escalier, à ériger les cheminées intérieures et à retrouver enfin le vieux pavillon de François Ier.<lb/>Tels sont les renseignements, des plus certains, nous le répétons, que nous avons cru devoir porter à la connaissance de nos concitoyens de Saint-Germain, de nos confrères de la presse et de tous ceux qui s’intéressent à l’intelligence et artistique restauration de notre vieux manoir.<lb/>L. de V. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Travaux du château de Saint-Germain, 1869-1870 », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 20e année, n° 5-945, 29 janvier 1870, p. 18</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la visite de l’archiduc Albert d’Autriche au musée de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">113</unitid>
              <unitdate normal="1870/1870" encodinganalog="3.1.3">1er mars 1870</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Mardi dernier, l’archiduc Albert d’Autriche est venu par le chemin de fer à Saint-Germain pour visiter le musée ; son arrivée avait été annoncée pour une heure et demie, mais ce n’a été qu’au train suivant que M. le commandant Rouvière, adjudant du Palais de Saint-Germain, a pu se trouver en grand uniforme au devant du prince. S. A. I., en habit de ville comme les deux ou trois personnes qui l’accompagnaient et parmi lesquelles était, nous a-t-on dit, M. le comte Clary, officier d’ordonnance de l’Empereur, a été reçue ensuite par MM. Bertrand, conservateur, de Mortillet, attaché au musée, et Eugène Millet, architecte du château.<lb/>Ces messieurs ont fait au prince les honneurs du musée et du château pendant cette visite qui, malgré sa rapidité, a paru l’intéresser vivement. Ils l’ont ensuite accompagné dans une courte promenade sur le parterre et la terrasse, en attendant l’heure de quatre heures pour le départ du train qui devait ramener le prince à Paris. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Musée</subject>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 20e année, n° 10-950, 5 mars 1870, p. 37</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de travaux dans le Grand Parterre du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">114</unitid>
              <unitdate normal="1870/1870" encodinganalog="3.1.3">25 juin 1870</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« La nouvelle esplanade de la façade nord du château dans l’axe de la route des Loges vient de recevoir son complément de décoration grâce aux soins de M. Millet par la pose de piédestaux sur lesquels on achève de placer des vases dans le goût de l’époque de Le Nôtre, le créateur de notre belle terrasse et dont en cherchant bien on peut trouver encore deux spécimens bien conservés auprès du massif de marronniers à gauche de la grille des Loges.<lb/>Ces vases d’un excellent effet sont sculptés dans de la pierre de Poissy ; par mesure de précaution seulement et surtout en vue des enfants, l’architecte a établi tout le long de l’esplanade des rampes en fer dites garde-corps, précisément comme celles qu’on peut voir aux Tuileries sur les terrasses du bord de l’eau, des Feuillants et sur les rampes de la partie qui domine la place de la Concorde. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Grand Parterre</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 20e année, n° 26-966, 25 juin 1870, p. 101</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de l’installation d’une ambulance dans le château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">115</unitid>
              <unitdate normal="1870/1870" encodinganalog="3.1.3">3 septembre 1870</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« On verra plus loin, et tous les journaux l’ont annoncé, que les châteaux impériaux allaient recevoir des ambulances, et que celui de Saint-Germain était du nombre. Nous avions déjà appris que M. le docteur Le Piez, chirurgien de l’hospice, avait eu cette heureuse idée qu’il avait communiquée à M. Bertrand, conservateur du musée impérial, qui s’était empressé de l’accueillir avec faveur, et, partant immédiatement pour Paris, en avait rapporté l’autorisation et les instructions nécessaires.<lb/>Depuis et à la date du 29 août, M. de Mortillet, attaché au musée, avait bien voulu nous écrire pour nous annoncer qu’on organisait au château une ambulance de 60 lits ; on a pu voir, dès les premiers jours de la semaine, sur la façade du côté de la place, une inscription constatant cette destination. L’ambulance occupera, nous dit notre honorable correspondant, de grandes et belles salles nouvellement restaurées regardant le parterre et faisant suite à celles du musée.<lb/>Il veut bien ajouter que, connaissant le dévouement de la direction et de la rédaction de l’Industriel à toute œuvre utile, il vient avec pleine confiance leur demander leur concours et les assurer de la reconnaissance de l’administration et du musée, pour vouloir bien ainsi seconder ses efforts, au moyen de la publicité dont le journal dispose.<lb/>De son côté, sur l’observation de M. le docteur Le Piez relativement à la nécessité de centraliser le plus possible le service des ambulances et de les établir à des distances qui rendent les visites des chirurgiens les plus immédiates et plus fréquentes, M. Bulté n’a pas hésité à reporter sur l’ambulance du château les bienfaits des démarches qu’il a faites dans l’intérêt de l’établissement d’une ambulance d’abord projetée dans l’ancien hôpital.<lb/>[…]<lb/>[p. 142] Ambulance du château<lb/>Une grande et belle ambulance, pouvant contenir cinquante à soixante lits, s’organise dans les vases salles du château de Saint-Germain nouvellement restaurées. Celles salles donnant sur le parterre sont bien éclairées, bien aérées et fort gaies. A partir de dimanche 28 août, il a été fait, avec l’appui de la mairie, appel au bon secours des habitants de la ville, qui y ont répondu de la manière la plus patriotique et la plus dévouée. En cinq jours, les soixante lits tout garnis ont été trouvés. Il faudrait maintenant des prêts et dons de tables de nuit, de sièges, de descentes de lit, de chemises et autre linge d’homme, de charpie, de vieux linges pour bandages, de provisions, surtout riz, café, sucre. »</p>
            </scopecontent>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 20e année, n° 36-706, 3 septembre 1870, p. 141-142</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la reprise des travaux de restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">116</unitid>
              <unitdate normal="1870/1870" encodinganalog="3.1.3">23 septembre 1870</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« C’est avec une certaine satisfaction, qui sera comprise de tous nos lecteurs, que nous avons vu depuis quelques jours la reprise des travaux au château de Saint-Germain, que les gens à mauvaises nouvelles disaient abandonnés, pour ainsi dire, à tout jamais ; des ouvriers en petit nombre, il est vrai, sont occupés à la continuation de la façade est, où l’on travaille, autant que nous pouvons le savoir, à la construction d’un escalier intérieur. Il est certain, il faut bien le reconnaître, que dans l’état de choses actuel, les allocations destinées jadis à la restauration du château et à la continuation du musée ne seront et ne peuvent être aussi largement accordées qu’autrefois ; mais la reprise des travaux nous prouve ce que nous savions déjà ; c’est que, dans son retour au ministère des Travaux publics, le château ne court aucun risque de se voir abandonné dans le projet de restauration si savamment et si artistiquement conçu et exécuté ensuite par M. Millet, aux attributions duquel le ministère a joint la surveillance, la direction et enfin tous les travaux des jardins du parterre qui, sous l’Empire, ne dépendaient aucunement de l’architecte du château et qui va successivement être rétabli, pour mieux dire redressé, sur les plans de Le Nôtre. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
              <geogname>Jardins</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 21e année, n° 26-733, 23 septembre 1871, p. 79</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de découvertes dans la cour du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">117</unitid>
              <unitdate normal="1872/1872" encodinganalog="3.1.3">13 mai 1872</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Château de François Ier à Saint-Germain-en-Laye<lb/>L’irrégularité de la cour du château de Saint-Germain a attiré l’attention de tous les écrivains qui se sont occupés de la vieille demeure royale.<lb/>Les uns ont voulu voir dans le tracé du plan l’intention de former un D gothique en souvenir de Diane de Poitiers. Nous ne savons si à l’époque où François Ier érigeait le monument, il voulait se montrer si reconnaissant envers la douce protégée de Henri II ; et puis, si il était d’usage de ciseler les initiales aimées sur les murailles en pleine lumière, il nous semble qu’il était à peine aimable de se borner à tracer, sur le sol, une lettre, avec le plan d’une construction.<lb/>Le savant architecte Du Cerceau, qui a étudié le château peu de temps après sa construction, qui nous a laissé dans son premier volume des Excellents Bâtiments de France publié en 1576 des dessins et une notice, attribue l’irrégularité du plan à ce que François Ier aurait érigé le monument sur les vieilles fondations du château existant, sur le même emplacement, et construit sous le règne de Charles V. Le texte de Du Cerceau est forme à cet égard, et nous ne saurions mieux faire que d’extraire les lignes suivantes :<lb/>« Cette place a été tenue par les Anglois durant leur séjour en France. Depuis eux estant déchassez, elle demeura quelque temps sans entretien. Or est-il advenu que le roy François premier, trouvât-il ce lieu plaisant, feit abbattre le viel bastiment, sous toucher néantmoins au fondement, sur lequel il feit redresser le tout comme on le voit pour le jourd’hui, et sans rien changer audit fondement, ainsi que l’on peult cognoistre par la court, d’une assez sauvage quadrature. »<lb/>L’affirmation de Du Cerceau nous a toujours paru trop précise ; François Ier ayant conservé dans la cour une salle basse du XIVe siècle, qui est dirigée perpendiculairement au corps de logis sur la place, tandis que le bâtiment vers le parterre a une direction très oblique par rapport à ce même corps de logis. La voûte de la construction de Charles V était entamée sous François Ier pour fonder, avec une direction très différente, le logis du nord, et sur ce point, depuis bien longtemps alors, il est prouvé que les constructeurs de François Ier n’ont pas utilisé bien des parties des vieilles fondations du XIVe siècle.<lb/>Depuis plus de dix ans qu’on poursuit la restauration de l’important édifice, il est arrivé bien des fois, en entamant le sol, de rencontrer des restes du château de Charles V. L’on a mis à découvert, à bien des reprises, de vieux pans de murs couronnés par une assise moulurée du socle ayant alors date certaine, et toujours ces restes de murailles étaient soit perpendiculaires, soit parallèles au bâtiment ouest de François Ier. Sur ces points encore alors, les vieilles maçonneries souterraines n’avaient pas été utilisées par les artistes de la Renaissance.<lb/>Il y a peu de jours, en opérant quelques fouilles dans le fond de la cour, pour remettre le pavage à son ancienne place, on a trouvé tous les soubassements d’une grande salle de rez-de-chaussée présentant encore son âtre de cheminée formé avec des tuiles émaillées, posées de champ, et formant mosaïque. A l’angle nord-est de cette salle, on trouvait une porte donnant entrée à une tourelle d’escalier, ayant conservé en place deux de ses marches, et flanquant le bâtiment de Charles V. Ces importantes substructions, qui présentent le plus grand intérêt, qui sont d’un aspect imposant, qui sont et seront conservées immédiatement sous le pavé de la cour, ont toujours les directions signalées précédemment, qui sont très différentes de celle adoptées pour les bâtiments de François Ier.<lb/>Les très nombreuses bâtisses du XIVe siècle trouvées dans le sol ne sont jamais sous les murs du château actuel, et, de ces découvertes, il faut conclure que Du Cerceau s’est complètement trompé en attribuant l’irrégularité de la cour à ce qu’on aurait construit les bâtiments sur les vieilles fondations du château fortifié. L’on peut admettre que le bâtiment ouest a repris la place d’une bâtisse de la forteresse, mais cela importe peu à l’irrégularité de la cour du château, et, nous le répétons, les constructions du château n’étant jamais posées sur les fondations du XIVe siècle, il faut trouver une autre cause à la disposition irrégulière et originale des divers bâtiments composant la demeure érigée par le roi François Ier à Saint-Germain-en-Laye.<lb/>E. L.<lb/>13 mai 1872 »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 20e année, n° 21-1144, 24 mai 1873, p. 2</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">État des travaux de restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">118</unitid>
              <unitdate normal="1872/1872" encodinganalog="3.1.3">28 septembre 1872</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le château de Saint-Germain, septembre 1872<lb/>Ainsi que nous le faisons chaque année et principalement vers la fin des travaux de la campagne, nous croyons être utiles à l’intérêt de l’art et à celui de la ville en publiant sur notre vieux manoir et sa restauration, si heureusement entreprise et continuée par M. Eugène Millet, les renseignements qu’en outre de nos fréquentes visites, nous puisons à des sources certaines. Voici donc l’état où se trouve actuellement le monument en voie de restauration.<lb/>Le crédit restreint alloué à ces importants travaux ne permet pas de poursuivre activement l’œuvre de restauration. Les désordres sont cependant graves sur tous les points. La belle sainte chapelle de Saint-Louis s’écrase sous les tristes bâtisses qui la surmontent et qui lui ont été imposées à la fin du XVIIe siècle ; néanmoins, l’architecte continue ses travaux et nous devons remercier M. le ministre des Travaux publics des ressources qu’il veut bien consacrer à cette restitution intéressant tous les artistes qui s’occupent des diverses phases de notre art national, et se reliant à un si haut degré à notre ville, et nous dirons même à son avenir.<lb/>Le bâtiment méridional, sur la rue du Château-Neuf, était assurément, par sa situation, le plus favorable à l’habitation. Au XVIe siècle, tous les terrains compris entre le château et le côté de Versailles – où s’élèvent actuellement de nombreuses villas et les quartiers et casernes – étaient livrés de toute construction  et de ce point du château, on découvrait les ravissants coteaux de Marly, de Louveciennes, de Bougival, et l’œil pouvait suivre la Seine enserrant dans son gracieux parcours les bois du Vésinet.<lb/>Le créateur de l’œuvre avait alors disposé ce corps de logis pour l’habitation privée et intime de tous les siens et, par ces pièces relativement petites, ces escaliers de service multipliés, sa galerie de dégagement, il devait admirablement se prêter à sa destination.<lb/>Des traces de tout cela subsistent ; elles sont nombreuses et indiquées d’ailleurs de la façon la plus nette dans les planches du savant architecte Du Cerceau, gravées et publiées en 1576 – ne pas confondre, comme l’on fait certains journalistes ignorants, avec le P. Ducerceau, jésuite, auteur, entre autres ouvrages, d’un théâtre spécial à l’éducation scolaire.<lb/>Les dispositions d’ensemble sont simples et bien entendues : ainsi, dans le premier étage, au midi, l’habitation proprement dite ; à l’est, les appartements de parade ou de luxe ; au nord, sur le parterre, les salles d’apparat ou de réception, et enfin à l’ouest, à l’extrémité de cet ensemble, la belle galerie des fêtes et des grandes réunions<lb/>C’est là assurément la disposition primitive, car le roi Louis XIV, s’étant trouvé à l’étroit dans l’aile méridionale, aurait, dit-on, fait installer sa chambre à coucher et ses appartements particuliers dans le pavillon nord-est, et dans les pièces voisines.<lb/>L’administration des bâtiments civils veut assurément, en restaurant le château de Saint-Germain, le retour aux anciens arrangements, et dans le bâtiment sud, on doit retrouver les nombreuses distributions et y installer la bibliothèque du musée, les cabinets des conservateurs, la salle du conseil, et, dans les étages secondaires, ménager quelques logements pour des employés ou gardiens. Ce côté du château sera mis en communication avec la rue du Château-Neuf par une passerelle en bois traversant le fossé et dont les dispositions sont indiquées dans une des jolies gravures d’Israël Sylvestre.<lb/>En 1871, on commençait la restauration du bâtiment sud, et la continuation de l’escalier de service dans le pavillon sud-est.<lb/>En 1872, au commencement de la campagne, on achevait l’escalier dont il vient d’être parlé et l’on complétait la construction des quatre éperons supérieurs de la façade sud-est, au droit de l’escalier ou de ses annexes. On continuait aussi la restauration des contreforts correspondants sur la cour. Des reprises partielles et de détails sont en cours d’exécution dans diverses parties du bâtiment qui nous occupe. Les années précédentes avaient vu se fonder et se construire les contreforts devant porter la tourelle en encorbellement de l’angle sud-est, mais la bâtisse avait été arrêtée à la hauteur du plancher haut du rez-de-chaussée.<lb/>En ce moment, on achève la démolition du pavillon Louis XIV ; on a repris les travaux de reconstruction de toute l’encoignure qui, si nous sommes bien renseignés, sera poursuivie et accomplie à la fin de cette campagne, jusqu’à la hauteur des appuis des croisées du deuxième étage.<lb/>En déblayant la chapelle du château, on a trouvé deux tombes qu’on a cru devoir attribuer à des ancêtres de saint Louis… ou bien à d’autres personnages. Nous avons à ce sujet et sans résultats feuilleté le président Hainaut du Hamal, Carrazat ; il serait pourtant curieux de savoir quels ont pu être les restes mortels enterrés dans la chapelle ; les réduits sont du temps de sa construction et peut-être l’histoire de la ville de Poissy, ou tout autre ouvrage, contiendraient-elles les noms des personnages morts avant 1230 environ.<lb/>Dans tous les cas, nous faisons appel à tous les érudits du pays, et nous recevrons avec empressement et reconnaissance les documents qui pourront nous être adressés à cet égard.<lb/>L. de V. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Le château de Saint-Germain, septembre 1872 », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 20e année, n° 39-787, 28 septembre 1872, p. 154</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de découvertes dans la chapelle du château et de plantations sur le Grand Parterre de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">119</unitid>
              <unitdate normal="1872/1872" encodinganalog="3.1.3">30 novembre 1872</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Château de Saint-Germain, septembre 1872<lb/>La chapelle, époque de saint Louis<lb/>Tous les visiteurs du musée ont remarqué, à main droite en entrant dans la cour, les restes de la curieuse chapelle de saint Louis, et nous ne pouvons résister au désir de donner quelques renseignements sur cette remarquable construction. Le roi Louis XIV voulut, bien jeune encore, doter Saint-Germain d’une Sainte-Chapelle, et il confiait sa construction à l’un des plus habiles « maîtres des œuvres » de son temps. A en juger par tous les détails architectoniques, cette chapelle aurait été érigée de 1230 à 1240, et c’est ainsi qu’elle est classée par M. Viollet-le-Duc, dans son excellent Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle. Le savant architecte a décrit notre Sainte-Chapelle avec soin et il termine l’article qu’il lui a consacré de la façon suivante :<lb/>« A la chapelle de Saint-Germain, aucun détail superflu, c’est sa construction seule qui fait toute sa décoration ; et, sans vouloir faire tort à Pierre de Montereau, on peut dire que si l’architecte – Champenois probablement – de la chapelle de Saint-Germain avait eu à sa disposition les trésors employés à la construction de celle de Paris, il eut fait un monument supérieur comme composition à celui que nous admirons dans la Cité. Il a su – chose rare – conformer son architecture à l’échelle de son monument, et, disposant de ressources modiques, lui donner toute l’ampleur d’un grand édifice. A la Sainte-Chapelle de Paris, on trouve des tâtonnements, des recherches qui occupent plutôt l’esprit qu’elles ne charment : à Saint-Germain, tout est clair, se comprend du premier coup d’œil. Le maître de cette œuvre était sûr de son art ; c’était en même temps un homme de goût et un savant de premier ordre. L’intérieur de ce monument était peint et les fenêtres garnies probablement de vitraux ; inutile de dire que leur effet devait être prodigieux à cause des larges surfaces qu’ils occupaient. Tous les détails de ce charmant édifice étaient traités avec grand soin ; la sculpture en est belle et entièrement de l’école champenoise ainsi que les profils. »<lb/>M. Viollet-le-Duc écrivait en 1856, et depuis cette époque M. Eugène Millet, l’architecte chargé de la restauration du château, a retrouvé dans les démolitions nombre de fragments taillés et sculptés pouvant donner la plus juste idée de toutes les dispositions de notre Sainte-Chapelle.<lb/>Nous avons pu voir dans les magasins de l’agence des gargouilles, des fragments considérables de la balustrade pourtournant le comble, des bases et des chapiteaux de l’ossature intérieure, des débris de l’ossature elle-même, et rien ne sera si facile que de rendre, avec toute certitude, à la chapelle érigée par l’architecte champenois tous ses arrangements primitifs.<lb/>A l’intérieur, dans la nef, sur les faces latérales, on a retrouvé des réduits fournissant des places d’honneur pour des personnages considérables ; dispositions qui étaient reproduites plus tard à la chapelle du Palais de Paris. Dans la première travée de la nef, on a constaté des restes des portes donnant entrée dans l’édifice, du temps de saint Louis, et qui auraient été bouchées par les constructions du XVIe siècle. La grande et belle rose du pignon ouest a été découverte dans la muraille et si elle ne peut être ouverte et vitrée, elle pourra au moins être vue, étudiée et dessinée par toutes les personnes qui s’occupent de l’étude de nos édifices nationaux.<lb/>Ayant été mis à même, il y a quelques jours, de visiter encore les travaux du château, nous avons pu voir et constater toutes les recherches faites par l’architecte, notamment à l’égard de ce qui regarde la chapelle.<lb/>La curiosité et l’impatience des promeneurs du parterre sont toujours vivement excitées par les travaux de terrassement et de plantation qui se font sur le parterre. Nous n’avons rien pour le moment à ajouter à ce que nous avons déjà dit à ce sujet dans un récent article. Revenir aux arrangements de Le Nôtre est le rêve de la restauration ; chercher l’horizon dans sa plus grande étendue est encore chose excellente. Quand on a dans les mains l’œuvre du grand architecte jardinier, on ne peut la laisser désorganiser et périr. Sachons donc attendre avec confiance.<lb/>Léon de Villette »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
              <geogname>Grand Parterre</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Château de Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 20e année, n° 48-796, 30 novembre 1872, p. 190</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">État des travaux de restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">120</unitid>
              <unitdate normal="1873/1873" encodinganalog="3.1.3">27 septembre 1873</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Les travaux du château<lb/>« Faute de parler, dit le vieux proverbe, on meurt sans confession ». Aussi n’avons-nous pas craint, dussions-nous être importun, d’engager dimanche, pendant le concert, une conversation avec M. Millet, dont il est résulté les souvenirs que nous donnons aujourd’hui à nos lecteurs.<lb/>La saison rigoureuse nous gagne et bientôt il faudra, sinon arrêter, au moins bien ralentir les travaux de restauration qui rendront à notre vieux château son aspect grandiose et splendide du temps de François Ier. Comme tous les ans, nous voulions donc nous renseigner à source certaine, pour avoir à publier dans l’Industriel un résumé succinct des opérations de la campagne 1873 et faire passer en revue à ses lecteurs la série des transformations que nous voyons s’opérer au jour le jour.<lb/>Le crédit alloué en 1873, malheureusement très réduit par la situation financière de notre pays, s’élevait à 100000 francs, sur lesquels il a fallu prélever, comme toujours, quelques traitements et des frais divers. Les travaux ordonnés ne doivent donc s’élever alors qu’à 90000 fr. ces ressources ont permis à M. Millet d’achever toute la grosse construction de l’angle sud-est, vers la rue du Château-Neuf et la cité Médicis ; le gros pavillon et la tour s’achèvent en ce moment ; on pose les chéneaux, les balustrades, les vases, les couronnes royales faisant le riche entablement qui se détache sur le ciel d’une façon si gracieuse et que nous connaissons déjà, puisque cette galerie formant garde-corps des terrasse fait tout le tour de notre vieux monument.<lb/>On va très prochainement construire toutes les toitures des parties nouvellement restaurées à l’encoignure. Le bâtiment est et quelques travées de la façade méridionale se trouveront définitivement à l’abri des injures du temps.<lb/>En suivant les restaurations, en regardant les parties restaurées déjà, on se prend à oublier que les façades vers le parterre et vers Paris étaient cachées en partie par de gros et lourds pavillons du XVIIe siècle, qui privaient tout l’ensemble de l’air et de la lumière, si utiles à l’aspect de la construction. Trois de ces pavillons ont déjà disparu, et M. Millet nous fait espérer la démolition prochaine de celui qui emprisonne l’abside de la chapelle du XIIIe siècle comprise dans le château de François Ier, et qui a sa façade, comme le savent nos lecteurs, sur la place du Théâtre.<lb/>Léon de Villette »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Les travaux du château », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 23e année, n° 39-1162, 27 septembre 1873, p. 2</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">État des travaux de restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">121</unitid>
              <unitdate normal="1874/1874" encodinganalog="3.1.3">19 janvier 1874</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Château et parterre de Saint-Germain<lb/>Etat actuel des travaux, 19 janvier 1874<lb/>Il y avait dans la Grèce antique, à Athènes, une certaine quantité de différentes sectes de philosophes ; l’une d’elles tenait ses conférences sous les arcades et dans les allées d’un vaste jardin. Ses membres s’y promenaient continuellement, marchant par groupes et côte à côte, discutant les graves questions du jour ; on les avait, à cause de cette façon ambulatoire, surnommés des Péripatéticiens.<lb/>Nous avons aussi à Saint-Germain quelques bons bourgeois, marcheurs déterminés, qui, dès qu’un rayon de soleil vient à paraître, se réunissent, non pas vraiment pour parler philosophie ou science, mais bien afin d’occuper leurs loisirs en causant de politique ou des travaux qui s’exécutent sous leurs yeux et dont, naturellement, ils ne peuvent pas saisir complètement les intentions et l’application des plans qui leurs sont inconnus.<lb/>C’est donc pour eux, mais aussi pour le public en général, qu’à plusieurs reprises déjà nous avons donné à nos lecteurs certaines explications au fur et à mesure que nous les recevons nous-même, mais alors de sources authentiques.<lb/>Par le beau temps de la matinée de dimanche, nous avons entendu beaucoup de choses plus ou moins erronées sortir de la bouche des promeneurs autour du château et sur le parterre, et nous croyons encore une fois devoir donner quelques différents détails qui, nous le pensons, bâtiront un véritable intérêt d’actualité et nous commençons pas :<lb/>Le château<lb/>Depuis l’an passé, l’on constatait dans la chapelle de saint Louis de nouveaux déchirements qui étaient aussitôt signalés à l’administration des Bâtiments civils, ou plutôt à monsieur le ministre des Travaux publics. La curieuse chapelle a eu à subir – nos lecteurs le savent – pendant le XVIIe siècle de maladroites restaurations et aussi la surcharge d’un grand étage pour raccorder les terrasses, couronnent tout le château. L’on ne peut s’expliquer comment la construction du XIIIe siècle, avec ses piles si fines et élégantes, ses minces parois percées d’énormes croisées à meneaux, lui donnant l’aspect d’une lanterne, suivant l’expression employée pendant le Moyen Âge, a pu supporter si longtemps les bâtisses dont nous venons de parler.<lb/>Le pavillon de la fin du XVIIe siècle venait lui-même appuyer ses grosses et lourdes murailles sur la claire-voie de l’abside et menacer de destruction le monument historique dans lequel, si nous en croyons l’abbé Lebeuf, aurait été passé l’acte faisant donation à saint Louis des reliques qui ont motivé la construction de la Sainte-Chapelle de Paris. L’administration des Beaux-Arts s’est émue de la situation du monument historique, et a promis son concours pour aider à la restauration de la chapelle. D’ailleurs, en suivant l’ordre adopté dans les travaux, le moment est arrivé de s’occuper du pavillon avec tourelle de la façade sud, près l’abside de la chapelle, et de la restitution de la chapelle elle-même. Aussi voyons-nous depuis quelques jours prendre toutes les dispositions habituelles, sur ce point du château, et qui se répètent pour chaque angle depuis 1862, époque de l’ouverture de ce chantier. Si nous sommes bien renseignés, on espère cette année refaire les parties basses du pavillon et aussi commencer la restauration de trois ou quatre travées de la chapelle de saint Louis, sur la face vers la rue du Château-Neuf.<lb/>Parterre<lb/>Vers le nord du château, s’exécutent des ouvrages d’une autre nature pour rendre au parterre français à peu près les dispositions tracées par Le Nôtre, le savant architecte-jardinier de Louis XIV. On sait que c’est vers 1676 que fut tracé ce jardin qui comprenait une large avenue bordée de plates-bandes ornées de buis formant des arabesques, se détachant sur des fonds de sables de diverses couleurs. L’avenue, qui était dans l’axe du château, la prolongeait, pour la perspective, jusqu’au couvent des Loges, par une ouverture taillée et plantée à la même époque, dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye. Les plates-bandes étaient encadrées dans des allées de tilleuls se terminant par un grand hémicycle de marronniers, et trois bassins avaient été disposés, symétriquement par rapport aux avenues, pour donner de la fraîcheur à l’ensemble des plantations.<lb/>Nos lecteurs ont vu assurément tous ces arrangements dans les belles estampes de Pérelle ou de Rigaud, et aussi dans un plan portant la date de 1702 qu’on doit au graveur Van Loo, qui nous renseigne aussi sur la situation du joli jardin de plantes rares et précieuses qu’on nommait le « jardin de la Dauphine ». Les crédits alloués ne permettent pas de rendre au parterre tous les détails, mais « avec une grande précision » l’on aura retracé toutes les lignes, tous les contours, fait toutes les plantations, et dans l’avenir l’œuvre de restauration pourra facilement être complétée.<lb/>Léon de Villette »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Château et parterre de Saint-Germain, état actuel des travaux », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 24e année, n° 4-1179, 24 janvier 1874, p. 2</p>
            </bibliography>
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          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la restauration du Grand Parterre de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">122</unitid>
              <unitdate normal="1874/1874" encodinganalog="3.1.3">25 avril 1874</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le parterre de Saint-Germain<lb/>Sous ce titre, M. Alexandre Bré, le reporter habituel du Petit Moniteur, publiait dans le numéro de mardi dernier un article au bas duquel il remplace ses initiales ordinaires A. B. par sa signature toute entière. L’article est un peu vieillot et vient assez tard, comme la montre d’un étudiant qui retardait de 40 fr., très spirituellement écrit du reste, il retarde aussi de quelques vérités ; nous allons essayer de le remettre à l’heure, c’est-à-dire à la date de dimanche dernier, où son auteur suppose que les Parisiens, attirés en grand nombre à Saint-Germain par la splendide journée qu’il a fait, « ont trouvé le parterre du château entièrement bouleversé ».<lb/>Sans vouloir reproduire l’article dans son entier, nous en signalons seulement quelques erreurs. « Les promeneurs et les enfants » peuvent parfaitement assister le long de la balustrade du chemin de fer à l’arrivée des terrains, par un chemin rétréci il est vrai, mais n’obligeant nullement à « s’arrêter devant des treillages ou à s’engager dans de véritables plaines fraichement labourées ».<lb/>Les prétendus terrains grisâtres sont des carrés d’horticultures parfaitement disposés pour recevoir des massifs de fleurs et des plates-bandes qui y seront piquées dans les premiers jours de mai. Quant aux deux pyramides qui s’élèvent au milieu des deux cercles, non pas de terre labourée, mais bien de gazon, dont l’un, celui du sud, est en pleine vigueur, et l’autre à l’état de végétation, elles ne sont pas destinées, tout entourés de fleurs qu’elles seront, à figurer « dans l’imagination des promeneurs des eaux jaillissantes, des gerbes, des cascades, etc. », mais bien à indiquer comme point de repères la place des jets d’eau à propos desquels nous engageons notre confrère à consulter l’estampe de Rigault, que nous avons déjà signalée aux lecteurs de l’Industriel, et qui se trouveront au centre des pièces d’eau remplaçant les gazons provisoires jusqu’au moment où la disparition de la gare aura laissé libre cette lichette aigüe dont parle M. Alexandre Bré, et permettra d’utiliser la canalisation souterraine. « Alors, ajoute-t-il, troublé et cherchant à s’orienter, on s’aperçoit – c’est bien heureux – qu’on veut rétablir une symétrie par rapport au château et à l’ensemble du parc ; puis, aux brusques interruptions du tracé, on reconnaît que le chemin de fer n’est qu’un intrus au milieu de cette splendide décoration.<lb/>Patience ! car locomotives et wagons qui sont là, en effet, sur le sol de l’ancien parterre ne doivent pas y rester, l’Etat, lorsqu’il a livré ce terrain, en 1847, s’étant réservé la faculté de le reprendre, et le passage du chemin de circonvallation à Saint-Germain devant prochainement entraîner le déplacement du débarcadère de Paris, pour relier les deux lignes ».<lb/>Rendons maintenant toute justice à M. Alexandre Bré pour celle dont il faut preuve à l’endroit de notre habile architecte, quand il dit en terminant son article :<lb/>« Alors, la tranchée étant comblée, les pelouses auront leur harmonie symétrique et, à la grande joie de M. Millet, l’architecte chargé de la restauration du château, le parterre prendra l’aspect qu’il avait vers 1680. De chaque côté des grands carrés de gazon, deux allées se dirigeront sur la façade, et de l’esplanade du château jusqu’à la maison des Loges, rien ne rompra plus désormais la magnifique perspective que Le Nôtre a si habilement ménagée à travers les jardins de la forêt. »<lb/>Léon de Villette »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Grand Parterre</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Le parterre de Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 24e année, n° 17-1192, 25 avril 1874, p. 3</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Note sur la vente de bois et boiseries provenant du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">123</unitid>
              <unitdate normal="1874/1874" encodinganalog="3.1.3">6 juin 1874</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le château de Saint-Germain<lb/>Une erreur dans un article de la Concorde<lb/>La Concorde, courrier de Versailles, a publié dans son numéro du dimanche 17 mai, sur le château de Saint-Germain, des renseignements parmi lesquels se sont glissées quelques inexactitudes. Avant de les rectifier, nous croyons devoir reproduire l’entrefilet dans son entier ; voici ce que dit le rédacteur de l’article :<lb/>« Le Domaine vient de faire vendre aux enchères publiques une grande quantité de bois et boiseries provenant des appartements d’une partie du château de Saint-Germain.<lb/>Dans le nombre, on remarquait des panneaux et des fragments de chambranles qui furent peut-être sculptés par de grands maîtres. Eh bien ! tout cela s’est adjugé de 4 à 6 fr. le stère.<lb/>La partie du château d’où provenaient ces boiseries est celle qui regarde Marly et Versailles, c’est-à-dire le front sud. Elle représente la moitié environ de ce qui reste à détruit et à reconstruire ensuite.<lb/>C’est en exécution du programme tracé par le ministre de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts, il y a environ sept ans, que cette réédification a eu lieu.<lb/>2500000 fr. avaient été inscrits au budget comme évaluation de l’œuvre totale confiée à l’architecte Eug. Millet.<lb/>A mesure qu’une superficie de 50 ou 60 mètres est détruite, on la reconstruit sur les mêmes plans, avec les mêmes sculptures, en appareillement les pierres de la même façon. Louis XIV, qui prodiguait l’or, comme on sait, a dépensé plus de six millions pour exécuter des restaurations qui ne devaient pas résister au temps.<lb/>Le nouveau chantier de Saint-Germain pourra, suppose-t-on, être terminé en 1875. »<lb/>Par devoir local et par nos relations, nous suivons dans tous ses détails l’œuvre de restauration de l’ancienne demeure royale, et nous avons pu constater, à bien des reprises, que dans le pavillon en démolition dont on vient de vendre les vieilles solives ou les vieilles croisées hors d’usage, il n’y avait pas le moindre fragment sculpté. La vente a été faite par l’administration des Domaines après apposition dans toute la ville d’affiches imprimées, après quinze jours de publicité, aux enchères publiques, en plein soleil, et les prix obtenus, de 4 et 6 fr. le mètre cube, indiquent bien que les vieux bois n’avaient pas été ornés par de « grands maîtres ». Les grands maîtres ne se sont jamais occupés, jadis, comme aujourd’hui, de menue décoration de châssis vitrés, et notre confrère sait assurément cela mieux que nous.<lb/>La restauration a été commencée en 1862, c’est-à-dire depuis 12 années, et non depuis 7 ans, comme l’écrit le rédacteur de l’article de la Concorde.<lb/>Le chiffre de dépense totale est bien à peu près celui indiqué, mais il n’a rien été inscrit au budget ; le travail s’effectue sur les crédits ordinaires de l’administration des Bâtiments civils, dépendant jadis du ministère de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts, et actuellement du département des Travaux publics.<lb/>Les crédits alloués pour l’œuvre de restauration ont été réduits d’une façon très sensible ; il reste à restaurer la belle chapelle de saint Louis, une partie du bâtiment sud, tout le corps de logis de l’ouest, à meubler tous les intérieurs, et, si les crédits ne sont pas augmentés, l’on ne peut guère espérer l’achèvement avant une dizaine d’années.<lb/>Il y a loin de là, on le voit, avec ce que croit l’auteur de l’article de la Concorde, qui dit : « Le nouveau château de Saint-Germain pourra, suppose-t-on, être terminé en 1875 ».<lb/>Léon de Villette »</p>
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              <subject>Mobilier</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Léon de Villette, « Le château de Saint-Germain », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 24e année, n° 23-1198, 6 juin 1874, p. 3</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite du congrès des architectes français au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">124</unitid>
              <unitdate normal="1874/1874" encodinganalog="3.1.3">18 juin 1874</unitdate>
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            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Visite du congrès des architectes français au château de Saint-Germain<lb/>Nous avions promis à nos lecteurs de coordonner à leur intention les renseignements que nous avions pu recueillir jeudi dernier, au moment du départ, pour leur retour à Paris, de MM. les architectes de la Société centrale, formant le congrès des architectes français, mais ayant trouvé dans le Siècle de vendredi dernier, 19 juin, un article qui nous paraît devoir résumer parfaitement les impressions que MM. les membres du Congrès ont dû remporter de cette visite, nous le reproduisons in-extenso, comme document d’actualité d’abord, et ensuite parce qu’il nous semble devoir appartenir nécessairement aux futurs archives de notre vieux château, et par conséquent à celles de notre ville.<lb/>« Les membres du Congrès des architectes ont consacré la journée d’hier à visiter et étudier une des plus importantes restaurations historiques qui se fassent aux environs de Paris en ce moment : celle du château de Saint-Germain.<lb/>On sait que le château de Saint-Germain présente plusieurs ordres d’architecture. François Ier l’avait fait élever en partie sur les ruines d’un château fort de saint Louis, déjà presque entièrement refait par Charles V, et n’avait conservé de son ancienne construction que la chapelle de saint Louis et le donjon de Charles V. Puis Louis XIV est venu, qui a ordonné à Mansard d’agrandir les appartements, et celui-ci n’a pas trouvé de moyen plus ingénieux que d’encastrer en quelque sorte toutes les tours d’angle dans de vastes et informes bâtisses.<lb/>Tel était l’état, quand la restauration a commencé sous la direction d’un éminent architecte, M. Millet.<lb/>C’est M. Millet lui-même qui a guidé le congrès dans les chantiers et les salles, donnant avec une bonhommie et une bonne grâce parfaites toutes les explications et tous les renseignements sur l’entreprise qu’il dirige avec autant d’activité que de talent.<lb/>M. Millet est un archéologue, et partout, toujours, s’est attaché avant tout à respecter les traces des ouvrages anciens, même lorsqu’on n’en comprend pas bien l’utilité ; et, là où tout vestige de l’état primitif a disparu, à ne suppléer à cette lacune qu’en respectant scrupuleusement la vérité historique.<lb/>Il fait visiter d’abord la chapelle, un bijou que M. Violler-Leduc, qui s’y connait, a déclaré plus beau encore que la Sainte-Chapelle de Paris. Mansard, dont on ne s’explique pas la vandalisme en cette circonstance, la combla jusqu’à une hauteur de deux mètres, ce qui changeait toutes les proportions des colonnades, et alla jusqu’à enfouir et masquer tous une couche épaisse de plâtre la merveilleuse rosace gothique carrée (le seul exemple connu de cette forme) qui en illuminait le fond. M. Millet a fait déblayer le dallage et commencer le dégagement de la rosace et des portes d’entrée primitives.<lb/>M. Millet montre ensuite ses autres travaux intérieurs : les cheminées, les escaliers, les immenses terrasses, les curieux briquetages, l’appareil en briques si élégant et si remarquable de certains escaliers, l’état des démolitions de toute la partie Louis XIV.<lb/>De cette ville, il résulte que la restauration est terminée, tant extérieurement qu’intérieurement, pour un des pavillons (celui qu’occupe le musée), extérieurement pour deux autres pavillons et une partie du quatrième, et en cours d’extérieurement pour la moitié du quatrième et tout le cinquième. Les démolitions seront finies cette année. Les reconstructions, aménagements, peintures, etc., ne seront complétement achevées, si le budget spécial n’est augmenté que dans une dizaine d’années. Ce budget, en effet, n’est que de 100000 fr. par an, tant pour l’architecture que pour les collections, plus une subvention de 120000 fr., une fois donnée, pour la chapelle. Or, il a déjà été dépensé dans le château 1 millions 900000 fr., et pour tout terminer, il faut encore 1 million 100000 fr.<lb/>Pour qui a pu visiter comme nous, jusque dans ses moindres détails, l’œuvre entreprise, cette somme paraît du reste bien minime, eu égard aux résultats obtenus et à obtenir. C’était l’avis unanime des architectes présents, et M. Labrouste, président du congrès, s’est fait l’écho de tous en félicitant M. Millet de son savant travail, et émettant le vœu qu’une subvention plus large lui permette de le mener à bonne fin dans un délai moins éloigné. »<lb/>En l’absence de M. A. Bertrand, conservateur du musée, en mission, et du sous-conservateur, retenu à Paris, M. Mazard, notre savant collaborateur, auquel nous devons les si remarquables études sur la céramique des collections du musée du château, qui paraissent en ce moment ans notre journal, et qui consacre ses loisirs aux soins de la bibliothèque du musée, a bien voulu, avec son obligeance habituelle, donner aux délégués les précieux renseignements dont ils pouvaient avoir besoin pour leur visite aux diverses collections composant notre musée des Antiquités nationales. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 24e année, n° 26-1201, 27 juin 1874, p. 2</p>
            </bibliography>
          </c>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Notes sur la restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1874/1874" encodinganalog="3.1.3">11 juillet 1874</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« La restauration du château de Saint-Germain-en-Laye<lb/>M. Ferdinand de Lacombe, colonel du 8e hussards, qui consacre heureusement les rares loisirs que peut lui laisser les soins de l’important commandement de son régiment, à la littérature, vient de publier une étude spéciale sur le château de Saint-Germain, faisant en quelque sorte suite à son histoire du château de Saint-Germain. Le Journal officiel a inséré ce curieux et important article, dans ses numéros des 13 et 14 juin, c’est encore par suite du mandat que nous avons cru devoir nous imposer de recueillir tout ce qui intéresse notre ville que nous reproduisons ci-dessous et in-extenso, l’article de M. de Lacombe.<lb/>I<lb/>La restauration du château de Saint-Germain-en-Laye ne s’accomplit peut-être pas assez rapidement au gré des archéologues ou même des simples visiteurs, jaloux de voir revivre, en son ancienne splendeur, une des œuvres les plus correctes et les plus pures de l’architecture de la Renaissance. Toutefois, son état actuel suffit pour donner une idée presque exacte de l’aspect de l’édifice, alors qu’il fut érigé sous le regard attentif d’un prince ami des arts, François Ier.<lb/>La reconstruction, en effet, est parvenue aux deux tiers de son entreprise. Le château, dont le plan affecte la forme assez étrange d’un D gothique, a cinq faces. Celle du nord, vis-à-vis la station du chemin de fer, est achevée à l’extérieur aussi bien qu’à l’intérieur ; celle de l’ouest et la moitié de celle du sud-ouest le sont à l’extérieur ; la restauration de la chapelle, qui regarde le sud, est commencée ; il ne reste enfin que la façade de l’est, du côté de l’église paroissiale, qui n’a pas été atteinte par la main de l’ouvrier.<lb/>Ce monument a subi de singulières vicissitudes dans son existence. Fondé par Louis le Gros, il a été incendié par le prince de Galles, en 1346, réédifié par Charles V, démoli en presque totalité et reconstruit sur un nouveau plan par un Valois, dénaturé et alourdi dans ses formes élégantes par Louis XIV.<lb/>Des générations successives l’ont vu forteresse, château de plaisance, asile de rois proscrits, maison à louer sous la Révolution, école de cavalerie sous le premier empire, caserne à la Restauration et prison militaire pendant la monarchie de Juillet.<lb/>Aujourd’hui, après deux siècles de transformation, le volet appelé à resplendir dans l’épanouissement de sa beauté première et à devenir le musée de nos antiquités nationales.<lb/>Déjà, en 1853, le gouvernement avait fait commencer des études pour la suppression du pénitencier au château, lorsqu’en 1855 le voyage de la reine d’Angleterre précipita le dénouement de la question. Cette princesse ayant manifesté le désir de visiter l’asile où mourut Jacques II, son évacuation immédiate fut ordonnée.<lb/>Quelques années plus tard, un savant regretté, M. Boucher de Perthes, père de l’archéologie antédiluvienne, fit don à l’Etat d’une partie de ses collections.<lb/>L’empereur résolut de les placer au château de Saint-Germain en y créant un musée d’antiquités celtiques et gallo-romaines dépendant de celui des Antiques du Louvre.<lb/>Pour remplir ce but, des aménagements spéciaux étaient nécessaires. Une demi-mesure ne parut pas suffisante à l’égard d’un monument ravi depuis longues années à une destination digne de sa royale origine. Sa restauration fut décrétée le 13 juin 1862.<lb/>Cette entreprise exigeait, pour la conduire, un architecte érudit. Elle fut confiée à M. Eugène Millet, connu déjà par des travaux de restauration qui dénotaient une science spéciale et une intelligence profonde dans ce genre de mission.<lb/>Le château, construit en effet par des maîtres italiens épris de leur art, sous la direction même de François Ier, qui, d’après Androuet du Cerceau, en aurait été l’architecte, avait perdu sa physionomie native. Un jour, Louis XIV, trop à l’étroit dans le domaine de ses pères, en ordonna l’agrandissement. Colbert confia cette charge à Mansard et celui-ci, très embarrassé sans doute, après avoir abattu les élégantes tourelles qui arrondissaient les cinq angles des hautes murailles, enveloppa chacun de ceux-ci dans un énorme pavillon assez semblable à un bastion. L’un d’eux, celui du sud-ouest, reste seul debout, en attendant une prochaine démolition.<lb/>De plus, la destination complexe affectée au château depuis la Révolution, et les ruines précoces résultant de son état d’abandon du jour où Louis XIV le déserta pour Versailles, en avaient singulièrement altéré l’intérieur, en sorte qu’au-dedans comme au dehors il s’imposait à l’architecte avec une conformation bâtarde et des lignes dénuées de style.<lb/>Deux projets furent mis en présence. Le premier comprenait la restauration pure et simple des bâtiments existants avec les lourdes exhubérances de Mansard ; la deuxième proposait la restitution de l’art et à la science de la demeure de François Ier telle que ce prince l’avait conçue.<lb/>Ce second projet, qui avait en outre l’avantage de dégager les façades aussi bien que la chapelle, bijou architectural attribué à saint Louis, fut soumis par M. Eugène Millet à la commission des Monuments historiques et définitivement adopté.<lb/>Celui-ci se mit immédiatement à l’œuvre et attaqua en 1862 l’édifice par l’angle nord-ouest vis-à-vis de l’embarcadère du chemin de fer, de manière à continuer ses travaux en tournant vers l’est par le nord.<lb/>Les premiers coups de pioche devaient amener une précieuse et intéressante découverte.<lb/>II<lb/>Un sieur Antoine, porte-arquebuse du roi Louis XIII, a laissé, sur l’histoire du château de Saint-Germain, un curieux manuscrit qui appartient aujourd’hui à la bibliothèque de cette ville. On pouvait avoir quelque confiance dans cet écrivain, descendant de serviteurs attachés d’ancienne date au service de la Couronne dans le château même.<lb/>Après être entré dans quelques détails sur le bâtiment de Charles V, il dit en parlant de sa reconstruction par François Ier que ce roi l’éleva en peu de temps de la hauteur d’une ancienne tour qui était restée.<lb/>Androuet du Cerceau prétend, de son côté, dans le premier volume de ses Plus Excellens Bastiments de France, que François Ier « fit abattre le vieil bastiment sans toucher néanmoins au fondement, sur lequel il fit redresser le tout et sans changer ledit fondement ainsi qu’on peut le cognoistre par la court d’une assez sauvage quadrature ».<lb/>Ces assertions contradictoires donnaient d’autant plus à réfléchir au sujet de la tour méconnue par un savant de la valeur de Du Cerceau que l’on ignorait le sort qui lui avait été réservé dans les constructions de Mansard. Or, en démolissant la première de ces constructions, le pavillon nord-ouest, M. E. Millet a complètement remis à jour cette ancienne tour dite de l’Horloge et bâtie par Charles V. Ce vestige du château fort avait été utilisé dans les constructions de François Ier, mais le maître de l’œuvre avait détruit les créneaux inférieurs, et remplacé l’appareil militaire par des balustrades aux armes du roi. L’origine de ce reste de l’antique forteresse était facilement reconnaissable à des indices qui ne trompent par l’expérience de l’architecte : à la nature de la pierre, au revêtement extérieur, à la façon de l’ouvrier et surtout aux nervures hardies de la voûte qui indique nettement son âge.<lb/>Le donjon de Charles V existait donc et n’avait pas été reconstruit par François Ier. En se reportant aux desseins d’Isaac Sylvestre et de Du Cerceau lui-même, dont l’erreur est inexplicable, on peut rendre à ce remarquable spécimen de l’art du quatorzième siècle son antique aspect. Aujourd’hui, il est une des beautés du monument, ses proportions magistrales, ses lignes sévères frappent immédiatement le regard.<lb/>Une deuxième erreur de Du Cerceau devait être relevée peu après par M. E. Millet. Il trouva, communiquant avec une cave creusée sous la tour, une salle basse de seize mètres de long. A l’un de ses angles subsistait l’escalier destiné à communiquer avec les étages supérieurs. Or, les murs de cette salle, au lieu de suivre la sauvage quadrature de François Ier, sont perpendiculaires à la face de la tour qui donne sur la place du Château et parallèle à la nef de la chapelle.<lb/>Une deuxième erreur de du Cerceau devait être relevée peu après par M. E. Millet. Il trouva, communiquant avec une cave creusée sous la tour, une salle basse de seize mètres de long. A l’un de ses angles subsistait l’escalier destiné à communiquer avec les étages supérieurs. Or, les murs de cette salle, au lieu de suivre la sauvage quadrature de François Ier, sont perpendiculaires à la face de la tour qui donne sur la place du Château et parallèles à la nef de la chapelle.<lb/>Depuis, en 1864 et 1865, en creusant le sol de la cour, peu à peu exhaussé dans les siècles précédents, on rencontra plusieurs pans de murs, identiques par leurs matériaux à ceux de la salle basse, et dans une direction qui fait régulièrement suite. L’un d’eux est pourvu d’un éperon carré très saillant qui plongeait dans le fossé.<lb/>En 1872, d’autres fouilles opérées dans le fond de la cour découvrirent tous les soubassements d’une troisième salle du rez-de-chaussée, présentant encore son âtre de cheminée, garni de tuiles émaillées et fleurdelysées, posées de champ et formant mosaïque. A l’angle nord-est était une porte donnant entrée à une tourelle d’escalier. Ces importantes substructions qui présentent un grand intérêt et qui resteront conservées sous le pavé de la cour, ont toujours les directions signalées précédemment.<lb/>Enfin, aucune des nombreuses bâtisses ensevelies dans le sol de la cour ne se trouve sous les murs du château actuel.<lb/>Il faut donc en déduire qu’Androuet du Cerceau, dont les plans et les dessins font autorité, s’est égaré dans cette circonstance, et que le château de Charles V affectait une forme quadrangulaire, comme toutes les forteresses de son temps. François Ier n’en a pas utilisé les fondations, et la cause pour laquelle il a donné une forme pentagonale au nouvel édifice reste à l’état de problème.<lb/>[n° 29-1204, p. 2] III<lb/>Commencée en 1862 par le donjon de Charles V, la restauration était poursuivie, du côté du nord jusqu’à l’escalier d’honneur qui comporte un avant-corps, formant saillie à l’extérieur, sur le parterre. Cinq années furent consacrées à cette partie du travail. En 1867, la portion du monument, complètement refaite, était meublée et décorée à l’intérieur, et le 12 mai la première section du musée gallo-romain était ouverte.<lb/>On entama alors la démolition du deuxième pavillon, celui de l’angle nord-est en continuant la restauration sur le parterre ; puis on commença celle du corps de logis qui regarde la cité Médicis, autrefois champ clos, sur lequel eut lieu l’épisode du coup de Jarnac, sous les yeux du roi Henri II et de sa cour réunie sur la terrasse.<lb/>On travaillait à cette deuxième façade et l’architecte procédait à la démolition du troisième pavillon, appelé le pavillon de Louis XIV, parce qu’il était à l’usage du roi, lorsque les travaux furent interrompus par les événements de 1870. On les reprit dans l’été de 1871 et ce fut le tour de la façade du midi et de l’escalier de service des appartements royaux.<lb/>En 1872, cet escalier fut achevé. On compléta la construction des quatre éperons de la façade sud-est, on continua la restauration des contreforts correspondants sur la cour, et la démolition du pavillon Louis XIV. Enfin, on reprenait les travaux de transformation de toute l’encoignure qui, à la fin de la saison, était accomplie jusqu’à la hauteur des appuis du deuxième étage.<lb/>En 1873, on porta le marteau sur le quatrième pavillon, celui du sud, qui enveloppe l’abside de la chapelle, et l’on poursuivit les ouvrages du corps de logis qui a vue sur la rue du Château-Neuf, c’est-à-dire du côté opposé au parterre.<lb/>Ce sanctuaire remonte à saint Louis. Il dut être édifié de 1230 à 1240. Il avait échappé à l’incendie des Anglais et resta l’un des quatre côtés du château de Charles V. François Ier le respecta en partie, mais il avait disparu presqu’en entier sous l’enveloppe de Mansard.<lb/>Louis XIII, de plus, afin de le mettre en communication de plain pied avec la cour, en avait exhaussé le dallage de près de deux mètres, disposition qui altérait les proportions de l’édifice et en troublait l’harmonie générale.<lb/>La chapelle du vieux château de Saint-Germain, dans laquelle Louis XIV reçut le baptême tandis qu’il naquit au château neuf, aujourd’hui disparu, est le morceau capital de cette antique demeure de nos souverains. C’est une merveille architecturale, accusant le type gothique des monuments religieux contemporains de la Bourgogne et de la Champagne. Sa restauration sera une de ces œuvres qui font honneur à un homme et à une époque.<lb/>M. Viollet-Leduc, dans son Dictionnaire raisonné d’architecture française, s’éprend pour elle d’une admiration que la situation de l’auteur ne permet pas de rendre suspecte. « Le maître de cette œuvre (un anonyme), dit-il entre autres choses, était sûr de son art, c’était en même temps un homme de goût et un savant de premier ordre. Le monument tout entier ne consiste qu’en un soubassement, des contreforts et une clairevoie fort belle et combinée d’une manière solide. Le système de la construction ogivale admis, nous devons avouer que le parti de construction adopté à Saint-Germain nous paraît supérieur à celui de la Sainte-Chapelle de Paris, en ce qu’il est plus ferme et plus en rapport avec l’échelle du monument. La richesse de l’architecture de la Sainte-Chapelle de Paris, le luxe de sa sculpture ne sauraient faire disparaître des défauts graves évités à Saint-Germain. »<lb/>Puis, plus loin : « L’intérieur de ce monument était peint et les fenêtres garnies probablement de vitraux. Inutile de dire que leur effet devait être prodigieux, à cause des larges surfaces qu’ils occupaient. Tous les détails de ce charmant édifice sont traités avec grand soin, la sculpture en est belle et due à l’école champenoise, ainsi que les profils. »<lb/>M. E. Millet tient à honneur de remettre ce joyau du treizième siècle en l’état où l’a laissé saint Louis, et il le surmontera d’une flèche dans le style du monument.<lb/>Cependant il lui sera impossible de lui rendre en totalité cette abondance de lumière qui filtrait autrefois à travers les vitraux gothiques, François Ier ayant engagé deux travées de l’abside et la grande rosace au levant, dans les murailles de son palais pentagonal.<lb/>Mais le reste de l’abside et les belles croisées du sud, encore obstruées, reparaîtront à la face du soleil, qui inondera le sanctuaire de ses rayons.<lb/>M. E. Millet, pour restituer à l’édifice son développement intérieur, en a déblayé le dallage et a été amené ainsi à des découvertes qui lui permettront de rétablir avec la plus grande exactitude les accessoires et les ornements primitifs dont le vaisseau était revêtu. La surélévation exigée par Louis XIII s’était produite au moyen d’une agrégation des éléments les plus hétérogènes. A des fragments de l’époque de François Ier, balustres, gargouilles, couronnes royales, étaient mêlés des débris nombreux de l’arcature inférieure de la chapelle, des colonnettes, les piles qui séparaient les travées ainsi que le fleuron du couronnement du pignon central.<lb/>Ces fragments recueillis et classés avec soin, M. E. Millet sonda le mur appuyé à la grande salle des fêtes, vis-à-vis de l’église paroissiale, et retrouva, à sa grande satisfaction, cette rosace unique au monde dont il espérait à peine la conservation et qui éclairait la chapelle à l’ouest. Enfouie dans la muraille depuis 350 ans, elle a conservé toute la délicatesse et toute la richesse de son ornementation. Lorsqu’on l’aura dégagée du plâtre qui comble ses entrelacements, elle sera pour les artistes un grand sujet d’étonnement, car elle est rectangulaire comme les autres fenêtres de la chapelle et mesure 100 mètres de superficie.<lb/>Elle restera malheureusement adossée à la muraille, mais M. E. Millet pense qu’il sera possible de la rappeler à son ancienne magnificence au moyen de vitraux de couleur étamés par un procédé nouveau et réfléchissant la lumière comme une glace.<lb/>Enfin, d’autres recherches ont amené l’architecte à retrouver dans la muraille la porte primitive, celle qui, au temps de saint Louis, donnait accès dans le sanctuaire.<lb/>Il ne lui manque donc aucun des éléments nécessaires pour rendre à la vérité historique d’ici à quelques années un des plus admirables spécimens de l’art religieux au quatorzième siècle.<lb/>[n° 30-1205, p. 2] IV<lb/>Parmi les autres trouvailles faites par M. E. Millet dans diverses parties du château, et qui ont un intérêt artistique ou de simple curiosité, nous mentionnerons :<lb/>Deux gargouilles du temps de saint Louis qu’on avait placées sur un des contreforts de la façade du nord. Ce sont des figures de chimère, d’une grande hardiesse de forme, au col bien attaché, aux griffes étudiées, et dont le modèle dénote un sculpteur habile et plein de vigueur. Une cheminée de l’époque de l’époque de François Ier, dont on avait fait un dallage. Elle est finement ciselée et surmontée d’un entablement dorique très riche, avec triglyphes, têtes de victimes et des rosaces dans les métopes.<lb/>Des jambages de croisée, des corniches, des chapiteaux sculptés avec soin, des culs de lampe et des gargouilles du temps de Charles V, utilisés comme moellons par les ouvriers de François Ier.<lb/>En 1863, en soulevant le carrelage de la galerie des fêtes, M. E. Millet a recueilli des affiches de théâtre de 1789, dont il a fait don au musée de Saint-Germain. Ces affiches n’ont pas plus de 20 centimètres de longueur sur 15 de hauteur.<lb/>L’impression était faite d’avance et le titre de la pièce écrit seul à la main.<lb/>On voit qu’elles avaient la double facilité d’être appliquées sur le mur ou de circuler comme programme. Voici la teneur de l’une d’elles :<lb/>Par permission de monsieur le maréchal de Noailles,<lb/>Les comédiens donnent aujourd’hui 7 mai 1789<lb/>Le déserteur, opéra,<lb/>Précédé du Retour de Clitandre,<lb/>Scène lyrique de M. de Valigny, dans laquelle l’auteur remplira le rôle de Clitandre.<lb/>On commencera par<lb/>Le chasseur et la laitière.<lb/>On prendra 40 sols aux premières loges et orchestre, 24 sols aux secondes et 20 sols au parterre.<lb/>On commencera à cinq heures et demie précises.<lb/>C’est à la salle des spectacles du château.<lb/>Le prix d’abonnement pour les dames est de neuf livres par mois pour 12 représentations. Celui des hommes est de 15 livres.<lb/>Enfin, en 1865, en creusant une citerne dans la cour, on découvrit une assez grande quantité de carreaux émaillés du quatorzième siècle représentant soit des fleurs de lys, soit les divers signes du zodiaque. Avec ces objets se trouvaient une collection de tenailles et des deniers artificiels évidemment de la même époque, qui paraissent provenir de l’atelier d’un dentiste qui opérait dans le château.<lb/>Les démolitions intérieures ont permis en outre de bien fixer l’ancienne destination des divers corps de logis du château.<lb/>L’architecte de François Ier avait distribué les appartements privés des rois et des reines dans la situation la plus propre à charmer le regard du maître. Il leur avait consacré la façade du midi, celle qui donne aujourd’hui sur la rue du Château-Neuf. Les traces de cette destination se sont visiblement retrouvées dans la galerie de dégagement et dans les escaliers de service multipliés pour cette retraite et remis au jour.<lb/>Des fenêtres de cette façade, aucune construction ne masquait en ce temps le magique panorama qui déjà consacrait la célébrité du lieu.<lb/>Au premier plan, la rivière sinueuse enserrait aux pieds des jardins la forêt touffue du Vésinet ; à droite émergeaient des eaux qui baignent Bougival et Port Marly, les iles plantées de hauts peupliers : au-delà des bois se développaient dans l’espace la campagne émaillée de villages florissants, Fourqueux, Mareil, le château de Marly, dont le faite d’ardoise dominait la futaie, Croissy, Rueil, Nanterre et son antique clocher encadrés par la riche parure des coteaux de Louveciennes et de Marly et par la masse sévère du Mont-Valérien au sommet duquel se dessinaient le Calvaire et la retraite des ermites.<lb/>Ces bosquets solitaires, ces futaies vierges de l’outrage de la cognée, le fleuve roulant ses ondes tranquilles, cette vaste étendue sur laquelle planait le silence imposant des grandes solitudes, étaient bien de nature à provoquer le recueillement et à apporter le calme et le repos à des cœurs si souvent agités par les soucis, le trône, le tourbillon des fêtes et la lourde charge du gouvernement.<lb/>La façade de l’est renfermait les salles de réception qui étaient le complément des appartements privés et s’ouvraient de plein pied sur une magnifique terrasse.<lb/>De ce point, le tableau était non moins merveilleux. Par delà le Pecq, la Seine et les grands bois, le regard embrassait Montesson, Chatou, Bessons, le monastère d’Argenteuil ; au centre de la presqu’ile, le château de Maisons, Carrière et sa [p. 3] forteresse, et ne s’arrêtait qu’à la colline de Montmartre et aux tours carrées de l’abbaye royale de Saint-Denis.<lb/>Les salles d’apparat et du trône, les salles à manger de parade se trouvaient dans l’aile du nord, qui avait vue sur les jardins bornés par la forêt, et comme perspective la grande allée qui conduisait au couvent des Loges.<lb/>A l’ouest enfin, sur la cour des offices, la galerie des fêtes, appuyée à la chapelle, occupait tout le premier étage. Sous l’œil attentif de François Ier, les efforts de l’art italien avaient réussi à y faire oublier, par une décoration magistrale et pleine de réductions, l’absence d’une nature si richement épanouie devant les ailes opposées.<lb/>Les étages supérieurs étaient habités par le personnel de la suite des souverains : gentilshommes, pages, dames et demoiselles d’honneur.<lb/>Ce logis royal sera dans quelques années occupé par le musée des antiquités nationales. Nous reviendrons sur ce sujet.<lb/>Les dépenses qu’a coûtées la restauration du château de Saint-Germain depuis 1862 où elle a commencé, c’est-à-dire depuis quatorze ans, s’élèvent à 1939952 fr. 36 c.<lb/>Cette somme, qui n’atteint pas encore 2 millions, forme le total de ce qui aura été dépensé à la fin de l’exercice 1874. Dans ce chiffre sont comptés les frais d’ameublement et d’appropriation de la partie du musée ouverte au public. Il faudra encore environ 1 million pour terminer la restauration complète du monument.<lb/>Afin d’aider à celle de la chapelle, l’administration des Monuments historiques a alloué, aux quatre exercices à partir de 1875, une somme de 118274 francs, soit pour cette année : 23255 francs.<lb/>Si l’on veut un terme de comparaison assez curieux, ouvrons Dulaure. Il reproduit, d’après un manuscrit du temps de Louis XIV, le montant des dépenses faites au château de Saint-Germain et au Val, de 1664 à 1690, c’est-à-dire en vingt-sept années. Le chiffre en est de 6455561 livres et 18 sols.<lb/>De 1675 à 1682, période de transformation du château par Louis XIV, il fut alloué 2700000 livres aux constructions ou embellissements. Ce fut en 1680 et 1682 que l’impulsion la plus vive fut donnée aux travaux. Chacune de ces années, le château coûta 600000 livres.<lb/>En ayant égard à la moins-value de l’argent à notre époque, la restauration moderne qui s’opère sera loin de coûter autant que les simples agrandissements que fit Mansard au château de Saint-Germain-en-Laye.<lb/>[n° 33-1208, p. 3] Le parterre<lb/>Notre étude sur la restauration du château de Saint-Germain-en-Laye serait incomplète si nous ne nous occupions de ses jardins, et de l’installation du musée des Antiquités nationales. Le musée sera l’objet d’un article spécial, nous allons aujourd’hui dire quelques mots du parterre de Le Nôtre.<lb/>Il y a quelques mois encore, il restait à peine dans ce parterre quelques vestiges du dessin des jardins de Louis XIV.<lb/>En 1676, alors qu’il construisait la grande terrasse, Le Nôtre fit aussi le jardin. Il traça dans l’axe de l’avant-corps de la façade du nord une allée de 60 pieds de largeur, qui conduisait à l’avenue des Loges, que l’on avait récemment percée, en sorte que, vue du château, celle-ci semblait la continuation de l’allée.<lb/>De chaque côté, des plates-bandes de buis formant arabesques dans de vastes proportions, comme au parc de Versailles, se détachaient sur des sables de diverses nuances. Cette décoration était encadrée dans deux allées de tilleuls taillés en arcades, et conduisait à un hémicycle de marronniers qui s’ouvrait sur l’avenue des Loges au moyen d’un perron monumental de 160 pieds de long, surmonté de deux autres perrons, de 20 pieds chacun.<lb/>Pour animer ce paysage et répandre la fraîcheur dans les jardins, Le Nôtre avait creusé trois bassins circulaires.<lb/>Les deux premiers, de 40 pieds de diamètre, étaient symétriquement opposés l’un à l’autre, en face des pavillons de l’Horloge et de l’Est. Le troisième, de 80 pieds de diamètre, était situé à l’extrémité de la grande allée, près du perron, et contournait l’hémicycle des marronniers.<lb/>L’eau s’élevait en gerbes de ces bassins qu’entouraient des massifs de fleurs renouvelées en toute saison.<lb/>Ce décor, dans lequel s’alliaient avec harmonie l’eau, les fleurs, les grands arbres divisés par des allées sablées, donnait fort grand air aux abords du palais et s’accordait, par son élégance, avec sa façade imposante.<lb/>On descendait du château par plusieurs marches dans ce jardin qui se trouvait séparé d’un autre jardin, dit de la Dauphine, par un bosquet délicieux et plusieurs lignes de beaux arbres.<lb/>En 1750, on combla les bassins pour éviter des réparations devenues indispensables, et, afin de continuer cette fâcheuse économie, les bosquets furent déracinés, l’orangerie démolie, et les arabesques de buis remplacées par de simples pelouses de gazon.<lb/>Toutefois, le plan du jardin de Le Nôtre n’avait pas encore été atteint lorsque, trois ans après, le duc de Noailles, gouverneur de Saint-Germain, demanda et obtint l’autorisation de donner entrée à son hôtel par l’hémicycle des marronniers. Ce fut la première brèche pratiquée dans le terrain du parterre.<lb/>Plus tard, la Révolution en décréta le morcellement ; mais ce décret ne reçut qu’un commencement d’exécution. Sous l’Empire, les jardins servirent de manège à l’école de cavalerie établie au château.<lb/>Pendant la Restauration, l’administration s’efforça de rendre une certaine physionomie à la promenade favorite des habitants, et on y avait à peu près réussi, lorsqu’elle fut de nouveau sacrifiée au chemin de fer.<lb/>En 1847, le gouvernement concéda le prolongement de la voie ferrée jusqu’à la place du Château, tout en se réservant la faculté de reprendre un jour le terrain.<lb/>Le tunnel fut percé, et la nouvelle gare envahit une des plates-bandes de Le Nôtre. Il fallut, pour cette construction, abattre une centaine de beaux tilleuls et une partie des magnifiques marronniers du rond-point.<lb/>M. E. Millet, l’architecte du château, a pensé, d’accord avec l’administration des Bâtiments civils, que la restauration du jardin était la conséquence de celle du palais. Dans le cour de l’hiver dernier, il a rétabli l’allée principale, retracé les plates-bandes et les bassins, et il a rendu aux visiteurs la magnifique perspective de l’avenue des Loges, si habilement ménagée par Le Nôtre.<lb/>Il sera peut-être possible, dans un avenir assez prochain, de compléter cette œuvre et de rendre aux abords du château l’espace qui leur manque pour leur restituer leur ancienne et charmante physionomie. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
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              <p>Ferdinand de Lacombe, « La restauration du château de Saint-Germain-en-Laye », L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 24e année, n° 28-1203, 11 juillet 1874, p. 2 ; n° 29-1204, 18 juillet 1874, p. 2 ; n° 30-1205, 25 juillet 1874, p. 2-3 ; n° 33-1208, 15 août 1874, p. 3</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la remise d’une médaille à l’entrepreneur de maçonnerie du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1875/1875" encodinganalog="3.1.3">26 juin 1875</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« En 1847, il y a environ un an, le congrès de la Société centrale des architectes visitait les travaux de restauration du château de Saint-Germain-en-Laye, et plus de cinquante savants architectes français parcouraient le chantier, les terrasses et admiraient la belle chapelle de Louis IX de notre vieille demeure royale. Avant de quitter Saint-Germain, l’éminent architecte, membre de l’Institut, président de la Société centrale, M. Henry Labrouste, se faisait présenter tous les entrepreneurs et l’excellent appareilleur pour les vivement féliciter de la tenue de l’atelier et des résultats obtenus dans des ouvrages de restauration toujours délicats, et souvent d’une exécution très difficile.<lb/>Mais ces compliments ont paru insuffisants pour récompenser autant de zèle que de savoir, et la Société centrale appelait M. Morin-Bigle, entrepreneur, et M. Lhermite, appareilleur, le 12 juin dernier, pour, dans la séance officielle du congrès de l’année 1875, leur décerner à chacun une démaille de mérite.<lb/>Samedi dernier, l’entrepreneur de maçonnerie, M. Morin-Bigle, réunissait dans un banquet, au pavillon Henri IV, tous ses collègues, l’appareilleur, les plus anciens ouvriers, l’inspecteur des travaux, l’architecte du château et quelques-uns de ses élèves, pour faire fête aux distinctions obtenues et bien méritées. »</p>
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              <subject>Officiers et employés</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 25e année, n° 26-1252, 26 juin 1875, p. 1</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite du sultan de Zanzibar à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">127</unitid>
              <unitdate normal="1875/1875" encodinganalog="3.1.3">21 juillet 1875</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le sultan de Zanzibar et sa site ont visité mercredi 21 juillet Saint-Germain. Sa Hautesse, émerveillée du splendide panorama que l’on découvre de notre terrasse, a voulu mettre pied à terre et s’est arrêtée longtemps à contempler Paris et ses environs. Un vieux bonhomme, installé en toute saison sur la terrasse de Saint-Germain avec une lorgnette, après avoir montré au sultan l’heure au cadran de la mairie de Nanterre, lui a fait contempler, sur sa demande, le dôme des Invalides, que le soleil couchant dorait de ses plus beaux feux. On sait que ce dôme est la passion du sultan. Les arcades de Marly l’ont beaucoup occupé. M. Schaeffer lui a expliqué que ces arcades servaient en partir à amener les eaux qui alimentent les bassins de Versailles. Après avoir fait un tour dans la forêt, le sultan est rentré dîner à l’hôtel du Louvre. »</p>
            </scopecontent>
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              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 25e année, n° 30-1256, 31 juillet 1875, p. 1</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de l’installation du Vercingétorix d’Aimé Millet dans les jardins du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">128</unitid>
              <unitdate normal="1876/1876" encodinganalog="3.1.3">9 décembre 1876</unitdate>
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Parterre de Saint-Germain-en-Laye<lb/>Samedi dernier, l’on a placé sur le parterre une statue en pierre de Vercingétorix, due au talent si fin et si puissant de M. Aimé Millet, l’un de nos éminents sculpteurs. Il y a peu de jours, l’architecte du château était informé, nous dit-on, que cette statue était donnée par la direction des Beaux-Arts à l’administration des Bâtiments civils et des Palais nationaux, et il disposait aussitôt un piédestal pour la recevoir, sur le tapis vert, près le rond-point des roses, à peu près sur l’emplacement de l’ancienne porte Dauphine.<lb/>Le château de notre ville ayant été affecté à l’exposition des Antiquités nationales, il serait heureux de voir ses jardins devenir une annexe des collections, et de les voir meublés alors de figure de grands hommes de la même période de notre histoire.<lb/>Tous nos lecteurs savent la part glorieuse de Vercingétorix dans la défense des Gaules contre les Romains, qu’il battait à Gergovie, puis ses efforts héroïques ; son armée était toutefois vaincue sous Alésia. Vercingétorix pouvait fuir, mais pour apaiser son vainqueur il se rendit seul au camp des Romains, pour déposer ses armes et offrir sa vie. César fut impitoyable, notre héros, chargé de chaînes, était envoyé à Rome où il fut enfermé pendant de longues années, montré dans les triomphes, puis enfin étranglé dans sa prison sur l’ordre barbare de son vainqueur, l’an 47 avant J.-C. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Mobilier</subject>
              <geogname>Grand Parterre</geogname>
              <geogname>Jardins</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 24e année, n° 52-1227, 16 décembre 1876, p. 2</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de l’inauguration du Salon au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">129</unitid>
              <unitdate normal="1878/1878" encodinganalog="3.1.3">20 juillet 1878</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Ouverture de l’exposition des Beaux-Arts au château de Saint-Germain<lb/>Le Salon de Saint-Germain a été ouvert samedi à midi et demie. M. le maire de Saint-Germain, accompagné de MM. Choret et Lepintre, adjoints, de M. le juge de paix, de MM. Johnson, Daumont, de la Brière, Villain, Juteau, etc., conseillers municipaux, a été reçu par M. Joseph Reinach, président de l’Exposition, entouré des membres du comité de la Société des Fêtes.<lb/>M. Reinach a prononcé le discours suivant :<lb/>« Messieurs,<lb/>C’est en l’absence de notre illustre maitre et ami Messonier que me revient l’honneur d’ouvrier au château de Saint-Germain la première exposition des Beaux-Arts.<lb/>Peu de temps après la nomination de la première municipalité républicaine de notre ville, la Société des fêtes, vous le savez, se réorganisait à son tour ; elle décida l’organisation de ce Salon de peinture et de sculpture, elle a changé son titre de Société des fêtes pour celui de Société des fêtes et des arts, et nous cherchions une devise appropriée à notre programme lorsque, avant-hier, dans un éloquent discours, M. le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts a dit, en s’adressant aux 	artistes du Salon de Paris : « que plus notre démocratie s’élève et s’éclaire, que plus nos institutions républicaines s’élargissent, plus dans nos aspirations le culte du beau, sous toutes ses formes, doit prendre le premier rang ».<lb/>La voilà, Messieurs, notre future devise ! Elle est belle, elle est simple, elle n’a pas besoin d’aucun commentaire.<lb/>Déjà plus d’un sceptique nous a dit : « A distance si petite de Paris, pourquoi une seconde exposition des Beaux-Arts ? » C’est à peu près comme si l’on nous demandait « à quoi bon une bibliothèque dans la bibliothèque nationale est si proche ? » Jamais, Messieurs, il n’y aura assez de bons livres, assez de beaux tableaux, assez de belles statues ; et, n’en doutez pas, la belle peinture et la belle sculpture n’exercent pas une moindre influence que la bonne littérature : comme celle-ci, elles forment, elles élèvent l’esprit. Notre République doit être américaine par l’intelligence pratique, romaine par le courage, athénienne par le culte du beau !<lb/>Le niveau de l’exposition que nous ouvrons aujourd’hui est très élevé. Vous pourrez, Messieurs, l’apprécier tout à l’heure, mais dès maintenant laissez-moi exprimer le vœu que notre initiative de cette année ne reste pas un fait isolé et que désormais la ville de Saint-Germain ait tous les ans son exposition des Beaux-Arts. Le succès du Salon présent, je ne crains pas de l’affirmer, est assuré. Ce Salon vient à propos, au cours de cette belle et glorieuse année, où la République française donne au monde entier sa grande fête du Travail et du Progrès.<lb/>Avant de déclarer ouverte notre exposition des Beaux-Arts, je tiens, Messieurs, à adresser tous mes remerciements, d’abord à M. le ministre des Travaux publics, qui a bien voulu mettre à notre disposition toute une partie du château de Saint-Germain, ensuite à M. Bertrand, le savant conservateur du musée Gallo-Romain, et à M. Millet, l’architecte du château, dont le concours nous a été si précieux.<lb/>Je tiens aussi à vous remercier, vous, M. le Maire, et vous, Messieurs les membres du conseil municipal, qui nous avez encouragés dans notre entreprise. De mes collègues du bureau de la Société, il ne m’appartient pas de prononcer l’éloge. Quant aux exposants, le jour ne tardera pas à venir.<lb/>Monsieur le Maire, Messieurs, permettez-moi de vous conduire dans les salles de notre exposition. »<lb/>M. le Maire a répondu en félicitant la Société des fêtes et arts de l’initiative prise par elle et a complimenté son président, les principaux organisateurs de l’exposition, M. Fauvel, M. Johnson, M. Daumont.<lb/>Puis la visite du Salon a commencé. On a particulièrement remarqué les belles expositions de MM. Detaille, Henner, Bergeret, Landelle, Roll, Gilbert, Hannoteau, Defaux, Daumont, Lepec, Ray, Boulangé, Chaudin, Johnson, etc., etc., le médaillon de Félicien David, entouré d’une couronne de roses, la statue de M. Thiers et toute l’exposition rétrospective.<lb/>Nous en parlerons prochainement d’une manière circonstanciée.<lb/>A trois heures et demie, M. le préfet de Seine-et-Oise et M. Albert Joly se sont rendus au Salon et en ont vivement félicité les organisateurs.<lb/>En résumé, succès très grand et très mérité. Dans le discours prononcé par lui au chantier du nouvel hôpital, M. Joly a complimenté M. Reinach pour avoir transporté le Salon de Paris à Saint-Germain. Nous avons la conviction que le Salon de cette année ne sera pas isolé et que, devant ce succès, les ministères et l’administration municipale feront en sorte que la Société des fêtes et des arts puisse organiser une série régulière d’expositions annuelles.<lb/>(Communiqué) »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 28e année, n° 29-1485, 20 juillet 1878, p. 2</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de la bénédiction de la croix de la flèche de la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">130</unitid>
              <unitdate normal="1878/1878" encodinganalog="3.1.3">14 septembre 1878</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
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            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Un de nos confrères se montre réellement trop irritable quand parfois il a à s’occuper des prêtres ou des cérémonies qui ressortent de leur ministère.<lb/>Ainsi dans une note que l’Impartial insère dans son dernier numéro, sous la rubrique « une bénédiction inutile », il farde la vérité d’une façon abominable. Nous ne prétendons pas lui donner des leçons, ni le restreindre dans sa liberté d’action, mais il nous permettra bien de rétablir les choses dans leur intégrité et de les présenter sous leur véritable jour.<lb/>La flèche de la chapelle du vieux château de Saint-Germain que l’on est en train de restaurer est achevée ; selon un usage admis depuis des siècles dans le monde chrétien, la croix qui la surmonte doit être bénite – je ne pense pas que cela puisse nuire à personne. Or M. l’abbé Chauvel s’est entendu pour cette petite cérémonie intime avec l’éminent architecte du château et mardi dernier, assisté seulement de deux prêtres et de deux enfants de chœur, il s’est rendu dans la susdite chapelle ; la croix était placée à terre, à l’endroit où sera plus tard l’autel, et là, avant qu’elle soit montée et fixée au haut de la flèche, elle a été bénite en présence d’un petit nombre de personnes qui se trouvaient dans le château, mais qui n’avaient été nullement convoquées à l’avance.<lb/>La croix étant à terre, M. l’abbé Chauvel a pu facilement l’asperger d’eau bénite, sans se livrer à des exercices surhumains pour la lancer, comme il est dit dans l’Impartial, à quelques 20 mètres de haut. Toutes les branches de la croix ont donc été atteintes, et si M. l’abbé Chauvel en avait oublié par hasard, M. le premier adjoint, métreur-vérificateur des travaux du château, qui était présent et qui a pris part à l’asperges crucis, y aurait facilement remédié.<lb/>M. le curé de Saint-Germain n’a jamais eu la pensée de faire de cette bénédiction une cérémonie officielle, aucune autorisation dans ce sens n’a pu lui être refusée, soit par le ministère, soit par le préfet, soit même par l’administration locale, par la raison toute simple qu’il n’en a sollicité d’aucune sorte.<lb/>M. l’abbé Chauvel a suivi le programme qu’il s’était tracé ; obéissant à sa conscience, il a cru devoir bénir la croix de la chapelle du château et il l’a bénie, il l’a fait à pied d’œuvre et non à quelques vingt mètres de haut ; tout l’échafaudage drolatique du rédacteur de l’Impartial s’écroule donc de lui-même ; puisse-t-il n’en être pas de même de celui du vieux domaine de François Ier sur lequel travaillent nos ouvriers, qui coopèrent à sa réédification. »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 28e année, n° 36-1493, 14 septembre 1878, p. 1</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de l’enterrement d’Eugène Millet à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">131</unitid>
              <unitdate normal="1879/1879" encodinganalog="3.1.3">23 février 1879</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Lundi dernier, à une heure et demie, ont eu lieu, à Saint-Germain, les obsèques de M. Louis-Eugène Millet, architecte, officier de la Légion d’honneur, inspecteur général des édifices diocésains, membre de la commission des Monuments historiques, architecte du château de Saint-Germain et de la cathédrale de Reims.<lb/>Depuis longtemps la santé de M. Millet donnait les plus vives inquiétudes à sa famille et à ses nombreux amis. Les médecins avaient conseillé à l’intéressant malade d’aller passer l’hiver sous un climat moins âpre que le nôtre, mais lui ne se leurrait pas d’un décevant espoir, et en perdant de vue ce château de Saint-Germain, qu’il entourait de tant de soins et d’affection, et où il prodiguait avec un si grand bonheur les trésors acquis de sa science et de son talent, il baissait tristement la tête en disant qu’il ne le reverrait peut-être plus. Ses sombres pressentiments se sont, hélas, réalisés.<lb/>M. Millet s’est éteint à Cannes le jeudi 20 février, à peine entré dans sa 60e année. Son corps a été ramené à Paris et un service funèbre a été d’abord célébré à Saint-Augustin, sa paroisse, lundi dernier, à dix heures. Une foule considérable composée de notabilités dans tous les genres et d’amis se pressait autour du catafalque.<lb/>A l’issue de la cérémonie religieuse, le corps a été rapporté à Saint-Germain, où M. Millet avait tenu expressément à être enterré.<lb/>Dès une heure de l’après-midi, une affluence considérable d’habitants de la ville attendait au-devant de l’Eglise la voiture funèbre qui devait nous rapporter les dépouilles mortelles de notre concitoyen de cœur, et à une heure dix minutes elle était signalée.<lb/>A une heure et demie, après l’arrivée du train de Paris qui amenait encore un grand nombre d’amis qui voulaient dire un dernier adieu à celui qu’ils n’allaient plus revoir, on retira le corps de la voiture des pompes funèbres, en présence de M. le curé de Saint-Germain, entouré de tout son clergé, et d’une quantité de monde, appartenant à toutes les classes de la société, qui envahissait le vaste péristyle de notre église paroissiale, les marches de l’église et les abords de la place.<lb/>Entré aussitôt à l’église, on commença immédiatement le service des morts.<lb/>De chaque côté du catafalque dressé au milieu de la nef, se tenait un détachement du 11e Chasseurs, chargé de rendre les honneurs funèbres au légionnaire défunt. On y remarquait aussi la bannière de la Société philadelphique, à laquelle M. Millet a généreusement donné le capital qui doit assurer à perpétuité la rente de sa cotisation de membre honoraire. Plusieurs députations et entr’autres celle de la musique municipale s’y faisaient également remarquer ; on y voyait, en outre, les membres du bureau de l’orphelinat de jeunes garçons de notre ville, œuvre à laquelle le charitable défunt avait assuré, de même qu’à la Société philadelphique, par une somme versée à l’avance, sa cotisation perpétuelle.<lb/>Après l’absoute donnée par M. l’abbé Chauvel, curé de Saint-Germain, le corps a été dirigé vers le cimetière de la ville ; le cercueil était porté par les ouvriers du château.<lb/>M. Morin père, entrepreneur de maçonnerie, qui a longtemps travaillé sous les ordres du regretté défunt, M. Darcy, architecte, un des membres de la Société philadelphique et un compagnon charpentier tenaient les cordons du drap mortuaire.<lb/>Plus de 500 personnes des plus honorables, appartenant à toutes les classes de la société saint-germinoise, s’étaient fait un devoir d’assister à l’enterrement de l’éminent et sympathique architecte.<lb/>Le triste cortège, parvenu au bord du caveau provisoire où allaient être déposés les restes mortels du regretté M. Millet, M. Lucas, architecte, secrétaire de la Société centrale de Paris, a lu un remarquable discours retraçant la vie et le labeur de celui que tant d’amis pleuraient en ce moment. M. Lisch s’est avancé ensuite et, écrasé par une profondeur douleur, et d’une voix entrecoupée par les sanglots, a prononcé un second discours qui a vivement émotionné l’auditoire. Enfin, M. Paul Moutier, au nom des entrepreneurs et des ouvriers du château de Saint-Germain, lui a adressé, en termes émus, un dernier adieu.<lb/>Après la dernière aspersion, la foule s’est écoulée lentement, sous le coup d’une impression profonde et douloureuse.<lb/>La ville de Saint-Germain fait en M. Millet une perte immense, non seulement comme architecte et érudit, mais comme homme aimable, bienveillant et sincèrement attaché à notre ville, qu’il aimait d’une affection réelle puisqu’il a voulu y reposer encore après sa mort, et dormir éternellement à l’ombre du beau château qu’il restaurait avec un soin si méticuleux et qu’il n’a pas pu hélas achever.<lb/>Par ses savants travaux, M. Millet vivra éternellement, devant les yeux des habitants de Saint-Germain, comme son souvenir sera impérissable au cœur de tous ceux qui l’ont approché et qui ont été à même d’apprécier son exquise bonté, son urbanité, son intégrité, sa droiture et toutes les aimables qualités de sa belle âme et de son esprit.<lb/>Th. Lancelin »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Officiers et employés</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 29e année, n° 92-1518, 1er mars 1879, p. 2</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la venue du président de la République à Saint-Germain-en-Laye pour une chasse</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">132</unitid>
              <unitdate normal="1879/1879" encodinganalog="3.1.3">16 mars 1879</unitdate>
              <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document sur support papier    </physdesc>
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            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le président de la République à Saint-Germain<lb/>Dimanche dernier, M. Jules Grévy, président de la République française, est venu chasser dans la forêt de Saint-Germain. Il est arrivé par le train régulier de une heure et demie, confondu avec la masse des voyageurs ordinaires. Une centaine de personnes qui avaient été informées du passage du président s’étaient portées vers la gare. M. le maire de la ville et un de ses adjoints sont allés au devant de M. Grévy jusque sur le quai d’arrivée et l’ont reçu à sa sortie du wagon. Ils n’ont échangé que quelques mots excessivement courts. Le président, qui était en tenue de chasse des plus simples, c’est-à-dire vêtu d’un gros paletot et coiffé d’un chapeau de feutre mou, paraissait désireux de se dérober le plus vite possible à la curiosité dont il était l’objet. Il était accompagné de 3 ou 4 personnes seulement. Une voiture de poste les attendait sur la place du Château. Le président y a pris place aussitôt et la voiture s’est dirigée au galop vers la forêt en passant par les rues de la Paroisse, de Pontoise et la grille du même nom.<lb/>Au moment où le président s’est installé dans l’équipage et pendant le court espace de temps employé par le postillon à rassembler ses guides, quelques cris isolés de Vive la République se sont fait entendre ; le président a salué alors la foule du fonds de la voiture, mais sans mettre la tête à la portière.<lb/>L’attitude du président de la République semblait dire à tous ceux qui l’entouraient : « Mes chers amis, certes, je suis bien content de vous voir, vous avez tous d’assez bonnes figures, cependant je suis très contrarié qu’une indiscrétion vous ait fait savoir mon passage à Saint-Germain ; j’espérais traverser la ville dans le plus complet incognito. Je ne suis pas venu spécialement pour vous rendre visite, vous devez bien vous en apercevoir à ma mise ; lorsque je viendrai dans ce but, ce qui aura probablement lieu un jour ou l’autre, je ferai au moins un petit bout de toilette. Soyez persuadé que pour être un président des plus simples et des plus modestes, on n’en est pas moins homme, et qu’on désire toujours produire un petit effet avantageux ! »</p>
            </scopecontent>
            <controlaccess>
              <subject>Chasse</subject>
            </controlaccess>
            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 29e année, n° 12-1521, 22 mars 1879, p. 2</p>
            </bibliography>
          </c>
          <c level="item">
            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Notes sur la restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">133</unitid>
              <unitdate normal="1879/1879" encodinganalog="3.1.3">9 août 1879</unitdate>
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        1 document sur support papier    </physdesc>
            </did>
            <odd type="publicationStatus">
              <p>Publié</p>
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              <p>« Restauration du château et entretien des parterres<lb/>Nomination du nouvel architecte<lb/>Nos lecteurs, qui s’intéressent si vivement à la restauration de notre beau château de Saint-Germain et qui en suivent les travaux avec une si grande sollicitude, n’apprendront sans doute pas sans une évidente satisfaction que le continuateur de l’œuvre du regretté M. Millet est définitivement nommé, et qu’il vient de prendre possession de la place à laquelle il a été appelé, grâce à son talent et à son érudition, par la confiance du conseil des Bâtiments civils.<lb/>Si la curiosité est un défaut pour le plus grand nombre des humaines, c’est cependant presque une nécessité pour un journalise, car pour raconter il faut savoir ; or pour savoir, il faut aller et venir, questionner, écouter, etc. ; mais comme compensation, il doit posséder une qualité qui lui est non moins nécessaire, c’est la discrétion et le tact, soit qu’il doive taire ce qu’il a appris, soit qu’il faille atténuer ce qu’il peut dire.<lb/>Nous n’avons pas failli à notre mandat, bien naturellement, et dès que nous avons été certain de la nomination du nouvel architecte du château, nous n’avons eu de cesse que nous n’ayons appris qui il était, d’où il venait, ce qu’il faisait et, de plus, ce qu’il avait l’intention de faire.<lb/>Nos investigations ont été couronnées de succès, et comme les renseignements que nous avons pu nous procurer sont des plus flatteurs pour la personne qu’ils concernent, nous n’hésitons pas à donner libre cours à notre plume indiscrète, et à révéler aux amis de l’art architectural ce que nous avons pu glaner de côté et d’autres.<lb/>Disons d’abord que la continuation de la restauration du château de Saint-Germain, commencée par M. Eugène Millet, est confiée à un de ses émules les plus éminents.<lb/>M. Lafollye, tel est le nom du nouvel architecte, est un artiste du plus grand talent. Voici du reste un aperçu de ses états de service.<lb/>Médaillé à l’exposition des Beaux-Arts (Paris) 1868-1870 ; deuxième médaille 1872 ; chevalier de Légion d’honneur 1876 ; médaille 1ère classe 1878 ; médaillé à l’exposition universelle de Vienne (Autriche).<lb/>Architecte des Monuments historiques, on lui doit la belle restauration du château de Pau (façade du midi) et l’escalier d’honneur ; le château de Compiègne ; la restauration de l’hôtel de ville de Compiègne, dont la couverture en plomb repoussé est une œuvre d’art. Il était en outre architecte des haras de Pompadour, dans la Corrèze.<lb/>M. Lafollye continuera la restauration du château de Saint-Germain d’après les plans de M. Millet, et dans le même sentiment, avec quelques améliorations dans certains détails pourtant.<lb/>On parle en outre de la transformation et de l’embellissement des parterres, tels que corbeilles […], statues, etc. etc.<lb/>Sous ses ordres, on a fait disparaître ce petit jardin triangulaire qui interceptait si malheureusement la circulation au bout du chemin qui confine à la grille d’appui longeant le chemin de fer, en allant vers les Loges. Les pelouses de gazon qui figurent les anciennes pièces d’eau qui se trouvent devant l’esplanade du château et devant la grille des Loges vont aussi recevoir des enjolivements.<lb/>Puisque nous avons en M. Lafollye un digne continuateur des travaux de M. Millet, et qui ne doit sa nomination qu’à ses hautes capacités, félicitons donc de son choix le conseil des Bâtiments civils, et espérons qu’au moyen des subsides ordinaires et supplémentaires qui lui seront accordés, le savant architecte pourra donne une impulsion nouvelle aux travaux de restauration, et que, plus heureux que son prédécesseur, il pourra les terminer.<lb/>M. Lafollye va dernier notre concitoyen réel, et résidera habituellement dans nos murs ; on est en train d’aménager ses appartements particuliers pendant qu’il est allé faire une petite excursion au dehors.<lb/>N’ayant pas encore eu le plaisir de le rencontrer, il nous est impossible de dire à nos lecteurs s’il est grand ou petit, gros ou mince, brun ou blond ; mais on nous a assuré, chose bien plus essentielle, que c’était un homme des plus aimables, d’une affabilité très grande et animé des meilleurs intentions pour la ville de Saint-Germain ; il est, de plus, épris, paraît-il, d’une folle tendresse pour le monument confié à ses soins éclairés et pour le parterre qui en dépend. Tout cela est d’un très bon augure.<lb/>Th. L. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 29e année, n° 32-1542, 9 août 1879, p. 2</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Souvenirs de sa visite à Saint-Germain-en-Laye par Charles Philip Ainslie</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">134</unitid>
              <unitdate normal="1882/1882" encodinganalog="3.1.3">11 novembre 1882</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« La terrasse de Saint-Germain<lb/>Nous croyons être agréable à nos lecteurs en publiant la traduction d’une notice sur la terrasse de Saint-Germain,  extraits d’un ouvrage anglais paru, il y a quelques années, et intitulé Sketches here and there, par C.P.A. (en français, le général Ainslie).<lb/>Cette traduction a été faite, sans prétention, par A. et A. D. R.<lb/><lb/>On ne peut trouver nulle part une plus splendide promenade que la terrasse de Saint-Germain-en-Laye. Ses environs sont aussi charmants et abondent en agréables excursions, avec les attractions de la magnifique vieille forêt à proximité de la Ville. C’est toujours avec regret que l’on s’arrache de la Terrasse, y retournant souvent pour revoir ce vaste et enchanteur panorama, que l’on ne se lasse pas de voir et dont l’on n’est jamais rassasié. Cette terrasse, construite par Le Notre en 1676, a une élévation de 207 pieds au-dessus du niveau de la Seine et a une étendue, en longueur, de plus d’un mille et demi, du pavillon Henri IV à une porte de la forêt nommée « la grille Royale », sa largeur est de 65 pieds et le côté de la forêt est bordé dans son entière longueur par de magnifiques marronniers et des tilleuls.<lb/>La balustrade originaire en bois a, par ordre de Napoléon III, été remplacée par la superbe balustrade en fer actuelle et qui sera bientôt complètement achevée, et terminera ainsi avant peu ce magnifique travail.<lb/>Enchanteresse en tous temps, c’est, je pense, plus particulièrement aux environs de la chute du jour que l’air y est délicieux. Le parfum des bois et des fleurs (Saint-Germain est renommé pour ses roses), le chant du soir des oiseaux, les voix des laboureurs à travers les vignes, l’éclatant coucher du soleil versant ses magnifiques rayons sur la riche et grandiose perspective de la forêt ; vignobles, hauteurs grandioses avec de riantes plaines venant doucement dans le milieu, tout cela compose un tableau d’une beauté que je crois sans rivale. Différant des puissantes splendeurs de la Suisse, du Tyrol, des Pyrénées et d’autres contrées montagneuses dans lesquelles se confondent les sentiments de crainte et d’admiration, la vallée de la Seine ne présente que des paysages d’une description douce et tranquille, impressionnant l’esprit et les sens de pensées et de rêveries pleines de repos et de tendresse. Et avec tant de beauté naturelle, combien de rapprochements intéressants ne nous rappelons-nous pas ; nous regardons par-dessus les bois du Vésinet, à l’horizon duquel on aperçoit « l’Arc de Triomphe de l’Etoile », désignant le gai, le brillant, le léger Paris qui, en dépit de toutes ses souffrances et désastres, reste la capitale du luxe, du raffinement et du plaisir ; les hauteurs de Montmartre, la tour de Saint-Denis, le Mont-Valérien, dont on a tant parlé pendant la dernière guerre ; Nanterre, Rueil, où sous le pâle marbre dort la pauvre Joséphine et sa fille, la reine Hortense, le parc de la Malmaison, avec tous les souvenirs des premiers temps de Napoléon ; les hauteurs boisées de Louveciennes, et au-delà encore Marly, avec l’ombre de Louis XIV. Derrière les îles de la Seine, avec leurs peupliers se balançant, est situé Bougival, cher aux Parisiens les jours de fête ; et maintenant, tournant à gauche, nous voyons le village de Carrières, et plus loin le joli Maisons-Laffitte, avec son château, ses jolies villas perdues dans les arbres, ses avenues ombragées et son pont. Dans le lointain, les bois de Montmorency, et pour compléter ce splendide panorama, l’historique Seine glisse tout le long, avec ses ponts (celui du chemin de fer, heureusement pas désagréable à la vue), ses îles verdoyantes, et ayant seulement besoin d’un peu plus de vie à sa surface pour animer ses eaux tranquilles.<lb/>A propos des ponts sur la Seine, le vieux, en bois, du Pecq (la première station au-dessous de Saint-Germain), qui a été emporté par les glaces dans la soirée du 28 janvier 1830, a été la scène d’un épisode de la guerre de 1815, épisode peu connu, méritant toutefois d’être immortalisé. J’emprunte ce récit à une intéressante petite histoire du château de Saint-Germain par M. de Lacombe, un officier de hussards d’un régiment en garnison ici.<lb/>« Le 1er juillet 1815, une colonne prussienne appartenant à l’armée de Blücher, d’environ 1500 hommes, déboucha par le bois du Vésinet et effectua le passage du pont du Pecq. Une redoute, quelques canons posés sur la terrasse, auraient eu facilement raison de ces troupes. Pour protéger ce passage, il fut détaché un officier, dont le nom n’a pas été conservé, et seulement 25 hommes. Il y a des vieillards qui se rappellent l’avoir vu à la tête de cette poignée d’hommes, grave, tranquille, et avoir échangé avec lui quelques paroles avant l’arrivée de l’ennemi. Il sentait lui-même qu’il était sacrifié, car il ne pouvait se faire d’illusion ; il ne répondait aux remarques qui lui étaient faites sur la petite quantité de leur nombre que par quelques paroles de calme résignation ; c’était un de ces hommes qui, une fois qu’ils ont un devoir à remplir, le font sans plus raisonner.<lb/>Il barricada le pont le mieux qu’il fût possible. Il reçut les Prussiens à coups de fusil, resta ferme aussi longtemps qu’il eut un souffle de vie, donnant un exemple de sang-froid au milieu des ravages de la mort, et à son tour tomba pour ne plus se relever. Après cette fin glorieuse, les survivants de ces 25 héros, qui avaient largement satisfait aux droits de l’honneur, se retirèrent fièrement, maintenant leur retraite avec les dernières cartouches qui leur restaient, sans laisser un prisonnier, et se rejetèrent sur le corps d’armée du général Vandamme, opérant dans les environs de la Celle-Saint-Cloud. Et il n’y a pas une pierre sur les bords de la Seine pour retracer aux voyageurs ce dévouement, qui semble d’autant plus noble qu’on le savait d’avance inutile. »<lb/>Habitant pour quelques semaines le « Pavillon Henri IV », qui est non seulement un fashionable restaurant connu du monde entier, mais aussi un très confortable hôtel, et passant une grande partie de mon temps sur cette magnifique terrasse, je ne pus me tourner qu’avec intérêt du côté du grand et vieux château qui est tout proche. Il est restauré maintenant, autrement, mais sûrement, sous la savante direction de M. Millet, pour avoir l’exacte apparence qu’il avait lorsqu’il fut achevé, par François Ier, et il sera probablement, quand il sera terminé, le plus beau spécimen du style de la Renaissance en Europe. Mais je ne pouvais pas faire autrement de me rappeler en même temps que dans ces murs mourut, en exil et dans l’infortune, le dernier de la royale maison des Stuart, qui porta une couronne, et bien que le caractère de Jacques II ne soit ni élevé ni plaisant, et qu’il n’ait fait qu’une triste figure dans l’histoire, il y a néanmoins beaucoup d’intérêt romanesque attaché à ses dernières années.<lb/>J’ai été curieux d’apprendre quelque chose de son séjour ici, et de celui de ces personnes que leur dévouement avait poussées à partager la destinée du souverain tombé ; je me suis aperçu de suite que ce n’était pas un travail facile, car il reste peu ou pas de traces du royal exilé et de sa famille ou de ceux qui formèrent sa cour, que la libéralité princière de Louis XIV et une pension de sa fille la princesse Marie lui permettait de tenir. Pendant un temps considérable, il paraît qu’en effet, après la mort de Jacques, le 16 septembre 1701, de sa fille la princesse Marie-Louise, née ici le 28 juin 1692, morte le 18 avril 1712, et de la reine Marie d’Este, le 17 mai 1718, plusieurs de ceux-ci et de leurs descendants ont continué de résider à Saint-Germain, mais les derniers de tous sont maintenant disparus depuis un grand nombre d’années. Les documents de la mairie ont été, comme cela est arrivé exactement dans toute la France, brûlés par les mains sacrilèges de la Révolution de 1793. Dans la suite, des changements variés et des dégradations supportées par le château, depuis son occupation par Jacques II, tout ce qui restait des anciens appartements royaux ont été détruits ; et c’est ainsi qu’il arrive que, comme d’autres qui sont venus avant moi dans le même but, les détails que j’ai pu recueillir sont très pauvres et surpassent difficilement ce qui a été déjà plus ou moins raconté dans les histoires de cette période. Cependant, M. l’abbé Chauvel, curé de Saint-Germain, ayant eu la bonté de m’introduire auprès d’un gentleman de la ville, très au courant de ces matières, je suis redevable à M. Napoléon Laurent d’une grande quantité des informations suivantes, qui me semblent intéressante et moins universellement connues<lb/>C’est le jeudi 6 janvier 1689 que Louis XIV vint en grande pompe de Versailles à Saint-Germain recevoir la reine d’Angleterre, exilée, et le prince de Galles, qui arrivaient le même jour. Il y retourna le jour suivant et conversa quelques temps avec la reine, qui était au lit. En la quittant, Louis XIV apprit que le roi d’Angleterre était dans la cour du château, sur quoi Louis s’avança pour la recevoir jusqu’à la porte de la « salle des gardes ». Jacques s’inclina profondément, comme s’il eût voulu embrasser les genoux du roi, ce que Louis XIV empêcha, et l’embrassant, ils restèrent ainsi quelque temps dans les bras l’un de l’autre. Le prenant ensuite par la main, il le conduisit chez la reine à qui il le présenta en lui disant : « Je vous amène un homme que vous serez bien heureuse de voir ». Jacques resta longtemps dans les bras de la reine, après quoi Louis lui présenta monseigneur le duc de Chartres, les princes du sang et quelques courtisans que le roi d’Angleterre connaissait. Alors le roi de France conduisit Jacques chez le prince de Galles, et l’ayant ramené chez la reine, il lui dit en le quittant : « Je ne veux pas que vous me reconduisiez, vous êtes encore chez moi aujourd’hui, demain vous viendrez me voir à Versailles, comme cela a été convenu ; je vous en ferai les honneurs, et vous me les ferez à Saint-Germain la première fois que j’y reviendrai ; nous vivrons ensuite sans cérémonies ».<lb/>L’hospitalité princière, les attentions délicates et l’assistance matérielle rendue par Louis XIV dans son château de Saint-Germain au monarque exilé et détrôné ont été amplement et justement célébrés dans tous les différents mémoires et histoires de ce temps là, et ont aussi formé le sujet de différentes peintures et gravures. L’hospitalité fut en vérité le moindre des services rendus à son hôte par le roi de France qui, malgré ses propres difficultés politiques, trouva moyen de fournir à Jacques treize vaisseaux de guerre de 1ère classe et qui, en le quittant à Saint-Germain au moment de son départ pour l’expédition qu’il lui faisait tenter pour recouvrer sa couronne, lui offrit comme cadeau d’adieu sa propre cuirasse et ajouta, en l’embrassant, ces mots touchants : « Ce que je peux vous souhaiter de mieux, mon frère, c’est de ne jamais vous revoir ». Ce souhait, comme chacun sait, ne fut pas réalisé, et Jacques, battu sur terre à la Boyne et sur mer à La Hogue, revint à Saint-Germain pour y finir ses jours, passés principalement en actes de dévotion et variés par un seul amusement, celui de la chasse. A de rares intervalles, Jacques et la reine semblent avoir accepté les invitations de leur splendide hôte à Fontainebleau, Marly et Versailles. Il y a cependant un épisode qui rompit cette monotonie d’une manière si touchante et lequel fait tant d’honneur au monarque tombé et à ceux de ses partisans qui lui restèrent fidèles jusqu’à la fin que, quoi qu’on le trouve raconté ailleurs, j’ai trouvé la narration suivante, de Léon Gozlan (dans son médecin du Pecq) si exacte et si nette, que je la donne dans son original [Récit romanesque] :<lb/>« Cent cinquante gentilshommes, dit-il, avaient suivi le roi dans l’exil. Entretenus aux frais de Louis XIV, ils allèrent vivre, humblement, dans quelques villes du nord de la France. Malheureusement, les trésors de leur bienfaiteur n’étaient pas aussi inépuisables que sa magnanimité. Ses richesses furent taries par mille causes désastreuses, et alors il fallut retirer les pensions aux gentilshommes écossais.<lb/>Jacques II, leur roi, le soutint tant qu’il put, mais les ressources étaient si bornées ! Quand on fait l’aumône avec l’aumône qu’on reçoit, on double sa misère sans beaucoup soulager celle d’autrui. L’assistance fut bientôt insuffisante ; les gentilshommes essayèrent alors de prendre des états qui les aidassent à vivre dans l’exil. On vit des Fitzjames, des Dillon, manier le rabot et frapper l’enclume, les yeux tournés vers Saint-Germain où le roi gémissait de leur misère.<lb/>Après avoir vécu du pain de leur sueur, l’idée désespérée leur vint de demander du service dans les armées de Louis XIV. Bons officiers, ils seraient bons soldats ; la peine les avait endurcis. Ils offrirent des bras forts, des cœurs éprouvés, des dévouements inflexibles. Humblement, ils demandèrent à leur roi la permission d’être simples soldats sous les drapeaux de la France. Au temps de Charles VIII, et depuis ce roi, leurs compatriotes n’avaient pas rougi de solliciter de semblables enrôlements. Jacques soupira, et obtint de Louis XIV ce que les gentilshommes désiraient.<lb/>Tristes et heureux, ils se rendirent tous les cent cinquante à Saint-Germain, sous l’uniforme français, inusité pour eux.<lb/>Quand ils eurent nommé eux-mêmes leurs officiers, ils voulurent être passés en revue par leur infortuné roi, qui ignorait jusqu’à quel point ses braves serviteurs avaient mis à exécution leur projet. Un jour qu’il se disposait à aller à la chasse, unique distraction à son vaste ennui, il aperçoit, en traversant la cour du château, un bataillon rangé sur son passage : Quels sont ces hommes ? s’informe le roi. Sire, ce sont vos braves gentilshommes écossais, venus pour vous dire adieu ; ils désirent que vous les passiez en revue et que vous les bénissiez.<lb/>Le roi sentit les larmes lui monter dans les yeux et se retira dans ses appartements pour contremander la chasse et pour pleurer. Et alors l’air national d’Ecosse retentit sous les croisées, le vieil air de la guerre, celui qui émeut, qui enflamme, et qu’on n’entend jamais sans se souvenir qu’on a été brase, qu’on a été jeune et qu’on a aimé.<lb/>Le roi redescendit dans la cour ; il était pâle, ses jambes tremblaient et des larmes ruisselaient le long de l’habit noir qu’il avait revêtu. Il dit à ces braves jeunes gens : Messieurs, mes propres infortunes me touchent moins que les vôtres. Je ne saurais exprimer combien il m’est pénible de voir tant de braves et dignes gentilshommes descendus au rang de simples soldats. S’il plaît jamais à Dieu de me rétablir sur le trône, il est impossible que je puisse oublier vos services et vos souffrances. D’après vos désirs, vous allez entreprendre une longue route ; j’ai pris soin que vous soyez pourvus d’argent, de souliers, de bas, et de tous ce que peut vous être nécessaire. Craignez Dieu ; aimez vous les uns les autres. Faites-moi connaître directement vos besoins, et soyer assurés que vous trouverez toujours en moi votre roi et votre père.<lb/>Ensuite, Jacques II passa dans les rangs de ses Ecossais, s’arrêta devant chacun d’eux, leur renouvela ses promesses, écrivit leurs noms, salua le drapeau, et les mains étendues vers eux, il s’écria : Partez, mes enfants, votre roi vous bénit.<lb/>Accablé sous l’émotion, Jacques II se retira en silence. Tout à coup, il s’arrêta de nouveau ; peut-être n’a-t-il pas tout dit à ses vieux serviteurs. Il revient sur ses pas, s’incline jusqu’à terre, et de longs torrents de larmes coulent de ses yeux. Voilà ce qu’il avait à leur dire. Ses gentilshommes, le cœur brisé, se mirent à genoux et se recueillirent. Ils se relevèrent ensuite, fiers et beaux de leur fierté, et défilèrent une dernière fois devant leur souverain. »<lb/>La dernière fois que le roi de France visita son hôte fut le 13 septembre 1701, trois jours avant sa mort, lorsque Louis lui assura qu’il reconnaîtrait le prince de Galles comme roi d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, ce qu’il répéta à la reine dans sa propre chambre et ensuite, après son retour à Marly, en présence de toute sa cour.<lb/>Jacques mourut, comme on l’a dit, le 16 septembre 1701, et l’acte de décès suivant est extrait des registres de l’état civil de Saint-Germain-en-Laye :<lb/>Du seizième septembre 1701, à trois heures et vingt minutes après midi, est décédé, dans le château vieil de ce lieu, très haut, très puissant et très religieux prince Jacques Stuart, second du nom, roi d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, âgé de soixante-sept ans onze mois, régalement regretté des peuples de France et d’Angleterre, et surtout des habitants de ce lieu et autres, qui avaient été témoins oculaires de ses excellentes vertus et de ses religion, pour laquelle il avait quitté toutes ses couronnes, les cédant à un usurpateur dénaturé, ayant mieux aimé vivre en bon chrétien, éloigné de ses états, et faire, par ses infortunes et sa patience, triompher la religion catholique, que de régner lui-même au milieu d’un peuple mutin et hérétique. Sa dernière maladie avait duré quinze jours, pendant lesquels il avait reçu deux fois le saint viatique et l’extrême-onction, par les mains de M. Jean-François de Benoist, docteur de la maison de Sorbonne, prieur et curé de ce lieu, son propre pasteur, avec des sentiments d’une humilité si profonde, qu’après avoir pardonné à tous les siens rebelles et ses plus cruels ennemis, il demanda même pardon à ses officiers s’il leur avait donné quelque sujet de chagrin. Il avait aussi donné des marques de sa tendresse et religion au sérénissime prince de Galles, son fils, depuis héritier de ses couronnes, aussi bien que de ses vertus, auquel il recommanda de n’avoir jamais d’autre règle de sa conduite que les maximes de l’Evangile, d’honorer toujours sa très vertueuse mère, aux soins de laquelle il le laissait, de se souvenir des bontés que Sa Majesté très chrétienne lui avait toujours témoigné, et de plutôt renoncer à tous ses Etats que d’abandonner la foi de Jésus-Christ. Tous les peuples, tant de ce lieu que des environs, ont eu la consolation de lui rendre les derniers devoirs et de le visiter pour la dernière fois dans son lit de parade, où il demeura vingt-quatre heures exposé en vue, pendant lesquelles il fut assisté du clergé de cette église, des révérends pères récollets et des Loges, qui ne cessèrent de prier pour le repos de l’âme de cet illustre héros du nom chrétien, que le Seigneur récompense d’une couronne éternelle.<lb/>(Registre de l’état-civil de Saint-Germain-en-Laye)<lb/>Monseigneur le prince de Conti vint à Saint-Germain et y demeura durant ces derniers jours-là, parce que la reine d’Angleterre et lui étaient enfants des deux sœurs Martinozzi, dont la mère était sœur du cardinal Mazarin. Le nonce du pape y vint aussi, par son ordre, et conséquemment il reconnut et complimenta le prince de Galles comme roi d’Angleterre. Le soir du même jour, la reine alla voir, à Sainte-Marie de Chaillot, sa fille, pour laquelle elle avait une grande affection. »</p>
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              <subject>Loisirs et promenades</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 32e année, n° 45, 11 novembre 1882, p. 3</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une visite au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Visite au château de Saint-Germain par la société de l’Ami des Monuments et des Arts<lb/>Dimanche, dans l’après-midi, a eu lieu au château de Saint-Germain, sous la direction de M. Charles Normand, assisté de MM. Daumet, Bertrand et Salomon Reinach, la visite des bâtiments restaurés et en cours de restauration du vieux château de Saint-Germain, et des quelques restes de celui dit le Château-Neuf, à peu près disparu aujourd’hui, sauf deux pavillons, celui désigné sous le nom de pavillon Henri IV, que tous nos lecteurs connaissent, et l’autre sur la commune du Pecq, le pavillon Sully, appartenant actuellement à M. Bertrand, directeur de l’Opéra.<lb/>Cette visite, des plus intéressantes et sur laquelle nous regrettons de ne pouvoir nous étendre davantage, a été aussi complète que possible, grâce à l’aimable complaisance de MM. Daumet et Bertrand, qui s’étaient mis entièrement à la disposition de M. Charles Normand, et aux gracieuses facilités accordées par MM. Barbotte et Bertrand, de pénétrer dans leurs propriétés particulières.<lb/>On a visité successivement plusieurs salles du vieux château, notamment la grande salle des fêtes, la chapelle, sur lesquelles les érudits cicérones ont donné les renseignements les plus circonstanciés. M. Daumet a dit, entre autres bonnes paroles, qu’il aimerait obtenir l’an prochain un crédit permettant, sinon d’achever, au moins de continuer dans une certaine mesure l’œuvre de restauration commencée par M. Eugène Millet.<lb/>La visite des restes de l’ancien Château-Neuf, dit de Henri IV, a particulièrement captivé l’attention des visiteurs, bien que cette visite ait dû se borner aux substructions et à des grottes immenses qui subsistent encore et qui sont dans un très bon état de conservation.<lb/>M. Charles Normand fera probablement paraître dans l’ouvrage spécial qu’il publie : l’Ami des Monuments et des Arts, un compte rendu détaillé de son excursion du dimanche à Saint-Germain. Nous serons heureux, avec son assentiment, de le reproduire en tout ou en partie, pour indemniser nos lecteurs de notre brièveté forcée. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 44e année, n° 46, 17 novembre 1894, p. 2</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse présidentielle à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Dimanche dernier, M. Félix Faure, président de la République, est venu chasser à Saint-Germain, sur les limites extrêmes de la forêt de Marly, dans les terres de la Jonction, en compagnie de M. Cavaignac, ministre de la Guerre, Krantz, député, du général Tournier, du colonel Menetrez, des commandants de La Garenne et Moreau et de M. René Berge.<lb/>M. Félix Faure et ses invités sont arrivés à midi par le chemin de fer de grande ceinture et ont été salués à la gare par M. Gilbert, maire de Saint-Germain, et M. Fortin, son premier adjoint, auxquels il a adressé quelques mots empreints de la plus grande bienveillance.<lb/>Après une chasse qu’on nous a dit avoir été assez fructueuse, M. Félix Faure est reparti pour Paris, par le train de 4 h. 50, de la gare de la place du Château. Partout sur son passage en ville, M. Félix Faure a recueilli les marques de la plus vive sympathie et du plus profond respect. »</p>
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              <subject>Chasse</subject>
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              <p>L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 46e année, n° 3, 18 janvier 1896, p. 1</p>
            </bibliography>
          </c>
        </c>
        <c otherlevel="" level="otherlevel">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Journal des haras, chasses et courses de chevaux</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">11.6.7</unitid>
            <unitdate normal="1836/1862" encodinganalog="3.1.3">1836-1862</unitdate>
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            <note>
              <p>Recueil périodique consacré à l'étude du cheval, à son éducation, à l'amélioration de ses différentes races en France, et à toutes les grandes réunions d'utilité publique ou privée, de luxe ou de plaisir, qui ont lieu en Europe. Fondé par Auguste de Rochau</p>
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          </bioghist>
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            <p>Publié</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit d’une chasse de Charles X à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1836/1836" encodinganalog="3.1.3">novembre 1836</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« [p. 351] Souvent encore je me prends à rêver ces matinées passées gaiement naguère à suivre le cerf au bruit éclatant de la trompe ; je dis bien rêver, car ma tête s’incline et tombe entre mes mains, et je m’abandonne à mes illusions. Alors je crois entendre le fracas de la chasse, les cris et les taïauts retentissant à mon oreille ; le son de la trompe vient s’éteindre et mourir dans mon âme comme un lointain soupir de bonheur. Oui, la chasse, la chasse avec ses piqueurs et ses fanfares, avec ses meutes, leurs voix confuses et glapissantes, avec ses chevaux, leurs galops et leurs hennissements, tout cela vient me pénétrer de souvenirs qui s’attachent aux débris de ma mémoire, comme l’essence de roses de Tunis s’identifie avec le vase qui la renferme.<lb/>Pendant les mois de janvier, février et mars, je me le rappelle, la vénerie du roi était établie à Saint-Germain-en-Laye.<lb/>En avril, c’était à Versailles, pour chasser dans les bois de Meudon.<lb/>En mai et juin, à Compiègne.<lb/>En juillet et août, à Rambouillet.<lb/>En septembre, le Roi faisait quelques chasses aux environs de Versailles, souvent à Satory.<lb/>A Fontainebleau, c’était en novembre et décembre, d’où l’on se rendait à Sénart pour la chasse de Saint-Hubert, qui avait lieu le 5 novembre, comme chacun sait.<lb/>Cet ordre de choses existait avant la révolution de 89.<lb/>Le roi Louis XVIII, qui tenait religieusement aux anciennes habitudes, décida, dès les premiers jours de la restauration, que les mêmes usages seraient suivis, et que les chasses à courre auraient lieu tous les cinq jours. Ainsi le roi Charles X avait trouvé à son avènement un règlement tout organisé en matière de chasse, auquel il n’avait eu qu’à se conformer.<lb/>[p. 352] Quand la vénerie était à Saint-Germain, une partie du personnel et des chevaux était logée à Versailles, où résidaient le commandant de la vénerie, les gentilshommes et les pages. L’ordre du roi était adressé à l’hôtel du grand veneur par des palefreniers des écuries ou des gendarmes d’élite, au commandant de la vénerie à Versailles, et au conservateur des forêts et chasses à Saint-Germain. Le commandant expédiait ses instructions au premier piqueur, et le conservateur transmettait aussi les siennes à ses subordonnés, de manière à ce que toutes les dispositions locales fussent faites.<lb/>Par un des premiers jours de janvier, dès cinq heures du matin, l’on voyait, par les principales et longues routes de la forêt de Saint-Germain-en-Laye, passer avec leurs chiens, la botte au cou, les valets de limiers qui allaient faire le bois. Le travail de ces gens consiste à détourner le cerf, pour connaître, au moyen des chiens, dans quel lieu l’animal s’est rembuche, et indiquer l’enceinte où il est sur le ventre.<lb/>Vers neuf heures, sur les routes qui conduisent à Saint-Germain, convergeaient tous les inévitables auxiliaires de la chasse, partis de plusieurs points d’un vaste cercle.<lb/>Des détachements de la gendarmerie d’élite s’échelonnoient pour l’escorte.<lb/>Des palefreniers, avec leurs costumes traditionnels du règne de Louis XV, conduisaient en main les chevaux que devaient monter le Roi et sa suite.<lb/>Des bouquets de grooms à la livrée capricieuse menaient aussi au rendez-vous d’élégants chevaux de pur sang, au poil ras et tondu, aux jarrets musculeux, aux sabots noirs et brillants, admirables et ravissants, produits des comtés de Kent et de Devonshire. Ils étaient destinés aux fashionables qui allaient s’élancer sur les traces du roi.<lb/>De loin en loin passaient rapidement des messagers. Ils venaient de Versailles, et ils avaient descendu la montagne du Cœur-Volant, de toute la vitesse de leurs montures, [p. 353] pour apporter des ordres du premier veneur. Le baron d’Harmencourt dans sa calèche, les officiers de vénerie dans leurs chaises à deux chevaux parcouraient la même route.<lb/>Venaient ensuite les pages à cheval, le porte-arquebuse dans sa voiture, où l’on voyait à ses côtés la longue carabine destinée à servir la bête ; puis, le caisson qui devait transporter le cerf. Parmi tous ces équipages, il était facile de distinguer ceux qui appartenaient au Dauphin; ils se faisaient remarquer par une rare élégance, dont le nom du duc de Guiche donnait aisément l’explication.<lb/>Deux cents chiens environ, réunis en un groupe docile, obéissant aux piqueurs qui les conduisaient, allaient se distribuer en différents relais. On voyait s’animer ces longues et tristes avenues, bordées d’arbres dépouillés par l’hiver, et dont les branches se détachaient en gris, comme les côtes d’un squelette gigantesque. Cet aspect de tristesse et de mort, que le ciel sale des matinées de janvier imprime à la nature, s’effaçait graduellement à mesure que le bois se peuplait. Dans les perspectives retirées des allées, et à travers les futaies, s’avançaient et passaient, tantôt un élégant équipage avec une corbeille de jeunes femmes ; on voyait bien aussi de temps en temps un maigre locatis porter péniblement son fardeau, quelques bourgeois de Saint-Germain avec leurs vieilles selles à la hongroise : c’étaient les épisodes grotesques de la fête.<lb/>Equipages, fourgons, chevaux, chiens, bourgeois, paysans, gentilshommes, merveilleux, palefreniers, postillons, tout ce monde, spectacle ou spectateurs, se dirigeait vers le rendez-vous de la chasse, et se croisait avec des valets de limiers qui n’avaient rien détourné, et s’en revenaient au chenil tout confus, avec leurs chiens, dans une contenance triste et honteuse.<lb/>Dans la partie la plus reculée, la plus solennelle, la plus égarée de la forêt, se trouve un petit pavillon d’une architecture moderne. Il fut édifié sur une partie de l’emplacement [p. 354] qu’occupait jadis le château de la Muette, ruineuse construction flanquée de tourelles que Louis XV fit démolir, et où François Ier, après une chasse à courre, éprouva un redoublement décisif de la maladie dont il est mort.<lb/>C’est là le point de ralliement, le lieu de réunion générale, le centre d’où partira et s’élancera la chasse avec son cortège et les abois.<lb/>A quelques pas du pavillon, et un peu avant dans le bois, l’ensemble des personnes qui se trouvaient réunies formait un coup d’œil propre à éveiller le génie d’un peintre de genre. C’était gai comme une scène de Swebach ; il ne manquait à l’harmonie du tableau que le mouvement des feuilles vertes bruissant au souffle du vent, et se jouant avec les rayons d’un soleil d’été.<lb/>Les valets de chiens et la vieille meute étaient groupés sur le sol dans des attitudes variées. Des curieux s’approchaient et tournaient autour d’eux, pour admirer la beauté des bêtes et l’attirail somptueux des hommes. Près d’une petite table, les pages, tout en s’ajustant, faisaient à la hâte un déjeuner champêtre, que leur offraient de sémillantes cantinières. Des dames à pied essayaient furtivement, malgré la consigne, d’approcher du pavillon ; d’autres, debout sur des chars-à-bancs, prenaient d’avance une position favorable pour ne rien perdre des détails de l’arrivée du roi.<lb/>A voir tout ce monde brillant de toilette et d’uniformes blancs et rouges ; à voir ces chevaux qui battaient et écrasaient le sol de leurs pieds, ce mélange de voitures bigarrées, ces valets qui buvaient et mangeaient en riant; à voir cette agitation et cette joie qui resplendissait sur les visages, on eût dit une halte capricieusement composée, telle qu’un artiste pouvait la concevoir en son imagination et l’exprimer sur la toile.<lb/>Le pavillon de la Muette est ouvert, deux gendarmes d’élite sont en faction à la porte, et le gros du détachement est négligemment assemblé en face. On entend dire : [p. 355] Monseigneur ! et l’on voit arriver à l’étoile irrégulière monseigneur le Dauphin.<lb/>Les gendarmes éloignaient les curieux, et se formaient en peloton.<lb/>Le prince aborde au perron, où étaient réunis les officiers de la vénerie et les gens de cour qui devaient assister à la chasse.<lb/>Le groupe s’ouvrit, et Monseigneur rentra au salon pour recevoir le rapport; puis s’introduisirent près de lui tous ceux que les règles de l’étiquette y appelaient, et à qui, par une faveur spéciale, avait été conféré le droit de revêtir l’habit de chasse.<lb/>Le Roi ne tardera pas à arriver ; car il est d’étiquette que le Dauphin précède son père d’un quart d’heure seulement, afin de le recevoir au pavillon.<lb/>En effet, ce laps de temps était à peine écoulé, qu’un gendarme, à bride abattue, paraissait à l’extrémité de la voûte du pavillon. Tout s’animait et s’ébranlait au sein du camp ; voici le terme de la halte. La voiture du roi passe avec sa parure de huit chevaux, son lourd cocher, son postillon dans ses bottes à chaudron. Puis vient à la suite la voiture qui renferme les seigneurs invités. Au même instant on annonçait le Roi.<lb/>Monseigneur le Dauphin, avec son cortège, attendait Sa Majesté au perron.<lb/>Elle reçut et lut le rapport du commandant; puis elle décida d’attaquer un cerf dix cors jeunement, détourné à la Salle Verte.<lb/>Le cheval du roi fut amené devant le perron. Le comte O’Egherti présenta au roi son couteau de chasse, et le premier écuyer porta la main à l’étrier pour le présenter à Sa Majesté, tandis qu’un piqueur maintenait la selle de l’autre côté.<lb/>Le Roi dit gaiement : « Messieurs, vous allez voir deux vieillards l’un sur l’autre ». Ce mot a fait fortune, car tout [p. 356] le monde sait que Stranger, la monture favorite du roi, était depuis longtemps à son service.<lb/>On se met en marche.<lb/>Sa Majesté est précédée de ses officiers de vénerie ; le Dauphin est à côté d’elle, le premier veneur à portée de recevoir ses ordres.<lb/>Le capitaine des gardes et le lieutenant de service sont auprès du Dauphin, et font partie du premier groupe.<lb/>La foule des spectateurs conviés s’est confondue et mêlée.<lb/>Ceux-ci cheminaient tous au pas, et s’en allaient lentement par la route de la Muette, vers l’étoile de la Salle Verte.<lb/>Ils ne tardèrent pas à arriver à l’enceinte où le cerf, tranquille, prenait son repos.<lb/>Trente chiens d’attaque, tenus par trois valets de chiens à pied, sont au carrefour.<lb/>Quatre des plus sages et des plus matois ont été découplés, et trois piqueurs foulent en les appuyant de la voix et de la trompe. Pendant ce temps, le commandant, les officiers et les pages sont en observation dans les routes.<lb/>Les hardes, qui restent pleines d’ardeur, ne gardent le silence que par l’effet du tout coi qu’on leur répète incessamment ; leurs regards tournés vers l’enceinte décèlent l’impatience qui les possède. C’est à grand’peine qu’on les retient.<lb/>Les voix se répètent de plus en plus ; les trompes accompagnent. Qu’elle est douce cette harmonie pour l’oreille des chasseurs! elle prépare aux taïauts joyeux qui se feront bientôt entendre. Sans doute, lorsque ce premier soupir de la trompe sera venu retentir à l’oreille du cerf pensif et ruminant sous les futaies solitaires, surpris d’abord et attentif, il aura dressé sa tête pour écouter cette sonore mélodie de mort. Au son répété de l’instrument qui le fait tressaillir, il s’est relevé et il s’est mis à écouter de nouveau. Un troisième son se fait entendre, ses oreilles [p. 357] se roidissent, son œil roule dans son orbite, il a bondi sur lui-même, comme pour essayer ses membres et sa vigueur élastiques. La trompe approche toujours et sonne aigu et fort. Alors un moment il hésite, car il veut se rendre compte de quel côté le péril vient plus menaçant pour lui.<lb/>Enfin il part.<lb/>On l’a vu!<lb/>Taïaut! taïaut ! a-t-on dit.<lb/>Ce cri est répété au loin.<lb/>Le Roi l’a entendu.<lb/>On sonne la royale.<lb/>Les chiens mordent leurs liens, on les découple avec peine. Ils ne comprennent plus la voix de l’homme, ils ne craignent plus le fouet : l’instinct est revenu tout entier.<lb/>Le Roi, guidé par le comte de Girardin, s’est élancé, suivi de ses officiers de service.<lb/>Le Dauphin, auprès de qui l’on voyait un piqueur portant la trompe, paraît à son tour, et semblait voler sur le léger cheval qu’il montait.<lb/>Tous les cavaliers se répandent en différentes directions dans la forêt.<lb/>Les équipages tiennent les larges avenues.<lb/>Des valets suivaient les chiens et les appuyaient ; d’autres se portaient en avant ; d’autres restaient sur les derrières pour observer.<lb/>Allons, sonnez, sonnez, piqueurs, sonnez ; trompes éclatantes, retentissez au loin, que la forêt répète ces bruyants éclats du cuivre en spirale qui déchirent l’air.<lb/>Meutes, aboyez, glapissez, poussez vos voix. Allons, allons, chevaux, hennissez, que votre galop rapide et régulier emporte ces cavaliers sur la trace du cerf, vous qui avez valu des prix à vos maîtres. Sly, la mignonne, Dash Coronats, laissez, laissez jaillir le feu de vos prunelles; que la mousse écume sur vos bossettes. Comme les arbres passent et courent! la forêt se meut, s’anime et danse aux accords des fanfares. Et toi, bondis à ton tour, pauvre cerf ; saute [p. 358] des fossés et des chemins; courbe ta tête gracieuse sur les épaules ; que tes jambes effilées et agiles effleurent à peine le sable ; va, va, tâche d’échapper à la poursuite de tes ennemis.<lb/>Ceux à qui le labyrinthe de la forêt est familier s’engagent dans des sentiers et des lignes diagonales qui abrègent ; les autres s’égarent et vont, bride abattue, dans de fausses directions.<lb/>Le cerf les a déjà entraînés près de Saint-Germain ; il a battu les environs de Poissy ; il est revenu à travers les sables de la croix de Noailles. Là, il a fait un détour, et ceux qui se trouvaient derrière sont maintenant les premiers. Le bien-alter qu’ils sonnent appelle les chasseurs qui s’emportaient dans une fausse route. Une grande confusion règne parmi les équipages et les cavaliers. On tourne bride ; on cherche à s’orienter, on va à droite, on va à gauche.<lb/>A chaque carrefour, où plusieurs issues se présentent, l’embarras redouble.<lb/>Allons, sonnez, piqueurs, sonnez; trompes éclatantes, retentissez au loin.<lb/>C’est affaire à toi, mon beau cerf; ta vigueur met tes poursuivants en défaut. Le nombre des chiens qui te harcèlent est bien réduit ; ils ne forment plus une masse compacte comme à l’attaque ; ils se suivent sur une longue file ; leur allure est lente, traîneuse et molle ; leurs langues sont pantelantes ; leurs queues basses frôlent et balaient la terre.<lb/>A eux donc les relais, ou le beau cerf va leur échapper.<lb/>Enfin, celui de la croix de Bercy a été donné de nouveau ; l’ensemble règne dans la meute, et la bête, essoufflée, n’a plus une avance aussi marquée.<lb/>Le roi n’a pas perdu la trace un seul instant ; il a suivi les anfractuosités, les lignes courbes, droites, brisées, du chemin qu’a parcouru le cerf ; il a été témoin de tous les incidents de la chasse, qui s’approche graduellement du château de la Muette.<lb/>[p. 359] Le cerf s’y fit voir plusieurs fois en traversant l’étoile de Saint-Sébastien, puis l’étoile de la Garenne ; bien approché par deux chiens de la première vitesse, il se forlonge ; poussé à vue, il a fait tête un moment de son front baissé, il a maîtrisé la rage de ses ennemis. Alors, rusant avec eux, il les a franchis d’un bond léger; mais dans cette voie qu’il veut prendre, il rencontre de nouveaux assaillants, et il se replie vers le château dont il fait au moins dix fois le tour.<lb/>Les curieux et les cavaliers se pressent sur ce point.<lb/>Pendant un quart d’heure, on jouit d’un hallali sur pied.<lb/>Le son des trompes réunies en bloc appela au loin tous ceux qui n’avaient pu suivre, ou qui avaient donné dans un défaut.<lb/>C’est là le morceau d’ensemble de cette symphonie, c’est le tutti bruyant.<lb/>La pauvre bête renonce enfin à fuir, le pressentiment de la mort a donné à son œil je ne sais quelle mélancolique expression de résignation ; elle a sauté la barrière qui environne le pavillon, elle s’accule au mur, et, noble jusqu’au dernier moment, elle attend son sort au milieu des chiens qui hurlent et la harcèlent.<lb/>Cependant le roi était descendu de cheval ; il prit la carabine des mains de M. de Vinfrais, et il mit fin, d’un coup, aux anxiétés de la pauvre bête. Tandis que les fanfares éclatent et célèbrent le succès de la chasse, un piqueur lève le pied du cerf, le natte et le donne au commandant ; celui-ci le remet au premier veneur, qui, le chapeau à la main, le présente au roi. Le roi lui-même se découvre pour le recevoir.<lb/>C’est l’acte final, c’est la clôture consacrée par l’usage et les règles immémoriales de l’étiquette qui préside aux chasses.<lb/>Le roi rentre au pavillon et demande sa voiture. Toute sa suite se dispose à partir. Bientôt on entendit le bruit mat du marchepied qui se déployait. On referma la [p. 360] portière, le lourd véhicule se mit en mouvement avec son escorte et ses écuyers cavalcadants.<lb/>On n’entendit plus que les rares fanfares que sonnaient, en se retirant, les piqueurs fatigués.<lb/>Les curieux se dispersaient de tous côtés, le silence, le sommeil des bois succédèrent au bruit et au spectacle, au mouvement et à l’agitation dont les yeux et les oreilles venaient de se rassasier. »</p>
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              <subject>Chasse</subject>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>E. Ch., « Une chasse de Charles X », Journal des haras, chasses et courses de chevaux, 2e série, t. 5, novembre 1836, p. 351-360.</p>
            </bibliography>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Signalement de la restauration du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1862/1862" encodinganalog="3.1.3">1862</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>«  [p. 644] Il est beaucoup question en ce moment-ci de la restauration du château historique de Saint-Germain-en-Laye. La même pensée qui a fait acheter par la France le musée Campana a voulu faire renaître ce monument des temps monarchiques. - Quelques mots<lb/>à ce sujet :<lb/>Le vieux château de Saint-Germain-en-Laye, destiné à devenir musée gallo-romain, est en pleine voie de transformation ; on va, non pas en démolir les étages en briques, comme on l'avait dit primitivement, mais retrancher les pavillons ajoutés sous Louis XIV et remettre l'édifice en l'état où il se trouvait sous le règne de François Ier.<lb/>Les ponts-levis qui existaient sur les fossés, tant du côté de la ville que sur les jardins, doivent être reconstruits ; les terrasses en plomb qui jadis régnaient à la partie supérieure et qu'on avait remplacées par des combles en charpentes, lors de l'installation du pénitencier militaire, vont être rétablies et bordées par une balustrade renaissance, ornées de vases en amortissements ; les fossés seront rélargis du côté du jardin et doivent être partout transformés en parterre ; l'horloge du château qui, depuis deux siècles, figure au-dessus de la porte principale, va reprendre son ancienne place dans la partie supérieure du donjon, au-dessous du campanile.<lb/>Quant au donjon lui-même, qui avait disparu derrière le pavillon d'angle du côté gauche, il va reparaître, dégagé qu'il se trouve par la démolition de ce pavillon. C'est dans cette aile qu'habita Jacques Il depuis son arrivée en France jusqu'à sa mort. L'aile qui se trouve à l'autre angle de la façade du jardin renferme les appartements qu'occupait madame de Maintenon, quand la cour était à Saint-Germain.<lb/>Dans une autre partie du château a aussi longtemps habité mademoiselle [p. 645] Louise de la Vallière ; des habitants de Saint-Germain se rappellent encore y avoir vu le cabinet de toilette de cette favorite, et le fauteuil qui, placé sur une trappe mécanique, lui servait pour descendre au rez-de-chaussée, sans qu'elle eût à passer par les escaliers.<lb/>La restauration des plus anciennes parties du monument est déjà accomplie sur certains points ; le couloir voûté qui conduit dans la première cour est du nombre ; sa voûte de briques encorbellée, avec chaînes et cartouches en pierre, est complétement remise à neuf ; plusieurs salles sont aussi réparées, celle de Mars entre autres, qui a déjà reçu une partie des collections qu'on doit y exposer. Cette galerie est au premier étage, et l’on y monte par un escalier pratiqué dans une tour extérieure, qu'on est en train de construire à gauche de la porte d'entrée ; cette tour sera dans le style du seizième siècle.<lb/>Si Mansard a détruit la forme primitive du château de Saint-Germain par l'addition de ses ailes angulaires, il n'a pas touché à la première cour ; elle est donc restée intacte et nous offre un des plus curieux spécimens de l'architecture renaissance.<lb/>Cette cour a la forme d'un angle aigu tronqué au sommet ; chacune de ses encoignures est occupée par une tour ronde, diminuée à chaque étage, et que surmonte une calotte hémisphérique. Elle est pourtournée par des arcades ressorties qui portent une terrasse continue, où s'ouvrent de plain-pied toutes les fenêtres des appartements ; cette terrasse est bordée d'une balustrade en pierre ajourée dans le style de l'époque. Au-dessus se déploie ce magnifique étage de baies à frontons dont l'architecture polychrome est d'un effet prodigieux.<lb/>Mais chaque médaille a son revers, et on le trouve ici près du donjon, derrière le pavillon qu'a occupé le roi Jacques, où se retrouvent encore quelques vestiges d'oubliettes, car pas de château sans cela, jadis.<lb/>Malgré les critiques qui ont été faites sur les additions de Mansard, il ne faut pas croire que le château de Saint-Germain n'ait eu qu'à souffrir des transformations opérées sous Louis XIV, car c'est sous son règne que furent dessinés les jardins et que fut construite cette magnifique terrasse de 2,400 mètres qui domine l'un des plus beaux panoramas du monde.<lb/>C'est de là que le monarque aimait à fouiller le paysage au [p. 646] moyen d'un puissant télescope qui lui faisait découvrir tout ce qui se passait jusqu'aux extrémités de l'horizon ; aussi, dans tous les pays circonvoisins, ne craignait-on rien tant que le télescope du roi. Aujourd'hui, c'est un industriel qui exploite pour son compte ces profondes perspectives, de sorte que l'on peut, moyennant 25 centimes, regarder à travers sa longue-vue et voir, comme jadis le grand roi, jusque dans les maisons des pays circonvoisins.<lb/>Nous engageons donc ceux des habitants de ces pays dont les maisons regardent Saint-Germain à se défier de leur voisin d'en face. »</p>
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              <subject>Construction et travaux</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
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              <p>A. Dupuy, « Courrier de Paris », Journal des haras, chasses, courses, agriculture, t. 70, 1862, p. 644-646.</p>
            </bibliography>
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        <c otherlevel="" level="otherlevel">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Le Mercure de France</unittitle>
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              <corpname id="atom_19387_actor">Le Mercure de France</corpname>
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            <note>
              <p>Hebdomadaire français fondé en mars 1672 par Donneau de Visé, sous le titre "Mercure galant", titre qu'il conserva jusqu'en 1674 et reprit de 1678 à mai 1714. Il prit le titre de "Nouveau Mercure galant" en 1677, et de mai 1714 à octobre 1716. Il s'appela "Nouveau Mercure" (1717-mai 1721), "Mercure" (juin 1721-1723), "Mercure de France. Dédié au Roi" (1724-10 déc. 1791), "Mercure français" (17 déc. 1791-18 fév. 1799), "Mercure de France. Journal politique, littéraire et dramatique" (29 jan.-16 sept. 1799), "Mercure de France (littéraire et politique)" (juin 1800-1816, puis 1817-jan.1818), "Mercure de France et chronique de Paris" (juil.1819-fév.1820), "Mercure du dix-neuvième siècle" (1823-1827), "Mercure de France au dix-neuvième siècle" (1827-1832)</p>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19387_actor">Le Mercure de France </corpname>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de l’installation du roi et de la reine d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1689/1689" encodinganalog="3.1.3">6-13 janvier 1689</unitdate>
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              <p>« [p. 280] Le 21 au matin, jour de S. Thomas, le bastiment qui portoit la reine d’Angleterre arriva à Calais, après [p. 281] avoir couru risque de faire naufrage au port, puisqu’il s’en fallut peu qu'il ne touchait un banc qui en estoit à dix pas ; mais le maistre du paquetbot qui se trouva là fort à propos luy servit de guide, et empefcha par là ce malheur. Après que la reine fut debarquée, le capitaine du yacht dit qu'il sçavoit bien qu'il menoit cette princesse et le pince de Galles, et qu'il l'avoit toujours reconnu. Elle ne voulut point que M. le duc de Charost luy fist rendre aucuns [p. 282] honneurs à Calais. […] [p. 283] Comme la reine [p. 284] devoit faire quelque sejour à Bouligne jusqu’à ce qu’on eust receu des nouvelles de la Cour, elle demanda d’estre logée au convent des Ursulines mais, M. le duc d‘Aumont ayant fait preparer l’appartement de madame la duchesse sa femme, elle ne put le refuser. […] [p. 284] Cependant, le Roi ayant sceu que cette princesse estoit arrivé en [p. 288] France, ce monarque qui a toujours esté l’appuy des malheureux et l’azil des opprimez en ressentit une joye proportionnée au triste etat ou il scavoit qu’elle se trouvoit. […] [p. 321] La nouvelle de l’arrivée du roy d’Angleterre à Ambleteuse ayant esté receue à Versailles, M. le marquis de Beringhen l’apprit à Beaumont par un courrier que le [p. 322] Roy lui depescha. […] [p. 328] M. le Premier, après s’etre acquité de sa commission auprès de la reyne d’Angleterre, qu’il auroit conduite jusqu’à Saint Germain sans les nouveaux ordres qu’il receut, ne songea plus qu’à partir la nuit mesme pour aller au devant de Sa Majesté britannique. […]<lb/>[p. 329] Le 6, cette princesse partit de Beaumont pour se rendre à Saint Germain en Laye, dont le Roy avoit fait meubler le chasteau pour la loger. Il avoit d’abord fait preparer celuy de Vincennes, [p. 330] mais Sa Majesté croyant l’air de Saint Germain meilleur pour la santé du jeune prince, et ce chasteau plus commode pour voir la reyne plus souvent, avoit changé de dessein.<lb/>Le Roy partit le mesme jour de Versailles pour aller au devant de cette princesse. Il estoit accompagné de monseigneur le Dauphin, de Monsieur et des princes et principaux seigneurs de la Cour. Il s’avança jusques auprès de Chatou, et les gardes du corps, les gendarmes, [p. 331] les chevaux legers et les deux compagnies de mousquetaires s’etendoient dans la plaine depuis le pont du Pec jusqu’à ce village. Quoyque leurs habits ordinaires soient assez riches et que le tout ensemble produise un effet fort éclatant, chacun s’estoit efforcé ce jour là de se mettre proprement et l’on peut dire que tous les officiers estoient magnifiquement vestus. Le carosse de Sa Majesté et celuy où estoit la reyne d’Angleterre ayant paru, chacun descendit du [p. 332] sien, dans le mesme temps, et le Roy et cette reyne se saluerent. Le Roy luy presenta monseigneur le Dauphin et Monsieur, et la remit ensuite dans le mesme carosse, où estant aussitost monté il se plaça à sa gauche, et monseigneur le Dauphin et Monsieur se mirent sur le devant. Lorsqu’on fut arrivé à Saint Germain, le Roy conduisit la reyne dans l’apartement qui luy avoit esté preparé. Il demeura quelque temps en public avec elle, et luy presenta monsieur le [p. 333] Prince, monsieur le Duc et monsieur le prince de Conty. Le Roy, en prenant congé de cette princesse, luy dit « qu’il alloit voir le prince de Galles pour apprendre s’il n’estoit point fatigué du voyage ». La reyne voulut l’y accompagner et lui dit « qu’elle avoit esté ravie qu’il ne fust pas en age de connoistre ses malheurs, mais qu’à present elle estoit bien fachée qu’il ne fust pas en etat de reconnoistre l’obligation qu’il luy avoit ». Le Roy revint ensuite à Versailles et laissa cette princesse dans [p. 334] l’admiration de ses manieres toutes engageantes et qui, avec le brillant de la majesté, laissent paroistre un air tout affable qu’il seroit difficile d’exprimer. Ce monarque de son costé trouva beaucoup d’esprit et de grandeur d’ame dans cette princesse. Elle a l’air noble ; toute penetrée qu’elle est de sa douleur, elle n’en paroist point embarassée. Elle sent bien ce qu’elle est et quoy qu’elle soit fort honneste, elle scait placer ses honnestez selon les gens et est tout à fait maitresse d’elle mesme.<lb/>[…]<lb/>[p. 359] Le roy d’Angleterre […] monta à Clermont dans le carosse du Roy que M. le Premier avoit [p. 360] au voyage en allant au devant de la reine et qu’on y avoit fait venir de Beauvais toute la nuit. M. le Premier et M. le duc de Bervick entrerent dans ce carosse avec Sa Majesté, qui alla ainsi jusqu’à Saint Germain en Laye, avec des attelages du Roy qu’on avoit mis en relais. Tout Saint Denis estoit remply du peuple de Paris, qui marqua sa joye par ses acclamations lorsqu’il vit arriver Sa Majesté britannique, ce qui acheva de faire connoiste qu’il n’y a point de peuple au monde si fidelle [p. 361] et si zelé que celuy de France, ny qui se plaise davantage à entrer dans tous les sentimens de son Roy. Tout se trouva remply de peuple, de carosses pleins de personnes de qualité et de cavaliers depuis Paris jusqu’à Saint Denis, et ce prince n’entendit que des acclamations, et ne vit que de la joye sur tous les visages.<lb/>Sa Majesté receut ce monarque au milieu de la salle des gardes de Saint Germain. La joye qu’ils eurent de se voir parut dans leurs embrassades, qui furent reiterées [p. 362] plusieurs fois. Leurs complimens estant finis, le Roy mena Sa Majesté britannique dans la chambre de la reine son epouse, qui estoit au lit, et apres y avoir demeuré quelque temps et l’avoir aussi mené chez le prince de Galles, il s’en retourna à Versailles.<lb/>Le 8, le roy d’Angleterre vint l’apres dinée à Versailles rendre visite à Sa Majesté, ayant dans son carosse M. le duc de Bervick, M. le Premier et M. de Lausun. Le Roy le receut à la porte de [p. 363] la salle des gardes et le conduisit dans son petit salon, puis dans son cabinet, où ils demeurerent seuls pendant plus d’une heure et demie. Sa Majesté le conduisit ensuite par la grande galerie à l’appartement de madame la Dauphine, qui l’attendoit dans sa chambre avec un fort grand nombre de dames. Cette princesse estant avertie qu’il venoit par la galerie, s’approcha environ à trois pas de la porte. Le roy d’Angleterre entra, accompagné du [p. 364] Roy, de monseigneur le Dauphin et d’une très grande quantité de seigneurs de la Cour. Il baisa madame la Dauphine des deux costez et ensuite Madame qui s’y trouva. Il baisa après monseigneur le duc de Bourgogne, monseigneur le duc d’Anjou et monseigneur le duc de Berry qui accompagnoient tous trois madame la Dauphine. On ne fut point assis. Madame la Dauphine estoit du costé de la balustrade et, le Roy donnant toujours la droite au roy d’Angleterre, [p. 365] estoit avec Monseigneur du costé des fenestres. La conversation dura un quart d’heure. Ce monarque prit congé pour aller chez Monseigneur, qui un moment auparavant estoit sorty de chez madame la Dauphine, pour l’aller attendre dans son appartement. Le Roy accompagna ce monarque en sortant jusqu’au haut du grand degré. Monseigneur le receut à la porte de la salle de ses gardes, et le roy fit tomber la conversation sur la campagne de ce jeune prince, [p. 366] à qui il donna les louanges qui luy sont dues, mais il luy dit ensuite « qu’il s’estoit trop exposé et qu’à l’avenir il devoit se menager davantage ». Monseigneur lui repondit, avec beaucoup de presence d’esprit, « qu’estant duc d’York il ne s’estoit pas moins exposé lorsqu’il combattoit dans les troupes de France ». Le roy repliqua « qu’il n’estoit alors qu’un malheureux aventurier mais que comme il seroit presentement le plus ancien lieutenant general s’il avoit continué, il croyoit que le Roy le [p. 367] feroit marechal de France ». Monseigneur le reconduisit jusqu’au mesme lieu où il avoit esté le recevoir. Il alla ensuite chez Monsieur, qui estant veritablement indisposé, gardoit le lit ce jour là. Comme il estoit assez naturel de parler du prince d’Orange, ce qu’on en dit fit tourner la conversation sur la bataille de Cassel et Monsieur fut loué d’avoir battu un pince si fier et qui ne manquoit ny de hardisse ny de courage. Ce prince repondit là dessus [p. 368] « qu’il voudroit qu’une semblable occasion se presentast encore et qu’il exposeroit volontiers sa vie pour le service du roy d’Angleterre ». Ce monarque alla après cela rendre visite à Madame et s’en retourna à Saint Germain. M. le Premier l’y accompagne et luy dit le soir en prenant congé de luy que la Maison du Roy qu’il avoit menée au devant de la reine avoit ordre de demeurer auprès de Leurs Majestez pour les servir.<lb/>Le 9, monseigneur le Dauphin se rendit à Saint [p. 369] Germain et visita Leurs Majestez britanniques.<lb/>Le 10, Madame et mademoiselle y allerent aussi, et le 12 les princesses du sang.<lb/>Le 13, Monsieur les visita pareillement et sur les deux heures les princes du sang firent les mesmes visites. Le mesme jour, sur les quatre heures du soir, la reine d’Angleterre vint à Versailles. Le Roy, monseigneur le Dauphin et Monsieur la receurent au plus haut du grand escalier. Elle parut se defendre la droite [p. 370] de Sa Majesté. On luy avoit preparé un fauteuil qui estoit à droite de celuy du Roy et elle s’y mit. La conservation dura un quart d’heure et l’esprit de cette princesse se montra aussi brillant qu’il avoit dejà fait. Le Roy luy dit « qu’il estoit surpris de l’entendre si bien parler françois et de de qu’on ne luy remarquoit aucun accent etranger ». Elle repondit « qu’elle s’estoit toujours senti de l’inclination pour la France et que c’estoit de là que venoit la facilité qu’elle avoit eue à apprendre le françois ». [p. 371] Leur conservation étant finie, le Roy la conduisit chez madame la Dauphine, qui l’attendoit dans sa chambre avec un tres grand nombre de dames, qui estoient fort parées. Quand cette princesse fut avertie que la reine venoit par la galerie, elle s’avança jusque dans la porte. La reine la baisa d’un costé et madame la Dauphine, luy donnant la droite, la mena dans son grand cabinet. On y avoit preparé six fauteuils, scavoir pour la reine, madame [p. 372] la Dauphine, les trois jeunes princes et Madame. Celuy de la reine estoit au milieud e la chambre et les autres estoient tournez un peu du costé du fauteuil de cette princesse. Toutes les duchesses furent assises. Madame la duchesse de Powis, gouvernante du prince de Galles, et madame la comtesse de Montecuculi, une des dames d’honneur de la reine, comme estoient icy les dames du Palais, puisqu’elles sont plusieurs et qu’elles servent par semaine, eurent [p. 373] les tabourets. On s’etonnera que je donne icy le nom de duchesse à madame de Powis apres l’avoir apellée plusieurs fois marquise ; la raison de ce changement est que le roy d’Angleterre, depuis son arrivée à Saint Germain, a recompensé le zele de M. de Powis, son marquis, en le faisant duc. La conversation dura une demy heure. On se leva et madame la Dauphine conduisit la reine jusqu’à la porte de son cabinet. Cette princesse alla ensuite chez Monseigneur, qui la receut [p. 375] à la porte de la salle de ses gardes et la reconduisit jusqu’au mesme endroit. Elle alla après chez Monsieur et chez Madame, qui luy firent tous les honneurs dus à une reine. »</p>
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              <persname role="subject">Jacques II</persname>
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              <p>Mercure Galant, août 1692, p. 304-305.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention du baptême de la fille de Jacques II dans la chapelle du Château-Vieux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1692/1692" encodinganalog="3.1.3">23 août 1692</unitdate>
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              <p>« [p. 304] Le Roy et madame ont tenu la princesse d’Angleterre sur les fonts. La ceremonie s’est faite dans la chapelle du vieux chasteau de Saint Germain en Laye, par M. le cardinal de Bouillon, grand aumonier de France. La princesse a esté nommée Louise Marie Elizabeth, qui sont les noms du Roy, de la reine d’Angleterre et de Madame. Sa Majesté vouloit que le nom de Marie fut le premier, parce que c’est ordinairement celuy qui demeure, mais la reine [p. 305] d’Angleterre a fait de si pressantes instances pour engager le Roy à faire que le nom de Louise precedast les deux autres noms, qu’il n’a pu se deffendre d’accorder aux prieres de cette princesse ce qu’elle souhaittoit avec tant d’ardeur. »</p>
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              <persname role="subject">Jacques II</persname>
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              <p>Mercure Galant, septembre 1701, p. 265-266.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la visite du roi d’Espagne au roi et à la reine d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1700/1700" encodinganalog="3.1.3">23 novembre 1700</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« [p. 265] Sur les quatre heures du soir, le roy d’Espagne alla à Saint Germain en Laye rendre visite au roy et à la reine de la Grande Bretagne et à monsieur le prince de Galles. Sa Majesté britannique reçut Sa Majesté Catholique à la porte de la salle des gardes sur le grand escalier et la conduisit à son appartement, où il y avoit deux fauteuils ; le roy d’Espagne occupa celuy de la droite, et le roy de la Grande Bretagne reconduisit Sa Majesté Catholique à l’endroit où [p. 266] Elle l’avoit reçue. Ensuite le roy d’Espagne alla chez la reine de la Grande Bretagne ; elle le reçut à la porte de la salle de ses gardes, et estant entrez dans l’appartement, ils s’assirent sur deux fauteuils. Le roy d’Espagne ayant pris congé de la reine, rendit visite à monsieur le prince de Galles, qui le reçut à la salle des gardes et le conduisit dans sa chambre, où il y avoit un fauteuil. La visite se passa debout et Son Altesse royale reconduisit Sa Majesté Catholique jusqu’à son carosse et la vit partir. »</p>
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              <persname role="subject">Jacques II</persname>
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              <geogname>Château-Vieux</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Mercure Galant, septembre 1701, p. 369-390.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit du décès de Jacques II à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1701/1701" encodinganalog="3.1.3">2-21 septembre 1701</unitdate>
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              <p>« [p. 369] Vous attendez, sans doute, un détail de la maladie, de la mort et du convoy de Jacques II, roy d’Angleterre ; il faut vous satisfaire sur tout cela.<lb/>Depuis un anthrax que ce prince eut il y a deux ans, qui suppura fort peu, et quelques légers mouvemens de goutte, sa santé parut fort ébranlée ; mais [p. 370] cela devint beaucoup plus sensible après une attaque d’apoplexie imparfaite, qui fut suivie de la foiblesse de tout un côté, et de la paralysie de quelques doigts, arrivée au Carême dernier. Ses forces estoient fort diminuées, il maigrissoit de jour en jour, et contre son ordinaire il paroissoit plus pesant et plus assoupi. A tous ces accidens, il estoit survenu, il y a quatre mois, un crachement de sang, fort léger dans son commencement et qui devient par la suite plus sensible.<lb/>S. M. B. estoit dans cet estat le vendredy 2 de septembre qu’il luy prit une grande foiblesse, dont Elle revint par le secours des cordiaux. Dans ce moment, la fièvre s’éveilla avec l’assoupissement [p. 371] qui a conduit ce prince jusqu’au tombeau.<lb/>Le dimanche, troisième jour de son mal, une seconde foiblesse le mit dans un estat si pressant que l’on eust d’abord recours aux derniers sacremens. Le pouls luy revint un peu après un vomissement d’un sang retenu depuis quelque temps dans l’estomac, comme il paroissoit à la couleur et à l’odorat. Le pouls néanmoins, qui estoit resté embarassé, se trouva dégagé par une pareille évacuation procurée par le moyen d’un remède que M. Fagon luy fit donner. Ce remède, posé à propos, le fit un peu reposer et donna quelque espérance.<lb/>Le lundy, quatrième jour de [p. 372] son mal, et cinquième du mois, un léger purgatif luy fit rendre beaucoup de sang retenu.<lb/>Le même jour après midy, le Roy alla le voir. Sa Majesté britannique le supplia de trouver bon qu’Elle fust enterrée dans l’église paroissiale de Saint Germain en Laye. Le Roy en parla à la reine d’Angleterre, et l’on ne jugea pas à propos de répondre à ce qu’une profonde humilité luy faisoit dire. Ce prince recommanda ce jour là au Roy les regimens irlandois qui sont à son service.<lb/>Il demeura assez tranquille le mardy.<lb/>Le mercredy, apres l’usage de quelques remedes propores à arrester l’hemorragie, cet accident [p. 373] cessa absolument, et la fievre diminua de beaucoup.<lb/>Le jeudy se passa dans redoublement. Il survint un flux d’urine, ce qui fit concevoir quelque esperance.<lb/>Le vendredy, huitieme jour du mal de ce prince, la fievre augmenta, sa langue devint seche, l’assoupissement ne diminua point, et l’on apperçut que le flux d’urine devenoit involontaire et que la paralysie gagnoit la vessie. Un purgatif qui luy fut donné alors fit connoistre que cet engourdissement se communiquoit aux entrailles. On perdit des ce moment toute esperance, les accidens allerent toujours en augmentant, et les remedes furent sans effet.<lb/>[p. 374] Ce prince se trouva si mal la nuit du 12 au 13 qu’on craignit qu’il ne mourust avant qu’elle fust passée. Sa Majesté demanda le viatique pour la seconde fois, et le reçut sur les cinq heures du matin avec une piété exemplaire. On luy avoit donné l’extrême onction trois heures après midy en même temps que le viatique. Le prieur curé de Saint Germain s’acquitta de toutes ces fonctions d’une manière très édifiante.<lb/>Le même jour 13, après midy, le Roy alla voir pour la dernière fois ce prince mourant, et déclara proche de son lit, et en présence de la reine et de plusieurs seigneurs des deux Cours, que si Dieu disposoit de Sa Majesté [p. 375] britannique, il reconnoistroit et traiteroit monsieur le prince de Galles comme roy d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande. Sa Majesté britannique, qui estoit dans un grand assoupissement, n’en fut point tirée par les mouvemens que ces paroles causerent dans la chambre, ou peut estre qu’estant toujours en meditation, en attendant le moment de la mort, Elle ne voulut pas interompre, pour les choses de ce monde, le sacrifice qu’Elle faisoit alors de son âme à Dieu. Tous les milords, en fondant en larmes, se jetterent aux genoux du Roy pour le remercier. Ils reconduisirent Sa Majesté en cet état, avec des acclamations qui témoignoient [p. 376] leur reconnoissance et leur affliction, et le mélange de joye et de tristesse qui paroissoit sur leur visage, ayant quelque chose d’aussi vif pour la joye que pour la douleur, on ne scavoit si l’on devoit se réjouir ou s’affliger avec cette Cour, qui pour trop sentir, ne pouvoit bien démeller elle-même ce qu’elle sentoit. La nuit du 13 au 14, on crut que ce prince alloit expirer, les redoublemens estans devenus plus frequens et plus dangereux. On reïtera plusieurs fois la recommendation de l’âme, ce qui fut fait alternativement par les aumôniers de Sa Majesté britannique et par le curé de Saint Germain. Cependant, Sa Majesté conservoit une connoissance parfaite [p. 377] qui continua jusques aux derniers momens ;<lb/>Madame la duchesse de Bourgogne alla le voir le 14 à trois heures après midy. Ce prince la remercia avec beaucoup de présence d’esprit et la pria de passer chez la Reine, à cause de la mauvaise odeur qui estoit dans sa chambre.<lb/>Monseigneur le duc de Bourgogne l’alla voir le 15, sur les dix heures et demie du matin. Lorsque ce prince y arriva, on disoit pour la cinquième fois les prières des agonisans. Sa Majesté britannique, après l’avoir remercié de sa visite, le pria de trouver bon que l’on continuast les prières. Madame l’alla voir l’après dinée du même jour, à l’issue [p. 378] de son dîner. Il entroit souvent dans une espèce de létargie, et lorsqu’on le reveilloit de son assoupissement, il répondoit juste et reconnoissoit tout le monde. Il avoit commencé le jeudy au soir à prononcer avec peine.<lb/>Le même vendredy 16 que ce prince reçut tant de visites et qu’il avoit ouy la messe dans sa chambre, ainsi que les jours précédens, il tomba dans une douce agonie sur les deux heures et demie après midy, et à trois heures et un quart, il expira sans aucun effort, ayant la bouche riante, ce qui continua d’une manière sensible quelques momens après sa mort. On observa, comme une chose digne de remarque, et dont [p. 379] il y a peu d’exemples, qu’en quinze jours que ce prince avoit passez dans le lit de la mort, aussi tourmenté des remèdes qu’on luy donnoit que de sa maladie, il ne luy estoit pas échapé le moindre mouvement d’impatience, de répugnance ny même d’inquiétude, estant dans une méditation presque continuelle et ne parlant qu’autant qu’il estoit absolument nécessaire et que la charité le demandoit. Sa piété n’avoit rien ny d’austère ny de rude. Je n’entre point dans les choses touchantes et plus édifiantes encore qu’il a dites à la reine pendant les quinze jours qu’a duré sa maladie ; elles sont au dessus de toutes sortes d’expression. La manière dont il a parlé à monsieur le [p. 380] prince de Galles n’est pas moins digne d’admiration, et moins difficile à exprimer. Il luy a fait voir par des discours aussi touchans que chrétiens qu’il ne devoit point mettre la couronne en parallèle avec la religion et l’a conjuré de ne le faire jamais. Il a protesté tout haut qu’il pardonnoit sincérement et de tout son cœur à tous ceux qui luy avoient causé tant de mal, et qu’il prioit Dieu qu’il leur pardonnast, en ajoutant qu’il leur avoit de grandes obligations, puisqu’ils estoient peut estre la cause de son salut qu’il esperoit. Il a tenu ces discours plus d’une fois et les a renouvellez en recevant le viatique. Ce n’est point l’état où il se trouvoit, et [p. 381] l’assurance d’une mort certaine qui l’ont fait parler ainsi, puisque depuis le commencement de ses malheurs jusqu’au moment de sa mort les chagrins qu’il ressentoit, peut estre plus pour sa famille que pour luy, n’ont jamais esté cause qu’il luy soit rien échapé contre les auteurs de tous ses maux. Il s’estoit mis pendant tout le cours de sa vie par une fermeté héroïque au dessus de toutes les disgraces qui luy estoient arrivées, et toutes les fois qu’il s’estoit agy de la religion, il avoit fait voir une constance digne des anciens chrétiens. Il estoit d’une valeur intrépide et il en a donné des preuves en plusieurs batailles, tant sur terre que sur mer, mais ce [p. 382] n’est pas icy le lieu de s’étendre sur des choses qui regardent ceux qui travailleront à son histoire.<lb/>Lorsque ce prince fut expiré, M. Desgranges, maistre des cérémonies de France, fit exposer son corps à la vue du peuple. Le clergé de la paroisse de Saint Germain, les recolets qui sont dans le même lieu et les augustins des Loges, au nombre de douze qui se relevoient de temps en temps, formerent deux chœurs, qui psalmodierent toute la nuit, et le matin on commença à célébrer des messes sur deux autels dressez dans la même chambre où estoit le corps.<lb/>Le samedy 17, sur les quatre heures après midy, on l’ouvrit et on l’embauma. On luy trouva [p. 383] très peu de sang, et presque réduit en eau, tous les visceres, les entrailles et même le cœur fletris et extenuez. A l’ouverture du crane il sortit une tres grande quantité de serositez et les ventricules du cerveau étoient absolument plein d’eau.<lb/>Son corps fut porté le soir, avec peu de cérémonie, aux bénédictins anglois du fauxbourg Saint Jacques, où il doit rester en dépost jusqu’à ce qu’on résolve où il sera inhumé. Son cœur a esté porté au couvent de Sainte Marie de Chaliot, où est celuy de la feue reine sa mère. Son convoy n’étoit composé que de trois carosses. Dans le premier, précédé de quatre gardes du corps qui portoient des flambeaux, étoient [p. 384] un aumônier, qui portoit le cœur du Roy, le père Sandun, confesseur de Sa Majesté, son compagnon, un autre aumônier, deux chapelains et le prieur de Saint Germain. Dans le second estoit le corps de ce prince, et M. du Vinet, exempt des gardes du corps de Sa Majesté Très Chrétienne. Vingt six gards du corps marchoient devant et derrière, avec des flambeaux. Le convoy estoit terminé par un troisième carosse, dans lequel estoient M. le duc de Barwik, Mr Porter, vice chambellan de Sa Majesté britannique, milord Hamilton, Mr Desgranges, Mr Hamilton, maistre de la garde robe, et Mr Ploiden, controlleur de la Maison de [p. 284] Sa Majesté. Mr d’Ingleton, aumônier de la semaine, fit un discours en latin en remettant le corps du roy entre les mains du prieur des bénécitins, qui répondit en la même langue, et ces discours furent trouvez fort touchans. Le corps couvert d’un poele fut mis sous un dais dans une chapelle tenue de noir. Le même cortège qui avoit esté aux bénédictins accompagne le cœur jusqu’à Sainte Marie de Challiot. Le même Mr Ingleton fit aussi un très beau discours en remettant le cœur entre les mains de la supérieure, qui y répondit avec beaucoup d’esprit.<lb/>Je dois ajouter icy qu’aussitost que le Roy fut expiré, M. [p. 386] le prince de Conty, qui depuis quelques jours n’avoit point quitté Saint Germain, estant parent de la reine, eut l’honneur de saluer le jeune roy. M. le nonce dit à ce nouveau monarque qu’il avoit ordre de Sa Sainteté de le reconnoistre après la mort du roy son père, et M. l’abbé Rizzini, envoyé de Modène, luy fit le même compliment de la part du duc son maistre.<lb/>Le 20, le Roy alla à Saint Germain, et il monta d’abord chez le roy d’Angleterre, qui l’attendit au haut du grand escalier en long manteau et conduisit Sa Majesté dans son appartement en prenant la main gauche. Il se trouva deux fauteuils, et le Roy s’assit dans celuy qui estoit [p. 387] à la droite. La visite fut courte. Sa Majesté britannique conduisit le Roy, qui l’empescha d’aller aussi loin qu’il auroit souhaité. Le Roy alla ensuite chez la reine, qui estoit au lit, et demeura près d’une heure avec cette princesse. Madame la duchesse de Bourgogne arriva pendant ce temps là, accompagnée de madame la Princesse, de madame la Duchesse, de mademoiselle d'Angu’en et des dames du palais de madame la duchesse de Bourgogne. Elles estoient toutes sans mantes, parce que la visite n’estoit pas de cérémonie. Madame la duchesse de Bourgogne alla d’abord chez Sa Majesté britannique, qui la reçut à la porte de sa chambre. Elle y resta peu de temps, et ne [p. 388] s’assit point. Cette princesse alla ensuite chez la reine, où elle trouva le Roy, qu’elle y laissa. Après cette courte visite, cette princesse alla chez madame la princesse d’Angleterre, où elle resta debout. Monseigneur le Dauphin et madame la princesse de Conty douairière y arrivèrent de Meudon une demi heure après. Le Roy, avant que de partir, alla chez madame la princesse d’Angleterre, messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry, monsieur le duc et madame la duchesse d’Orléans, monsieur le Prince, monsieur le Duc et madame la Duchesse, madame la princesse de Conty et généralement tout ce qu’il y a de personnes de distinction [p. 289] à la Cour ont esté faire des complimens au roy, à la reine et à madame la princesse d’Angleterre.<lb/>Le 21, Sa Majesté britannique rendit visite au Roy à Versailles et à madame la duchesse de Bourgogne. Cette princesse étant alors à la messe, Sa Majesté l’attendit dans son appartement. Monseigneur le Dauphin et messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry estoient partis pour Fontainebleau.<lb/>Je ne dois pas finir cet article sans vous dire que tous ceux qui ont vu ce jeune roy en sont charmez. Son air, ses manières et son esprit frapent d’abord également tous ceux qui ont l’honneur de l’approcher. Tout est en [p. 390] ce jeune monarque infiniment au dessus de son âge, et quoy qu’il doive beaucoup au sang dont il est sorti, il ne doit pas moins à son éducation. »</p>
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              <persname role="subject">Jacques II</persname>
              <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
              <name role="subject">Jacques III</name>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
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              <geogname>Château-Vieux</geogname>
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              <p>Le nouveau Mercure, mai 1718, p. 198-200
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6339950j/f202.item</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la mort de la reine d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <p>« Le 7, la reine douairière d’Angleterre mourut à Saint Germain en Laye à 7 heures 36 minutes. Cette pieuse princesse ressentit les premières atteintes de la fièvre le jour de saint Jacques, dont le feu roy son époux portoit le nom. Comme elle reste presque toujours à genoux à la paroisse pendant le service et qu’il faisoit une chaleur excessive, elle en sortit fort fatiguée. Elle prit un verre d’eau et alla se promener ensuite sur la terrasse du jardin, d’où elle rentra une demie heure après au château avec une [p. 199] espèce de petit frisson. Elle ne laissa pas de souper légèrement mais, environ une heure après minuit, la fièvr se déclara et redoubla considérablement. La Cour en ayant été informée le matin, le Roy y envoya M. Dodart, son premier médecin, et M. Boudin. Ils la trouvèrent très mal. Depuis ce jour jusqu’au six qu’ils la firent seigner à la gorge, elle enfla extraordinairement. On désespéra alors entièrement de sa guérison. Elle reçut le soir tous ses sacremens après s’être confessée au père Gaillard, jésuite, qui ne la quitta point jusqu’au moment qu’elle expira. Sa résignation parfaite aux volontés de Dieu, sa charité continuement agissante envers les pauvres Anglois qui s’estoient refugiez auprès d’elle dans un royaume étranger, sa constance inébranlable dans les adversitez successivement renaissantes, dont la plus grande partie de sa vie a esté cruellement agitée, une foy des plus vives pour la véritable religion, caractérisent cette reine eu peu de mots, et forment son éloge.<lb/>Cette princesse, avant son mariage, avoit fortement sollicité le duc de Modène, son père, à lui permettre de s’enfermer dans un couvent des filles de Sainte Marie, et ce ne fut que par soumission à ses parens qu’elle épousa le duc d’York, qui monta depuis sur le trône d’Angleterre sous le nom de Jacques II, après la mort [p. 200] de Charles II, son frère aîné. Elle a laissé par son testament à S. M. T. C. tout ce qui lui est dû de son douaire et de ses pensions en Angleterre. On peut juger de la douleur extrême de ces infortunez par la perte qu’ils font d’une maitresse si secourable, qui leur servoit à tous de mère et qui agissoit en cette qualité avec eux. »</p>
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              <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
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              <p>Le nouveau Mercure, mai 1718, p. 198-200
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          <unittitle encodinganalog="3.1.2">Autres recueils</unittitle>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Cérémonial françois de Théodore et Denis Godefroy</unittitle>
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              <p>Conseiller d'État en 1643.</p>
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              <p>« L’ordre et triomphe du baptesme de tres haut et tres puissant prince monseigneur Louys, second fils de France, duc d’Orleans, fait à Saint Germain en Laye le dix neufieme jour du mois de may mil cinq cens quarante neuf<lb/>Pour les roys d’armes de France<lb/>Le dimanche dix neufieme jour de may, le roy Henry II, estant a Sainct Germain en Laye, accompagné des princes de son sang, pour solenniser le baptesme de tres haut et tres puissant prince monseigneur Louys, second fils, duc d’Orleans, fit un festin royal en la grande salle dudit chasteau de Sainct Germain, laquelle estoit toute tapissee de riche tapisserie, faite de fil d’or, de fil d’argent et de soye, enrichie et garnie par le haut de feuillages de lierre et buys, semez d’ecussons aux armes de France, de la Reyne, de Portugal, d’Escosse et de Ferrare, et des croissans entrelassez ; et au bout d’en haut de ladite salle estoit la table dressee et couverte pour le Roy, a laquelle pour aller y avoit huit marches couvertes de tapis de Turquie, et au dessus de ladite table y avoit un ciel de satin cramoisy fait en broderie, et couvert de perles. A main dextre et au dessous de la table du Roy y avoit une longue table dressee pres des fenestres pour les princes et dames.<lb/>Environ l’heure de cinq heures du soir, le Roy partit de sa chambre, accompagné de don Constantin, prince, ambassadeur et parain delegué de par don Jean, roy de Potugal ; et marchoit devant le Roy monsieur de Boisy, Grand Escuyer de France, portant une hache d’armes comme capitaine des cent gentilsommes de la Maison du Roy, madame Marguerite, la reyne d’Escosse, madame la duchesse d’Aumale et ledit delegué de Portugal ; a main senestre et de l’autre costé, messeigneurs les reverendissimes cardinaux de Bourbon, de Vendosme, de Guise, d’Amboise et de Chastillon, et autres grands seigneurs. Monseigneur d’Anguyen servoit de panetier. Louys monsieur de Bourbon d’eschançon, monsieur d’Aumale d’escuyer trenchant, monsieur le connestable de Grand Maistre.<lb/>Et pour le premier service arriva monsieur le connestable en l’ordre qui ensuit. Premier marchoient les tambours, fifres et trompettes sonnans, apres les herauts deux a deux revestus de leurs cottes d’armes, apres marchoient deux huissiers de la chambre du Roy portans la masse sur l’epaule, apres marchoient les maistres d’hostel, ayans tous les dessus dits la teste nue, apres marchoit monsieur le connestable portant son baston de Grand Maistre, enrichy et couvert [p. 150] de perles et pierreries ; puis marchoit monsieur d’Anguyen servant, comme devant est dit, de panetier. Le service estoit porté par les gentilshommes de la chambre du Roy, richement vestus, ayans la teste nue, et fut tenu tel ordre a tous les autres services comme au premier. Et durant le festin y avoit chantres chantans en musique, hautsbois et autres joueurs d’instrumens le plus melodieusement que l’on scauroit ouyr. Et a la fin du dernier service fut crié : Largesse, par Monjoye, accompagné des herauts revestus comme dessus, d’un bassin et d’une eguiere d’or de par tres haut et puissant prince monseigneur le duc d’Orleans. Et le festin achevé, le bal commença qui dura environ deux heures, et ledit bal finy le Roy se retira en sa chambre, et s’en alla madame Marguerite, la reyne d’Escosse, madame la duchesse d’Aumale et ledit delegué de Porugal, monsieur de Guise et tous les princes et dames en la chambre où estoit ledit seigneur duc d’Orleans, laquelle estoit tapissée comme il s’ensuit. Dedans ladite chambre y avoit un grand lict de parement, couvert d’un drap d’or frizé traisnant en terre, et tout a l’entour par bas estoit redoublé et fourré d’hermines ; deux oreillers tous faits en broderie, couverts de perles et pierreries, et le ciel et dossier de drap d’or couvert de perles, les franges de fil d’or et au bout desdites franges tous garnis de grosses perles ; ladite chambre tapissee tout a l’entour de tapisserie faite de fil d’or, fil d’argent et soye la plus riche que l’on veit jamais, le fonds par haut de drap d’or et par bas de tapis de Turquie. Et au sortir de ladite chambre, toute la galerie et la vis par où l’on passa pour descendre en la cour allant a la chapelle dudit chasteau estoit toute tapissée de drap d’or et de tapis de veloux cramoisy violet, semez de fleurs de lys d’or, d’hermines et de toile d’argent. Tous lesdits seigneurs assemblez dans ladite chambre, fut levé le petit prince par ledit delegué de Portugal, et fut tenu tel ordre au marcher dudit baptesme, somme il s’ensuit.<lb/>Premierement, marchoient les tambours, fifres et trompettes sonnans fanfares, apres les herauts deux a deux, revestus de leurs cottes d’armes, apres marchoient les huissiers de la chambre portans la masse, puis marchoient les chevaliers de l’ordre ayans le grand ordre, portans chacun un cierge blanc en la main, apres marchoit monsieur François de Lorraine, grand prieur de France, portant le cierge du baptesme, apres le marquis du Maine, portant la saliere, apres monsieur d’Aumale, portant le cresmeau enrichy de pierres precieuses et d’une grande croix dessus, ledit cresmeau en manière d’escarboucle, posé sur un carreau de drap d’or couvert de parles, apres monsieur de Longueville, portant l’eguiere, apres Louys monsieur de Bourbon, portant le bassin, apres monseigneur d’Anguyen, portant l’oreiller et serviette, apres marchoit le parain delegué dudit roy de Portugal, portant ledit prince, à costé de luy a main dextre monsieur de Guise, servant de parain et delegué pour le duc de Ferrare, a main senestre madame la duchesse d’Aumale, servant de maraine [p. 151] au lieu de la reyne douairiere d’Escosse. Et estoient a costé, derriere ledit sieur de Guise et la duchesse d’Aumale, René monsieur de Lorraine, et le fils du gouverneur d’Escosse, portans chacun un coin du drap d’or ou estoit ledit petit prince, servans de chevaliers d’honneur. Apres marchoit madame Marguerite, laquelle menoit par la main la petite reyne d’Escosse, apres madame la duchesse de Valentinois, apres toutes les dames en bon ordre, richement vestues et parees tellement que, pour l’abondance des pierreries et broderies, l’on n’eust sceu discerner la couleur de leurs habillemens. Tous lesquels descendus dans la cour du chasteau, estoit ladite cour toute tapisseee de riche tapisserie faite de fil d’or, fil d’argent et de soye, et aux premieres lermieres de ladite cour y avoit a un pied loin de l’autre un cierge allumé, jusques au nombre de deux cens et plus, et depuis la porte de la salle jusques a la porte de la chapelle, estoient arrangez les arches de la garde d’un costé, tenans chacun une torche allumee a la main, et de l’autre costé en pareil ordre les suisses, ayans chacun aussi une torche allumee comme lesdits archers de la garde. A la porte de ladite chapelle estoit monseigneur le reverendissime cardinal de Bourbon, revestu pour faire l’office, accompagné de messeigneurs les reverendissimes cardinaux de Vendosme, de Guise, d’Amboise et de Chatillon, avec plusieurs archevesques, tous revestus de leurs roquets. Dedans et au milieu de ladite chapelle, y avoit un theatre dressé sur quatre piliers dorez de fin or, ou fut porté ledit petit prince, et dans ledit theatre y avoit un fonts dressé d’argent doré, tout enrichy de perles et pierreries, le plus beau qu’il soit possible a un homme de voir, et fut ledit petit prince nommé par ledit delegué de Portugal Louys. Ladite chapelle estoit toute garnie de cierges blancs et grands chandeliers d’argent pendans tous garnis de cierges, qui donnoient une lueur et clarté comme s’il eus testé midy. Et ledit baptesme achevé, fut crié par ledit Monjoye dans ladite chapelle : Vive tres haut et tres puissant prince monseigneur Louys, second fils de France, duc d’Orleans. Et fut ledit petit prince rapporté en pareil ordre et triomphe qu’il avoit esté porté jusque dans ladite chambre de parement. Et au retour en la salle du Roy, furent dressees tables chargees de confitures, dragees et epiceries pour la collation. Et ce fait chacun se retira. »</p>
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              <persname role="subject">Henri II</persname>
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              <geogname>Château-Vieux</geogname>
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              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 203-204.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit du baptême d’Henri de Bourbon, futur duc de Verneuil, et de sa sœur Gabrielle à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <p>« Le roy Henry le grand se resolut promptement de commander au sieur de Roquemont, maistre des ceremonies, de donner ordre sans grand appareil au baptesme de monsieur et madamoiselle de Verneuil, ses enfans naturels.<lb/>Premierement, fut preparée la grande salle de Sainct Germain, sans chambre et sans lict de parade pour ce qu’il n’y avoit pas de dames pour ensuivre la ceremonie requise. Mais ladite salle fut garnie d’un dais sur la cheminée, et aussi sur la table où se poserent les honneurs. Dans ladite salle s’assemblerent les princes et seigneurs destinez pour porter les honneurs et pour accompagner la ceremonie. Et là dedans, venue l’heure du baptesme, se rendirent monsieur et madamoiselle du Verneuil, pour estre là tenus prests afin d’estre menez baptiser par monseigneur le Dauphin et par Madame, compere et commere. Et le tout ordonné dans ladite salle, fut deputé monsieur de Vendosme pour aller advertir monseigneur le Dauphin, qui estoit attendant en sa chambre que tout fust prest, et ledit sieur le conduisit jusques à ladite salle. D’autre part, fut aussi deputée madamoiselle de Vendosme pour rendre pareil devoir à Madame. Et sitost qu’ilz furent arrivez, ledit sieur maistre des ceremonies fit suivre l’ordre de l’assemblée qui se trouva, et de peur de la presse le capitaine de la garde à Sainct Germain fit haye avec sa compagnie en armes, et quelques personnes entremeslées avec des torches à la main, depuis l’escalier de ladite salle jusques à l’entrée de la chapelle du vieux chasteau. Et y ordonna aux portes de ladite chapelle, à la premiere les gardes du grand prevost, et à celle du chœur un exempt des gardes de la garde du Roy.<lb/>Premierement marchoient les trompettes, fiffres, hautsbois et tambours. Apres suivirent les gentilshommes qui se trouverent avec un flambeau à la main. Puis marcherent les honneurs, qui avoient esté presentez par madame de Vitry, fille de madame de Montglas, scavoir premierement le cierge porté par le sieur de Courtenvaux, puis le cresmeau de satin blanc, avec son carreau de mesme, porté par le sieur de Lansac, puis la saliere portee par le sieur de Frontenac, premier maistre d’hostel du Roy, l’aiguiere portée par le sieur de Montbazon, le bassin porté par monsieur le chevalier de Vendosme, puis la serviette [p. 204] portée par monsieur de Vendosme, et l’on fit servir ces mesmes honneurs pour tous les deux, et ce pour accourcir la ceremonie. Quant aux enfans, ils ne furent portez, mais monsieur de Verneuil marcha à pied, tous deux vestus de satin blanc, et fut adextré par monseigneur le Dauphin son parain, lequel estoit suivy de monsieur de Souvré, son gouverneur. Et madamoiselle de Verneuil marcha de mesme à dextre de Madame, sa maraine. Donc tous ensemble estans guidez et environnez de leurs gouverneurs et gouvernantes, et ayans quelques gentilshommes à l’entour et derriere ; suivit l’exempt du Roy pour la garde de monseigneur le Dauphin, avec quelques archers pour empescher le desordre et la presse. Et arrivez à la chapelle, où estoient les fonts parez de satin blanc, furent baptisez par monsieur l’evesque de Paris l’un apres l’autre.<lb/>Mondit seigneur le Dauphin et Madame, compere et commere, nommerent monsieur de Verneuil Henry, du nom du Roy et de la mere de l’enfant, nommée Henriette, et madamoiselle de Verneuil Gabrielle, lesquels noms furent ainsi donnez par le commandement du Roy, et immediatement apres monsieur de Verneuil fut confirmé et tonsuré par ledit evesque de Paris.<lb/>Le soir y eut festin aux depens du Roy, auquel monsieur le Premier donna ordre et servit de controlleur general. A la table de monseigneur le Dauphin furent assis mondit seigneur le Dauphin et Mesdames et furent servis de leurs viandes par leurs ordinaires officiers. Et fut attachée à leur table, en potence, une autre table de trente assiettes pour ceux qui avoient servy en cette ceremonie, à laquelle furent assis monsieur de Vendosme, le chevalier son frere, monsieur de Montbazon et le reste des gentilshommes, et là fut beu à la santé du Roy et de monseigneur le Dauphin. Et ce fut là la premiere fois que mondit seigneur le Dauphin mangea publiquement au festin. De sa place, il voyoit une partie de la grande table, et admiroit toutes les viandes qui se servoient, et paroissoit grandement resjouy de voir festiner un chacun et boire à sa santé. Le soir fut dansé entre les enfans princes et princesses, et puis chacun se retira. Et le lendemain matin le maistre des ceremonies partit pour aller rendre compte au Roy de ce qui s’estoit passé en cette action solennelle, au recit de laquelle Sa Majesté prit grand plaisir. »</p>
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              <persname role="subject">Henri IV</persname>
              <subject>Fêtes et événements</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
              <geogname>Château-Vieux (salle de bal)</geogname>
              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 771-793.</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par le comte de Brulon d’audiences accordées par le roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">3</unitid>
              <unitdate normal="1634/1639" encodinganalog="3.1.3">20 février 1634-28 mai 1639</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Ce premier memoire qui suit est du comte de Brulon<lb/>Le vingtieme fevrier mil six cens trente quatre, le comte de Brulon, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, alla prendre à son logis le sieur de Loustorieres, resident de l’Empereur, pour le conduire à Sainct Germain, où le Roy luy donna à disner, puis le conduisit à l’audience de Leurs Majestez, des princesses du sang et du cardinal de Richelieu.<lb/>[…]<lb/>[p. 774] Le vingt deuxieme juin mil six cens trente quatre, le Roy estant à Sainct Germain, le comte d’Alais et le comte de Brulon, avec les carrosses du Roy et de la Reyne et grand nombre de noblesse et d’autres carrosses, furent au devant du sieur Boloneti, evesque d’Ascoly et envoyé nonce du pape, à Venvre, proche le village d’Icy, où, apres avoir receu les complimens de la part de Sa Majesté, il entra dans le carrosse du Roy avec cinq evesques, le comte d’Alais et le comte de Brulon, et fut conduit en son logis. Le lendemain, il fut visité de la part du Roy par le sieur de Souvré, premier gentilhomme de la chambre, et de la part de la Reyne par son premier maistre d’hostel. Le vingt cinquieme du mesme mois, le comte d’Alais et le comte de Brulon, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, furent prendre à son logis le cardinal de Bichy puis ledit nonce pour les accompagner à Saint Germain, à la descente, où le Roy leur donna à disner, et apres furent conduits à l’audience de Leurs Majestez au neuf chasteau. Devant qu’entrer, ils rencontrerent les gardes sous les armes, c’est ascavoir les gardes du grand prevost, les suisses et gardes du corps. Et ainsi le cardinal Bichy, en presentant le nonce, son successeur, prit congé du Roy en ceremonie, puis ils virent le cardinal de Richelieu qui, ayant sceu que ledit cardinal Bichy et le nonce estoient en habits decents, les receut aussi de mesme. Le cardinal Bichy prit pourtant encore une autre fois congé du Roy et de la Reyne et dudit cardinal de Richelieu, sans ceremonie, et en particulier.<lb/>Le vingt sixieme juin mil six cens trente quatre, le Roy estant à Sainct Germain, le mareschal de Chastillon, le comte de Brulon, avec [p. 775] les carrosses du Roy et de la Reyne furent à Sainct Denys au devant des sieurs Pau et Knuith, ambassadeurs des Estats d’Holande, qu’ils amenerent à l’hostel des ambassadeurs, qui estoit meublé pour eux, et où ils furent traités par present jusques à un jour apres leur audience. Et le vingt neufieme, furent conduits à Sainct Germain avec les carrosses du Roy et de la Reyne par le mareschal de Chastillon et le comte de Brulon, à la descente, où le Roy leur donna à disner. Apres furent conduits à l’audience de Leurs Majestez puis des princes et princesses, dudit cardinal de Richelieu et autres ministres.<lb/>[…]<lb/>[p. 776] Le seizieme octobre mil six cens trente quatre, les sieurs Lofler et Streuf, le premier ambassadeur extraordinaire de la couronne de Suede, et l’autre des quatre Cercles d’Alemagne, estans arrivez à Paris, le Roy estant à Sainct Germain, n’ayant pas accepté le logis du Roy, il leur fut envoyé des vivres chez eux de la part de Sa Majesté, tout le temps de leur sejour en ladite ville, qui fut d’un mois. Deux jours apres, le marquis de Mortemar les alla visiter de la part de Sa Majesté, et le vingt unième le comte de Harcour et Bautru, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, les conduisirent à Sainct Germain où, arrivans, les gardes prirent les armes. Et apres que Sa Majesté leur eut donné à disner, ils furent conduits à son audience, puis aussitost par les mesmes chez monsieur le duc d’Orleans dans sa chambre, lequel estoit retourné le mesme jour, et ne veirent point la Reyne. Le quatrieme novembre ensuivant, ils furent prendre congé du Roy en la mesme façon à Sainct Germain, et visiterent aussi ledit cardinal de Richelieu. Puis il leur fut porté de la part du Roy à chacun une chaisne d’or avec sa medaille, de deux mille ecus.<lb/>Le vingtieme octobre mil six cens trente quatre, le mareschal de Chastillon et Bautru, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, furent à Sainct Denys au devant du sieur Contarini, ambassadeur ordinaire de Venise, qui venoit en la place du sieur Sorenzo, son predecesseur, et le conduisirent à son logis derriere les Minimes, où le lendemain le marquis de Mortemar le furent visiter de la part du Roy. Et le vingt quatrieme, le mareschal de Chastillon et Bautru, avec des carrosses du Roy et de la Reyne, furent prendre en leurs logis lesdits Sorenzo et Contarini pour les conduire à Sainct Germain où, arrivans, les gardes prirent les armes et, apres que le Roy leur eut donné à disner, ils furent conduits à l’audience de Leurs Majestez, dont le premier prenoit congé en presentant son successeur le dernier. Puis ils veirent les princesses et le cardinal de Richelieu. Il fut presenté audit Sorenzo un service [p. 777] de vaisselle d’argent de deux mille écus, et à son secrétaire une chaisne d’or, avec la medaille du Roy, de douze cens livres, et une boette de diamans de mille ecus au sieur Contarin, de present extraordinaire. Le vingt septieme janvier mil six cens trente huit, le mareschal de Chastillon et le comte de Brulon le conduisirent à Saint Germain avec le sieur Cornaro son successeur, qu’il presenta au Roy pour resider aupres de luy, en prenant congé en la mesme façon que dessus. Quelques jours apres, le Roy luy ayant fait demander s’il vouloit estre fait chevalier, comme il se doit par le secretaire d’Estat des Affaires etrangeres lorsque c’est la premiere ambassade qu’ils font vers les testes couronnées, il eut une audience particuliere, encore sans ceremonie, dans le cabinet du Roy à Sainct Germain, y conduit par le comte de Brulon, où le Roy luy ayant encore demandé s’il vouloit estre chevalier, on luy jetta un carreau preparé par le premier valet de garderobbe qui estoit lors, nommé Picot. Estant à genoux, le Roy tira son epée et le fit chevalier de l’accolade, et luy donna en mesme temps une epée et un baudrier. Le comte de Brulon luy porta un buffet de vaisselle d’argent doré de deux mille ecus, une boette de diamans de mil pour present extraordinaire, et au secretaire de l’ambassade, le sieur Alberty, une chaisne de douze cens livres.<lb/>Le trentieme octobre mil six cens trente quatre, le milord Fildin, ambassadeur extraordinaire d’Angleterre, arriva à Paris avec sa femme, le Roy estant à Sainct Germain. Il y eut ordre de meubler l’hostel de Schomberg, l’hostel des Ambassadeurs extraordinaires estant occupé, mais ne l’ayant voulu accepter pour le peu de temps qu’il avoit à sejourner, il fut traité par present pendant qu’il demeura à Paris. Le lendemain, il fut visité de la part du Roy par le comte de Nancé, et, le deuxieme jour de novembre, le comte d’Alais et Bautru, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, le furent prendre pour le conduire à Sainct Germain où, arrivans, les gardes prirent les armes. Et apres que le Roy luy eut donné à disner, il fut conduit à l’audience de Leurs Majestez, qu’il ne veid que cette fois. La Reyne envoya aussi un carrosse à sa femme, et arrivant à Sainct Germain, la marquise de Senecé la vint recevoir de la part de la Reyne au bas de l’escalier, et la conduisit dans une chambre, où elle disna avec elle, traitée par la Reyne. Elle la conduisit apres disner chez la Reyne, où le Roy se rendit à son retour de la chasse, qu’il hasta expres, et la salua, ayant eu le tabouret. La Reyne venant à Paris, l’ambassadeur et l’ambassadrice y alloient tous les jours sans ceremonie. Il fut porté à cet ambassadeur de la part du Roy une chaisne de diamans de plus de deux mille ecus, et partit fort satisfait. Il ne veid point le cardinal de Richelieu, mais monseigneur le comte de Soissons et toutes les princesses.<lb/>Le 18 novembre 1634, ledit sieur Bautru, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre l’ambassadeur de Savoye et le comte de Cumians, maistre des ceremonies et conducteur des ambassadeurs de Piedmont, envoyé de la part de Son Altesse de Savoye, pour les accompagner [p. 778] à l’audience de Leurs Majestez, qu’ils eurent apres que le Roy leur eut donné à disner. Ledit ambassadeur y disna aussi, parce qu’il estoit allé à l’audience pour le presenter, puis il veid le susdit cardinal de Richelieu. Il vint pour se resjouyr avec le Roy du retour de monseigneur son frere des Pays Bas, et pria le Roy de la part de son maistre de trouver bon qu’il allast visiter ledit seigneur, comme il en avoit ordre. Ce que Sa Majesté trouva fort bon, et s’en alla le trouver à Blois. Puis à son retour ledit Bautru, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, le conduisit à Saint Germain, où, apres que le Roy luy eut donné à disner, il prit congé de Leurs Majestez et dudit cardinal de Richelieu. Il luy fut presenté de la part du Roy un diamant de sept mille francs, dont il fut fort content.<lb/>Le 26 novembre 1634, le comte d’Alais et Bautru, avec les carrosses du Roy et de la Reyne et quantité d’autres carrosses et de noblesse, furent à Piquepuce au devant du sieur Mazarin, nonce extraordinaire du pape, pour le conduire à Paris au logis du nonce ordinaire, n’ayant esté logé par le Roy. Il entra en carrosse avec ledit nonce ordinaire, le comte d’Alais, le conducteur des ambassadeurs, les archevesques d’Arles et de Tours, et l’evesque de Bolongne. Le lendemain, il fut visité de la part du Roy par monsieur de Liancour et de la part de la Reyne par le comte d’Orval. Le quatrieme decembre ensuivant, le comte d’Alais et Bautru, avec les carrosses de Leurs Majestez, l’accompagnerent à Saint Germain où, apres que le Roy luy eut donné à disner, il fut conduit à l’audience de Sa Majesté, qui le receut bien, comme aussi la Reyne et le cardinal de Richelieu. Il veid aussi toues les princesses, scavoir Madamoiselle seule avec son rochet, et les autres avec son habit ordinaire. Monseigneur le Prince estant arrivé en cette ville, les nonces ne le voulans aller visiter le premier, ny luy eux, ils furent chez madame la Princesse, où mondit seigneur le Prince se trouva. Puis il les retourna voir, et eux furent apres le voir avec leurs habits. Le 4 fevrier 1636, le comte d’Alais et le comte de Brulon, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, le furent prendre à son logis pour le conduire à sa dernier audience, qu’il eut de Leurs Majestez à Paris, avec les mesmes ceremonies que dessus. Puis il prit congé de Monsieur, de tous les princes et princesses, et du cardinal de Richelieu. Le comte de Brulon luy porta de la part du Roy un buffet de vaisselle d’argent de la valeur de quatre mille ecus, et partit fort content de cette cour.<lb/>[…]<lb/>Le premier decembre, le sieur Bautru ayant visité les trois ambassadeurs suisses des cantons de Zurich, Berne et Schaffouze, le cinquieme il les fut prendre dans les carrosses du Roy et de la Reyne pour les accompagner [p. 779] à l’audience de Leurs Majestez, qu’ils eurent à Saint Germain en Laye, apres que le Roy leur eut donné à disner dans la descente des ambassadeurs. Le marquis de Nesle vint disner avec eux de la part du Roy et les accompagna à l’audience, puis veirent le cardinal de Richelieu et les autres ministres.<lb/>Le 15 janvier 1635, le comte de Brulon avec le carrosse du Roy alla prendre l’ambassadeur de Savoye et le sieur de Saint Thomas, qui avoit demeuré icy agent deux ans, pour les conduire à Saint Germain, où l’ambassadeur ne fut que pour presenter ledit de Saint Thomas au Roy et à la Reyne, pour prendre congé de Leurs Majestez, s’en retournant. Le Roy leur donna aussi à disner, et le comte de Brulon luy porta de la part du Roy une boette de diamans de deux mille francs.<lb/>[…]<lb/>[p. 780] Le septieme avril mil six cens trente cinq, le general Rituvin, qui repassoit d’Alemagne en Suede, estant arrivé à Paris et ayant envoyé demander l’audience du Roy, le comte de Brulon l’alla visiter de la part de Sa Majesté. Et le neuvieme ensuivant le conduisit dans son carrosse à Sainct Germain, où, apres avoir eu favorable audience du Roy dans son cabinet, monsieur le Premier luy donna magnifiquement à disner, apres lequel il fut conduit chez la Reyne, puis chez le cardinal de Richelieu à Ruel, qui le receut fort bien.<lb/>[…]<lb/>[p. 781] Le sixieme decembre mil six cens trente cinq, le sieur de Berlize, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre à son logis le sieur [p. 782] Chrestien Ulderic Guldenleven, envoyé de la part du roy de Dannemarck, pour le conduire à Sainct Germain, où apres que le Roy luy eut donné à disner, il le conduisit à l’audience de Leurs Majestez.<lb/>Le vingt troisieme decembre mil six cens trente cinq, le Roy estant à Saint Germain, les sieurs de La Meilleraye et de Berlize, avec les carrosses du Roy et de la Reyne furent prendre à son logis le marquis de Baden, de la branche de Durlach, pour l’y accompagner, où, apres que le Roy luy eut donné à disner, ils le conduisirent à l’audience de Leurs Majestez.<lb/>[…]<lb/>[p. 784] Le huitieme mars mil six cens trente six, le sieur de Berlize, encore qu’il ne fust en charge, à cause que le comte de Brulon estoit aupres du duc de Parme, eut commandement d’aller trouver le duc Bernard de Weymar de Saxe, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, à Lagny sur Marne, où le comte de Guiche, qui l’estoit allé trouver de la part du cardinal de Richelieu à Meaux, l’amena, luy ayant dit qu’il estoit là de la part du Roy, il mena trois ou quatre de ses amis qui le saluerent. Apres quoy il le conduisit à Champ, où le sieur de Croisilles et le general Parfait l’attendoient, avec tous les officiers de la Maison, pour le traiter. Il avoit eu ordre de luy faire donner à disner à Lagny, mais à cause de la difficulté qu’il y avoit pour les officiers d’aller jusques à six lieues de Paris, pour apres disner venir apprester le souper à l’Arsenal où il devoit loger, il les fit venir audit lieu, ce que le Roy trouva estre fait à propos. Le sieur de La Trimouille le vint recevoir en ce lieu au sortir de son disner de la part du Roy, accompagné de quantité de carrosses et de noblesse. Apres les complimens faits, ils monterent dans le carrosse du Roy, où estoient lesdits duc de Weimar et de La Trimouille, les comtes de Guiche et de Nassau, et le sieur de Berlize, passerent par le Bois de Vincennes où ils rencontrerent nombre de carrosses pleins de dames ; il fut salué par la garnison, veid plus de deux cens carrosses tout le long du chemin jusques à l’Arsenac, où il fut logé dans le plus bel appartement, meublé des meubles du Roy. Un autre logis fut destiné pour son train. Le lendemain, il ne voulut voir personne avant le Roy. Il avoit amené avec luy le comte de Nassau, le baron de Friberg et le [p. 785] sieur Ponica, sur lequel il se reposoit de toutes ses affaires. Le dixieme, il le conduisit à l’audience avec le duc de La Tremouille à Sainct Germain. Quand il fut arrivé, il fut trouver le Roy dans son cabinet, où il estoit, auquel il dit son arrivée. Là Monsieur luy demanda s’il se couvriroit ; il repondit qu’il n’en scavoit rien, qu’il l’avoit demandé au cardinal de Richelieu qui luy avoit dit qu’il ne le devoit point et que neantmoins il craignoit qu’il ne fust en cette volonté, et que sur ce qu’il avoit pressé le sieur de Chavigny là-dessus, il luy avoit dit que s’il luy en parloit, que ce seroit luy donner lieu de pretendre une chose à laquelle, peut estre, il ne pensoit pas ; que si toutesfois il vouloit, il presentiroit dudit sieur Ponica s’il estoit dans cette pretention, mais qu’il ne luy en parleroit point, s’il ne luy en commandoit expressement ; et luy allegua ce qu’il avoit fait à l’evesque de Wirtzbourg, duc de Franconie, à Mets, lequel comme souverain de l’Empire s’estoit couvert, qu’il estoit de la maison de Saxe et que ce qui luy feroit plustost desirer estoit le duc de Parme, auquel le Roy avoit fait cet honneur, et que luy s’estimoit bien d’une autre maison. Avec toutes ces raisons, et autres, Sa Majesté resolut qu’il ne luy en parleroit point, et luy commanda de l’aller querir, l’ayant laissé dans le departement du surintendant, qu’on avoit meublé des meubles du Roy. Il luy dit que le Roy estoit prest à la voir. Les suisses se mirent en haye sur le degré, le capitaine des gardes le receut à l’entrée de la salle. Ayant fait une reverence devant le Roy et son compliment, le Roy voulut se couvrir, il crut que le Roy l’avoit invité à en faire autant et en mesme temps il voulut mettre son chapeau ; le Roy, voyant cela, osta si promptement le sien que cela fut apperceu de peu de personnes, et parlerent tousjours decouverts. Puis il passa dans son cabinet, où Monsieur, frere du Roy, se trouva, et parlerent ensemble pres d’une demie heure, où quelques fois aussi le Roy le faisoit parler, puis luy dit de le mener disner, ce qu’il fit. Incontinent apres, suivant le discours qu’il avoit eu depuis avec le sieur de Chavigny, il dit audit sieur Ponikan qu’il ne croyoit pas que le duc pretendist de vivre autrement chez la Reyne que Monsieur, frere du Roy, qui ne se couvroit. Il luy dit que son maistre avoit veritablement voulu se couvrir devant le Roy, d’autant que le duc de Parme se couvroit, qu’il ne le devoit trouver estrange, d’autant qu’il y avoit plus d’empereurs dans la maison de son maistre qu’il n’y avoit eu de gentilshommes dans la maison du duc de Parme, mais que pour chez la Reyne il ne se couvriroit. Il l’y mena, où Monsieur se trouva, puis chez Monsieur, qui le fit couvrir, comme aussi les ducs de La Trimouille et Wirtenberg qui l’accompagnoient. Apres une visite de demie heure sans s’asseoir, il remena ledit duc dans sa chambre, de laquelle ils partirent pour aller à Ruel, où il veid le cardinal de Richelieu, qui le vint recevoir au haut de l’escalier, et prit apres plusieurs offres qu’il fit audit duc la main droite, et passa devant aux portes, et s’assit de mesme. Il le vint reconduire jusques au [p. 786] carrosse, où le duc ne voulut entrer, quelque priere que luy fit ledit cardinal, qu’il ne se fust retiré, puis vint recoucher à l’Arsenac ce mesme jour. Tous les jours suivans, il fut visité des princes et ducs qui estoient lors à Paris. il fut rendre les visites et aussi voir Madamoiselle, mesdames la Princesse et Comtesse, et toutes les duchesses. Le 18 du mesme mois, ce duc fut coucher à Saint Germain, et descendit dans sa chambre. Puis le sieur de Berlize alla trouver le Roy, qui luy demanda s’il se couvriroit. Il luy dit que le cardinal de La Valette luy avoit dit qu’il prenoit cela sur luy pour luy faire scavoir, mais neantmoins que ledit sieur de Ponikan et le comte de Guiche luy avoient dit que l’on estoit demeuré d’accord qu’il ne se couvriroit devant le Roy mais qu’il auroit le tabouret chez la Reyne ; sur ce qu’il veid Sa Majesté en inquietude, il luy dit qu’il alloit parler à Ponikan, et qu’il l’asseureroit de tout. Poikan luy dit qu’on avoit offert à son maitre de le faire couvrir comme duc de Franconie ou d’avoir le tabouret chez la Reyne. Apres plusieurs repliques, il le fit condescendre à avoir seulement le tabouret chez la Reyne, et que c’estoit le moyen d’estre mieux venu aupres du Roy. Il fit entendre au duc tout ce que dessus, qui luy dit qu’il feroit tout ce que le Roy desiroit et qu’il luy suffisoit de s’estre  mis en devoir de demander les choses qu’il croyoit estre deues à sa maison, afin que les siens n’eussent à luy reprocher qu’il avoit volontairement fait des choses indignes de sa naisasnce. Apres plusieurs offres avantageuses qu’on luy avoit faites de la part de l’Empereur, il dit tout ce que dessus au Roy, et comme il luy avoit dit qu’il desiroit que le Roy le traitast comme un de ses sujets ducs, et ce en presence du duc de Saint Symon, de quoy le Roy fut fort content. Il luy commanda de l’aller querir, ce qu’il fit, et comme il entra dans le cabinet, il pria qu’on fist fermer la porte, afin comme l’on peut connoistre que les siens ne le veissent decouvert. Le Roy luy fit grand accueil et demeura plus d’une heure ; Sa Majesté demeura un demy quart d’heure decouvert, puis se couvrit. Le lendemain, il fut voir le Roy et ouyt au jubé de la chapelle la musique. Le soir le Roy luy envoya la musique de la Chambre, qu’il trouva excellente. Apres le disner, il fut chez la Reyne, qui luy fit donner le tabouret, qu’il prit apres plusieurs refus. Il n’y demeura qu’un demy quart d’heure, puis se leva, et demeura encore une demie heure debout. La Reyne se leva aussi. Puis repassa chez le Roy par dans la chambre de la Reyne où il estoit ; où, après avoir demeuré une demie heure, il prit congé du Roy, et s’en alla à Ruel voir le père Joseph, capucin.<lb/>[…]<lb/>[p. 788] Le second jour d’avril mil six cens trente sept, les jeunes princes de Hesse estans venus à Paris pour faire leurs exercices, et desirans voir le Roy, le comte de Brulont les ayant visitez de la part de Sa Majesté, le sieur de Souvré et ledit comte, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, les menerent à Saint Germain où, apres que le Roy leur eut donné à disner, ils les conduisirent à l’audience de Leurs Majestez, devant lesquelles ils ne pretendirent point se couvrir.<lb/>Au mois d’octobre mil six cens trente sept, le sieur de Berlize, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre l’ambassadeur de Savoye et le marquis de Saint Germain, gentilhomme envoyé de Savoye, pour prendre congé de Leurs Majestez à Sainct Germain, où il les conduisit après que le Roy leur eut donné à disner, et ensuite chez le susdit cardinal de Richelieu. Peu de jours après, il luy porta un diamant de la part du Roy, de huit à neuf mille livres.<lb/>[…]<lb/>[p. 789] Au mois de novembre mil six cens trente sept, le marquis de Parelle estant arrivé de la part de madame de Savoye pour donner part au Roy de la mort de Son Altesse, le sieur de Berlize, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre cet ambassadeur pour le conduire à Saint Germain, où, après que le Roy leur eut donné à disner, il le conduisit à l’audience de Leurs Majestez, qui le receurent aussi en grand deuil. Il prit congé de la mesme façon et le sieur de Berlize luy porta apres de la part du Roy un diamant de mil ecus.<lb/>Le onze novembre mil six cens trente sept, les sieurs de Noailles et de Berlize, avec les carrosses du Roy et de la Reyne furent dans Piquepuce au devant du sieur Salus, ambassadeur extraordinaire de Gennes, qu’ils emmenerent à son logis, qu’il avoit arresté et meublé, le Roy ne l’ayant ny logé ny defrayé. Il fut visité le lendemain par le marquis de Fourilles, grand mareschal des logis, et deux jours apres le mareschal de Saint Luc et le sieur de Berlize le firent prendre dans les carrosses du Roy et de la Reyne pour le conduire à Sainct Germain, où le Roy luy donna à disner, eut audience de Leurs Majestez et, en revenant, du cardinal de Richelieu à Ruel. Il ne visita point les princesses.<lb/>Le huit decembre, le sieur de Berlize conduisit à Sainct Germain dans son carrosse le sieur de Vosberg, deputé des Etats de Holande, sans autre ceremonie, estant venu pour affaire particuliere. Puis prit congé du Roy seul, apres avoir demeuré icy trois semaines.<lb/>Le vingt cinquieme janvier, le mareschal de Chastillon et le comte de Brulon, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, furent à La Chapelle au devant du sieur Cornaro, ambassadeur ordinaire de Venise, le conduisirent à son logis, où le lendemain il fut visité de la part du Roy par le sieur de Souvré. Et le vingt neufieme du mesme mois, le mareschal de Chastillon et le comte de Brulon, avec les mesmes carrosses, furent prendre à son logis le sieur Contarin et luy pour les conduire à l’audience de Leurs Majestez à Saint Germain, où ledit Contarin, prenant congé, presenta ledit Cornaro son successeur. Le Roy leur donna à disner et les gardes du regiment, en entrant et sortant, prirent les armes.<lb/>Le vingt deuxieme fevrier mil six cens trente huit, le mareschal de La Force et le comte de Brulon furent à Piquepuce avec les carrosses [p. 790] du Roy et de la Reyne au devant du sieur Agnelly, evesque de Cazal, ambassadeur extraordinaire de Mantoue, qu’ils menerent à son logis, le Roy ne l’ayant ny traité ny defrayé. Et deux jours apres, fut pris dans son logis par ces messieurs et les mesmes carrosses, pour le conduire à Sainct Germain, à l’audience de Leurs Majestez, où le Roy luy donna à disner. Puis veid toutes les princesses et le cardinal de Richelieu.<lb/>Audit an mil six cens trente huit, le Roy partant pour aller en Picardie, la grosses de la Reyne estant apparente, le comte de Brulon, qui estoit en charge, suivant le Roy, Sa Majesté commanda eu sieur de Berlize d’en aller donner part à tous les ambassadeurs, comme il fit, et ensuite tous ces ambassadeurs allerent visiter la Ryne. Et lorsque le Roy revint de son voyage, les en ayant dispensez, le visiterent aussi pour s’en resjouyr avec luy.<lb/>La mesme année mil six cens trente huit, le comte de Cameran, fils du marquis de Ville, estant venu de la part de madame de Savoye en qualité de gentilhomme envoyé, le comte de Brulon, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre l’ambassadeur et luy pour les conduire à Saint Germain à l’audience de Leurs Majestez, où le Roy leur donna à disner. Puis, apres avoir pris congé du Roy, quelque temps apres, le comte de Brulon luy porta un diamant de mil ecus. Il venoit se conjouyr de la grossesse de la Reyne.<lb/>Le susdit an mil six cens trente huit, le sieur Tartereau estant venu, gentilhomme envoyé de la part du roy et de la reyne d’Angleterre, pour se resjouyr de leur part de la grossesse de la Reyne, le comte de Brulon, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, le fut prendre à son logis, puis furent prendre ensemble les ambassadeurs extraordinaire et ordinaire à l’hostel des ambassadeurs pour les conduire à Saint Germain, où ils eurent audience de Leurs Majestez. Le Roy leur y donna à disner. Le comte de Brulon le mena seul chez le cardinal de Richelieu. Peu de jours apres, il prit congé en la mesme façon, et eut un present d’une chaisne d’or de quatre cens ecus que luy porta le comte de Brulon, laquelle il luy reporta deux jours apres, disant qu’on avoit donné un present de plus grande valeur à un envoyé de Savoye ; on luy donna au lieu de cela un diamant qui ne valoit guere davantage.<lb/>[…]<lb/>Le vingt quatrieme avril mil six cens trente huit, le comte Bardy estant arrivé à Paris quelques jours auparavant en qualité de resident du grand duc, et ayant esté visité de la part du Roy par le comte de [p. 791] Brulon, il le conduisit à Sainct Germain dans les carrosses du Roy et de la Reyne à l’audience de Leurs Majestez, où le Roy luy donna à disner ; puis il veid Madamoiselle, madame la Princesse, qu’il salua, et madame la Comtesse aussi, et le cardinal de Richelieu.<lb/>Au mesme an mil six cens trente huit, le comte de Brulon, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre l’ambassadeur de Savoye et l’abbé de La Monta, envoyé de madame de Savoye pour apporter la ratification du traité fait entre le Roy et ladite dame. Il les conduisit à Saint Germain à l’audience de Leurs Majestez, où le Roy leur donna à disner ; veid le cardinal de Richelieu. Puis, ayant demeuré deux mois à Paris, le sieur de Berlize le conduisit avec ledit ambassadeur en mesme ceremonie pour prendre congé de Leurs Majestez. Il eut en present un diamant de deux mille ecus.<lb/>La susdite année mil six cens trente huit, le sieur Forbes estant arrivé de Polongne et se disant ambassadeur, le comte de Brulon le fut voir et luy demanda son passeport, dans lequel, ayant trouvé, estant en latin, qu’on ne luy avoit donné que la qualité de Nuncius, quoy qu’il dit qu’en son pays cela se prenoit pour ambassadeur, il ne fut traité que comme gentilhomme envoyé du roy de Polongne. Ledit comte de Brulon le conduisit à Sainct Germain avec les carrosses du Roy et de la Reyne, où il eut audience de Leurs Majestez. Le Roy luy donna à disner. Il veid le cardinal de Richelieu. Et, ayant pris congé avec la mesme ceremonie, le comte de Brulon luy porta une chaisne d’or, avec la medaille du Roy, de quatre à cinq cens ecus, dont il ne fut guere content.<lb/>Au mois d’octobre mil six cens trente huit, tous les ambassadeurs eurent audience. Les ambassadeurs extraordinaire et ordinaire d’Angleterre y menerent le sieur de Sainct Ravy, gentilhomme envoyé du roy d’Angleterre, et le sieur Germain de la Reyne sa femme, pour se resjouyr de la naissance de monseigneur le Dauphin. Le sieur de Berlize les fut prendre tous dans les carrosses du Roy et de la Reyne chez l’ambassadeur extraordinaire, pour les conduire à Sainct Germain à l’audience de Leurs Majestez. Le Roy leur y donna à disner, et peu de jours apres, en ayant pris congé de la mesme sorte, ledit sieur de Sainct Ravy eut un diamant de mil ecus et le sieur Germain un de deux mille ecus. Entre leur premiere et dernier audience, le sieur de Bellievre, lors ambassadeur ordinaire pour le Roy, ecrivit en Cour que le Roy d’Angleterre s’estoit plaint que l’on faisoit trop d’honneur à ses gentilshommes envoyez, luy ne les traitant ny ne leur envoyant des carrosses pour aller à l’audience, et que si le Roy le vouloit encore ainsi faire à l’avenir, il falloit doresnavant adjouster cet article à leurs traitez. On pense à ce sujet à l’audience de congé de ces deux messieurs ne les traiter ny leur donner les carrosses, mais on voulut achever de leur faire comme on avoit commencé, et fut des lors resolu de ne traiter ainsi plus ceux d’Angleterre. Le mesme jour, le sieur Knuit, deputé des Estats, la Reyne mere estant en Holande, estant venu pour ses affaires, s’estant rendu à Saint Germain, y eut audience de Leurs Majestez sans aucune ceremonie.<lb/>[p. 792] Le vingt cinquieme octobre mil six cens trente huit, le sieur de Berlize, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre le comte Henry de Nassau, gentilhomme envoyé de la part du prince d’Orange pour se resjouyr de la naissance de monseigneur le Dauphin pour le conduire à Sainct Germain à l’audience de Leurs Majestez, où le Roy luy donna à disner. Ledit de Berlize luy porta un diamant de mil ecus.<lb/>Le vingt huitieme octobre mil six cens trente huit, le sieur de Berlize, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre à son logis le sieur de Ludmar, gentilhomme envoyé du prince palatin, pour le conduire à Saint Germain à l’audience de Leurs Majestez, où le Roy luy envoya à disner.<lb/>Au mesme mois d’octobre mil six cens trente huit, le sieur Demsky, soy disant gentilhomme envoyé de Polongne pour s’avancer quelques jours de voir le Roy, disant estre pressé, estant venu au sujet du prince Cazimir, frere dudit roy, prisonnier à Salon en Provence, demanda à voir Leurs Majestez sans ceremonie. Ce qui fut fait, s’estant rendu à Sainct Germain, ledit sieur de Berlize leur presenta, et comme il demanda congé, se mettant en pretention d’estre traité comme les gentilshommes envoyez, on luy demanda son passeport, où ayant trouvé qu’on le luy donnoit aucune qualité, on luy refusa de le traiter comme les gentilshommes envoyez, et on l’obligea de se rendre encore à Sainct Germain seul, où le mesme de Berlize le presenta encore à Leurs Majestez pour en prendre congé sans aucune ceremonie, et mesme partit sans avoir de present.<lb/>Ledit mois d’octobre mil six cens trente huit, le sieur de Berlize, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre l’ambassadeur extraordinaire de Mantoue et le marquis Agnelly, son neveu, gentilhomme envoyé de madame de Mantoue pour se resjouyr de la naissance de monseigneur le Dauphin, pour les conduire à Sainct Germain à l’audience de Leurs Majestez et de mondit seigneur le Dauphin, où le Roy leur donna à disner. A la fin de decembre, il en fut prendre congé en la mesme sorte, puis ledit de Berlize luy porta un diamant de deux mille francs.<lb/>Audit mois d’octobre mil six cens trente huit, le sieur Tasson, envoyé du duc de Parme pour se resjouyr de la naissance dudit seigneur le Dauphin, n’ayant veu ny le Roy ny la Reyne, estant tombé malade, le sieur Leonard, agent ordinaire, ayant fait l’office, le sieur de Berlize porta audit Tasson un diamant de cinq cens ecus.<lb/>Au mois de decembre 1638, le sieur de Berlize, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre l’ambassadeur de Savoye et le baron de Pesieux, gentilhomme envoyé de madame, pour donner part au Roy de la mort du petit duc. Il les conduisit à Saint Germain à l’audience de Leurs Majestez, où le Roy leur donna à disner, et prit congé le 25 decembre en la mesme façon. Ledit de Berlize luy porta un diamant de deux mille francs, puis s’en aller en Flandres trouver le prince Thomas, avec la permission du Roy, pour luy donner aussi part de cette nouvelle.<lb/>[p. 793] Le trentieme janvier mil six cens trente neuf, le mareschal de Sainct Luc et le sieur de Berlize, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, furent à Piquepuce au devant du baillis de Forbin, grand croix et ambassadeur extraordinaire de Malte, et le conduisirent à l’hostel de Sillery, son logis, avec un cortege de soixante carrosses à six chevaux. Tous les princes, ambassadeurs catholiques et quantité de seigneurs ayans envoyé au devant de luy, n’ayant esté ny logé, ny defrayé. Le lendemain, le sieur de Liancourt l’alla visiter de la part du Roy. Le treizieme fevrier, le mareschal de Sainct Luc et le comte de Brulon, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, le furent prendre à son logis pour le conduire à Sainct Germain à l’audience de Leurs Majestez, où le Roy luy donna à disner devant que d’y aller. On mit en deliberation s’il se couvriroit ; enfin le comte de Brulon qui en parla au Roy, Sa Majesté se souvenant que le commandeur de Fromigere, ambassadeur extraordinaire de Malte, estant aussi François et capitaine au regiment de ses gardes, s’estoit couvert, resolut qu’il se couvriroit, mais qu’il en useroit modestement et avec respect, comme il fit, ayant fait une petite harangue couvert, apres il parla encore quelque temps au Roy decouvert, comme il fit à la Reyne. Veid aussi monseigneur le Dauphin, estant venu principalement pour se resjouyr avec le Roy de sa naissance, puis les princesses du sang, qu’il baisa, monseigneur le Prince, qui luy donna la main et le titre d’Excellence, et le cardinal de Richelieu. Le dixieme avril, il prit congé de Leurs Majestez, conduit par les mesmes et en la mesme façon à Sainct Germain. Le comte de Brulon luy porta une boette de portrait de diamans de la valeur de quarante mille livres. Puis il partit, non pour retourner à Malte, mais pour aller commander les galeres du Roy en qualité de lieutenant general.<lb/>Le quatrieme avril mil six cens trente neuf, le comte de Brulon, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, fut prendre l’ambassadeur de Savoye et le sieur Gontery, general des Postes et de la maison de madame et son gentilhomme envoyé, pour les conduire à Sainct Germain, où le Roy leur donna à disner. Et apres fut conduit à l’audience de Leurs Majestez et de monseigneur le Dauphin. Le quatorzieme du mesme mois, il en prit congé en la mesme sorte. Il luy fut porté une chaisne d’or de quatre cens ecus.<lb/>Le vingt huitieme may mil six cens trente neuf, le comte de Brulon conduisit à Saint Germain l’ambassadeur de Savoye, le jeune comte de Moret et le baron de La Croix, tous deux gentilshommes envoyez de madame, dans les carrosses du Roy et de la Reyne. Le Roy leur donna à disner, puis ils eurent audience de Leurs Majestez et de monseigneur le Dauphin, qu’ils ne veirent que cette fois. Il leur fut donné à chacun un diamant de deux mille livres. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
              <geogname>Château-Neuf</geogname>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 797-807.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par Nicolas Faure, seigneur de Berlize, d’audiences accordées par le roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1635-08/1640" encodinganalog="3.1.3">octobre 1635-8 mars 1640</unitdate>
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              <p>« Au mois d’octobre de ladite année mil six cens trente cinq, l’ambassadrice d’Angleterre me demanda audience de la Reyne, ce qui fut fait comme il ensuit. Premierement, elle se rendit dans le carrosse de Sa Majesté à Saint Germain, et je la receus là de la part de la Reyne à moitié du degré par lequel on va à la descente. Puis la dame de Senecey, dame d’honneur, la receut à l’entrée de la chambre du sieur Bouthillier, où elle se reposa en attendant que l’on eust servy sur table en la chambre de la descente. Apres le disner, la Reyne luy donna audience, et puis s’en revint à Paris coucher. Je ne fus chez elle à cause de son mary l’ambassadeur, lequel ne vouloit vivre avec nous comme ses predecesseurs ; il estoit demeuré d’accord qu’il ne seroit au logis lorsque j’irois pour la prendre avec le carrosse de la Reyne, neantmoins je n’en voulus rien faire.<lb/>Le sixieme decembre mil six cens trente cinq, je menay à l’audience chez le cardinal de Richelieu le fils naturel du roy de Dannemarck, lequel estoit seulement envoyé. Il venoit icy pour dire au Roy que certains marchands françois estoient allez pescher en leurs costes avec un passeport dudit cardinal comme admiral de la mer, que luy, comme ayant le commandement de la pesche l’année prochaine mil six cens trente six, il avoit eu ordre du roy de Dannemarck de venir scavoir comme il en ordonneroit à ses sujets, d’autant que cela luy feroit tort avec les roys ses alliez, lesquels pour avoir la permission de ladite pesche donnoient une certaine somme tous les ans que leurs sujets payoient. Il desiroit aussi avoir une sauvegarde pour un comte souverain d’Alemagne qui confine vers la Pomeranie, parent de son roy, afin que les troupes du Roy n’allassent sur ses terres, ayant esté neutre dans toutes les guerres d’Alemagne. Il eut audience du Roy à Sainct Germain le vingtieme, et fut traité.<lb/>Le marquis de Bade de la branche de Durlach eut audience du Roy le vingt quatrieme de decembre, et fut traité à Sainct Germain. Je pris le sieur de La Meilleraye, comme officier de la couronne, pour le conduire. Il parla au Roy decouvert, quoyque souverain et prince de l’Empire, neantmoins les Alemans n’ont cet honneur, quoyque les ambassadeurs des princes d’Italie parlent couverts au Roy. Il presenta au Roy deux de ses enfans, lesquels il laissa à Paris à l’academie, et pour faire leur cour à Sa Majesté.<lb/>Le huitieme mars mil six cens trente six, encore que je ne fusse pas en charge, neantmoins à cause que le comte de Brulon estoit pres le duc de Parme, j’eus commandement d’aller trouver le duc Bernard de Weymar de Saxe, avec les carrosses du Roy et de la Reyne, à Lagny sur Marne, où le comte de Guiche qui l’estoit allé trouver de la part du [p. 798] cardinal de Richelieu à Meaux l’emmena, luy ayant dit que j’estois là pour le recevoir de la part du Roy, comme je fis. J’y menay trois ou quatre de mes amis, qui le saluerent. Apres quoy je le conduisis à Champ, où les sieurs de Croisilles, maistre d’hostel du Roy, et Parfait, controlleur general, l’attendoient avec tous les officiers de la maison du Roy pour le traiter. Ledit cardinal avoit dit qu’on luy donnast à disner à Lagny, mais à cause de la difficulté qu’il y avoit pour les officiers d’aller à six lieues de Paris pour apres le disner venir apprester le souper à l’arsenac, où il devoit loger, je le fis venir disner à Champ, ce que le Roy trouva depuis avoir esté fait à propos. Le duc de La Trimouille le vint recevoir à Champ, au sortir de son disner, de la part du Roy, accompagné de vingt carrosses et de quantité de noblesse. Apres les compliments faits, ledit sieur de La Trimouille monta dans le carrosse du Roy avec le duc de Weymar, les comtes de Guiche et de Nassau, et moy, et passasmes au travers du bois de Vincennes. Il fut salué par la garnison en passant, et veid plusieurs carrosses le long du chemin jusques à l’arsenac, où il fut logé dans le plus beau departement, qui estoit meublé des meubles du Roy. Le lendemain de son arrivée, neufieme du mois, il ne voulut voir personne avant le Roy. Il avoit amené avec luy les comtes de Nassau, baron de Friberg et de Ponika, qui estoit celuy sur lequel il se reposoit de toutes ses affaires. Le dixieme du mois de mars, je le menay à l’audience avec le sieur de La Trimouille à Sainct Germain en Laye. Quand je fus arrivé, je fus trouver le Roy dans son cabinet, où il estoit, auquel je dis son arrivée. Il me demanda s’il se couvriroit ; je luy repondis que je n’en scavois rien et que je l’avois demandé au cardinal de Richelieu, lequel m’avoit dit qu’il ne se devoit couvrir, que neantmoins je craignois qu’il ne fust en cette volonté, et que sur ce que j’avois pressé le sieur de Chavigny la dessus, il m’avoit dit que si je luy parlois de cela, que ce seroit luy donner lieu de pretendre une chose à laquelle, peut estre, il ne pensoit pas, que si toutesfois il vouloit, je presentirois bien dudit Ponika s’il estoit dans cette pretention, mais que je ne luy en parlerois de peur qu’on ne dist que je serois cause de tout ce qui en arriveroit ; que quant à moy, je croyois qu’il seroit dans cette pretention, et luy alleguay ce qu’il avoit fait à l’evesque de Wirtzbourg, duc de Franconie, à Mets, lequel comme souverain de l’Empire s’estoit couvert, que celuy cy estoit de la maison de Saxe et que ce qui luy feroit plustost desirer estoit le duc de Parme, auquel le Roy avoit fait cet honneur, et que celuy cy s’estimoit bien d’autre maison. Avec toutes ces raisons, et autres que je dis des ambassadeurs d’Italie, qui se couvrent devant le Roy, Sa Majesté resolut que je ne luy en parlerois, ains le sieur de Chavigny, et me commanda de l’aller querir. Je l’avois laissé dans le departement du surintendant à Sainct Germain, qu’on avoit meublé des meubles du Roy. Je luy dis que le Roy estoit prest à la voir. Le capitaine des gardes le receut à l’entrée de la salle. Ayant fait une humble reverence devant le Roy et son compliment, le Roy voulant se couvrir, il crut que Sa Majesté l’avoit invité à en faire autant, et en [p. 799] mesme temps voulu mettre son chapeau : le Roy, voyant cela, osta si promptement le sien que cela fut apperceu de peu de personnes, et parla tousjours decouvert. Puis il passa dans son cabinet, où Monsieur, frere du Roy, se trouva, et parlerent ensemble pres d’une bonne demi heure, où quelques fois aussi le Roy me faisoit l’honneur de me parler. Puis me dit que je le menasse disner, ce que je fis. Incontinent apres le disner, suivant le discours que j’avois eu dudepuis avec ledit sieur de Chavigny, je dis à Ponika que je croyois que le duc son maistre ne pretendoit pas vivre autrement chez la Reyne que Monsieur, frere du Roy, lequel ne se couvroit. Il me dit que son maistre avoit veritablement voulu se couvrir devant le Roy, d’autant que le duc de Parme se couvroit, et que je ne devois trouver estrange, d’autant qu’il y avoit eu des empereurs de la maison de son maistre avant qu’il y eut des gentilshommes dans celle du duc de Parme, et que, pour ce qui estoit de chez la Reyne, il ne se couvriroit. Je l’y menay, où Monsieur se trouva, et puis de là chez mondit seigneur frere du Roy, où Monsieur le fit couvrir, comme pareillement les ducs de La Trimouille et de Wirtenberg qui l’accompagnoient. Apres une visite d’une demie heure sans s’asseoir, je remenay ledit duc en sa chambre, de laquelle nous partismes pour aller à Ruel.<lb/>[…]<lb/>[p. 807] Le marquis de Sainct Germain, maistre de la garderobbe de Son Altsse de Savoye, fut envoyé à Paris pour apporter la nouvelle d’une defaite d’Espagnols. Je le menay à l’audience, et l’ambassadeur de Savoye aussi. Dans le temps qu’il fut à Paris, le duc de Savoye mourut. Il prit congé au mois d’octobre sur la fin, et veid le Roy vestu de drap violet selon la coustume, et la Reyne et les dames avec leur grand voile, à Sainct Germain, où je le menay à sa derniere audience. Le sieur de Chavigny luy fit faire son present par le sieur de La Barde, son premier commis. Ce qu’ayant sceu, avant que de m’en vouloir plaindre, je luy fis demander le sujet et s’il avoit eu cet ordre du Roy. Il me dit que non, mais que d’autant que je luy avois envoyé demander par Gyraut, auquel il ne voulut donner le present, et voyant que je n’avois esté moy mesme chez luy, il l’avoit envoyé par ledit de La Barde, qu’il ne pretendoit tirer cela à consequence. Je luy repartis qu’il me devoit bailler le present entre mes mains et non en celles d’une personne qui n’estoit au Roy et qu’il devoit faire là-dessus ce que les conducteurs des ambassadeurs luy diroient. […]<lb/>[p. 808] Le marquis de Parelle, un des quatre premiers escuyers du duc de Savoye, vint à Paris au mois d’octobre mil six cens trente sept pour supplier le Roy de la part du duc de Savoye et madame de les prendre en sa protection, et les supplier de croire qu’ils n’avoient autre volonté que l’execution des commandemens de Sa Majesté, que pour cet effet madame n’avoit voulu voir le cardinal de Savoye qui estoit à Savonne. Je le menay à l’audience à Saint Germain avec l’ambassadeur de Savoye. Il fut traité à disner et, le dix neufieme novembre, il prit congé du Roy en mesme lieu, et fut aussi traité. Le lendemain, je luy donnay un diamant de la part de Sa Majesté.<lb/>[…]<lb/>[p. 809] Le comte de Cumiane, maistre des ceremonies de Savoye, vint à Paris au mois de janvier 1638. Il fut conduit selon l’ordinaire à l’audience par le comte de Brulon, mon compagnon, à Saint Germain. Le sujet de son voyage estoit pour supplier le Roy de la part de la duchesse de Savoye que le père Monet, jesuite, ne s’en allast de Savoye, selon que Sa Majesté avoit tesmoigné le desirer de Son Altesse. Le comte de Cameran fut envoyé ensuite de Sadite Altesse pour se resjouyr de la continuation de la grossesse de la Reyne. La reyne d’Angleterre aussi envoya un gentilhomme françois, nommé Tarteron, pour se rejouyr de la mesme grossesse.<lb/>[…]<lb/>Incontinent apres la naissance de monseigneur le Dauphin, tous les ambassadeurs eurent audience : le comte de Leicester et le vicomte de Scudamor l’eurent aussi, et y amenerent les sieurs de Sainct Ravy et Germain, le premier envoyé de la part du roy d’Angleterre et le second de la reyne pour se resjouyr de la naissance dudit seigneur le Dauphin. Je les fus prendre dans les carrosses du Roy et de la Reyne, et furent traitez à Saint Germain. Le sieur de Chavigny me demanda pourquoy je leur avois baillé les carrosses du Roy et de la Reyne. Je luy dis estre la coutume. Il me dit que le roy d’Angleterre s’estoit plaint de ce qu’on avoit fait trop d’honneur aux gentilshomme qui venoient de sa part, et nommément à un nommé Tartereau, que sir le Roy les [p. 810] vouloit traiter de cette façon, qu’il falloit qu’il les traitast ainsi et qu’ils en demeurassent d’accord, et qu’il falloit adjouster cela par un article à leurs traitez. Le sieur de Bullion me dit le sieur que le sieur de Bellievre, qui estoit lors pour le Roy ambassadeur en Angleterre, luy en avoit escrit, et me monstra la lettre. […]<lb/>Le vingt cinquieme octobre mil six cens trente huit, le comte Henry de Nassau eut audience du Roy, et eut les carrosses. Apres plusieurs difficultez qu’il y eut sur la façon dont on le traiteroit, et apres que j’eus representé plusieurs raisons, il fut resolu qu’il seroit traité comme ceux des princes souverains. Il estoit envoyé pour se resjouyr de la naissance de monseigneur le Dauphin.<lb/>Le vingt sixieme octobre, je fus prendre à l’hostel de Venize le sieur de Luthmar, gentilhomme envoyé de la part du comte palatin, electeur, et son conseiller d’Estat, dans les carrosses du Roy et de la Reyne. Il eut audience de Sa Majesté, et fut traité.<lb/>Le sieur Demsky, gentilhomme envoyé de la part du roy de Polongne, eut audience du Roy et de la Reyne. Il estoit venu demander, de la part du roy son maistre, le prince Cazimir son frere, lequel allant au service du roy d’Espagne avoit esté jetté par la tempeste, estant sur la mer, en un port de Provence, où il avoit esté arresté. Il n’eut ny carrosses ny ne fut traité, pource qu’il aima mieux avoir son audience prompte et n’estre traité que d’attendre longtemps et les avoir : ainsi le fit il entendre apres luy avoir offert de la part du Roy que, s’il vouloit attendre deux ou trois jours, qu’il seroit traité comme les autres. Il aima mieux aller à l’audience un jour qu’on traitoit des ambassadeurs envoyez d’Angleterre. Lorsqu’il prit congé du Roy, il fut traité de la mesme façon.<lb/>Le marquis Agnelly, gentilhomme envoyé de la part du duc de Mantoue, eut audience du Roy en octobre, et s’en retourna en decembre de la mesme année mil six cens trente huit. Je le fus prendre au logis de l’evesque de Cazal, son oncle, ambassadeur extraordinaire de Son Altsse de Mantoue, dans les carrosses du Roy et de la Reyne, et fut traité en la premiere et derniere audience.<lb/>En fevrier mil six cens trente neuf, arriva à Paris le bailly de Fourbin, [p. 807] commandeur et grand croix de l’ordre de Malte, lequel je fus recevoir avec le mareschal de Sainct Luc à Piquepuce chez les religieux de Sainct François. Il y eut difficulté de la façon avec laquelle on le recevroit ; neantmoins le Roy jugea qu’il se devoit couvrir. Le comte de Brulon le mena à l’audience avec le mareschal de Sainct Luc, où il fut couvert, et en usa fort discretement, se couvrant seulement un peu pour dire qu’il le pouvoit, et puis se decouvrit à l’heure mesme comme luy avoit dit le comte de Brulon et moy aussi qu’il devoit faire, attendu qu’il estoit François. Il y eut bien de la difficulté pour le faire couvrir, laquelle à la fin fut vaincue par les exemples qu’on rapporta des sieurs de Ville, envoyé de la part du duc Charles de Lorraine, et du commandeur de Fourmigeres, envoyé il y avoit plusieurs années de la part du grand maistre de Malte.<lb/>L’an 1640, le 8 mars, le prince Cazimir, frere de Wladislas IV du nom, roy de Polongne, et fils du feu Sigismond, aussi roy de Polongne, ayant esté invité de disner avec le Roy à Sainct Germain en Laye, 1. Le Roy quittant sa chaire fut environ cinq ou six pas au devant de luy, 2. et ayant fait une humble reverence devant Sa majesté et son compliment, le Roy se couvrant, il se couvrit presque en mesme temps, 3. il presenta la serviette à Sa Majesté, 4. et fut assis sur un escabeau pliant, sur lequel estoit un carreau de veloux, trois places loin de la chaire du Roy du mesme costé, il s’assit quelque peu apres que le Roy fut assis, 5. la chaire du Roy estoit de veloux, 6. ce prince n’avoit point de dais au dessus de luy, 7. les plats et les viandes estoient de mesme que ceux du Roy et en pareil nombre, mais les plats du Roy estoient couverts et ceux dudit prince decouverts, 8. l’on presenta sur la fin du disner des dragées au Roy et non au prince, 9. il fut le mesme jour chez la Reyne, qui estoit dans le lict, où on luy donna un tabouret et ne se couvrit point devant Sa Majesté, 10. sur le soir il fut saluer le cardinal de Richelieu en son hostel à Paris, qui le receut et l’accompagna ; il veid aussi monseigneur le Dauphin. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 797-807.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la naissance de Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1638/1638" encodinganalog="3.1.3">5 septembre 1638</unitdate>
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              <p>« L’heureuse naissance de monseigneur le Dauphin, à present le roy Louis XIV, fils du feu roy Louis XIII et d’Anne d’Austriche, regente en France, dans le chasteau neuf de Sainct Germain en Laye, le dimanche 5 septembre mil six cens trente huict, sur les unze heures du matin<lb/>[…]<lb/>[p. 211] Si le dernier siecle a attribué à la sage conduite de fernel, premier medecin de Henry II, ce que Catherine de Medicis eut des enfans apres avoir esté dix ans sterile, on ne peut en ce rencontre obmettre la benediction que Dieu a voulu estendre sur les soins des medecins de Leurs Majestez, qui ont porté leur santé jusqu’au poinct de rendre la France si heureuse par cette tant illustre et desirée naissance, et d’autant plus merveilleuse qu’aucune des autres n’est arrivée apres une patience de tant d’années, comme si Dieu eust reservé à ce siecle un concours de tous ces precedés miracles.<lb/>Cette heureuse grossesse a esté miraculeusement predite à la Reyne peu auparavant qu’elle avint, et elle avoit esté tellement exempte des fascheux symptomes qui accompagnent les autres en cet estat que l’on avoit par là matiere d’en douter jusques au mouvement, et depuis iceluy Sa Majesté et son fruict se porterent si bien que, decouvrans l’imposture de ceux qui se pensoient signaler par la prediction du jour de cette delivrance, et verifians au contraire ce que dit Hippocrate des plus vigoureux enfans, cettuy cy entra bien avant en son dixiesme mois. Ainsi l’antiquité figuroit les heros, ou demy dieux, toujours plus longtemps que les autres dans le ventre de leur mere. Donc de Dauphin,  à present Roy, en est finalement sorty, et la Reyne, apres un travail de quelques heures, accoucha le cinquiesme septembre, peu avant midy, dans le chasteau neuf de Sainct Germain en Laye, d’un prince que sa beauté et proportion accomplie de toutes les parties de son corps rendit des lors par moins aymable que cette masle vigueur [p. 212] qui luisoit desjà au travers de ses membres enfantins, promettoit de trophées. Ce celebre accouchement se fit en presence des princesses et dames de la cour, accourues en foule pour avoir part à cette extreme joye, que quatre dauphins argentez d’un grand obelisque planté devant le vieil chasteau de Sainct Germain ayderent à epandre dans le peuple avec le vin qu’ils verserent tout le soir, et continuerent le reste de la nuict en grande abondance.<lb/>A l’instant toute la ville de Paris s’appresta à en temoigner sa joye par des actions de graces solennelles à Doeu dans ses eglises, par un concours des peuples qui y fourmillent et s’entr’annonçoient cette bonne nouvelle, par des feux de joye allumez dans les rues, accompagnez des cris de Vive le Roy, la Reyne et monseigneur le Dauphin, et par une agreable bigarure de lumieres des fenestres innombrables de ce petit monde, le bruit redoublé de quarante canons et de trois cents boettes de l’arsenal ayant devancé cette magnificence et annoncé à l’univers cette naissance.<lb/>Particularitez de la susdite naissance de monseigneur le Dauphin et de ce qui se passa ensuite à Sainct Germain et à Paris<lb/>Ce n’est pas assez d’avoit dit en gros et avec peu de circonstances que la Reyne est accouchée d’un Dauphin, une des meilleures et plus agreables nouvelles qui se puissent gueres donner au public, mais encore qu’une familiere narration des circonstances de ce qui s’y est passé de plus remarquable doive sembler à quelques uns indigne de la majesté de ce benefice inenarrable du ciel, il faut mieux le rendre intelligible par un discours accommodé au vulgaire que par une reverence injurieuse au public, le laisser ensevely dans l’oubly du temps qui n’enveloppe souvent pas moins la verité qu’il la decouvre. Doncque pour y satisfaire, une année auparavant un religieux avoit adverty la Reyne qu’elle devoit accoucher d’un fils, asseurant en avoir eu la revelation ; et pour ce que les souhaits de toute la France ne tendoient que là, les premiers signes qui ont coustume d’accompagner la grossesse des femmes ne parurent pas plustost en la Reyne qu’un chacun le crut aisement : ce ne furent plus des lors que neufvaines, voyages et vœux, particulierement à la Vierge et à Saincte Anne, par l’intercession desquelles on a cru cette grossesse avoir esté impetrée du Ciel. On vit ensuite toute la France humiliée devant Dieu pour luy demander par ses pieres de quarante heures et autres devotions sans nombre la conservation de ce fruict royal : cependant qu’il estoit au ventre maternel, tous, ou par le desir qu’ils en avoient, ou par les signes naturels, ou autrement, ont tousjours predit que ce seroit un fils ; mais peu de personnes se sont rencontrées de mesme advis touchant le terme de l’accouchement, aucuns ayant asseuré que ce seroit au vingt deuxieme, autres au vingt cinqieme aoust, jour de sainct Louys. On tient que celuy qui en approcha le plus estoit un certain vacher nommé [p. 213] Pierre Roger, du village de Saincte Geneviesve des Bois proche Paris, lequel, tesmoignant d’ailleurs une simplicité et une ignorance fort grossiere, avoit dit que la Reyne accoucheroit le samedy quatriesme de septembre, et ce fut le dimanche cinquiesme. Ce qui donna lieu aux uns d’approuver son progonostic, soustenans que les predictions qui viennent de Dieu ne sont pas si precises que celles des mathematiciens qui designent les oppositions et autres aspects des corps celestres mille ans avant le mesme poinct auquel elles arrivent, et les autres que la difference des choses miraculeuses d’avec les naturelles se reconnoist principalement en ce que les premieres sont parfaites et exactes, les autres non, le seul poinct et moment prefix auquel arrive la chose predite estans celuy qui peut faire distinguer la prophetie de l’imposture, auquel point mesme le hazard peut faire arriver, comme un mauvais archer peut donne une fois dans le blanc. De quoy on laisse la decision à d’autres, pour dire que ce dimanche cinquiesme dudit mois de septembre, sur les deux à trois heures du matin, la Reyne commença de sentir les vrais signes du travail d’enfant, ce qu’elle en avoit eu sur les unze heures du soir precedent s’estant aussitost passé. Elle voulut que l’evesque de Lisieux dit la messe dans sa chambre sur les quatre heures du matin, et comme par son commandement le sieur Seguier, evesque de Meaux, premier aumosnier du Roy, se disposoit à en dire une autre, les douleurs s’augmentans, on alla avertir le Roy, lequel la vint voir. Mais, prenant le soin de la santé du Roy, qu’elle scavoit avoir lors besoin d’aller prendre son repas, l’en pressa tant que Sa Majesté s’y en alla. Enfin, c’estoit sur les unze heures du matin, le Roy ne venoit que de se mettre à table, n’y ayant pas un quart d’heure qu’il avoit quitté la Reyne, lorsqu’on luy vint dire qu’elle accouchoit. Il y court. Des l’entrée, la marquise de Senecey, dame d’honneur de la Reine, dit à Sa Majesté que la Reyne estoit accouchée d’un Dauphin, et la dame Peronne, sage femme qui l’avoit assistée à son travail, par le conseil des medecins et chirurgiens de Leurs Majestez, et plus experimentez en telles affaires, le fit voir au Roy, et luy fit remarquer sa beauté et grandeur extraordinaire. A l’instant chacun cria : C’est un Daufin, c’est un Daufin, et cette parole se porta aussi viste qu’un esclair par toute la cour et par tout Sainct Germain, d’où mille messagers, avec charge et sans charge, l’espandirent si promptement au loing que, bien que cette heureuse naissance ne fut arrivée, comme a esté dit, que sur les unze heures et un quart avant midy du cinquiesme de ce mois de septembre 1638, un courrier arrivé à Paris le septiesme ensuivant asseura en avoir appris la nouvelle à soixante lieues au loing.<lb/>Le Roy, voulant aussitost rapporter toutes ces faveurs et benedictions au ciel, mit les genoux en terre et remercia Dieu de cette cy. Les eglises de Saint Germain et des peres recollets estoient encor remplies de seigneurs et dames qui estoient allées, la pluspart avant le jour, communier et faire leurs autres devotions pour les mesme sujet, lorsqu’ils y apprirent l’agreable nouvelle de cet heureux accouchement, [p. 214] qui se fit en presence de Monsieur, frere unique du Roy, duc d’Orleans, lequel temoigna à l’instant à Sa Majesté le contentement qu’il en recevoit, comme Sa Majesté luy confirma aussi de sa part toutes les asseurances d’une affection cordiale. Mesdames les princesses de Condé, comtesse de Soissons, duchesse de Vendosme, connestable de Montmorency, duchesse de Bouillon La Mark et autres de grande condition y estoient aussi presentes, outre les dames de Senecey, de La Flotte et autres de la Maison de la Reyne, dans la chambre et à la veue de laquelle ce tant souhaité Dauphin fut ondoyé par ledit sieur Seguier, son premier aumosnier, et fut fait participant de toutes les ceremonies et magnificences qui s’observent à l’imposition du nom. Où assisterent le Roy, Monsieur son frere, le chancelier de France arrivé peu apres l’accouchement, plusieurs autres seigneurs et dames qui y accouroient en foule, comme à la veue d’un miracle, le Roy ayant fait entrer dans la chambre de la Reyne tous ceux qui estoient dans l’antichambre pour les rendre participans de cette joye, laquelle fit allumer des feux en plusieurs endroits de Sainct Germain. Les daufins de la fontaine de vin y continuoient cependant à le jetter depuis le matin, avec tel abord de peuple que quelque desordre y estant survenu obligea d’y mettre des gardes ; laquelle magnificence plusieurs partiucliers imiterent depuis à Paris, tel en ayant fait pleuvoir de son toict.<lb/>A une heure apres midy, le Roy alla faire chanter le Te Deum dans la chapelle du vieil chasteau, accompagné des Cent Suisses de sa garde, et suivy de Monsieur, du chancelier de France, des ducs de Montbazon et d’Uzez, des sieurs de Liencour, de Mortemar, de Souvré et du comte de Tresmes, et en un mot de toute la cour, qui estoit si grosse toute cette semaine qu’il estoit mal aisé de trouver giste à Saint Germain, encor qu’il y eust des gardes aux principales avenues qui n’en permettoient l’abord qu’aux personnes qui ne venoient point de lieu suspect de maladie. Le mesme evesque de Meaux y officia, vestu pontificalement, en presence de l’archevesque de Bourges l’ancien, des evesques de Lisieux, de Beauvais, de Dardanie et de Chaalons, ayant chacun le rochet et le camail, et de toute la chapelle du Roy, laquelle y fit merveille. Puis monseigneur le Daufnin, ayant esté alaité par la damoiselle de La Giraudiere, sa nourrice, les gardes en haye, fut porté en son appartement meublé de damas blanc, et mis entre les mains de la marquise douairiere de Lansac, sa gouvernante. Sa Majesté en ayant aussi envoyé donner avis à la ville de Paris par le sieur de Perrey Bailleul, maistre d’hostel ordinaire de sa Maison, le corps de ville en fit faire des le jour mesme un feu de joye à la Greve, et le lendemain un autre, des plus beaux qui s’y soit gueres veu. Le sieur de Laffemas, lors lieutenant civil, donna les ordres que les bourgeois en temoignassent aussi leur ressentiment par les feux de joye allumez dans les rues et par des lumieres aux fenestres, à quoy les Parisiens se porterent avec tant d’ardeur qu’au lieu d’un jour ils en continuerent trois ou quatre tout de suite. Le sieur [p. 215] du Tremblay, gouverneur de la Bastille, et le sieur de Sainctoust, commandant dans l’Arsenal en l’absence du grand maistre de l’Artillerie de France, y tinrent hautement leur partie, par un concert de boetes et canons qui firent part à tout le pais d’autour cette agreable nouvelle.<lb/>Il n’y eut maison religieuse qui n’ornast ses murailles de chandelles. Les jesuites, outre pres de mille flambeaux dont ils tapisserent leurs murs les 5 et 6, firent le septiesme dudit mois de septembre un ingenieux feu d’artifice dans leur cour, qu’un dauphin alluma entre plus de deux mille autres lumieres qui eclairoient un balet, et comedie sur le mesme sujet, representez par leurs escoliers. Les feuillans de la reue Neuve Saint Honoré firent le septiesme une aumosne generale de pain et de vin, emplissant les vaisseaux de tous les pauvres qui se presentrent, et apres une procession par eux faite chacun le cierge à la main, furent brusler un chasteau d’artifices, chantans le Te Deum au son des trompettes entremeslées du carillon de leurs cloches. Les bourgeois de la place Dauphine, ayant à leur teste des hautsboits et musettes conduits par Destouches, l’un d’eux, firent des resjouissances dignes du nom de leur place. Le Te Deum en fut aussi solemnellement chanté le sixiesme dans l’eglise Nostre Dame, et tous les religieux avec les parroisses firent lors des processions, où l’archevesque de Paris assista avec tout son clergé, accompagné des prevost des marchands et eschevins. Le parlement, chambre des comptes et autres cours allerent ensuite rendre leurs complimens au Roy et à monseigneur le Dauphin. Le huictiesme du mesme mois, l’evesque de Metz fit faire la procession generale dans le fauxbourg Saint Germain, dont il est abbé, et dont toutes les rues estoient tapissées. Bref, tout conspira unanimement à rendre graces à Dieu pour un si grand bien. Aussi, la maxime estant veritable que les choses se conservent par les moyens qui les ont produites : puisque ce Dauphin avoit esté obtenu par les vœux et prieres de tous les bons françois, c’estoit pas les mesmes prieres qu’il leur devoit estre conservé. »</p>
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              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <geogname>Château-Neuf</geogname>
              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 209-215.</p>
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              <unitdate normal="1638/1638" encodinganalog="3.1.3">5-27 septembre 1638</unitdate>
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              <p>« Ordre des ceremonies faites à la naissance de mondit seigneur le Dauphin, tant à Saint Germain que à Paris, en septembre 1638<lb/>Ce discours est de monsieur Saintot, maistre des ceremonies<lb/>La Reyne commença à se sentir du travail de son accouchement le samedy quatriesme de septembre mil six cens trente huit à unze heures du soir.<lb/>Le dimanche cinquiesme ensuivant, sur les cinq heures du matin, les douleurs s’augmenterent, dont le Roy fut adverty par la damoiselle Filandre. Sa Majesté en mesme temps alla chez la Reyne et envoya advertir monseigneur son frere unique, et aussi pareillement madame la Princesse et madame la Comtesse, lesquels se rendirent tous chez la Reyne à six heures du matin. Il n’y avoit en ladite chambre que le Roy, monseigneur son frere, ces deux princesses, madame de Vendosme par une grace particuliere que le Roy octroya à sa personne, sans qu’aucune princesse ny duchesse en peust prendre consequence, la dame de Lansac, comme destinée gouvernante du fruict qu’il plairoit à Dieu de donner, la future nourrisse de monseigneur le Dauphin, les dames de Senecey et de La Flotte, dames d’honneur et d’atour, les femmes de chambre et la dame Peronne, sage femme, laquelle seule accoucha la Reyne. Derriere et dehors le pavillon de l’accouchement, et à un coin de la chambre, estoit dressé un petit autel où les sieurs evesques de Lisieux, de Meaux et de Beauvais dirent les uns apres les autres leurs messes, et apres, devant ledit autel, firent continuellement des prieres jusques à ce que la Reyne fut accouchée, ce qui arriva sur les unze heures du matin. Dans le grand cabinet de la Reyne, proche la chambre, où le Roy alloit et venoit de l’une à l’autre, estoient la princesse de Guymené, les duchesse de La Trimouille et de Bouillon, les dames de La Ville aux Clercs, de Liancourt, de Mortemar, et quantité d’autres dames de condition de la cour et les filles de la Reyne, Monsieur l’evesque de Meaux, les ducs de Vendosme, de Chevreuse et de Montbason, les sieurs de Souvré, de Liancourt, de Mortemar, de La Ville aux Clercs, de Brion et de Chavigny, les archevesques de Bourges, evesques de Chaalons, de Dardanie, du Mans et quantité de personnes de condition de la cour, de prelats et principaux officiers de la maison du Roy. Donc sur les unze heures, la Reyne [p. 219] accoucha d’un filz, où dans le mesme instant le Roy le fit ondoyer dans la chambre par l’evesque de Meaux, son premier aumosnier, y assistant en outre tous les princes, princesses, seigneurs et dames de la cour, et monsieur le chancelier. Et après le Roy fut en la chapelle du vieux chasteau, suivy et accompagné de toute la cour, où le Te Deum fut chanté avec grande ceremonie. Puis Sa Majesté expedia le sieur du Perré Bailleul à Paris vers le corps de ville, seulement en donner advis.<lb/>[…]<lb/>[p. 228] Le dimanche vingt sixieme du susdit mois de septembre, la Reyne voulut estre relevée de sa couche et joindre publiquement ses actions de graces à celles de ses peuples, pour redonner à Dieu par voye de sacrifice et re connoissance ce precieux enfant qu’elle avoit receu de luy à titre de bienfait. Le defunt evesque de Lisieux, assez conneu entre ceux de son ordre par les avantages de sa doctrine et de son zele, eut à cet effet ordre expres de Sa Majesté de se rendre à Sainct Germain en Laye pour y celebrer la messe dans sa chambre, à laquelle assisterent plusieurs autres prelats, avec toute sa cour. Apres l’offertoire, le celebrant s’estant tourné pour attendre la Reyne, elle se leva de son drap de pied, qui par dessein avoit esté tenu dans la ruelle de son lict, et fort loin de l’autel, d’où Sa Majesté partit tenant son fils entre ses bras, comme les premices de son sainct mariage, qu’elle porta jusqu’à l’autel, où elle en fit à deux genoux une oblation au roy des roys, le destinant à son service avec sa personne sacrée, et luy donnant l’arbre et le fruict par une mesme offrande, qu’ensuite Sa Majesté scella par une communion qu’elle fit. La messe achevée, et l’evesque de Lisieux estant en pluvial et en mitre, Sadite Majesté prit monseigneur le Dauphin une seconde fois et l’alla presenter à la ceremonie. En cette solennité, outre les dames et les principaux officiers de sa Maison, employez à divers ministeres selon leur qualité, l’evesque de Saint Brieux et l’abbé de Sainct Denys, premier aumosnier de Sa Majesté, tenoient l’estole [p. 229] sur la teste de monseigneur le Dauphin, et l’evesque de Lisieux commençant la lecture de l’Evangile, ce fut merville que cet enfant royal arresta fixement sa veue sur ce grand prelat sans poussez un seul cry, comme si des l’entrée de sa vie Dieu l’eust rendu capable d’honorer les mysteres de l’Eglise par cette attention et ce silence respectueux. Mais c’est chose plus remarquable que l’evesque de Lisieux, prononçant certaines paroles qui l’obligerent de prendre ce petit prince par la main, à mesme temps il luy serra la sienne d’une vigueur et d’une force toute extraordinaire, donnant par là des augures qu’un jour son bras et sa puissance sera liée à celle des pasteurs pour la gloire de Dieu, pour le soustien de la Religion et la defense de l’Eglise. Cette ceremonie dura bien pres de trois quarts d’heure, pendant lesquels Sa Majesté portoit tousjours sans secours de personne ce cher enfant, de qui la contenance ravissoit tout le monde. Apres cela, on laisse à juger si ce n’estoit pas la raison que tous les soins des François et leurs affections fussent lors attachées à son berceau, s’il n’estoit pas juste d’esperer que ce soleil levant dissipera un jour tous les nuages qui couvrent ce royaume et si cette esperance n’oblige pas de benir à jamais Dieu qui l’a donné, le Roy qui l’a produit, et la Reyne qui l’a conceu pour la prosperité de cette monarchie.<lb/>Le lundy vingt septiesme septembre, le feu Roy partit de Chantilly et vint coucher à Luzarche, le lendemain à Escouan et arriva le mercredy vingt neufieme à Sainct Germain, où le defunt cardinal duc de Richelieu se rendit aussi des armées de Picardie le mesme jour et quasi à mesme heure que Sa Majesté, laquelle il trouva dans la chambre de monseigneur le Dauphin, où la Reyne estoit aussi. Il seroit mal aisé d’exprimer de quels transports de joye Son Eminence fut alors touchée, voyant entre le père et la mere cet admirable enfant, l’objet de ses souhaits et le dernier terme de son contentement. Puis Sadite Eminence s’en alla coucher à Ruel. »</p>
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              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
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              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <geogname>Château-Neuf</geogname>
              <geogname>Château-Neuf (appartement de la reine)</geogname>
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              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 209-215.</p>
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              <p>« Après la sortie du prince electeur palatin du Bois de Vincennes, arrivée le 21 mars entre sept et huit heures du soir, que le sieur de Chavigny, accompagné entre autres du sieur Windebanck, gentilhomme envoyé expres d’Angleterre au Roy Tres Chrestien sur le sujet de la detention de ce prince, et du sieur Augier, agent en France pour le roy de la Grande Bretagne, fut querir Son Altesse electorale. En attendant que le prince Cazimir de Polongne et l’ambassadeur du Roy son frere fussent sortis de l’hostel des ambassadeurs extraordinaires pour luy faire place, il se vint loger chez l’ambassadeur extraordinaire [p. 808] d’Angleterre le comte de Leycestre, où le samedy trente uniesme de mars le duc de Chevreuse et le comte de Brulon vindrent sur les quatre heures du soir, par ordre de Sa Majesté, prendre ce prince electeur pour le conduire dans le carrosse de Sadite Majesté, suivy de celuy de la Reyne et de quelques autres, audit hostel des ambassadeurs extraordinaires. Des que ledit duc de Chevreuse y eut pris congé de S.A.E. et qu’Elle fut en sa chambre de lict, ledit comte de Brulon luy presenta les sieurs Cressy, maistre d’hostel ordinaire du Roy, Parfait, controlleur, et les gentilshommes servans designez par Sa Majesté pour servir S.A.E. Sur ce compliment, Sadite A.E. pria ledit comte de luy procureur audience de Leurs Majestez. Son A.E. coupa ensuite seule, ainsi qu’elle mangea toujours du depuis, servie avec le baston couronné, la viande portée à sa table par douze suisses de la garde du corps. Entre lesdits officiers du Roy estoient quatre pages, deux de la grande et deux de la petite escurie, et six valets de pied qui servirent S.A.E., et les carrosses du Roy et de la Reyne. Le dimanche premier d’avril, le comte de Brulon alla à Saint Germain pour scavoir le jour auquel Leurs Majestez vouloient luy donner audience, et en revint luy annoncer le mesme soir que lesdites audiences estoient appointées pour le mardy d’apres troisieme avril. Le lundy deuxieme, le sieur de Liancour vint complimenter Sadite A.E. de la part du Roy, et le comte d’Orval de la part de la Reyne. Le lendemain mardy, le duc de Chevreuse et le comte de Brulon se rendirent audit hostel des ambassadeurs extraordinaires sur les neuf heures du matin avec lesdits carrosses de Leurs Majestez pour recevoir ce prince dans celuy du Roy, auquel se mirent aussi quelques seigneurs anglois. Les carrosses de Leurs Majestez furent suivis de dix carrosses à six chevaux, remplis la pluspart de noblesse angloise, et en partie des gentilshommes de S.A.E. et de quelques gentilshommes alemans. Sadite A.E. arriva sur les onze heures au vieux chasteau de Sainct Germain, où toutes les gardes estoient en haye le tambour battant, comme elles estoient aussi à son depart. A sa descente de carrosse, elle fut conduite en la chambre de Monsieur, frere du Roy, d’où peu apres Elle fut menée par lesdits duc de Chevreuse et comte de Brulon vers la chambre du Roy. Le comte de Charraut, gouverneur de Calais et capitaine des gardes du corps, le receut à la première salle, où les gardes estoient semblablement en haye. Sa Majesté l’attendoit en la ruelle de son lict, mettant le chapeau à la main, puis l’ayant tiré dans ladite ruelle se couvrit, ce que fit aussi S.A.E. Leurs complimens furent courts, car le Roy le conduisit dans son cabinet, où n’entrerent que les principaux de la suite de S.A.E. Sa Majesté l’entretint tres amiablement. Cependant, on mit la nappe en la chambre du Roy, ce qu’estant fait le maistre d’hostel ordinaire entra audit cabinet pour advertir Sa Majesté que le disner estoit prest, qui prit Son A.E. par la main et la mena dans sadite chambre de lict, où la table estoit couverte. Sadite A.E. y presenta la serviette à Sa Majesté, laquelle [p. 809] luy fit ensuite signe de laver et de s’asseoir sur le tabouret qui luy estoit preparé. Elle lava les mains et s’assit à costé gauche au dessous du Roy, avec distance d’environ deux ou trois couverts entre deux. Son A.E. fut servie en mesme temps et de mesmes viandes que Sa Majesté, qui à l’issue du disner mena derechef Sadite A.E. dans son cabinet où, apres s’estre entretenus quelque temps, Son A.E. prit congé du Roy, et retourna en la chambre de Monsieur, attendant qu’il put voir la Reyne, qui peu apres l’envoya querir. Lors lesdits duc et comte le conduisirent vers elle, les gardes estoient pareillement en haye. Il fit une profonde reverence à Sa Majesté, et apres luy avoir fait ses complimens, on luy presenta le tabouret sur lequel il s’assit. Son A.E. se tint toujours decouvert devant elle, par respect envers Sa Majesté, et les dames qui estoient aupres d’elle, entre lesquelles estoient Madamoiselle, madame la comtesse de Soissons et madamoiselle de Longueville, qui s’assirent aussi apres que la Reyne et Sadite A.E. furent assis. L’entretien y dura environ une demie heure. Apres lequel Sadite A.E. alla saluer monseigneur le Dauphin, d’où au sortir de sa chambre elle rentra en carrosse avec les susdits duc et comte, et s’en vint à Ruel pour voir le cardinal de Richelieu. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 809-811.</p>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de l’hommage rendu au roi pour le duché de Bar à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">8</unitid>
              <unitdate normal="1641/1641" encodinganalog="3.1.3">mars-avril 1641</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Narré de ce qui s’est passé à l’entrée et reception du duc Charles de Lorraine faite par moy comte de Brulon, introducteur des princes estrangers et ambassadeurs, l’an 1641<lb/>Aussitost que l’on sceut à la cour que le duc de Lorraine quittoit le party d’Espagne pour se ranger à son devoir et venir trouver le Roy, je fus commandé par Sa Majesté d’aller au devant de luy jusques à La Ferté sous Yerre, avec un maistre d’hostel, deux gentilshommes [p. 810] servans, controlleur general et autres officiers pour le traiter, et luy presenter les carrosses du Roy et de la Reyne pour le conduire. Luy ayant presenté lesdits officiers, et dit comme la France se resjouyssoit de le voir aux bonnes graces du Roy, dont il recevroit des temoignages si grands qu’à la confusion de ses ennemis l’on verroit que le seul moyen de vaincre le Roy estoit de se soumettre à sa bonté. Il me repartit qu’il n’avoit jamais eu repos en son esprit que apres avoir pris la resolution de reparer ses fautes par son sang en servant un prince si bon et si grand, que ses actions serviroient d’exemple à la posterité pour justement et genereusement regner. Ces paroles finies, l’on monta en carrosses pour venir coucher à Meaux, où le presidial et la Maison de ville le vint saluer. Le lendemain, l’on vint disner à Chelles. Puis en arrivant au Bois de Vincennes, le comte de Harcourt le vint trouver avec plusieurs carrosses à six chevaux ; fut conduit à l’hostel d’Espernon, meublé aux depens du Roy. Le lendemain, contre la coustume, qui est que la premiere visite se fait au Roy, fut au logis du cardinal de Richelieu, où la forme de la reception avec le Roy fut conclue. Le lendemain, le duc de Chevreuse et moy le menames trouver le Roy, les gardes suisses en leurs ordres, les suisses du corps du long du degré. Nous le conduisimes en la chambre du Roy, lequel estant dedans sa chaire dans la ruelle de son lict, voyant le duc Charles approcher du balustre, se leva pour l’aller embrasser. Son Altesse au contraire se jetta à genoux devant luy, luy demandant pardon de ses fautes passées. Le Roy, en le relevant, l’embrassa et le voulant approcher de son lict, il se jetta derechef à genoux, luy redemandant encore pardon. Le Roy l’embrassant pour la seconde fois, le retirant vers son lict, et le voulant faire couvrir, iol se jetta pour la troisieme fois à genoux, disant que c’estoit la posture qui luy estoit la mieux seante. Neantmoins, le Roy luy mit son chapeau sur la teste, le prenant par la main, le menant dans son cabinet, où, apres une heure ou deux d’entretien, il me commanda de le mener à la chambre de la Reyne, et de là le mener voir sa famille, c’est-à-dire messeigneurs ses enfans.<lb/>Revenant à Paris, il fut en ceremonie visiter ledit cardinal, où il luy ceda la main et la porte. Quelques jours se passerent ensuite à faire le traité, par l’evenement duquel on verra qu’au Roy seul appartient, Parcere subjectis et debellare superbos. Le mardy des feries de Pasques, le Roy prit jout de luy donner à disner, et prester le serment d’entretenir le traité du vingt neufieme mars fait entre le susdit cardinal et Son Altesse, et ratifié par le Roy. Le matin du mesme jour, le Roy s’assist en son lieu et chaire ordinaire, Son Altesse trois places plus bas sur un escabeau pliant, du mesme costé, servy par le controlleur general Parfait. Apres les tables levées, et la visite de la Reyne, je le menay dans la chapelle. Vespres estant dites, l’evesque de Meaux, estant revestu de ses habits pontificaux, apporta le livre des Evangiles au Roy, qui se mettant à genoux dessus son banc, il jura l’observation du traité. Le duc de Lorraine, à genoux à costé sur le tapis du Roy, fit le mesme serment en presence dudit cardinal, [p. 811] du chancelier et de plusieurs princes et seigneurs de la cour. Huit jours apres, les difficultez pour l’hommage de la duché de Bar estans levées, le Roy me commanda de mener ledit sieur de Lorraine dans son cabinet, où il l’attendit sans se mouvoir ny oster son chapeau, ayant le chancelier à costé de luy. Ledit duc de Lorraine, estant en bas dessous, se mit à genoux sur un carreau qui luy estoit preparé, ses mains nues entre celles du Roy, fit hommage lige pour la duché de Bar, avec ses dependances, selon les formes ordinaires pratiquées en semblable occasion. Peu de jours apres, il fit ses adieux au Roy et à la Reyne, et tout le monde, et se retira en son pays, comblé d’honneurs et de biensfaits de Sa Majesté. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 809-811.</p>
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              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de l’hommage rendu au roi pour le duché de Bar à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
              <unitid encodinganalog="3.1.1">9</unitid>
              <unitdate normal="1641/1641" encodinganalog="3.1.3">2-vers le 10 avril 1641</unitdate>
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              <p>Publié</p>
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              <p>« Relation de ce qui s’est passé en l’hommage rendu au roy Louys XIII par le duc Charles de Lorraine pour le duché de Bar à Saint Germain en Laye au mois d’avril 1641<lb/>Le mardi deuxieme avril 1641, le Roy donna ordre au sieur de Chavigny, secretaire d’estat, de proposer au duc Charles de Lorraine de rendre la foy et hommage qu’il estoit tenu de faire à Sa Majesté à cause de son duché de Bar mouvant de sa couronne, suivant le troisieme article qu’il venoit de faire avec Sadite Majesté le 29 mars precedant. Sur quoy ledit duc Cahrles dit audit de Chavigny qu’il estoit prest de rendre la foy et hommage pourveu que l’on adjoustast en la forme de l’acte que l’on luy avoit fait voir qu’il rendoit cette foy et hommage comme avoient fait les ducs de Lorraine ses predecesseurs, ce que Sa Majesté trouva bon. Neantmoins, estans en son cabinet et attendant que ledit duc fust venu pour rendre cette foy et hommage, ainsi qu’il estoit demeuré d’accord, il pria ledit de Chavigny de faire scavoir à monsieur le chancelier qu’il desiroit luy proposer quelques difficultez sur la prestation de ladite foy et hommage, ce qui donna sujet audit chancelier de venir trouver ce duc, qui estoit proche la porte du cabinet du Roy, où estant il luy dit qu’il ne scavoit ce que l’on desiroit de luy, qu’il n’avoit aucune connoissance de la forme de la foy et hommage que ses predecesseurs avoient rendue pour le duché de Bar et qu’il doutoit mesme s’il estoit obligé de la rendre en la forme que l’on proposoit, qu’il avoit ouy dire autresfois à ses officiers que les trois derniers ducs ses predecesseurs n’avoient fait aucune foy et hommage, qu’il avoit en son duché de Bar tous les droicts regaliens et que mesme il pouvoit faire des loix, suivant lesquelles le parlement de Paris estoit obligé de juger en cas d’appel de ses juges, qu’il n’avoit aucune personne de conseil aupres de luy pour prendre resolution de ce qu’il devoit faire sur ces difficultez, neantmoins qu’il estoit prest de rendre obeyssance aux commandemens du Roy et de faire tout ce qu’il luy ordonneroit. Sur quoy le chancelier luy representa que lrosqu’il avoit fait le traité, il avoit proposé les mesmes difficultez et que l’on luy avoit fait voir que les ducs de Lorraine estoient hommes liges du Roy à cause du duché de Bar, mouvant de la couronne de France, que jamais la mouvance n’avoit esté revoquée en doute par les ducs ses predecesseurs, qui en avoient rendu la foy et hommage lige aux roys de France, que si les roys Charles IX et le roy Henry III avoient donné aux ducs ses predecesseurs les droits regaliens, cela ne les exemptoit pas de la foy et hommage, d’autant que [p. 674] par les lettres patentes verifiées à la requeste mesmes des ducs ses predecesseurs, les roys de France se reservent le ressort et la souveraineté et l’hommage lige, et est porté par lesdites lettres que le duc de Lorraine qui estoit lors en avoit fait la foy et hommage ; qu’il estoit vray que les appellations de ses juges ressortissoient aux cas du presidial au bailliage de Sens et autres cas en la cour de parlement, qui juge suivant les coustumes du Barrois qui ont esté verifiées en ladite cour de parlement, que les ducs de Lorraine, comme ducs de Bar, ne pouvoient changer les coustumes ny donner de nouvelles loix à leurs sujets sans verification du parlement, qui estoient des marques asseurées de souveraineté et que, partant, il ne devoit faire aucune difficulté de rendre la foy et hommage lige, ainsi qu’il estoit porté par l’acte qui luy avoit esté presenté ; que les roys d’Angleterre, les ducs de Bretagne, les ducs de Bourgongne, l’archiduc d’Austriche l’avoient rendue autresfois aux roys de France pour les terres qu’ils possedoient mouvantes de la couronne en la mesme forme que l’on desiroit de luy, neantmoins que s’il faisoit quelque difficulté, il representeroit au Roy ce qu’il luy avoit dit pour recevoir sa volonté. Ensuite de quoy ledit chancelier estant venu trouver le Roy et luy ayant fait entendre les difficultez proposées cy dessus par ce duc, Sa Majesté luy commanda de luy faire scavoir qu’Elle ne vouloit point le presser, qu’Elle desiroit qu’il prist du temps pour s’instruire de ses droicts et que l’on luy feroit voir par bons titres l’obligation qu’il avoit de rendre cette foy et hommage lige. Ce qu’ayant esté rapporté par le chancelier audit duc, il dit que la difficulté qu’il avoit proposée n’estoit pas qu’il eut dessein de differer de rendre la foy et hommage, au contraire qu’il estoit prest ainsi qu’il avoit dit de rendre l’obeyssance aux commandemens du Roy et de se jetter à ses pieds, qu’il prioit Sa Majesté de luy accorder cette grace qu’il le fist. Et, de fait, s’estant approché de Sa Majesté, il luy auroit dit que la difficulté qu’il avoit faite n’estoit pas pour differer de rendre la foy et hommage et l’auroit prié par trois et quatre fois, avec grande instance, de luy permettre de la rendre et qu’il vouloit obeyr à ses commandemens. Sur quoy Sa Majesté luy auroit fait reponse qu’Elle avoit resolu de luy donner du temps pour connoistre ses droicts et que dans huit jours il pourroit, estant bien informé, faire la foy et hommage, et que l’on luy feroit voir les actes qui justifient les droicts de sa couronne. Huit jours apres, les difficultez pour l’hommage de ladite duché de Bar estans levées, le Roy commanda au comte de Brullon, un des introducteurs des princes estrangers et ambassadeurs, de mener ledit sieur de Lorraine, lequel l’attendit dans son cabinet, sans se mouvoir ny oster son chapeau, ayant le chancelier à costé de luy. Ce duc estant en bas dessous, se mit à genoux sur un carreau qui luy estoit preparé, et ses mains nues entre celles du Roy, fit hommage lige pour la duché de Bar, avec ses dependances, selon les formes ordinaires pratiquées en semblables occasions. Peu de jours apres, il fit ses adieux, et se retira comblé d’honneurs et de bienfaits de Sa Majesté. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
              <geogname>Château-Vieux</geogname>
              <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
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              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 922.</p>
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              <p>Publié</p>
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            <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
              <p>« Le mardy 2 jour d’avril 1641, en la presence de tres haut, tres excellent et tres puissant prince Louys, par la grace de Dieu roy de France et de Navarre, estant en la chapelle de son chasteau et maison royale de Saint Germain en Laye, apres les vespres de Sa Majesté solennellement dites, nous, Charles, par la grace de Dieu duc de Lorraine, marchis, duc de calabre, Bar, Gueldres etc., jurons et promettons en foy et parole de prince, sur les sainctes evangiles de Dieu et canon de la messe, pour ce par nous touchez, que nous observerons et accomplirons, ferons observer et accomplir pleinement, reellement et de bonne foy tous et chacuns les poincts et articles accordez et portez par le traité conclu et arresté à Paris le 29 mars dernier, ensemble les articles secrets, aussi conclus et arrestez le mesme jour entre le cardinal duc de Richelieu, pair de France, au nom de tres haut, tres excellent et tres puissant prince Louys, par la grace de Dieu roy de France et de Navarre, et nous, sans jamais y contrevenir directement ou indirectement, ny permettre qu’il y soit contrevenu de nostre part en aucune maniere que ce soit ; ainsi Dieu nous soit en ayde. En temoin de quoy nous avons signé ces presentes de nostre propre main, et y fait apposer nostre seel en la chapelle du chasteau et maison royale de Saint Germain en Laye le 2 jour d’avril 1641. A laquelle prestation de serment estoit presente tres haute, tres excellente et tres puissante princesse Anne, par la grace de Dieu reyne de France et de Navarre, epouse de Sa Majesté, comme aussi estoient presens le cardinal duc de Richelieu, les ducs de Longueville et de Chevreuse, nostre cousin, le sieur Seguier, chancelier de France, les ducs d’Usez, de Ventadour, de Montbazon et de La Force, de Chastillon, mareschal de France, de Cinq Mars, Grand Escuyer, Bouthillier, surintendant des Finances, Phelipeaux de La Vrilliere, Bouthillier de Chavigny et Sublet de Noyers, secretaires d’Estat, l’evesque de Meaux, premier aumosnier de Sa Majesté, tenant le livre des saincts Evangiles et canon de la messe sur lequel nous avions les mains posées ; presens les sieurs de Saint Belmont, Sivry, le comte de Ligneville et Berup, colonels de nos troupes. Pour temoignage de quoy nous avons signé ces presentes de nostre main, et à icelles fait apposer nostre scel les an et jour que dessus.<lb/>Ainsi signé : Charles, et plus bas I. Le Moleur, et seellé en placard des armes dudit duc. »</p>
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              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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            <bibliography encodinganalog="3.5.4">
              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 245-247.</p>
            </bibliography>
          </c>
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            <did>
              <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit du baptême de Louis XIV dans la chapelle du Château-Vieux de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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              <unitdate normal="1643/1643" encodinganalog="3.1.3">21 avril 1643</unitdate>
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              <p>Publié</p>
            </odd>
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              <p>« Les ceremonies du baptesme de monseigneur le Dauphin, à present Louys XIV, à Sainct Germain en Laye le 21 avril 1643<lb/>Le feu roy Louis XIII ayant fait ondoyer monseigneur le Dauphin son fils des le jour de sa naissance par monsieur Dominique Seguier, evesque de Meaux et son premier aumosnier, comme a esté remarqué cy dessus à la page 214 de ce livre, Sa Majesté avoit toujours differé la ceremonie du baptesme de ce sien fils aisné jusques au vingt unieme du mois d’avril mil six cens quarante trois, auquel estant indisposée, Elle voulut que l’on baptisast ce prince, et pour ce sujet choisit monsieur le cardinal Jules Mazarin pour parain et madame Charlote Marguerite de Montmorency, femme de feu monseigneur le prince de Condé, pour maraine de Son Altesse royale. Ainsi plusieurs de nos roys ont choisi des ecclesiastiques pour estre les parains de leurs fils aisnez, entre autres saint Louys fit le choix d’Odon ou Eude III, abbé de Saint Denys, pour estre le parain de son fils aisné Louys de France.<lb/>Ce fut sur les quatre ou cinq heures du soir du mesme jour que se fit [p. 246] cette royale et saincte ceremonie dans la belle chapelle du vieil chasteau de Sainct Germain en Laye, en cet ordre :<lb/>Monseigneur le Dauphin vestu, par dessus son habit ordinaire, d’une robbe de taffetas d’argent, marchoit devant la Reyne et la marquise douairiere de Lansac, sa gouvernante, derriere Son Altesse royale. Apres la Reyne suivoient la susnommée Charlote Marguerite de Montmorency, princesse de Condé, madame Anne de Montafié, comtesse de Soissons, madame Anne de Bourbon, duchesse de Longueville, et les autres princesses et dames de la cour.<lb/>La Reyne et monseigneur le Dauphin estans arrivez en cette royale chapelle, dont le chœur et la nef, le jubé et les galeries et tribunes estans remplis de plusieurs seigneurs et dames qui estoient venues pour voir cette auguste ceremonie, la musique du Roy chanta un motet ravissant, pendant lequel, la Reyne s’estant mise de genoux sur son prié Dieu garny de son drap de pied et carreaux de veloux rouge cramoisy à franges d’or, et monseigneur le Dauphin aussi à genoux aupres de Sa Majesté et à sa droite, la princesse de Condé se tenant aussi à genoux à sa gauche, le susnommé evesque de Meaux, vestu de ses habits et ornemens pontificaux, accompagné de quatre aumosniers de Sadite Majesté, en presence de ces six prelats, tous en rochet et camail, monsieur l’evesque et comte de Beauvais, pair de France et premier aumosnier de la Reyne, de la maison de Potier, monsieur l’evesque de Viviers, de l’illustre maison des comtes de Suze ou de la Baume en Dauphiné, monsieur l’evesque de Riés de la maison de Doni assez conneue à Florence et à Avignon, monsieur l’evesque de Sainct Paul de l’illustre maison d’Ademar de Monteil et comtes de Grignan en Provence, monsieur l’evesque de Coutances de la maison de Matignon, et de monsieur l’evesque du Puy de la maison de Maupas ou des barons du Tour en Champagne, et de plusieurs abbez et de tout le clergé de la chapelle du Roy, sortit de la sacristie et, apres avoir adoré le tres sainct sacrement qui estoit exposé sur l’autel orné de tres riches paremens, il s’approcha du prié Dieu de la Reyne, laquelle luy presenta monseigneur le Dauphin, qui fut ensuite eslevé par la marquise de Lansac sur l’appuy ou acoudoir dudit prié Dieu. Puis le cardinal Mazarin, qui avoit accompagné la Reyne depuis son departement jusques à cette chapelle, passa à la main droite de monseigneur le Dauphin et la princesse de Condé de l’autre costé, selon l’ordre observé en l’Eglise entre les parains et maraines, de laquelle dignité il a plu au Roy de les honorer, Sa Majesté leur ayant temoigné de sa propre bouche que c’estoit pour obligé encore plus estroitement le prince de Condé et Son Eminence à son service et à celuy de monseigneur le Dauphin son fils qu’Elle leur faisoit cet honneur, qui est le plus grand qu’eux ny autres pouvoient jamais recevoir.<lb/>Alors la Reyne, tenant par derriere mondit seigneur le Dauphin, qui parut beau comme un ange et fit voit en toute cette saincte action une modestie et retenue extraordinaire à ceux de son age, l’evesque [p. 247] de Meaux, qui l’avoit ondoyé comme a esté rapporté cy dessus, ayant salué Sa Majesté la mitre en teste, demanda ausdits parain et maraine le nom que l’on vouloit donner à ce prince. La princesse de Condé, ayant fait grand compliment à Son Eminence, puis une reverence à la Reyne, le nomma Louys, suivant l’intention de Sa Majesté. En suite de quoy l’evesque continua l’office selon le rituel romain, suivant lequel il exorciza, benit le sel et en mit dans la bouche de ce prince, dix neufieme dauphin de Viennois, Louys de France, quatrieme du nom, qui le receut fort pieusement, et avec une humilité qui ravit toute l’assistance en admiration. Puis, la Reyne luy ayant, ainsi qu’il se pratique en telles ceremonies, decouvert la poitrine et les epaules, l’evesque officiant luy appliqua les sainctes huiles des catechumenes, et à toutes les fois que ce prelat luy dit : Ludovice abrenuncias Sathanae, pompis et operibus ejus ?, il repondit luy mesme autant de fois : Abrenuncio, comme aussi aux trois interrogations qu’il luy fit sur sa creance, selon les termes du mesme rituel, il repondit hardiment autant de fois : Credo. Alors l’evesque luy declara qu’il estoit introduit dans l’Eglise, et tant les parain et maraine que ce prelat et tous les assistans reciterent avec Son Altesse royale à haute voix le symbole des apostres et l’oraison dominicale. Puis l’evesque, obmettant l’infusion de l’eau (qui avoit esté faite à ce prince des le jour de sa naissance le dimanche cinquieme de septembre mil six cens trente huit et qui ne se reitere jamais), la Reyne luy decouvrant la teste, l’evesque luy en oignit le sommet avec le sainct cresme. Ce fait, il luy mit sur la teste le cresmeau, recitant aussi les mots du rituel sur ce sujet, et luy presenta le cierge allumé, que Son Altesse prit elle mesme à deux mains et le tint seule durant le reste de la ceremonie. A la fin de laquelle l’evesque officiant monta à l’autel et donna la benediction solennelle, que toute l’assistance receut à genoux, et la musique du Roy chnta encore ensuite le Regina caeli etc. Puis chacun s’en retourna, merveilleusement satisfait d’avoir assisté à cette saincte et auguste ceremonie, laquelle fut fermée par un remerciement que ce prince vint faire jusque dans la sacristie à l’evesque qui l’avoit baptisé.<lb/>Ce dix neufieme dauphin Louys de France, quatrieme du nom, par cette action donna des indices de sa future bonté et pieté, et des asseurances que quand Son Altesse royale seroit plus avancée en age, elle suivroit les vertus de tant de roys et de princes ses ancestres, desquels le nom et la mémoire est en benediction pour leur affection, leur respect et leur sainct zele vers l’Eglise, unique espouse du fils unique de Dieu. La premiere action royale que Son Altesse royale fit des le jeudy Sainct le onzieme de ce mesme mois d’avril en la ceremonie de la Cene, lavant les pieds aux pauvres, ne put estre que de bon augure, estant pareillement de pieté, et un presage qu’il imiteroit le Roy son père, qui avoit fait autrefois une pareille action. »</p>
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              <persname role="subject">Anne d'Autriche</persname>
              <persname role="subject">Louis XIII</persname>
              <persname role="subject">Louis XIV</persname>
              <subject>Fêtes et événements</subject>
              <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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              <p>Théodore et Denis Godefroy, Le cérémonial françois, Paris, Cramoisy, 1649, t. II, p. 245-247.</p>
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          <unittitle encodinganalog="3.1.2">Pièces isolées</unittitle>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Dépenses et recettes concernant Saint-Germain-en-Laye dans le compte des revenus du roi</unittitle>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 139] Compte general des revenus tant ordinaires qu’extraordinaires du Roi pendant l’année 1202<lb/>Anno Domini M° CC° secundo<lb/>Præposituræ. De primo tertio [anni], mense Novembri<lb/>[…]<lb/>[p. 142] Pissiacum. De dimidio anno usque ad. Natale Domini IIIc l.<lb/>[…]<lb/>Odo forestarius IX l.<lb/>[…]<lb/>[p. 145] P. Præpositi Breevallis. De I° tertio. IIIIxx &amp; VI l. &amp; XIII s. &amp; IIII d.<lb/>[…]<lb/>Monachi S. Germaini V s.<lb/>[…]<lb/>[p. 151] P. Alelmi<lb/>[…]<lb/>Pro vino Altissiod’ et pro glande Sancti Germaini et Roboreti C l.<lb/>[…]<lb/>[p. 171] Pissiacum<lb/>[…]<lb/>Pro culcitris Sancti Germani in Loya emptis X l.<lb/>[…]<lb/>[p. 175] Anno Domini M° CC° secundo, mense Februario<lb/>[…]<lb/>[p. 189] Anno Domini M° CC° tertio, mense Maii<lb/>[…]<lb/>[p. 192] Laudunum &amp; Best’. IIIc l.<lb/>[…]<lb/>Pro avenis Best’ colligendis, &amp; pro venatione ducenda apud S. Germanum in Loya XXI s.<lb/>[…]<lb/>[p. 193] Pissiacum. IIIc l., de dimidio anno usque ad. S. Johannem.<lb/>[…]<lb/>Forestarius IX l.<lb/>[…]<lb/>P. S. Leodegarii. IIIIxx &amp; XVI l. &amp; XIII s. &amp; IIII d.<lb/>[…]<lb/>Pro duobus ferratis monachorum S. Germani XLV s.<lb/>[…]<lb/>[p. 195] Anno Domini M° CC° tertio, mense Maio<lb/>[…]<lb/>[p. 198] Recepta Godardi<lb/>[…]<lb/>De corilis S. Germani XVIxx l. »</p>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19835_actor">Chambre des comptes </corpname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Ferdinand Lot et Robert Fawtier, Le premier budget de la monarchie française, le compte général de 1202-1203, Paris, Honoré Champion, 1932, p. 56, 85, 88, 90 et  96.</p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Authentique des reliques de la Passion signé par l’empereur Baudouin II à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1247/1247" encodinganalog="3.1.3">juin 1247</unitdate>
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            <note type="generalNote">
              <p>L’édition ici reprise a été faite d’après l’original de ces lettres, alors conservé dans les archives de la Sainte-Chapelle (voir p. 68). Un vidimus daté de 1415 est aux Archives nationales, L 620, pièce 1.</p>
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              <corpname id="atom_19841_actor">Chancellerie royale</corpname>
              <persname id="atom_47376_actor">Baudouin II</persname>
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              <p>Dernier empereur de Constantinople.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« Balduinus, Dei gratia fidelissimus in Christo imperator a Deo coronatus, Romaniae moderator et semper Augustus, universis Christi fidelibus tam praesentibus quam futuris ad quos litterae praesentes pervenerunt, aeternam in Domino salutem. Notum fieri volumus universis, quod nos carissimo amico et consanguineo nostro Ludovico, regi Franciae illustrissimo, sacrosanctam spineam coronam Domini et magnam portionem vivificae crucis Christi, una cum aliis pretiosis et sacris reliquiis, quae propriis vocabulis inferius sunt expressa, quas olim in Constantinopolitana urbe venerabiliter collocatas, et tandem pro urgenti necessitate imperii Constantinopolitani diversis creditoribus et diversis temporibus pignori obligatas, idem dominus rex, de nostra voluntate, redemit magna pecuniae quantitate, et eas fecit Parisius, de beneplacito nostro transferri, eidem domino regi, spontaneo et gratuito dono plane dedimus, absolute concessimus et ex toto quitavimus et quitamus, quas utique venerandas reliquias propriis nominibus duximus exprimendas, videlicet praedictam sacro sanctam spineam coronam Domini, et crucem sanctam. Item de sanguine D. n. J. C. ; pannos infantiae Salvatoris, quibus fuit in cunabulis involutus ; aliam magnam partem de ligno sanctae crucis ; sanguinem, qui de quadam imagine Domini ab infideli percussa stupendo miraculo distillavit ; catenam etiam, sive vinculum ferreum, quasi in modum annuli factum, quo creditur idem Dominus fuisse ligatus ; sanctam toellam, tabulae insertam ; magnam partem de lapide sepulcri D. n. J. C. ; de lacte beatae Mariae Virginis ; item ferrum sacrae lanceae quo perforatum fuit in Cruce latus D. n. J. C. crucem aliam mediocrem, quam crucem triumphalem veteres appellabant, quia ipsam in spem victoriae consueverant imperatores ad bella deferre ; clamidem coccineam quam circumdederunt milites D. n. J. C., in illusionem ipsius ; arundinem quam pro sceptro posuerunt in manu ipsius ; spongiam quam porrexerunt ei sitienti in cruce aceto plenam ; partem sudarii quo involutum fuit corpus ejus in sepulchro ; linteum etiam quo praecinxit se quando lavit pedes discipulorum, et quo eorum pedes extersit ; virgam Moysi ; superiorem partem capitis B. Joannis Baptista, et capita SS. Blasii, Clementis et Simeonis.<lb/>In cujus rei testimonium et perpetuam firmitatem nos signavimus praesentes litteras nostro signo imperiali, et bullavimus nostra bulla aurea. Actum apud Sanctum Germanum in Laya, anno Domini millesimo 1247, mense junii, imperi nostri anno octavo.<lb/>[Sig.] Balduini »</p>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19841_actor">Chancellerie royale </corpname>
            <persname role="Producteur" id="atom_47376_actor">Baudouin II </persname>
            <persname role="subject">Louis IX</persname>
            <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Sauveur-Jérôme Morand, Histoire de la Sainte-Chapelle royale du Palais, Paris, Clousier et Prault, 1790, pièces justificatives, p. 7-8
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55486886/f351.image</p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de l’hôtel-Dieu de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1267/1267" encodinganalog="3.1.3">novembre 1267</unitdate>
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              <p>Voir aussi Archives nationales, LL 76, p. 184.</p>
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              <corpname id="atom_19846_actor">Chapitre de Notre-Dame de Paris</corpname>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« Soror Basilia, magistra Domus Dei de Sancto Germaino in Laia, asserit se recepisse ad censum, a capitulo Parisieni, pro duobus solidis capitalis census, annuatim solvendis apud Andresiacum, quamdam masuram sitam in censiva capitula, apud Garannas.<lb/>Datum anno Domini MCCLXVII, mense novembri. »</p>
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            <geogname>Ville</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Benjamin Guérard (éd.), Cartulaire de l’église Notre-Dame de Paris, Paris, Crapelet, 1850 (Collection des cartulaires de France, t. V), t. II, p. 158.</p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Ordre au concierge de Saint-Germain-en-Laye de ne faire aucune dépense sauf pour les couvertures, le jardin et les vignes</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">4</unitid>
            <unitdate normal="1322/1322" encodinganalog="3.1.3">31 août 1322</unitdate>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [p. 303] Ordonnances du Roi sur la maison de la Reine<lb/>Dernier août 1322 (C. L. I, 808, à l’observation)<lb/>1re partie<lb/>(1) Ordinatum est à Domino Rege, quod Domina Regina, pro [p. 304] omnibus eleesosynis suis, et oblationibus, per annum habeat 400 lib. Parisienses, et non amplius, et hoc ultra decimam victualium domus, quam solvere tenetur aliquibus certis locis, et ultra illos XIII pauperes quos cotidie reficere consuevit, et illos quator pauperes quos consuevit reficere in die sabbati, et praeter mesellos valori XII s. per diem.<lb/>(2) Item. Pro omnibus donis, quœ par annum faciter summam 40 lib. Paris. non excedat.<lb/>(3) Item. Quod a nemine nuncium recipiat, vel recipi faciat, neque dinum, nec permittat a liberis suis donum aliquod recipi, neque dari, in quo non intelliguntur vina, victualia, aut hujusmodi levia, vel minuta.<lb/>(4) Item. Quod abstineat a dominabus vocandis, vel aliis magnis personis et eas cum venerint diutius retinendis. Et quod se non reddat nimis facilem ad loquendum cum tot venientibus, sed aliqoutiens se excusari faciat, sicut decet.<lb/>(5) Item. Ordinavit Dominus Rex, quod G. et E. jurent, quod curabunt et providebunt, bona fide, quod expensæ domus fideliter et moderate siant. Et quod in expensis domus, sub obtentu, vel nomine expensarum nihil computabunt præter expensas proprias dictæ domus. Et hoc juraverunt dicti G. et C. in præsentia domini Regis.<lb/>(6) Item. Quod ipsa nec mandet vel præcipiat Ballivis regni, vel prœupositis, aut aliis officia ab ipso habentibus. Et quod neminem poni faciat autoritate sua in Balliviis, vel Sergenteriis, aut officiis aliis quibuscumque.<lb/>(7) Item. Quod amplius edificari non faciat, et quod personam aliquam non recipiat in familia sua, vel liberorum suorum, sine licentia Domini Regis.<lb/>Hæc omnia vult et præcepit Dominus Rex ab ipsa Domina regina servari et teneri.<lb/>IIe partie<lb/>(1) Ordinatum est à Domino Rege de hospitio Dominæ Reginæ, quod decima victualium domus solvatur, sicut est consuetum.<lb/>(2) Item. Quod reficiantur 13 pauperes cottidie sicut solent, et hæc sint super expensa hospitii.<lb/>(3) Item. Pro quator pauperibus, quos ipsa Domina consuevit reficere die sabbati, habeat, sicut solet quatuor solidos illa die.<lb/>(4). Item. 16 solidos pro eleemosyna, quando equitat et hospitium [p. 305] mutat. Habeat autem ultra prædicta omnia, pro donis, eleemosynis aliis, oblationibus exeniis, sive presentis, et aliis omnibus, quæ sibi placuerint, 600 lib. per annum, scilicet 200 lib. in quolibet compoto.<lb/>(5) Item. Pro 61 Dominarum vestibus, et aliis necesariis, pro qualibet XXX lib. turon. sum. IXxx lib. turon. pro illis.<lb/>(6) Item. Pro XX aliarum mulierum vestibus et aliis necessariis, pro qualibet XX libr. Turoenus, sulmma IIIIc lib. Turonens. pro illis.<lb/>(7) Item. De tappella ordinatum est, quod tota cera Regis sit, et capellanus habeat pro cera sua X libra Parisienses per annum, ipse autem capellanum suum tenebit de suo, in vestibus et aliis necessariis, preter cibum.<lb/>(8) A nemina autem Domina Regina mutuum recipiat, aut recepi faciat, neque donum, nec permittat a liberis suis donum aliquod recipi sive dari, in quo non intelligantur vina, vel victualia, seu alia hujusmodi levia vel minuta.<lb/>(9) Item. Quod abstineat a Dominabus vocandis, vel aliis magnis personis, et eis cum venerint diutius retinendis, et quod se non reddat nimis facilem ad loquendum cum tot venientibus, sed aliquotiens se excusari faciat, sicut decet.<lb/>(10) Item. Quod nec mandet, vel precipiat Ballivis Regis, sive prepositis, aut aliis ab ipso habentibus officia, et quod neminem poni faciat autoritate sua, in Balliviis, vel Sergenteriis, aut aliis officiis quibuscumque.<lb/>(11) Item. Quod amplius edificari vel operari non faciat, et quod personam aliquam in familia, vel liberorum suorum non recipiat, sine licentia Domini Regis.<lb/>(12) Haec omnia supradicta vult Dominus Rex, et precipit Dominæ Reginæ servari et teneri.<lb/>(13) Jurabunt autem tactis sacrosanctis evangeliis in presentia Domini Regis. Dom. Al. et G. clericus, quod fideles erunt Domino Regi, et quod bona fide curabunt, et providebunt quod expensæ domus fideliter et moderate siant, et quod in expensis domus, sub obtentu, vel nomine expensarum, nec ponent, nec computabunt præter expensas proprias dictæ domus.<lb/>(14) Consergio autem Sancti Germani precipi debet, quod expensas aliquas non faciat neque computet, nisi pro coopertura domorum, vel horto excolendo, aut pro factione vinearum Regis. »</p>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19850_actor">Chancellerie royale </corpname>
            <geogname>Jardins</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Decrusy, François-André Isambert et Athanase-Jean-Léger Jourdan, Recueil général des anciennes lois françaises, depuis l’an 420 jusqu’à la révolution de 1789, t. III, 1308-1327, Paris, Belin-le-Prieur et Verdière, s. d., p. 303-305
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6521281d/f381.item</p>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit du passage du Prince noir à Saint-Germain-en-Laye puis de l’incendie du château par le roi d’Angleterre</unittitle>
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            <unitdate normal="1346/1346" encodinganalog="3.1.3">août 1346</unitdate>
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            <note>
              <p>Compilation de textes historiques, constituée par étapes entre le XIIIe et le XVe s., couvrant l'histoire des rois de France jusqu'en 1461.</p>
            </note>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 275] Après ce, [Édouard III d’Angleterre] vint à Poissi le samedi XII jour d’aoust, et touz jours le roy de France le poursuioit continuement de l’autre partie du fleuve de Saine, tellement que en plusseurs lieux et par plusseurs foiz, l'ost de l’un pooit veoir l'autre. Et par l’espace de VI jours que le roy d'Angleterre fu à Poissi et que son filz aussi estoit à Saint Germain en Laye, les coureurs qui aloient devant bouterent les feux en toutes les villes d’environ, meismement jusques à Saint Clost près de Paris, tellement que ceulz de Paris pooient veoir clerement de Paris meisme les feux et les fumées ; de quoy il estoient moult effroiez et non mie sanz cause. Et combien que en nostre maison de Rueil, laquelle Charles le Chauve roy et emperere donna à nostre eglise, il boutassent le feu par plusseurs foiz, toutes<lb/>voies par les merites de monseigneur saint Denis, si [p. 276] comme nous croions en bonne foy, elle demoura sanz estre point dommagiée. Et afin que je escrive verité à nos successeurs, les lieux où le roy d’Angleterre et son filz estoient, si estoient lors tenuz et reputez les principaulz domiciles et singuliers soulaz du roy de France ; par quoy c’estoit plus grant deshonneur au royaume de France et aussi comme traïson evident, comme nulz des nobles de France ne bouta hors le roy d'Angleterre estant et resident par l'espace de VI jours es propres maisons du roy, et aussi comme ou milieu de France, si comme est Poissi, Saint Germain et Raye et Montjoie où il dissipoit, gastoit et despendoit les vins du roy et ses autres biens. Et autre chose encore plus merveilleuse, car les nobles faisoient affonder les batiaux et rompre les pons par touz les lieux où le roy d'Angleterre passoit, comme il deussent tout au contraire passer à lui par dessus les pons et parmi les batiaux pour la deffense du pays. Entretant, comme le roy d’Angleterre estoit à Poyssi, le roy de France chevaucha par Paris le dimenche et se vint logier atout son ost en l’abbaïe de Saint Germain des Prez, pour estre à l’encontre du roy d’Angleterre qui le devoit guerroier devant Paris, si comme dit est. Et comme le roy eust grant desir et eust ordené d’aler l’endemain contre li jusques à Poissi, il lui fu donné à entendre que le roy d’Angleterre s’estoit parti de Poissi et que il avoit fait refaire le pont qui [p. 277] avoit esté rompu, laquelle roupture avoit esté faite, si comme Dieu scet, afin que le roy d’Angleterre ne peust eschaper sanz soy combatre contre le roy de France. Et quant le roy oy les nouvelles du pont de Poyssi qui estoit reparé et de son anemi qui s’en estoit fui, si en fu moult dolent et s’en parti de Paris et vint à Saint Denis atout son ost, la vigile de l’Assompcion Nostre Dame. Et n’estoit mémoire d’omme qui vit, que depuis le temps Charles le Chauve qui fu roy et emperere, le roy de France venist à Saint Denis en France en armes et tout prest pour bataillier. Quant le roy fu à Saint Denis, si celebra ylec la feste de l’Assompcion moult humblement et très devotement, et manda au roy d'Angleterre par l’arcevesque de Besenson, pourquoy il n’avoit acompli ce qu’il avoit promis. Lequel<lb/>respondi frauduleusement, si comme il apparut par après, car quant il se vouldroit partir il adresceroit son chemin par devers Monfort. Oye la response frauduleuse du roy d'Angleterre, si ot le roy conseil qui n’estoit mie bien sain ; car en verité il n’est nulle pestilence plus puissant de grever et de nuire qu’est celui qui est anemi et se fait ami familier. Si s’en parti le roy de Saint Denis et passa derechief par Paris dolent et angoisseux, et s’en vint à Antoigny oultre le Bourc la Royne, et ylec se loga le mercredi. Et tandis le roy d’Angleterre faisoit refaire le pont de Poyssi [p. 278] qui estoit rompu, et cil qui l’avoit oy et veu, si le tesmoigna, car nous veismes à l’eglise de Saint Denis et en la sale où le roy estoit, I homme qui se disoit avoir esté pris des anemis et puis rançonné, lequel disoit en appert et publiquement, pour l’onneur du roy et du royaume, que le roy d’Angleterre faisoit faire moult diligeaument le pont de Poyssi, et vouloit celui homme recevoir mort s’il ne disoit vérité. Mais les nobles et les chevaliers et les plus prochains du roy li disoient qu’il mentoit apertement, et se moquierent de lui comme d’un povre homme. Hélas ! adonc fu bien verifiée celle parole qui dit ainsi : « Le povre a parlé et l’en li a dit : qui est cestui ? par moquerie. Le riche a parlé et chascun se teust pour reverence de lui. » Finablement, quant il fu sceu véritablement que l’en<lb/>refaisoit le pont, l’en y envoia la commune d’Amiens pour empeeschier la besoigne ; laquelle ne pot résister à la grant multitude des saiettes que les Anglois traioient, et fu toute mise à mort. Et tandis que le roy estoit à Antoigny, en ycelle nuit li vindrent nouvelles que les Anglois, pour certain avoient refait le pont de Poyssi et que le roy d'Angleterre s’en devoit aler et passer par ylec. […]<lb/>[p. 279] Adonques, le vendredi après l’Assompcion Nostre Dame, environ tierce, le roy d’Angleterre atout son ost à armes descouvertes et banieres desploiées, s’en ala sanz ce que nul la poursuist, dont grant doleur fu à France. Et à sa departie mist le feu à Poyssi en l'ostel du roy, sanz faire mal à l’eglise des nonnains, laquelle Phelippe le Bel, pere à la mere dudit rov d’Angleterre, avoit fait edifier. Si fu aussi mis le feu à Saint Germain en Laye, à Raye, à Montjoie, et briefment furent destruiz et ars touz les lieux où le roy de France avoit acoustumé à soy soulacier. Et quant il vint à la cognoissance du roy de France que son anemi le roy d’Angleterre s’estoit de Poyssi si soudainement parti, si fu touchié de grant doleur jusques dedenz le cuer, et moult yrié se parti d’Antoygni et s’en retourna à Paris. Et en alant par la grant rue, n’avoit pas honte de dire à touz ceulz qui le vouloient oyr qu’il estoit tray ; et se doubtoit le roy que autrement que bien il n’eust esté ainsi mené et ramené. Aussi murmuroit le peuple et disoit que telle maniere d’aler et de retourner n’estoit mie sanz trayson, pourquoy plusseurs plouroient et non mie sanz cause. Ainsi le roy se [p. 280] parti de Paris et se vint derechief logier à Saint Denis aveques tout son ost. »</p>
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            <subject>Guerre de Cent Ans</subject>
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            <p>Les grandes chroniques de France, éd. Jules Viard, t. IX, Paris, Honoré Champion, 1937, p. 275-280
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65480497/f303.image</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">État de la garnison du château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1433/1434" encodinganalog="3.1.3">1433-1434</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
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            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 540] Enumerations of the troops in various garrisons in Normandy, in the hands of the English, from Michaelmas 1433 to Michaelmas 1434<lb/>[…]<lb/>[p. 543] Seint Germayne en Laie. Lodowicus de Espoire, capitaneus, III lanceas equestres, VII pedestres, et XXX archiers. »</p>
          </scopecontent>
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            <subject>Guerre de Cent Ans</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Joseph Stevenson, Letters and papers illustrative of the wars of the English in France during the reign of Henry the sixth, king of England, vol. II, part II, Londres, Longman, Green, Longman, Roberts and Green, 1864, p. 543.</p>
          </bibliography>
        </c>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de paiements pour des travaux au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">7</unitid>
            <unitdate normal="1515/1515" encodinganalog="3.1.3">1515</unitdate>
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            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 591] Ordinaire de Paris pour un an fini à la Saint Jean 1515<lb/>[…]<lb/>[p. 592] [folio] 470 verso. Reparations faites au pont du chasteau de Corbeil pour le passage du Roi et de la Reine en mars ou avril 1515.<lb/>Idem. Ouvrages de menuiserie depuis un an en ça au chasteau de Saint Germain en Laye à la venue du Roi et de la Reine lorsqu’ils furent epousés audit lieu.<lb/>[…]<lb/>[folio] 492 verso. Reparations faites en mai et juin au chasteau de Saint Germain en Laye pour la venue du Roi, de Monsieur et de Madame. »</p>
          </scopecontent>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19864_actor">Chambre des comptes </corpname>
            <persname role="subject">François Ier</persname>
            <subject>Construction et travaux</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Henri Sauval, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, Paris, Charles Moette et Jacques Chardon, t. III, p. 592
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1040565b/f692.image</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mandement pour des travaux réalisés pour le roi à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">8</unitid>
            <unitdate normal="1538/1538" encodinganalog="3.1.3">19 septembre 1538</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
            <note type="generalNote">
              <p>Cet acte a été vendu lors « de la vente de feu le capitaine d’Hervilly, Paris, J. Charavay ainé. Vente du 14-16 avril 1872, n° 149 ».</p>
            </note>
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          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Mandement de payer à Milon Dane, charpentier, 11 livres 17 sous tournois pour travaux exécutés aux château et parc de Saint-Germain-en-Laye.<lb/>Saint-Germain-en-Laye, 19 septembre 1538. »</p>
          </scopecontent>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19869_actor">Chambre des comptes </corpname>
            <persname role="subject">François Ier</persname>
            <subject>Construction et travaux</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Catalogue des actes de François Ier, Paris, Imprimerie nationale, 1887-1908, t. VI, p. 495-496, n° 21458.</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Evocation par Charles IX de la construction des Loges dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">9</unitid>
            <unitdate normal="1574/1574" encodinganalog="3.1.3">avant 1574</unitdate>
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              <persname id="atom_19875_actor">Charles IX</persname>
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            <note>
              <p>Roi de France de 1560 à 1574.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Ce sont vrais chiens de Roy, ils sont grands comme levriers et ont la teste aussi belle que les braques. Ils s’appellent greffiers pour ce que du temps du roy Louys XII, on print un chien de la race des chiens blancs de S. Hubert et en feit on couvrir une braque d’Italie qui estoit à un secretaire du Roy qu’en ce temps là on appeloit greffier, et le premier chien qui en sortit fut tout, hormis une tache fauve qu’il avoit sur l’espaule, comme encores à present est la race. Le chien estoit si bon qu’il se sauvoit peu de cerfs devant luy. Il fut nommé Greffier à cause dudit greffier qui avoit donné la chienne. Ledit chien feit treize petits, tous aussi bons et excellens que luy, et peu à peu la race s’esleva, de sorte qu’à l’advenement à la Couronne du feu roy mon grand pere, elle estoit tout en estre. Je ne veux obmettre que la maison et le parc des Loges, pres ma maison de S. Germain en Laye, n’a esté faicte pour autre occasion que pour nourir et eslever ceste race de chiens blancs greffiers. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_19875_actor">Charles IX </persname>
            <persname role="subject">François Ier</persname>
            <subject>Chasse</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Charles IX, La chasse royale composée par le roy Charles IX, nouvelle édition, Paris, veuve Bouchard-Huzard, 1857, p. 47-48.</p>
          </bibliography>
        </c>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description du château de Saint-Germain-en-Laye par Jacques Androuet du Cerceau</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">10</unitid>
            <unitdate normal="1576/1576" encodinganalog="3.1.3">1576</unitdate>
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              <persname id="atom_19884_actor">Androuet du Cerceau, Jacques</persname>
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          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
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          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Le chasteau de Saint Germain en Laye<lb/>Ce bastiment est assis sur un lieu assez hault eslevé, prochain de la riviere de Seine, à cinq lieues de Paris. Ceste place a esté tenue par les Anglois durant leur sejour en France. Depuis eux estans deschassez, elle demeura quelque temps sans entretien. Or est il advenu que le roy François premier, trouvant ce lieu plaisant, feit abbatre le vieil bastiment, sans toucher neantmoins au fondement, sur lequel il feit redresser le tout comme on le voit pour le jourd’huy, et sans rien changer dudit fondement, ainsi que l’on peult cognoiste par la court, d’une assez sauvage quadrature. Les paremens, tant dedans que dehors, et encongnures, sont de brique assez bien accoustree. Et y estoit ledit sieur Roy en le bastissant si entetif, que l’on ne peult presque dire qu’autre que luy en fust l’architecte. En aucuns corps de ce logis y a quatre estages. En celuy de l’entrée y en a deux, dont le deuxiesme est une grande salle. Les derniers estages sont voultez, chose grandement à considerer, à cause de la largeur des membres. Vray est qu’à chaque montant y a une grosse barre de fer, traversant de l’un à l’autre, avec gros crampons par dehors, tenans lesdites voultes et murailles liees ensemble, et fermes. Sur ces voultes, et par tout le dessus du circuit du bastiment, est une terrace de pierre de liais qui fait la couverture, lesquelles portans les unes sur les autres, et descendans de degré en degré, commencent du milieu du hault de la voulte un peu en pente, jusques à couvrir les murailles. Et est cette terrace, à ce que je croy, la premiere de l’Europe, pour sa façon, et chose digne d’être veue et consideree. Ce lieu est accompagné d’un bois, qu’on appelle la forest de Haye, en laquelle les mesme roy François feit bastir un logis, nommé la Muette, duquel nous parlerons en son endroit. Outre plus il y a un jardin de bonne grandeur. Davantage, la veue d’iceluy du costé du midi est autant belle que l’on scauroit desirer : comme ainsi soit que de ce chasteau, on voit l’assiette de Paris, Montmartre, le Mont Talverien, Saint Denys et plusieurs autres lieux assez lointains. Ledit bastiment est accompli de ses fossez regnans entour, de huictv toises de large, dans lesquels est un jeu de paulme. A l’entrée est la basse court, fermée partie de clostures, et corps de logis bien simples, et en icelle une fontaine.<lb/>Apres la mort dudit roy François, vint à regner Henry deuxiesme, son fils, lequel pareillement aima le lieu. Ainsy ce Roy, pour l’amplifier de beauté et commoditez, feit commencer un edifice joignant la riviere de Seine, avec une terrace qui a son regard sur ladite riviere, ensemble les fondemens d’un bastiment en manière de theatre, entre la riviere et le chasteau, comme verrez par le plan que je vous en ay dessigné.<lb/>En la routte principale du bois, et assez prochain du lieu, est une chapelle neufve, couverte en dome.<lb/>Pour venir de Paris en ceste maison royale, il fault passer trois ou quatre bacs, si ce n’est que, sortant du droict chemin, vous evitiez la subjection de ces passages d’eaux. Au reste, par les plans et elevations, vousverrez et entendrez le contenu du lieu. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_19884_actor">Androuet du Cerceau, Jacques </persname>
            <persname role="subject">François Ier</persname>
            <persname role="subject">Henri II</persname>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Neuf</geogname>
            <geogname>Jardins</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Jacques Androuet du Cerceau, Le premier volume des plus excellents bastiments de France, Paris, l’auteur, 1576, f. 5v.</p>
          </bibliography>
        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Extrait du Théâtre des plans et jardinages de Claude Mollet concernant le jardin de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">11</unitid>
            <unitdate normal="1595/1595" encodinganalog="3.1.3">1595</unitdate>
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        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_19893_actor">Mollet, Claude</persname>
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          </did>
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            <note>
              <p>Jardinier du roi.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« En l’an cinq cens quatre vingt quinze, le feu roy Henry le Grand me commanda de planter le jardin du chasteau neuf de Sainct Germain en Laye, si bien que je le fis planter tout de buys, et aussy le jardin de Monceaux, ensemble le petit jardin qui est sur l’estang du chasteau de Fontainebelleau. Tous ces trois jardins furent plantez en la mesme année tout de buys, qui sont encores à present en bonne forme. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_19893_actor">Mollet, Claude </persname>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Claude Mollet, Théâtre des plans et jardinages, contenant des secrets et des inventions incognues à tous ceux qui jusqu’à présent se sont meslez d’escrire sur cette matière, Paris, Charles de Sercy, 1652, p. 202-203.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit des retrouvailles de Louis XIII et de son frère à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">12</unitid>
            <unitdate normal="1634/1634" encodinganalog="3.1.3">21 octobre 1634</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_19901_actor">Dupleix, Scipion</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-3c88a3fd8ad5a5b993d85bf7684efc1a" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Philosophe et historien.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Le XXI du mesme mois, Monsieur arriva à Sainct Germain en Laye, entre une et deux heures apres midy, le Roy ayant desjà disné, ne croyant pas (encore que mondit seigneur en eut donné advis à Sa Majesté) qu’il deut arriver de ce jour là, à cause qu’il faisoit un vent tres fascheux. Le sieur de Sainct Simon, premier escuyer de Sa Majesté, l’alla recevoir à la premiere cour, et le Roy sortit de son cabinet pour l’accueillir en sa chambre, accompagné du comte de Soissons, des ducs de Longueville, de Monbazon et de Chaune, des mareschaux de Chastillon, d’Estrées et de Brezé, du garde des sceaux, du sieur de La Meilleraye, grand maistre de l’artillerie, des surintendans des Finances, secretaires d’Estat, capitaines des gardes du corps et autres seigneurs, gentilhommes et personnes de condition, que la curiosité de cette entreveue tant desirée avoit attirés de Paris en si grand nombre que l’escalier et la sale en estant pleins, Monsieur en penetra la presse avec beaucoup de peine en un quart d’heure.<lb/>Rencontrant le Roy, qui l’attendoit prez de la porte de sa chambre, il s’inclina fort bas en luy disant ce peu de mots : Monsieur, je ne scay si c’est la crainte ou la joye qui m’a interdit la parole, il m’en reste pourtant encore pour vous demander le pardon du passé. Sa Majesté, le relevant et l’embrassant, luy repartit : Mon frere, ne parlons pas du passé, mais seulement de nous resjouir de ce que Dieu nous a fait la grace de nous reunir ici, dont je sens une grande joye. Et cela dit, ils s’embrasserent encore [p. 698] deux fois avec de grandes tendresses et tesmoignages d’une affection fraternelle. Le sieur de Puylaurens, se jettant aux piés du Roy, pour luy demander aussi pardon du passé, Sa Majesté le releva et luy dit : Que les bons services qu’il luy avoit rendu nagueres en la personne de son frere luy faisoit oublier toutes les autres choses passées.<lb/>Apres ces complimens, le Roy mena Monsieur en son cabinet, où les susdits princes, seigneurs et officiers les suyvirent. Ainsi qu’ils s’entretenoient, le cardinal duc arrivant de Ruel y entra, et salua Monsieur, qui l’embrassa et luy tesmoigna beaucoup d’affection, dont Sa Majesté, recevant un singulier contentement, dit à Monsieur : Mon frere, je vous prie d’aymer monsieur le cardinal, et Monsieur respondit : Monsieur, je l’aimeray comme moy mesme et suis resolu d’en suyvre ses conseils. Les autres gentilshommes qui avoient accompagné mondit seigneur furent appellés au cabinet, et par luy presentés pour faire aussi leurs submissions à Sa Majesté, qui les receut tous favorablement.<lb/>Ces actions de reconciliation et de joye estoient si agreables à tous les assistans que desjà deux heures s’estoient passés sans ennuy lorsqu’aucuns, considerans que Monsieur n’avoit pas encore disné, luy dirent qu’il estoit bien temps de disner. A quoy il repartit : Il y a quatre ans que je disne tous les jours sans voir le Roy, je ne puis moins faire que de preferer aujourd’huy ce contentement à mon disner. Mais le Roy mesme luy ayant dit qu’il falloit disner, il s’alla mettre à table en la seconde chambre, où il fut servir par les officiers de Sa Majesté.<lb/>La Royne estant arrivée de Paris ce mesme jour à Sainct Germain, Monsieur la salua, et tous deux se rendirent de grands tesmoignages d’affection, de contentement et de joye.<lb/>Monsieur, estant rentré au cabinet du Roy pour s’entretenir avec Sa Majesté et la trouvant occupée à ouir des ambassadeurs extraordinaires des Suedois et d’Alemagne, passa le retse de l’apres disnée avec les seigneurs de la Cour, qui luy tesmoignerent tous une extreme resjouissance de son retour. Le soir, il soupa à la table de Sa Majesté et s’entretint apres souper avec Elle.<lb/>Le lendemain, mondit seigneur fut regalé à Ruel par le cardinal duc, avec autant d’alegresse que de magnificence, qui se termina par un parfait contentement et satisfaction reciproque, ce qui fit esperer aux assistans que cette reconciliation s’affermiroit tousjours de plus en plus, l’un estant lassé de suyvre des mauvais conseils, et l’autre ne pouvant se lasser d’en bonner de bons, pour le bien de l’Estat et pour la gloire de la France.<lb/>Mondit seigneur retourna dez le soir mesme à Sainct Germain, pour prendre congé du Roy et s’en aller à son duché d’Orleans. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_19901_actor">Dupleix, Scipion </persname>
            <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Scipion Dupleix, Histoire de Louis le Juste, XIII du nom, roy de France et de Navarre, Paris, Claude Sonnius, 1635, p. 697-698
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6215665x/f711.image</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention des travaux réalisés à Saint-Germain-en-Laye sous le contrôle de François Sublet de Noyers</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">13</unitid>
            <unitdate normal="1650/1650" encodinganalog="3.1.3">1650</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <persname id="atom_19915_actor">Fréart de Chambray, Roland</persname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-da32c2f236176362c1a5483651831008" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Critique d'art, auteur de traités sur la peinture et sur l'architecture.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>Parmi les réalisations de François Sublet de Noyers, surintendant des Bâtiments, l’auteur signale :<lb/>« Les chasteaux de Saint Germain et de Versailles, qui estoient alors et la demeure ordinaire et les delices du Roy, portent aussi quelques marques de la mesme main ; le premier par la construction du plus beau manege qui soit en France, avec plusieurs autres commoditez necessaires au logement d’une cour royale, et l’autre d’une terrasse de gresserie qui est un tres rare ouvrage de cette espece, avec un rondeau de soixante toises de diametre. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <persname role="Producteur" id="atom_19915_actor">Fréart de Chambray, Roland </persname>
            <persname role="subject">Louis XIII</persname>
            <geogname>Dépendances</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Roland Fréart de Chambray, Parallèle de l’architecture antique et de la moderne, Paris, Edme Martin, 1650, épitre non paginée (deuxième folio).</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention d’un marché conclu pour le pavage de la galerie des grottes à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">14</unitid>
            <unitdate normal="1665/1665" encodinganalog="3.1.3">6 mai 1665</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <corpname id="atom_19920_actor">Maison du Roi (Ancien Régime)</corpname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-8c97c2e0a465df69146c409e13b1b29b" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>En dépit d’un titre apparemment restreint, le secrétaire d’État de la Maison du roi a la tutelle d’un vaste domaine administratif. Il signe pour le roi les nominations aux offices et charges de cour, les décisions de pensions, les brevets et certaines lettres de naturalité. Il veille au bon fonctionnement des services de la maison civile gérés par les grands officiers de la Couronne, tels la chapelle, la maison-bouche, la chambre, les bâtiments, jardins, arts et manufactures, les haras, le garde-meuble, etc.). « Ministre de la cour », le secrétaire d’État de la Maison du roi est chargé de dresser les contrats de mariage des princes du Sang.<lb/><lb/>En 1749, il prend en charge également le département de la Religion prétendue réformée, ce qui lui vaut des attributions géographiques supplémentaires. En effet, souvent désigné comme le « ministre de Paris », le secrétaire d’État de la Maison du roi exerce des fonctions de police et d’administration générale non seulement à Paris et en Île-de-France, mais aussi dans un certain nombre de provinces centrales du royaume, en général des pays d’états : les généralités d’Orléans, Limoges, Soissons, La Rochelle, Poitiers et le Languedoc à la fin de l’Ancien Régime.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Acte notarié du 5 mai 1665, signé par Colbert, et portant également les signatures de La Motte Coquart, intendant des Bâtiments, de Pierre et Nicolas Ménard, marbriers à Paris ; 2 pages et demie in-fol. 10 fr.<lb/>Document original intéressant. C’est un marché pour le pavage de la galerie des grottes du vieux château de Saint-Germain-en-Laye. (Catal. Voisin, 1896, n° 22129). »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <corpname role="Producteur" id="atom_19920_actor">Maison du Roi (Ancien Régime) </corpname>
            <subject>Construction et travaux</subject>
            <geogname>Jardins du Château-Neuf</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Joseph Depoin, « Bibliographie des autographes et plaquettes rares sur Seine-et-Oise et le Vexin signalés dans les catalogues 1888-1895 », Mémoires de la Société historique et archéologique de l’arrondissement de Pontoise et du Vexin, t. XIX, 1897, p. 1-81, à la p. 63, n° 684.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de travaux réalisés par Charles Le Brun au château de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">15</unitid>
            <unitdate normal="1667/1668" encodinganalog="3.1.3">1667-1668</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <corpname id="atom_19928_actor">Académie royale de peinture et de sculpture</corpname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-8ce25910a0094919ef8bfafb2647157a" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Fondée en 1648 par Louis XIV.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Au retour du voyage de Lille en 1667, M. Le Brun fut occupé au château de Saint Germain en Laye, et peignit à fresque le sujet d’Apollon et Daphné sur la façade qui regarde le château neuf ; plusieurs autres peintures ont été faites d’après ses dessins, et sous sa conduite, à Saint Germain, tant dans les autres façades du dehors du château vieux que dans le cabinet de Sa Majesté.<lb/>En 1668, le Roi confia à M. Le Brun la conduite du pompeux appareil et de la superbe décoration qui se firent dans la cour du château vieux de Saint Germain en Laye, pour le baptême de monseigneur le Dauphin, dont la cérémonie se fit le 24e jour de mars. Ainsi, il régla toute la disposition et la symétrie d’un palais ou estrade, d’un autel magnifique pour la cuvette d’argent qui devoit servir de fonts, d’un amphithéâtre pour placer toute la cour, et généralement de tout ce qui regardoit les ornements et la commodité de cette cérémonie. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <corpname role="Producteur" id="atom_19928_actor">Académie royale de peinture et de sculpture </corpname>
            <subject>Construction et travaux</subject>
            <subject>Fêtes et événements</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
            <geogname>Château-Vieux (appartements du roi)</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Mémoires inédits sur la vie et les œuvres des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture publiés d’après les manuscrits conservés à l’école impériale des Beaux-Arts, t. I, Paris, Dumoulin, 1854, p. 28.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Ordonnance réglant un conflit de préséance survenu entre les officiers de la Maison du roi et les habitants de Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">16</unitid>
            <unitdate normal="1675/1675" encodinganalog="3.1.3">17 janvier 1675</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <corpname id="atom_19933_actor">Maison du Roi (Ancien Régime)</corpname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-8c97c2e0a465df69146c409e13b1b29b" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>En dépit d’un titre apparemment restreint, le secrétaire d’État de la Maison du roi a la tutelle d’un vaste domaine administratif. Il signe pour le roi les nominations aux offices et charges de cour, les décisions de pensions, les brevets et certaines lettres de naturalité. Il veille au bon fonctionnement des services de la maison civile gérés par les grands officiers de la Couronne, tels la chapelle, la maison-bouche, la chambre, les bâtiments, jardins, arts et manufactures, les haras, le garde-meuble, etc.). « Ministre de la cour », le secrétaire d’État de la Maison du roi est chargé de dresser les contrats de mariage des princes du Sang.<lb/><lb/>En 1749, il prend en charge également le département de la Religion prétendue réformée, ce qui lui vaut des attributions géographiques supplémentaires. En effet, souvent désigné comme le « ministre de Paris », le secrétaire d’État de la Maison du roi exerce des fonctions de police et d’administration générale non seulement à Paris et en Île-de-France, mais aussi dans un certain nombre de provinces centrales du royaume, en général des pays d’états : les généralités d’Orléans, Limoges, Soissons, La Rochelle, Poitiers et le Languedoc à la fin de l’Ancien Régime.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Ordonnance du Roy en faveur des officiers domestiques et commensaux des maisons royales, pour les préséances en toutes assemblées.<lb/>Du 17 janvier 1675<lb/>Sa Majesté ayant été informée que quelques bourgeois et habitans de Saint Germain en Laye disputent le rang et la préséance à plusieurs de ses officiers habitans dudit lieu dans les assemblées et autres lieux où ils sont obligez d’assister, en qualité de marguilliers ou autrement, au prejudice de la declaration du feu roy Henry le Grand du mois de fevrier 1605 et des arrests du Conseil donnez en consequence, à quoy etant necessaire de pourvoir,<lb/>Sa Majesté a ordonné et ordonne, veut et entend que tous les officiers, tant de sa Maison que des autres Maisons royales, demeurans dans ledit lieu de Saint Germain en Laye auront range et seance et marcheront dans les lieux et assemblées où il se trouveront immediatement apres le prevot et le procureur de Sa Majesté en la prevoté dudit lieu, et avant les autres officiers, bourgeois et habitans inferieurs en ordre audit prevot et procureur du Roy. Fait Sa Majesté defenses à tous bourgeois et habitans de ladite ville de Saint Germain et autres de les y troubler, à peine de quinze cens livres d’amende et de tous depens, dommages et interets. Fait à Saint Germain en Laye le dix septieme janvier mil six cens soixante quinze.<lb/>Signé Louis, et plus bas Colbert »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <corpname role="Producteur" id="atom_19933_actor">Maison du Roi (Ancien Régime) </corpname>
            <subject>Ville</subject>
            <subject>Officiers et employés</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Code des commensaux, ou recueil général des édits, déclarations, ordonnances, lettres patentes, arrêts et règlemens portant établissement et confirmation des privilèges, franchises, libertés, immunités, exemptions, rangs, préséances et droits honorifiques des officiers domestiques et commensaux de la Maison du roy, des Maisons royales et de leurs veuves, Paris, Prault père, 1720, p. 183
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57622598/f218.item</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention de sculptures réalisées par Jacques Sarrazin pour la chapelle du Château-Vieux</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">17</unitid>
            <unitdate normal="1689/1689" encodinganalog="3.1.3">3 décembre 1689</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
            <note type="generalNote">
              <p>Le mémoire de Guillet de Saint-Georges sur Jacques Sarrazin a été lu à l’Académie le 3 décembre 1689 (Mémoires inédits…, t. I, p. XXIII et 115).</p>
            </note>
            <origination encodinganalog="3.2.1">
              <corpname id="atom_19938_actor">Académie royale de peinture et de sculpture</corpname>
            </origination>
          </did>
          <bioghist id="md5-8ce25910a0094919ef8bfafb2647157a" encodinganalog="3.2.2">
            <note>
              <p>Fondée en 1648 par Louis XIV.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Mémoire historique des principaux ouvrages de M. Sarrazin<lb/>[…]<lb/>Il fit aussi pour le roi, à la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye, deux crucifix, dont l’un représente le Sauveur agonisant et l’autre d’argent. De la même main et dans la même chapelle, on voit deux anges de stuc qui tiennent les armes du roi. »</p>
          </scopecontent>
          <controlaccess>
            <corpname role="Producteur" id="atom_19938_actor">Académie royale de peinture et de sculpture </corpname>
            <subject>Construction et travaux</subject>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Mémoires inédits sur la vie et les œuvres des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture publiés d’après les manuscrits conservés à l’école impériale des Beaux-Arts, t. I, Paris, Dumoulin, 1854, p. 120.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Liste des membres de la Maison du roi d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">18</unitid>
            <unitdate normal="1700/1700" encodinganalog="3.1.3">4 juin 1700</unitdate>
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              <corpname id="atom_19944_actor">Administration du roi d'Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</corpname>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« The Lord Chancellour Herbert, Chancellour<lb/>6000 l. The Lord Middleton and<lb/>6000 l. Mr Carrol, Secretaries of State<lb/>5000 l. Sir Richard Naigle, Secretary of Warre<lb/>400 pist. Mr James Porter, Vice-Chamberlain to the King<lb/>400 pist. Mr Robert Strickland, Vice-Chamberlain to the Queene<lb/>2800 each, David Floyd, Grooms of the Bed Chamber<lb/>Trevanion,<lb/>Slingsbee,<lb/>Beedle,<lb/>MacDonnel<lb/>1200, Bagnell, Gentleman ushers to the King<lb/>Francis Stafford,<lb/>Mr Carney,<lb/>Vivel,<lb/>Hatcher<lb/>Mr Crane, Gentleman ushers to the Queene<lb/>and Mr Barry<lb/>Mr Conquest, Commissaries of the green cloth<lb/>Sir William Ellis<lb/>400 pist. Mr John Stafford, Comptroler<lb/>Mr Richard Hamilton, Master of the Wardrobe<lb/>Mr Labbadie, Valetts de chambre<lb/>Mr Lavarie<lb/>Mr Lady Tyrconnel, Ladies of the Bed Chamber<lb/>The Lady Dalmont,<lb/>and Sophia Buckley<lb/>To the prince :<lb/>1500 l. The Lord Perth, formely chancellor of Scotland,<lb/>and Mr Ployen, Gouvernors<lb/>Mr Leyburn, Grooms of the Bed Chamber<lb/>and Mr Vivel, depuis gentleman usher<lb/>Capitaine Magimis, Queries<lb/>Young Beedles,<lb/>and Mr Buckingham<lb/>Mr Barkenhead, Clerks of the Kitchin<lb/>and Mr Parry<lb/>The Lord Griffin is a Volontiere, sometimes there and as often at Versailles, Volontiere<lb/>A great many Chaplains and servants below staires. »</p>
          </scopecontent>
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            <corpname role="Producteur" id="atom_19944_actor">Administration du roi d'Angleterre à Saint-Germain-en-Laye </corpname>
            <persname role="subject">Jacques II</persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <subject>Officiers et employés</subject>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Historical Manuscript Commission, Calendar of the manuscripts of the Marquis of Bath, vol. III (Matthew Prior’s Papers), 1908, p. 409.</p>
          </bibliography>
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit par le baron de Breteuil de la visite du roi d’Espagne au roi et à la reine d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">19</unitid>
            <unitdate normal="1700/1700" encodinganalog="3.1.3">23 novembre 1700</unitdate>
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              <persname id="atom_19952_actor">Le Tonnelier, Louis Nicolas, baron de Breteuil</persname>
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              <p>Introducteur des ambassadeurs.</p>
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          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 345] [Le 17 novembre 1700], à six heures du soir, le roi et la reine d’Angleterre vinrent de Saint Germain voir le Roi et le roi d’Espagne. […] [p. 346] Si LL. MM. BB. fussent venus par le côté du degré, le roi d’Espagne auroit été le recevoir à cette première visite jusque auprès de l’entrée de la salle des gardes, le Roi en ayant donné l’exemple quand il reçut pour la première fois le même roi d’Angleterre, en 1688, à Saint Germain en Laye, car j’y vis S. M. avancer, à trois ou quatre pas près, jusqu’à l’entrée de la salle des gardes, sur quoi Elle m’a fait l’honneur de me dire à l’occasion de la cérémonie dont il est question aujourd’hui qu’Elle en fit plus ce jour là qu’elle n’en auroit fait dans une autre occasion, parce que dans l’état malheureux qui faisoit pour lors venir le roi d’Angleterre à sa Cour, il falloit passer par-dessus les mesures ordinaires pour lui marquer ce que l’on doit à la majesté royale, en quelque état qu’elle se trouve, et la tendre compassion avec laquelle elle entroit dans ses malheurs. Cependant, cela a fait un exemple, le roi d’Angleterre ayant rendu le réciproque au Roi à la première visite que S. M. lui fut rendre, et l’ayant encore fait au roi d’Espagne comme vous le verrez ci après. Dans toutes les autres visites que le Roi et LL. MM. BB. se sont rendus réciproquement, ils ne vont, pour se recevoir et se reconduire, qu’à la porte de la chambre qui précède celle où se passe la visite, car quoique ici elle se passe toujours dans le cabinet et souvent dans les arrière cabinets du Roi, ce n’est que parce qu’ils veulent être seuls et enfermés.<lb/>[…]<lb/>[p. 351] Le [23], le roi d’Espagne alla au château de Saint Germain rendre visite au roi, à la reine d’Angleterre et au prince de Galles. Il avoit son grand manteau de deuil. Le duc de Beauvilliers, le marquis de Saumery, ses deux gentilshommes de la manche et son écuyer l’accompagnèrent vêtus de même.<lb/>Le roi d’Angleterre le vint recevoir à l’entrée en dedans de la salle des gardes, dont la porte touche à l’escalier. La visite se fit dans la seconde chambre qui est après la salle des gardes, dans laquelle il n’y avoit point de lit. Ils furent assis sur deux fauteuils égaux, et le marquis de Chazeron, lieutenant des gardes du corps, qui avoit pris la queue du manteau du roi d’Espagne à la descente du carrosse, ne la quitta point que dans le moment qu’il s’assit, chose très extraordinaire ainsi que je l’ai déjà remarqué. La même chose se pratiqua chez la reine.<lb/>[p. 352] Les deux rois se couvrirent pendant la visite, et le roi d’Angleterre reconduisit S. M. C. jusqu’à l’endroit où il l’avoit été recevoir.<lb/>Il passa de là chez la reine, qui est logée de l’autre côté du même degré. Elle le vint pareillement recevoir à la porte en dedans de la salle des gardes, et le conduisit dans sa chambre à coucher où la visite se passa, l’un et l’autre étant assis dans des fauteuils égaux, le roi d’Espagne ayant la droite, et la reine le reconduisit au lieu où elle l’avoit pris.<lb/>Et comme l’appartement du prince de Galles est derrière celui du roi son père, ce prince vint recevoir le roi d’Espagne au même endroit où le roi d’Angleterre l’avoit reçu et le conduisit dans sa chambre, qui est trois ou quatre pièces au delà de celle où le roi d’Angleterre avoit reçu la visite du roi d’Espagne. Celle de S. M. C. au prince de Galles se passa debout, après laquelle ce prince reconduisit S. M. C jusqu’à son carrosse, qu’il vit partir. En descendant le degré, le prince de Galles n’affecta point de marcher à côté du roi d’Espagne, mais il marcha toujours devant, comme font les courtisans. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_19952_actor">Le Tonnelier, Louis Nicolas, baron de Breteuil </persname>
            <persname role="subject">Jacques II</persname>
            <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
            <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Philippe de Courcillon de Dangeau, Journal du marquis de Dangeau, éd. Eudore Soulié et Louis Dussieux, t. XVIII, Paris, Firmin Didot, 1860, p. 345-352.</p>
          </bibliography>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Louis Nicolas Le Tonnellier de Breteuil, Mémoires, éd. Evelyne Lever, Paris, François Bourin, 1992, p. 260-269.</p>
          </bibliography>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Récit de la visite du duc de Mantoue à la famille royale anglaise à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">20</unitid>
            <unitdate normal="1704/1704" encodinganalog="3.1.3">19 mai 1704</unitdate>
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              <persname id="atom_19959_actor">Le Tonnelier, Louis Nicolas, baron de Breteuil</persname>
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            <note>
              <p>Introducteur des ambassadeurs.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« Il [le duc de Mantoue] m’avait prié de savoir du Roi si S. M. ne jugeait pas à propos qu’il allât à Saint Germain en Laye voir le roi et la reine d’Angleterre. S. M. m’avait ordonné de lui dire qu’il en était le maître, pourvu qu’il y allât comme partout ailleurs sous le nom de marquis de San Salvador et sans qu’il fût question d’aucune cérémonie. Il envoya, le 17, le marquis d’Elfian complimenter Leurs Majestés britanniques et demander le jour et l’heure auxquels il pourrait les voir et convenir avec mylord Pertz, gouverneur du roi, à qui j’indiquai au marquis qu’il devait s’adresser, de la manière dont il serait reçu. Le lendemain, le roi d’Angleterre l’envoya complimenter à Luxembourg par un de ses premiers gentilshommes de sa chambre et la reine par le comte de Molsa, son premier écuyer.<lb/>[…]<lb/>[p. 171] Le lundi 19, nous fûmes à la cour d’Angleterre avec le même nombre de carrosses et de la même manière que nous avions été à Versailles. En arrivant au château de Saint Germain, nous montâmes d’abord, et sans nous reposer dans aucun appartement, à l’audience, par le grand degré, ayant été reçus à la descente du carrosse par le comte Molsa seul, à cause [p. 172] de l’incognito, et Leurs Majestés britanniques l’avaient choisi préférablement à un autre parce qu’il est italien. Comme je n’avais aucune fonction dans cette audience, je marchai derrière avec les courtisans du prince sans affecter aucune distraction. Nous nous trouvâmes dans le cabinet du roi. Le jeune roi, debout, avait son chapeau sous son bras, et ayant la droite sur la reine sa mère, qui avait à sa gauche, en retour, la princesse d’Angleterre. Le roi et la reine attendirent en leurs places le marquis de San Salvador, sans s’avancer pour le recevoir ; après les révérences réciproques et un compliment du roi fort court, la reine prit la parole en italien et, après une conversation d’environ un quart d’heure, elle convient avec ce prince d’une plus longue entrevue, et plus libre, quand elle viendrait au couvent des Filles de Sainte Marie de Chaillot, où elle va souvent. Ensuite, le prince prit congé de Leurs Majestés britanniques ainsi que Molsa nous avait dit, en montant le degré, que c’était l’usage de leur Cour, et le roi et la reine avancèrent jusqu’à la moitié du cabinet, qui à la vérité n’est pas fort long, pour le reconduire. Dans le moment qu’il eut fait la révérence pour s’en retourner, il présenta les gens de qualité de sa suite et, ayant aperçu en sortant du cabinet que la reine me faisait l’honneur de me parler, il revint et lui dit, me prenant par la main, que le Roi n’avait pu lui faire un plus grand plaisir que de me mettre auprès de lui pour l’accompagner, parce que j’étais son ancien ami – il voulut bien m’honorer de cette expression – et que tout ce qui était commis à mes soins se retrouvait toujours arrangé et exécuté à la perfection. En revenant de Saint Germain, il s’arrêta à la machine de Marly qui se trouve sur le chemin et qui n’est pas une des moindres choses à faire voir aux étrangers pour leur donner une idée de la magnificence avec laquelle le Roi a fait tout ce qui a pu embellir ses jardins. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="Producteur" id="atom_19959_actor">Le Tonnelier, Louis Nicolas, baron de Breteuil </persname>
            <name role="subject">Jacques III</name>
            <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
            <subject>Cérémonies diplomatiques</subject>
            <geogname>Château-Vieux</geogname>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Louis Nicolas Le Tonnellier de Breteuil, Mémoires, éd. Evelyne Lever, Paris, François Bourin, 1992, p. 170-172.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
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            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Notes sur la Cour de la reine d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">21</unitid>
            <unitdate normal="1716/1718" encodinganalog="3.1.3">17 février 1716-16 mai 1718</unitdate>
            <physdesc encodinganalog="3.1.5">
        1 document    </physdesc>
          </did>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
          <scopecontent encodinganalog="3.3.1">
            <p>« [p. 73] [17 février 1716] La Cour de Saint-Germain est toute déserte, la reine n’ayant plus à son service que les plus gueux et les plus âges des Anglais et Irlandais. Tous les autres sont passés sur les côtes pour chercher à s’embarquer.<lb/>[…]<lb/>[p. 253] [13 mai 1718] Le 5 au soir on porta de Saint-Germain-en-Laye à l’église des Filles de la Visitation de Chaillot le corps et le cœur de la reine d’Angleterre suivant ses dernières intentions, sans beaucoup de pompe : vingt gardes et six pages seulement précédèrent le carrosse du corps qui étoit suivi par un petit nombre d’autres carrosses remplis d’officiers, d’Anglais et d’Irlandais. Le 11, le Roi prit le deuil en violet. M. le Régent l’a fixé à trois semaines. On a demandé à Son Altesse si la pension de la Reine serait continuée à Prétendant : il a laissé la question indécise.<lb/>[…]<lb/>[p. 256] [16 mai 1718] Les dames de la Cour de Saint-Germain sont dans une très sérieuse consternation. M. le Régent leur conserve sur le même pied la pension que leur faisoit la reine ; il n’est point encore décidé si on leur laissera leurs appartements au château. »</p>
          </scopecontent>
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            <persname role="subject">Marie de Modène</persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <subject>Officiers et employés</subject>
          </controlaccess>
          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Édouard de Barthélémy, Gazette de la Régence, janvier 1715-juin 1719, d’après le manuscrit conservé à la Bibliothèque royale de La Haye, Paris, Charpentier, 1887, p. 73-256.</p>
          </bibliography>
        </c>
        <c level="item">
          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Description dans le Traité de vénerie de Jacques Le Fournier d'Yauville des conditions des chasses royales à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">22</unitid>
            <unitdate normal="1788/1788" encodinganalog="3.1.3">1788</unitdate>
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              <persname id="atom_19974_actor">Le Fournier d'Yauville, Jacques</persname>
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            <note>
              <p>Veneur et commandant de la Vénerie du roi.</p>
            </note>
          </bioghist>
          <odd type="publicationStatus">
            <p>Publié</p>
          </odd>
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            <p>« [p. 289] Etablissemens des meutes de la Vénerie dans les différentes saisons de l’année ; les rendez vous et les quêtes dans les forêts et buissons dans lesquels elles chassent, et les endroits où l’on place les relais.<lb/>Forêt de Saint Germain<lb/>Etablissement des équipages<lb/>Quoique les meutes de la Vénerie ayent leur principal établissement à Versailles, on verra cependant par le détail suivant qu’elles n’y passent pas plus de quatre à cinq mois de l’année et que rarement elles y restent plus de six semaines de suite. Lorsqu’à la fin de décembre les mauvais temps ne permettent plus de chasser dans les environs de Versailles, les équipages vont s’établir à Saint Germain pour y chasser la plus grande partie de l’hiver. La grande meute habitoit autrefois le chenil de Marly mais, en 1756, on l’établit à Saint-Germain, pour être plus à portée de la forêt et on la mit dans le chenil de l’hôtel de Toulouse, où la [p. 290] petite meute étoit alors : celle ci fut mise dans un ancien chenil appartenant au Roi et y est restée jusqu’à sa réforme en 1774. Ce chenil avoit servi anciennement pour les équipages de nos rois mais depuis longtemps il n’étoit plus habité. Le roi Louis XV, en 1772, voit fait acheter l’hôtel du Maine tenant à l’ancien chenil, à dessein d’y établir une de ses meutes du cerf, mais la petite ayant été réformée, les chenils de cet hôtel ont été destinés pour la meute du chevreuil et les logemens pour les veneurs qui n’en avoient pas au chenil. La position de la meute du cerf est très belle et est d’autant plus commode pour les chiens qu’en ouvrant la porte de chaque chenil ces animaux entrent dans une cour fermée qui leur sert d’ébat et dans laquelle par conséquent ils ne courent aucun risque.<lb/>La forêt de Saint Germain est entourée de murs depuis Saint Germain jusqu’à Poissy, d’un côté, et de l’autre côté depuis Saint Germain jusqu’à La Frette ; depuis ce dernier endroit jusqu’à Poissy elle est fermée par des escarpements très hauts par delà la rivière de Seine ; par ce moyen, les animaux ne pouvoient pas en sortir, mais à présent les escarpemens sont dégradés en plusieurs endroits. Cette forêt est fort agréable et commode pour les chasses d’hiver ; non seulement il n’y a aucune montagne, mais le terrain est de sable dans la plus grande partie, ce qui fait qu’on peut y chasser au commencement et à la fin des gelées, et par d’autres temps qui ne permettroient pas de chasser ailleurs.<lb/>[p. 291] Comme cette forêt ne pouvoit pas elle-même fournir assez de cerfs, surtout lorsque le roi Louis XV y chassoit avec ses deux meutes, on a pris le parti d’y élever chaque année une trentaine de faons mâles qu’on y fait transporter des forêts de Compiègne et de Fontainebleau, où on les prend lorsqu’ils ne font que de naître. On les met dans des enclos faits exprès, ils y restent renfermés pendant un an et ensuite on leur donne la liberté dans la forêt : ils y sont très familiers dans les premiers temps, et s’écartent peu de l’endroit où ils ont été nourris, mais quand ils ont entendu les chiens et qu’ils les ont vus de près, ils fuient et deviennent farouches comme tous leurs semblables ; quelques uns sont méchans et ont même blessé plusieurs personnes, mais ce n’est que par excès d’une familiarité dans laquelle on a souvent l’imprudence de les entretenir ; quand on les rencontre, ils se laissent approcher, on leur donne du pain, au moyen de quoi ils s’accoutument aux hommes et ne les craignent plus ; quoi qu’il en soit, ces cerfs élevés réussissent très bien et quand ils ont seulement leur seconde tête, ils courent et se défendent mieux que ceux qui sont nés dans la forêt. On faisoit autrefois passer des cerfs dans la forêt de Marly dans celle de Saint Germain, par le moyen des toiles, et ensuite par celui de deux rangées de claies, qui communiquoient d’une forêt à l’autre, mais ces cerfs tourmentés et fatigués, dans les raccourcis et dans le passage, reprenoient rarement assez de vigueur pour se défendre [p. 292] devant les chiens ; plusieurs même mouroient étiques ; et c’est aussi après ce peu de succès qu’on a pris le parti d’élever des faons. Comme il y a beaucoup d’animaux et peu de gagnages dans cette forêt, on y a construit en différens endroits des rateliers, dans lesquels on met du foin pendant l’hiver, de l’avoine en paille et une autre espèce de fourrage qu’on nomme cossat ; cette nourriture, que les cerfs aiment, les soutient et les rend plus vigoureux qu’ils ne le sont ordinairement en cette saison. La rivière de Seine passant, comme je l’ai dit, au bout de la forêt depuis La Frette jusqu’à Poissi en deçà des escarpemens, les cerfs alloient presque tous s’y faire prendre et par conséquent le Roi ainsi que ceux qui avoient l’honneur de le suivre étoient souvent et longtemps exposés au froid et à la pluie. Mais en 1750 ou 1751, on a posé des claies le long et en deçà de la rivière, au moyen de quoi les cerfs ne pouvant plus y aller, se fond prendre dans la forêt, ou le long de ces mêmes claies. Il est bon de dire qu’avant cette précaution, on perdoit souvent des chiens, surtout lorsque la rivière étoit débordée ; ces malheureux animaux, saisis de froid en battant l’eau, manquoient de force pour regagner le bord et se noyoient. Ces claies enfin sont très commodes et très utiles à beaucoup d’égards. A la fin de 1778, le Roi a fait faire un treillage depuis la porte de Maisons jusqu’à Achères, avec des portes à chaque route ; on les ferme lorsqu’il juge [p. 293] à propos de ne chasser que dans le bout du pays : il arrive souvent qu’il n’a pas gelé assez pour gâter le bout du pays, qui est presque tout sable, et par conséquent bon à courir, tandis que les environs de Saint Germain en valent rien. Ce même treillage a servi aussi pour empêcher les cerfs d’aller aux plantations, lorsque la rivière y entre quand elle déborde considérablement et qu’il y auroit du risque pour les chiens. Il sert aussi lorsque de grands ventes abattent une partie des claies.<lb/>Rendez-vous<lb/>On a choisi les principaux rendez-vous dans tous les pays dont il sera parlé ci après de manière que, par la distribution des quêtes, tout le pays puisse être fait. On a mis les premières celles qui se font le plus habituellement ; il faut les préférer s’il n’y a pas assez de valets de limiers pour faire toutes celles désignées. Si on fait d’autres rendez vous que ceux indiqués, on choisira dans les différentes quêtes celles qui seront plus à portée desdits rendez vous.<lb/>Les principaux rendez vous de la forêt de Saint Germain sont : les Loges, le carrefour de Noailles, la Muette et rarement la croix de Saint-Simon.<lb/>Les Loges<lb/>Il est dit dans un traité de chasse fait du temps de Charles IX que la maison et le parc des Loges ont été faits pour élever les chiens blancs greffiers, qui [p. 294] jadis composoient une des meutes de nos rois. Aujourd’hui, le parc ne subsiste plus, il est confondu dans le reste de la forêt sous le nom de petit parc. La maison existe, une partie fait depuis longtemps un couvent de petits pères augustins et l’autre partie est habitée par un garde de la forêt. Il y a outre cela quelques chambres où s’assemblent les officiers de la Maitrise pour l’adjudication des bois. Le roi Louis XV avoit fait arranger une de ces chambres pour un de ses rendez-vous de chasse et pour s’y chauffer en descendant de carrosse.<lb/>Carrefour de Noailles<lb/>En 1747 ou en 1748, le roi Louis XV a fait bâtir à ce carrefour un pavillon, non seulement pour sa commodité, mais encore pour celle de ses veneurs qui s’y chauffent et qui y déjeunent au retour du bois. On verra ci après que Sa Majesté a fait faire d’autres pavillons à plusieurs rendez vous aux environs de Versailles ; celui du carrefour de Noailles n’est composé que d’une seule pièce avec une très grande cheminée : le Roi y descend, s’y botte, mais il ne s’y arrête pas, ni aux Loges, au retour de la chasse. Sa Majesté revient à Saint Germain à l’hôtel de Noailles, où Elle mange quelque fois un morceau, et remonte ensuite en voiture pour retourner à Versailles. Le carrefour de Noailles est grand et beau ; feu M. le maréchal de Noailles y a fait placer en 1749 une croix fort élevée qui existe [p. 295] encore. Avant qu’on eût bâti le pavillon, les rendez vous se faisoient à la croix de Berny.<lb/>Carrefour de la Muette<lb/>Les rendez-vous autrefois ne se faisoient point à ce carrefour, parce qu’il n’y avoit que très peu de bois par delà ; mais depuis qu’on a planté les Petrons et la plaine de Maisons jusqu’au chemin de Conflans, ces nouveaux repeuplemens qui ont très bien réussi étant trop éloignés des rendez-vous dont il vient d’être parlé, on s’est décidé pour celui-ci, qui est à portée de tout ce bout de pays. Le roi Louis XV y a fait bâtir en 1772 un pavillon sur les fondemens d’un château qui jadis avoit servi de maison de chasse à plusieurs de nos rois. Ce pavillon en général est plus beau et beaucoup plus grand que celui du carrefour de Noailles. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_19974_actor">Le Fournier d'Yauville, Jacques </persname>
            <persname role="subject">Louis XV</persname>
            <persname role="subject">Louis XVI</persname>
            <subject>Chasse</subject>
            <geogname>Forêt</geogname>
            <geogname>Dépendances</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>Jacques Le Fournier d'Yauville, Traité de vénerie, Paris, Imprimerie royale, 1788, p. 289-295
<lb/>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1510984f/f307.image</p>
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        </c>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Descriptions et commentaires sur la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye dans le Dictionnaire raisonné de l’architecture de Viollet-le-Duc</unittitle>
            <unitid encodinganalog="3.1.1">23</unitid>
            <unitdate normal="1856/1866" encodinganalog="3.1.3">1856-1866</unitdate>
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              <persname id="atom_19979_actor">Viollet-le-Duc, Eugène-Emmanuel</persname>
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              <p>Architecte.</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« [t. 2 ([1856]), p. 430] A l’imitation du roi de France, les grands vassaux de la couronne se firent bâtir, dans leur résidence habituelle, une sainte chapelle, et le roi lui-même en éleva quelques autres. Celle du château de Saint-Germain-en-Laye est même antérieure de quelques années à celle du Palais ; son achèvement ne saurait être postérieur à 1240. Ce très curieux monument, fort peu connu, engagé aujourd’hui au milieu des constructions de François Ier et de Louis XIV, est assez complet cependant pour que l’on puisse se rendre un compte exact, non seulement de ses dimensions, mais aussi de sa coupe, de ses élévations latérales et des détails de sa construction et décoration. La sainte chapelle de Saint-Germain-en-Laye a cela de particulier qu’elle n’appartient pas au style ogival du domaine royal, mais qu’elle est un dérivé des écoles champenoise et bourguignonne.<lb/>Nous en donnons le plan [3 : A l’échelle de 0,0025 pour mètre. Nous devons ces dessins à M. Millet, architecte du château de Saint-Germain-en-Laye.]. Conformément aux constructions champenoises et bourguignonnes, les voûtes portent sur des piles saillantes à l’intérieur, laissant au-dessus du soubassement une circulation. La coupe [p. 431] [p. 431] transversale, faite sur le milieu d’une travée, explique la disposition [p. 432] principale de cet édifice. Les formerets A des voûtes, au lieu de servir d’archivoltes aux fenêtres, sont isolés, laissent entre eux et les baies un espace B couvert par le chéneau. Les fenêtres sont alors prises sous la corniche et mettent à jour tout l’espace compris entre les contreforts. Si nous examinons la coupe longitudinale, faite sur une travée, et, faite sur la pile intérieure en BC, nous pourrons nous rendre un compte exact du système de construction adopté. Les fenêtres n’étant plus circonscrites par les formerets sont carrées ; les tympans, étant ajourés et faisant partie des meneaux, ne laissent comme pleins visibles que les contreforts. A l’extérieur, chaque travée est conforme à la fig. 6 ter ; le monument tout entier ne consiste donc qu’en un soubassement, des contreforts et une claire-voie fort belle et combinée d’une manière solide ; car les contreforts (très minces) sont étrésillonnés par ces puissants meneaux portant l’extrémité de la corniche supérieure et le chéneau. Ces meneaux ne sont réellement que de grands châssis vitrés posés entre des piles et les maintenant dans leurs plans.<lb/>Le système de la construction ogivale admis, nous devons avouer que le parti de construction adopté à la sainte chapelle de Saint-Germain nous semble supérieur à celui de la Sainte-Chapelle de Paris, en ce qu’il est plus franc et plus en rapport avec l’échelle du monument. La richesse de l’architecture de la Sainte-Chapelle de Paris, le luxe de la sculpture ne sauraient faire disparaître des défauts graves évités à Saint-Germain. Ainsi, à Paris, les contreforts, entièrement reportés à l’extérieur, gênent la vue par leur saillie ; ils sont trop rapprochés ; la partie supérieure des fenêtres est quelque peu lourde et encombrée de détails ; les gâbles qui les surmontent sont une superfétation inutile, un de ces moyens de décoration qui ne sont pas motivés par le besoin. Si l’effet produit par les verrières entre des piles minces et peu saillantes à l’intérieur est surprenant, il ne laisse pas d’inquiéter l’œil par une excessive légèreté apparente. A Saint-Germain, on comprend comment les voûtes sont maintenues par ces piles qui se prononcent à l’intérieur. Les meneaux ne sont qu’un accessoire, qu’un châssis vitré indépendant de la grosse construction. Ce petit passage champenois ménagé au-dessus de l’arcature inférieure, en reculant les fenêtres, donne de l’air et de l’espace au vaisseau ; il rompt les lignes verticales dont, à la Sainte-Chapelle de Paris, on a peut-être abusé. Les fenêtres elles-mêmes, au lieu d’être relativement étroites comme à Paris, sont larges ; leurs meneaux sont tracés de main de maître, et rappellent les beaux compartiments des meilleures fenêtres de la cathédrale de Reims. Les fenêtres de la Sainte-Chapelle ont un défaut, qui paraitrait bien davantage si elles n’éblouissaient pas par l’éclat des vitraux, c’est que les colonnettes des meneaux sont démesurément longues et que les entrelacs supérieurs ne commencent qu’à partir de la naissance des ogives (voy. Fenêtre). Cela donne à ces fenêtres une apparence grêle et pauvre que l’architecte a voulu dissimuler à l’extérieur, où les vitraux ne produisent aucune illusion, par ces détails d’archivoltes et ces gâbles [p. 433] dont nous parlions tout à l’heure. A la chapelle de Saint-Germain, aucun [p. 434] détail superflu : c’est la construction seule qui fait toute la décoration ; et sans vouloir faire tort à Pierre de Montereau, on peut dire que si l’architecte (champenois probablement) de la chapelle de Saint-Germain eût eu à sa disposition les trésors employés à la construction de celle de Paris, il eût fait un monument supérieur, comme composition, à celui que nous admirons dans la Cité. Il a su (chose rare) conformer son architecture à l’échelle du monument, et, disposant de ressources modiques, lui donner toute l’ampleur d’un grand édifice. A la Sainte-Chapelle de Paris, on trouve des tâtonnements, des recherches qui occupent l’esprit plutôt qu’elles ne charment. A Saint-Germain, tout est clair, se comprend au premier coup d’œil. Le maître de cette œuvre était sûr de son art ; c’était en même temps un homme de goût et un savant de premier ordre. L’intérieur de ce monument était peint et les fenêtres garnies probablement de vitraux. Inutile de dire que leur effet devait être prodigieux à cause des larges surfaces qu’ils occupaient. Rien n’indique qu’une flèche surmontât cette chapelle. On ne voit point non plus que des places spéciales aient été réservées dans la nef, comme à la Sainte-Chapelle du Palais, pour des personnages considérables. Il faut dire que la chapelle de Saint-Germain-en-Laye n’était que le vaste oratoire d’un château de médiocre importance. Tous les détails de ce charmant édifice sont traités avec grand soin ; la sculpture en est belle et entièrement due à l’école champenoise ainsi que les profils.<lb/>[…]<lb/>[t. 8 (1866), p. 55] Dès 1240, des maîtres avaient jugé à propos d’ajourer non seulement les écoinçons inférieurs, mais aussi les écoinçons supérieurs des roses. Ce fut à cette époque que l’on construisit la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye. Cet édifice, dont la structure est des plus remarquables, tient autant aux écoles champenoises et bourguignonne qu’à celle de l’Ile-de-France. L’architecte ne pouvait manquer d’appliquer ce système de fenestrage à la rose. Cette chapelle, depuis les travaux entrepris dans le château sous Louis XIV, était complètement engagée sous un enduit de plâtre. La restauration de cet [p. 56] édifice ayant été confiée à l’un de nos plus habiles architectes, M. Millet, celui-ci reconnut bien vite l’importance de la sainte chapelle de Saint-Germain-en-Laye ; il s’empressa de la débarrasser des malencontreux embellissements qu’on lui avait fait subir, il retrouva l’arcature inférieure en rétablissant l’ancien sol, et fit tomber le plâtrage qui masquait la rose. Or, cette rose, une des plus belles que nous connaissions, est inscrite dans un carré complètement ajouré. Son ensemble, tracé en A (fig. 9), se compose de douze rayons principaux, les quatre écoinçons étant à jour et vitrés. L’architecte a voulu prendre le plus de lumière possible, car les piles d’angles qui portent les voûtes (voy. le plan partiel B) font saillie sur le diamètre de la rose ; le formeret portant sur les colonnettes a laisse entre lui et la rose l’espace b, et le linteau qui réunit la pile à l’angle de la chapelle est biaisé, ainsi que l’indique la ligne ponctuée c, afin de dégager cette rose.<lb/>Pour indiquer plus clairement le tracé de la rose de la sainte chapelle de Saint-Germain-en-Laye, nous n’en donnons qu’un des quatre angles, avec un de ses écoinçons ajourés, à l’échelle de 0 m. 02 pour mètre. On remarquera qu’ici encore, conformément aux dispositions des premières roses, les colonnettes sont dirigées, les chapiteaux vers le centre. Les douze rayons principaux, étrésillonnés par les cercles intermédiaires D, offrent une résistance considérable. A leur tour, ces cercles intermédiaires sont étrésillonnés par les arcatures F et par des colonnettes intermédiaires. Quatre de ces colonnettes secondaires sont parfaitement butées par les grands cercles G des écoinçons, les huit autres butent contre le châssis. Quant aux rayons principaux E, quatre butent suivant les deux axes, et les huit autres sont maintenus par les trèfles H, qui, à leur tour, étrésillonnent les grands cercles d’écoinçons G. L’appareil de ce réseau de pierre est excellent, simple et résistant. En L, nous donnons la section du réseau principal ; en M, celle des redents. L’extérieur de la rose étant en V, on remarquera que le profil intérieur est plus plat que le profil extérieur, afin de masquer aussi peu que possibles les panneaux de vitraux par la saillie des moulures à l’intérieur, et de produire à l’extérieur des effets d’ombres et de lumières plus vifs. Ici, les vitraux et les armatures de fer sont en feuillure et non plus attachés contre le parement intérieur. Nous avons encore dans cette rose un exemple de la solidité de ces délicats treillis de pierre lorsqu’ils sont bien combinés ; car, malgré des plâtrages, des trous percés après coup, des mutilations nombreuses, la rose de Saint-Germain tient ; et lorsqu’il s’agira de la démarquer, beaucoup de ces morceaux pourront être utilisés. »</p>
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            <persname role="Producteur" id="atom_19979_actor">Viollet-le-Duc, Eugène-Emmanuel </persname>
            <geogname>Château-Vieux (chapelle)</geogname>
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            <p>Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, Paris, Bance, 1854-1868.</p>
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          <did>
            <unittitle encodinganalog="3.1.2">Mention d’un don fait par la reine Victoria pour la restauration de la chapelle de Jacques II à Saint-Germain-en-Laye</unittitle>
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            <unitdate normal="1857/1857" encodinganalog="3.1.3">26 janvier 1857</unitdate>
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              <corpname id="atom_19985_actor">L'Industriel de Saint-Germain</corpname>
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              <p>Dirigé par H. Picault puis Th. Lancelin</p>
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            <p>Publié</p>
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            <p>« 26 janvier 1857. L’ambassadeur d’Angleterre verse à la ville la somme de 1255 fr. donnée par la reine Victoria pour la restauration de la chapelle du roi Jacques II dans l’église de Saint-Germain-en-Laye. »</p>
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            <persname role="subject">Jacques II</persname>
            <subject>Jacobites</subject>
            <geogname>Ville (église)</geogname>
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          <bibliography encodinganalog="3.5.4">
            <p>H. Picault, Annuaire de la ville de Saint-Germain-en-Laye et des cantons de Saint-Germain, Argenteuil, Marly, Meulan, Poissy, 10e année, Saint-Germain-en-Laye, H. Picault, 1866, p. 28.</p>
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